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Full text of "Les belges au Congo; notices biographiques"

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LES  BELGES  AU  CONGO 


NOTICES   BIOGRAPHIQUES 


LES 


Belges  au  Congo 


NOTICES   BIOGRAPHIQUES 


FAR 


EDOUARD  JANSSENS 

AVOCAT 
PRÉSIDENT  DE  LA  SOCIÉTÉ  ROYALE  DE  GÉOGRAPHIE  D'ANVERS 


ET 

ALBERT   GATEAUX 

AVOCAT 
CONSEILLER  DE  LA  SOCIÉTÉ  ROYALE  DE  GÉOGRAPHIE  D'ANVERS 


TOME  I 


ANVERS 

iy^\PRl/'^ERIE  J.  VAN   HILLE-DE  BACKER,  35,  RUE  ZIRK 

1908 


Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  royale  de  Géographie  d'Anvers. 


^l. 


zs'n 


s.  /n.  LÉOFOLD   11 


ROI    DES    BELGES 


FONDATEUR    ET  SOUVERAIN 


DE 


L'ÉTAT  INDÉFENDANT  DU  CONGO. 


PRÉFACE 


Depuis  plusieurs  siècles,  le  Portugal  et  la  Hollande 
nous  avaient  montré  que  les  nobles  ambitions  et  les  juvé- 
niles audaces  sont  aussi  l'apanage  des  petites  nations.  Leur 
épopée  coloniale,  tracée  toute  entière  par  la  persévérance 
dans  l'effort  et  par  les  mérites  d'un  ardent  patriotisme, 
avait  réservé  à  ces  pays  un  vaste  champ  d'action  dans 
les  contrées  d'outre-mer. 

Terre  classique  de  la  liberté  au  moyen  âge,  la  Belgique 
vécut,  pendant  plus  de  trois  siècles,  sous  le  joug  des  vieilles 
monarchies  espagnole  et  autrichienne,  de  la  démocratie  et 
de  l'autocratie  tour  à  tour  triomphantes,  pour  se  voir  impo- 
ser enfin  les  liens  d'un  mariage  de  raison  dicté  par  les 
calculs  de  la  politique  européenne. 

Ayant  reconquis  leur  indépendance,  les  Belges  se  recueil- 
lirent pendant  cinquante  ans  dans  un  labeur  modeste  et 
soutenu  pour  se  refaire  une  volonté  et  une  dignité  natio- 
nales; puis,  grandis  à  leur  propres  yeux,  conscients  de 
leur  énergie  prudente  et  de  leur  activité  commerciale,  ils 
osèrent  regarder  au  delà  de  leurs  étroites  frontières. 

C'est  à  ce  moment  que  l'initiative  prévoyante  de  Léo- 
pold  II,  cet  évocateur  de  viriles  résolutions,  assigna  à 
l'activité  de  nos  compatriotes  la  conquête  pacifique  du  cen- 
tre africain.  La  volonté  inébranlable  de  notre  auguste 
Souverain  se  raidit  contre  notre  méfiance  atavique  et  telle 
est  la  puissance  d'une  conviction  géniale,  luttant  pour  une 
idée  féconde  et  une  noble  cause,  que  bientôt  il  se  trouva 


—  II 


on  Bel^i({uo  un  n()3^au  d'hommes  entreprenants  se  consa- 
crant, avec  un  dévouement  admirable,  à  la  tâche  civilisatrice 
proposée  à  leur  patriotisme. 

Nous  assistâmes  alors  émerveillés  à  cette  rénovation 
de  notre  peuple!  Nous  vîmes  des  officiers,  des  négociants, 
des  missionnaires  se  transformer  en  explorateurs,  en  diplo- 
mates, en  organisateurs  et,  sous  l'ardent  soleil  des  tropiques, 
sacrifier  vaillamment  à  la  cause  de  la  civilisation  leur  jeu- 
nesse et  leur  vie. 

Et,  malgré  les  privations  et  les  dangers,  malgré  les 
défaites  et  les  martyres  provoqués  par  les  révoltes  et  les 
retours  de  la  barbarie  réfrénée, 'le  nombre  des  colonisateurs 
belges  devint  légion. 

Vingt-cinq  années  ne  se  sont  pas  écoulées  depuis  la 
fondation  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo  et  sur  cette  terre 
africaine,  —  qu'en  plein  xix*'  siècle  l'esprit  de  conquête  des 
puissances  européennes  avait  délaissée,  comme  une  plaie 
béante  au  cœur  du  continent  noir,  montrant  toutes  les 
horreurs  des  sacrifices  humains,  de  l'esclavagisme  et  des 
guerres  intestines,  —  les  Belges  ont  su  se  créer  et  se  réser- 
ver un  domaine,  qui  fait  l'admiration  des  plus  vieilles 
nations  colonisatrices. 

L'envie  et  la  calomnie  ne  sont-elles  pas  venues  con- 
sacrer définitivement  les  mérites  de  l'œuvre  de  nos  com- 
patriotes? 

Tout  en  rendant  un  hommage  sincère  à  ceux  qui  se 
sont  dévoués  en  Europe  à  la  réalisation  des  vues  pro- 
phétiques de  notre  Roi,  à  ceux  qui,  comme  le  baron  Lam- 
bermont  et  Banning,  ont  lutté  pour  la  reconnaissance  du 
nouvel  Etat,  ou  qui,  comme  le  baron  van  Eetvelde  et  les 
secrétaires  généraux  Liebrechts,  de  Guvelier  et  Droogmans, 
ont  assumé  la  lourde  tâche  des  négociations  diplomatiques 
et  de  l'organisation  administrative  de  cet  immense  domaine, 
il  nous  a  paru  que  la   reconnaissance  nationale  devait  se 


m  — 


porter  avant  tout  vov^i  les  vaillants  (lui  lui'eiiL,  en  Afrirjuc, 
les  artisans  de  cette  épopée  civilisatrice. 

Nons  avons  obéi  à  ces  sentiments  de  «,n'atitnde  et 
d'admiration  en  g-roupant  dans  cet  ouvrag-e  les  noms  des 
édificateiirs  de  ce  monument  de  gloire,  de  ces  modestes 
pionniers:  fonctionnaires,  explorateurs,  savants,  mission- 
naires, colons  et  soldats,  qui  apportèrent  le  meilleur  de 
leurs  connaissances,  de  leur  ardeur  et  de  leurs  illusions 
à  une  cause  que,  trop  souvent,  lielas!  ils  ont  scellée  de 
leur  sang. 

Exposant  impartialement  leurs  succès  et  leurs  revers, 
leurs  joies  et  leurs  souffrances,  nous  avons  la  conviction 
que  dans  le  magnifique  faisceau  de  ces  efforts  consacrés  à 
une  entreprise  sublime,  réalisée  par  des  forces  humaines 
et  partant  faillibles,  le  peuple  belge  puisera  un  salutaire 
exemple  d'énergie,  de  solidarité  humaine  et  de  dévouement 
à  la  Patrie! 

Au  jour  même  où  la  Belgique  vient  de  recueillir  le 
splendide  domaine  colonial,  issu  des  travaux,  de  l'abné- 
gation et  du  sang  de  ses  enfants,  il  nous  plaît  de  remé- 
morer leurs  noms   et  leurs  titres  de  gloire. 

Puisse  ce  sentiment  de  fierté  patriotique  excuser  la 
témérité  d'une  publication  qui,  malgré  des  recherches 
ardues,  apparaîtra  certes  en  maint  endroit  comme  insuf- 
fisante pour  célébrer  l'œuvre  admirable  et  la  belle  car- 
rière africaine  des  fondateurs  de  notre  colonie! 


An  vos,  novembre  1008. 


Avis  au  lecteur 


Au  moment  où  la  question  de  la  repi'isc  du  Congo 
par  la  Belgique  se  posait  à  nouveau  devant  le  pays,  nous 
avons  cru  collaborer  utilement  à  ce  mouvement  patrio- 
tique en  proposant  à  l'admiration  de  la  génération  d'aujour- 
d'hui, l'œuvre  méritante  et  si  souvent  héroïque  des  premiers 
pionniers  belges  en  Afrique. 

Le  présent  ouvrage  n'est  que  l'extension  et  la  généra- 
lisation d'une  première  série  de  notices  biographiques  des 
Belges  au  Congo,  que  l'un  de  nous  fit  paraître  à  l'occasion 
de  l'exposition  universelle  de  Liège. 

Nous  ne  nous  faisons  guère  d'illusion  sur  le  résultat  de 
nos  recherches  et  de  nos  travaux,  et  nous  reconnaissons 
que  ces  pages,  qui  se  bornent  souvent  à  grouper  des 
données  éparses,  ne  forment  qu'un  modeste  essai  de  bio- 
graphie congolaise.  Aussi,  notre  seule  ambition  est-elle 
de  provoquer  un  travail  plus  fouillé  et  plus  complet  et 
nous  nous  estimerons  trop  heureux  si  notre  publication 
pouvait  être  considérée  comme  un  premier  jalon  d'une 
biographie  complète  des  Belges  qui  ont  séjourné  et  peiné 
en  terre  africaine   ('). 

Les  publications  des  divers  explorateurs,  tels  Becker, 
Burdo,  Coquilhat,  Henry,  Le  Marinel,  etc.,  les  récits  de  nos 
officiers  et  de  nos  missionnaires,  enfin,  les  nombreux  ouvra- 

(1)  Nous  regrettons  de  ne  pouvoir  rappeler  à  cette  occasion  les  mérites 
des  nombreux  étrangers  qui  ont  contribué  pour  une  large  part  ù  la  tâche 
assumée  par  nos  compatriotes;  l'exposé  de  leurs  travaux  entraînerait  à  de 
trop  grands  développements. 


VI    — 


f^es  de  M.  A.  J.  Waiiters,  l'iiistorien  de  l'épopée  congolaise, 
do  MM.  (]homé,  Cliapaux  et  de  tant  d'autres,  constituent  les 
principales  sources  de  notre  étude;  mais  nous  tenons 
néanmoins  à  exi)rimer  notre  vive  f^ratitude  aux  anciens 
voya<:'eurs  africains  pour  l'aide  bienveillante  qu'ils  ont  bien 
voulu  nous  prêter  au  cours  de  l'i'laboration  de  cet  ouvrage. 

Nous  osons  espérer  que  cette  collaboration  précieuse 
nous  sera  continuée  et  même  i)rodig-uée  pour  la  publica- 
tion du  tomo  II,  dans  le({uel  nous  nous  proposons  de 
grouper  les  notices  se  rattachant  aux  expéditions  anties- 
clavagistes, à  l'occupation  du  Katanga,  à  la  cam[)agne  arabe, 
aux  opérations  dans  le  Nord  et  au  Nil,  aux  missions  scien- 
tifiques dans  les  divers  districts  de  l'Etat  et  à  l'œuvre  des 
missionnaires,   des  magistrats,  des  médecins,  etc. 

Les  pages  qui  suivent  ont  été  publiées  successivement 
depuis  trois  ans  dans  le  Bulletin  de  la  Société  royale  de 
Géographie  d'Anvers;  il  en  résulte  que  certaines  notices 
ne  relatent  point  les  événements  les  plus  récents.  Nous 
avons  l'intention  de  l'aire  paraître  à  la  fin  du  deuxième 
volume  les  renseignements  complémentaires  mettant  le  tra- 
vail à  jour,  jus({u'à  la  date  de  l'annexion  du  Congo  par 
la  Belgique. 


HÂNSSENS,  EDMOND. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  M.  Chapaux,  Le  Congo  historique,  diplomatique,  etc. 


Chapitre  I 


Hauts  fonctionnaires 


AGENT   SUPÉRIEUR  DE  L'ASSOCIATION 


HANSSENS,    EDMOND-WINNOC-VICTOR, 

né  à  Fumes  le  25  juillet  1843,  décédé  à  Vivi,  le  28  décem- 
bre 1884. 

Entre  à  l'Ecole  militaire  à  dix-huit  ans. 

Sous-lieutenant  d'infanterie,  il  est  attaché  à  la  brigade 
topographique  du  génie,  et  après  avoir  passé  par  l'Ecole 
de  guerre,  est  nommé  répétiteur  à  l'Ecole  militaire. 

Capitaine  adjoint  d'Etat-major  au  11*=  régiment  de  ligne, 
il  part  pour  le  Congo  le  18  janvier  1882,  avec  Nilis,  Grang 
et  Joseph  Van  de  Velde. 

Il  séjourne  à  Issanghila,  mais  atteint  par  la  fièvre  il  doit 
se  rendre  à  Banana. 

Rétabli,  Hanssens  retourne  à  Vivi  et  y  rencontre  Stanley 
qui.  saisi  d'une  fièvre  violente  et  épuisé  par  trois  ans 
de  travail  opiniâtre,  venait  de  remettre  ses  fonctions  d'agent 
supérieur    de    l'Association   au   D'"   Peschuel-Loesche  pour 


C)    — 


rentrer  en  Europe.  Mais,  celui  qui  avait  été  désigné  par 
Stanley  pour  lui  succéder,  ne  parvint  pas  à  dominer  la 
situation,  ni  ses  complications.  Dès  le  20  septembre  1882, 
il  confia  son  haut  commandement  à  Hanssens  qui  se  trouva 
aux  prises  avec  des  difficultés  de  toute  nature. 

Le  nouvel  ag-ent  supérieur  est  à  l'avant-garde,  presque 
seul,  avec  des  moyens  d'action  insignifiants,  pour  ainsi 
dire,  sans  ravitaillements,  attendant  les  steamers,  dont  le 
transport  à  travers  la  région  des  cataractes  n'avance  que 
péniblement.  Et,  sur  la  rive,  en  face,  on  annonce  le  retour 
prochain  de  de  Brazza,  avec  des  vapeurs  Encore  quel- 
ques retards,  quelques  lenteurs  et  la  route  du  haut  fleuve, 
en  même  temps  que  celle  du  Kwilu  va  être  coupée.  C'est 
la  ruine  définitive  des  espérances  de  l'Association.  Il  s'agit 
donc  d'agir,  sans  compter  sur  les  renforts  promis,  de 
prendre  possession,  de  pousser  en  avant  avec  ses  seules 
forces. 

Après  avoir  rétabli  les  relations  troublées  avec  le  chef 
Nga'liema  et  avoir  fait  construire  une  route  entre  Manyanga 
et  le  Stanley-Pool,  Hanssens  quitte  Léopoldville  le  12  octobre 
1882,  avec  Boulanger  et  onze  Zanzibarites,  à  bord  de 
VEclaireu7%   l'allège   de   VEn   Avant. 

Le  13,  à  midi,  soit  onze  heures  de  navigation  après  leur 
départ,  les  voyageurs  arrivent  à  l'extrémité  orientale  du 
pool.  A  proximité  de  celle-ci,  ils  aperçoivent  sur  la  rive 
nord  les  falaises  d'un  blanc  sale  que  Stanley  a  appelées 
les  «  Dover  Gliffs  »  et  qui  rappellent  la  physionomie  de  la 
côte  sud-est  de  l'Angleterre.  Un  peu  avant  la  sortie  du 
pool,  les  regards  sont  attirés  par  une  grande  affluence 
d'hippopotames  qui  s'ébattent  dans  l'eau  et  sur  une  ile 
à   bords  sablonneux  couverte  d'herbes. 

Le  dimanche  15  octobre,  vers  dix  heures  et  demi  du 
matin,  après  vingt-cinq  heures  de  navigation,  Hanssens 
s'arrête  au  village  de  Mpiri  (rive  gauche).  C'est  la  première 


a^^S'loméralion  rencontrée  depuis  Kinsliassa.  Il  y  est  reçu  par 
le  chef  Mclioni  qui  l'accueille  sans  crainte,  mais  témoi^me 
autant  de  rapacité  que  ses  confrères  africains  en  souverai- 
neté, 

Dans  la  soirée,  Hanssens  campe  dans  une  île,  séparée 
de  la  rive  gauche  par  un  canal  d'environ  cent  cinquante 
mètres  de  larg-eur,  à  dix  heures  de  navifjfation  en  aval  de 
Msuata.  —  Cette  île  est  désormais  appelée:  île  des  Palmiers. 

Le  i7,  VEclaircur  aborde  à  Msuata,  station  fondée  par 
Stanley  en  1881.  Le  chef,  le  lieutenant  Janssen,  le  disciple 
bien-aimé  de  Boula-Matari,  s'y  occupe  activement  et  intcl- 
Jig-emment  de  l'aménag-ement  et  de  l'amélioration  du  poste. 
Les  relations  entre  les  indigènes  et  le  personnel  sont  des 
plus  amicales. 

Le  chef  hayanzi  Mangui  qui,  avant  le  départ  du  capitaine 
de  Léopoldville,  avait  promis  de  le  rejoindre  peu  de  jours 
après  à  Msuata,  n'arrivant  pas,  Hanssens  se  décide  à  partir 
après  six  jours  d'attente.  Une  circonstance  nouvelle  l'engage 
d'ailleurs  à  ne  pas  prolonger  davantage  son  séjour  dans 
cette  dernière  station.  Le  bruit  court,  en  ce  moment,  que 
deux  blancs,  descendus  d'une  rivière  de  la  rive  droite  et 
accompagnés  de  soixante  noirs  remontent  le  Congo,  au 
moyen  d'un  bateau  à  rames  et  de  pirogues. 

Si  cette  nouvelle  est  exacte,  elle  doit  se  rapporter,  sans 
doute,  à  l'expédition  française  commandée  par  Mizon.  Hans- 
sens se  hâte  de  se  remettre  en  route  le  23,  à  sept  heures 
du  matin,  avec  le  lieutenant  Janssen. 

La  largeur  du  fleuve  augmente  insensiblement  au  fur  et 
à  mesure  qu'on   remonte  vers  Tchoumbiri. 

En  amont  de  cette  localité,  le  fleuve  s'élargit  dans  des 
proportions  considérables  et  forme  une  espèce  de  bassin 
de  grande  dimension,  qui  se  rétrécit  au  nord,  vers  la  zone 
où   se  termine  le   district  de  Bolobo. 

Au    delà  de   Msuata,    la  rive    gauche  est    extrêmement 


8  — 


peuplée.  Les  villages  se  succèdent  à  de  très  faibles  inter- 
valles. 

A  partir  d'Itimba  les  agglomérations  se  suivent  pour 
ainsi   dire  sans  interruption. 

Entre  Msuata  et  Tclioumbiri,  les  populations  habituées 
à  se  trouver  en  contact  avec  les  blancs,  se  montrent 
sympathiques;  mais,  en  amont  de  Tchoumbiri  il  n'en  est 
plus  de  môme;  les  habitants,  effrayés  à  1  aspect  des 
"  moundelle  «,  repoussent  les  voyageurs  au  cri  de  "  Guende  » 
(allez-vous  en),  partout  où   ils  veulent  aborder. 

Les  habitants  de  Bolobo  se  montrent  méfiants  et  très 
sauvages. 

Ainsi,  la  veille  du  jour,  où  Hanssens  parvint  à  aborder  à 
la  rive,  il  se  trouva  vers  cinq  heures  du  soir,  à  hauteur  du 
premier  des  nombreux  villages  constituant  le  district. 
Désirant  établir  son  camp  avant  la  tombée  de  la  nuit,  le 
capitaine  voulut  descendre  à  terre,  mais  en  vain,  les  indi- 
gènes s'opposèrent  au  débarquement;  le  même  accueil  lui 
fut  réservé  dans  les  villages  voisins.  Les  îles,  si  nom- 
breuses dans  cette  partie  du  fleuve,  étaient  toutes  inondées 
sur  une  large  étendue  et  une  épaisse  ligne  d'arbres  et 
de  lianes  interdisait  l'accès  du  centre.  Force  fut  donc  de 
redescendre  jusqu'en  aval  des  agglomérations  inhospita- 
lières. Hanssens  parvint  enfin,  après  trois  heures  de  ten- 
tatives infructueuses,  à  trouver  un  point  accessible  de  la 
rive  et  un  tout  petit  espace  découvert  qu'il  s'empressa 
d'occuper. 

Le  lendemain,  il  se  remit  en  route  de  bonne  heure  et 
recommença  le  trajet  qu'il  avait  parcouru  la  veille,  dans 
de  si  mauvaises  conditions. 

Les  indigènes  se  montrent  cette  fois  plus  accueillants. 
Pour  leur  inspirer  confiance,  Hanssens  descend  à  terre,  avec 
un  interprète  et  un  homme  portant  une  caisse  de  bimbe- 
loterie n  est  aussitôt  entouré  de  deux  à  trois  cents  indigènes, 


—  [)  — 

accourus  dos  environs,  ;i  (jui  il  liiil  nno  aniphi  (Jislril)U- 
tion  (le  vori'oUM'ios  à  un  sou.  N(^  j):ii'V(Miant  pas  à  (Hi'o 
reçu  par  le  chef  Uaka,  lianssens  s'installe  sans  hésiter 
dans  cette  localité  appelée  Ivintamo  (:J0  octobre),  et  1(;  10 
novembre,  il  reçoit  enlin  la  visite  du  niéliant  Uaka.  chef 
des  Hayanzi,  qui  lui  concède  un  terrain  poui-  la  station  de 
l'Association  à  Bolobo.  Hanssens  lait  niveller  le  terrain,  défri- 
cher le  sol  et  après  avoir  remis  le  commandement  du  nou- 
veau poste  au  lieutenant  Orban  et  à  Boulang-er,  il  s'embarque 
le  27  décembre,  à  bord  de  YEclaireur,  avec  Coquilhat  f[ui 
venait  de  le  rejoindre.  Itaka  les  accompag-ne,  profitant 
de  l'allèg-c  pour  visiter  son  village  de  campagne,  à  deux 
lieues  plus  bas.  Les  vo3^ageurs  campent  à  une  lieue  au 
sud  de  chez  Tchoumbiri,  puis  amarrent  leur  embarcation 
h  l'embouchure  de  l'Ibari  N'Koutou  (ou  Kwa),  sur  la  rive 
droite  de  cet  affluent,  au  village  de  Mokelé.  Hanssens  fait 
l'échange  du  sang  avec  Makuentcho  et  obtient  de  ce  roitelet 
la  cession  des  droits  nécessaires  pour  se  réserver  exclusi- 
vement le  protectorat  politique  du  district  de  Mokelé.  Ce 
lieu  est  important  et  tient  l'un  des  côtés  de  l'accès  que 
ribari  N'Koutou  (ou  Kwa)  peut  offrir  à  des  expéditions 
portugaises  venant  du  haut  Kwang-o. 

Hanssens  y  fonde  avec  Coquilhat  le  poste  de  Kwamouth 
et  quitte  Makuentcho  le  30  décembre  ;  en  trois  heures 
il  gag-ne  Msuata.  Il  reçoit  la  visite  de  Gobila  et  du  chef 
du  territoire  situé  sur  la  rive  g-auche  de  l'Ibari  N'Koutou, 
qu'il  désire  acquérir;  il  obtient  sans  peine  un  traité  sem- 
blable à  celui   conclu  avec  Makuentcho. 

Hanssens  rentre  avec  son  adjoint  à  Léopoldville,  le  4  jan- 
vier 1883,  pour  préparer  sa  prochaine  expédition  vers 
l'Equateur,  lorsque  tout  à  coup  il  apprend  ])ai'  un  courrier 
extraordinaire  que  Stanley,  à  la  tête  d'un  nombreux  per- 
sonnel blanc  et  d'un  renfort  de  deux  cent  cinquante 
Zanzibarites  s'avance  à  marches  rapides  sur  Manyanga  et 
qu'il  y  appelle  Hanssens  pour  une  mission  secrète. 


—  10  — 

Graig-nant  do  se  voir  enlever  par  d'autres  puissances 
l'embouchure  du  Congo,  la  direction  de  l'expédition  avait 
décidé  d'acquérir  une  large  zone  côtière  s'étendant  vers 
l'intérieur,  au  nord  du  Congo  jusqu'au  Stanley  Pool.  On 
voulait  à  cette  fin,  obtenir  des  cessions  de  territoires  des 
chefs  indigènes  le  long  de  la  vallée  du  Kwilu  et  sur  son 
affluent,  le  Niari. 

Une  colonne  commandée  par  le  capitaine  Grant-EUiott. 
assisté  de  Destrain,  se  dirige  d'Issanghila  vers  le  Kwilu 
moyen,  pour  descendre  de  là  à  la  côte.  Hanssens  est  chargé 
par  Stanley,  dés  son  arrivée  à  Manyanga  (février  1883),  de 
partir  avec  une  expédition  nouvelle  pour  la  région  supé- 
rieure du  Kwilu-Niari,  d'établir  une  ligne  de  communica- 
tion entre  Manyanga  et  ce  fleuve  et  de  poursuivre  son 
exploration  jusqu'à  ce  qu'il  ait  opéré  sa  jonction  avec  le 
capitaine  Elliott  à  Stéphanieville. 

Le  capitaine  Hanssens  se  met  en  route  pour  le  haut 
Niari,  le  10  février,  et  quelques  mois  plus  tard,  il  adresse 
à  Stanley  un  long  rapport  lui  annonçant  que,  au  moyen 
de  stations  établies  à  Philippeville  et  à  Boulangoungou, 
ainsi  que  du  service  de  navigation  organisé  entre  la  pre- 
mière station  et  Stéphanieville,  le  haut  Kwilu-Niari  est 
désormais  en  communication  avec  le  Congo  ('). 

Hanssens  est  attaqué  en  retournant  à  Manyanga  et  blessé 
d'un  coup  de  feu  près  de  Nganda. 

Ayant  séjourné  quelque  temps  à  Boma,  il  remonte 
vers  Manyanga,  et  se  dirige  de  nouveau  vers  la  région 
du  Niari  supérieur,  où  il  conclut  des  traités  et  fonde  le 
poste   de  Mukumbi,  entre  Philippeville  et  Manyanga. 

En  juillet  1883,  il  inaugure  le  service  des  transports 
entre  Matadi  et  Manyanga  (rive  sud). 

Vers  la  fin  de  cette   même  année,    après  avoir  créé  la 

(1)  Stanley.  Cinq  années  au  Congo,  p.  330. 


11 


station  dos  Falls,  Stanley  se  sentant  de  n()uv(>;m  épuisé 
(le  lali^'ue,  abandonne  une  seconde  fois  son  commandement 
à  Hanssens  pour  rentrer  en  lùirope. 

Le  24  mars  1884,  Hanssens  quitte  Léopoldviilc  avec  les 
trois  steamers,  le  Royal,  ÏBn  Avant  et  l'A.  /.  A.,  un 
g-rand  et  un  petit  canot.  La  grande  baleinière,  sous  le 
commandement  de  Hurton,  et  V Eclaireiu^  sont  partis  depuis 
le  15  du  môme  mois,  emportant  Vannerus  et  Keys.  désignés 
par  Stanley  pour  être  adjoints  respectivement  aux  chefs 
des  stations  de  Bolobo  et  de  Lukolela,  ainsi  que  les  ravi- 
taillements destinés  aux  stations  de  iMsuata,  Kwamouth, 
Bolobo  et  Lukolela,  enfin  une  cinquantaine  de  charges 
pour  les  stations  du  haut. 

Le  personnel  blanc  qui  accompagne  Hanssens  à  bord 
des  steamers  comprend  :  l'ingénieur  Amelot,  Drees  etGuerin, 
mécaniciens  de  VEn  Avant,  de  l'A.  /.  A.  et  du  Royal; 
Nichols,  matelot;  le  pharmacien  Courtois  et  Wester,  désignés 
pour  la  station  des  Faits.  Le  personnel  noir  est  fort  de 
cinquante  et  un  hommes.  A  Lukolela,  \' Edaireur  est  pris 
à  la  remorc[ue,  avec  son  chargement  et  son  équipage  de 
neuf  hommes. 

Après  avoir  inspecté  la  station  de  iMsuata,  Hanssens  se 
rend,  le  29  mars,  conformément  aux  instructions  de  Stanley, 
au  village  de  Pima  Moubala,  dont  le  chef  Ngantchu  a,  lors 
d'une  entrevue  antérieure,  prié  Stanley  de  créer  chez  lui 
une  station. 

Depuis  quelque  temps  déjà,  le  D^  Ballay  avait  fondé  un 
établissement  sur  le  territoire  en  question.  Ngantchu  affirme 
qu'il  n'y  a  eu  aucun  traité  écrit  et  qu'il  s'est  borné  à 
accorder  à  Ballay  une  autorisation  verbale  de  s'installer 
chez  lui.  Hanssens  insiste  pour  qu'il  respecte  cette  concession. 

En  quittant  Ngantchu,  il  dirige  ÏEn  Avant  vers  la  sta- 
tion du  D'"  Ballay,  pendant  que  le  Royal  et  1'  A.  /.  A. 
naviguent  vers  Kwamouth.   Le  poste  français  est  situé  au 


12 


fond  de  la  baie  cfui  limite  en  amont  la  î^aillie  rocheuse 
que  la  rive  droite  du  Congo  projette  dans  le  lleuve  à  ce 
point. 

En  face  de  celte  saillie,  le  lit  du  fleuve  est  obstrué  au 
milieu  et  vers  la  gauche  par  des  rapides,  et  les  eaux  y 
sont  toujours  mauvaises.  C'est  dans  cette  zone  que  les 
canots  portant  le  lieutenant  Janssen  et  l'abbé  Guyot  cha- 
virèrent. La  navigation  y  est  difïîcile  et  il  faut  plus  d'une 
heure  à  Hanssens  pour  se  rendre  du  village  de  Ngantchu 
à  la  station  française.  Cette  dernière  est  établie  au  sommet 
de  l'escarpement  qui  limite  la  baie;  les  abords  en  sont 
très  difficiles  et  les  installations  très  primitives. 

En  débarquant  à  la  station,  Hanssens  y  trouve,  outre 
le  docteur  Ballay,  de  Brazza,  qui  y  est  arrivé  depuis  deux 
jours  avec  son  frère  Jacques,  de  Chavannes,  Pecile  et  le 
sergent  Malamine.  Dans  la  baie  chauffe  un  petit  canot  à 
vapeur,  ayant  à  peu  près  les  dimensions  du  Royal  et 
portant  une  machine  et  deux  chaudières  verticales,  ana- 
logues à  celles  de  VA.  1.  A.  Le  personnel  noir  comprend 
quarante-sept  hommes,  pour  la  plupart  des  laptos  sénégalais. 
Hanssens  reçoit  l'accueil  le  plus  cordial  et  le  plus  hospitalier. 
De  Brazza  porte  un  toast  au  succès  de  l'A.  I.,  ajoutant 
que  selon  ses  aspirations  personnelles  et  les  instructions 
qu'il  a  reçues  du  Gouvernement  français,  il  considère  les 
expéditions  belge  et  française  comme  cousines  germaines. 

Hanssens  débarque  à  Ngombi  le  11  avril,  et  convoque 
aussitôt  tous  les  chefs  à  une  palabre,  fait  l'échange 
du  sang  avec  le  chef  le  plus  important  Ngondo  et  obtient 
sans  difficulté,  un  traité  qui  assure  à  l'expédition  la 
propriété  et  le  protectorat  du  territoire  du  district. 

Un  emplacement  situé  à  l'entrée  du  canal  en  aval  du 
village  inférieur,  et  s'étendant  à  front  du  fleuve  sur  une 
longueur  indéterminée,  et  qui  [)eut  aller  jusque  trois  milles, 
est  mis  à  la  disposition  de  l'officier  belge    pour  y  élever 


—  l.'î  — 

une  station.  En  attendant  que  celle-ci  soit  construite,  un 
poste  de  trois  soldats  llaoussas,  commandé  par  un  ser^'-ont, 
^'•ardera  le  drapeau,   qui   est  arboré  sur  la  rive. 

En  ((uittant  N^ombi,  le  lendemain,  Ilanssens  se  diri^'-e 
vers  Irebu,  en  faisant  en  passant  des  visites  aux  cliefs  des 
districts  du  Hutunu  et  d'Usiiuli.  Ircl)u  est  situé  à  environ 
cinquante  milles  en  aval  de  la  station  de  TEquateur,  dans 
le  secteur  sud  du  contluent  du  Cong-o  et  de  la  rivière 
Matumba.  Ce  district  est  g-ouverné  par  deux  grands  cliefs, 
Mukwala  et  Mangombo,  qui  ont  en  môme  temps  l'autorité 
supérieure  sur  tout  le  territoire  compris  entre  la  Matumba 
et  la  station  de  Lukolela. 

Hanssens  fait  avec  eux  Téchang-e  du  sang  et  parvient 
à  conclure  un  traité  qui  place  cette  vaste  contrée  sous  le 
protectorat  du  Comité. 

Après  avoir  toucbé  à  la  station  de  l'Equateur  (17  avril), 
et  y  avoir  déposé  le  chargement  qui  lui  est  destiné,  il 
traverse  le  fleuve  pour  se  rendre  dans  l'Ubangi,  avec  Van 
Gèle,  Courtois,  Guerin  et  Amelot. 

Ce  voyage  est  fécond  en  résultats.  Hanssens  revient  au 
bout  de  six  jours,  radieux,  à  la  station.  L'Ubangi  est  un 
important  district  dans  l'entrée  d'une  magnifique  rivière 
venant  du  N.  N.  E.  L'heureux  capitaine  a  conclu  avec  le 
grand  chef  Mkuku  un  traité  qui  assure  à  l'xYssociation  non 
seulement  la  possession  du  territoire  d'Iranga,  situé  sur 
la  rive  droite  du  défilé  devant  Ngombi,  mais  du  territoire 
d'Ubangi  lui-même.  Ce  point  présente  une  importance 
considérable. 

C'est  d'abord  un  centre  commercial,  qui  peut  être  placé 
sur  le  même  pied  que  Tlrebu  ou  Lulanga.  Il  commande 
en  suite  la  sortie  d'un  affluent  considérable,  qui  n'est 
renseigné  sur  les  cartes  que  comme  existant  probablement, 
mais  de  l'existence  réelle  duquel  Hanssens  a  pu  s'assurer,  en 
pénétrant  à  plusieurs  lieues  à  Tintérieur.  L'affluent  porte 
vers  sa  jonction  avec  le  Congo  le  nom  de  MBundju. 


—   14  — 

Les  nombreux  villag-es  qui  constituent  le  district  d'Ubangi 
sont  situés  à  front  de  la  rive  g'auche  de  l'alHuent  et  assez 
loin  du  point  de  jonction. 

Le  27  avril,  iïanssens,  accompagné  du  lieutenant  Coquilliat, 
remonte  le  fleuve  vers  le  pays  des  Bangala,  pour  y  renou- 
veler la  tentative  infructueuse  de  Stanley,  d'établir  une 
station  à  Iboko.  Il  traite  avec  les  chefs  de  Loulanga,  mais 
entre  Loulanga  et  Bolombo  le  Royal  s'égare  et  faillit 
sombrer. 

Le  4  mai,  Hanssens  et  son  adjoint  se  trouvent  chez 
Mata-Buiké  à  Iboko.  Après  l'échange  du  sang,  une  céré- 
monie complémentaire  cimente  le  pacte  de  fraternité  conclu 
la  veille.  Cette  cérémonie  consiste  dans  l'abatage  d'un  pal- 
mier fétiche,  suivant  un  certain  rituel:  la  direction  dans 
laquelle  tombe  le  palmier  prouve  aux  populations  que  Nsassi 
(Hanssens)  est  dévoué  corps  et  âme  à  Mata-Buiké,  et  dès 
lors,  ce  dernier  s'attache  à  faire  agréer  les  nouveaux  ar- 
rivants. 

Le  principal  obstacle  est  l'opposition  de  Mongimbe,  le 
fils  aîné  de  iMata-Buiké  et  son  héritier  présomptif.  Mongimbe 
est  un  sournois  et  fanatique,  opposé  par  instinct  à  toute 
innovation.  C'est  lui  qui  a  fait  échouer  les  négociations  de 
Stanley.  Les  pourparlers  sont  longs,  difficiles.  La  rapa- 
cité qui  constitue  la  caractéristique  de  la  race  africaine, 
atteint  ici  son  maximum  d'intensité.  Les  Belges  doivent  dé- 
ployer des  prodiges  de  patience  et  de  longanimité  et  plus 
d'une  fois  ils  sont  sur  le  point  d'abandonner  la   partie. 

La  veille  de  la  palabre  finale,  le  8  mai,  le  capitaine  fait 
annoncer  publiquement  que  si  le  jour  même  ou  le  lende- 
main matin,  au  lever  du  soleil,  tout  n'est  pas  arrangé,  il 
partira  pour  construire  son  village  plus  haut. 

Mata-Buiké  s'est  précisément  rendu  ce  jour-là  à  l'autre 
rive,  avec  deux  de  ses  fils,  Mongimbe  et  Imbembe,  pour  y 
faire  une  palabre. 


—  15  — 

Hanssens  l'ail  appeler  les  autres  fils  du  chef  à  bord  de 
VEn  avant  et  là,  leur  montrant  ses  bateaux  bondés  de 
balles  d'étodcs  et  de  caisses  de  pacotille,  il   leur  dit: 

'.  Vous  voyez  tous  ces  niossolo  (marchandises,  articles 
^  de  commerce)  toutes  ces  belles  étofïes,  ces  mitakos,  ces 
»  cauris,   ces   articles  de  quincaillerie,  etc.,   etc. 

^  J'ai  apporté  tout  cela  pour  le  vendre  à  mes  amis  les 
•^  Bangala,  à  mon  frère  Mata-Buiké  et  à  ses  fils.  Mais  les 
«  Bangala  ne  veulent  pas  de  Nsassi,  ils  lui  refusent  un 
«  terrain  pour  construire  ses  maisons;  il  ira  installer  un 
«  village  plus  haut,  car  on  le  réclame  partout,  et  les 
-^  Bangala  n'auront  rien  de  ce  qui  a  été  apporté  pour  eux.  ^ 

Le  lendemain,  au  lever  du  soleil,  les  bateaux  étant  sous 
pression  et  les  hommes  à  bord,  Mata-Buiké  fait  prier 
Hanssens  de  retarder  son  départ  de  quelques  heures. 

A  sept  heures,  il  envoie  un  nouveau  messager  pour  con- 
voquer le  Belge  à  une  grande  palabre,  Hanssens  emporte  la 
position  et,  en  signe  de  joie,  fait  jeter  à  pleines  poignées 
des  perles  et  des  cauris  dans  la  foule.  A  dix  heures 
tout  est  fini,  le  terrain  est  limité,  les  maisons  et  les 
bananiers  qui   s'y  trouvent  sont  achetés  et  payés. 

Hanssens  obtient,  le  7  mai,  un  traité  par  lequel  Mata- 
Buiké  concède  l'ancien  terrain  offert  puis  repris  à  Stanley. 

Cette  station  compte  une  centaine  de  mètres  de  longueur 
à  front  du  fleuve  et  une  profondeur  moyenne  de  quarante 
mètres  environ.  Hanssens  doit  se  contenter  de  ce  lopin, 
pour  l'excellente  raison  qu'il  n'y  en  a  pas  d'autre.  Tout 
ce  qui  est  habitable,  sur  une  étendue  de  dix  à  douze 
milles,  est  occupé. 

L'essentiel  est  pour  le  moment,  de  prendre  pied  dans 
la  contrée.  Les  îles  qui  coupent  le  lit  du  fleuve,  en  face 
d'Iboko  (nom  que  porte  l'ensemble  du  territoire  occupé 
par  la  tribu  des  Bangala  et  qui  signifie  marché),  sont  basses 
et  continuellement  inondées  à  l'époque  des  hautes  eaux. 
Elles  ne  se  prêtent  donc  pas  à  un  établissement. 


10  — 


Gest  le  lieutenant  Goquilhat  qui  est  chargé  de  la  mission 
d'occuper  avec  ses  iiommes  et  ses  marchandises  la  nou- 
velle station,  située  en  plein  cœur  du  territoire  des  Bangala 
et  de  lui  donner,  par  des  négociations  pacifiques,  une 
extension   plus   considérable. 

Hanssens  se  dirige  ensuite  vers  l'Equateur  pour  y  chercher 
les  approvisionnements  des  Stanley-Falls  (11-24  mai). 

De  retour  à  Iboko,  il  se  rend  le  25  à  sa  destination. 

Au  cours  de  la  seconde  partie  de  son  voyage,  Hans- 
sens découvre  la  rivière  Mbumdju,  achète  le  territoire 
d'Ubangi,  situé  dans  le  secteur  oriental  du  confluent  de 
cette  rivière  avec  le  Congo,  à  quelques  milles  en  amont 
do  ce  dernier  et  celui  de  Liranga,  appartenant  au  chef 
supérieur  d'Ubangi,  sur  la  rive  droite  en  face  du  district 
de  Ngombi. 

Il  constate  ensuite  l'existence  de  la  rivière  Ngala  ou  Mon- 
gala,  afïluent  de  la  rive  droite,  à  environ  soixante  dix  milles 
anglais,  en  amont  de  la  station  précitée. 

Achat  du  district  de  Mobeka,  situé  sur  la  rive  gauche 
de  l'affluent,  à  environ  dix  milles  anglais,  en  amont  de  sa 
jonction  avec  le  Congo.  Il  n'existe  pas  d'autres  villages 
en  aval,  de  sorte  que  Mobeka  commande   le  confluent. 

Jusque  Mobeka,  la  Mongala  a  une  largeur  moyenne  de 
six  cents  mètres,  ses  rives  sont  basses  et  couvertes  de  bois. 
Sa  direction   est  nord-est. 

Hanssens  constate  l'existence  d'un  nouvel  affluent  de  la 
rive  droite,  dont  la  jonction  avec  le  Congo  se  fait  à  environ 
quinze  milles  en  amont  de  Yambinga.  Cet  affluent,  appelé 
indifféremment  par  les  indigènes  la  MBula  et  la  Bulumbu, 
est  ritimbiri,  reconnu  déjà  par  Stanley.  Hanssens  baptise 
cet  affluent  du  nom  de   rivière  Liagre. 

L'expédition  belge  le  remonte  sur  une  distance  d'envi- 
ron quarante  milles.  Sa  direction  générale  est  nord-est. 
Sa   largeur    varie    de    huit    cents  à  quatre    cents   mètres. 


—  17  — 

Dans  la  partie  qu'il  parcourt,  la  rive  ^^auchc,  spécialement, 
est  très  i)cui)lée.  On  y  constate  l'existence  de  trois  dis- 
tricts importants,  portant  les  noms  de  Busambi,  Libuki 
et  Humbuni.  Un  quatrième  district,  plus  important  encore 
que  les  précédents  et  appelé  Itembo,  se  trouve  situé  sur 
la  rive  gauche,  à  quelques  milles  en  amont  du  confluent 
et  avoisinant  ce  dernier. 

Les  habitants  d'Itembo  appartiennent  à  la  tribu  des  Yan- 
Korvés.  Hanssens  s'y  arrête  pendant  une  demie  journée 
et  fait  l'échanf^e  du  sang  avec  le  chef  supérieur  appelé 
Mubangi,  mais  ne  parvient  pas  à  conclure  un  traité  avec  lui. 

Il  installe  un  poste  de  trois  hommes  au  confluent 
de  l'Aruwimi,  sur  le  territoire  de  Basoko.  Les  villages 
basoko  sont  situés  sur  la  rive  droite  et  commencent  à 
environ  deux  kilomètres  en  amont  de  la  jonction  avec  le 
Congo.  Un  sort  malheureux  était  réservé  à  ce  poste:  deux 
hommes  sont  massacrés  et  mangés  par  les  naturels,  le 
troisième  est  recueilli   par  Van  Gelé. 

Le  3  juillet  1884,  Hanssens  touche  aux  Falls  et  rem- 
place le  chef  de  la  station,  le  mécanicien  Binnie  (qu'il  ren- 
voie au  service  de  la  machine  du  Royal),  par  le  lieutenant 
suédois  Wester,  auquel  est  adjoint  Louis  Amelot. 

Ce  sont  deux  années  d'incessantes  courses,  fécondes  en 
résultats. 

De  l'Equateur  aux  Falls  la  bannière  étoilée  flotte  sur  les 
deux  rives  du   haut  Congo. 

Le  19  juillet,  Hanssens,  de  retour  à  Iboko,  (Courtois 
est  mort  en  route)  profite  de  son  passage  à  la  station 
pour  aplanir  les  différends  qui  viennent  de  surgir  entie 
son  ancien  adjoint  et  Mata  Buiké  et  reçoit  une  lettre 
autographe  d'encouragement  du  Roi. 

Après  avoir  renforcé  la  garnison  de  Coquilhat,  il  quitte 
Bangala  le  22  juillet,   pour  se   rendre  à  Léopnld ville. 

En  descendant  le  fleuve,  il  visite  successivement  les  sta- 


18 


lions  de  Lukolela  et  Rolobo,  commandées  respectivement 
par  Glave,  sujet  anglais,  et  par  le  sous-lieutenant  d'artillerie 
Liebrechts. 

Le  capitaine  Hanssens  félicite  chaleureusement  ce  dernier 
des  résultats  heureux  obtenus  dans  la  pacification  des 
belHqueux  Bayanzi;  (ceux-ci  s'étaient  montrés  intraitables 
dans  les  rapports  qu'ils  avaient  eus  auparavant  avec  Stanley 
et  d'autres  Européens),  et  du  développement  de  la  station 
de  Holobo,  incendiée  par  les  indigènes  sous  son  prédéces- 
seur. 

Hanssens  rentre  à  Léopoldville  le  6  août  1884,  après 
une  absence  de  cent  trente-six  jours,  et  y  rencontre  le 
colonel  de  Winton,  administrateur  général  et  chef  inté- 
rimaire de  l'expédition,  ainsi  que  le  R''  G.  Grenfell  qui 
se  prépare  à  remonter   l'Ubangi. 

L'œuvre  de  Hanssens  est  considérable  :  le  Comité  d'études 
se  trouve  désormais  possesseur  de  tous  les  points  du  haut 
Congo,  présentant  quelque  importance  soit  par  leur  situation, 
soit  par  leur  population,   soit  encore  par  leur  commerce. 

Le  voyage  s'est  accompli  le  plus  pacifiquement  du  monde. 
L'expédition  n'a  pas  rencontré  la  moindre  hostilité  dans 
tout  le  trajet  de  dix  sept  mille  kiloinètres  qui  sépare  le 
Pool  des  Falls.  Partout  chez  les  cannibales  elle  a  été  reçue 
avec    le  plus  vif  empressement. 

Après  un  séjour  de  quelques  semaines  à  Léopoldville, 
Hanssens  se  remet  en  route  pour  acquérir  en  amont  de 
Kwamouth,  le  plus  de  districts  possibles. 

Il  se  rend  en  septembre,  accompagné  de  Casman  et  du 
lieutenant  suédois  Gleerup,  à  Betcho  et  à  Kwamouth. 

Mais  malade,  il  est  forcé  de  retourner  en  Europe,  après 
avoir  remis  le  commandement  du  haut  Congo  au  lieutenant 
Van  Gelé. 

Mandé  à  Léopoldville,  il  y  reçoit  la  croix  de  chevalier  de 
l'Ordre  de  Léopold,  mais  démissionne  quelques  jours  après. 


10  — 


Arrivé  ;i  Vivi,  il  y  meurt  le  28  décembre  I.S.Sl,  nu  moment 
où  il  se  disposait  à   remonter  vers  l'amont. 

Stanley  a  consaci'é  (iuel([ues  lig-nes  flatteuses  à  Ilanssens 
dans  son  ouvrag'e:   CAuq  années  au  Congo: 

«  Le  capitaine  Ilanssons  semblait  avoir  endossé,  pour  venir  en 
Afrique,  cette  armure  qui  rend  l'honmie  invulnérable  à  tout:  le 
courage  moral.  Chargé  de  conduire  une  expédition  et  de  fonder 
des  stations  dans  des  régions  inconnues,  il  faisait  ses  préparatifs 
avec  une  célérité  et  une  sûreté  étonnantes,  pensant  à  tout,  n'omettant 
rien,  veillant  à  ce  qu'il  ne  manquât  ni  une  carabine,  ni  une  aiguille 
et,  quand  il  se  mettait  en  route  Taspect  martial  de  son  escouade 
j    était    le    gage    du  succès  qui  l'attendait.  » 

Le  15  novembre  1(S81,  Hanssens,  dans  une  lettre  qu'il 
adresse  en  Europe,   s'exprime  en  ces  termes: 

«  Quand  le  travail  du  Congo  proprement  dit  sera  terminé,  il  y 
aura  pas  mal  de  besogne  pour  explorer  et  occuper  toutes  ces  immenses 
rivières  ot  planter  le  drapeau  de  la  civilisation  dans  les  régions 
inconnues  où   elles   prennent  leur   source. 

»  J'espère,  pour  ma  part,  pouvoir  contribuer  à  éclaircir  le  mystère 
qui  les  entoure,  et  c'est  cette  perspective  qui  m'engage  à  différer 
l'époque  de  mon  retour  au  pays.  J'ai  fini  mon  terme,  j'aurais 
le  droit  de  m'embarquer  pour  l'Europe.  Mais  cette  zone  mysté- 
rieuse exerce  sur  moi  une  telle  fascination  que  je  sacrifie  tempo- 
rairement tout:  famille,  amis,  patrie,  pour  aller  voir  ce  qui  s'y 
trouve.  » 


—  20  — 
PUBLICATIONS  : 

Les    premiers    explorateurs  du    haut  Congo.    Lettres    inédites.    (Congo 

illustré,    1892,   pp.  5  et  suivantes). 
Les  Bayanzi,   mœurs  et  coutumes.  (Mouvement  géographique,    1884,   I, 

pp.  6.   10  et   14). 
Le    service    des    transports    entre    Maladi    et    Manyanga.    (Mouvement 

géographique,    1891,   p.   128). 

RÉFÉRENCES   BIBLIOGRAPHIQUES: 

Jourdain  et  Van  Stalle.    Dictionnaire   encyclopédique    de    Géographie 

historique. 
DE  Martrin  Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale^  t.   II. 
Albert  Chapaux.  Le  Congo  historique,  etc.,  pp.  80,  100,  400. 
Bulletin  de  la  Société  royale  de  Géographie  d'Anvers,   1905. 
Mouvement  géographique,  1891,  p.   128. 
Congo  illustré,  1892,  p.  1. 


JANSSEN,  CAMILLE. 


Cliché  du  Mouvement  Géographique. 


GOUVERNEURS  GENERAUX  DE  L'ETAT  INDEPENDANT  DU  CONGO. 


JANSSEN,    CAMILLE, 

né  à  Liège,   le  5  décembre  1837. 

Docteur  en  droit  et  en  sciences  politiques  de  l'Université 
de  Liège. 

Substitut   du  procureur  du  Roi  à  Hasselt  (1805). 

Chancelier  de  la  légation  belge  avec  pouvoirs  consu- 
laires à  Gonstantinople  (1872). 

Président  du  Tribunal  mixte  international  d'Alexandrie 
(1875). 

Chargé  d'une  mission  diplomatique  et  commerciale  en 
Turquie,   Asie-Mineure,   Grèce   et  Palestine  (1878). 

Agent  diplomatique  et  consul  général  en  Bulgarie  (1879). 

Consul  général  à  Québec  (1882). 

Part  pour  le  Congo,  le  25  septembre  1885,  comme  vice- 
administrateur  général. 

La  constitution  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo  fut 
proclamée  à  Banana,  le  19  juillet  1885,  par  sir  Francis 
de  Win  ton.  Huit  mois  après,  l'agent  supérieur  de  l'Asso- 
ciation du  Congo  rentrait  en  Europe,  à  l'expiration  de  son 
terme  de  service  et  remettait  à  Camille  Janssen  ses  hautes 


oo 


fonctions  d'aclminislrateur  général,  chef  du  g-ouvernement 
local. 

«  Depuis  l'époque  de  la  découverte,  à  la  fin  du  xv®  siècle, 
«  jusqu'à  ce  moment,  le  Congo  n'avait  connu  la  loi  d'aucun 
^'  pouvoir  civilisé.  Depuis  quelques  années  seulement,  les 
»  croiseurs  anglais  avaient  chassé  les  négriers  des  criques 
^  du  bas  fleuve.  Dans  l'intérieur  du  pays,  à  quelques  lieues 
»  des  rives  de  celui-ci,  c'est  à  peine  si  les  populations 
"  indigènes  connaissaient  l'Européen.  La  propriété  n'était 
^  ni  garantie,  ni  protégée.  La  justice  n'existait  pas.  Tout 
^  était  à  créer. 

Les  résistances  à  vaincre  étaient  considérables,  les  obsta- 
cles à  tourner  parraissaient  énormes.  Par  contre,  les  moyens 
d'action  sont  d'une  insuffisance  absolue.  En  ce  qui  concerne 
la  situation  politique,  les  rapports  avec  les  Portugais  au  sud 
et  les  Français  au  nord,  exigaient  le  plus  grand  tact  et  la 
plus  extrême  circonspection.  Les  trafiquants  établis  au 
Congo,  depuis  vingt  à  trente  ans,  redoutaient  de  voir  suc- 
céder un  nouvel  ordre  de  choses  à  l'ancien  système,  qui 
était  la  liberté  sans  contrôle  et  sans   réglementation. 

Janssen  s'applique  immédiatement  à  créer  la  justice,  régler 
les  questions  commerciales,  établir  des  impôts  et  des  droits 
de  sortie,  organiser  les  postes  et  le  régime  foncier. 

Rentré  en  Belgique  le  9  janvier  1887,  il  repart  dès  le  8  mai 
suivant  avec  le  grade  de  gouverneur  général,  dont  il  a 
été  investi  le  17  avril. 

Pendant  ce  second  séjour  au  Congo,  il  explore  le  Shi- 
loango  jusqu'à  Nzobe  et  s'engage  dans  la  Lukula,  en 
décembre  1887,  avec  les  capitaines  Jungers  et  Destrain. 

Revenu  en  Europe  le  IG  juillet  1888.  Janssen  fait  à  Bru- 
xelles, du  20  octobre  1888  au  15  mai  1889,  l'intérim 
d'administrateur  général  du  département  de  l'Intérieur,  mais 
le  18  mai  1889,  il  s'embarque  une  troisième  fois  pour  le 
Congo,  pour  rcm{)lacer  à  Boma  l'Insiiecteur  d'Etat  Cambier, 
chef  du  gouvernement  local. 


—  23  — 

Jusqu'à  l'époque  où  Slanley  dcbar(]ua  au  Con'^o,  en  1879, 
|)our  compte  de  l'A.  I.,  les  steamers  ne  dépassaient  pas 
Ponta  de  Lenha. 

La  navigabilité  du  bas  fleuve,  en  amont  de  Boma,  était 
mise  en  doute;  on  aflirmait  que  seuls  des  bateaux  de 
(juebiues  tonnes  pourraient  aborder  à  Matadi.  Si  cette 
assertion  se  confirmait,  c'était  la  mort  de  l'peuvre,  à  i)eine 
née,   de  la   construction   du   cliemin   de  fer. 

Le  i^ouverneur  général  Janssen  insiste  pour  (jue  l'essai 
soit  tenté  et  charge  le  capitaine  Murray,  olïicier  de  la 
British  and  African  Steam  navigation  C",  d'aller  reconnaître 
au  préalable  par  lui-même  la  route  fluviale  entre  Boma 
et  Matadi,  à  bord  d'une  embarcation  à  vapeur. 

N'ayant  rencontré  aucun  obstacle,  Murray  tenta  l'aven- 
ture, monté  sur  le  steamer  Lualaba,  le  29  juin  1889.  Sans 
peine,  ni  appréhension,  pendant  toute  la  durée  du  voyage, 
qui   prit   cinq   heures,  il  arriva   à  Matadi  sans  encombres. 

Il  était  désormais  prouvé  que  Matadi  est  aussi  abordable 
])ar  les  grands  steamers  que  la  plupart  des  ports  intérieurs 
européens. 

«  Le  résultat  heureux  de  l'énergique  tentative  de  Murray,  eut  un 
grand  retentissement  en  Europe.  Matadi,  accessible  aux  navires 
de  mer,  c'était  le  succès  assuré  pour  l'entreprise  du  chemin  de  fer, 
cette  condition  vitale  de  l'existence  même  de  l'Etat,  c'était  l'afflux, 
la  ruée  certaine  des  immenses  richesses  du  haut  Congo  vers  le 
débouché  belge  de  la  région  des  cataractes,  c'était  la  prospérité.  » 
(Congo   illustré,    1893,    p.   161). 

Le  14  juillet,  le  gouverneur  général  confie  au  major 
Gambier  la  direction  du  gouvernement  local  et  entreprend 
une  importante  inspection  dans  le  haut  Congo,  afin  de 
juger,  par  lui-même  des  progrès  réalisés  en  un  si  petit 
nombre  d'années.  Déjà  à  Boma,  il  a  pu  constater  les 
résultats  obtenus,  grâce  au  capitaine  Roget,  dans  l'orga- 
nisation de  la  force  publique. 


—  21 


«  Pendant  le  voyage  pédestre  qu'il  tait  de  Matadi  à  Léopoldville, 
Janssen  peut  se  rendre  compte  que  la  situation  est  excellente  dans 
le  bas  Congo.  La  route  des  caravanes  a  été  sensiblement  améliorée, 
surtout  au  passage  des  rivières  Lufu  et  Lukugu,  où  le  sous-lieutenant 
du  génie,  Carton,  a  établi  de  solides  ponts  suspendus.  Le  service 
de  recrutement  de  porteurs  est  dirigé  avec  habileté  et  intelligence 
par   Van   Dorpe. 

»  Le  15  septeml)re,  le  gouverneur,  à  bord  de  la  Ville  de  Bimxclles, 
part  pour  le  haut  Congo  ;  il  est  accompagné  du  capitaine  Becker 
qui  retourne  aux  Falls  pour  y  organiser  une  expédition,  du  sous- 
lieutenant  Verbrugghe  qui  va  remplacer  le  lieutenant  Jacques  au 
poste  de  Bumba;  du  sous-lieutenant  Duthoy,  désigné  pour  être 
adjoint  au  commandant  de  Bangala  ;  du  sous-lieutenant  Lenger  et 
du   docteur  Dupont. 

»  A  Bangala,  le  gouverneur  installe  le  lieutenant  Baert,  le 
nouveau    commissaire   de    district. 

»  Aux  Falls,  il  trouve  Tippo-Tip,  qui  l'assure  de  son  parfait 
dévoùment   au    Roi-souverain. 

»  A  ce  moment  les  Arabes  et  Tippo-Tip  sont  à  l'apogée  de 
leur  puissance  ;  leurs  bandes  exploitent  ITtimbiri,  l'Aruwimi  et  la 
contrée  du  nord   de    Basoko.   »   (Histoire  militaire  du    Congo). 

Le  29  octobre  1889,  le  gouverneur  s'embarque  à  bord  du 
steamer  Ville  de  Bruxelles,  au  poste  dTsanghi,  au  confluent 
du  Lomami.  Accompagné  du  capitaine  Van  Kerckhoven, 
commissaire  du  district  de  Bangala,  et  du  sous-lieutenant 
Lenger,  de  la  F.  P.,  il  remonte  le  Lomami,  luttant  partout 
contre  les  Arabes,  jusqu'au  dernier  campement  de  l'expé- 
dition Delcommune,  en  quatorze  jours  et  cent  et  seize  beures 
de  navigation  effective.  Trois  beures  après  avoir  dépassé 
le  susdit  campement,  de  gros  flocons  de  mousse  descen- 
dant le  cours  de  l'eau,  attirent  l'attention  des  voyageurs. 
Quatre  heures  et  demie  après  avoir  quitté  le  point  extrême 
atteint  précédemment  par  le  Roi  des  Belges,  le  steamer  se 
trouve  arrêté  dans  une  gorge  par  d'infranchissables  rapi- 


^f) 


dos.  La  rivière  se  l'étrécit  dans  d(;s  proportions  iiivraisern- 
l)lal)los;  tandis  ([u'à  quelques  mètres  plus  bas  sa  lar'^'-eur 
mesure  encore  deux  cents  mètres,  elle  se  réduit  i)rusque- 
ment  à  cinquante  ou  soixante  mètres. 

Le  11  novembre,  une  observation  à  l'aide  du  sextant  et 
d'un   horizon  artificiel  donne  4°  27'  2"  de   latitude  sud. 

Les  rapides  N'Conghi  étant  infranchissables,  Janssen 
chai-g"e  le  lieutenant  Lenger  de  créer  à  Bena-Kemba,  un 
poste  militaire  destiné  à  relier  celui  que  le  lieutenant  Le 
Marinel  a  l'ordre  de  fonder  au  camp  du  Lomami-Sankuru. 

La  descente  du  Lomami  prend  cinquante  et  une  heures; 
le  voj^age  entier  a  duré  vingt  et  un  jours.  Le  Gouverneur 
général  rentre  à  Léopoldville, 

Le  17  décembre  1889,  le  gouverneur  quitte  Léopold- 
ville à  bord  du  steamer  Ville  de  Bruxelles  à  destination  de 
Luebo  et  de  Luluabourg,  pour  explorer  le  Kasaï  et  ses 
affluents  et  fonder  la  station  de  Lusambo,  au  confluent  du 
Lubi  et  du  Sankuru. 

Voici  en  quels  termes  le  R.  P.  Van  Aertselaer  relate  ce 
dernier  événement  dans  une  lettre  adressée  à  son  frère 
le  chanoine  Van  Aertselaer. 

«  Le  12  février  1890,  le  gouverneur  Janssen  arrive  à  cet  endroit 
sur  je  ne  sais  quel  steamer,  il  débarque  le  13  pour  planter  le 
drapeau  de  l'Etat  et  repart  le  14,  écrivant  à  Bruxelles:  «  Lusambo 
est  fondé  ».  L'assertion  peut  sembler  une  plaisanterie;  elle  est  la 
vérité, 

»  Quelques  officiers,  parmi  lesquels  Légat,  restent  à  la  garde 
du  drapeau,  qui  flotte  au  coin  d'une  épaisse  forêt,  entourée  d'un 
côté  par  le  Lusambo,   des  trois   autres  par  une  rangée  de  collines, 

»  Pendant  ce  temps,  Le  Marinel,  Gillain  et  d'autres  partent 
par  terre  de  Luebo  sur  Luluabourg,  y  recrutent  une  colonne  de 
travailleurs   et    arrivent  après   quelques  semaines  à    Lusambo.  » 

L'efficacité  de  l'établissement  du  camp  retranché  de  Lu- 
sambo, allait  bientôt  se  faire  sentir,  au  cours  de  la  cam- 


—  20 


pag^ne  arabe,  si  habilement  menée  par  nos  héroïques  com- 
patriotes. 

Le  gouverneur  général  rentre  à  Léopoldville  le  27  février; 
et  à  son  retour  à  Matadi,  il  constate  la  complète  transforma- 
tion de  la  station,  sillonnée  par  le  personnel  de  la  com- 
pagnie du  chemin  de  fer,  occupé  aux  premiers  travaux 
de  la  construction. 

Il  rentre  à  Boma  le  21  mars,  après  une  absence  de  huit 
mois  et  s'embarque  pour  l'Europe,  le  5  mai  1890,  avec 
Gambier. 

Il  est  nommé  secrétaire  général  du  département  des 
finances  de  l'Etat  à  Bruxelles,  mais  démissionne  de  ses 
fonctions  de  gouverneur  général  en  1893,  et  est  autorisé  à 
porter  le  titre  de  gouverneur  général  honoraire.  Il  est 
décoré  de  l'étoile  de  service  à  deux  raies. 

Secrétaire  général  de  l'Institut  colonial  international, 
Janssen  est  choisi  comme  arbitre  pour  trancher  les  difR- 
cultés  pendantes  entre  le  Chili  et  les  gouvernements  de 
France,  de  Grande-Bretagne  et  de  Suède. 

A  l'expiration  de  sa  mission,  il  rentre  à  Bruxelles,  en 
avril    1896. 


PUBLICATIONS: 


Orographie  des  noms  géographiques  du  Congo.  (Recueil  administratif 
des  finances,  1892,  n»  185). 

En  collaboration  avec  vanEetvelde,  Rapport  au  Roi-souverain.  (Bul- 
letin officiel  de  TEtat  indépendant  du  Congo.  1891,  pp.  1G5,  211  et 
Mouvement  géographique,   1891,  n°  15). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Mouvement  géographique,  1888,  p.  18;  1889,  p.  83. 
Congo  illustré,  1893,  p.  1. 

Chapaux.  Le  Congo  historique,  etc.,  pp.  181,  615,  647. 
Jenssen  Tusch.  Skandinaver  i  Congo. 


Baron  WAHIS. 


Cliché  (lu  journal  Le  Congo. 


WAHI5,      THÉOPHILE,   THÉODORE,    JOSEPH,    ANTOIN  E  (BARON). 

né  à  Menin  le  27  avril  1844. 

S'engag-e  au  11^  régiment  de  ligne  en  1860  et  est  admis 
à  l'Ecole  militaire  deux  ans  plus  tard. 

Nommé  sous-lieutenant  au  6^  régiment  de  lig"ne,  le  26  mai 
1864,  il  est  autorisé,  par  arrêté  royal  en  date  du  8  octobre 
1864,  à  prendre  part  à  la  campagne  du  Mexique. 

Adjoint  au  corps  belge,  sous  le  commandement  du  colo- 
nel baron  van  der  Smissen,  comme  lieutenant  à  la  première 
compagnie  des  voltigeurs,  sous  les  ordres  du  capitaine  Léon 
Visart  de  Bocarmé,  Wahis  quitte  Audenarde  avec  le  pre- 
mier détachement  de  la  légion   pour  se  rendre  à  Mexico. 

Arrivé  à  destination,  Wahis  et  la  première  compagnie 
des  voltigeurs,  escortant  un  important  convoi  d'argent,  sont 
dépêchés  vers  Puebla,  pour  renforcer  le  cercle  d'investis- 
sement formé  par  le  corps  du  maréchal  Bazaine  autour 
d'Ojaca,  place  défendue  par  Porphirio  Diaz. 

Mais,  à  Puebla,  le  détachement  belge  apprenant  que  Diaz 
a  capitulé  et  qu'il  est  fait  prisonnier,  rentre  à  Mexico  et 
à  Rio  Frio,  dans  la  Sierra. 


28 


Le  lieutenant  Waliis,  à  son  retour  à  Mexico  est  attaché 
au  colonel  baron  van  der  Smissen,  comme  officier  d'ordon- 
nance et  conserve  cette  fonction  pendant  toute  la  campag-ne. 

Wahis  se  distingue  au  combat  de  la  Loma,  au  New-Léon, 
dans  le  Nord  du  Mexique,  et  à  Charco-Redondo,  où  il 
contribue  à  la  reprise  d'un  convoi  important,  qu'une  fausse 
manœuvre  avait  livré  à  l'ennemi. 

Wahis  est  cité  à  l'ordre  du  jour  par  le  maréchal  Hazaine, 
pour  sa  belle  conduite,  à  la  tête  d'une  colonne  d'attaque, 
le  10  juillet   1805. 

Lors  de  la  défection  du  gouvernement  français,  vis-à-vis 
de  l'Empire  mexicain,  la  légion  belge  reprend  le  chemin 
de  la  patrie,  ^'an  der  Smissen  qui  a  pu  apprécier  les 
hautes  qualités  dont  a  fait  preuve  ce  jeune  officier,  sur 
les  champs  de  bataille,  le  désigne  à  l'attention  du  ministre 
de  la  guerre  et  le  choisit  comme  aide  de  camp.  Wahis 
entre  à  l'école  de  guerre  en  1870  et  y  conquiert  le  brevet 
d'adjoint   d'élat-major. 

Il  est  nommé,  le  19  juin  1890,  secrétaire-général  du  dépar- 
tement de  l'intérieur  de  l'Etat  indépendant  du  Congo,  et  le 
J9  novembre  de  la  même  année,  vice-gouverneur  général. 

Major  adjoint  d'état-major  au  régiment  des  grenadiers. 
Wahis  s'embarque  pour  le  Congo  le  18  mars  1891,  et  prend 
la  direction  du  gouvernement  local,  dès  son  arrivée  à 
Boma,   le  15  avril   1891. 

Le  principe  si  vrai  qui  affirme  que  protéger  l'enfance 
c'est  diminuer  la  criminalité,  a  incité  la  plupart  des  Etats 
à  créer  des  établissements  dans  ce  but.  L'Etat  a  compris 
la  portée  hautement  civilisatrice  et  morale  de  semblables 
institutions,  et  a  chargé  le  nouveau  vice-gouverneur  d'orga- 
niser les  premières  colonies  d'enfants  indigènes. 

En  môme  temps,  Wahis  réglemente  le  trafic  des  armes 
de  guerre  et  crée  la  police  administrative. 

En  juillet  1891,  il  établit  le  premier  camp  d'instruction 
à   Kinchassa. 


29 


Ensuite,  il  entreprend  un  voyo^^'^e  duns  le  Mayuinbe, 
puis  se  rend  d;ms  le  liiiut  Congo,  jiis(ju'aux  Falls,  en 
passant  l'inspection  des  stations  du  moyen  et  du  haut- fleuve, 
lùuH   que  celles  du  Rubi  et  du   Lomami. 

Aux  Falls  et  à  Hasoko,le  vice-gouverneur  général  s'occupe 
tout  spécialement  des  mesures  à  prendre  en  vue  de  la 
campngne  arabe  qui  se  prépare. 

Nommé  gouverneur-général  le  r  juillet  1892,  Wabis 
rentre  en  congé  en  Europe,  le  IG  octobre  de  la  même 
année  et  assume,  de  janvier  à  mars  1898,  l'intérim  du 
secrétariat  général  du  département   des  finances. 

Le  G  avril  1893,  il  retourne  une  seconde  fois  en  Afrique, 
accompagné  de  sa  femme  et  de  son  fils  aîné,  et  séjourne 
au  Congo,  jusqu'au  13   février   1895. 

Pendant  ce  second  terme  de  service,  le  représentant  du 
Roi-souverain  se  consacre  exclusivement  à  perfectionner 
les  diverses  institutions  de  l'Etat,  en  faisant  partout  mettre 
en  œuvre  les  instructions  du  gouvernement. 

De  septembre  à  décembre  1894,  il  inspecte  la  roule  des 
caravanes  et  l'importante  station  de  Léopoldville;  le  4  décem- 
bre, il  préside  à  l'inauguration  de  la  ligne  Matadi-Kenge. 

C'est  durant  le  second  séjour  en  Afrique  du  gouverneur 
Wabis,  qu'un  conflit  éclate  entre  le  Congo  belge  et  fran- 
çais: la  guerre  est  imminente  et  trois  mille  hommes  sont 
immédiatement  envoyés  à  la  frontière;  mais  le  danger  est 
heureusement  conjuré. 

Au  point  de  vue  administratif  nombreux  sont  les  travaux  et 
les  réformes  auxquels  le  gouverneur  Wabis  a  attaché  son  nom. 

Il  y  a  notamment  à  citer:  l'application  du  décret  sur 
les  recrutements  de  la  F.  P.  et  l'organisation  des  forces 
militaires;  le  développement  des  camps  d'instruction  et  le 
règlement  se  rapportant  aux  colonies  d'enfants;  l'extension 
donnée  aux  recrutements  des  porteurs  et  des  travailleurs, 
les  améliorations  apportées  dans  l'organisation  du  service 
des  transports  dans  la  région  des  chutes,  —  le  plus  impor- 


—  no- 
tant des  services  de  l'Etat,  aussi  long-tcmps  que  le  chemin 
de  fer  nétait  pas  achevé  ou  tout  au  moins  qu'il  n'avait 
pas  atteint  le  district  de  Kimpesse  —  les  noml)reux  travaux 
d'embellissement,  d'assainissement  et  d'utilité;  l'extension 
donnée  aux  cultures.  En  un  mot,  il  n'est  pas  de  service  admi- 
nistratif auquel  de  notables  perfectionnements  n'aient  été  ap- 
portés sous  la  haute  impulsion  du  gouverneur  général  Wahis. 

Le  8  septembre  1805,  Wahis  se  dirige  une  troisième  fois 
vers  le  continent  africain  et  le  G  mai  de  l'année  suivante 
quitte  la  capitale  de  l'Etat,  pour  entreprendre  une  impor- 
tante inspection  générale,  dont  il  est  chargé  par  le  Roi- 
souverain. 

Le  gouverneur  emploie  les  neuf  mois  que  dure  son  absence 
à  l'intérieur  du  pays,  à  visiter  successivement  les  travaux 
du  chemin  de  fer,  le  district  du  Pool,  celui  de  l'Equateur, 
—  qu'il  parcourt  et  étudie  en  détail,  —  et  celui  de  Ban- 
gala,  la  région  de  l'Itimbiri  et  la  zone  arabe.  Cette  inspec- 
tion le  mène  jusqu'à  Kassongo,  sur  le  haut   Lualaba. 

Le  voyage  se  termine  en  février  1897,  par  la  descente 
du  Lualaba  et  du  Congo.  Le  11  mai  1807,  Wahis  débarque 
à  Lisbonne. 

L'œuvre  militaire  du  colonel  Wahis,  a  été  appréciée  en 
ces   termes   par  la   Belgique   militaire  (1807,   n"  13G(3)  : 

«  Militaire  accompli,  le  lieutenant- colonel  Wnliis,  s'occupe  tout 
d'abord  de  l'organisation  de  la  force  publique  de  l'Etat  du  Congo. 
Avant  son  arrivée,  la  force  publique  est  surtout  composée  d'élé- 
ments recrutés  à  grands  frais  à  l'étranger;  son  organisation  est 
rudimentaire  et  son   instruction  négligée. 

»  Le  colonel  Wahis,  persuadé  de  l'importance  énorme  qu'il  y 
a  pour  l'Etat  à  posséder  une  force  publique  recrutée  sur  son  ter- 
ritoire, bien  organisée  et  composée  de  soldats  bien  exercés  et 
disciplinés,  se  met  immédiatement  à  l'œuvre  et,  sans  se  laisser 
rebuter  par  aucun  obstacle,  ne  cesse,  durant  tout  le  long  séjour 
qu'il  fait  au    Congo,    de    s'occuper    activement    et    personnellement 


31  — 


do  ootto  question  qu'il  a  fort  à  cœur.  Aussi  peut-on  dire  que 
c'est  à  lui  que  l'on  doit  la  lor(;e  [)ul)lique,  telle  qu'cdhî  existe 
actuelle  meut. 

»  Alors  qu'en  1891,  à  son  arrivée  au  Congo,  la  l'orcc  puhliiiiie 
comptait  à  peine  dans  ses  rangs  huit  cents  miliciens  indigènes, 
elle  compte  actuellement  plus  de  huit  mille  miliciens  et  quatre 
mille   volontaires   nationaux. 

»  Le  décret  sur  la  conscription  a  été  mis  en  vigueur  i)etit  à  petit, 
au  fur  et  à  mesure  que  l'autorité  de  l'Etat  s'étendait,  et  l'organisation 
de  ces  recrutements,  que  le  gouverneui'  général  a  fait  établir  lui- 
même   dans  le   bas    Congo,   sert    de  modèle   dans  tout    l'Etat. 

»  Pour  instruire  les  miliciens  recrutés,  le  colonel  Wahis  fonde  les 
camps  d'instruction,  où  les  hommes  de  nouvelle  levée  doivent  séjour- 
ner dix-huit  mois  avant  d'être  versés  dans  les  compagnies  actives  de 
la  force  publique.  Les  règlements  de  ces  camps  sont  élaborés  par  lui, 
et  il  ne  manque  aucune  occasion  de  s'assurer,  soit  par  lui-même,  soit 
par  des  officiers  délégués  à  cet  effet,  de  l'observation  de  ses  instruc- 
tions et   des  progrès   accomplis   dans    les  camps. 

»  L'instruction  militaire  des  hommes  de  la  Force  publique,  tant 
dans  les  camps  que  dans  les  compagnies  actives,  est  également 
l'objet  de  toute  sa  sollicitude.  Un  tableau  de  service  modèle  est 
mis  en  vigueur  dans  tout  l'Etat,  et  l'instruction  du  tir  y  acquiert 
une  importance   capitale. 

»  Rien  de  ce  qui  a  rapport  à  la  Force  publique  ne  le  laisse 
indifférent:  armement,  équipement,  habillement,  casernement,  nour- 
riture, musique,  tout  l'intéresse,  comme  en  témoignent  de  nom- 
breux ordres. 

»  L'éducation  morale  des  soldats  noirs  et  le  traitement  qu'il 
convient  d'appliquer  à  ces  hommes,  pour  en  faire  des  serviteurs 
dévoués  de  l'Etat,  sont  également  l'objet  de  tous  ses  soins;  ses 
instructions  à  ce  sujet,  tout  en  révélant  le  soldat  modèle,  laissent 
entrevoir  le  père  qui  considère  ses  soldats  comme  étant  en  quelque 
sorte  ses  enfants  et,  autant  il  se  montre  sévère  avec  les  insoumis 
et  les  mauvais  soldats,  autant  il  a  de  sollicitude  pour  le  bien- 
être   matériel   et  moral    des   bons. 


—  32  — 

>^  Nous  n'en  finirions  pas  si  nous  devions  dire  quelque  peu  en 
détail  tout  ce  que  le  colonel  Wahis  a  fait  pour  la  Force  publique 
du  Congo.  Une  visite  à  Tervueren  montrera  ce  que  l'on  peut 
obtenir  de  gens  antérieurement  sauvages,  par  une  discipline  et  une 
instruction   militaire   bien  entendues. 

»  L'activité  du  colonel  Wahis  s'est  en  outre  exercée  dans  les 
ordres  d'idées  les  plus  divers,  et  l'on  peut  dire  qu'il  n'a  rien 
négligé  pour  mettre  en  vigueur,  le  plus  possible,  les  instructions 
du  Gouvernement  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo.  Aussi,  il  lui 
revient  une  très  grande  part  dans  les  progrès  a,ccomplis  au  Congo, 
de  1891  à  1897,  et  son  nom  restera  attaché  à  l'histoire  de  notre 
colonie  comme  un  modèle  d'intelligence,  de  travail,  d'énergie  et 
de    persévérance.  » 

Le  IG  avril  1900,  au  nioment  de  s'embarquer  une  qua- 
trième fois  pour  notre  future  colonie,  Wahis  reçoit,  à 
bord  du  Philippevillc,  un  témoignag-e  de  haute  sympathie 
de  la  part  du  prince  Albert  de  Belgique,  qui  vient  en 
personne  lui  adresser  ses  vœux  pour  un  voyage  heureux. 

Wahis  rentre  en  Belgique  le  19  mai  1901  et  est  créé 
baron. 

En  1905,  le  Roi-souverain,  ayant  décidé  d'appliquer  cer- 
taines mesures  humanitaires  nouvelles  au  Congo,  fait  de 
nouveau  appel  au  dévoûment  du  baron   Wahis. 

Celui-ci  repart  une  cinquième  fois,  le  4  mai  1905,  en 
compagnie  du  colonel  adjoint  E.  M.  Lantonnois,  vice-gou- 
verneur général,  du  major  adjoint  E.  M.  Gomins,  inspecteur 
d'état,  et  du  capitaine  Borremans,  secrétaire  du  gouverneur. 

Accompagné  de  De  Meulemeester,  directeur  ad  intérim 
de  Ja  justice,  de  Piéi\ard,  agent  d'administration  de  deuxième 
classe,  le  baron  Wahis  effectue  une  tournée  d'inspection 
dans  le  domaine  de  l'Abir  et  du  Lopori  et  procède  à  un 
long  et  minutieux  examen  du  service  des  transports  à 
Buta.  (Voir  §  14.  Lettre  du  Roisouvei^ain  aux  secrétaires 
généraux,  0  juin   190G). 


—  33  — 

Le  baron  Wahis  rcviont  on  Hnl^nrHio  lo  8  jiiillot  1000 
ol   est  noiiimô  aide  de  camp  du   Uoi. 

En  août  100(>,  il  a  la  haute  direction  des  grandes  mannnu- 
vres  de  l'armée. 

Le  baron  Waliis  est  actuellement  li(îut(Miant-^'"cn6ral 
commandant  la  ((uatrième  circonscription  militaire  et  la 
quatrième  division  d'armée. 

Aide  de  camp  du   Roi  ; 

Commandeur  de  l'Ordre  de  Léopold,  décore  de  la  croix 
militaire  de  ])remiére  classe,  de  l'ordre  de  la  Guadeloupe 
(Mexique),  de  la  médaille  du  mérite  militaire  (Mexique) 
et  de  l'expédition  du   Mexique  (France); 

Commandeur  de  l'Etoile  africaine,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  à  quatre  raies,  de  l'Ordre  Saint-Vladimir  de  qua- 
trième classe  et  de  Saint-Stanislas  de  deuxième  classe 
(Russie); 

Commandeur  de  Saint-Benoit  d'Aviz  (Portugal),  de  l'Ordre 
de  l'Epée  de  deuxième  classe  (Suède)  et  du  Takovo  de  Serbie, 
décore  de  l'Aigle  rouge  de  Prusse  de  deuxième  classe, 
officier  de  la  Légion  d'Honneur. 


PUBLICATIONS: 


V inauguration  de  la  première  section  Maladi-Kenge.  Discours  et   une 

carte.  (Mouvement  géographique,  1894,  p.  5). 
Article  paru  dans  la  National  Review  de  Londres  (traduit  par  Y  Europe 

coloniale  de  Paris). 
The   World,  21  novembre  1906;   The  Sphère.  21  octobre  190(3. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Belgique  militaire,  1897,  n"  1366. 

Mouvement  antiesclavaçiste,    1897,  pp.  131  et  173,  1900,  p.  185, 

Congo  illustré,  1895,  p.  129. 

Jexssen  Tusch-  Skandinaver  i  Congo,  1902-1905. 


VICE-GOUVERNEURS  GÉNÉRAUX. 


COQUILHAT,    CAMILLE.    AIMÉ, 

né  à  Liège,   le    15    octobre   1853,   décédé    à  Borna,  le    24 
mars  1891. 

Etant  au  collège  Dupuich  à  Bruxelles,  pendant  la  guerre 
franco-prussienne,  il  s'engage  les  premiers  jours  de  jan- 
vier 1871,  à  l'insu  de  ses  maîtres,  au  régiment  des  voltigeurs 
du  nord  et  est  dirigé  à  Bapaume  qu'il  atteint  après  force 
marches  et  contre  marches.  Quelques  jours  plus  tard,  il  assiste 
aux  batailles  de  Vermand  et  de  Saint-Quentin.  Prisonnier 
des  Prussiens,  il  parvient  à  s'échapper,  fait  trente  lieues 
à  pieds  nus,  déguisé  en  chiffonnier,  sans  pain  et  sans 
argent,  et  revient  à  Lille.  Il  se  dispose  à  se  faire  rééquiper 
lorsque,  sur  le  conseil  de  son  père,  il  résilie  son  enga- 
gement et  retourne  à  Mons,  où  il  est  fêté  comme  un  héros. 

Quelques  mois  après  cette  équipée,  il  entre  à  l'école  mili- 
taire. Lieutennnt-adjoint  d'état-mnjor  au  2<^  régiment  de 
ligne,  Coquilhat  épris  de  la  grandeur  de  l'initiative  royale, 
se  met  au  service  du  comité  d'études  du  haut  Congo,  en 
juin  1882,   pour  rejoindre  l'expôditiuri  Stanley. 


COQUILHAT,  CAMILLE. 


(y» 


Cliché  de  rouvragc  de  M.   Chapaux, 
Le  Congo  historique,  diplomatique,  etc. 


OD 


Accompagné  du  lieutenant  Avacrt,  du  sous-lieutenant 
Parfo  Nry  et  de  l'agent  comptable  I^runl'aut,  il  quitte  Anvers 
le  15  août  1S82  et  s'embarque  pour  l'ATrique,  le  19  août, 
à  Liverpool,  à  bord  du  Benguela,  steamer  de  la  I>ritisli 
and  African   navigation  Company. 

A  Libreville  il  apprend  que  Stanley  a  dû  quitter  le  Congo 
pour  cause  de  maladie,  en  juillet,  et  qu'il  est  retourné  en 
Europe. 

Le  jeune  officier  belge  arrive  à  Banana,  le  23  septem- 
bre et  se  dirige,  trois  jours  après,  à  bord  de  la  Belgique, 
vers  Vivi,   premier  poste  du  comité  d'études. 

A  Boma,  il  rencontre  Delcommune,  gérant  de  la  facto- 
rerie belge  de  la  maison  Gilis.  La  Belgique  quitte  Boma, 
le  27  septembre  et  s'amarre  au  pied  de  Vivi  vers  trois  heures. 
Les  voyageurs  organisent  la  caravane  et,  le  80  septembre, 
celle-ci  s'engage,  suivie  de  soixante  porteurs,  sur  la  route 
d'Issanghila  pour  atteindre  Léopoldville. 

Coquilhat,  Avaert,  W.  Van  de  Velde  et  Amelot  prennent 
place,  le  11  octobre,  à  bord  du  Royal,  à  Issanghila,  et 
arrivent  le  15  octobre  à  Manyanga,  où  ils  sont  reçus  par 
le  chef  de  la  station,  le  lieutenant  Nilis. 

Coquilhat  abandonne  à  Manyanga  ses  compagnons  ter- 
rassés par  la  fièvre,  et  part  en  tôle  de  la  caravane.  En 
cours  de  route,  il  rencontre  Braconnier,  qui  se  dirige  vers 
la  côte. 

Averti  par  un  courrier  de  Van  Gelé  que  celui-ci  se  trouve 
à  une  heure  et  quart  du  camp  de  Loutete,  il  y  rejoint 
son  compatriote,  qui  est  entouré  de  deux  autres  officiers 
belges.  Valcke  et  Orban  et  de  Callewaert,  comptable  anver- 
sois.  Coquilhat,  assiste  à  la  signature  du  traité,  par  lequel 
Loutete  et  Makito,  se  mettent  sous  le  protectorat  des  Belges. 

Il  abandonne  le  camp  de  Loutete,  avec  Valcke,  le  24  octo- 
bre, pour  Léopoldville  et  y  est  reçu  le  G  novembre,  par  le  chef 
intérimaire,  le  sous-lieutenant  Grang,  tandis  que  Valcke  se 
rend  à  Msuata,   en   pirogue,  pour  s'y  procurer  les  embar- 


I 


3G  — 


cations  nécessaires  nu  transport,  en  cet  endroit,  de  son 
escorte  restée  à  Léopoldville.  Coquilhat  se  charg-e  de  con- 
duire la  caravane  de  Valcke  à  Msuata  et  quitte  Léopold- 
ville le  5  décembre,  à  la  tête  d'un  contingent  de  52  hom- 
mes,   répartis  en  cinq  canots. 

Après  une  navigation  des  plus  périlleuses,  il  s'arrête  à 
MFoua  (Brazzaville),  dépasse  l'île  de  Bamou,  le  camp  des 
Abeilles  "Kampi  a  Niouki^^,  est  comblé  d'honneurs  à  MBoua, 
])ar  le  chef  indigène,  s'arrête  aux  îles  Pourourou  et  Doualla 
et  atteint  Msuata  le  13  décembre  (poste  situé  à  une  ving- 
taine de  kilomètres  en  aval  du  confluent  du  Kasaï  Ibari 
NKoutou  et  du  Kwango).  Boulanger  y  remplace  provisoi- 
rement, comme  chef  de  la  station,  le  lieutenant  Janssen, 
actuellement  à  Bolobo.  Coquilhat  s'embarque  le  16  décembre, 
à  bord  de  la  baleinière  JS Eclair eur  ramenée  de  Bolobo  par 
Janssen  et  longe  la  rive  droite.  Le  rapide  de  N'Ga-Ntchou 
ne  peut  être  doublé  qu'en  faisant  hâler  le  bâtiment. 

Les  voyageurs  s'arrêtent  peu  de  temps  à  Boukele,  dans 
le  pays  des  Bayanzi,  dépassent  la  bouche  de  la  Lawson  ou 
Lefini,  rivière  venant  du  nord-ouest,  et  le  village  de 
Tchoumbiri,  pour  débarquer  le  22,  à  Bolobo.  Mais,  Coquil- 
hat est  frappé  d'un  violent  accès  de  fièvre,  et  Hanssens 
et  Orban  lui  prodiguent  les  soins  les  plus  dévoués.  A  ce 
moment  les  Belges  reçoivent  la  visite  d'Ibaka,  roi  de  Bolobo. 

Le  27  décembre  Hanssens  et  Coquilhat  à  bord  de  VEclai- 
reuj'  reconduisent  Ibaka  à  son  village  de  campagne,  à  deux 
lieues  plus  bas  que  le  poste  et  campent  près  de  Tchoumbiri; 
ils  parviennent  à  obtenir  de  Makuentcho  la  cession  des 
droits  nécessaires  au  protectorat  politique  exclusif  du  district 
de  Mokele.  Ce  territoire  tient  l'un  des  côtés  de  l'accès  que 
ribari  N'Koutou  peut  offrir  aux  expéditions  venant  du  haut 
Kwango.  Msuata  est  atteint  en  trois  heures,  le  chef  de  la 
rive  gauche  de  Tlbari   N'Koutou,   traite   avec  les    Belges. 

De  retour  à  Léopoldville,  le  4  janvier,  Hanssens  et  Coquilhat 
préparent  leur   prochain  voyage  vers  l'Equateur,   lorsqu'ils 


37 


sont  soudaineiiKMil  inroriiios,  par  un  coiiri'icîr  extiaorcJi- 
iKwre,  ({UG  Stanley,  à  Ja  tête  d'un  nombreux  personnel  blanc 
et  d'un  renfort  de  2:.0  Zanzibarites,  s'avance  à  marches 
r:ij)ides  vers  Manyanga  et  ((u'il  appelle  Hanssens  pour  le 
(•liai';L^er  d'une  mission  secrète  (:J  février  1<S8:3). 

Hraconnier  suit  le  message  à  cin([  jours  d'intervalle,  avec 
des  instructions  précises.  Sauf  pour  les  besoins  du  ravi- 
taillement de  Msuata  et  de  Bolobo,  défense  est  faite  d'entre- 
prendre aucun  voyag"e  avant  l'arrivée  du  chef  de  l'expédition. 

Nommé  adjoint  de  Bi'aconnier,  qui  occupe  les  fonctions 
de  commandant  du  poste  de  Léopoldville,  Coquilhat  est 
préposé  au  service  des  vivres  des  blancs  et  remplace  tem- 
porairement comme  gérant  des  magasins,  Caliewaert  actuel- 
lement à  Kimpoko  (13  février  1883). 

Coquilhat  est  présenté  le  21  mars  au  grand  explorateur;  le 
23,  une  sédition  ayant  éclaté  à  Kimpoko,  Braconnier  et  Stanley 
vont  successivement  tâcher  d'apaiser  la  révolte.  Coquilhat 
recueille  la  succession  de  Caliewaert  à  Kimpoko  où  il  ne  reste 
d'ailleurs  que  quarante-deux  jours  pendant  lesquels  il  se  con- 
sacre avec  ses  vingt- cinq  Zanzibarites  à  l'amélioration  de 
la  station.  Le  9  mai,  Stanley  le  choisit  comme  adjoint  dans 
sa  nouvelle  exploration  du  haut  fleuve  (30  mai).  L'expé- 
dition comprend  se])t  Européens  et  soixante-treize  noirs; 
la  flottille  compte  trois  canots  à  vapeur:  VEn  avant,  ÏA.I.A. 
et  le  Rotjal  auxquels  s'est  joint  ÏBclaireu7\ 

Le  17,  dans  la  matinée,  Stanley  touche  à  Bolobo,  station 
qu'il  trouve  complètement  bouleversée,  par  la  guerre  civile 
qui  vient  d'éclater  entre  Ibaka  et  les  chefs  inférieurs,  ses 
voisins. 

Stanley  ramène  la  paix  et  modifie  la  composition  de  la 
garnison,  qui  s'est  montrée  si  indisciplinée  sous  Boulanger 
et  Brunfaut. 

L'expédition  quitte  Bolobo,  le  28  mai,  longe  la  rive 
gauche,  campe  à  N'Gendi  et  atteint  le  district  de  Lokolela, 
où    les  indigènes,  eff'rayés  à   la   vue    des    steamers,    s'en- 


\ 


38 


fuient  et  refusent  des  vivres.  La  faim  ne  tarde  pas  à  se 
faire  durement  sentir  dès  le  1'"  juin.  La  situation  devient 
même  inquiétante,  lorsque  Van  Gelé  a  recours  à  un  strata- 
gème qui  réussit  pleinement.  Monté  à  bord  du  Royal,  il 
fait  a^iiter  des  pièces  d'étoffe  aux  tons  les  plus  écartâtes. 
Aussitôt,  les  natifs  hésitent,  se  laissent  séduire  par  les 
flamboyants  foulards   et  livrent  des  bananes. 

Etapes:  Lokolela.  district  de  N'Gombi,  Oussindi,  Bou- 
tounou,   district   de   l'irebou. 

Le  5  juin,  les  canots  s'engagent  dans  un  affluent,  la 
Mantoumba,  qui  vient  du  lac  du  même  nom. 

Averti  par  les  indigènes  de  sa  méprise,  Stanley  redes- 
cend dans  l'irebou. 

Le  8  juin,  les  villages  réapparaissent:  Ikengo,  Inganda, 
Madzia.  Stanley  négocie  une  alliance  et  une  concession  à 
Inganda,  et  donne  l'ordre  à  Van  Gelé  et  Goquilhat  d'y  créer 
un  établissement. 

Le  sort  désigne  Van  Gelé  comme  commandant  de  la 
future  station   de  l'Equateur. 

Le  13  juin,  Stanley,  à  bord  de  VEn  Avant^  se  m.et  à 
la  recherche  de  l'Ikelemmba,  qu'il  a  entrevu  en  1877.  Cet 
affluent  est  découvert,  à  douze  kilomètres  au-dessus  d'In- 
ganda.  Son  nom  est  Mohindou  ou  Rouki.  L'Ikelemmba 
n'est  qu'une  petite  rivière  débouchant  fort  près  en  amont. 

Stanley,  ayant  trouvé  un  emplacement  plus  favorable 
pour  la  station,  qu'il  s'est  proposé  de  faire  élever,  trans- 
porte nuitamment  les  installations  d'Inganda  à  Wangata. 

L'endroit  choisi  est  à  0''  2  latitude  nord  et  par  environ 
18^  5  de  longitude  est  de  Greenwich.  L'ancrage  est  à  l'extré- 
mité méridionale  de  Wangata,  qui  est  lui-même  situé  au 
milieu  d'une  baie  très  ouverte,  terminée  à  sept  cents  mètres 
vers  le  sud  par  une  pointe  rocheuse  et  limitée  à  deux 
kilomètres  au  nord  par  un   cap  moins  proéminent. 

Contre  le  village  et  à  son  midi  s'étend  une  petite  plaine, 
couverte    de  hautes    herbes,    et    de   monticules  créés   par 


—  :v,)  — 

les  lei'initos,  cl  (jui  se  (lévelopi)e  sur  deux  cents  mètres, 
le  J()n<^'  (lu  lleuve  avec  une  profondeur  de  trente  à  soixante 
mètres.  Ce  ])out  de  terrain  herbu  représente  la  concession. 

Stanley  retourne  à  Lèopoldville,  le  20  juin  et,  pendant 
son  absence,  Van  Gele  et  Coquilbat  se  mettent  courag-eu- 
senicnt  à  l'œuvre  pour  édifier  la  station,  se  trouvant  aux 
prises  avec  toutes  les  dillicultés  que  leur  suscitent  les 
farouches  tribus  du  district.  Ils  ont  à  apaiser  de  nom- 
breux conllits  entre  les  Zanzibarites  et  les  Wangata  et 
notamment  à  s'imposer  dans  une  lutte  terrible  entre  les 
^ens  d'Ikenge,  maîtres  du  village,  et  les  chefs  de  Makouli. 

Le  29  septembre,  le  chef  de  l'expédition  débarque  à  la 
station. 

Dans  son  livre:  Cinq  années  aie  Congo,  Stanley  écrit 
ces  lignes: 

«  Le  spectacle  qu'offrait  cette  station  était  un  vivant  exemple 
de  ce  que  peut  l'activité  humaine  quand  elle  est  secondée  par  la 
bonne  volonté.  A  l'époque,  où  nous  l'avions  quittée,  c'était  un  amas 
informe  de  jungles  dont  il  semblait  impossible  de  tirer  un  parti 
quelconque.  Maintenant  nous  apercevions  à  la  place  des  jungles 
un  vaste  hôtel  construit  si  solidement  que  ni  la  pluie,  ni  les  balles, 
ni  les  voleurs  n'eussent  été  capables  d'y  pénétrer.  A  l'intérieur 
l'ornementation  des  salles  trahissait  tant  de  goût  qu'on  eut  dit 
l'œuvre  d'une  femme.  Après  avoir  bâti  la  maison,  les  deux  jeunes 
lieutenants  qui  commandaient  la  station  avaient  confectionné  des 
châssis  de  fenêtre,  des  tables,  des  chaises  et  tapissé  le  parquet  de 
nattes;  puis,  n'ayant  pas  de  quoi  peindre  les  mobiliers  et  les  murs, 
ils  avaient  tendu  le  toit  de  serge  bleue  et  rouge,  et  de  toile 
blanche,  ce  qui  donnait  à  l'ensemble  fini  et  gaieté.  Sur  un  mon- 
ticule, ils  avaient  établi  un  petit  casino  ou  observatoire,  où  ils 
pouvaient  se  livrer  à  la  méditation  ou  contempler  le  fruit  de  leurs 
labeurs.  C'est  dans  ce  refuge  qu'ils  avaient  rédigé  le  code  de  lois 
morales  qui  devaient  présider  au  gouvernement  de  la  station  et 
à   la   civilisation    des   sauvages    Bakoutis  ;    c'est    là   aussi    qu'ils    se 


10  — 


réunissaient  le  dimanclie  ou  l(\s  jours  de  pluie,  pour  discuter 
comme  un  véiitnhle  petit  coiii^cil  de  travaux  publics,  les  améliora- 
tions à  apporter  à  la  p'etite  vilK;.  Gagnés  par  la  contagion  de  l'exemple, 
nos  employés  noii's  axaient  révélé  des  talents  et  des  qualités  ignorés 
jusqu'alors.  Chacun  d'eux  s'était  construit  une  hutte  au  milieu  d'un 
jardin  où  les  tiges  de  maïs  atteignaient  déjà  une  hauteur  de  près 
de  deux  mètres,  où  la  canne  à  sucre  abondait,  où  les  plants  de 
patates,  de  citrouilles,  les  coîicombres  exibaient  une  prodigieuse 
vitalité.  Les  lieutenants  Van  Gelé  et  Coquilhat,  avaient  de  plus 
créé  un  potager  spécial  pour  la  culture  des  légumes  européens: 
oignons,    carottes,   fèves,    pois,    choux,    etc. 

»  il  y  avait,  enfin,  un  parc  à  chèvres,  un  poulailler,  une  grande 
cuisine  ;  rien    ne   manquait. 

»  Voilà  enfin  sur  le  Congo,  une  station  qui  répond  à  mon  idéal, 
une  communauté  de  soldats-ouvriers  où  la  discijiline  est  parfaite, 
où  les  efi'orts  sont  réciproques,  où  les  chefs  doués  de  sang-froid, 
de  zèle  et  de  prudence,  savent  mettre  assez  de  bonhomie  dans  leur 
manière  d'être  pour  se  concilier  les  aborigènes  et  les  employés 
noirs  et  assez  de  dignité  pour  empêcher  toute  familiarité  vulgaire, 
tout  oubli  de  ces  distinctions  sociales  qui  existent  forcément,  entre 
des   gens  intelligents  et   instruits   et    des   barbares  ('). 

Et   dans  le  même  ouvrage  il  ajoute: 

»  Si  jamais  l'A.  I.  frappe  des  médailles  pour  récompenser  le 
travail  et  l'application  qu'elle  donne  la  première  aux  lieutenants 
Van  Gcle   et  Coquilhat,   fondateurs  de  la  station    de  l'Equateur. 

Stanley  redescend,  à  Lokolela,  le  l""  octobre,  pour  repa- 
raître huit  jours  plus  lard,  avec  Roger  et  toute  sa  flottille 
et  se  diriger  ensuite  vers  le  fleuve. 

Le  30  octobre,  les  deux  lieutenants  belges  assistent,  avec 
horreur,  à  l'épouvantable  spectacle  d'une  des  cérémonies 
sanglantes  qui  marquent  les  funérailles  du  chef  SoKa- 
Toungi.  Peu  de  temps  après,  ayant  dû  subir  de  multiples 

(1)  La  station  Equateur  s'appellera  plus  tard  Coquilhatville. 


-    41 


v(\\alions  de,  la  pari  (rik(Mi^(\  ils  sont  foici's  (h;  (l('-r('ii(iro 
la  station  les  armes  à  la  iiiaiii.  lkenf^''e  est  tué  au  cours 
d'un  de  ces  combats. 

Le  150  décembre,  Slanley  rentre  à  la  station.  Terrifié  des 
tendances  si  peu  loyales  des  Ban^alas,  il  inlerrog-e  Coquilliat, 
quant  à  l'établissement  du  nouveau  poste  entre  Loulan^'-a 
et  Bangala.  Le  jeune  officier  se  déclare  prêt  à  installer  sa 
station  sur  n'importe  quel  territoire  —  même  le  moins  lios[)i- 
talier  —  et  assure  son  chef  de  son  entier  dévoùment  à 
l'œuvre  royale. 

Stanley,  sans  faire  connaître  sa  détermination,  emmène 
avec  lui  son  courageux  adjoint,  le  l'  janvier  1884  ;  le  len- 
demain, après  vingt-quatre  heures  de  navigation  la  flottille 
tient  les  chenaux  du  centre  des  îles  pour  laisser  Loulanga,  au 
loin  à  droite;  ce  n'est  qu'à  ce  moment  que  Goquilhat  se  doute 
enfin  de  la  résolution  que  son  chef  lui  a  celée  jusqu'ici  : 
Stanley  marche  droit  chez  les  féroces  Bangalas. 

Le  5,  les  voyageurs  se  trouvent  devant  la  rive  droite  du 
Congo,  en  face  des  villages  inférieurs  des  Bangalas,  et 
abordent  dans  une  île,  à  hauteur  de  la  résidence  du  roi 
Mata-Buiké,  dans  le  district  d'iboko.  Ils  sont  invités  par 
Imbembe,  neveu  de  Mata-Buiké,  à  descendre  chez  le  roi. 

Stanley  exige  la  restitution  d'objets  volés  lors  de  son 
premier  séjour  en  octobre  1883  par  les  gens  de  Mata-Buiké, 
et  devant  le  refus  qui  lui  est  opposé  par  les  coupables, 
fait  enchaîner  ceux-ci  par  vingt  Zanzibarites.  Cette  manœu- 
vre maladroite  compromet  l'octroi  d'une  concession  de  ter- 
rain à  Iboko.  Au  cours  de  la  dernière  palabre,  les  Bangalas 
réclament  un  prix  excessif  pour  l'emplacement  destiné  à 
la  création  du  poste. 

Boula-Matari  (Stanley)  fait  rembarquer  les  caisses,  et  la 
flottille  s'éloigne  vers  l'aval,  s'arrétant  deux  heures  à  Lou- 
langa où  les  habitants  ne  montrent  pas  plus  d'empressement 
à  recevoir  les  voyageurs.  Ceux-ci  rentrent  à  la  station  le 
11  janvier. 


42 


Stanley,  dciru  de  son  échec  chez  les  Pjangalas,  retourne  à 
la  côte  et  confie  à  Hanssens  le  soin  de  poursuivre  son 
œuvre  sur  le   haut  lleuve. 

Le  27  avril,  Hanssens,  qui  vient  de  débarquer  à  Equateur, 
se  propose  de  renouveler  immédiatement  la  tentative  avortée 
de  Stanley  et  se  hâte  de  remonter  le  fleuve  avec  Coquilhat. 

Il  traite  avec  les  chefs  de  Loulanga,  mais  entre  Loulan'^'-a 
et  Bolombo  le  Royal  qui  porte  les  deux  voyageurs  belges 
seg-are  et  n'échappe  que  par  miracle  à  un  naufrage. 

Le  4  mai,  Hanssens  et  Coquilhat  se  trouvent  chez  Mata- 
Buiké.  Après  avoir  fait  l'échange  du  sang  et  avoir  accepté 
de  nombreux  présents,  le  chef  se  décide  enfin  à  céder  aux 
blancs  le  terrain  qu'il  avait  offert,  puis  repris  à  Stanley. 
Malgré  les  manœuvres  des  marchands  d'Irebou,  en  séjour 
à  Iboko  et  qui  redoutent  la  concurrence,  le  traité  est 
officiellement  signé  le  7  mai.  Mais,  de  nouvelles  difficul- 
tés s'élèvent  quant  au  prix  à  fixer  pour  les  cases  à  racheter. 

A  bout  de  patience,  Nsassi  (Hanssens)  est  forcé  de  simuler 
un  départ  chez  Mobeka,  ennemi  juré  de  la  tribu  d'Iboko, 
l)Our  hâter  la  solution  de  la   question. 

Le  terrain  concédé  est  enfin  délimité;  situé  dans  le  vil- 
lage de  Mankanza,  capitale  du  district,  et  entouré  à  cinq 
et  dix  mètres  par  les  cases  de  villages  indigènes,  il  mesure 
à  peine  cent  et  trente  pas  à  front  de  l'eau,  sur  cinquante- 
cinq  de  profondeur. 

Coquilhat  reçoit  l'ordre  d'y  installer  une  station  ;  en  plein 
centre  anthropophage,  il  n'est  protégé  que  par  une  ^arde 
de  trente  sept  hommes. 

Au  prix  de  difficultés  inouïes,  Coquilhat  parvient  à  édi- 
fier le  poste  du  comité  d'études  et  à  maintenir  des  rapports 
pacifiques  avec  la  sanguinaire  tribu  des  Bangalas. 

Grâce  à  son  tact  et  à  son  habileté,  il  réussit  même  à 
intéresser  à  ses  travaux  les  indigènes,  qui  deviendront 
pour  lui  des  aides  précieux. 

Souvent    des  conflits  menacent  de  détruire  cette  œuvre, 


43  — 


laite  loiite  tlo  piiticMicc  cl  ('(xiuilliat  so  voit  plusieurs  l'ois 
à  deux  doi'^'-ts  de  sa  \)cvlc.  Mais,  la  [)rovidence  semble 
veiller  sur  lui  et  déjouer  au  dernier  moment  les  plus  noirs 
desseins  de  ses  ennemis. 

Le  19  juillet,  à  un  d(^,  ces  moments  où  les  rapports  entre 
le  blanc  et  les  indig-ènes  semblent  devoir  se  rompre  tragi- 
quement, Hanssens  vient  miraculeusement  sauver  d'une  mort 
certaine  son   malheureux  adjoint. 

Hanssens  renforce  la  g-arnison  de  ([uelques  unités  et 
quitte  l>ang"ala.  Quelque  temps  plus  tard  un  nouveau  dan- 
ger menace  le  courageux  chef  du  poste. 

Goquilliat  vient  de  terminer  la  construction  de  son 
habitation  et  d'ouvrir  un  comptoir  d'échange.  L'exposition 
des  marchandises  a  le  don  d'exciter  la  convoitise  de  l'in- 
digène qui   se  prépare  à  piller  l'établissement. 

La  situation  du  blanc  redevient  périlleuse.  Goquilliat  a 
le  sang-froid  de  recourir  à  un  expédient  d'où  dépendra 
son  salut.  Il  fait  hisser  le  drapeau,  réputé  chargé  de  vertus 
magiques  et  qui  annonce  d'habitude  l'arrivée  d'un  bateau. 
Les  natifs,  redoutant  la  flottille,  renoncent  à  l'assaut  de 
la  station.  Leur  crainte  n'était  pourtant  pas  chimérique, 
car  en  même  temps  s'amarrait  chez  eux  le  Peace  de  la 
Baptist  mission, ayant  à  son  bord  les  R.  P.  Comber  et  Grenfell. 

Goquilhat  traite  avec  Nyamalembe,  chef  supérieur  de 
Mabali  et  xMata  Moupinza,  chef  de  MPoumbou,  village 
d'Iboko  à  une  demi-lieue  en  amont;  mais  au  mois  de  sep- 
tembre, un  nouvel  incident  vient  rallumer  la  guerre  avec 
Mata-Buiké.  La  situation  de  Gocquilhat  parait  même  déses- 
pérée, lorsqu'une  seconde  fois  le  Royal,  remorquant  une 
grande  pirogue  chargée  de  haoussa,  vient  juste  à  temps 
pour  détourner  le  terrible  chef  indigène  de  ses  crimi- 
nels projets. 

Goquilhat  profite  de  sa  victoire  et  de  son  prestige  nouveau, 
pour  agrandir  sa  station  de  qeulques  notables  parcelles  et 
réprime  une  agression  du   chef  N'Gombe   (30  septembre). 

Le  2  novembre,  il  entreprend    avec  Buiké,    fils  du  roi, 


-  41 


l'exploration  du  lac  N'Gliii'i,  atteint  la  Monokoya  liobouka 
(bouche  du  Hobouka),  sur  la  rive  gauche  du  Con^o  (à 
peu  près  en  face  de  Bolarnbo),  s'engage  dans  cette  rivière 
minuscule  pour  atteindre  successivement  Bobouka,  la  rési- 
dence de  Walebouka  et  celle  de  Mobeië. 

Un  parcours  de  six  cents  mètres,  dans  le  district  d'ibenza, 
conduit  les  voyageurs  au  lac  ou  plutôt  à  l'étang  d'Ibanda, 
qui  s'étend  à  l'ouest  en  forme  de  cercle  un  peu  aplati 
d'environ  quatre  kilomètres  de  diamètre. 

Goquilliat  circumnavigue  la  nappe  d'eau  et  au  nord 
de  son  entrée  découvre  un  petit  débouché  large  de  trois 
mètres,  c'est  le  marigot  qui  mène  à  Kkinga.  Les  canots 
n'y  peuvent  pénétrer  à  plus  de  cent  mètres.  A  l'est  de  ce 
ruisseau  habite  la  tribu  léroce  de  M'Bounji.  Coquilhat 
renonce  à  sa  tentative  et  rentre  à  Bangala. 

La  reconnaissance  a  révélé  la  conformation  particulière 
de  la  longue  pointe  comprise  entre  le  Congo  et  l'Ubangi 
et  coupée  d'innombrables  petits  cours  d'eau  :  M'Binga,  Inioië 
et  M'Dolo. 

Le  rôle  du  marigot  de  Bobouka  paraît  être  celui  de 
déversoir  du  trop  plein  des  réservoirs  de  Nkinga  et  d'Ibanda 
pendant   les  périodes  de  crue. 

Ces  étangs  épanchent  aussi  leurs  eaux  dans  le  N'Ghiri 
et  rubangi  et  sont  le  centre  de  l'extraction  du  fer  travaillé 
dans  la  contrée. 

Profitant  de  la  présence  du  Peace  b  Bangala  Coquilhat, 
reconnaît  les  districts  d'amont  et  visite  Mobeka,  située 
sur  la  rive  gauche  de  la  Mongala,  ainsi  que  l'île  de 
N'Soumba,    habitée  par   les  Maroundja. 

N'Soumba  pousse  sa  pointe  supérieure  jusqu'à  plusieurs 
kilomètres  au-delà  de  l'embouchure  de  la  Mongala,  elle 
se  termine  vers  le  sud-ouest,  un  peu  au-dessus  de  la  station 
d'iboko.  En  suivant  le  courant,  Coquilhat  atteint  Moutembo, 
où  il  est  accueilli  par  Mata-Moutatou. 

Coquilhat,   après  s'être  assuré  le  concours  des  Bangalas 


—  45  — 

dans  la  confoction  du  loil,  do  sa  maison,  avoir  successivo- 
nicnt  oniia^'é  ceux-ci  à  la  semaine,  puis  au  mois,  se  les 
ôtrc  attachés  dans  ses  escortes,  a  j)répai'é  insensiblement 
la  formation  d'une  jeune  ^'ardc  indi^^'-ène  qui  constituera  le 
noyau  de  la  F.  P.  de  l'Etat. 

Le  li  juillet  1880,  —  date  mémorable  —  il  parvient  à  déci- 
der neuf  des  jeunes  gardes  à  accompagner  Deane  aux  Falls. 

Le  7  août,  Van  Kercklioven,  à  bord  de  VEn  avant  et 
ayant  avec  lui  quinze  Zanzibarites,  un  petit  canon  et  un 
réapprovisionnement  pour  plusieurs  mois,  vient  relever 
Coquilliat  de  ses   lourdes  et   périlleuses  fonctions. 

Le  surlendemain,  le  fondateur  de  Bangala  lait  ses  adieux 
à  Mata-Buiké  et  atteint,  le  15  août,  Bolobo,  qu'il  trouve 
complètement  transformé.  Dans  son  ouvrage  Sur  le  haut 
Congo  (p.  370),  paru  en  1888,  il  rend  un  éclatant  hommage 
au  lieutenant  Liebrechts,  qui  a  fait  de  Bolobo  un  établis- 
sement modèle. 

Goquilhat  apprend  le  17  août,  à  Kwamouth,  que  le  roi 
l'a  créé  chevalier  de  son  ordre,  en  raison  des  services 
qu'il  a  rendus  en  Afrique  et  s'embarque  à  Banana  le  17 
septembre,  à  bord  du  Portugal,  qui  l'emporte  vers  l'Europe  ; 
le  21  octobre  il  aborde  à  Anvers. 

Après  quelques  mois  de  séjour  en  Belgique,  Goquilhat 
retourne  au  Congo,  le  23  mars  1886,  avec  le  sous- lieute- 
nant Dhanis,  comme  adjoint.  11  se  disposa  à  quitter  Matadi. 
le  30  avril  188G,  quand  un  courrier  de  l'administrateur 
général  Janssen  l'investit  de  la  direction  supérieure  des 
Falls,  concurremment  avec  le  commandement  de  Bangala. 

Un  contingent  de  trois  cent  cinquante  cafres,  destinés  aux 
garnisons  du  haut  fleuve  étant  arrivé  à  Matadi,  Goquilhat 
reçoit  l'ordre  d'installer  la  troupe  dans  un  camp  provisoire 
et  de  donner  un  commencement  d'instruction  militaire  à 
cent  soixante  d'entre  eux.  L'arrivée  de  cent  vingt  fusils 
Snyder  de  Vivi  est  le  signai  de  la  débandade  des  recrues. 
Le  20  mai,  dix-sept  cafres  ont  disparu. 


40 


Déchargé  de  sa  mission  aux  Falls,  Coquilhat  se  rend  à 
Hang-ala  le  3  août,  avec  le  lieutenant  Dubois,  désigné 
comme  adjoint  de   Deane. 

Dans  la  nuit  du  G  au  7  septembre,  il  apprend  par  Mo- 
hamed Tennée,  caporal  haoussa,  l'attaque  de  la  station 
des  Faits  et  le  péril  des  blancs,  qui  s'y  sont  main- 
tenus. Coquilhat  n'hésite  pas  à  se  porter  immédiatement 
à  leur  secours  et  s'embarque  le  11,  à  bord  de  1'^.  /.  A., 
remorquant  ÏEclaireur,  avec  neuf  des  haoussas  déserteurs, 
trois  bangalas,  trois  zanzibarites  et  dix-sept  de  ses  haoussas. 

Il  franchit  l'embouchure  de  la  Mongala  et  Ikounougou, 
s'engage  dans  le  long  et  étroit  canal,  qui  longe  la  rive 
septentrionale  jusqu'à  Mpesa  et  est  attaqué  à  Upoto.  Passe 
à  NDobo,  Ibounda,  Boumba,  Yambinga,  et  perd  trois  lieures 
dans  ritimbiri. 

Evitant  le  bras  de  Monongeri,  l'A.  1.  A.  rase  un  instant 
la  rive  méridionale,  puis,  débouche  le  22  septembre  devant 
les  villages  des  Basokos,  à  l'entrée  de  l'Aruwimi. 

Traversant  le  fleuve  vers  la  rive  gauche,  il  double  le 
confluent  du  Lomami  et  découvre  Yaporo,  le  poste  des 
Arabes,  où  des  pirogues  dressées  sur  le  sol  forment  des 
abris  de  tirailleurs.  Continuant  sa  route  sous  un  feu  nourri 
de  projectiles,  il  longe  les  hauteurs  de  Tougarambousa 
et  bivouaque  sur  la  rive  gauche,  en  face  du  district  de 
Yaroutou. 

Coquilhat  est  reçu  avec  enthousiasme  par  les  natifs  de 
Yariembi.  Campe  à  quatre  heures  en  aval  du  Loukebou, 
dans  le  canal  nord,  formé  par  la  grande  île  de  Kioba  (Bou- 
sanga).  Dépasse  le  Loukebou,  le  lendemain.  La  navigation 
devient  difficile,  des  récifs  renflent  de-ci  de-là  le  niveau  de 
l'eau.  L'A.  /.  A.  s'échoue  deux  fois  sur  un  banc  rocheux. 
Divers  indices  annoncent  que  la  station  est  aux  mains  des 
Arabes.  Six  cents  mètres  restent  à  franchir  pour  aborder  à 
l'île  conquise  par  l'ennemi.  Le  sondeur  avertit  l'équipage  qu'à 
deux  mètres  en  avant  il  n'y  a  plus  que  deux  pieds  et  demi 


d'eau  ot  IM .  /.  .4.  on  cnllo  ti-ois.  Lo  haloau  no  peut  f)Iiis 
avancer,  d'ailleurs  les  Arabes  ont  une  écrasante  supériorité  de 
l)Osition  et  de  nombre,  la  retraite  s'impose,  un  fou  roulant  est 
dirige  sur  l'A.  7.  A.  Dans  la  manœuvre  du  demi-tour,  le 
navire  touche  un  récif.  Coquilhat  parvient,  à  ^n^ande  peine, 
les  armes  à  la  main,  à  décider  ses  hommes  à  dégag^er  le 
bateau.  Pendant  que  ceux-ci  s'exécutent  sous  la  menace, 
C.oquilliat,  le  mécanicien  Werncr  ot  trois  tireurs  d'élite 
entretiennent  le  feu. 

L'A.  1.  A.  se  dirig-e  au  plus  vite  chez  les  Bakoumous  et 
s'eng-ag-e  dans  le  Loukebou  à  la  recherche  de  Deane. 
Coquilhat,  après  trois  jours  de  courses  infructueuses,  trouve 
l'infortuné  chef  des  Falls,  à  six  cents  mètres  de  Yariembi 
dans  le  plus  pitoyable  état.  Guidé  par  Samba,  ancien 
esclave  racheté  par  Stanley  à  Léopoldville,  Deane  était  par- 
venu à  échapper  aux  balles  des  Arabes.  Il  g-ît  au  haut 
d'une  falaise,  dans  un  hangar,  étendu  sur  le  sol  dur,  le 
corps  affreusement  maigre  et  simplement  enveloppé  de 
couvertures  en  lambeaux.  Coquilhat  ramène  son  compa- 
g-non  à  bord  de  l'A.  LA.  et  franchit  en  huit  jours  la 
distance  des  Falls  à  Bangala,  non  sans  avoir  essuyé  une 
vive  fusillade  à  Yaporo. 

A  Bangala,  Van  Gelé,  Liénart  et  le  baron  de  Stein  lui 
remettent  des  instructions,  le  chargeant  à  nouveau  de  la 
direction  supérieure  des  Falls,  dont  ils  ignorent  la  destruc- 
tion. 

Atteint  de  dysenterie,  Coquilhat  remet  le  commandement 
intérimaire  de  la  station  au  lieutenant  Baert  ;  son  état  de 
santé  empirant,  il  est  transporté  d'urgence  à  Léopoldville, 
où  il  reçoit  les  soins  du  docteur  Mense  (15  octobre). 

Un  mois  plus  tard,  le  IG  novembre,  il  reprend  le  chemin 
d'Europe. 

Rentré  à  Bruxelles  le  18  décembre,  il  remplit  les  fonc- 
tions de  secrétaire  de  l'intérieur  de  l'Etat  et  f\iit  paraître 
son  ouvrage:  Sur  le  liant  Congo  (1888). 


48  — 


Le  28  mars  1890,  Goquilhat  s'embarque  une  troisième  fois 
pour  Je  Gong^o,  à  bord  du  Lualaba  avec  le  haut  grade  d'inspec- 
teur d'Etat.  Quelque  temps  après  son  arrivée  à  Boma,  il  est 
nommé  vice-gouverneur  général  et  organise  l'expédition 
Van  Kerckhoven   au  Nil. 

Le  vice-gouverneur  général  Goquilhat  meurt  à  Boma,  le 
24  mars   1891,  des  suites  d'une  attaque  de  dysenterie. 

Il  était  capitaine  commandant,  adjoint  d'Etat-major,  détaché 
provisoirement  auprès  du  lieutenant  adjudant  général, 
chef  de  la  maison  militaire  du  Roi,  chevalier  de  l'Ordre  de 
Léopold,   décoré  de  TEtoile  de  service. 

Un  monument  lui  a  été  élevé  au  parc  dit  de  la  pépinière 
d'Anvers. 


PUBLICATIONS 


Chez  les  Bangalas,   sur  le  liaut  Congo.   (Revue  de  Belgique,   I88G). 

Capitaine  Hanssens  en  Afrique.  (Bulletin  de  la  Société  royale  belge  de 
géographie,   Bruxelles,    1880,   n"  1,   p,  5). 

Le  Congo  et  la  tribu  des  Bangalas.  (Bulletin  de  la  Société  royale  belge 
de  géographie,   1885,   n"  0,   pp.   625,    647). 

Le  Uaut  Congo.  (Bulletin  de  la  Société  royale  de  géographie  d"Anvers, 
1885,  T.  X,  p  231.  Anvers  1885-1886.)  (Conférence  faite  le  16  no- 
vembre 1885,  à  la  Société  royale   de  géographie   d'Anvers). 

Sur  le  Haut  Congo.  1  vol.  in-8",  535  p.,  gravures  et  cartes.  (Office  de 
publicité  et  Lebègue,   1888). 

Des  crues  du  Congo  à  Bangala.  (Mouvement  géographique,  1886,  p.  14). 

Des  pluies  à  Bangala.  Température  et  chute  des  pluies.  (Mouvement 
géographi(jue   1886,    p.  14). 

Population  du  district  de  Bangala.  (Annexe  n"  3  ù  l'ouvrage:  sur  le 
Haut-Congo,   p.    505). 

I^es  rites  funéraires  et  le  cannibalisme  au  Congo.  (BoUetino  délia  Sezione 
liorentina  délia  Soc.    Africana  d'italia,  1839,  n"  4). 

The  Bangala,  avec  1  carte.  (Journal  Manchester  géographical  Society 
1888,  111,  n"  7,  12,  p.  239). 


—  49  — 

—  Mesures  politiques   et  militaires  prises    et    à   prendre  pour  amener    la 

répression  et  la    traite   des    esclaves    dans    les  territoires  de  VEtat. 
(Kai)i)()rt  au   Koi-.souvcrain.  (Hullctiii  ollicicl,  I8Sî)-181K),  n"  11,  p.  39). 

—  Ripport  sur  V évacuation   de  la  station    de  Stanley-Falls,  (Mouvement 

géographique,  188(),   p.  107). 

—  Le  haut  Congo.  (1-lulletin  de  la  société  royale  belge  de  géographie,  1885- 

1880,  t.  X,  4<'   fasc.   pp.  231,  248. 
Cartes:   —  Le  Congo  dans  le  pays  des  Bangalas  au  400.000^  (Mouvement 
géographique,   1885). 

—  I*ays  des  Pas  N'Gala.  (Sur  le   haut  Congo). 

—  ÎShetch  map   to  illustrate    Captain  Coquilhat's    paper  on    the  I^angala. 

(Journal  of  the  Manehester  géographical  Society,   1887,  p.  238). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 


—  De  Martrin  Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,   t.  II. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  etc. 

—  Mouvem,ent  géographique,  1885,  p.  37. 

—  Sur  le  haut  Congo,  1888,  par  lui-même. 

—  Belgique  militaire,  1891,  I,  p.  404. 


it 


COSTERMANS.     =AUL.    marie.    ADOLPHE. 

né  à  Bruxelles  le  2  arril  iS  :.  icoeJé  à  1.:.;:  ;.  le 
9  mars  1905. 

Sous-lieuteDant  d'artillerie. 

EDlre  aa  service  de  l'Etat,  le  3  octobre  1890^  en  qualité 
de  lieutenant  de  la  Force  Publique. 

Après  un  court  séjour  à  Zobe,  il  est  nommé  commissaire 
de  district  à  LéopoldviUe,  où  depuis  il  a  conquis  tous  ses 
grades. 

Rentré  en  Europe  le  16  mai  iS92,  il  repart  six  mois 
après,  le  6  décembre  1892,  et  retourne  à  Léopoldrille  com- 
mander le  district  du  Stanley-Pool. 

Effectue  la  reconnaissance  de  la  partie  du  district  entre 
Eimpoko  et  Muene-Kindi,  dans  le  Kwango  oriental. 

-  Cest  à  Costermans  que  Léopold^ille.  ce  centre  si  impor- 
->■  tant,  doit  de  s'être  accru  et  développé  avec  une  rapidité 
»  qui  a  déconcerté  tout  le  monde,  et  tandis  qu'il  édifie  des 
->  constructions  de  toutes  sortes,  il  lui  faut  ravitailler  con- 
»  stamment  en  vivres,  armes,  cartoncbes  et  matériel  varié 
»  les  trois  expéditions  Dhanis  sur  le  hant  Liialaba.  Baert 


COSTERMANS,  PAUL. 


Cliché  (le  la  Belgique  coloniale. 


1 


•^  sur  le  haut  Uele,  oL  Georg'(3s  Le  Marinel  sur  le  haut 
ri  Ubangi,  sans  comi)ler  les  missions  des  Jésuites  et  des 
r>  Trappistes,  que  l'KLat  s'est  engag-é  à  pourvoir  de  tout  le 
-^  nécessaire;  construire  deux  steamers  nouveaux:  la  Ville 
1  de  Bruges  et  la  Délivrance  et  reconstruire  un  ancien 
n  bateau  :  la  Ville  de  Bruxelles,  recruter  le  nombre  de 
">  porteurs  suffisant  pour  assurer  le  transport  sur  la  route 
-^  des  caravanes,  ce  qui  n'est  pas  peu  de  chose,  étant  donné 
-^  que  l'Etat  seul  a  besoin  de  2500  à  3000  porteurs  par  mois, 
•^  qu'il  doit  se  procurer  sans  préjudice  de  ceux  qu'utilisent, 
•^  dans  la  région  de  cataractes,  la  S.  A.  B.,  la  Société  du 
ri  chemin  de  fer  et  les  missions,  faire  la  police  du  district, 
r>  faire  entretenir  les  routes  par  les  indig-ènes.  » 

Revenu  malade  en  Belgique,  le  24  juin  1894,  il  regagne 
le  Pool  le  G  septembre  de  l'année  suivante,  et  y  reprend 
son  commandement.  Il  est  promu  au  grade  de  commis- 
saire général  du  district  de  Stanley-Pool,  le  i^  juin  1897. 
Explore  le  pays  Wamtumu,  depuis  Bekula  sur  le  Kasaï 
jusqu'au  Stanley-Pool. 

Cette  région  parcourue  par  Ponthier  et  Buttner  était 
encore  peu  connue. 

Parti  de  Bokula  sur  le  Kasaï,  il  descend  la  rive  gauche 
jusqu'à  Emio,  puis  suivant  une  direction  N.  E.  S.  0.  jusqu'à 
Bankana,  il  marche  de  là  vers  l'ouest  et  Kimpoko. 

Il  traverse  ainsi  le  plateau  formant  la  ligne  de  partage 
des  eaux  du  Congo,  du  Kasaï  et  du  Kwango,  plateau  peuplé 
par  les  Wamfumu.  Ceux-ci  occupent  de  grands  villages  : 
Tua  (?)  compte  1000  cases,  et  Baku  (?)  environ  7000  âmes. 
Cette  population  est  anthropophage. 

Rentré  en  Belgique  à  l'issue  de  son  terme  de  service, 
le  25  août  1898,  il  repart  bientôt  pour  le  Pool  et  le  l*"  mars 
1899  est  nommé  inspecteur  d'Etat. 

Ayant  terminé  son  congé  qui  suit  son  quatrième  séjour 
au  Congo,  Costermans  quitte  Anvers  en  qualité  de  com- 
missaire du  gouvernement  et  est  chargé  d'une  exploration 


—  52  — 

au  lac  Kivu.  La  mission  part  de  Naples,  en  janvier  1902, 
vers  la  côte  orientale,  de  Cliinde  elle  remonte  le  Zambèze 
et  se  rend   au   territoire  de  la  Ruzizi-Kivu. 

Gostermans  revient  en  Europe  en  septembre  1903  et  le 
5  janvier  1901,  il  s'embarque  avec  le  titre  de  vice-gouverneur 
général  pour  remplacer  M.  Fuchs  dans  ses  hautes  fonctions. 

Il  meurt  inopinément  à  Banana,  le  9  mars  1905. 

Capitaine  commandant  d'artillerie  de  forteresse  à  Anvers, 
chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  ofïicier  de  l'Ordre  royal 
du  Lion,  chevalier  de  l'Etoile  africaine  et  décoré  de  l'Etoile 
de  service  à  quatre  raies. 


PUBLICATIONS: 


Le  district   du   Stanley-Pool.  (Bulletin  de  la  Société  d'Etudes  coloniales, 

1885,  no  1,  pp.  24.  76). 
Notice  sur  la  tribu   des  Ba-Nfumus.  (Missions  belges  de  la  Compag;nie 

de    Jésus,   1899,   p.  58). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Mouvement  géographique,  1897,  p.  Q2. 
Belgique  militaire,  24  janvier    1904. 


DHÂNIS,  Francis. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  M.  Chapaux, 
Le   Congo  historique,  diplomatique. 


DHANIS,  FRANCIS,  ERNEST.  JOSEPH,  MARIE.  (BARON) 

né  à  Londres,  le  11  mars  18G2,  d'un  père  belge  et  de  souche 
anversoise.  Fait  ses  premières  études  en  Ecosse  et  les  achève 
à  Saint-Nicolas  (Pays  de  Waes).  Il  s'engage  au  régiment 
du  génie  en  septembre  1880.  Entre  à  l'école  militaire  en 
1882,  est  nommé  sous-lieutenant  au  8'"^  de  ligne  en  1884. 

Quelques  mois  plus  tard,  il  prend  part  à  la  cinquième  ex- 
pédition de  l'Association  internationale  africaine,  qui  quitte 
Bruxelles  le  19  octobre  1884,  et  se  dirige  vers  Zanzi- 
bar, sous  le  commandement  de  Becker.  Par  suite  des 
famines  régnant  à  ce  moment  dans  l'Afrique  orientale  et 
pour  des  raisons  politiques,  —  la  convention  de  Berlin  de 
1885  rendant  sans  objet  une  expédition  sur  la  côte  orien- 
tale, —  les  officiers  belges  sont  rappelés  de  Zanzibar  et 
rentrent  en  Europe,  le  24  mai  1885. 

Dhanis  est  attaché  à  l'administration  centrale  de  l'Etat 
du  Congo. 

L'année  suivante,  il  reprend  le  service  actif  et,  en  mars 
1886,  part  pour  le  Congo  avec  Coquilhat  et  lui  est  adjoint 
à  Bangala.  Il  est  à  cette  station  lors  de  la  prise  des  Stanley- 
Falls  par  les  Arabes  en  1886,  et  se  trouve  ainsi  au  poste 
d'avant-garde  de  l'Etat. 


—  54  — 

Il  explore  la  Mongalla  avec  Van  Kerckhoven  et  va,  à 
deux  reprises,  avec  lui  à  Upoto  négocier  la  libération  de 
nombreux  fugitifs  des  Stanley-Falls,  retenus  en  captivité 
par  les  indigènes;  il  accompagne  aussi  Van  Kerckhoven, 
en  1888,  dans  une  pointe  hardie  pour  reconnaître  les  posi- 
tions occupées  par  les  Arabes.  Au  retour  de  cette  dernière 
expédition,  les  voyageurs  apprennent,  en  arrivant  à  Ban- 
gala,  que  l'expédition  Stanley,  à  la  recherche  d'Emin  Pacha, 
est  partie  vers  l'amont  depuis  deux  jours.  Tippo-Tip  fait 
partie  de  l'escorte  de  Stanley  et  s'installera  aux  Falls  en 
qualité  de  vali   ou  gouverneur  au  service  de  l'Etat. 

Dhanis  accompagne  ensuite  Van  Gèle  et  Van  Kerckhoven 
dans  la  reconnaissance  faite  dans  l'Itimbiri,  en  vue  de 
pousser  vers  l'Uele,  mais  Van  Gèle  décide  de  continuer 
son  exploration  par  l'Ubangi. 

Dhanis  exerce  le  commandement  du  territoire  de  Ban- 
gala  en  1888,  pendant  l'absence  de  Van  Kerckhoven,  qui 
se  rend  aux  Falls  pour  y  étudier  la  question  arabe,  et 
descend  ensuite  à  Boma. 

Cependant,  des  ordres  arrivent  d'Europe  d'installer  un 
camp  retranché  à  Basoko,  près  de  l'embouchure  de  l'Aru- 
wimi.  Ce  camp  doit  avoir  pour  but:  1°  de  servir  de  bar- 
rière contre  les  Arabes;  2^  de  pacifier  la  région  et  de 
donner  confiance  aux  indigènes;  3°  de  constituer  une  base 
d'opération  aux  expéditions  d'exploration. 

Van  Kerckhoven,  revient  de  Boma  avec  un  personnel 
nombreux.  Il  doit  faciliter  la  mission  du  camp  de  l'Aruwimi, 
que  viendra  commander  le  capitaine  Roget,  par  l'envoi  préa- 
lable d'une  avant-garde.  Celle-ci  doit  procéder  à  l'occupation 
temporaire  et  à  l'installation  de  postes  dans  tous  les  villa- 
ges situés  entre  Bangala  et  l'Aruwimi;  cette  opération  devant 
assurer  la  complète  sécurité  et  le  ravitaillement  des  embar- 
cations naviguant  sur  le  haut  fleuve.  En  outre,  elle  doit 
exécuter  les  travaux  nécessaires  à  l'établissement  du  camp 
retranché. 


Le  coiniiiaïKloinenl  do  ceUe  avînil-f^-arth»  osl  confié  au 
coiumissaire  de  dislrict  Dlianis,  ayant  sous  ses  ordres  les 
capitaines  Bia  et  Pontliier,  le  lieuten;int  Milz,  les  sous- 
orticiers  Luyckx,   Do  Valkenecr  et  cent  vin'^'-t  noirs. 

Dlianis  (juitte  Ban^ala  le  25  octobre  1888,  fonde  le  poste 
d'Upoto,  (|ui  est  confié  à  Bia;  crée  ensuite,  le  11  novembre, 
le  poste   d'UniAvangi   où  il  laisse   Pontliier.    Le   V  janvier 

1889,  il  fonde  la  station  de  Yambin^a.  Après  avoir  remis 
le  conimaiidement  de  ce  poste  au  capitaine  Bia,  Dhanis 
accompag-ne  Van  Kerckhovcn  jusqu'à  Basoko  et  secondé  par 
Pontliier,  Jacques  et  Milz,  jette  les  premières  bases  du  camp 
retranché  en   attendant  l'arrivée  de  Boget. 

Le  12  avril  1889,  Dhanis  remet  le  commandement  inté- 
rimaire du  camp  à  Ponthier,  tandis  que  Jacques  va  prendre 
le  commandement  de  Yambinga. 

Dhanis  rentre  en  Europe  le  17  juillet  1889,  et  repart,  le 
premier  novembre,  en  mission  spéciale  de  recrutement  dans 
rx\frique  du  sud  ;  toutefois  il  est  rappelé  de  Lisbonne. 

Il  repart  une  quatrième  fois,  le  6  février  1890,  comme 
commissaire  de  district  de  première  classe,  avec  la  mis- 
sion de  continuer  l'exploration  du  Kwango  méridional  et 
oriental  et  de  conclure  des  traités  avec  les  chefs  de  ce 
territoire. 

C'est  grâce  à  ces  traités  que  lors  des  négociations  avec 
le  Portugal,  l'Etat  indépendant  obtiendra  un  territoire  huit 
fois  plus  étendu  que  celui  de  la  Belgique. 

L'expédition  forte  de  quatre-vingts  soldats  et  de  cent  cin- 
quante porteurs  a  comme  adjoints  Sterckmans  et  Voient;  elle 
part  de  Lukungu,  se  dirige  vers  Kisantu,  sur  l'Inkissi,  et  ar- 
rive enfin  au  Kwango,  en  face  de  Aluene  N'Dinga,  le  30  mai 

1890.  Dhanis  établit  des  postes  à  Kandinga  et  Popocabaca  chez 
les  principaux  vassaux  du  Kiamvo  Muene  Putu  Kasongo.  A 
la  résidence  de  celui-ci,  à  Kasongo  Lunda,  il  est  reçu  avec 
enthousiasme.  De  grandes  danses  sont  organisées  en  l'hon- 
neur de  l'expédition,  mais  ce  n'est  que  grâce  à  son  sang- 


—  56  — 

froid  (jue  Dlianis  échappe  au  danger  d'être  massacré  avec 
son  escorte  i)ar  les  indigènes  surexcités  par  la  musique 
et  le  chanvre. 

Le  kiamvo  s'oppose  au  départ  de  l'expédition,  sous  pré- 
texte qu'il  est  le  chef  suprême  et  que  dès  lors  il  est 
inutile  d'aller  rechercher  d'autres  chefs.  Dhanis  ne  s'inquiète 
pas  de  cette  opposition  et  marche  vers  le  sud,  par  un  pays 
désert,  horrihlement  ravagé.  Cette  désolation  a  été  causée 
par  Muene  Putu  lors  de  son  arrivée  au  pouvoir. 

Ne  trouvant  pas  de  vivres  et  ne  rencontrant  même  plus 
aucun  village,  l'expédition  doit  rehrousser  chemin,  le 
29  juillet  1890,   après  une  marche  de  quinze  jours. 

En  quatre  jours,  elle  regagne  Kujenge  et  se  dirige  vers 
l'est.  Après  avoir  traversé  la  rivière  Wamba,  Dhanis 
descend  vers  le  sud,  tout  en  concluant  des  traités  avec 
les  chefs  des  paj^s  riverains  de  la  Wamba,  puis  il  arrive 
chez  Kapenda  Kamulemba,  chef  des  Ghinge.  Il  conclut  un 
traité  avec  ce  chef  et  établit  chez  lui  un  poste  (par  9°  de 
latitude),  qu'il  confie  à  Voient.  Lors  du  traité  avec  le  Por- 
tugal, ce  territoire  reste  à  ce  dernier  pays. 

Reprenant  la  route  du  nord,  l'expédition  fonde  des  postes 
à  Nguri,  Akama  et  à  Tomba  Aluma,  et  retourne  auprès 
de  Muene  Putu  à  Kasongo-Lunda. 

Elle  y  est  ravitaillée  par  le  lieutenant  Verschelden,  qui 
est  chargé  de  commander  le  premier  poste  établi  à 
Kasongo-Lunda. 

Le  capitaine  Dusart  vient  aussi  de  fonder,  un  peu  plus 
au  nord,  le  poste  de  Kingunchi. 

A  la  suite  de  cette  expédition,   le  district  du  Kwango 

oriental  est  créé  et  Dhanis  est  nommé  commissaire  de  ce 

district  qu'il  vient  d'explorer  et  d'acquérir  en  grande  partie. 

Il  s'occupe  de  son  organisation  jusqu'à  la  fin  de  1891 

et  remet  alors  le  commandement  au  capitaine  Dusart. 

Cette  œuvre  importante  ayant  été  achevée  avec  un  plein 
succès,  Dhanis,  nommé  commissaire  du  district  de  Lualaba, 


—  57  — 

est  appelé  à  reprendre  des  mains  de  Paul  Le  Marinel,  fon- 
dateur et  commandant  du  camp  de  Lusamho,  rentrant  en 
Kurope,  le  commandc^ment  du  camp  retranché  du  Sankuru 
et  de  l'expédition  qui  s'organise  en  destination  du  Katan^a. 
(22  avril  1892)  Dhanis  se  rend  de  Popocabaca  à  Lusam])o, 
l)ar  1(^  Kasaï   et  le  Sankuru. 

L'année  1892  marque  la  crise  décisive  d'une  lutte  engagée 
dans  l'Afrique  centrale,  entre  les  forces  rivales  de  l'est  et 
de  l'ouest.  Une  collision  était  depuis  longtemps  prévue 
entre  ces  deux  puissances,  les  Arabes  de  Zanzibar  et  les  Euro- 
péens partis  de  l'emboucliure  du  Congo.  Chacun  d'eux  s'était 
fixé  comme  but  l'exercice  de  la  suprématie  sur  le  même  terri- 
toire; l'anéantissement  de  l'une  ou  de  l'autre  des  deux  forces 
était,  dès  lors,  la  seule  solution  possible  du  problème.  Un 
groupe  d'Arabes  trafîcants,  chasseurs  d'esclaves  et  d'ivoire, 
travaillait,  depuis  de  longues  années  à  faire  converger  vers 
Zanzibar  tout  le  commerce  de  l'Afrique  centrale  et  diri- 
geait vers  l'est  de  nombreux  porteurs  indigènes,  hommes 
et  femmes,  qui,  arrivés  à  la  côte,  étaient  vendus  comme 
esclaves.  D'autre  part  les  Belges,  arrivés  plus  tard  sur  les 
lieux,  cherchaient  à  mettre  un  terme  à  ce  commerce  illé- 
gal, qui  ne  se  maintenait  que  grâce  aux  razzias  continuelles 
et  qui  amenait  peu  à  peu  la  dépopulation  de  l'Etat  indé- 
pendant du  Congo. 

Voici  en  quels  termes  le  capitaine  Chaltin  s'exprime 
sur  l'origine  de  la  domination  arabe  dans  ce  pays,  lors  de  la 
réception  du  baron  Dhanis  à  la  Société  d'Etudes  coloniales, 
le  30  novembre  1894. 

On  ne  saurait  mieux  décrire  le  fléau  qui  désolait  le 
centre  africain: 


«  Toute  la  côte  orientale  africaine,  depuis  le  Monzarabique  jusqu'au 
delà  de  Mombassa,  appartenait  jadis  aux  Portugais,  mais  à  la  fin 
du  xvn®  siècle,  un  soulèvement  des  noirs,  coïncidant  avec  une  attaque 


58  — 


des  Arabes,    fit  tomber  une   grande   partie  de   ces  territoires  en  la 
possession  de  l'Iman   de   Mascate. 

»  Les  descendants  de  ces  Arabes,  —  qu'une  succession  de  métis- 
sages a  fait  dégénérer,  —  parvinrent  à  soumettre  à  leur  tyran- 
nique  et  sanguinaire  domination  les  malheureuses  peuplades  de  l'est 
de  l'Afrique.  Ils  eurent  comme  auxiliaires  de  cruels  et  cupides 
indigènes  des  îles  Comores.  Peut-être  que,  dans  le  principe,  des  idées 
de  prosélytisme  les  guidaient,  mais  plus  tard,  il  n'eurent  d'autre 
projet,  d'autre  espérance,  d'autre  but  que  de  s'enrichir  prompte- 
ment   et    de    regagner  ensuite    leur   patrie. 

»  Dès  1830.  ils  envahirent  l'Unyamwézi  et  firent  de  Tabora  le 
centre  de  leurs  opérations  commerciales  et  autres.  Ce  ne  fut  que 
vers  1840  qu'ils  atteignirent  Udjidji,  sur  la  rive  orientale  du  lac 
Tanganyka.  Tout  en  avançant,  ils  avaient  eu  soin  de  couvrir  le 
pays  de  stations,  dont  le  trafic  consistait  surtout  en  esclaves  et 
en  ivoire.  Udjidji  ne  tarda  pas  à  devenir  le  plus  important  marché 
de  la  région.  C'était  cette  ville  qui  servait  de  résidence  princi- 
pale à  Rumaliza,  le  vaincu  de  la  récente  campagne  antiesclavagiste. 

»  Traversant  le  lac  de  Tanganyka  et  poussant  toujours  vers 
l'ouest,  les  Arabes  arrivèrent,  en  1868,  à  Nyangwé,  où  ils  s'éta- 
blirent. Cette  ville  devint  leur  capitale.  Puis,  successivement,  furent 
occupés   Kasongo,    Riba-Riba    et    Kirundu. 

»  Le  Manyéma  vaste  contrée  située  à  l'ouest  du  grand  lac,  eut 
particulièrement  à  souffrir  de  l'invasion  arabe.  Sans  cesse  parcouru 
en  tous  sens  par  des  bandes  de  pillards,  à  la  tète  desquelles  se 
trouvaient  de  sanguinaires  musulmans,  ce  pays  que  Livingstone 
avait  trouvé  si  admirable  par  sa  beauté,  par  son  climat,  par  sa 
production  naturelle,  par  la  densité  de  ses  villages  et  de  ses 
habitants,  ne  présentait  plus,  pour  ainsi  dire,  que  des  ruines  lorsque 
Stanley  le  traversa  quelques  années  plus  tard.  Les  Arabes  y 
utilisaient,  excitaient  même  les  petites  guerres  de  tribu  à  tribu, 
se  faisaient  ensuite  céder  les  captifs,  hommes,  femmes  et  enfants, 
et  revendaient  les  adolescents  qu'ils  armaient  de  fusils  et  dont 
ils  se  faisaient  des  escortes  de  combat  irrésistibles  pour  d'autres 
peuplades  sans    consistance.    C'était  surtout   de   gens   du    Manyéma 


50 


que  se  rom()osai(Mit  los  l)nn(l(^s  contre  los(iU(»lles  los  forces  fie  TP^iat 
indépeiulaiit    ont    ou    à   lutter    en    ces    derniers  temps. 

»  Un  (les  plus  cruels  auxiliaires  des  Arabes  de  Nyangwé  était 
le  fanieux  Matagamoyo,  sui'nomnné  le  boucher  des  feiiinries,  le  lusil- 
\cuv  (reniants 

»  Tippo-Tip,  parlant  de  lui,  disait:  «Il  est  brave,  sans  aucun 
»  doute,  mais  n'a  [)as  le  cœur  plus  gros  que  le  bout  de  mon  petit 
»  doigt.  Il  est  sans  pitié  aucune  et  tue  u!i  indig(!ne,  n'importe  le 
»  sexe,    comme   si  c'était   un   serpent.  » 

»  En  tolérant  ces  atrocités,  pour  ne  pas  dire  en  les  encoura- 
geant,   Tippo-Tip   n'en    prenait-il  pas  sa  part? 

»  Avant  l'arrivée  de  leurs  oppresseurs,  les  Manyémas  se  distin- 
guaient par  la  bienveillance  et  la  douceur.  L'exemple  des  Arabes 
les    rendit   cruels. 

»  Ils  sont  remarquables  par  la  beauté  de  la  stature  et  des  traits; 
les  femmes,  très  recherchées,  ont  la  taille  souple,  une  noble  démarche 
et,  la  plupart,  une  parfaite  régularité  des  traits;  elles  ont  les 
cheveux  plus  abondants  et  moins  crépus  que  les  autres  négresses, 
et  les   laissent  parfois   flotter   sur    leurs   épaules. 

»  La  contrée  comprise  entre  le  Lualaba,  le  Lomami,  le  Sankuru 
et  le  Lubi,  ne  fut  pas  plus  épargnée  que  le  Manyéma.  Là  aussi, 
les  hommes  et  les  femmes  furent  tués  ou  vendus,  les  villages 
détruits  Les  Arabes  élevèrent  les  enfants  et  les  formèrent  à  l'usage 
des  armes,  au  vol  et  au  brigandage.  Chose  pénible  à  constater, 
ce  sont  généralement  ces  enfants  qui,  après  avoir  vu  incendier  leurs 
propres  villages,  massacrer  ou  vendre  leurs  parents,  mettent  le 
plus  d'acharnement  à  assassiner  leurs  frères  noirs,  à  faire  de  nou- 
veaux esclaves. 

»  En  octobre  1876,  Stanley  qui,  depuis  le  12  novembre  1874, 
avait  entrepris  la  traversée  de  l'Afrique,  de  l'Orient  à  l'Occident, 
arrive  à  Nyangwé,  où  il  rencontre  Habed-ben-Mohammed;  dit  Tippo- 
Tip,  riche  marchand  d'esclaves,  dont  le  rôle  politique  avait  été 
nul  jusqu-là. 

»  C'était,  dit  Stanley,  un  homme  de  grande  taille,  jeune,  à  barbe 
noire,    aux  mouvements    prompts  et  agiles,    un    type  de     force   et 


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d'énergie.  La  peau  est  négroïde,  mais  la  figure  intelligente  et  belle, 
avec  un  clignement  d'œil  nerveux  et  des  dents  admirables,  d'une 
forme  parfaite    et  d'une   blancheur    étincelante. 

»  Après  un  court  séjour  à  Nyangwé,  Stanley  descendit  le  Lualaba. 
Tippo-Tip  s'était  engagé  à  l'accompagner  avec  une  escorte  de 
sept  cents  hommes,  mais  avant  d'arriver  aux  rapides,  il  rebroussa 
chemin,  laissant  au  hardi  explorateur  une  partie  de  son  escorte. 

»  Stanley  a  pu  constater  qu'à  cette  époque  déjà,  donc  en  1876, 
les  Arabes  établis  à  Nyangwé  et  en  aval  faisaient  des  incursions 
dans  une  direction  nord-nord-est  (lac  Albert).  Ils  visitaient  et  exploi- 
taient également  la  région  du  Sud,  entre  autres  le  pays  où  a  régné 
M'Siri. 

»  Après  avoir  passé  les  rapides  qui  se  trouvent  entre  Kirundu 
et  l'ancien  village  qui  devint  plus  tard  les  Stanley-Falls,  Stanley, 
sans  s'arrêter  chez  les  Wagénias  qui  lui  parurent  hostiles,  continua 
la  descente  du  grand  fleuve.  11  constata  que  jusqu'à  l'embouchure 
de  l'Aruwimi  les  rives  étaient  très  peuplées  et  couvertes  d'im- 
menses plantations.  Partout  s'élevaient  de  grands  villages  où  régnaient 
la   paix   et   l'abondance. 

»  Au  cours  d'un  nouveau  voyage,  lorsque  Stanley  remonta  le 
Congo,  il  arriva,  en  novembre  1883,  dans  la  même  région  qu'il 
avait  trouvée  si  riche   six   ans   auparavant    ('). 

»  Voici  ce  qu'il  en  dit  : 

«  Je  reconnus  l'emplacement  d'un  village  que  j'avais  désigné  sur  ma  carte 
de  1877,  sous  le  nom  de  Maouembé.  Mais  en  1877,  la  localité  était 
fortement  retranchée  derrière  les  palissades,  tandis  qu'aujourd'hui  il  n'y 
avait  plus  même  la  moindre  hutte.  En  nous  rapprochant,  nous  pûmes 
distinguer  les  débris  de  quelques  bouquets  de  bananiers  en  même  temps 
que  les  traces  des  sentiers  blanchis  qui  menaient  du  bord  de  l'eau  à  la 
petite  ville;  mais  plus  rien  ne  remuait,  plus  rien  ne  vivait  en  ces  lieux. 
Les   haies,   les    cônes    des  poulaillers  et    les  toitures   basses  et  larges  des 


(1)  Il  y  rencontra,  près  du  confluent  du  Lomami,  une  bande  arabe  dirigée 
par  des  sous-ordres,  appartenant  à  Abelben-Alim  de  Nyangwé,  et  qui 
avait  poussé  ses  incursions  jusqu'un    peu  en  aval  des  Falls. 


—  0 


maisonnettes,  qui  so  dossinaiont  nnguôro  à  rari'iôrc-plan,  tout  avait  disparu. 
Arrivés  à  front  do  l'ondroit,  nous  rcconnùines  les  si^'nes  d'un  récent  incendie. 
Le  feuillaj^o  et  même  les  troncs  ai'fzentés  dos  plus  hauts  ai'bros  avaient 
été  roussis  par  quoique  chaleur  artificielle;  les  bananiers,  terriblement 
clairsemés  et  endommagés,  afjitaient  tristement  leur  frondaison  dé^Mienillée, 
comme   les   pauvres  implorant   l'aumôntî. 

n  Un  peu  plus  loin,  un  autre  phénomène  attii'a  nos  rej^ards.  Deux  ou 
trois  grands  canots,  dont  une  des  extrémités  était  fichée  on  terre,  se 
dressaient  tout  d'abord  sur  la   rive,  comme    des  colonnes  fendues  et  creusf^s. 

n  Que  pouvait  signifier  ce  fantastique  spectacle?  Chacun  des  canots 
devait  peser,  au  bas  mot,  une  tonne.  Pour  soulever  pareil  poids,  il  avait 
évidemment  fallu  un  grand  nombre  de  bras,  et  des  bras  lobustcs  encoi-e. 
Ce  n'était  point  là  l'œuvre  des  nonchalants  sauvages  aboi'igènes  Mais  alorsl.. 
Eh  bien!  11  n'y  avait  que  les  Arabes  qui  eussent  pu  accomplir  ce  tour  de 
force;  ces  canots,  droits  comme  des  sentinelles,  trahissaient  l'apparition 
des  chasseurs    d'esclaves    au  dessous   des   Stanley-Falls  !... 

»  Plus  tard,  nous  apprenions  que  la  ville  de  Yomburri  occupait,  précé- 
demment, ce  site   aujourd'hui   désert. 

r>  En  attendant,  nous  ne  tardons  pas  à  apercevoir,  sur  le  môme  côté  du 
fleuve,  une  nouvelle  scène  de  désolation  et  de  misère.  Ici,  c'était  une 
ville  entière  brûlée,  les  palmiers  abattus  et  les  bananiers  ravagés,  et  le 
même  étrange   spectacle  de  canots  dressés  de  toute   leur   hauteur. 

n  Nous  nous  remettons  en  marche,  en  accélérant  le  plus  possible  notre 
vitesse.  Désormais  nous  ne  pouvons  plus  faire  six  kilomètres  sans  rencontrer 
de  lugubres  traces  de  carnage  et  de  destruction.  Partout  des  arbres  calcinés, 
des  canots  dressés  tout  debout,  des  palmiers  couchés  sur  le  sol,  des  maison- 
nettes en  ruines.  A  quatre  heures  de  l'après-midi,  nous  avions  compté 
douze  villages  entièrement  consumés  par  les  flammes,  et  qu'habitaient 
naguère  huit  communautés  distinctes. 

n  Dans  la  matinée  du  17  novembre,  nous  nous  attardions  sur  la  rive  à 
couper  du  bois,  lorsque  nous  aperçûmes  sur  le  fleuve  un  objet  couleur  d'ar- 
doise qui  descendait  avec  le  courant-  UEn-Avant  gagna  le  large,  et  un  de 
nos  hommes  arrêta  l'épave  avec  une  perche  à  sonder.  Hoireur  !  c'étaient  deux 
cadavres  de  femmes  liés  ensemble  par  une  corde!...  Et  à  en  juger  par  l'état 
des  deux  corps,  le  drame  ne  remontait  qu'à  douze  heures  au  plus... 

»  Tout  en  cherchant  à  nous  expliquer  ce  crime  atroce,  nous  continuâmes 
à  longer  la  rive,  jusqu'à  l'extrémité  supérieure  de  la  courbe  que  décrit  le 
fleuve  au-dessus  de  Yavounga.  A  peine  eûmes-nous  contourné  ce  croissant, 
que  nous  vîmes  une  masse  d'objets  blancs,  amassés  devant  le  débarcadère 
d'un  village.  A  l'aide  de  mes  jumelles,  je  reconnus  des  groupes  de  tentes. 
Nous  avions  rejoint  les  Arabes  de  Nyangwé. 


—  62  — 

"  Cette  horde  de  bandits,  —  car  elle  ne  méritait  pas  d'autre  nom,  —  opérait 
sous  le  commandement  de  plusieurs  chefs,  dont  Karema  et  Kibourouga 
étaient  les  principaux.  Elle  avait  quitté,  seize  mois  auparavant,  la  \ille  de 
Ouané-Kiroundou,    située  à   environ  cinquante   kilomètres   de  Vinya-Nj^ra. 

•  Pendant  onze  mois,  la  bande  avait  mis  à  sac  toute  la  région  qui  sétend 
entre  le  Conjîo  et  le  Loubiranzi  sur  la  rive  gauche.  Et  elle  s'était  engagée 
à  faire  la  même  monstrueuse  besogne  entre  le  Biyerré  et  Ouané-Kiroudou. 
En  étudiant  ma  caite,  je  découvre  que  la  région  ainsi  dévastée,  sur  la  rive 
droite  et  la  rive  gauche,  occupe  une  superficie  de  plus  de  55,5(X)  kilomètres 
carrés  —  soit  '3,200  kilomètres  carrés  de  plus  que  l'Irlande.  —  et  qu'elle  a 
une   population   d'environ   un    million   d'âmes. 

■"  Leur  camp  était  établie  à  environ  125  mètres  du  nôtre  et  proléj:é  par  une 
haie  construite  avec  les  débris  des  maisonnettes  de  Yangabi,  brûlées  par  eux. 
Au  milieu  de  l'enclos,  s'élevaient  les  rangées  de  hangars  qui  couvraient  un 
espace  dune  centaine  de  mètres  et  devant  le  débarcadère  je  comptai  cin- 
quante-quatre canots,  capables  de  contenir,  selon  leur  dimension,  de  dix 
à   cent   personnes   chacun. 

'  Le  camp  est  littéralement  bondé  de  monde.  De  tous  côtés,  des  group-^s 
de  noirs,  immobiles  ou  errants,  silencieux  et  mornes,  tranchent  sur  les 
costumes  blancs  des  Arabes:  on  aperçait  sous  les  hangars  des  corps  nus 
étendus  dans  toutes  les  postures;  d'innombrables  rangées  de  jambes  appaile- 
nant  à  des  malheureux  endormis;  des  petits  enfants  dont  les  formes  naissantes 
indiquent  encore  à  peine  leur  sexe;  et  çi  et  là  un  troupeau  de  vieilles  femmes 
entièrement  nues,  ployant  sous  des  paniers  de  charbon,  ou  des  tas  de  cassaves 
ou  de  bananes,  et  conduites  par  deux  ou  trois  bandits  armés  de  carabines. 

■  En  examinant  le  tableau  de  plus  près,  je  m'aperçois  que  la  plupart  de 
ces  infortunés  sont  chargés  de  chaînes;  les  jeunes  gens  ont  autour  du  cou 
des  carcans,  que  des  anneaux  retiennent  à  d'autres  carcans,  de  sorte  que  les 
captifs  marchent  par  groupes  de  vingt.  Les  enfants  de  plus  de  dix  ans  ont  les 
jambes  attachées  par  des  anneaux  de  cuivre,  qui  gênent  tous  leurs  mouve- 
ments, les  mères  par  des  chaînes  plus  courtes  qui  festonnent  leurs  seins  et  y 
maintiennent  les  enfants  en  bas  âge.  Pas  un  homme  adulte  parmi  ces  pri- 
sonniei"s. 

*  De  leur  propre  aveu,  les  ravisseurs  d'esclaves  n'ont  actuellement  avec 
eux  que  deux  mille  trois  cents  captifs.  Et  cepvendant.  ils  ont  parcouru  comme 
un  fléau,  tuant  et  détruisant  sans  pitié  tout  ce  qu'ils  rencontraient,  un  pays 
aussi  ét-^ndu  que  rirlan  le  ;  cent  dix-huit  villages,  représentant  quarante-trois 
communautés  plus  vastes  ont  été  ravagés,  et  cette  œuvre  d'extermination  n'a 
rapporté  aux  exterminateurs  que  deux  mille  trois  cents  esclaves  femmes  et 
enfants  et  environ  deux  mille  défenses  d'ivoire.  La  qualité  de  lances,  de  sabres, 
d'armes  de  toute  espèce  qui  font  partie  du  butin,  indique  que  des  centaines 


—  03 


d'hommes  adultes  sont  morts  en  combattant.  En  supposant  que  rliacun  des  cent 
dix-huit  vill;t{jt>s  n'ait  eu  qu'une  population  de  mille  [)ersonnes,  les  Arabes  n'en 
ont  enlevé  (piedoux  pour  cent,  et  en  faisant  la  part  des  accidents  qui  survien- 
dront pendant  lo  voyage  de  Kirundu  et  de  Nyangwé,  des  effets  qu'excerceront 
les  tortures  do  la  captivité  et  les  maladies  épidémiques,  en;L^endréos  par  la 
malpropreté  et  les  pi-ivations,  on  peut  calculer  que  les  sany;lantes  aventures 
n'auront  donné  qu'un  bénéfice  de  un  pour  cent  à  leurs  ti'istes  héros. 

y>  C*.-s  misérables  m'assurent  que  plusieurs  convois  d'esclaves,  tout  aussi 
nombreux  que  celui-ci,  sont  déjà  arrivés  à  Nyangwé.  Cinq  expéditions 
sont  venues  et  reparties  avec  un  butin  de  captifs  et  d'ivoire  et  les  cinq 
expéditions  ont  épuisé  et  vidé  le  vaste  territoire  au  milieu  duquel  nous 
voyageons.  Pour  le  moins,  les  brigands  ont  captivé  dix  mille  esclaves.  Kt  la 
moitié  de  ceux-ci  ayant  péri  en  route,  il  n'en  est  arrivé  à  Nyangwé,  Kirundu 
et  Vibondo  que  cinq  mille  environ,  soit  un  demi  pour  cent  de  la  population. 
Et  que  de  sang  versé,  que  d'existences  brisées,  pour  obtenir  ce  résultat. 
Dressons  cet  affreux  bilan  :  dans  les  cent  dix-huit  villages  mentionnés  plus 
haut,  les  Arabes  ont  fait  trois  mille  six  cents  esclaves.  Il  leur  a  fallu  tuer 
pour  cela,  deux  mille  cinq  cents  hommes  adultes  pour  le  moins,  et  de  plus, 
treize  cents  de  leurs  captifs  ont  succombé  en  route,  au  désespoir  et  à  la 
maladie,  —  étant  donnée  cette  proportion,  la  capture  des  dix  mille  esclaves 
par  les  cinq  expéditions  d'Arabes  n'a  pas  coûté  la  vie  à  moins  de  trente  ti'ois 
mille  personnes!...  Et  encore,  quels  esclaves  je  vois  là  enchaînés,  et  pour 
le.-quels  frères,  pères  et  maris  ont  répandu  leur  sang!...  De  faibles  femmes, 
de  tout  petits  enfants!...  Pour  jeter  dans  les  fei's  un  garçon  de  quatre  ans, 
on  a  saciifié  des  familles  entièi'es  de  six  personnes!  » 

»  A  la  fin  de  décembre  1883,  après  avoir  fait  les  tristes  et 
pénibles  constatations  dont  je  viens  de  parler,  l'illustre  explora- 
teur était  arrivé  aux  Stanlej-Falls.  Il  n'y  fit  qu'un  séjour  de  courte 
durée,  le  temps  d'acquérir  un  terrain  situé  dans  une  île  avoisi- 
nant  les  rapides  et  d'y  installer,  avec  l'assentiment  des  indigènes, 
un  poste  dont  le  commandement  fut  confié  à  l'Ecossais  Binnie. 
Cela  fait,    il   redescendit   le    fleuve  (*). 


(1)  Quinze  mois  plus  tard,  le  26  janvier  1885,  le  capitaine  Van  Gèle, 
arrivant  à  son  tour  aux  Falls,  y  trouva  Tippo-Tip  installé  depuis  six  mois 
à  la  rive;  les  deux  adversaires,  l'Européen  et  l'Arabe,  étaient  donc  sur  le 
Congo  face  à  face. 

La  paix  promise  par  l'Arabe  ne  dura  que  dix-huit  mois. 


04 


»  On  sait  que,  le  28  août  1886,  ce  poste  dont  MM.  Deane,  officier 
anglais  et  Dubois,  lieutenant  belge,  étaient  les  chefs,  fut  attaqué 
par  les  Arabes  à  la  tête  desquels  se  trouvait  le  père  de  Rachid, 
Bwana  N'Zigé.  Le  poste  n'était  défendu  que  par  une  poignée 
d'hommes  disposant  de  moyens  d'action  insuffisants.  Malgré  cela, 
tous  les  assauts  des  Arabes  furent  repoussés.  Bien  plus,  la  petite 
garnison,  Deane  et  Dubois  en  tête,  prit  courageusement  l'offen- 
sive et,  baïonnette  au  canon,  chassa  l'ennemi  de  ses  positions. 
Mais  la  résistance  ne  pouvait  durer,  les  munitions  s'épuisaient. 
Abandonnés  par  une  grande  partie  de  leurs  hommes,  Deane  et 
Dubois,  dont  le  courage  et  la  vaillance  ne  s'étaient  pas  démentis 
un  moment,  durent  se  retirer.  Pendant  la  retraite,  Dubois  qui 
suivait  la  rive  du  fleuve,  glissa  et  tomba  à  l'eau.  Tous  les  efl'orts 
tentés    pour  le  sauver   furent   inutiles:  il   se  noya. 

»  Déclarer  carrément  la  guerre  aux  traitants  de  Nyangwe,  de 
Kassongo  et  du  Manyema,  il  n'y  fallait  pas  songer  un  seul  instant, 
en  ce  moment;  c'eût  été  courir  à  une  catastrophe  certaine.  On 
sait  à  quel  expédient  eut  recours  alors  le  gouvernement  de  l'Etat 
pour  conjurer  le  danger,  reprendre  aux  Falls  l'autorité  qui  lui 
était  nécessaire  et  organiser  des  bases  sérieuses  de  défense,  en  vue 
d'une  campagne  prochaine,  probable,  disons  inévitable.  Tippo-Tip 
qui  était  resté  étranger  à  l'attaque  des  Falls,  ordonnée  en  son 
absence  par  Rachid,  fut  rencontré,  à  Zanzibar,  par  Stanley,  qui 
reçut  l'expression  des  regrets  du  vieux  chef  arabe.  Celui-ci  était 
nommé  vali  des  Falls,  au  service  de  l'Etat  et  ramené  par  la  voie 
du  Congo  à  son  poste  où  il  relevait  le  drapeau  bleu,  le  17  juin  1887. 
Quelques  jours  après,  la  station  des  Falls  était  pacifiquement 
réoccupée  par  la  force  armée,  sous  le  commandement  des  capi- 
taines  Van  Gèle  et   Van  Kerckhoven. 

»  On  a  discuté  vivement,  au  moment  où  elle  s'est  produite,  cette 
nomination  de  Tippo-Tip,  en  qualité  d'agent  de  l'Etat.  On  a  fait 
alors  sur  ce  sujet  qui  prétait,  du  reste,  à  la  controverse  par 
son  originalité,  de  beaux  discours  et  des  articles  décisifs.  Aujourd'hui, 
l'on  doit  reconnaître  que  cette  nomination  a  été  un  acte  d'extrême 
habileté,   qui  seul  a  permis  à  l'influence  européenne  de  prendre  pied 


—  05 


graduel lomont  dans  ces  districts  lointains  (ît  de  se  préparer  à  une 
acîtion  militaire,  que  la  révolte  et  l(;s  succcïs  des  madhistes  dans 
la  vallée  du  Ilaut-Nil,   pouvaient  d'un  moment  à  l'autre,  [)récipiter. 

»  Les  dispositions  de  IVEtat  furent  combinées  avec  une  extrême 
clairvoyance.  11  convient  de  le  dire  :  si  le  succès  a  pu  être 
obtenu  aussi  rapidement,  c'est  parce  que,  dès  le  début,  on  a  vu 
nettement  à  Bruxelles  ce  qu'il  importait  de  faire  et  que  l'on  n'y 
a   pas   perdu    un    instant    de   vue  l'éventualité  de    la   campagne. 

»  La  création  de  deux  camps  retranchés  fut  décidée.  Placés,  l'un 
et  l'autre,  au  point  terminus  de  la  navigation  à  vapeur,  en  face 
des  avant-postes  arabes:  l'un  à  Basoko,  sur  le  Congo  vis-à-vis 
du  confluent  du  Lomami,  l'autre  à  Lusambo,  sur  le  Haut-San- 
kuru,  ils  devaient  être  armés  de  canons  et  recevoir  une  forte  garnison. 
Bien  que  très  avancés  vers  le  centre  du  continent,  ils  allaient 
devenir  des  bases  pratiques  d'opérations,  grâce  à  la  possibilité 
de  les  ravitailler  et  de  les  secourir  à  l'aide  des  vapeurs  du 
Stanley-Pool. 

»  Depuis  la  soumssion  de  Tippo-Tip  à  l'Etat,  en  1886,  les  chefs 
arabes  avaient  observé  une  attitude  pacifique,  mais  en  développant 
leur  occupation  du  pays  en  amont  des  Falls.  Cependant,  quelques- 
uns  d'entre  eux,  plus  indépendants  que  le  résident  de  cette  station, 
poussaient  des  incursions  dans  les  bassins,  quasi  inconnu  encore  à  ce 
moment,  du  haut  Lomami  et  du  haut  Aruwimi  jusqu'à  l'Uele.  On 
avait  même  signalé  l'arrivée  de  quelques  bandes  aux  sources  du 
Lopori  et   de   la  Mongala. 

»  L'occupation  arabe  faisant  tache  d'huile  et  l'influence  des  sul- 
tans des  Falls  et  de  Nyangwe  devenait  de  plus  en  plus  grande 
sur  les  principaux  chefs  indigènes  du  Lualaba  et  du  haut  Lomami, 
qui  étaient  devenus  leurs  vasseaux  et  leurs  alliés.  Cependant,  nul 
acte  d'hostilité  n'avaient  été  posé  par  aucun  d'eux  dans  ces  régions  où 
l'Etat  n'avait,  du  reste,  d'autre  agent  que  le  résident  de  Kassongo. 
le  lieutenant  Lippens,  qui  avait  pour  adjoint  De  Bruyne,  l'expé- 
dition du  lieutenant  Jacques  arrivait  à  Rumbi,  sur  le  lac  Tanganika. 


—  GG  — 

»  L'Arabe  du  Congo  procède  généralement  par  voie  de  razzia  pour 
se  procurer  des  esclaves  et  de  l'ivoire.  Il  arrive  la  nuit  avec  ses 
bandes  de  pillards  à  proximité  d'un  village  et,  dans  le  plus  grand 
silence  le  fait  entourer.  A  un  signal  convenu,  généralement  au 
point  du  jour,  les  pillards  se  précipitent  vers  les  huttes,  tirent 
des  coups  de  fusils  au  hasard,  crient,  hurlent,  battent  du  gong, 
sonnent  de  l'olifant,  font  un  tapage  infernal,  en  un  mot,  mettent 
tout  en  œuvre  pour  épouvanter  les  malheureux  noirs.  Ceux-ci, 
réveillés  en  sursaut,  effrayés,  éperdus,  opposent  quelque  fois  de  la 
résistance,    mais  le   plus  souvent    tentent  de  fuir. 

»  Au  début  de  l'action,  la  vie  de  personne  n'est  respectée,  mais 
dés  qu'il  devient  manifeste  que  les  indigènes  cessent  de  se  défendre, 
tous  les  efforts  tendent  à  la  capture  des  esclaves.  Les  Arabes 
prennent  de  préférence  les  jeunes  femmes  et  les  adolescents.  Les 
vieillards  et  les  tout  jeunes  enfants  sont  massacrés  et  livrés  aux 
anthropophages  armés  qui  suivent  et  aident  les  expéditions  escla- 
vagistes. 

»  S'il  n'y  a  aucun  intérêt  à  conserver  le  village,  il  est  pillé  et 
incendié  ;  les  plantations  sont  détruites.  Mais  bien  souvent  les 
villages  vaincus  doivent,  par  leur  situation  ou  par  leur  importance, 
devenir  le   centre    et   la  base    des  nouvelles    opérations. 

»  Les  horreurs  de  la  chasse  à  l'homme  sont  innombrables.  Les 
bandits  qui  s'y  livrent  vont  parfois  jusqu'à  allumer  des  incendies 
dans  les  hautes  herbes,  pour  forcer  ceux  qui  s'y  cachent  à  en  sortir 

»  Depuis  que  les  chefs  de  villages  connaissent  la  valeur  de  l'ivoire 
et  qu'ils  le  savent  exposé  aux  convoitises  des  Arabes,  ils  pren- 
nent la  précaution  de  l'enfouir  dans  la  foret  ou  de  le  cacher 
dans    l'eau. 

»  Un  des  premiers  actes  des  Arabes,  en  arrivant  dans  un  vil- 
lage, même  allié,  est  de  mettre  le  chef  en  demeure  de  désigner 
l'endroit  où  se  trouve  son  ivoire.  S'il  refuse,  on  s'empare  de  ses 
femmes  et  de  ses  biens,  et  on  ne  les  lui  restitue  qu'après  qu'il 
s'est  exécuté.  S'il  persiste  dans  son  refus,  on  le  torture  et  on  le  tue. 

»  Je  me  souviens  que  Rachid  exposa  un  jour,  au  barzali,  les  tètes 


C>7 


ot  l{»s  mains  droitos  do  six  clicrs  du  ]vul)i  (pii  s'(H;iient  mis  dans 
co    cas. 

»  Dès  qu'une  expédition  est  terminée,  les  prisonniers  sont  emmenés 
en  esclavage  et  dirigés  v(>rs  les  grands  centres.  Alors  commence 
pour  ces  malheureux  une  période  de  soulïrances  horribles.  Les 
mains  liées  dernière  le  dos,  le  carcan  ou  la  fourche  au  cou,  ils 
sont  enchaînés  par  groupes  de  dix  à  vingt.  Peu  ou  point  nourris, 
souvent  battus,  marchant  par  tous  les  temps  sous  un  ciel  de  feu 
ou  dans  des  marais  infects,  se  meurtrissant  les  chairs  dans  les 
forêts,  ils  ne  tardent  pas  à  s'affaiblir.  Ceux  qui  tombent  de  fatigue 
ou  de  faim  le  long  des  routes,  sont  impitoyablement  achevés  à 
coups    de    «fimbu».   Toute  tentative    de   fuite    est    punie    de  mort. 

»  Lorsque  la  chaîne  de  malheur  arrive  à  destination,  le  nombre 
des  esclaves  a  diminué  des    trois    quarts. 

»  Dans  son  ouvrage:  Ma  seconde  traversée  de  V Afrique,  voici 
comment  s'exprime  le  major  Wissmann,  au  sujet  de  ces  sinistres 
convois  d'esclaves, 

»  Nous  rencontrâmes,  en  l'espace  de  quelques  jours,  trois  caravanes  qui 
conduisaient  à  la  côte  un  peu  d'ivoire  et  des  centaines  d'esclaves  attachés 
par  dix   et  vingt  à    des  carcans   et    de    lonjzues  chaînes. 

"  Pour  les  plus  faibles,  les  femmes  et  les  enfants,  auxquels  la  fuite 
était  impossible,  on  n'avait  employé  que  des  cordes.  Mais  ceux  qui  récla- 
maient une  surveillance  spéciale  étaient  mis  deux  à  deux  dans  la  fourche 
à  esclaves.  On  peut  à  peine  décrire  l'état  pitoj'able  et  misérable  dans 
lequel  se  trouvaient  ces  malheureux:  leurs  bras  et  leurs  jambes  étaient 
presque  décharnés;  le  regard  terne,  la  tète  inclinée,  ils  s'avançaient  vers 
un  avenir  inconnu,  emmenés  vers  l'Est,  loin  de  leur  patrie,  arrachés  à 
leurs  femmes  et  à  leurs  enfants,  à  leui's  pères  et  à  leurs  mères  qui,  peut- 
être  avaient  réussi  à  s'échapper  dans  la  forêt  ou  avaient  succombé  en  se 
défendant.  La  distribution  quotidienne  des  rations  d'une  semblable  cara- 
vane présente  un  aspect  révoltant.  Les  affamés  se  pressent,  les  yeux  grands 
ouverts,  à  l'endroit  où  l'un  des  gardiens  se  tient  pour  distribuer  des  vivres, 
repoussant  avec  un  bâton  ceux  qui,  roni^'és  par  la  faim,  l'entourent  de  trop 
près;  il  remplit  de  blé,  de  maïs  ou  de  lentilles  un  petit  vase  de  la  gran- 
deur d'un  verre  à  eau,  qu'il  jette  dans  la  guenille  ou  dans  la  peau  de 
chèvre,  dont  l'indigène  couvre  sa  nuJité.  Beaucoup  de  ces  pauvres  g^ens 
trop  fatigués  pour  moudre   ou  concasser   le  grain,  le  font  simplement  cuire, 


l 


—   ()<S    — 

à  l'eau  chaude  ou  le  font  grillei-  dans  des  pots  sur  le  feu,  puis  ils  l'avalent 
pour  apaiser  la  douloureuse  sensation  de  la  faim.  S'il  ariive  à  la  côte 
le  quart  de  ces  malheureux;  ils  y  sont  vendus  soit  pour  l'exportation, 
soit  pour  la  culture  des  plantations  des  gens  de  la  côte.  Les  grands  éta- 
blissements arabes  de  l'intérieur,  comme  Udjiji  et  Tabora,  surtout  le  premier, 
réputé  par  son  insalubrité,  ont  besoin  d'une  quantité  d'esclaves  .  A  Udjiji,  un 
esclave  de  travail  ne   vit  pas  plus  d'une   année.   « 

»  Ecoutons  maintenant  un  missionnaire  belge  le  P.  Vyncke,  qui  a 
vu   de   près   les    Arabes   esclavagistes    à   l'œuvre  : 

"  J'avais  autrefois,  dit-il,  à  plusieurs  reprises,  visité  le  marché  d'Udjiji, 
mais  à  cette  époque  les  esclaves  étaient  peu  nombreux  et  je  n'avais  pas 
vu  cet  odieux  trafic  dans  toute  son  horreur.  A  l'époque  de  ce  dernier 
voyage,  la  ville  venait  d'être  inondée,  dans  toute  la  force  du  terme,  par 
des  caravanes  d'esclaves  venus   du   Manyema. 

n  La  place  était  couverte  d'esclaves  en  vente,  attachés  en  longues  files, 
hommes,  femmes,  enfants,  dans  un  désordre  affreux,  les  uns  avec  des  cordes, 
les  autres  avec  des  chaînes.  A  quelques-uns,  venant  du  Manyema,  on  avait 
percé   les  oreilles  pour  y  passer  une   petite    corde   qui   les   retenait   unis. 

♦»  Dans  les  rues,  on  rencontrait  à  chaque  pas  des  squelettes  vivants,  se 
traînant  péniblement  à  l'aide  d'un  bâton,  ils  n'étaient  plus  enchaînés  parce 
qu'ils  ne  pouvaient  plus  se  sauver.  La  souffrance  et  les  privations  de  toute 
sorte  étaient  peintes  sur  leurs  visages  décharnés,  et  tout  indiquait  qu'ils 
se  mouraient  bien  plus  de  faim  que  de  maladie.  Aux  larges  cicatrices 
qu'ils  portaient  sur  le  dos,  on  voyait  de  suite  qu'ils  avaient  souffert  de 
mauvais  traitements  de  la  part  de  leurs  maîtres  qui,  pour  les  faire  mar- 
cher,  ne    leur  épargnent  pas  les  distributions  de   bois    vert. 

n  D'autres,  couchés  dans  les  rues  ou  à  côté  de  la  maison  de  leur  maître, 
qui  ne  leur  donnait  plus  de  nourriture  parce  qu'il  prévoyait  leur  mort 
prochaine,  attendaient  la  fin   de   leur  misérable  existence  » 


»  Voilà  le  tableau  des  traitements  horribles  que  les  Arabes  firent 
subir  pendant  de  longues  années  aux  populations  de  l'Afrique 
orientale.  Ces  horreurs  ne  criaient-elles  pas  vengeance  et  à  elles 
seules  ne  suffisaient-elles  pas  pour  que  les  efforts  de  L'Etat  tendissent 
à  expulser  ces  bandits  des  territoires  soumis  à  son  autorité?  Mais 
d'autres  crimes  encore  appelaient  des  représailles.  D'abord  l'attaque 


—  m  — 

(In  \H)M,c  dos  Falls,  oa\  1<S<S(),  ot  l;i  mort,  do  I)ul)()is  qui  <'ti  a  été 
l;i  conscquoiico;  (Misuit(\  le  niassjicrc;  (1(î  dix  I^^uropôoris:  Ilodister 
i'(  SCS  <'()in[)ag-ti()ns,  on  in;ii  1S*)2;  I^^min  Pacha,  le  21  octobre  1892, 
tuô  sur  les  ordres  de  Kihouge  et  de  Moharra,  à  quelques  Jour- 
nées de  marche  de  Kirundu;  enfin  Lippons  et  De  Bruyne,  (|ui 
avaient   accompagné   la  caravane  de   Saïd-ben-abedi. 

»  Le  point  de  savoir  s'il  fallait  conserver  aux  Arabes  la  situation 
([u'ils  s'étaient  acquise  dans  l'Etat,  a  souvent  été  soulevé.  Après 
les  crimes  si  souvent  relatés  par  les  officiers  et  les  missionnaires, 
dont  ces  bandits  se  rendaient  journellement  les  auteurs,  cette  ques- 
tion ne    pouvait   [)lus  comporter   qu'une  seule  solution:   la  négative. 

»  Il  fallait,  sans  retard,  enlever  à  ces  bandits  le  pouvoir  de  nuire, 
de    renouveler  leurs    cruels   exploits. 

»  11  est  incontestable  que  les  Arabes  ne  se  seraient  jamais  soumis 
volontairement  à  nos  lois.  Ils  sont  habitués  depuis  longtemps  a 
demander  au  brigandage  et  au  vol,  non  seulement  les  objets  de 
première  nécessité,  mais  surtout  ceux  qui  composent  leurs  richesses, 
qui  leur  permettent  une  vie  facile  et  voluptueuse.  Ils  considèrent 
cela  comme  un  droit  inaliénable.  Chez  eux,  point  de  souci,  point  de 
travail.   La  guerre,  toujours  la  guerre  avec  ses  atrocités  sans  nom. 

»  La  guerre  est  leur  grande  pourvoyeuse.  Ne  leur  procure-t-elle 
pas  des  femmes  pour  la  satisfaction  de  leurs  passions,  des  esclaves 
et   de  l'ivoire   pour   arriver  à    la  fortune? 

»  Que  leur  importent  la  mort  de  cent,  de  mille  malheureux  et 
la  ruine   de   toute    une   région? 

»  Ne  pouvant  pas  leur  imposer  notre  autorité,  nous  nous  serions 
trouvés  dans  la  nécessité  de  partager  le  pouvoir  avec  eux,  c'est- 
à-dire  de  leur  permettre  de  l'exercer  dans  les  contrées  qu'ils  avaient 
soumises?  Mais  ils  se  seraient  incontestablement  servis  de  ce  pouvoir 
pour  opprimer  les  populations,  les  rançonner  et  les  piller.  Et  tout 
cela,  ils  l'auraient  fait  alors  au  nom  de  la  loi  dont  ils  seraient 
devenus  les  dépositaires. 

»  Ils  n'auraient  jamais  employé  leur  autorité  dans  l'intérêt  de 
l'Etat,   mais  dans  le  leur. 

»  La  base  de   la  civilisation  musulmane  en  Afrique,  c'est  la  poly- 


—  70  — 

garnie,  l'esclavage,  l'exploitation  à  outrance  des  indigènes  et  le 
mépris    plus  ou  moins  dissimulé,   mais  profond,    de  l'Européen. 

»  Il  fallait  donc  mettre  un  terme  à  la  situation  que  les  Arabes 
s'étaient  créée  dans  l'Etat  du  Congo.  En  agissant  ainsi,  on  se 
conformait  du  reste  à  l'esprit  et  à  la  lettre  de  l'acte  général  de  la 
conférence  de   Berlin  et    de    l'acte    de  Bruxelles. 

»  Le  poste  de  Stanley-Falls  a  été  rétabli,  le  15  juin  1888,  par 
les  capitaines  Van  Kerckhoven  et  Van  Gèle,  d'accord  avec  Tippo-Tip, 
dont  la  nomination  de  vali  du  district  remontait  au  mois  de 
février    1887. 

»  Des  raisons  d'ordre  politique  et  l'espoir  d'amener  pacifiquement 
la  soumission  des  Arabes,  avaient  déterminé  le  gouvernement  à 
faire  cette  nomination.  Il  est  à  présumer  que  c'est  en  1879  ou 
en  1880  que  les  bandes  de  Tippo-Tip,  franchissant  les  rapides 
situés  en  aval  de  Kirundu,  s'établirent  aux  Stanlej-Falls.  De  là, 
elles  portèrent  leurs  ravages  plus  loin,  remontèrent  le  Lomami  et 
créèrent  une  station  à  Isanghi,  son  embouchure.  Etendant  encore 
le  rayon  de  leur  action  dévastatrice,  ils  poussèrent  jusque  dans 
l'Aruwimi;  mais  ils  se  heurtèrent  à  de  courageux  guerriers,  qui 
leur  firent  subir  des  pertes  considérables.  Ils  durent  s'enfuir  honteu- 
sement, toutes  les  tribus  s'étaient  liguées  pour  résister  à  l'ennemi 
commiin. 

»  Des  querelles  intestines  ayant  divisé  les  Basokos,  les  chasseurs 
d'esclaves  furent  plus  heureux  lors  des  incursions  subséquentes  qu'ils 
firent  dans  l'Aruwimi.  Toutefois,  ce  ne  fut  qu'en  1887,  qu'ils  s'y 
établirent  à  demeure.  Ils  installèrent  leur  poste  central  à  Yambuya, 
immédiatement  en  aval  des  premiers  rapides.  Selim-ben-Mohammed 
en    fut  le  chef. 

»  Jusqu'en  février  1889,  date  de  la  fondation  du  camp  de 
Basoko,  Selim  régna  en  souverain  maître  sur  les  populations  des 
rives  du  bas  Aruwimi.  Ses  séïdes  occupaient  tous  les  villages  et  y 
dictaient  la  loi.  Le  rôle  des  chefs  indigènes  se  réduisait  à  obéir 
aveuglement  à   ces  bandits  et  à    subir   tous  leurs   caprices. 

»  Pour  se  procurer  des  esclaves,  ils  se  livrèrent  à  des  atrocités 
dont  le   souvenir  est   encore   bien  vivace   parmi  les   Basokos. 


—  71 


»  La  l'apacitô  de  Selim  et  Tàprc  licsoin  do  s'enricliir  (|ui  le 
dévorait,  ont  été  la  rausc  (1(;  l)ien  des  crimes  dont  l'iiorreur 
dépasse  tout  ce  que  l'imagination  la  plus  perverse  peut  rêver. 
Il  n'est  pas  rare  de  rencontrer,  dans  la  région,  des  malheureux 
qui,  dans  leur  enfance,  ont  eu  une  main  ou  les  oreilles  coupées 
ou  ont  subi  d'autres  mutilations.  Mais  l'action  criminelle  de  Selim 
ne  s'est  pas  seulement  exercée  dans  TAruwimi.  Ses  bandes  s'étendnnt 
vers  le  nord  et  le  nord-est,  sont  allées  ravager  et  piller  les  villages 
des  rives  de  la  Lulu,  du  Rubi  et  de  l'Uele.  Franchissant  l'Itimbiri, 
elles  avaient  même  pénétré  sur  le  territoire  des  Mogangas,  situé 
derrière  celui  des  Bangalas.  Ces  bandes  étaient  conduites  par  trois 
monstres  à  face  humaine,  Madjuto,  Mirambo  et  Kapangapanga.  Un 
fait:  en  1S91,  Mirambo  et  Kapangapanga  se  trouvaient  à  Mogandjoro, 
sur  le  Rubi.  Je  marche  contre  eux,  mais  à  mon  approche,  ils 
s'enfuient.  Après  être  resté  quelque  temps  dans  la  région,  croyant 
ces  bandits  disparus,  je  me  retire  sur  la  Lulu.  Un  mois  après, 
j'apprends  qu'ils  avaient  de  nouveau  fait  irruption  à  Mogandjoro 
et  qu'ils  y  avaient  massacré  plus  de  trois  cents  personnes,  ne  voulant 
pas,   avaient-ils   dit,    que  les  indigènes  fassent  alliance  avec  l'Etat. 

»  L'occupation  des  territoires  situés  derrière  la  rive  gauche  du 
Congo  et  celles  du  Lopori,  de  la  Lukenye  et  du  lac  qui  déverse 
ses  eaux  dans  le  Tchuapa,  remontent  à  des  époques  postérieures  à  1883. 

»  En  1887,  Stanley,  marchant  au  secours  d'Emin  Pacha,  rencontra 
un  poste  arabe  à  Popoië.  sur  le  Japhele,  et  en  face  du  Nepoko 
un  détachement  de  Manyeraas,  appartenant  à  la  caravane  d'Ugar- 
raoux.  Un  peu  plus  loin,  il  fit  la  rencontre  d'un  autre  détachement 
que  commandait  Kilonga-longa.  Vers  la  même  époque,  les  chasseurs 
d'esclaves  étaient  déjà  établis  dans  l'angle  formé  par  le  Bomo- 
kandi  et  la  Makongo.  Cette  position  servait  de  pivot  à  leurs 
bandes,  qui  couvrirent  de  ruines  le  riche  et  beau  pays,  situé 
entre    l'Uele  et  le   Bomokandi. 

»  Les  chefs  azandes  épouvantés  par  les  cruautés  sans  nom  qui  se 
commettaient  sur  leur  territoire,  s'étaient  soumis,  mais  bien  malgré 
eux,  à  leurs  terribles  envahisseurs.  Plusieurs  des  nombreuses  îles 
de  l'Uele    étaient    occupées. 


72  — 


»  En  résumé,  dans  l'espace  de  cinquante  années,  les  Arabes  enva- 
hirent, dévasteront  et  soumirent  un  territoire  d'une  superficie  de 
près  de  deux  millions  de  kilomètres  carres,  soit  soixante-quinze  fois 
celle   de    la   Belgique. 

»  L'esclavage  enlevait  chaque  année  la  vie  à  plus  de  cent  mille 
êtres   humains. 

»  Ecoutons  ce  que   disait   Stanley  ('): 

«  Ici,  c'était  une  ville  entière  brûlée,  les  palmiers  abattus,  les  bananiers 
ravagés.  Mais  il  y  avait  au  moins  des  êtres  humains  capables  de  nous 
fournir  l'explication  de  ces  mystères.  Environ  deux  cents  indigènes  se 
tenaient,  en  effet,  accroupis  sur  la  berge,  devant  les  décombres.  Quelques- 
uns  avaient  la  tête  enfouie  dans  les  mains,  d'autres  l'egardaient  tristement 
dans  le  vide,  d'autres  encore,  la  menton  appuyé  sur  les  mains,  nous  dévi- 
sajîeaient  d'un  air  de  stupide  indifférence. 

n  La  cruauté  des  hommes  s'est  abattue  sur  nous,  semblaient-ils  dire. 
Nous  avons  tout  perdu:  biens,  bonheur,  espérance.  Quel  mal  nouveau 
pourriez-vous  nous  faire?  Nous  avons  tant  souffert  que  vous  ne  pourriez 
imaginer  de   supplices   plus   cruels. 

»  Je  donnai  ordre  à  Voumbila  d'interroger  ces  malheureux.  Alors  un 
vieillard,  qui  pai-aissait  accablé  de  désespoir,  se  leva  et  commença  à  nous 
raconter  l'histoire   de   leurs  malheurs   avec  une   extrême    volubilité. 

n  Le  village  avait  été  envahi,  à  l'improviste,  par  une  bande  d'hommes 
qui  faisaient  retentir  les  ténèbres  de  leurs  clameurs  féroces  et  d'une  assour- 
dissante fusillade.  Ces  brigands  avaient  égorgé  tous  les  habitants  qui 
tentaient  de  s'échapper  des  huttes  en  feu;  pas  un  tiers  de  la  population 
mâle  n'avait  eu  la  vie  sauve,  et  un  grand  nombre  de  femmes  et  d'enfants 
avaient    été  enlevés   et  emportés,  Dieu   sait  où. 

«  —  Et  dans  quelle  direction  ces  malfaiteurs  se  sont-ils  éloif.'nés? 

n  —   Us  ont  remonté  le  fleuve,  il  y  de  cela  huit  jours? 

n  —  Ont-ils  incendié  tous  les  villa<ies? 

»  —  Tous    sans  exception,  des  deux  côtés  de  la  rivière.  « 

»  Ecoutons  encore  le  récit   de  Cameron    (^): 
"  Sur  la  route,  toujours  des   ruines.  Voir  les  débris  de    tant  de   villages, 


(1)  Cinq  années  au  Congo,  pp.  454-460. 

(2)  Camkron.  a  travers  l' Afrique,  pp.  145-146. 


—  ?:}  — 

naguère  habités  par  des  fjons  heureux,  me  jetait  dans  une  ti'istesse  inexpri- 
in.'iblo.  Où  étaient  ceux  qui  avaient  bâti  ces  cases,  cultivé  ces  champs?  Ils 
avaient  été  saisis  comme  esclaves,  massacrés  par  les  bandits,  enga^jés  dans 
une  lutte  à  la(inelle  ces  malheureux  n'avaient  pris  aucune  part,  ou  morts 
de    faim   et  de    fatigue  dans   les  jungles. 

n  L'Afrique  perd  son  sang  par  tous  les  pores.  Un  pays  fertile,  qui  ne 
demande  que  du  travail  pour  devenir  l'un  des  plus  grands  producteurs 
du  monde,  voit  ses  habitants,  déjà  trop  rares,  décimés  par  la  traite  do 
l'homme  et  par  les  guerres  intestines.  Qu'on  laisse  se  prolonger  cet  état 
de  choses,  et  tout  ce  pays,  retombé  dans  la  solitude,  repris  par  le  hallier, 
l'edeviendra  impraticable   au    commerçant  et  au   voyageur. 

r<  La  seule  possibilité  d'un  pareil  événement  est  une  souillure  pour  notre 
civilisation  trop  vantée.  Si  l'Angleterre,  avec  ses  usines  qui  chôment  la 
moitié  du  temps,  négligeait  de  s'ouvrir  un  marché  pouvant  donner  de 
l'emploi   à  des  milliers  d'hommes  en  détresse,  ce  serait  inexplicable. 

n  E^péi'ons  que  la  l'ace  anglo-saxonne  ne  permettra  à  aucune  autre  de  la 
distancer  dans  les  efïbrts  qui  doivent  être  faits  pour  racheter  des  millions 
de  créatures  humaines  de  la  misère  et  de  la  dégradation  où  elles  tombe- 
raient infailliblement,  si  l'on  n'allait  pas  à  leur  secours.  « 

»  Voilà  succinctement  le  tableau  terrible  de  ce  qu'était  la  domi- 
nation arabe  au  Congo.  Elle  s'étendait,  non  pas  à  quelques  points 
de  ce  vaste  empire,  mais  à  une  partie  considérable  de  son  ter- 
ritoire. 

»  C'était  ce  fléau  profondément  enraciné,  semant  partout  la  ter- 
reur, la  ruine  et  la  mort,  que  l'Etat  avait  à  combattre  et  dont 
il    devait,   au   prix    d'une  lutte  gigantesque,    assurer   la   ruine. 

»  Dès  1890,  les  Arabes  commencent  à  être  refoulés  des  positions 
extrêmes  qu'ils    occupent. 

»  Le  capitaine  Roget  les  oblige  à  évacuer  le  pays  des  Mogangas 
et  les  rives  de  l'Itimbiri.  Un  de  ses  agents,  le  lieutenant  Duvivier, 
leur  inflige    une   défaite    aux   environs    d'Imbembo. 

»  Au  cours  de  la  même  année,  le  capitaine  Van  Gèle  et  le  lieutenant 
Milz  marchent  contre  un  fort  parti  d'Arabes,  qui  s'avance  vers 
l'Itimbiri,  et    le    mettent   en  pièces  à  Majorapa,   sur  la   Rubi. 

»  Dans  le  courant  des  années  1891  et  1892,  Chaltin  combat  les 
Arabes  dans  le  nord  et  surtout  dans  l'est  de  son  district,  les  chasse 
de  presque   toutes   leurs   positions,  et  parvient,   par  l'occupation  du 


74 


pavs,  à  les  empêcher  de  franchir  l'Arawiini.  11  réussit  également, 
par  l'établissement  de  nombreux  postes  sur  les  rives  du  Congo 
et  du  bas  Lomami,  à  affranchir  les  indigènes  du  joug  que  le  chef 
arabe   d'Isangi   fait    peser    sur  eux. 

»  La  situation    dans  le   sud   de   l'Etat   est    celle  ci  : 

»  A  une  époque  qu'il  est  impossible  de  fixer,  mais  que  l'on  peut 
vraisemblablement  placer  dans  la  période  comprise  entre  l'occu- 
pation de  Njangwe  (1828)  et  celle  de  Stanlej-Falls  (1879-1880), 
les  bandes  d'Arabes  envahissent  la  zone  comprise  entre  le  Lualaba, 
le   Lomami  et   le   Sankuru. 

»  Elles  ravagent,  détruisent  tout  sur  leur  passage.  La  contrée 
autrefois  riche,  prospère  et  très  populeuse,  ressemble  à  une  vaste 
solitude  en  188G-1887.  Les  Arabes  n'occupent  pas  eux-mêmes 
toutes  les  régions  où  ils  portent  la  ruine  et  la  désolation.  Ils 
visitent  les  rives  du  Sankuru,  mais  ne  s'y  établissent  pas.  Ils 
parviennent  à  s'allier  des  chefs  importants  comme  Pania  Mutombe 
et  Lupungu,  leur  remettent  des  armes  et  des  munitions  et  en 
font  en  quelque  sorte  des  agents  secondaires  de  Tippo-Tip.  Cette 
alliance  est  féconde.  L'appât  d'un  gain  quelconque  pousse  Pania 
Mutombe  et  Lupungu  à  commettre  des  exactions  sans  nombre. 
Ils  se  savent  protégés  et  appuyés  au  besoin  par  les  Arabes  qui, 
de  leur  côté,  ont  tout  intérêt  à  ce  que  les  razzias  de  leurs  acolytes 
soient  productives.  Toute  la  région  est  ruinée  et  devient  déserte. 
Bien  des  indigènes  doivent  chercher  un  asile  dans  les  profondeurs 
des  forêts,  vivre  à  l'état  nomade  et  se  livrer  eux-mêmes  à  des 
actes   de    brigandage   pour  ne    pas  succomber  à    la  faim. 

»  Tel  est  l'état  du  pays,  lorsqu'en  1890  est  fondé  le  camp  de 
Lusambo,  sur  le  Sankuru.  Ce  camp,  comme  celui  de  Basoko,  dont 
la  fondation  remonte  à  1889,  est  établi  pour  opposer  une  bar- 
rière à   la  marche   des  hordes   dévastatrices. 

»  Antérieurement  à  cette  époque,  Tippo-Tip  a  placé  à  la  tête  de 
ses  troupes  d'avant-garde  dans  le  sud,  un  jeune  homme  résolu, 
actif,  intelligent,  et  d'une  énergie  rare,  Gongo-Lutete,  dont  la 
résidence  est  Gandu,  sur  le  Lomami.  Gongo  n'est  pas  d'origine 
arabe.    Ancien    esclave   de    Tippo-Tip,    dont  il  a  gagné  la  confiance 


/ .) 


par  son  ooiirng'o,  son  audaco  et  sa  fidôlitô,  il  est  arrivé  à  une 
situation   aussi    élevée    i\no.    méritée. 

»  l^]n  1801,  projetant  de  se  renrlre  à  Lusanibo,  il  se  met  en 
route  à  la,  t("'te  d'une  bande  d'environ  sept,  mille  individus  et  garnie 
le  Sankuru.  Prévenu  de  son  arrivée^  le  lieutenant  Deseamps  marche 
à  sa  rencontre  avec  toutes  les  forées  dont  il  dispose,  mais  qui  sont 
de  beaucouj)  inféi'ieures  à  celles  des  Arabes.  Après  les  tentatives 
de  négociations  qui  échouent  à  cause  de  la  mauvaise  foi  et  des 
exigences  de  l'émissaire  de  'J'ippo-l'ip,  le  cam[)  arabe  est  attaqué. 
L'intrépidité  et  le  courage  des  troupes  de  l'Etat  ont  bien  vite 
raison  de  la  témérité  de  Gongo  et  de  ses  bandes  indisciplinées  qui 
prennent  la  fuite,  abandonnant  tous  leurs  esclaves.  La  brillante 
victoire  de  Descamps  a  pour  effet  d'affermir  l'autorité  de  l'Etat 
et  d'élever  encore   le   prestige  naissant   du   camp   de    Lusambo. 

»  Après  sa  défaite,  Gongo  Lutete  retourne  à  Gandu,  mais  caressant 
des  projets  de  revanche  il  ne  tarde  pas  à  reprendre  la  route  du  Sankuru. 
Les  indigènes  de  Batubengé  sur  le  haut  Sankuru,  effrayés  de  son 
arrivée,    se  retirent  vers    Lusambo.   » 


Du  moment  que  le  conflit  entre  les  AraJjes  et  l'Etat 
devenait  inévitable,  l'on  pouvait  indiquer,  avec  une  égale 
certitude,  la  région  qui  allait  servir  de  théâtre  à  l'action 
et  les  lignes  stratégiques  qui  devaient  forcément  être 
adoptées  par  les  belligérants. 

La  route  des  Arabes  parcourue  successivement  par  Burton, 
Speke,  Livingston,  Stanley  et  Gameron,  partait  de  Bagamayo 
pour  aller  par  Tabora,  à  Udjiji  sur  le  lac  Tanganika.  En  face 
d'Udjiji,  sur  la  rive  occidentale  du  Tanganika,  un  prolon- 
gement de  cette  route  s'en  allait  à  travers  le  Manyema,  par 
Kabambare  et  Kasongo,  à  Nyangwe,  sur  le  fleuve  Lualaba. 

Cette  roule,  employée  par  les  chasseurs  d'esclaves  et 
d'ivoire  pour  pousser  leurs  investigations  à  l'intérieur  du 
continent,   allait  servir  de  ligne   de   base  aux  Arabes. 

La  création  des  camps  de  Basoko  et  de  Lusambo  formait 


7()  — 


la  première  dig"ue  opposée  par  l'Etat  du  Congo  aux  incur- 
sions des  esclavagistes. 

Les  Européens  choisissent  la  route  du  Pool.  Ils  peuvent 
amener  leurs  navires  de  mer  jusqu'à  Matadi  et,  de  là,  gagner 
le  Stanley-Pool  avec  des  caravanes  de  porteurs,  organisées 
à  l'abri  de  toute  ingérence  des  Arabes. 

Du  Staniey-Pool,  leurs  steamers  peuvent  remonter  sans 
interruption,  d'une  part,  vers  l'est,  par  le  Congo  lui-même, 
jusqu'aux  Falls;  d'autre,  part,  vers  le  sud  de  Kwamouth 
sur  le  réseau  du  Kasaï,  du  Sankuru  et  de  leurs  affluents. 

Les  Falls  étant  situés  au  nord  et  le  Sankuru  à  l'ouest 
de  la  région  du  Manyéma,  les  Belges  ont  deux  lignes  straté- 
giques bien  distinctes,  convergeant  de  deux  bases  différen- 
tes, vers  Nyangwe,  point  terminus  de  la   route  de  Zanzibar. 

La  région  du  Manyéma  est  donc  le  centre,  à  la  fois 
offensif,  et  défensif,  des  Arabes. 

Au  commencement  de  1892.  les  chefs  arabes  et  leurs 
vassaux  se  trouvent  ainsi  répartis:  Rachid,  aux  Falls  en 
qualité  de  vali;  Kibonge,  à  Kirundu;  Saïd-ben-Abedi,  à 
Test  de  Kirundu;  Nserera,  à  Riba-Riba;  Muine  Mohara, 
à  Nyangwe;  Sefu,  à  Kassongo;  Gongo  Lutete,  auxiliaire 
arabe,  sur  le  Lomami. 

L'hostilité  ouverte  des  Arabes  ne  se  déclare  qu'en  avril  1892. 

CAMPAGNE  ARABE  (')• 

Le  22  avril  1892,  le  commandant  Paul  Le  Marinel  remet 
à  Dhanis  le  commandement  du  district  du  Lualaba. 

Depuis  quelque  temps,  des  bruits  circulaient  au  sujet  du 
mouvement  des  bandes  arabes,  sous  les  ordres  de  divers 
chefs,  Lupaka,  Katako,  etc.,  qui  occupaient  divers  points 
en  amont  du  Lubilasch.  On  croyait  encore,  à  cette  époque, 


(1)  L'histoire  de  la  campagne  arabe  est  reconstituée  d'après    les  récits   de 
Dhanis  et  du  D^  Hinde  et  des  renseignements  extraits  de  la  Belgique  militaire. 


—   /  / 


que  Gonfî-o  Lutotc  était  mort  dos  J)lessuros  reçues  lors  de 
la  dispersion  de  sa  bande  j)ar  le  capitaine  Descamps. 
Quoi  qu'il  en  soit,  on  décide,  avant  le  départ  de  Le  Marinel, 
qu'une  colonne  venant  de  Luluahour^^  attaquerait  ces  bandes 
de  front,  tandis  qu'une  autre,  partie  de  Lusambo,  leur 
couperait  la  retraite  Par  suite  de  la  maladie  du  capitaine 
Descamps,  la  colonne  de  Luluabour^^  ne  put  [)artir  à  temps 
et  opérer  sa  jonction  avec  les  troupes  de  Lusambo.  Elle 
n'en  détruisit  pas  moins  les  forces  de  Katako. 

A  la  fin  de  mars  1892,  Dhanis  donne  Tordre  au  lieutenant 
Micliaux  de  se  diri^^er  avec  quatre-ving-ts  soldats,  en  amont 
du  Lubi  et  de  le  rejoindre  ensuite  chez  Pania-Mutombo, 
le  15  avril  au  plus  tard.  Le  10  avril,  il  part  lui-même 
pour  Pania-Mutombo  avec  cent  soldats  et  vingt  auxi- 
liaires balubas.  Le  11,  le  chef  batetela  Mukunji  l'informe 
que  son  territoire,  situé  à  l'est  de  Lusambo,  près  du  Lubefu, 
est  ravagé  par  les  Arabes.  Le  14,  Dhanis  arrive  chez 
Pania-Mutombo,  qui,  jouant  double  jeu  pour  conserver  de 
bonnes  relations  et  avec  les  Arabes  et  avec  les  blancs,  lui 
donne  trois  cents  fusils  et  accompagne  lui-même  l'expédition. 

Le  lieutenant  Michaux  ne  rallie  Pania-Mutombo  que  le 
17  avril,  à  cause  des  luttes  qu'il  a  eu  à  soutenir  pendant 
sa  marche.  Il  est  alors  chargé  de  pousser  une  reconnais- 
sance jusque  chez  le  chef  batetela  Mukunji,  où  il  inflige 
une  défaite  sanglante  à  Fuamba,  un  des  auxiliaires  de 
Gongo  Lutete,  et  parvient  à  libérer   de  nombreux  esclaves. 

Le  19  avril,  la  colonne,  sous  le  commandement  de  Dhanis, 
marche  à  la  rencontre  des  Arabes.  Le  20,  Dhanis  apprend 
que  Gongo  Lutete  a  fondé  un  poste  à  Mona  Kialo  et  qu'il 
se  propose  d'attaquer  bientôt  Pania-Mutombo.  Le  23,  il 
tourne  une  position  occupée  par  les  Arabes  et  l'attaque 
de  flanc  et  de  revers.  Après  une  faible  défense,  l'ennemi 
s'enfuit;  il   compte  vingt  tués  et  quarante    prisonniers. 


7<S 


Combat  de  Batubenge,  5  mai  1892. 

Le  3  mai,  Dhanis  part  vers  le  sud-ouest  pour  Kisima- 
Sauri,  où  la  présence  de  Gongo  est  signalée.  Le  5  mai,  après 
une  marche  pénible  de  neuf  heures,   la   rencontre  a  lieu. 

La  position  des  Arabes  est  admirablement  choisie  et 
domine  tout  le  pays  à  plusieurs  lieues  de  distance.  Vers 
l'est  seulement  se  trouve  une  vallée  étroite  et  escarpée, 
qui  donne  accès  à  la  position  ennemie.  A  cause  de  la 
difficulté  du  passage,  elle  n'est  pas  gardée.  Les  troupes 
de  l'Etat  en  profitent  pour  s'avancer  jusqu'à  vingt  mètres 
des  soldats  de  Gongo  sans  être  inquiétées.  La  surprise  est 
complète  et  l'ennemi  ne  peut  se  rallier,  à  cause  de  la  rapidité 
de  la  poursuite.  Les  pertes  de  Gongo  s'élèvent  à  quatre- 
vingts  tués,  de  nombreux  blessés  et  prisonniers,  quatre 
drapeaux   et  une  grande  quantité  de  fusils. 


Deuxième  combat  de  Batubenge,  9  mai  1892. 

Le  9  mai,  l'élite  des  forces  de  Gongo  avec  les  chefs 
Lupaka  et  Katako  revient  à  l'attaque. 

A  la  vue  des  bandes  nombreuses  couronnant,  dès  l'aube, 
le  faîte  des  hauteurs  entourant  la  position  de  Batubenge, 
sur  le  Sankuru,  vers  le  sud-est,  le  sud,  et  le  sud-ouest,  les 
auxiliaires,  gens  de  Pania-Mutombo,  se  dispersent.  Enhardis 
par  cette  fuite,  les  gens  de  Gongo,  qui  ont  pris  position, 
se  précipitent  avec  une  ardeur  nouvelle,  croyant  à  une 
victoire  facile.  Les  chefs  des  bandes  crient  à  leurs  hommes  : 
«  Ne  tirez  pas,  ce  sont  des  wachenzis,  "  (indigènes  ou  sau- 
vages), "   faites-les  prisonniers  et  enchaînez-les  ». 

Au  lieu  de  la  victoire  aisée  qu'ils  escomptent,  ils  sont 
accueillis  par  le  feu  nourri  des  tirailleurs  d'avant-poste, 
dans  une  vallée  profonde  qu'ils  doivent  traverser  pour 
arriver  à  la  position  des  troupes  de  l'Etat.  En  quelques 
instants,  leurs  chefs  sont  tués  et  les  bandes,  mitraillées  de 


—  70  — 


tous   les  côtés,   pronnont   la    Cuito.  Oon^o,  n'osant  traverser 
1(^  Lupun<;'ii,   se  porte   vers  le  sud. 


Combat  de  Kisima-Sauri,  12  mai  1892. 

Enfin,  le  12  mai,  de  Wouters  rejoint  Dlianis  à  Hatubenge 
et  va  incendier,  à  Kisima-Sauri,  le  boma  occupé  par  Gongo, 
({ui  s'entliit  Jusqu'à  Mpai'u,  à  quatre  jours  de  marche  au 
sud-est  de  Batubenge. 

Les  résultats  de  ces  premières  victoires  sont  énormes. 

1°  Les  indigènes  voient  que,  sans  leur  secours,  les  troupes 
de  l'Etat  ont  détruit  la   puissance  de  Gongo; 

2»  Les  chefs  indigènes  sont  avertis  que,  s'ils  favorisent 
encore  les  menées  des  Arabes,  ils  seront  considérés  comme 
ennemis  de  l'Etat  et  traités  comme  tels.  Ils  sont  prévenus 
que  tout  ditïérend  entre  les  tribus,  à  l'ouest  du  Lomami, 
doit  être  soumis  à  un  fonctionnaire  de  l'Etat,  et  que  tout 
tribut  doit  être  payé  à  l'Etat  et  non  aux  Arabes. 

3^  Les  victoires  de  Batubenge  ont  empêché  la  dévasta- 
tion complète   du   pays; 

4"  Le  grand  chef  Batubenge  et  Mwana  Kimwanga  vont 
se  fixer  à  Lusambo  avec  leurs  peuplades  et  font  leur 
soumission. 

5"  Le  fils  de  Batubenge,  que  Gongo  a  fait  prisonnier, 
est  renvoyé  du  Lomami  avec  des  propositions  de  paix 
de   Gongo. 

6""  Gongo  lui-même  envoie  une  ambassade  spéciale. 

C'est  la  soumission  à  l'Etat  de  tout  le  pays  compris  entre 
le  Sanlmru  et  le  Lomami,  soit  un  territoire  de  cent  vingt 
kilomètres  de  largeur  sur  cent  quatre-vingts  de  longueur. 

Gomme  conséquence  de  ces  événements,  le  principal 
champ  de  chasse  aux  esclaves  est  interdit  aux  Arabes. 
De  plus,  ils  ne  peuvent  dorénavant  exiger  de  Lupungu  les 
tributs  exorbitants  qu'ils  font  payer  en  "  mandibas  «  (étoffes 
indigènes).  C'était  frapper  les  Arabes  au  cœur.  Sans  esclaves, 


\ 


—  80  — 

ils  ne  peuvent  plus  trafiquer  ni  transporter  leur  ivoire  à 
la  côte;  sans  mandibas,  ils  ne  peuvent  rien  acheter  au 
marché  de  Kassongo,  ni  dans  le  Samba,  ni  dans  le  iMaleba; 
c'est  le  blocus  de  Kassongo,   le   principal  centre  arabe. 

Victoire  sur  Kibalabala. 

Le  19  mai,  Dhanis  attaque  les  Bakwa  Sumpi  dont  le  chef 
Kibalabala  a  massacré  John  Bey  et  les  Haoussas  de  l'expé- 
dition Michaux.  Ce  chef  est  tué  et  cent  de  ses  guerriers 
tombent  entre  les  mains  de  Dhanis  qui  rentre  au  camp 
ramenant  avec  lui  plus  de  deux  mille  prisonniers  de  guerre  et 
esclaves  affranchis.  Il  y  trouve  le  docteur  Hinde,  qui  vient  le 
rejoindre  pour  prendre  part  comme  médecin  à  l'expédition 
du  Katanga,  ainsi  que  le  lieutenant  Scheerlinck. 

Suivant  des  ordres  arrivés  d'Europe,  Dhanis,  aidé  du 
docteur  Hinde,  s'empresse  d'exercer  des  hommes,  de  trier  les 
marchandises,  et  de  préparer  des  charges  pour  une  cara- 
vane de  quatre  cents  hommes,  pendant  un  an^  en  vue  de 
l'exploration  des  régions  du   Katanga. 

A  ce  moment  —  juillet  1892  —  le  commissaire  du  dis- 
trict découvre  qu'un  trafic  régulier  d'hommes  se  poursuit, 
les  gens  de  l'amont,  —  les  Basongos  —  qui  sont  eux-mêmes 
cannibales,  étant  accoutumés  de  vendre  des  esclaves  et  des 
enfants  aux  Basongos-Menos,   comme  provision  de  bouche. 

En  conséquence,  le  commissaire  ordonne  aux  sentinelles 
surveillant  la  rivière,  darrôter  ou  d'attaquer  à  coups  de 
fusil  tout  canot  descendant  la  rivière  avec  des  enfants  à 
bord. 

Il  parvient  à  en  capturer  quelques-uns  et  réussit  à  arrêter 
ce   trafic. 

C'est  pendant  que  Dhanis  remporte  ses  premières  victoires 
que  se  produit  le  soulèvement  de  Riba-Riba  et  le  massacre 
de  l'expédition   Hodister. 

Après  la  défaite  de  Gongo  Lutete  par  Dhanis  et  Descamps, 


<S|      ^ 


les  chefs  arabes  des  Stanle3'-Falls  déclarent  se  désinté- 
resser (\o  cette  allai re,  répondant  aux  demandes  ofTicielles 
d'intleninité,  qu'ils  ne  sont  pas  res[)onsal)les  des  actes  rie 
Gon'^o  Lutete,  (jui  a   marché  sans   leurs  ordres. 

Soumission  de  Gongo  Lutete. 

Gongo,  convaincu  par  trois  insuccès  qu'il  est  le  i)lus 
faible,  froissé  par  Sel'u,  et  voyant  que  la  protection  des 
Arabes  devient,  somme  toute,  illusoire,  fait  des  proposi- 
tions de  paix  (19  juillet). 

De  Wouters  et  le  docteur  Hinde  se  rendent  aussitôt  à  Pania- 
Mutombo  pour  se  mettre  en  rapports  avec  cinq  délégués  du 
chef  arabe.  Satisfaits  de  leurs  déclarations,  ils  les  envoient 
avec  des  présents  et  sous  bonne  escorte  à  Lusambo.  A  la 
suite  des  propositions  de  paix  de  Gongo,  les  lieutenants 
Scheerlinck  et  Duchesne  sont  envoyés  au  Lomami  avec 
une  troupe  de  quatre-vingt-huit  soldats,  pour  entamer  les 
négociations  avec  le  farouche  et  puissant  chasseur  d'esclaves: 
ils  doivent  poser  les  préliminaires  de  la  paix,  établir  un 
poste  chez  le  sultan  et  l'engager  à  être  du  voyage  qui  se 
prépare  au  Katanga   chez  Msiri. 

D'étranges  rumeurs  circulent.  Une  expédition  de  blancs 
remonte,  dit-on,  le  Lomami  et  a  battu  le  chef  Katambwé, 
à  trois  jours  en  aval  de  Gandu,  le  chef-lieu  de  Gongo  Lutete, 
sur  la  rive  gauche  du  Lomami. 

Ignorant  les  événements  de  Riba-Riba,  Bena  Kemba 
et  Nyangwe,  le  commandant  du  Lualaba  ne  peut  apprécier 
à  ce  moment  toute  l'importance  de  l'offre  de  soumission  de 
Gongo.  Comment  peut-il  savoir  qu'en  acceptant  la  paix,  Gongo 
trahit  ses  anciens  chefs  à  la  veille  d'une  invasion  qu'ils  ont 
résolue  ensemble,   et  dont  il  était  l'avant-garde? 

Le  20  août,  Dhanis  quitte  Lusambo  avec  cent  quarante 
hommes.  Il  a  comme  adjoints  le  docteur  Hinde,  le  lieutenant 
de  Heusch,  les  sergents  Gerckel  et  Prégaldien,  et  s'avance 


—   82  — 

entre  le  Sankuru  et  le  Lomami,  pour  se  rendre  chez  Gongo 
et  maintenir  ouverte  la  voie  d'accès  au  Katang-a. 

De  Heusch,  qu'accom[)ag"ne  le  sergent  Gerckel,  est  chargé 
d'aller  fonder  un  poste  provisoire  dans  le  sud,  chez  le 
grand   chef  Lupungu. 

Le  24  août.  Dhanis  remot  sa  caravane  en  état  au  village  de 
Pania  Mutombo  et  recrute  ses  porteurs. 

En  traversant  le  Sankuru,  l'expédition  marche  pendant 
cinq  jours  à  travers  une  région  déserte  où  il  est  très  diffi- 
cile (le  ravitailler  la  caravane,  et  arrive  au  village  de  Mono- 
Kialo,  le  f  septembre. 

Mono-Kialo  est  un  chef  de  race  balaba  ;  le  grand  chef 
est  Lupungu,  à  quatre  jours  de  marche  vers  le  sud. 

Dhanis  y  est  sollicité  à  la  fois  par  Gongo  et  Lupungu, 
avec  force  présents,  de  leur  faire  visite  en  premier  lieu. 
Gomme  la  générosité  de  Gongo  est  plus  grande,  le  com- 
mandant tourne  vers  le  nord-est   pour  se  rendre  chez  lui. 

La  marche  jusqu'à  Gandu,  résidence  de  Gongo,  sur  le 
Lomami,  se  déroule  à  travers  une  région  dévastée  par  les 
chasseurs  d'esclaves  à  la  solde  de  Ïippo-Tip.  Dhanis  y  arrive 
le  13  septembre.  La  joie  des  sujets  de  Gongo  est  très  grande 
et  la  générosité  de  ce  dernier  est  extrême.  Les  pour- 
parlers entamés  avec  le  chef,  au  sujet  de  sa  soumission, 
durent  du  13  au  23  septembre. 

Le  18  septembre,  Dhanis  a  avec  Gongo  une  explication 
sérieuse,  parce  qu'il  est  toujours  accompagné  et  surveillé 
par  des  agents  arabes  qui  ne  le  quittent  pas.  Gongo  vient 
même  la  nuit  au  camp,  en  cachette.  Le  19,  le  chef  se  rend 
chez  lui  en  plein  jour  et  lui  fait  remettre  en  cadeau  seize 
pointes  d'ivoire.  Gongo  déclare  solennellement  vouloir  servir 
l'Etat  tidélement  et  ne  plus  vouloir  payer  tribut  aux  Ara- 
bes. Il  se  proclame  chef  indigène  et  se  dit  décidé  à  s'aff'ran- 
chir  de  Tippo-Tip.  Il  accepte  d'exercer  son  autorité  du 
Lomami  au  Lubefu,  sous  la  direction  du  chef  de  poste  de 
Gandu  et  il   admet  que  Lupungu  relèvera  directement  de 


DC   WOUTERS    d'OpLIXTER. 


Michaux. 


De  Hbusch. 


Cassart. 


Cliché*  du  Mouvement  géographique. 


—  83  — 

l'Etat  et  ne  devra  plus  lui  payer  tribut.  MnOn,  il  prie 
Dlianis  d'annoncer   sa  soumission  aux  ^'•ens  de  SeCu. 

Le  t33  septembre,  ayant  appris  ([ue  S^fu  avait  pris  eent 
de  ses  hommes  et  ravag-é  deux  de  ses  villa/^c^s  [)rès  du 
Lualaba,  (ion«.^-o  se  dispose  à  marcher  contre  les  Arabes 
et  déclare  à  Fundi,  l'envoyé  de  Sel'u,  qu'il  est  l'ami  des 
lùiropéens  et  que  toute  relation  est  rompue  entre  les  Arabes 
et  lui. 

Cette  soumission  ouvre  un  vaste  territoire  à  l'influence 
belgo-con^olaise,  et  assure  à  l'Ktat  le  concours  d  indi;L,'-ènes 
qui  n'ont  été  Jus(fue  là  que  les  instruments  des  Arabes. 
Dh'inis  apprend  par  son  nouvel  allié  le  massacre  d'Hodister 
et  la  capture  d'entants  blancs. 

Pour  assurer  d'une  manière  définitive  la  soumission  de 
Gong'o,  le  protéger  au  besoin  contre  le  ressentiment  des 
Arabes  et  avoir  éventuellement  une  base  d'opérations  nou- 
velle contre  les  tentatives  que  pourraient  entreprendre  Sef'u 
et  Muine-Mohara,  le  poste  de  Gandu,  résidence  de  Gong"o, 
esi  renforcé.  Le  commandement  en  est  confié  au  lieu- 
tenant Duchesne,  qui  as)us  ses  ordres  le  sergent  Prégal- 
dien  et  quarante  soldats  réguliers. 

Soumission  de  Lupungu. 

La  palabre  avec  Gongo  étant  terminée,  Dhanis  se  remet  en 
route  dans  la  direction  du  Katanga  et,  après  six  jours  de 
marche,  arrive  à  Kabinda  chez  Lupungu,  où  de  Heusch  et 
Cerckel  travaillent  depuis  quinze  jours  à  établir  une  station. 
Le  4  octobre,  il  reçoit  la  soumission  du  grand  chef  des 
Balubas.  C'est  là  qu'il  apprend  que  les  Arabes  s'avancent 
vers  le   Lomami. 

Le  6  octobre,  un  courrier  de  Gandu  apporte  la  nouvelle 
que  Set'u  exige  que  le  poste  du  Lomami  soit  levé  et  tente 
de  s'emparer  de  Gongo,  Le  7,  Lupungu  reçoit  un  messager 
de  Sefu.  Gongo  en  a  reçu  un  le  3  octobre.  Tous  deux  font 


—  81    — 

répondre  qu'ils  relèvent  directement  de  l'Etat  et  n'ont  plus 
rien  de  commun  avec  les  Arabes. 

En  môme  temps,  on  annonce  à  Dlianis  que  les  Arabes  se 
fortifient  dans  l'Imbadi,  à  l'est  du  Lomami,  sous  le  com- 
mandement d'un  indigène,  Dibue,  et  de  l'Arabe  Mobamed- 
ben  Radjabou,  et  que  les  chefs  de  postes  de  Set'u  cap- 
turent des  gens  de  Lupungu,  de  Kolomani,  de  Goïmuyasso 
et  surtout  de  Gongo.  L'acte  de  Congo  a  soulevé  la  colère 
de  Sefu,  et  il  a  résolu  de  se  venger  de  l'ancien  esclave 
de  son  père  et  des  chefs  indigènes  qui  l'ont  suivi  dans  sa 
défection.  Sefu  quitte  les  Falls  à  la  tête  de  forces  considé- 
rables,   et  va   occuper  la  rive    droite  du  Lomami. 

A  ces  nouvelles,  Dhanis  se  décide  à  se  rendre  à  Lusambo, 
pour  y  chercher  des  munitions,  de  l'artillerie  et  des  auxi- 
liaires. 

Pour  suppléer  à  l'insufifisance  des  soldats  réguliers,  les 
meilleurs  porteurs  manyanga  et  autres  sont  enrôlés  comme 
soldats  et  exercés  sans  retard.  Une  ligne  de  transport, 
reliant  Lusambo  à  Gandu,  est  créée.  Gongo  assure  le  ser- 
vice jusqu'à  Katambwe,  Lusambo  et  le   restant  de  la  route. 

Un  poste  est  fondé  chez  Lupungu.  Le  lieutenant  Scheer- 
linck,  ayant  sous  ses  ordres  trois  Européens  et  cent  soixante 
soldats,   en  reçoit  le  commandement, 

Un  poste  de  surveillance  est  installé  à  Goïmuyasso,  au 
confluent  du  Lomami  et  du  Lurimi. 

Le  poste  de  Lupungu  reçoit  l'ordre  de  faire  des  recon- 
naissances vers  le  Lomami. 

A  Lusambo,  Dhanis  rassemble  toutes  les  charges  et  muni- 
tions disponibles,  et  informe  le  gouverneur  général  de  la 
situation,  en  lui  demandant  les  renforts,  de  toute  nature, 
nécessaires  pour  mener  à  bien  la  campagne  qui  va  s'entamer. 


—  85  — 

Exigences  de  Sefu. 

Pendant  ce  temps,  le  lieutenant  Scheerlinck  a  reru,  le 
•22  octobre,  à  Kolomnmi,  où  il  se  trouve  dc^puis  le  20  octobre, 
avec  le  docteur  Hinde  et  cent  douze  hommes,  une  lettre 
(lu  sergent  De  Hruyne,  adjoint  au  résident  de  Kassonf^'-o, 
annonçant  (fu'il  se  trouvait  en  ce  moment  avec  Soin,  et 
({ue  cet  Arabe  se  disposait  à  entamer  la  lutte  avec  dix  mille 
hommes  armés  à  Imbari. 

''  Hodister  et  ses  compagnons  avaient  été  odieusement 
mutilés  et  massacrés.  Emin  Pacha  était  tombé  sous  le  coup 
des  Arabes.  Sefu  voulait  punir  Gongo  de  son  acte  auda- 
cieux et  priait  Scheerlinck  de  se  rendre  à  Ikere,  sur  la 
rive  droite  du  Lomami,  pour  y  avoir  une  entrevue  avec  lui. 

«  Le  plan  de  Sefu  était,  après  avoir  tué  les  blancs, 
de  s'emparer  de  tout  le  pays  jusqu'à  Léopoldville.  Le 
seul  moyen  de  salut  était  de  lui  livrer  Gongo  Lutete 
ou  de  lui  envoyer  sa  tête  comme  présent  et  ensuite  de 
quitter  le  pays,  que  Sefu  prétendait  être  à  lui.  Au  cas 
où  ces  deux  conditions  ne  seraient  pas  imm^édiatement 
remplies,  Sefu  traverserait  le  Lomami  et  attaquerait  les 
blancs.  C'est  l'insurrection  du  Manyema,  l'écrasement  des 
blancs  et  la  perte  irrémédiable  d'une  colonie  prospère, 
fondée  au  prix  des  plus  grands  sacrifices.  » 

Les  prétentions  ridicules  et  téméraires  de  Sefu  sont 
naturellement  repoussées. 

Les  troupes  de  l'Etat  se  hâtent  de  marcher  vers  Goïmuyasso, 
sur  le  Lomami,  pour  y  arriver  avant  les  Arabes  et  les 
empêcher  de  passer  le  fleuve,  en  attendant  les  renforts 
suffisants  pour  prendre  l'offensive. 

Le  3  novembre,  de  Wouters  quitte  Pania-Mutombo  avec 
le  canon  Krupp;  Dhanis,  lui-même,  le  suit  dès  le  lendemain. 

Les  forces  qui  vont  se  trouver  en  présence  sont  les 
suivantes:  du  côté  des  Arabes  dix  mille  hommes,  armés  de 
lances,  flèches  et  six  mille  fusils;  du  côté  des  Européens:  trois 


—  80  — 

cent  cinquante  soldats  réguliers,  armés  de  fusils  perfection- 
nés, un  canon  Krupp  de  montagne  de  7.5  centimètres;  et 
comme  auxiliaires:  Gongo  avec  environ  deux  mille  fusils  à 
piston;  Lupungu-Kolomami,  avec  mille  fusils  à  piston; 
Pania-Mutomho  avec  quatre  cents  fusiJs  à  piston. 

De  plus,  un  grand  nombre  de  chefs  à  Test  du  Lomami 
ne  veulent  pas  suivre  Sefu  dans  son  expédition  et  n'atten- 
dent qu'une  occasion  pour  se  ranger  sous  le  drapeau  de 
l'Etat. 

A  la  lettre  du  22  octobre  du  sergent  De  Rruyne,  le 
lieutenant  Sclieerlinck  répond  qu'il  n'a  pas  les  pouvoirs 
voulus  pour  traiter  avec  Sefu  et  pour  dépasser  le  Lomami. 
En  môme  temps,  il  transmet  cette  lettre  à  Dhanis  et  se 
porte  de  Kolomami  à  Goïmuyasso,  pour  y  attendre  Sefu 
et  le  conduire  chez  Lupungu  en  vue  de  s'y  entendre  avec 
lui.  Sefu  doit  se  rendre  au  Lomami,  accompagné  seule- 
ment de  quarante  fusils.  En  même  temps,  Scheerlinck 
prévient  et  appelle  de  Heusch,  qui  accourt  avec  toutes 
ses  forces  et  munitions  disponibles,  tandis  que  Gerckel 
demeure  à  Lupungu  avec  une  très  faible  garnison. 

La  caravane  de  Scheerlinck  est  forcée  de  traverser 
vingt-cinq  rivières  et  ruisseaux,  affluents  du  Lurimbi  et 
atteint  Goïmuyasso,  le  26  octobre  1892.  Scheerlinck  y  installe 
un  camp,  et  organise  tous  les  travaux  en  vue  de  barrer  le 
détilé.  Le  jour  suivant,  les  espions  rapportent  que  Sefu, 
qui  est  à  son  camp  d'Ikere,  au  nord-ouest  de  Dibue,  a 
ordonné  à  Gongo-Muchofa  et  à  Nyan-Gongo,  deux  chefs 
de  la  rive  droite,  à  cinq  ou  six  heures  de  marche  vers  le 
nord,  de  tenir  leurs  pirogues  prêtes  pour  passer  ses  soldats, 
car,  dans  peu  de  jours,  il  a  l'intention  de  traverser  la  rivière 
dans  leur  voisinage.  Dibue,  quoique  ne  voulant  pas  prendre 
part  à  la  guerre,  a  été  contraint  par  Sefu  de  joindre  ses 
forces  aux  siennes. 

La  même  après-midi,  une  nièce  de  Goï,  femme-chef  de 
l'amont  du  Lomami,   apporte    la   nouvelle  que  Mahomedi 


—  87  — 

et  Dibiie  ossnionl  de  Irnverseï'  l;i  i"i\ièi"('  o\\  fiice  de  son 
village,  l'un  à  quatre  heures  en  amont  de  Ooïmuyasso, 
l'autre  au  passade  redouté,  mais  (fu'olie  a  i'Of)oussé  les 
premiers  canots.  Sei'u  et  Muson^'-ela  j)asseront  à  Gandu,  dont 
ils  feront  le  siège.  Le  premier  est  le  commandant  en  chef. 

Hinde  et  Scheerlinck  décident  alors  de  se  mettre  en 
marche,    la   nuit. 

Le  2\)  octobre,  une  seconde  lettre  de  De  Bruyne  apprend 
que  les  Arabes  ont  divisé  leurs  forces,  dans  l'intention 
de  traverser  la  rivière  en  trois  points  simultanément,  afin 
d'obliger  leurs  adversaires  à  se  diviser  eux-mêmes. 

De  Bruyne  supplie  ses  compatriotes  d'abandonner  fidée 
de  combattre,  toute  résistance  étant  sans  espoir;  il  leur 
conseille  de  traverser  la  rivière  et  de  tenir  une  palabre 
amicale  avec  Sefu.  Si  Scheerlinck  refuse,  il  devra  battre 
en  retraite  sur  Lupungu. 

Prévenus  par  leurs  espions  des  intentions  perfides  de 
Sefu,  les  blancs  refusent  de  s'en  remettre  à  la  générosité 
arabe. 

Scheerlinck  lui  répond  :  «  Si  Sefu  n'est  point  animé  de 
dessins  hostiles,  qu'il  consente,  en  sa  qualité  de  vali  de  l'Etat, 
à  châtier  les  assassins  de  Riba-Riba  et  de  Nyangwe.  S'il 
manque  à  ce  devoir,  la  vengeance  des  blancs  ne  se  fera 
pas  attendre:  Dhanis  fondra  sur  lui  avec  des  forces  fan- 
tastiques. Et  si  l'on  attente  à  la  liberté  ou  à  la  vie  des 
blancs  de  Kassongo,  les  troupes  de  l'Etat  écraseront  les 
Arabes  depuis  le  Lomami  jusqu'au  Tanganika.  « 

Cette  fière  et  comminatoire  réponse  ne  produit  aucun 
effet.  La  situation  est  grave,  mais  les  indigènes,  qui  ont 
des  raisons  de  haïr  les  chasseurs  d'esclaves,  exultent  à 
l'idée  de  battre  leurs  bourreaux  et  d'exercer  contre  eux 
les  plus  terribles  représailles.  On  fusille  les  féticheurs  qui, 
sur  l'ordre  de  Sefu,  pénètrent  dans  le  camp  et  tentent 
d'enlever  des  pirogues  à  prix  d'or.  L'action  est  imminente. 


—  88  — 

Scheerlinck  dispose  de  trois  blancs  et  de  cent  trente  fusils, 
sans  compter  un  millier  d'indi^^ènes. 

Le  2  novembre,  des  informations  précises  parviennent  aux 
chefs  de  l'Etat:  Muchofa  tient  ses  canots  prêts  pour  le  pas- 
sage des  forces  de  Sefu. 

Hinde  descend  vers  la  rive  du  fleuve  avec  quarante  hommes 
dans  le  but  de  détruire,  si  possible,  les  canots  et,  dans  le 
cas  contraire,  pour  essayer  d'arrêter  les  forces  arabes  au 
passage  de  la  rivière.  Hinde  parvient  à  rallier  à  l'Etat  le 
chef  Nyan-Gongo. 

Tandis  qu'il  patrouille  le  long  de  la  rivière  en  amont 
et  en  aval,  il  apprend  par  ses  espions  que  Sefu  essaye  de 
la  traverser  dans  les  environs. 

Le  lieutenant  Scheerlinck  arrive  au  camp  de  Hinde,  le 
7  novembre,  ayant  laissé  de  Heusch  au  poste  de  Goïmuyasso. 
Hinde  est  prévenu,  le  9  novembre,  par  un  billet  de 
de  Heusch,  que  ce  dernier  sera  probablement  coupé  de 
lui  à  ce  moment,  un  prisonnier  l'ayant  informé  spontané- 
ment que  Sefu  ferait  une  attaque  dans  la  matinée  du  11.  — 
Hinde  lève  le  camp  et  arrive  à  Goïmuyasso.  En  prévision 
de  l'attaque  du  11,  quelques  chevalets  pour  fusils  sont 
placés  de  manière  à  commander  les  principales  routes 
autour  du    camp. 

Le  11,  des  lettres  du  commandant  Dhanis  parviennent  à 
Hinde;  Dhanis  espérait  arriver  le  14  avec  dix  mille  alliés 
indigènes  environ  et  donnait  l'ordre  de  ne  pas  passer  la 
rivière  jusqu'à  ce  moment,   sous  aucun  prétexte. 

Un  détachement,  sous  le  commandement  de  de  Heusch, 
est  envoyé  en  amont,  où  les  Arabes  essaient  de  s'emparer 
d'un  certain  nombre  de  canots;  l'ordre  était  de  faire  des- 
cendre ces  embarcations  jusqu'au  camp  ou,  au  besoin,  de 
les  détruire. 

De  Heusch  traverse  la  rivière  dans  un  vieux  canot  oublié, 
mais  il  est  forcé  de  battre  en  retraite  sous  une  grêle  de 
balles. 


—  S<)  — 

C'est  ici  que  s'intercale  un  trait  d'hôroïsme,  digne  de 
Rogulus,   mais,   hclas!   bien   inutile. 

Le  11  novembre,  à  trois  heures  du  soir,  Scheerlinck  reçoit 
une  lettre  de  De  Bi'uyne,  TinCormant  qu'il  esta  trois  heures 
du  Lomami  avec  deux  à  trois  cents  Arabes,  et  qu'il  ira 
à  la  rivière  le  lendemain,  pour  y  signifier  de  vive  voix 
les   ordres  de  Sefu. 

«  Sefu,  écrit  le  malheureux  De  Bruyne,  n'aura  garde  de 
se  déranger  pour  m'accompagner.  «  Moi,  je  reste  étendu 
V  sur  ma  natte.  D'ailleurs,  moi,  je  suis  le  grand  chef,  et 
?'  ces  blancs  me  prennent  pour  leur  esclave!  S'ils  veulent 
T  me  voir,  ils  n'ont  qu'à  venir  ici.  »  Jamais,  lieutenant 
Scheerlinck,  je  n'ai  vu  un  individu  aussi  stupide,  aussi 
abruti,  aussi  lâche,  aussi  menteur  que  cet  ignoble  assas- 
sin de  Sefu.  Je  suis  traité  ici  en  vil  esclave,  etc.,  « 

L'entrevue  émouvante  de  Scheerlinck  et  de  De  Bruyne  a 
lieu  le  15  novembre,  Scheerlinck  a  placé  ses  meilleurs  tireurs 
dans  les  roseaux  bordant  la  rive  et  a  pris  toutes  ses  disposi- 
tions pour  sauver  l'infortuné  sergent;  il  a  la  certitude 
que  Lippens  est  mort,  car  celui-ci  lui  a  écrit,  le  6  octobre, 
une  lettre  dont  voici  un  passage  significatif:  "  Depuis 
quatorze  mois,  je  suis  mortellement  malade.  Après  avoir 
eu  la  dysenterie  à  Léopoldville  et  une  rechute  en  route, 
j'ai  été,  dès  mon  arrivée  à  Kassongo,  atteint  de  la  variole, 
suivie  d'une  terrible  maladie  de  poitrine;  ensuite,  nou- 
velle dysenterie  extrêmement  violente,  après  cela  une  hépa- 
tite suivie  d'un  abcès  au  foie;  j'ai  celui-ci  hypertrophié: 
j'ai  de  plus  une  maladie  de  cœur,  de  l'estomac  et  des 
intestins,   et  une  grave  affection  des  reins  ru 

—  "  Mon  pauvre  ami,  dit  Scheerlinck  à  De  Bruyne,  Lippens 
n'est  plus  en  vie.  Vous  pouvez  vous  évader  sans  manquer 
à  l'honneur,  ni  au  dévoûment  que  vous  professez  envers 
votre  chef.  Vous  ne  le   retrouverez  plus  «. 

—  •'  Les  Arabes,  répond  Do  Bruyne,  m'ont  assuré  qu'il 
n'est  pas  mort  55. 


—  <)0  — 

—  «  Mensong*e!  reprend  Scheerlinck.  C'est  pour  vous  enga- 
ger à  rester.  Allons,  décidez-vous.  L'occasion  est  unique. 
Mes  hommes  tiennent  vos  g-ardiens  au  bout  de  leurs 
fusils.  Pourquoi  retourner  chez  vos  bourreaux?  Songez  aux 
supplices  qu'ils  ont  fait  endurer  à  Hodister,  à  Michiels...  » 

Scheerlinck  et  le  docteur  Hinde  insistent,  très  pressants. 

—  "  Je  vous  en  supplie,  dit-il  enfin,  d'une  voix  grave,  ne  me 
tentez  plus.  Si  Lippens  est  vraiment  mort,  je  chercherai  à 
fuir:  donnez-moi  une  boussole  afin  que  je  m'oriente.  » 

Ce  désir  ne  peut  être  satisfait. 

L'entrevue  dure  plus  de  deux  heures.  De  Bruyne  n'a  pas 
la  force  de  crier  adieu.  Il  fait  un  geste  douloureux  et 
retourne  se  livrer  aux  soldats  arabes,  dont  les  yeux  ardents 
le  convoitent  comme  une   proie. 

Scheerlinck  et  les  siens  le  regardent  disparaître,  navrés, 
et  comprennent  déjà  tout  ce  que  ce  jeune  homme  a  révélé 
d'héroïsme. 

De  Bruyne  tint  sa  parole  de  soldat  et  quelques  jours  plus 
tard  il  était  massacré,   ainsi  que  son  chef. 

Le  19  novembre  1892,  le  lieutenant  Michaux  se  rend  à 
Gandu  avec  quatre-vingts  hommes,  pour  renforcer  le  lieu- 
tenant Duchesne,  qui  était  avec  Gongo  Lutete  à  N'Gongo; 
le  20,  Dhanis  se  trouve  à  Goïmuyasso  avec  Kolomami  et 
deux  cents  fusils.  Le  21,  arrivent  de  Wouters  avec  le  canon 
Krupp,  le  sergent  Cerckel  avec  Lupungu  et  deux  mille  fusils. 

Le  21  novembre,  toutes  les  forces  de  l'Etat  se  trouvent 
réunies  sur  la  rive  gauche  du  Lomami,  entre  Goïmuyasso 
et  Gandu,  pour  barrer  la  route  aux  Arabes,  lorsque  le  21, 
vers  minuit,  Dhanis  appr-end  que  les  Arabes  établis  sur 
la  rive  droite  tentent  le  passage  de  la  rivière,  à  dix  heures 
en  avant  de  son  camp.  Ce  sont  Dibue  et  Mohamedi  qui 
tentent  une  fausse  attaque.  Dhanis  expédie  immédiatement 
sur  les  lieux  le  sergent  monrovien  Albert  Frees  et  le  caporal 


LiPPEXS. 


Sergent  De  Bruyne. 


POXTHIER. 


TOBBACK. 


Clichés  du  Mouvement  géographique. 


91  — 


I»oii^;i,  avec  quarante  hommes,  ainsi  (|ue  les  auxiliaires 
(le   Lu|)un»^u,  Kolotnani  (U  Cloïmuyasso. 

Pendant  ce  temps,  la  même  nouvelle  arrive  à  Gandu,  et 
Gon^i^o  avec  tous  ses  hommes  marche  toute  la  nuit  du 
LU  au  -22  novemhre,  pour  alleindre  Chi^-e,  point  de  pas- 
sa ;,''e  des  Arabes. 

Dhanis  fait  appel  au  courage,  au  devoùment  et  à  res[)i'it 
de  race  de  tous  pour  passer  le   Lomami. 

Combat  de  Chige,  22  novembre  1892. 

Le  22,  à  la  première  heure,  le  lieutenant  Michaux  quitte 
Gandu  avec  Duchesne,  Prég-aldien  et  son  détachement, 
comprenant  cent  fusils  rayés.  Il  atteint  Chige  à  six  heures  et 
demie  du  soir.  A  son  arrivée,  il  trouve  Gong-o  et  Albert 
Frees  aux  prises  avec  l'ennemi.  La  nuit  interrompt  l'action 
et  chacun  conserve  sa  position. 

Le  23,  au  matin,  Gongo  fait  prévenir  le  lieutenant 
Michaux  que  ses  fusils  sont  mouillés  et  qu'il  ne  peut 
attaquer  avant  qu'il  y  ait  du  soleil;  le  lieutenant  com- 
prend qu'il  doit  en  être  de  même  du  côté  des  Arabes 
et  se  décide  à  attaquer  seul  et  de  suite,  pour  profiter  de 
cet  avantage  momentané.  Frees,  lancé  en  avant,  emporte 
un  premier  boma;  Michaux  et  Frees  prennent  le  second, 
puis  les  troupes  de  l'Etat  poursuivent  jusqu'au  Lomami  les 
Arabes  en  fuite.  Affolés,  ceux-ci  se  jettent  dans  la  rivière, 
qui  à  cet  endroit  a  environ  cent  mètres  de  large  et  un 
courant  de  quatre  milles  à  l'heure.  Des  centaines  d'ennemis 
se  noient  ou  sont  tués  par  les  auxiliaires  chargés  de  la 
poursuite. 

Les  pertes  des  Arabes  au  combat  de  Ghige  sont  considéra- 
bles :  près  de  quinze  cents  fusils  à  capsules  et  trente  fusils  à 
répétition  pris  ou  perdus  dans  le  Lomami  ;  cinq  cents  à 
mille  hommes  tués  sur  le  champ  de  bataille,  et,  en  plus, 
deux  à  trois  mille  tués  ou  no^^és  dans  le  Lomami;   mille 


-     02  — 

prisonniers;  presque  tous  les  chefs  morts  ou  fortement  bles- 
sés; trois  drapeaux  enlevés;  enfin,  la  plus  g^rande  partie 
de  la  poudre  et  des  capsules  des  Arabes  perdues  dans  le 
Lomami.  Trois  chefs  sont  faits  prisonniers.  L'un  d'eux,  appelé 
Sadi,  ancien  soldat  de  Stanley,  avait  les  bras  brisés,  la 
cuisse  et  le  crâne  lacérés  par  les  balles;  malgré  cela,  il 
languit  pendant  trois  semaines. 

De  plus,  Sefu  a  le  bras  traversé  par  un  coup  de  feu; 
mais,  il  a  passé  la  rivière  avant  le  commencement  de  la 
bataille  et  il  échappe  ainsi;  Muine  Mohara,  son  allié,  qui 
s'apprêtait  à  franchir  le  Lomami,  s'est  sauvé  avec  toutes 
ses  troupes,  et  tout  le  pays  à  l'est  du  Lomami  veut  se 
détacher  des  Arabes  pour  se  ranger  sous  les  drapeaux 
de  l'Etat. 

Le  sergent  Albert  Frees  et  le  caporal  Benga  étaient 
arrivés  les  premiers  aux  palissades  du  fort,  Frees  avait 
même  été  blessé  de  trois  balles.  Benga,  véritable  athlète,  par- 
vint, en  courant  de  toute  sa  vitesse  et  en  se  lançant  contre 
la  palissade,  à  déchausser  deux  ou  trois  pieux,  ce  qui 
fit  une  brèche  à  travers  laquelle  lui  et  Frees,  promptement 
suivis  par  leurs  hommes,   réussirent  à  pénétrer. 

Quant  à  Dhanis,  le  lendemain  du  départ  de  Frees  et 
Benga,  il  avait  reçu  la  nouvelle,  par  un  homme  portant 
un  fusil  arabe,  que  les  ennemis  étaient  en  force,  et  que 
malgré  un  combat  sérieux,  la  position  n'avait  pas  été  empor- 
tée. Il  était  parti  immédiatement  pour  le  champ  d'action 
avec  Hinde,  Scheerlinck  et  un  détachement  de  ses  meil- 
leurs hommes.  Il  avait  marché  la  moitié  de  la  nuit;  mais, 
arrivé  dans  une  forêt  très  dense,  où  il  était  dange- 
reux de  se  mouvoir,  il  avait  couché  sur  le  sentier  même 
et  attendait  l'aurore.  Le  lendemain  matin,  il  netait  en 
route  que  depuis  trois  heures,  quand  il  rencontra  un 
certain  nombre  d'indigènes  qui  lui  étaient  envoyés  avec 
une  lettre  de  Michaux.    Ils  étaient  armés   de   Winchester 


—  93  — 

à   répétition   et  escortaient  d(is   prisonniers;    preuve  d'une 
victoire  sur  les  Ara))es. 


Les  troupes  de  l'Etat  passent  le  Lomami. 

Le  traité  conclu  par  Stanley  à  Zanzibar  fixait  le  Lomami 
comme  limite  extrême  du  territoire  arabe.  Les  Arabes  ayant 
dépassé  celte  frontière  et  attaqué  les  blancs,  sous  les  ordres 
de  Sefu.  Dlianis  fait  franchir  la  rivière  à  ses  troupes,  en 
deux  colonnes.  Michaux  avec  Gongo,  passe  le  Lomami  à 
Gandu  et  se  dirige  vers  Dibue.  Le  même  jour,  26  novembre, 
Scheerlinck  et  le  docteur  Hinde,  à  la  tête  de  l'avant-garde, 
traversent  également  la  rivière  et  s'emparent,  le  28  novem- 
l)re,  après  une  faible  résistance,  du  village  fortifié  de 
Chile  Kasongo. 

Ghilea  déclaré  qu'il  résistera  jusqu'à  ce  qu'on  ait  incendié 
son  village:  il  obtient  satisfaction.  Mais  pour  rentrer  au 
camp  du  Lomami,  il  faut  faire  un  détour  à  cause  de  la 
cluileur  des  chimbecks  en  combustion.  Une  courte  escar- 
mouche s'engage  avec  les  Arabes  de  Kitenge. 

Pendant  ce  temps,  la  colonne  principale  franchit  elle- 
même  le  Lomami,  et  le  passage  est  terminé  le  28. 

L'objectif  de  Dhanis  est  Kitenge.  La  colonne  a  pour 
auxiliaires  Lupungu,  Kolomani  et  Goïmuyasso.  Les  forces 
de  lEtat  comprennent:  cinq  mille  hommes  de  troupes  tri- 
butaires arabes,  armés  de  fusils;  quinze  mille  hommes  armés 
de  lances  et  de  flèches,  accompagnés  de  leurs  femmes  et  de 
leurs  enfants,  et  trois  cents  soldats  haoussas,  zanzibarites, 
monroviens,   manyangas. 

Le  29,  la  colonne  principale  se  met  en  marche  contre 
Piani  Kolomani.  En  route,  Dhanis  accepte  les  propositions 
de  paix  de  Dibue.  A  Kitenge,  ce  dernier  se  présente  et  fait 
sa  soumission. 

Du  30  novembre  au  2  décembre,  Dhanis  séjourne  à  Kitenge 
et  y  reçoit  les  propositions    de  paix  de    Bwana   Kasongo 


—  <)1 


et  de  Kabamba,  cbefs  des  Bena  Kelembwe  et  des  Bena  N'Guo. 

Le  2  décembre,  Michaux  arrive  chez  Dibue  et  y  trouve 
Je  pays  abandonné.  Dibue  s'est  réfugié  à  l'est  de  Kabanaba. 
Michaux  reçoit  l'ordre  de  se  diriger  avec  Gongo  sur 
Lussuna. 

Un  poste  de  surveillance  est  fondé  chez  Piani  Kolomani, 
et  le  3  décembre,  la  colonne  peut  partir  pour  Kabamba, 
où  elle  arrive  le   1. 

Le  11  décembre,  Dhanis  atteint  Lussuna  et  y  établit  son 
quartier  général.  Le  chef  Lussuna  s'était  enfui  avant  l'attaque, 
abandonnant  quatorze  bœufs  qui   sont  dirigés  sur  Gandu. 

Michaux  a  amené  Gongo  à  Lussuna  avec  cinq  à  dix 
mille  auxiliaires  et,  comme  Dhanis  est  accompagné  par 
Lupungu,  Kolomani  et  Goïmuyasso,  le  camp,  à  ce  moment, 
compte  environ  vingt-cinq  mille  indigènes,  quatre  cents 
soldats  réguliers  et  six  officiers  blancs. 

Une  reconnaissance,  commandée  par  le  lieutenant  Scheer- 
linck,  avec  soixante  soldats  réguliers  et  les  forces  de 
Lupungu  et  de  Kolomani,  —  environ  deux  mille  fusils  et 
quelques  milliers  de  lances  — ,  quitte  la  colonne,  le  10,  et  se 
dirige  à  l'est  de  la  route  Kabamba-Lussuna,  pour  couper 
la  retraite  aux  gens  du  Malela,  qui  se  sont  enfuis  à  l'arrivée 
de  la  colonne  Michaux  et  Gongo.  Cette  reconnaissance, 
après  plusieurs  heures  de  marche,  attaque  la  droite  et  la 
gauche  d'une  longue  file  de  villages,  qui  sont  emportés  à 
la  première  décharge.  Elle  fait  trois  cents  prisonniers, 
capture  une  centaine  de  bêtes:  chèvres,  moutons  et  porcs, 
et   rejoint   la  colonne  à  Lussuna. 

Les  gens  de  ce  pays  ne  veulent  pas  encore  se  soumettre, 
par  crainte  des  représailles  arabes.  Dans  ces  circonstan- 
ces, de  petites  expéditions  sont  envoyées,  chaque  jour, 
dans  toutes  les  directions,  et  reviennent  avec  de  nombreux 
prisonniers.  Le  20  décembre,  Dhanis  apprend  que  des 
bandes  arabes,  qui  ont  pris  des  hommes  de  Gongo,  campent 
à  deux  heures  de  Lussuna.  Dix  espions  sont  envoyés  en  recon- 


—  \):> 


nnissnnce.  Le  21,  Dlianis  est  infoi'iiK'  quo,  los  Arabes  so 
sont  retirés  de  ^Tand  matin.  Le  2:',,  la  nouxclle  se  répand 
que  Muine  Moliara,  décidé  par  Sefu,  passe  le  Lualaba  avec 
toutes  ses  forces  pour  attaquer  le  camp  con^^-olais,  et  que 
les  deux  blancs  de  Kassongo,  Lippens  et  De  Hruyne,  ont 
été  tués  par  les  Arabes.  Setu  a  même  tué  de  sa  main  un 
nommé  Mabrouki,    qui  voulait  les  protég^er. 

Le  26  décembre,  Lupungu,  Koiomani  et  leurs  gens  malades 
et  dépaysés  quittent  la  colonne.  Dhanis  les  voit  partir  sans 
regret. 

Le  27,  Gerckel,  venant  de  Goïmuyasso,  rejoint  la  colonne 
avec  sa  caravane.  Il  est  accompagné  de  Dibue,  qui  vient 
faire  sa  soumission.  Un  poste  est  installé  chez  lui.  Francqui 
est  arrivé  prés  de  Lupungu;  Delcommune,  venant  du  Tan- 
ganika,  atteint  Gandu  le  19  décembre,  et  repart  le  24 
pour  Lusambo. 

De  même  que  l'attaque  de  Sefu  a  forcé  le  commissaire 
du  Lualaba  à  franchir  le  Lomami  et  à  s'établir  dans  le 
pays  des  Bakussus,  au  mépris  des  ordres  formels  du  gou- 
vernement, Dhanis  est  poussé  insensiblement  dans  sa  marche 
heureuse  vers  les  portes  de  Nyangwe.  capitale  du  Manyema. 

L'inspecteur  dEtat  Fivé,  qui  dirige  les  opérations  mili- 
taires contre  les  Arabes,  est  informé  par  lettre  du  faisant 
fonctions  de  gouverneur  général,  en  date  du  3  décembre  1892, 
qu'il  lui  est  laissé  le  soin  de  décider  s'il  y  a  lieu  de  se 
rendre  lui-même  à  Lusambo. 

Le  lendemain  delà  réception  de  ce  message  (28  décembre), 
Fivé,  accompagné  du  commissaire  de  district  Gillain,  se 
dirige  vers  cette  ville,  emportant  avec  lui  toutes  les  muni- 
tions et  emmenant  tous  les  soldats  qui  ont  pu  être  recrutés 
à   Léopoldville. 

Pendant  ce  temps  là,  Mohara  mobilise  toutes  ses  troupes; 
il  lance  un  appel  pressant  à  tous  les  chefs  arabes,  leur 
demande  des  hommes,  des  armes  et  des  munitions  et  les 
engage  à  s'allier  à  lui  pour  lutter  contre  l'Etat. 


—  96 


Il  y  a,  en  ce  moment,  à  Lussuna,  six  agents  européens, 
quatre  cents  soldats  réguliers  et  vingt-cinq  mille  indigènes. 

La  colonne  étant  renforcée  et  le  canon  arrivé,  Dhanis 
quitte  le  village  le  29  décembre  et  gagne  Pania  Guruwe 
le  même  jour. 


Bataille  du  Dungu,  30  décembre  1892. 

Le  lendemain  il  se  remet  en  route  et  à  une  heure  de  Taprès- 
midi,  se  trouve  à  une  distance  d'une  heure  et  demie  de 
marche  du  camp  de  Munie  Pembe,  fils  de  Muine  Mohara,  qui 
est  installé  à  Dungu.  Trop  confiant  dans  ses  propres  forces. 
Gongo,  avec  mille  fusils,  précédant  la  colonne,  attaque 
seul  l'ennemi,  mais  doit  battre  en  retraite  devant  des  forces 
supérieures.  Cent  de  ses  hommes  tombent  le  crâne  fracassé, 
sept  amazones  sont  prises  et  abattues  sur  place.  C'est  à 
ses  femmes  que  Gongo  doit  d'échapper  à  la  mort.  Le  meilleur 
de  ses  capitaines,  Mundallah,  se  sacrifie  aussi  pour  proté- 
ger son  chef  dans  sa  fuite. 

Dhanis  se  porte  au  secours  de  Gongo  et  attaque  les  Arabes 
de  front,  tandis  que  Michaux  envahit  le  flanc  droit  de 
l'ennemi. 

Les  fusils  rayés  et  le  canon  répandent  la  terreur  parmi 
les  Arabes  et  transforment  la  défaite  de  Gongo  en  une 
brillante  victoire. 

Les  Arabes  mis  en  déroute  sont  forcés  de  repasser  le 
Lualaba  dans  le  plus  grand  désordre,  pour  se  retirer  à 
Nyangwe. 

Vingt  minutes  plus  tard  arrive  Scheerlinck;  il  s'avance 
pour  rejoindre  le  commandant  Dhanis  et  est  suivi  bientôt 
du  capitaine  de  Wouters  avec  le  canon.  Le  combat  en 
retraite  dure  une  heure.  La  colonne  pénètre  alors  dans 
le  camp  de  Msembe,  autour  du  village  de  Kasongo-Lua- 
kila,  où  elle  s'empare  de  vingt  barils  de  poudre  et  de 
nombreux  objets  ayant  appartenu  à  l'expédition  Hodister. 


<I7   — 


Les  Arahos  (jui,  à  ce  comhul,  disjjosaicnt  d'un  millier 
(le  (usils,  p(M'(lent  plus  de  deux  cents  hommes,  tués  pendant  le 
combat  ou  laits  prisonniers.  De  plus,  leur  retraite  est  ((vile- 
ment précipit(3e  que  beaucoup  de  leurs  ^ens  meurent  en 
route.  Ils  tuent  des  femmes  pour  ne  [)as  les  laisser  tom- 
ber au  pouvoir  des  l)lancs  et  coupent  mtvme  les  mains 
de  i)lusieurs  d'entre  elles,  pour  leur  enlever  leurs  bracelets. 
L'Etat  a  quatre-vingt-deux  tués  et  blessés. 

Munie  Pembe  et  ses  hommes  se  sauvent  jusqu'à  Nyangwe. 

La  colonne  arrive  à  Mohadi,  le  1  janvier;  elle  francliit 
cette  rivière  le  2  et  campe  à  (ioïo  Kapopa,  le  même  jour, 
à  environ  trois  cents  mètres  au-dessus  de  la  plaine  environ- 
nante. Goïo  Kapopa  est  situé  dans  l'angle  formé  entre  le 
Monadi  et  le  Lut'ubu,  deux  grandes  rivières  impraticables 
sur  lesquelles  Dhanis  lait  jeter  des  ponts  pour  prendre 
SeCii  à  revers.  La  colonne  s'y  arrête  plusieurs  jours 
pour  y  attendre  des  renforts. 

Elle  reçoit  dix-huit  hommes  venant  de  Goïmuyasso  et 
apprend  que  Munie  Mohara   est  dans   la  Samba. 

Défense  de  Cassart,  8  janvier  1893. 

Bien  que  son  terme  de  service  fût  expiré,  Cassart,  ancien 
adjoint  de  l'expédition  Delcommune.  se  disposait  à  rejoindre 
Dhanis  à  Goïo  Kapopa  pour  lui  apporter  le  secours  de  vingt- 
six  soldats,  d'une  cinquantaine  d'indigènes  sujets  de  Gongo, 
porteurs  de  fusils  et  de  cartouches  provenant  des  expé- 
ditions Delcommune  et  Francqui.  Cassart,  venant  de  Gandu, 
quitte  Lussuna  le  8  janvier  de  grand  matin.  A  quatre 
heures  de  l'après-midi,  ses  hommes  étant  fatigués,  il  s'arrête 
pour  camper  au  bord  d'une  vallée. 

Le  9  janvier  1893,  vers  cinq  heures  trois  quarts,  il  s'ap- 
prête à  quitter  Kasongo-Luakila  à  quatre  lieues  du  camp, 
lorsqu'il  y  est  soudainement  attaqué  par  les  forces  de 
Munie  Mohara  et  de  Munie  Pembe,  qui  se  proposent  de 


98 


contourner  la  position  de  Dlianis  el  de  le  prendre  à 
revers,  tandis  que  d'autres  troupes  arabes,  sous  la  con- 
duite de  Sef'u  et  de  Mohamedi,  se  ran'^'-enL  sur  l'autre 
rive  du  Kipan^ifo.  Munie  Pembe,  qui  a  reçu  des  renforts, 
doit  attaquer  le  flanc  gauche;  Sefu,  ([ui  s'est  installé 
à  Test,  doit  accourir  et  enfermer  les  troupes  de  l'Etat, 
dans  l'angle  formé  par  le  Mohadi  et  le  Lufubu.  Après 
une  série  de  combats  qui  commencent  dans  la  plus  pro- 
fonde obscurité  et  qui  durent  plus  de  cinq  heures,  Cassarl 
parvient  à  défendre  son  convoi  de  munitions  contre  cinq 
mille  Arabes  et  à   mettre  l'ennemi  en  fuite. 

Le  9  janvier,  dans  la  matinée,  Dhanis,  qui  surveille  le 
camp  de  Sefu,  apprend  le  danger  que  court  en  ce  mo- 
ment Gassart;  il  envoie  en  toute  hâte,  à  son  secours, 
une  colonne  composée  de  cent  soldats  sous  les  ordres  de 
de  Wouters,  accompagné  de  Michaux.  Elte  prend  une 
route  trop  au  sud  et  s'égare.  Dhanis  expédie  alors  vers 
le  lieu  du  combat  le  lieutenant  Scheerlinck  avec  cinquante 
hommes  et   une   centaine  de  guerriers  de  Gong-o. 

A  deux  heures,  Gassart  arrive  à  Goïo  Kapopa  sans  avoir 
perdu  une  seule  charge,  et  le  détachement  rentre  à  six 
heures  du  soir.  ^ 

Gassart  apporte  cinq  mille  cartouches  et  quarante  chas- 
sepols  qu'il  a  enlevés  des  caisses  où  ils  se  trouvaient,  afin 
d'armer  ses  porteurs  indigènes. 

Après  avoir  marché  plus  d'une  heure  sans  avoir  pu 
rejoindre  Gassart,  le  détachement  de  de  Wouters  rentrait  au 
camp,  lorsqu'il  rencontra  le  lieutenant  Scheerlinck,  qui  lui 
apprit  l'attaque  de  Gassart  par  les  forces  de  Muine  Mohara. 
Le  détachement,  fort  alors  de  cent  soixante-dix  hommes,  con- 
tinue sa  marche  et,  à  une  lieue  au  delà  de  Mohadi,  aperçoit 
à  deux  mille  mètres,  dans  la  direction  sud-sud-ouest,  le 
camp  de  Muine  Mohara,  établi  à  l'extrémité  d'un  plateau, 
le  flanc  gauche  et  le  front  couverts  par  les  marais.  Seul 
le  flanc  droit  qui  a  devant  lui  un  vaste  plateau,  est  accessible. 


—  '.n>   - 

Pour  attaquer  ce  liane,  la  colonne  doit  exécuter  à  (Jix- 
liuit  cents  mètres  du  carnj)  une  înarclie>  de  liane  à  décou- 
vert, ce  (|ui  permet  aux  Arabes  dci  se  poi'ter  en  masse 
au   |)oint   menacé. 

Attaque  du  camp  arabe,  10  janvier  1893. 

L'attaque  se  fait  en  trois  colonnes.  Le  lieutenant  Michaux 
commande  celle  de  droite,  le  lieutenant  Schecrlinck  celle 
de  gauche  et  le  lieutenant  de  Wouters,  le  centre.  Les 
colonnes  d'attaque  s'avancent  jusqu'à  vingt  mètres  des 
Arabes  sans  tirer,  puis  ouvrent  un  feu  violent  et  s'élan- 
cent à  la  charge.  Les  premier  et  deuxième  pelotons  atta- 
quent alors  de  iront,  landis  que  le  troisième  prend  d  entilade 
l'unique   rue    du   village. 

Les  Arabes  battent  en  retraite  au  premier  choc,  et, 
cent  mètres  plus  loin,  se  débandent.  La  poursuite,  d'abord 
faite  par  des  soldats  réguliers,  est  ensuite  confiée  aux 
gens  de  Gongo.  Muine  Mohara  dirigeait  le  combat  en 
première  ligne.  Suivant  son  habitude  il  avait  pour  toute 
arme  un  long  bâton,  qui  est  criblé  de  balles.  Blessé  d'un 
coup  de  feu  à  la  jambe,  le  matin,  dans  le  combat  contre 
Gassart,  il  est  porté  par  ses  femmes.  Il  se  fait  tuer  [)ar 
de  Wouters  plutôt  que  de  fuir.  Sa  mort  est  le  signal  de 
la  déroute.  On  apporte  sa  tète  à  Dhanis,  vers  huit  heures 
du  soir. 

La  colonne  trouve  dans  le  camp  arabe  de  nombreuses 
charges,  quatre  barils  de  poudre,  quatre  mille  capsules  et 
de  nombreux  objets  provenant  de  l'expédition  Hodister. 

De  Wouters  allait  se  mettre  à  la  poursuite  des  Arabes, 
lorsqu'il  apprend  que  Sefu  compte  attaquer  le  lendemain 
le  camp  de  Goïo  Kapopa;  il  se  hâte  de  rejoindre  Dhanis 
le  même  jour. 

Les  forces  de  Munie  Mohara,  contre  lesquelles  ont  lutté 
les   troupes  de   l'Etat,  comptaient  deux  mille  hommes. 


—  100  — 

Grâce  à  ces  victoires,  Dlmnis  n'a  plus  devant  lui.  Je 
10  janvier  1893,  (|ue  Sel'u  qui  a  pris  possession,  à  trois 
ou  quatre  lieues  de  distance,  de  la  rivière  Kipango. 

Fuite  de  Sefu. 

Le  11  janvier,  Dlianis  fait  construire  des  i)onts  sur  le 
Lut'ubu,  avec  l'intention  d'attaquer  Sefu  le  12.  Un  déta- 
chement comprenant  un  officier  et  soixante  hommes  est 
charge  de  protéger  les  travailleurs. 

Malheureusement  le  détachement  s'avance  jusqu'au  Ki- 
pango en  face  du  camp  de  Sefu  et  entre  en  lutte  avec 
Mohamedi,  lieutenant  de  Sefu,  qui  veut  s'op[)oser  au  passage 
de  la  rivière.  Au  premier  coup  de  feu  Sefu  s'enfuit  et  la 
reconnaissance  se  retire  ai)rés  avoir  tué  cinq  hommes, 
le  Kipango   n'étant  pas  franchissable  à  gué. 

Le  12  janvier,  les  troupes  de  l'Etat  passent  sur  des  ponts 
le  Lufuhu  et  le  Kipango;  elles  trouvent  le  camp  de  Sefu 
vide,  tandis  qu'elles  espéraient  prendre  les  Arabes  à  revers 
et  les  jeter  dans  le  Lufubu.  Des  routes  larges  de  dix  mètres, 
improvisées  dans  les  hautes  herbes,  prouvent  la»  précipi- 
tation de  la  fuite.  Le  matin  même  de  ce  jour,  apprenant 
la  mort  de  iMunie  Mohara  et  la  fuite  de  Sefu,  Mohamedi 
est  parti   avec  tout  son  monde. 

Luttes  aux  approches  de  Nyangwe  et  prise  de  cette  ville  :  4  mars  1893. 

La  route  de  Nyangwe  est  libre  et  les  troupes  arrivent 
devant  cette  ville  le  21  janvier,  à  deux  heures  de  l'après- 
midi.  Au  passage  de  l'expédition,  les  trois  grands  chefs 
du  Samba  offrent  leur   soumission. 

Cette  contrée  est  fort  riche  en  sel,  extrait  de  marais 
situés  près  du  Lufubu,  et  qui  sert  de  monnaie  d'échange. 
Il  y  existe  aussi  des  sources  thermales  d'une  température 
de  50"  environ. 

Les  troupes  de  l'Etat  s'installent  en    face   de   Nyangwe, 


—   101  — 

à  trois  kilomètros  do  la  l'ivc^.  ^{uiclie.  du  Lualal)a  qui,  à 
cet  ondi'oil,  a  neuf  conls  uièlrc^.s  (1(^  lar^cnir.  La  vilh;  s'rU'nd 
sur  plusieurs  kilomètres  de  lou^ucur. 

Les  Arabes  y  soûl,  (Muhusqués  daus  des  Lrancliées  cous- 
truites  le  lon^-  de  la  rive  droite  et  armés  d'uu  ('crlaiu 
nombre  de  fusils  perfectionnés,  dont  les  balles  sifflent 
bientôt  aux  oreilles  des  nouveaux  venus.  Malheureusement, 
les  trou|)es  de  l'Etat  ne  disposent  |)as  d'embarcations  et 
doivent  se  borner  à  faire  le  coup  de  feu  d'une  rive  à 
l'autre  et  à  bombarder  la   ville  de   temps  en  temps. 

A  ])artir  du  25  janvier,  les  i)elotons  de  MM.  de  Wouters 
d"Oplinter,  Michaux,  Scheerlinck  et  du  docteur  Hinde,  se 
relaient  pour  la  garde  de  la  rive  et  le  combat  journalier 
avec  les  tirailleurs  arabes. 

Le  28,  treize  obus  tirés  sur  Nyangwe  y  provoquent  une 
panique  indescriptible.  Le  lendemain,  Dhanis  envoie  une 
caravane  chercher  à  N'Gondu,  le  canot  démontable  laissé 
là  par  M.  Francqui.  Une  caravane  est  expédiée,  en  môme 
temps,  pour  prendre  à  Lusambo  la  grande  baleinière  et  une 
baleinière  plus  petite,  si  la  première  ne  peut  être  démontée. 
Ordre  est  donné  d'envoyer  les  charpentiers  et  les  forgerons. 

Le  14  novembre,  une  réquisition  avait  été  envoyée  au 
commissaire  de  district  du  Lualaba,  pour  signaler  la  situation 
et  réquisitionner  un  détachement  de  cinquante  hommes 
armés  et  commandés  par  un  blanc. 

En  sus  des  mesures  prises  pour  le  passage  du  Lualaba 
et  l'attaque  éventuelle  de  Nyangwe,  les  ouvriers  de  Gongo 
Lutete  commencent  à  faire  des  pirogues. 

Tous  les  jours  de  nouveaux  chefs  viennent  se  soumettre, 
et  le  2  février,  Gongo  Lutete  est  envoyé  en  reconnais- 
sance vers  le  nord-ouest  pour  détacher  les  chefs  de  l'alliance 
arabe. 

Le  5,  Scheerlinck  fait  une  reconnaissance  vers  l'amont. 
Le  7,  le  camp  est  attaqué  timidement  par  les  Arabes,  sur  la 
rive    gauche.    Le  18,  la   caravane  envoyée   pour   prendre 


—  102  — 

\<\  Ijaleiiiière,  rciilro  sans  elle,  car  celle-ci  a  sombré  clans 
le  Kipango,   où  des  sondages  sont  exécutés. 

Les  soumissions  des  chel's  indigènes  deviennent  de  ])lus 
en  plus  nombreuses.  Le  24  et  le  25,  les  Bena-Lesaschi 
annoncent  que  les  Arabes  réunis  en  grand  nombre  sur  la 
rive  gauche  attaqueront  le  camp  dans  la  nuit  du  25  au 
20.  Le  25  février,  Saïd-ben-Abedi  et  Piani  Senga  passent 
en  amont  du  camp  congolais  avec  trois  mille  hommes; 
Mohamedi,  Bwana  Lozi  et  Muini  Mrou  traversent  en  aval 
avec  environ  quatre  mille  hommes  choisis;  ils  mettent 
deux  villages  en  état  de  défense  et  construisent  deux 
bomas.  Toutes  les  dispositions  de  combat  sont  prises,  mais 
la  nuit  se  passe  tranquillement.  On  travaille  d'arrache- 
pied  à  la  construction  d'une  grande  pirogue;  une  baleinière 
est  promise  de  Lusambo.  Ces  moj^ens  de  transport  ser- 
viront aux  plus  intrépides  à  s'emparer  des  embarcations 
amarrées  de  l'autre  côté. 

Le  26,  à  huit  heures  du  matin,  et  bien  que  Gongo  ne 
soit  pas  encore  rentré  de  sa  reconnaissance,  Dhanis  se 
décide  à  prendre  lui-même  l'offensive  et  à  attaquer  les  posi- 
tions ennemies  situées  vers  l'avaL  II  confie  la  garde  du 
camp  à  Scheerlinck  et  Gassart  avec  cent  dix  hommes. 
L'avant-garde,  forte  de  soixante-dix  hommes  est  donnée 
à  de  Wouters  et  Hinde.  Ensuite  vient  Cerckel  avec  un 
canoa  Krupp,  puis  Michaux  accompagné  de  soixante  hom- 
mes Dhanis  part  lui-même,  avant  neuf  heures,  avec  soixante- 
quinze  soldats  et  deux  cents  auxiliaires  de  Gongo  armés 
de  fusils. 

Tandis  que  Dhanis  s'engage  sur  la  route  de  droite  qui 
conduit  directement  aux  bomas  arabes,  de  Wouters  suit 
celle  de  gauche,  afin  de  prendre  les  forces  ennemies  à 
revers.  Peu^après  son  départ,  Dhanis  rencontre  l'aile  gauche 
ennemie  qui  longe  le  Lualaba,  dans  le  but  de  surprendre 
le_^.camp;  il  attaque  et  refoule  les  Arabes.  Le  combat  en 
retraite  continue,  les  ennemis  se  battent  courageusement  et 


—  103  — 

(lispntont  ('hiKpK»  nhri  |)ro|)r('  i\  l:i    drlVuise.  A    un  moiiienl 
ilomu'  1(^  conibal.  r(Ml()ul)lo  de  violence. 

\j'A  colonne  de  Woulers,  envelo[)i)ée  p(Hi  iipivs  le  com- 
mencemenl  du  conibal,  se  dé^a^j^e  vivement  et  rejKJUsse 
l'ennemi  perpendiculairement  au  lleuve,  tandis  que  la  colonne 
Dlianis  longe  le  lleuve. 

Les  Arabes  s'enfuient  le  long  de  la  rive,  tandis  que  les 
deux  colonnes  congolaises  commencent  à  tirer  l'une  contre 
l'autre,  l'herbe  étant  très  haute  et  aucune  des  deux  colonnes 
n'étant  très  nombreuse. 

Heureusement  il  n'y  a  (pi'un  seul  homme  tué  et  trois 
ou  quatre  blessés  dans  cette  malencontreuse  méprise.  Dès 
que  les  hommes  sont  rassemblés,  ils  sont  lancés  à  la  pour- 
suite des  ennemis  en  retraite  et  arrivent  à  leur  fort  avancé 
auquel,  après  quelques  minutes  d'un  vif  eng-agement,  ils 
donnent  l'assaut. 

Les  Arabes,  n'aj^ant  pas  eu  le  temps  de  s'organiser  après 
leur  défaite  en  terrain  découvert,  semblent  incapables  de 
se  rallier  et  leurs  autres  forts  tombent  rapidement.  Gomme 
ils  commencent  à  se  reformer  dans  la  plaine,  entre  les 
bomas  et  le  Lualaba,  Dhanis  s'avance  de  nouveau  contre 
eux  et  les  force  à  se  retirer  sur  la   berge  de  la  rivière. 

A  environ  une  heure  et  demie  de  marche  des  forêts,  le 
Lufubu  se  jette  dans  le  Lualaba;  il  a,  à  cet  endroit,  environ 
cent  mètres  de  large  et  il  est  très  profond.  L'ennemi  se  ras- 
semble dans  l'angle  formé  par  le  confluent  des  deux  rivières. 
A  l'approche  des  blancs,  une  panique  se  produit  dans  les 
lignes  arabes  reformées,  et  comme  Sefu  et  Nserera  tra- 
^■ersent  le  Lufubu,  remplissant  les  canots  de  leur  état- 
major,  les  soldats  essaient  de  passer  la  rivière  à  la  luige, 
par  centaines  à  la  fois;  un  grand  nombre  d'entre  eux 
se  noient.  Bwana  Lozi,  frère  de  Nserera,  l'assassin  d'Hodis- 
ter,  et  Kabwari,  le  chef  des  assassins  de  Lippens,  revêtu 
des  dépouilles   de  sa  victime,  ainsi  que  quatre  cents  Ara- 


—   101  — 

bes,  sont  tiiés.  Huit  cents  se  noient  dans  les  marais,  dans 
le  Lufal)u  et  1(^,   Lualaba. 

Le  lendemain,  à  la  nouvelle  du  désastre,  les  troupes 
ennemies  campées  en  amont,  qui  devaient  attaquer  de  con- 
cert avec  ceux  d'aval,  prennent  la  fuite  dans  le  plus  grand 
désordre  et  repassent  le   Lualaba. 

Gongo  renti-e  le  T''  mars  avec  de  nombreux  prisonniers. 
Le  lendemain,  les  Wagenias,  péclieurs  riverains,  qui  ai)rès 
le  combat  du  20  février,  sont  venus  ofï'rir  leurs  services 
pour  le  passage  du  Lualaba,  annoncent  qu'ils  amèneront 
des  pirogues  à  quelques  kilomètres  en  aval  du  camp;  ils 
demandent  une  force  armée  pour  protéger  le  rassemble- 
ment et  les  escorter  jusqu'en  face  de  Nj^angwe. 

Le  lieutenant  Scheerlinck,  accompagné  de  M.  Cerckel, 
part  avec  son  détachement,  le  2  mars,  et  arrive  le  lende- 
main près  de  l'embouchure  du  Lufubu.  Il  s'y  établit.  Sur 
l'autre  rive,  à  neuf  cents  mètres  de  distance,  comme  il  a  été 
dit,  se  trouve  un  camp  arabe  d'environ  deux  mille  hommes. 

A  deux  heures,  l'ennemi  ouvre  le  feu  sur  les  pirogues 
qui  veulent  pénétrer  dans  le  Lufubu.  Les  troupes  de  l'Etat 
y  répondent  avec  succès  et  la  fusillade   cesse  bientôt. 

Le  4  mars,  à  trois  heures  du  matin,  le  lieutenant  Scheer- 
linck apprend  par  les  Wagenias,  qui  ont  pris  quatre  grandes 
pirogues,  que  les  Arabes  ont  abandonné  leur  camp  en  face 
du  Lufubu,  qu'ils  se  sont  repliés  sur  Nyangwe,  et  que, 
de  plus,  ils  vont  abandonner  la  ville. 

A  six  heures,  les  pirogues,  montées  par  une  partie  des 
soldats  de  l'Etat,  se  dirigent  vers  le  camp,  escortées  par 
le  restant  du  détachement  Scheerlinck  qui  suit  la  rive 
gauche  du  Lualaba. 

A  midi,  cent  d'entre  elles  sont  arrivées,  sans  que  leur 
voyage  ait  été  sérieusement  inquiété.  Les  canots  partent  char- 
gés de  soldats,  chaque  officier  blanc  ayant  sous  ses  ordres 
trente  à  quarante  hommes. 

Dhanis  reçoit  à  ce  moment  un  courrier  de  M.  l'Inspecteur 


—  lor.  — 

tl'Klnl,  (jui  ^(Ml:^il  <r;in'i\(M'  ;i  Lusiiiiiho  ;  M.  Imv(',  y  disiiil. 
que  i)(Mi(l;nil  son  s(''i()iir  (hins  le  liniil,  (loii^^o,  il  ;i\;iil  :iiissi 
été  d'iiNis  ([ifil  fnllail  (l('lo<;'cr  I(3S  Ai';iIk'.s  du  Loiiiiiiui  ()L 
dii  I.u;d;d);i.  Avanl  de  v(Miii'  ;i  Lusnmho,  il  :i  doiin*'  Por- 
(\i'c  i\  (llialliu  d('  s^Muparor  de  Bena  Kainha  cl  de  s'y 
(Mal)lii';  d(^  plus,  il  a  doublé  reffoctil"  dos  Falls.  Prrs  d(î 
Lusandx),  l'inspocleur  d'Etat  a  appris  le  succès  de  l'cxjx^ 
dition  et  il  a  envoyé  à  CJialtin  l'ordre  de  prendre  contact 
avec  l'expédition  du  sud  et,  de  concert  avec  elle,  de 
l(M)dr(^   à  la  prise  de  Nyangv^^e. 

Dlianis  l'eçoit  ce  message  en  môme  temi)s  ([ue  le  faisant- 
fonctions  de  gouverneur  général  lui  intime  l'ordre  de  se 
maintenir  sur  la  défensive  sur  la  rive  gauche  du  [.omaini. 
Il  ne  peut,  évidemment,  tenir  compte  d'aucun  de  ces  ordi'os. 
Sans  attendre  les  renforts  promis  de  l'ouest  et  du  nord, 
il  doit  attaquer  Nyangwe,  car  il  a  pris  toutes  les  dispo- 
sitions nécessaires. 

Mais  l'événement  rend  celles-ci  inutiles,  car  la  vilh^ 
paraît  évacuée.  Vers  deux  heures,  Dhanis  fait  embarquer 
de  Wouters  et  Michaux  avec  leurs  hommes  et  des  irré- 
guliers. Deux  heures  plus  tard,  la  plus  grande  partie 
de  la  ville  de  Nyangwe  est  occupée,  après  un  siège  de 
six  semaines,  et  le  drapeau  de  l'Etat  flotte  sur  la  grand'place 
de  la  capitale  arabe.  A  dix  heures  du  soir,  les  troupes  de 
l'Etat  se  cantonnent  dans  la  partie  haute. 

Mais  la  position  des  troupes  est  peu  enviable,  puisqu'elles 
possèdent  à  peine  un  pied-â-terre  sur  la  rive  ennemie  du 
Lualaba,  avec  une  énorme  rivière  à  l'arrière  et  sans  aucun 
moyen  de  recevoir  des  renforts  ou  des  munitions.  Dlianis 
établit  son  quartier  général  dans  la  maison  de  Munie  Mohara. 

Après  la  prise  de  Nyangwe,  un  séjour  de  quelque  durée 
dans  cette  ville  s'imposait,  pour  reposer  les  troupes  fati- 
guées par  une  campagne  qui  durait  depuis  près  d'une  année, 
et  attendre  les  renforts  en  hommes  et  en  munitions,  dont 


lOG 


on  avait  si  grand  besoin  pour  mettre  la  place  en  état  de 
défense  et  à  l'abri  d'un  retour  offensif  des  Araljes;  enfin, 
pour  achever  la  soumission  de  contrées  conquises  et  en 
organiser  le  gouvernement. 

Le  surlendemain  de  l'occupation  de  Nyangwe,  Munie 
Pembe,  fîlsde  Mohara,  demande  la  paix  d'une  singulière 
façon.  «  Nous  avons  tué  trois  blancs,  vous  avez  tué  trois 
grands  Arabes:  l'un  est  quitte  envers  l'autre  ».  Munie 
Pembe  ne  se  trouvant  qu'à  sept  heures  de  marche  de  la 
ville,  Dhanis  lui  fait  donner  la  chasse  par  Albert  Frees, 
Gongo  et  ses  gens,  et  cent  cinquante  soldats. 

Le  7,  Scheerlinck,  sur  la  rive,  voit  arriver  une  pirogue 
portant  le  drapeau  de  l'Etat.  Un  nègre  en  sort,  qui  aborde 
Scheerlinck  et  lui  parle  français!  C'est  «  Apache  r^,  le  boy 
de  Lippens,  qui  demande  la  paix  au  nom  de  Sefu  et  offre 
de  remettre  l'ivoire  et  les  effets  des  blancs.  Dhanis  offre 
à  Apache  le  choix  de  rester  à  Nyangwe  ou  de  retourner 
à  Kassongo  réclamer  le  désarmement  des  Arabes.  Apache 
part  et  revient  quelques  jours  plus  tard,  porteur  de  l'ivoire 
et  des  effets  des  infortunés  Belges.  Leurs  gens  le  suivent. 

Tous  les  jours,  on  fait  des  reconnaissances  autour  de 
Nyangwe  et  on  ramène  des  prisonniers.  L'expédition  Frees 
réussit  à  surprendre  le  camp  arabe,  découvre  et  sauve 
deux  enfants  d'Hodister,  Ferdinand  et  Joseph,  et  ramène 
le  harem  de  Munie  Pembe  et  de  grandes  quantités  de 
poudre,  d'armes  et  d'autre  butin.  Les  indigènes  se  sou- 
mettent sans  difficulté.  Il  y  a  encore  quelques  engagements 
mortels  avec  les  Arabes. 

Le  0,  on  déjoue  le  complot  ourdi  pour  renouveler,  à 
Nyangwe,  les  exploits  de  Rotopschine  à  Moscou;  des  cen- 
taines de  maisons  sont  brûlées  pour  éviter  une  seconde 
tentative  de  trahison.  Saïd-ben-Abedi  en  est  l'inspirateur. 
La  vengeance  des  Belges  est  aussi  prompte  qu'implacable. 
Un  grand  nombre  de  ces  brigands  sont  exi)édiés  vers  la 
côte,  via   les   Falls. 


—  107  — 

Les  fiôvros  sévissonl  à  ()ulrnnc(\  l'ii  iii-niid  iionibro  de 
soldais  lonihent  malades  et  ineiirenl. 

Prise  de  Kasoiigo,  22  avril  1893. 

Après  la  cliule  d(^  Nyan<;'\ve,  Loiiles  les  l'orces  arabes  du 
Nvangwe,  du  Malela,  du  Sandja,  de  Kahambarc,  etc.,  se 
concentrent  à  Kasong'O  et  mettent,  la  ville  en  état  de 
défense;  Rumaliza,  l'adversaire  du  capitaine  Jacques,  se 
prépare  également  à  y  arriver.  Il  faut  donc  à  tout  i)rix  se 
rendre  maître  au  plus  tôt  de  ce  point  important. 

L'opération  est  malheureusement  retardée  par  suite  de 
l'approche  des  Arabes  placés  sous  les  ordres  de  Faki,  fils 
de  Munie  Mohara  qui,  quittant  son  camp  du  Lomami,  vient 
établir  une  position  fortifiée  sur  le  Lueki,  affluent  de  gauche 
du  Lualaba,  à  trois  journées  de  marche  au  nord-ouest  de 
Nyangwe. 

Dans  ces  conditions,  Nyangwe  doit  être  protégée  par 
une  garnison  importante.  Dhanis  décide  donc  d'attendre 
les  renforts  annoncés,  et  qu'amène  le  commandant  Gillain. 
Ils  comprennent  deux  blancs  et  cent  soldats  de  Luluabourg 
et  trente  soldats  rengagés. 

Gillain  arrive  d'abord  avec  trente  soldats.  Doorme  et 
Collet  suivent  avec  cent  hommes. 

Michaux  et  Gassart  partent  pour  l'Europe  le  16  avril. 

La  population  de  Kasongo,  estimée  en  temps  ordinaire 
à  vingt  mille  personnes,  est  plus  que  triplée  par  les  forces 
de  Sefu,  de  ses  auxiliaires  du  Samba  et  du  Malela,  par 
celles  de  Bwana  Nzige,  Saïd-ben-Abidi,  Nserera,  Musungila, 
etc.  Soixante-dix  mille  hommes  sont  réunis  à  Kasongo, 
dont  dix  à  douze  mille  armés  de  cinquante  fusils  perfec- 
tionnés, de  six  mille  fusils  à  piston,  le  restant  muni  de 
lances,  d'arcs  et  de  flèches.  Ils  sont  abondamment  pour- 
vus de  poudre  et  de  capsules. 

Les  forces  de  l'Etat  se  composent  de  trois  cents  soldats 


—   lOS  — 

réguliers  (deux  cent  vingt  all)inis)  et  auxiliaires,  gens  de 
Gongoet  indigènes  soumis  du  Samba  et  du  Malela,  placés  sous 
les  ordres  du  soldat  zanzibarite  Ferliani.  L'expédition  quitte 
Nyangwe  en  destination  de  Kasongo,  le  18  avril  1898. 
Les  adjoints  de  Dlianis  sont  le  commandant  Gillain,  les 
lieutenants  Scheerlinck  et  Doorme,  le  docteur  Hinde  et  le 
sergent  CerckeL  Gillain  et  Doorme  et  leurs  hommes  for- 
ment l'avant-garde  et  sont  chargés  de  protéger  le  passage 
de  la  Kunda.  Ils  vont  camper  sur  la  rive  droite  du  Lua- 
laba  et  la  gauche  du  Lulindi.  Les  chefs  Swana,  Sanbua, 
Bwana,  Dengu  et  Gongo  Lutete  franchissent  la  rivière  avec 
tout  leur  monde.  Dhanis  rejoint  Gillain,  puis  suit  la  route 
de  Saïd-ben-Abidi  vers  Kasongo.  Le  lieutenant  d'artille- 
rie de  Wouters  d'Oplinter  tient  garnison  à  Nyangwe 
avec  le  sergent  Collet  et  cent  hommes  formant  réserve 
d'arrière-garde.  Nyangwe,  en  moins  de  six  semaines,  est 
réduite  de  ville  bien  bâtie  d'une  trentaine  de  mille  habi- 
tants, à  l'état  d'une  grande  maison  fortifiée  entourée  d'un 
camp.  De  la  colonne  Dhanis,  seuls  les  Wagenias,  auxiliaires 
du  pays,  remontent  le  Lualaba  en  canots  pour  venir  s'établir 
vers  le  confluent  du  Kabondo,  afin  d'arrêter  éventuelle- 
ment les  fuyards  du  Boungou  et  du  Samba. 

Le  22  avril  1893,  dans  la  matinée,  les  forces  de  l'Etat 
arrivent  en  vue  de  Kasongo. 

Capitale  de  Tippo-Tip  et  de  son  fils  Sefu,  Kasongo  est 
bâtie  sur  les  versants  et  les  crêtes  qui  dominent  la  rivière 
Kabondo,  à  trois  lieues  au  nord-est  de  la  ville.  On  tra- 
verse des  rivières  sans  fin.  Les  troupes  marchent  en  lignes 
de  quinze  hommes  de  front. 

L'ennemi  a  fait  des  préparatifs  extraordinaires.  Tous  les 
chefs  de  la  rive  gauche  du  Lualaba  restés  fidèles  à  Sefu, 
sont  placés  en  avant-postes  à  deux  heures  de  la  ville,  sur 
une  des  routes  conduisant  au  fleuve.  Un  cordon  de  senti- 
nelles entoure  la  ville.  Quatre  bomas  ont  été  construits 
à  ses  extrémités  et    sont   presque    achevés.  Un  d'eux  est 


—  !()<)  — 

oc('iii)é  j)nr  los  «^ons  du  cIk^I'  Muih('  MoIiîii'îi,  un  aulro  par 
l(^s  Aral)os  do  la  l'ivc  «^aucluî  du  Kahoiido.  A  riiiléri(îur 
(le  ra^'i^iouirralion,  la  maison  (1(;  Musun^ila  servant  d(i 
roduil,  enloui'o  d'un  nuir  crénelé  de  deux  mèlres  de  liau- 
((MU'  avec  llan({ueuient,  constilue  un  véritable  château-fort. 
Saïd-ben-Abidi  et  ses  soldats  sont  relégués  ])ar  S(;ru  à 
{'(extrémité  occidentale  de  la  ville,  où  est  construit  un 
autre  bouia.  Aucune  de  ces  redoutes  n'est  achevée,  mais 
les  travaux  sont  amorcés  sur  les  faces  nord-est,  faisant 
front  à  l'attaque . 

A  cause  de  l'état  de  siège  décrété  par  Sefu,  nul  ne  peut 
quitter  Kasongo  sans  être  mis  à  mort  par  les  sentinelles. 
Dans  ces  conditions,  les  indigènes  s'abstiennent  de  rentrer 
en  ville  et  Sefu  est  sans  nouvelles  des  troupes  de  l'Etat. 
Croyant  qu'elles  viendraient  attaquer  Kasongo  par  eau 
—  les  pirogues  montant  le  Lualaba  avaient  été  signalées  — 
il  a  massé  la  plus  grande  partie  de  ses  forces  du  côté 
des  routes  venant  du  fleuve  et  dégarni  l'ouest  de  la  ville, 
par  où   il  croit  que  viendra   Gongo. 

Le  22  avril,  à  neuf  heures  et  demie,  l'avant-garde  con- 
golaise se  trouve  en  présence  des  avants-postes  arabes  et 
essuie  un  feu  nourri,  mais  les  balles  portent  trop  haut. 
Dhanis  est  en  tète,  ses  hommes  répondent  sans  comman- 
dement par  une  vive  fusillade.  Pendant  que  l'avant-garde 
pénètre  en  ville,  Gillain,  qui  suit  dans  l'ordre  de  marche, 
déploie  ses  soldats.  Doorme  arrive  en  ligne  à  son  tour. 
En  présence  de  ces  forces,  et  après  une  escarmouche  de 
dix  minutes,  les  Arabes  cèdent  le  terrain  et  se  replient 
sur  un  boma  situé  à  gauche  de  la  route  suivie.  Ce  pre- 
mier succès  anime  les  assaillants.  Doorme  est  lancé  à 
l'attaque  du  boma  ;  le  peloton  Gillain  suit  le  mouvement. 
Les  autres  forces  congolaises  passent  successivement  de 
l'ordre  de  marche  à  l'ordre  de  combat.  Doorme  essuie  trois 
ou  quatre  salves  parties  du  fort.  Il  y  a  un  moment  d'arrêt 
dans  la  course;    Doorme   commande  alors  le  feu  et  dans 


110 


un  élan  ma^'nifiquc,  emporte  la  redoute,  escaladant  lui- 
même  la  palissade  en  tête  de  ses  hommes.  L'ennemi 
cherche  à  se  réfugier  dans  le  château-fort,  mais  les  sol- 
dats de  Doorme,  de  Gillain,  do  Scheerlinck,  le  poursuivent 
avec  rage.  Les  Arahes  ne  peuvent  s'arrêter  et  fuient  vers 
le  sud-ouest. 

Pendant  que  Doorme  poursuit  les  défenseurs,  en  entraî- 
nant à  sa  suite  la  majeure  partie  des  pelotons  Gillain  et 
Scheerlinck,  ceux-ci,  suivis  seulement  de  cinq  soldats  et 
d'une  vingtaine  de  porteurs,  s'élancent  au  pas  de  course 
dans  la  direction  des  hauteurs  situées  sur  les  derrières 
des  Arahes.  Dhanis  se  porte  également  en  avant  vers  le 
château-fort  et  essuie  un  feu  intense.  Il  est  hientôt  rejoint 
par  le  docteur  Hinde. 

Arrivé  près  de  Kahondo,  le  lieutenant  Gillain  se  rend 
alors  compte  de  la  situation  topographique  de  Kasongo. 
Voyant  Doorme  s'engager  quelque  peu  à  l'aventure  et  laisser 
à  sa  gauche  la  redoute  et  un  groupe  d'hahitations,  il  s'élance, 
avec  Scheerlinck,  sur  la  crête  au  sud  du  Kahondo.  Gillain 
et  Scheerlinck  y  sont  vivement  attaqués.  Il  est  dix  heures 
et  demie  du  matin;  c'est  le  moment  décisif. 

Les  défenseurs  des  maisons  crénelées  tirent  à  bout  por- 
tant sur  Dhanis  et  Doorme.  Gillain  et  Scheerlinck  résistent 
à  l'attaque  sur  les  hauteurs  par  une  salve  de  leurs  sept 
fusils  et  se  lancent  bravement  en  avant,  suivis  par  le  peloton 
des  porteurs  qui  hurlent.  Ahuris  par  la  fusillade  qui  part 
de  la  crête  et  par  les  cris  de:  «  Victoire  «,  les  Arabes  aban- 
donnent leurs  retranchements  et  battent  précipitamment 
en  retraite  de  toutes  parts.  Bientôt,  ils  sont  en  pleine 
déroute  et  la  fuite  dégénère  en  une  effroyable  panique. 
Au  passage  de  la  Mussokoï,  ils  se  jettent  à  l'eau  sans 
attendre  les  canots  et  se  noient.  Un  corps  nombreux 
est  poussé  par  Lutete  jusqu'au  Lualaba,  à  environ  trois 
heures  de  marche.  Là  ils  sont  cernés  et  les  Wagenias  les 


—  111  — 

font  prisonniers  ou  les  jollonl  par  (kîssus  boni;  à  l'excep- 
tion  tles  l'enniH^s  et   des  enfants,  la  troujK'  est  anéantie. 

Peu  de  temps  a|)rès  la  c^liar^e  à  travers  la  ville,  les 
dillercntes  eoni])a^'nies  sont  dispersées  et  le  commandant 
avec  quatre  hommes  est,  non  seulement  séparé  de  tous  les 
autres,  mais  même  de  sa  compagnie.  Pendant  qu'il  cherche 
ses  hommes,  il  pense  être  tué  par  uruî  halle  partie  (h;  la 
tourelle  de  garde  d'une  des  plus  belles  maisons  de  la 
ville,  qu'il  croyait  inhabitée;  en  approchant  du  mur  crénelé, 
il  court  de  nouveaux  dangers. 

Toutefois,  les  Arabes,  qui  ont  reçu  directement  le  choc 
des  lieutenants  Gillain  et  Scheerlinck,  s'aperçoivent  de  la 
faiblesse  numérique  du  détachement  qui  les  a  tournés  : 
ils  s'arrêtent  à  la  sortie  de  la  ville,  se  postent  et  envoient 
une  nouvelle  charge  aux  deux  blancs  et  à  leurs  cinq  Con- 
golais. Les  balles  portent  trop  haut,  les  deux  blancs 
rispostent  et  leurs  projectiles  brisent  la  dernière  résistance 
des  Arabes. 

Ceux-ci  sont  poursuivis  pendant  deux  jours,  et  les  in- 
digènes, convaincus  de  l'écrasement  de  ces  derniers  vien- 
nent faire  entière  soumission  à  Dhanis. 

Les  troupes  de  l'Etat  ont  remporté  une  victoire  com- 
plète sur  des  forces  vingt  fois  supérieures  et  dans  une 
position  stratégique  réputée  inexpugnable  par  les  Arabes. 
Kasongo  regorge  de  vivres.  C'est  une  ville  luxueuse,  d'un 
confort  raffiné.  Dhanis  y  prend  vingt-cinq  tonnes  d'ivoire, 
autant  de  bœufs,  quinze  ânes,  dix  tonnes  de  poudre,  des 
fusils,  des  étoffes,  des  bijoux.  La  ville  est  bâtie  au  fond 
d'un  entonnoir  où  croupissent  les  eaux  infectes  d'un  ruis- 
seau. A  cinq  minutes  de  là,  on  ne  se  doute  pas  qu'elle 
existe.  On  retrouve  des  obus  allemands  marqués  Lorenz 
et  beaucoup  d'autres  munitions;  Dhanis  recueille  dans  le 
butin  les  mémoires  d'Emin  Pacha. 

Les  soldats,  en  entrant  dans  Kasongo,  se  perdent  dans 
ce  dédale  de  rues  bordées  de  grandes  et  belles  maisons  en 


—  Ii2  — 

briques  cuites  au  soleil.  Les  richesses  du  sol  sont  immenses. 

La  prise  de  Kasongo  marque  la  limite  des  opérations 
que  peut  exécuter  le  commandant  des  troupes.  Les  gar- 
nisons qu'il  doit  laisser  pour  occuper  Nyangwe  et  Ka- 
songo, et  le  peu  d'hommes  qui  lui  restent,  en  raison  des 
pertes  subies  dans  les  nombreux  combats  qu'il  a  livrés, 
ne  lui  permettent  pas  d'organiser  une  colonne  assez  forte 
pour  prendre  l'offensive.  Il  est  donc  obligé  de  rester  cinf[ 
mois  à  Kasongo  pour  organiser  ses  ravitaillements,  pré- 
parer la  suite  de  la  campagne  et   attendre  des  renforts. 

Le  2  juin,  a  lieu  la  cérémonie  funèbre  de  l'inhumation 
solonnelle  des  malheureux  Belges:  Lippens  et  De  Bruyne. 

Le  7,  Gongo  Lutete  est  renvoyé  au  Lomami  avec  ses 
hommes.  Le  chef  arabe  ne  demande  d'ailleurs  qu'à  s'en 
aller,  impatient  d'occuper  la  contrée  entre  le  Lualaba  et 
le  Lomami,  appelée  le  Malela. 

Scheerlinck,  atteint  de  la  fièvre,  et  dont  le  terme  d'en- 
gagement est  expiré,  renonce  à  accompagner  l'expédition 
par  Kabambare  vers  le  lac  Tanganika.  Retournant  en 
Europe,  il  accepte  de  conduire  à  Lusambo  une  immense 
colonne  de  prisonniers  et    une  quantité  énorme  d'ivoire. 

Opérations  de  Ghaltin  et  de  Fivé. 

Tandis  que  Dhanis  poursuit  sa  brillante  épopée,  Chaltin 
non  moins  heureux  quitte  Basoko,  le  8  mars  1893,  remonte 
le  Lomami  jusqu'à  Lhoma,  prend  plusieurs  postes  arabes, 
notamment  le  camp  de  Rchari,  et  occupe  Riba-Riba.  Vou- 
lant poursuivre  l'ennemi  en  déroute,  il  retourne  aux  Falls 
et  à  une  journée  de  sa  destination,  apprend  que  la  station 
de  l'Etat  a  été  attaquée  le  15  mai.  N'ayant  plus  aucun 
ménagement  à  garder,  il  fait  détruire  les  postes  arabes 
qu'il  rencontre.  Le  18,  à  sept  heures,  il  arrive  en  vue 
des  Falls.  Les  Arabes  sont  culbutés  et  fuient  précipitam- 
ment, abandonnant  tout   ce  qu'ils  possèdent.    Le  22  mai, 


—  il3  — 

Chnllin  (luilte  In  \)];\('o  pour  rcMih'cr  ;i  Rnsoko.  Kn  roiilo 
il  renc()ntro  rinspocUMir  (rKUU  V\\(%  ([u\  nprès  s'ôLrc  (îiiipaiVî 
(lu  poslo  (l'Isanj^ln  d  do  Jnfnro,  livre»  avoc  lo  coinmnrHhinL 
Daenen  un  couihal  viclorioux  aux  Arabes  à  la  Roniée. 
Los  positions  ounomios  sont  brillammont  onlovéos.  L(;  jour 
mèiiie  et  le  lendemain  a  lieu  la  poursuite.  Les  Arabes  se 
retirent  vers  le  Lomami,  d'où  ils  sont  cliassés  peu  d<i 
temps  après  par  une  colomio  (1(^  ('(Mit  liomrnos  sous  les 
ordres  du  capitaine  Marck.  Lo  23,  Fiv(3  prend  Kayumbo. 
De  son  ccjté,  le  gouvernement,  en  apprenant  les  succès 
remportés  par  ses  troupes,  ne  reste  pas  inaclif:  il  orga- 
nise une  expédition,  qui  partant  des  Falls,  a  pour  mission 
de  balayer  les  Arabes  de  Kibongo  et  de  soumet  Ire  ainsi 
à  son  influence  toute  la  partie  comprise  entre  les  Falls 
à  Kasont>o. 


Victoires  de  Ponthier. 

Le  25  juin  1893,  le  commandant  Ponthier  arrive  aux 
Stanley-Falls,  à  la  tête  d'une  nombreuse  expédition.  En  toute 
hâte,  il  réunit  les  embarcations  nécessaires  pour  passer 
les  rapides,  remonter  le  Lualaba  et  rejoindre  Rachid  chez 
Kibonghé.  Il  quitte  les  Falls  le  18  juin,  bat  l'ennemi  à  Kewe, 
à  Bamange  et  s'empare  de  Kirundu,  la  résidence  de 
Kibonghé.  11  a  ensuite  à  livrer  vers  l'est  de  terribles  com- 
bats, au  cours  desquels  il  est  puissamment  secondé  par 
le  lieutenant  Lothaire,  commissaire  du  district  des  Ban- 
galas,  le  capitaine  Hanquet,  le  sous-lieutenant  Henry,  les 
sergents  Van  Lint  et  Decorte. 

Le  commandant  Ponthier  termine  ses  opérations  de 
guerre  contre  les  Arabes  de  Kirundu,  puis  se  rond  à 
Kasongo  auprès  de  Dhanis.  La  situation  est  grave;  un 
nouvel  adversaire  s'avance,  mais  Ponthier  offre  ses  services. 


—    114  — 

Opérations  contre  Rumaliza  :  octobre  1893  à  janvier  1894. 

Sur  ces  entrefaites,  Dlianis  apprend  par  la  rumeur  publi- 
que et  par  ses  éclaireurs  qui  se  trouvaient  à  huit  heures 
de  marche  au  sud  de  Kasongo,  que  Rumaliza,  le  sultan 
d'Udjiji,  se  dirige  vers  cette  place  à  la  tête  de  forces 
considérables,  trois  mille  soldats  bien  armés,  ralliant  en 
route  les  débris  des  baudes  Sefu,  Nserera  et  Munie  Pembe 
pour  venger  les  échecs  subis  par  ses  coreligionnaires.  En 
aval  de  Nyangwe,  se  trouve  Saïd-ben-Abidi,  dont  les  forces 
sont  inconnues. 

Le  commandant  envoie  une  reconnaissance  vers  Rumaliza, 
à  l'est,  et  se  porte  lui-même  sur  Nyangwe.  Après  avoir 
pu  se  convaincre  que  les  forces  de  Saïd-ben-Abidi  étaient 
insignifiantes,  Dhanis  remonte  à  Kasongo. 

Ponthier  arrive  quelques  jours  après;  malheureusement 
il  n'a  avec  lui  qu'une  escorte  de  soixante  soldats.  Les 
deux  commandants  attendent  les  renforts  qui  vont  arriver 
avant  d'aller  à  la  rencontre  de  Rumaliza  qui  s'avance 
jusqu'à  six  lieues  de  Kasongo. 

Dès  que  les  renforts  leur  sont  amenés  par  Hambursin, 
Dhanis  et  Ponthier  quittent  Kasongo,  le  vendredi  13  octobre, 
vers  midi.  La  colonne  expéditionnaire  comporte  environ 
huit  cents  hommes,  quatre  cents  soldats  réguliers  dont 
deux  cents  de  la  côte  et  deux  cents  volontaires  indigènes 
balubas,  benamalela  et  batetelas  dont  l'instruction  a  été 
faite  par  le  lieutenant  Doorme.  Elle  est  divisée  comme  suit: 
la  garde  du  commandant  Dhanis,  celles  du  commandant 
Ponthier,  les  pelotons  des  lieutenants  Lange,  Doorme,  Ham- 
bursin, des  sergents  Collet  et  Van  Riel.  La  colonne  emmène 
en  outre  avec  elle  un  canon  Krupp  de  7.5  de  montagne, 
avec  quarante-quatre  obus  et  onze  boîtes  à  mitraille.  Enfin, 
elle  est  renforcée  par  les  troupes  irrégulières  des  chefs 
indigènes  Fcrhani,  Uledi,  Abedi  (environ  trois  cents  fusils 
à  piston). 


—  115  — 

Apivs  ;iv()ir  pMi'couni  niif  (lishiiicc  de  doii/c  kilomètres, 
1.1  coloiiiK*  rr;iii('liil.  rCssu^ui  cl  pMssc  l;i  iiiiil  ;iu  vilhi^'(^  (l(; 
Piiiiii  iM;i3'(Mi<4('.  Le  II,  elle  li'jivcisc  l;i  Lnliiidi,  iinporlîiiile 
rivièr(\  (»l  s'élnhliL  à  Mwniia  Mk\v;iii^;i,  à  deux  heurcis  eiivi- 
l'oii  du  campemonl  do  la  veiller 

COMBAT    I)K    I,.\    I.IIIUKIIK:    \~)-U)   OCTOIiltK    1893. 

Le  15  octobre,à  sept  heures  du  matiu,  la  colonne,  preecdée 
des  auxiliaires,  se  met  en  marche  dans  l'ordre  suivant: 
lieutenant  Doorme,  commandant  Dhanis,  commandant  Pon- 
thier,  lieutenant  Hambursin  avec  le  canon,  lieutenant  Lange, 
sergent  Van  Riel  défendant  les  bagages,  sergent  Collet 
protégeant  rarriérc-gardc. 

Le  but  de  cette  marche  est  de  contourner  la  position 
ennemie  de  façon  à  prendre  les  retranchements  à  revers. 
Les  Arabes  se  trouvent  établis  dans  différents  forts 
dont  deux,  situés  entre  les  rivières  Lulindi  et  Luama, 
affluents  du  Lualaba,  sont  des  ouvrages  importants,  admi- 
rablement construits  et  bien  défendus.  Les  fortifications 
arabes  sont  généralement  plus  faibles  du  côté  opposé  à 
l'ennemi.  L'opération  réussit.  Toutefois,  à  un  croisement 
de  route,  le  flanc  gauche  de  la  colonne  est  attaqué  par 
des  éclaireurs  ennemis.  Les  pelotons  du  lieutenant  Lange 
et  du  sergent  Collet  s'établissent  alors  à  ce  croisement, 
pendant  que  la  colonne  défile,  et  la  marche  de  flanc 
peut  continuer  sans  encombre  jusqu'à  une  heure  de 
l'après-midi.  A  ce  moment,  la  colonne  prend  à  gauche 
et,  à  travers  la  brousse,  marche  à  l'attaque  d'un  boma 
dont,  à  la  faveur  des  hautes  herbes,  on  peut  s'approcher 
jusqu'à  quatre  cents  mètres.  Ce  boma  couvre  environ  un 
demi-hectare;  il  affecte  une  forme  régulière,  avec  des  angles 
arrondis,  et  il  est  surmonté  d'une  multitude  de  petits 
drapeaux. 

Les  troupes  du  lieutenant  Doorme,  soutenues  par  les 
hommes  du  lieutenant  Lange,  sont  déployées  en  tirailleurs 


—  11(3  — 

et  au  coup  de  canon,  signal  de  l'assaut,  se  précipitent  au 
pas  de  charge  vers  le  borna,  sans  brûler  une  amorce. 
L'ennemi  ne  tire  pas  davantage.  Mais  à  une  vingtaine  de 
mètres  du  boniîi,  les  troupes  sont  accueillies  par  une 
fusillade  des  plus  violentes.  Malheureusement,  les  soldats 
se  laissent  aller  à  répondre  à  cette  provocation  ;  les 
soutiens  se  fondent  prématurément  dans  la  ligne  des 
tirailleurs.  Les  soldats  postés  à  quelques  mètres  du  boma 
ennemi  engagent  alors  un  feu  roulant  et,  malgré  les 
efforts  des  chefs  du  peloton,  ils  refusent  d'aborder  l'obstacle, 
réellement  formidable,  qui  s'élève  devant  eux.  Heureuse- 
ment l'ennemi  tire  trop  haut  et  ne  cause  pas  grands  dom- 
mages. 

Au  début  de  l'action,  le  lieutenant  Lange  est  blessé. 
La  situation  devient  critique  et  force  les  troupes  d'attaque 
de  se  retirer.  Pour  protéger  la  retraite,  Dhanis  fait  avancer 
le  canon;  mais  la  pluie  de  balles  qui  tombent  aux  envi- 
rons de  la  pièce  met  les  porteurs  en  déroute.  Ils  aban- 
donnent le  lieutenant  Hambursin,  dont  le  peloton  a  été 
entraîné  sur  la  ligne. 

Forcés  par  les  circonstances,  ce  dernier  et  le  comman- 
dant Ponthier  s'attellent  eux-mêmes  à  la  pièce. 

Grâce  à  l'arrivée  du  lieutenant  Doorme  et  de  quelques 
hommes,  le  canon  est  amené  à  soixante-quinze  mètres  du 
boma  et,  sous  sa  protection,  la  retraite  s'effectue  dans 
le  plus  grand   ordre. 

A  ce  moment,  une  attaque  se  dessine  vers  la  droite. 
Un  second  boma,  dont  on  ignorait  l'emplacement,  se  dresse 
de  ce  côté.  Plus  grand  que  le  premier,  puisqu'il  couvre 
un  hectare,  ce  boma  est,  de  plus,  à  deux  enceintes. 
L'ennemi  en  sort  en  masse  pour  tomber  sur  ses  adver- 
saires. La  plus  grande  partie  des  troupes  et  le  canon 
sont  amenés  et  il  ne  reste  devant  le  petit  boma  que  les 
forces  nécessaires  pour  en  maintenir  la  garnison.  Les 
troupes    prennent    position    sur    une    crête    à    six    cent 


—  117  — 

ciiH|u;inl('   iik'Mi'cs  (1(^  rndvci'siiii'c  cl    onvi'ciil  un   l'en    ])'wa\ 
noiii'i'i  sui'  l;i    posiljoii    ciiiK^mio.    Lc.s   Ai'iihcs  ;il);iii(l()iiii(iiiL 

\j',\  liill(^  ;i  (linv  ([u;iti'o  honros  sous  un  soloil  ûo  ])loml). 
L(^s  li'()n|)('s,  lini'assùos,  cainiXMit  la  iiniL  snivanU^  sni'  unci 
autri^  crôto  un  j)Ou  plus  oloig'néo. 

La  nuit  so  i)asso  tran({uillonicnt,  saul*  une  escarmouche 
qui  se  produit  vers  le  malin. 

Jug'eant  la  i)ositi()n  du  campement  peu  favorable,  Dlianis 
envoie  une  reconnaissance  sous  les  ordi'es  du  comman- 
dant Ponthier,  dans  le  but  de  rechercher  un  autre  emplace- 
ment sur  un  plateau  situé  à  droite,  i)lus  en  avant.  Pendant 
que  s'exécute  cette  reconnaissance,  le  lieutenant  Doorme 
et  le  sergent  Collet  repoussent  une  sortie  de  la  garnison 
du  petit  boma  qui  tente  de  s'emparer  du  canon,  tandis  que  le 
lieutenant  Hambursin  ouvre  un  feu  d'artillerie  bien  ajusté 
sur  le  grand  boma.  Le  commandant  Ponthier,  ayant  été 
aperçu,  est  accueilli  par  une  vive  fusillade  des  Arabes;  le 
lieutenant  Lange  va  aussitôt  le  secourir. 

L'emplacement  ayant  été  reconnu  excellent,  le  sergent 
Van  Riel  se  dirige  avec  les  charges  vers  le  nouveau  camp. 
Puis,  les  troupes  engagées  contre  les  forces  du  petit  boma  se 
mettent  en  retraite  par  échelons,  précédées  du  canon,  pour 
gagner  le  nouveau  campement. 

Le  passage  de  la  Lubukuie  se  fait  difficilement,  pour 
la  bouche  à  feu,  mais  sur  l'autre  rive  et  à  l'abri  d'un 
coup  de  main,  l'infanterie  la  devance  et  se  porte  sur  la 
ligne  Ponthier-Lange  établie  à  quatre  cents  mètres  du  grand 
boma.  Vers  une  heure,  Dhanis  fait  cesser  l'engagement, 
les  troupes  sont  retirées  et  l'on  occupe  le  nouveau  camp. 

Les  troupes  congolaises  enferment  ainsi  les  Arabes  dans 
l'angle  formé  par  le  Lualaba  et  la  Lulindi. 

Les   17  et  18  octobre,    Rumaliza   se    livre    à    plusieurs 


—  118  — 

attaques.  Le  19,  de  grand  matin,  les  Arabes  font  une 
sortie  en  masse  et  fondent  sur  les  troupes  de  l'Etat  de 
trois  côtés  différents,  mais  leur  assaut  est  repoussé.  Le 
commandant  Pontliier,  qui  se  trouve  en  première  ligne, 
s'élance  pour  repousser  l'attaque  dirigée  contre  la  partie 
du  camp  que  défendait  Doorme,  mais  il  est  mortellement 
frappé,  les  deux  jambes  fracassées  par  des  balles.  11  allait 
même  rester  aux  mains  de  l'ennemi,  —  car,  dans  sa  fougue, 
il  n'a  pas  attendu  ses  hommes  —  lorsque  le  caporal 
Badilonga  (Baluba)  le  dégage,  tue  quelques  Arabes,  et 
leur  prend   un   drapeau. 

L'attaque  est  repoussée  de  tous  les  côtés  :  sur  la  face 
antérieure  par  le  lieutenant  Doorme,  à  gauche  par  le 
lieutenant  Lange  et  le  sergent  Collet,  à  droite  par  le  lieute- 
nant Hambursin  et  le  sergent  Van  Riel.  Trois  fois  l'ennemi 
revient  à  la  charge,  mais  sans  succès.  Les  hommes  des 
commandants  Dhanis  et  Ponthier  sont  en  réserve.  Profi- 
tant d'une  accalmie,  le  lieutenant  Hambursin  revient  au 
campement  et  décide  d'achever  la  déroute  des  x\rabes  au 
moyen  du  canon.  Pendant  que  la  pièce  gagne  son  em- 
placement de  tir,  une  quatrième  attaque  se  produit.  Dhanis 
quitte  Ponthier,  s'élance  au  pas  de  course,  soutenu  par 
Doorme,  Lange  et  Collet.  L'ennemi  est  refoulé  jusqu'au 
delà   de  la  Lubukuie.   Le  canon   active  la  déroute. 

Après  cinq  heures  d'un  combat  acharné  l'avantage  reste 
aux  troupes  de  l'Etat,  mais  au  prix  de  pertes  sensibles. 
Le  commandant  Ponthier,  mortellement  atteint,  succom- 
bera quelques  jours  plus  tard,  le  25  octobre.  Le  lieutenant 
Lange  est  hors  de  combat.  Cinquante  soldats  réguliers  et 
un  très  grand  nombre  d'auxiliaires  sont  restés  sur  le  terrain 
depuis  le  commencement  de  la   campagne. 

Du  côté  de  l'ennemi,  l'Arabe  Mohamedi,  l'organisateur 
et  le  commandant  des  sorties,  se  trouve  parmi  les  nom- 
breux morts.  La  situation  des  troupes  de  l'Etat  est  néan- 
moins précaire,  il  ne  reste  plus  que  quarante  cartouches  par 


—  111)  -^ 

lioimiH'  pour  les  Iroiipes  i-c'^ulirrcs;  cl  (jiKiiil  ;iux  ;nL\ili;iii"(*s 
et  aux  allirs,  la  poudi'c  et  les  capsukis  Wmv  font  coui- 
l)Ièlciiioiit  défaut. 

No  recevant  pas  de  sérieux  renforts,  Dhanis  est  forcé 
de  rcMioncer  à  attacpier  de  vive  force  les  bornas  et  doit 
s(»  ])()rnei'  à  les  surveilUu'  jus({u'à  ce  (juc^  l'éduils  par  la 
famine,  les  Ara])es  les  abandonneront  eux-mêmes. 

Pour  emporter  un  borna  de  vive  force,  le  secours  de 
rartillerie  est  indispensable  et  Dlianis  ne  veut  pas  épuiser 
ses  troupes  en  vaines  tentatives;  il  attend  donc  l'arrivée 
des  canons  et  des  renforts  demandés  de  tous  côtés,  pour 
atta(iuer  l'ennemi  dans  ses  retranchements. 

Du  20  octobre  au  16  novembre,  une  période  de  recueillement 
succède  aux  opérations.  Les  ennemis,  découragés  par  leurs 
échecs  successifs,  se  tiennent  dans  leurs  bomas. 

Dhanis  prévoit  que  Rumaliza  a  de  la  peine  à  nourrir  ses 
gens  au  nombre  de  six  mille.  La  disette  parait  se  faire 
sentir,  car  le  chef  arabe  cherche  à  traverser  la  Luama, 
rivière  au  delà  de  laquelle  s'étend  une  province  riche  et 
fertile.  Les  troupes  de  l'Etat  s'efforcent  donc  d'empêcher  les 
Arabes  de  réaliser  ce  plan.  Sur  ces  entrefaites,  des  espions 
apprennent  que  les  Arabes  attendent  une  caravane  partie 
d'Udjiji  avec  de  la  poudre  et  divers  approvisionnements. 
Aussitôt,  de  petites  expéditions  sont  mises  en  campagne. 
Un  chef  auxiliaire  parvient  à  surprendre  le  convoi  qui, 
battant  en  retraite,  vient  tomber  sur  le  sergent  Albert 
Frees,  envoyé  dans  la  même  direction.  Prise  entre  deux 
feux,  la  caravane  est  anéantie.  Frees  fait,  le  soir  même, 
sa  rentrée  triomphale  dans  le  camp,  où  il  ramène  deux 
tonnes  et  demie  d'excellente  poudre  allemande  et  soixante 
mille  capsules. 

Le  capitaine  de  Wouters  ayant  rejoint  la  colonne  le 
20  octobre,  avec  quatre-vingts  hommes,  des  vivres,  des 
munitions    et   des   marchandises,  la    situation    s'améliore. 


—  120  — 

Le  25,  jour  do  la  mort  do  Ponihior,  on  M[)i)roiid  (|uo  los 
Arabos  construisent  un  J)()iHa  à  Mwana  Mkwanga  et  que 
Saïd-ben-Abedi,  Kibonge  et  Rachid  veulent  tenter  l'attaque 
de  Kasongo.  De  Wouters,  accompagne  du  sergent  Collet 
et  de  soixante-dix  hommes,  va  s'établir  à  Kwana  Mkwanga 
pour  surveiller  ces  forces.  De  temps  à  autre,  on  bombarde 
les  bomas,  les  soldats  réguliers  font  des  patrouilles  et  les 
auxiliaires  organisent  de  petites  expéditions.  A  cette  époque, 
le  capitaine  Doorme  fait  choix  parmi  les  prisonniers  d'un  cer- 
tain nombre  d'indigènes  et  d'esclaves  arabes,  et  les  dresse 
comme  soldats  avec  le  plus  grand  succès.  Ces  recrues  sont 
armées  avec  le  butin  rapporté  par  Albert  Frees. 

Le  30  octobre,  on  annonce  que  Bwana  N'Zigi  et  Musongila 
s'avancent  de  Kabambare.  Dans  le  but  de  les  faire  hésiter, 
Dhanis  envoie  une  reconnaissance  offensive  qui  détruit 
Kitumba  Moyo.  Le  camp  de  Lubukuie  ayant  rendu  criti- 
que la  position  de  Rumaliza,  celui-ci  décide,  pour  se 
procurer  des  vivres,  de  construire  un  boma  chez  N'Teloï. 
De  là,  il  pourra  rayonner  vers  Ogella  et  s'approvisionner 
largement;  en  outre,  il  sera  en  état  de  s'y  maintenir  long- 
temps, ses  positions  étant  imprenables  de  vive  force  à 
cause  du  manque  de  munitions  d'artillerie.  Pour  s'opposer 
à  ce  dessein,  le  lieutenant  de  Heusch  est  envoyé  chez  N'Teloï 
avec  soixante-cinq  hommes  et  s'y  établit  avec  l'aide  du 
capitaine  de  Wouters;  il  a  pour  mission  d'empêcher  .Ruma- 
liza de  passer  la  Lulindi. 

Le  4  novembre,  le  chef  arabe  fait  crier  au  camp  de  l'Etat 
qu'il  offre  le  Malela,  le  Samba  et  Nyangwe,  mais  qu'il 
désire  Kasongo.  Aucune  réponse  ne  lui  est  donnée.  Les 
auxiliaires  wazulas  de  de  Wouters  harcèlent  nuit  et  jour 
les  détachements  ennemis  ou  des  Arabes  isolés,  qui  se 
rendent  dans  les  champs  de  manioc  pour  y  chercher  de 
la  nourriture. 

Pendant  la  nuit  du  15  au  IG  de  ce  mois,  les  Arabes 
abandonnent    leurs    bomas    de    Lubukuie    et    de    Mwana 


—   i'2\    ^ 

Mk\v;m^;i.  Les  ;iii.\ili;iii'('s  sont,  drs  r;nil)(',  clinr^cvs  de  I;i 
|)()iii'suil(\  (^l  l(»s  li'ouix's  r('^'uli(M-('s  sont  coiicciiliVu's  sur 
la  position  du  ca[)ilaine  do  Woulors.  Lo  Icndoniain,  Dlianis 
re^-a^nc  Kason^'o  avec  sa  g-ardo  porsoniK^llo,  lo  sortent 
Van  Riel  et  les  hommes  du  commandant  Pontliier,  lais- 
sant, à  Mwana  Mkwany-a,  de  Wouters  avec  tout  le  reste 
des  forces. 

Enfin,  une  colonne  rendue  aussi  lé<^ère  que  possible  et 
forte  de  deux  cents  soldats  réguliers  est  chargée  de  repren- 
dre contact  avec  les  Arabes.  Elle  est  commandée  par  le 
capitaine  de  Wouters,  qui  a  sous  ses  ordres  les  lieute- 
nants Doorme,  de  Heusch  et  Hambursin.  Elle  est,  en 
outre,  renforcée  par  les  troupes  auxiliaires  d'Albert  Frees, 
Piani  Katambwe  et  Ferhani,  comprenant  environ  sept  cents 
fusils  à  piston.  A  huit  heures  du  matin,  la  colonne  se 
met  en  marche  et  suit  une  route  semée  de  cadavres;  elle 
s'arrête  à  deux  heures  dans   un    village   abandonné. 

Attaque  du  borna  de  Rumaliza. 

De  Wouters  apprend  que  le  boma  ennemi,  encore  inachevé, 
se  trouve  dans  une  vaste  plaine  à  une  heure  de  marche 
du  campement,  et  qu'il  n'est  occupé  que  par  les  gardes 
de  Rumaliza  et  de  Sefu.  Il  décide  de  l'attaquera  l'improviste. 
Vers  deux  heures  et  demie,  la  colonne  se  met  en  marche 
dans  l'ordre  suivant:  lieutenant  Doorme,  capitaine  de  Wou- 
ters, lieutenants  de  Heusch  et  Hambursin,  les  auxiliaires. 
A  la  sortie  du  bois,  le  caporal  Badilonga,  qui  avec  dix 
soldats  forme  la  pointe  de  l'avant-garde,  aperçoit  quelques 
hommes  devant  lui.  Des  coups  de  fusils  sont  tirés.  Doorme, 
qui  commande  l'avant-garde,  fait  sonner  la  charge  et 
s'élance  en  avant  avec  son  peloton,  mais  au  lieu  de 
déboucher  dans  une  vaste  plaine,  comme  il  s'y  attendait, 
il  aperçoit  le  boma  ennemi  à  deux  cents  mètres  devant 
lui. 


—    122  — 

De  nombreux  chimbèques  se  trouvent  devant  le  borna, 
ce  qui  a  pu  faire  croire  que  celui-ci  était  inaclieve.  L'ennemi 
surpris  se  sauve  dans  la  forêt  ou  se  précipite  à  l'intérieur 
du  fort.  Il  est  vivement  attaqué  par  les  Balubas  du  lieu- 
tenant Doorme,  qui  en  tuent  un  g-rand  nombre  et  pénè- 
trent dans  les  chimbèques.  Les  autres  compagnies  entrent 
successivement  en  ligne,  prenant  position  sur  la  droite. 
Le  lieutenant  Doorme  s'aperçoit  qu'il  a  donné  contre 
la  partie  droite  de  la  face  antérieure  du  boma.  Les  autres 
pelotons  qui  ont  pris  le  pas  de  course  débouchent  suc- 
cessivement. Le  capitaine  de  Wouters  se  porte  contre  la 
partie  gauche  de  la  face  antérieure  et  la  face  gauche; 
de  Heuscli  contourne  le  boma  et  attaque  la  face  postérieure, 
espérant  trouver  un  point  faible.  Hambursin,  appelé  par 
Doorme,  va  prolonger  la  droite  de  ce  dernier.  Il  est  alors 
évident  que  le  boma   est  fermé  de  toutes  parts. 

Toutefois,  sur  la  face  postérieure,  les  sticks  ne  sont  pas 
jointifs,  il  y  a  une  ouverture  de  trois  à  quatre  mètres 
et  un  coup  de  main  peut  réussir.  Jugeant  avec  raison 
qu'il  a  la  clef  de  la  position,  de  Heusch  demande  du  renfort 
et  s'élance  pour  pénétrer  dans  le  boma. 

Malheureusement,  au  moment  où  le  succès  va  couronner 
ses  efforts,  il  tombe  mortellement  frappé  d'une  balle  et 
une  partie  de  ses  hommes  l'abandonnent.  Frees  et  Badi- 
longa  s'élancent  seuls  pour  arracher  leur  chef  à  l'ennemi. 
Ce  malheur  rend  courage  aux  Arabes  et  les  détermine  à 
tenter  une  sortie  par  la  brèche  de  la  palissade.  Immédia- 
tement prévenu  de  la  situation  par  Badilonga,  le  capi- 
taine de  Wouters  accourt  avec  une  demi-douzaine  d'hommes 
et  trouve  Frees  tenant  encore  à  son  poste.  La  sortie  est 
repoussée.  De  Wouters  emporte  son  camarade  qui  a  déjà 
rendu  le  dernier  soupir.  Les  troupes  régulières  enlèvent 
les  morts  et  les  nombreux  blessés,  mais  pendant  ce  temps 
les  Arabes  attaquent  sur  leur  face  antérieure  les  hommes 
de    de    Heusch   qui    ont    tous    fui  épouvantés;    ceux    du 


capilniiK*  (U^  WouUm's,  (jui  ne  soiil  |)lus  soiilcniis  par 
leur  chof,  ivU'o'^rîHlonL  oL  iw.  sont  plus  compris  pur  los 
chinil)è(juos.  Comme  le  rotrancheiiuinl  est  partout  termine, 
(le  M'outers  ne  peut  compter  l'enlever  de  vive  force; 
aussi  il  doit  se  résig'ner  à  la  retraite,  ({ui  se  fait  en  l)on 
ordre. 

Dans  le  bois  situé  à  cent  cincpiante  mètres  du  honia,  unc^ 
petite  arrière-^arde  est  constituée  par  des  Balubas  et  des 
Manyangas,  sous  les  ordres  des  lieutenants  Doorme  et  Ham- 
bursin.  Quelques  Arabes  suivent  la  colonne  jusqu'au  villag(» 
où  elle  s'est  arrêtée  le  matin,  et  là  une  vive  fusillade  les 
met  en  fuite.  Le  lendemain,  la  colonne  reprend  la  roule 
de  Mwana  Mkwanga  où  elle  arrive  vers  dix  heures.  Cette 
rencontre  coûte  à  l'Etat,  outre  le  lieutenant  de  Heusch, 
quatre  morts  et  dix  blessés.  L'ennemi  a  fait  de  grandes 
pertes,  quarante  fusils  à  piston,  deux  fusils  perfectionnes, 
de  la  poudre,  des  capsules,  ainsi  ({ue  quantité  d'autres 
objets  lui  ont  été  enlevés. 

Au  cours  d'une  des  charges,  Sefu  a  reçu  une  blessure 
mortelle  dont  il  meurt  ({uelques  jours  plus  tard. 

Pendant  dix  jours,  l'on  n'entreprend  plus  aucune  opéra- 
tion nouvelle. 

COMBATS  DE  LA  LULINDI,  DÉCEMBRE  1893  ET  JANVIER  1894. 

Le  26  novembre,  le  bruit  se  répand  que  Rumaliza  a 
passé  sur  la  rive  droite  de  la  Lulindi.  Une  colonne  sous  les 
ordres  du  capitaine  de  Wouters,  comprenant  les  lieutenants 
Doorme  et  Hambursin,  part  de  Mwana  Mkwanga  pour 
Bena  Musua,  afin  d'observer  l'ennemi  et  lui  barrer  la 
route  de  Kasongo. 

Le  lieutenant  Lange  garde  le  camp  avec  le  lieutenant 
Middagh  et  le  sergent  Van  Riel. 

Dès  le  29,  la  colonne  de  Wouters  s'installe  à  Bena  Musua, 
et  exécute  journellement  des    reconnaissances.    Les    auxi- 


—  124  — 

Maires  Albert  Erces  et    Piani  Katambwe   font    de    même. 

Rumaliza  a  reçu  des  renforts  sérieux,  puis  il  a  un  fort 
important  et  bien  construit  sur  la  rive  droite  de  la  Lulindi 
et  trois  forts  avancés,  plus  petits,  dans  la  direction  de 
Kasongo.  Le  boma  est  relié,  par  un  petit  pont  jeté  hâtive- 
ment sur  la  Lulindi,  au  fort  d'Ogella  où  de  Heusch  vient 
de  trouver  une  mort  glorieuse.  Une  ligne  de  communica- 
tion parfaitement  sûre  est  ainsi  réservée  avec  la  grande 
place  forte  de  Kabambare,  occupée  en  ce  moment  par  Bwana 
N'Zigi  C). 

Tous  ces  bomas  sont  établis  l'un  près  de  l'autre  en 
pleine  forêt,  dans  de  petites  clairières  d'un  accès  extrême- 
ment difficile.  La  ligne  en  est,  pour  ainsi  dire,  perpen- 
diculaire à  la  Lulindi.  Rumaliza  occupe  une  position 
excessivement  solide. 

Vers  cette  époque  le  commandant  Gillain,  le  lieutenant 
Augustin  et  le  sous-lieutenant  Middagh  font  leur  entrée 
à  Kasongo  avec  quarante-cinq  hommes.  D'autre  part, 
le  4  décembre,  une  colonne  amenée  de  Lusambo  jusque 
près  de  Nyangwe  par  l'inspecteur  d'Etat  Le  Marinel 
était  arrivée  à  Kasongo.  Elle  se  composait  du  capitaine 
Gollignon,  du  lieutenant  Franken,  de  vingt  hommes  et  de 
nombreuses  charges,  comprenant  trois  cents  fusils  perfec- 
tionnés, seize  cents  fusils  à  piston  et  beaucoup  d'étoffes, 
de  cartouches,  de  poudre  et  de  capsules.  Quant  au  détache- 
ment amené  des  Falls  par  Rom  et  Van  Lint,  il  ne  comprenait 
que  des  recrues  n'ayant  jamais  vu  le  feu. 

Le  commandant  Dhanis  expédie,  le  20  décembre,  tous  les 

(1)  C'est,  on  s'en  souvient,  ce  dernier  che'f  arabe  qui  avait  ordonné  et  dirigé 
contre  la  station  des  Falls  l'attaque  qui  avait  abouti  à  la  défaite  de  Deane 
et  de  Dubois  et  à  l'établissement  de  la  domination  arabe  sur  le  Cong:o 
même.  Stanley  avait  ultérieurement  ratifié  ce  fait  accompli,  en  installant 
aux  Falls  en  qualité  de  gouverneur,  investi  d'une  autorité  absolue,  Tippo- 
Tip,    le   piincipal    marchand    d'esclaves. 


—   i'J5  — 

of]îci(U\s  et  soldais  disponibles,  do  Kason^^'o  î\  \U\u:\  Miisun, 
où  il  arrivo  lui-inônio  lo  2.'!.  Lo  niriiio  j<>iii',  d  lidil  un 
conseil  do  guerre,  à  l'issui;  du(|uel  il  se  déeide  à  diviser 
ses  forces,  en  wu)  de  couper,  dans  la  mesure  du  possil^le, 
les  Arabes  de  leurs  communications.  Il  sait  (U)  source 
absolument  certaine  que  Rachid  et  les  autres  Arabes  do 
Slanley-Falls,  ({ui  ont  été  rejetés  dans  le  sud  par  1(3  com- 
mandant Ponthier  lors  de  la  campagne  qu'il  a  faite;  à 
Kirundu  et  sur  la  rivière  Lowa,  se  sont  maintenant  réunis 
et  arrivent  tous  ensemble  du  nord-est  pour  rejoindre 
Rumaliza.  Il  faudrait  pouvoir  amener  les  indigènes  du 
district  tout  entier  à  faire  cause  commune  avec  les  trou- 
pes de  l'Etat  et  à  les  pourvoir  de  vivres,  en  affamant,  au 
contraire,  Rumaliza. 

Le  24  et  le  25  décembre,  le  commandant  Dhanis  envoie 
des  détachements  s'établir  aux  endroits  les  plus  favorables 
et  les  plus  rapprochés  qu'ils  peuvent  des  forts  ennemis.  Le 
détachement  commandé  par  le  capitaine  Gillain,  qui  a 
sous  ses  ordres  Rom,  Gollignon,  Augustin  et  Van  Lint,  se 
dirige  vers  le  nord-est;  il  comprend  cent  cfuatre-vingts 
soldats  de  l'Etat  et  deux  cents  hommes  des  troupes  auxi- 
liaires (gens  de  Gongo  Lutete.)  Gillain  a  reçu  la  mission 
de  rallier  le  plus  grand  nombre  d'hommes  possible  et  de 
couper  la  retraite  à  Rumaliza,  ou  de  l'empêcher  de  faire 
sa  jonction,  vers  le  sud,  avec  les  Arabes  de  Racbid.  Cette 
colonne  doit  enfin  coopérer  au  blocus  des  bomas  ennemis. 

Après  quatre  heures  de  marche,  le  capitaine  Gillain  qui 
s'était  dirigé  d'abord  vers  Mwambu,  arrive  au  village  abon- 
donné  de  Rena  N'Guia,  dont  les  habitants  ont  eu  soin 
d'incendier  toutes  les  cases. 

Le  24  décembre,  de  AYouters,  avec  quatre  cents  auxi- 
liaires et  deux  cent  cinquante  soldats  réguliers,  accompagné 
des  lieutenants  Doorme  et  Hambursin,  des  sergents  Destrail 
et  Collet,  quitte  Rena  Musua  avec  un  canon  Krupp,  et 
se  porte  vers  le  sud-est;  il  va  s'établir  à  Bena  Kalunga,  non 


126 


loin  du  grand  borna  de  Rumaliza.  Dhanis  se  Irouve  avec 
le  docteur  Hinde,  le  lieutenant  Franken,  au  camp  de  Bena 
Musua  sur  la  grand'route  de  Kasongo,  position  inter- 
médiaire entre  les  deux  autres.  Il  y  a  été  rejoint  par 
Mohun,  agent  consulaire  des  Etats-Unis,  qui,  après  avoir 
pris  part  à  l'expédition  du  commandant  Ghaltin  à  Riba- 
Riba,  a  conduit  une  colonne  de  ravitaillement  de  Lusaml)0 
à  Kasongo.  La  force  du  camp  de  Bena  Musua  est  de 
cent  ving-t  soldats. 

En  attendant  le  jour  du  combat  décisif,  les  hommes  souf- 
frent du  froid  et  de  l'humidité.  Le  matin,  le  thermomètre 
marque  à  peine  IS''  à  16",  il  monte  jusqu'à  30*"  et  35"  vers 
midi,  pour  redescendre  graduellement  jusqu'à  la  nuit.  Les 
pluies  sont  fréquentes,   ainsi   que  les  tornades. 

Ayant  sous  ses  ordres  le  sergent  Van  Riel,  cent  vingt- 
cinq  hommes  et  un  canon  Krupp,  le  lieutenant  Lange 
occupe  une  très  forte  position  à  Mwana  Mkwanga,  et 
surveille  le  boma  d'Ogella  et  la  route  de  Kabambare. 
Kasongo  est  occupé  par  le  lieutenant  Middagh  et  le  sergent 
Pirotte.  Enfin,  le  lieutenant  Lemery,  assisté  du  sergent 
Breugelmans,  commande  l'importante  position  de  N3^angwe, 
assure  les  différents  services  de  la  zone  arabe  et  tient  en 
échec  les  forces  de  Munie  Kuia  et  de  Munie  Ghabudu, 
(deux  à  trois  mille  fusils)  qui    sont  à  l'est  de  Nyangwe. 

Lemery  se  trouve  dans  une  position  fort  dangereuse, 
car  Rachid  et  ses  troupes,  arrivant  du  nord,  peuvent  à 
chaque  instant  abandonner  leur  tentative  de  jonction 
avec    Rumaliza  et  marcher  sur  l'ancienne  capitale  arabe. 

De  Wouters  constate  que,  grâce  à  la  nature  du  sol  et 
à  l'existence  d'une  brousse  fort  épaisse,  il  peut  approcher 
d'un  des  forts  de  Rumaliza  sans  être  aperçu  de  l'ennemi. 
Il  décide  aussitôt  de  pratiquer  une  brèche  qui  lui  per- 
mettra d'enlever  le  fort. 


—   1-27  — 

Le  28,  donc,  i\  six  liiMires  du  iii;diii,  un  (';inr)n  lui  :iy;ni! 
été  (Mivoye,  le  courii^^cux  ollicici'  comiiKince  son  (in(,i'(4)ris(i 
après  une  canonnade  iv<4ulièro  ([ui  s(*.  conlinuc;  jusqu'à  nciuf 
licures;  une  fusillade  nourri(*.  erépiU*,  des  deux  côtés  du 
fort.  Mal^'i'é  un  tir  de  quarante  obus,  Tattacjue  ne  réussit 
pas,  la  l)réche  produite  n'ayant  pas  plus  d'un  mètre  de 
largeur,  Lien  que  de  Wouters  ait  fait  avancer  le  (^anon 
jusqu'à   moins  de   cent  yards  du  fort. 

Pendant  ce  temps  le  commandant  Gillain,  le  capitaine 
Rom  et  le  lieutenant  Augustin  quittent  le  camp  de  Hena 
N'Guia,  à  huit  heures  du  matin,  pour  reconnaître  exac^tement 
la  i)osition  du  borna  et  attaquer  par  derrière  le  fort 
principal.  Après  une  heure  et  demie  de  marche  lente  à 
travei's  la  foret  épaisse  et  marécageuse,  ils  arrivent  près 
du  fort  de  Rumaliza.  Un  silence  do  mort  règne.  Tout 
à  coup  un  indigène,  perché  probablement  sur  les  épaules 
d'un  Arabe,  aperçoit  la  colonne  et  donne  l'alarme.  La  troupe 
continue  d'avancer  et,  dix  minutes  après,  débouchant  dans 
une  clairière,  elle  découvre,  à  deux  cents  mètres  environ, 
une  palissade  surmontée  d'une  rangée  de  sticks:  c'est  le 
boma  ennemi.  Rom  déploie  son  peloton  en  tirailleurs  et 
dirige  sur  le  fort  plusieurs  feux  de  salve,  auxquels  les  Arabes 
répondent  par  une  fusillade  des  plus  vives.  Gillain  est 
repoussé  avec  de  grandes  pertes.  Le  combat  dure  vingt 
minutes  environ;  de  Wouters  et  Doorme  conduisent  alors 
leurs  soldats  à  l'assaut,  mais  tous  leurs  efforts  ne  peuvent 
déterminer  leurs  hommes  à  escalader  la  brèche.  Jugeant 
qu'il  n'y  a  aucun  avantage  à  attaquer  un  ennemi  parfaite- 
ment abrité  dans  ses  retranchements,  de  Wouters  ordoime 
la  retraite.  Les  défenseurs  du  fort  ne  comptent  qu'une 
douzaine  de  morts.  Quant  à  l'Etat,  il  perd  huit  hommes: 
quatre  sont  blessés  et  quatre  prisonniers. 

A  ce  moment  Dhanis  se  trouve  aux  prises  avec  de  nou- 
velles difficultés.  Il  vient  d'apprendre  que  Bwana  N'Zigi 
a  reçu  du  Tanganika  d'importants   renforts  et  d'abondan- 


—  128  — 

tos  munitions  et  a  quitté  Kubambarc  pour  opérer  sa  jonc- 
tion avec  Rumaliza.   Il  est  arrivé  à  Kitumba  Moyo. 

Le  lieutenant  Ilanibursin,  à  la  tête  d'un  détachement 
composé  de  tous  les  hommes  —  soit  quatre-vingt-dix 
soldats  réguliers  et  deux  cents  auxiliaires  —  que  l'on  peut 
sans  danger  distraire  du  cor[)s  d'opération,  reçoit  l'ordre 
de  couper  la  retraite  à  Bwana  N'Zigi,  ou  tout  au  moins 
de  le  repousser.  Hambursin  est  obligé  de  faire  un  détour, 
car  toute  la  région  de  la  rive  gauche  de  la  Lulindi,  à 
l'exception  des  environs  de  Mwana  Mkwanga,  sur  l'extrême 
droite,  est  au  pouvoir  des  Arabes.  Ayant  i)erdu  beaucoup 
d'hommes  par  suite  des  combats  et  d'une  épidémie  de  petite 
vérole,  il  se  trouve  dans  la  nécessité  de  se  retirer.  Il  a 
pourtant  réussi  à  infliger  de  telles  pertes  à  N'Zigi  que 
celui-ci,  aussitôt  après  le  départ  de  son  adversaire,  reprend 
la  route  de  Kabambare,  renonçant  à  secourir  Rumaliza. 
Lors  de  la  prise  de  cette  place,  survenue  peu  après,  il 
prend   la   fuite  pour  Zanzibar. 

Le  30  décembre,  Dhanis  apprend  de  Basoko  qu'auciui 
secours  ne  peut  lui  être  envoyé.  Mohun  s'offre  aussitôt  à 
descendre  le  fleuve  jusqu'à  cet  endroit  et  à  amener  les 
renforts  qu'il  pourrait  réunir.  Il  se  met  en  route  à  cet 
effet,   le  1  janvier   1894. 

Le  8  janvier,  le  capitaine  GoUignon  (juitte  le  comman- 
dant Gillain  et  va  s'établir  à  Bena  Bwese,  en  face  de  deux 
forts  avancés  des  Arabes.  Quatre-vingts  hommes  y  sont 
campés  sous  les  ordres  de  Gollignon  et  Van  Lint.  Le  demi- 
cercle  formé  par  les  troupes  se  trouve  ainsi  complété,  et 
des  patrouilles  peuvent  librement  circuler,  dans  une  sécu- 
rité relative,  entre  les  différentes  positions;  par  ce  fait 
les  Arabes  sont  réduits  à  ne  plus  tirer  leurs  approvision- 
nements que  de  la  rive  gauche  de  la  Lulindi.  Ils  éprouvent 
bientôt  de  grandes  difficultés  pour  nourrir  leurs  hommes, 
étant  donné  que  suivant  leur  invariable  coutume,  ils  ont 


1-Jl) 


(lovasté    l:i     plus    ^'niiKh^    pnrlio    (1(*    l;i    rc'^ion   qu'ils   ont 
traversée. 

Dlinnis  est  l'ejoiiit  au  camp  pai'  1(^  conmiaiHlaiit  Lotliaire, 
(pii  à  l'arrivée  de  la  rc'upiisition  à  liau'^-ala,  a  repris  en 
toute  liàte  la  route  des  Falls.  Il  est  accompagné  des  lieu- 
teuants  Bortzell  et  Henry  et  de  deux  cents  soldats  ban- 
^alas.  Dés  le  lendemain  do  son  arrivée,  Lotliaire  se  met 
en  marche  pour  retrouver  de  Wouters  au  camp  de  Bena 
Kalun<>-u.  Le  10,  Dhanis  part  pour  visiter  le  camp  commandé 
l)ar  le  capitaine  Golli^non   à  Bena  Bwese. 

Le  12,  Lotliaire  et  de  Wouters,  Doorme  et  Henry  prennent 
position  à  douze  cents  mètres  en  face  du  borna  de  lUim.iliza, 
dans  une  position  intermédiaire  entre  celui-ci  et  son  pre- 
mier fort  avancé.  La  présence  des  forces  de  l'Etat  sur 
ce  point  constitue  ainsi  une  menace  et  un  danger  pour 
chacun  des  deux  bomas.  Des  tireurs  ennemis  placés  en 
embuscade  et  qui  veulent  défendre  l'accès  de  la  position 
sont  délogés  par  les  lieutenants  Doorme  et  Henry.  A  six 
heures  du  soir,  les  Arabes  se  retirent.  La  nuit  est  calme. 

Le  13,  après  une  reconnaissance,  le  commandant  Lothaire 
s'établit  à  trois  cents  mètres  du  boma.  Rumaliza,  s'ima- 
ginant  que  les  troupes  n'exécutent  qu'une  simple  recon- 
naissance, ne  les  attaque  point  avant  qu'elles  aient  en 
partie  fortifié  leur  camp. 

Vers  trois  heures  du  soir,  le  détachement  du  lieutenant 
Hambursin  et  du  sergent  Collet,  (quatre-vingt-dix  soldats 
réguliers  et  deux  cents  autres)  rentre  de  Kitumba  Moyo 
et  reprend  l'emplacement  occupé  la  veille  par  Lothaire. 
Le  but  de  ce  mouvement  est  d'afïamer  l'ennemi  pour  le 
faire  sortir  de  son  retranchement  et  de  l'obliger  à  combattre 
en  rase  campagne.  Les  Arabes  paraissent  fort  inquiets 
de  ce  mouvement  et  renforcent  leurs  palissades. 

Le  14  janvier,  dans  la  matinée,  les  capitaines  Lothaire 
et   de   Wouters   sont    installés  avec  leurs  troupes  à  cinq 


—   130  — 

cents  mètres  du  camps  de  Rumaliza  et,  le  même  jour,  le 
lieutenant  Hambursin  arrive  au  camp  de  Lothaire  avec  un 
canon  Krupp.  L'attaque  décisive  n'est  pas  prévue  pour  ce 
jour  là.  Les  communications  directes,  jusque  là  impos- 
sibles,  entre  les  divers  camps  peuvent   être  établies. 

La  concentration  de  ces  forces  s'opère  à  proximité  du 
boma  principal  de  Rumaliza.  Gomme  de  Wouters  a  un 
canon  et  douze  obus  avec  lui,  le  capitaine  Lothaire  pro- 
pose d'en  lancer  quelques-uns  sur  le  fort  arabe  pour  repérer 
la  distance,  en  prévision  de  l'action  arrêtée  pour  le  lende- 
main. On  charge  immédiatement  les  obus,  et  un  emplacement 
favorable  pour  le  canon  est  recherché.  Le  guidon  de 
celui-ci  manque,  le  lieutenant  Rom  en  fabrique  un  en 
bois,   qui  heureusement  peut  être  utilisé. 

Le  coup  d'essai  a  d'autres  résultats  que  ceux  que  l'on 
attendait.  Vers  dix  heures,  un  premier  obus  est  tiré:  il 
défonce  l'habitation  de  Rumaliza  et,  en  éclatant,  commu- 
nique le  feu  à  la  toiture.  Le  vent  étend  l'incendie  aux 
huttes  environnantes,  couvertes  d'un  chaume  épais.  Les 
gens  du  boma  répondent  d'abord  par  un  feu  violent;  mais 
les  boîtes  à  mitraille  lancées  par  le  canon  immédiatement 
après  l'obus  et  la  fusillade  des  soldats  ont  raison  de  leur 
résistance,  en  empêchant  les  défenseurs  d'éteindre  l'incen- 
die; un  peloton  exécute  des  feux  de  salve  dans  le  même 
but.  Le  feu  se  propage  et  pour  profiter  de  cette  circon- 
stance favorable,  l'attaque  est   décidée. 

Le  commandant  Lothaire  lance  les  troupes  en  avant. 
Le  boma  ressemble  à  un  immense  brasier.  Les  lieutenants 
Henry  et  Doorme  le  contournent  par  la  droite  et  par  la 
gauche  pour  couper  la  retraite  aux  Arabes.  De  Wouters 
attaque  de  front  la  face  où  l'incendie  commence  à  gagner 
la  palissade.  Les  Arabes,  ne  pouvant  plus  s'abriter  derrière 
leurs  retranchements,  se  décident  à  quitter  le  boma,  par 
une  issue  dérobée.  Pris  entre  deux  feux,  à  l'arrière  du 
boma,  ils  s'enfuient  de   tous  côtés,  poursuivis  à  outrance 


g- 
I 


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P 

n 


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—  i:u  — 

ï)ar  les  auxiliaires.  Do  ii()inl)r(Mix  fuyards  se  noicnl  dans 
la  Lulindi.  L(n  Ai'ahcs  ont  [)i'rs  d(;  inill(^  lioiiiiiics  IikVs  aux 
environs  du  houia.  lue  ^raiKh'  (iuanl,il('Ml(î  1(mii's  munitions 
a  saut('  j)ar  suite  de  TiiHUMidie.  Kunializa  a  pu  s'c'cliappci- 
à  la  laveur  de  la  l'uuiee  intense  (pii  se  d('^a^(i  du  hi'asicr. 
A  deux  heures  de  ra})rès-uiidi,  1(îs  ti'oupes  de  Lothaire 
sont  nuiîtresses  de   la  ])laee. 

La  première  enceinte  du  borna  mesurait  deux  cents  mètres 
{\o-  i)roi'ondeur  sur  (-(^it  vin^t  à  cent  tnmte  mètres  de 
largeur.  Le  Tort  de  l'intérieur  était  occupé  i)ar  les  chefs 
arabes  en  personne  et  leurs  meilleurs  soldats  armés,  pour 
la  plupart,  de  fusils  rayés  martini,  express,  etc.  La  garde 
particulière  de  Rumaliza  se  composait  de  soixante  guer- 
riers d'élite. 

Immédiatement  après  sa  victoii'e,  Lothaire  part  avec  de 
Wouters  et  Hambursin  i)our  aller  faire  le  blocus  du  boma 
de  M'Zee  Kondo,  situé  à  deux  kilomètres  et  demi  de 
celui  de  Uuuudiza  et  à  trois  quarts  d'heure  de  marche 
de  deux  petits  bornas  d'avant-garde,  défendus  par  Bwana 
M'Zigi.  Le  commandant  complète  le  cercle  d'investissement 
autour  du  boma. 

Pendant  que  ces  heureux  événements  se  déroulaient, 
Dhanis  se  trouvait  à  Bena  Bwese  et  entamait  des  négocia- 
tions pour  la  reddition  des  bomas  d'avant-garde,  distants 
de  mille  mètres  environ  de  son  camp.  Apprenant  le 
succès  de  Lothaire,  il  le  rejoint  au  boma  intermédiaire. 
Giilain,  qui  y  était  arrêté  en  reconnaissance,  reçoit  l'ordre 
de  s'opposer  à  la  fuite  des  défenseurs  des  bomas  d'avant- 
garde.  Dhanis  travaille  lui-même  à  la  reddition  du  boma 
intermédiaire. 

La  ligne  est  avancée  de  telle  sorte  que  les  hommes  se  trou- 
vent entre  l'ennemi  et  le  ruisseau  d'où  il  tire  sa  provision 
d'eau.  Ces  positions  sont  maintenues  trois  jours  et  trois  nuits; 


—  132  — 

rennomi  entretient  un  l'eu  ])ien  nourri  auquel  les  troupes 
de  l'Etat  ne  répondent  que  lorsque  les  Arabes  tentent  une 
sortie.  Le  quatrième  jour,  les  chefs  ennemis  envoient,  sous 
un  drapeau  de  parlementaire,  dix  hommes,  pour  offrir  au 
commandant  dix  fusils  en  échange  d'une  cruche  d'eau. 
Dhanis  ordonne  qu'une  cruche  d'eau  leur  soit  apportée, 
mais  au  lieu  de  la  leur  remettre  il  la  répand  sur  le 
sol  devant  eux.  En  une  demi-heure,  le  fort  a  capitulé: 
les  hommes  ayant  vu  de  l'eau,  rien  ne  peut  plus  les  rete- 
nir. Ils  se  hâtent  d'empiler  leurs  armes  dans  le  camp  de 
l'assaillant.  Le  fort  arabe  est  fouillé,  par  crainte  de  tra- 
hison ;  les  malheureux  peuvent  alors  se  ruer  vers  la  rivière, 
dans  laquelle  ils  se  plongent.  A  peine  l'ennemi,  pressé 
par  la  soif,  s'est-il  livré  corps  et  armes,  (pi'une  tornade 
survient  et  la  pluie  tombe  assez  abondamment  en  dix  minu- 
tes pour  pouvoir  approvisionner  la  garnison  d'eau  pour 
un  mois. 

Par  cette  capitulation  deux  mille  prisonniers,  six  cents 
fusils,  vingt  fusils  à  répétition,  vingt  barils  de  poudre, 
vingt  boîtes  à  capsules  tombent  aux  mains  de  l'Etat. 

Pendant  que  se  passait  cet  heureux  fait  d'armes,  le 
commandant  Gillain  quittait  Bena  N'Guia  et  rejoint  Gol- 
lignon. 

Le  commandant  Rom,  ayant  accepté  un  coran  apporté 
par  un  messager  de  Bwana  M'Zigi,  pénètre  audacieuse- 
ment  dans  le  fort  ennemi,  discute  les  termes  de  la  capitu- 
lation et  échange  un  drapeau  de  l'Etat  contre  l'étendard 
du  chef  arabe.  Les  deux  bomas  d'avant-garde  se  rendent 
alors  au  commandant  Gillain. 

La  prise  des  bomas  de  Rumaliza  étend  le  domaine  de 
l'Etat  à  toute  la  région  qui  s'étend  en  amont  de  Kasongo. 
Sur  la  route  du  Tanganika,  l'ennemi  n'occupe  plus  que 
Kabambare,   Ouheya   et  Mazance. 


—  133  — 

Prise  de  Kabambare;  25  janvier  1894. 

Lo  IS  'pinviei',  une  coloiiiKi  ('.()inj)r(Mi;iii(  ({unlni  cciiils 
soldais  rég-iiliors  oL  un  «^imikI  ii()iii1)I'(3  (rjuixiliaires  est  lancée 
sur  les  traces  de  Kunializa  ;  elle  est  commandée  par  Lothaire, 
de  Wouters  et  Doorme,  assistés  de  llambursin,  Franken, 
Henry  et  des  sergents  Collet,   Van  Riel   et  Destrail. 

Le  25  du  même  mois,  à  quatre  heures  de  l'après-midi,  après 
une  marche  forcée,  la  colonne  surprend  Kabambare,  et  s'y 
précipite  avant  ([ue  les  Aral)es  aient  môme  eu  le  temps 
de  l'ermer  les  barrières.  Les  indigènes  et  les  esclaves  des 
chami)s  environnants  sont  restés  indifï'érents  à  la  marche 
des  forces  de  l'Etat.  Ce  succès,  aisément  remporté,  peut  être 
attril)ué  à  l'excellente  ligne  de  conduite  que  le  comman- 
dant Dhanis  à  suivie  durant  toute  la  campagne,  et  qui 
consiste  à  ne  jamais  permettre  que  les  indigènes  soient 
molestés  ou  confondus  avec  l'ennemi,  à  moins  qu'eux- 
mêmes  n'attaquent  les  troupes  de  l'Etat  sous  le  drapeau 
arabe.  Les  indigènes  du  pays  entier  ont  eu  connaissance 
de  ce  l'ait,  et  à  l'approche  de  Lothaire,  au  lieu  de  s'enfuir 
frappés  de  terreur,  ils  attendaient  simplement  avec  curiosité 
le  passage  des  troupes. 

Rumaliza  s'est  échappé  dans  la  grande  forêt,  accompagné 
de  quatre  hommes  seulement,  et  s'est  réfugié  sur  le  terri- 
toire soumis  à  l'autorité  d'une  puissance  étrangère. 

Dhanis  est  nommé  inspecteur  d'Etat,  le  29  janvier  1894. 

Jonction  avec  les  forces  antiesclavagistes. 

Le  30  janvier,  le  capitaine  de  Wouters  et  le  sergent 
Van  Riel,  avec  quarante  hommes,  sont  dirigés  sur  M'Towa 
et  Albertville,  pour  faire  leur  jonction  avec  les  troupes 
antiesclavagistes. 

De  Wouters  rencontre  le  capitaine  Descamps  à  Miketo, 
à  douze  lieues  d'Albertville.  Celui-ci,  qui  vient  précisément 
de  prendre  le  commandemant  des  troupes  antiesclavagistes, 


—  134  — 

des  mains  du  capitaine  Jacques,  a  immédiatement  orga- 
nisé une  ex])édition  et  s'est  mis  en  campagne. 

Le  iS  février,  le  commandant  Lothaire  arrive  devant  le 
boma  de  Songbera,  sur  le  chemin  de  Mazance,  route  de 
retraite  de  Rumaliza.  Ce  homa   se  rend  sans  combat. 

Le  19  février,  de  Wouters  et  Descamps  le  rejoignent  à 
Songbera  et  marcbent  avec  lui  vers  le  nord-est  sur  la  route 
d'Udjiji,  direction  dans  laquelle  les  restes  des  forces  ara- 
bes se  sont  dérobées. 

La  colonne  arrive  le  30  à  Mazance,  où  se  profilent  encore 
deux  bomas  inachevés  et  tombant  en  ruines.  Les  Arabes  qui 
les  occupaient  se  sont  enfuis  vers  les  possessions  allemandes. 

Le  17  mars,  Lothaire  est  dans  l'Uvira.  Il  y  trouve 
le  fort  de  Bwana  Soro,  heureusement  inachevé;  commencé 
depuis  six  mois,  ce  boma  était  formidable  et  s'il  eût  été 
défendu,   il  eût  arrêté  la  colonne  pendant  longtemps. 

Dans  l'entretemps,  Mohun  est  revenu  de  Basoko  avec  une 
centaine  d'hommes,  que  commande  le  lieutenant  Bauduin; 
mais  la  campagne  est  virtuellement  terminée  :  la  route  vers 
le  Tanganika  est  ouverte! 

Le  commandant  Dhanis  charge  le  docteur  Hinde,  Mohun 
et  le  lieutenant  Bauduin  de  rechercher  une  route  par  eau 
vers  le  grand  lac.  Après  bien  des  difficultés,  les  voyageurs 
parviennent,  le  4  avril  1894,  à  M'Buli,  sur  la  Lukuga, 
point  extrême  atteint  par  Thomson   et  Delcommune. 

Le  30  mars,  un  poste,  fondé  de  concert  avec  l'expédition 
antiesclavagiste,  est  installé  à  Bakari,  sur  le  golfe  de  Bur- 
ton.  Le  lieutenant  Lange  en  prend  le  commandement,  avec 
quarante-deux  anciens  soldats,  qui  lui  serviront  à  encadrer 
les  troupes   qu'il   formera  sur  place. 

A  la  même  date,  Lothaire,  Hambursin,  Henry  et  Destrail 
quittent  le  lac  pour  rentrer  à  Kabambare.  Un  grand  camp 
retranché  y  est  créé  pour  parer  à  un  retour  offensif  des 
Arabes  du  sud  et  de  l'est.   Le  commandement  en  est  con- 


—  v^ry  — 

lie  ;m   liciiUMiiiiil  ll;inil»ni'siii,  itxcc    le  sfM'^ciil    (lolld   (•(jininc 
iidjoiiil.   Tous  les  iiulij^viros  foui  Iciii-  souinission. 

L()(li;iii'(^  rcMilro  à  Kason^o  lo  10  iivril  cl,  iMinriu^ 
;iv('('  lui  Uacliid,  l';m('i(^n  viili  dos  SLaiil(3y-F;dls;  Nsci-cra 
(M  Hwaiia  Aiiiici  oui  ('lé  l'ails  prisonniers.  Los  Arabes  ((ni 
sonl  accusés  d'avoir  |)ai'lici[)('*  au  uiassaci'e  d'Kui'OjX'cus 
sont  Iraduils  devanl  un  conseil  do  ^'UCM-re  ol  jut,''és  sdou 
l(»s  lois  militaires.   Saïd-bon-Abcdi  (ïsl  ac(juillé. 

La  cani[)a^'no  arabe,  la  [)lus  brillanU^  pi^^G  <lo  l'iiisloii-e 
du  (^ong"o,  est  terminée;  elle  n'a  pas  duré  moins  do  dix- 
noul*  mois.  Les  Belges  s'y  sont  grandis  en  rournissant,  cà 
renvi,  d(^s  traits  d'iiéroïsme  sublime.  ^^  En  moins  de  deux 
rî  ans,  grâce  à  la  continuité  d'action,  la  ténacité  et  le  dévoue- 
-^  ment  de  ces  vaillants  officiers  ({ui  portent  les  noms  de 
r  Dlianis,  Chaltin,  Pontbier  et  tant  d'autres,  la  traite  est 
^  définitivement  vaincue,  domptée  et  les  bourreaux  de 
r  rAt'ri(]ue  centrale  sont  anéantis.  La  domination  si  altière 
rî  et  si  cruelle  des  Arabes,  après  deux  années  de  lutte, 
^  a  vécu.  -î 

Gomme  résultat  géog-rapbique  la  campagne  arabe  a  amené 
la  reconnaissance  de  tout  le  pays  compris  entre  le  coude  du 
Sankuru  et  le  Tanganika,  ainsi  que  l'occupation  du  territoire 
situé  entre  le  lac  Moero  et  le  lac  Kivu.  Le  Manyema  tout 
entier  est  au  pouvoir  de  l'Etat.  Ces  victoires  veng-ent  le  mas- 
sacre des  Européens  de  Kasongo,  de  Riba-Riba,  de  l'expédi- 
tion Hodister,  ainsi  que  le  meurtre  d'Emin  Pacha.  Ruma- 
liza,  à  peu  près  seul,  est  parvenu  à  échapper  au  châtiment. 
Rachid,  qui  est  interné  dans  le  district  du  Kwango,  y  crée 
l'établissement  agricole  de  Bokala.  Quant  au  vieux  Tippo- 
Tip,  l'ami  de  Livingstone,  de  Gameron,  de  Stanley,  de 
.îuncker,  installé  à  Zanzibar,  il  médite  mélancoliquement  sur 
la  ruine  et  la  disparition  de  ses  enfants  et  de  ses  proches. 


—  130  — 

L'action  liiilitain^-  toniiinéc,  l'heure  du  repos  ne  sonne 
pas  encore  pour  Dlianis;  une  dernière  tâche  devait  encore 
lui  être   dévolue. 

Choisissant  la  voie  des  Falls  pour  se  diriger  vers 
Borna,  il  quitte  Kasongo,  le  20  avril.  Il  descend  la  rivière 
et  visite  une  dernière  fois  Nyangwe.  Arrivé  à  Kirundu,  le 
5  mai,  il  trouve  le  district  en  pleine  ébullition,  et  s'y  arrête 
le  temps  nécessaire  pour  y  rétablir  l'ordre.  Il  fait  étape 
aux  Falls  et  dans  les  i)ostes  secondaires  qui  relient  les 
centres  principaux,  pour  y  donner  les  instructions  pour 
l'organisation  définitive    de    la    zone   arabe. 

Dhanis  s'embarque  à  Borna  en  septembre  1894,  à  bord 
du  steamer  Koningin  Wilhelmina  de  la  Nieuwe  Afri- 
kaansche  Handelsvennootschap .  Il  est  accompagné  .du  chef 
arabe  Saïd-ben-Abedi  et  de  Piani  Senga,  ainsi  que  du  fils 
de  Gongo   Lutete. 

Le  jeudi  11  octobre,  à  huit  heures  du  matin,  la  Koningin 
Wilhelmina  passe  devant  Flessingue.  Aussitôt  VEmeraudey 
malle  de  l'Etat,  qui  s'est  portée  à  sa  rencontre,  se  dirige 
vers  elle  et  l'accoste  pour  permettre  au  colonel  Donny, 
représentant  du  roi,  au  secrétaire  d'Etat  van  Eetvelde  et 
au  colonel  Rouen,  des  grenadiers,  de  monter  à  son  bord 
et  de  congratuler  le  vainqueur  de  Nyangwe  et  de  Kasongo. 
Dhanis  est  accueilli  en  héros  par  la  population  anversoise. 

Le  lendemain,  il  est  reçu  solennellement  à  l'hôtel  de 
ville  par  l'administration  communale,  et  une  manifestation 
grandiose  lui  est  réservée  le  même  jour  au  Cercle  artis- 
tique d'Anvers.  Au  cours  de  cette  dernière  cérémonie, 
M.  l'échevin  Van  den  Nest  lui  remet,  au  nom  du  commerce 
anversois,  un  sabre  d'honneur  dont  la  poignée  est  sculptée 
par   Louis   Dupuis. 

Le  vendredi  13  octobre,  Dhanis,  à  son  arrivée  à  Bruxelles, 
est  acclamé  en  triomphateur  et  reçoit  les  félicitations  de 
Son  Altesse  Royale  le  prince  Albert  de  Belgique. 

Diverses  manifestations  sont  organisées  en  l'honneur  du 


—  i:il  — 

VîUiKjiKMir  (l('s  Ai';il)(\s:  des  IjMiKpicIs  lui  soiilofïri-ls,  wobnn- 
iiionl  au  iiioss  des  ^rcMiiidiiM's  cl  au  Cercle.  arlisLirpH^  à 
Anvers.  Dliauis  est  reçu  pai*  la  Société  (!(»  (ico^riiphio  (l(i 
celle   ville. 

Il  est  créé   baron   \(\  28  octobre   1803. 

Le  6  n()venil)re  1S1)5  \v,  baron  Dhanis  s(^  rend  uik^  Iroisicnie 
fois  au  (>)n^(),  comme  vice-^'ouverneur  générai.  On  prépare 
à  c(^  moment  l'expédition  du  Nil  contre  les  Madbisles:  les 
Anglais  i)ar  l'Egypte,  les  Belles  par  le  Con^o,  s(».  pro- 
pc^sent  d'aller  entamer  la  puissance  du  ranali(|ue-  Abdullah. 

EXPÉDITION  DU  NIL. 

Dhanis,  investi  du  commandement  supérieui'  des  districts 
des  Stanley-Falls,  de  l'Aruwimi  et  de  l'Uele,  est  char^^é 
de  se  rendre  dans  l'enclave  concédée  à  l'Etat  par  la 
Grande-Bretagne,  en  vertu  du  traité  du  12  mai  1804,  et 
d'organiser  cette  vaste  bande  de  territoire  au  point  de 
vue  défensif.  Avant  d'arriver  aux  Falls,  il  parcourt  les  dis- 
tricts de  l'Equateur  et  de  Bangala. 

Tandis  que  le  commandant  supérieur  quitte  les  Falls,  le 
27  juin  1806,  afin  d'inspecter  Nyangwe  et  Kasongo  et  de 
rejoindre  au  camp  de  cette  dernière  place  ses  anciens 
soldats,  le  commandant  Mathieu  se  rend  à  Kirundu  et  se 
dispose  à  se  porter  vers  l'est.  Mathieu  doit  profiter  de  la 
ligne  d'opération  des  Arabes  pour  se  dirige-r  vers  le  lac 
Albert,  établir  des  installations  provisoires  à  Kavalli  et  y 
préparer  la  concentration  éventuelle  de  l'expédition. 

Dhanis  trouve  le  camp  de  Kasongo  complètement  désor- 
ganisé par  suite  du  départ  de  Doorme,  qui  a  dû  rentrer 
en  Europe  pour  cause  de  maladie.  Il  ne  peut  compter  que 
sur  quelques  centaines  de  soldats.  Par  surcroit  de  mal- 
heur, une  sinistre  rumeur  se  répand:  les  anciens  révoltés 
de  Luluabourg  se  dirigent  vers  le  sud-ouest  de  Kasongo. 
Dans  ces  conditions,   le  commandant  Michaux  est  chargé 


—  138  — 

d'or^aiiiscM-  \iiic  oxpédiLion  contre  les  l'ebelles,  cl  de 
ramener  tous  les  anciens  soldats  aux  Stanley-Falls.  La 
colonne  marchant  vers  le  Nil  se  voit  ainsi  privée  des 
meilleurs  soldats  de  la  province. 

Dhanis  ne  séjourne  que  quelques  jours  à  Kasongo  et 
descend  aux  Falls  pour  y  attendre  l'arrivée  du  gouverneur 
général  Wahis. 

Des  ordres  d'Europe  font  activer  les  })réparatifs  de  l'ex- 
pédition.  Gliallin    i)art   de   Dungu  vers  le  Nil  ('). 

Mathieu,  nommé  commandant  de  l'avant-garde,  et  rap- 
pelé de  Kirundu  en  septembre  1896,  se  dirige  des  Stanley- 
Falls  vers  Arakubi,  Kilonga-longa,  Irumu.  Le  commandant 
Julien  suit  la  même  route. 

Enfin,  le  30  septembre,  le  commissaire  général  Leroi, 
commandant  en  second  de  l'expédition,  se  met  en  marche 
avec  le  lieutenant  Verhellen.  Le  15  novembre,  ils  arrivent  à 
Mawambi,  changent  leur  escorte,  et  prennent  avec  eux 
soixante-dix-sept  soldats  batetelas.  Le  8  décembre,  le  com- 
mandant Leroi  quitte  Irumu  avec  le  lieutenant  Verhellen, 
le  sous-lieutenant  Delecourt,  les  sergents  Tagon  et  Glosset 
et  trois  cents  soldats;  le  docteur  Vedy  avec  ses  brancar- 
diers les  accompagnent.  Le  commandant  Julien,  le  lieu- 
tenant suédois   Groneborg  suivent  à  un  jour  de  marche. 

Le  3  janvier  1897,  Leroi  apprend  que  Mathieu  s'est  suicidé 
la  veille  et  le  4  janvier,  il  arrive  à  Andewabi  où  le  premier 
bataillon  de  l'avant-garde  se  trouve  installé.  Du  4  au  19  jan- 
vier, il  fait  établir  un  poste  et  construire  des  maisons. 

A  partir  du  20  janvier,  la  colonne  du  commandant  Leroi 
exécute  une  marche  forcée,  laissant  en  route  le  comman- 
dant Julien,  les  lieutenants  Groneborg,  von  Friesendorff 
et  le  sous-lieutenant  Delecourt. 

Mais  le  14  février,  les  soldats  de  son  escorte  se  révol- 

(1)  On  connaît  le  lésultat  de  cette  marche  heureuse  qui  se  termine  par 
la  pi'ise  de   Redjaf. 


Baron  DHÂNIS. 


—   \'M)  — 

((Mil  (M  iiinssiicrciil  'l'ii^^on  (M,  Adriiiiiiic,  Mchui,  IiiNcr  cL 
Closs(4.  Le  ('()iimnss;ni'('  «jriK'i'iil  Lcroi  lui-iri(''i]i(',  lomhc 
sous  les  l)all(*s  (!('  SCS  hoiiinics.  Le  (loclcui-  VcmIv  cl,  le 
]ieiil(Mi;iiil  \'crlicllcn  pcMivenl  s'('H:lia[)i)(M'  et,  vont  rcjoindi-c 
Spolier  el  l^i'icoiirl,  à  environ  iiuil,  heures  de  niarclnî  du 
lieu  du  massacre.  De  là,  ils  rejoignent  lous  l'IJele. 

Combat  d'Ekwanga;  18  mars  1897. 

A  la  nouvelle  de  ces  tei'rihles  événements,  Dhanis  décide 
aussitôt  d'occuper  Ekwan<j;'a,  localité  située  sur  un  affluent 
de  droite  de  Tlturi,  pour  y  barrer  la  route  aux  rebelles 
et  les  empêcher  d'arriver  à  Irumu  qui  contenait  un  ^j^-rand 
approvisionnement  de  cartouches.  Pour  permettre  le  ravi- 
taillement de  ses  troupes  et  afin  d'obtenir  des  indications 
sur  la  marche  des  révoltés,  le  chef  de  l'expédition  envoie, 
sous  la  conduite  de  sous-officiers  noirs,  des  détachements 
chargés  de  réquisitionner  des  vivres  dans  les  directions 
nord-nord-est  et  est.  Malheureusement,  ces  détachements 
s'écartent  de  la  voie  qui  leur  est  tracée  et  s'égarent  vers 
le  sud.  Le  17  mars,  l'ennemi  s'avance  sans  encombre  jus- 
qu'à deux  heures  de  marche  d'Ekwanga.  Dhanis  n'est  pré- 
venu de  l'arrivée  des  rebelles  qu'à  cinq  heures  du  soir  et 
il  n'est  plus  possible  de  rappeler  en  temps  utile  les  déta- 
chements envoj'és  aux  vivres;  plus  de  deux  cents  des 
meilleurs  soldats  sont  absents. 

Les  forces  de  l'Etat  ont  pour  elles  la  discipline  et  sont 
soutenues  par  le  sang- froid  de  leurs  officiers,  mais  leur 
nombre  est  sensiblement  inférieur  à  celui  de  l'ennemi.  Et 
cet  ennemi  n'est  pas  un  nègre  barbare,  mal  armé,  ignorant 
la  tacti({ue  européenne,  c'est  un  soldat  admirablement  dressé 
par  les  officiers  belges  eux-mêmes  et  qui  sait  parfaite- 
ment se  servir  de  son  albini. 

L'attaque  se  produit  le  lendemain  dès  la  première  heure. 
Dès  le  début  de  l'action,  un  certain  nondjre  de  soldats, 
originaires   de  la  zone  arabe,  passent  à  l'ennemi  et  pro- 


—  140  — 

V()([uent  une  •^niiido  confusion  diiiis  nos  i';in^s.  De.  plus, 
les  révoltés,  'portant  ];i  inônio  tenue  que  les  soldats,  en 
profitent  pour  se  glisser,  sans  être  reconnus,  dans  le  camp 
de  nos  troupes.  Au  cours  même  du  condjat,  des  miliciens 
balubas,  tan^anikas  et  mon^helimas  pillent  les  tentes  des 
blancs.  Pendant  ce  temps,  les  soldats  postés  à  l'aile  f»-auclie 
poui'  disputer  aux  révoltés  le  passag-e  à  gué  de  l'Ituri, 
se  sauv(Mit  au  premier  coup  de  feu  tiré  de  la  rive  gauche; 
les  soldats  placés  à  droite,  i)ris  de  panique,  dirigent  un 
feu  désordonné  dans  la  direction  du  gué,  ce  qui  empê- 
che l'organisation  de  toute  défense  sérieuse  à  cet  endroit. 

Aussi  lorsque  le  baron  Dhanis  réussit  à  conduire  en 
face  du  gué  un  détachement  sous  les  ordres  du  commandant 
Julien  et  du  sous-lieutenant  Delecourt,  beaucoup  de  révol- 
tés ont  déjà  i)assé  sur  la  rive  droite  et  se  livrent  à  une 
attacjue  acharnée  contre  la  partie  du  camp  où  se  trouvent 
les  tentes  des  blancs.  Ce  point  est  vaillamment  défendu 
par  le  lieutenant  Groneborg,  qui  tombe  mortellement 
frappé  de  deux  balles.  Au  retour  de  Dhanis,  son  frère, 
le  sous-intendant  Dhanis,  qui  lutte  avec  lui  près  des  ten- 
tes, a  la  cuisse  traversée  par  une  balle.  Bientôt  après,  on 
annonce  successivement  au  commandant  en  chef  la  mort 
du  sous-lieutenant  Delecourt  et  du  commandant  Julien,  qui 
sont  parvenus  avec  les  débris  de  leur  peloton  à  immo- 
biliser les  révoltés. 

La  fin  héroïque  de  ces  deux  chefs  est  le  signal  de  la 
débandade  de  leurs  hommes,  de  sorte  que  le  passage  de 
la  rivière  n'est  plus  défendu.  Il  est  huit  heures  du  matin, 
et  Dhanis  qui  n'a  plus  autour  de  lui  que  quelques  Euro- 
péens et  un  petit  nombre  de  soldats  restés  fidèles,  mais 
démoralisés,  doit  donner  le  signal  de  la  retraite  vers  Irumu. 
Il  fait  emporter  son  malheui'eux  frère,  qui  succombe 
quelques  jours  après.  Les  révoltés,  à  la  suite  de  leur  vic- 
toire, possèdent  près  de  deux  mille  fusils  albini,  plusieurs 


—  Ml  — 

milliers  do  cartouches  cL  un  noiuhi-c  considiM'ahlc  de  fusils 
à   piston. 

Le  19  mars,  la  colonne  arrive  à  Irumu.  La  disettes 
l'empôche  d'y  resler,  et  la  retraite  se  j)Oursnit.  I^]lle  est 
troul)l('M>  pai'  j)lusieurs  paid({ues  provoquées  par  les  sol- 
dats tan^aïukas,  au  nombre  do  doux  cents,  amenc's  jiar 
le  commandant  lland)ursin  (^t  qui  en  profitent  pour  faire 
défection.  La  colonne,  ayant  trouve'',  la  station  de  Mawambi 
pillée  par  les  déserteurs,  marche  vers  Avakubi,  oii  le 
commandant  Henry  vient  d'arriver  avec  des  renforts  {V  avril) 
et  s'emploie  à   reconstituer  et  à  réconforter  les   troui)es. 

Dlianis  re^a^ne  k^s  Faits,  avec  Hambursin,  le  !'■'  mars, 
pour  y  organiser  les  moyens  de  résistance,  et  après  s'èti'e 
entendu  avec  le  commissaire  de  district  Malfeyt,  il  i)rend 
la  route  de  Kibonge,  vers  N^^angwe.  Hambursin  meuil 
à  la  suite  d'une  attaque   de  fièvre  hématurique. 

Pendant  ce  temps  les  insurgés  poursuivent  leur  course 
vers  le  sud,  détruisant  tout  sur  leur  passage,  et  campent 
dans   la  grande  plaine  de  la   Lindi. 

Marche  du  commandant  Henry. 

Le  7  mai,  Henry  accompagné  de  Derclaye,  Friart,  Kimpe, 
Rewers  et  Sauvage,  quitte  Avakubi  et  marche  contre 
les  révoltés.  Le  17,  il  réoccupe  Mawambi,  où  il  installe 
Rewers  avec  vingt  soldats,  puis  il  se  porte  le  7  juin  sur 
Kissenge,  à  la  tête  de  trois  cents  hommes.  En  arrivant 
à  ce  village,  le  21  juin,  il  apprend  que  depuis  trois  semaines 
les  insurgés  se  sont  retirés  vers  le  sud.  Il  lance  aussitôt 
la  colonne  sur  leurs  traces  jusque  sur  la  haute  Lindi. 

Cependant  un  des  détachements  des  révoltés  a  fait  une 
incursion  dans  la  vallée  de  la  Semliki,  a  même  franchi  la 
frontière  de  l'Etat  et  attaqué  le  fort  anglais  de  Katwe. 
Le  lieutenant  Sannaes,  avec  quarante  soldats,  rallie  la 
position,  qui  a  reçu  également  un  renfort  de  dix-sept 
soldats  anglais.  Sannaes   repousse    l'attaque    des    révoltés 


—  112  — 

et  le  12  juin,  il  rejoint  à  Mukambi,  le  commandant  Henry. 
Le  28,   la  colonne  campe  à  Kwa-Beni,  et  dès  le  lende- 
main, elle  reprend  sa  marche. 

Combat  de  la  haute  Lindi;  15  juillet  1897. 

Les  12  et  13  juillet,  la  colonne  rencontre  quelques  soldats 
ennemis  égarés,  qui  lui  apprennent  que  les  révoltés  ne  les 
ont  ({uittés  que  depuis  deux  ou  trois  jours.  Le  14,  Henry 
découvi'e  un  camp  abandonné  le  matin  môme,  et  entend 
des  coups  de  feu  tirés  dans  les  montagnes  environnantes. 
La  colonne  serre  de  près  les  révoltés,  et  par  une  marche 
de  nuit,  parvient  à  se  porter  à  trois  cents  mètres  du 
camp  ennemi,  derrière  une  petite  colline  dont  la  crête 
permet  de  dissimuler  les  troupes  de  l'Etat  et  d'effectuer 
les  reconnaissances  préparatoires  à  l'attaque. 

La  colonne  se  propose  de  fondre  sur  l'ennemi  dès  l'aube. 
Le  bruit  d'une  chute  d'eau,  d'au  moins  quarante  mètres  de 
hauteur,  contribue  à  favoriser  l'embuscade.  Pendant  la 
nuit,  un  boy  fait  prisonnier  déclare  que  les  révoltés  sont 
campés  en  deux  fractions,  de  forces  à  peu  près  égales, 
séparées  par  une  distance  d'une  lieue  environ:  l'une  a  pour 
chef  un  nommé  Kalula;  l'autre  qui  se  trouve  en  face  des 
troupes  de  l'Etat  est  commandée  par  l'instigateur  même 
de   la  révolte,   Kandolo. 

A  quatre  heures  et  demie,  la  colonne  prend  ses  dispo- 
sitions d'attaque.  Le  lieutenant  Derclaye  et  le  sergent 
Sauvage,  son  adjoint,  déploient  leurs  deux  cents  hommes 
le  long  de  la  lisière  même  du  camp  ennemi,  de  façon  à 
envelopper  la  position.  Aucune  sentinelle  ne  garde  ce  côté 
du  camp,  et  pas  un  seul  révolté  ne  se  doute  de  la  pré- 
sence de  nos  soldats. 

Le  commandant  Henr}' ,  suivi  par  les  lieutenants  Sannaes 
et  Friart,  avance  avec  le  reste  de  la  troupe  comme  réserve. 


—   1 13  — 

Soil     (Mlvil'Oll      (I(M1\       ('(Mil      cilKHlIIllIe     IlOIlIlIlCS.     Le      S('ri!(Mll 

Kiinjx*  (4  (|U('l(|ii('s  lioiiiiiics  ^ni-dcnl   le  oiiiii). 

L'action  ('oimiKMicc,  à  ciiKj  licui'cs  du  iniilin  cl  csl 
si  fondi'oyanto  (jik*  les  iVîVolkiS  uc  iiciiiiciiL  rpriiii  (piarl 
d'iKMirc.  Us  pi'CMiiiGiil  la  l'iiito  dans  la  dircu-Lioii  du  second 
camp,  abandomiant  roininc^s  et  l)afi-a^-os,  la  réserve  de  car- 
t(Miclios  et  i)liisiours  fusils  albinis.  Hcniy  rassoin])lc  ses 
ti'oupes  sur   la  i)osition    même. 

A  sei)t  lieur(^s,  il  est  menacé  par  le  deuxième  camj). 
Cette  atta(fue,  faite  [)ar  des  troupes  beaucoup  supérieures  en 
nombre,  est  si  im[)(3tueuse  que  la  première  li^ne  plie  sous  le 
choc.  A  ce  moment  criti([ue,  Henry  fait  sonner  "  En  avant  » 
l)ar  tous  les  clairons.  Les  blancs  donnent  rexei:i;)le  d'un 
couraiî'e  et  d'un  dévouement  admirables  en  courant  sus  à 
l'ennemi  et  en  entraînant  leurs  soldats,  excités  i)ai'  le  dan- 
ger imminent.  Sainiaes  tombe  frappé,  à  bout  i)ortant,  d'une 
balle  d'albini.  Les  révoltés  perdent  pied  et  prennent  la 
fuite  dans  toutes  les  directions  après  trois  heures  d'un 
combat  acharné.  La  poursuite  ne  dure  qu'une  demi-heure, 
car  les  troupes   sont  harassées. 

Après  cette  brillante  victoire,  qui  fait  tomber  entre  les 
mains  du  vainqueur  une  grande  quantité  d'armes  et  de 
munitions,  Henry  reçoit  ordre  de  se  diriger  vers  le  Nil, 
avec  le  plus  fort  détachement  possible. 

Dhanis  prend  ses  mesures  pour  exterminer  les  révoltés. 
Une  colonne,  commandée  par  Doorme,  le  docteur  Meyers, 
les  lieutenants  Tombeur,  Mellaerts,  x\dlerstràhle,  Paternos- 
tre  et  De  Geuninck,  se  dirige  de  Nyangwe  vers  le  nord, 
par  Micici,  Shabunda  et  Kaware-ware,  pour  se  mettre  à  la 
recherche  des  révoltés. 

Au  cours  de  cette  marche,  Doorme  apprend  que  l'ennemi 
a  réparti  ses  hommes  en  trois  bandes:  l'une  comptant 
trois  cents  soldats,  vient  d'être  envoyée  dans  la  direction 
du  Tanganika;    une  autre,   composée  de  six    cents   hom- 


—   144  — 

mes,  se  trouve  à  Boko,  enfin,  à  deux  journées  de  mar- 
che du  village  campe  Kandolo  avec  un  millier  d'iiommes. 

Combat  de  Boko;  23  décembre  1897. 

•  Doorme  demande  vainement  des  renforts.  Ne  recevant 
aucun  secours,  il  attaque  l'ennemi,  le  23  décembre,  à  Boko. 
Sa  troupe  est  disposée  en  trois  colonnes:  le  docteur  Meyers 
au  centre,  le  lieutenant  Adlerstrahle  à  droite,  l'adjudant 
De  Geuninck  à  gauche.  Les  révoltés  essuient  une  défaite 
sanglante  et  perdent  leur  chef  Saliboko,  mais  ce  succès 
est  assombri  pour  nous  par  la  mort  du  lieutenant  Mellaerts. 
Les  survivants  de  la  bande  rebelle  parviennent  à  s'échap- 
per et  à  rejoindre  un  autre  groupe  de  révoltés,  celui  de 
Kandolo  dont  l'effectif,  grâce  à  cet  appoint,  est  porté  à 
douze  cents  fusils  environ. 

Combat  de  Piani  Kikunda;  10  janvier  1898. 

La  colonne  Doorme  qui  ne  compte  plus  guère  que  cinq 
cents  soldats,  inflige  des  pertes  sensibles  à  l'ennemi,  dans 
l'engagement  qui  a  lieu,  le  10  janvier  1898,  à  Piani  Kikunda, 
et  où  Kandolo  trouve  la  mort.  Mais  après  quatre  heures 
de  combat,  elle  a  brûlé  toutes  ses  cartouches  et  doit 
se  retirer,    en  l)on  ordre,   sur  Kasoko,   à  l'ouest. 

La  route  vers  Nyangwe  est  ainsi  ouverte  aux  révoltés. 
Dhanis  envoie  Glorie  à  Micici,  où  il  compte  se  rendre 
lui-même  le  20  février.  Le  lieutenant  Van  de  Moere  est 
chargé  de  former  une  colonne  de  quatre  cents  soldats  à 
Kasongo  et  de  prendre  également  la  route  de  Micici. 

Pendant  que  ces  combats  se  livraient  au  nord  de  Nj^angwe, 
de  véritables  catastrophes  se  produisaient  à  l'est  de  cette 
région.  Ne  se  rendant  pas  compte  de  l'importance  et 
du  nombre  des  bandes  révoltées  qui  sillonnaient  la 
contrée,  le  chef  de  la  zone  du  Tanganika  avait  donné 
ordre  au  lieutenant  Dubois    de  marcher  avec  cent  hom- 


mes  vers  U\  h\r  Kivu.  Surpris  ]yAv  le  groupe  (|(»  rovoll,('s 
ori<4"in;ures  du  'r;iii^;inik;i,  owlvr  K;iss(;^(i  (t\  Hii'isi,  ;mi 
nord  du  hic,  I)ul)()is  cl  IrciiU'.  liomrrKis  furent  ni;iss;i('.r(''S  le 
lo  n()\(Mid)r('  1897.  Le  eapiL:iine  Tieleninns  recucîillit  ù 
Karonvwe  Ic^s  soldais  (|ui  punniL  écluippei'  au  (h'^saslre, 
et  s(^  porta  à  iM'Towa,  où  le  coniniandant  Dehci'^li  avait 
décidé  de  concentrer   la  dél'ense. 

Heureusement,  en  prévision  de  la  marche  des  révoltés, 
une  colonne  s'organisait  à  Kasongo  sous  la  direction  des 
lieutenants  Van  de  Moere  et  Stevens.  A  l'arrivée  du  cour- 
rier du  capitaine  Tielemans,  annonçant  la  mort  tragirpie 
du  lieutenant  Dubois,  cette  colonne  l'ut  dirigée  sur  le 
lac  Tanganika,  sous  les  ordres  du  commandant  Long. 
Forte  de  cinq  cents  hommes,  elle  quitta  Kabamhare  le 
14  décembre.  La  troupe  installée  le  2  janvier  1898  chez 
le  chef  Simorane  est  surprise  par  les  mutins  pendant  la 
nuit.  Vers  deux  heures  et  demie,  une  pluie  de  balles 
s'abat  sur  le  camp  et  tue  le  commandant  Langhans,  mais 
grâce  au  sang-froid  des  blancs  et  à  la  cohésion  des  sol- 
dats, l'attaque  des  révoltés  est  repoussée  après  trois  quarts 
d'heure  de  combat. 

Les  mutins  se  réfugient  alors  à  Baraka,  le  25  janvier 
1898,   quelques  jours  après  le  départ  de  Long. 

La  colonne  du  commandant  Debergh,  partie  par  voie 
d'eau  de  M'Towa  le  21  décembre  1897,  était  arrivée  le 
27  décembre  à  Uvira  et  avait  réoccupé  ce  poste.  Compre- 
nant deux  cents  soldats,  commandés  par  Deffense,  Andrews, 
Ghargois,  Harinck  et  Mohonval,  elle  avait  aussitôt  pris 
ses  dispositions  pour  anéantir  les  vaincus  de  Simorane, 
devenus  les  bourreaux  des  indigènes. 

Combat  de  Kaboge;  avril  1898. 

A  six  lieues  de  Barako,  la  colonne  se  subdivise:  un 
peloton  devait  suivre  la  plage,  tandis  que  l'autre  devait 
obliquer  vers  l'ouest,  passer  dans  les  montagnes,  et  atteindre 


—  1  1()  — 

l'ennemi  par  derrière  ou  par  le  ilanc.  Le  peloton  de  réserve 
avait  mission  de  se  ])oi't(U'  au  secours  du  ])e]oton,  qui  serait 
le  premier  aux  prises  avec  l'ennemi. 

Le  fort  détachement  du  lieutenant  Gharf,^ois,  renforcé 
par  le  peloton  de  Deffense,  est  attaqué  au  sud  de  Kaboge. 
L'avantage  d'abord  se  dessine  du  côté  des  insurgés.  Les 
troupes  de  l'Etat  combattent  pendant  plusieurs  heures  con- 
tre des  forces  trois  fois  supérieures,  mais  écrasées  par 
le  nombre,  elles  doivent  se  replier,  en  bon  ordre,  sur 
Kaboge,  où  se  trouve  la  réserve.  Celle-ci,  au  bruit  de  la 
fusillade,  s'est  portée  en  avant,  et  fait  sa  jonction  avec 
les  deux  pelotons  à  mi-chemin  de  Kaboge.  Les  troupes 
reprennent  alors   l'ofiénsive. 

Après  une  lutte  d'une  heure  environ,  le  désordre  com- 
mence à  se  répandre  dans  les  rangs  des  rebelles  et  la  déban- 
dade devient  générale.  Les  troupes  de  l'Etat  rentrent  le 
soir  à   Uvira. 

Défaite  de  la  colonne  du  commandant  Debergh;  18  mai  1898. 

Les  révoltés  persistant  à  menacer  Uvira  et  se  disposant 
à  attaquer  le  poste,  le  commandant  Debergh  fait  assem- 
bler sa  colonne,  choisit  cent  trente  hommes  et  se  met  en 
marche  dans  la  nuit.  Le  lendemain,  18  mai,  il  s'arrête  à 
cinq  heures  d'Uvira  et  fait  camper  sa  troupe  sur  la  plage. 
Vers  six  heures,  il  se  prépare  à  reprendre  la  marche 
quand  une  grêle  de  balles  vient  fondre  sur  la  colonne. 
L'arrière-garde,  commandée  par  le  capitaine  Tielemans,  est 
décimée.  En  même  temps,  le  commandant  Debergh  est 
atteint  de  deux  coups  de  feu  mortels.  De  nombreux  soldats 
sont  blessés  et  tués  et  parmi  les  blessés  on  compte  le 
capitaine  Tielemans.  Les  débris  de  la  colonne  se  retirent 
sur  Uvira,  qui  est  évacuée  le  18  mai  1898  et  la  garnison 
rentre  à   M'Towa. 

Mais  les  troupes  du  lieutenant  Glorie  ont  été  renforcées 


Leroi. 


IlKMiV 


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b^>x 

•^^^81 

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i  V' 

Glorie. 


DOOUME, 


Clichés  de  rouvrao-c  de  M.  Jenssen  Tuscii,  Skandinaver  i  Congo. 


I 


—  147  — 

ot  lo  commandaiil  Svonsoii  a  coiidiiil,  à  l'csl,  une.  l'orUi 
coloiiiK^  La  saison  soiile,  oiiipèclK^  lus  loi-ces  de  l'I^laL 
d'alLa(juer  Kawaro-wan^  où  so  caiiloiincnl,   les  i(;voll»''s. 

Renonçant  à  se  diriger  vei's  Nyanpfwe,  ceiix-ei  se  poilenl 
vers  Ivira.  Le  lieut(Mianl  (llorie,  asee  Marciisseii  (îl  PiiUm'- 
nostre  et  trois  cent  ving-t  soldats,  so  poi-leiit  (mi  tout(i 
hâte  vers  l'est  sans  attendre  la  colonne  S\(uis()n,  (jui 
tient  garnison  à  Shabunda.  Le  11»  mai,  (Horici  ai)i)ren(i  quo 
les  révoltés  sont  dans  le  })ays  de  N'Gwese,  à  INîst  des 
montagnes  de  l'Utimbo  et  le  3  juin,  il  arrive  à  Lokandn, 
à  quelques  jours   de  marche  de  l'ennenn. 

Combat  de  Gwese;  17  juin  1898. 

Le  17  juin,  à  huit  heures  et  demie  du  matin,  toute  la 
troupe  Glorie  se  trouve  au  rang  lorsque  l'ennemi  débouche 
de  la  montagne  à  vingt  minutes  environ  au  nord  du  vil- 
lage. Le  premier  peloton,  conduit  par  Glorie  lui-même,  prend 
la  droite;  le  troisième,  sous  les  ordres  d'un  officier,  occupe 
la  gauche  et  le  second  garde  le  centre,  un  peu  en  arrière, 
formant  réserve.  Les  ennemis  étant  au  nombre  de  six 
cents,  les  forces  de  l'Etat  doivent,  dès  le  début,  étendre 
considérablement  leur  front  en  intercalant  le  second  peloton. 

La  colonne,  dissimulée  dans  un  champ  de  manioc,  s'avance 
en  ordre  dispersé  et  ouvre  immédiatement  le  feu.  Elle 
aborde  la  ligne  ennemie  par  la  gauche.  Celle-ci  ne  peut 
tenir  longtemps,  et  un  quart  d'heure  après  l'engagement, 
elle  est  en  retraite  sur  toute  son  étendue.  Une  nouvelle 
position  prise  par  les  révoltés,  dans  une  bananerie,  est 
également  tournée  par  Glorie.  Les  trois  pelotons  sont 
ensuite  disposés  en  colonne  par  le  flanc,  à  des  distances 
de  cent  cinquante  à  deux  cents  mètres,  et  gravissent  la 
montagne  où  les  mutins  se  sont  arrêtés.  L'ennemi  réoccupe 
alors  son  campement  de  la  veille,  d'où  il  tente  un  dernier 
eff'ort.  Chassé  de  là,  il  se  disperse  dans  la  montagne 
sans  plus  tirer  un  coup  de  feu. 


—  148  — 

Les  insurges  laissent  quatre-vingt-dix  des  leurs  sur  le 
terrain;  plusieurs  Nyamparas  et  leur  principal  chef  trou- 
vent la  mort  dans  ce  combat.  L'Etat  perd  vingt  soldats; 
trente-cinq  autres  sont  blessés.  Glorie  lui-môme  a  été 
gravement  atteint  d'une  balle  à  la  poitrine.  Les  vaincus 
s'enfuient  vers  Uvira,  afin  d'y  trouver  un  appui.  Ils  y 
arrivent  vers  le  9  juillet,  au  nombre  de  cinq  cents  environ. 

Le  18,  la  colonne  Svenson,  qui  n'avait  pu  suivre  et 
soutenir  Glorie,  rentre  à  Kasongo  où  se  trouve  en  ce 
moment  la  colonne  Doorme,  reconstituée.  La  troupe  victo- 
rieuse va  se  refaire  à  Lokandu. 

Le  20  juillet,  Dhanis  part  pour  Kabambare,  où  Svenson 
doit  lui  amener  ses  trois  cent  ([uarante  soldats  et  se 
porter  de  là,  à  Sungula,  à  l'est.  La  colonne  Glorie  rem- 
place Svenson  à  Kasongo.  Le  commandant  supérieur  a 
ainsi  plus  de  douze  cents  soldats  disponibles  pour  marcher 
contre  les  révoltés. 

Le  5  septembre,  le  vice-gouverneur  général  Van  Gèle 
est  chargé  du  commandement  supérieur  des  opérations 
et  le  baron  Dhanis  se  met  en  route  pour  l'Europe.  Mal- 
heureusement Van  Gèle  tombe  malade  le  22  octobre  et 
est  forcé  de  confier  ses  hautes  fonctions  au  commandant 
Long.  Rentrant  en  Europe,  il  rencontre  en  aval  de  Nj^angwe 
le  baron  Dhanis  qui,  prévenu  à  Lokandu,  retourne  assu- 
mer de  nouveau  la  haute  direction  de  la  campagne. 

Le  27  octobre  1898,  la  colonne  Svenson,  privée  de  son 
chef,  forte  d'environ  trois  cents  soldats,  placée  sous  le 
commandement  du  lieutenant  Stevens,  arrive  à  Sungala, 
sur  les  routes  d'Uvira  et  de  M'Towa. 

Combat  de  Sungala;  4  novembre  1898. 

Le  4  novembre,  de  grand  matin,  en  plein  l)rouillard, 
Stevens  est  attaqué  de  tous  les  côtés  à  la  fois  par  une 
bande  de  rebelles;  ses  avant-postes  se  retirent  en  ordre, 
le  capitaine  Hardy  et  le  sergent  Ardevel  sont  tués.  Stevens 


—  i'V.)  — 

S(^  voit  conli'n'ml,  de  bnlli'c  en  r(»,lr;ii(('.  1{:iss(îiii1)I;iiiI 
(oui  co  qui  lui  rcslo  do  soldiils,  il  ï;\\l  une,  li'oiirc,  rpii 
lui  coùto  oucoro  cinqunuto  morts,  cl  ;iu  houl  d'niic  heure, 
pnrvioid  i\  ;iiTÔler  la  poursuite  d(^.  r(*,nn(îuii.  l'eu  do 
louips  après  cot  éclioc,  sur^'it,  uialhourousonuMit  (i"op  tai-d, 
le  renfort  promis,  sous  les  ordi'os  du  lieutenant  Alhan  lo 
Maire. 

Prise  de  Kabambare  par  les  révoltés;  13  novembre  1898. 

Stevens  se  dirige  vers  Kabambare.  Au  cours  de  la  retraite, 
la  colonne  rencontre  successivcniont  une  compagnie  sous 
les  ordres  du  lieutenant  Adlerstràhle  et  les  troupes  du 
commandant  Long,  chef  de  Kabambare.  Tous  ces  déta- 
chements vont  se  concentrer  dans  cette  place  importante. 

Le  13  novembre,  le  commandant  Svenson  meurt  à  Kabam- 
bare. Le  lendemain  de  grand  matin  les  révoltés  attaquent 
la  garnison,  à  l'improviste.  Les  chefs  n'ont  pas  le  temps 
de  grouper  leurs  hommes;  chacun  se  défend  pour  son 
propre  compte,  au  hasard  des  circonstances.  Ce  combat 
extraordinaire  dure  une  heure.  Finalement,  les  soldats 
lâchent  pied  les  uns  après  les  autres  et  se  dirigent  vers 
Kasongo.  Environ  huit  cents  hommes  échappent  à  l'ennemi. 
Les  lieutenants  Rahbeck  et  Sterckx  sont  tués,  le  lieutenant 
Adlerstràhle  est  gravement  blessé. 

Le  20  novembre,  la  garnison  de  Kabambare  atteint 
Kasongo,  où  se  trouve  le  baron  Dhanis.  Celui-ci  réorga- 
nise, tant  bien  que  mal,  ces  éléments  plus  ou  moins  démo- 
ralisés et  en  constitue  deux  colonnes.  Il  confie  l'une  d'elles, 
forte  de  huit  cent  cinquante  hommes,  avec  cent  quatre-vingts 
cartouches  par  homme,  au  docteur  Meyers  assisté  du  com- 
mandant Sund,  des  lieutenants  Delhaize,  Peterson,  Lind- 
holm,  Tandrup,  Myrrhe  et  du  sergent  Bernard.  La  deuxième 
colonne  comprend  cinq  cents  hommes  sous  les  ordres  du 
commandant  en  chef  lui-même,  secondé  par  le  commandant 


150 


Rue,  qui  vient  d'arriver  avec  un  renfort  de  Ponthierville, 
et  par  le  sergent  Eyckermans. 

Réoccupation  de  Kabambare  ;  30  décembre  1898. 

Tandis  que  le  ijaron  Dlianis  se  dirige  par  la  grand'route 
vers  Kabambare,  les  colonnes  Sund  et  Meyers  suivent  la 
Luama  pour  envahir  le  poste  par  le  nord.  L'attaque  com- 
binée doit  se  faire  le  31  décembre,  à  la  pointe  du  jour. 

Le  80  décembre,  vers  quatre  heures  du  soir,  les  colonnes 
Sund  et  Meyers  apprennent  que  les  révoltés  ont,  le  jour 
même,  incendié  Kabambare.  Sans  attendre  des  ordres  ils 
se  mettent  à  leur  poursuite  sur  la  route  de  l'est. 

Bataille  de  Bwana-Debwa;  31  décembre  1898. 

Ayant  marché  toute  la  journée  et  toute  la  nuit,  le  doc- 
teur Meyers,  le  31,  dans  la  matinée,  entoure  la  position 
des  révoltés  dans  le  village  de  Bwana-Debwa.  Deux  cir- 
constances exceptionnelles  favorisent  ro])ération:  l'absence 
de  sentinelles  chez  l'ennemi  et  un  brouillard  épais  qui 
couvre  le  plateau.  Les  soldats  de  l'Etat  parviennent  à  se 
glisser  si  près  des  révoltés  qu'ils  peuvent  distinguer  tout 
ce  qui  se  passe  dans  leur  camp  et  môme  entendre  ce  qui 
s'y  dit.  Déployés  en  tirailleurs,  le  doigt  sur  la  détente,  ils 
attendent  impatiemment  le  monjent  du  combat.  A  six  heures 
et  demie,  au  moment  où  le  soleil  perce  le  brouillard,  le 
clairon  donne  le  signal  de  l'attaque.  Assaillis,  les  mutins 
prennent  leurs  postes  de  combat  et  répondent  au  tir;  mais, 
après  cinq  heures  de  lutte  farouche,  décimés  par  un  feu 
meurtrier,  ils  abandonnent  leurs  positions  et  se  sauvent  vers 
le  village  de  Lubilo,  en  un  désordre  épouvantable.  Les 
troupes  de  l'Etat  remportent  là  un  éclatant  et  définitif  succès. 
Mais  leurs  pertes  sont  énormes:  quarante  soldats  sont 
tués,  quatre-vingts  blessés.  L'ennemi  compte  cent  cinquante 
à  deux  cents  morts. 


—  ir,i  — 

Des  doiizo  coiUs  l'ôvoltés,  il  nr  resic  plus  mnintcnîiut 
que  qiK^hiuos  conlniiK^.s  do  l'u^nrds,  ((ui  se  canloiiiKml  prrs 
dos  sources  de  la  Luama,  sur  U\  \'orsaiil  occidonlal  do  la 
chaîne  de  montagnes  liniilanl  h^  bassin  du  Tanganika,  à 
peu  de  distance  du  mont  Misosi. 

La  bataille  de  Bwana-Debwa  porte  un  cou[)  (b'cisir  à 
la  rébellion.  Cependant,  des  bandes  erraient  encr)ro  dans 
la  partie  du  Manyema  voisine  du  Tanganika.  r>araka  et 
Uvira,  notamment,  restaient  toujours  entre  les  mains  <les 
révoltés.  La  campag-ne  n'est  pas  terminée.  Mais,  avant  de 
marcher  en  avant,  il  faut  attendre  un  ravitaillement  en 
cartouches. 

Le  15  février,  une  reconnaissance  rentre  de  Sungula  et 
annonce  que  ce  point,  abandonné  par  les  révoltés  depuis 
quelques  jours,  vient  d'être  réoccupô  par  les  troupes  de 
l'Etat. 

Bataille  de  Sungula;  20  juillet  1899. 

Le  20  juillet,  les  mutins  au  nombre  de  deux  mille  cinq 
cents,  y  compris  leurs  auxiliaires,  fondent  sur  le  cam^) 
de  Sungula,  commandé  par  Hennebert,  et  sur  le  poste  de 
Mifucho,  occupé  par  Dhanis  et  Mohun.  C'est  la  bataille  la 
plus  sanglante  qui  ait  été  livrée  aux  révoltés. 

Les  éclaireurs  et  les  avant-postes  commencent  le  feu  à 
sept  heures  du  matin.  Hennebert  arrête  rapidement  ses 
dispositions  de  combat  et  lorsque  les  révoltés,  croyant  le 
surprendre,  arrivent  comme  un  flot,  entourant  le  camp 
de  partout,  ils  trouvent  le  personnel  de  la  garnison  à 
son  poste;  les  hommes  sont  tous  pleins  de  sang-froid.  Les 
mutins  se  battent  avec  courage,  pendant  deux  longues  heures. 
Les  troupes  de  l'Etat  se  conduisent  vaillamment.  Sur 
certains  côtés  du  fort,  les  révoltés  s'avancent  jusqu'à  vingt 
mètres.  Ils  laissent  trois  cents  morts  sur  le  terrain.  Battus 
partout,  ils  se  reforment  sur  une  éminence  à  deux 
kilomètres,   d'où  les    troupes  Hennebert  vont  les  déloger 


•       —  152  — 

et  les  rejeter  vers  l'est,  dans  une  contrée  désolée  par 
la  famine  et  la  variole. 

L'Etat  a  vingt-cinq  soldats  tués  et  quatre-vingts  blessés. 
Aucun  blanc  n'est  atteint. 

Les  Batctelas  révoltés  se  dirigent  alors  vers  le  nord 
du  Tanganika,  semant  sur  leur  passage  l'effroi  et  le  car- 
nage. 

Au  cours  du  mois  de  septembre  1899,  Dhanis  ordonne 
une  concentration  des  troupes  de  l'Etat  au  camp  de  Sun- 
gula;  il  veut  reprendre  Baraka,  où  se  sont  installés  les 
rebelles  après  leur  défaite. 

Le  28,  la  colonne  se  met  en  marche  sous  le  comman- 
dement du  commandant  Hecq,  chef  de  la  zone  de  M'Towa. 
Elle  se  compose  des  compagnies  de  Sungula  (quatre  cent 
cinquante  hommes,  capitaine  Hennebert  et  lieutenant  Gon- 
terio),  des  deux  compagnies  de  M'Towa  (deux  cent  cinquante 
hommes),  de  la  compagnie  du  capitaine  Verhellen  (cent 
quatre-vingts  hommes),  soit  en  tout  huit  cents  liommes, 
avec  quatorze  Européens,  deux  cents  porteurs,  phis  les 
femmes  et  les  bo^^s  des  soldats. 

La  route  entre  Sungula  et  le  lac  est  mauvaise,  très  acci- 
dentée, elle  traverse  des  marais  immenses.  Aucun  village 
ne  s'y  rencontre  et  on  n'y  trouve  point  de  vivres. 

Combat  de  Baraka   (Golfe  de  Burton);  8  et  9  octobre  1899. 

Le  6  octobre,  la  colonne  arrive  au  lac  de  Simiangulu, 
un  peu  au  sud  de  Baraka.  Elle  se  remet  en  marche  le  8 
et  vient  de  franchir  la  petite  rivière  Tambalo,  lorsque, 
à  midi,  elle  est  attaquée  par  les  rebelles,  cachés  dans  les 
broussailles  à  une  centaine  de  mètres  de  la  rive  gauche 
de  la  rivière. 

Dès  le  début  de  l'action,  le  feu  est  très  violent,  les 
balles  pleuvent.  Les  soldats  montrent  un  courage  et  un 
entrain  extraordinaires.  L'ennemi,  vivement  attaqué,  est 
refoulé,  obligé  d'abandonner  le  village  et  de  fuir  en  désor- 


—  ir>;i  — 

(Iro,  Inissnnt  do  iiombroiix  morts  sur  le  clininj)  do  l);il;ulle. 

Peu  d(^  lonips  après,  la  colonne  ai)[)r(ind  (juo  les  rovol- 
ios  so  sont  (Hal)lis  pros  du  villa^o  mémo  de  Haraka,  rlans 
trois  caniponients  distants  l'un  de  l'autre  d'une  lieue 
environ,  et  qu'elle  n'a  eu  affaire  ({u'à  une  partie  d'entre 
eux.  L'ordre  est  don('  donne  de  reprendre  la  marche  et  la 
colonne  se  déploie  en  tirailleurs.  Hientôt,  la  fusillade  éclate 
sur  le  liane  de  la  colonne,  dont  les  soldats  ripostent  avec 
acharnement  et  se  battent  comme  des  lions.  Cette  fois  la 
lutte  n'est  pas  longue  :  les  rebelles  lâchent  pied  rapide- 
ment, laissant  sur  le  terrain  deux  de  leurs  chefs  et  de 
nombreux  soldats. 

L'expédition  pousse  alors  vers  le  troisième  village,  qui 
est  pris  d'assaut.  Tous  les  habitants,  hommes  et  femmes, 
s'enfuient,  en  proie  à  une  folle  panique,  vers  les  mon- 
tagnes. La  troupe  campe  sur  le  champ  de  bataille,  le  8 
et  le  9. 

Le  10,  elle  se  remet  en  route  vers  Kaboge,  où  s'est 
renfermé  le  principal  chef  des  révoltés,  Ghanguvu,  ex-sergent 
de  la  Force  Publique;  celui-ci  commande  à  une  centaine 
de  fusils,  renforcés  depuis  la  veille  de  tous  les  fuyards 
des  combats  précédents. 

Combat  de  Kaboge;  12  octobre  1899. 

En  arrivant  le  11  au  village,  la  troupe  est  prévenue 
par  les  indigènes  que  Ghanguvu  se  cache  dans  les 
montagnes  voisines  et  qu'il  compte  attaquer  les  blancs 
dans  la  nuit  ou  bien  de  grand  matin.  Le  camp  établi 
au  bord  du  lac,  et  à  l'abri  d'un  coup  de  main  du  côté 
de  l'est,  est  solidement  gardé  vers  la  plaine.  Des  sen- 
tinelles y  sont  placées,  avec  des  instructions  sévères,  car 
la  nuit  est  sans  lune.  Elle  se  passe  sans  incident;  mais 
dès  six  heures  du  matin,  la  fusillade  éclate  de  nouveau, 
les  premiers  coups  de  feu  étant  tirés  sur  les  compagnies 
de    M'Towa    campées   vers  le    nord.    Ce    n'est    là    qu'une 


—  154  — 

feinte,  imaginée  pour  attirer  l'attention  de  ce  côté,  car 
bientôt  un  feu  violent  est  dirigé  sur  la  compagnie  Verliellen, 
qui  défend  le  camp  au  sud.  Elle  tient  solidement  et 
riposte  avec  le  plus  vif  succès. 

Le  combat  dure  ({uatre  beures.  L'ennemi  bat  enfin  en 
retraite  laissant  à  l'Etat  vingt-six  fusils  et  de  nombreuses 
munitions.  Il  compte  quatre-vingt-dix  tués,  dont  trois  cliefs: 
Cbanguvu,  Piana  Musungu  et  Kalikula.  Du  côté  de  l'Etat, 
il  y  a  quelques  tués  et  dix   blessés. 

Battus,  traqués,  les  derniers  révoltés  s'enfuient  en  pleine 
désorganisation  vers  le  nord,  dans  la  montagne.  La  pour- 
suite dure  trois  jours.  Afin  de  l)arrer  la  route  aux  révoltés, 
la  troupe  suit  la  plage  du  Tanganika. 

Le  10  octobre  1899,  la  colonne  du  commandant  Hecq 
réoccupe  la  station  abandonnée  d'Uvira,  à  l'extrémité  nord 
du  lac  et  les  indigènes  de  la  région  se  rallient  à  l'Etat 
vainqueur. 

Les  relations  entre  Belges  et  Allemands,  au  lac  Kivu, 
étant  très  tendues  depuis  près  d'un  an  et  un  conflit  étant 
à  redouter,  les  troupes  du  commandant  Hecq  se  mettent 
en  marche  dans  cette  direction,  le  14  novembre.  Hecq 
passe  avec  les  Allemands  une  convention  qui  met  fin  aux 
contestations. 

Tandis  que  l'Etat  remportait  ces  derniers  succès,  l'inspec- 
teur d'Etat  Ghislain  était  arrivé  d'Europe  pour  reprendre 
le  commandement  du  baron  Dhanis  et  avait  organisé  une 
compagnie  d'élite  de  deux  cent  cinquante  soldats,  encadrée 
de  quatre  officiers.  Terrassé  par  la  fièvre,  Ghislain  fut 
malheureusement  forcé  de  rentrer  précipitamment  en 
Europe  (avril  1900). 

Le  baron  Dhanis  reçut  avis  d'attendre  l'arrivée  du  com- 
mandant Mali'eyt,  désigné  pour  le  remplacer.  Continuant 
à  accomplir  scrupuleusement  sa  mission,  il  se  tenait  au 
courant  des  mouvements  des  révoltés,  lorsque  le  31  nuii  1900, 
leurs  bandes  lui  a,yant  été  signalées  comme  étant  établies 


Hecq. 


Hknnebeut 


De  Bergh. 


Malfeyt. 


Clichés  de  l'ouvrage  de  M.  .Jenssen  Tusch,  Shandinaver  i  Congo. 


—   155  — 

nu  nonl-c'sl  de  Sun^-uhi,  près  de  I'iiiil»;i,  il  s(î  (lis[)()SO  à 
niarclKM-  aussi  tôt  conlro  elles.  Il  divise  sa  colonne  en  trois 
groupes  de  façon  à  cerner  les  rebelles,  à  k^s  i)ousser  vers 
le  Tan^'anika  et  à  les  écraser.  Mais  les  r(noltés  ne  résistent 
^'uère  et  s'enfuient  vers   le   nord-(^st   en  s(^  dispei'sant. 

La  canipai^'ne  est  tenniiK^e.  La  lutte  a  duré  quarante- 
trois  mois  et  a  exi^-é  d'énormes  sacrifices  en  hommes  et 
en  argent. 

Le  4  juillet  1900,  Dhanis  remet  son  commandement  de 
g'oiiverneur  de  la  Province  orientale  entre  les  mains  du 
commandant  Malt'eyt  et  rentre  en  Europe  après  un  séjour 
en  Afrique,  déplus  de  cinq  ans,  passés  en  majeure  partie 
à  la  poursuite  des  Batetelas  révoltés. 

Dhanis  est  actuellement  capitaine  commandant  au  régi- 
ment des  grenadiers,  chevalier  do  l'Ordre  de  Léopold  et 
de  l'Etoile  africaine,  décoré  de  la  croix  militaire  de  l''  classe, 
de  la  médaille  de  la  Campagne  arabe  et  de  l'Etoile  de 
service,  officier  de  l'Ordre  ro3'al  du  Lion,  décoré  de 
l'Ordre  de  l'Epée  de  Suède  de  1^  classe. 


PUBLICATIONS: 


Le  district  d'Upoto  et  la  fondation  du  camp  de  l' Aruwimi .  (Publications 
de  l'Etat  indépendant  du  Congo,  n"  3,  brochure  in- S",  44  p.  et 
Bulletin  de  la  Société  royale  belge  de  Géographie,  1890,  pp.  5,  45). 

Flore  du  haut  Congo.  (Mouvement  géographique,  1890,  p.  25). 

Faune  du  haut  Congo.  (Mouvement  géographique,  1890,  p.  269). 

Carte  de  la  région  entre  Luluabourg-Lusambo  et  Le  lac  Tanganika. 
Renseignements  fournis  par  Dhanis,  etc.  (Mouvement  géographique, 
1894,  p.  106,  et  Congo  illustré,  1895,  fasc.  4). 

Rapport  au  secrétaire  d'Etat  sur  la  campagne  arabe  dans  le  Manyem,a. 
(Documents  relatifs  à  la  répression  de  la  traite  des  esclaves,  publiés 
en  exécution  des  art.  LXXXl  et  suivants  de  l'Acte  général, 
pp.  11-42,  et  Congo  illustré,  1895,  pp.  25,  33,  41,  53,  60,  lô^  et  73, 
avec  une  carte). 


—  156  — 

—  Tableau  des  observations  de   latitudes   faites  dans  la  région  des  chutes 

entre  Lutete  et   Popokabaka  (Kwango).  (Mouvement  géographique, 
1895,  p.  87). 

—  La  campagne  arabe  au  Manyema.  (Congo  illustré.  1895), 

—  DiiAMS.  Rapport   sur   rétablissement   des  postes    de    Uwangi,   Upoto  et 

Yambinga.  (Mouvement  géographique,  1893,  p.  65). 

—  L exploration  et  l occupation  du  Kwango  oriental,  d^ulletin  de  la  Société 

royale  de  géographie  d'Anvers,  1906). 

—  La  campagne  arabe,  (id). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  D'"  HiNDE.   Tlie  fall  of  the  Congo  Arabs.    (Traduction  Avaert,  Librairie 

européenne,  B.  Muquardt,  1897,  Bruxelles). 

—  DE  Martrin  Donos.  les  Belges  dans  V Afrique  centrale. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  ...  pp.  172,  292,  449. 

—  La  Belgique  coloniale. 

—  Bu.TAC.   L'Etal  indépendant  du  Congo.  (Falk,  Bruxelles,  1899). 

—  Wauters.  L'Etat  indépendant  du  Congo. 

—  Mouvement  géographique,  1894,  p.  91. 

—  Mouvement  antiesclavagiste.  1893-1894,  p]).  379,  368. 

—  Van  Eetvelde.  Rapport  au  Roi-Souverain  sur  la  cam^jagne  arabe. 

—  Bulletin  de    la    Société  d'études    coloniales.    Novembre-décembre    1894. 

Discours  de  Chaltin. 

—  Bulletin  de  la  Société  royale  de  géographie  d'Anvers,  tome  XIX,  }).  311. 

—  Congo  Belge.  1896,  1897,  1898,  1899. 

—  A.  J.  Wauters.    Campagne   arabe    du    Manyema  par   le  commandant 

Dhanis.  (Congo  illustré  1894,  pp.  153,  160,  1895). 

—  Jenssex  Tusch.   1902,  1905,  Copenhague  «  Skandinaver  i  Congo  «. 

—  Rapport    de  Bhanis^    commissaire  de  district  au  gouvernernent-général. 

(Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie,    1892,  p.  444). 
— ■  Livixgstone.  Ber7iier  journal  1866-1875.  2  vol.  Paris.  Hachette  et  C''".1876. 

—  Stanley.  Cinq   aminées    au   Congo.    Chap.   XXVI,    Institut   national   de 

géograi)hie,  Bruxelles. 
D'"  Schweinfurth.  Au  cœi^r  de  l'Afrique.  1866-187 1.Uâchette  et  C"',IS1d. 

La  question  arabe.  (Extrait  de  la  Bibliographie 
du    Congo,    1880-1895,    par  A.    J.    Wauters): 

l)!'  ().  Baumann.  Die  Aràher  an  den  Stanley  fallen  des  Kongo.  i^Globus 

1887,  LU,  n"  10,  p.  145). 


—  K)7  — 

Heckku  Jkhomk.  De  Vesrlavaffe  arabe,  et  du  rôle  de  l' Islam  en  Afrique. 
(Vio  on  Afri(iiu\  cluii).  \\X\',  vol.  II). 

HiNiiKU  (capitaiiio),  Esclavage,  islamisme  et  christianisme.  1  vol.  l'aris, 
Soc.  ('"(lil,  scuMil.   1891. 

HoiHMCHON,  (.1.).  L'invasion  musulmane  en  Afrique,  suivie  du  réveil  de 
la  foi  chrétienne  dans  ces  contrées.  Tours,   ('attier,  1890, 

HiiRDO  A.  Les  Arabes  dans  l'Afrique  centrale.  Paris,  Dentu,  1885. 

CiiALTiN.  Rapport  sur  la  révolte  des  Arabes  du  Lualaba  et  du  Lomami. 
(Mouvcincut  géographicuiG,  1892,  p.  92). 

La  question  arabe  au  Congo    (Bull.  Soc.  Etudes  Colon.  1894,  i»|).  ir)3-lî)();. 

CoQUiLiiAT.  Rapport  sur  l'évacuation  de  la  station  des  Sla)dey  Falls. 
(Mouvement  géograpliifiue,  1880,  p.  lOTj. 

DiiANis  (baron).  Rapport  de  M.  l'inspecteur  d'Etat,  baron  Dhanis,  au 
secrétaire  d'Etat  sur  la  campagne  arabe  dans  le  Manyema.  (Docu- 
ments relatifs  à  la  répression  de  la  traite  des  esclaves  publiés  en 
exécution  des  articdes  LXXXI  et  suivants  de  l'Acte  général, 
pp.  11-42,  et  Congo  illustré,  1895,  pp.  25,  33,  41,  53,  60,  68  et  78. 
Avec  carte). 

(iouDON  Pacha.  Journal  —  Sièg^  de  Khartoum.   Paris,  1886. 

HoDiSTER.  I^es  Arabes  sur  le  Haut-Cmgo.  (Mouvement  géographique, 
1891,  p.  83). 

I^es  trois  dernières   lettres.  (Mouvement  géograplii(|ue  1892,  p.  82). 

Lenz,  D'"  Oscar.  Islam  und  Africaforschung.  XIV,  pp.  289,  292).  (Aus 
allen  Wellt.  1883.  XII,  pp,  289,  292). 

MuNZENBERGER  E.  F.  A.  Afi'ika  und  der  Mohammedanismus .  Frankfurt 
a/M.  Fôsser. 

Picard.  Edm.  Aryens  et  Sémites  au  Congo.  (Nouvelle  revue  internatio- 
nale, 1894,  pp.  98,  102).' 

PoNTHiER.  Rapport  sur  le  combat  du  Bomokandi.  (Indépendance  belge, 
n"  du  25  mars  1892). 

Saixt-Berthuin  (de).  Alexis  Vrithoff.  (Brux.  Soc.  de  Saint- Augustin, 
1893). 

■  Seidel.  Die  Araber  in  Ost-  und  Mittelafrika.  (Globus,  1889). 

■  SiLVA  White  (Arthur).  Islamisme  et  Christianism,e.{C\i'à\).\  àc,  l'ouvrage 

«  Le  développement  de  rAfri(jue  n,  pp.  155-192). 

-  Stevenson  (James).   The  Arabs  in  central  Africa  and  at  Lake  Nyassa. 

Glascow.  J.   Maclehose  and  sons,  1888. 

-  Tobback.  Rapport  sur  la  révolte  des  Arabes  du   Lualaba.  (Mouvement 

géographique,  1892,  p.  83). 

-  Tristram  Pruen  s.   The  Arab  and  the  African  :  Expériences  in  Eastern 

Equatorial  Afrika  dwing  a  résidence  of  three  years.  London.  Scclcz 
and  C".  1891. 


—  158  — 

Ursel  (Comte  d').  Les  Belges  au  Tanganika.  (liull.  de  la  Soc.  belge 
de  «géographie,  1893.  n"  1  et  1  br.  de  24  p.  Vander  Au^ve^a,  1893). 

Wauters  a.  J.  La  réoccupation  des  Stanley-Falls.  (Mouvement  géo- 
graphi(|ue,    1888,  pp.  74  et  81). 

Wauters  A.  J.  Les  Arabes  dans  V Afrique  centrale.  (Mouvement  géo- 
graphi(pie,  1888,  p.  93). 

Wauters  A.  J.  U invasion  arabe  dans  le  haut  Congo.  Le  désastre  de 
la  mission  Hodister.  (Mouvement   géographi(|ue,   1892,  }>.  79). 

Les  événements  du  haut  Congo.  (Mouvement  géographique,  1892,  p.  95). 

L'expédition  Hodister.  (Mouvement  géogra[)hi(jue,  1892,  p.  99). 

La  Conquête  du  Manyema  par  le  commandant  Bhanis,  avec  une  carte. 
(Congo  illustré,  1894,  pp.  153-160). 

WiSSMANN  (L.  von).  On  the  influence  of  Arab  Traders  in  West-Central 
Africa.  (Proceed.  of  the  royal  geogr.  Soc,   1888). 

Les  Arabes  au  Congo.  (Mouvement  antiesclavagiste,  1893,  n°  6,  j).  238; 
n"  7,  p.  270;  n"  8,   p.  299). 

Extension  de  l'influence  arabe  en  Afrique.  (L'Afrique  ex})lorée  et  civi- 
lisée,  1888,  }).  40;  Scottish  geografical  magazine,  1888,  p.  312). 

Les  Arabes  du  haut  Congo.  (Congo  illustré,  1892,  j).  130;  1893,  p.  138). 

Les  chefs  arabes  du  haut  Congo,  (id.).,  1894,  pp.  17,  30,  38,  46,  50). 

La  question  arabe.  (Mouvement  géographique,  1893.  p.  16). 

La  région  arabe.  (Mouvement  géographique,   1892,  p.  47). 

La  révolte  des  Arabes  de  Nyangvce.  (Mouvement  géographique,  1892, 
pp.  65,  69,  81  et  92). 

Les  événements  militaires  dans  la  2one  arabe.  (Mouvement  géographique, 
1893,  p.  63;  1894,  pp.  11  et  67). 

L'état  indépendant  du  Congo  et  les  Arabes.  (Deutsche  Kolonial  Zeitung, 
1889  n»  32). 

Les  origines  du  mouvement  arabe  en  Afrique.  (Mouvement  antiescla- 
vagiste, 1893,  ])p.  396,  403). 

Tippo-Tip.  (Mouvement  géographique.  1885,  p.  51  et  The  Anti-Slavery 
Reporter.  London.  1886,  n»  6). 

Mohammedanism  and  Sla':e    Trade  in  Africa.  (Science,  1888,  p.  325). 

Le  retour  de  Vexpédition  du  commandant  Jacques.  (Tiré  à  part  du 
Mouvement  antiesclavagiste,  1  br.  in-8".  Bruxelles,  1894). 


FUCHS,  FELIX. 


Cliché  (lu  journal  Le  Congo. 


FUCHS,    FÉLIX,    ALEXANDRE, 

né  à  Ixelles,  le  25  janvier  1858. 

Docteur  en  droit,  entre  le  l®''  juin  1887,  au  service  de 
l'Etat  (département  des  affaires  étrangères),  en  qualité  de 
directeur  de  la  justice  ad  intérim,  et  s'embarque  la  pre- 
mière t'ois  pour  le  Congo,  le  27  janvier  1888.  Le  23  août 
suivant,  il  est  nommé  directeur  de  la  justice,  juge  sup- 
pléant d'appel,  et,  à  la  mort  de  l'inspecteur  général  Gondry, 
membre  du  comité  exécutif,  chargé  de  la  direction  du 
gouvernement.  Rentré  en  Europe  le  15  juillet  1889,  il  repart 
le  6  novembre  de  la  même  année,  après  un  court  congé. 

En  septembre  1890,  il  procède,  en  qualité  de  commis- 
saire royal,  à  la  délimitation  des  frontières  de  l'Etat  et 
des  possessions  portugaises.  Le  24  mars  1891,  à  la  mort 
du  vice-gouverneur  Goquilhat,  il  est  promu  président 
du  comité  exécutif;  puis,  nommé  juge  d'appel  en  mai  1891. 

Durant  le  voj^age  d'inspection  dans  le  Haut-Congo  du 
vice-gouverneur  général  Wahis,  Fuchs  est  chargé  de  la 
direction  des  affaires  à  Boma.  Il  rentre  en  Belgique  le 
15  janvier  1892. 


I 


—    IGO  — 

Le  21  juin  1892,  il  s'o]iil);ir([un  à  Lisbonne,  on  qualité 
de  (lirecLeur  i^'énéi'al  et  esL  adjoint  au  ^'ouverneur  général 
Wahis;  il  est  nommé  —  on  janvi(M^  181>:i  —  insj)ecteur 
d'Etat.  De  septembre  1892  au  1'"  mai  1893,  Félix  Fuchs 
remplit,  une  seconde  fois,  les  fonctions  de  gouverneur 
général  pendant  l'absence  du  titulaire  et  en  juin  de  la 
même  année,  l'Etat  le  charge  d'une  importante  mission 
dans  le  Mayumbé,  l'immense  foret  qui  couvre  la  plus 
grande  partie  des  territoires  du  Bas-Congo  et  qu'arrosent 
le  Tcliiloango,  son  affluent  la  Lukulla  et  son  sous-affluent 
la   Lubuzi. 

Dans  sa  première  excursion  de  quatre  semaines,  Fuchs 
est  accompagné  de  Schoefer,  ingénieur  des  mines,  et  du 
sous-lieutenant  Dupuis  ;  dans  sa  seconde  exploration,  il 
est  secondé  par  le  professeur   Laurent,  de  Gembloux. 

Parti  de  Tchionzo,  sur  la  rive  droite  du  Congo,  en  face 
de  Matadi,  Fuchs  remonte  au  Nord  d'Issanghila  pour 
obliquer  ensuite  vers  le  Nord-Ouest  dans  la  direction  de 
Loango. 

Il  relève  des  altitudes  de  quatre  cents,  six  cents  et  huit 
cents  mètres  et  étudie  la  flore,  la  faune,  les  richesses  miné- 
rales, ainsi  que  les  industries  et  les  coutumes  des  indigènes. 
Dans  un  village,  à  l'extrême  frontière  nord  du  Mayumbé, 
la  caravane  est  reçue  à  coups  de  fusils.  Les  indigènes 
veulent  se  venger  d'une  répression  légitime  que  leur  a 
infligée  jadis  Rolin,  lors  de  son  passage  en  cet  endroit. 

Fuchs  signale  et  consigne  dans  son  rapport  les  riches- 
ses végétales  du  Mayumbé.  Il  constate  la  disparition,  quasi 
totale,  grâce  aux  efforts  des  agents  de  l'Etat,  de  l'épreuve 
de  la  casque,  jadis  répandue  dans  cette  contrée. 

Le  25  novembre  1893,  Félix  Fuchs  rentre  en  Europe  pour 
repartir  dès  le  0  juin  1894,  chargé  à  nouveau  de  la  direction 
des  affaires,  pendant  la  durée  du  second  voyage  d'inspec- 
tion du  gouverneur  Wahis  (août  1891);  il   continue  à  rem- 


—   101  — 

plii'  ('(^s  li;nil(vs  l'oiiclioiis  pcMidiiiil  le  con^i^'L»  de  ('(diii-ci  et 
ne    i-('\i('ii(    (Ml    l)el;4i(lii<'    que    le   18    iiovcnihrc».    ISHn. 

Poui-  la  c'iiKiuièiiKî  l'ois  ImicIis  relounic  en  ArriijiK;  cii 
IS'.H);  il  est  ai)i)olô  à  |)i'ésid(M*  à  Boiiia,  la  cour  (rai)[)(3l 
chargée  de  juger  l'afrairc   SLokes. 

Son  sixièuio  départ  date  du   11  avril    18U7. 

Félix  Fuclis,  nommé  président  du  tribunal  d'api)el,  est 
chargé  d'unes  mission  d'inspection  dans  le  Haut-Congo,  et 
une  fois  de  plus  le  gouvernement  lui  confie  les  fonctions 
de  gouverneur  général  intérimaire.  C'est  en  cette  qualité 
([u'il  a  l'heureux  privilège  de  présider  à  ce  mémorable 
événement:  l'inauguration  du  chemin  de  fer. 

Rentré  le  18  mars  1899,  Fuchs  représente  l'Etat  ind(''- 
pendant  du  Congo,  comme  plénipotentiaire,  à  la  conférence 
qui  se  tient  à  Londres  pour  la  réglementation  de  la  chasse 
et  la  protection  de  la  faune,   en  Afrique. 

De  Londres,  il  rentre  en  Belgique,  mais  le  l"^  juin  1900 
il  repart  une  septième  fois,  pour  remplacer  Weber,  pen- 
dant la  tournée  d'inspection  que  celui-ci  fait  dans  la  région 
de  l'Equateur  et  de  Bangala.  11  est  en  même  temps  lui- 
môme  chargé  de  la  mission  d'inspecter  les  territoires  du 
Haut-Congo.  Il  parcourt  pendant  Aingt-sept  mois  la  plus 
grande  partie  du  territoire  de  l'Etat,  visitant  les  postes 
principaux  des  Grands  Lacs,  remontant  ensuite  l'Uele  et 
poussant  jusqu'au  Haut-Nil  pour  redescendre  par  l'Ubangi. 

Ce  voyage  ardu  accompli,  Fuchs  revient  en  Belgique 
le  2  septembre  1902,  mais  pour  regagner  une  huitième 
fois  l'Afrique,  le  25  décembre  1902,  en  qualité  de  prési- 
dent du  tribunal  d'appel  et  de  gouverneur  général  ad 
intérim  pendant  la  prolongation  du  congé  du  gouverneur 
baron  Wahis  et  ce  au  départ  du  vice-gouverneur  Wan- 
germée. 

Il  rentre  en  Belgique  le  4  mars  1904. 

Son  neuvième  départ  date  de  1907:  Fuchs  est  appelé  à 


—   102   — 

remplacer  ix  la  direction   du  gouvernement  local  le  colonel 
Lantonnois. 

Fuchs  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  officier  de 
l'Ordre  royal  du  Lion,  de  la  Légion  d'honneur  et  de  l'Ordre 
de  Saint-Jacques  de  Portugal,  commandeur  de  deuxième 
classe  de  l'Ordre  de  l'Etoile  polaire,  décoré  de  la  deuxième 
classe  avec  plaque  de  la  Couronne  royale  de  Prusse  et  de 
l'Etoile  de  service  à  sept  raies,  etc. 


PUBLICATIONS: 


Mœurs  congolaises.  (Société  n'""'",  octobre  1889). 

L'Exploration  du  Mayumbe  (Mouvement  antiesclavagiste,  1893,  p.  33). 
Le  Mayumbe.  (Bulletin  Société  belge  de  géographie,  1895,  pp.  5-24.  Publi- 
cations E.  1.  C,  n°  10,  1893. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Mouvement  antiesclavagiste,  1893,  1894,  p.  33. 
Le  Congo  historique,  diplomatique,  p.  623-648. 
Le  Congo.  Moniteur  Colonial. 
La  Tribune  congolaise. 


GONDRY,  HENRI, 

né  à  Gniul,  le  9  février  1845,  décédé  à  Homa  le  18  mai  1889. 

Ingénieur  honoraire  des  ponts  et  chaussées,  directeur 
d'administration  aux  chemins  de  fer  de  l'Etat. 

Nommé  inspecteur  d'Etat,  il  s'embarque  pour  le  Congo, 
le  G  janvier  1889. 

Gondry  est  le  premier  haut  fonctionnaire  appartenant 
à  l'administration   civile  belge  qui  se  rende  au  Congo. 

Il  est  chargé  d'}^  prendre  la  direction  suprême  des 
affaires,  en  remplacement  du  vice-gouverneur  Ledeganck, 
qui  vient  de  se  démettre  de  ses  fonctions. 

Dès  son  arrivée  à  Boma,  le  nouvel  inspecteur  d'Etat 
se  consacre,  avec  un  zèle  passionné,  à  l'œuvre  si  difficile 
de  l'organisation  poHtique  et  administrative  du  nouvel  Etat. 

Séduit  par  la  grandeur  de  la  pensée  royale,  pénétré 
des  résultats  brillants  qu'on  est  en  droit  de  lui  prédire, 
Gondr}^  relate  ses  premières  impressions  dans  une  collec- 
tion  de  lettres  empreintes  du  plus  grand  enthousiasme. 

Il  tombe  malheureusement  victime  de  son  ardeur  au 
travail,   le   18  mai   1889. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

Congo  illustré:  1892.  p.  52. 


LEDEGANCK,  herman, 

né  à  Somerghem  (Flandre  Orientale),  le  2  février  1841. 

Consul  général  de  Belgique  à  Bata- 
via, puis  à  Cologne. 

Lorsque  l'œuvre  du  Roi,  après  des 
transformations  politiques  diverses, 
fut  officiellement  reconnue  par  les 
puissances  comme  Etat,  —  existant  en 
fait,  depuis  les  premières  expéditions 
de  l'Association  internationale  —,  le 
principal  souci  du  gouvernement  fut 
d'organiser  administrativement  ces 
nouvelles  contrées  acquises  aux  bien- 
faits de  la  civilisation. 
Les  membres  du  corps  consulaire  belge,  qui  de  par  leurs 
fonctions,  passent  de  pays  en  pays,  étudiant  les  législa- 
tions diverses  qui  régissent  les  peuples,  au  milieu  desquels 
ils  sont  forcés  de  résider,  étaient  tout  designés  pour 
assumer  la  lourde  tâche  de  présider  aux  destinées  du 
nouvel  Etat,   à  ses  débuts  dans  la  vie  politi([ue. 


—  105  — 

Ai)ivs  \c  s(H:()n(l  séjour  (U*  (îaiiiillc  Jansscii,  ;ni  (>oii^'0, 
(Ml  (|u;ili(('*  (l(^.  <^"()uv(M'n(nir  ^•én(»ral,  Lcdo^'îmck,  consul  ^^(\\\r- 
r;il  (l(^  lîc^lj^ifjiK*  n  (lolo^iie,  fui  choisi  coniruc.  chef  du 
i^ouverncmont  local. 

Nommé  vice-g"ouverneur  général,  le  31  janvier  1888, 
Lcdegaiick  s'eml)ar([U(^.  le  (>  février  do  la  mémo  année 
pour  prendre  possession  de  ses  hautes  fonctions. 

Il  ne  les  rem])lit  pourtant  pas  lon^i^-temps  et  rentre  en 
Europe  dès  le  19  mai   1889. 

En  1893,  il  est  consul  i^fénéral,  chargé  d'affaires  au 
Venezuela,  en  1895,  consul  général  chargé  d'affaires  au 
Siam,  et  en  1899,  consul  général  et  chargé  d'affaires  à 
Buenos-AjTes,  puis  ministre  résident  pour  la  Répuhlique 
Argentine,  le  Paragua}^  et  l'Uruguay.  Il  est  actuellement 
consul  général  à   Tunis  (Algérie  Tripolitaine,   Tunisie). 

Commandeur  de  l'Ordre  de  Lôopold,  décoré  de  la  Croix 
civique  de  première  classe,  décoré  de  deuxième  classe  de 
l'Ordre  du  Buste  du  Libérateur  de  Venezuela  et  de  la 
Couronne  de  Siam. 


PUBLICATION  : 

Le  commerce  cV exportation,  (rapport  au  gouvernement  belge  1882.) 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

Congo  illustré:  1893,  p.  177. 


LANTONNOIS,  albert,  bruno,  amedée, 

né  à  Mons  le   19  juin  1852. 

Entre  à  l'Ecole  militaire  en  avril  1870,  est  nommé  sous- 
lieutenant  le  8  avril  1872,  adjoint  d'Etat-maJor  le  10  décem- 
bre 1877  et  est  désigné  pour  le  1'"  régiment  de  guides.  Promu 
au  grade  de  lieutenant  aux  grenadiers  le  30  novembre 
1878,  il  passe  quelques  jours  plus  tard  au  S""  régiment 
d'artillerie.  Peu  de  temps  après,  le  lieutenant  Lantonnois 
est  nommé  aide-de-camp  du  général  de  Savoye,  puis  des 
lieutenants  généraux  Siersaeck  et  baron  van  Rode  de 
Scliellebroeck. 

Il  est  capitaine  commandant  le  21  juillet  1889  et  adjoint 
à  l'Etat-major  de  la  3''  division  d'armée  en  1892;  major 
le  27  juin  1897;   lieutenant-colonel  le  26  septembre   1901. 

Colonel  le  26  septembre  1903,  il  est  appelé  à  la  tête  du 
ge  régiment  de  ligne  à  Anvers,  puis  au  commandement 
du  régiment  des  grenadiers. 

Elevé  au  grade  de  vice-gouverneur  général  de  l'Etat, 
le  colonel  Lantonnois  s'embarque  le  4  mai  1905,  avec  le 
baron  Wabis. 

En  1906,  il  se  rend  au  Kasaï  en  tournée  d'inspection. 

Colonel  au  régiment  des  grenadiers,  officier  de  l'Ordre 
de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  mililaire  de  première  classe, 
du  Faucon  blanc  (Saxe-Weimar)  de  première  classe,  et  du 
Lion  et  du  Soleil  de  Perse  de  quatrième  classe. 


LANTONNOIS,  ALBERT. 


Clichô  (lu  Journal   Le  Congo. 


VAN  GÈLE,  Alphonse. 


VAN     GÈLE,     ALPHONSE, 

né  à  Bruxelles,   le  25  avril  1848. 

Enf^-agé  comme  volontaire  au  S"  régiment  de  ligne  en 
18G7,  il  est  nomme  sous-lieutenant  en  1872,  lieutenant  au 
3«  régiment  de  ligne  en  1878,  et  ol)tient  le  brevet  d'adjoint 
d'État-Major  en  1881. 

S'étant  mis  au  service  de  l'Association  internationale 
africaine,  il  se  rend  au  C^ap  de  Bonne-Espérance,  le 
6  mai  1882,  et  y  affrète  un  voilier  destiné  à  transporter  à 
Banana  un  contingent  de  200  Zanzibarites  recrutés  par 
Valcke.  Il  arrive  à  l'embouchure  du  fleuve,  le  3  juillet 
de  la  même  année,  puis,  à  Banana,  Vivi,  Isanghila.  De  là, 
il  navigue  vers  Manyanga.  Van  Gèle  est  chargé,  avec 
Valcke,  de  la  mission  de  transporter  à  Léopoldville  des 
pièces  démontées  du  petit  steamer  Association  interna- 
tionale Africaine  et  de  construire  une  route  sur  la  rive 
gauche. 

En  octobre  1882,  Van  Gèle  part  avec  Valcke,  suivi  d'une 
escorte  de  200  Zanzibarites.  Il  entre  en  rapports  avec  les 
chefs  indigènes,  afin  de  créer  une  ligne  de  communication 


—  168  — 

sûre  jusqu'à  Leopoldvillo.  Il  se  rend  clioz  Lutete,  chef 
du  district  de  N'Gomljc,  et  y  fonde  la  station  de  Lutete, 
poste  important  situé  sur  la  rive  sud  du  Gong-o,  un  peu 
en  amont  de  Manyang-a  (d5  octobre  1882).  Il  conserve  le 
commandement  de  cette  station  jusqu'en  avril  1883,  époque 
à  laquelle  Stanley  l'appelle  pour  entreprendre  avec  lui  la 
reconnaissance  du  Haut-Congo. 

Le  9  mai,  Stanley,  accompagné  des  lieutenants  Van  Gèle 
et  Goquilhat,  quitte  Leopoldville  avec  tous  ses  steamers: 
En  avant,  Eclaireur,  Royal  et  A.  I.  A.  Le  personnel 
est  de  sept  Européens  et  07  noirs.  Stanley  arrive  le 
14  juin  1883  à  l'Equateur,  prés  du  Ruki,  et  donne  l'ordre 
à  Van  Gèle  de  s'y  établir. 

Par  des  prodig-es  d'habileté,  Van  Gèle,  assisté  de  Goquilhat, 
parvient  à  y  construire  une  station  modèle,  dont  il  est  nommé 
commandant.  Il  est  proclamé  chef  des  Baroumbe,  à  la 
mort  du  souverain  de  cette  peuplade. 

Pendant  que  ses  adjoints  s'appliquent,  avec  une  activité 
fébrile,  à  installer  la  station,  Stanley  explore  la  Lulonga  et 
le  lac  Tumba.  A  peine  rentré  à  Leopoldville,  il  remonte 
le  fleuve  jusqu'aux  Fa  Ils. 

Le  29  septembre,  Stanley  revient  à  l'Equateur,  et  lui, 
d'habitude  si  sobre  d'éloges,  ne  peut  s'empêcher  de  témoi- 
gner sa  grande  satisfaction  à  ses  adjoints. 

A  propos  de  cette  station,  édifiée  dans  un  espace  de 
temps  si  court  et  avec  des  ressources  si  minimes,  il  fait 
dans  un  de  ses  ouvrages  la  relation  suivante: 

"  Voilà,  enfin,  une  station  qui  répond  à  mon  idéal: 
^  une  communauté  de  soldats-ouvriers  où  la  discipline 
î'  est  parfaite,  où  les  eff'orts  sont  réciproques,  où  les 
»  chefs,  doués  de  sang-froid,  de  zèle  et  de  prudence,  savent 
^  mettre  assez  de  bonhomie  dans  leur  manière  d'être 
«  pour  se  concilier  les  aborigènes  et  les  employés  noirs, 
»  et    assez    de    dignité    pour    empêcher    toute    familiarité 


—  169  — 

^  vuI<^':iiro,  loul.  ()iil)li  (1(»  C(îs  disliiictions  sociales  qui 
^  exislcnl.  rorcéniciil.  (MiIi'c  des  lioiiiiiK's  insli'iiils  (;L  (l(;s 
-  Ijarharos. 

-  Si  jamais  rAssociatioii  inlxMMialionalo  frapjx)  dos  iriédail- 
•^  les  |)()iir  l'ck'onipensor  le  travail  el,  l'a pplica lion,  la  première 
:•>  revient  aux  lieutenants  Van  Gèle  et  (>)quilliat,  fondateurs 
î'  de  la  station  de  rE({uatcur.  ^ 

Van   Gèle  reconnaît  en  pirogue  le  cours   du   Ruki. 

Au  mois  d'août  1884,  Van  Gèle  prend  part  à  l'expédi- 
tion de  Hanssens  dans  l'Ubangi.  Ce  voyage  de  six  jours 
est  fécond  en  résultats;  il  assure  la  possession  des  deux 
rives  de  TUbangi. 

Vers  la  fin  de  l'année,  Hanssens  confie  à  Van  Gèle  la 
mission  de  se  rendre  aux  Falls  et  d'3^  conduire  des 
approvisionnements.  Van  Gèle,  avec  Van  den  Plas,  chargé 
d'organiser  la  comptabilité  des  stations,  quitte  le  poste 
de  l'Equateur  le  20  novembre  et  s'arrête  à  Iboko.  Bien 
avant  d'arriver  à  l'Aruwimi,  il  remarque  déjà  l'attitude 
terrorisée  des  populations;  celles-ci  l'avertissent  d'une 
récente  attaque  des  Arabes  contre  les  Basokos.  Rien  ne 
permet  d'apprécier  encore  les  intentions  réelles  des  Arabes, 
mais,  puisqu'ils  se  sont  avancés,  au  mépris  des  conven- 
tions conclues  avec  Stanley  et  Hanssens,  au  delà  des  limites 
tracées,  la  situation  commande  un  redoublement  de  pru- 
dence. 

Le  20  janvier  1885,  Van  Gèle  arrive  en  vue  des  villages 
basokos,  au  confluent  de  l'Aruwimi.  Les  indigènes  ont  fui 
et  un  camp  arabe  palissade,  formant  deux  carrés,  s'élève  sur 
l'emplacement  de  leurs  cases.  Les  Arabes  accueillent  Van  Gèle 
avec  des  démonstrations  d'amitié.  Une  lettre  de  Westor 
vient  rassurer  le  lieutenant  belge  sur  le  sort  de  la  station 
des  Falls. 

Cinq  jours  après  la  réception  de  ce  message,  l'expédi- 
tion de  ravitaillement  atteint  les  Stanley-Falls. 


—   170  — 

Toute  la  contrée  en  amont  de  l'Aruwimi  est  affreuse- 
ment désolée,  les  populations  se  sont  sauvées  de  toutes 
parts. 

L'expédition,  à  peine  débarfjuée  aux  Falls,  Tippo-Tip 
envoie  son  neveu  Racliid  porter  ses  salams  au  lieutenant 
et  lui  annoncer  sa  visite  pour  le  lendemain.  L'accueil  cordial 
fait  à  l'Arabe  impressionne  Tippo-Tip,  qui,  le  jour-même, 
se  rend  auprès  du  lieutenant  Van  Gèle  et  lui  témoif.'-ne  le 
vif  désir  de  nouer  des  relations  amicales  avec  les  blancs 
établis  sur  le  fleuve,  lui  promettant  de  cesser  ses  cruelles 
chasses  à  l'homme  ('). 

A  la  mort  de  Hanssens  (décembre  1884),  Van  Gèle  est 
nommé  commandant  du  district  de  Haut-Congo. 

Il  quitte  le  haut-fleuve  pour  revenir  avec  les  Zanzibarites, 
dont  le  terme  est  expiré.  En  descendant  le  fleuve,  il  conclut 
avec  les  chefs  indigènes  de  nombreux  traités,  au  nom  de 
l'Association  internationale  du  Congo  et  assure  à  celle-ci 
la  possession  de  25  nouveaux  districts. 

Van    Gèle  revient  en  Europe  le  15  nuii  1885. 

Le  Roi  le  nomme  chevalier  de  son  Ordre. 

Le  séjour  de  Van  Gèle  en  Europe  est  de  courte  durée 

Le  5  juin  1885,  il  repart  pour  le  Congo  avec  le  titre  de 
commandant  du  territoire  compris  entre  l'Aruwimi  et  les 
Stanlej^-Falls.  Il  part  de  Lisbonne  à  bord  du  Caho  Verdc, 
arrive  au  Congo  le  25  juillet  1885,  et  atteint  Léopoldville 
le  2G  octobre  suivant. 

Souffrant  de  la  fièvre,  il  est  forcé  de  reprendre  le  chemin 


(1)  La  paix  promise  ne  dure  que  dix-huit  mois.  Le  24  août  1886,  la 
station  des  Falls,  commandée  par  Deane  et  Dubois,  est  attaquée  et  tombe 
au  pouvoir  des  Arabes.  La  question  arabe  est  décidément  posée  pour  l'Etat; 
mais  la  nomination  de  Tippo-Tip  en  qualité  de  vali  des  Falls  (1887)  en 
retardera  encore  pendant  six  ans  la  solution  violente.' 


—  171  — 

(lu  pays.  Il  s(\jouriio  qiiol(|ii(',  Iciiijis  ;i  MîKJrn^  cl,  r(;vienl 
à    Hrux(*ll('s,   ('oniplrleiucnt  rôUihli,    l(^    ir>  iïi;ii   iS8(;. 

L'inlivpido  vo^'a^'cur  ({uillc  la  I)ol^i(|U('  i)()ur  la  lioisièmc 
l'ois,  lo  29  juin  188(),  ou  ([ualiU'^  do  coiumandaul  dos  lor- 
riloiros  siluôs   eulro   riliiiil)ii'i   (il   los  Falls. 

Ayant  ou  connaissauco  dos  imporlanls  rGnsoifj;"nomonls 
rapporiôs  par  los  oxpôdilions  Haussons  ot  Grordoll,  concor- 
nant  r[IJ)ani»i,  lo  oôlôhro  gôo'^raplio  A.  .1.  Waulers,  diroclour 
du  Mouvement  géographique,  à  Bruxelles,  avait  émis,  avec 
beaucoup  de  sagacité  l'hypothèse  de  l'identification  des 
rivières  Uelo,  de  Schweinfurth,  et  Ubangi,  de  Haussons  ('). 

Frappé  do  la  vraisemblance  de  cette  observation,  le 
gouvernement  de  l'Etat  charge  Je  capitaine  Van  Gèle  de 
reprendre  l'exploration  de  l'Ubangi  au  delà  du  4°  do  latitude 
nord   et  do  la  compléter  jusqu'à  la   solution  du  problème. 

La  mission  de  Van  Gèle  consiste  également  à  conclure 
des  traités  avec  les  chefs  des  territoires  compris  entre  la 
rive  gauche  de  l'Ubangi  et  le  4°  de  latitude  nord. 

Le  2  août  1886,  Van  Gèle  s'embarque  à  Léopoldville,  avec 
le  lieutenant  Liénart  comme  adjoint,  à  bord  du  Henry 
Reed,  de  l'American  Baptist  Society. 

Le  commandant  du  poste  français  de  Koundja  prétend 
leur  interdire  l'accès  de  la  rivière.  Van  Gèle  invoque  la 
liberté  de  navigation,  décrétée  pour  le  Congo  et  ses  affluents 
par  la  Conférence  de  Berlin,  et  poursuit  sa  route. 

A  Bissongo  il  retrouve,  en  possession  du  chef  N'Koko, 
le  traité  de  1884,  portant  sa  signature  ainsi  que  celles  de 
Haussons,  Comtois  et  Amelot. 

n  relève  comme  seuls  affluents  jusqu'au  4^,  sur  la  rive 
gauche:  le  Ngiri,  qu'il  remonte  jusqu'à  Mikoutou  ;  l'Ibenga, 
appelé  Botako   par  Grenfell;  sur  la  rive  droite:  le  Lobay. 

L'Ubangi  mesure  à  son  embouchure  environ  2,500  mètres 


(1)  Mouvement  géographique  31  mars  1885. 


—  172  — 

de  largeur,  sa  plus  grande  profondeur  est  de  cinq  brasses. 
Ayant  pénétré  sur  le  territoire  de  Ba-Atis,  il  conclut  un 
traité  avec  le  chef  Ekwala.  Les  populations  le  long  du 
fleuve  sont  cannibales;  elles  refusent  de  vendre  les  mal- 
heureux destinés  à   être  immolés. 

Après  plusieurs  tentatives  pour  franchir  la  série  des  rapi- 
des de  Zongo,  l'expédition,  arrêtée  par  les  hautes  eaux  qui 
empêchent  de  découvrir  la  passe,  retourne  vers  l'aval  et 
explore  successivement  le  Lobay,  l'Ibenga  et  le  Ngiri.  Dans 
la  première  de  ces  rivières,  à  40  milles  de  l'embouchure, 
une  chute  lui  barre  la  route  ;  l'Ibenga  est  remonté  sur  une 
distance  de  60  milles  jusqu'à  un  barrage  d'arbres. 

Le  Ngiri,  appelé  Loy  par  les  indigènes,  a  un  courant 
faible  et  une  eau  très  noire.  Son  cours  est  excessivement 
sinueux.  Plusieurs  villages  sont  sous  eau.  Les  rives  sont 
couvertes  de  forêts  marécageuses,  entrecoupées  de  canaux 
et  d'étangs.  La  vallée  présente  des  plaines  herbues.  En 
général,   l'accueil  est  pacifique. 

Revenu  à  Léopoldville,  le  29  décembre  1886,  Van  Gèle, 
à  bord  du  Henry  Reed,  explore  la  Lulonga  et  le  Lopori, 
deux  affluents  du  Congo.  Il  remonte  le  Lopori  jusqu'à 
Ken  go. 

A  la  suite  d'un  entretien  avec  Stanley,  Van  Gèle  décide 
de  tenter  une  reconnaissance  vers  l'Uele,  en  remontant 
ritimbiri,  de  façon  à  atteindre  la  zériba  d'Alikobo,  point 
extrême  visité  par  Junker  en  1883. 

Ce  projet  échoue  par  suite  du  manque  d'approvisionne- 
ments ;  Van  Gèle  ne  peut  s'avancer  que  jusqu'à  la  chute 
de  Loubi  et  redescend  l'Itimbiri.  Rentré  à  l'Equateur,  le 
11  mars  1887,  il  renvoie  le  Heniy  Reed  à  Léopoldville 
aux  missionnaires. 

Van  Gèle  se  rend  auprès  du  gouverneur-général  Janssen, 
à  Boma,  qui  autorise  l'expédition  vers  l'Uele  par  l'Ubangi. 

En  novembre  1887,  Van    Gèle  se  trouve  avec  un  canot 


—  17:3  — 

à  va[)(Hii',  l'^ii  (ir(nit{'),  cl  uno  ^riindo  |)iroyii(',  ;iiix  r;i[)i(los 
(le  Zon<j;-o,  sur  le.  Doua   (Ubari^i). 

AyanI,  aUoinl  les  rapides  qui  avaient  arrête  toutes  les 
expéditions  précédentes,  Van  Gèle,  à  Lord  de  la  pirog-ue, 
(explore  cet  obstjicle  et  parvient  ensuite  à  faire  passer 
VEn  A'vcoil,  démonté  de  ses  roues,  en  le  lialant  au  moyen 
de  câl)les.  Le  sleamer  franchit  également  les  chutes  de 
VElcphant.  Il  faut  vingt  jours  de  travail"  pour  parcourir 
la  distance  de   vingt  milles,   entre   Zongo    et  Mokoangai. 

L'expédition  navigue  sur  un  bief  du  fleuve  non  encore 
visité  par  les  Européens,  ayant  une  largeur  de  8  à  900 
mètres,  et  passe  devant  les  villages  de  Bakanghy,  Mombati, 
Banzy  et  Mombongo,  sur  la  rive  gauche;  Bourakas  et 
Madourous,  sur  la  rive  droite. 

Elle  aborde  ensuite  le  territoire  du  peuple  Banzy. 

Le  rapide  de  Gétéma  est  franchi  assez  aisément.  Sur 
la  rive  droite,  se  dessine  l'embouchure  de  la  rivière  Bangasso. 
Bientôt  la  population  Yakoma  se  montre  hostile.  La  cargai- 
son aj^ant  été  déchargée  dans  un  village,  pour  passer 
un  rapide,  les  indigènes  se  figurent  avoir  à  faire  à  des 
marchands  du  Soudan,  et  attaquent  le  lieutenant  Liénart; 
ils  sont  aussitôt  châtiés  et  le  village  est  brûlé.  L'expédi- 
tion se  trouve  à  ce  moment  par  21''  55'  de  longitude. 
Parvenu  au  méridien  22°  30',  entre  le  4°  et  le  5»  de  lati- 
tude N.,  point  où  se  rencontrent  les  rivières  MBomu  et 
Uele,  qui  forment  l'Ubangi,  Van  Gèle  résoud  le  problème 
de  rUele  en  constatant  l'identité  de  cette  rivière  avec  le 
cours    d'eau    découvert,    dans    son   cours    supérieur,    par 


(1)  Ce  même  steamer  En  avant,  sorti  des  ateliers  Cockerill,  avait 
fait  le  voyage  du  Pool  aux  Falls.  11  avait  servi  à  la  reconnaissance  des 
lacs  Léopold  II  et  Mantoumba  par  Stanley,  du  Sankuru  par  Wolff,  de  la 
Mongalla,  de  l'itimbiri,  et  à  la  découverte  de  l'Ubangi  par  Hanssens. 


171 


Schweinfurtli.  Il  transforme  ainsi  on  certitude  g'éog'raphique 
l'hypothèse  formulée  par  A.   J.  Wauters. 

Pendant  une  halte  forcée  provoquée  par  une  réparation  du 
steamer,  l'expédition  est  attaquée,  avec  une  énergie  tenace, 
par  des  troupes  de  Yakomas  et  assaillie  par  une  flottille 
de  pirogues. 

Le  steamer,  heureusement  mis  sous  pression,  peut  se 
dégager  et  retourner  vers  l'aval,  après  trois  assauts  vic- 
torieusement repoussés.  Les  eaux  ayant  baissé,  le  retour 
s'effectue  assez  péniblement. 

Van  Gèle  se  rend  à  Equateurville  le  1  février  1888,  puis 
à  Léopold ville.  Il  est  chargé  de  conduire  aux  Stanley- 
Falls  l'expédition  préparée  par  Liévin  Van  de  Velde,  qui 
vient  de  mourir. 

Cette  expédition,  ({ui  est  destinée  à  réoccuper  et  réorga- 
niser la  station  des  Falls  est  composée  du  lieutenant 
Bodson,  du  sous-lieutenant  Hinck,  et  de  Steel man,  secré- 
taire du  vali  Tippo-Tip.  Sur  ces  entrefaites,  Steelman. 
atteint  de  maladie,  se  retire  à  Lukungu  et  est  remplacé 
par  le  lieutenant  Alfred  Baert. 

Le  28  avril,  l'expédition  quitte  Léopoldville;  le  15  juin 
1888,  elle  prend  possession  des  Falls.  Cette  station,  primi- 
tivement établie  par  Stanley  dans  l'île  Usuma,  est  recon- 
struite sur  la  rive  droite  du  fleuve,  un  peu  en  aval  du 
premier  emplacement.  Van  Gèle  y  installe  Bodson  et  Hinck. 
Ceux-ci  exécutent  les  premiers  travaux,  en  attendant  l'arri- 
vée du    résident  oflficiel,   le  capitaine  Haneuse. 

Van  Gèle  visite  le  camp  de  Yambinga,  qui  contient 
l'arrière-garde  de  Stanley  sous  les  ordres  du  major  Bar- 
thelot.  Sa  mission  achevée,  Van  Gèle  rentre,  à  bord  du 
steamer  Le  Stanley,  à  Léopoldville,  le  12  juillet;  en  chemin, 
il  rencontre  le  lieutenant  Haneuse,  qui  monte  aux  Falls 
pour  y  prendre  la  direction  de  la  station.  Le  15  septembre 
suivant.  Van  Gèle  revient  en  Belgique. 


—  175  — 

Jmi  janvier  1<S81>,  \'an  GbU\  est  (•liar<j('\  par  \()  Hoi,  de  la 
mission  de  ])oiirsiiivre  surruban^i  cl,  ses  alïluonls  s(^s  décou- 
vertes antérieures  II  s'emhaniue  à  Anvers,  le  O  f('vrier  18X9, 
avec  le  ^Tade  d'inspecteur  d'Ktat. 

Le  21  mai  18S<.),  rexi)édition  Van  Gèle  quitte  Léo})old- 
ville  à  bord  de  ÏLn  arayit  et  de  V Associai i(ni.  intcrnfdio- 
nalc  Africaine.  Van  Gèle  est  accompagné  du  lieutenant 
du  ^"énie  G.  Le  Marinel,  commissaire  de  district,  d(;s 
capitaines  de  steamer  De  Recliter  et  Sbagestr(")m,  du  capi- 
taine Hanolet,  du  sous-lieutenant  Busine,du  sergent  Scliaack, 
de  la  Force  publique,   et  de  l'interprète  Attard. 

L'expédition  touche  à  Bang-ala  et  remonte  l'Ubangi  ;  elle 
arrive  le  25  juin  à  Zongo,  où  une  station,  devant  servir  de 
base  d'opérations,  est  fondée  et  placée  sous  le  comman- 
dement du  capitaine  Hanolet.  V Association  internationale 
africaine  faillit  se  perdre  dans  les  rapides  de  Zong-o. 
Van  Gèle  y  capture  deux  pirogues  qui  échangent  de 
l'ivoire  contre  des  esclaves.  Les  esclaves  sont  libérés,  un 
poste  est  fondé  près  du  village  de  Mokoangai  et  laissé  à 
la  garde  du  nyampara  Osmani. 

L'expédition  arrive  au  centre  important  de  Banzy,  à 
300  kilomètres  en  amont  de  Zongo.  Le  sous-lieutenant 
Busine  est  nommé  chef  de  la   station. 

Dans  l'entretemps,  monté  sur  Y  Association  internationale 
africaine  et  accompagné  de  Le  Marinel,  le  chef  de  l'expé- 
dition complète,  dans  le  courant  de  novembre  1889,  l'étude 
de  la  section  du  fleuve  entre  Banzy  ville  et  Mokoangai, 
par  la  reconnaissance  de  la  rive  septentrionale  de  la 
rivière,  rive  qui  n'avait  été  visitée  par  aucun  Européen. 
Il  découvre  l'embouchure  de  deux  affluents:  le  Kuanga  et  le 
Benghi,  dans  lesquels  il  pénètre  et  qu'il  parvient  à  remonter 
jusqu'à  une  certaine  distance. 

Le  7  décembre  1889,  Van  Gèle  entreprend  une  nouvelle 
exploration    qui    le   conduit,   cette   fois,   à  l'extrémité    du 


—  176  — 

cours  de  rinjangi,  c'est-à-dire  au  point  do  jonction  du  Kengo- 
Bomu  et  du  Makoua-Uele.  Il  reconnaît  le  cours  inférieur 
d'un  troisième  affluent  de  la  rive  droite:  le  Kotto,  rivière 
signalée  par  Junker  (Erganzungsheft  Gotha,  1889). 

Arrivé,  le  12  décembre,  à  l'embouchure  de  cette  rivière, 
il  y  pénètre  et  longe  successivement  les  districts  de  loko- 
Timbi,  de  Bida  et  d'Aboualé.  Arrivé  à  Bendè,  résidence 
du  chef  sakara  Ganda,  après  une  navigation  d'une  vingtaine 
de  kilomètres,  il  y  rencontre  les  Sakaras.  Des  récifs  le 
forcent  à  revenir  sur  ses  pas,  il  redescend  et  rentre  dans 
l'Ubangi. 

Au  mois  de  janvier  1890,  Van  Gèle  revient  chez  les 
belliqueux  Yakomas  de  la  rive  droite,  qui  l'ont  si  ardem- 
ment combattu  en  janvier  1888,  et  conservent  une  attitude 
guerrière. 

Parvenu  à  l'extrémité  orientale  de  l'Ubangi  par  4°  7'  49"  de 
latitude  et  22*^  36'  02"  de  longitude,  l'explorateur  se  trouve  en 
présence  de  deux  bouches  d'à  peu  près  égale  importance  (800 
mètres  de  largeur).  Du  nord-est,  descend  la  puissante 
rivière  Kengo,  appelée  aussi  Bomu,  qui  n'est  autre  que 
le  Mbonio  de  Junker.  Du  sud-est,  vient  un  autre  imposant 
cours  d'eau,  appelé  le  Koyou;  c'est  le  Makoua  de  Junker  et 
rUele  de  Schweinfurth.  La  réunion  de  ces  deux  branches 
maîtresses  forme  l'Ubangi. 

Van  Gèle  reprend  le  chemin  de  l'aval  et  regagne  Ban- 
zyville,  au  commencement  de  janvier  1890.  Il  quitte  ce 
poste,  le  11  mai,  avec  le  lieutenant  Le  Marinel  et  De  Rechter, 
arrive  au  confluent  du  Kotto  à  Bendé,  le  29  mai,  remonte 
la  rivière  et  rend  visite  à  Ganda,  signe  un  traité  d'amitié 
avec  le  chef  yakoma  Dayo,  son  ennemi  le  plus  acharné  de 
1887,  et  Bangasso,  roi  des  Sakaras.  L'expédition  s'aventure 
dans  le  Makoua  (Uele)  et  est  reçue  par  Prikissa,  chef 
des  Abira  et  Bagozo. 

Une  grande  station  est  fondée  au  confluent  des  rivières 


177 


Roiiui  cl  ÎIolo.  Do  H(M'hl(M'  on  roroil,  lo  (•oimiKindoiiioiit. 
Vers  lo  '2.T  ()o  loiiiîiliKlo  s(^  dresse  uno  soi'io  d'oLshiclos 
constituée  \)<\v  des  bases  rocheuses  coupanl,  la  ri\iôre. 
Les  steamers  sont  condamnés  à  rimmobililo  oX  mis,  à  l'ile 
de  Bania,  sous  la  ^arde  de  De  Reclilor.  Au  mois  do  juill(;t, 
le  niveau  des  eaux  remonte,  les  steamers  (;ntr(;nt  dans 
rUelo,  mais  sont  arrêtés  au  22"  04'  de  longitude  par  d(îs 
rapides  infranchissables. 

Van  Gèle  continue  la  reconnaissance  de  la  rivière  en  piro- 
gue, franchit  la  première  ligne  des  rapides  à  Banalia 
et  la  seconde  à  Bogazo;  mais  les  derniers  efforts  de  l'expé- 
dition se   brisent  à  la  chute  de  Mokwangou. 

Le  point  extrême  atteint  vers  l'est  par  l'expédition 
Van  Gèle  sur  le  Makoua-Uele,  est  donc  la  chute  de  Mo- 
kwangou,  par  23°  04'  27"  de  longitude.  Il  s'en  est  fallu 
de  quelques  kilomètres  que  la  zériba  d'Abdallah,  près 
Alikobo,  point  atteint  vers  l'est  par  Junker,  en  1883,  et 
par  Roget,  en   1890,    ne  fût   relié  à  ce  nouvel   itinéraire. 

Après  s'être  ravitaillé  au  camp  de  Yakoma,  Van  Gèle 
se  propose  d'explorer  le  cours  de  la  rivière  Bomu  et  de 
rendre  sa  visite  à  Bangasso.  Après  un  jour  de  navigation, 
l'expédition  est  arrêtée  par  la  chute  de  Gouï  et  les  steamers 
rentrent  au  camp  de  Yakoma.  Van  Gèle  reçoit  la  visite 
de  Bangasso,  chef  des  Zien,  et  rejoint  le  chef  à  Mono- 
boungou.  Il  rencontre,  le  deuxième  jour  de  navigation, 
toute  une  suite  de  chutes  et  de  rapides  auxquels  il  donne 
le  nom  de  Chutes  Hanssens,  en  souvenir  de  son  ancien 
chef,  qui  le  premier,  en  avril  1884,  pénétra  dans  les  eaux 
de  rUbangi.  Van  Gèle  arrive  à  l'embouchure  du  Bali, 
formée  par  trois  petits  cours  d'eau. 

Il  est  accueilli  par  le  roi  à  Bangasso,  sur  la  rive  droite 
du  Bomu,   par  4»  49'  de  latitude  et  23''  8'  de  longitude. 

Après  cette  visite,  Van  Gèle  et  ses  compagnons  rentrent 
à   Banzyville.    Ils    ont  fixé  définitivement   les  origines  de 


—  178  — 

rUbangi,  décoiivortses  principaux  affluents  vi  fait,  reconnaître 
la  souveraineté  de  l'Etat  sur  toute  la  région  Bomu-Uele. 
Au  mois  d'octobre  1890,  Van  Gèle  apprend  par  un  courrier 
que  Je  capitaine  Roget  a  fondé  un  poste  sur  l'Uele  à 
Djabir  et  reçoit  l'ordre  du  Gouvernement  de  tâcher  d'opérer 
sa  jonction  avec  lui. 

En  novembre,  le  commandant  se  remet  en  marche  vers 
Bangasso,  car  il  dispose  de  forces  trop  faibles  et  doit  avoir 
recours  à  ce  chef.  Bangasso  renforce  la  petite  troupe 
d'une  vingtaine  d'hommes.  Après  dix  jours  de  marche 
à  travers  la  brousse  et  les  forêts,  et  vingt  heures  de  naviga- 
tion en  pirogue,  au  milieu  des  rapides.  Van  (lèle  opère 
heureusement  sa  jonction  avec  l'expédition  de  l'Aruwimi, 
au  poste  de  Djabir  (3  décembre  1890). 

Le  lendemain  de  son  arrivée,  une  troupe  arabe,  venant 
des  Stanle^'-Falls  et  marchant  vers  la  Loïka,  est  signalée 
à  cinq  jours  en  amont.  Van  Gèle  réunit  sa  petite  troupe 
à  celle  du  lieutenant  Milz,  chef  du  poste  de  Djabir,  et  les 
deux  officiers  se  portent  vers  la  bande  de  pillards,  qui  est 
poursuivie  vers  le  Rubi  et  taillée  en  pièces  à  Majorapa. 
Les  Arabes  supplient  le  résident  de  l'Etat  aux  Stanley-Falls 
de  leur   accorder  un   libre  parcours  jusqu'à  l'Aruwimi. 

Van  Gèle  descend  ensuite  tout  l'Uele  jusqu'à  son  poste 
de  Yakoma:  ce  nouveau  voyage  lui  permet  de  relever  cette 
rivière  d'une  manière  complète,  jusqu'à  sa  jonction  avec  le 
Bomu. 

Après  un  court  séjour  dans  ces  régions  pour  y  consolider 
les  importants  établissements  nouvellement  créés,  Van  Gèle 
remet  son  commandement  à  G.  Le  Marinel  et  descend  vers 
Léopoldville,  pour  rentrer  en   Europe  le   15  janvier   1892. 

Lorsqu'éclatent,  en  juillet  1895,  les  premières  mutine- 
ries à  Luluabourg,  Van  Gèle  se  met  immédiatement  à  la 
disposition  de  l'Etat  indépendant  du  Congo.  Ses  services 
sont   acceptés,  mais  au  moment  où  il    allait  s'embarquer 


—  1711  — 

arriva  la  nouvelle  (|ii('  le  (loinciMicnicii!  loc;i|  de  Koiiiii 
a\ail  déjà  |)()iir\n  au  ('oiiiuiaïKlcinciil  des  Ifoupcs  dcsli- 
néos  à   lull(M'   <-(>iili"('    l(*s    I (''\()ll(''s 

Il  l'cpaii  une  ('in([uiciii('.  lois  |)(»ur  rAlVitpK^  en  1897, 
(Ml  (|ualil('  (!('  vico-gouvernour  ^'ùiirral  cl  cliai'iiV'  (1(î  coopé- 
l'ci',  dans  !('  Manyoma,  à  la  r(''prossi()n  cL  à  la  soumission  dos 
Halololas  iH'volLés  de  r(^x[)(''diLion  Dlianis.  Son  pr'oinier 
soin  est  d(^  renvoyer  dans  leurs  foyers  les  hommes  dont 
ietermedeservicoestaccompli.il  s'agissait  de  rassembler 
les  forces  dispersées. 

Voici  quelle  était,  suivant  le  Mouvement  anll-esclara- 
giste,  la  situation  dos  forces  de  l'Etat  et  celles  des  révoltés 
au  moment  où  Van  Gèle  se  trouve  à  Kabambr.re.  ïi'ois 
colonnes  différentes  marchent  vers  Kabambare,  pour  venir 
s'y  concentrer  et  opérer  contre  les  révoltés:  la  colonne 
Swenson,  forte  de  330  hommes,  la  seule  qui  n'ait  pas  encore 
vu  le  feu  et  dont  le  chef  est  malheureusement  immobilisé 
par  une  atta({ue  de  dysenterie;  la  colonne  Adlerstrahle, 
comptant  380  hommes,  et  la  colonne  Alban  Le  Maire, 
dont  l'effectif  ne  dépasse  pas  200  hommes.  Cette  dernière 
vient  de  Lusambo,  via  Nyangwe.  Los  forces  concentrées 
à  Kabambare  dépassent  donc  le  chiffre  de  1.200  hommes. 

Il  y  a,  de  plus,  à  citer  pour  mémoire  les  200  hommes, 
qui.  sous  les  ordres  du  lieutenant  Hecq,  défendent  Mtowa,  la 
seule  station  du  lac  Tanganika  encore  occupée  par  les 
soldats  de  l'Etat,  —  les  deux  autres,  Kivu  et  Uvira,  étant 
tombées  successivement,  plusieurs  mois  auparavant,  entre 
les  mains  des  révoltés. 

Les  indigènes  du  Manyema,  tant  les  Arabes  que  leurs 
féaux  autochtones,  sont  absolument  dévoués  à  la  cause  de 
l'Etat.  Ils  comprennent  que  le  triomphe  des  révoltés  ferait 
rentrer  le  pays  dans  la  barbarie. 

Les  révoltés  se  sont  antérieurement  divisés  en  plusieurs 


—  180  — 

])andes.  L'une  d'elles,  commandée  par  le  nyampara  Chan- 
^uvii,  met  en  déroute  le  petit  détachement  de  l'infortuné 
lieutenant  Deber^^li,  assassiné  par  l'ennemi,  vers  lequel  il 
s'est  avancé  seul,  audacieusement,  pour  l'exhorter  à  la 
soumission. 

Une  autre  bande  étant  venue  en  contact  avec  le  détache- 
ment commandé  par  le  lieutenant  Glorie,  est  dispersée  par  lui. 
Glorie  est  blessé  dans  ce  combat,  qui  est  particulièrement 
acharné. 

Les  révoltés  battus  par  le  lieutenant  Glorie  réussissent  à  se 
reformer  et  se  portent  sur  Uvira,  occupe  ])ar  la  bande 
Ghang-uvu,  après  son  combat  victorieux  contre  les  soldats 
du   lieutenant  Debergh. 

Un  conflit  se  produit  entre  les  deux  groupes,  et,  chose 
bizarre,  les  vaincus  de  Glorie  battent  les  vainqueurs  de 
la  colonne  Debergh.  La  bande  Ghanguvu,  disloquée,  se 
réfugie  à  Baraka,  au  sud  d'Uvira,  situé  également  sur 
les  bords  du  Tanganika.  Mais  les  chefs  de  l'autre  bande 
réfléchissent  probablement  que  la  division  des  forces  rebelles 
va  faciliter  la  tâche  des  troupes  de  l'Etat  chargées  de  les 
combattre,  et  ils  envoient  à  Baraka  des  messagers  char- 
gés de  proposer  la  réconciliation,  qui,  après  une  longue 
palabre,   est  scellée  définitivement  ('). 

Le  vice-gouverneur  général  Van  Gèle,  donne  à  Long 
l'ordre  de  s'avancer  de  Sungula  pour  porter  à  la  con- 
naissance des  rebelles,  par  l'intermédiaire  des  indigènes, 
les  conditions  que  l'Etat  met  à  leur  soumission,  et  qui  con- 
sistent en  leur  désarmement  pur  et  simple,  avec  l'auto- 
risation de  regagner  leur  \yàys  d'origine.  Long  apprend 
que  les  ennemis  de  la  veille  sont  redevenus  des  amis  et 
qu'ils  ne  sont  guère  disposés  à  se  soumettre. 

Les  rebelles    sont  alors  au  nombre    de  600  à  700,   tous 

(1)  Lire  Lieutenant  Colonel  Blssie,  p.  45, 


—  181   — 

armos  (Tnlhinis,  ol  cliMcun  (lisj)nsn  i\o  i;o  ;i  70  cnrtou- 
c'li(»s  A  ('(».  iiioiiiiMil.  poui'  coiiihlc  (le.  iii;iii\,  iiiKi  m;ihMli(î 
roiulroyiinlf'  ()l»li<4'(^  V;iii  (Irle.  ;i  rc'si^^iKU'.  1(3  15  octobre,  181)S, 
s()ii  ('()iniii;iii(l(^in(MiL  (MiIi'(^  les  iii;iiiis  (l(î  Lori^'.  \a)  ^^'ouvor- 
lUMiKMil,  iniiiHMliaUMiKMil,  iiiloiMiK^  fiiil.  nppe.l  ;m  dévouciiKiriL 
(lu  baron  Dlianis,  resté  à  Lokandii;  ('(*.lui-ci  accourt  à 
Kasson^o,  où  il  rencontre,  le  22  oct()])r(%  le  major  Van  (ièle, 
([ui   a  (lu  s(^   l'aire    trans[)()rtei'   en   lianiac  de*.  Kabambare. 

\'an  (lèle  esl  actuellement  lieutenant-colonel,  adjoint 
(rélat-niajor  en  retraite,  ancien  officier  d'ordonnance  du 
Roi,  cbevalier  de  l'Ordre  de  Leopold  et  de  l'Ktoile  afri- 
caine,   décoré   de    l'Etoile   de    service. 

Comme  temoi^na;^e  d'admiration  pour  ses  brillantes 
explorations,  la  Société  royale  de  Géo<^rapliie  de  lîruxelle.s 
a  décerné  sa  médaille  à   Van   Gèle,  le  24   février  1892. 


PUBLICATIONS. 


Les  Indes  africaines.  (Mouvement,  géographique  1885.  p.  47.) 
Notes  sur  le  tabac.       (         id.  id.  1887,  p.  43.) 

Plan  des  rapides  de  Zongo.  (id.  ii"  8,  mai  1887.) 
Carte  de  la  rivière  Ngiri  au  2,8r)0.000'-.  (Id.  1887,  p.  40.) 
Carte  de  V  Ubangi  depuis  son  confluent  jusqu'à  Zongo,  (public,    de   TEtat 
indé[)eiulant  du  Congo.)  (Id.  u"  8,  mai  1887,  p.  42.) 

Le  cours  de  l' Ubangi  entre  Zongo  et  Yakoma  au  350,000'".  (Id.  n"  22, 
avril  1888.) 

Croquis  de  la  station  de  V Equateur  (sur  le  Haut  Congo,  par  Coquilhat.) 
Le  cours  de  V  Ubangi.  (BuUet.  soc.  belge  géogr.  1888.) 
L'exploration  de  V  Ubangi-Boua-Coyou.)  Bull.  soc.  roy.  belge  de  géogr. 
1889.  XIII,  n"  1,  p.  5.) 

Quelques  observations  d'altitude  pour  V  Ubangi.  (Mouvement  géographi- 
que 1894,  p.  108.) 

Der  Ubangi- U elle  in  seinem  Mittellauf  V)07i  den  Zongo .  — Stromschnellen 
bis  22".  0.  L.  V.  Gr.  aufgenommen  von  kapt.  Van  Gèle  ira  Dampfer.  ^En 
avant  V,  au  1,500,000''.  (Petermann's  Mitt.  1888.  Tafel  9.) 

La  découverte  et  l'occupation  de  r  Ubangi.  (^Bull.  Soc.  roy.  Géogr.  Anvers, 
1906.) 


—   182  — 

RÉFÉRENCES   BIBLIOGRAPHIQUES. 

DE  Martrin   Donos.  Les   Belges   dans  l'Afrique  centrale.  T.  II. 

Chapaux.  Le  Congo  hisior.,  diplomat..  \)\).  84,  104,  132,  167,  203,401. 

Mouvement  géographique  1884,  p.  57;  1885,  pp.  47  et  53;  1886,  p.  11  ; 
1887,  pp.  21,40,  42,  87;  1888,  pp.  37  et  81;  1891,  p.  20. 

Les  premières  explorations  du  Haut-Congo.  Lettres  inédites  du  capi- 
taine Hansskxs.  {Congo  illustré  1892.) 

Congo  illustré.  T.   I,  p.  33. 

CoQUiLHAT.  Sur  le  Haut-Congo. 

A.  J.  Wauters.  L'Etat  indépendant  du  Congo. 

L'  Col.  Bujac.  L'Etat  indépendant  du  Congo,  p.  32. 

Tippo-Tip.  The  anti  Slacery  reporter  London  (Moui\  Géog.  1885, 
p.  53).  1888,  n»  6. 

La  réoccupation  des  Falls.  (Mouv.  Géogr.  1888,  pp.  74  et  81.) 

Jenssen  Tusch.  Scandinaver  i  Kongo  1902-1905.    Copenhague. 

A.  J.  Wauters.  Stanley  au  secours  d'Emin  Pacha    Chap.    VII. 

Stanley,  trad.  (3érard  Harry.  Cinq  années  au  Congo.  Institut 
national  de  géographie,  Bruxelles. 

Mouvement  anti- esclavagiste.  1899,  p.  3. 


WANGERMÉE,  EMILE. 


Clieho  (le  4   Tribune  Congolaise. 


\A/ANGERMÉE,  émile,  antoine,  marie, 

lié  à  Tirlemont,   le  14  mars  1855. 

Entre  à  l'Ecole  militaire  en  1871,  et  est  nommé  capitaine 
en  1890.  Capitaine-commandant  du  Génie,  il  s'embarque 
pour  le  Congo  le  17  avril  1893,  où  il  est  chargé  d'aller 
édifier  à  Shinkakasa,  le  fort  qui  doit  assurer  la  défense 
de  la  capitale  et  du  fleuve,  dans  des  conditions  telles, 
disent  les  instructions,  que  l'attaque  doive  nécessiter  des 
efforts  si  grands,  qu'aucune  puissance  n'ait  la  volonté  de 
les  entreprendre. 

Wangermée  peut  en  cette  circonstance  mettre  à  profit 
l'expérience  qu'il  a  acquise,  sous  les  ordres  de  son  illustre 
chef  le  lieutenant-général  Brialmont,  dont  il  a  été  le  col- 
laborateur et  l'aide-de-camp.  En  cette  qualité  il  a  pris  part 
aux  études  de  la  construction  .des  forts  de  la  Meuse. 

Tout  en  s'occupant  de  travaux  de  fortification,  le  com- 
mandant Wangermée  érige  les  pylônes  qui  supportent  les 
fils  téléphoniques  et  télégraphiques  reliant  Boma  à  Matadi, 
de  la  rive  gauche  à  la  rive  droite  du  fleuve. 

Rentré  en   Belgique  le  10  janvier  1894,  sa  mission    ter- 


—   18-1    — 

minée,  le  commandant  obéissant  aux  ordres  du  Roi-Sou- 
verain étudie  les  organismes  gouvernementaux  de  l'Etat 
et  se  met  aisément  à  môme  d'aller  remplacer  le  gouverneur 
général  Wahis  en  tournée  d'inspection  dans  le  Haut-Congo. 

Le  6  février  180G,  Wangermée  repart  en  qualité  d'in- 
specteur d'Etat,  pour  assumer  les  hautes  fonctions  de 
chef  du  gouvernement  local.  Il  est  élevé  au  grade  de  vice- 
gouverneur  général  le  11  avril  1897  et  conserve  la  direction 
du  gouvernement,  au  départ  de  son  éminent  prédécesseur. 

A  peine  vient-il  de  prendre  en  mains  les  rênes  du  pou- 
voir, qu'éclate  la  fameuse  révolte  de  la  colonne  Dhanis, 
(|ui  demandera  des  années  avant  d'être  complètement 
réprimée.  Le  vice-gouverneur  général  doit  faire  face  —  et 
il  le  fait  avec  plein  succès  —  aux  difficultés  énormes  d'une 
situation   très  grave. 

Il  inaugure  la  station  du  chemin  de  fer  à  Tumba 
(180^  kil.)  et  rentre  en   Belgique,    le  10  janvier  1898. 

Après  un  congé  de  quelques  mois  dans  sa  patrie,  Wan- 
germée reprend,  pour  la  troisième  fois,  le  chemin  de  Boma 
le  G  octobre  1898,  ne  fait  qu'un  court  séjour  dans  la  capitale 
et  entreprend  une  grande  tournée  d'inspection  dans  les 
différentes  provinces. 

Son  terme  de  service  touchait  à  sa  fin,  quand  une  nou- 
velle révolte  éclate  dans  le  Bas-Congo,  au  fort  de  Shin- 
kakasa. 

C'est  le  dernier  écho  des  événements  du  haut  de  1897, 
l'émeute  étant  l'œuvre  de  rebelles  qui  ont  été  transportés 
vers  le  bas-fleuve  en  1897-1898. 

Cette  dernière  tentative  est  vite  réprimée  et  la  plupart 
des  coupables  sont  châtiés  quand  le  vice-gouverneur  géné- 
ral remet  ses  pouvoirs   au  colonel    Wahis    en    mai    1900. 

Wangermée  rentre  en  Belgique  le  9  juin  1900  pour  repar- 
tir une  quatrième  fois,  le  21  février  1901  et  reprendre 
la  direction  du  gouvernement  local. 

Ce  quatrième  S('jour  se  termine  le   19  février  1903. 


—   185  — 

Le  r>  avril  11)01,  le  major  W'aii^criiKHî  s'cniharqiic  à 
Naph^s  av(M' les  soiis-lioutoiiaiits  du  iy(\nU)  Diiwoz  ol,  Maiii-y, 
coinnio  adjoints,  se  rendaiil  au  (^)ngo  [mv  la  côUî  orion- 
lale. 

Il  est  chargé  pai*  le  Roi-Souvei'ain  d'une  mission  d'in- 
sp(H'Uon  dans  \o  Uaul-Cony'o  oX  i)ai'liculièremeiit  dans  la 
])rovince  orientale. 

Want>-erm('e  visite  l'Enclave  de  Lado,  descend  vers  le 
Kivu  et  le  Tanganika. 

Il  traverse  la  province  orientale  allant  de  Kason^o  vers 
le  Lomami  et  le  Kasaï  j)our  aboutir  à  Borna  et  rentre  en 
Belgique  le   9  octobre  1905. 

Voici  en  quels  termes  il  décrit  la  région  des  volcans: 

«  Après    six  jours    de    marche,    dans    la    foret     de    l'Ituri,    nous 

»  fûmes  assez  heureux  pour  voir   le    dôme  de   verdure  s'éclaircir  et 

»  bientôt  nous  pouvions  contempler  les  grands  i)lateaux  ondulés,  qui 

»  vont  jusqu'au   lac  Albert  Edouard,   coupés  à  l'Est  par  les    monts 

■r>  de  la  Semliki.   Là,  nous  entrions  dans  une  contrée  des  plus  remar- 

»  quables,  car,    c'est  celle    où  l'on  trouve  les  monts  Ruwenzori,  que 

»  les    indigènes    nomment    NZororo    et    les    volcans    du    lac    Kivu, 

»  appelés  Kirung'a.    Ces    hauteurs  sont    les    points    culminants    des 

»  fortes   arêtes   montagneuses,    qui   viennent    du   sud   du   Tanganika 

»  et  vont  jusqu'au  nord  du   lac   Albert;    entre  elles  se   trouve  une 

»  vaste   dépression  à  laquelle    on    a  donné  le   nom    de    «  graben  », 

»  et  dans  cette    dépression   s'étendent    plusieurs    des  grands  lacs  : 

»  le   Tanganika,    le  Kivu,   l'Albert    Edouard  et   l'Albert. 

»  Parfois  les  volcans  du  Kivu  se  rallument  et  depuis  le  nord 
»  du  lac  Albert  Edouard  jusqu'au  long  du  Tanganika  on  voit  par- 
»  tout  des  sources  salines,  sulfureuses  et  thermales,  dont  certaines 
»  ont  une  température  de  90°  c;  presque  toutes  les  eaux  des 
»  lacs  ont,  par  suite,  une  légère  salure  et,  en  certains  endroits, 
»  comme  à  Katioe^  l'exploitation  des  sources  salées  donne  lieu  à 
»   un    important  trafic  indigène. 


18G  — 


»  Sur   près    de    cent    kilomètres,    ce    massif    (monts    Ruwenzori) 

»  s'allonge   dans    le    sens   du    méridien    et   il    porte   ses   sommets   à 

»  près   de    cinq    milles  mètres   de   hauteur.     Des    glaciers    et    des 

»  neiges  éternelles   couronnent    les    pics   supérieurs   et    les    actions 

»  météoriques   résultant  de  Texistence  de   cette  zone  froide  font  de 

»  ces  montagnes  un  centre  générateur  de  pluies  incessantes,  d'orages 

»  et    de   tempêtes. 

»  En  s'éloignant  de  ceux  ci,  dans  la  direction  du  Midi,  on  arrive 
»  près  des  sources  de  la  Rutschuru,  à  la  chaîne  des  monts 
»  Mfumbiro,  au  milieu  desquels  se  trouvent  les  Kirunga,  volcans 
»  dont  quelques-uns  sont  encore    en  activité 

»  Les  grands  volcans  du  Kivu  sont  au  nombre  de  sept,  dont 
»   deux  donnent  encore    des   traces    permanentes  d'activité. 

»  L'espace  qui  s'étend  entre  leurs  pieds  mesure  environ  soixante 
»   kilomètres  de    large   et    il    est    couvert    de   débris  volcaniques. 

«  Nous  traversâmes  ces  différentes  zones  les  18  et  19  décembre 
»  1904,  en  faisant  l'ascension  du  Tsha-Nina-Gongo  ;  les  scories 
»  s'y  trouvent  à  environ  trois  cents  mètres  du  sommet,  sur  des 
»  pentes  d'à  peu  près  45"  qui  nous  menèrent  vers  l'altitude  de 
»   trois   mille   huit  cents    mètres. 

»  De  là  haut,  on  dominait  presque  toutes  les  montagnes  dont  beau- 
»  coup  .'^emblaient  des  taupinières;  on  voyait  au  S.-O  le  lac  Kivu  à 
»  environ  trente  kilomètres;  au  N  -E.,  à  près  de  cent  kilomètres,  la 
»  partie  méridionale  du  lac  Albert,  vers  lequel  la  puissante  Ruts- 
»  churu  traçait  un  léger  sillon  à  peine  perceptible  dans  la  vallée  ; 
»  au  N.-O.,  nous  portions  nos  regards  à  une  vingtaine  de  kilo- 
»  mètres  dans  le  cratère  NyaMlagiro,  d'où  de  nombreuses  fume- 
»  rôles  sortaient;  dans  l'Est,  se  détachaient  les  cimes  neigeuses 
»  du  Karishimbi  et  des  autres  volcans  éteints;  au  S.-E.,  la  vue 
»  nous  était  coupée  par  les  colonnes  de  fumée  sortant  du  cra- 
»  tère  dont  le  diamètre  était  d'environ  quartre  cents  à  cinq  cents 
»  mètres  et  la  profond  ur  de  cent  cinquante  à  deux  cents  mètres.  » 


—  187  — 

Va\  11K)(),  ^A^nii'^iM'iiKM' (juilU^  le  sct'vicc  de  ri<]l;il  du  (Ioiilîï), 
jxHii'  pivndi'c*.  la  Jiîuile,  dircclioii  des  ojx'i-alioiis  dans  le. 
lri'ril()ir(^  du  Kalanj^a,  (mi  (jualiU'  de  rcprc'scnlanl  du  ('omi'r 
spcc'.dl.  Il  s'oinl)ai'((ue  J(^  'J<S  jiiillcl,  lliOi;  à  Soiilliaiiiplon,  à 
dcstinalioii  du  (^ap,  d'où  il  ^a^ucra  hi  Zaïiihr/e  par  la  voie. 
tVrr/'O  (jui  (ravorso  les  diverses  colonies  an^Hais(»s  de,  l'AIVi- 
(pi(^  australe.  Au  delà  du  Zamhèze,  (pi'il  IVanchii'a  sur  1(;  nou- 
v(\ui  poni  ([ui  vient  d'èti'c^  inauii-ur(',  il  ii'a  (mi  li-ain  jusfprà 
Hroken-IIill,  actuellement  hi  point  terminus  de  la  li^ni(^ 
Plus  loin,  la  construction  de  la  voie  est  activement  i)oussée 
jusqu'au  centre  minier  de  Kanshanshi,  à  (pielque  distance 
(1(^  la    frontière  an^'lo-congolaise. 

Entre  Broken-Hill  et  Kanshanshi,  il  n'y  a  plus  ([ue  c(>nt 
ving-t  milles  que  l'on  franchit  pedestrement  en  huit  à 
dix  jours. 

Wangermée  est  actuellement  major  du  génie,  officier  de 
l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Etoile  Africaine  etc.,  décoré  de 
l'Etoile  de  service  à  cinq  raies,  de  la  Croix  militaire  de 
première  classe  et  de  la  Couronne  ro3'ale  de  Prusse  de 
seconde  classe  avec  plaque. 


REFERENCES  BIBLIOGRAPHIQUES; 

Belgique  coloniale^  1904,  p.  184. 
Le  Congo.   Moniteur  colonial^  1904,  p.  7. 
Belgique  militaire,  1903,  p.  48,  l'c  partie. 
Jenssen  Tusch.  Skandinaver  i  Congo. 


INSPECTEURS  D'ÉTATS. 


BAERT,    ERNEST, 

né  à  Bruxelles  le  12  août  1860, 

décédé  à  Diingu  (Haut-Uele)  le  15  août  1894. 

Sous-lieutenant  au  1'  régiment  d'artillerie,  il  part  pour  le 
Congo  le  26  juin  1885. 

Attaché  d'abord  aux  travaux  d'étude  du  chemin  de  fer 
et  à  la  brigade  topographique,  il  est  désigné  pour  la 
station  de  Bangala  et  en  prend  le  commandement  intéri- 
maire entre  le  départ  de  Goquilhat  et  l'arrivée  de  Van 
Kerckhoven. 

Au  départ  de  Van  Kerckhoven,  en  mars  1886,  le  com- 
mandement intérimaire  de  la  station  de  Bangala  est  confié 
à  un  agent  anglais  Ward.  Mais  son  séjour  à  Iboko  est 
de  courte  durée.  Le  23  avril  1886,  Baert  prend  la  direction 
du  poste  en  attendant  le  retour  de  Goquilhat.  La  situa- 
tion est  difficile.  Le  23  mai  Baert  constate  la  disparition 
d'un  de  ses  haoussa  qui  s'est  enivré  chez  les  NGombi  et 
a  été  capturé.  D'où  lutte  avec  ces  derniers,  derrière  Mpoum- 
bou  et  incendie  de  leur  village.  Au  cours  de  l'engage- 
ment,  un  haoussa  est  tué  et  décapité,   un  autre  est  hor- 


BAERT,  ERNEST. 


Cliché  (le  l'ouvrage  de  M.  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  etc. 


I 


—   180    - 

rililciiKMil    hhvssr.    \.o   c\\rï  de   I;i    sl;i(inii    oliliciil    r(''|i;ii';irK)ii. 

An  mois  (fiioùl  sui\;iiil,  (]()(|iiilli;il  l'cprciid  le  coiinii;!!!- 
(UmiumiI  (TlhoRo  ;  iii;tis  (|(^  S('|»t(Miil)i'<'  l.SSC)  ;'i  'ptiixicr  ISST, 
I>a(M'l  i'xovcc  une  Iroisiriiic  lois  ces  lonclioiis,  (jl  n  inio 
nouvdle   adaire   à  souliMiir  à    iMpoiiiiihoii. 

Baort  so  disliii^^iK^  pai'  Tc^xploi'alioii  du  llaiil-Moiij^ala 
(novembre  1<S8()).  Diiraiil  soixanle-six  heures  de  iiaviiraliou 
à  vapeur  il  r(Miioiil(*  \o,  cours  de  la  rivièn^,  (pii  par  une 
vaste  courbe,   descend   du  Nord-Est. 

A  ])()rd  de  l'A.  LA.  il  découvre  successivement  les 
Alioida,  qui  l'accueillent  très  bien  dans  leurs  villages 
palissades,  le  'j!:\\n\\)(i  KScunhi  (Juarg'u,  Unjocko,  Uluiif^-onisj; 
les  BiisokOy  peuple  nombreux  et  ilorissant,  faisant  le  com- 
merce de  sel  indigène;  et  les  méfiants  BakiUu.  Attaqué 
par  ces  deux  dernières  peuplades,  Baert  les  repousse  ainsi 
que  les  Mabalis,  qui  cherchent  à  s'emparer  du  vapeur. 
Vers  le  2"  50'  il  pénètre  chez  les  Sebi,  tribu  importante  et 
riche  adonnée  à  l'industrie  de  fer,  qui  le  reçoit  à  coups 
de  flèches. 

La  rivière  n'a  plus  ici  que  trente  mètres  de  largeur. 
Le  courant  est  rapide,  presque  torrentueux.  La  profondeur  est 
réduite  à  un  mètre  vingt-cinq  centimètres.  Vers  le  point 
extrême  atteint,  le  voyageur  reconnaît  que  le  Mongala  est 
formé  par  quatre  branches,  aux  eaux  de  couleurs  diffé- 
rentes, variant  entre  le  jaune  et  le  noir  et  que  des  arbres 
et  de  petites  chutes  barrent  le  courant.  La  rivière  n'a 
plus  que  vingt  mètres  de  largeur  et  ses  rives  s'élèvent  à 
trente  mètres  en  collines  ferrugineuses. 

Baert  établira  un  poste  quatre  ans  plus  tard  à  Mon- 
guandie,  point  extrême  qu'il  atteint  en  ce  moment,  le 
r  décembre  188G,  au  confluent  de  l'Ebola  et  de  la  Dua. 
Il  remonte  l'Ebola  et  fonde  la  station  de  Mobuaka. 

Lorsque  la  nouvelle  de  l'exploration  du  Mongala,  que 
Baert  fut  le  premier  à  remonter  jusqu'à  son  extrémité 
navigable,   parvint  en  Europe,  elle  flt  sensation,  car  elle 


—  190  — 

montr.iil  rinipossi]iilil('  d'idonlitier,  comme  certains  iivo- 
grapbes  le  pi'élendaient,  le  Mongala  avec  l'Uele. 

Baert  dirige  la  station  d'Iboko  pendant  les  voyages  fré- 
quents du  chef  du  territoire,  enrôle  des  volontaires,  conduit 
des  convois  et  fortifie  les  relations  avec  les  diverses  tribus. 

Steelman,  adjoint  du  (M)nimandant  Liëvin  Van  de  Velde, 
ayant  dû  abandonner,  par  suite  de  maladie,  l'expédition 
qui  avait  pour  but  de  fortifier  la  station  des  Falls,  est  rem- 
placé à  Léopoldville  par  l'heureux  explorateur  du  Mongala. 

Van  de  Velde,  venant  à  mourir  à  Lf'opoldville,  A'an 
Gèle  consent  à  i)rendre  la  direction  de  l'exp^Hlition,  pour 
la  mener  et   l'installer   aux   Falls. 

L'expédition  arrive  à  destination  le  15  juin  1888,  après 
avoir  ravitaillé  à  Yandjuya  l'arrière-garde  de  Stanley, 
commandée  par  le   major  Barttelot. 

Baert  fait  en  1888,  avec  Tippo-Tip,  le  trajet  entre  le  camp 
de  Yambuya   et  le   village  de  Yamgambi. 

Il  rentre  en  Europe  le  19  juillet  1888,  et,  à  son  retour, 
est  reçu  à  Ostende  par  le  Roi  et  la  Reine,  qui  le  f('licitent 
vivement  de  sa  remarquable  exploration. 

Promu  lieutenant,  Baert  repart  le  18  mai  1889,  avec  le 
grade  de  commissaire  du  district  de  l'Ubangi-Uele. 

En  1890,  il  remonte  la  Maringa,  pousse  jusqu'au  camp 
arabe  de  Munia-Amami  et  installe  un  poste  à  Buru.  Il 
explore  la  Lopori  jusqu'à  Longoli  et  fonde  la  station  de 
Bassukussu,  dont  le  commandement  est  donné  à  Lothaire. 
Celui-ci  est  bientôt  nommé  commissaire  de  Ban  gala  et 
Baert  rentre  en  Europe  le  30  avril  1892. 

Le  6  janvier  1893,  Baert  se  dirige  une  troisième  fois  vers 
le  continent  africain,  avec  le  haut  grade  d'inspecteur  d'Etat. 

Il  est  chargé  d'aller  prendre  le  commandement  de  l'expé- 
dition de  rUele,  à  la  mort  de  Van  Kerckhoven  et  s'avance 
jusqu'à  Dungu. 

Il  se  dispose  à  rentrer  en  Euro])e  lorsqu'il  meurt  des 
suites  d'une  fièvre  hématurique  à  l'âge  de  trente-quatre  ans. 


-    101  — 

H;i(Ml  ('(nil  liouloniiiil  ;in  !'•  riVinuMil,  (r.-iiiillcrin,  rhcviilici' 
(lo  J'Onlrc  (If.  I.c'opold  cl  de  Tl^loilc  iilViciiiiic,  (If'coré  de 
l'Eloilo   (1(*  ^(M'\i('o  à  d(Mi.\   r;ii('s. 


PUBLICATION: 

Carte  de  la  Movgala  an  7S0.000''.   Mouvcmnil  (j(}o(jrapliiqHe,  1HX7,  p.  A?,. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

CiiAi'AUX.  Le  Cungo  historique,  etc.,  pp.   148,  219,  400,  441. 
Mouvement  géographique,  1887,  p.  31;   1888,  p.  87. 
CoQUiLHAT.  Sur  le  Haut  Congo,  appendice. 


CAMBIER,    ERNEST.   FRANÇOIS, 

ne  à  Ath   le    24  juin  1844. 

Lieutenant  au  8®  régiment  de  ligne,  adjoint  d'Etat-major, 
il  s'associe  à  la  première  expédition  organisée  par  l'Asso- 
ciation internationale  africaine. 

Cette  première  expédition  belge  en  Afrique  quitte  Bru- 
xelles le  15  octobre  1877,  et  débarque  à  Zanzibar,  le  12  décem- 
bre suivant.  Elle  se  compose  de  Louis  Grespel,  capitaine 
au  2^  de  ligne.  Arnold  Macs,  docteur  en  sciences  naturelles 
et  de  Marno,  Y03'ageur  autrichien,  qui  avait  fait  précédem- 
ment de  1874  à  1870,  deux  voyages  au  Soudan  et  un  troisième 
au  pays  des  Niams-Niams.  Maes  meurt  dès  le  13  janvier. 

On  décide  de  faire  une  reconnaissance  de  la  route  de 
Sadani  à  Mpwapwa,  avant  de  prendre  une  résolution  défi- 
nitive pour  l'organisation  de  l'expédition  et  les  transports 
à  l'aide  de  chariots  attelés  de  bœufs.  Cambier  et  Marno 
partent  le  IG  janvier  sur  deux  daous,  accompagnés  de 
cinquante  nègres.  Cette  tentative  avorte,  le  vent  du  nord 
occasionnant  de  graves  avaries  aux  embarcations.  Cambier 
revient  à  Zanzibar  réclamer  du  secours. 

Cambier  et  Marno  fixent  le  second  départ  au  18  janvier 
après-midi.  Leur  "  betela  v  s'échoue  sur  un  banc  de  sable, 
annonçant  la  côte  afi'icaine,  et  les  deux  Européens,  por- 
tés à  dos  d'homme  pendant  un  trajet  d'une  lieue,  atteignent 
Sadani  vers  10  heures. 


CAMBIER,  ERNEST. 


liché  de  l'ouvrage  de  M.  Ciiapaux,  Le  Congo  historique,  diplomatique,  etc. 


—  lo:^,  — 

L(*  LM  j:invi(M\  \(ms  liiiit  Iicki'cs  cl  ilciiii  du  iii;iliii,  l:i 
])(Mil('  li'ouix'  (l(*  (';iiiil)i(M'  se  iiicl  en  iikii'cIic,  cîiinix;  ;i 
Mdouiiii;  le  hMidcinaiii  oWc.  s'(mi1'()ii('(^  dans  !'(  )ii  Sa^ai'ii,  à 
marches  lentes,  ronjx'es  de  liall(\s  nombreuses,  occasion- 
nées par  les  accès   de  fièvre  de  leur  Nyanipara. 

Juscfu'à  Manizissl  l'escorle  traverse»,  jungles  cl  prairi(;s, 
sous  des  ondc'es  subites  (»l  les  rayons  brûlants  du  soleil; 
passe  à  Ngombe  et  rranchit  un  pont  d'arbres  à  Kifourou. 
Au  delà  de  Ma^oubika,  dont  ils  re[)artent  le  20  janvier, 
les  voyageurs  ont  déjà  de  l'eau  juscfu'à  la  cheville,  pen- 
dant qu'un  soleil  ardent  fait  haleter  les  porteurs  exténués. 

La  caravane  passe  la  Boukigoura.  A  Matoungou  un  orage  se 
déclare.  Le  l*"  février  départ  de  Kidoudoué;  la  jungle  alterne 
avec  les  ravines.  Le  passage  de  la  Mvoué  sur  une  passerelle, 
effondrée  en  })arlie,  demande  plus  d'une  heure.  Jusqu'à 
MKongou  la  caravane  fait  vingt  kilomètres  ayant  de  l'eau 
jusqu'aux  genoux,  puis  jusqu'à  mi-cuisses.  Traversée  de  la 
Kirouvou  et  de  la  Loukinndou  (vingt  mètres  de  largeur). 

Le  4  février,  continuation  de  la  marche.  On  traverse 
rOuamé,  formant  un  torrent  rapide  d'une  dizaine  de 
mètres  de  largeur,  roulant  sur  des  masses  granitiques. 
Après  un  nouveau  mtoni,  appelé  par  Gambier  la  Maliou- 
loulou  ou  la  Magroumi,  la  caravane,  de  la  direction  Ouest  et 
Ouest-Sud-Ouest,  s'incline  vers  le  sud-sud-ouest.  Près  de 
Mvomero  elle  traverse  la   rivière  du  même  nom. 

Le  5  février,  on  chemine  dans  la  jungle;  un  important 
cours  d'eau  se  présente,  large  de  soixante  mètres  sur 
vingt-cinq  à  trente  de  profondeur,  c'est  la  MKindo.  Le 
lendemain  c'est  le  Pori,  dont  on  affronte  les  solitudes, 
jalonnées  de  mares  à  moitié   desséchées. 

Le  7,  Gambier  et  Marno  arrivent  à  la  limite  extrême 
de  rOu  Gourou  et  traversent  l'Ouame.  La  caravane  campe 
sur  la  rive  droite  près  du  village  commandé  par  un  sul- 
tan et  où  habitent  des  Makoas.  Ges  hardis  chasseurs  pour- 
suivent l'éléphant  et  le  bufïïe,  munis  seulement  de  fusils 
à  silex  et  d'arcs  primitifs. 


—  194  — 

Dans  rOu  Sagarn,  lo  passage  do  la  Mvoumi  s'opère  sur 
un  pont  en   rondins  avec  tablier  de  joncs. 

La  caravane  francliit  de  nouveau  l'Ouame  au  courant 
tumultueux,  lar^^e  de  vingt-cinq  mètres.  Etape  dans  la  jungle 
et  passage  de  deux  nouveaux  cours  d'eaux,  la  Msimba  et 
la  Loonga. 

Les  hardis  voyageurs  arrivent  à  Koi  Forhani  et  le  11 
se  dirigent  vers  l'Ouest  où,  pour  la  troisième  fois,  ils  tra- 
versent la  Loonga,  ayant  de  l'eau  jusqu'aux  genoux. 

Le  jour  suivant,  la  caravane  s'oriente  vers  le  Nord  et 
le  Nord-Ouest.  Elle  passe  la  MKondokoua,  prolongement 
rapide  et  majestueux  du  Ouame,  où  s'ébattent  des  trou- 
j)caux  d'hippopotames. 

Le  13,  elle  gravit  les  hauteurs  et  traverse  à  gué  la 
Kontitandamere,  large  de  plus  de  cent  vingt  mètres. 

Les  voyageurs  poussent  jusqu'à  Kiora,  terme  de  la  course, 
et  y  séjournent  quatre  jours.  Les  derniers  bœufs  succom- 
bent à  la  fatigue  et  aux  morsures  des  mouches  tsés-tsés. 
Les  chariots  sont  abandonnés. 

Le  16  février,  Gambier  et  Marno  quittent  Kiora,  avec  un 
voyageur  suisse,  Broyon,  venant  de  Mpwapwa;  ils  appren- 
nent en  cours  de  route  la  nouvelle  de  la  mort  de  Crespel. 

Gambier  est  atteint  de  fièvre  k  Kirossa  et  à  Koi  Forhani. 

La  petite  troupe  peut  accomplir  en  quinze  jours  le  chemin 
qui  en  avait  réclamté  vingt-quatre  à  l'aller. 

Le  5  mars,  à  quatre  heures  du  matin,  Gambier  et  Marno 
s'embarquent  à  Saadani  et  arrivent  à  Zanzibar  vers  deux 
heures  de  relevée. 

Marno  quitte  le  service  de  l'Association.  Gambier  se 
trouvant  donc  seul,  l'Association  lui  envoie  le  lieutenant 
Wautier,  des  carabiniers,  et  le  docteur  Dutrieux,  ex-médecin 
militaire  belge  établi  au  Gaire  depuis  1872.  A  leur  arrivée 
Gambier  avait  préparé  une  nouvelle  caravane. 

Expédition  Gambier:  première  expédition  de  l'A.  L  A.  Fondation  de  Karema. 

A  la  mort  de  Grespel,   Gambier  est  chargé  de  prendre 


—  195  — 

le  coiiiin;iii(l(Mn(Mil  de  rcxjxMlilion.  Le  liculciiMiil  \\';iiilior 
('()ni})lôlo  ror^aiiisntion  (^L  l;i  mise.  oa\  inni'clio  de  l;i  cani- 
\:\\]{\  (M  1(^  'JC)  juin  1<S7S  (jiiillc  lîji^'jiiiioyo  iivcc  ({n;tl,f(»- 
\in;L:(s  soldais  et  (k)niesli([uos  zan/ibariUvs  (\l  li'ois  (•ciiL 
vin<^'L-sei)t  poi'UMH's.  Lo  4  juillet,  (^aiuhier,  à  peine  r.-taMi 
(riiii  accès  do  lièvre,  s(^  met  en  l'oute,  passe  le  Kin'^ani 
à  environ  trois  lieuos  de  son  embouchure  et  s'avance  dans 
la  direction  ouest-nord-ouest.  Le  9,  il  manque  à  Kiron<^o 
L>  lieutenant  Wautier,  mais,  le  rejoint  le  12  dans  l'Ou  Sa^^ara, 
au  pied  des  monts  Pongouc».  Les  deux  trou[)es  réunies 
comprennent  cpiatre-vingt-seize  Zanzibarites  et  environ  trois 
cent  cinquante  Oua  Nyamouézis.  La  double  escorte  suit  les 
hauteurs  séparant  la  vallée  du  Kingani  de  celle  de  l'Ouame. 

Le  11,  elle  atteint  Kingoua.  Arrivés  au  village  de  Mvomero, 
où  la  route  bifurque,  les  Pagazis  et  les  Zanzibarites  se 
prennent  de  querelle  au  sujet  de  l'embranchement  à  suivre 
pour  se  rendre  au  village  de  Mpwapwa  et  trois  cent 
vingt-cinq  porteurs  désertent  en  un  jour,  emportant  une 
vingtaine  des  charges  d'étoffes.  A  Mpwapwa  la  caravane 
reçoit  un  accueil  cordial  des  missionnaires  anglais  (8  août). 

Gambier  quitte  Mpwapwa,  le  12  août,  avec  soixante 
Oua  Nyamouézis  et  treize  Zanzibarites. 

Le  trajet  du  Pori  a  lieu  sans  accident.  Repartie  de 
Tchounio  à  six  heures  du  matin,  l'escorte  arrive  le  len- 
demain à  Ndeboué,  après  dix-huit  heures  d'une  marche 
pénible  à  travers  ronces  et  rocailles. 

A  Mvoumi  l'escorte  est  arrêtée  par  de  longues  discus- 
sions pour  le  tribut  régalien  (hongo),  on  tombe  d'accord 
après  trois  jours,  pour  une  quantité  de  marchandises 
équivalente  à  la  somme  énorme  de  trois  cents  francs.  A 
Matoumbourou,  à  Kididimo,  à  Ounzambois,  à  Mizanza,  etc., 
nouveaux  tributs  dont  le  total  ne  s'élève  pas  à  moins  de 
trois  cents  piastres.  Gambier,  en  compagnie  d'une  forte 
caravane  arabe,  se  décide  à  passer  par  Mgondouko,  situé 
sur  la  limite  du  Mgonda  Mkali,  met  douze  jours,  du  0 
au  18  septembre,  à  traverser  les  steppes  arides  du  Mgonda 


—  1%  — 

Mkali.  (^e  désert  a  une  importance  spéciale,  au  point  de 
vue  géograpliique,  formant  une  espèce  de  plateau  central 
dont  les  eaux  s'écoulent  au  N.  vers  la  Méditerranée  par  le 
lac  Victoria  et  par  le  Nil;  à  l'O.  dans  l'Océan  atlantique 
par  le  Tanganika,  la  Loukoug-a  et  le  (^ongo;  à  l'E.  dans 
l'Océan  indien  par  le  Roufidji  et  ses  affluents. 

La  caravane  exténuée  et  mourante  de  soif,  parvint  le 
18  septembre  à  Ouyouy,  premier  villag-e  indigène  appar- 
tenant à  Mirambo. 

Après  une  halte  de  six  jours,  les  anciens  porteurs  rebel- 
lionnés  se  décident  à  repartir.  La  traversée  du  Pori,  qui 
s'étend  entre  Ouyouy  et  TIiierra-Magazy,  capitale  de 
Mirambo,  ne  se  termine  que  le  27  et  à  une  distance  de 
cinq  lieues  du  premier  village.  Nouvelles  prétentions  des 
porteurs  à  satisfaire. 

Le  28,  Gambier  fait  prévenir  Mirambo  de  son  arrivée. 
Le  30  septembre,  il  est  reçu  par  le  sultan,  et  fait  avec  lui 
l'échange  du  sang. 

Gambier  est  pris  d'un  accès  de  fièvre  à  Selle  Magazy  (terre 
de  sang),  capitale  du  Mouami,  située  sur  l'ancien  empla- 
cement d'Ouliankourou  (30''  longitude  E.  de  Paris  et  4*^ 
42'  latitude  S.) 

('ambier  attend  le  retour  de  Mirambo,  parti  pour  une  expé- 
dition contre  les  Oua  Soukoumas,  peuplade  habitant  au  S. 
du  lac  Victoria-Nyanza.  Mirambo  revient  le  P  novembre  et 
le  25,  après  des  difficultés  et  des  tergiversations  sans 
nombre,  un  de  ses  Nyamparas  se  met  à  la  disposition  de 
l'explorateur  pour  recruter  des  Pagazis,  mais  n'en  amène 
qu'une   trentaine. 

Le  15  décembre  Gambier  apprend,  par  une  lettre  adressée 
à  Mirambo,  le  massacre  de  la  caravane  Penrose  à  Tchaïa  ; 
il  se  dispose  à  aller  rejoindre  Wautier,  le  22  décembre, 
à  Ouyouy,  mais,  atteint  de  dyssenterie  il  reste  à  Selle 
Magazy;  puis  se  décide  enfin  à  se  rendre  à  Tabora,  cen- 
tre d'une  puissante  colonie  arabe  où  sa  caravane  pourra 
passer  la  saison  des  pluies,  avant  de  chercher  un  empla- 
cement convenable  pour  l'établissement  d'une  station.  Wau- 


—  1<.I7  — 

t,i(M'  iiKMii'l,  1(^  1<J  (l(H'(Miil)r(',  (le  (lysscnUîiic  :ni  hic  Tcl);iï;i, 
:ni  villa^'(*  do,  llekini<^'ii.  Le,  (>  jnnvi^M',  (lîimhici-  ni'iivc  ;i 
Oiiyoïiy    ('L    y   rencontra    lo   D'    DuIi-kmix    (  I\\\  a  Kiirouinho). 

Nos  compnlriolos  reslonl  à  TmIx)!-;!  de  Janvier  a  mai, 
rpoifiK^  à  hujuelle  Diilrieux  r<'t()unie  à  la  côlc.  (iaiidiier 
se  i'(îln)iiv(^  uiK^  seconde  l'ois  seul  |)oui'  conduire  Fcxpé- 
dilion  au  but.  Le  IC)  mai,  ('.ambior  ([uilt(\  avec  cent  soi- 
xanle-({uatre  char<^os,  Mkangiievho,  villa<^o  situé  à  une  iiouro 
environ  à  l'O.  de  Tabora.  où  les  Pagazis  nouvellement 
recrutés  ont  transporté  leurs  cliar<4es.  Arrivés  le  17  à 
Mtiniousi  les  j)orteurs  se  dispersent  et  s'en  retourn(3nt 
dans  leurs  foyers;  le  24  la  caravane  quitte  Mtiniousi  en 
y  laissant  quatre-vingt-dix  charges  entières. 

Gambier,  sur  ces  entrefaites,  reçoit  l'ordre  de  P>ruxelles 
de  fonder  une  station  dans  la  région  de  Mazikanil)a  (Karema). 
Nombreux  démêlés  avec  les  Pagazis  qui  se  mettent  en  grève 
du  2  mai  au  8  juin,  la  plupart  des  hommes  désertent  et  Cam- 
hier  est  forcé  de  rester  à  Chikouro  du  17  juin  au  6  juillet. 

Enfin,  après  une  marche  pénible  de  onze  jours,  à  tra- 
vers le  Pori,  qui  sépare  le  Manyara  de  l'Ou-Gonda,  Gam- 
bier atteint,  le  17  juillet,  le  village  de  Simba  (Ou-Savira 
situé  sur  la  crête  de  partage  du  bassin  de  Malagarazi  et 
de  celui  du  lac  Rikoua),  puis  Ougoué.  Le  22,  il  se  dirige, 
suivant  un  véritable  calvaire,  avec  quatre-vingts  charges 
seulement,  vers  Karema.  A  Koulongou,  surgissent  de  nou- 
velles difficultés  avec  les  porteurs. 

Le  12  août  1879,  après  une  marche  de  12  kilomètres 
vers  le  Sud,  la  caravane  arrive  au  village  indigène  de 
Karema,  situé  à  la  limite  septentrionale  de  l'Ou  Fipa.  Une 
chaîne  de  collines  de  50  à  GO  mètres  d'élévation  court 
parallèlement  au  lac  et  le  sépare  de  la  plaine  dans  laquelle 
est  située  le  village.  A  peu  près  au  centre,  un  mamelon, 
d'une  altitude  de  cinq  mètres  cinquante  centimètres  au 
dessus  des  eaux,  fait  saillie  dans  le  lac,  ménageant  ainsi 
au  N.  et  au  S.  deux  petits  ports,  complètement  à  l'abri 
du  vent  et  dont  la  profondeur  est  suffisante  pour  i)ermettre 


108 


aux  plus  ft'randes  embarcations  d'alLorrir.  C'est  sur  ce 
mamelon  que  Gambier  va  élever  les  constructions  de  la 
station.  A  ses  pieds  s'étend  à  perle  de  vue  l'immense  nappe 
du    Tanpniika. 

Parti  de  Bag"amoyo  à  la  tête  d'une  troupe  de  trois  cent 
cinquante  porteurs  et  de  cent  Zanzibarites,  portée  à  cinq 
cents  par  l'adjonction  de  quelques  petites  caravanes,  Gam- 
bier n'avait  plus  sous  ses  ordres,  en  arrivant  à  Karema 
({ue  vingt  Oua  Ngouanas  et  dix  Africains  engagés  dans 
l'Ou  N3^aniembe. 

Il  séjourne  à  Karema  jusqu'au  17  août,  puis  se  remet 
en  route  et  le  22,  il  était  de  retour  dans  la  vallée  de  Limba. 

Son  second  voyage  de  l'Ou  Savira  à  Karema  s'effectue 
dans  des  conditions  beaucoup  plus  heureuses.  Etabli  depuis 
le  15  septembre  à  Karema,  il  commence  dès  le  17,  les  pre- 
miers travaux  de  construction  de  la  station,  mais  est  retardé 
parla  saison  des  pluies  qui  le  condamne  à  l'inaction.  Malade, 
Gambier  est  relevé  de  sa  lourde  tâche,  le  4  décembre  1881, 
par  l'arrivée  de  Popelin  et  Roger,  dont  la  caravane  s'est 
jointe  à  celle  de  Ramaeckers  à  Kongo  II  remet  son  com- 
mandement au  capitaine  Ramaeckers  et  part,  le  10  décem- 
bre  1890,  pour  la  côte,   par  Kisjndi,  Tabora  et  Mpwapwa. 

Le  retour  de  Gambier  se  fait  dans  des  conditions  excep- 
tionnelles de  célérité.  En  cinquante  jours  de  marche,  il 
franchit,  sans  accident,  les  trois  cent  cinquante  lieues  qui 
le  séparent  de   Bagamoyo. 

Il  se  rend  en  Egypte  et  de  là  en  Europe. 

A  son  retour  en  Belgique,  le  23  avril  1881,  Gambier  est  reçu 
solennellement  par  la  Société  royale  de  Géographie  d'Anvers. 

Agent  de  l'Association  à  Zanzibar,  1882-1884. 

S'étant  marié  en  Belgique  en  1882,  Gambier  repart  avec 
sa  jeune  femme  le  17  mars  de  cette  année  pour  Zanzibar, 
avec  la  mission  d'y  organiser  les  expéditions  belges  qui 
doivent  aborder  l'Afrique  par  la  côte   orientale. 

Il  y  séjourne  jusqu'au  30  mai  1885. 


—  lui)  — 

Collaboration  à  l'établissement  du  chemin  de  fer. 

L()l"S(Hi('  r;iclivilr  dos  liel^'OS  cnl  \y.\ssr  de  hi  cnlo  de 
Znn/ilini"  aux  boi'ds  du  (^on^^'o,  les  j)i-()iii()l('urs  de  Tcidrc- 
l)riso  du  clKMuin  (1(^  IVr  drsi^ncnl  lo  capilaiiKi  (]and)i('r, 
—  (jui  a  plcinonioiiL  r('ussi,  il  y  a  sept  ans,  dans  sa  mission 
dans  rAfri(pi(^  orientale  en  londanL  l\(nu'}}i(i, — })()ur  diiif^er 
les  Iravaux  (l'<''tudos,  dont  dé})endra,  non  seulement  la 
réussite  de  k^urs  ])rojets,  mais  aussi  colle  de  l'œuvre  i)oli- 
tique  et  ('eonomi(iue  conçue   i)ar   le   Koi-souverain. 

La  solution  d'un  ])rob]ème  des  plus  compliquf'S  se  dresse 
aux  premiers  jours  de  vie  de  l'audacieuse  entreprise  hel^e. 

Entre  Matadi  et  le  Pool,  au  sud  de  la  route  suivie  par 
les  caravanes,  s'étend  un  pays  inconnu,  dont  il  n'existe 
aucune  carte  et  où  aucun  blanc  n'a  jamais  pénétre.  La 
Compagnie  du  Goni^o,  qui  recherche  la  possibilité  de 
relier  Matadi  au  Pool,  par  une  voie  terrée,  donne  l'ordre 
à  Cambier  d'entreprendre  le  levé  de  la  région  des  cataractes. 
Candjier  repart  une  seconde  fois,  pour  le  Congo,  le  8 
mai  1887,  à  bord  du  Vlaayideren,  de  la  ligne  belge  Walford 
et  avec  la  plus  grande  partie  du  personnel  de  la  double 
expédition  d'études  et  commerciale  de  la  Compagnie  du 
Congo.   Il  débarque  à  Borna  le  3  juin. 

Le  12  juin  1887,  il  quitte  Boma  pour  Matadi,  point  de 
départ  de  l'exploration  technique,  à  la  tête  de  l'expédition 
d'études  du  chemin  de  fer.  Le  directeur  des  études  a  sous 
ses  ordres  comme  chefs  de  brigade:  le  capitaine  comman- 
dant Zboïnski,  Dupont,  Liebrecht  et  Charmanne  et  six 
ingénieurs:  Vauthier,  Vanderstraeten,  Gilmont,  Fabry,  Lam- 
botte,  Bergier,  Dumont.  Il  est  escorté  par  une  cinquan- 
taine de  soldats  haoussas  et  cafres. 

Les  brigades  topographiques  ont  à  explorer  la  rive  sud 
du  Congo  entre  Matadi  et  Léopoldville,  c'est-à-dire  sur 
une  distance  d'environ  deux  cents  kilomètres,  à  lever  la 
carte  de  la  contrée  et  à  rechercher  le  meilleur  tracé  pour 
la  voie  fern'e  à  y  établir. 

Du    18   au   25   juin,  Cambier  effectue   avec   le    capitaine 


—  200  — 

Thys,  Liebrecht  et  Vauthier  les  premières  reconnaissances 
de  l'expédition  entre  Matadi  et  Palabala  pour  tâcher  de 
résoudre  la  question  du  tracé  du  chemin  de  fer  dans  cette 
partie  du  pays  exceptionnellement  difficile. 

La  seconde  quinzaine  de  juillet  est  employée  au  levé 
tachéométrique  du  tracé,  entre  Matadi  et  le  confluent  de 
la  Mpozo.  Le  rapport  est  fait  à  l'échelle  de  1/1000.  Dès  le 
25  juillet,  Liebrecht,  Gilmont  et  Lambotte  ont  installé  un 
camp  près  de  la  bouche  de  la  rivière. 

Le  8  août,  tout  le  personnel  s'embarque  sur  la  Belgi- 
que et  est  transporté  sur  la  rive  droite  de  la  Mpozo,  où 
les  études  commencent  immédiatement. 

Dans  les  premiers  jours  d'octobre  l'expédition  d'études, 
après  avoir  franchi  le  massif  de  Palaballa  et  la  rivière 
Loufou,  arrive  sur  les  bords  du  Lounionzo,  où  elle  campe, 
—  le  mois  suivant  elle  pénètre  dans  la  vallée  du  Kouilou, 
affluent  de  la  rive  gauche  du  Congo,  qui  se  jette  dans  le 
fleuve,   un  peu  en  aval  de  Manj'anga-Sud. 

Voici  en  quels  termes  s'exprime  le  Congo  illustré  à  pro- 
pos de  ce  voyage  d'exploration  technique,  hérissé  de  dif- 
ficultés, dans  un  paj^s  inconnu- 

«  Pendant  plusieurs  mois,  il  (le  directeur  des  études)  paraît  tout 
»  d'abord  immobilisé  devant  la  gorge  de  la  Mpozo  et  le  massif 
»  de  Palaballa.  Puis,  subitement,  avec  la  petite  troupe,  sous  ses 
»  ordres,  tournant  les  difficultés  multiples  du  point  de  départ, 
»  quitte  à  y  revenir  ensuite,  il  pousse  en  avant,  droit  devant 
»  lui.  Quelle  est  donc  la  bonne  tee,  qui  le  mène  par  la  main, 
»  durant  cette  marche  à  l'aventure,  à  travers  cette  zone  ignorée, 
»  à  la  recherche  du  meilleur  et  du  plus  économique  tracé  pour 
»  son  chemin  de  fer?  A  peine  a-t-il  traversé  une  rivière  qu'il 
»  trouve  le  col  qui  lui  permet  de  passer  sans  ascension  excessive 
»  dans  le  bassin  de  la  rivière  suivante.  A  peine  a-t-il  a  obliquer, 
»  de  temps  en  temps,  soit  vers  le  Nord,  soit  vers  le  Sud:  une 
)>  nouvelle   vallée   est   franchie,    un   nouveau  col   est   découvert. 


—  201  — 

»  Il  est  déroute'  un  moment,  le  jour  où.  avec  sa  brigade»  il  s'en 
»   va    donner,    au    delà   du    Kouilou,  contre    \o.  massif  de    Han^jou. 

»  Mais  ce  n'est  (ju'une  fausse  alerte.  \jn  [xmi  vers  la  droite, 
»  le  massif  tombant  à  i)i(',  |)ermet  à  la  eolorme  de  continuer  sa 
»  marche  heureuse   et   rien   de    l'arrête   jus([u'à   la   i-ive   (hi   i'ool.  » 

Gaml)ier  explore,  en  18S8,  la  contrée  ({ui  s'étend  (;nir(?  la 
Lukunga  et  le  Pool,  pousse  jusqu'au  bassin  do  l'Inkissi, 
traverse  le  Loukoussou,  atteint  Kinshassa  et  étu(li(^  l'oro- 
^•raphie  de  toute  cette  région. 

Rentré  en  Europe  le  20  août  J888,  Cambier  repart  une 
quatrième  fois  pour  rAfri({ue,  le  l'"  juillet  1889,  avec  le 
haut  grade  d'inspecteur  d'Etat  et  fait  l'intérim  de  chef  du 
gouvernement  local. 

Il  revient  en  Belgique  le  20  juin    1890. 

En  1890,  Gambier  est  nommé  directeur,  chef  du  scîrvice 
technique  de  la  compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo 
et  de  la  compagnie  du  Congo  (1891),  délégué  des  com- 
pagnies belges  dans  le   Bas-Congo. 

11  est  actuellement  major  en  retraite,  administrateur  des 
deux  compagnies  précitées;  de  la  Société  pour  le  com- 
merce du  Haut-Congo,  et  directeur-administrateur  de  la 
compagnie  du  Katanga.  Officier  de  l'Ordre  de  Léopold  et 
de  l'Etoile  brillante  de  Zanzibar;  décoré  de  la  Croix  mili- 
taire de  première  classe,  chevalier  de  la  Légion  d'Hon- 
neur, décoré  de  la  Couronne  de  fer  de  troisième  classe 
(Autriche)  et  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


PUBLICATIONS: 


—  Conférence  sw  l'Afrique  cent7^ale,in-S'>,  31  pp.,  2  cartes.  Bruxelles  Cnophs 

fils,  1881, 

—  Rapport  sur  les  marches  de  la  i^  expédition.  (Association  internationale 

africaine,  1879,  pp.  21-55;  65-84;  103-106;  113-115). 
et  Bulletin  Société  royale  belge  de  géographie^  1878,  pp.   172-484. 


—  202  — 

Latitude  de  Kimpessé  observée  par  l^ expédition  d'études  du  cliemin  de 
fer.  (MoLivoment  groj^rnphicjiie,  1888,  p.  100). 

Eludes  du  chenùn  de  fer  du  Congo.  (Raiiport  avec  1  carte  —  Mouvement 
géographique,  1888,  p.  99). 

Le  chemin  de  fer  du  Congo  entre  Palahalla  et  la  Lukunga.  (l^uUetin  de 
la  Société  royale  de  (îéographic  (rAnvcrs,  1889,  pp.  3G6-375;.  (Con- 
férence donnée  à  Anvers  le  2(5  avril  1889), 

Le  chemin  de  fer  du  Congo  (Cambier,  Vauthier,  Charmanne  et  Thys). 
(id.  1888,    9,  n"  4). 

Longitude  de  Karema  (Bulletin  Société  belge  de  Géographie,  1881,  p.  22.'6). 

Le  capitaine  Cambier  et  la  1^   expédition   de  l'A.  I.  A.  Wauters.  1880. 

Sur  les  Bords  du   Tanganika.  A.  .1.  Wauters.  1881. 

Karema,  i"  station  de  l'A.  I.  A.  Id.  1880. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Bec'ker    La    Vie  en  Afrique,  2  vol.  ai)pendice. 

DE  Martrin  Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  I. 

L"  Mouvement  géographique,  1888. 

Bulletin  de  la  Société  royale  de  Géographie  d'Anvers,  t.  YI. 

A.  J.  Wauters.  L'Etat  indépendant  du  Congo, 

Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie,  t.  VI. 

Jacques.  Expéditions  envoyées  au   Tanganyka.  (Bulletin  de  la   Société 

royale  de  Géographie  d'Anvers,  1900.  p.  65). 
A.  J.  Wauters.  Les  expéditions  de  la  Compagnie  du  Congo,  1887. 
Rapport  de  la  Compagnie  du  Congo.  24  novembre  1888. 


CHALTIN,  Louis. 


(Cliché  au  journal  Le  Congo). 


CHALTIN,    LOUIS-NAPOLÉON, 


né  à  Ixelles,   le  27  avril   1857. 

Entre  à  l'armée  le  5  septembre  1873  en  qualité  de  caporal- 
fourrier  au  10''  de  ligne,  régiment  où  il  conquiert  ses  pre- 
miers grades. 

Est  nommé  sous-lieutenant  au  3*^  régiment  de  ligne,  le 
14  juillet  1878,  et  lieutenant  le  2(3  mars  1885. 

Fait  des  études  juridiques  et  est  en  1889,  secrétaire  de 
la  commission  chargée  de  reviser  le  code  de  procédure 
pénale  militaire;  est  attaché,  en  la  même  qualité,  au  par- 
quet de  la  Cour  militaire. 

S'engage  au  service  de  l'Etat  indépendant  du  Congo,  le 
18  janvier  1891,  et  s'embarque  pour  l'Afrique  le  30  du 
même  mois    comme  lieutenant  de  la  Force  Publique. 

A  son  arrivée  à  Boma,  il  reçoit  sa  nomination  de  chef 
du  district  de  l'Aruwimi,  où  se  trouve  installé  le  camp  de 
Basoko. 

La  prise  des  Stanlej^-Falls,  en  188G,  par  les  Arabes 
avait  permis  aux  esclavagistes  de  pousser  leurs  incursions 
jusqu'à  cette  place;  de  là,  ils  pénétraient   sur  le   territoire 


—  204  — 

que  l'Etat  leur  avait  interdit,  débordaient  par  la  droite 
et  empruntaient  au  retour  la  Lulu  et  l'Aruwimi  pour 
regag'ner  le  Congo  et  les  Falls. 

Prévoyant  une  révolte  possible  des  Arabes  et  doutant 
déjà  quebiue  peu  de  la  fidélité  de  son  vali  aux  Falls, 
le  célèbre  Tippo-Tip,  l'Etat  avait  songé,  dés  1887,  à  organiser 
lui-même  la  défense  de  son  territoire.  Dans  ce  but,  le 
Gouvernement  avait  décidé  de  créer  de  fortes  positions 
militaires  au  confluent  de  l'Aruwimi  et  du  Fleuve  II  avait 
prescrit  au  lieutenant  Dlianis  d'installer  à  Basoko,  qui  est 
situé  au  point  précis  de  ce  confluent,  un  grand  camp 
retranché,  dont  l'effectif  devait  s'élever  à  six  cents  hommes. 
Cette  place  fortifiée  avait  un  triple  rôle  à  remplir:  1°  servir 
de  barrière  aux  envahissements  des  Arabes;  2"  pacifier 
la  région  et  donner  confiance  aux  indig-ènes  ;  3""  constituer 
la  base  des  expéditions  futures. 

Le  lieutenant  Dhanis,  accompagné  des  lieutenants  Pon- 
thier,  Milz  et  Jacques,  était  arrivé,  le  8  février  1889,  à  Hasoko 
et,  en  six  mois,  avait  à  peu  près  terminé  cette  tâche  con- 
sidérable. Après  le  départ  de  Dhanis,  ce  fut  Ponthier  qui 
mena  les  travaux  à  bonne  fin. 

Au  mois  de  juin  1891,  Chaltin  prend  le  commandement 
de  Basoko,  en  remplacement  de  Fiévez,  qui  avait  lui-même 
succédé  à  Ponthier.  Il  est  successivement  promu  com- 
missaire de  district  de  deuxième  classe,  le  1^^'  février  1892, 
et  commandant  de  première  classe,  le  l^'"  mars  1893. 

A  ce  moment,  voici  quelle  était  la  situation  de  ce  centre 
d'opérations:  établi  sur  un  terrain  entièrement  conquis  sur  la 
forêt,  le  camp  de  Basoko  est  entouré  de  cultures  et  renferme 
de  commodes  maisons  en  briques.  Des  vivres  y  sont  accu- 
mulés, en  quantité  suffisante  pour  pouvoir  soutenir  un  mois 
de  siège,  et  plusieurs  centaines  de  mille  cartouches  gar- 
nissent les  magasins  de  munitions.  Les  murs  du  fort, 
hauts  de  cinq  mètres,  construits  en  briques  et  recouverts 
de  pisé,   sont  crénelés.   L'armement  se    compose  de   deux 


oanons  Krupp,  (rune  iiiiU'aillcuse  Maxim  vX  (!<.'  (jnalrc  caiioiis 
de  bronze. 

La  station  est  entièrement  entoui'ée  d'un  l)()ulevanl  planté 
d'acacias  blancs,  (lue  bordent  exlérieurennuit  1(îs  baracjue- 
iiicnls  (1(^  la  trou[)e,  formant  un  trapèze  dont  le  lleuvo 
constitue  un  des  grands  côtés,  (^lialtin  niel,  le  camp  dans  un 
état  parfait  de  défense  et  prend  toutes  les  mesures  néces- 
saires pour  repousser  une  incursion  évcMituelle  des  Arabes. 
11  ordonne,  notamment,  la  construction  d'une  tour  carré(î 
haute  de  douze  mètres,  qui  sert  à  la  fois  d'observatoire 
et  d'élément  défensif.  Un  steamer  est  toujours  sous  pres- 
sion afin  de  pouvoir,  au  moindre  danger  signalé  aux  Falls, 
transporter  rapidement  des  troupes  au  secours  du  résident 
de  la  station. 

Dans  le  courant  des  années  1891  et  1892,  Chaltin  con- 
tracte des  traités  d'alliance  avec  les  cliefs  indigènes  et 
les  amène  à  résister  aux  attaques  des  Arabes;  il  livre 
plusieurs  condjats  victorieux  aux  bandes  arabes  qui  tentent 
de  franchir  l'Aruwimi,  et  repousse  celles  d'entre  elles 
({ui    se  sont  établies  sur  la  rive    droite  de  cette   rivière. 

Grâce  aux  nombreux  postes  qu'il  fonde  sur  les  bords 
du  Congo  et  du  bas  Lomami,  il  affranchit  les  indigènes 
du  joug  que  le  chef  arabe  d'Isangi  fait  peser  sur  eux. 

Le  5  mars  1893,  Chaltin  reçoit  de  l'inspecteur  d'Etat  Fivé 
l'ordre  de  remonter  le  Lomami  et  de  s'emparer  de  Bena- 
Kamba  et  de  Riba-Riba.  Il  s'embarque  le  8  mars,  à  bord 
de  la  Ville  cVAnve^^s,  avec  le  docteur  Dupont,  le  sous- 
intendant  Coppée  et  le  sergent  Nahan.  La  colonne  expé- 
ditionnaire se  compose  de  cent  quatre-vingts  soldats  régu- 
liers armés  de  fusils  à  tir  rapide,  et  de  cent  indigènes 
munis  de  fusils  à  piston  ou  de  lances;  elle  emmène  avec 
elle  deux  canons  Krupp  de  7.5  centimètres.  Le  15  mars, 
le  commandant  quitte  Liema-Yapoka,  sur  le  bas  Lomami, 
arrive  vers  midi  en  vue  de  Yanga,  abandonnée  par  les 
Arabes,  et  y  campe  le  lendemain   avec  quarante   hommes. 


—  20G  — 

Le  28  mars,  Chaltin  et  ses  adjoints  arrivent  à  Bena-Kamba, 
après  avoir  été  ohli^^^-és  do  livrer  maints  combats  aux 
indigènes  du  Lomami  (jui  résistent,  surtout  ceux  de  la 
région  de  Yanga,  comme  de  véritables  fauves  défendant 
leur  tanière.  Us  ne  veulent  entrer  en  relations  avec  aucun 
étranger,  attaquant  invariablement  tous  les  bateaux  qui 
passent  par  leur  pays,  et  s'opposent  à  ce  que  l'expédition 
se  pourvoie  de  bois  à  brûler.  Voici  deux  exemples  de  cette 
bostilité  systématique. 

Le  13  mars,  la  colonne  était  arrêtée  à  un  coin  de  forêt 
fraîcliement  défrichée.  La  reconnaissance  des  environs 
terminée,  Chaltin  fait  placer  des  sentinelles  armées  de  fusils 
et  ordonne  aux  Basokos  et  aux  Bangalas  de  procéder  à 
la  coupe  de  bois.  Vers  neuf  heures  du  soir,  deux  coups 
de  fusil  se  font  entendre,  suivis  bientôt  de  deux  autres 
détonations.  On  se  précipite  vers  l'endroit  d'où  ils  sont  partis 
et  on  trouve  une  sentinelle  atteinte  à  la  gorge  et  à  l'aine 
de  deux  flèches  empoisonnées.  Ces  flèches  retirées,  de  fortes 
succions  sont  pratiquées,  mais  malgré  les  soins  les  plus 
dévoués  le  blessé  expire  en  quelques  instants. 

Deux  jours  après,  le  15,  l'expédilion  faisait  liai  te  à  proxi- 
mité d'une  plantation  de  bananiers.  A  la  tombée  de  la  nuit, 
pendant  que  les  noirs  préparaient  leurs  abris,  une  volée 
de  flèches  s'abat  sur  le  campement.  Pas  un  indice  ne 
révèle  l'endroit  où  se  cachent  les  agresseurs.  Le  nombre 
des  sentinelles  est  doublé,  et  vers  dix  heures  du  soir, 
Chaltin  choisit  une  quarantaine  d'hommes  intelligents  et 
déterminés  qu'il  charge  d'une  reconnaissance  dans  les 
environs.  On  parvient  à  découvrir  le  village  hostile  et  le 
lendemain,  au  point  du  jour,  Chaltin  s'y  rend  avec 
cent  soldats,  laissant  le  reste  à  Ja  garde  du  steamer. 
Pendant  quatre  heures,  il  parcourt  l'agglomération  et  les 
alentours  sous  une  véritable  pluie  de  flèches.  Habilement 
dissimulés  dans  des  bouquets  d'arbres  ou  des  amas  fac- 
tices d'herbes,  derrière  les  maisons,  dans  les  bananeries, 


—  207  -^ 

l(^s  indii^-onos  tirent,  [)iiis  (lis|i;ii';iiss(Mit  poin-  Icjidrc  imo. 
nouvelU*  enibuscado  plus  loin,  ornimisiint  ;iinsi  une,  vr;ji(; 
<4"U(M'ill;i.  Très  li;i])iles  et  surtout  très  rusés,  ils  ;itt;iquont 
(le  préféroncc  les  lionnnes  isoh'^s  ou  les  groupes  peu  con- 
sidénibles  Enfin,  vers  midi,  les  indi^-ènes  s'enfuient.  Les 
avenues  du  villai>e  sont  couvertes  de  llèclies.  Avant  le 
combat,  les  natils  y  ont  ])lant6  des  ])ointes  de  bois  acérées 
et  enduites  de  poison.  L'hostilité  des  noirs  se  nianiTestait 
ainsi  de  cent  façons. 

Le  29  mars,  Glialtin  quitte  Bena-Kamba  (»,t  remonte  le 
Lomami  jusqu'aux  rapides  de  Lhomo.  Dans  cette  localité, 
l'expédition  est  accueillie  avec  enthousiasme  parles  babi- 
tants,  qui  lui  fournissent  des  vivres  et  des  guides.  ChaKin 
y  découvre  la  dépouille  mortelle  de  Pierret,  massacré  en 
mai   1892,  et  lui  donne  les  honneurs  de  la  sépulture. 

Le  2  avril,  dans  la  matinée,  Ghaltin,  sans  attendre  les 
renforts  qu'avant  son  départ  il  a  demandés  à  Bang-ala  et 
à  Equateurville,  se  met  en  route  pour  Tchari,  où  un  camp 
arabe  lui  est  signalé.  La  route  est  assez  bonne,  elle  tra- 
verse des  plaines  herbues  et  des  bouquets  de  bois.  On  ne 
rencontre  partout  que  ruines  et  désolations  semées  par 
les  Arabes.  Le  4,  Ghaltin  s'arrête  dans  un  village  à  peu 
près  désert,  mais  où  les  cultures  et  les  plantations,  faites 
avec  un  soin  remarquable,  s'étendent  à  perte  de  vue.  Il 
y  a  du  maïs,  du  millet,  du  sorgho,  des  patates  douces, 
du  manioc,  des  arachides,  etc.  Au  milieu  de  tout  cela, 
jetées  pêle-mêle,  se  remarquent  ({uelques  coquettes  petites 
maisons,  dont  les  toits  de  paille  en  forme  de  cône  se  profilent 
nettement  sur  le  bleu  du  ciel.  Les  gens  qui  habitent  cette 
riante  agglomération  sont  des  esclaves,  ({ui  travaillent  pour 
leurs  maîtres,  les  Arabes. 

Le  5,  après  une  marche  pénible,  l'expédition  arrive  à 
une  grande  plaine  marécageuse,  au  fond  de  laquelle 
s'étalent  trois  villages,  avec  leurs  maisons  et  leurs  cultures. 
Ghaltin    y    envoie    une    reconnaissance;    mais,    arrivés    a 


.^  208  — 

trois  cents  mètres  des  premières  habitations,  ses  soldats 
essuient  le  feu  d'une  bande  d'Arabes  dissimulés  dans  les 
hautes  herbes.  Les  dispositions  du  combat  sont  vite  prises, 
dix  minutes  suffisent  à  déloger  l'ennemi  qui  s'enfuit  en 
laissant  nombre  des  siens  sur  le  terrain. 

Le  6  avril  1893,  après  une  longue  marche,  Ghaltin  arrive 
à  Tchari,  dont  il  s'empare  sans  coup  férir.  Tchari  est  un 
vaste  camp  établi  sur  la  rive  gauche  du  Lomami,  à  quatre 
jours  en  amont  de  Lhomo.  Il  y  a,  là,  un  millier  de  maisons, 
dont  plus  de  quatre  cents  sont  construites  en  argile, 
tandis  que  les  autres  sont  en  paille.  Les  habitations  des 
chefs  comportent  généralement  plusieurs  corps  de  logis, 
entourés  d'une  palissade  qui  enclôt  le  harem.  De  larges 
et  belles  avenues  traversent  la  place.  D'une  extrémité  du 
camp  à  l'autre,  il  y  a  près  d'une  lieue.  Un  des  fils  de 
Munie-Mokada,  Lembe-Lembe,  en  est  le  chef. 

Le  camp  est  complètement  détruit  par  Ghaltin.  Deux 
des  assassins  de  Pierrot,  et  notamment  Kasongo,  étant 
tombés  en  son  pouvoir,  il  les  fait  juger  et  ordonne  d'exécuter 
la    sentence  de  mort  portée  contre  eux. 

Le  iO,  le  commandant  quitte  Tchari,  et  le  14  il  atteint 
Lhomo,  où  il  a  laissé  le  steamer  Ville  cVAyivers,  Dans  la 
matinée  même,  le  steamer  Ville  de  Bruxelles  y  est  arrivé 
avec  un  détachement  de  cent  vingt-cinq  soldats,  commandés 
par  le  lieutenant  De  Bock  et  envoj^és  par  Lemaire,  commis- 
saire du  district  de  l'Equateur.  L'agent  consulaire  des  Etats- 
Unis  d'Amérique,  Mohun,  qui  se  trouve  à  bord,  offre 
ses  services  qui  sont  acceptés,  et  accompagne  le  comman- 
dant en  qualité  d'adjoint. 

Le  15,  les  deux  steamers  descendent  le  Lomami,  et 
arrivent  de  concert  à  Bena-Kamba. 

Dès  le  lendemain,  l'expédition  procède  aux  préparatifs 
de  départ  pour  Riba-Riba.  Le  21,  tout  étant  prêt,  l'expé- 
dition se  met  en  marche  dans  l'ordre  suivant:  Nahan  et 
soixante-six  soldats;  Mohun  et  l'artillerie;  le  commandant 


—  209  — 

(1(^  l;i  coloiiiio  îivoc  iiiK^  osrorlo,  do  viii,L!l  liominos;  M;irck 
ol  s()i\nnl('-(Hiiii/o  soldiils;  les  ])n^'ii^cs;  le  Ii(3ulonant  Do 
Bock  ot  (iiialro-vin^"l-(lix  soldats;  Lainmers  ot  tronte-un 
lioiumos. 

L'oxit^'uito  ot  le  mauvais  (Uat  dos  choiiiins  oblif^ient  l'expé- 
dition à  s'avancer  (mi  file  indienne,  les  colonnes  occupant 
on  profondeur  des  distances  considérables.  Ni  uniforme,  ni 
p.inache  ne  distinguent  ces  guerriers  entre  eux.  La  plu[)art 
(les  indigènes  uonl  d'autre  vêtement  qu'un  pagne  de 
(|uel(iues  centimètres  de  longueur,  un  fusil  et  une  cartou- 
cliière. 

La  route  de  Bena-Kand)a  à  Riba-Riba  est  pénible.  Il 
arrive  même  qu'on  doive  marcher  dans  l'eau  jusqu'aux 
épaules. 

Le  27,  la  colonne  est  arrêtée  par  la  Wila,  qui  a  débordé 
et  inonde  toute  sa  vallée.  On  est  obligé  de  construire  un 
pont  des  plus  primitifs,  c'est  vrai,  mais  dont  la  longueur 
démesurée,  —  deux  cents  mètres,  —  requiert  un  travail 
énorme. 

Presque  chaque  jour  l'avant-garde  se  heurte  à  des  par- 
tis d'Arabes,  embusqués  dans  les  herbes  et  dans  les  bois, 
qu'elle  refoule  assez  facilement. 

Le  26,  la  colonne  traverse  le  camp  arabe  d'Rvamba,  où 
llodister  et  ses  compagnons  ont  été  massacrés.  Le  29,  dans 
la  matinée,  elle  arrive  en  vue  d'un  taillis  inondé.  Les 
hommes  perdent  pied  et  doivent  traverser  le  marais  à  la  nage. 
Après  le  taillis,  c'est  une  rivière  au  courant  très  rapide, 
qui  entrave  la  marche  de  l'expédition.  Il  faut  pourtant 
passer,  coûte  que  coûte.  Avec  une  trentaine  de  soldats,  le 
commandant  Ghaltin  se  met  à  la  recherche  d'un  autre 
]:)oint  de  passage  dans  la  direction  du  nord-nord-est.  Il 
suit  un  sentier  tracé,  à  l'extrémité  duquel  il  trouve  la 
rivière.  Ces  traces  d'occupation  du  pays  engagent  à  la 
prudence.  Dissimulée  derrière  un  épais  rideau  de  feuil- 
lage,  qui  borde  la  rive,  la  petite  troupe    se  recueille  et 


observe.  De  temps  on  temps,  des  canots  passent  devant 
elle,  portant  des  hommes  armés:  il  est  visible  que  les 
Arabes  surveillent  la  rivière  et  les  chemins  qui  y  abou- 
tissent. On  entend  aussi  des  bruits  de  voix  sur  la  rive 
opposée. 

Chaltin  recommande  à  ses  soldats  de  ne  pas  faire  feu 
avant  d'être  attaqués  et  charge  le  lieutenant  De  Bock  d'une 
reconnaissance  vers  le  sud.  Au  moment  où  celui-ci  débouche 
dans  une  éclaircie  du  taillis,  sa  troupe  est  aperçue  par 
les  Arabes  postés  sur  la  rive  opposée.  Les  ennemis  ouvrent 
immédiatement  le  feu  et  le  combat  s'engage.  Le  lieutenant 
De  Bock  commande  la  droite  de  la  ligne  de  bataille,  le 
capitaine  Marck  la  gauche  avec  trente  soldats,  Chaltin 
occupe  le  centre,   soutenu  par  Mohun  avec  le  canon. 

De  l'autre  côté,  on  entend  un  tapage  infernal.  Les  Arabes 
tirent  trop  haut  et  sans  mesure  ;  leur  feu  ne  fait  guère 
souffrir  la  colonne.  Quant  aux  soldats,  ils  restent  calmes 
et  ripostent  au  commandement.  Quelques  obus  lancés  dans 
le  camp  arabe  produisent  un  effet  épouvantable.  L'ennemi 
résiste  cependant.  Pendant  une  demi-heure  au  moins,  la 
troupe  Chaltin  est  criblée  de  balles.  Enfin,  après  une 
vigoureuse  fusillade  et  un  feu  croisé  habilement  dirigé 
au  centre  de  leur  position,  les  Arabes  Lâchent  pied,  subissant 
des  pertes  considérables. 

Malheureusement,  la  poursuite  est'  impossible.  Devant  nos 
soldats,  la  Kassuku,  au  courant  torrentueux,  large  de 
soixante-quinze  mètres  et  profonde  d'au  moins  sept  à  huit 
mètres,  forme  un  obstacle  absolument  infranchissable,  et 
la  colonne  ne  possède  pas  une  seule  embarcation.  Les  Arabes 
s'étaient  montrés  bons  stratégistes  en  faisant  de  la  Kassuku 
la  ligne  de  défense  avancée  de  Riba-Biba,  dont  cette 
rivière  n'est  guère  éloignée  que  de  quatre  lieues. 

L'ennemi  a  du  se  sauver  précipitamment,  et  dans  le 
plus  grand  désordre;  il  a  tout  abandonné:  effets  d'habil- 
lement, literies,  ustensiles  de  cuisine,  vivres,  gongs,  poires 


—  2il  — 

à  i)()ii(li'(\  cnpsulcs,  etc.  I.;i  \;iillanl('  IrouiX'  s(î  rnposcî 
hiiil,  l)i(Mi  ((iK^  iiiul  (^l,  1(^  l(Mi(l(Mii;iin,  s'occupe  de  l;i  coii- 
slriuiion  (ruii  radcnii.  Des  (|iril  (\sl  lermiiié,  (]haltin  cliMr'^o 
1)(^  l)()ck  (TalhM'  :iV(M'  Marck,  Nalian  cl  cent  cirK[uanto 
soldais  l'aire  une  reconnaissance  ofï'ensive  dans  la  direct- 
lion  de  l'esl.  Le  ])assa<^e  de  la  Kassuku  effeclué  sans  lutle, 
la  Iroupe  s'avance  avec  précaulion  sur  l'autre  rive,  mais 
au  lieu  de  rencontrer  les  Arabes,  elle  ne  trouve  parlout 
(jue  la  solitude  la  plus  absolue;  les  villages  sont  déserts, 
les  indi<^ènes  ont  fui  ! 

Dans  l'après-dîner,  Uiba-Riba  est  en  vue  et  bientôt  la 
ti'oupe  t'ait  son  entrée  dans  la  ville  abandonnée  et  en 
partie  incendiée  par  les  Arabes  eux-mêmes:  car,  dans  lenr 
impuissance  à  lutter  contre  leurs  ennemis  à  armes  égales, 
ils  vont  tenter  de  réduire  les  troupes  de  l'Etat  par  la 
faim.  Avant  de  quitter  leur  belle  et  ancienne  ville,  ils 
(uit  tout  détruit;  leur  rage  de  dévastation  leur  a,  même, 
fait  mettre  le  feu  aux  tiges  des  cannes  à  sucre  sur  pied. 

La  situation  s'est  complètement  transformée. 

En  présence  de  la  fuite  des  Arabes,  Gbaltin  se  trouve 
dans  la  nécessité  de  déterminer,  sur  le  cliamp,  un  nouveau 
plan  d'opération.  Le  chemin  suivi  par  les  fuyards  ne  peut 
être  celui  de  Nyangwe  puisque  Dhanis  y  concentre,  en 
ce  moment,  toutes  ses  forces;  ce  ne  peut,  non  plus,  être 
une  route  latérale,  où  les  esclavagistes  auraient  succombé 
sous  les  coups  des  indigènes.  Une  voie  est  restée  ouverte 
aux  Arabes,  celle  des  Falls. 

Ghaltin  s'arrête  à  cette  supposition  et  prend  ses  mesu- 
res pour  s'en  assurer  au   plus  vite. 

Avec  les  moyens  dont  il  dispose  et  notamment  ses  deux 
grands  vapeurs,  il  compte  devancer  l'ennemi  d'au  moins 
dix  jours.  De  plus,  depuis  quelque  temps  déjà,  une 
épidémie  de  variole  décime  ses  soldats  et  ses  porteurs. 
Il  serait  dangereux   de  prolonger  le  séjour  à  Riba-Riba. 


—  212  — 

Chaltin  retourne  donc  à  Bena-Kamba  et  y  fait  construire 
un   immense  radeau  pour  le  transport  des  varioleux. 

Le  7,  toute  l'expédition  redescend  le  Lomami. 

Le  12,  se  trouvant  à  proximité  de  Basoko,  Chaltin  reçoit 
une  lettre  alarmante  du  résident  des  Falls,  le  capitaine 
Tobback,  qui  prévoit  une  attarfue  imminente  des  Arabes. 
Dans  la  soirée,  Chaltin  arrive  au  ciief-lieu  de  son  district, 
mais  il  n'y  reste  que  le  temps  strictement  nécessaire  pour 
s'approvisionner  de  bois.  Le  14,  de  grand  matin,  il  remonte 
le  fleuve. 

Aux  l'alls,  la  nouvelle  des  premières  victoires  de  Dhanis 
(mars  1903)  a  fait  changer  les  dispositions  des  Arabes 
à  l'égard  des  blancs.  Les  relations  se  sont  tendues  entre 
Rachid  et  le  résident  de  l'Etat;  le  2  mai,  la  prise  de 
Riba-Riba  et  la  défaite  des  Arabes  de  la  Kassuku  ont  été 
annoncées  à  la  station,  en  même  temps  qu'est  arrivée  à 
Rachid,  la  pressante  invitation  de  la  part  des  Arabes  de 
Kibonge,   d'attaquer  la  station. 

Les  Arabes  connaissent  les  forces  actuelles  de  Tobback; 
aussi,  dès  le  10  mai,  tout  ce  que  la  région  comprend  de 
Maté-Matambas  armés,  dans  les  divers  postes  échelonnés 
jusqu'à  risangi,   se  trouve  concentré  aux  Falls. 

Pendant  les  journées  des  15,  16  et  17  mai,  le  capitaine 
Tobback  parvient  à  résister  aux  attaques  du  vali  et  à 
repousser  chaque  fois  les  assauts  donnés  à  la  station  par 
un  ennemi  bien  supérieur  en  nombre.  En  même  temps, 
le  sous-lieutenant  Van  Lint  attaque  les    positions  arabes. 

Devant  le  nombre  toujours  croissant  de  ses  adversaires, 
Tobback  fait  préparer  dix  pirogues  et  prend  ses  dispo- 
sitions pour  battre  en  retraite,  mais  l'annonce  de  l'arrivée 
du  commandant  Chaltin  vient  changer  la  situation.  Celui-ci 
a  appris  par  un  nouveau  message  de  Tobback  que  la 
station  subit  depuis  l'avant-veille  l'assaut  des  Arabes,  et  se 
hâte  d'aller  porter  secours  à   ses    compatriotes    en   péril. 

Le  18,  donc,  à  sept  heures  du  matin,  le  steamer  libérateur 


—  lil,3  — 

}iri'i\('  (Ml  \  lie  (les  l^'nlls.  De  l:i  r.'icloi'ci'ir  1)('1l!('  ()r;j;inis(»f> 
dérensivcnieiit,  los  Arabes  ouvi'cnt  le  IVii,  iii;iis  Imilcs  leurs 
balles  tonilxMil  dans  l'eau,  à  deux  ceiils  mètrc^s  au  moins 
du  bateau.  On  aborde  et  le  canon  mis  en  batterie  lance», 
son  premier  obus.  Le  vaste  cami)  de  la  rixe  ijandie  est 
mitraillé  pendant  une   demi-beiire. 

Le  sous-lieutenant  Van  Lint  s'est,  (emparé  1<;  matin  même 
de  l'île  d'Usana;  passant  sur  la  i'iv(î  droite  du  il(Mive,  il 
y  coupe  la  retraite  aux  Arabes,  qui  se  sont  portés  vers 
la  station  de  l'Etat,  en  opérant  un  ^^-rand  mouvement  tour- 
nant. D'un  autre  côté,  Glialtin  et  ses  adjoints  Marck,  raj)i- 
taine  de  steamer,  De  Bock  et  Moliun  francbissent  le  lleuve, 
montent  à  l'assaut  des  positions  ennemies,  et  l'ont  le  sièg-e 
de  la  factorerie  belge,  où  le  gros  des  Arabes  s'est  soli- 
dement fortifie. 

La  bataille  est  bientôt  gagnée;  les  Arabes  culbutés  fuient 
précipitamment  dans  toutes  les  directions,  abandonnant  tout 
ce  qu'ils  possèdent,  objets  de  première  nécessité  comme 
de  grand  luxe:  glaces,  pendules,  montres,  bijoux,  étoffes 
de  valeur,  habillements,  armes,  vivres,  etc.  Près  de  cent 
cinquante  barils  de  poudre  restent  entre  les  mains  des 
soldats  de  l'Etat.  On  compte  deux  mille  prisonniers,  hom- 
mes et  femmes.    Rachid  s'est  enfui   chez   Kibonge. 

Le  22  mai,  Ghaltin  quitte  les  Falls  pour  rentrer  à  Basoko. 
En  route,  il  rencontre  l'inspecteur  d'Etat  Fivé,  qui  après 
s'être  emparé  du  poste  d'Lsangi,  livre  avec  le  comman- 
dant Daenen  un  combat  victorieux  aux  Arabes,  à  la  Romée. 
Les  positions  ennemies  viennent  d'être  enlevées  et  la  pour- 
suite continue  avec  acharnement.  Les  Arabes  se  retirent 
vers  le  Lomami,  d'où  ils  sont  chassés  peu  de  temps  après 
par  une  colonne  de  cent  hommes,  sous  les  ordres  du  capi- 
taine Marck. 

Toute  la  région  comprise  entre  Basoko  et  les  Falls 
est  immédiatement  occupée  par  les  troupes  de  l'Etat. 

L'emplacement    des    deux    stations    de    Basoko    et    de 


—  214  — 

Lusambo,  solidement  fortifiées  et  protégées  par  une  gar- 
nison nombreuse,  avait  été  choisi  de  telle  façon  qu'en 
cas  de  révolte  dans  le  bassin  du  haut  fleuve,  on  put 
envoyer  rapidement  des  secours  vers  les  points  menacés 
en  empruntant,  d'une  part,  la  voie  du  Congo  et  du  Lomami, 
d'autre  part,  celle  du  Kasaï  et  du  Sankuru.  Les  événe- 
ments venaient  de  démontrer  pratiquement  et  de  magni- 
fique façon  l'excellence  de  cette  habile  et  prudente  politi({ue. 

C'est  grâce  à  cet  incomparable  réseau  fluvial  qui  sillonne 
l'Etat  dans  tous  les  sens  et  aux  nombreux  steamers  qui, 
du  Stanley-Pool,  pénètrent  jusqu'aux  confins  les  plus  reculés 
du  territoire,  qu'au  cours  de  ces  dernières  opérations 
militaires,  les  instructions  ont  pu  être  transmises  avec 
rapidité  et  assurer  le  succès  des    armes  de  l'Etat. 

Après  l'arrivée  du  commandant  Ponthier  aux  Stanley-Falls, 
le  capitaine  Chaltin,  commandant  du  camp  de  Basoko,  dé- 
livré du  souci  des  opérations  à  diriger  contre  les  bandes 
esclavagistes,  consacre  son  temps  et  son  activité  à  com- 
pléter l'occupation  du  vaste  district  de  l'Aruwimi  qui 
enserre  la  vaste  forêt  décrite  par  Stanley. 

Exploration  de  la  Lulu  et  de  l'Arawiini  ('). 

Chaltin  parcourt,  à  diverses  reprises,  la  région  complè- 
tement inconnue  située  au  nord  de  l'Aruwimi.  Ce  pays 
comprend  le  Congo  depuis  Malema,  en  aval  de  Basoko, 
jusqu'aux  Falls,  le  Lomami  jusque  Kayemba,  l'Annvimi 
jusqu'au  confluent  de  la  Likowa  (rive  gauche),  le  cours 
entier  de  la   Lulu  et  le  Rubi  moyen  à   Mogandjoro. 

Tout  en  reconnaissant  le  pays,  Chaltin  traite  avec  les 
chefs  indigènes  qu'il  a  délivrés  des  vexations  arabes  et 
fonde  une  chaîne  de  postes. 

Le  30  août  1893,  il  entreprend  l'exploration  de  la  Lulu, 

(1)  D'après  le  Congo  illustré,  1804,   p.  105. 


—  iMr,  — 

Iribulniri'  de  rAriiwimi,  et  le  coiii-s  inlV'i'iciir  de  celui-ci, 
(le[)uis  sou   coullucnl    jus(|ir(Mi    nmoiil   dci   P>.'in;dy;i. 

1)0  Mo^îindja-Ulcliaiiii);!  :i  P)Uii<4;i  l;i  route,  osl  ^('îiicriihi- 
inc^nl  bonne;  mais  aux  cnvii-ons  de  ce  (lei'iiici-  villa^Ti,  (Jialtin 
est  obligé  (U)  traverser  successivement  trois  immenses 
marais  où  Ton  eid'once  dans  la  boue  juscfu'aux  liancdies. 
Huniia  et  Masoa  sont  reliés  i)ar  une  routci  excelhiiitc;, 
coui)ée  de  nombreux  cours  d'eau.  C'est  là  (lu'liabite  le  cliel" 
J^adjandé  (ou  Azandé)   Dang'aco. 

Pour  se  rendre  de  Masoa  à  Wale,  (^lialtin  traverse  d'é[)ais 
taillis,  des  villa<>'es  abandonnés  ou  des  terrains  en  dél'ricbe- 
ment.  La  niarclie  y  est  fatig-ante.  Toute  la  région  comprise 
entre  Bunga  et  la  petite  rivière  Menenalulu,  et  formant 
un  vaste  plateau,  est  liabitée  par  les  Badjandés. 

A  partir  de  la  Menenalulu  commence  le  pays  des  Mabend- 
jas.  Cette  région  se  distingue  des  autres  par  le  nombre, 
la  beauté  et  la  propreté  des  villages.  Le  Mabendja,  cbas- 
seur.et  cultivateur,  est  liospitalier.  Il  vit  en  famille  et  est 
docile  aux  décisions  des  Européens.  A  rencontre  des  Badjan- 
dés, il  est  doux  et  pacifique.  De  tous  les  noirs,  il  est  le 
seul  qui  se  montre  reconnaissant  de  ce  que  l'on  a  fait 
pour  le  protéger  contre  les  Arabes. 

Ghaltin  est  accueilli  avec  sympathie  et  empressement 
par  les  deux  peuplades.  Leurs  chefs  viennent  à  lui,  chargés 
de  vivres.  Le  chef  mabendja  Mondaku  aide  puissamment 
le  commandant  de  Basoko  dans  sa  lutte  contre  les  Arabes, 
en  servant  de  guide  aux  troupes  dans  la  foret.  C'est  lui 
qui  signale  au  commandant  l'existence  d'un  poste  de 
Maté-Matambas  à  Yadumba  et  qui  y  conduit  les  soldats. 
Avec  ses  hommes,  il  accompagne  le  chef  du  poste  de 
Mapalama  et  lui  rend  les  plus  grands  services. 

A  partir  du  village  de  Matamgenbus,  près  de  la  Lulu, 
la  route  suivie  pour  gagner  Yadumba  traverse  une  forêt, 
où  l'on  ne  rencontre  plus  un  seul  village.  En  temps  ordi- 
naire,   quatre  jours  suffisent    pour  la  parcourir.   A   cause 


21G 


du  mauvais  tomps,  il  on  faut  cin({.  Celte  route  longe  con- 
tinuellenient  la  Lulu,  ce  qui  permet  au  cliel"  de  l'expédi- 
tion de  reconnaître  et  de  lever  le  plan  du  coui's  supérieur 
de  la   rivière. 

Chaltin  arrive,  le  1'"  octobre,  aux  sources  de  la  Lulu, 
au  pied  d'une  colline  boisée,  dans  un  encaissement  rocheux. 
Le  versant  opposé  de  la  colline  donne  naissance  à  la  Long-i, 
sous-affluent  peu  important  de  l'Aruwimi. 

Pas  un  villag-e  ne  borde  la  Lulu  dans  son  cours  supé- 
rieur. Les  petits  canots  peuvent  remonter  la  rivière  jusqu'au 
contluent  de  la  Mangbwaba.  A  l'ouest  des  sources,  le  sol 
est  généralement  sablonneux;  il  est  argileux  à  l'est.  Patau- 
geant dans  la  boue,  marchant  dans  l'eau  jusqu'aux  épaules, 
ou  bien  se  meurtrissant  le  corps  dans  les  broussailles,  les 
voyageurs  arrivent  à  Yadumba   brisés,   rompus,    abîmés... 

A  une  bonne  journée  de  marche  de  là,  commence  le  pays 
des  Maboros,  qui  s'étend  jusqu'aux  rives  de  l'Aruwimi. 
Cette  peuplade  et  sa  voisine,  les  Mabendjas,  se  ressem- 
blent sous  tous  les  rapports.  Elles  parlent  la  même  langue, 
ont  des  villages  de  môme  style  et  se  font  les  mêmes 
tatouages.  Les  Maboros  ont  beaucoup  souffert  de  l'occu- 
pation arabe,  leur  pays  est  ruiné,  la  misère  y  règne,  et 
l'expédition  s'y  ravitaille  difficilement.  Débarrassés  de  leurs 
oppresseurs  et  protégés  par  le  poste  que  Chaltin  a  installé 
dans  leur  village,  les  habitants  pourront  désormais  pro- 
céder à  des  défrichements  et  faire  de  grandes  cultures. 
Les  environs  de  Yadumba  sont  infestés  par  les  léopards. 

Le  5  octobre,  Chaltin  se  met  en  route  pour  Banalya 
sur  l'Aruwimi,  point  reconnu  par  Stanley  lors  de  sa  marche 
vers  Wadelai.  La  route  est  très  mauvaise.  Les  Arabes  ont 
d'ailleurs  accumulé  ruines  sur  ruines.  Les  fruits  de  la 
forêt  constituent,  avec  le  produit  de  la  chasse,  l'unique 
nourriture  des  habitants. 

A  Banalya,  le  chef  Lupu  procure  à  l'expédition  des 
vivres  ainsi  que  des  canots  et  des  pagayeurs  pour  remonter 


la  rivièr(\  \à\\)\\  comofiiu^  los  chefs  des  \il]a^x\s  d'îival 
où  se  Irouveiil  les  rapides  (^l  les  (l(H(iniiijie  à  ])reler  à 
ravcnir  leur  coiicoiirs  j)()ui'  i'rancliir  ces  passa^-es  di/ïlciles. 
Dorénavant,  les  comniuiHcaLions  end'e  le  bas  et  le  moyen 
Annvinii  ])ourronl  ^o,  l'aire  ré<^ulièreniont. 

(^hallin  proliie  des  dispositions  favorables  dos  indicielles 
pour  établir  un  posti^  de  cinq  hommes  à  Bakoka,  villaf^f-o 
situé  sur  la  rive  droite  au  milieu  dos  rapides.  Cin((  vil- 
la^'es  de  cette  i'iv(^  portent  le  nom  de  Hanalya.  Ils  ont 
[)our  chef  cin([  frères:  Tun<^-oa,  Ijambi  I,  Lupu,  Bambi  II 
et  Djalc.  Lupu  domine  ses  frères  i)ar  sa  seule  sui)èrio- 
rit(''  morale  et  physicjue,  il  est  le  vrai  cbef  de  la  région. 
A  sa  demande,  Ghaltin  place  chez  lui  un  ])oste  de  trois 
soldats  et  de  quatre  irrég'uliers.  Au  point  de  vue  moral 
et  intellectuel,  les  indigènes  des  villages  Banalya  et  d'amont 
sont  supérieurs  aux  Basokos,  mais  ils  leur  sont  de  beau- 
coup inférieurs  comme  pêclieurs  et  pagayeurs. 

Le  9  octobre,  Ghaltin  quitte  Banalya  et  remonte  la  rivière. 
Le  clief  Lupu  l'accompagne.  Les  rapides  de  Mandindi,  où 
la  rivière  s'élargit  considérablement,  sont  francbis  sans 
accident.  Le  12,  vers  midi,  Gbaltin  arrive  à  hauteur  de  la 
Lokoma,  un  affluent  de  gauche  de  l'Aruwimi:  il  en  remonte 
le  cours  jusqu'à  son  confluent  avec  la  Yaphele.  Dans  cette 
rivière  se  trouve  un  vaste  camp  que  les  Arabes  ont  aban- 
donné quelques  jours  avant  l'arrivée  du  commandant.  Ghaltin 
doit  sa  déception  de  ne  pas  trouver  les  brigands  chez  eux, 
aux  fanfaronnades  d'un  indigène  qui  a  malheureusement 
prévenus  ceux-ci  qu'un  blanc  se  disposait  à  attaquer  leur 
camp. 

Ghaltin  se  rend,  le  13,  à  Popoie,  grand  et  riche  village 
à  une  lieue  et  demie  du  poste  arabe.  Il  relève  l'embou- 
chure de  la  Lokoma  vers  2G°  40'  de  longtitude  est. 

De  Banalya-Lupu  au  confluent  de  la  Lokoma,  il  y  a 
dix  villages  assez  bien  peuplés;  mais  ceux  qui  sont  détruits 
ou  abandonnés  sont  infiniment  plus  nombreux.  La  famine 


—  218  — 

règne  dans  toute  cette  région.  L'expédition  souffre  de  la 
faim  et  la  hauteur  des  eaux  rend  la  pêche  difficile  en 
ce  moment. 

Le  chef  Lupu  déclare  que  lorsqu'il  était  enfant  et  que 
les  Arabes  n'avaient  pas  encore  pris  possession  de  la  con- 
trée, les  rives  de  l'Aruwimi  étaient  très  populeuses  et  l'abon- 
dance régnait  partout.  Ghaltin  engage  tous  les  chefs  de 
village  à  faire  des  plantations,  leur  représentant  que  les 
incursions  des  Arabes  ne  sont  plus  à  craindre.  Le  chef 
Makadu,  de  Bolulu  où  un  poste  de  trois  hommes  est  établi, 
se  met  immédiatement  à  la  besogne.  En  moins  de  quatre 
jours,  il  a  fait  défricher  près  d'un  hectare  de  terre  et  y 
a  planté  du  manioc. 

Au  milieu  des  premiers  rapides  de  la  Lokoma  se  trouve 
une  chute  dont  le  passage  à  la  descente  est  vertigineux, 
émouvant  et  admirable.  Le  Lokoma  et  la  Yaphele  sont 
deux  rivières  torrentueuses  et  très  étroites,  les  rapides 
et  les  passages  dangereux  y  sont  très  nombreux.  Parfois 
les  arbres  des  deux  rives  se  rapprochent  tellement  que 
leurs  branches,  en  s'enchevétrant,  forment  un  obstacle  à  la 
marche  des  canots. 

A  Popoie,  on  vit  dans  l'abondance.  Les  natifs,  des  Bagan- 
das,  n'ont  eu  qu'à  piller  les  plantations  et  les  greniers 
des  Arabes. 

Le  14  octobre,  Ghaltin  quitte  Popoie,  après  avoir  fait 
commencer  des  plantations  de  riz,  et  le  15,  il  arrive  à 
Banalya-Lupu.  Les  riverains  de  l'Aruwimi,  de  Elongo  (rapide 
de  Liongo)  à  Bolulu,  parlent  la  même  langue  et  ont  les 
mêmes  tatouages.  Ils  ne  comprennent  pas  les  Bagundas. 
Les  gens  de  l'intérieur  sont  appelés  Babuas  ou  Mangbuas. 
suivant  qu'ils  habitent  derrière  la  rive  droite  ou  derrière 
la  rive  gauche.  Tous  ces  peuples  sont  anthropophages. 

Le  pays  n'ayant  pas  été  occupé  jusqu'ici,  —  Stanley  l'a 
traversé    connue    une    trombe,   —  les   indigènes    ignorent 


—  21î)  — 

nièine  l;i  rôj)ulsi()ii  cl.  riiori'ciir  (lu'iiispii'ciil  ;iiix  hlancs 
hnirs   al)()niin;il>l('s   praliijiics. 

»*  Tu  cher  av(M'  (jui  je.  ni'ciilrclciiais,  a  (''ci'il,  Clialtiri,  se 
leva  hnis(jueiueiit  eL  nie  (luilla  en  nie  disant:  ^^  Le  soleil 
•'  va  se  coucher;  il  osl  lenn)s  ({ue  j(^  m'en  aille,  car  je 
•^  dois  faire  tu(M'  un  esclave,  ce  soir,  pour  1(î  nian^'er  avec 
->  le  chef  de  Holulu,  rjui  est  v(Min  me  voii-  et  (|ui  (ist 
^  ^rand  amateur  de  chair  humaine.  ^^ 

»  Pour  le  détourner  de  sou  pi'ojet,  j'éi)uise  le  répertoire 
des  arguments  dont  on  se  sert  (m  pareil  cas.  Le  chef  ne 
m'a  pas  paru  convaincu,  mais  l'esclave  n'a  pas  été  tué  ce 
soir-là.  " 

Les  nains  de  rAruwimi  sont  appelés  Bakwas.  Essen- 
tiellement nomades,  ils  hahitent  de  préférence  les  forêts  du 
pays  des  Bakeles  (vers  27^  de  longitude  est)  où  ils  se  construi- 
sent de  minuscules  et  éphémères  abris  en  feuilles.  Ils  sont 
farouches,  féroces  et  cruels.  La  chasse  est  leur  unique 
occupation.  Le  gibier  n'est  pas  exclusivement  l'objet  de 
leurs  préférences.  Friands  de  chair  humaine,  ils  chassent 
l'homme  également.  Le  nain  n'est  pas  voleur,  il  paye  ce 
qu'il   prend. 

Le  17  octobre,  Ghaltin  part  de  Banalya,  accompagné  de 
Lupu,  Bambi  I  et  Lubumi,  passe  successivement  les  rapides 
de  Mokongo,  Ikilo,  Liongo,  Luco  et  Yulu.  Les  rapides  de 
Ikilo  ressemblent  à  une  mer  démontée.  Ceux  de  Liongo 
et  de  Yulu  sont  les  plus  dangereux.  Le  commandant 
s'arrête  un  jour  au  nouveau  poste  de  Bakoka,  où  il  reçoit 
la  visite   des  chefs  des  villages  de  l'intérieur. 

En  résumé,  Ghaltin  a  noué  des  relations  avec  les  chefs 
Popoaka  et  Djare,  et  installé  dans  le  bas  Aruwimi  les  postes 
de  Bopandu,  Iteke,  Bombuma,  lambi,  Ilando,  Likombe, 
Mogandjo  et  Yambuya-Muntschapa.  Le  21  septembre,  il 
a  quitté  le  poste  de  Mogandjo  et  s'est  dirigé  vers  la  Lulu, 
dont  il  a  reconnu  le  cours  supérieur  et  les  sources.   Il  a 


—  220  — 

traversé  le  pays  des  Badjandes,  celui  des  Mabendjas  et 
celui  des  Maboras  où  le  poste  de  Yadumba  a  été  établi. 
Il  a  rejoint  l'Aruwimi  à  Banalya  et  en  a  remonté  le  cours 
jusqu'au  confluent  de  la  Lokoma,  fondé  le  poste  de  Popoie 
sur  la  Yaphele  et  créé,  dans  le  moyen  Aruwimi,  les  postes 
de  Bolulu,  Banalya  Lupu  et  Bakoka. 

Ghaltin  rentre  à  Basoko  le  23  octobre  1893,  n'ayant 
rencontré  nulle  part  de  bandes  esclavagistes. 

Il  revient  en  Belgique  le  24  mars  1894. 

Nommé  commissaire  de  district  de  première  classe,  le 
1^  mai  1895,  Ghaltin  retourne  au  Congo  le  G  mai,  pour 
prendre  le  commandement  du  district  de  l'Uele. 

Mais  auparavant  il  va  vaincre  un  soulèvement  des  indigè- 
nes de  l'Aruwimi  et  de  l'Itimbiri.  Deux  mois  lui  suffisent 
pour  remplir  cette  tâche. 

Lorsqu'à  la  fin  d'octobre  1895,  il  se  dirige  vers  l'Uele, 
il  a,  non  seulement  rétabli  l'ordre  et  la  tranquillité 
dans  les  régions  troublées,  mais  fondé  plusieurs  postes, 
dont  le  plus  important  est  celui  de  Moenge,  installé  au 
milieu  de  tribus  réputées  jusque  là  indomptables  et  dont 
l'audace  était  sans  bornes:  ces  indigènes,  montés  sur  de 
légères  et  fragiles  pirogues,  n'hésitaient  pas  à  attaquer  à 
la  lance  des  steamers  défendus  par  des  soldats  armés  de 
fusils  à  tir  rapide.  L'occupation  de  ce  point,  en  amenant 
la  soumission  complète  des  natifs,  met  mi  terme  à  ces 
continuelles  attaques  et  permet  aux  vapeurs  de  voyager 
en  toute  sécurité  sur  l'Itimbiri. 

Après  cette  œuvre  de  pacification,  Ghaltin  part  pour  l'Uele. 
Cette  province  est  l'une  des  plus  grandes  de  l'Etat.  L'auto- 
rité de  celui  qui  en  exerce  le  commandement  supérieur 
s'étend  depuis  Ibembo,  sur  l'Itimbiri,  à  l'ouest,  jusqu'au 
Nil,  à  l'est,  sur  toute  l'immense  région  baignée  par  l'Uele 
et   ses  nombreux    affluents.    Au    moment    où    Chaltin   est 


îipptilc';  à  ce  posUî  ('()nsi(l(''i';il)l(',  le.  i2  iH)V('iiil)r(',  ccîrUiiiis 
cliefs  iiulig'ènos,  6tjil)lis  sur  la  froiiLièro  du  nonJ,  sont  en 
guerre  ouverte  avec  J'Klal. 

L(»  commandant,  (jui  a  pour  mission  d'occuper  plus 
complètement  ces  territoires  encore  en  ^l'ande  partie  sous 
la  domination  des  derviches,  se  préoccupe  tout  d'abord 
de  constituer  dans  son  district  uiui  force  armée  sérieuse, 
bien  exercée  et  disciplinée,  et  d'org-aniser  à  sa  base 
d'opérations  une  bonne  administration  et  un  service  de 
lrans[)orts  capable  de  faire  face  à  toutes  les  nécessités 
({ui  vont  surgir.  Il  mène,  en  mars  18U(3,  une  campagne 
contre  les  chefs  azandés,  les  sultans  M'Doruma,  M'Bili  et 
M'Bima,  qui  après  avoir  fait  leur  soumission  à  l'Etat,  se 
sont  alliés  aux  derviches  et  suscitent  des  ditïicultés  de  toute 
nature. 

Combats  contre  les  sultans  M'Bima  et  M'Doruma,  mars-avril  1896. 

En  mars  1894,  M'Bili  avait  fait  assassiner  le  capitaine 
lîonvalet,  le  sergent  Devos,  et  leur  escorte.  En  février 
18U5,  le  lieutenant  Janssens,  le  sergent  Van  Holsbeeck  et 
los  cinquante-neuf  soldats  qui  les  accompagnaient  avaient 
été  mis  à  mort  sur  l'ordre  de  M'Doruma. 

La  première  tâche  qui  s'imposait  au  nouveau  commis- 
saire général  était  de  châtier  les  deux  sultans  azandés:  il 
fallait  d'une  part,  en  vengeant  la  mort  des  quatre  blancs, 
consolider  l'obéissance  des  chefs  soumis  et,  d'autre  part, 
anéantir  la  puissance  d'ennemis  qui,  pris  isolément,  étaient 
certes  peu  redoutables,  mais  pouvaient  entraver,  en  cou- 
pant ses  communications  avec  sa  base  d'opération,  le  succès 
de  la  grande  expédition   que  l'on   allait  diriger  vers  le  Nil. 

Ghaltin  organise  donc  à  Dungu  les  forces  destinées  à 
châtier  M'Doruma  et  M'Bili.  Elles  comprennent  quatre  cents 
hommes,  tous  soldats  de  deux  ans  au  moins,   remarqua- 


—  222  — 

bloment  oxercos  et  disciplinés  par  los  officiers  qui  les  ont 
commandés  au  camp  retranché  de  l'Uele.  Ce  sont  en  majo- 
rité des  Batetelas  et  des  Mobenges,  sous  les  ordres  de 
Dubreucq,  Kinet,  De  Hacker,  Dupont  et  Lejeune.  Ce  der- 
nier quitte  bientôt  l'expédition,  pour  cause  de  maladie, 
et  meurt  à  Niangara. 

L'ordre  de  marche  adopté  est  le  suivant:  un  peloton 
d'éclaireurs  composé  de  cinquante  hommes  et  commandé 
par  un  blanc  de  l'avant-garde  (Dubreucq)  ;  l'avant-garde  : 
deux  pelotons  (Dubreucq  et  De  Backer)  ;  le  commandant 
Chai  lin  et  son  escorte  de  soixante-dix  hommes;  le  gros, 
deux  pelotons  de  Kinet  et  Dupont;  les  bagages;  l'arrière- 
garde  composée  de  cinquante  liommes. 

Chaltin  marche  d'abord  contre  M'Bili.  L'expédition  passe 
à  Niangara,  le  1^  mars  189G.  Le  sultan  dispose  d'un  mil- 
lier de  guerriers,  armés  de  lances  ou  de  fusils  à  piston. 
Battu  dans  trois  combats  d'avant-garde,  le  chef  rebelle 
est  complètement  écrasé,  dans  une  bataille  décisive,  le 
17  mars  189G. 

Chaltin  se  porte  ensuite  vers  le  nord  à  la  recherche  de 
M'Doruma.  Après  une  série  de  combats  d'avant-garde  il 
rencontre,  le  28  mars,  à  Bongo,  sur  les  bords  de  la  Buyet, 
M'Bima,  frère  de  M'Doruma,  qui  lui  oppose  environ  deux 
mille  guerriers,  d'admirables  combattants  dont  l'intrépi- 
dité force  l'admiration  des  Belges.  Ceux-ci  ne  l'empor- 
tent que  grâce  à  la  supériorité  de  leur  armement.  Le 
combat  est  très  meurtrier.  Les  soldats  de  M'Bima  luttent 
héroïquement,  chargeant  les  troupes  de  l'Etat  à  la  lance 
et  se  faisant  tuer  à  cinquante  mètres  du  carré.  Devant  le 
front  d'un  seul  des  pelotons,  celui  de  Kinet,  on  relève  cent 
trois  cadavres  ennemis.  M'Bima  est  mis  en  déroute  complète. 

Le  30  mars,  deux  femmes,  surprises  par  une  patrouille, 
apprennent  à  Chaltin  que  M'Doruma  n'est  pas  éloigné  et 
l'attend  avec  tous  ses  guerriers.   Chaltin    oblique  vers  le 


—  223  — 

nord-est  pour  atteindre  la  résidence  de  M'Donmi;!  lui- môme. 
Le  :>I,  le  dé[)art  a  li(Mi  à  six  lioures  du  malin;  la  colonncî 
marche  dans  un  |)ays  1res  couveil,  favorable  aux  embus- 
cades et  franchit  |)lusieurs  délih's;  elh»  s'anvlc  dans  un 
villai^-e  pour  se  reformer. 

Les  sentinelles,  plac(»es  dans  l(^,s  arbres,  aperçoivent  dans 
le  direction  du  sud-ouest  des  natifs  (jui  ont  l'air  de  cor- 
respondre avec  des  gens  placés  derrière  eux.  La  formation 
de  combat  fatiguant  beaucoui)  les  soldats  obligés  de  passer 
à  travers  tout,  la  colonne  se  porte  en  avant  en  conservant 
le  dispositif  de  marche,  mais  en  faisant  serrer  les  différents 
échelons,  de  façon  à  donner  à  la  colonne  un  minimum 
de  profondeur.  Quebjues  minutes  après,  les  éclaireurs 
ouvrent  le  feu  et  se  retirent  sur  l'avant-garde  qui  se  déploie. 

Au  devant,  et  bien  à  portée,  se  trouvent  trois  mille 
guerriers,  disposés  en  trois  lignes  de  profondeur  et  armés 
de  lances,   de  javelots,  d'arcs  et  de  fusils  à  piston. 

Le  fait  de  combattre  les  soldats  de  l'Etat  sur  ce  terrain 
est  une  faute  grossière  de  tactique,  de  la  part  des  Azandés. 
Si,  au  lieu  de  les  attendre,  ils  s'étaient  comme  d'habitude 
apostés  sur  les  flancs  des  nombreux  défilés  et  à  la  sortie 
des  grands  marais  quasi-impraticables  que  Ghaltin  était 
obligé  de  traverser,  ils  lui  auraient  fait  subir  de  grandes 
pertes.  Aussi  le  commandant  accepte  avec  joie  la  bataille, 
bien  que  fatigué  et  ne  se  faisant  nulle  illusion  sur  la 
réelle  bravoure  des  ennemis.  Ceux-ci  chargent  dans  un  ordre 
parfait  et  en  poussant  des  cris  de  fauves.  Le  feu  de  la 
colonne  est  terrible.  Suivant  un  plan  qui  leur  a  souvent 
réussi,  les  Azandés  ont  combiné  leur  attaque  de  front 
avec  deux  attaques  de  flanc  et  un  mouvement  en  arrière. 
La  seule  formation  rationnelle  à  leur  opposer  est  un  front, 
deux  flancs  et  une  colonne  mobile  à  la  gorge.  La  rapi- 
dité de  leur  mouvement  est  telle  que  le  peloton  du  gros, 


qui   doit  faire  face  à  la  droite,  ne  peut  arriver  et  que  la 
colonne  mobile  doit  se  lancer  au  devant  des  indigènes. 

La  tactique  de  Ghaltin,  en  dépit  de  cette  anicroche, 
est  si  heureuse  que  le  corps-à-corps  ne  dure  guère  plus 
d'une  demi-heure.  Les  Azandos  s'enfuient  alors  et  les 
vainqueurs  les  poursuivent  quelque  temps.  Ghaltin  a  été 
légèrement  blessé  durant  l'action. 

Le  surlendemain,  la  colonne  reprend  sa  marche.  Pendant 
la  nuit,  des  chants  de  guerre  se  font  entendre;  l'arrivée 
de  M'Vuta,  fils  aîné  de  M'Doruma,  est  annoncée.  Dupont 
et  Dubreucq  repoussent  victorieusement  l'attaque  de  son 
avant-garde. 

Le  5  avril  1896,  vers  six  heures  et  demie,  la  colonne 
débouche  dans  une  immense  plaine,  au  centre  de  laquelle 
se  profile  un  village  exceptionnellement  grand.  La  pointe 
d'avant-garde  voit  des  indigènes  armés  de  fusils  s'en  éloig- 
ner,  après  avoir  mis  le  feu  aux  cases. 

La  colonne  s'installe  à  la  résidence  de  M'Doruma,  située 
sur  le  bord  de  l'Uerre,  affluent  de  l'Uele,  qui  décrit  à  cet 
endroit  une  courbe  immense  enserrant  tout  le  campement 
azandé.  M'Doruma  a  détruit  une  partie  du  village  et  l'on 
peut  croire  à  première  vue  que,  surpris  par  l'arrivée  des 
troupes  de  l'Etat,  il  a  fui,  après  avoir  tenté  de  brûler 
sa  résidence.  Mais  ce  n'est  là  qu'une  ruse  de  guerre. 

Les  soldats  de  l'Etat,  trompés  par  les  apparences,  pénètrent 
dans  le  campement,  et,  fort  éprouvés  par  une  longue  et 
fatigante  étape  à  travers  une  contrée  pauvre,  n'ont  rien 
de  plus  pressé  que  de  faire  main  basse  sur  les  vivres  qu'ils 
trouvent.  Ils  ne  songeaient  guère  qu'à  se  préparer  un  repas 
bien  nécessaire,  lorsque  quelques-uns  d'entre  eux,  puisant 
de  l'eau  dans  TUerre,  voient  briller  dans  les  hautes  herbes, 
sur  l'autre  rive,  des  lances  et  des  fusils.  Ce  sont  les  guerriers 
de  M'Doruma,  qui  attendent  le  moment  propice  pour  sur- 
prendre les  soldats  en  plein  repas. 


—  22; 


(^.haltin  so  [)()|•l(^  iiiiiii(Mli;iloiii(Mil,  en  ;iv;iii(,  pour  flrjoucr 
cetlo  manœuvre.  L(^  [xiloloii  DuhrciKMj,  rcn f( )!•(*(''.  j)ar  l'escorlo 
(lu  commanda  ni,  est  dôployc'i  en  lirailkiurs  el,  ma  relie  en 
avant,  ^-ardé  sur  ses  lianes  pai*  deux  sections  du  pf^loton 
De  Backer,  les  (Unix  autres  pelotons  (Kinet  (;t  Dupont) 
restant  en  réserve  sur  le  plateau. 

A  peine  les  tirailleurs  ont-ils  parcouru  trois  cents 
mètres,  que , 'de  Joutes  parts  surgissent  des  milliers  de 
lances  ;  la  colonne  essuie  en  même  temps  un  l'eu  terrible. 
Les  pelotons  de  réserve  sont  brusquement  et  vigoureuse- 
ment assaillis  sur  la  droite  par  les  indigènes,  jus^fue  là 
habilement  dissimulés  dans  les  hautes  herbes.  Ces  deux 
])elotons  se  déploient  également  en  tirailleurs  face  à  l'ennemi 
et  ouvrent  un  l'eu  nourri. 

L'attaque  enveloppante  des  Arabes  se  dessinant  de  plus 
en  plus,  Ghaltin  donne  ordre  au  premier  peloton  (Dubreucq) 
(^t  au  second  (De  Backer)  de  se  rabattre,  tout  en  combat- 
tant et  dans  le  plus  grand  calme,  vers  le  plateau,  pour  y 
rallier  le  troisième  peloton  (Kinet)  et  le  quatrième  (Dupont) 
et  constituer  un  tout  de  quatre  unités  séparées.  L'armée 
congolaise  étant  ainsi  formée  en  carré,  les  salves  continues 
lui  forment  un  vrai  rempart  de  feu,  contre  lequel  se  brisent 
les  attaques  impétueuses  de  l'adversaire.  Les  Azandés  mul- 
tiplient pendant  une  demi-heure,  et  sans  interruption,  des 
charges  forcenées   et  héroïques. 

A  ce  moment,  Ghaltin  est  atteint  d'une  balle  qui  lui 
fracasse  la  main.  Presque  au  même  instant,  Dupont  est 
])lessé  à  l'épaule.  Mais  notre  vaillante  résistance  a  brisé 
l'effort  des  adversaires.  Les  fusiliers  de  M'Doruma  conti- 
nuent le  feu  contre  les  troupes  de  l'Etat  pendant  quelques 
instants,  pour  protéger  la  retraite  des  lanciers,  puis  lâchent 
pied  à  leur  tour. 

Les  troupes  de  l'Etat  criblent  de  balles  les  fuyards  et, 
pour  terminer  cette  belle  journée,  toutes  les  forces  sont 


—  226  — 

lancées  à  leur  poursuite  et  forcent  les  Azandés  à  se  réfu- 
gier dans  les  montagnes  situées  au-delà  des  frontières 
de  l'Etat,  en  territoire  français. 

La  caractéristique  de  la  journée,  ce  fut  la  nécessité  d'oppo- 
ser tactique  contre  tactique  à  un  ennemi  que  l'on  s'était 
habitué  à  considérer  comme  un  ramassis  de  barbares. 

Les  soldats  de  M'Doruma  obéissaient,  au  contraire,  à  une 
véritable  discipline;  divisés  en  un  grand  nombre  de  com- 
pagnies comprenant  chacune  cinq  ou  six  rangs  de  lanciers 
et  un  rang  d'archers  et  précédés  d'un  peloton  de  tireurs, 
leur  manière  de  combattre  semblait  empruntée  à  leurs 
voisins  d'alors,  les  derviches:  les  fusiliers  tiraient  deux 
ou  trois  coups  de  feu,  puis  se  jetaient  à  terre.  Trois  rangs 
de  lanciers  fondaient  alors  sur  leurs  adversaires.  Si  ceux- 
ci  étaient  repoussés,  les  tireurs  entraient  de  nouveau  dans 
l'action,  puis  d'autres  lanciers  se  précipitaient  en  avant; 
en  cas  d'échec,  les  fusiliers  fuiaient  les  premiers  et  allaient 
occuper  des  positions  en  arrière,  d'où  ils  protégeaient  par 
leur  feu  la  retraite  des  lanciers. 

Dupont  se  remet  assez  vite  de  sa  blessure.  Il  n'en  est 
pas  de  même  de  Ghaltin,  qui,  en  l'absence  de  tout  méde- 
cin, doit  se  confier  aux  soins  dévoués,  mais  inexpérimen- 
tés, de  ses  adjoints.  A  deux  reprises,  il  souffre  d'hémor- 
ragies artérielles  avec  syncope,  et  son  état  général  s'en 
ressent  si  gravement  qu'il  doit  se  résigner  à  descendre 
jusqu'à  Ibembo,  où  il  rencontre  le  docteur  Rossignon  dépêché 
à  son  secours  par  le  gouverneur  général   Wahis. 

Des  que  le  docteur  Rossignon  lui  permet  d'affronter  de 
nouvelles  fatigues  et  d'autres  dangers,  Ghaltin  rallie  aussi- 
tôt Niangara,   sur  l'Uele,  où  il  arrive  en  juillet  1896. 

Rien  ne  s'oppose  plus  à  l'organisation  définitive  et  à  la 
mise  en  marche  de  la  grande  expédition  chargée  de  prendre 
possession  de  l'enclave  de  Lado.  Si  les  deux  sultans  azan- 
dés, contre  lesquels   le    commissaire  général  a   guerroyé 


—  227  — 

jiisquo  In,  sont  p;ii'V(Mius  ;i  (M'IinpjXM*  i\  s;i  |)oui'siiil(',  du 
moins  lour  puissance  osl  j)oiir  l{)n<4U'inps  anéantio  cl  M'iiili 
ot  M'Doruma,  réfugiés  dans  la  l'onH,  sont  hors  rrôlat 
d'inquiétor  encore   nos  soldats. 

Le  fi'ouvernenient  peut  son^^er  alors  à  allennir  son 
autorité  dans  l'enclave  de  Lado,  concédée  à  l'Ktat  par 
l'accord  an«xlo-confi'olais  du  12  mai  18U1,  dans  h;  hiit  d'arré- 
t(M'  définitivement  les  incursions  des  Arabes  dans  cette 
ré^-ion  ('). 

Le  gouvernement  avait  le  choix  entre  deux  plans  pour 
atteindre  le  Nil  et  conquérir  l'enclave:  il  pouvait  prendre 
pour  base  d'opérations  soit  le  haut  Aruwinii  (Iturij,  soit 
le  haut  Uele.  Il   combina  habilement  les  deux    plans:    le 


(1)  En  vertu  de  la  convention  de  1894,  la  Grande-Bretagne  donnait  à  bail 
au  Souverain  du  Congo,  pour  être  occupée  et  administrée  par  lui  pendant 
toute  la  durée  de  son  règne,  la  rive  gauche  du  Nil  depuis  Mahagi,  sur  le 
lac  Albert,  jusqu'à  Fachoda,  ainsi  que  la  partie  du  bassin  du  Bahr-el-Ghazal 
limitée  à  l'ouest  par  le  25«  méridien  et  au  nord  par  le  K>  parallèle.  Co 
bail,  qui  devait  rester  en  vigueur  pendant  la  durée  du  règne  du  roi  Léopold. 
était  soumis  à  deux  conditions:  1°  que  les  Belges  donneraient  aux  Anglais 
aide  pour  détruire  la  puissance  madhiste  et  2o  que  le  roi  des  Belges  céderait 
aux  Anglais  une  bande  de  terre  de  vingt-cinq  kilomètres  de  largeur,  len- 
fermant  un  port  septentrional  sur  le  lac  Tanganika,  jusqu'au  point  le  plus 
méiidional  du  lac  Albert-Edouai'd.  Les  puissances  signataires  de  la  con- 
férence de  Berlin  protestèrent,  alléguant  qu'elles  seules  avaient  le  di'oit 
de  modifier  ces  bornes;  la  France  et  l'Allemagne  firent  à  ce  traité  une 
opposition  formelle.  L'Allemagne  refusa  la  concession  à  bail  à  une  autre 
puissance  d'une  route  longeant  sa  propre  frontière  entre  les  deux  lacs  et 
obtint  le  retrait  de  l'article  de  la  convention  concernant  cette  route.  Quant 
à  la  France,  elle  imposa  à  l'Etat  l'abandon  de  ses  vues  sur  le  Bahr-el-Ghaz^l 
et  se  borna,  dans  la  convention  du  18  août  1894,  à  admettre  son  action 
dans  le  territoire  dit  Enclave  de  Lado.  C'est  en  se  conformant  au  régime 
dicté  par  ces  deux  conventions  que  Chaltin  se  prépara  à  marcher  sur  Redjaf. 

Nos  lecteurs  savent  que  la  convention  de  1894  a  été  remplacée  par  l'accord 
anglo-congolais  du  9  mai  1906,  provoqué  par  la  rencontre  des  expéditions 
Lemaire   et  Boulnois  dans  les  territoires  contestés. 


—  228  — 

baron  Dhanis,  avec  des  forces  recrutées  dans  le  Manyema, 
devait  arriver  au  Nil  par  l'Ituri,  en  contournant  la  région  des 
lacs;  le  commandant  Glialtin,  chargé  de  diriger  l'expé- 
dition de  rUele,  reçut,  de  son  côté,  l'ordre  de  quitter 
Dungu,  pour  préparer  le  terrain  à  la  colonne  Dhanis. 

Marche  vers  le  Nil. 

Les  troupes  appelées  à  faire  partie  de  l'expédition  sont 
réunies  à  Dungu  dans  les  premiers  jours  de  décembre  1890. 

Le  14,  elles  se  mettent  en  marche  et  arrivent  le  23  à 
Surrur,  au  confluent  du  Kibali  et  du  N'Zoro,  où  Ghaltin 
décide  de  construire  une  station  qui  devint  le  chef  lieu 
de  la  zone  des  Makrakras.  Il  appelle  Surrur-Vankerck- 
hovenville,  en  souvenir  du  valeureux  capitaine  qui  avait 
en  1893  conduit  ses  hommes  jusqu'aux  portes  de  Wa délai 
et  dont  la  brillante  carrière  s'était  quelques  jours  plus  tard 
terminée  brusquement  dans  les  circonstances  tragiques  que 
l'on  sait. 

Ce  poste  avancé  de  Surrur  sert  aujourd'hui  plus  utile- 
ment de  base  d'opération  que  Dungu.  Il  constitue  une 
forte  position,  tant  au  point  de  vue  tactique  que  straté- 
gique. Enfermé  dans  une  immense  branche  de  la  rivière 
Kibali,  il  est  protégé  par  elle,  sauf  vers  le  sud  et  le  sud- 
ouest,  mais  là,  des  montagnes  aux  cols  étroits  l'enferment. 
De  plus,  le  seuil  du  poste  de  Surrur-Vankerckhovenville 
est  défendu  par  le  Baïma,  puissant  amoncellement  de 
roches. 

La  relation  de  la  marche  de  l'expédition  est  empruntée 
à  M.  Chômé  ('),  le  distingué  directeur  de  la  «  Belgique 
militaire  ». 


(1)   Une  expédition  belge  au  Nil.  Bruxelles,  Deprez,  1898,  brochure  de  41 
pages. 


2'2'j 


«  Los  sopt  pelotons  dont  so  coinposc  la  petite  ai'riK'c  sont,  res- 
pectivement coninKUi(K''s  par  \o  lieutenant  I\()|)S.  1(î  lieutenant  (foluA, 
le  sous-lieutenant  Laplnine,  h;  sergent-major  I)(î  Haek(;r,  le  ])r(;mii;r 
serg^ent  Goebel,  le  premicM'  sergent  Dupont,  1(î  sergent  Cajot,  avee 
eent  hommes  chaeun.  Cajot  étant  spéeialement  chargé  du  service 
du  canon  (c'est  un  ancien  sous-officier  d'artillerie),  les  artilleurs 
sont  incorporés  dans  son  peloton.  Il  y  a,  en  outre,  dix-neuf  musi- 
ciens et  une  section  de  trente-deux  hommes  commandés  j)ar  le 
lieutenant  Saroléa,  sous  les  ordres  et  la  direction  duquel  sont  t)laeés 
les  deux  cent  cinquante  porteurs.  Les  chefs  azandés  Renzi  et  I>afuka 
renforcent  l'expédition  avec  cinquante  fusiliers  et  cinq  cents  lanciers. 

»  Ils  la  rejoignent  le  dimanche  27  décembre,  amenant,  outre  leurs 
combattants,  environ  quatre  cents  porteurs.  Leur  concours  n'est 
pas  désintéressé  :  Bafuka  ne  réclame  rien  pour  lui,  mais  il  appuie 
les  exigences  de  Renzi,  qui  demande  à  rentrer  en  possession  des 
Etats  de  son  père  Wanda,  dépossédé  jadis  par  Ukiva.  Chaltin  fait 
observer  à  Renzi  que  sa  carte  ne  mentionne  pas  ce  territoire... 
et   Renzi  se    contente    d'un   procès-verbal  de  l'entretien. 

»  L'ordre   de  marche    adopté  est   le    suivant  : 

»  Avant-garde.  Deux  pelotons  détachant  à  trois  cents  mètres 
en  avant  une   pointe    de  cinquante  hommes. 

»   Gi^os.   Quatre  pelotons    et  l'artillerie. 

»  Arrière-garde.    Bagages,   un  peloton,  une   section. 

»  Extrême  arrière-garde.  Impedimenta  et  Azandés  armés  de 
lances. 

»  Flanqueurs.   Lanciers    de  Renzi  et  de    Bafuka. 

»  Cette  troupe  quitte  Surrur  le  P'"  janvier  1807.  Elle  traverse 
le  pays  des  Loggos.  paisibles  et  très  intelligents  cultivateurs.  Dans 
leur  immenses  champs  cultivés  se  dressent  des  observatoires  hauts 
de  cinq  à  six  mètres,  sur  lesquels  sont  juchés  des  enfants  qui 
crient,   chantent,  piaillent   pour  effrayer  les  granivores. 

»  Le  16,  après  le  passage  de  la  Dungu,  au  village  du  chef 
M'Vuta,  la  colonne  est  attaquée.  Vers  l'est,  apparaissent  les  hau- 
teurs de  la  ligne   de  partage   des   eaux  du   Nil  et  du  Congo.  Le  18, 


—  230  — 

après  s'être  engagée  dans  le  col  de  Tendia,  l'expédition  se  trouve 
dans  la  vallée  du  Nil.  La  région  est  montagneuse,  les  monts  Kido, 
Kissimbo,  Wotogo  (Vatako  de  Junker)  et  Kulungu  y  dressent  leurs 
cimes.  Le  pays  est  habité  par  les  Adretus,  non  moins  paisibles 
cultivateurs  que  les  Logi^os.  L'occupation  turque  a  exercé  chez 
ces  deux  tribus  la  plus  salutaire  influence:  les  instruments  de  tra- 
vail, les  modes  de  culture  y  sont  moins  primitifs  qu'ailleurs;  ces 
peuples  ont  le  sens  industriel  très  développé;  ils  tressent  des  cordes, 
fabriquent  des  poteries  remarquables  et  font  une  très  copieuse 
consommation    de   bière    d'éleusine. 

»  Et   le    thermomètre,    au   soleil,    marque  00"! 

»  Le  23,  la  colonne  est  au  pied  du  mont  Adra,  où  Chaltiii 
fonde  un  poste.  La  population  y  est  très  dense.  Les  indigènes  st; 
montrent,  au  début,  aussi  agressifs  que  les  abeilles  qu'ils  élèvent 
avec  beaucoup  d'art. 

»  Au  mont  Aléma,  les  hostilités  cessent,  plus  de  flèches  empoi- 
sonnées; ces  gens  —  des  Kakwas  —  se  souviennent  des  bons 
rapports  qu'ils  ont  entretenus  avec  Delange,  Delbruyère,  De  Graeve. 
Gustin  et  Hoffman.  Ils  en  parlent  avec  attendrissement  et  recon- 
naissance. Chaltin  apprend  d'eux  que  les  Egyptiens  ont  poussé 
jusque-là  du  temps  d'Emin,  mais  que  la  plupart  de  leurs  chefs, 
dont  Fad-el-Moulah,  ainsi  qu'un  grand  nombre  de  leurs  soldats  et 
l'interprète  arabe  Suleyman,  ont  été  tués  par  l'émir  Arabi,  com- 
mandant des  forces  derviches  du  sud,  dont  le  vaste  camp  retranché 
est  à  Redjaf.  sur  la  rive  droite  du  Nil,  tandis  que  Lado  est  tout 
à  fait  abandonné,  comme  Gondokoro,  Bedden  et  Wadelaï.  A  une 
journée   de  marche   du   mont  Aléma,   les  derviches  font  des  razzias. 

»  Le  contact  de  nos  troupes  avec  les  Musulmans  ne  tardera 
guère,  et,  d'autre  part,  Chaltin  comprend  que  c'est  sur  Redjaf 
qu'il  doit  se  porter. 

»  Il  demeure  quelque  temps  auprès  de  ces  Kakwas,  afin  de 
modifier  ses  dispositions,  donner  de  nouveaux  ordres.  Il  a  ainsi 
le  loisir  d  étudier  de  près  les  mœurs  et  les  coutumes  très  origi- 
nales  de   cette  peuplade,    où  les  hommes  n'ont  pour  tout  vêtement 


—  '2:11  — 

(liri)ii  nioi'ccïMU  (lo  [)oau  de  \\ric  de  (iiichiucs  coiitimôtros  f.'arrrs, 
(m'ils  [)()rtent...  sous  lo  bras!  Les  Ic'iiimcs,  (I'uik;  pudeur-  (;.\ti'("'rri(;, 
se  voilent  conuiu^  l(?s  iiiusuliuaucîs,  aV(U',  jiar  sur'cr'oii,  d(;s  ann(;aux 
de  l'er  aux  poijAiiets  et  aux  biceps  et  des  colliers  (|u'()U  est  tenté 
de    conlondre   avec    des   anses   de    inannitcs. 

»  Au  mont  Loka,  dans  une  contrée  fertile,  ('lialtin  décide  d'iri- 
stnller    un   |)()ste.   Ce  projet    est    réalisé   [)lus  tard,    le   S   avril. 

»  Mais  à  mesure  qu'avance  l'expédition,  l'hostilité  des  indij^cnes 
se  inaniteste  de  nouveau.  Des  soldats  d'avant-garde  sont  assassinés. 
Les  Had juras  et  les  Fadgellus  sont  particulièrement  cruels.  Ces 
derniers  sont  très  tatoués;  une  série  de  points  part  du  sommet  du  front 
et  converiire  vers  la  naissance  de  nez.  Ils  courent  nus  comme  vers, 
tandis  que  leurs  femelles  dérobent  leur  charmes  par  mille  nioNens 
ingénieux 

»  Mais,  hélas  !  dans  quel  désert  la  colonne  s'engage  :  de  la  roche, 
des  cailloux  roulés,  peu  de  verdure,  plus  d'arbres  et  les  rivières 
à  sec!  Autour  des  rares  et  pauvres  villages,  des  puits  profonds 
contenant    une  eau   saumàtre,  jaunâtre,  répugnante. 

Au  Nil. 

«  Le  1  1  février,  toute  la  colonne  pousse  des  cris  de  joie  :  le 
Nil,  but  de  tant  d'efforts  et  de  fatigues,  s'allonge  entre  les  roseaux, 
large  de  huit  cents  mètres,  luisant,  parsemé  d'iles.  Il  marque  le 
terme  de  cette  longue  expédition,  mais  non  des  souffrances  et  des 
angoisses,   qui,    hélas!    ne  font    que    commencer. 

»  En  un  instant,  par  l'effet  d'une  sorte  de  baguette  magique,  les 
soldats  se  sentent  ragaillardis  et  moralement  réconfortés.  Ce  n'est 
pas  que  leur  foi  dans  le  succès  final  ait  failli,  mais  une  marche 
aussi  longue  et  aussi  pénible,  dans  une  contrée  inconnue,  jirivée 
de  toute  communication  avec  le  poste  le  plus  avancé  du  Congo, 
est   nécessairement    déprimante. 

»  Chaliin  campe  au  bord  du  fleuve,  à  hauteur  de  l'ancienne 
station    turque    de    Bedden, 


—  232  — 

»  Beflden,  a-t-il  dit  dans  une  interview  qu'il  accorda  à 
»  V Etoile  Belge  \e  jour  de  son  débarquement  à  Anvers,  Bedden  est 
»  une  ancienne  station  des  troupes  égyptiennes,  abandonnée  depuis 
»  une  dizaine  d'années;  elle  fut  occupée  en  dernier  lieu  par  des 
»  soldats  restés  fidèles  à  Emin,  l'illustre  gouverneur  de  la  province 
»  d'Equatoria.  Il  existe  dans  le  Nil,  en  face  de  Bedden,  une  île 
»  qui  est  restée  peuplée.  De  pauvres  gens,  ruinés  par  les  incursions 
»  niadhistes,  y  vivent    misérablement.   » 

»  De  Bedden   à  Redjaf  il  n'y  a  que  quatre  heures  de  marche. 

»  Laissons-lui  la  parole,  à  présent.  Il  est  arrivé  à  la  journée 
terrible  et  glorieuse  de  la  prise  de  Redjaf.  Le  héros  va  nous 
raconter,  dans  un  langage  tout  militaire,  simple,  concis,  l'exploit 
par   lequel  il  s'est  illustré: 

»  Le  16,  à  cinq  heures  et  demie  du  soir,  nos  sentinelles  avan- 
»  cées  se  retirent  en  faisant  de  grands  gestes.  Le  hommes  se 
»  précipitent  aux  faisceaux,  et,  en  moins  de  cinq  minutes,  tout 
»  le  monde  est  sous  les  armes.  Je  fais  prendre  la  formation  de 
»  combat.  Sur  les  hauteurs  qui  se  trouvent  à  quinze  cents  mètres 
»  de  nous,  on  distingue  des  groupes  de  derviches  groupés  autour 
»  de  leurs  bannières.  J'ordonne  à  Cajot  de  tirer  deux  obus,  qui 
»  portent  admirablement  et  dispersent  l'ennemi.  La  nuit  se  passe 
»  sans  incident. 

»  Le  17,  le  départ  a  lieu  à  six  heures.  Le  Nil  coulant  à 
»  notre  droite,  il  n'j'  a  guère  de  danger  à  craindre  de  ce  côté. 
»  Aussi  tous  les  Azandés  marchent-ils  sur  notre    flanc   gauche. 

»  A  sept  heures,  le  commandant  de  l'avant-garde  me  signale  la 
»  présence  des  derviches  sur  les  hauteurs  qui  se  trouvent  à  quatre 
»  cents  mètres  vers  le  nord.  On  voit  très  distinctement  leurs  forces 
»  s'étendre  du  Nil  à  une  autre  rivière  qui  lui  est  parallèle.  Leur 
»  position  parait  inexpugnable  ;  elle  a  une  étendue  de  trois  kilo- 
»  mètres.  Au  centre,  entre  les  hauteurs,  se  trouve  un  défilé  bien 
»  défendu.  Je  fais  prendre  la  formation  de  combat  et  conserve  les 
»  trois  pelotons  De  Backer,  Goebel  et  Cajot  en  réserve.  Notre  ligne 
»  de    tirailleurs    (Kops,    (iehot,    Laplume,   îSaroléa    et     Dupont)    est 


—  233  — 

»  (lt'i)l(>\('H'  dans  la  plaine,-  elle  est  assez  liieii  alirih-e  jnii'  des  (jii;ir- 
»  tiei's  d(>  roche.  Les  derviches  oinreiil  le  feu,  ils  tirent,  à  outrance, 
»  faisant  pleuvoir  surtout  sui*  les  secondes  lignes  une  ^rf-lc  de  l);il- 
»  les.  C'est  un  l'ait  à  noter  (ju'au  (h'-hut  de  l'acdion,  les  i-c'serves  (;t 
»  les  baga.^es  souiFrent  beaucoup)   [)lus  du  (eu  (pie  la  li^ne  de  eoud)at. 

»  Pendant  une  demi-heure,  nous  subissons  ce  l'eu  sans  y  rc'îpondre 
»  autrement  (jue  par  six  obus  tirés  par  Cajot.  Le  canon  a  été  mis 
»  en  batterie  au  centre  de  notre  li^ne. 

»  Des  mouvements  de  flanc  se  dessinent  chez  les  derviches;  leur 
»  intention  de  nous  contourner  devient  évidente.  Je  fais  sonner  :  en 
»  avant  !  nos  soldats  se  précipitent  au  pas  de  course;,  et  vont  occu- 
»  per  une  nouvelle  position  à  deux  cents  mètres  de  la  ligne  ennemie, 
»  d'où  ils  dirigent  sur  elle  un  feu  intense.  L'hésitation  des 
»  Madhistes  nous  prouve  que  nous  leur  faisons  beaucoup  de  mal, 

»  Un  mouvement  se  produit  vers  notre  aile  gauche  qu'une  colonne 
»  essaie  de  prendre  de  flanc.  Fort  heureusement  je  m'en  aper- 
»  çois  à  temps,  et  j'envoie  pour  parer  à  cette  tentative  le  peloton 
»  Goebel,  bientôt  renforcé  par  celui  de  De  Backer.  La  manœuvre 
»  réussit  ;  l'ennemi  commence  à  lâcher  pied,  tandis  que  nous  com- 
»  men(,'ons  à  avancer  de  nouveau.  Le  chef  azandé  Renzi  reçoit  l'ordre 
»  d'attaquer  avec  ses  cinq  cents  lanciers  la  colonne  qui  a  tenté  de 
»  nous  tourner.  Ce  commandement  est  exécuté  avec  intelligence. 
»  La  droite  derviche  est  coupée,  séparée  de  la  masse  et  chargée 
»  avec  impétuosité  par  les  Azandés. 

»  Pendant  ce  temps,  les  pelotons  de  droite  (Kops,  Saroléa  et 
»  Laplume)  lancés  à  la  charge,  s'emparent  du  défilé,  et  ceux  du 
»  centre  (Gehot  et  Dupont)  chassent  l'ennemi  des  montagnes.  Les 
»  derviches  se  retirent  d'abord  dans  le  plus. grand  ordre,  battant 
»  en  retraite  au  pas  ordinaire  et  s'arrêtant  souvent  pour  tirer, 
»  mais  la  déroute  ne  tarde  pas  à  se  mettre  dans  leurs  rangs.  A 
»  ce  moment,  la  retraite  se  change  en  fuite  désordonnée,  les 
»  fujards  abandonnent   armes  et  munitions. 

»  C'est  en  chargeant  à  l'aile  droite  à  la  tète  de  son  peloton 
»  que    notre   camarade    Saroléa  meurt  en  brave,  frappé  d'une  balle 


—  234  — 

»  en   pleine  poitrine.  Rendons  hommage  à  la  mémoire  de  ce  soldat 
»  vaillant,    tombé    au   cliani])    d'honneui'   ('). 

»  Nous  comptons  quelques  soldats  tués  et  blessés.  Du  côté 
»  des  derviches,  les  pertes  sont  considérables;  parmi  leurs  morts 
»  se  trouvent  beaucoup  d'Egyptiens,  d'Abyssins  et  de  gens  du 
»  Darfour.  Leur  commandant,  Mahoramed  Adi  Bedi,  est  tué.  Leur 
»  nombre  était  de  deux  mille  ;  bien  retranchés  dans  les  mon- 
»  tagnes,  ils  eussent  réussi  à  nous  résister  longtemps,  s'ils  n'avaient 
»  pas  commis   la  faute  d'essayer    un   mouvement  tournant. 

Prise  de  Redjaf,  17  février  1897. 

»    Il   était  huit    heures  et    demie  du    matin.   Après  un   repos    de 

»  deux    heures,    nous  nous  remettons  en  marche,    et,  d'une   seule 

»  traite,  sous  un  soleil  de  feu,    nous  parcourons  vingt-six  kilomètres 

»  sans   trouver   d'eau,    tous  les   affluents  du    Nil  étant  à  sec.  Vers 

»  une   heure   et  demie,   la  pointe   d'avant-garde  arrive  à   proximité 

»  du    mont    Redjaf,   occupée  par     les    derviches.    Ceux-ci   ont   pris 

»  position  sur  une  crête   qui  s'étend  de  la  montagne  au  Nil.  Ils  nous 

»  reçoivent  à    coups  de   canon.  Malheureusement  notre  colonne  n'est 

»  pas  unie,  de  la  tête  à  la  queue  il  y  a  une  distance    considérable. 

»  Les  premiers  arrivés  se  déploient  et  sont  successivement  renforcés 

»  par  le    restant    des    troupes.    L'artillerie    madhiste    tire   à    obus, 

»  mais    nous  n'en  souffrons  guère.   Quoique  ce  soit  la  première  fois 

»  que   les  soldats   de  l'Etat  marchent   au    canon,   leur   conduite  est 

»  remarquable  d'audace   et   d'intrépidité.   La  défense    des   derviches 

»  est   véritablement  acharnée.   Les   pelotons   Goebel  et  Dupont  atta- 

»  quent  leur  aile  droite  placée  entre  les  montagnes,  et  la  refoulent 

»  assez  rapidement.   Le    peloton    Gehot  enfonce  leur  centre  pendant 


(1)  Saroléa  est  tombé  sans  souttVir,  frappé  d'une  balle  au  cœur.  "  C'est  la 
iiioi-t  enviée  des  braves  «,  disait  Bonaparte.  Il  repose  au  pied  du  mont  Redjaf, 
sous    un  entassement    de  lourdes   pierres,    qui    mettent   ses    restes    hors    de 
portée  de  la  dent  des  hyènes. 


—  2:îri  — 

>^  que  les  pelotons  Lai)liimo  (;t  Koiis  (Jciiticnt,  iôi.a  ù  l<Mir  îiilo  ^^auclu; 
-»  appuvéo  an  Nil.  Tout  à  coup  un  fort  mouvement  tournant  s(î 
^>  pi'ononcc^  sur  notre  droite  ;  l(;s  dei'viclKîs  sortis  d'un  r;ivin  ou 
»  ils  so  (iissiniulent  habilement  sont  là  en  li*,nie,  adossés  au  Nil. 
»  Laphnne  et  Kops  leur  t'ont  ['nco  o,n  toute  hâte.  Cajot  se 
»  porte  en  avant  avec;  le  eanon,  le  mcit  on  batterie  à  e(;nt  mètres 
»  des  Madliistes  et  tire  une  boite  à  balles  qui  sème  le  désordre 
»  dans  leurs  rani>-s.  A  ce  moment,  arrive  à  point  nommé  le  peloton 
»  De  Backer,  que  je  lance  contre  eux.  Ils  se  retirent  dans  la  direction 
»  de    l'enceinte,    poursuivis  par    Laplume    et    Ko[)s. 

»  La  retraite  des  Madliistes  est  générale,  la  ville  est  prise, 
»  mais   la   citadelle   leur   reste. 

»  Les  soldats,  tout  en  combattant,  enlèvent  un  butin  consi- 
»  dérable  ;  le  combat  se  transforme  en  combat  de  rue,  il  devient 
»  impossible  de  diriger  les  hommes,  on  se  bat  dans  le  labyrinthe 
»  des  ruelles;  on  lutte  maison  par  maison.  Vers  sept  heures  du  soir, 
»  le  feu  cesse  complètement  de  notre  côté,  celui  des  derviches 
»  continue  jusqu'à  onze  heures,   puis  le  silence  se  fait. 

»  Nous  couchons  sur  nos  positions.  Les  derviches,  mettant  à 
»  profit  la  nuit  et  leur  parfaite  connaissance  des  lieux,  abandon- 
»  nent  la  place.  A  quatre  heures  du  matin  nous  entrons  dans  la 
»  citadelle. 

»  Les  derviches  ont  eu  plusieurs  centaines  de  morts.  Huit  grands 
»  chefs  raadhistes  ont  été  tués,  ce  sont  1"  Omar  Saleh  (');  2"  Mahom- 
»  med  Adi  Badi  (-)  ;  3"  Mahomed  Trevi  ;  4°  El  Bedi  Odelerck  ; 
»  l"  Mahomed  Achmed  Alah;  G«  Dris  01  Del  Cheid  ;  ?«  Omar 
»  Abi  ;  8*^  Adam  Odalgadorob. 

(1)  Son  passé  appartient  à  l'histoire.  Homme  de  confiance  de  l'ancien 
Madhi,  il  fut  char^^é  de  réprimer  la  révolte  des  Dinkas.  C'est  lui  qui  prit 
Lado,  Redjaf  et  toutes  les  autres  stations  de  la  province  équatoriale  aux 
tioupes  égyptiennes  d'Emin-Pacha  A  la  mort  de  son  protecteur,  le  nouveau 
madhi.  Abdul  Haye,  le  fit  enchaîner,  et,  pour  s'en  débiri'asser,  le  pla(;a  à 
Uedjaf  sous  les  ordres  de  son  fière,  l'émir  Arabi. 

[2)  Chef  des  forces  venues  à  la  rencontre  de  l'expédition  Chaltin. 


^^  1  'iiihMhlniiI  l'iMupliiltK'  (11'  l;i  |tl;ii'«\  MoktilMl,  ;i  eu  It's  dt'iix 
^^    liMiuirs    lu'isi's   i>;ir   \[\\c    t»;ilh\  tuais   il    a    pu   c{\'c  (  i'aiis|uM'li>   à    Wov. 

*  \\uri  l\Munih'i'aI  uMi  (K's  lu'uicipalcs  |iii'('t\s  du  liutiii:  I"  doux 
^^  caniMis  ravi^s,  eu  l^row/c.  cl  uu  ('au(>u  di»  sii^iial,  a\  (>(•  uiitMjuaul  ito 
->  iMUMMUo  (!<>  «'hart^i's  c\  di>  |ti'(\|Ot't  ilos  ;  "J"  dos  drapeaux,  di\s  salu'cs, 
V»  dos  rc'VtdviM's.  iMc'.:  rliosi'  oniM(Mist\  (pitdquos  salu'ivs  porttMit  sur 
^^  l'uuo  dos  laoïvs  d(>  la  lauio  la  oi-oix  l'oiuaiut»,  (M  sur  Taulrt^  un 
^^  liou  luM'aldiiiuo  (');  ;>"  plus  do  sopt  oiuils  ùisils  portootiDiuiôs  se 
^^  ohai'i^oaut  pai'  la  oulassi»  ;  1"  (Kmix  uKif^fasins  riMiiplis  d'armos  vl 
^^  ilo  uHuiUhuis;  r»"  di\s  iustruuuMils  do  nnisi(|uo  cl  di\s  tambours  ; 
^^  (V  dc^  apprtn  isit>iiuoiuou(s  en  viNros  oousidoi'ablos,  de,  oto.  ; 
^^  ((Mit  lo  ohai'i^oiuoul  d'uu  s(i>auior  vouu  de  Wov  \  7**  (piatrt'  touuos 
^^  de  he\  i\  i>iro  ;  S"  K\s  arohivos  du  pi>s(i^  ;  1>"  oiv/.c  nwdcii,  viu«j:t- 
^^  trois  baudiMs,  uu  ti'ouptwu  de  ceul  li>(t\s  de  j^ros  hôtnil,  d(»s 
^^  otuUaiuos  de  e\\e\i'ei>.  c\  de  nuui(i>us  ;  d'apivs  ce  {\\ic  nous  disonl. 
V*  dos  [>risouuiors.  plus  de  (|uatro  oouls  vaohos  ont  ôto  tuoos  au 
^^  i'i>urs  du  ooud>at  ;  nos  lu>uunos  ot  los  A/.audos  avaiiuit,  c\\  idl'ot , 
•^  dos  quaiuuos  oousiilôrablos  de  vi;iudo;  !()"  dos  ooutainos  de 
^^    louiuu^s  ot    outauts   oluissôs    ilopuis   par    la    Ijuniiio  ;     II"    dos    pro- 

*  jtv'tilos    Nortloulolil. 

V»  Quolt^uos  ji>urs  apros  la  priso  de  Kodjat,  j'ai  ptuissô  jusqu'à 
^^  l'anoiou  oui[d;ioouuMit  de  Ladi>,  à  uiu>  jourui^»  de  marolie.  C'est 
>^   uno  solitudo    outouroi»    de    marais  [-). 

^-»  do  lions  à  proolamor  la  bravouri'  doplov('\>  par  nos  oxoollcnts 
»  soldats,  cl  suru>ut  à  sit^ualiM-  la  omuluito  vaillante^  de  \cuvs  obol's, 
»  MM.  Ixops,  (lobot,  Lapluiuo,  Oo  Haokor,  (loobol,  Dupont^  ot 
^  Cajot.  (os  dorniors  lUit  do[>lovo  uno  intropiilitô  romarquablo.  Lo 
^  dootour   Ivi^ssiu'uon  n'a  oosso,  i)ondant  toute  la  oampagno,   de  lairo 

*  preuve  d'un  dévouomout  et   d'une  abnégation  absolus.  »  (Rapport 


(1)  Cos  ai'mos  provioiulraiont-ollos  dos  (^'oisi^s? 

{'2)  Rt^suioiu'o  iiabiuiollo  d'Kinin.  Commont  a-t-il  pu  vivro  quatmvo  ans  on 
oef  otulroit  malsain,  où  la  vuo,  du  c\Nt(^  ilu  lb>uvo.  est  bornée,  à  uno  distance 
do  soixaiUo   métros,    pac  uno  mochaïUo  ilo    uu-iilt»'  ( 


—  2rrr  — 

âa  coamûmaire  %kïénX  ChaXtm,  chei  de   VerpédHiém    en  Nil,  as 

»  Or^^r   ^  Cballûi,   la    prorioce  d'Eqoatom  eft    bieo  à 
J^  ^é  pris   le   17  lerrier  l^ffS^«   par  lef  ieoles  foro»  de 

■i  plof  exact,  par  ceUes  de  la  zone  des  Hakndcraf . 
alUn  a  soîrîe,   les  moyen   straitégi<|iief  et 
{^i.  i^  21  *;ixi;/iojés,  fl  lef  a  cfaonif  feol.  Il  B*a  dfmandé 
..0.1  da  Congo  m   un  foldat«  ni  on   fiisîl«   m  une  cartooehe; 
'   ''^iti   aTee  les  reaeoorees   ordinaires  de  son    dMi4^^    <^  an 
?r?r  le  trésor,  son  expédition  Ta  alimenté,  » 
ly  iches  disparaissent  complétendent  des  territoire» 

de  TElat-  I>^  drap^u  étoile  flotte  j^ur  Redjaf,  le  point  le 
plus  sepîmkXnonal  du  territoire    soumis  à  rinflu^ice   de 
l'Etat. 
Chaltin  est  nommé  commissaire^énéral  le  1*^  juin  1^/7. 
Le  camp  de  Redjaf-Lado  est  établi  à  -*»  45'  de  latitude 
nord  et  à  31*  40*  de  longitude  <^;  construit  au  pied  du 
mont  Redjaf,  dont  le  sommet  s'itère  à  cnTiron  cent  dn- 
quante-neuf  mètres  aunde^us  des  eaux  moyennes  du  Nil, 
il  s'étend  jusqu'au  fleuve  et  constitue  un  exodlent  port 
xessible  aux  bateaux  ^1  toute  saison.  On  roit  que  ks 
Madhistes  avaient  fait  preuve  d'un  jugem^it  très  pratique 
i  s'y  établissant.  Grâce  aux  cinq  vapeurs  qu'ils  possèdent 
Karthoum,  ils  remontaient  le  fleuve  jusqu'à  Redjaf«  â 
«époque  de  sa  navigabilité,    c^est-kAlre  du  20  août  à  la 
fin  de  novembre. 

En  face  du  camp,  le  Xil  est  large  de  huit  cents  mètres 
-rûviron  et  immédiatement  «m  aval,  entre  Bedjaf  et  Tan- 
n^nne  station  de  Lado,  sa  nappe  çeir^^mkée  dalles  s'étend 
ir  un  espace  de  quatre  kilomètres. 
>Lc«itre  de  ce  point,  le  commandant  Chaltin  s'attadie  à 
soumettre  les  populations  indigènes.  Grâce  â  son  énergie 
et  à  sa  ténadté,  il  réusrât  à  se  concilier  sncœssivemeot  les 
N  vdmparas,  les  Fadgillns,  la»  Baris  et  les  Morus. 


—    238  .:^ 

Sa  première  préoccupation  est  alors  de  fortifier  la  posi- 
tion conquise.  Pour  ])arer  à  un  retour  offensif  possible, 
sinon  probable,  des  derviclies,  Glialtin  demande  et  obtient 
l'envoi  à  Uedjaf  d'importants  renforts,  d'armes  et  de  muni- 
tions. 

Mais  le  pays  est  pauvre  et  les  vivres  sont  d'une  incroyable 
rareté.  Or  en  augmentant  la  garnison,  le  commandant  en 
chef  aggrave  le  problème  inquiétant  des  approvisionne- 
ments et,  d'autre  part,  le  portage  —  un  trajet  de  (juatre- 
vingt-deux  jours  de  marche  —  organisé  entre  Ibembo 
et  son  camp,  occupe  toutes  les  forces  disponibles  pour  le 
ravitaillement  de  la  place  en  matériel  de  guerre. 

Glialtin  se  voit  donc  obligé,  à  son  corps  défendant,  de 
réquisitionner  des  vivres  chez  l'indigène:  pendant  plus  d'un 
mois,  ses  officiers  n'ont  mangé  que  des  fèves  et  du  pain 
de  sorgho,  laissant  en  pleine  sécurité  dans  les  pâtures 
riveraines  du  Nil  de  nombreuses  têtes  de  bétail.  Car  tou- 
cher à  ce  bétail,  c'est  s'aliéner  les  populations,  qu'il  importe, 
au  contraire,  de  se  rendre  sympathiques  Aussi  les  trou- 
pes de  l'Etat  souffrent  de  cruelles  pi'ivations.  Il  leur  faut 
parfois  se  livrer  à  de  lointaines  excursions  pour  se  pro- 
curer des  vivres.  Finalement,  le  commissaire  général  par- 
vient à  s'en  faire  délivrer  à  crédit. 

Ghaltin  s'applique  à  rendre  inexpugnable  la  position 
avancée  de  l'Etat  sur  le  Nil.  Quand  ses  troupes  pénétrè- 
rent dans  Redjaf,  cette  place  était  solidement  protégée 
au  sud  et  à  l'ouest.  Une  modification  radicale  s'imposait 
dans  le  dispositif  des  fortifications,  puisque  le  seul  danger  à 
craindre  était  désormais  au  nord,  dans  la  direction  du  refuge 
des  Madhistes.  Le  commandant  y  fait  construire  une  redoute 
formidable;  le  développement  de  sa  ligne  de  feu  n'a  pas 
moins  de  six  cents  mètres  d'étendue.  Le  fort  est  armé  de 
cinq  canons  Krupp  et  de  deux  canons  Nordenfelt.  La 
passe    navigable   du  fleuve  est  située  à  six  cent  cinquante 


—  231)  — 

mètres  ol,  pni'  ('()nsô({iieiil,  ;i  hoiiiK^  poiirc  de,  hi  l);iLtorio, 
(fiii  1,1  ('()iiini;ni(l(\  Ln  rodoule  osL  (miIoui'c'c  (U\  fossés  pro- 
fonds de  li'ois  métros  et  lnr«^os  de  trois  à  ciiiff,  (•om[)lô-- 
temeiit  ^'ariiis  d'oi)iiics.  Tous  les  environs  sont  soi^-ncMi- 
sement  repérés  au  point  de  vue  du  tir. 

Le  ^'ouvernement  congolais  fait  en  outre  diriger  sur 
Redjaf  un  steamer  démontable  armii  de  canons  Iloclitkiss 
et  huit  baleinières  armées  de  mitrailleuses.  Les  troupes 
réi>"ulières  et  auxiliaires  stationnées  dans  l'enclave  attc^ignent 
bientôt  l'effeclif  de  deux  mille  hommes. 

Ces  moyens  de  défense  sont  considérables,  c'est  ({ue  la 
lutte  des  An^>-lo-Kf^\yptiens  contre  les  derviches  justifie  toutes 
ces  précautions.  11  faut  em]:)êcher  les  Mahdistes,  vaincus 
au  nord,   de  se  rejeter    éventuellement  vers  le  sud. 

La  situation  des  Belges  dans  l'enclave  est  aussi  satis- 
faisante ({ue  possible  au  moment  où  Ghaltin  remet  son 
commandement  à  son  successeur,  le  capitaine  Hanolet. 
Enfant  gâté  de  la  fortune,  Glaltin  n'a  connu  que  des  succès 
en  Afrique! 

Il  revient  en  Belgique  le  14  juillet  1898  et  y  est  accueilli 
en  héros. 

Nommé  inspecteur  d'Etat,  le  l*"  mars  1899,  le  vainqueur 
de  Redjaf  est  reçu  en  audience  particulière  par  le  roi  et 
repart  une  troisième  fois  pour  le  Congo,  le  6  mars  suivant, 
pour  reprendre  ses  hautes  fonctions  de  commandant  supé- 
rieur du  district  de  l'Uele. 

Il  retourne  au  Nil  à  la  tête  d'une  expédition  composée 
des  capitaines  Van  der  Cruyssen,  Van  der  Slyen,  Goebel, 
des  lieutenants  Dupont  et  chevalier  de  Moreau. 

Au  cours  du  trajet  qu'il  effectue  pour  atteindre  Redjaf, 
sa  destination,  il  inspecte  les  postes  du  district  Uele-Nil, 
dont  il  a  le  commandement.  Cette  fois,  son  administration 
ne  sera  guère  mouvementé. 


—  240  — 

AiTivé  à  Rodjaf,  il  trouve  cette  place  complètement 
transformée;  elle  est  réduite  aux  deux  tiers  de  son  ancienne 
importance  et  entourée  d'un  mur  de  deux  mètres  seulement 
de  hauteur. 

C'est  que  depuis  l'occupation  helg'e,  sous  la  direction 
(lu  lieutenant  De  Wulf,  la  ville  a  perdu  toute  l'importance 
(fue  lui  avaient  donnée  les  derviches.  C'est  près  de  Lado  ({ue 
la  résistance  madhiste  a  concentré  ses  forces,  et  c'est  là 
(fue  nos  troupes,  sous  les  ordres  du  commandant  Henry 
et  de  son  adjoint  le  lieutenant  De  Wakjue,  org'anisent  la 
défense  des  régions  du  sud.  Les  jours  de  disette  sont 
d'ailleurs  oubliés.  En  octobre  1898,  le  capitaine  Lequeux 
a  même  capturé  une  centaine  de  bestiaux,  qui  paissaient 
sur  le  mont  Laurella,  chez  les  Morus.  La  razzia  est  d'un 
excellent  appoint  pour  la   santé  des  troupes. 

Chargé  d'organiser  les  territoires  de  l'enclave,  Chaltin 
construit  un  fort  permanent  à  Lado  et  une  forte  redoute 
armée  de  trois  canons  au  poste   d'Yeï. 

En  1900,  il  organise  une  petite  expédition  dans  la  chaîne 
de  montagnes  sur  la  rive  gauche  du  Nil,  pays  habité 
par  les  Mettob. 

Pendant  les  trois  années  qu'il  passe  au  Congo,  l'inspecteur 
d'Etat  réprime  la  peuplade  encore  insoumise  des  Koukous, 
organise  les  postes  de  l'enclave  que  la  récente  percée  du 
Nil  a  singulièrement  rapprochée  du  monde  civilisé. 

Chaltin  introduit  chez  les  indigènes  la  culture  de  la 
patate  douce  et  du  manioc,  qui  y  est  totalement  inconnue. 
Il  se  heurte  à  des  traditions  séculaires  pour  introduire 
cette  innovation,  mais  sa  volonté  fait  plier  toutes  les 
résistances  et  l'on  aura  à  se  louer  plus  tard  des  consé- 
quences pratiques  amenées  par  ces  cultures.  Car  la  région 
étant  périodiquement  envahie  par  des  nuées  de  sauterelles 
qui  s'attaquent  aux  céréales  (sorgho,  éleusine  et  millet), 
et  qui  amènent  en  peu  de  temps  la  famine,   celle-ci  n'est 


—  241  — 

plus  à  ('l'iiiiidiv,  I('s  s;ml(M'('ll(^s  no  man^-onnl  ni  le  nninioc 
ni  l;i  |);il;il('  douce.  (Juc  de  souflVances  (Witées  grâce  à 
l'ospril    judicieux   et    pi';di(|uc  du    v;nn({U(Mn'    de  liedJMr! 

Sii-  U(^<;inald  Wingate,  sirdar  (rK<^y[)U%  a  n^ndu  un 
honinia^e  éclatant,  aux  travaux  accomplis  par  lui  au  Nil. 

Le  21  novonihro  1901,  Clialtin  (piitto  Koro,  laissant  lo 
conimandoniont  de  l'enclave  à  llanolet.  Mais  avant  de  reve- 
nir en  Europe,  il  org'anise  une  expédition  sérieuse  dans 
rUele,  qui  vient  d'être  bouleversé  par  deux  révoltes  suc- 
cessives. La  colonne  formée  i)ar  lui  quitte  Boma  à  des- 
tination de  rUele.  Clialtin  i)eut  alors  rentrer  en  Europe, 
le  22  mai   1902. 

Le  20  novembre  1900,  lors  d'une  interpellation  aux 
cbambres  belges  sur  la  question  du  Congo,  Clialtin  convie 
tous  ses  compagnons  d'Afrique  à  s'associer  pour  procla- 
mer les  progrès  considérables  réalisés  au  Congo.  Ce  docu- 
ment, adressé  aux  présidents  des  deux  chambres  et  aux 
ministres,  et  portant  la  signature  de  plus  de  six  cents  Belges 
([ui  ont  contribué  au  Congo  à  la  grande  œuvre  africaine, 
a  été  remis  au  Palais  de  la  nation,  par  le  vainqueur  de 
Redjaf  lui-même. 

Clialtin  est  major  au  4^  régiment  de  ligne.  Il  est  officier 
de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  che- 
valier de  l'Etoile  africaine,  décoré  de  la  croix  militaire  de 
première  classe,  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies  et  de  la 
médaille  de  la  campagne  arabe.  Une  épée  d'honneur  lui 
a  été  remise  lors  de  son  triomphal  retour,  le  14  juillet  1898. 


PUBLICATIONS. 


De  Bdsoko  à  V  Uele,  exploration    de  la  ri-oière  Liilu,  avec    une  carte 

(Mouvement  géographique,   1892,   p.  58). 
Exploration  de  la  Lula  et  de  PAruwimi.  (Congo   illustré.  III,  p.  105). 


—  242  — 

Rapport  sur  la  révolte  des  Arabes  du  Lualaha  et  du  Lomami.  (Mou- 
vement g'é()gr<iphi(iue,    181)2,   p.    \)2j. 

L(i  question  arabe  au  Congo.  (Bullct.  soc.  d'étudeK  coloniales,  1894. 
pp.  1()3,    IIH)). 

Carte   de   la  Lulu.  (Mouvement    géographique,   1892,  p,   58). 

Le  Congo  au  point  de  vue  physique,  politique  et  économique.  (Bul- 
letin de  la  Société  royale  de  géographie  d'Anvers,  1885,  4«  fasc, 
PI).    450,    478,   t.   XIX). 

Le  district  de  VAruwimi,  Uele,  etc.  (Congo  illustré,  1895,  pp.  108,114,  122). 

Lettre  publiée  par  le  Bulletin  de  la  Société  d'études  coloniales,  1900,  n»  11. 

Lettre  de  Duftle,    id.,    1900,  j).   797. 

La   défaite  de  M'Bili   et  M'Doruma.  (Belgicpie  coloniale,  189(3,  p.  363). 

La  prise  de   Redjaf.   (id.,    1897,  p.  450), 

De  l'Uele  au  Nil,  avec  cro(|uis.    (id.,   1896,   [>.  64). 

La   région  de    Lado,    (id.,    1901,    j).    5). 

Rapport  sur   la  prise  de   Redjaf. 

Conférences  en    190,')   à    Tirlemont,  Anvers,  Mons   et  Malines. 

L'expédition  de  l" Uele  vers  le  Nil.  (Bulletin  de  la  Société  royale  de 
géographie   d'Anvers,    1906). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES. 

DuBREUCQ.  Les  opérations  Chaltin  dans  le  haut  Uele.  (Bulletin  de  la 
Société  royale    de   géographie   d'Anvers,    t.   XXll,  ]).  89). 

Mouvement  géographique,  \S92,   pp.    58   et   92;   1893,   p.    70;  1897. 

Congo   illustré,    16  juillet  1893. 

Belgique  coloniale,   1896,   p.    246;    1902,  p.  345. 

Mouvement  antiesclavagiste,    1898. 

Rapport  de  Chaltin   sur  la  prise    de    Redjaf. 

Belgique  militaire,   4  septembre  1898,   L,    Chômé. 

Une  expédition  belge  au  Nil,  par  Léon  Chômé.  Imprimerie  Deprez, 
Bruxelles. 

Dhanis,  La  campagne  arabe.  (Bulletin  de  la  Société  royale  de  géo- 
graphie d'Anvers,    1906,  p.  61). 

TouBACK.  Rapport  sur  la  révolte  des  Arabes  du  I^ualaba.  (Mouvement 
géographique,    1892,   p.  83). 

Jenssen  Tusch.  Skandinaver  i  Congo.    1902-1905.   Copenhague. 


FIVÉ,  GUSTAVE. 


Cliché  (le  rouvrage  de  M.  ChapaUX, 
L",  Congo  historique,  diplomatique,  etc. 


FIVE,  GUSTAVE,  EDOUARD,  GASPARD, 

né  à  Saint-Josse-ten-Noode  le  l""  janvier  1849. 

Capitaine  commandant  au  2®  régiment  de  guides,  en  1891. 

Le  Roi-Souverain  lui  ayant  conféré  le  grade  élevé  d'in- 
specteur d'Etat,  lui  délègue  le  soin  de  visiter  et  d'inspecter 
les  districts  du  Moyen  et  du  Haut-Congo.  Mais  il  est  sur- 
tout investi  de  la  mission  d'apprécier  l'attitude  des  Arabes 
et  de  se  rendre  compte,  si  les  relations  pacifiques  que 
l'Etat  entretenait  avec  eux,  pouvaient  être  maintenus  encore, 
et  d'étudier  d'une  façon  toute  spéciale  le  plan  de  cam- 
pagne que  le  gouvernement  devrait  adopter  dans  le  cas 
où  la  politique  et  les  menées  des  mahdistes  forçaient  l'Etat 
à  rompre  la  paix. 

Parti  d'Europe  le  6  décembre  1891,  l'inspecteur  d'Etat 
Fivé  visite  d'abord  l'Ubangi,  le  Bomu,  l'Uele.  Il  fait  dans 
ces  régions,  alors  à  peine  organisées,  sans  confort,  aux 
communications  difficiles,  une  inspection  considérable  et 
fructueuse  en  observations  et  en  réformes. 

En  juillet  1892,  l'inspecteur  d'Etat  revient  de  l'Uele  par 
ritimbiri,  lorsque,  arrivé  sur  le  Congo,  il  apprend  la  nou- 
velle du  massacre  de  la  mission  Hodister. 


—  244  — 

Il  se  porte  sans  retard  aux  Falls,  y  confère  avec  Rachid, 
le  vali,  ot,  à  la  suite  de  cette  entrevue,  acquiert  la  con- 
viction que  la  conflagration  g-énérale  est  inévitable  et  pro- 
chaine. 

C'est  vers  le  sud  que  les  hostilités  commenceront  car, 
Rachid  a  envoj^é  vers  le  haut-fleuve,  Sefu,  petit-fils  de 
Tippo-Tip,  avec  une  troupe  de  deux  ou  trois  cents  hommes, 
armés  de  fusils. 

L'intention  des  Arabes  apparaît  clairement:  attendre  que 
l'expédition  que  Dhanis  organise  pour  se  rendre  au  Katanga 
ait  quitté  le  Sankuru  et  pénétrer  alors  dans  les  régions, 
devenues  libres,   du  Sankuru  et  du  Kasaï. 

En  même  temps  que  Fivé  prend  toutes  les  mesures  propres 
à  la  défense  de  la  région  des  Falls,  il  informe  le  gouver- 
nement des  événements.  Puis,  il  est  à  Djabir,  y  lève  des 
soldats,  les  fait  instruire  et   diriger  vers  la  zone    arabe. 

Dans  l'entretemps,  le  gouvernement  a  commissionné  l'in- 
specteur d'Etat,  le  9  août,  pour  prendre  la  direction  des 
opérations  militaires  sur  le  Haut-Congo. 

Revenu  de  Djabir,  il  ne  perd  pas  un  instant,  descend  le 
fleuve  et  partout,  sur  le  Congo,  organise  les  secours,  réunit 
les  renforts,  double  les  postes,  règle  la  marche  des  bateaux 
et  parvient  à  faire  arriver  à  Rasoko  et  aux  Falls  les  Euro- 
péens, les  troupes,  les  approvisionnements  qui  permettront 
aux  Belges  de  lutter  avec  succès  contre  l'hostilité  des 
Arabes. 

Il  fait  connaître  au  gouvernement  les  mesures  qu'il  prend, 
leur  annonce  que  l'action,  très  certaine  et  très  proche,  aura 
ses  premiers  eflets  dans  le  district  du  Lualaba. 

De  Léopoldville,  Fivé  remonte  le  Kasaï  et  le  Sankuru 
pour  se  rapprocher  du  pays  où  commencera  la  lutte.  Arrivé 
à  Lusambo,  en  février  1893,  il  apprend  que  ses  prévisions 
se  sont  déjà  réalisées  et  est  mis  au  courant  des  premiers 
succès  de  Dhanis,  sur  le  Lomami.  Les  événements  récla- 
ment une  résolution  prompte,  aussi,  malgré  les  instruc- 


215 


lions  (lu  ^•()iiv(M'iuMii(MiL  (jiii  lix(Mil,  à  Dlianis  do  so  tenir  sur 
l;i  i'iv(^  i^;ui('h(^  du  Loiiiami,  il  lui  envoie  l'ordre  l'ormel 
(1(^  IVancliir  la  rivière,  de  se  porter  sur  le  Con^'-o  et  de 
IraplxM-  un  lirand    coup  en    s'eiu[)aranl   de  Nyangwo. 

1mi  même  temps,  il  ordonne  à  (^lialtin  de  se  i)orter  (i(i 
l^asoko  à  l)(Mia  Ivem])a   pour  soutenir  Dlianis. 

A^'ant  ainsi  org'anisé  la  victoire  dans  le  Sud  et  prévoyant 
(pi(^  les  opérations  contre  Nyan^we  vont  avoir  pour  résul- 
tat le  soulèvement  des  Falls,  Fivé  décide  de  se  rendre 
rapidement  dans  cette  contrée. 

Il  arrive  à  Bumba,  accompagné  du  sous-lieutenant  Henry, 
du  sergent  Jacob  et  d'une  centaine  de  soldats,  qu'il  a  pu 
recruter  en  route.  Daenen,  rentrant  de  l'expédition  Van 
Kercklioven,   se  joint  à  lui  avec  une  vingtaine  de  soldats. 

Les  Arabes  se  soulevaient  en  effet,  et  dés  que  les  ren- 
seignements concernant  leurs  mouvements  furent  rappor- 
tés à  l'inspecteur  d'Etat,  celui-ci  se  hâte  de  quitter  Bumba, 
avec  Daenen,  Henry  et  Jacob,  à  bord  du  steamer  Prin- 
cesse Clé)}ienluie.  Fivé  arrive  à  Basoko  le  19  mai,  au 
point  du  jour  et  se  remet  immédiatement  en  route. 

«  Le  20,  après  avoir  marché  toute  la  nuit,  il  campe  à 
«  Lokoie  et  en  repart  à  quatre  heures  du  matin,  à  toute 
rî  vapeur. 

^  Le  fleuve  charrie  des  cadavres  nombreux  ;  l'atmosphère 
«  est  empestée.  Rien  ne  peut  donner  une  idée  du  dégoût 
"  que  l'on  éprouve  à  l'approche  de  ces  macchabées  pestilen- 
«  tiels.  Voilà  l'œuvre  des  Arabes.  La  voilà  dans  toute  sa 
»  brutalité.  Sans  respect  aucun  pour  les  morts,  saîis  souci 
75  des  gens  qui  meurent  pour  eux  à  la  tâche,   on  les  jette 

»  à  l'eau  et  c'est  fini  Et  les  cadavres  vont  au  loin, 

"  empestant  le  fleuve  et  portant  les  germes  de  maladies 
"  en  même  temps  que  la  confirmation  de  la  cruauté  arabe  (*). 


(1)  A.  Le  JeU-ne.  Histoire  militaire  du  Congo. 


—  24G  — 

Prise  d'Isanghi  et   de  Jaiora. 

Le  21  mai,  Fivé  arrive  à  Isiin^^lii  el  altafjue  le  camp 
fortifié,  commandé  par  l'Ara])C  Al)i])u,  à  l'eml)Ouchure  du 
Lomami.  A])i])u  abandonne  son  poste;  les  populations  font 
acte  de  soumission,  et,  aux  clameurs  de  la  foule,  le  dra- 
peau de  ri^]tat  est  planté  sur  l'ancien   camp  aralje. 

Fivé  y  laisse  un  sergent  elmina  et  douze  hommes,  repart 
pour  Jafora  et  y  culbute  les  Arabes.  Fivé  et  ses  officiers 
sont  acclamés  en  libérateurs  par  la  population,  pendant 
que   les  Arabes  fuient  en  débandade. 

Le  lendemain,  à  huit  heures  du  matin,  Fivé  s'empare 
du  camp  de  l'Arabe  Ghibu,  à  Jaouwamy. 

Combat  de  la  Romée,  22  mai  1893. 

Les  Arabes  qui  ont  été  délogés  des  postes  du  fleuve  — 
Isanghi,  Jafora  et  Jaouwamy  —  sont  allés  se  rassembler 
à  Jatuka,  auprès  du  chef  Kaj-embe,  puissant  Arabe  et  très 
courageux  guerrier.  Barricadés  derrière  d'immenses  palis- 
sades, ils  attaquent  Fivé  vers  onze  heures;  ils  accueillent 
le  steamer  par  des  feux  de  salve  nourris,  mais,  alors  que  le 
bateau  était  encore  à  six  ou  huit  cents  mètres  de  la  rive, 
les  balles  ne  portent  pas.  Un  projectile  pourtant  casse 
une  menotte  du  gouvernail.  L'engagement  dure  plus  d'une 
heure  avant  que  le   steamer  puisse  aborder. 

La  rivière  la  Romée  sépare  les  deux  positions  fortifiées 
des  Arabes.  Il  y  a  là  de  solides  palissades.  La  fusillade 
est  très  vive. 

Fivé  ordonne  à  Daenon  et  à  Henry  de  diriger  le  tir  des 
soldats.  Les  blancs  répondent  aux  coups  maladroits  des 
adversaires  avec  grand  succès. 

Et  le  steamer  avance  lentement  vers  le  point  que  désigne 
Fivé  pour  l'abordage.  Avant  que  le  bateau  soit  arrêté  pour 
le  débarquement,  des  hommes,  blancs  et  noirs,  se  jettent 
à  l'eau  et  montent  à  l'assaut. 


217 


Les  oiiiuMiiis  IficluMil,  ji'kmI  (\l  se  l'éfii^ionl,  de,  l;i  l'ivo 
(Iroih»  sur  la  rive  ^^aiiclie,  d'où  ils  l'onl  |)l(uiv()ii'  les  1)m1- 
les.  (Test  un  diu^l  à  boni  porlaul  Les  Iroiipos  de  J'Elat 
oui,  tué  vin^t  lioiniiK^s  derrières  les  palissades.  C'est  arl)re 
par  arbre,  maison  par  maison  (pie  la  position  a  été  défen- 
due^ et  prise.  Henry  et  Jacob  ont  monté  à  l'assaut  à  la 
tèt(^  de  leurs  bommes.  11  s'ai'it  maintenant  de  s'emparer 
de  la  rive  gauclie.  Fivé  l'ait  appel  au  coura^>-e  des  plus 
braves.  C'est  les  envoyer  à  la  moi't  et  pourtant  le  sacri- 
lice  est  nécessaire.  Quinze  braves  se  présentent  et  partent 
en  allège.  A  leur  tête  se  place  résolument  le  comman- 
dant Daenen.  Pendant  ce  temps,  Fivé  se  rend,  avec  le 
restant  des  hommes,  le  long  de  la  Romée  pour  détour- 
ner l'attention  des  assiégés. 

Les  balles  pleuvent  autour  de  l'embarcation  Daenen. 
Un  sergent  noir  est  traversé  de  part  en  part  par  un  pro- 
jectile. Rien  n'arrête  pourtant  le  vaillant  Daenen,  qui 
saute  à  la  rive  et  monte  l'assaut.  Un  combat  corps  à  corps 
s'engage. 

A  ce  moment  débouche  le  steamer  Ville  de  Bruxelles, 
venant  des  Falls,  avec  tout  le  personnel  de  Chaltin.  Par 
suite  d'un  déplorable  malentendu,  l'inspecteur  d'Etat  est 
accueilli  par  une  balle  qui  lui  traverse  le  veston.  La 
méprise  est  bientôt  dissipée,  et  les  hommes  de  Chaltin 
marchent  de  concert  avec  ceux  de  Fivé  à  l'assaut  de  la 
position  ennemie.  Les  deux  officiers  organisent  la  pour- 
suite. 

Les  Arabes  fuient;  un  grand  nombre  d'entre  eux  sont 
massacrés  par  les  indigènes  qui  font  leur  apparition  à  la 
curée. 

Le  butin  de  guerre  comporte  deux  milles  prisonniers, 
de  l'ivoire,  des  couteaux  splendides,  des  fusils,  trois  Win- 
chester, six  fusils  à  piston,  des  moutons,  des  chèvres, 
des  poules  en  masse. 


—   21S  — 

Prise  du  camp  de  Kayumbo,  23  mai  1903. 

Le  23,  l'inspecteur  d'Etat  Fivé  et  ses  adjoints  se  diri- 
gent vers  le  grand  camp  de  Kayumjjo,  situé  à  une  lieue 
vers  l'intérieur.  Kayumbo,  auquel  s'étaient  joints,  le  22, 
au  soir,  tous  les  Arabes  de  la  région,  s'était  retiré 
dans  son  camp,  situé  à  proximité  d'immenses  Y)lantations. 
L'attaque  a  lieu  le  23.  A  huit  heures  l'assaut  est  en  pleine 
ardeur,  les  positions  sont  prises;  à  midi,  les  troupes  se 
mettent  en  route  vers  les  Falls,  où  elles  arrivent  à  six 
heures  du  soir. 

Le  24  mai,  Fivé  réunit  en  conseil  tous  les  officiers 
présents,  afin  de  déterminer,  en  commun,  les  mesures 
urgentes  que  réclame  la  situation. 

Dans  le  Sud,  les  troupes  de  Lusambo,  habilement  conduites 
par  Dhanis,  viennent  de  faire  tomber  en  leur  pouvoir  la 
capitale  arabe:  Nyangwe.  La  déroute  des  Arabes  est  com- 
plète. 

Les  Arabes  tentent  de  se  reformer  sur  la  route  de 
Kibongha,  où  deux  colonnes  de  poursuite  leur  infligent 
une  défaite  complète. 

Après  ces  événements  simultanés  dans  le  Sud  et  dans 
le  Nord,  la  campagne  arabe  s'achève  victorieusement  sous 
les  ordres  de  Dhanis. 

Fivé  remet  son  commandement  militaire  à  Ponthier, 
qui,  partant  des  Falls,  refoule  devant  lui  les  Arabes  vers 
le   Sud  (juin   1893). 

Mais,  avant  de  rentrer  en  Europe,  Fivé  organise  la 
région  conquise. 

11  est  en  Belgique  le  17  septembre  1893. 

En  1898,  Fivé  est  chargé  d'une  importante  mission  en 
Chine,  par  l'Etat. 

Assisté  de  Henrard  et  Ledent,  ingénieurs,  il  a  reçu  la 
mission  de  reconnaître,  au    point  de  vue  des  ressources 


210 


indusli'ielk^s  ot  coiinnerciales  les  |)rï)vincos  du  IV^lchili, 
Iloiian,  C.liansi,  l\aii-S()ii,  lo  Sc-Tchouen,  l;i  iv^iDii  du  lac 
Koukou-Nor. 

Los  voya^vnirs  snjournonL  durant  dix-huit  mois  à  Tion- 
Tsin  et  à  Pokin,  so  dirigent  vers  l'intérieur  av(ic  leur 
conij)atriote  Splingaerd,  mandarin  à  la  Cour  de  Chine, 
suiv(Mitla  rout(^-  du  chemin  de  fer  Pékin-llankow,  traversent 
le  ileuve  jaune  et  se  portent  vers  Sian-Fou,  capitale  du 
Shansi. 

Par  le  Wee,  Fivé  atteint  Lan-Ghan,  capitale  du  Kan-Su 
et  contourne  le  lac  Koukou-Nor.  Il  pousse  ensuite  vers  le 
Nord,  mais  doit  rebrousser  chemin  à  cause  du  froid,  traverse 
les  monts  von  Richthofen  pour  gagner  Liang. 

La  révolte  des  boxers  vient  d'éclater  et  Fivé  sauve  d'une 
mort  certaine  le  Père  Kessels  de  la  mission  Kan-Tschou. 

A  Lan-Chan,  il  est  sommé  de  quitter  le  pays  dans  les 
trois  jours  et  parvient,  au  milieu  de  grands  dangers  a 
se  frayer  un  chemin,  les  armes  à  la  main,  jusqu'à  Tatsing, 
aux  confins  de  la  Mongolie.  Il  s'engage  alors  dans  le 
désert  de  Gobi  et  parcourt  mille  kilomètres  à  travers  d'érein- 
tantes  plaines  de  sable. 

Arrivé  à  Urga,  chez  les  Russu,  Fivé  se  rend  à  Kjachta, 
en  Sibérie  et    rentre  en  Europe  en  décembre  1900. 

De  retour  en  Belgique,  Fivé  continue  à  vouer  au  Congo 
ses  efforts  incessants.  Par  sa  propagande  active  et  vivante, 
il  aide  puissamment  l'œuvre  coloniale  dans  sa  marche  tou- 
jours ascendante. 

Il  est  nommé  colonel  du  2®  régiment  de  guides  le  23 
mars   1902. 

En  1905,  il  est  désigné  par  les  sommités  du  monde 
colonial  pour  prendre  la  parole  lors  de  la  cérémonie 
éclatante  de  la  pose  de  la  première  pierre  de  l'Institut 
mondial  à  Tervueren  par  le  Roi-Souverain. 

La'  même  année,  il  est  choisi  par  le  Roi-Souverain  pour 
siéger  au  sein  de  la  Commission  instituée  par  décret  royal 


pour   rechercher  et  i'oniiuler  les  modifications  qui  pour- 
raient être  apportées  dans  l'administration  do  l'Etat. 

Fivé  qui  est  actuellement  général-major,  commandant 
la  première  brig-ade  de  cavalerie,  porte  la  Croix  militaire 
de  première  classe,  l'Etoile  de  service  et  la  Médaille  de  la  cam- 
pagne arabe,  les  Croix  d'officier  de  l'Ordre  de  Léopold 
et  de  l'Ordre  de  la  Couronne  du  Congo,  de  chevalier 
de  l'Ordre  royal  du  Lion,  de  la  Couronne  roj^ale  de  Prusse 
de  troisième  classe,  du  Double  Dragon  de  Chine  de  troisième 
classe,  de  l'Aigle  rouge  de  troisième  classe,  du  Lion  et  du 
Soleil  de  Perse  de  troisième  classe,  du  Soleil  Levant  (Japon) 
de  troisième  classe  et  de  Commandeur  de  l'Ordre  de  l'Epée 
de  Suède. 


PUBLICATION: 


Causerie    faite  au    Cercle   africain   à  la  séance  de  rentrée  :  Sur  quelques 
coutumes  de  VUbangi.  (Bulletin  Cercle  africain  1907). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Mouvement  géographique,  1900,  p.  606. 

—  Histoire  Militaire  du  Congoy  A.  Le  Jeune. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  pp.  260,  309,  403,  623. 

—  Jenssen  Tusch,  Skmidinaver  i  Congo,  1905. 


GHISLAIN,  LOUIS,  FRANÇOIS, 

né  à  Nivelles  le  18  décembre  1856. 
Nommé    sous-lieutenant    au   12"   régiment    de    ligne    le 

4  mai  1878,  prend  service  aux  carabiniers,  passe  au 
3^  cbasseurs  à  pied  comme  lieutenant  en  1885  et  obtient 
le  brevet  d'adjoint  d'Etat-major  le  14  décembre  de  la  même 
année. 

Aide-de-camp  du  général  baron  van  der  Smissen. 

wS'embarque  pour  le  Congo  le  6  juin  1894,  en  qualité 
de  secrétaire  général  du  gouvernement  local  de  l'Etat  et 
occupe  ces  hautes  fonctions  à  Boma  du  2  juillet  1894  au 

5  décembre  1898,  sauf  pendant  un  congé  de  six  mois, 
du  23  mai  1896  au  6  novembre,  qu'il  consacre  à  un  voyage 
en  Europe. 

Se  rend  une  troisième  fois  au  Congo  le  10  mai  1899, 
investi  des  hautes  fonctions  d'inspecteur  d'Etat,  avec  mis- 
sion de  prendre,  au  départ  de  Dhanis,  le  commandement 
supérieur  de  la  province  orientale  et  diriger  les  opérations 
d'un  des  postes  les  plus  avancés  du  Lualaba.  Mais  la 
maladie  le  force  à  rentrer  en  Europe  dés  le  24  avril  1900. 


Major  d'Etat-major  au  régiment  des  Carabiniers,  cheva- 
lier de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire 
de  première  classe  et  de  l'Etoile  de  service,  chevalier  de 
l'Ordre  royal  du  Lion  et  de  l'Etoile  africaine,  de  l'Aigle 
rouge  de  troisième  classe  et  de  l'Epée  de  Suède  de  pre- 
mière classe,  officier  de  l'Ordre  du  Soleil  Levant  du  Japon. 


PUBLICATION: 


—  Organisation  militaire  de  l'Etat  indépendant  du  Congo.  Bruxelles  190G. 

Imprimerie  des  travaux  publics. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Belgique  militaire^  1900,  n"  1508. 


■,vïAi\\>u<>'>   AsuiAVs'Y    t;l  '.i\>  oilL)ii'-> 


GÉRARD,  AUGUSTE. 


Cliché  (le  la   Tribune  Conf/oïaise. 


GÉRARD,    AUGUSTE,    GEORGES,    ARTHUR, 

né  à  Warisoulx  le  1(3  mai   1871. 

Entre  à  l'Ecole  militaire  le  10  mai  1888  et  est  nommé  sous- 
lieutenant  le   10  janvier  1891. 

Il  est  d'abord  attaché  au  3^  régiment  de  chasseurs  à 
pied,  puis  aux  carabiniers,  du  20  juin  1891  au  27  juin  1897, 
pour  retourner  ensuite  à  son  premier  régiment. 

Parti  pour  le  Congo,  à  bord  de  ÏAkassa,  le  6  mai  1893, 
il  es",  dès  son  arrivée  à  Borna,  désigné  pour  le  district 
de  rUbangi-Bomu. 

Il  prend  une  part  active  à  l'expédition  entreprise  sous 
les  ordres  du  capitaine  Nilis  et  du  lieutenant  de  la  Kéthulle 
(1894)  et  à  la  campagne  contre  le  sultan  Rafaï,  puis  il  se 
dirige  vers  le  Darfour. 

Il  est  préposé  à  la  garde  du  fort  de  Katuacka,  sur 
l'Ada,  point  terminus  de  l'expédition  et  poste  le  plus  sep- 
tentrional fondé  par  les  l>e]ges  en  Afrique  (9''  lat.  N.).  Ce 
fort  devra  plus  tard  être  abandonné  à  la  suite  des  attaques 
continuelles  des  mahdistes.  Le  territoire  est  cédé  à  la 
France  par  l'accord  franco-congolais  du  4  août  1894.  Etant 


-   251  — 

à  Katuacka,  en  août  1804,  Gérard  y  bat  les  bandes  mahdistcs 
venues  du  Darfour,  patrie  d'Abdulali,  le  nouveau  mahdi. 

Il  est  ensuite  nommé  résident  auprès  du  sultan  Rafaï 
(décembre  1804  )  Dans  le  courant  de  l'année  suivante,  il 
est  appelé  à  occuper  les  fonctions  d'adjoint  au  comman- 
dant du  territoire  à  Banzyville,  puis  celles  de  chef  de 
poste  d'Imese. 

Il  rentre  en  Europe  le  4  juin  1806. 

Le  (3  octobre  1807,  Gérard,  élevé  au  grade  de  capitaine 
commandant  de  deuxième  classe,  repart  une  seconde  fois 
pour  l'Afi'ique  et  retourne  dans  l'Ubangi,  où  il  prend  la 
direction  de  la   quatorzième  compagnie  à  Libenge. 

Peu  après,  le  commandement  de  la  zone  des  Makrakra 
(Uele)  étant  devenu  vacant,  par  suite  du  départ  du  lieu- 
tenant Laplume,  chef  de  zone  intérimaire,  Gérard  est 
nommé  à  ce  poste  important. 

Située  à  la  frontière  N.-E.  de  l'Etat,  la  zone  de  Makrakra 
constitue  la  base  d'opérations  de  l'expédition  qui  s'organise 
contre  les  Mangbetus. 

«  A  ce  moment,  le  puissant  chef  Avungura  Bokoyo  se 
révolte  contre  l'autorité  de  l'Etat;  plusieurs  contacts  ont 
lieu  entre  les  troupes  régulières  et  celles  de  Bokoyo, 
auxquelles  se  sont  jointes  les  milices  des  principaux  chefs 
Mangbetus:  deux  engagements  ont  notamment  lieu  au 
village  de  Kabassidu,  où  le  lieutenant  Lekens  est  blessé 
d'une  balle  à  l'épaule.  Bokoyo  recule,  mais  ne  s'avoue 
pas  vaincu.  Gomme  son  hostilité  peut  porter  préjudice 
à  l'Etat,  une  expédition  est  résolue.  Gérard  prend  la  tête 
d'une  colonne  expéditionnaire,  forte  de  trois  cent  quatre- 
vingts  soldats  et  se  met  en  route  le  17  décembre  1808. 

w  Le  commandant  Gérard  est  secondé  par  douze  blancs, 
dont  le  capitaine-commandant  Wtterwulghe  qui  arrive  de 
l'Equateur  avec  de  Rennette  de  Villers  Perwin,  Yannart, 
et  deux  pelotons  de  recrues  de  da  Pra,  du  D^  Rossignon, 
de  Brabant,   etc.,  et  se  rend  au  Nil. 


205 


r>  Ln    rolonno.   csl,   diviséi»  (\n   ([unlvn  pelotons: 

»  1.  \a'.  lioiilenanl  Y;inn:irl,  (jiii,  (l(3SCon(ljmnin  (h;  (.e.nnc 
lie  rexpédilion  du  Nil,  vouL  l)i(^n  prendre  h',  commande- 
iiieiit  d'un  des   pelotons  do  recrues  venant  de  l'Kquateur. 

''  2.  L(^.  lieutenant  l)aron  de  Rennette  de  Villers  Perwin  a 
sous  ses  ordres  l'autre  peloton  de  recrues. 

^  3.  Le  lieutenant  de  Brabant  dirige  le  peloton  de  la 
Makua.  Le  sergent  Olivier  lui  est  adjoint. 

«  4.  Le  sous-lieut(Miant  danois  Andersen  commande  le 
peloton  de  la   Makrakra. 

»  La  colonne  possède  en  outre  un  canon  Nordenfeldt;  le 
sergent  Van  den  Noortgaert  est  spécialement  chargé  du 
service  de  la  pièce. 

w  Enfin,  comme  alliés,  la  colonne  Gérard  a  Renzi  (oncle 
de  Bokoyo)  avec  ses  Azandés. 

«  La  colonne  va  passer  le  Kibali  au  village  Makossa,  à 
cinq  lieues  en  amont  de  Dungu. 

^  Le  lendemain,  18,  pénétrant  sur  le  territoire  ennemi, 
elle  adopte  le  dispositif  de  marche  suivant  : 

r^  Le  premier  peloton,  au  centre,  détache  en  avant  de  lui, 
à  cinquante  mètres,  une  avant-garde  ;  le  deuxième  et  le 
troisième  peloton  marchent  à  droite  et  à  gauche  et  à  vingt 
ou  vingt-cinq  mètres  de  distance;  le  canon  et  les  bagages 
suivent  le  premier  peloton  ;  le  quatrième  peloton  derrière 
le  canon  constitue  l'arrière-garde.  Ce  dispositif  permet  de 
prendre  la  disposition  en  carré  dans  le  minimum  de  temps. 
La  colonne  est  éclairée,  au  loin,  en  avant,  sur  les  flancs 
et  en  arrière. 

"  Dans  cet  ordre,  la  marche  .est  très  lente  à  travers  la 
brousse,  mais  il  faut  adopter  ce  dispositif:  étant  en  pays 
ennemi,  une  embuscade  est  à  craindre  à  chaque  instant. 
Si  l'on  marche  lentement,    on  avance  au  moins  sûrement. 

»  Aucune  attaque  ne  se  produit  en  cours  de  route. 

"  Le  22  décembre,  à  dix  heures  du  matin,  la  colonne 
arrive  devant  la  Zériba  de  Bokoyo.  Un  taillis  épais  dérobe 


—  25G  — 

la  troupe  à  la  vue  de  l'ennemi,  qu'on  aperçoit  distinc- 
tement sur  l(^s    lianes  de   la  montagne  qu'il  occupe. 

11  A  six  cents  mètres,  Gérard  fait  former  le  carré  et  la 
troupe  avance  dans  cette  formation  jusqu'à  ({uatre  cents 
mètres  de  la  Zériba. 

55  A  cette  distance,  ayant  découvert  une  termitière,  d'où 
l'on  distingue  très  bien  la  position  ennemie,  le  chef  de 
l'expédition  fait  tirer  six  obus. 

H  Plaçant  le  canon  provisoirement  en  réserve,  avec  un 
peloton  comme  soutien,  la  troupe  reprend  sa  marche, 
toujours  à  couvert  par  le  taillis,  jusqu'à  cent  mètres  de 
la  Zériba.  Là,  le  terrain  étant  découvert,  le  commandant 
Gérard  fait  immédiatement  déployer  deux  pelotons  en 
tirailleurs,  gardant  le  troisième  en  réserve,  et,  en  deux 
bonds,  exécutés  i)ar  les  soldats  avec  la  plus  grande  bra- 
voure, sous  le  feu  nourri  de  l'adversaire  et  sans  brûler 
une  seule  cartouche,  la  ligne  parvient  à  prendre  position 
à  vingt  mètres  de  la  Zériba,  à  l'abri  derrière  une  crête 
garnie  de  rochers.  Occupant  ensuite  cette  crête,  la  troupe 
ouvre  un  feu  à  volonté  qui,  pendant  un  quart  d'heure, 
est  très  intense.  Le  troisième  peloton  vient  renforcer  la 
ligne  vers  la  droite.  Le  commandant  fait  alors  cesser  le 
feu  et  donne  ordre  au  quatrième  peloton  d'avancer  avec 
le  canon  qui,  également,  est  mis  en  batterie  sur  la  crête. 
Deux  obus  sont  tirés  d'abord  sur  la  Zériba,  couronnant 
le  sommet  de  la  montagne  Q,  afin  d'en  déloger  les  défen- 
seurs; espérant  faire  brèche  dans  la  Zériba,  le  comman- 
dant Gérard   ordonne  de  tirer  un  obus  à  travers  celle-ci. 

»  A  ce  moment  le  chef  de  l'expédition  est  blessé  griève- 
ment; l'épaule  gauche  traversae  d'une  balle,  hors  de  com- 
bat,  il   remet  son  commandement   au  capitaine  comman- 


(1)  La  résidence  du  chef  bokoyo  était  établie  sur  un  roclier  de  soixante- 
dix  mètres  de  hauteur  environ  et  entourée  de  fossés  et  de  palissades 
établis  avec  un  art  sur[)renant. 


—  2 


Dé 


dant  Wtterwulo-ho.  Cet  ofTicior  donne  ordre»  ;mi  quatrième 
peloton  (le  l'cnlorecu'  et  de  prolon.i^cr  VwWo  <lroite,  cai' 
c'est  de  ce  côté  ([lie  la  Zériha  scMnbh^  ètr(i  le  i)his  forte- 
ment occui)éc.  Il  est  alors  nn/A)  heures  et  demi.  La  fusil- 
lade nqinMid  pendant  que.  le  canon,  oc('upant  successive- 
ment i)lusi(Hirs  positions,  essaie  en  vain  de  faire»,  ])rèclie 
dans  la    j)alissade. 

»  Uuehfues  boîtes  à  balles,  tirées  dans  lu  })artie  de  l'c^n- 
ceinte,  devant  notre  aile  droite,  font  évacuer  en  partie 
ce  côté  de  la  Zériba.  Le  commandant  du  troisième  pelo- 
ton, s'étant  rendu  compte  de  ce  fait,  s'élance  à  l'assaut 
de  la  palissade,  entraînant  tous  ses  hommes  :  mais  il  se 
trouve  bientôt  devant  un  fossé  large  de  trois  à  quatre 
mètres  et  profond  de  trois  à  trois  mètres  cinquante.  La 
position  de  ce  peloton  est  critique,  car  l'adversaire  a  réoc- 
cupé la  palissade  dès  la  marche  en  avant.  Sans  perdre  son 
sang-froid,  le  commandant  de  ce  peloton  avise  vers  la 
gauche  une  pointe  de  rocher  s'avançant  dans  le  fossé,  et 
où  il  lui  semble  devoir  exister  une  entrée.  Il  s'élance  vers 
cet  endroit  avec  la  moitié  de  son  peloton  et  il  trouve, 
en  effet,  une  espèce  de  petite  corniche  large  de  quelques 
centimètres;  le  fossé  est  beaucoup  moins  profond  en  cet 
endroit.  L'officier  parvient  avec  beaucoup  de  peine  à  faire 
passer  ses  hommes  par  ce  passage  très  étroit  et  à  les 
poster  au-dessus  du  parapet  tout  contre  la  Zériba.  L'entrée 
a  été  fortement  barricadée  Le  canon  amené  de  côté,  ne 
parvient  pas  à  faire  brèche  dans  l'enceinte.  L'ordre  est 
donné  au  premier  et  au  deuxième  peloton  d'aller  secon- 
der les  eiforts  du  troisième. 

n  Les  soldats  tirent  à  bout  portant  sur  les  défenseurs  qui 
lâchent  pied,  mais  vont  s'installer  derrière  des  blocs  de 
rocher,  à  quelques  mètres  de  l'enceinte,  d'où  ils  acca- 
blent les  troupes  assaillantes  de  balles  et  de  flèches  Tous 
les  efforts  contre  la  Zériba  sont  vains.  Pendant  qu'une 
partie  des  soldats  continue  à  harceler  l'ennemi,  les  autres 


—  258  — 

essaient  de  faire  brèche  au  moyen  de  leurs  maclieltes. 
La  Zéril)a  est  épaisse  d(^  quatre  à  cinq  rondins  très  durs, 
et  ce  n'est  que  vers  trois  heures  et  demie  qu'une  brèche 
est  ouverte.  Aussitôt  les  soldats  s'élancent  à  l'intérieur 
de  la  Zériba,  poursuivant  l'ennemi  chez  qui  la  débandade 
s'est  mise  en  voyant  la  troupe  entrer,  et  qui  se  sauve 
vers  l'Ouest.  L'ennemi  perd  un  grand  nombre  d'hommes, 
et  ses  pertes  eussent  encore  été  plus  grandes  si  les  sol- 
dats avaient  pu  se  guider  dans  ce  labyrinthe  qu'ils  ne 
connaissaient  pas. 

»  Pas  un  instant  Bokoyo  n'a  essaye  de  se  défendre  dans 
sa  seconde  Zériba,  d'où  cependant  les  troupes  de  l'Etat 
Leussent  difficilement  délogé  et  d'où  il  eût  pu  leur  faire 
éprouver  beaucoup  de  pertes. 

^  Dans  la  Zériba,  les  officiers  peuvent  se  rendre  compte  de 
la  puissance  de  la  position  occupée  par  Bokoyo.  La  Zériba 
extérieure  a  un  développement  d'environ  (juinze  cents  mètres; 
elle  est  précédée  d'un  parapet  important  et  d'un  fossé  d'une 
largeur  de  quatre  mètres  sur  trois  à  trois  cinquante  de  pro- 
fondeur. A  l'intérieur,  tout  le  long  de  la  palissade,  existe 
une  tranchée  pour  tireurs  à  genou.  Le  massif  central  est  cou- 
ronné par  une  deuxième  enceinte,  solidement  établie.  Indé- 
pendamment de  ces  deux  Zéribas  principales,  partout  où  la 
position  présente  des  points  faibles,  et  où  l'escalade  du  rocher 
peut  offrir  quelques  facilités,  des  portions  de  palissade  sont 
étagées,  reliant  entre  eux  deux  ou  i)lusieurs  blocs  de  rocher. 

«  Bokoyo  se  croyait  tellement  sur  du  succès  qu'il  avait 
accumulé  dans  son  repaire  toutes  ses  richesses. 

^  Les  pertes  de  l'Etat  s'élèvent  à  dix  tués  et  vingt-cinq 
soldats  grièvement  blessés.  Bokoyo  lui-même  avoue  des 
pertes  nombreuses. 

r>  Quelques  jours  après,  Bokoyo  fait  sa  soumission  et  accepte 
toutes  les  conditions  de  paix  qui  lui  sont   imposées  «  ('). 

(1)  Histoire  militaire  du  Congo  par  A.  Le  Jeune. 


—  250  — 

Cette  aelion  hiilhnite  rétablit  la  ti"iii({iiillité  dans  la  r('<^i()ti 
([ui  (Mail  (Ml  ('M)uliiti()!i  depuis  l()n<^"tciii|)s,  élat  ti'(jul)l('., 
(jiii  ('inpêchait  le  ravitaillement  n'giilier  d(^s  troupes  do 
Fenclave   de    Lado. 

Malheureusement,  Gérard  a  payé  son  succès  d'urwî  ^rave 
blessure,  ({ui  exig-e  son   rapatriement  le  17  juin  1899. 

A  son  retour  on  Relgi([ue,  Gérard  est  radiogra[)lié  par 
les  soins  du  D'  Dupont,  à  l'in^pital  militaire;  mais  l'ex- 
traction de  la  J)alle,  (jui  lui  a  fracassé  l'épaule,  ne  i)eut 
être  opérée. 

Gérard  reprend  la  ronte  du  continent  africain,  le  16  jan- 
vier 1900,  en  ({ualité  de  commissaire  de  district  de  pre- 
mière classe  II  est  investi  du  commandement  du  district 
de  rubangi  et  occupe  ces  hautes  fonctions  jusqu'à  la  fin 
de  son  terme  d'engagement  (janvier  1903). 

11  est  en  Belgi(fue  le  19  février  1903.  Dans  l'entretemps, 
il  a  été  pronui  au  grade  de  commissaire  général,  le  22 
juin   1902. 

Gérard  s'embarque  une  quatrième  fois  pour  l'Afrique 
le  21  avril  1904.  Le  gouvernement  lui  confie  la  haute 
direction  du  district  de  Bangala,  commandé  intérimaire- 
ment  ])ar  Gustin,  adjoint  supérieur  de  première  classe, 
depuis  le  retour  de  Mardulier  en   Europe. 

Depuis  la  victoire  de  Gilson,  remporté  sur  les  Budjas, 
mil  n'a  plus  affronté  cette  féroce  tribu. 

En  juillet  1904,  l'Etat  charge  Gérard  d'administrer  la 
Mongala  et  de  réduire  les  rebelles  Budjas.  La  Société 
commerciale  anversoise  de  la  Mongala,  n'existe  plus,  elle 
vient  d'être  reprise  par  l'Etat. 

En  cinq  mois  de  temps,  Gérard  reprend  la  Mongala,  où 
un  blanc,  Raus,  ainsi  qu'une  dizaine  de  ses  serviteurs, 
ont  été  traîtreusement  assassinés  dans  leurs  postes,  et 
dépouillés  de  vingt-trois  fusils  Albini  et  mille  cartouches, 
par  les  Budjas. 

Décidé  à   pacifier  la   région  plut(!)t    que    de   l'aliéner   à 


260 


l'Etat  par  une  répression  énergique  et  méritée,  Gérard 
part  le  17  ocLobrc  d'Ebonda,  sur  le  Congo  ;  après  six  jours  de 
marche,  il  arrive  à  lassongo  et  le  surlendemain  à  lalombo. 
Après  deux  jours  de  repos,  il  se  dirige  vers  l'Est,  pour 
opérer,  dans  la  région  de  la  Molua,  où  les  assassins 
se  seraient  réfugiés.  Il  fouille  tous  les  villages,  la  brousse, 
la  foret  sur  les   deux  rives  de  la  rivière. 

Partout  les  indigènes  fuient  et  ce  n'est  qu'au  bout  de 
quinze  jours,  après  ([u'il  a  fait  des  masses  de  prisonniers, 
sans  les  molester,  qu'il  voit  venir  à  lui  les  chefs  faire 
]c\\v  soumission. 

Il  laisse  deux  Européens  et  cent  soldats  dans  la  Molua, 
pour  organiser  le  pays  soumis  et  revient  le  IG  décembre 
à  lalombo,  dans  le  but  de  reformer  une  nouvelle  colonne 
et  transporter  vers  l'Ouest  le  théâtre  de  ses  opérations. 
Il  a  de  terribles  épreuves  à  traverser,  un  grand  nombre 
de  ses  hommes  périssent  dans  les  forêts  marécageuses, 
deux  sous-officiers  blancs  meurent  de  la  fièvre.  Gérard 
est  heureusement  secondé  par  les  lieutenants  Gehot  et 
Gustin,   et  plus  tard  par  les  lieutenants  Gilson  et  Arnold. 

Après  avoir  accompli  cette  admirable  conquête  pacifique, 
Gérard  consacre  son  activité  à  organiser  complètement  la 
région^  fonde  un  i)0ste  permanent,  met  les  populations 
au  travoil  et,  poursuivant  son  voyage  vers  Mandika,  Libute 
et   Moa,  arrive  aux  rives   de  l'Itimbiri. 

Le  V  mars  1905,  le  poste  de  Gwenzali  est  créé  et  placé 
sous  le  commandement  de  P.  Hicguet.  Il  est  situé  entre 
le  fleuve  du  Congo  et  la  Mongala,  au  sud  de  Binga  et  au 
nord  de  la  factorerie  de  Mkaturaka,  2*^  8'  latitude  Nord  et 
20°  2'  longitude  Est. 

Gérard  rentre  en  Belgique  le  JG  avril  190G,  mais  repart 
une  cinquième   fois  pour   le   Congo,  le  24  janvier  1907. 

En  vertu  des  stipulations  contenues  dans  les  décrets  du 
Roi-Souverain  du  3  juin  190G,  les  insj)ecteurs  d'Etat,  Mahieu 
et  Gérard,   auront  à  veiller  à  l'exécution   des  dispositions 


» 


—  201  — 

lé^'ales  concornant  los  indigènes  ot  à  s'assurer  que  los 
rapports  dos  indi^ènos  onlro  (uix,  ou  dos  a^'-enls  publics 
ainsi  (pio  d(^s  pailiculiors  avoc  los  indi<^ônos,  soient  con- 
fornios  aux   lois,  rô^lenionts  ou    inslruotions. 

Leurs  pouvoirs  sous  tous  les  rai)porls  sont  très  (''t(în- 
dus.  Us  [)ourront  intervenir  directement  par  voie  d'auto- 
rité [)our  mettre  lin  aux  al)us  qu'ils  constateraient,  et  il 
leur  appartiendra  de  saisir  la  justice  en  cas  de  consta- 
tation de  délit. 

La  compétence  de  Gérard  s'étend  sur  les  districts  du 
Haut  Congo;  celle  de  Maliieu,  sur  les  districts  de  l'hast: 
Stanley-Pool,  Kasaï,  lac  Léopold   IL 

Capitaine  en  second  au  3^  régiment  de  chasseurs,  cheva- 
lier de  l'Ordre  de  Léopold,  de  l'Etoile  africaine,  de  l'Ordre 
royal  du  Lion  et  de  la  Couronne  du  Congo,  décoré  de 
l'Etoile  de  service. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Belgique  mililaire,    1898,  j).  712;  1905,  p.  291.  190G  p.  1831, 

Belgique  coloniale,  1904,  p.  197. 

A.  Le  Jeuxk.   Histoire  m 'li taire  du  Congo. 


GOMINS,    JOSEPH.    HUBERT.    ARTHUR, 

né  à   Mesnil  Saint-Biaise  (Namur)  le  7  septembre   1859. 

S'engage  à  quinze  ans  et  demi  dans  l'armée  et  fait  ses 
premières  études  à  Pliilippeville,  à  l'Ecole  régimentaire 
du  9°  de   ligne. 

Après  deux  ans  de  travail,  le  caporal  Gomins  entre  à 
l'Ecole  militaire,  qu'il  quitte  en  1879,  avec  le  grade  de 
sous-lieutenant  d'infanterie. 

Suit  les  cours  de  l'Ecole  de  guerre  et  obtient,  en  1890, 
le  brevet  d'adjoint  d'Etat-major. 

Il  est  attaché  en  qualité  d'aide-de-camp  aux  généraux 
Ungricht  et  Rahier. 

Gomins  est  nommé  major,   le  23  décembre  1904. 

Major  d'Etat-major  au  7°  régiment  de  ligne,  il  part  pour 
le  Congo,  le  4  mai  1905,  en  ([ualité  d'inspecteur  d'Etat, 
et  prend,  en  1906,  la  direction  de  la  Force  Publique  en 
remplacement  du  lieutenant-colonel  Warnant. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix 
militaire  de  première  classe. 


GOMINS,  JOSEPH. 


Cliché  (lu  journal  Le  Congo. 


HENRI,     EUGÈNE,    JOSEPH,    MARIE. 

né  à  Soiii'nies  le  22  dcceinbre   18G2. 

Il  s'engage  comme  soldat  au  génie,  le  19  septembre  1878, 
et  devient  sous-officier  le   8  octobre   1871). 

Promu  au  grade  de  sous-lieutenant  payeur  le  2(3  sep- 
tembre 1889,  il  est  détaché  au  ministère  de  la  guerre  le 
4  décembre  suivant,  puis  à  FEcole  militaire  le  20  décem- 
bre 1890,  où  il  donne  les  cours  de  législation  et  d'admi- 
nistration militaires. 

Nommé  capitaine  en  second  payeur,  le  25  mars  1894,  il 
est  déchargé  peu  après  de  rem])loi  qu'il  remplissait  à  l'Ecole 
militaire  et  affecté  à  un  service  d'intendance. 

Il  est  sous-intendant  de  deuxième  classe  le  27  juin  1897, 
et  sous-intendant  de  première  classe  le  26  septembre  1900. 

Il  dirigeait  le  service  de  manutention  à  Bruxelles,  lors- 
qu'il s'embarque,  le  4  mai  1900,  pour  le  Congo,  avec  le 
grade  d'inspecteur  d'Etat. 

Accompagné  de  son  secrétaire,  le  commis-chef  Wilmin, 
il  quitte  Boma  le  31  mai,  pour  se  diriger  vers  le  haut- 
fleuve  et  y  poursuivre  la  mission  dont  Mahieu  était  chargé. 

Il  est  chargé,  comme  inspecteur,  par  décret  du  3  juin  190G, 
de  veiller  à  l'exécution  des  dispositions  légales  concernant 


—  201  — 

les  indi^'^ènes  et  do  s'assurer  que  les  rapports  des  indi<:5ènes 
entre  eux  et  avec  les  agents  i)ul)lics  sont  conformes  aux 
lois,   règlements  et  instructions. 

Rentre  à  Stanley  ville  le  8  septembre  1900,  ai)rès  avoir 
procédé  à  l'inspection  des  zones  des  Stanley-Falls  et  du 
haut  Ituri 

Il  a  accompli  une  mission  analogue  à  celle  dont  a  été 
chargé,  il  y  a  deux  ans,  le  haut  commissaire  royal 
Mali'eyt,  mission  qui  consistait  à  examiner  les  revendica- 
tions des  indigènes  et  les  mesures  à  prendre  pour  régle- 
menter là,  où  il  y  avait  lieu,  leurs  impositions  vis-à-vis 
de  l'Etat.  Il  a  visité  successivement  tous  les  postes  des 
deux  zones  précitées  et  s'est  rendu  compte,  si  les  instruc- 
tions gouvernementales  étaient  strictement  observées  par 
les  chefs  de  poste. 

Sous-intendant  de  première  classe,  chevalier  de  l'Ordre 
de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire  de  deuxième 
classe. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE 

—  Tribune  Congolaise,  3  janvier  19G7. 


HANOLET,  Léou. 


HANOLET,    LÉON-CHARLESEDOUARD, 

né  à  Méhaigne  (Namur),  le  25  novembre  1800. 

Lieutenant  au  13^  rôgiment  de  ligne,  il  s'eml)arque  pour 
le  Congo,  le  15  juin  1888;  il  est  attache  à  la  brigade  topo- 
graphique  du  bas  Congo,  puis  devient  adjudant-major  de 
la  Force  Publique.  Il  est  nommé  lieutenant  de  la  Force 
Publique  à  Boma,  le  31  mars   1880. 

Le  2G  mars  1889,  Hanolet  accompagne  le  commandant 
Van  Gèle  dans  son  exploration  de  l'Ubangi-Uele.  Les  autres 
membres  de  l'expédition  sont  le  lieutenant  P.  Le  Marinel, 
le  capitaine  de  steamer  De  Rechter,  le  sergent  Busine, 
les  mécaniciens  Gustafson  et  Alexanderson. 

Van  Gèle  est  chargé  de  faire  la  reconnaissance  du  pays 
qui  avoisine  la  rive  gauche  du  grand  affluent  du  Congo. 

Le  25  juin,  il  atteint  Zongo  et  y  fonde  un  poste  qui 
servira  de  base  aux  opérations  futures  de  ce  côté  ;  il  en 
confie  la  direction  à  Hanolet  et  reprend  son  exploration, 
qu'il  termine  dans  l'Uele,  au  23*"  de  longitude,  après 
avoir  semé  sur  son  chemin  les  postes  importants  de  Mokan- 
gai,  Banzy ville,  Yakoma  et  Bangasso. 

Chef  du  poste  de  Zongo,  Hanolet  effectue  une  recon- 
naissance  hardie    dans  la  région   de  Wadday.  Son  action 


—  266  — 

décidée  vers  le  nord  a  pour  effet  d'étal)! ir  des  relations 
suivies  avec  les  grands  chefs  de  la  région,  qui  permettront 
à  l'Etat  d'appuyer  des  revendications  territoriales  en  vue 
de  la  délimitation  des  frontières  du  nord. 

Hanolet  fonde  le  i)oste  de  Kuango    chez  les    Bwagiris. 

Dans  la  région  môme  de  Zongo,  il  met  fin,  par  la  force,  au 
commerce  des  esclaves  pratiqué  par  les  Bobanguis.  Ceux-ci 
ravitaillaient  depuis  de  longues  années  les  cannibales  du 
haut  Ubangi  de  chair  humaine,  "  récoltée  «  dans  la  région 
de  l'Equateur. 

Le  2  janvier  1890,  Musy,  le  chef  du  poste  français  de 
Bangui,  est  massacré  avec  presque  tous  ses  soldats,  par 
les  indigènes  de  Salanga;  Hanolet  fait  aussitôt  occuper 
la  station  par  sa  troupe  et  sauve  ainsi  le  poste  d'une  des- 
truction complète. 

Pendant  ce  temps,  l'expédition  Van  Gèle  (1889-1891)  pour- 
suit sa  marche  heureuse  et  résout  le  problème  si  contro- 
versé de  rUbangi-Uele-Bomu. 

Hanolet,  promu  capitaine  de  la  Force  Publique  le  1  octo- 
bre 1890,   revient  en   Belgique,  le  27  août  1891. 

Il  obtient  le  grade  de  capitaine-commandant  de  deuxième 
classe,  le  1^  avril  1892,  et  retourne  en  Afrique  le  6  mai 
suivant.  Il  fait  un  court  séjour  au  Dahomey,  au  moment 
où  le  colonel  Dodds  commence  la  campagne  contre  Behanzin. 

Dès  son  arrivée  à  Boma,  il  est  attaché  à  l'expédition  de 
rubangi-Bomu,  placée  sous  les  ordres  de  l'inspecteur  d'Etat 
G.  Le  Marinel,  dont  un  des  premiers  actes  est  d'occuper 
Bakuma,    sur  le  Zacco,  et    le   nord  du  pays  Sakara. 

Hanolet  exerce  durant  neuf  mois  le  commandement  de 
l'important  territoire  de  l'Ubangi-Bomu,  d'avril  1893  à 
janvier  1894. 

Nommé  commandant  supérieur  de  ce  territoire,  Hanolet 
organise,  en  1893,  la  mission  Nilis-de  la  Kéthulle,  dite 
du  nord-est,  et  la  mission  Van  Galster-Stroobant,  dite  du 
nord-ouest,  qui  ont  comme  objectif  la  contrée  comprise 
entre  les  rivières  Shinko  et  Kotto,  avec  le  Bomu  pour  base, 


—    2iH     — 

et  siluéo  (Milro  les  iiiéridicîns  21  (îI  2  l.oO  (,'sl  de  Greenwicli  (;t 
les  parallèles  4  1/2  et  10.  Ces  expédilioiis  doivent,  éventuelle- 
iiKMil,  être  réunies  et  opc^rer  sons  le  nirincM'oniinaiideinent. 

Nilis  et  de  la  KéthuUe  parvieimenl,  avec  raid(î  du  sultan 
Ralaï,  dans  le  bassin  du  Nil,  sur  la  l'iviè.re  Adda,  sous- 
nfîiiient  du  Bahr-el-Ghazal,  et  l'oiident  un  poste  qui  est  confié 
au  lieutenant  Gérard. 

L'expédition  Van  Calster-Stroobant  reconnaît  les  pays 
des  Veddri  et  des  Wassa  et  crée  chez  ces  derniers  le  poste 
de  Dabogo. 

Les  Français  ont  établi  le  poste  des  Abiras,  sur  l'Ubangi, 
à  trois  kilomètres  en  aval  de  Yakoma,  et  dirigent  des 
reconnaissances  vers  le  pays  Sakara.  Leurs  i)remières 
expéditions,  en  atteignant  le  Boniu,  contestent  à  l'Etat  le 
droit  de  faire  flotter  son  drapeau  sur  la  rivière.  Mais  les 
Belges  sont  les  premiers  occupants  et  appuient  sur  un 
traité  leurs  justes  revendications.  Di»  cette  contestation  naît 
un  conflit  entre  le  gouvernement  de  l'Etat  et  celui  de  la 
République  française. 

Un  second  incident  vient  compli({uer  la  situation.  La  mis- 
sion du  duc  d'Uzès,  qui  a  reçu  l'aide  de  l'Etat  pour  une 
exploration  vers  le  lac  Tanganika,  se  trompe  sans  doute 
de  route,  apparaît  sur  le  haut  Ubangi  et  vient  renforcer 
l'expédition  du  pharmacien  de  marine  Liotard,  représen- 
tant du  gouvernement  français.  Celui-ci  quitte  les  Abiras 
et  débouche,  avec  une  troupe  de  cent  cinquante  soldats, 
le  IG  mars  1893,  à  la  résidence  de  Bangasso. 

Le  sultan  en  est  absent.  Les  deux  colonnes  française  et 
congolaise,  en  armes  et  toutes  deux  également  résolues 
à  ne  pas  sacrifier  ce  qu'elles  croient  être  leur  droit,  se 
font  face  à  une  distance  de  cent  mètres. 

La  moindre  nervosité,  une  imprudence  peut  engendrer 
une  catastrophe.  Les  lieutenants  Mathieu  et  Hennebert 
font  preuve  d'un  calme  et  d'un  sang-froid  admirables.  Les 
soldats  de  l'Etat,  au  nombre  de  huit  cents,  se  contiennent 
dans  une  discipline  héroïque. 


—  208  — 

Enfin,  à  la  rentrée  de  Bangasso,  celui-ci,  respectueux 
de  ses  engagements  envers  les  Belges,  invite  Liotard  à 
quitter  le  pays  et  à  se  retirer  sur  l'Ubangi.  La  mission 
française  s'éloigne,  le  25  avril,  dans  la  matinée.  Ce  succès 
produira  des  résultats  très  heureux  pour  l'Etat,  lors  de 
la  conclusion   du  traité  du  14  août  1894. 

En  janvier  1894,  Hanolet,  désigné  pour  prendre  la  direc- 
tion de  l'exploration  du  nord -ouest  et,  éventuellement,  des 
deux  expéditions,  remet  le  commandement  de  l'Ubangi- 
Bomu  à  l'inspecteur  d'Etat  G.   Le  Marinel. 

En  ce  moment,  une  mission  militaire  importante,  sous 
les  ordres  du  colonel  Montcil,  destinée  à  aller  appuyer 
sur  le  haut  Ubangi  les  revendications  françaises,  vient  de 
quitter  l'Europe. 

Hanolet  qui  a  sous  ses  ordres  les  lieutenants  Van  Galster, 
Stroobant  et  Grevisse  et  les  sous-officiers  Buret  et  Henrion, 
quitte  Bangasso  et  s'engage  au  nord-ouest  dans  une  région 
à  peu  près  inconnue,  les  pays  Sakara,  Dar  Banda  et  Dar 
Fertit,  par  la  vallée  du  Bali  et  du  haut  Kotto.  L'itinéraire 
suivi  depuis  Dabogo  conduit  l'expédition  à  Yango;  elle 
franchit  le  Kotto  à  Bara,  dépasse  les  villages  Dowa,  Kacha, 
traverse  le  pays  des  Wundus  et  des  Burus  et  arrive  enfin 
à  Makbanda. 

Là,  on  trouve  les  populations  singulièrement  défendues 
par  la  nature  elle-même.  Elles  sont  réfugiées  au  haut  de 
véritables  forteresses  féodales,  d'immenses  monolithes  accu- 
mulés à  cet  endroit  par  quelque  éruption  gigantesque. 
Ruinées  par  les  invasions  des  Madhistos,  elles  se  sont  can- 
tonnées dans  ces  lieux  inaccessibles,  y  ont  creusé  des  puits 
et  aménagé  des  cavernes  pour  cacher  leurs  approvisionne- 
ments. Les  habitants  s'aventurent  parfois  encore  dans  la 
plaine,  mais  à  la  moindre  alerte  ils  regagnent  au  moyen 
d'échelles  leurs  refuges  aériens. 

De  Makbanda,  les  voyageurs  pénètrent  dans  le  bassin 
du  Ghari,  qui  n'est  séparé  de  celui  du  Nil  que  par  un 
plateau  inhabité  de  soixante  kilomètres.  Le  point  le  plus 


—  201»  — 

élevé  est  (h^  liuil  ('(Mil  doii/o  mètres,  iiloi's  (|U('.  r;illiUi(lo 
(1(*  Han^asso  est,  de   <jiiati'(^.  conl  (lualre-vin^'l-cinq  mètres. 

M'Belle,  à  la  frontière  sud-ouest  musulmane  soudanaise, 
(^st  le  cher-lieu  de  la  (rilni  Kreiseli,  la  j)Ius  imj)ortante  des 
Ahanda.  La  mission  y  établit  son  campement  le  10  mai  1894. 

Les  Kreisclis  sont  en  rap|)()rts  constants  avec  les  ^ens 
du  Wadday  et  du  Lornou  et  disj)osent  d'un  armement  per- 
fectionné; ils  ne  monti'ent  pourtant  aucuiui  velléité  de 
s'opposer  à  la  marche  de  l'expédition  sur  laquelle  ils 
comptent,  au  contraire,  pour  les  défendre  contre  les  Mad- 
histes  et  les  sultans  soudanais. 

De  Makbanda  au  fort  de  l'Adda,  la  li^^-ne  de  séparation 
entre  les  bassins  du  Congo  et  du  Nil  devient  plus  mouve- 
mentée. La  mission  la  franchit  à  une  altitude  de  849  mètres. 

Les  négociants  arabes,  redoutant  des  concurrents  sérieux 
dans  la  troupe  qui  s'avance,  accueillent  Hanolet  et  ses 
hommes  avec  des  marques  non  équivoques  de  méfiance. 
Les  puissants  sultans  du  Baghirmi,  du  Rounga  et  du  Wadday, 
excités  par  eux,  décident  même  de  faire  massacrer  la 
mission.  D'un  autre  côté,  les  derviches,  en  force  considé- 
rable, menacent  le  fort  de  l'Adda  et  obligent  la  mission 
du  nord-est  à  évacuer  ce  point  et  à  rétrograder  vers  le  sud. 

Grâce  à  des  procédés  loyaux,  grâce  surtout  au  tact  du 
lieutenant  Van  Galster,  l'inquiétude  provoquée  chez  les 
sultans  par  l'arrivée  de  l'expédition  se  dissipe  peu  à  peu. 
Le  marchand  tripolitain  Ibrahim  se  dévoue  même  aux 
intérêts  de  la  mission  congolaise,  tout  en  ne  négligeant 
pas  ses  propres  affaires. 

En  août  1894,  Hanolet  est  sollicité  par  tous  les  sultans 
de  pénétrer  sur  leurs  territoires  et  d'y  créer  des  relations 
commerciales  durables.  Fort  de  cette  bienveillance,  Hano- 
let entre  en  négociations  avec  les  chefs  soudanais  et 
notamment  avec  Rabich,  maître  du  Bornou  et  du  Baghirmi, 
puis  continue  son  chemin  vers  l'est,  dans  le  bassin  du 
Ghari.  Il  reçoit  un  message  d'un  chef  tripolitain  et  des 
présents  du  cheick  Al-Sounoussi. 


—  270  — 

De  M'Bellc,  Ilanolct  dirig-e  des  reconnaissances  vers  le 
nord,  jusqu'au  grand  marché  du  Rounga.  Parvenu  jusqu'au 
9°  10'  de  latitude,  il  a  délimité  ainsi  la  ligne  de  sépara- 
tion du  Congo-Nil  et  du  Gongo-Gliari.  Sa  mission  a  établi 
quatorze  stations  géodésiques  et  relié  le  bassin  du  Congo 
à  ceux  du  Tchad  et  du  Nil. 

D'autres  reconnaissances  sont  envoyées  vers  l'ouest  et 
gagnent  El  Kuti,  chef-lieu  du  cheick  Al-Sounoussi,  où 
périt  si  malheureusement  Crampel.  Hanolet  rejoint  Ban- 
gasso  par  Sabanga,  le  pays  Dar  Banda  et  Dabogo  et  les 
Veddris,  à  la  fin  de  décembre  1894. 

Le  court  espace  de  trois  ans  lui  a  donc  suffi  pour  occuper 
militairement  le  bassin  du  Bomu-Uele,  la  partie  méri- 
dionale du  Bahr-el-Ghazal  jusqu'au  Nil  et  le  Dar-Banda 
jusqu'aux  confins  du  Darfour  et  du  Runga. 

En  tirant  sur  la  carte  une  hgne  partant  de  Redjaf,  passant 
par  Liffi  et  Katuaka  pour  aboutir  à  M' Belle,  il  est  permis 
de  se  rendre  compte  de  l'immense  province  qui  vient  d'être 
conquise  au  nord  de  l'Uele. 

C'est  à  ce  moment  que  se  conclut,  entre  l'Angleterre  et 
l'Etat,  la  convention  du  12  mai  1894  qui  donne  à  bail  au 
roi-souverain,  sa  vie  durant,  la  rive  gauche  du  Nil,  de 
Redjaf  à  Fachoda  (qu'on  appelle  encore  la  province  équa- 
toriale),  ainsi  que  certains  territoires  du  Bahr-el-Ghazal, 
moyennant  la  cession  d'une  bande  de  territoire  de  vingt- 
cinq  kilomètres  de  largeur,  reliant  l'Uganda  au  Tanganika 
et  permettant  de  réaliser  ce  rêve  d'impérialisme  africain: 
la  ligne  ferrée  du  Cap  au  Caire. 

Malheureusement,  les  brillantes  expéditions  de  Nihs,  de 
la  Kéthulle,  Van  Calster,  Hanolet,  etc.,  ne  profiteront  guère 
aux  Belges.  A  la  suite  de  l'accord  franco-congolais  du 
14  août  1894,  les  immenses  territoires  parcourus  et  explorés 
par  les  vaillants  officiers  sont  attribués  à  la  France.  Le 
Bomu  est  désigné  comme  frontière  nord  de  l'Etat. 

Les  Belges,  la  mort  dans  l'âme,  doivent  se  résigner  à 
se  retirer  en  deçà  de  cette  rivière,  abandonnant  la  vaste 


—  271  — 

(•onlrc'o  ({ifils  oiiL  ^ioriousomonl  corKjuise.  (\l  jirrosc'c.  de, 
leur  snn<^'.  Les  Fnniçnis  nrnu'lKuil  à  l'i^^tnl  co  (\\\o  los  Anglais 
lui  ont  côdr.  Do  loul  ce  ({uo  In  (îonvontion  do  mai  accorde 
aux  Bel<^-es,  il  ne  leur  reste  (|ue  l'enclave  de  Lado  el  la 
rive  gauche  du  Homu. 

Les  postes  bel^-es  sont  occupés  par  les  Français,  et  les 
années  suivantes  voient  les  Liotard,  les  Baratier,  les  Mar- 
chand, fonder  leur  gloire  sur  l'œuvre,  demeui'ée  ignorée, 
des  officiers  bel^c^s.  On  rai)porte  même  que  lorsqu'il  fut 
({uestion,  en  France,  d'organiser  l'expédition  du  Nil,  Hano- 
let,  à  la  demande  de  M.  Hanotaux,  alors  ministre  des 
affaires  étran<>-ères,  fut  autorisé  à  se  rendre  à  Paris,  avec 
le  baron  GofRnet,  pour  communiquer  au  promoteur  de  la 
mission,   et  ses  renseignements  et  ses  cartes! 

L'expédition  Marchand  s'inspira  donc  des  renseignements 
fournis  par  Hanolet  et  par  les  explorations  entreprises  par 
les  officiers  de  l'Uele:  Baert,  Francqui,  Delangh,  Golmant, 
Jansen,   Ghristiaens,  Wtterwulghe,  etc.,    etc. 

Rentré  en  Europe,  le  14  mai  1895,  Hanolet  repart  une 
troisième  fois  pour  l'Afrique,  le  6  juin  1896,  en  qualité  de 
commissaire  général,  chargé  du  commandement  de  l'impor- 
tant district  de  Bangala,  où  la  situation  est  à  ce  moment 
particulièrement  troublée. 

Il  parvient  à  y  calmer  les  esprits  et  à  ramener  plusieurs 
chefs  indigènes  sous  l'autorité  de  l'Etat,  notamment  toute 
la  population  de  la  Mongalla,  où  un  régime  économique 
sérieux  est  instauré.  Il  fait  tracer  une  route  de  quarante 
kilomètres  entre  la  station  de  Bangala  et  la  rivière  N'Giri, 
affluent  gauche  de  l'Ubangi,  établit  un  poste  au  confluent 
des  deux  rivières  et  une  autre  station  sur  la  haute  N'Giri. 
Ses  adjoints  principaux  à  Bangala  sont  le  commandant 
Niclot,  le  capitaine  Pimpurniaux  (qui  rétablit  l'ordre  dans 
ritimbiri),  les  sergents  De  Meulemeester  et  Maenhout,  les 
sous-intendants   Lheureux  et  Titeux. 

Hanolet,   de  son  expédition  au  bassin  du  Tchad,    avait 


«Ci   '-—• 


—  272  — 

ramené  dans  l'Ubanii;!  du  ^l'os  ]j(''lail  ot  des  chevaux 
achetés  au  Soudan.  L'élevage  avait  donné  d'excellents  résul- 
tats. Le  commissaire-général  renouvelle  l'expérience  à  Ban- 
gala,  avec  le  môme  succès,  au  moyen  de  chevaux  pro- 
venant du  Maroc  et  de  gros  bétail  pris  à  Borna.  Il  installe 
dans  chaque  village  avoisinant  le  lleuve  un  troupeau  de 
chèvres  et  de  moutons,  destinés  <à  ravitailler  en  viande 
fraîche  les  Européens  du  district  et  les  voj^ageurs  de 
passage. 

Au  mois  de  septembre  1897,  le  gouvernement  fait  appel 
au  dévouement  de  Hanolet,  dont  le  terme  de  service  est 
expiré,  pour  aller  diriger  les  territoires  de  l'Uele,  au 
déi)art  de  Ghaltin. 

Hanolet  se  rend  dans  l'enclave  de  Lado,  en  novembre 
1897,  et  jette  sur  le  Nil  huit  allèges  en  fer  et  un  steamer, 
le   Van   Kerckhoven, 

Attaque  de  Redjai  par  les  derviches. 

C'est  alors  que  les  derviches  de  Bor  tentent  de  sur- 
prendre la  place  de  Redjaf. 

D'après  le  rapport  d'un  prisonnier,  il  ressort  qu'un 
message  reçu  de  Karthoum,  peu  de  temps  auparavant, 
annonçait  la  marche  progressive  des  Anglais  sur  cette  ville 
et  prescrivait  à  l'émir  Arabi-Dafalla  de  harceler  les  blancs 
de  Redjaf  de  façon  à  leur  tuer  le  plus  de  monde  possible 
et  à  pouvoir  ainsi  s'emparer  de  leurs  munitions  et  de  leur 
armement. 

En  conséquence,  les  derviches  organisent  une  expédition 
qui  doit  surprendre  Redjaf,  et  leur  marche  est  tenue  si 
secrète  que  ni  les  éclaireurs  de  l'Etat  ni  les  natifs  n'en 
signalent  l'approche. 

Redjaf  était  défendu  par  un  rempart  flanqué  de  huit 
canons,  précédé  d'un  large  fossé  d'un  développement  de 
douze  cents  mètres. 

Vers  une  heure    et   demie    du   matin,  dans  la   nuit    du 


;>  ;iu  1  juin,  les  iMadliisles  arrivcnl  dcvaiil  la  place),  (iérendiic 
par  deux  oiïiciors  et  cent  (juatro  liommes  ol  que  trois 
postes  avancés,  rolicVs  constamment  par  une  patrouille,  pro- 
tèf^ent  à  l'ouest,   au  nord   et  au  sud. 

Bientôt  des  coups  de  fcui  retentissent  au  poste  avance 
du  nord,  ({ui  se  replie  et  doniu^  l'alarme  au  camp.  Les 
soldats  se  précipitent  dans  la  zériba  môme  de  Redjaf, 
l)ar  la  porte  du  nord-ouest;  ils  sont  suivis  de  près  par  une 
nuée  de  lanciers  ennemis.  En  même  temps,  franchissant 
les  fossés  semés  d'épines  de  la  zériba,  les  derviches  attaquent 
simultanément  hi  place  de  tous  les  côtés  et  s'y  introduisent. 

Commandés  par  le  chef  Adhem  Bouchara,  ils  sont  au 
nombre  de  plusieurs  milliers  et  six  cents  d'entre  eux  sont 
armés  de  fusils  rayés. 

L'attaque  est  si  foudroyante  et  l'assaillant  est  si  nom- 
breux qu'il  peut  donner  l'assaut  sur  toutes  les  faces 
à  la  fois,  et  culbuter  toutes  les  résistances.  En  dix  minutes, 
les  troupes  de  l'Etat  sont  rejetées  vers  les  magasins  de 
munitions  à  soixante  mètres  du  Nil.  Des  combats  isolés 
ont  lieu  sur  toutes  les  faces  du  fort. 

En  un  instant  les  Madhistes  entourent  la  maison  des 
blancs,  et  tous  leurs  efforts  se  portent  sur  les  magasins 
d'armes  et  de  munitions.  Le  ciel  est  couvert  et  cette 
demi-obscurité  rend  les  mouvements  de  la  troupe  fort 
difficiles,  tout  en  privant  la  place  de  l'appui  de  l'artillerie. 
Tous  les  Belges,  unis,  entourés  des  soldats  de  la  garde 
qui  ont  pu  être  rassemblés,  se  précipitent  en  groupes  serrés 
sur  les  assaillants.  D'autres  combattants  les  rallient  et,  à 
trois  heures,  les  derviches  se  retirent  en  pleine  déroute. 
Au  cours  du  combat  Desneux  et  Bartholi,  qui  ont  subi  le 
premier  choc  des  lanciers  derviches,  sont  tués  à  la  tête  de 
de  leurs  hommes  :  le  corps  du  premier  est  trouvé  percé  de 
trente-trois  coups  de  lance,  le  cadavre  du  second  porte 
dix-huit  blessures.  Le  commissaire-général  Hanolet  est  frappé 
au  pied  ;  le  sergent  van  Pottelsberghe,  le  lieutenant  Sillye, 
le  commis  Lauterbach  sont    également  atteints;  toutes  les 


—  274  — 

blessures  sont  faites  à  la  lance,  car  le  combat  s'est  livré 
réellement  corps  à  corps. 

Les  derviches  ont  déployé  un  courage  héroïque  et  per- 
dent quarante-deux  des  leurs,  qu'on  trouve  morts  près 
du  magasin  de  munitions;  parmi  eux  on  découvre  le  chef 
El  Gali.  Un  nombre  considérable  de  tués  et  blessés  a  été 
emporté  par  les  derviches,  d'autres  ont  été  recueillis  à 
l'intérieur  du  fort.  On  a  pu  faire  six  prisonniers.  Les  pertes 
de  la  garnison  de  Redjaf,  bien  qu'inférieures  à  celles  de 
l'ennemi,  sont  cependant  sérieuses. 

Pour  donner  un  idée  de  la  lutte,  il  suffira  de  dire  que 
le  peloton  Desneux  perdit  son  chef  et  cinquante-sept  sol- 
dats (tués,  blessés  et  disparus),  sur  un  effectif  de  soixante- 
trois  hommes.  Les  pertes  totales  sont  importantes:  on 
compte  un  officier  sur  deux  et  un  soldat  sur  trois,  tués 
ou  blessés.  Une  troupe  nègre  ou  blanche  supportant  sans 
broncher,  alors  qu'elle  est  affamée,  pareille  amputation 
est  digne  de  tous  les  respects. 

Le  commandant  des  troupes  cite  tout  particulièrement 
la  conduite  pleine  de  bravoure  du  capitaine  Lequeux,  du 
médecin  Rossignon,  du  lieutenant  Henrion,  de  l'adjudant 
Delarge,  des  sous-officiers  Collet,  van  Pottelsberghe  et 
Dieupart  et  du  sous-intendant  Seghers. 

Quinze  jours  auparavant,  le  21  mai  1898,  dans  une  embus- 
cade dressée  en  face  de  Redjaf,  le  commandant  Walhousen, 
le  lieutenant  Goppejans,  le  sergent  Bienaimé  et  douze  sol- 
dats avaient  été  tués  par  un  parti  madhiste.  Le  sergent 
Baussart  et  quinze  soldats  furent  gravement  blessés  dans 
la  même  affaire. 

On  apprit  plus  tard  que  l'émir  Arabi-Dafalla  attendait 
à  bord  de  son  steamer,  en  aval  de  Redjaf,  le  résultat  du 
combat  du  4  juin. 

Les  derviches  en  retraite  jetèrent  dans  le  Nil  les  morts 
qu'ils  avaient  emportés  avec  eux.  Ce  furent  ces  épaves 
flottantes  qui  apprirent   à    l'émir  l'échec  de  ses  troupes. 


—  275  — 

Le  coiiiniaïKlaiil  militaire  des  (lorviclies,  Adiioin  liou- 
cliara  a  péri  dans  la   luêleo. 

Un  autre  acte  de  bravoure  est  à  signaler.  Deux  sous- 
ofliciers,  Willems  et  Na^ï-c^.ls,  avjiient  (Mé  envoyés  en  four- 
rageurs  depuis  plusieurs  jours.  Kn  l'oute,  ils  furent  rejoints 
par  des  femmes  et  des  soldats  l)lessés  (pii  leur  annon- 
cèrent (pie  Hanolet  avait  été  enlevé  par  les  Madliistes,  que 
ceux-ci  occui)aient  Redjaf  et  que  toute  l'expédition  hel^'-e 
était  massacrée.  N'écoutant  (jue  leur  courage,  ces  deux 
braves  obligent  les  fuyards  à  les  suivre  et  se  portent  sur 
Redjaf,  où  ils  arrivent  le  5  à  quatre  heures  du  matin, 
après  une  marche  forcée  de  douze  heures.  Ils  retrouvent 
heureusement  leurs  compatriotes,  vainqueurs  et  demeurés 
maîtres  de  la  place. 

Les  Belges  étaient  débarassôs  des  derviches,  mais  l'im- 
placable famine  continuait  à  sévir.  Toute  la  province 
équatoriale  (enclave  de  Lado),  depuis  l'occupation  égyp- 
tienne et  madhiste,  avait  été  ravagée  et  dépeuplée.  De 
rares  indigènes  erraient  perdus  dans  la  savane.  Toute 
culture  sérieuse  avait  disparu. 

Immédiatement  après  l'attaque  des  derviches,  le  com- 
mandant Hanolet  décide  d'établir  à  Lado  un  poste  avancé 
et  y  envoie  le  commandant  Henry,  qui  venait  d'arriver 
du  haut  Ituri  avec  deux  cent  soixante  soldats  d'élite,  pour 
renforcer  le  camp  retranché  de  Redjaf. 

Henry  se  rend  à  Lado  avec  six  cents  hommes,  que  com- 
mandent cinq  officiers,  un  sous-officier  et  un  sous-intendant. 

Occupation  de  Lado,  le  16  juillet  1898. 

De  Lado,  il  n'existait  plus  guère  que  les  anciens  remparts 
élevés  par  Emin  Pacha.  Toute  la  contrée  était  déserte  et 
les  habitations  étaient  détruites.  Henry  réoccupe  le  fort 
et  en  novembre  1898,  Hanolet  y  reçoit  le  colonel  anglais 
Martyr,  venu  de  l'Uganda  avec  une  compagnie  de  Soudanais 


27G 


pour  reprend ro  possession  de  Gondokoro  et  de  la  rive 
droite  du   Nil. 

Pendant  ce  temps,  les  derviches  de  Bor  firent  quelques 
incursions  sur  la  rive  gauche. 

Vers  la  môme  époque,  le  16  novembre  1898,  Hanolet 
fait  installer  à  Kero,  par  5"  '/?,  le  poste  frontière  nord.  Ce 
mouvement  de  troupes  a  i)our  effet  de  nous  rapprocher 
de  Bor.  Les  derviches,  menacés  dans  leur  dernière  forte- 
resse, abandonnent  celle-ci  le  25  novembre  1898,  traversent 
le  Nil  à  Zim-Zim,  y  coulent  leur  steamer  Caw-Caw  et  se 
dirigent  sous  la  conduite  d'Arabi  vers  le  Darfour.  Les  troupes 
de  l'Etat  ne  parviennent  pas  à  les  joindre. 

Une  forte  reconnaissance  rentre  le  15  décembre  à  Kero, 
après  avoir  constaté  le  départ  des  derviches. 

La  guerre  madhiste  est  réellement  terminée.  C'est  alors 
que  le  vaillant  commandant  Henry  médite  de  rétablir  les 
communications  entre  Karthoum  et  Lado.  Avec  le  Vmi  Kerck- 
hoven  d'abord  et  une  allège  ensuite,  il  se  lance  hardi- 
ment dans  le  fameux  «  Sedd  »,  qui  barre  tout  le  lit  du  Nil 
sur  une  étendue  de  quatre  cents  kilomètres.  Il  est  accom- 
pagné des  lieutenants  Bertrand  et  de  Rennette  et  de  vingt 
soldats  indigènes.  Henry  surmonte  toutes  les  difficultés  et 
a  l'honneur  insigne  de  mener  à  bonne  fin  son  audacieux 
projet.  Il  atteint  Karthoum,  et  est  reçu  avec  de  grands 
honneurs  par  les  officiers  anglais. 

Hanolet,  dont  le  terme  de  service  est  depuis  longtemps 
expiré,  et  bien  que  peu  rassuré  sur  le  départ  définitif 
des  derviches,  quitte  Redjaf  en  compagnie  du  docteur 
Rossignon,  le  2  janvier  1899,  pour  Djabir,  se  disposant 
à  rentrer  en  Europe. 

Il  a  remis  son  commandement  à  Henry,  qui  continue  à 
demeurer  à  Kero,  à  neuf  heures  de  marche  ou  six  heures 
de  navigation  de  Lado,  avec  trois  cent  vingt-huit  hommes, 
un  canon  Krupp,  une  mitrailleuse  Maxim  et  deux  canons 
Nordenfelt.  Henry  a  sous  ses  ordres  les  lieutenants  Derclaye, 


::i  i   — 


Liin(l(|uisl,  iM'iail,  \(\  s()iis-li(Mil(Mi;iiiL  Van  dcM"  W(?^(iii,  les 
s()us-()lli('i(M's  NMijcIs  (^l  Aslrand. 

ll.iiiolot  osl  (Ml  I)(d<4i(|ii('  1(',  17  juin  181)9.  M;iis,  1(î  14  iiinrs 
lUOl,  il  se  r(Miil){U'(fiie  une  ([uatrièuH^  fois  [)()ur  lo  (>)n^o, 
pour  reprendre  ses  iuii)()rtantes  fouettions  de  coniiuandant 
supérieur  de  l'Uele. 

La  ({uestion  des  «  vivres  pour  les  noirs  ^  vient  d'occuper 
l'activité  de  Chaltin  pendant  près  de  trois  ans,  quand 
Ilanolet  le  remplace  pour  la  seconde  fois  à  l'Uele  et  dans 
l'enclave  de  Lado.  Immédiatement,  des  troupeaux  de  bœufs 
sont  dressés  au  charroi;  une  route  carrossable  reliant 
Dungu  à  Redjaf  est  entreprise  sur  plusieurs  points  à  la 
fois.  Des  chariots  arrivent  d'Europe  et,  en  1903,  une  partie 
des  transports  dans  l'enclave  se  fait  au  moyen  de  véhicules 
traînés  par  des  bœufs.  Cette  route  carrossable  est  trans- 
formée aujourd'hui  en  une  route  pour  automobiles. 

Les  fortifications  de  Lado,  de  Dufilé  et  du  Yei  ont  été 
construites  avec  les  ressources  que  possédait  le  pays. 

Une  colonie  de  renfort  est  fortement  installée  à  Jakuluku 
(frontière  du  Bahr-el-Ghazal.) 

La  famine  a  maintenant  disparu  dans  l'enclave  et  les 
magasins  sont  abondamment  fournis  de  vivres,  en  réserve 
pour  les  mauvais  jours.  Les  indigènes  ont  repris  con- 
fiance. Ils  reviennent  peu  à  peu  dans  la  contrée,  et  ce 
pays  dévasté  reprend  un  aspect  prospère  sous  l'administration 
éclairée  et  humanitaire  de  l'Etat  du  Congo. 

Le  sirdar,  général  Wingate,  gouverneur  du  Soudan,  est 
reçu  par  Hanolet  au  poste  frontière  de  Kero  et  visite 
avec  lui  le  fort  de  Lado. 

Le  général  anglais  et  son  brillant  état-major  ne  ména- 
gent pas  les  éloges  aux  officiers  congolais  de  l'enclave. 

Pendant  que  le  commandant  supérieur  est  retenu  à 
cet  endroit,  ses  seconds,  les  commandants  Lahaye,  Wtter- 
wulghe,  Wacquez,  par  un  travail  de  tous  les  instants, 
maintiennent    l'Uele  en  progrès  constant;  ils   y  déploient 


—  278  — 

de  grandes  qualités  administratives  et  beaucoup  d'énergie 
pour  ravitailler  le  haut  Nil. 

Mais  il  y  a  une  ombre  à  ce  tableau.  Les  principaux  colla- 
borateurs d'Hanolet  sont  morts  trop  obscurément  à  la  tâche. 

Les  officiers  de  nationalité  étrangère  d'Italie,  de  Norwège, 
de  Suède  et  du  Danemark,  ont  puissamment  aidé  leurs 
camarades  belges,  et,  hélas,  beaucoup  d'entre  eux  reposent 
dans  l'enclave  de  Lado  et  l'Uele. 

L'histoire  rendra  justice  aux  disparus,  dont  l'idéal  était 
de  se  rendre  digne  de  l'armée  belge. 

Hanolet  rentre  en  Europe  le  4  août  1903. 

Il  est  capitaine-commandant  en  non-activité  pour  infirmités 
temporaires,  oflîcier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre 
ro3^al  du  Lion,  chevalier  de  l'Etoile  africaine,  décoré  de 
l'Etoile  de  service  à  quatre  raies,  de  la  Croix  de  vingt- 
cinq  ans  de  service  à  l'Armée,  officier  d'académie  de 
France. 

Ses  amis  lui  ont  remis  un  sabre  d'honneur  artistement 
ciselé,  dont  la  lame  porte  gravé  le  souvenir  des  nombreux 
états  de  service  du  vétéran  de  l'œuvre  africaine. 


PUBLICATIONS: 


La  chasse   au  Congo.   (Bulletin  de  la  Société  d'études  coloniales,  1895, 

p.  141). 
Exploration  au  nord  du  Bomu  et  du  bassin  du    Tchad-Chari.  (Bulletin 

de  la  Sociétj  royale  de  géographie  d'Anvers,  1906). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Congo  belge,  1898,  n»  19. 

L'exploration    du  commandant    Hanolet    vers    les    sources    du    Chari, 

(Belg.  coloniale,  1890,  p.  208,  avec  carte). 
Mouvement  géographique.  1897,  pp.  248  et  267;  1902,  p.  1. 
Attaque  de   liedjaf  par  les    Madhistes.   (Mouvement    antiesclavagiste, 

1898,  septembre-octobre,  p.  157). 
L'Etat  indépendant  du  Congo.  A.  J.  Wauters.    Falck,  Bruxelles,  1899. 


LE  MARINEL,  Paul. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  M.  Chapaux, 
ht  Congo  historique,  diplomatique- 


LE    MARINEL,    paulamédée 

né  à    Long-  Grove,  près  Davenport,    Etat    d'Iowa    (Etats- 
Unis  d'Amérique),  de  parents  belges,   le  4  juillet  1858. 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  carabiniers,  entre  au 
service  de  l'Etat  en  août  1885,  et  s'embarque  avec  de 
Macar,  au  moment  précis  où  la  constitution  de  l'Etat 
indépendant  du  Congo,  sous  la  souveraineté  du  roi  des 
Belges,  vient  d'être  reconnue  par  la  Conférence  de  Berlin. 

Le  Marinel  séjourne  à  Boma  et  à  Banana,  comme  offi- 
cier topographe,  attaché  au  capitaine  Jungers. 

Le  lieutenant  allemand  von  Wissmann,  qui  vient  d'accom- 
])lir  les  brillantes  explorations  de  la  Lulua,  du  Kasaï  et  du 
Kwango,  revient  au  Congo,  en  janvier  188(3,  après  un 
séjour  de  quelques  mois  à  Madère;  de  Macar  et  Le  Marinel 
lui  sont  adjoints. 

Ces  deux  officiers  sont  désignés  pour  continuer  l'œuvre 
de  von  Wissmann  et  achever  à  Lubuku,  sur  la  Lulua,  l'instal- 
lation de  la  station  de  Luluabourg  dont  l'illustre  explorateur 
a  jeté  les  fondements  en  novembre  1884.  Cette  place  est  non 
seulement  très  bien  située  pour  permettre  de  rayonner  vers 


—  280  — 

les  frontières  est  et  sud;  mais  elle  est  encore  un  point  de 
ravitaillement  pour  les  caravanes  et  constitue  le  centre 
le  plus  important  du  commerce  du  caoutchouc  et  de  l'ivoire 
provenant  des  rives  du  Sankuru  et  du  Kasaï. 

De  Macar  et  Le  Marinel  s'efforcent  de  faire  de  Lulua- 
hourg-  une  des  stations  les  plus  prospères   de  l'Etat. 

Attaché  à  cette  station,  Le  Marinel  est  forcé  d'y  demeu- 
rer, souffrant  de  la  fièvre,  tandis  que  de  Macar  seconde 
von  Wissmann  dans  l'exploration  de  la  partie  sud-est  de 
l'Etat.  Les  10,  11  et  12  juillet,  von  Wissmann  et  de  Macar 
sont  attaqués  par  les  Bakalosch,  et,  après  un  combat 
acharné,  qui  les  prive  d'une  grande  partie  de  leurs  forces  en 
hommes  et  en  munitions,  ils  se  décident  à  retourner  à 
Luluahourg,   où  ils  arrivent  le  26  juillet. 

Le  Marinel  se  rend  avec  de  Macar  vers  la  Lulua  et  au 
poste  de  Lueho. 

Le  17  novembre  18SG,  Le  Marinel,  complètement  rétabli 
de  son  indisposition,  est  choisi  comme  lieutenant  par  von 
Wissmann  et  accompagne  son  chef  à  Nyangwe  par  le 
Sankuru,    le  Lomami  et  le  Lualaba. 

Pendant  ce  temps  le  capitaine  de  Macar  s'occupe  des 
travaux  intérieurs  du  poste  récemment  créé;  quelques  mois 
plus  tard  s'élève,  sur  les  bords  de  la  Lulua,  une  des  plus 
belles  et  des  plus  confortables  stations  de  l'Etat. 

L'expédition  est  malheureuse  entre  toutes;  la  famine 
et  la  variole  viennent  décimer  la  caravane,  qui  comprend 
plus  d'un  millier  d'indigènes  de  la  Lulua,  hommes,  fem- 
mes et  enfants. 

En  arrivant  à  Nyangwe,  von  Wissmann  apprend  par  les 
Arabes  eux-mêmes  la  fatale  nouvelle  de  la  prise  de  la 
station  des  Falls.  Il  se  décide  immédiatement  à  gagner,  en 
compagnie  de  Buchlag  et  d'une  soixantaine  d'hommes  vali- 
des, le  lac  Tanganika  et,  de  là,  la  côte  orientale,  chargeant 
Le  Marinel  du  soin  de  ramener  à  Luluabourg  les  débris 
de  son  infortunée  caravane. 


—  281  — 

Le  Mnrinol  suil  uik^  l'oiiU*.  inoxî)lor(''0  v(U's  le  Loiiuiini, 
(rnv(M'S(*    Liipuiiiiu    cl    r(Milr(^    à    Luliuihour;^'    pur    le   Luiji. 

Il  opère  (Misuile  (l(>s  reconnaissances  entre  le  Kasaï  et 
le  Luhi,  puis,  i)ai'('()iirl,  en  1<S<S8,  le  Sankuru,  le  Lubel'u  (\l 
l(^s    allluenis  du   Kwani^o. 

De  Macar  (M,  Le  Marinel  ont  à  livrer  plusieurs  combats 
aux  poi)ulalions  (1(^  l'ouest,  (M,,  pendant  qu'ils  consacrent 
l(Mir  iiUelli^'ente  activité  au  (l(Welo])pement  de  la  Héris- 
sa nl(^  station  do  Lulual)our<^-,  ils  parviennent  à  maintenir  les 
tribus  environnantes  dans  le  respect  de  l'autorité  de  l'Etat. 

Rentré  en  Europe  en  1888,  Le  Marinel  repart,  l'année 
suivante,  comme  commissaire  de  district  de  première  classe 
et  commandant  du  district  du  Lualal)a. 

Il  est  chargé  de  l'organisation  d'un  camp  militaire  destiné 
à  arrêter  les  in-cursions  des  bandes  arabes. 

Le  Marinel  se  rend  d'abord  à  Luluabourg,  afin  de  réunir 
des    éléments  précieux    pour  ses    expéditions    ultérieures. 

Parcourant  la  contrée  jusqu'au  delà  du  Lubi,  il  rassemble, 
pour  l'aider  à  l'expansion  du  poste  de  Lusambo,  ce  qui 
reste  des  anciens  soldats  de  von  Wissmann  et  notam- 
ment des  gens  de  l'iVngola,  dont  il  pourra  se  servir  soit 
comme  interprètes,  soit  comme  porteurs,  dans  les  nom- 
breux et  longs  voj'ages  qu'il  se  propose  de  faire.  Ensuite, 
pour  entraîner  ses  recrues  et  pour  ajouter  à  la  connais- 
sance du  pays,  il  se  dirige  avec  Gillain  et  Descamps,  par 
une  voie  nouvelle,   vers  Lusambo,  sur  le  Sankuru. 

Dans  l'entretemps,  le  gouverneur  général,  Camille  Jans- 
sen,  qui  s'est  rendu  par  steamer  à  Lusambo,  y  a  installé 
plusieurs  Européens  et  un  contingent  de  la  Force  Publi- 
que, sous  la  direction  de  Légat. 

Aussi,  lorsque  l'expédition  de  Le  Marinel  atteint  le  San- 
kuru, elle  se  trouve  en  présence  d'un  poste  bien  orga- 
nisé qui  a  fait  en  quelques  jours,  du  camp  de  Lusambo, 
un  centre  imposant  dans  cette  région  primitive. 

Cependant,  Le  Marinel  a  reçu  l'ordre  d'établir  le  camp 


du  sud  sur  le  Lomami,  et  non  sur  le  Sankuru;  l'instal- 
lation de  Lusaml)o  ne  i)eut  être  que  provisoire,  tant  que 
Le  Marinel  n'aura  pas  reconnu  lui-même  la  situation  géo- 
graphique et  politique  de  Bena-Kemba,  poste  créé  sur  le 
Lomami   par    le    Oouverneur    général   en   novembre  1889. 

Se  conformant  aux  instructions  du  gouvernement,  Le 
Marinel  se  dirige  vers  le  Lomami,  afin  d'examiner  si  sa 
base  d'opérations  peut  être  transportée  à  Bena-Kemba. 
Laissant  le  personnel  du  camp  de  Lusambo  sous  la  garde 
de  Descamps,  Le  Marinel,  accompagné  de  Gillain  et  de 
125  hommes  de  choix,  très  légèrement  équipés,  quitte  Lu- 
sambo, le  o  juin  1890,  et  se  porte  vers  le  Lomami,  à 
grandes  étapes,  à  travers  la  zone  dévastée  par  les  Arabes. 

L'expédition  longe  la  lisière  méridionale  de  la  grande 
forêt  du  Lubefu,  passe  sur  la  rive  droite  du  Lomami  en 
face  de  Dibué,  traverse  du  sud  au  nord  llmbaddi  et  le 
Malila,  zones  d'influence  des  Arabes  de  Nyangwé,  traverse 
dans  la  même  direction  le  pays  de  Bakussu  et  repasse  sur  la 
rive  gauche  du  Lomami,  à  Faki,  reconnaissant  ainsi  la 
zone  d'influence  des  Arabes  de  Riba-Riba.  Le  15  juillet, 
l'expédition  arrive  à  Bena-Kamba,  après  une  quinzaine  de 
jours  de  marches  pénibles  à  travers  la  forêt  et  les  marais, 
harcelée  par  les  indigènes,  n'ayant  pour  tout  guide  que 
le  Lomami.  Le  Marinel  a  constaté  la  présence  de  nom- 
breux rapides  entre  le  point  du  Lomami,  traversé  par 
von  Wissmann  et  Pogge,  et  la  station  de  Bena-Kamba;  il 
a  enfin  réalisé  la  première  jonction  des  postes  du  sud 
avec  ceux  de  roccui)ation  du  haut  Congo. 

Cette  expédition,  riche  en  données  géographiques  et  sur- 
tout en  renseignements  ethnographiques  et  politiques,  a 
pour  effet  de  donner  la  préférence  à  l'emplacement  de 
Lusambo,  d'où  l'on  pourra  mieux  rayonner  vers  le  sud 
et  faire  face  aux  Arabes  de  l'est  et  du  nord-est. 

En  conséquence,  Le  Marinel  décide  de  lever  temporai- 
rement le  poste  du   Lomami  et  de  faire  descendre  par  la 


—  Î383  — 

rivièro  de  co  nom  v(M's  Io  Con^o,  les  doux  Kiiropéens 
(jui  s'y  IrouvcMil:  lo  licMiicnant  LcMi^cr  ol  lo  sor^'^ent  De 
Hruyne,  ({iii  :dlnil  s'illustrer  deux  ans  i)lus  tnrd  \y,\r  une 
mort  glorieuse.  Le  18  juillet,  l'expédition  quitte  Bena- 
Kamha  et  rentre  à  Lusambo,  le  22  août  1890.  Klle  a 
a(!comi)li  un  record  de  rapidité,  étant  donné  les  difficultés 
et  les  sinuosités  de  son  itinéraire. 

A  ce  moment,  s'ouvrent  les  premières  hostilités  contre 
les  Arabes. 

Le  jour  même  de  son  retour  à  Lusambo,  Le  Marinel 
se  dirige  vers  l'est,  pour  rejoindre  Descamps,  qui  se  trouve 
aux  prises,  chez  les  Baternba,  avec  Gongo-Luteté,  vassal 
de  Sefu,  fils  de  Tippo-Tip. 

Les  Arabes,  au  nombre  de  sept  mille,  commandés  par 
Gongo,  s'étaient  approchés  du  camp  de  Lusambo,  le 
17  août,  et  menaçaient  sérieusement  la  station  de  l'Etat. 
Le  lieutenant  Descamps,  accompagné  de  cinq  blancs  et  de  200 
soldats,  s'était  porté  à  leur  rencontre  et,  le  19  août,  leur 
avait  infligé  une  sanglante  défaite.  Tous  les  esclaves  du 
camp  arabe  sont  mis  en  liberté. 

En  1890,  Le  Marinel  donne  l'instruction  militaire  aux 
recrues  d'Angola,  de  Zanzibar,  du  Dahomey  et  de  la  Côte 
d'Or. 

Dans  le  courant  du  mois  d'avril  1890,  la  Compagnie  du 
Gongo  pour  le  commerce  et  l'industrie  charge  Alexandre  Del- 
commune  d'explorer  les  territoires  compris  entre  Nyangwe, 
le  Tanganika  et  la  frontière  méridionale  de  l'Etat. 

Tandis  que  l'expédition  s'organise  et  atteint  le  haut 
Gongo,  le  gouvernement,  désireux  d'occuper  eflfectivement 
cette  même  contrée,  sur  laquelle,  dans  certains  milieux 
anglais,  on  semble  vouloir  élever  des  prétentions,  donne 
l'ordre  à  Paul  Le  Marinel  de  se  rendre  chez  Msiri,  chef 
du  Katanga,  et  de  lui  faire  arborer  le  drapeau  de  l'Etat. 

En  même  temps,  l'attention  est  appelée  en  Belgique,  sur 


—  284  — 

ces  contrées  célèbres  par  leurs  mines  de  cuivre,  et  dont 
quelques  voyageurs,  notamment  Cameron,  Gapello  et 
Ivens,  vantent  le  climat  et  les  ressources.  De  nouvelles 
initiatives  provoquent  la  constitution  de  la  Compagnie  du 
Katanga  (15  avril  1891),  qui  se  met  aussitôt  en  devoir  de 
faire  visiter  les  territoires,  où  l'Etat  vient  de  lui  accorder 
d'importantes  concessions,  par  deux  expéditions,  respective- 
ment placées  sous  le  commandement  des  capitaines  Stairs 
et  Bia. 

L'expédition  dirigée  par  Le  Marinel,  dont  l'organisation 
se  fait  au  Congo  même,  arrive  la  première  à  Bunkeïa,  but 
commun  assigné  à  tout  ce  groupe  d'explorateurs.  Voici 
l'itinéraire  suivi:  après  avoir  confié  la  garde  du  camp  au 
commandant  Gillain,  Le  Marinel  part  de  Lusambo,  le  23 
décembre  1890,  accompagné  des  lieutenants  Descamps,  Légat 
etVerdick;  il  traverse  le  Sankuru  et  suit,  sur  une  distance 
de  165  kilomètres,  la  rive  droite  du  Lubi.  De  là,  se  portant 
vers  l'est,  Le  Marinel  atteint  la  rivière  Uele,  où  Muzembe, 
le  puissant  clief  des  Balungu,  songe  un  instant  à  s'opposer 
à  sa  marche  et  fait  perdre  à  l'expédition  une  quinzaine  de 
jours. 

Le  Marinel  se  dirige  de  là  vers  le  Lubilach,  ou  Sankuru 
supérieur,  qu'il  franchit  à  la  résidence  de  Mutombo-Mukulu; 
poursuivant  alors  sa  route  vers  le  sud,  il  découvre,  entre 
9"  et  10°  de  latitude,  les  petits  lacs  Ka longue,  Kinda  et 
Musselo,  traverse  le  haut  Lualaba,  près  de  son  confluent 
avec  le  Lubudi,  rivière  qu'il  reconnaît,  et  escalade  les 
pentes  occidentales  de  la  chaîne  dés  Mitumba.  Il  pénètre 
ainsi  dans  le  royaume  de  Msiri,  où  il  rencontre  les  Bena- 
Kalanbos,  population  troglodyte,  et  arrive  à  Bunkeïa,  capitale 
du  cruel  potentat  (18  avril  1891).  Il  y  trouve  installés  les 
représentants  de  la  mission  Arnot,  qui,  heureusement,  ne 
contrecarrent  pas  ses  projets  vis-à-vis  du  féroce  sultan. 

Les  efforts  de  Le  Marinel  pour  que  Msiri  reconnaisse  et 
arbore  le  drapeau  de  l'Etat   restent  vains;    mais  le   chef 


285 


(lo  r(^xi)('Mlili()ii   ()I)li(Mil    iiiK^   l(MI,i'(\  (l;iiis   l;i(iiiollo  Msiri  con- 
s(Mil,  (l;ins  une  ('(M'iMiiK'  inesurc,  à  r;iii'(».  sa  soumission  à  l'Etat. 

Lo  Mai'iiicl  (\sl  i)arv(Miu  à  r('li(îr,  par  un  itinéraire  nou- 
veau, le  i)()int  terminus  de  roccui)ation  hd^o  aux  points 
extrêmes  atteints  i)ar  J^eicliardt  et   liohm. 

Après  son  entrevue  avec  Msii'i,  Le  Marinel  l'onde  à 
Lul'oï  le  premier  poste  au  Katan«^a,  qu'il  confie  à  la  ^'•arde 
de  Le<^'at  et  Vcrdick  et  d'une  centaine  de  soldats  ré^-u- 
liers  de  la  Force  Publique. 

Variant  son  itinéraire  de  retour  et  emmenant  avec  lui 
le  missionnaire  Swan,  ainsi  qu'une  des  principales  femmes 
de  Msiri,  escortée  par  un  certain  nombre  de  ses  sujets 
qui  rega^'neront  le  Katanga  plus  tard  avec  l'expédition  Bia- 
Francqui,  Le  Marinel  quitte  Lufoï,  en  mai  1801,  et  rentre 
à  Lusambo  le   18  août. 

Ce  voyage  de  deux  mille  kilomètres  est  effectué  en  deux 
cent  trente  jours. 

Au  commencement  de  l'année  1892,  Le  Marinel  porte 
secours  au  prince  de  Groy,  menacé  par  les  bandes  de 
Kieko  et  de  Bihé. 

Au  mois  de  mars  1892,  une  sourde  agitation  dans  le 
pays  arabe  attire  l'attention  du  commandant  du  district 
de  Lualaba. 

Dès  avril,  les  nouvelles  deviennent  plus  précises.  Gongo- 
Lutete,  qui,  contrairement  à  la  nouvelle  qui  s'était  répandue, 
n'a  pas  péri  au  cours  du  combat  sanglant  que  lui  a  livré 
Descamps, tente  de  tiouveau  l'exécution  de  son  projet  de  1890. 

Le  Marinel  organise  la  défense.  Il  décide  de  faire  attaquer 
les  bandes  arabes,  de  front,  par  une  colonne  (capitaine 
Descamps)  partant  de  Luluabourg,  tandis  qu'une  autre 
venant  de  Lusambo,  leur  coupera  la  retraite. 

Le  19  avril,  la  troupe  de  Dhanis,  grossie  de  celle  de 
Michaux,  marche  à  la  rencontre  des  Arabes  et  leur  inflige, 
le  23  avril,  une  sanglante  défaite. 

Paul   Le  Marinel  remet,  le  22  avril  1892,   au  lieutenant 


—  286  — 

Dlianis,  le  commandement  du  district  du  Lualaba,  et  rentre 
en  Europe  le  10  juillet. 

Il  reçoit  la  médaille  d'or  commémorative  des  expéditions 
du  Katanga. 

Le  6  janvier  1893,  il  repart  une  troisième  fois  pour  le 
Congo,  comme  inspecteur  d'Etat  et  commandant  du  district 
de  Stanley-Pool,  du  Kwango,  du  Kasaï  et  du  Lualaba. 

Il  expédie  du  Sankuru  des  renforts  à  Dhanis,  en  lutte 
avec  les  Arabes. 

Il  charge  Brasseur  d'une  expédition  au  Katanga,  dans 
le  but  d'aller  relever  Légat  et  de  ravitailler  le  poste  de 
Lufoï.  Le  camp  de  Lusambo  ne  peut  pourvoir  à  ce  service, 
au  moment  le  plus  critique  de  la  campagne  arabe. 

En  décembre  1894,  Le  Marinel  apprend  le  succès  des 
bandes  de  Rumaliza.  Dhanis  lui  expose  que  la  situation  est 
des  plus  mauvaises;  il  réclame  instamment  des  secours 
en  hommes,  munitions  et  artillerie. 

Le  4  de  ce  mois,  Paul  Le  Marinel  amène  une  colonne  de 
Lusambo  jusque  près  de  Nyangwe.  La  troupe,  qui  se  com- 
pose du  capitaine  CoUignon,  du  lieutenant  Francken,  du 
sergent  Destrail,  de  cent  quatre-vingts  hommes,  et  qui  com- 
prend trois  cents  fusils  perfectionnés,  mille  fusils  à  piston, 
une  grande  quantité  d'étoffes,  de  cartouches,  de  poudre 
et  de  capsules,  arrive  à  Kassongo  et  contribue  ainsi  à  la 
victoire  définitive  des  troupes  de  l'Etat  sur  Rumaliza,  le 
14  janvier  1894. 

Le  Marinel  retourne  à  Luluabourg,  Luebo  et  aux  Chutes 
de  von  Wissmann  et  rentre  à  Léopoldville  en  août  1894.  Il 
y  apprend  le  conflit  avec  la  France  et  reçoit  une  mission 
d'inspection  dans  l'Uele. 

A  la  mort  du  capitaine  Baert,  il  reprend,  sans  hésita- 
tion, le  commandement  de  la  grande  expédition  organi- 
sée vers  les  contrées  inconnues  du  haut  Uele. 

Il  gagne  Ibembo,  Djabir  et  Semio,  atteint  le  Bomu  et 
le  Bomokandi,  et   remonte  l'Uele  jusqu'à    Dungu,    limite 


—  287  — 

extrême  de  roccupalion  à  l'est.  Il  remet  son  commande- 
ment à  Franc({ui  et  revient  à  Léopoldville. 

La  nouvelle  que  les  soldats  batetelas  de  Luluabour^-  se 
sont  révoltés,  le  décide,  mal<,^ré  son  état  d'épuisement,  à 
reprendre  le  chemin  de  Lusambo,  mû  tant  par  U)  sen- 
.  timent  du  devoir  que  par  l'idée  généreuse  d'aller  porter 
secours  à  son  ancien  adjoint  le  commandant  Gillain.  Il 
arrive  le  8  octobre  1895  dans  cette  station  et  prend  le  lende- 
main la  route  de  Ganda. 

Heureusement  les  rebelles,  qui  ont  déjà  subi  le  9  octobre 
le  premier  choc  de  l'adversaire  dans  un  combat  contre  les 
troupes  de  Lusambo,  sont  mis  en  déroute  complète  au 
combat  du  18  octobre,  par  Lothaire,  le  commandant  de  la 
zone  arabe. 

Le  Marinel  rentre  en  Europe  le  12  février   1896. 

Le  20  mars,  Paul  et  Georges  Le  Marinel  sont  reçus  en 
séance  solennelle  par  la  Société  d'études  coloniales  et 
proclamés  membres  d'honneur.  La  séance  est  honorée  de 
la  présence  du  Prince  Albert  de   Belgique. 

Paul  Le  Marinel,  qui  a  quitté  l'armée  avec  le  grade  de 
capitaine-commandant,  repart  une  quatrième  fois  pour  le 
Congo,  le  l''  février  1906,  comme  directeur  de  la  Compagnie 
du  Lomami  à  Ilambi. 

Paul  Le  Marinel  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et 
de  l'Ordre  royal  du  Lion,  officier  de  l'Etoile  africaine, 
décoré  de  l'Etoile  de  service  et  de  la  médaille  de  la  cam- 
pagne arabe. 

Les  Sociétés  de  Géographie  de  Bruxelles  et  d'Anvers  lui 
dont  décerné  leurs  médailles  d'or. 


—  288  — 
PUBLICATIONS. 


De  Nyangwe  à  Luluabourg.  (Mouvement  géogrîii)hi(|iie,  1888,  p.  55.) 

Tableau  des  altitudes  observées  pendant  le  voyage  au  Katanga.  (Mou- 
vement géograpliifiue,  1892,  p.  11.) 

Tableau  des  observations  astronomiques  faites  au  cours  du  voyage  de 
Lusambo  à  Bunkeïa.  (Mouvement  géographi(]ue,  1892,  p.  11.) 

Note  sur  les  découvertes  et  V occupation  des  régions  du  Kasaï,  du  Luba 
et  du  Katanga.  (Bull.  Soc.  roy.  Géog.  Anvers,  190G.) 


RÉFÉRENCES   BIBLIOGRAPHIQUES. 

Chapaux.    Le    Congo    histor.    et   diplomat. 

Mouvement  géographique  1888,  p.  55;  1891, pp.  22,  32;  1892,  pp.  9,  11. 

A.  J.  Wauters.  IJEtat  indépendant  du  Congo. 

WisSMANN  etc.  Im  Inner^i  Afrikas.  Die  Erforschung  des  Kasaï 
wahrend  derjahre  1883,  1884,  1885.  1  vol.  in-8».  Brockhaus,  Leip- 
zig, 1888. 

Id.  Meine  zweite  Durchquerung  œquatorial  Afrikas  vom  Kongo  zum 
Zambesi  wahrend  derjahre  1886-1887.  Trowitsch.  Frankfurt  a/o  1891. 

Bas  Land  der  Bachilange.  (F^etermann's  Mitt.  1888,  p.  353.) 

Tre  âr  i  Kongo.  3«  vol.  in-8o.  Stockholm,  Norstedt  1887.  Motter 
P.  Pagels  et  E.   Gleerup. 

Histoire  militaire  du  Congo.  Lejeune-Chorjuet.  Castaigne.  Bruxelles 
1906. 


LE  MARINEL,  Paul. 


(Cliché  du  journal  Le  Congo). 


LE  MARINEL,  GEORGES. 


Cliché  de  roiivrage  de  iM.  Chapaux. 
Le  Congo  historique,  diplomatique,  etc. 


LE    MARINEL,    GEORGES,    EDOUARD, 

né  à   Davenport  (Etats-Unis  d'Amérique)    le   29  juin  18G0. 

Sous-lieutenant  au  génie,  il  s'engage  au  service  de  l'As- 
sociation internationale  du  Congo,  le  7  août  1884. 

Le  Marinel  séjourne  d'abord  à  Vivi,  puis,  assiste  le  capi- 
taine Valcke  dans  la  lourde  entreprise  du  transport  au 
Pool   du  premier    grand    steamer:   le  Slcmley  (1881-1885). 

Il  rentre  à  Vivi  et  est  désigné,  en  août  1885,  comme  mem- 
bre de  la  commission  de  délimitation  de  la  frontière  Congo- 
française  dans  le  bassin  du  Kouilou.  Il  parcourt  cette  région 
où  s'opère  la  remise  aux  autorités  françaises  des  postes 
créés  par  l'Association   internationale  africaine  (fin  1885). 

Il  est  nommé  sous-commissaire  de  district  à  Manyanga 
et  à  Lukungu  en  1886,  et  chef  de  la  station  de  Léopold- 
ville  à  la  fin  de  cette  même  année. 

G.  Le  Marinel  rentre  en  Europe  le  l""  juillet  1887,  mais 
repart  pour  l'Afrique,  le  29  janvier  1889,  en  qualité  de 
commissaire  de  district  de  deuxième  classe. 

II  est  adjoint,  comme  second,  au  capitaine  Van  Gèle  et 


—  290  — 

l'accompagne,  le  21  mai  1880,  dans  l'exploration  de  l'Ubangi 
et  de  ses  afHuents  supérieurs.  L'expédition,  qui  a  pris 
place  à  bord  de  V£n  avant  et  de  1'^.  7.  A.,  se  compose, 
en  outre  des  lieutenants  Hanolet  et  De  Reciiter,  du  sous- 
lieutenant  Busine,  de  la  F.  P.  et  de  l'interprète  Attard. 
Le  capitaine  Shagerstrom  accompagne  l'expédition,  à  bord 
du  *SYr;H/e//,  apportant  des  approvisionnements  jusqu'à  Zongo. 

La  maladie  oblige  Le  Marinel  à  interrompre  son  voyage 
et  à  descendre  à  Léopold ville;  aussitôt  rétabli  de  son  indis- 
position, il  se  hâte  d'aller  rejoindre  Van  Gèle  et  de  continuer 
avec  lui  la  brillante  exploration  de  l'Ubangi. 

Van  Gèle  fonde  successivement  le  poste  de  Zongo,  qu'il 
confie  à  Hanolet,  celui  de  Mokoangai,  qu'il  fait  comman- 
der par  le  nj^ampara  Osmami  et  celui  de  Banzyville,  qui 
est  mis  sous  la  garde  du  sous-lieutenant  Busine. 

Dans  l'entretemps,  Van  Gèle,  monté  sur  l'A.  /.  A.  et 
accompagné  de  De  Rechter  a,  dans  le  courant  de  novembre 
1889,  complété  l'étude  de  la  section  du  fleuve  entre  Ban- 
zyville et  Mokoangai,  par  la  reconnaissance  de  la  rive 
septentrionale  de  la  rivière,  rive  qui  n'avait  été  visitée 
jusqu'à  ce  moment,  par  aucun  Européen. 

Il  découvre  la  bouche  de  deux  affluents:  le  Kuangu  et 
le  Benglii,  dans  lesquels  il  pénètre  et  qu'il  remonte  jusqu'à 
une  certaine  distance.  Jusqu'à  la  fin  de  1889,  Van  Gèle 
parcourt  le  pays  et  reconnaît  l'Ubangi  jusqu'à  son  origine, 
c'est-à-dire  jusqu'au  point  de  jonction  du  Kengo-Bomu 
et  du  Makua-Uele;  il  explore  le  cours  inférieur  d'un  troi- 
sième affluent  de  la  rive  droite:  le  Koto,  longe  les  districts 
de  Joko  Timbi,  de  Bida,  d'Aboualé  et  atteint  le  pays  des 
Sakaras.  La  baisse  des  eaux,  la  méfiance  des  populations 
Yakoma  le  décident  à  ajourner  l'occupation  en  amont 
de   Banzyville. 

Le  Marinel  l'ejoint  l'expédition  à  la  fin  de  1889.  A 
Banzyville,  Van  Gèle  prépare  la  reprise  des  explorations 
pour    la    crue    p»rochaine.    En    attendant.    Le    Marinel    est 


—  201    - 

('li;irL;(''   (ruiie   i'(M-()mi;iiss;iii(  (^   pni'   IciMC   nu   sud    (l(i    l>;in/y- 
ville,    (jui  (lui'('   un(»  ()uiii/;iin('  de  jours. 

Le  9  in;ii  ISOO,  Lo  Marinel  ((uitto  Bîmzyvillc.  avec  Van 
Gèlo  (H.  1)0  Uecliloi'  |)()ur  pônôtrcr  dans  lo  Kolo,  jus- 
<|u'à  la  r(\sid(MU'('  du  clior  sakara  (iauda  ;  \o  21)  mai,  los 
V()ya<^(>ui's  renionlonl,  l'Uban^l,  l'oiident  au  coniluont  du 
Houïu  et  de  l'Uelo,  une  staiion  à  Yakoma,  dont  le  liculo- 
nant  De  Recliter  pnMid  1(^.  commandomont,  placcuL  sous 
la  souvcrainoi(''  de  l'Klal  les  territoires  de  Bangasso,  sultan 
des  Sakaras,  et  avancent  dans  l'Uele  jusqu'à  la  cliute  de 
Mek\van<^x)u,  par  23"  04' 27"  lon<4itude  Est  de  Greenwicli. 

Après  s'être  ravitaillé  au  camp  de  Yakoma,  Van  Gôle  se 
met  en  route  dans  le  but  d'explorer  le  cours  de  la  rivière 
Bomu.  L'expédition  est  d'abord  arrêtée  par  la  chute  de 
Goui  et  rentre  à  Yakoma. 

Reprenant  ensuite  les  opérations,  les  explorateurs,  voya- 
geant par  terre  ou  en  pirogues,  reconnaissent  dans  le 
Bomu,  toute  une  suite  de  chutes  et  de  rapides  (chutes  Hans- 
sens)  et  arrivent  à  l'embouchure  du  Bali.  Après  une  visite 
à  Bangasso,  sultan  des  Sakaras,  sur  la  rive  droite  du 
Bomu  (4°  49'  latitude  et  23°  8'  longitude),  l'expédition 
rentre  à  Banzyville.  Van  Gèle  et  ses  adjoints  ont  définiti- 
vement arrêté  les  origines  de  l'Ubangi,  découvert  ses 
principaux  affluents,  fait  reconnaître  la  souveraineté  de 
l'Etat  sur  toute  la  région  Bomu-Uele. 

Le  3  décembre  1890.  Van  Gèle  opère  sa  jonction  avec 
l'expédition  de  l'Aruwimi,  à  Djabir,  et  le  lendemain  même 
de  son  arrivée,  inflige  une  défaite  sanglante  à  une  bande 
pillarde  arabe,  qui  des  Falls,  s'avançait  vers  la  Loïka. 

Van  Gèle,  après  ce  brillant  fait  d'armes,  descend  tout 
l'Uele,  jusqu'à  son  poste  de  Yakoma. 

L'année  1891  est  consacrée  à  organiser  l'occupation  du 
territoire  de  l'Ubangi.  Vers  la  fin  de  l'année,  Van  Gèle, 
rentrant  en  Europe,  est  remplacé  dans  le  commandement 
du   territoire   par  Le  Marinel.   Cette   période  est  marquée 


—  20: 


par  des  opérations  de  détail,  do  nombreux  voyages  et 
notamment  par  l'exploration  du  Koto. 

En  1892,  le  personnel  s'étant  trouvé  renforcé,  il  est  permis 
d'étendre  l'occupation  dans  le  pays  des  Sakaras.  Le  lieute- 
nant Mathieu  est  installé  comme  résident  chez  Bangasso. 

Le  Marinel  remonte  le  Bonm  jusqu'au  Shinko,  à  la 
résidence  du  sultan  Rafaï,  explore  le  Bali  et  l'onde  le 
poste  de  Bokuma. 

C'est  à  G.  Le  Marinel  que  la  science  géographique  doit 
la  carte  définitive  de  la  n^gion  du  haut  Ubangi,  dressée 
d'après  une  série  de  points,  dont  il  a  déterminé  les  coordonnés 
géographiques. 

G.  Le  Marinel  revient  en  Belgique  le  17  novembre  1892, 
mais  repart  le  6  septembre  de  l'année  suivante,  investi 
des  hautes   fonctions  d'inspecteur  d'Etat. 

Il  est  chargé  de  reprendre  le  commandement  de  l'ex- 
pédition Ubangi-Bomu,  au  moment  où  les  relations  entre 
la  France  et  l'Etat  sont  des  plus  tendues. 

En  février  1894,  l'expédition  Nilis-de  la  Kéthulle  quitte 
la  résidence  du  chef  azandé  Rafaï,  se  dirige  par  la  vallée 
du  Shinko,  affluent  du  Bomu,  en  passant  par  Sango, 
atteint  Bandasi,  franchit  la  hgne  de  faîte  du  Nil  et  fait 
flotter  le  drapeau  de  l'Etat  à  Katuacka,  sur  l'Adda,  affluent 
du  Bahr-el-Gazal,  où  un  fort  est  créé  et  placé  sous  le 
commandement  du  lieutenant  Gérard. 

Pendant  ce  temps,  l'inspecteur  d'Etat  G.  Le  Marinel 
envoie  de  nombreux  officiers  occuper  les  postes  fondés  par 
l'expédition.  Le  capitaine  Hecq  et  le  lieutenant  Jacquemin, 
commandent  le  poste  de  Rafaï;  les  lieutenants  Libois  et 
de  Schrynmakers  occupent  celui  de  Sango. 

A  la  même  époque  s'organise  la  mission  Hanolet,  qui 
remonte  vers  le  Nord  et  établit  des  relations  avec  des 
traitants  d'origine  tripolitaine,   arrivés  par  le  Wadaï. 

G.  Le  Marinel  est  retenu,  à  ce  moment,  sur  l'Ubangi 
et  le    bas  Bomu  par  les    difficultés    qui    se    sont   élevées 


2'X) 


(Milre   In   l''i';iiH'('   cl   ri^hil   :m    siijcl,  de    l;i    'U'Hiiiilnlioii   dos 
ri'()iili("M'(»s. 

I/acconI    iiil(M'V(Miu  (mi    Kui'()1)(\   ou  1801,    (înli'(î  l(»s  doux 
^•ouvenioiiUMits,  incM   lin  aux  conU^sInlions  cl  (1.  \a)  Marincl     / 
rentre  en   l^el^iquc,   le  'M)  mars  1895. 

\a'  20  mars  1890,  (Um)1'<^os  ol  Paul  Le  Marine!  son I,  reçus 
en  séance  solennollo,  honorée  de  la  présence  du  Prince 
All)ert  de  Belgique,  par  la  Société  d'Etudes  coloniales  de 
Bruxelles. 

(i.  L(^  iMarinel  osl  acUiellenient  cai)itaine-comniandant 
du  i^énie,  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Etoile 
africaine,  officier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de 
l'Etoile  de  service  à  trois  raies  et  de  la  Croix  militaire  de 
première  classe. 


PUBLICATIONS 


La  région  du  haut  Ubangï.  (Bulletin  de  la  Société  royale  belge  de 
géographie,  1893,  n"  1,  pp.  5-42). 

Les  rapides  de  VUbangi.  (Bulletin  officiel  de  TEtat  du  Congo,  1894, 
pp.  167-171).  (Mouvement  géographique,  1894,  p.  2  avec  une  carte). 

Exploration  du  Kotto.  (Mouvement  géographique,  1891,  p.  144). 

Tableau  des  observations  astronomiques  faites  sur  le  haut  Ubangi. 
(Mouvement  géogra})hi(|ue,  1891,  p.  23). 

Le  Congo  français  au  nord  du  coude  de  VUbangi.  Observations.  (Mou- 
vement géographique,   1895,  p.  302). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 


Congo  illustré,  1892,  p.  168. 
Mouvement  géographique^  8  mars,  1891. 


MAHIEU,    ADOLPHE,    ALFRED, 

né  à  Jemappes  le  10  mors  1S53. 

Garde  de  première  classe  du  i>énie,  il  part  pour  le 
Congo  le  0  juillet  1804,  avec  le  grade  de  capitaine  de  la 
Force  Publique. 

Il  fait  un  séjour  de  trois  ans  à  la  batterie  de  Shin- 
kakasa  et  contribue  à  la  construction  de  cet  ouvrage,  un 
des  plus  beaux  travaux  exécutés  en  Afrique,  à  l'aide  de  la 
main  d'œuvre  indigène.  Commande  une  ])atterie  au  dit  fort. 

Le  28  janvier  189G,  il  est  cbargé  d'une  mission  au 
Mayumbe  et  le  1""  novembre  suivant  est  nommé  capitaine- 
commandant  de   deuxième  classe. 

Il  rentre  en  Europe  le  28  juillet  1897  et  reçoit  l'Etoile 
de  service  le  1^  août. 

Il  contracte  bientôt  un  nouvel  engagement  et  part  le 
6   mars  1898,  investi   d'une  mission   technique. 

La  ligne  télégraphique  du  Congo,  ayant  atteint  Léopold- 
ville,  le  long  du  chemin  de  fer,  le  gouvernement  de  l'Etat, 


MAHIEU,  ADOLPHE. 


Cliché  (lu  journal  Le  Congo. 


—  205  — 

(lésii'cnix  (le  l;i  i)r()l{)ii^'(M'  ins(nr;i  riv|u;il(Uii',  connc  ;i   M;ilii('U 
r(*\('H'nli()ii    «lo  c{)   travail. 

La  liiiiio  U'Ié^Taphifiuc,  (rcnviron  liuil  ccmiLs  kil()iii(',lr(*,s, 
entre  Léopoldvilh^  ot  Cofjuillialville  est  installée  en  un  an 
et  (l(Mni,  d'avril  1<S<)8  à  (h'conibi'e  1899.  La  pose  d'une 
li<>-ne  tél('<^'raplu(pie  au  (kuii^o  présente  de  sérieuses  dilli- 
cultés:  il  faut  lui  rra3^(M'  un  eliemin  à  coups  de  llacll(^s  ou 
de  machettes,  à  travers  la  forêt  et  la  l)rousse,  et  tracer 
une  voie  assez  large  i)()ur  le  passage  des  ouvriers  avec 
leur  matériel. 

Parfois  aussi,  il  faut  travailler  en  terrain  marécageux 
ou  faire  de  long-s  détours  pour  éviter  les  endroits  impra- 
ticables. Mallieu  répartit  son  personnel  en  brigades,  tra- 
vaillant isolément  et  devant  se  rattacher  les  unes  aux 
autres;  il  importe  de  surveiller  et  de  diriger  ces  équipes 
et  de  leur  faire  parvenir  en  temps  voulu  et  aux  endroits 
convenables  les  ravitaillements  en  vivres,  matériel  et  outil- 
lage dont  elles  ont  besoin.  Il  y  a  en  outre  à  franchir 
de  noml)reuses  rivières  et  notamment  le  Kasaï,  qui,  au 
point  de  traversée  de  la  ligne,  a  plus  de  mille  mètres  de 
largeur.  Toutes  ces  difficultés  ont  (Ué  heureusement  vain- 
cues et  aujourd'hui  on  communi(jue  le  plus  aisément  avec 
des  postes  distants  de  plus  de  cinq  cents  kilomètres. 

Mahieu  rentre  en  Belgique  le  24  avril   1900. 

Promu  au  grade  de  commissaire  général,  le  9  janvier 
1901,  il  se  rend  une  troisième  fois  au  Congo,  le  16  jan- 
vier suivant,  pour  prendre  des  mains  de  l'inspecteur  d'Etat 
Costermans,  la  direction  du  district  du  Stanley-Pool. 

Il  revient  en  Europe  le  11  mars  1903  et  se  rembarque 
une  quatrième  fois  le  7  janvier  190 1,  avec  le  grade  d'inspec- 
teur d'Etat  pour  rei)rendre  de  ses  anciennes  fonctions. 

Mahieu  entreprend,  sur  l'ordre  du  gouvernement,  de 
grands  travaux  à  Léopoldville  et  développe  considérable- 
ment cette  ville,   afin  de  la  mettre  en  état  de   remplir  le 


—  29G   — 

rôle  que  lui  crée  sa  situation,  au  terminus  de  la  voie 
ferrée  (^t  à  l'orig'ine  de  la  voie  fluviale,  qui  dessert  tout 
le  Haut-Congo. 

Il  établit  une  voie  de  communication,  large  avenue 
l)ordée  de  cocotiers,  pour  relier  le  port  au  plateau  (jui 
domine  la  ville,  en  traversant  celle-ci  dans  toute  sa  lon- 
gueur; construit  de  nombreux  établissements  administra- 
tifs ainsi  qu'une  boucherie,   une  ferme,  etc. 

Les  marais  du  bas  de  la  ville  sont  remblayés  sur  une 
surface  de  six  hectares  environ,  au  moyen  de  terres  prises 
dans  le  mont  Léopold,  auquel  la  ville  est  adossée.  Il  en 
résulte  une  grande  amélioration  dans  la  situation  sanitaire 
de  la  localité,  et  les  terre-pleins  obtenus  ont  permis  d'établir 
une  gare  pour  l'embarquement  du  matériel  destiné  au 
chemin  de  fer  des  Grands  Lacs,  ainsi  que  pour  le  débar- 
quement des  produits  venant  du  Haut-Congo. 

En  1902  est  jeté  un  pier  en  maçonnerie,  de  cinquante 
mètres  de  longueur  et  huit  mètres  de  largeur,  qui  permet 
le  chargement  des  bateaux  à  toutes  ks  hauteurs  de  la 
marée. 

Les  années  suivantes  on  a  creusé  à  la  rive  du  fleuve 
une  excavation  de  cent  mètres  de  longueur  sur  soixante- 
dix  mètres  de  largeur,  dans  laquelle  on  a  établi  dcnix 
slips  en  fer  sur  fondations  (m  béton  armé,  slips  sur  les- 
quels on  hâle  les  bateaux  pour  les  mettre  à  sec.  Deux 
bassins  emmuraillés  de  cinquante  mètres  de  longueur  sur 
vingt-cinq  de  largeur  ont  été  construits  aux  deux  côtés 
du  pier,   etc.,  etc. 

Le  17  juin  1905,  après  avoir  confié  la  direction  des  affaires 
du  district  du  Stanley-Pool  au  directeur  général  Deuster, 
Mahieu  quitte  Léopoldville  pour  entreprendre  une  tournée 
d'inspection  dans  le  Haut-Congo. 

Rentré  en  Belgique  le  21  janvier  190G,  il  repart  le  24  jan- 
vier 1907,  chargé,   par  décret  du  3  juin  190G,   de   veiller 


—  297  — 

à  l'exécution  dos  dispositions  locales  concernant  les 
indi«;onos  dans  les  districts  du  Stanley-l*()ol,  du  Lualaha- 
Kasaï  (M  du  lac  Léopold  II. 
Adjoint  prin('ii)al  de  dcuxièmo  classe  du  ^'énif^ 
(Chevalier  de  rOrdi'o  de  Léopold,  de  l'Kloile  africaine  et 
de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à 
(juatre  raies  et  de  la  décoration  civique  de  troisième  classe. 


PUBLICATION 


Le  télégraphe  et  le  téléplione  dans  l'Etat  Indépendant  du  Congo.  Bruxelles. 
1901. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 


Belgique  militaire,  1900,  n»  1511;  1906,  n"  1795. 
Jenssen  Tusch.  Skandinaver  i  Congo,  p.  315. 


MILZ,    JULES,    ALEXANDRE, 

né  à  Virton  le   10  septembre   18G1;   décédé  à  Bruxelles  le 
i'"  octobre  1902. 

Entre  au  service  en  qualité  de  soldat  volontaire  au  2^  régi- 
ment de  chasseurs  à  cheval,  le  20  août  1880  et  est  nommé 
sous-lieutenant  au  4^  lanciers  le  29  juin  1885. 

Part  pour  le  Congo  le  17  juin  1888.  Dès  son  arrivée  à 
Borna,  il  est  désigné  pour  le  Haut-Congo  et  attaché  à  l'avant- 
garde  du  camp  de  Basoko.  En  cette  qualité,  il  est  chargé 
du  commandement  des  postes  de  Bomaneh,  Baondeh  et 
Bassouah,  créés  pour  arrêter  les  Arabes  établis  à  Yambinga, 
ceux-ci  s'étant  mis  à  dévaster  les  territoires  de  la  rive 
gauche  de  l'Aruwimi.  Milz  détruit  tous  les  postes  ennemis 
sur  cette  rive. 

En  1890,  il  accompagne  le  commandant  Boget,  commis- 
saire du  district  de  l'Aruwimi-Uele,  dans  son  expédition 
du  Bubi  pour  châtier  les  Arabes  qui  se  sont  avancés  sur 
rUele,  contournant  le  camp  de  Basoko.  Les  étapes  de 
cette  marche  sont:  Upoto,  Yambuya,  Ibembo,  où  Duvi- 
vier,  envoj^é  en  avant-garde,  a  fondé  un  poste  de  ravitail- 
lement, Ekwangatana,  Mpozeto  et  Enguetra. 

Boget  traite  avec  le  sultan  Bafaï  et  fonde  une  station 
de  l'Etat  sur  \i\  rive  gauche   de  l'Uele,  en   face  de  Djabir 


MILZ,  JULES. 


—  20<J  — 

(ir>  IV'vrior).  Milz  (mi  osl  iioDiinn  coiiiiiiîindiinL  S('S  adjoints 
sont:  les  sous-lieulenanls  Dc^jaidVi  ol  Malmlhi  (;L  1(^  ser^'ont 
De  liauw. 

Solidonioni  éial)li  en  ce  point  et  av(T.  le  concours 
du  sultan,  MHz  s'elïbrce  de  re(M)nnaître  les  districts  voi- 
sins tle  sa  résidence  et  particulièrement,  ceux  occupés 
sur  les  rives  du  lîomu  par  les  puissants  chefs  azandés 
Ral'aï  et  Semio.  Il  envoie  à  ce  dernier,  ambassades  et 
cadeaux,  si  bien  que  lorscjue  le  commandant  Van  Kerck- 
lioven  arrivera  à  Djabir  en  1891,  il  suffira  d'un  vo^yage  de 
Milz  à  la  résidence  de  Semio  pour  g-agner,  non  seulement 
ce  chef  à  la  cause  de  l'Etat,  mais  même  son  concours  actif 
et  sa  participation  militaire  à  l'expédition. 

Milz  tonde  les  postes  d'Ibembo  et  Enguetra  et  détruit  le 
camp  arabe,   que  Muambe  avait  établi  chez  les    Ababuas. 

Il  repousse  ensuite  l'Arabe  Kapanga  Panga  qui,  accom- 
pagné d'une  force  armée  considérable,  se  proposait  d'attein- 
dre à  nouveau  l'Uele.  Il  poursuit  aussi  les  Arabes  avec 
Van  Gèle  et  les  bat  sur  la  Bima  et  plus  tard  dans  la 
direction  du  Rubi. 

Le  15  novembre  1891,  Milz  est  informé,  par  un  rapport 
du  chef  de  poste  de  la  Likati,  qu'une  bande  de  Matumbas- 
Tambas,  forte  de  cent  fusils  et  traînant  à  sa  suite  mille  à 
douze  cents  indigènes  armés  de  lances,  a  fait  son  appa- 
rition au  village  de  M'Pocho,  situé  sur  la  route  du  Rubi 
à  Djabir-Beudja.  Par  leurs  menaces,  ces  brigands  ont  fait 
lever  le  poste    de  M'Pocho  qui  s'est  réfugié  à  Enguetra. 

A  cette  nouvelle,  Milz,  obéissant  aux  ordres  du  com- 
missaire de  district,  se  porte  à  la  rencontre  des  Matumbas. 
Etablis  sur  la  rive  sud  de  la  Likati,  les  Arabes  se  dispo- 
saient à  attaquer  le  poste  de  Djabir  par  le  Sud,  tandis  que 
Mirambo  le  contournerait  parle  Nord.  Apprenant  l'arrivée 
de  Milz,  les  Arabes  battent  précipitamment  en  retraite  sur 
le  village  de  M'Pocho;  ils  y  rencontrent  le  sous-lieutenant 


—  300  — 

Dejaiffe  qui  leur  tue  deux  hommes  et  les  force  à  se  retirer. 

Le  2  décembre,  le  chef  de  poste  de  Nanga,  avertit  Milz 
par  un  rapport,  que  le  Nyampara  Mirambo  s'avance  vers 
le  Nord,  pour  l'aire  la  guerre  à  Banangué,  chef  allié,  à 
qui  le  lieutenant  belge  avait  récemment  confié  un  drapeau. 

Une  patrouille,  forte  de  trente  hommes,  est  aussitôt  lancée 
contre  les  Arabes.  Un  engagement  a  lieu  sur  le  Rubi,  à 
trente  minutes  de  Banangué.  Les  Arabes  prennent  la  fuite, 
abandonnant  sur  le  terrain  un  drapeau,  trois  fusils  et 
trois  à  quatre  cents  lances. 

Milz  voulant  assurer  la  tranquillitr»  de  la  contrée  et  la 
sûreté  de  la  route  dos  caravanes,  poursuit  ses  ennemis, 
malgré  leur  défaite. 

Après  trente-cinq  heures  de  marche,  à  travers  un  pays 
dévasté  et  très  difficile,  il  parvient  à  atteindre  le  camp  de 
Mirambo.  Ce  camp  occupe  une  aire  d'au  moins  dix  hectares; 
les  maisons,  semblables  à  toutes  celles  des  Arabes,  ont  huit 
à  douze  mètres  de  long  sur  quatre  de  large  ;  elles  sont 
au  nombre  de  quatre-vingts  environ. 

Le  camp  est  abandonné.  Mirambo  a  fui  la  veille  de 
l'arrivée  des  troupes  de  l'Etat. 

Avant  son  départ,  il  a  tué  vingt  à  trente  indigènes,  qui 
lui  ont  refusé  des  porteurs  pour  le  transport  de  son  ivoire. 
Les  cadavres  infestent  la  contrée. 

Les  habitants  de  Bedembo,  Bopati  et  Engangoro  ne  tardent 
pas  à  entrer  en  relations  avec  l'officier  belge,  qui  apprend 
par  ces  nouveaux  alliés,  que  les  Arabes  ont  déjà  dépassé 
le  Rubi.  Ils  ont  une  trop  grande  avance  pour  qu'on  puisse 
songer  encore  à  les  poursuivre. 

Milz  est  accueihi  comme  un  libérateur  par  les  indigènes, 
qui  sous  l'empire  de  la  terreur,  se  sont  soumis  aux  Matumbas. 

Sur  ces  entrefaites,  l'inspecteur  d'Etat  Van  Kerckhoven 
venant  des  Falls,  débarque  à  Djabir.  Afin  de  contracter  des 
alliances  avec   les    plus   puissants   chefs    de  la   région,    il 


301 


(Mivoic   Mil/    cIh'/    Sciiiio,     de    l;i     Kéllmlh'    cIkî/    Riihiï   cL 
lù)ul()n    ('lie/  S;issa. 

Lo  11  (léœiuhnî  1S*J1,  roxi)é(lili()ii  V;in  Kercklioven, 
l'iMil'oiH'éo  d\\n  chol*  nè^T(^  el  de  six  C(3nls  ^iiei'riers  d(i 
Sciiiio  nmcnés  par  Mil/,  ([uilte  lioniokandi,  où  elle  s'olnil 
concenli'cM^  dc^puis  une   ({iiin/aine   de  jours  ('). 

Mil/  esL  a  Haché  à  l'cxpcMlition  el  cliar^('  do  ^uldei* 
ravaiil-<^-arde.  Il  i'enii)lil,  dans  ces  nouvelles  fonctions,  le 
rôle   le   i)lus  aclif. 

On  sait  ([u'au  cours  de  celle  marche  de  nond)reux  postes 
fureid  créés:  notamment  à  Amadis,  Suruang-o,  Mue  Mun/a, 
à  Niangara,  à  M'Bitlima  et  à  Lehmin,  où  le  chef  de  l'expédi- 
tion perdit  accidentellement  la  vie,  le  10  avril  1892. 

Milz  est  forcé  de  recueillir  la  lourde  succession  de 
l'infortuné  commandant  Van  Kerckhoven  et  de  conduire 
l'expédition  vers  Lado.  Il  atteint  le  Hât-el-Estiva  et  la 
rivière  Wadelaï  et,  après  cin([  jours  de  marche  (pii  le 
mènent  au  Kihhi,  ohligé  de  repousser  des  atta({ues  conti- 
iRielles,    il   s'installe   dans  un  vieux  camp  égyptien.    «   La 

V  situation  des  Egyptiens  était  des  plus  précaires.  La  pé- 
«  uurie  de  numitions  rendait  leurs  fusils  à  peu  près  inutiles; 
»  les  indigènes  hahitant  les  districts  environnants,  qui 
»  avaient  à  se  venger  des  nombreuses  vexations  commises 

(1)  Queliiues  jours  auparavant,  dans  un  bantjuet  otfert  par  l'inspecteur 
d'Etat  au  sultan  Semio,  le  chef  de  Texpédition,  s'adressait  au  lieutenant 
Milz  en  ces  termes: 

«  Je  bois  au  lieutenant  Milz,  qui  déjà  sur  la  route  vers  l'Europe,  a})r('s 
n  un  terme  de  service  bien  rempli,  a  bien  voulu,  à  ma  demande,  revenir 
r  sur  ses  pas  pour  aller  décider  le  sultan   Semio  à   se  joindre  à  l'expédi- 

V  tion  et  (|ui,  après  avoir  si  bien  réussi  dans  ses  délicates  négociations, 
«et  —  (juoique  aspirant  à  aller  dès  lors  d;ins  sa  patrie  jouir  d'un  repos 
»  justement  mérité,  —  n'a  pas  hésité  à  se  tenir  encore  à  la  disposition 
r  de  l'Etat  pour  continuer  à  aplanir  les  difficultés  inévitables  que  nous 
»  aurons  à  vaincre,  mission,  à  laquelle  le  rend  apte  sa  connaissance  du 
r>  pays  et  de  la  langue  arabe.  (Congo  illustré,  1894,  p.  129). 


—  302  — 

»  par  les  Egyptiens  au  courant  de  leur  situation  deses- 
»  péree,  s'étaient  révoltés  contre  eux  et  refusaient  de  payer 
»  les  impôts  en  nature  qui  jusqu'alors  avaient  permis  à 
»  la  garnison  de  Wadelaï  de  subsister.  «  (Milz.  Dans  le 
Haut   Uele,   p.  94). 

La  route  leur  était  barrée  au  Sud  par  le  roi  de  l'Unioro 
et  les  Matambas-Tambas  les  quittaient  dans  la  grande 
forêt.  D'anciens  fonctionnaires  égyptiens  de  Wadelaï  pro- 
proposent à  Milz  de  passer  au  service  de  l'Etat. 

Pour  s'assurer  de  la  situation,  Milz  se  rend  au  Nil  à 
deux  lieues  en  amont  de  Boru  (septembre  1892),  et  constate 
l'état  précaire  des  anciens  compagnons  d'Emin  Paclia,  qui 
ont  dû  fuir  Wadelaï  par  suite  d'une  épidémie.  Ils  ont 
battu  les  Mahdistes  à  l'aide  des  populations  makrakras. 
La   province  d'Equatoria  est  retombée    dans  la    barbarie. 

Rentré  au  camp  de  Kibbi,  Milz  se  dirige  vers  le  Nord, 
arrive  après  cinq  jours  de  marche  au  Kohr,  établit  le 
camp  de  Ganda  et  installe  les  Egyptiens  à  Korobe. 

Aidé  de  Semio,  il  se  propose  d'ouvrir  la  route  entre 
Ganda  et  Uando,  sur  le  Yeï,  et  livre  divers  combats,  avant 
de  gagner  N'Dirifi,  où  il  laisse  le  sultan.  Il  continue  sa  route 
vers  Uando,  par  la  vallée  du  Dungu,  où  il  crée  un  poste 
chez  les  Loco,  pour  arriver  enfin  à  destination  le  18  décembre 
1892,   après  sept  mois  d'absence. 

Le  lieutenant  Milz  rentre  en  Europe  le  25  novembre  1893 
et  reprend  son  service  au  l''  régiment  de  lanciers,  en  quahté 
de  lieutenant;  en  1896,  il  est  attaché  à  l'Ecole  militaire, 
comme  maître  d'équitation  adjoint  jusqu'en  décembre  1899, 
époque  à  laquelle  il  passe  au  1'"  guides  avec  le  grade  de 
capitaine  en  second. 

En  1900,  Milz  est  chargé  d'une  mission  au  lac  Kivu  et 
fait  partie  de  l'expédition  Congo-allemande,  qui  visite  la 
vallée  de  la  Rusisi  et  le  Kivu.  Il  part  d'Anvers  le  4  juil- 
let 1900,  contourne  l'Afrique  australe  et  débarque  à  Ghindé, 
d'où  il  atteint  Uvira  le  10  novembre. 


—  ;u)3  — 

Il  r(MH'()n(r(^  à  î'vir:i  les  expéditions  Silly(;-Sinbr  cl 
Kl()\-\'an  (1er  \Vef^*en  ([ui  se  rendent  au  Kivii.  Milz  s'em- 
barque   à    (^liindé   j)()ur   renirer  en   Europe. 

Mil/  meurt  à    IJruxelles,  le  l"*  octobre    1902. 

Il  était  capitaine  en  second  au  1'"  régiment  de  '^'•uides, 
cbevalier  de  l'Ordre  (1(î  Léoi)old  et  ofïicicr  de  l'Ordre  royal 
du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies,  offi- 
cier de  l'Ordre  du  Lion  et  du  Soleil  de  Perse  et  décoré 
de  l'Ordre  de  la  Couronne  de  Prusse. 

Le  nom  de  pic  Milz  a  été  donné  au  mont  Mongwa,  situé 
au  sud  de  la  place  de  Yeï,  dans  l'enclave  de  Lado.  La 
colonne  Clialtin,  en  marche  vers  le  Nil,  y  campe  le  30 
janvier  1897. 

En  reconnaissance  des  services  signalés  de  Milz,  le  gou- 
vernement de  l'Etat  décida  de  donner  le  nom  de  «  Milz  » 
à  un  vapeur  naviguant  sur  le  Rubi  entre  Gô  et  Buta. 


PUBLICATION: 

—  Bans  le  Haut  Uele.  Conférence  faite  au  Cercle  africain  de  Bruxelles. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Belgique  coloniale,    1895  et  189G  ;  id.  1902,  p.  47. 

—  Chapaux.  Congo  historique,  pp.  172,  241,  291,  361,  448. 

—  Mouvement  géographique»  1893,  p.  110. 

—  Mouvement  aiitiesclavagiste,  1890-91,  p.  279. 


PATERNOSTER,  louis,  auguste, 

né  à   Gheluwe  le   12  janvier  1854. 

Lieutenant-colonel  au  3^  régiment  de  ligne,  en  garnison 
à  Ostende,  part  pour  le  Congo  le  18  avril  1907,  en  qua- 
lité d'inspecteur  d'Etat,  commandant  de  la  Force  Publi(|ue, 
pour  remplacer  Gomins,   rentrant  en  Europe. 

Patornoster  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré 
de  la  Croix  militaire  de  première  classe  et  de  l'Ordre  du 
Lion  et  du  Soleil  de  Perse,  quatrième  classe,  officier  de 
l'Ordre  du  Takovo  de  Serbie,  commandant  de  l'Ordre 
impérial   du    Double   Dragon  de  Chine. 


PATERNOSTER,  LOUIS. 


Cliclu'.'  (lu  journal  Li:  Congo. 


VAN  KERCKHOVEN,  GUILLAUME. 


Clichô  (le  la  Belgique  coloniale. 


VAN    KERCKHOVEN,    Guillaume,  François, 

né  à  Malines  le  28  janvier  1853; 

décédé    près    du  Zoro    supérieur,    à    Djebel  Watti,   le   10 

août  1892. 

A  l'âge  de  14  ans  Van  Kerckhoven  s'engage  dans  les  troupes 
pontificales  et  prend  part  à  la  campagne  de  Rome.  Revenu 
en  Belgique,  il  entre  au  service  de  l'armée. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  1'"  régiment  de  ligne, 
il  est  nommé  chef  d'une  expédition  envo^^ée  au  Congo  par 
l'A.  I.  A.,  et  s'embarque  à  Liverpool,  le  7  mars  1883,  avec 
le  sous-lieutenant  Liebrechts.  Il  remonte  le  fleuve  avec  Nilis. 

Van  Kerckhoven  remplit  d'abord  les  fonctions  de  chef 
de  la  station  d'Issanghila,  puis  est  chargé  de  la  recon- 
naissance de  certaines  territoires,  entre  autres  de  ceux 
qui  s'étendent  entre  le  Niari  et  le  Stanley-Pool. 

Il  fait  un  voyage  à  la  Côte  d'or  pour  enrôler  des  Krooy- 
boys  et  prend  le  commandement  de  l'importante  station 
de  Bangala,  au  départ  de  Goquilhat  (août  1885). 


«  Vers   la   fin   d'août    1885,    la   station    se   trouve  menacée   par 


—  306  — 

»  une  grande  partie  de  la  population  d'Il)oko.  Les  mesures  prc- 
»  ventives  de  sûreté  prises  par  le  eliet  du  poste  annènent  la 
»  dispersion  de  la  flotille  réunie  en  amont  de  la  station  et  aucune 
»   attaque   n'a   lieu. 

»  Cependant  la  situation  ne  s'améliore  pas,  au  contraire:  par  suite 
»  de  la  nouvelle  de  la  défaite  subie  par  Deane,  à  Monongcri, 
»  nouvelle  répandue  avec  la  rapidité  de  l'éclair,  toute  retenue 
»  du  côté  des  iridigènes  disparaît.  D'après  leurs  sorciers,  les  blancs 
»  sont  abandonnés  par  les  esprits  (Ibanza)  :  ils  sont  devenus  vul- 
»  nérables  ;  les  fusils  ne  font  plus  aucun  mal,  les  lances  porte- 
»  ront  plus  loin,  plus  juste  et  fourniront  aux  guerriers  une  chair 
»  excellente.  Les  conséquences  de  cette  situation  d'esprit  des  popula- 
»  tions  ne  tardent  pas  à  se  faire  sentir:  le  prix  des  vivres  aug- 
»  mente;  les  étrangers  ne  viennent  plus  à  la  station,  les  indigènes 
»  montrent  de  l'insolence.  Des  menaces  d'attaque  parviennent  d'en 
»  amont  et  les  habitants  de  N'Goumba,  rêvant  toujours  la  revanche, 
»  guettent  au  bois  pour  assassiner  les  hommes  du  poste;  enfin, 
»  une  flotille  nouvelle  se  forme  à  une  journée  de  la  station. 
»  deux  hommes  de  Van  Kerckhoven  s'étant  rendus  à  Impanza,  sont 
»  dépouillés  et  réclamés  par  les  gens  de  N'Goumba  pour  être 
»   décapités    et   mangés. 

»  Van  Kerckhoven  saisit  ce  prétexte  pour  déclarer  la  guerre. 
»  Attaqués  par  eau,  par  terre,  à  leurs  pêcheries,  le  jour,  la  nuit 
»  les  hommes  de  N'Goumba  viennent  peu  de  temps  après  lui  demander 
>■>  la  paix.  Les  pertes  du  côté  des  indigènes  sont  de  cinq  morts, 
»  cinq  prisonniers,  sept  pirogues.  Commencée  le  27  septembre, la  guerre 
»  est   finie  le  1""   octobre. 

»  Van  Kerckhoven  profite  de  l'heureuse  impression  produite  par 
»   sa  victoire  pour  agrandir  considérablement  la  station  »  ('). 

Poursuivant  l'exemple  de  Goquilhat,  Van  Kerckhoven 
réussit  à  recruter  des  soldats  et  des  travailleurs  parmi  les 
indig-ènes.  Dès  le  mois  de  janvier  1880,  il  avait  pu  remettre 

(l)  Coc^uiLHAT.  Sur  le  Haut  Congo»  Appendice, 


—  307  — 

M    Doniio,  (\\\\    se  l'ciKhiil    ;iiix    F;ills,    (|n;ir;iiil('-ciiKj   joiinos 
]{;iii;4';il;is,  \r  slojunoi'  ne  pouvnil  rw   coiilciiir   davuntîi'j'O. 

Plus  (;ii(l,  il  (Mivoie  à  Lôopoldvilhi  un  coutin^cnl,  do 
recrui^s,  dont  dix  rurcnl(liri^é(*s  sur  I)()ni;i  cl  y  r(H;ureiit 
l(Mir  iiistruclioii  niilil;iii"(\  Co  furcMil,  les  preiniors  soldats 
hidi'^-ènes  d('  la   1^'.   V. 

^  (]os  iionnucs,  dit-il,  sont  forts,  coui'a'^eux,  liahituos 
•^  aux  travaux  de  torrassouHMit,  auxquels  ils  sont  fort  habiles: 
?'  on  pourra  trouver  sans  peine  parmi  eux  une  partie  dos  tra- 
«  vailleurs  nécessaires  i)our  la  construction  du  chemin 
«do  fer.  » 

Van  Kerckhoven  rentre  en  Belgique  le  8  juin  1886, 
après  avoir  achevé  l'org-anisation  politique  du  district  placé 
sous  son  commandement. 

Il  repart  une  seconde  fois  pour  le  Congo,  le  29  octobre 
1886,  et  reprend  le  commandement  de  Bangala. 

En  mars  1887,  il  se  rend  à  Upoto  et  parvient  à  libérer 
quelques  soldats  haoussas,  des  femmes  et  des  enfants  retenus 
par  les  indigènes  d'Upoto. 

Ces  captifs,  parmi  lesquels  se  trouvait  Kursuku,  le  tam- 
bour do  Massala  à  l'exposition  d'Anvers,  s'étaient  enfuis  de 
la  station  des  Falls,  lors  de  l'attaque  des  Arabes.  La 
plupart  des  fugitifs  succombèrent  par  suite  des  privations 
ou  dans  les  luttes  avec   les   populations  riveraines. 

En  mai  1887,  Van  Kerckhoven,  accompagné  de  Dhanis, 
explore  à  nouveau  la  contrée  d'Upoto.  Ils  suivent  la  rive 
gauche  du  fleuve,  passent  par  Irengi,  Ribunga,  et  arri- 
vent le  !'■  juin  à  Mambungo.  A  leur  arrivée  à  Upoto,  les 
indigènes  équipent  leurs  pirogues  de  guerre,  mais  Van 
Kerckhoven  ne  veut  pas  entamer  la  lutte,  espérant  obtenir 
plus  tard  leur  soumission. 

L'expédition  de  Stanle}^  allant  au  secours  d'Emin-Pacha, 
y  est,  en  effet,  accueillie  pacifiquement; 

En  juillet  1887,  Van  Kerckhoven  et  Dhanis  se  rendent 
encore  une  fois  à  Upoto,  pour  continuer  les  négociations. 


—  308  - 

Un  soldat  haoussas  et  deux  femmes  sont  libérés,  mais  la 
prise  comme  otage  du  chef  Ibongo  compromet  la  situa- 
tion. Celui-ci  s'échappe  vers  l'itimbiri  et  crée  plus  tard  de 
nouvelles  difficultés. 

Dans  l'intervalle,  Van  Kerckhoven  se  fait  remettre  quel- 
ques prisonniers  Bapoto  (gens  d'Upoto),  faits  par  les  Ban- 
galas.  Grâce  aux  bons  traitements,  prodigués  à  ces  captifs, 
les  relations  i)acifiques  sont  reprises  avec  les  indigènes 
d'Upoto.   La  paix  est  conclue   le  13  novembre  1887. 

Le  commandant  Roget,  aj^ant  reçu  l'ordre  de  fonder  un 
camp  retranché  à  Basoko,  pour  s'opposer  aux  incursions 
menaçantes  des  Arabes,  Van  Kerckhoven  est  chargé  d'or- 
ganiser à  Bangala  l'avant-garde  de  cette  expédition  (25  oc- 
tobre 1888).  Celle-ci  a  pour  mission  d'occuper  au  plus 
tôt  la  rive  droite  du  Congo,  de  Bangala  à  l'Aruwimi, 
d'échelonner  des  postes  le  long  du  fleuve  et  de  procéder  aux 
premières  installations  du  camp. 

Tandis  que  Dlianis,  commandant  l'avant-garde,  fonde  les 
postes  d'Upoto,  d'Umangi  et  de  Yambinga,  Van  Kerck- 
hoven conduit  l'expédition  à  Basoko. 

En  octobre  1888,  il  est  nommé  commissaire  de  district 
et  accompagne  le  gouverneur  général  Janssen  dans  son 
voyage  aux  Stanley- Falls  et  au  Lomami.  Il  signale  l'exis- 
tence, sur  la  rive  droite  du  Lomami,  d'un  lac  sis  non  loin 
du  confluent  Lomami-Congo. 

Le  3  février  1889,  Van  Kerckhoven  se  rend  avec  Bia, 
Jacques  et  Détaille  à  Yambinga  et  continue  avec  Dhanis 
vers  Basoko.  Le  8  février,  ils  retrouvent  à  Basoko  Salim 
ben  Mohammed,   lieutenant  de  Tippo-Tip. 

Van  Kerckhoven  revient  en  Belgique  le  3  mars  1890; 
mais  son  séjour  y  est  de  courte  durée.  Après  quelques  mois 
de  congé,  il  repart  une  troisième  fois  pour  le  Congo,  le 
30  octobre  1890,  en  qualité  d'inspecteur  d'Etat,  chargé 
d'occuper  la  région  du  nord-est  de  la  vallée  de  l'Uele, 
jusqu'aux  grands  lacs. 


—  .^01)  — 

S;i  mission  lui  prcsciMl  (riillciiidic  1(;  II;iiil,  L'clc.  p;ir  rilini- 
J)ii'i,  cl  croxploror  les  liinitos  de  IKlat  au  Nord-Ksi,  lout 
(.Ml   paciCiaul  la  contrée,  par  l'expulsion  des  bandes  arabes. 

Le  but  secret  de  l'expédition  (ist  d'atteindre  le  Bahr-el- 
Gazal. 

Les  adjoints  de  Van  Kerckhoven  sont:  le  commandant 
rontliier,  les  lieutenants  Blocteur,  Rousseau,  Jacquet,  Van 
Montfort,  les  sergents  Bucquoi,  Van  Caubergli(%  et  le  I)'  Van 
(]ampeidioiit.  Les  troupes,  fortes  de  trois  cents  liommes, 
recrutes  en  Egypte,  se  concentrent  à  Léopoldville.  Parmi 
les  cinq  milles  charges,  on  compte  plusieurs  embarca- 
tions démontables. 

L'expédition  prend  la  voie  de  terre.  Ponthier,  comman- 
dant l'avant-garde,  quitte  Léopoldville  le  24  octobre  1890, 
à  bord  du  steamer  Ville  de  Bruxelles.  Accompagné  de 
Blocteur,  de  Van  Montfort  et  de  Jacquet,  il  remonte  la 
vallée  du  Congo,  en  suivant  la  rive  gauche  du  fleuve,  en 
passant  par  Bolobo,  Bangala  et  arrive  à  Bumba,  station  de 
transit  commandée  par  le  lieutenant  Verbrugghe. 

Ponthier  se  porte  vers  Djabir,  en  traversant  des  con- 
trées jusqu'ici  inexplorées.  Devant  l'attitude  agressive  des 
populations,  il  est  forcé  de  renoncer  à  son  projet,  de 
rentrer  à  Bumba  et  de  prendre  la  route  ordinaire  par 
Ibembo  et  Enguetra.  Le  sergent  Bucquoi  et  cinquante 
et  un  soldats  sont  tués  au  cours  de  cette  marche  auda- 
cieuse, dans  la  forêt  d'Iamekela,  le  3  avril  1891. 

En  juin  1891,  Ponthier  se  trouve  à  Djabir,  il  a  perdu 
Jacquet  à  Nangoï,  Van  Montfort  à  Bima,  Blocteur  à 
Bangala.  Il  a  fondé  le  poste  de  Bima,  et  y  a  placé  Van 
Gauberghe.  Après  avoir  rallié  à  la  cause  de  l'Etat  les  popu- 
lations qui  avaient  émigré  au  sud  de  l'Uele-Makua,  il  se 
rend  à  Bomokandi  où,  aidé  par  le  capitaine  Daenen,  il 
déloge  un  fort  parti  arabe,  qui  tenait  de  lui  barrer  le 
chemin  (27  octobre  1891  ) 

Pendant  ce  temps,   Van    Kerckhoven    partait   lui-même 


310 


de  Léopoldville,  le  1  février  1891,  avec  les  steamers  Ville 
cV Anvers  et    Ville  de  Brîwelles  et  se   rendait    aux   Falls. 

Puis,  la  roule,  le  loiif^'  de  l'itimbiri,  ayant  été  assurée 
par  le  lieutenant  Fiévez,  il  arrive  le  26  mai  1891,  à  Ibembo, 
base  de  ses  opérations,  après  avoir  soutenu  plusieurs 
attaques  des  Abatos  et  leur  avoir  infli^^é  deux  sanglantes 
défaites. 

A  Djabir,  l'inspecteur  d'Etat  engage  des  pagayeurs  pour 
remonter  l'Uele  jusqu'à  Bomokandi  et  envoie  chez  Semio, 
sur  le  Bomu,  le  lieutenant  Milz  contracter  une  alliance 
avec  le  sultan. 

Le  21  novembre,  Van  Kerckhoven  arrive  à  Bomokandi 
et  y  est  reçu  par  le  commandant  Pontbier  et  le  lieute- 
nant Milz. 

Milz  présente  les  blancs  à  Semio,  le  puissant  chef  azandé, 
qu'il  est  parvenu  à  rallier  à  l'Etat  et  qui  amène  avec  lui 
plus  de  six  cents  hommes,  dont  cinq  cents  armés  de  fusils. 

Pour  prouver  sa  fidélité  à  ses  nouveaux  alliés,  Semio 
marche  contre  un  chef  azandé  Guima,  qui  lui  a  proposé 
de  se  détacher  de  la  cause  des  Européens  et  de  les  mas- 
sacrer. Semio  remporte  une  victoire  éclatante  et  est  reçu 
au  camp  avec  tout  le  déploiement  de  l'attirail  militaire 
réservé  aux  vainqueurs. 

Van  Kerckhoven  députe  le  lieutenant  de  la  Kéthulle 
auprès  du  sultan  Rafaï,  chez  lequel  une  station  est  établie; 
des  postes  sont  aussi  fondés  à  Chinko,  Zandu,  Uara  et 
Durbaki. 

Le  lieutenant  Foulon  est  envoyé  auprès  du  sultan  Sassa, 
où  il  crée  un  poste. 

Vers  la  fin  de  décembre  toutes  les  forces  de  l'expédition 
de  l'Uele  se  trouvent  concentrées  à  Bomokandi  et  sont  pla- 
cées sous  les  ordres  de  Pontbier,  Milz,  Daenen,  Gustin,  de 
la  Kéthulle,  Foulon,  Henrard,  des  sous-otïîciers  Rajmaud, 
Buzon,  Lousberg,  auxquels  se  sont  joints  le  D*"  Montangie 
et  l'intendant  Van  de  Vliet. 


—  :Ul  - 

L(»  phm  (!('  \':iii  K'orckliovon  est  (!('  iiinrclici'  vers  les 
Amadis  cmi  deux  coloiincs,  rmie,  composée,  des  Iroiipes 
expôdilioimaires,  traversei'a  les  pays  des  Al)asairil)()s;  l'aiilrci, 
formée  de  la  ^arde  de  rinspcctcur,  a  \)()\\v  ohjeelif  Vl'olr.- 
Makua. 

Tandis  (pie  le  ^tos  de  la  troupe,  commandée  par  Je 
capitaine  Pontliier,  [)rend  la  voie  de  terre,  au  sud  de  l'Uele 
pour  se  nmdre  avec  Semio  et  son  monde  aux  environs  de 
la  zériba  llanasli,  l'inspecteur  d'Etat  accompagné  de  Milz  et 
Van  de  Vliet,  remonte  le  cours  de  la  rivière,  de  l*a<;on  à 
pré})arer  une  voie  de  communication  pour  le  transpoi't 
des  mai'cliandises.  De  la  Kéthulle,  qui  relève  de  maladie, 
reste  au  poste  de  Bomokandi  avec  Buzon,  pour  garder 
les  charges  qui  n'ont  pu  être  emportées. 

Dès  le  il  décembre,  dans  la  matinée,  commence  le  pas- 
sage des  hommes  sur  la  rive  gauche:  Pontliier,  Gustin  et 
le  D""  Montangie  franchissent  la   rivière  le  lendemain. 

Dans  le  courant  de  l'après-midi,  des  Ababuas,  établis 
sur  la  rive  sud,  en  aval  du  confluent  du  Bomokandi, 
annoncent  qu'ils  viendront  brûler  la  station.  On  leur  envoie 
un  boulet  de  canon  pour  calmer  leur  ardeur. 

Du  14  au  IG  décembre  1893,  les  douze  canots  qui  com- 
posent la  flottile,  sont  chargés  des  bagages;  l'expédition 
se  met  en  route,  campe  sur  la  rive  sud,  devant  les  chutes 
de  Panga.  Ces  chutes  ne  présentent  aucun  chenal  par  où 
les  pirogues  puissent  passer,  les  voyageurs  sont  obligés 
de  tirer  les  embarcations  à  terre  et  de  les  traîner  jus- 
qu'au delà  de  l'obstacle.  Cette  opération  se  fait  assez  rapide- 
ment, grâce  aux  cent  vingt-cinq  hommes  dont  dispose 
l'expédition. 

Le  16,  vers  cinq  heures,  on  campe  dans  une  île,  en  face 
du  village  de  MBiero.  Celui-ci  assure  les  blancs  de  ses 
bonnes  intentions  et  leur  apporte  au  marché  de  Mgbio, 
à  la  tête  d'une  caravane  de  trois  cents  porteurs,  une  grande 
quantité  de  vivres  de  toutes  sortes. 


—  312  — 

Les  pi  m  folios  sul)issont  de  fréquents  arrêts,  ])rovoqués 
par  les  hippopotames.  Lery,  Van  Kerckhoven  et  Milz,  qui 
ont  pris  les  devants,  se  trouvent  immobilises  au  milieu 
de  chutes  infranchissables,  dans  une  île  rocheuse,  cou- 
verte en  partie  de  hautes  herbes.  Les  eaux  tombent  en 
cascade  sur  une  largeur  d'environ  trois  cents  mètres. 

Les  20  et  21  décembre,  rexpédition  est  en  butte  à  l'hosti- 
lité des  indigènes,  qui  l'accueillent  avec  des  flèches  empoi- 
sonnées; elle  est  même  entraînée  dans  un  guet-apens,  tendu 
par  les  Abarimbos. 

Peu  de  temps  après,  l'expédition  rejoint  Ponthier. 

Celui-ci  a  choisi  comme  emplacement  sur  l'Uele  un 
ancien  camp  des  Mata-Matumbas:  Mombanga,  situé  dans 
l'angle  ouest  du  coude,  que  forme  l'Uele  à  cet  endroit. 
Van  Kerckhoven  y  établit  la  station  de  Amadis  et  y  séjourne 
jusqu'au  30  décembre,  où  il  marche  à  la  rencontre  des 
Mata-Matumbas,  qui  ont  envahi  toute  la  région  au  sud 
de  Mombanga. Il  rentre  au  camp  le  24,  pour  repartir  aus- 
sitôt pour  le  Bomokandi,  avec  tous  ses  canots,  plus  une 
vingtaine  de  pirogues,  que  lui  ont  prêtées  les  chefs  embat- 
tas,  à  la  recherche  de  vivres  et  de  marchandises;  mais 
en  cours  de  route,  il  est  abandonné  par  tous  ses  pagayeurs. 

L'expédition  se  porte  alors,  le  30  janvier,  de  Mombanga 
vers  le  pays  des  Mombattus;  les  Abarambos  qui,  d'après  les 
racontars  des  indigènes,  doivent  lui  barrer  le  chemin, 
demeurent  invisibles.  La  troupe  escalade  le  mont  Maga- 
ragare  et  atteint  les  confins  du  territoire  abarambo.  Elle 
est  reçue  avec  bienveillance  par  le  chef  Mangbuttu. 

Le  7  février,  Maïmunza  est  choisie  pour  l'installation  d'une 
station.  Le  terrain  est  défriché  et  bientôt  chaque  homme 
a  son  "  home».  On  construit  deux  maisons  spéciales  pour 
Milz  et  Van  Kerckhoven. 

Les  vivres  se  faisant  rares  à  Maïmunza,  Milz  se  rend 
le  16,  avec  Semio,  fonder  une  station  définitive  sur  le  Kibali. 
Le  27,  il  se  remet  en  route  avec  Van  de  Vliet,   vingt-cinq 


—  31P,  — 

soldats  ré^uli(M's  cl  dix  auxiliain^s  et  crée  un  poste  chez 
Siiruaii<^(>,  à  l'ancienne  zériba  llanash.  Le  soin  d'installer 
le   nouvel  établissement  est  confié  à  VandeVliel. 

Le  il  mars,  Van  Kercklioven  ({uitt.e  le  posl-e  de  Amadis 
avec  une  lîottille  et  se  rend,  nial^-i'é  l'hostilité  des  rive- 
rains, au  poste  de  Suruan^^-o. 

Là  il  se  dirif^e  vers  le  Nord-Est  et  fonde  un  poste  à 
Niangara,  chez  les  Mangbcttus,  sur  la  (iadda,  affluent  de 
rUele,  et  à  Dungu,  au  confluent  du  Kibali  (rive  droit(i) 
et  de  la  Dungu  (rive  gauche)  par  3°  3G'  58"  latitude  Nord 
et  28*'  33'  33"  longitude  Est.  Van  Kercklioven  traverse  une 
région  inconnue  et  crée  la  station   de  M'Bittima. 

Il  obtient  la  soumission  successive  des  divers  chefs 
azandés,  fait  le  siège  du  mont  Goddo,  où  les  Momvus 
réfugiés  dans  des  cavernes,  se  rendent  au  bout  de  huit  jours. 

La  jonction  de  toutes  les  colonnes  se  fait  à  Tangumu- 
langi,  sur  le  Zoro  supérieur. 

Par  un  pays  accidenté,  Van  Kercklioven  atteint  la  ligne 
de  partage  des  eaux  du  Nzoro  et  de  l'Obi  et  arrive  au 
coude  de  l'Uele,  où  il  fonde  le  poste  de  Lemhin.  Il  pousse 
ensuite  jusqu'à  Wadelaï,  fonde  au  Nord  le  poste  de  Ganda, 
et,  au  point  extrême  atteint,  celui  de  Wando. 

Van  Kerckhoven  allait  enfin  pouvoir  rentrer  en  Europe, 
lorsque  le  10  août  1892,  il  est  tué,  par  mégarde,  par  un 
de  ses  gens  d'un  coup  de  fusil,  au  cours  d'une  lutte  avec 
les  indigènes.  Il  succombe  à  quelques  jours  de  marche  du 
Nil,  à  Djebel  Watti,  près  du  camp  de  Lemhin,  établi  au 
pied  du  Mont  Van  Kerckhoven.  Son  second,  le  lieutenant 
Milz,  prend  le  commandement  de  l'expédition,  qui  arrive 
au  Nil  en  septembre   1892. 

Van  Kerckhoven  était  capitaine  commandant  adjoint 
d'Etat-Major  au  l'"  régiment  de  ligne,  chevalier  de  l'Ordre  de 
Léopold  et  de  l'Etoile  Africaine,  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


—  314  — 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Belgique  coloniale,  1895,  pp.  9  et  11.  L'expédition  Van  Kerckhoven  sui- 
vant les  notes  manuscrites  (avec  caite). 

DE  Martrin  Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  H. 

Chapaux.  Le  Congo  historique,  pp.  101,  136,  232,  316,  441. 

Mouvement  géographique,  1888,  p.  S2. 

CoQUiLHAT.  Sur  le  Haut  (Jongo. 

Dhanis.  Le  district  d'Upoto  et  la  fondation  du  camp  de  l'Aruioimi, 
(Bulletin  de  la  Société  be'ire  de  Géogcaphie.  1890,  p.   5). 

Bulletin  de  la  Société  belge  de  Gé  igraphie,  1893,  p.  280, 

Jourdain  et  Vax  Stallp:.  Dictio7inaire  encyclopédique  de  géographie 
historique. 

F.  Ai.Kxis,  Soldats  et  missionnaires  au  Congo,  p    13. 


VAN  DER  GRINTEN,  ernest,  pierrz,  Guillaume,  jean, 

ne  à  Mons  Je  28  l't'vrier  1852. 

Major  d'Etat-mnjor,  ancien  commandant  en  second  de 
l'école  de  guerre,  part  i)()ur  le  Congo  le  O  septembre  1896, 
en  qualité  de  commissaire  général. 

Le  8  octobre  189G,  il  est  désigné  pour  assurer  la  direc- 
tion supérieure  du  district  de  l'Ubangi. 

Rentre  en  Beigi({ue  en    1897. 

Actuellement:  nuijor  d'Etat-major  en  retraite,  cbevalier  de 
l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire  de  première 
classe. 


WARNANT,     ERASME,    JOSEPH, 

né  à  Pessoux  le  9  janvier   1885. 

Major  adjoint  d'Elat-major  au  O'^  régiment  de  ligne,  part 
l)oiir  le  Congo  le  21  avril  1904,  comme  inspecteur  d'Etat, 
commandant  de  la  Force  Publique.  (Premier  comman- 
dant de  la   Force  Publique  a^ant  rang  d'inspecteur  d'Etat). 

Il  est  chargé  de  la  direction  du  gouvernement  local  à 
Boma  (par  intérim)  du  9  mars  au  25  mai  1905,  depuis  le 
décès  du  vice-gouverneur-général  Gostermans  jusqu'à  l'arri- 
vée du  général  baron   Waliis,   gouverneur-général. 

Rentre  en  Europe  le   16  avril   1906. 

Lieutenant-colonel  adjoint  d'Etat-major  au  9^^  régiment 
de  ligne,  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la 
Croix  militaire  de  première  classe  et    de  l'Etoile  de  ser- 


vice au  Congo. 


COMMISSAIRES  DU  ROI-SOUVERAIN. 


CABRA,    ALPHONSE,    FRANÇOIS,    EDOUARD. 

né  à  Chièvres  le  30  juillet  18G2. 

Lieutenant  du  corps  d'Etat-niajor,  chef  de  la  31^  promo- 
tion d'infanterie  et  do  cavalerie  à  l'école  militaire;  ancien 
aide-de-camp  du  lieutenant-général  chevalier  Marchai. 

Le  20  juin  1896,  il  part  comme  délégué  du  gouvernement 
helge  à  l'inauguration  du  chemin  de  fer  Matadi-Tumba. 
Le  gouvernement,  désireux  d'être  éclairé  par  un  rap[)ort 
technique  détaillé,  avant  de  proposer  aux  Chambres  le 
vote  d'un  dernier  crédit  en  faveur  de  la  grande  entre- 
prise congolaise,  charge  Cabra  de  cette  délicate   mission. 

Les  vastes  connaissances  de  Cabra  sont  ensuite  mises 
à  profit  par  l'Etat  dans  un  voyage  d'exploration  et  d'étu- 
des scientifiques,  dont  on  lui  a  donné  la  direction  dans 
le  Bas-Congo,  au  nord  de  Boma  et  vers  la  frontière  fran- 
çaise. La  détermination  de  coordonnés  géographiques,  une 
carte  de  la  région,  l'établissement  de  nombreuses  stations 
géodésiques,  toute  une  collaboration  précieuse  à  l'organisa- 
tion du  Musée  colonial  de  Tervueren,  ainsi  qu'un  rapport 
circonstancié  sur  le  chemin  de  fer  projeté  du  Mayumbe, 
sont  les  fruits  de  cette  brillante  expédition. 


—  318  — 

Cabra  s'apprête  à  entreprendre  un  nouveau  voj'-age  scien- 
tifique qui  doit  le  mener  dans  io  Haut,  et  il  a  même  élaboré, 
dans  ce  l)ut,  tout  un  projet  d'exploration  métbodique  à 
travers  l'Etat  tout  entier,  jusqu'à  la  côte  orientale,  quand 
il  est  avisé  qu'il  est  désigné  comme  commissaire  du  gou- 
vernement pour  le  tracé  des  frontières  Congo-portugaises. 

C'est  une  mission  dont  le  terme  est  indéterminé  et 
qui  fait  évanouir  les  beaux  projets  de  monument  scien- 
tifique; mais,  en  vrai  soldat,  Cabra  met  de  côté  toutes 
ses  aspirations  personnelles  et  s'incline  devant  les  ordres 
reçus... 

De  1897  à  1900,  il  s'absorbe  dans  cette  besogne  ingrate 
de  tracer  l'arc  de  méridien  et  la  portion  de  parallèle 
qui  constituent  la  frontière  portugaise  au  nord  du  fleuve, 
du  côté  de  l'enclave  de  Cabinda  et  le  cours  du  Loango 
et  de  la  Lubuzi,  et  par  surcroît  il  fait  rendre  à  sa  mis- 
sion tout  ce  qu'elle  peut  donner  au  point  de  vue  scien- 
tifique, en  rassemblant  tous  les  éléments  d'une  étude 
approfondie  sur  les  régions  traversées,  ainsi  qu'une  très 
belle  collection  de  documents  et  d'objets  se  rapportant 
aux  sciences  naturelles,  qui  enrichiront  les  salles  de  Ter- 
veuren. 

En  1900,  tout  son  personnel  européen  ayant  dû  rentrer 
en  Belgique,  Cabra  attend  un  certain  temps  à  Boma  l'or- 
ganisation d'un  nouveau  contingent.  C'est  réi)oque  de  la 
révolte  de  la  garnison  de  Shinkakasa,  la  place  forte,  qui 
défend  le  bas  fleuve  de  Boma.  La  maladie  ayant  terrassé 
le  commandant  Dielman,  commandant  de  la  Force  Publique, 
Cabra  prend  la  direction  des  opérations,  qui  sont  rapide- 
ment menées  à  bonne  fin,  grâce  surtout  au  succès  remporté 
par  le  capitaine  commandant  Sillye,  qui  a  été  lancé  à  la 
poursuite  des  mutins.  Le  fort  est  repris  aux  révoltés.  Les 
mutins  non  tombés  dans  la  lutte  sont  déférés  au  Conseil 
de  guerre.  Dix-huit  sont  condamnés  à  mort  et  exécutés  le 
30  avril. 


—  ;îi<)  — 

L(^  ^•oiivcM'iKMiKMil  ;iy;iiit,  iiloi's  (h'cidi'  (riiitci'i'oinpi'o 
moiiKMitniKMiKMil   les   ti';iv;iu.\   de    (Idiinihilioii,    (J;il)i';i     peut 

l'(Mlll'(M'    (Ml     l)Ol<;'i([UC. 

K\\  r.»01,  il  reloui'iK^  on  Afrique  ',\\rc  lo  li;nil,  ^i':i(l(^ 
(1(^  (A))}n)iiss(('n'c.  dn  Ixoi-Soureraiit,  ('li;ir<^(''  do  \;i  (l(''liiiiil;i- 
tion  (lu  UMTiloiro  sIUk'î  entn^,  Noki  ol  le  K\\;iii^f).  Son 
séjour  y  est  de  courte  durée.  L;i  ni;dadi(i  et  la  fatigue, 
ayant  forcé  les  délégués  ])ortu<4ais  à  rof^af.^ner  rEuro[)C, 
Cabra  revient  passer  quehjues  mois  dans  son  pnys. 

Il  se  rembarque  le  8  mai  1902,  t'ait  naufrage  à  Axim,  mais 
rejoint  cependant,  à  temps,  la  commission  portug'aise  poui' 
continuer  les  travaux  et  pousser  ceux-ci  avec  une  activité 
surprenante.  En  quelques  mois  sa  mission  est  accomplie; 
la  frontière  est  marquée. 

Le  commissaire  du  Roi-Souverain  rentre  à  Bruxelles 
avec  une  nouvelle  récolte  de  documents  cartographiques. 

En  1903,  un  poste  français  s'étant  établi  à  l'ouest  de 
Brazzaville,  en  un  point  que  l'Etat  Indépendant  revendi- 
que comme  lui  appartenant,  les  gouvernements  décident 
d'envoyer  sur  place  une  commission  mixte  chargée  de 
tracer  définitivement  la  frontière.  Cabra  repart  pour  sou- 
tenir les  intérêts  congolais.  Mais  cette  fois,  M'"^  Cabra  a 
désiré  accompagner  son  mari. 

A  la  fin  de  l'année,  la  mission  prend  fin  par  la  recon- 
naissance des  droits  de  l'Etat  Indépendant.  M"'^  Cabra 
revient  enchantée  de  son  excursion  de  sept  mois,  pendant 
laquelle,  sous  la  tente,  elle  n'a  souffert  ni  d'un  accès  de 
fièvre,  ni  d'aucune  indisposition. 

En  1905,  Cabra  est  chargé  d'une  mission  dans  la  pro- 
vince orientale  et  dans  la  région  de  la  Ruzizi-Kivu  et 
part  une  cinquième  fois  pour  l'Afrique. 

Il  s'embarque  à  Naples  le  IG  avril  1905,  avec  sa  femme, 
et  le  préparateur  Michel,  à  destination  de  Dar-Es-Salaam, 
capitale  de  l'Afrique  allemande  et  do  Zanzibar.  De  là  les 
deux  voyageurs  se  rendront  à  Mombasa,  sur  la  côte  orientale. 


-  820  — 

Ils  font  iino  escale  de  quarante-huit  heures  à  Zanzil)ar, 
puis  prennent  le  chemin  de  fer  de  l'Ug-anda.  A})rès  une 
traversée  qui  dure  cin(]uantc-quatre  heures  ils  arrivent  au 
lac  Victoria,  qu'ils  franchissent  pour  déharquer  à  Entehhe, 
capitale  de  l'Uganda. 

Cette  première  partie  du  voyage  —  si  pénihle  encore,  il 
y  a  quelque  vingt  ans,  ([ue  des  membres  des  six  expf'di- 
tions  belges  entreprises  par  cette  côte,  neuf  seulement  sur 
vingt-cinq  ont  réussi  à  atteindre  la  r('gion  des  grands 
lacs  —  est  pour  M'"^  Cabra  une  excursion  presque  sans 
fatigue  et  dont  le  confort  est  aussi  satisfaisant  que  le  permet 
la  ligne  ferrée  actuelle. 

A  Entebbe  commence  le  vrai  voyage  africain,  la  course 
en  caravane,  M'"®  Cabra,  en  dziuriksha  (voiture  japonaise) 
tirée  par  des  nègres,  Cabra  et  Michel  montés  sur  des  mules. 
Les  voyageurs  mettent  dix-sept  jours  à  traverser  cette 
partie  occidentale  de  l'Uganda  pour  gagner  le  lac  Albert; 
ils  ont  parcouru  le  quart  de  l'Afrique.  Le  lac  Albert 
leur  est  aussi  clément  que  le  lac  Victoria  et  sept  jours 
l)lus  tard  les  postes  de  la  frontière  de  l'Etat  rendent  les 
honneurs  au  haut  fonctionnaire. 

On  sait  que  c'est  à  Mahagi,  le  port  congolais,  sur  la  rive 
opposée  du  lac,  qu'est  établi  le  poste    frontière  de  l'Etat. 

Cabra  commence  aussitôt  à  s'acquitter  de  sa  mission  d'in- 
pection,  visite  les  différents  postes  et  tous  les  établisse- 
ments. 

Le  commandant  et  M'"^  Cabra  entreprennent  alors  la 
traversée  de  cette  vaste  région  de  montagnes  et  de  lacs 
qui  s'étend  du  lac  Albert  au  lac  Kivu  et  au  Tanganika,  et 
dont  le  duc  des  Abruzzes  a  gravi  récemment  le  point  le 
plus  élevé. 

D'Irumu  à  Béni  ce  sont  huit  jours  de  marche  dans  la 
grande  sylve,  puis,  en  quatre  jours  Cabra  atteint  le  lac 
Albert  Edouard.  Il  traverse  ensuite  Rutschuru  et  la  région 
des  volcans;  l'un  d'eux  vient  précisément  d'entrer  en  érup- 


—  nei  — 

tion  ot  coinmo  on  (^s(  n\  juillcl  il  (\s|  iippdr  h^  vol(';iii 
(lo   rin(lo|)(Mi(l:nic(',. 

Après  nvoii'  fraiiclii  le.  hic  I\i\ii  cl  ^îi^nc  l'vira  sur  lo 
T;ui«^anik;i,  le  coiiiinniKlaiiL  (]îil)ra  on  inspcclanl  ](^s  postes 
sur  son  passa^(\  se  dii'i^-o  v(M's  I\ason;U(),  sur  lo  (^on^'-o  cl 
les  voya^'curs  (1(^sc(M1(1(miI  le  IWmivo  en  piro;^u(3,  j)uis  (mi 
bateau.  (]elto  descento  du  llouvo  dui'o  un  inois.  Ari-ivé 
à  Honia,  ai)rès  avoir  ollectué  la  traversée  de  rArri((ue  do 
l'Kst  à  l'Ouest,  dans  un  voya^xi  qui  a  pris  dix-neuf  mois, 
Cabra  se  dispose  à  rentrer  en  Europe  avec  sa  femme, 
(octol)rc  190G),  lorsqu'il  reçoit  l'ordre  de  repartir  vers  lo 
liant  fleuve  et  de  se  rendre  en  toute  bâte  à  Uvira.  M'"" 
Cabra  retourne  seule  en  Europe.  Elle  est  la  première  femme 
qui  ait  traversé  le  continent  noir. 

Terrass('*  par  la  fièvre,  Cabra  est  forcé,  sur  l'oi'dre  du 
vice-gouverneur  Lantonnois,  de  reprendre  le  cbemin  de 
la   Belgique,  et  débarque  à  Anvers  le  24  décembre  1900. 

Cabra  est  capitaine  commandant  d'Etat-major,  officier  de 
rOrde  de  Léopold  et  chevalier  de  l'Etoile  africaine,  décore 
de  la  Croix  militaire  de  première  classe,  décoré  de  l'Etoile 
de  service  et  de  l'Ordre  du  Mérite  militaire  d'Espagne  de 
première  classe. 


PUBLICATION: 


—  Manuel  d'astronomie^  de  géodésie  et  de  cartographie  pratiques  à  l'usage 
des  officiers  et  des  explorateurs  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo  et  des 
colonies.  (Bruxelles,  1906). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Belgique  militaire,  1902,  n"  1639. 

—  Belgique  coloniale,  1902,  p.  211. 

—  La  mission  Cabra.  (Belgique  coloniale),  1898,  p.  126. 

—  Petit  Bleu,  décembre  1906. 


BARTELS,     EUGÈNE.    THIERRY,  JOSEPH, 

né  à  Bruges  le  2G  mai  1860;  clcccdé  au  Tanganika  le 
19  novembre  1901. 

Entre  à  l'école  militaire  le  1  décembre  1868,  lieutenant 
le  21  décembre  1870,  passe  dans  l'artillerie  le  20  mars  1873, 
professeur  suppléant  à  l'école  de  guerre,  officier  d'Etat- 
major. 

Etant  lieutenant  colonel,  Bartels  est  disigné  en  1900  pour 
prendre  le  commandement  de  la  légion  belge  qui,  à  l'ini- 
tiative des  bourgmestres  de  Bruxelles,  Anvers,  Gand  et 
Liège,  doit  se  rendre  en  Chine  et  y  délivrer  nos  compa- 
triotes cernés   par  les  bandes  boxers. 

Pour  des  raisons  diverses,  le  départ  de  rexi)édition  fut 
indéfiniment  ajourné. 

En  1901,  Bartels  est  charge,  en  qualité  de  commissaire 
du  Roi-Souverain,  de  l'inspection  des  postes  de  la  province 
orientale  de  l'Etat. 

Il  se  rend  aux  Falls,  dans  le  Manyema  et  de  là  au  Tan- 
ganika. 


BARTELS,  EUGÈNE. 


Cliché  (lu  Mouvement  des  Missions  catholiques. 


-   323  — 

Arrive'  1(^  30  octobre^.  1901  ;i  Ml()\\;i,  il  n'y  rnsU»,  (jnc  pou 
(lo  jours  ol,  se  (liri^(^  de  là  vers  Mj)ahi,  on  scliooiioi",  puis 
v(M's  Sninl-Louisol  naudouinvillo,  rosidonco  do  M;:,^  Rocikins. 

Aitoinl  d'uno  violonU»  novi'nl^io  (]r  l'oslomac  il  S(î  rond 
avoo  lo  i)r('dal  à  IJvira,  ])Our  y  consuKcr  un  modocin,  mais 
il   in(HirL  (mi  cours  de  roulo,  à  Mpala,  I(î   19  novomhro. 

11  (Uait  offîcior  do  l'Ordre  do  Léopold  ol  d(H:oré  do  la 
(]roix  uiilitairo  de  promière  classe.  Un  monument  a  (Hé 
élevé  sur  sa  tombe  par  Costermans,  au  nom  dos  ofliciers 
du  corps  d'Etat-major. 


MICHEL,    VICTOR,    LÉONARD, 

né  à  Gimd  le  8  janvier  1851. 

Capitaine-commandant  au  1''  régiment  d'artillerie  et  au 
régiment  d'artillerie  de  forteresse  de  Liège. 

Part  pour  le  Congo  le  6  avril  1894,  en  qualité  de  direc- 
teur des  travaux  de  défense.  Dès  son  arrivée  à  Boma,  il 
prend  une  grande  part  à  la  direction  des  études  pour 
l'achèvement  du  fort  de  Shinkakasa,  à  l'administration  du 
matériel  de  l'artillerie  et  à  toutes  les  questions  relatives 
à  la  défense  de  l'Etat.  Il  rédige  notamment  deux  règle- 
ments sur  le  service  du  canon  Nordenfelt  de  quarante-sept 
millimètres  et  de  la  mitrailleuse  Maxim  qui  ont  été  adop- 
tés par  l'Etat. 

Michel  rentre  en  Europe  le   14  mai   1896. 

Major  au  2^  régiment  d'artillerie,  il  retourne  en  Afrique 
le  6  mai  1898,  comme  commissaire  du  Roi-Souverain, 
chargé  d'inspecter  tous  les  postes  de  l'Etat  et  d'}^  faire 
observer  les  prescriptions  du  gouvernement  en  ce  qui 
concerne  la  Force  Publique  et  les  travailleurs  noirs. 


—  325  — 

En  r('';ilil(\  il  ;i  \\  piv'iidro  louU^s  l(»s  inr^sui'cs  iioces- 
s;iiros  j)()iu'  iiicltro  la  C()in[)()si(ion  ^ônéralc  du  [)(Tsonnol 
(le  rKlal,  (Ml  liariiionic^  av(K:  l'or^^anisation  décrétée  par 
les  lois  cl  i'é;4ieni(^nls  cl  pour  faire  cesser  les  abus  (pi'il 
pourrait  constater. 

Le  commissaire*,  du  Roi  est  accompagné,  dans  sa  mis- 
sion, par  Piot,  son  secrctain»,  ancien  maréchal  des  logis 
cher  d'artillerie. 

Après  avoir  séjourné  très  peu  de  teni[)s  dans  V\  Bas- 
Congo,  le  major  Michel  inspecte  les  districts  du  Stanlej^- 
Pool,  de  l'Equateur,  de'  Bangala,  du  lac  Léopold  II  et 
du  Lualaba-Kasaï  ainsi  que  les  camps  d'instruction  d'Irebu, 
Umangi,  Bolobo  et  le  corps  de  réserve. 

W   rentre  en  Belgique  le  G  août   1900. 

Michel  est  actuellement  colonel  commandant  le  3®  régi- 
ment d'artillerie  de  campagne,  otîicier  de  l'Ordre  de  Léo- 
pold et  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  et  de  la  Croix  militaire  de  première  classe. 


HAUT  COMMISSAIRE  ROYAL. 


M  ALFEYT,   justin.  prudent,  François,  marie, 

né  à  Bruges  le  26  juin  1862. 
Lieutenant  payeur   au    1"''    régiment  de  guides,  il  part 

pour  le  Congo,  à  bord  du  vapeur 
Lualaba,  le  18  mars  1891.  Commande 
le  poste  de  Tslioa  dans  le  Bas-Congo. 
Ayant  diï  abandonner  ce  poste  pour 
cause  de  maladie,  Malfeyt  est  chargé 
de  poursuivre  l'œuvre  de  réorgani- 
sation de  l'intendance  et  remplit  les 
fonctions  de  directeur  intérimaire 
de  cet  important  service.  Il  est  com- 
missionné  pour  l'inspection  admi- 
nistrative des  postes  de  jalage  dans 
la  région  des  cataractes. 
Rentré  en  Belgique  le  25  juin  1894, 
Malfeyt  est  nommé  capitaine  payeur  au  5"^  régiment  de 
ligne    et    repart  le  6  mars  1896.   Il  se    rend    sur  le  haut 


Cliché  de  l'ouvrage  de  M.  Jenssen 
Tusch,  Skandinavcr  i  Congo, 


MALFEYT,  JUSTIN. 


—  23: 


fleuve,  en  (HinliU'  (l(*  coiiiniiiiulniiL  de  l;i  zono  des  SUmley- 
Fnlls  el  ('()iiminii(l;iiil  (l(Mlislric'l  iiitériin;iir(^  (1(^  l;i  pi'oxince 
oricnhile  ;  l'onclions  (Hi'il  occupi^  l)eii(l;iiiL  (jiic Dlinnis  diri^'O 
son    expédition  v(m\s   1(^  Nil. 

P(Mid;int  les  év('MHMii(Md,s  ^-raves  (lui  s(^  drroulcnl  dans 
la  [)r()vin('e  i)ar  suite  de  la  révolte  d'une  partie  de  cette 
exp''dition,  Malt'eyt  continue  à  exercer  son  commande- 
ment des  Stanle^-Falls,  tète  de  li^^-ne  et  base  de  ravitaille- 
ment. 11  se  char<^e  de  faire  parvenir  les  renforts  et  appro- 
visionnements de  toute  nature  aux  expéditions  de  répression. 

A  la  lin  de  1897,  un  soulèvement  partiel  des  Arabes, 
que  les  circonstances  sem])laient  vouloir  favoriser  et  qui 
débute  par  l'assassinat  du  sergent  Van  der  Stricht  et 
l'incendie  de  deux  postes,  est  rapidement  et  sûrement 
réprimé. 

En  récompense  de  ses  services,  Malfeyt  est  nommé  com- 
missaire général,  en  novembre  1898.  II  rentre  en  Belgi- 
que en  juillet   1899. 

Le  l""  mai  1900,  il  part  une  troisième  fois  pour  le  Congo 
et  prend  une  part  importante  à  la  lutte  contre  les  révoltés. 

Campagne  du  Congo  oriental  (')■ 

Si  la  supériorité  écrasante  de  l'armement  de  l'Etat  a 
permis  de  vaincre  les  Arabes,  puis  les  Derviches,  il  n'en  est 
guère  de  même  des  révoltés  de  la  F.   P. 

Les  combats  victorieux  de  Lotliaire,  Henry,  Doorme,  Glorie 
ne  les  ont  pas  réduits  à  l'impuissance.  Connaissant  le 
pays,  les  indigènes  se  dispersent  dès  qu'ils  se  sentent  les 
plus  faibles,  mais  pour  se  reformer  en  bandes  à  la  pre- 
mière occasion  et  à  un  point  de  ralliement  arrêté  d'avance. 

De   plus,  ils  sont  amplement   pourvus    de  munitions   et 

(1)  Consulte/  l'Histoire  militaire  du  Congo,  par  A.  Lk  Jklnk. 


—  328  — 

peuvent  défier  le  l)lane,  tout  eu  se  livrant  aux  rapines  et 
au  pilla<^-e.  Ils  évitent  la  poursuite  de  leurs  anciens  chefs 
en  se  tcuiant  dans  les  forêts,  et  pratiquant  une  guerre 
d'escarmouches,   d'embuscades  et  de  surprises. 

A  leurs  groupes  se  sont  joints  de  nombreux  chefs,  des 
indigènes,  des  déserteurs  de  la  F.  P. 

Dans  cette  situation  critique,  des  ordres  pressants  sont 
donnés  pour  en  finir  avec  les  révoltés.  Ces  mutins  errants, 
traqués  par  les  troupes  de  l'Etat,  se  sont  enfuis  vers  le 
Sud  et  forment  trois  groupes  distincts,  ayant  chacun  son 
boma.  Ils  occupent  les  montagnes  qui  bordent  le  lac  Kisali. 

Le  nombre  des  Batétélas  et  des  révoltés  de  Pelzer 
s'élève  à  environ  mille  hommes,  mais  terrorisant  la  con- 
trée, ils  se  font  des  alliés.  Ils  possèdent  huit  cents  fusils 
rayés  environ  de  modèle  récent  et  une  grande  réserve 
de  munitions, 

Une  expédition  est  résolue,  ayant  pour  objet  de  dis- 
perser ces  fortes  bandes  de  pillards,  qui  choisissent  la 
région,  située  entre  le  sixième  et  le  huitième  degré  de 
latitude  Sud,  vers  le  Katanga,  comme  base  de  leurs  dépré- 
dations. 

Aidés  par  des  traitants  portugais,  venant  du  Bihé,  ces 
gens  constituent  depuis  cinq  années  un  danger  permanent 
pour  l'Etat. 

Depuis  qu'ils  se  sont  fixés  dans  le  pays,  ils  n'osent 
attaquer,  ni  une  station,  ni  une  force  du  gouvernement. 
Bien  au  contraire,  ils  semblent  éviter  avec  soin  tout  con- 
flit de  ce  genre,  mais  rançonnent  les  indigènes  et  les 
réduisent  en  esclavage.  En  réalité,  ils  font  avec  les  gens 
du  Bihé  l'échange  de  poudre  et  de  fusils  contre  des  esclaves, 
et  leurs  razzias  n'ont  d'autre  but  que  de  se  procurer  cette 
monnaie  humaine. 

Le  gouvernement  se  décide  donc  de  faire  cesser  ce 
déplorable  état  de  choses,  et  confie  à  Malfeyt  la  mission 
d'v  mettre  fin. 


—  :î?o  — 

l/iiis|)('ch'iii'  (ri^lal  ()r<4;iiiis(\  iivcc  le  plus  /^raud  soin, 
sa  colonne,  y  l'aisanL  rô^'ncu'  une.  discipline  (Hroite,  sans 
être  (racassièro,  donnant  une  attention  spéciale  au  s(».rvice 
des  ap[)rovisionnenients,  si  iniportaids  pour  une  troupe 
con^'olaiso. 

11  est  rcc()nip(Mis('  de  ses  efforts  par  l'excellente  tenue 
de  sa  troup(î  (pii,  pendant  une  marche  de  cinq  mois, 
parfois  li'ès  rude,  ne  donne  [)as  lieu  de  plainte  aux  indi- 
gènes. 

(^(^st,  en  somme,  cette  excellente  organisation  (fui  forme 
le  grand  mérite  de  cette  expédition. 

Elle  est  cause  de  la  rapidité  avec  laquelle  peut  être  menée 
la  campagne. 

Le  major  Malfeyt  prend  la  haute  direction  de  la  cam- 
pagne contre  les  révoltés.  La  marche  en  avant  de  ses  troupes 
commence  fin  avril  1901. 

Voici  les  positions  qu'elles  vont  occuper: 

1.  Une  colonne  de  quatre  cents  hommes,  sous  le  comman- 
dement du  major  en  personne,  occupe  Buli,  poste  de 
l'Etat,  au  confinent  du  Congo  et  du  Lualaba  ; 

2.  l'Ue  colonne  de  cent  cinquante  hommes,  sous  les 
ordres  du  commandant  Sannaes,  au  confinent  du  Congo 
Luapala  et  du  Lualaba  (Ankoro); 

3.  Cent  hommes,  commandé  par  le  lieutenant  Saroléa, 
sur  les  plateaux  de  l'Utembo; 

4.  Une  colonne  de  cent  cinquante  hommes,  conduite 
par  le  capitaine  Van  den  Broeck  (lieutenant:  Hendrick; 
sous-offîciers  :  De  Clercq  et  BuUinck)  à  Lukafu,  poste  de 
l'Etat,  voisin  de  l'ancien  poste  de   Lufoï. 

Cette  colonne  ralliera,  vers  la  fin  de  juillet,  l'expédition 
au  lac  Kisali  et  y  restera  en  réserve  pendant  les  opéra- 
tions contre  les   révoltés. 

L'expédition  dispose  d'un  canon  Krupp  de  montagne  7^ 
et   d'une    mitrailleuse    Maxim.  Malheureusement  les  dififî- 


—  330  — 

cultes  du  portage  empêcheront  plus  tard  l'utilisation  du 
Krupp. 

Les  deux  premières  colonnes  marchent  contre  les  révol- 
tés, la  première  par  la  voie  de  terre,  sur  la  rive  gauche 
du  Lualaba;  la  deuxième  emprunte  la  voie  du  fleuve  et 
recueille    à  la  hauteur  du  lac  Mutamba,  la  colonne  Saroléa. 

Le  21  juillet,  la  colonne,  sous  les  ordres  de  Mali'eyt, 
s'empare  sans  coup  férir  de  Kisala,  que  les  insurgés 
abandonnent. 

L'expédition  continue  la  poursuite  des  révoltés.  La  colonne, 
commandée  par  Malfeyt,  en  rencontre  un  fort  parti,  le 
4  août,  à  Muvumbi,  près  du  lac  Mulemba,  au  Sud-Ouest 
de  Kisanga.  Ce  sont  les  l)andes  qui  avaient  abandonné 
sans  combat  le  Kisali  et  qui,  maintenant,  étaient  décidées 
à  la  résistance. 

Après  un  combat  meurtrier,  les  révoltés  durement 
éprouvés,  se  débandent.  Ils  laissent  cinquante  des  leurs 
sur  le  terrain.  Du  côté  de  l'Etat  on  compte  cinq  tués  et 
sept  blessés,  dont  deux  très  grièvement. 

La  poursuite  reprend  le  21  avril,  après  que  la  colonne 
aura  fait  sa  jonction  avec  celle  du  commandant  Sannaes 
et  que  toutes  les  forces  auront  été  ainsi  réunies  en  vue 
de  porter  un  coup  décisif  aux  révoltés.  Ceux-ci,  d'après 
les  renseignements,  se  sont  réunis  et  se  concentrent  dans 
un  vaste  boma,  à  trois  lieues  au   Nord    de   Kilemba. 

La  troupe  expéditionnaire  compte  en  ce  moment  envi- 
ron  six  cents  hommes,  divisés  comme  suit: 

La  première  compagnie,  commandée  par  le  lieutenant 
Vitalis  (sous-offlciers  Hommelen   et  Bourgaux); 

la  deuxième  compagnie,  sous  les  ordres  du  lieutenant 
Blanchard   (sous-lieutenant  Craybex); 

la  troisième  compagnie,  commandée  par  le  lieutenant 
Saroléa  (sous-lieutenant  Lapser); 

enfin   un  peloton  d'escorte  de   l'inspecteur   d'Etat,  com- 


—  15:J1  — 

iiiaiide   p;ii'   le  soiis-liculcniiiil     riilci-ridsler   ol   une  soction 
(le  niiti'aillcHis(\  avec   \o   sous-olTicier  Hrisoiii. 

Oiiti'e  le  comiiiandaiil  Saiinaes,  second  d(î  rexi)édilioii, 
celle-ci  comptait  encore  [)aniii  ses  niemhres  l(i  nicdccin  de 
I)r(Mnièi'e  classe  He^^ondi,  (jui  rendit  des  services  inesti- 
mables et  dont  le  dévouement  fut  au-dessus  de  tout  ('lo<;'e. 

La  colonne  exi)éditionnaire  se  mit  en  marche  le  21  août. 
Fait  r(Mnar(|ual)le,  cette  marche,  habilement  guidée  par 
les  indigènes,  échai)pe  à  la  surveillance  des  postes  et  des 
sentinelles  de  Tennemi  et  la  colonne  arrive  en  vue  de 
ses  retranchements,  le  27  août,  de  grand  matin. 

Bien  que  surpris,  l'ennemi  se  prépare  rapidement  au 
combat  et  celui-ci  s'engage. 

La  première  compagnie  de  la  colonne  se  déi)loie  en 
tirailleurs,  puis  se  lance  avec  impétuosité,  renversant  tout 
sur  son  passage. 

Un  parti  ennemi  avait  occupé  une  colline  sur  la  gauche 
de  la  colonne,  esquissant  un  mouvement  de  flanc,  mais 
heureusement  il  est  délogé  de  cette  dangereuse  position, 
grâce  aux  sages  mesures  de  précaution  prises  par  le 
commandant  en  chef. 

Tandis  qu'un  engagement  se  dessine  sur  ce  point,  la 
première  compagnie,  poursuivant  l'ennemi,  la  baïonnette 
dans  les  reins,  pénètre  en  même  temps  que  lui  dans  un 
boma  dissimulé  derrière  un  accident  de  terrain,  d'où,  après 
un  rude  combat,  les  rebelles  sont  chassés. 

La  deuxième  compagnie,  retardée  par  l'attitude  résolue 
de  ses  antagonistes,  parvient  enfin,  grâce  aux  renforts 
amenés  par  le  lieutenant  Saroléa,  à  les  chasser  à  leur 
tour  de  leur  position  et  à  emporter  d'assaut  le  boma 
central    où  se  sont  retranchés  les  fuyards. 

L'action  est  ainsi  engagée  partout  sur  le  front,  lorsqu'un 
groupe  de  rebelles,  isolé  du  gros,  tente  un  coup  de 
main  sur  l'arrière-garde.  Mais  le  sous-lieutenant  Lanser, 
qui  la  commande,  peut  facilement  le  repousser. 


—   332  — 

Après  deux  heures  de  lutte,  l'ennemi,  en  pleine  déroute, 
se  disperse  dans  hi   direction  du  Nord-Ouest. 

Les  négriers  se  sont  battus  avec  acharnement  et  leurs 
])ertes  sont  imi)ortantes.  Ils  comptent,  parmi  les  morts,  leurs 
meilleurs  guerriers  et  deux  chefs,  l'un  commandant  du 
groupe  dit  Muledi  et  l'autre  commandant  du  groupe  Yamba- 
Yamba. 

Les  soldats  de  l'Etat  s'emparent  de  nombreux  fusils 
perfectionnés,  de  revolvers,  de  cinq  cents  vingt-trois 
fusils  à  piston  et  d'importants  approvisionnements  en 
munitions.  Les  pertes  de  l'Etat  sont  légères:  deux  tués  et 
cincf  blessés,   dont   un  seul  grièvement. 

Les  révoltés  en  déroute  se  réfugient  sur  la  rive  droite 
du  Lomami.  L'expédition  Malfeyt  avait  accompli  le  rôle 
qui  lui   avait  été  assigné. 

La  mission  d'achever  la  déroute  des  rebelles  fut  dévo- 
lue à  la  colonne  de  cent  cinquante  hommes  commandée 
par  le  lieutenant  Hendrickx  et  le  sous-offlcier  Declercq, 
troupe  qui  avait  été  tenue  en  réserve  au  lac  Kisali,  les 
négriers  sont  culbutés  et  laissent  quarante  des  leurs  sur  le 
terrain,  soixante-douze  fusils   et  sept  charges  de  poudre. 

Ce  cjTii  reste  des  révoltés  doit  se  réfugier  en  territoire 
portugais. 

Au  cours  de  cette  campagne  appliquant,  avec  jugement, 
sa  politique  d'apaisement,  Malfeyt  traite  avec  beaucoup 
d'indulgence  les  auxiliaires  indigènes  prisonniers  et  ceux 
qui  font   leur  soumission. 

Tous  ceux  originaires  du  pays,  enrôlés  de  force  par 
l'ennemi,  sont  renvoyés  indemnes  dans  leurs  foyers  et 
cette  attitude  attire  à  l'Etat  de  grandes  sympathies  dans 
toute  la  contrée. 

Dans  le  but  de  mettre  la  province  à  l'abri  de  nouvelles 
incursions,  le  gouvernement  fait  occuper  par  une  troupe  de 
cent  cinquante  hommes,   un  point  près   du  lac    Dilolo  et 


3;3ii 


l'ail  (l(''laelior  un  posie  vers  Kanda-Kanda  pour  siirvcMlhîr 
la  réiiioii  ciili'c  la  IVouliùrc  do  roiie^sl  (it  Lusainho.  I)(i 
cotlo  l'arou  une  li^no  conlinuc  de  |)()st(3S  (isl  (^onstitiK'iO 
dans  1(^  but  do  s'opposer  à  iiiio  nouvolh^  (Mitrcpriso  des 
osclavaiîislos. 

A  i)oine  rentré  à  Kason<^'o  après  la  dislocation  des  trou- 
pes de  son  ex])édition,  Malt'eyt  est  appelé  à  se  rendre  dans 
la  ré<iion  du  Kivu,  i)our  y  assumer  le  commandement 
jusqu'à  l'arrivée  de  l'inspecteur  Costermans.  Il  quitte  ces 
territoires  en  mai  1902,  visite  les  postes  du  Tan^anika  et 
rentre  enfin  aux  Falls,  siège  de  son  commandement,  oii 
il  consacre  ses  efforts  à  asseoir  solidement  l'oi'ganisation 
dans  la  province  orientale. 

En  août  1903,  il  remet  son  commandement  au  commis- 
saire de  district  De  Meulemeester,  et  rentre  en  Belgique 
le  10  octobre  suivant. 

Il  est  nommé  haut-commissaire  royal  par  décret  du 
20  novembre  1903  et  reprend  une  quatrième  fois  le  che- 
min de  l'Afrique  le  18  février  1904,  chargé  d'une  mission 
spéciale  dans  le  Haut-Congo. 

Les  attributions  du  haut-commissaire  royal  comportent 
notamment  la  surveillance  de  la  plus  stricte  application 
des  mesures  prises  pour  la  protection  des  indigènes. 

Malfeyt  visite  les  districts  de  l'Equateur  et  des  Banga- 
las,  inspecte  les  territoires  de  l'Abir  et  de  la  Mongalla 
et  termine  sa  mission  par  un  voyage  dans  le  Kasaï  et  le 
Kwilu.   Il  revient  en  Belgique  le  28  août  1905. 

Sous-intendant  de  première  classe,  officier  de  l'Ordre 
de  Léopold,  chevalier  de  l'Etoile  africaine  et  de  l'Ordre 
royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  quatre  raies 
et  de  la  Croix  militaire  de  deuxième  classe. 


—  334  — 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Belgique  militaire,   VM)2,  n"  1504. 

Le  Congo,  Moniteur  colonial,  11H)4,  j).  (j. 

Mouvement  géographique,  1902,  pp.  (>()  el  204. 

Lieutenant-(;olon(;l  Hljac.  L'Etat  indépendant  du  Congo. 

A.  Lk  .Ieunk.  Histoire  militaire  du  Congo. 

Jenssen  Tusch.  Shandinaver  i  Congo. 


LE  CLÉMENT  DE  SMNT-MARCQ,  Ph.  (chevalier^. 


(Clichô  du  Mouvement  Géographique). 


COMMISSAIRES   GÉNÉRAUX. 


LE    CLÉMENT    DE  SAINT  MARCO- 

PHILIPPE,  MAURICE,  GUSTAVE,  (CHEVALIER) 

né  à  Knin-lez-Tournai  le  4  juin  18G0,  décédé  à  Wolmve 
le    17  janvier    1907. 

Sous-lieutenant  au  3"  régiment  de  lanciers,  il  part  pour 
le  Congo  le  15  juillet  1886  et  est  nommé  adjoint  de  la 
station  de  Lukungu,  puis  commissaire  du  district  des 
cataractes. 

Rentré  en  Europe  le  4  février  1889,  il  retourne  en  Afrique  le 
JOavril  de  la  môme  année,  comme  chef  de  poste  à  Kasongo.  De 
Saint  Marcqest  le  premier  résident  de  l'Etat  dans  la  capitale 
duManyema.  Parlant  avec  facilité  le  kiswaliili,  il  s'attire  la 
sympathie  des  principaux  chefs  de  la  région  et  devient 
l'ami  de  ces  mêmes  Arahes,  qui  trois  ans  plus  tard  mettront 
à  mort  ses  deux  infortunés  successeurs,  Lippens  et  De 
Bruyne. 

De  Saint  Marcq  se  rend  des  Falls  à  Nyangwe  et  se  dirige 
avec  une  caravane  arabe  vers  le  lac  Landji,  quand  il 
tombe  subitement  malade.  Forcé  de  regagner  les  Falls, 
il  passe  quelque  temps  dans  cette  station,  espérant  tou- 
jours pouvoir  reprendre  son  poste  à  Kasongo,  mais,  affaibli 


330 


par  la  fièvre,  il  doit  rentrer  à  Léopoldville  et  s'embarr[uer 
pour  l'Europe. 

Revenu  en  Belgique  le  25  août  1890,  Le  Clément  de 
Saint  Marcq  se  marie  et  retourne  en  Afrique  avec  sa  jeune 
femme,  le  0  février  1894,  comme  capitaine  commandant 
de  première  classe  et  commissaire  de  district  à  Matadi. 

Il  revient  en  Belgique  le  23  mars  1897,  pour  y  prendre 
un  court  repos. 

Son  quatrième  départ  date  du  G  octobre  1897.  De  Saint  Marcq 
nommé  commissaire  général,  est  chargé  encore  une  fois 
de  la  direction  du  district  de  Matadi. 

Il  rentre  dans  sa  patrie  le  23  mai  1899  et  repart,  une 
cinquième  fois,  le  15  mai  1900,  pour  remplir  provisoire- 
ment les  fonctions  de  directeur  de  la  marine  et  des  travaux 
publics. 

De  Saint  iMarcq  reste  au  Congo  jusqu'au  2  novembre  1900. 

Il  meurt  à   Woluwe  le  17  janvier   1907. 

Il  était  capitaine  commandant  au  1''  régiment  de  chasseurs 
à  cheval,  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  officier  de  l'Ordre 
royal  du  Lion  et  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


PUBLICATIONS  : 


VELaïs.  (Mouvement  Géographique,  1890,  p.  42\ 

Be  V alimentation    des    noirs  entre  les  Falls  et  Kassongo.  (Mouvement 
Géographiijue,  1890,  p.  42). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Mouvement  Géographique^  1889,  p.  100. 
Belgique  Militaire^  1900,  no  1535. 


JACQUES,  Alphonse. 


JACQUES,  ALPHONSEJULES-MARIE, 

né  à  Stavelot,  le  24  février   1858. 

Admis  à  l'école  militaire  le  i^mai  1876.  il  est  nommé  sous- 
lieutenant  au  9^  rég-iment  de  ligne,  le  4  mai  1878,  et  entre 
à  l'Ecole  de  guerre  le  l""  octobre  1883. 

Il  est  nommé  lieutenant  au  11^  régiment  de  ligne,  le 
15  mars  1885,  et  quitte  l'Ecole  de  guerre  avec  le  diplôme 
d'adjoint  d'Etat-major,  le  30  septembre  1886. 

Le  8  mai  1887,  Jacques  s'embarque  pour  le  Congo,  comme 
attaché  à  la  direction  des  transports,  travaux  publics  et 
marine  à  Boma.  Il  y  élève  la  première  construction  en  fer, 
fournie  par  les  Forges  d'Aiseau  et  qui  sert  de  palais  au  gou- 
verneur-général de  l'Etat. 

Il  occupe  également  les  fonctions  d'officier  suppléant  du 
ministère  public  d'appel. 

Mis  à  la  disposition  du  commandant  du  territoire  de 
Bangala,  il  va,  sous  les  ordres  de  Dhanis,  jeter  les  bases 
du  camp  de  Basoko,  dans  l'Aruwimi. 

Après  avoir  conduit  aux  Stanle3'-Falls  un  détachement  de 
Bangalas  et  de  Haoussas  et  renouvelé  la  garnison  de  Han- 
neuse,  il  commande  le  poste  de  Yambinga,  à  l'embouchure 


—  338  — 

de  ritimbiri,  rivière  qu'il  remonte   jusqu'aux    rapides  et 
fonde  la  station  de  Boumba. 

Il  rentre  en  Belgique  le  5  juin  1890. 

Le  mouvement  antiesclavagiste. 

Par  son  encyclique  In  Plurimis  du  5  mai  1888,  adressée 
aux  évêques  du  Brésil,  S.  S.  Léon  XIII  s'était  prononcé 
contre  le  trafic  de  l'homme  qui,  dans  toute  son  horreur, 
désolait  et  dépeuplait  l'Afrique  centrale.  Dans  un  admi- 
rable langage,  le  Pape  avait  réclamé  la  disparition  de  cette 
odieuse  plaie,  qui  faisait  honte  à  la  civilisation  chrétienne. 

Dès  ce  moment,  le  cardinal  Lavigerie  commença  sa  noble 
et  active  propagande  antiesclavagiste  dans  le  monde  entier. 
Paris,  Londres  (voir  notice  d'Ursel)  avaient  retenti  de  sa 
mâle  et  persuasive  éloquence.  Dans  un  sermon  fait  à 
Sainte- Gudule,  le  5  août  1888,  le  vénérable  prélat  exposait 
les  tortures  dont  étaient  victimes  nos  frères  d'Afrique, 
courbés  sous  l'odieuse  et  sanguinaire  domination  arabe,  et 
lançait  un  appel  chaleureux  au  peuple  belge  pour  l'enga- 
ger à  coopérer  avec  lui  au  relèvement  de  la  race  déshé- 
ritée et  à  la  délivrer  du  joug  terrible  des  sectateurs  de 
Mahomet. 

Dans  sa  vibrante  péroraison,  l'illustre  archevêque  de 
Garthage  s'écriait  : 

«  Accepterez-vous  encore,  Belges  chrétiens,  de  recevoir  plus 
»  longtemps,  sans  frémir,  les  échos  de  ces  boucheries?  Voulez- 
»  vous   en  porter  le  déshonneur  devant  l'histoire? 

»  Interdire  le  port  des  armes  à  feu  et,  par  conséquent,  celui 
»  de  la  poudre  aux  Arabes  et  aux  métis,  qui  seuls  dirigent  en 
»  Afrique  la  chasse  aux  esclaves  ;  les  punir,  s'ils  ne  se  soumet- 
»  tent  pas,  du  bannissement  immédiat:  c'est  tout  le  sang  que  je 
»  demande. 

»  C'est  maintenant  que  je  m'adresse  à  vous,  jeunes  gens  qui 
»  voudrez  entrer  dans  cette  croisade.  Pour  assurer  l'exécution  d'une 
»  telle   mesure  et   imposer  ainsi    la   paix,  le  gouvernement  a  besoin 


—  :i3<J  — 

»  {l'inu^  {'oi'co,  (lui  r;ii)i)iii(ï,  non  pour  vcii'sor  1(;  sn.n<i;,  comme  vous 
■►>  V(Mie/-  (lo  le  voir,  ni;iis  au  coût  l'aii'c;  pour  rju'i'cilcr'.  Il  no  p(,Mjt 
»  pas  espérer  (juo  his  esclavagistes  arabes  ou  métis,  que;  les 
»  nègres  ([u'ils  entraînent,  obéissent  à  sa  loi  et  se  désarment 
»  (l\Mi\-inénies.  Il  faut  à  (;oté  d'eux  une  fonte  (jui  leur  inspire 
»  enfin  la  crainte  et  les  fasse  obéir.  11  faut  qu'il  se  trouve 
»  parmi  vous  des  chrétiens  vaillants,  prêts  à  tout  sacrifier,  même 
»  la    vie,   pour  arrêter   ce  sang  qui   coule  à   Ilots. 

»  Ces  héros,  je  n'en  demande  du  reste,  en  ce  moment,  qu'un 
»  petit  nombre,  cent  suffisent  pour  délivrer  les  provinces  du  haut 
»  Congo.  Les  contrées  qu'il  faut  préserver,  à  côté  du  Manyema 
»  et  du  Tanganika,  envoient  en  ce  moment  tous  leurs  esclaves 
»  aux  rives  de  l'océan  Indien  et  sur  les  marchés  de  l'Ounjanjembe  ; 
»  il  suflit  de  fermer  aux  esclavagistes  la  route  des  caravanes  pour 
»  rendre  impossible  la  continuation  de  leur  commerce.  Or,  le  lac 
»  Tanganika,  avec  ses  cinq  cents  kilomètres,  suffit  à  barrer  le 
»  chemin,  s'il  est  bien  défendu.  Il  ne  faut  qu'un  vapeur  armé  sur 
»  les  eaux,  des  troupes  volantes  à  ses  extrémités,  et,  pour  cela, 
»  cent  Européens  suffisent,  en  leur  adjoignant,  pour  former  des 
»  milices  régulières,  les  noirs  déjà  chrétiens  ou  catéchumènes  de 
»  nos  missions. 

»  Mais  si  le  nombre  est  faible,  en  revanche  la  qualité  doit 
»  être  excellente;  ce  qu'il  faut,  ce  sont  des  hommes  dignes,  non 
»  seulement  par  leur  courage  et  leur  vigueur,  mais  encore  et  surtout 
»  par  leurs  vertus,  par  leur  foi,  par  une  vie  tout  entière  sans  reproche, 
»  d'une  mission  aussi  noble.  Ils  devront  tout  recevoir  des  chrétiens, 
»  et  c'est  là  ce  que  je  vous  demande,  pour  réparer  dignement  le 
»  sommeil  du  passé:  de  vous  associer  tous,  généreusement,  catho- 
»  liques  belges,  à  une  si   grande    entreprise.  » 

La  Société  antiesclavagiste  do  Belgique  fut  fondée  le 
20  août  1888.  Elle  avait  à  sa  tête  un  conseil  directeur, 
présidé  par  le  lieutenant-général  Jacmart,  auquel  était 
adjoint,  comme  directeur  technique,  le  capitaine  Storms, 
le  fondateur  de  Mpala.  Cette  association  avait  pour  but 
de  concourir  à  l'abolition  de  la  traite,  conformément  aux 


—  310  — 

articles  0  et  9  de  l'Acto  général  de  la  Conférence  de  Berlin. 

Le  d8  novembre  1889  se  réunissait  à  Bruxelles,  sous  la 
présidence  du  baron  Lambermont,  une  conférence  inter- 
nationale pour  l'abolition  de  la  traite  des  nègres.  L'Acte 
général  élaboré  par  cette  conférence  fut  signé  par  les 
représentants  des  divers  gouvernements  le  2  juillet  1890. 

La  Société  antiesclavagiste  de  Belgique  s'occupa  immé- 
diatement d'organiser  l'expédition  que  réclamait  avec  tant 
de  chaleur  le  cardinal  Lavigerie. 

«  La  jeunesse  belge  s'enflamma  d'une  noble  et  sainte  ardeur. 
»  Un  souffle  belliqueux  passa  sur  elle,  et  dans  l'enthousiasme  qui 
»  l'emporta,  on  sentait  renaître  la  fougue  des  anciens  preux,  quand 
»  à  la  voix  de  Pierre  l'Ermite,   ils  s'équipaient  pour  la  croisade.  » 

(Chômé.) 

C'est  au  capitaine  Jacques  que  fut  confié  le  comman- 
dement de  la  noble  et  périlleuse  entreprise  projetée. 

Jacques  était  en  premier  lieu  chargé  d'aller  ravitailler 
le  poste  de  Mpala,  fondé  par  Storms  au  bord  du  Tanga- 
nika  et  cédé  à  son  départ,  aux  Pères  d'Alger. 

Un  autre  brave,  ancien  zouave  pontifical,  le  capitaine 
Joubert,  commandant  les  postes  protecteurs  des  missions 
établis  dans  la  région,  s'y  illustrait  en  ce  moment,  tenant 
depuis  six  ans  les  Arabes  en  respect;  mais  l'épuisement  de 
ses  vivres  et  munitions  faisait  entrevoir  sa  ruine  pro- 
chaine. 

Le  12  avril  1891,  Joubert  signalait  neuf  bandes  qui  opé- 
raient sur  ces  frontières: 

Les  Arabes  de  Tambuwa  battaient  Kataki,  sur  la  rive 
gauche  de  la  Lukuga. 

Mohamedi  pillait  la  rive   droite. 

Makutubu  attaquait  le  centre  du  Marungu  et  infligeait 
une  défaite  à  Kisabi,  l'allié  de  Joubert. 

Rasabu  passait  la  Lukuga  avec  deux  cents  hommes, 
brûlait    deux   villages    chez    Joubert    et    poussait    jusqu'à 


—  311  — 

Mpiila,  (loiiL  lo   s;ilul   \\r    fui   dû  (jif;!   une  Icmpôlc,   (|iii  l>iis;i 
et  dispersa  les  embarcations  arabes  sur  U)  Tan^'-aulka. 

L'arabe  Nazor  mettait  l'U^ua  à  leu  et  à  saii^-;  li-ois  lieu- 
tenants do  Rumaliza  dévastaient  Itawa,  Kirando  et  rii[)a. 
Knlin  Kikambe,  esclave  de  l'Arabe  Slimani,  revenait  avec 
six  cents  prisonniers   du   Marun^u. 

Jacques  reçut  l'ordre  de  complétc^r  le  système  (b^lensif 
du  Tan<^anika,  en  établissant  une  station  à  l'endroit  qu'il 
jugerait  le  plus  favorable  à  l'accomplissement  de  sa  tâclie. 

Le  chef  de  l'expédition  antiesclavag-iste  quitte  la  Bel- 
gique le  8  mai  1891  et  quatre  jours  plus  tard,  il  est  admis 
en  audience  particulière  au  Vatican,  par  le  Souverain  Pontife 
qui  tient  à  donner  au  jeune  capitaine  un  gage  de  Sa  haute 
sympathie  pour  l'œuvre  qu'il  va   entreprendre. 

Ayant  rejoint  à  Naples  ses  adjoints,  le  sous-lieutenant 
Renier,  l'adjudant  Doquier  et  le  sergent  Alexis  Vrithoff, 
membres  volontaires  qui  ont  quitté  Rotterdam  le  29  avril, 
Jacques  poursuit  avec  eux,  à  bord  du  Bundcsrath,  le  voyage 
vers  la  côte  orientale. 

Les  courageux  Belges  débarquent  à  Zanzibar,  le  7  juin, 
et  se  dirigent  vers  Bagamoyo,  où  doit  s'organiser  la  cara- 
vane pour  la  traversée  des  territoires  du  protectorat 
allemand. 

Jacques  trouve  les  autorités  coloniales  bien  disposées 
en  faveur  de  l'expédition  belge.  Le  gouverneur  général 
baron  von  Soden  réduit  de  deux  tiers  les  droits  de  douane 
sur  les  marchandises  à  transporter  par  l'expédition  et  exo- 
nère celle-ci  de  la  charge  d'estampillage   des  fusils. 

L'Indien  Sewa  Hadji,  habitant  Zanzibar,  a  presque  exclu- 
sivement le  monopole  de  la  formation  des  caravanes  par- 
tant de  Bagamoyo.  Il  assiste  le  capitaine  dans  le  recrutement 
des  porteurs,  qui  coïncide  malheureusement  avec  celui  des 
sept  mille  hommes  qu'exige  l'expédition  von  Wissmann; 
l'escorte  est  constituée   au  prix  de  grandes  difficultés. 

Le  12  juillet,  le  chef  de  l'expédition  antiesclavagisle, 
accompagné  de  ses  adjoints  quitte  Bagamoyo  et  s'enfonce 


—  312  — 

dans  l'intérieur  de  l'Afrique,  à  la  tête  d'une  caravane  de 
quinze  cents  hommes,  parmi  lesquels  six  cents  Pagazis  et 
cent  Askaris. 

La  caravane  en  marche  couvre  une  longueur  de  cinq 
kilomètres;  elle  passe  le  Kingani,  campe  au  sud-ouest  de 
Bikiro,  arrive  à  M'Sona,  Kisemo,  traverse  le  Gucreng-ueré, 
en  ce  moment  à  sec  et  le  Jangué-Jangué,  atteint  Minkessé. 
les  plaines  de  Simba  Mounié,  Kingo  M'Kuwl)a  et  visite 
les  missions  de  M'Rogoro  et  du  Saint-Esprit.  Le  28  juil- 
let, elle  se  dirige  vers  Kingo  N'Dogx). 

Franchissant  la  rivière  Makata,  elle  atteint  Kimamba, 
dépasse  Farahani  et  Kondoa.  Elle  est  accueillie  [)ar  les  pères 
de  la  mission  de  Lalonga.  Longeant  la  Kondoa,  l'expédition 
arrive  au  village  de  Mounié  N'Sagara,  entrevoit  l'ancien 
emplacement  du  village  de  Kirossa-Kidette  et  gagne,  le 
5  août,  le  village  de  Tambi  et  le  lendemain  celui  de  Tou- 
bougwé.  Jacques  parvient  à   Mpwapwa  le  7  août. 

Le  11,  il  quitte  ce  village,  passe  à  Tambi,  en  vue  du 
port  de  Ghungo,  devant  l'entrée  du  Marenga  M'Kali, 
bivouaque  à  Gaugnis,  Moungni  M'Gallou,  N'Sanga,  Ipala, 
Djiassa    et    Mommadede,  puis  atteint  Gonza  et  Boubou. 

Le  19,  Jacques  dresse  sa  tente  près  de  la  rivière  Polonga, 
dans  la  plaine  qui  s'étend  près  de  l'agglomération  de  Sam- 
boulou.  Le  lendemain,  il  s'efforce  d'atteindre  Makengué, 
lorsqu'à  la  sortie  du  village  de  Hindi,  des  sauvages  Wagogos, 
au  nombre  de  six  cents,  tentent  d'arrêter  la  caravane 
et  de  la  dépouiller.  Les  Belges  doivent  soutenir  contre 
ces  farouches  brigands  une  lutte  défensive  des  plus  péril- 
leuses. Le  22,  le  commandant  quitte  le  camp  de  Makengué, 
défile  entre  les  tembés  de  M'Tiwe,  passe  à  Kilima-Tinde, 
Mouhallala,  traverse  la  M'Gounde  M'Kali,  parcourt  les  vil- 
lages de  rOunyanyembe,  s'installe  sur  l'emplacement  jadis 
occupé  par  le  village  de  Mabombougou,  gagne  Kuamamba- 
Ghouans,  les  bords  du  lac  Tchaïa  et  Itoupa,  puis  campe 
près  de  m'toni  de  Koualla,  pour  arriver  enfin  à  Roubouzoua, 


—  313  — 

Ki^'oua  cl  K;iss()(\  où  il  l'ojoinL  rcxpôdiliori  du  Kataiipfa 
(Stairs-Hodson),   partie  de  Ha^amoyo  dix  jours  avant  lui. 

Jac(]ues  fait  son  entrée  à  Tabora   U)  7  s(îi)tend)re. 

Il  a  attiMut  cette  destination  en  (juarante-huit  étapes, 
avec  une  caravane  de  (piinze  cents  personnes,  cinquante- 
huit  jours  après  avoir  quitte  la  côte,  et  sans  ({u'aucune  de 
ses  trois  mille  cincj  cents  pièces  d'étoffes  lui  ait  été  dérobée. 

Il  trouve  Tabora  occupé  par  les  Allemands.  L'iionneur 
de  cette  prise  de  possession  revient  au  lieutenant  Si^l, 
ancien  officier  de  la  cavalerie  autrichienne,  actuellement  au 
service  de  l'Allemagne,  ([ui  l'ait  un  accueil  chaleureux 
aux  Belges. 

Jacques  séjourne  à  Tabora  du  7  au  23  septembre,  pour 
y  former  une  nouvelle  caravane  de  quatre  cents  porteurs, 
les  agents  de  Sewa-Hadji  ne  lui  ayant  pas  fourni  le  contin- 
gent d'hommes  qu'il  devait  retrouver  en  cet  endroit. 

Le  24  septembre,  Jacques  se  remet  en  marche  pour  fournir 
les  dernières  étapes  de  son  voyage.  Il  traverse  Koryara, 
s'arrête  à  Tema  et  à  Igoua,  campe  à  Toutouwo  et  franchit  la 
frontière  de  l'Ounyanyembe,  est  reçu  par  un  chef  à  Igonda, 
campe  à  Komoina  Nyagy  et  arrive  à  Simbiri  le  29  septem- 
bre. Continuant  sa  route  il  dépasse  les  tembés  de  Mapolima 
et  se  trouve,  le  30  septembre,  à  Kakoma,  où  il  est  averti,  par 
une  lettre  du  R.  P.  Randabel,  qu'à  la  nouvelle  de  l'arri- 
vée de  l'expédition,  Rumaliza  a  renoncé  à  recruter  des 
Rouga-Rouga  sur  la  côte  orientale  pour  attaquer  le  capi- 
taine Joubert. 

L'expédition  anti esclavagiste  poursuit  son  itinéraire  par 
Kissindé,  dernier  village  de  l'Uganda,  le  m'toni  d'Ougalla, 
Modua  Limouka,  Oukallala,  Oukelambéga,  Bakasuisa, 
Mokaiala-Simbo  et  Gongwe,  où  une  caravane  venant  de 
Karema  remet  au  commandant  une  lettre  du  capitaine 
Joubert.  Jacques  fait  halte  au  m'toni  de  Katouma,  passe 
aux  sources  de  Simbo  ou  Mouniaki,  au  village  de  Kamba, 
et  le  lendemain   au   m'toni  d'Oukamba. 

Le  16  octobre  1891,  Jacques  parvient  au  lac.  Les  PP.  Ran- 


—  311  — 

dabel  et  Dromeaux  lui  font  un  accueil  des  plus  réconfor- 
tants à  Karema. 

Vrithoff  est  dépêché  auprès  de  Joubert,  son  nouveau  chef. 

Le  premier  résultat  de  l'arrivée  de  Jacques  au  Tanganika 
est  la  dispersion  des  troupes  que  Rumaliza  (Mohamed  ben 
Rholfan),  l'Arabe  le  plus  puissant  d'Udjiji,  organisait  pour 
attaquer  le  capitaine  Joubert  :1c  recrutement  que  faisaient  sur 
la  côte  est  du  Tanganika  les  agents  de  ce  puissant  ennemi 
fut  immédiatement  arrêté,  et  ses  gens,  qui  avec  Katelé 
occupaient  un  village  fortifié  à  quatre  lieues  de  Karema, 
abandonnèrent  cette  position  qui  servait  depuis  dix-huit  mois 
de  base  d'opérations. 

De  Karema,  Jacques,  grâce  aux  barques  obligeamment 
prêtées  par  les  missionnaires  de  Mpala,  atteint  Saint-Louis 
de  M'Rumbi,  à  une  journée  de  Mpala,  par  l""  01  de  lat. 
sud,  à  deux  kilomètres  de  la  rive  du  Tanganika  et  à  trois 
lieues  du  pic  de  M'Rumbi.  Il  y  est  reçu  fraternellement 
par  le  capitaine  Joubert  (30  octobre),  qu'il  vient  de  sauver 
d'une  mort  imminente. 

L'entrevue  des  deux  chefs  est  émouvante. 

Le  capitaine  Joubert,  ancien  zouave  pontifical,  breton  de 
naissance  et  congolais  de  nationalité  tenait  tête,  depuis 
quatorze  ans,  à  toutes  les  tentatives  dirigées  par  les  Arabes 
contre  sa  station.  L'arrivée  des  forces  antiesclavagistes  le 
délivre  des  bandes  arabes  qui  se  concentraient  de  façon 
menaçante  autour  de  son   poste. 

De  concert,  Jacques  et  Joubert  vont  organiser  sur  le 
Tanganika  cette  fameuse  barrière  de  postes  destinés  à 
arrêter  les  convois  d'esclaves  que  les  Arabes  formaient, 
au  prix  de  tant  de  massacres,  dans  l'intérieur  du  con- 
tinent, pour  les  diriger  ensuite  vers  les  marchés  de  la  côte. 

Le  21  novembre,  Jacques  débarque  à  Mpala.  Il  y  est 
accueilli  avec  enthousiasme  et  munificence  par  les  Pères 
blancs,  ces  courageux  missionnaires  qui,  en  plein  centre 
esclavagiste,  au  milieu  de  dangers  sans  nond^re,  consacrent 
leur  vie  au  relèvement  de  la  race  déshéritée. 


—  'Mo  — 

Le  l''"  (léconiln'e,  Jac(iiics,  accompn^iKi  du  H.  P.  Guillémé, 
part  (Ml  i'(T,onnaissance  à  bord  du  Yiisufu,  bateau  de  la 
mission,  avec  vin^t  Iioinmes  d'(u|uipa^(î  et  une  escorte  de 
quarant(^  bomnies  armés,  alin  de  recbercber  l'emplacement 
le  plus  favorable  i)our  le  premier  poste  de  la  Société  anties- 
("lava<^-iste  au  Tan^anika. 

Deux  ports  seulement  permettent  à  un  steamer  d'aborder 
aisément:  celui  de  Gavala,  dans  l'île  de  ce  nom,  en  face 
de  M'Towa,  et  celui  de  Kabacha,  à  deux  lieues  au  sud  de 
la  mission  des  Pères  blancs  de  Lavigerieville.  Pour  les  bar- 
ques à  voiles,  il  y  a  possibilité  d'accoster  dans  la  grande 
baie  de  la  Lukuga,  à  la  résidence  de  Kataki  et  à  Katinga, 
à  deux  lieues  et  demie  au  nord  de  M'Towa.  La  situation 
politique  dicte  au  commandant  le  choix  du  poste;  Jacques 
a  partout  rencontré  les  postes  de  Wangwanas.  Le  premier, 
commandé  par  Kahengéré,  est  installé  dans  un  boma  réputé 
imprenable,  à  deux  heures  de  marche  de  Rutuku;  un 
deuxième  poste  se  trouve  à  l'entrée  de  la  plaine  de  Kataki; 
un  troisième  sur  la  Lukuga,à  Miketo,  est  aux  ordres  de 
Mouina.  De  plus,  passé  la  Lukuga  et  la  Lugomba,  à  deux 
kilomètres  de  la  rivière,  Fundi  Bweté  occupe  un  énorme 
château-fort.  A  M'Towa  Jacques  aperçoit  quatre  caravanes 
d'esclaves  razziés  par  huit  à  dix  Wangwanas,  et  que  ces 
odieux   trafîcants  se  préparaient  à  diriger  vers  Udjiji. 

Enfin,  à  deux  kilomètres  à  l'intérieur  des  terres,  un  poste 
arabe  fixe  se  dresse  menaçant  dans  une  position  très  forte; 
il  est  commandé  par  Ali  Mouende. 

Toutes  ces  forces  dépendent  de  Rumaliza,  le  redoutable 
lieutenant  de  Tippo-Tip. 

Plus  au  nord  se  trouvent  encore  sept  autres  places  fortes 
au  pouvoir  d'un  autre  Arabe  d'Udjiji,  Bwana  Soro.  Ce  sont 
ceux  d'Ali-Mazi  à  Bondo  près  Simbo;  de  Lukata  à  Kisosi; 
de  Mafuta  à  Kilingi;  de  Magoé  à  Kassoré;  Mlingi  à  Kakéra; 
de  Kafuila  à  Kafumbwi  ;  de  Songolo  à  Mombasi  ;  ensuite 
Kabuha  et  Kibanga-Lavigerieville,  et  enfin  d'autres  postes 
de  Rumaliza. 


—  34G  — 

Jacques  peut  dès  lors  prévoir  que  l'emplacement  choisi 
lui  sera  vivement  disputé  par  les  Arabes  et  qu'il  aura 
toutes  les  peines  du  monde  à  éviter  la  terrible  famine, 
qui  se  prépare  inévitablement  dans  un  pays  aussi  ravagé. 

Le  commandant  donne  la  préférence  à  l'ancienne  rési- 
dence de  Kataki:  le  port  est  suffisant,  la  plaine  grande 
et  fertile.  Le  site  est  borné  au  nord  par  une  chaîne  de 
collines  qui  s'abaissent  en  gradins  jusqu'à  la  Lukuga  et 
permettent  de  continuer  au  nord  le  travail  accompli  dans 
le  Marungu,  par  .Joubert.  L'Urua  et  la  Lukuga  seront  la 
barrière  provisoirement  fixée  aux  chasseurs  d'hommes. 

Le  26  décembre,  le  Stof^ms  et  le  Ysiifu,  sous  les  ordres 
de  Renier,  lèvent  l'ancre  vers  neuf  heures  du  matin,  empor- 
tant les  malades,  les  vivres  et  les  munitions.  Immédiatement 
après,  Jacques  et  Doquier  reprennent  le  bâton  de  pèlerin 
à  la  tête  de  leur  troupe,  qui  forme  un  long  ruban  au  travers 
des  cultures  de  Mpala  au  Lufuko.  Le  28,  ils  rejoignent, 
après  une  marche  des  plus  pénibles,  les  bateaux  chez 
Rutuku.  Le  29,  à  six  heures  et  demie  du  soir,  le  camp  est 
dressé  près  de  la  rive  à  l'angle  nord-est  de  la  plaine  de 
Kataki. 

Le  lendemain,  les  travaux  d'installation  de  la  station 
et  la  construction  du  boma  sont  entamés  et  poursuivis 
avec  une  fièvre  d'activité  sans  pareille. 

Menacé  par  l'arrivée  de  quatre  espions,  bientôt  convaincus 
de  nombreux  crimes,  Jacques  exécute  l'arrêt  d'un  conseil 
de  guerre  aussitôt  réuni  et  débarasse  le  pays  de  trois 
bandits.  L'un  des  condamnés  parvient  à  prendre  la  fuite. 

La  nouvelle  de  cet  acte  énergique  se  répand  et  a  des 
conséquences  heureuses.  La  nuit  même,  les  gens  d'un 
petit  village  établi  dans  la  plaine  croient  prudent  de 
déguerpir,  et  trois  jours  après,  Fundi  Bwete  abandonne 
son  immense  boma,  pour  prendre  la  route  du  Masazanzé 
vers  le  nord  du  lac.  La  position  évacuée  par  l'ennemi  est 
immédiatement  réoccupée  par  l'ancien  chef  Mouni,  spolié 
par  l'usurpateur. 


—  :M7  — 

La  phiine  de;  Moiiui  est  conl'i^nr  ;i  cello  do  M'Towa,  et 
facilite  les  coiiiiriunications  de  JncqiK^s  avec   cette  station. 

Le  y>  jaii\  i('r  1S'.)-J,  les  forces  antiesclava^MStes  sont  eritoir 
r(''('s  d'un  iioma  (jiii  a  deux  cents  mètres  de  riéveloppement. 
(]'esl  la  prciiiirie.  hari-jri-e,  désormais  infranchissable,  éle.vée 
conti-e  les  incursions  des  cliass(îurs  rriiommes.  Jacques 
donne  le  nom  de  l'héritier  de  la  couronne  dr;  Iie]f.nque  au 
premier  |)Oste  de  la  Société  antiesclavaj^nste  au  Tan^inika. 

Le  :kj  janvier,  la  construction  de  l'habitation  du  com- 
mandant, munie  du  barza  indispensable,  est  terminée;  l'amé- 
na'^^ement  des  cases  pour  les  hommes  se  poursuit,  tandis 
(pie  Kataki  et  ses  ^ens  plantent  leurs  huttes  à  l'intérieur 
du  boma.  Quelques  lo^is  pour  les  adjoints,  un  grand 
magasin  pf)iir  les  marchandises,  une  cuisine,  une  bergerie 
et  un  vaste  i)Otager  complètent  la  station  d'Albertville. 

Le  8  févri(!r,  un  homme  de  Kataki  amène  au  capitaine 
un  prisonnier  qui  lui  annr)nce  que  Kahengéré  a  quitté 
son  boma  depuis  trois  jours,  avec  ses  femmes,  ses  enfants 
et  ses  biens,  délaissant  un  potager  en  pleine  prospérité.  Se 
méfiant  de  cette  générosité,  peu  usitée  de  la  part  d'un 
ennemi,  Jacques  et  Renier,  suivis  d'une  cinquantaine 
d'hommes,  vont  s'assurer  de  l'étendue  des  cultures  que 
Kahengéré  leur  a  si  bénévolement  abandonnées,  lorsqu'à 
peu  de  distance  du  boma  qui  leur  paraît  désert,  un 
coup  de  feu  retentit,  bientôt  suivi  rrune  vive  fusillade.  Une 
balle  érafle  le  [)if;d  drr^it  du  capitaine  Immédiatement,  les 
hommes  sont  déployés,  répondent  au  feu  de.  la  place  par 
quelques  décharges  de  leurs  mous^pietons,  et  sans  perdre 
de  temps  aux  préliminaires  d'un  siège  en  règle,  se  jettent 
résolument  à   l'assaut. 

En  moins  d'une  minute*,  ils  sont  au  pied  delà  palissade, 
que  quelques-uns  tentent  d'escalader,  tandis  que  d'autres, 
stimidant  leurs  efforts  par  fies  chants  d'ensejubU',  se  mettent 
en  devoir  de  déraciner  les  br^is  du  lïîinpai-t.  L'ne  demi- 
heure  plus  tard,  toute  la  troupe  s'engouffre  dans  la  place 
par  la  brèche  qui  vient  d'être  pratiquée. 


—  :J48  — 

En  une  après-midi,  le  principal  point  d'appui  des  bandes 
esclavagistes  est  détruit  et  le  dernier  drapeau  rouge  et 
blanc  qui  flottait  encore  sur  la  rive  sud  de  la  Lukuga 
disparaît.  Les  prisonniers  suivent  le  vainqueur  au  poste 
d'Albertville  et  s'y  appliquent  aux  travaux  de  culture. 

Le  borna  ennemi  est  incendié;  le  terrain  où  s'élevaient 
encore  la  veille  les  solides  et  redoutables  fortifications  de 
Kabengéré  est  soigneusement  nivelé. 

Quelques  jours  plus  tard,  Jacques,  Renier,  une  cinquan- 
taine d'Askaris,  Kataki  et  ses  gens  traversent  la  Lukuga, 
à  l'endroit  où  le  lac  s'y  déverse,  pour  se  porter  au  secours 
de  Muni  aux  prises  avec  quelques  Wangwanas  d'Ali 
Mouende.  A  l'approcbe  des  blancs,  les  brigands  se  retirent, 
mais  tuent  deux  parents  du  chef  de  Kassenga.  Jacques 
rentre  à  Albertville  et  fortifie  sa  résidence. 

Trois  mois  sont  consacrés  à  la  culture  et  à  la  construc- 
tion du  fort,  mais  tandis  que  les  villages  indigènes  renais- 
sent de  leurs  cendres,  le  capitaine  reçoit,  le  15  mars  1892, 
avis  de  Mgr  Le  Ghaptois,  vicaire  apostolique  du  Tan- 
ganika,  que  la  mission  de  Kibanga,  au  nord  du  lac,  est 
menacée  d'une  attaque  et  que  huit  barques  chargées  de 
monde  viennent  d'arriver  d'Udjiji  à  la  côte  occidentale. 
Jacques  n'hésite  pas  à  voler  au  secours  de  ses  frères. 
Accompag-né  de  Doquier  et  d'une  petite  troupe,  il  atteint 
Kibanga  le  22  mars. 

Depuis  quatre  mois,  plus  de  dix  mille  Wa bombes  habitant 
le  voisinage  de  Kibanga-Lavigerieville  avaient  été  enlevés 
et  transportés  à  Udjiji  pour  être  vendus.  Gomme  tribu, 
les  Wabembes  peuvent  désormais  être  biffés  de  la  carte 
d'Afrique. 

L'Ugoma  est  à  la  veille  de  subir  le  même  sort.  Depuis 
Karomvwe  jusqu'à  Udjiji,  tout  le  long  du  littoral  et  à 
l'intérieur  des  terres,  les  postes  de  Wangwanas  se  suc- 
cèdent sans  interruption.  La  mission  est  en  quarantaine. 
Jacques  constate  l'impuissance  de  ses  cinquante  fusils 
contre  un  ennemi  aussi  puissant.  Aussi  la  situation  criti- 


—  ;mu  — 

que  (les  l\''i'(vs  {\r  Kih;iii^;i  lui  sii^<^'ri'('-L-(;ll(!  l'idée  de  coii- 
tV'rer  avec  le  puissant  ('lier  (riJdjiji,  l'organisateur  des  razzias 
autour  du  TaiiLianika.  Le  capitaiiK^  est  reru  à  Ildjiji,  le 
2*,)  mars,  pai'  h^  sultan  llumaliza,  au  milieu  d'un  appai'(Ml 
uiilitaire  iiapiiiHant;  il  lui  expose  qu'il  est  chargé  d'ad- 
ministrer 1(^  (lisli'ic't  du  Tanganika,  conrorinément  aux  lois 
de  l'Ktat,  et  essaie  de  détruire  les  lé^'endes  accréditées  par 
les  Nyamparas  au  sujet  des  prétendus  massacres  de  Fundi 
Bwete,   Kaheng'éré  et   Ali   Mouende. 

Dans  l'entrevue  qu'il  a  avec  l'Arabe,  Jacques  court  les 
plus  grands  dangers  et  n'obtient  qu'une  déclaration  éva- 
sive  de  la  part  du  sultan. 

Le  30  mars,  à  midi,  il  quitte  Udjiji  pour  rentrer  à  la 
station  d'Albertville.  Fatigue  par  quarante-huit  heures  de 
navigation,  il  se  dispose  à  aborder  chez  Mouni,  lorsqu'au 
moment  où  ses  hommes  sont  occupés  à  pousser  pénible- 
ment le  bateau  dans  le  Lugumba,  il  est  accueilli  par  une 
grêle  de  balles  tirées  par  les  gens  de  Kalonda  ^  enfants 
de  Rumaliza  ».  Le  bateau  va  être  enveloppé.  Jacques  et 
ses  hommes  sont  obligés  de  faire  usage  de  leurs  armes 
pour  se  dégager.  Ils  y  parviennent  et  peuvent  continuer 
leur  route  vers  Albertville. 

Pendant  l'absence  du  commandant,  de  graves  événe- 
ments s'étaient  passés  à  la  station.  Une  multitude  de 
Wangwanas  (Mouhina,  Kabego,  Kahengéré  et  d'autres 
du  Manyema),  sous  la  conduite  de  Kalonda,  avaient  fait 
irruption,  le  25  mars,  à  M'Towa  et  près  de  la  Lukuga,  et  y 
avaient  opéré  une  rafle  considérable  de  prisonniers.  Le 
28,  les  chefs  qui  s'étaient  réfugiés  dans  la  plaine  étaient 
venus  demander  l'aide  de  Renier  pour  reprendre  leurs 
femmes  et  leurs  enfants.  Renier  les  fît  accompagner  de 
vingt-et-un  Askaris  qui  se  portèrent  avec  eux  tout  contre 
le  boma  de  Mouni,  où  étaient  établis  les  Wangwanas. 
Un  coup  de  feu  tiré  à  ce  moment  jeta  la  perturbation 
dans  le  camp  ennemi  et  un  millier  de  prisonniers  pro- 
fitèrent du  désarroi  pour  prendre  la  fuite. 


—  350  — 

Cependant  les  Wangwanas  revinrent  vite  de  leur  surprise 
et  s'aperçurent  aisément  de  la  faiblesse  numérique  des 
assaillants.  Les  Wachenzies,  selon  leur  lâche  et  ingrate 
habitude,  se  dérobèrent  aux  premiers  coups  de  fusil, 
passèrent  dans  le  camp  de  celui  qui  leur  paraissait  le 
plus  fort  puis  mirent  le  feu  à  un  village  construit  tout  près 
du  boma  d'Albertville,  tout  en  se  livrant  avec  armes  et 
bagages  aux  Wangw^anas  postés  à  proximité.  Des  vingt-et-un 
Askaris,  quatre  furent  tués  et  deux  blessés;  quatre  chas- 
sepots  et  un  fusil  à  capsule  tombèrent  entre  les  mains  de 
l'ennemi. 

Dans  dos  conjonctures  aussi  graves,  Renier  envoya  aussitôt 
un  courrier  à  Joubert,  demandant  des  renforts  et  l'aide  de 
Vrithoff,  son  adjoint,  pour  g-arder  la  place  pendant  qu'il 
irait  lui-même  déloger  les  Wangwanas.  Au  moment  le 
plus  critique  de  cette  phase  inquiétante  Jacques  rentre 
malade  à  Albertville.  Il  est  forcé  de  confier  le  commande- 
ment de  l'expédition  à  Renier,  avec  Doquier  et  Vrithoff 
comme  adjoints  et  une  centaine  d'hommes. 

La  troupe  quitte  Albertville,  le  lundi  4  avril  et  campe 
près  de  la  Lukuga.  La  rivière  —  large  d'un  kilomètre 
et  profonde  d'un  mètre,  à  cette  saison  —  est  franchie 
le  mardi  5  avril,  au  point  du  jour.  L'engagement  a  lieu 
immédiatement.  Les  Wangwanas  résistent  aux  assauts 
réitérés  de  la  troupe  antiesclavagiste:  Vrithoff  et  trois 
de  ses  hommes,  victimes  de  leur  fougue  héroïque,  trouvent 
la  mort  aux  portes  du  boma. 

Dès  lors,  les  efforts  de  Renier  pour  ramener  les  troupes 
déprimées  à  une  nouvelle  attaque  restent  vains,  et  la  retraite 
s'impose.  Pour  comble  de  maux,  l'ennemi  reçoit  des  renforts 
de  M'Towa;  aussi  la  poursuite  est-elle  acharnée  et  ne 
s'arrête  qu'à  la  Lukuga.  Outre  la  i)erte  de  Vrithoff  et 
de  ses  hommes,  la  troupe  de  Renier  a  dix  blessés  et  se 
voit  privée  de  quatre  fusils. 

Le  lendemain  de  la  bataille,  les  Wangwanas,  dont  le 
grand  chef  Kalonda  a  péri  au  cours  de  la  mêlée,   activent 


—  :^>r,j  — 

linir  (l'ini'c  dnvnstiUi'ico.  Ils  (If'lriiisenl  une.  j)nrlic  du  vil- 
\;\^('.  (\o  Mouui  ci  11(5  s(î  l'ctii'cMil  (juo  \)()\iv  se  refaire  et 
reprendre  la  lui  le  bientôt  après. 

Pendanl  la  péi'iode  d'accalniie  (pii  suit  ees  événements, 
Jaccpies  l'ait  compléter  les  ibrtifications  d'Albertville.  Comme 
il  s'attendait  de  jour  en  jour  à  une  attaque  sérieuse,  il  adresse 
un  api)el  pressant  au  Conseil  directeur  de  la  Société  antiescla- 
va<^iste  ))our  qu'on  lui  envoie  en  toute  bâte  des  armes 
j)errectionnées.  Déjà  à  ce  moment  l'expédition  de  Lon^^' 
s'embai'quait  à  Amsterdam;  malbeureusement  elle  allait 
être  arrêtée   longtemps  à  Tabora,  faute   de  porteurs. 

Sur  ces  entrefaites,  le  missionnaire  anglais  Schwan 
propose  la  paix  au  nom  de  Rumaliza:  les  conditions  en 
seront  réglées  par  Bwana  M'Zigi  qui  sera  envoyé  en  ambas- 
sadeur auprès  du  commandant  des  forces  antiesclavagistes. 
Cette  tactique  n'est  qu'une  ruse  de  la  part  des  Arabes  pour 
gagner  du  temps,  opérer  leur  concentration,  rappeler  les 
contingents  de  Manj^emas  de  l'Ubudgué,  du  Masanga  et 
de  rUvira  et  reprendre  les  hostilités.  Jacques  attend  vaine- 
ment pendant  quatre  mois  le  lieutenant  de  Rumaliza. 

Les  Arabes  débutent,  au  mois  de  mai,  par  le  pillage 
et  l'incendie  des  derniers  villages  de  la  mission  de  Kibanga. 
Uledi,  qui  a  son  quartier  général  dans  les  environs  de 
Karomvwe,  installe  un  borna  dans  la  résidence  même  de 
Simba;  ce  dernier,  allié  de  Jacques,  est  contraint  de  se 
réfugier  dans  les  montagnes.  Puis,  une  bande  d'Arabes 
fait  son  apparition  à  M'Towa  et  dans  les  environs  de  la 
Lukuga,  opérant  une  nouvelle  rafle  d'esclaves.  Des  bomas 
sont  construits  dans  les  environs  de  l'ancienne  position 
de  Mouni  et  près  de  M'Towa.  Par  surcroît  de  malheurs, 
une  famine  terrible  se  prépare.  Jacques  accélère  les  derniers 
travaux  de   défense  d'Alberville. 

Dans  les  premiers  jours  de  juillet,  les  ennemis  relâchent 
un  de  leurs  prisonniers,  qui  vient  offrir  au  commandant 
une  balle  de  cuivre  et  un  épi  de  maïs,  symbolisant  la  paix 
et  la  guerre.  Les  Arabes  consentent  à  la  paix,  à  condition  que 


—  352  — 

Jacques  1(3S  paie  largement,  renvoie  les  Wachenzies  et 
quitte  sa  position.  Le  commandant  accepte  le  spécimen  de 
balle  admirablement  martelée  et  ne  répond  pas  autrement 
à  la  bravade  de  l'ennemi.  Le  7  juillet,  le  P.  Moinet  accom- 
pagne ses  gens  qui  vont  se  ravitailler  à  Mpala  ;  mais  à 
la  hauteur  de  la  Lukuga,  il  est  attaqué  par  les  Wangwanas. 

Le  10  juillet,  les  Wangwanas  ont  traversé  en  masse  la 
Lukuga  et  prennent  le  chemin  de  l'intérieur  qui  conduit 
par  derrière  au  poste  occupé  par  les  antiesclavagistes.  Le  20, 
ils  envahissent  le  village  de  Kataki,  à  dix-huit  cents  mètres 
de  là  et,  quelques  jours  après,  se  ruent  sur  Zambwa,  au 
fond  de  la  baie  d'Albertville. 

Le  30,  dans  la  nuit,  les  brigands  que  les  Arabes  ont 
déchaînés  contre  les  antiesclavagistes  se  trouvent  établis 
au  village  de  Kaniera  Kouiera,  distant  du  poste  de  cinq 
cents  mètres  à  peine. 

Dans  la  nuit  du  12  au  13  août,  les  gens  de  Miketo,  qui 
sont  de  connivence  avec  les  Wangwanas,  abandonnent  et 
incendient  en  partie  les  cases  du  village  qu'ils  ont  élevés 
tout  contre  les  murs  du  fort. 

Le  16,  au  réveil,  les  troupes  antiesclavagistes  aperçoivent 
au  bout  de  la  plaine,  sur  l'emplacement  de  l'ex-village  de 
Kataki  à  deux  kilomètres  du  poste,  un  boma  que  les 
gens  des  Arabes,  trois  ou  quatre  cents  hommes,  sont  venus 
construire  la  nuit.  Jacques  revient  précisément  de  Mpala, 
où  il  s'est  rendu  pour  un  ravitaillement. 

Un  millier  d'ennemis  environ  provoquent  immédiatement  à 
la  lutte  et  Jacques  expédie  aussitôt  un  courrier  au  capi- 
taine Joubert,  lui  demandant  du  secours. 

Les  Wangwanas  détruisent  successivement  Tambwa  et 
Katabele  (Thatchelé).  La  troupe  ennemie,  grossie  d'Unya- 
mouézis  et  de  Manyemas,  compte  trois  cents  fusils,  plus  une 
foule  d'indigènes  armés  de  lances  et.de  flèches  empoisonnées. 

La  situation  des  Belges  est  grave  sinon  désespérée  lorsque 
le  24,  dans  l'après-midi,  Jacques  aperçoit  des  voiles  à  l'hori- 
zon :  ce  sont  les  renforts  demandés.  Mais  quelle  n'est  pas 


.jUO 


sa  joie  (M  sa  surprise*  do  voir  (l(''l)ar(jU(ir  avec  le  ('apilaino 
.loiiherl,  le  coiiiniaïKlanl  de  l'expédilion  du  Katan^-a,  Alexan- 
dn*  Delconinuine  (U  dcnix  d(^  s(»s  adjoints,  Diderrich  et  le  ser- 
«^■(Md  C.assaii,  (pii  dans  un  élan  s[)()nLané  et  généreux, 
vieinuMd  apporl(U'  l(Mir  concours  à  l(Mirs  compatriotes  en  péril! 

Le  25,  des  barques  vont  prendre  chez  Rutuku  les  deux 
cents  hommes  du  capitaine  Joubert  qui  ont  atteint  ce 
point  par  la  voie  de  terre  et  le  20,  la  concentration  des 
forces  antiesclava<^-istes  est  terminée.  Jacques  dispose  de 
quatre  cent  cin(juantc  hommes,  dont  les  deux  tiers  sont 
armés  de  fusils. 

L'assaut  est  décidé  pour  le  lendemain. 

Delcommune,  avec  une  poignée  d'hommes  résolus,  devra 
déjouer  toute  tentative  de  l'adversaire  pour  s'emparer  du 
fort.  Joubert,  secondé  par  Diderrich  entamera  l'action,  avec 
cent  cinquante  hommes  et  attirera  l'ennemi  de  son  côté 
tandis  que  Jacques,  avec  ses  adjoints  et  le  sergent  Gassart, 
après  avoir  contourné  la  position,  se  jettera  sur  le  borna 
dégarni  d'une  partie  de  ses  défenseurs. 

Au  petit  jour,  chacun  est  à  son  poste  et  vers  six  heures 
l'action  s'engage.  L'ennemi  se  lient  caché  dans  des  tran- 
chées profondes  creusées  immédiatement  derrière  de  solides 
palissades,  à  l'abri  des  coups  de  l'adversaire. 

De  tous  les  côtés,  les  forces  antiesclavagistes  se  ruent 
sur  cette  haie  meurtrière  sans  parvenir  à  l'ébranler.  L'occu- 
pant est  abondamment  pourvu  de  munitions:  il  est  cerné 
douze  heures  durant.  A  la  tombée  du  jour,  alors  que  les 
défenseurs  épuisés  cherchent  une  issue  pour  gagner  les 
champs,  un  coup  malheureux  blesse  im  des  Nyamparas 
du  commandant  et  jette  la  panique  dans  les  rangs  des  soldats. 
Ceux-ci  restent  sourds  aux  appels  de  leurs  chefs  et  presque 
tous,  abandonnant  l'action,  regagnent  le  poste  dans  une 
fuite  désordonnée.  L'ennemi,  craignant  une  ruse  quel- 
conque, ne  se  livre  pas  à  la  poursuite  des  fuyards,  mais 
rentre  dans  son  borna  au  lieu  de  déguerpir  comme  c'était 
son  intention  première. 


—  351  — 

Delcommune  a  dit  avec  raison:  «  Si  les  liommes  de 
•î  Jacques  et  de  Joubert  avaient  tenu  un  quart  d'iieure  de 
"  plus,  la  place  était  abandonnée  par  les  Arabes  et  tombait 
«  aux  mains  des  troupes  antiesclavagistes.  ^ 

Le  commandant  est  forcé  de  reconnaître  que  ses  Askaris 
ne  sont  pas  des  soldats.  Incapables  de  faire  l'assaut  d'une 
place  bien  défendue  et  craignant  le  feu  de  l'ennemi,  il 
leur  manque  la  bravoure.  Découragé  par  cet  échec  au 
seuil  de  la  victoire,  Jacques  rentre  à  Albertville. 

C'est  alors  qu'il  adresse  pour  la  première  fois  un 
appel  suprême  au  monde  civilisé. 

«  Poste  attaqué  par  les  Arabes.  Ils  ont  construit  un 
r  fort  devant  Albertville.  En  compagnie  de  Joubert,  avons 
^  inutilement  essayé  expulser,  le  27  août.  Envoyez  vite 
«  renforts  nouveaux,  sinon  position  intenable. 

»  Capitaine  Jacques.^ 

Ce  télégramme  fait  naître  en  Belgique  les  plus  vives 
angoisses. 

Ils  allaient  donc  succomber,  ces  braves,  victimes  de  la 
plus  noble  des  causes!  Le  monde  chrétien  tressaillit  à 
cette  terrifiante  nouvelle  et  ne  pouvait  s'empêcher  de  son- 
ger à  Gordon  qui,  lui  aussi,  était  tombé  au  champ  d'honneur 
sous  les  coups  de  ces  exécrables  Aral)es,  —  sans  que 
l'Europe  tournât  les  yeux  vers  lui. 

Un  courrier  de  Jacques  augmentait  encore  les  inquiétudes. 

«  Nous  devons  être  secourus  sans  aucun  retard.  Envoyez 
"  nous  des  armes  perfectionnées.  L'ennemi  ayant  beaucoup 
^  de  fusils,  il  faut  que  nous  ayons  sur  lui  la  supériorité  de 
«  l'armement.  Envoyez-les  moi  avec  toute  la  célérité  possible  ; 
»  si  je  demande  des  armes  perfectionnées,  c'est  que  j'ai  le 
^  pressentiment  que  la  contrée  où  nous  vivons  ne  tardera 
»  pas  à  être  le  théâtre  d'actions  sérieuses  et  qu'il  ne  s'agit 
y>  pas  que  nous  nous  trouvions  désarmés  au  milieu  de  la 
r>  tourmente. 

»  Si  aux  armes  perfectionnées  vous  ajoutez  deux  petits 
«  canons,  rien  que  la  nouvelle  de  la  présence  dans  notre 


.)iJi) 


-  c;mi|)  (rmi  Ici  ch'iiKMil  (\r  suixM'ioi'ih''  siillir;iil  pour  cnlcvei' 
-^  i\  nos  cnncinis  LouUi  v(ill(Ml(''.  de.  nous  allîKiiKîr,  (îL  nous 
•'  ohlicMuli'ions,  ipso  Hk'U),  fl(îs  résnUjils  inouïs,  tout  en  ôvilanl 
^  (l(»s  roullits  armés,  v 

La  nation  hel^c^  ne.  j)ouvail,  ahandonncr  sos  (inlanLs,  ({ni, 
au  ni('*pris  de  leui'  vio,  lullaienL  si  courag'eusemenl,  pour 
le  succès  d'une  si   ^-randiose  cl  chrélicMuie  entreprise. 

La  ^('mk'»  rosi  le  nalionale  ne  marchanda  pas  sa  partici- 
pation :  iiràce  aux  lar^essc^s  de  l'initiative  privée,  une 
([uatrième  ex[)édition  antiesclava^iste  put  être  org-anisé(i. 
I^]ll(^  fut  placée  sous  le  commandement  du  vainqueur  de 
Lusandx),    le  ca[)itaine  Descamps. 

Mais  les  renforts  ne  pouvaient  être  amenés  qu'au  prix 
des  plus  grandes  difficultés,  et  la  distance  à  parcourir  parais- 
sait un  obstacle  insurmontable  à  l'efficacité  de  ces  secours. 
Et  pourtant  la  situation  des  Belges  devenait  de  jour  en  jour 
plus  critique  à  Albertville. 

La  marche  de  l'expédition  du  lieutenant  Long,  destinée 
à  renforcer  l'action  du  capitaine  Jacques,  semblait  d'une 
lenteur  désespérante. 

Pendant  ce  temps,  le  soulèvement  s'étendait  du  Tanga- 
nika  jusqu'à  Riba-Riba  sur  le  Lualaba,  Faki,  sur  le  Lomami, 
Lusambo,  sur  le  Sankuru. 

Après  l'assaut  du  27  août,  les  munitions  faisant  défaut 
pour  tenter  une  nouvelle  attaque,  Jacques  fut  condamné 
à  l'inaction;  et  renvoya  dans  leurs  foyers  les  troupes 
auxiliaires,  ne  conservant  à  Albertville  que  les  hommes 
strictement  nécessaires  à  la  défense  du  fort.  Laissant  Joubert 
et  Delcommune  à  la  garde  du  poste,  il  se  rend  chez  Rutuku 
pour  y  installer  une  garnison  de  soixante-dix  hommes, 
([ui  surveilleront  les  travaux  de  culture  des  indigènes 
et  établit  également,  avec  le  concours  du  P.  Guillémé, 
un  poste  au  cap  Mlonga  pour  couvrir  la  route  de  Mpala. 
Un  boma  existe  déjà  chez  Wondo,  à  la  garde  de  Kassabola, 
l'ancien  gendarme  du  capitaine  Storms.  Jacques  pourvoit 
de  munitions  la  petite  garnison  qui  s'y  trouve  et  rentre 


—  3."3G  — 

à  All)ertville.  Il  fiùt  tomiiner  les  travaux  de  dét'oiise  du 
fort,  qu'il  rêve  de  voir  transforme  en  un  «  vrai  nid  d'aigle 
au  sommet  des  collines  de  Kataki  î^. 

La  situation  devient  pourtant  de  jour  en  jour  plus 
angoissante.  La  famine  est  affreuse.  Après  avoir  dévasté 
tout  rOubemba  et  dépeuplé  la  presqu'île  d'Ubwari,  les 
Arabes  bloquent  les  Pères  blancs  de  Lavigerieville  (Kibanga), 
exterminent  les  indigènes  wanguv^as  et  waroros  et  pillent 
la  contrée  pour  se  nourrir.  Une  expéditon  parcourt  la 
campagne  entre  Albertville  et  la  baie  de  Wondo  où  elle 
incendie  un  village,  capture  quelques  Waclienzies  et  dévaste 
les  cultures.  Toutefois,  comme  l'écrit  le  capitaine  Joubert, 
les  Wangwanas  ne  peuvent  songer  à  surprendre  Albert- 
ville de  vive  force  et  à  recevoir  du  renfort  :  «  il  n'y  a 
absolument  plus  de  vivres  dans  la  contrée  ^.  Ces  lignes 
caractérisent  nettement,  dans  leur  laconisme  terrible,  toute 
l'borreur  et  la  désespérance  de  la  situation.  L'ennemi,  le 
redoutable  ennemi  est  terrassé  lui-même  par  un  adversaire 
plus  puissant  et  plus  meurtrier:  la  famine. 

Le  16  octobre,  les  voisins  du  commandant  Jacques,  pressés 
par  la  faim  attaquent,  au  nombre  de  trois  cents,  le  village 
de  Rutuku,  mais  ils  sont  repoussés  par  la  garnison  qui  leur 
tue  neuf  liommes;  ils  se  dirigent  alors  vers  l'Ugoma  et 
ravagent  le  village  de  Kayombwé  aux  confins  de  l'Ugua 
et  de  l'Ugoma. 

Une  autre  expédition  ennemie  va  infliger  une  défaite  à 
Kiga,  entre  Katenga  et  Simba.  Les  motifs  d'anxiété  et 
de  désespoir  s'aggravent  d'heure  en  heure;  le  sort  des 
Belges  parait  désespéré.  La  disette  se  fait  vivement  sentir 
au  camp  d'Albertville  et  les  défenseurs  ne  résistent  plus 
aux  privations  de  toute  nature  qui  leur  sont  imposées. 
Jacques  se  demande  même  s'il  ne  doit  pas  abandonner 
la  position,  car  ses  adversaires,  ayant  réparé  leurs  forces 
dans  des  régions  moins  dévastées,  se  rapprochent  pour 
l'assaut  final. 

Les  Arabes  continuent  à  élever  des  bomas  et  placent  des 


r —  357  — 

^nrnisons  do  vin^là  I,i'(miI,o  fusils  duns  les  (Midi'oiis  ({uolfiuo 
peu  liahilés.  Ils  pi'ocèdoiil  iiiiisi  à  une  ()ccu[);dj()ii  unUliodiquo 
du  j);iys  (loj)uis  lo  nord  jusqu'il  J'entréo  du  Marun^'u,  où 
ils  (MaicMil  l.(Mius  (mi  (V'Ikh*  par  1(^.  cai)itairi('  JoulxM't. 

Mais  la  Providonco  voillail  ;  l'heuro  do  la  dolivi'ance 
allait  sonner  pour  h^s  vaillants  champions  de  la  cause 
antiosclava<>-iste. 

Le  5  décembre,  Jac({uos  est  rejoint  ta  Albertville  par 
Duvivier,  commandant  le  i)remier  peloton  des  i)orteurs 
recrutés  par  le  lieutenant  Lon^-  à  Tabora.  Malgré  les 
démarches  détournées  faites  par  le  vali  et  les  Arabes  de 
Tabora,  pour  mettre  des  entraves  à  la  jonction  des  deux 
expéditions  antiesclavagistes,  Long-  est  parvenu  à  enrôler 
lui-même  des  porteurs  qu'il  adresse  à  Jacques,  à  mesure 
qu'il  s'en  trouve  un  groupe  suffisant  pour  être  placé  sous  la 
conduite  d'un  Européen. 

A  ce  moment,  Jacques  souffre  de  la  fièvre  et  Doquier 
assume  le  fardeau  du  commandement.  Renier  se  trouve 
en  congé  de  convalescence  à  Mpala.  Ses  douleurs  lui  lais- 
sant quelque  répit,  le  chef  d'Albertville  se  porte  le  l''  décem- 
bre à  Karema,  à  la  rencontre  de  Long. 

Le  3  janvier,  les  chefs  des  deux  expéditions  antiesclava- 
gistes se  donnent  l'accolade.  Mais,  tandis  que  Jacques 
s'occupe  à  Karema  du  recrutement  de  quelques  centaines 
de  Rouga-Rouga,  en  vue  d'une  action  éventuelle  contre  le 
redoutable  sultan,  Duvivier,  qui  a  le  commandement  du 
poste  en  l'absence  de  Jacques,  parvient,  avec  le  concours 
de  Doquier,  par  une  attaque  aussi  habile  que  rapide,  à 
débloquer  Albertville  et  à  détruire  de  fond  en  comble  le 
borna  de  Toka-Toka,  la  terrible  place  forte  qui  menaçait 
la  station  depuis  quatre  longs  mois  (1  janvier  1893). 

Le  29  janvier,  la  barque  de  Kibanga  apporte  un  courrier 
de  Rumaliza.  Dans  son  message,  Mohamed  ben  Rholfan 
montre  qu'il  ignore  encore  l'échec  de  ses  gens  et  tient  un 
langage  insolent  et  agressif. 

Un  parlementaire  de  Jacques  essaie  vainement  de  négocier 


—  358  — 

la  paix  à  Udjiji,  qiioifjue  de  ce  côté,  les  liomines  de 
Rumaliza  meurent  de  l'aiin  ou  tombent  sous  les  balles  des 
Watong'wés. 

Rumaliza  se  prépare  à  la  résistance:  Udjiji  est  entouré 
d'une  enceinte  fortifiée.  En  vue  d'aboutir  dans  de  nou- 
velles ouvertures  de  paix  avec  les  Arabes  de  la  ville,  Jacques 
se  rend  au  i)ied  de  la  presqu'île  d'Ubwari,  à  la  mission 
de  Kibanga  (Lavigerieville),  avec  cinquante  soldats.  Sa  pré- 
sence seule  y  entrave  la  chasse  aux  indigènes  par  les 
Wangwanas. 

Des  rapports  signalant  que  les  x\rabes  du  lac  Moero 
molestent  les  populations  et  cherchent  à  s'emparer  du 
village  de  Mpweto  pour  s'ouvrir  la  route  de  l'Itawa,  .Jacques 
forme  une  expédition  et,  accompagné  de  Moray,  Moriamé 
et  Duvivier,  ainsi  que  de  cinquante  hommes,  se  dirige 
vers  ce  point,  dont  la  position  sur  la  frontière  sud-est 
de  l'Etat  est  d'une  importance  considérable  (17  mai  1893). 

En  attendant  l'arrivée  pour  la  mi-juillet  de  la  caravane 
Descamps  au  Tanganika,  Jacques  maintient  sur  pied  de 
guerre  un  effectif  assez  fort  pour  pouvoir  entrer  immédiate- 
ment en  campagne.  Pendant  cette  période  d'accalmie  relative, 
un  poste  est  fondé  à  Moliro,  au  sud  du  Tanganika,  à  la 
limite  de  l'Etat  indépendant.  Duvivier  et  Demol  y  élèvent 
un  boma,  et  un  autre  poste  est  créé  dans  l'Ouroua  chez 
Kassanga.  Le  lieutenant  Renier  qui  édifie  cette  position 
lui  donne  le  nom  aussi  patriotique  que  gracieux  de  fort 
Clémentine.  Enfin,  pendant  les  trois  mois  d'absence  que 
le  commandant  passe  hors  de  la  station  et  qu'il  consacre 
à  de  nouvelles  expéditions  dans  le  sud,  Albertville  se 
transforme  complètement.  Long  et  Doquier  ont  construit, 
dans  la  cour  du  fort,  une  immense  habitation  en  briques 
cuites,  développé  les  cultures,  perfectionné  les  installations. 

Dans  le  courant  du  mois  de  septembre,  on  annonce 
enfin  l'arrivée  de  l'expédition  Descamps. 

Dès  que  la  caravane  lui  est  signalée,  Jacques  se  hâte 
de  se  porter  au  devant  de  son  compatriote  qui  lui  amène 


—  350  ~ 

les  tleux  i)icces  (rarlillei'ic  nppolces  dc.puis  si  longtemps 
(lo  tous  ses  vœux.  Il  rejoint  Deseamps  à  Fwaiiibo  à  deux 
journées  d'Abercorn  (20  s(^.ptembre).  «  El  les  canons  »  ? 
s'écrie  Jacipies.  Après  une  première  effusion,  Descamps 
retourne  à  Maiiibwe  i)()ui'  convoyer  les  pièces  qui  sont 
restés  sous  la  ^"arde  de  Ghargois,  tandis  que  Jacques  or^^a- 
nise  le    transi)ort   des  charges  à  Moliro. 

Le  1  novembre,  dans  la  matinée,  les  deux  canons  font 
leur  entrée  à  Albertville  ;  Jacques  se  propose  d'employer 
immédiatement  ces  précieux  auxiliaires  à  la  poursuite  de 
Runuiliza,  qui  s'est  dirigé,  depuis  le  mois  d'août  dernier, 
vers  le  Manyema  en  vue  d'y  attaquer  les  forces  de  l'Etat. 
Depuis  trois  mois  les  bandes  arabes  se  trouvent  réunies  à 
Kabambare. 

La  joie  apportée  à  Albertville  par  les  renforts  de  Des- 
camps faillit  être  assombrie  par  un  drame  :  Jacques  est 
victime  de  trois  tentatives  d'empoisonnement,  commises 
par  un  de  ses  Nyamparas,  nommé  Bushiri.  Le  traître 
est  condamné  à  mort. 

Jacques,  accompag-né  des  capitaines  Descamps  et  Long 
et  du  sous-lieutenant  Doquier,  quitte  Albertville  le  18  décem- 
bre pour  Fort  Clémentine  (Kassanga)  et  y  fait  sa  jonc- 
tion avec  le  lieutenant  Renier  à  trois  jours  de  marche  d'Al- 
bertville. L'expédition  rencontre  Mouhina,  un  des  chefs  des 
bandes  de  Rumaliza,  qui  occupe  une  forte  position,  sur  la 
route  du  Manyema  à  M'Towa,  au  nord  de  la  Lukuga,  et 
qui  organise  de  nombreuses  razzias  dans  l'Ugoma  et  dans 
rOuroua. 

La  caravane  de  Jacques  se  compose  de  cent  cinquante 
soldats  et  amène  avec  elle  un  des  canons  expédiés  d'Europe. 

Les  troupes  antiesclavagistes  attaquent  le  borna  de  Mou- 
hina, le  6  janvier  1894,  de  grand  matin  et  parviennent  à 
s'en  emparer  après  une  lutte  acharnée,  le  lendemain  dans 
la  soirée.  Le  boma  est  occupé  par  le  capitaine  Long  et 
par  Ghargois. 

L'autre  canon  était  resté  à  Albertville  pour  protéger  le  poste 


—  300  — 

désormais  imprenable.  Celui-ci,  construit  sur  un  plateau  élevé 
et  distant  du  lac  de  trois  cents  mètres,  était  au  sud  et  à  l'est 
entouré  d'immenses  rochers  à  pic;  à  l'ouest  une  très  forte 
montée  le  défendait.  Un  seul  côté  était  faible,  celui  du  nord 
qui  a  devant  lui  un  mamelon  ;  grâce  à  l'artillerie  la  défense 
est  heureusement  complétée. 

Jacques  rend  sa  victoire  définitive  en   assurant  la  for- 
teresse antiesclavagiste  contre  tout  retour  offensif  des  Arabes 
au  nord.  Avant  de  repartir  pour  l'Europe,  —  car  son  terme 
de  service  est  expiré,  -—  il    va  de    concert    avec  Miot,  le 
6  avril,  planter  le    drapeau    congolais  à    M'Towa,  sur  un 
mamelon    dominant  à    l'ouest   la    vaste    plaine   qui    étale 
jusqu'à  Albertville  de  sérieuses  promesses  de  récoltes  abon- 
dantes et  faciles.  Ce  point,  au  nord  de  l'embouchure  de  la 
Lukuga  et  en    face    de  l'île   et  du  port   de  Kavala,   com- 
mande   la   route    des  caravanes    arabes    du    Manyema    à 
Udjiji.  Jacques  fortifie  le  poste  par  de  nombreux  ouvrages. 
Rentré    à  Albertville,    Jacques    fait    ses   préparatifs    de 
départ  vers  la  côte  par  la  voie  du  Zambèze,  tandis  que  Des- 
camps ayant  appris  l'occupation  de  Kabambare  se  met  en 
route  avec  tous  les  hommes  valides  du  poste.  Il  se  dirige 
sur  Mouhina,  où  il  compte  se  renforcer  de  la  garnison  et 
prêter  son  concours   à  l'expédition    Dhanis    qui   poursuit 
si  brillamment  sa  campagne  contre  les  Arabes.  Le  com- 
mandement du  poste  d'Albertville  est  laissé  à  Miot,  assisté 
du  docteur  noir  Joseph,  de  la  mission  de  Mpala. 

Jacques  quitte  Albertville,  le  5  février  1894,  arrive  le 
12  avril  à  Chindé,  à  l'embouchure  du  Zambèze,  sur  la 
côte  orientale  d'Afrique,  et  le  6  mai  il  est  à  Zanzibar.  Il  y 
liquide  les  comptes  de  son  expédition  et  s'embarque,  le 
26  mai,  pour  l'Europe,  à  bord  du  paquebot  Ava  des  Mes- 
sageries maritimes.  Ses  deux  adjoints  Renier  et  Doquier 
l'accompagnent. 

A  son  retour  en  Belgique,  Jacques  est  reçu  solennellement, 
le  23  juin,  par  la  Société  antiesclavagiste  de  Belgique,  et  une 


;]oi 


o'raiKlios(^  inanilVstalion  de  syiiii)allii('   lui  csl  l'éscrvoe  au 
Palais  des  Académies  à  niu.\(»lles,  le  4  juillet. 

A  Vielsalm,  ses  concitoyens  raccueillent  en  héi'os  et  lui 
reni(MI(Mit  une  é|)é(^  (riionneui-  (21  juin).  Le  30  juin,  le 
capitaine  .]ac(iues  (\st  admis  en  audience  particulière  par 
le  Roi. 

C.ependant  le  repos  pèse  à  l'activité  de  l'intrépide  vain- 
queur d'Albertville.  Un  an  après  son  retour  en  Belgique, 
Jacques  repart  une  troisième  fois  pour  l'Afrique,  au  ser- 
vice  de  l'Etat,   le  6  juillet   1895. 

Le  Roi-souverain  lui  a  confié  le  commandement  du  nou- 
veau district  du  lac  Léopold  II,  avec  le  titre  de  commis- 
saire général. 

Tout  est  à  créer  dans  cette  région  neuve  qu'ont  foulée  à 
peine  quelques  rares  explorateurs.  Malgré  l'hostilité  de  certai- 
nes peuplades  riveraines  du  lac  et  le  peu  de  ressources  dont 
il  dispose,  Jacques  se  met   courageusement  à  l'œuvre. 

Il  établit  son  quartier  général  à  N'Kutu  (ou  Malépié), 
commence  la  reconnaissance  et  fonde  plusieurs  postes  dans 
la  Mfimi,  dans  la   Lukenie  et  sur  le  lac  même. 

Il  parcourt  la  première  fois  la  région  comprise  entre 
le  lac  Léopold  II  et  le  Congo,  de  Malépié  à  Bolobo,  fran- 
chissant une  ligne  de  faite  de  cinq  cent  quarante  mètres. 
Partant  des  N'Kutu,  il  marche  vers  le  Congo,  traverse 
d'abord  le  pays  des  Bandjoas,  limité  par  la  M'Boru-a-Mpe, 
affluent  de  gauche  de  la  Lukenie.  Puis,  il  s'engage  dans 
le  pays  des  Babomas,  qui  n'ont  jamais  vu  un  blanc  et 
6vui  font  bon  accueil  à  l'explorateur.  Le  pays  est  assez 
accidenté,  mais  les  vallées  présentent  des  marais  nombreux. 
Jacques  traverse  la  Leboma,  affluent  de  la  Lukenie, 
pénètre  dans  le  pays  Battendé,  et  arrive  enfin  à  Bolobo. 

Il  résume  comme  suit  ce  voyage: 

«  Nous  étions  heureux  de  la  difficulté  vaincue  ;  nous  avions 
"  eu  la  satisfaction  d'avoir  parcouru  ce  pénible  trajet  sans 
^  avoir  laissé   un  homme  en   arrière,  sans  avoir  tiré  un 


—  :J02  — 

«  coui»  DE  FUSIL  et  convaincus  que  nous  laissions  aux 
«  populations  reconnues  l'impression  que  l'homme  blanc 
«  est  fort,  mais  aussi  juste,  loyal  et  bon.  « 

Les  peuplades  voisines  du  lac  soiit  constamment  en  butte 
aux  razzias  des  Kundus;  Jacques  met  un  terme  à  ces 
expéditions  ({ui  n'ont  d'autre  but  que  de  se  procurer  de 
la  chair  humaine  et  soumet  ces  cannibales  à  l'autorité 
de  l'Etat. 

Après  avoir  ainsi  opéré  aux  environs  du  lac  Léopold  II  et 
dans  la  basse  Lukenie,  il  s'efforce  encore  d'étendre  l'influence 
de  l'Etat  aux  populations  de  la  haute  rivière. 

Grisées  par  le  massacre  resté  jusqu'alors  impuni  de 
quelques  émissaires  chargés  d'entamer  avec  elles  des  rela- 
tions amicales,  ces  populations  d'humeur  belliqueuse 
prétendaient  rester  réfractaires  à  toute  civilisation  euro- 
péenne et  ne  cessaient  de  molester  les  peuplades  qui,  plus 
avisées  et  pacifiques,  avaient  fait  bon  accueil  aux  agents 
de  l'Etat  et  permis  leur  installation  dans  les  villages 
riverains. 

Au  mois  de  mars  1898,  le  commissaire  général  Jacques 
exécute  sur  le  steamer  La  Déliter ance  une  reconnais- 
sance qui  lui  permet  de  constater  que  la  haute  Lukenie, 
—  rivière  la  plus  importante  de  celles  qui  se  jettent  dans  le 
lac  Léopold  II  —  est  navigable  sur  tout  son  parcours  et 
sensiblement  parallèle  au  Sankuru.  Voici  en  quels  termes 
M.  Lcjeune,  dans  son  «  Histoire  Militaire  du  Congo  »,  retrace 
les  péripéties  de  cette  expédition: 

«  En  compagnie  du  commandant  Bodart,  du  lieutenant  Eloy,  des 
sous-lieutenants  Lïmd  et  Mouton,  et  de  soixante-dix  soldats,  Jacques 
part  de  Dekese  le  26  mars,  arrive  le  28  aux  villages  Bolingu, 
le  30  à  Besengi,  le  31  à  ElangoBoko,  et  le  V  avril  l'expédition 
mouille  au    débarcadère  de    Sakali-Ankoli. 

»  Bodart,  Eioy  et  Mouton  s'étant  engagés,  sans  escorte,  dans 
un  sentier  de  la  forêt,  sont  attaqués  à  l'iraproviste  par  une  masse 
d'indigènes   qui    leur    envoient  une   nuée   de  flèches.  Les  assaillants 


—  :iG'^  — 

sont  t(>iuis  en  respect  à  coups  de  leu  par  liotUirt  et  Mouton, 
pendant  que  VAoy  réunit  quehjues  soldats.  Tous  se  portent  alors 
à  la  rencontre  des  agresseurs,  les  poursuivent  jns(jue  dans  leurs 
villn{j:es,  (jui  sont  à  trente  minutes  do  là,  et  leur  inflif^ent  quelques 
pertes. 

»  Le  2  avi'il,  dès  l'aube,  la  trou()e  repenri  le  chemin  des  vil- 
laiics  où  les  indigènes  les  attendent,  leurs  longuets  flèches  tout 
iVaichement  enduites  d'une  forte  couche  de  poison.  En  quelques 
minutes  ils  sont  culbutés  et  on  les  poursuit  vigoureusement  pendant 
([uelques  heures. 

»  Le  î^,  l'expédition  franchit  le  rapide,  mais  ne  peut  s'aboucher 
avec  les  indigènes,  qui  ne  cessent  de  battre  leur  gong  de  guerre. 
Arrivés  au  village  de  Bolombu,  après  avoir  été  salués  de  quel- 
ques flèches    les  officiers  obtiennent  des  vivres  et  des  renseignements. 

»  Le  6,  à  la  première  heure,  la  flottille  franchit  à  nouveau  le  rapide, 
et  trois  quarts  d'heure  après,  au  moment  où  elle  défile  devant 
le  débarcadère  de  l'avant-veille,  les  gens  de  Kole,  qui  sont  postés 
en  grand  nombre  près  de  la  lisière  des  bois,  poussent  des  hurle- 
ments de  fauves  et  lancent  des  centaines  de  flèches.  Sans  riposter 
le  bateau  continue  à  avancer,  dédaignant  ces  énergumènes  qu'on 
distingue  à  travers   les  mailles   des   paraflèches. 

»  Les  officiers  ne  tardent  pas  à  s'apercevoir  que  ceux-ci  sont 
insuffisants:  trois  flèches  traversent  le  bateau  en  rasant  l'intérieur 
du  toit,  une  quatrième  se  plante  au  revers  de  la  cabine.  Rapidement 
les  blancs  placent  derrière  le  réseau  de  fil  de  fer,  les  chaises  longues, 
les  tentes,  les  nattes  en  bambou,  et  tout  ce  qui  peut  oflfrir  un 
recouvrement  suffisant  pour   se   garer  des  flèches. 

»  Le  défilé  devant  Kole  dure  une  demi-heure;  à  mesure  que  le 
bateau   avance,    quelques    indigènes    décochent    des  flèches    isolées 

»  A  deux  heures,  celles-ci  tombent  en  essaims  compacts  sur 
le  bateau,  malgré  les  paraflèches;  le  mécanicien  est  profondément 
atteint  au  genou,  un  boy  a  l'épaule  déchirée.  Il  n'y  a  rien  à  faire 
comprendre  aux  indigènes  qui,  à  toutes  les  demandes  d'entretenir 
des  relations  amicales,  répondent  invariablement:  «  Nul  étranger 
n'est  jamais   venu    sur  notre  rivière,   vous   n'irez  pas  plus  loin  ». 


—  :JG4  — 

»  Le  7  avril,  la  troupe  campe,  sans  s'en  douter,  à  proximité 
d'un    village. 

»  Le  8,  une  demi-heure  après  le  départ,  les  indigènes,  non 
aperçus  d'abord,  interpellent.  Heureux  d'en  rencontrer  de  plus 
sociables  que  les  précédents.  Jacques  fait  stopper  et,  sur  l'invitation 
de  ses  interlocuteurs,  fait  approcher  lentement  de  la  rive.  Ce 
n'était  qu'une  ruse  pour  avoir  le  bateau  plus  à  leur  portée.  Quand  ils 
le  voient  assez  près,  les  chenapans  décochent  leurs  traits  empoi- 
sonnés et  s'éclipsent  dans  la  forêt.  Le  steamer  poursuit  sa  route 
et  s'arrête  le    soir  à   proximité  d'un    village. 

»  Le  9,  au  point  du  jour,  Bodart,  Eloy,  Lûnd  et  Mouton 
se  rendent,  avec  les  soldats,  au  village.  Des  flèches  répondent  aux 
salutations  des  soldats,  qui  brandissaient,  cependant,  au  loin  des 
étoffes  et  des  perles,  pour  signifier  leur  intention  d'acheter.  Etant 
néanmoins  parvenue  à  se   ravitailler,    l'expédition  pousse  plus  loin. 

»  Le  10,  le  steamer  laisse,  à  dix  heures,  à  sa  gauche,  la  rivière 
la  Lukali,  large  de  vingt  mètres,  au  courant  rapide,  et  va  stopper 
à  quatre  heures  un  quart  à  un  débarcadère  de  la  rive  droite.  Les 
amarres  ne  sont  pas  encore  placées  et  les  hommes  descendus  à 
terre  qu'une  nuée  de  flèches  s'abat  sur  la  troupe.  Les  sauvages, 
nombreux  et  hardis,  poussent  des  hurlements  de  fauves  et  viennent 
se  montrer  au  débarcadère,  en  face  du  mouillage.  Comme  la  rivière 
n'a  pas  trente  mètres  de  largeur,  l'eflicacité  et  l'intensité  du  feu 
de  la  troupe  ont  bientôt  fait  d'obliger  l'adversaire  à  se  retirer 
sous  bois.  Durant  la  nuit,  le  sifflement  caractéristique  de  quelques 
flèches    montre    que   l'adversaire   est  aux  aguets. 

»  Le  11,  au  point  du  jour,  dit  le  commissaire  général,  ces 
»  pauvres  égarés  reviennent  à  la  charge,  avec  une  maestria  remar- 
»  quable.  Dès  le  début,  je  suis  surpris  de  constater  une  méthode  de 
»  direction,  des  chants  d'ensemble  qui  décèlent  une  habitude  de 
»  manœuvrer  en  masse  et  non  plus  des  efl'orts  isolés.  D'ailleurs,  à 
»  un  commandement  donné,  tous  les  cris  cessent:  quelques  hommes 
»  ont  été  touchés  par  nos  balles,  deux  sont  tués  dans  une  petite 
»  éclaircie  où  ils  avaient  commis  l'imprudence  de  montrer  leur  tête. 
»  Les  autres    viennent  en  rampant  examiner  l'eff'et  de    nos  balles. 


—  'Muj  — 

»   Apivs   quoliiuos   vuines   tentatives  [)our    i'e[)reiidre   leurs    cadavres 
»  ils   se  retirent   pour  délibérer. 

»  Vers  midi,  ils  reviennc>nt  ù  la  charge.  Ils  ont  peut-être  reçu 
»  des  renforts;  quelques  uns  des  nouveaux  ([ue  l'on  distingue  dans 
»  une  l)rus(iue  échappée  paraissent  couverts  de  hlanc.  C(i  retour 
»  offensif  n'est  (pie  de  courte  durée  et  est  suivi  d'un  silence  sépulcral. 
»  On  les  devine,  plutôt  qu'on  ne  les  distingue,  postés  dans  le  voisi- 
»  nage.  Vers  trois  heures,  je  les  fais  interpeller  par  des  prisonniers 
»  faits  les  Jours  précédents:  «  Eh  bien,  vous  ne  dites  plus  rien  raainte- 
»  nant  »  ?  Après  quelques  hésitations,  une  voix  se  fait  entendre; 
»  «  Vous  êtes  plus  forts  que  nous,  vous  êtes  les  maîtres,  que  voulez- 
»  vous  »  ?  Des  pourparlers  s'engagent,  et  peu  à  peu  enhardis,  et  sur 
»  nos  pressantes  sollicitations,  un  groupe  vient  se  présenter  sur  le 
»  débarcadère  d'en  face.  Celui  qui  paraît  être  le  chef  porte  un  vieux 
»  fez  et  est  vêtu  de  quelques  tissus  européens,  qu'il  porte  avec  le  chic 
»  particulier  aux   arabisés    de   longue    date. 

»  11  est  manifeste  que  c'est  un  étranger  au  pays.  Il  tient  comme 
»  bannière  une  grande  branche  de  palmier,  qui  symbolise  la  paix 
»  Ceux  qui  l'entourent,  comme  lui-même  du  reste,  ont  abandonné 
»  leurs  armes.  Malgré  tout  ce  que  nous  faisons  pour  leur  être  agréables, 
»  nous  ne  pouvons  les  décider  à  monter  à  bord  La  nuit  arrive  et 
»  on   se  sépare    pour  se   revoir  le    lendemain. 

»  Le  12  avril,  après  avoir  vainement  attendu  nos  nouveaux  amis 
»  de    la  veille,   je    me  décide  à  continuer   la   reconnaissance. 

»  La  dysenterie  s'était  déclarée  dans  l'escorte  depuis  trois  ou 
»  quatre  jours,  et  le  nombre  des  malades  allait  toujours  en  aug- 
»  mentant;  d'un  autre  côté,  je  ne  pouvais  me  résoudre  à  abandonner 
»  le  steamer  qu'en  lui  donnant  au  moins  une  garde  de  vingt  sol- 
»  dats.  Ma  troupe  était  alors  trop  faible  pour  que  je  pusse  songer  à 
»  continuer  mon  voyage  par  voie  de  terre,  sans  guide,  ni  vivres, 
»  ni  indication  d'aucune  sorte.  Je  décide  de  descendre  la  rivière. 
»  Au  moment  où  le  jour  tombe,  la  roue  s'entortille  dans  un  enchevê- 
»  trement  de  lianes  qui  paralyse  le  bateau. 

»  Pendant  que  haches  et  hachettes  multiplient  leurs  coups  pour 
»  dégager  le  steamer,  une  bande  de  sauvages,  à  deux  cents  mètres 


—  3GC)  — 

»  en  aval    invectivent  la  troupe  ;  l'inondation  du  sous-bois  les  empêche 
»  d'approcher. 

»  Après  une  demi-nuit  de  travail,  la  roue  est  dégagée  et,  le  13, 
»  au  point  du  jour,  les  amarres  sont  lâchées.  En  quelque  instants 
»  le  steamer  se  trouve  en  face  du  débarcadère,  où  attendaient  les 
»  criards  de'  la  veille.  Les  premières  flèches  sont  à  peine  lancées  que 
»  les  fusils  parlent.  Comme  des  furieux,  les  soldats  sautent  à  terre, 
»  les  blancs  avec  eux  ;  tous  se  lancent  aux  trousses  des  fanfarons 
»  qui  avaient  voulu  les  braver  et  qui  détalent  avec  l'agilité  des  singes. 

»  Après  une  demi-heure  de  marche  rapide  à  travers  une  belle 
»  forêt,  la  colonne  débouche  dans  une  immense  plaine,  parsemée 
»  de  bouquets  d'arbres  et  servant  d'assise  à  une  vingtaine  de  villages. 
»  Les  sauvages,  fort  nombreux,  sont  groupés  dans  le  fond  de  cette 
»  plaine  ;  on  les  aborde  au  pas  de  course  ;  ils  ne  tardent  pas  à  se 
»  disperser  dans  les  fourrés  avoisinants.  La  troupe  trouve  les 
»  sauvages  se  chamaillant  pour  s'arracher  les  morceaux  de  leurs 
»  propres  morts,  qu'ils  avaient  dépecés,  et  dont  quelques  fragments 
»  étaient  déjà  dans  les  casseroles! 

»  Les  villages  auxquels  on  venait  d'avoir  à  faire,  appartiennent 
au    groupe    Olemba-Dengelenge . 

»  Le  14,    la  descente   de  la   Lukenie   continue  sans  incident. 

»  Le    10,  le   steamer  repasse  les  rapides  sans  difficultés. 

»  En  aval,  les  populations  sont  soumises  à  l'Etat.  Je  fais 
»  enlever  les  paraflèches  et  le  steamer  regagne  Dekese,  sans  aucun 
»  incident. 

»  La  Lukénie  est  donc  navigable  sur  tout  son  parcours;  les 
»  rapides  se  franchissent  aisément  avec  un  bateau  de  la  force  de 
»  La    Délivrance.    Les  rives  de    la   rivière  sont  boisées. 

»  La  population  est  dense  et  saine,  mais  sauvage,  peu  accueil- 
»  lante,  très  industrieuse.  » 

Jacques  revient  en  Belgique  le  25  août  1898,  laissant  à 
son  successeur  vui  district  plein  d'avenir. 

En  1902,  Jacques  reçoit  le  commandement  de  l'expédition 


—  3(i7  — 

on\i)yr('  ;m  K;il;in^n,  |)()iii'  complet  de,  l;i  Coiiipn^-nie  du 
clKMiiiii  (le  IVi'  du  Kalniiun  ('I  l'cjoiiil  a  Naphis  s(^s  adjoints 
(^kiaiidi,  X'rc'Itos,  LalU^s,  lîiiiard  et  Hiisnioiil,  cl,  riu^-énieur 
Massai'l,  (|ni  oiU  (piiKc*  Anvers  à  \)()n\  du  K^'onjtrinz,  \(\ 
21  uov(Uul)r(^  11)02. 

La  mission  (\s|,  ('Iiar<^('^o  d(^,  l'airo  les  éludes  du  cheiuin 
d(^  fer  projeté,  desLiné  à  relier  la  IVontière  méridionale 
de  ri^^lat  v(U's  Tenke,  à  un  i)()int  du  Lualaha  navi<^-al)le,  au 
sud   du  conlluent  de  cette  rivière  avec  la   Lulila. 

Au  début  de  l'année  1903,  Jacques  arrive  à  l'extré- 
mité méridionale  du  lac  Taii<^'anika,  (pi'il  atteint  par  la 
côte  orientale,  le  Zambéze,  le  Shiré,  et  la  route  Stevenson. 

De  mai  1903  à  septendjre  1904,  la  mission  parcourt,  du 
nord  au  sud  et  de  l'est  à  l'ouest,  les  territoires  du  Katanga 
compris  entre  le  Lualaba,  la  Lufira  et  le  lac  Kisale, 
relevant  environ  deux  mille  kilomètres  d'itinéraire. 

Aj^ant  reconnu  la  possibilité  de  relier,  par  une  voie  ferrée, 
la  région  minière  du  Katanga  au  réseau  fluvial  du  Congo, 
la  mission  s'apprêtait  à  faire  les  études  définitives  d'un 
des  tracés,  lorsqu'elle  reçoit  l'ordre  d'effectuer  de  nouvelles 
recherches  suivant  une  autre  orientation. 

L'expédition  se  remet  donc  en  route  dès  le  mois  de 
septembre  et  aboutit  au  Sankuru,  en  aval  de  Lusambo, 
après  avoir  reconnu  les  hauts  plateaux  du  Lomami  et  la 
ligne  de  faîte  qui  sépare  les  bassins  du  Sankuru  et  du 
Kassaï. 

Après  avoir  licencié  son  escorte  à  Lusambo,  Jacques 
rentre  en  Europe  le  7  avril  1905. 

Jacques  est  actuellement  capitaine  commandant  au  11'' 
régiment  de  h'gne,  adjoint  d'Etat-major,  chevalier  de  l'Ordre 
de  Léopold,  de  l'Etoile  Africaine,  de  l'Ordre  ro3-al  du  Lion, 
de  la  Couronne  du  Congo,  médaillé  de  la  campagne  arabe 
et  de  l'Etoile  de  Service  à  trois  raies. 


—  308  — 
PUBLICATIONS. 

Les  rivières  M'Fimi  et  Liikenie.  (Belgique  coloniale,  1896,  p.  50). 

De  N'Kutu  à  Bolobo  (Ibid.  1899,  p.  448,  avec  cai'te). 

Expéditions    envoyées    au    Ta)iganika  par   V Association    internationale 

africaine.  (Bull.  Soc.  roy.  de  géographie  d'Anvers,  1906,  p.  65). 
Expéditions  de  La  Société  antiescLavagiste  de  Belgique.   (Bull.    Soc.   roy. 

de  géographie  d'Anvers,   1906,  p.  79). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES. 

Mouvement  antiesclavagiste,  1888-1900, 

Belgique  militaire  —  Nos  Héros,  p.  L.  Chômé.  1894,  p.  680. 

Chapaux.  Le  Congo  historique,  p.  824. 

Jenssen  Tusch,  Skandinaoer  i  Congo.  Copenhague,   1902-1905. 

Mouvement  géographique,  1903,  p.  587-202). 

Annalen  der  Afrikaansche  Missiën  van  de    Witte  Paters. 

Saint-Berthuix  (de)  "  Alexis  Vrithoff  r>  compagnon  des  capitaines 
Jacques  et  Joubert  au  Tanganika.  (Soc.  Saint-Augustin,  1893). 

Le  retour  de  V expédition  Jacques.  (Tiré  à  part  du  M'ouvement  antiesclava- 
giste, br.  in-8o,  Bruxelles,  1894). 

Comte  H.  dUrsel.  Les  Belges  au  Tanganika.  (Bull.  Soc.  belge  de 
Géogr  ,  1893,  no  1,  et  br.  Bruxelles,  Van  der  Auwera,  1893). 

GoDEFROiD  KuRTH.  La  Croix  et  le  Croissant,  (broch.  Gand.  Leliaert,  Sitfer 
et  C'e). 

Banning.  La  Conférence  de  Bruxelles,  son  origine  et  son  acte, 

Berlioux.  La  traite  orientale. 

CooPER.   Un  confinent  perdu. 

Lavigerie.  Documents  sur  la  fondation   de  l'œuvre  antiesclavagiste. 

Van  Eetvelde.  Rapport  au  Roi-Souverain. 

Royal  comm,erce  on  fugitive  slaves,  1876. 

La  traite  des  esclaves  en  Afrique.  Renseignements  et  documents  recueillis 
pour  la  Conférence  de  Bruxelles,  1840-1890.  Actes  de  la  Conférence 
de  Bruxelles. 


LOTHAIRE,    HUBERT,  JOSEPH, 

né  à  Rochefort,  le   19  novembre   18G5. 

S'engnge  comme  simple  soldat  dans  l'armée  en  1882, 
détaché  au  cours  central  en  1881,  entre  à  l'Ecole  militaire 
en   1880  et  en  sort  sous-lieutenant  en  janvier  1888. 

Sous  lieutenant  au  10^  de  ligne,  il  part  pour  le  Congo  le 
27  octobre  1888,  et  est  adjoint  au  commissaire  du  district 
du  Stanley  Pool;  le  3  janvier  1890,  il  est  attaché  au  dis- 
trict de  Bangala. 

Désigné,  le  26  mai,  pour  occuper  la  Lulonga,  il  fonde  la 
station  de  Basankusu,  au  confluent  du  Lopori  et  de  la 
Maringa;  il  pacifie,  en  moins  de  deux  mois,  cette  région 
désolée  par  les  chasseurs  d'esclaves.  Les  Arabes  qui 
ravageaient  la  Haute-Maringa  et  le  Haut-Lopori,  sont 
tenus  en  respect  et  les  traitants  indigènes  obligés  de 
renoncer  à  leur  infâme  commerce. 

Lothaire  est  capitaine  de  la  F.  P.  depuis  octobre  1891. 
Rentré  le  19  février  1892,  en  Belgique,  où  il  prend  un 
court  repos,  il  retourne  en  Afrique,  le  G  mai  1892, 
comme  commissaire  de  district  de  première  classe,  au  com- 
mandement du  district  de   Ban»-ala. 


—  370  — 

Il  reconnaît  le  bassin  de  la  Mongalla,  les  sources  de 
la  Likati,  de  l'Eau  blanche  et  de  l'Eau  noire  (Dua),  et  y 
découvre  un  borna  arabe,  installé  au  milieu  des  Budja, 
derrière  Upoto.  Il  fonde  les  postes  d'Akula,  Monveda  et 
Abuinombasi. 

Au  début  de  l'année  1893,  il  explore  le  bassin  et  les  popu- 
lations lacustres  de  la  Ngiri,  où  il  se  propose  d'établir 
un  poste  pour  contenir  les  peuplades  cannibales  de  la 
région.  La  révolte  arabe  l'empêche  de  mettre  ce  projet 
à  exécution. 

Expédition  Ponthier,  juin-août  1893. 

Combat  de  Keice,  28  juhi;  de  Kisiihl;  de  Bamanga, 
3  juillet;  prise  de  Kiriindii,  8  juillet;  première 
attaque  du  camp  Arabe,  9  juillet  ;  combat  de  Kima- 
Kiina,  W  juillet;   et  de  la  Lowa,   6  août. 

Le  6  juin  1893,  le  commandant  Ponthier,  de  passage 
à  Upoto,  rencontre  Lothaire  en  mission  d'inspection  dans 
son  district  et  lui  fait  part  de  ses  projets.  On  vient  d'ap- 
prendre la  prise  des  Falls  et  la  fuite  des  Arabes,  à 
quelques  lieues  en  amont.  Malheureusement  Tobback  et 
l'inspecteur  d'Etat  Fivé,  que  Ponthier  vient  remplacer, 
s'apprêtent  à  quitter  la  station  conquise  et  à  rentrer  en 
Belgique.  Le  gouvernement  local  de  Boma  n'a  pu  mettre  à  la 
disposition  de  Ponthier  qu'un  contingent  insignifiant  et 
absolument  insuffisant  pour  accomplir  le  programme  qu'il 
s'est  tracé  :  poursuivre  et  soumettre  les  Arabes  qui  ont 
abandonné  Stanley-Falls,  occuper  Kirundu,  joindre  Dhanis  à 
Nyangwe  et  détruire  ainsi  l'occupation  et  l'influence  arabe 
tout  le  long  du  Lualaba. 

Remettant  le  commandement  provisoire  du  district  à 
son  adj(ûnt  le  lieutenant  Simon,  Lothaire  offre  spontané- 
ment   à   Ponthier    son    concours    personnel    et    celui    des 


—  371  — 

troupos  (lu  (lislricl,  [)()ur  lui  permettre  de  réiiliser  sou 
pr()^i';uuiii(\ 

Lotliaire  accomplit,  avec  Pouthier,  une  cam[)a^ue  de 
cinquante-six  jours,  à  la  tête  de  l'avant-g'arde  :  remonte 
le  Lualaha,  prend  part  aux  combats  victorieux  de  Kewe; 
Kissubi,  Bamanga,  à  la  i)rise  de  Kirundu  et  à  la  première 
attaque  du  camp   arabe. 

Poursuivant  les  Arabes,  Pontbier  et  Lotliair(3  les  battent 
dereclief  à  Kima-Kima  et  s'em[)arent  de  leur  camp. 

Continuant  leur  marcbe  lioureuse  jusque  sur  la  Lowa, 
ils  remportent  une  victoire  décisive  au  camp  de  Kibonghé. 
Au  retour  d'une  expédition  sur  la  Lowa,  ils  rencontrent 
un  courrier  de  Dlianis  qui  leur  permet  de  juger  de  la 
situation  générale  du  pays. 

Le  but  que  se  proposait  Pontbier  est  atteint  et  Lothaire 
retourne  à  Bangala  reprendre  le  commandement  de  son 
district  ('). 

Défaite  et  fuite  de  Rumaliza,  14  janvier  1894. 

A  peine  rentré  à  Bangala,  Lothaire  reçoit  de  Dhanis, 
alors  aux  prises  avec  le  puissant  chef  arabe  Rumaliza,  une 
demande  de  secours  très  alarmante. 

Pontbier  et  de  Heusch  ont  été  tués  à  l'ennemi;  les 
troupes  de  l'Etat,  qui  ont  livré  plusieurs  combats  sanglants, 
sont  déprimées,  décimées  et  privées  de  munitions.  L'ennemi, 
au  contraire,  ne  manque  de  rien  ;  fort  de  plus  de  trois 
mille  fusils,  il  s'est  avancé  jusqu'à  dix  lieues   de  Kasongo. 

Les  Bangala,  au  nombre  de  deux  cents,  qui  viennent  de 
faire  la  campagne  de  Kirundu  ont  une  confiance  aveugle 
dans  leur  chef  et  sont  convaincus  qu'il  ne  pourra  les  con- 
duire qu'à  la  victoire. 

Bien  que  le  gouvernement  local,  insuffisamment  éclairé, 

(1)  Le  récit  détaillé  de  ces  brillants  faits  d'armes  se  trouve  minu- 
tieusement exposé    dans  V Histoire  militaire  du  Congo,   de   A.  Le  Jf.une. 


—  872  — 

n'ait  pas  approuvé  l'expédition  faite  en  commun  avec 
Ponthier,  Lotliaire  qui  se  rend  justement  compte  de  l'inté- 
rêt supérieur  de  l'Etat,  décide  de  se  porter  d'urgence  au 
secours  de  Dlianis,  et  dès  le  21  décembre  1893,  arrive  à 
Kirundu,  où  il  s'adjoint  Henry  comme  second. 

Lotliaire  atteint,  avec  les  lieutenants  Borlzell  et  Henry, 
le  campement  général  de  Dlianis,  à  Bena  Musua,  le  8  jan- 
vier 1894. 

La  journée  du  10  janvier  est  employée  en  reconruus- 
sances  diverses. 

L'ennemi  est  solidement  retranché  dans  quatre  bomas, 
dont  le  principal,  situé  à  Bena  Kalungu,  est  occupé  par 
Rumaliza. 

Le  capitaine  de  Wouters,  aidé  du  capitaine  Doorme  et 
du  sergent  Destrail,  tient  la  position  en  observation,  avec 
cent  quatre-vingts  Baluba  et  Batetela  que  Doorme  a  lui-même 
recrutés  et  formés. 

Gomme  c'est  de  ce  côté  que  doit  se  porter  l'effort 
principal,  Lotliaire  investi  du  commandement  supérieur, 
s'y  rend  avec  Henry  et  les  Bangala  et  ordonne  d'occuper 
une  position  à  cheval  sur  la  ligne  de  communication  des 
bomas  ennemis,  à  huit  cents  mètres  seulement  de  celui  de 
Rumaliza. 

L'action  s'engage  aussitôt  et  les  Arabes  pointent  dans 
notre  direction  un  feu  bien  nourri.  Henry  et  Doorme  délo- 
g-ent  les  tirailleurs  placés  en  embuscade  dans  quelques 
postes  avancés.  Le  lendemain,  Lothaire  faisant  avec  de 
Wouters  une  reconnaissance  des  approches  des  bomas, 
constate  qu'une  crête,  se  dessinant  à  cent  mètres  du  boma 
peut  l'abriter  contre  les  coups  des  assiégés,  il  s'y  installe 
malgré  une  vive  fusillade  de  l'ennemi  et  fait  rapidement 
avancer  les  troupes  restées  en  arrière.  De  cette  façon,  les 
assiégeants  se  trouvent  à  cent  mètres  des  assiégés  et  sont 
parfaitement  protégés  contre  leurs  coups.  Comme  ils  empê- 
chent toute  communication    de    l'ennemi  avec  les  autres 


1 


—  373  — 

l)()ni;is  (4  rcndonl  prcsinic  impossible,  l(Mir  r;iviiailk'irieiil  en 
(MU,  ils  les  l'orceronl  ;i  (HiilUu'  l(Uir  l'olu^'-f^  et  à  livrer  conihMl 
(Ml  ras(*,  canipa^iio.  Le  11,  à  six  heures  du  matin,  le  li(;u- 
UMianl  llamhursin  amène  sui'  la  crête  un  canon  Krnpp. 
Par  une  chance  vraiment  j)rovidentielle,  le  premier  obus 
met  le  feu  aux  habitations  intérieures  du  boma.  Lothaire 
commande  l'attafjuc  générale.  De  Wouters  et  Rom  dirigent 
le  mouvement  de  front,  Doorme  avec  les  Baluba  contourne 
le  liane  droit,  tandis  que  les  Bangala  abordent  énergi- 
quement  le  liane  g-auche.  Hambursin  lance  des  boîtes  à 
balles  qui  empêchent  d'éteindre  l'incendie.  L'embrasement 
est  général.  Les  magasins  à  poudre  sautent  avec  un  bruit 
infernal.  L'incendie  s'étend  sur  une  superficie  de  plus  de  trois 
hectares,  où  sont  entassées  les  habitations  de  cinq  à  six  mille 
personnes.  Bientôt  les  Arabes  prennent  la  fuite  et  laissent 
plus  d'un  millier  d'hommes  sur  le  champ  de  bataille  et 
au  passage  de  la    Lulindi. 

Sans  perdre  de  temps,  Lothaire  fait  alors  l'investisse- 
ment du  second  boma  le  plus  rapproché,  celui  de  M'Zé- 
Kondo,  à  deux  et  demi  kilomètres  de  Rumaliza  et  à  trois 
quarts  d'heure  de  marche  des  deux  petits  bornas  d'avant- 
garde  commandés  par  Bwana  M'Zé. 

Ce  boma,  situé  au  sommet  d'une  petite  colline,  est 
bloqué  de  façon  à  lui  couper  ses  communications  d'eau. 
Au  bout  de  trois  jours,  il  se  rend  à   discrétion. 

Les  deux  autres  bornas,  qu'assiègent  d'un  côté  Golli- 
gnon  et  Van  Lint,  de  l'autre  Gillain  et  Rom,  se  livrent 
le  lendemain  à  nos  officiers. 

Plus  de  six  cents  fusils,  une  grande  quantité  de  poudre 
et  de  capsules  et  deux  mille  prisonniers  environ,  parmi 
lesquels  plusieurs  chefs  importants,  tombent  aux  mains 
des  vainqueurs. 

Malheureusement,  Rumaliza  est  parvenu  à  s'échapper 
et  s'est  retiré,  avec  deux  fidèles  seulement,  à  Kabambare, 
où  se    trouve   son  dépôt  d'armes  et  de  poudre. 


—  374  — 

La  défaite  de  Riimaliza  rend  l'Etat  maître  de  la  région 
(fui  s'étend  en  nniont  de  Kasongo.  11  ne  reste  debout 
que  Kabambare,  Ouheya  et  Mazance,  avant  d'arriver  au 
Tanganika. 

Lothaire  est  récompensé  de  l'initiative  qu'il  a  montrée 
dans  ces  deux  expéditions  contre  la  puissance  arabe  par 
l'ordre  du  jour  suivant: 

Ordre  du  jour  : 

Le  commissaire  de  district  de  première  classe  Lothaire 
qui  s'était  d(^jà  distingué  dans  les  opérations  contre 
Kibonglu's  vient  après  une  rapide  et  brillante  campagne 
d'anéantir  les  forces  arabes  de  Rumaliza.  Par  la  grande 
valeur  qu'il  déploie  cliaque  fois  qu'il  se  trouve  devant 
l'ennemi,  le  commandant  Lothaire  est  digne  de  notre 
admiration. 

Le  gouverneur  général, 

Wahis. 

Prise  de  Kabambare,    25  Janvier  1894. 

Après  la  chute  et  la  reddition  des  bomas  de  Rumaliza, 
Dhanis  organise  immédiatement  une  forte  colonne,  dont 
il  confie  le  commandement  à  Lothaire,  sous  les  ordres 
duquel  sont  placés  le  capitaine  de  Wouters,  les  lieute- 
nants Hambursin,  Henry  et  Doorme,  les  sergents  Collet, 
Van  Riel  et  Destrail,  trois  cents  soldats  réguliers  et  un 
canon. 

Lothaire  part,  le  17  janvier  1894,  des  environs  de 
Kasongo,  se  proposant  de  réduire  les  bomas  établis  sur 
la  ligne  de  retraite  de  Rumaliza,  de  prendre  la  forte 
position  de  Kabambare,  où  le  grand  chef  arabe  comptait 
définitivement  arrêter  les  troupes  de  l'Etat,  et  enfin,  de 
pousser  jusqu'aux  rives  mêmes  du  Tanganika,  pour  débar- 
rasser la  r('^gion  entière  des  bandes  esclavagistes. 


—  375  — 

Ai)ivs  le  i);issîi<^(>  (le  l;i  Lu;mi;i,  rcxpc'MJilioii  s';iv;iii('{î  sur 
Knhaniharo  on  deux  colonnes:  l:i  |)reniiri(%  coniposéo  dos 
li;ni<4al;i  ol  des  Haluba,  avec  Lothairo,  Jleiiry,  Doornio  (tl 
(]()11(M,  et  la  deuxième,  (|ui  suit,  a\('c  le  canon  à  deux 
jours  en   arrière. 

Henry  commando  ravant-gardc  formée  dosHan^ala;  Lot- 
liairc  dirige  le  ^ros  des  troui)es. 

Pendant  ce  temps,  Dhanis  rentre  à  Kasongo,  avec  le 
reste  des  forces.  Considérant  la  campagne  comme  vir- 
tuellement terminée,  il  renvoie  Gillain,  Collig"non  et 
Aui^ustin,  avec  leurs  détachements  respectifs,  à  Lusambo. 

En  six  jours,  Lothairc  est  à  Kabambare.  Il  a  fait  revêtir 
à  ses  ^'•uidos,  une  longue  tunique  blanche,  les  soldats  ont 
quitté  le  fez  rouge.  Par  suite  de  ce  stratagème,  les  Ara- 
bes croient  avoir  affaire  aux  débris  des  légions  de 
Rumaliza,  qui  viennent  à  la  recherche  de  leur  chef. 
Kabambare,  dont  les  portes  sont  ouvertes,  est  surprise 
par  une  marche  rapide  et  Henry  y  engouffre  les  Bangala 
au  son  de  la  charge  (25  janvier). 

Les  Arabes  font  leur  soumission,  tandis  que  Rumaliza 
s'échappe  accompagné  de  quatre  hommes  seulement. 

Tout  le  dépôt  de  guerre  de  Rumaliza  tombe  entre  les 
mains  des  soldats  de  l'Etat  :  il  y  a  là  plus  de  trois  mille 
kilos  de  poudre,  deux  millions  de  capsules  et  une  grande 
quantité  de  fusils. 

Marche  vers  le  Tanganika. 

Le  30  janvier,  Lothaire  envoie  de  Wouters  et  Van  Riel,  avec 
quarante  hommes,  sur  M'Towa  et  Albertville,  pour  faire  leur 
jonction  avec  les  troupes  de  l'expédition  antiesclavagiste. 

La  route  du  Sud  est  débarrassée  des  Arabes  depuis  les 
prouesses  du  capitaine  Jacques,  aux  bords  du  Tanganika  ; 
mais,  sur  la  route  du  Nord,  les  bornas  de  Kalunga  et 
de  Songhera   se  dressent  encore  menaçants. 

Il  est   donc    urgent    de    marcher    sans    retard    sur   ces 


—  376  — 

forteresses  arabes  et  d'empêcher,  par  tous  les  moyens, 
reniieiiii   de  s'}^  retranclier. 

Lothaire  ne  séjourne  dans  la  place  conquise  (jirune 
dizaine  de  jours,  afin  d'organiser  le  pays  et  d'y  imposer 
l'autorité  de  l'Etat.  Il  envoie  en  avant  Henry  et  Ilam- 
bursin  et  il  se  met  lui-même  en  marche,  après  avoir 
confié  Kabambare,  le  G  février,  au  lieutenant  Franken  et 
au  serg'ent  Collet,  avec  quatre  cents  homuies  et  un 
canon. 

Dénués  de  vêtements,  de  chaussures,  manquant  de 
vivres,  les  deux  tronçons  de  la  troupe  se  n'unissent  à 
Kalonda  et  pointent  de  concert  sur  le  boma  de  Kalunga, 
qui  se  rend  sans  lutte. 

Dans  la  précipitation  de  sa  fuite,  Rumaliza  ne  s'y  est 
pas  arrêté.  Ce  boma  est  admirablement  situé  :  bâti  sur 
un  îlot,  au  milieu  d'un  marécage  pour  ainsi  dire  inac- 
cessible, il  eut  permis  au  chef  arabe,  sinon  de  barrer  la 
route  à  ses  adversaires,  tout  au  moins  d'opposer  à  leur 
marche  en  avant  de  très  sérieux  obstacles. 

A  partir  de  Kalunga,  la  route  se  transforme  en  une 
longue  suite  de  fondrières.  Le  pays  est  entrecoupé  de 
marécages  profonds,  les  rivières  sont  débordées  par  les 
pluies  continuelles.  Les  indigènes  trop  éloignés  du  théâtre 
de  la  guerre,  ont  peu  de  confiance  dans  la  valeur  des 
troupes  de  l'Etat  et  la  crainte  que  leur  inspirent  leurs 
anciens  maîtres,  l'emporte  sur  la  réputation  que  les 
blancs  se  sont  acquise.  Ils  refusent  de  fournir  des 
guides. 

C'est  dans  ces  conditions  désastreuses,  ({ue  la  troupe 
atteint  les  marais  de  la  Luama,  dans  lesquels  elle 
s'égare  une  demi-journée.  Cette  rivière,  grossie  par  les 
pluies,  inonde  toute  la  plaine  sur  une  largeur  de  qua- 
rante kilomètres  environ  et  il  est  impossible  d'y  décou- 
vrir la  moindre  trace  de  sentier. 

Lothaire  fait  appel  aux  prisonniers  arabes  et  l'un  d'eux 


—  377  — 

(•(>ns(Mil,  iii(»y(M:ii;iiil  l;i  [H'oiiicssc  de  rccoiix  rcr  l;i  lihcrlr, 
à    le   coiidiiiro   ;iu    j);iss:i;4(î   <!('    I;i    I-n;iiii:i. 

N';iy;nil  pas  de  iiouvolh^s  do  rcniiciiii,  (|iii  ix'iil,  s'T^lrc, 
rolrniu'lio  ;ni  l)()iii;i  de  Suiiijuhi,  ;i  (Hichiucs  lieues  de  l;i, 
(M  (jiii,  averti  d(î  la  i)i*és(Mi('e  des  blancs,  ]](\  iiiaiH|uei'ail 
de  détendre  en(M'<^i(jueiiionl  lo  passag'G,  la  colonnfi  se  voit 
forcée  do  franchir,   à  loiil  prix,  la   rivière  ce  jour-là. 

La  Luaiiia  roule  des  eaux  boueuses  avec  rimpéluositr; 
d'un  torrent.  Le  courant  emporte  tous  les  radeaux  de 
troncs  de  bananiers  et  des  i^randes  herbes,  qui  sont  jetés 
sur  la  rivière.    Le  passage    semble  d('sormais   impossible. 

Les  efforts  pour  abattre  un  des  nombreux  gigantesques 
palmiers  borassus,  qui  se  dressent  sur  la  berge,  restent 
vains.  Il  règne  une  angoisse  mortelle.  Fort  heureusement, 
un  caporal  bangala  se  souvient  que  Lothaire  lui  a  confié, 
avant  le  départ,  une  scie  articulée  et  grâce  à  ce  précieux 
auxiliaire,  une  demi-heure  plus  tard  un  de  ces  colosses  est 
à  terre;  l'arbre  ne  mesure  pas  moins  d'un  mètre  de  dia- 
mètre. Cinquante  Bangala  traversent  la  rivière  à  la  nage 
avec  leurs  armes  et  munitions  pour  amarrer  à  l'autre  rive 
le  pont  improvisé.  Au  passage  des  hommes,  l'arbre  est 
complètement  submergé  et  oscille  d'une  façon  inquiétante. 
Trois  hommes  se  noient.  De  l'autre  -côté  de  la  Luama,  le 
calvaire  recommence  dans  des  marais  boueux  plus  pénible 
encore  que  la  veille.  Les  soldats  doivent  s'ouvrir  un  pas- 
sage, au  moyen  de  leurs  couteaux,  à  travers  les  papyrus, 
dont  les  racines  servent  de  points  d'appui  et  quand  par 
malheur,  l'un  d'eux,  exténué  par  les  fatigues  et  la  faim, 
manque  d'un  pas  défaillant,  une  de  ces  frêles  bases,  il 
s'enfonce  dans  la  vase  jusqu'à  la  ceinture,  parfois  jusqu'au 
cou.  Après  plusieurs  heures  de  cette  effroyable  marche, 
la  troupe  campe  dans  un  petit  îlot.  La  colonne  se  remet 
en  route  dès  le  lendemain.  L'ennemi  fuit  toujours;  les 
soldats,  certains  du  succès  final,  reprennent  courage  et, 
après  deux  heures  de  marche,  arrivent  en  vue  du  boma  de 


—  378  — 

Sungula  (Songhera),  sur  le  chemin  de  Mazance,  13  février 
1894. 

Songhera  en  personne  se  rend  à  discrétion,  sans  com- 
bat. La  troupe  s'installe  dans  la  citadelle  et  s'y  repose 
de  ses  fatigues. 

Six  jours  plus  tard,  le  19  f(^vrier,  de  Wouters  envoyé  par 
Lothaire  de  Kabambare  au  Tanganika  et  accompagné 
de  Descamps,  Long  etChargois,  de  l'expédition  antiesclava- 
giste, rejoint  son  chef  dans  son  camp  improvisé.  Lothaire 
nomme  Van  Riel  chef  du  poste  de  Sungula  et  abandonne 
la  position  pour  se  diriger  vers  le  Tanganika:  il  se 
trouve  bientôt  au  pied  des  monts  Biselé  qui  se  dressent 
à  pic  devant  lui. 

Le  sentier  qu'il  faut  suivre,  monte  sans  détours;  on  est 
obligé  de  se  hisser  en  s'accrochant  aux  touffes  d'herbes 
et  aux  arbustes,  au  risque  de  se  tuer  à  chaque  pas.  Plus 
loin,  le  sentier  borde  un  précipice  de  deux  cents  mètres 
de  profondeur,  sur  un  parcours  de  plus  de  deux  kilo- 
mètres. Les  nègres,  sujets  au  vertige,  sont  forcés  de  mar- 
cher en  rampant,  se  tenant  aux  herbes  et  n'osant  regarder 
ce  gouffre  béant. 

Le  lendemain,  la  colonne  s'engage  dans  un  immense 
marais,  dans  lequel  il  faut,  en  s'enfonçant  parfois  jus- 
qu'aux aisselles,  patauger  pendant  cinq  mortelles  heures. 
Vers  trois  heures  de  l'après-midi,  on  sort  enfin  du  marais 
pour  aborder  le  massif  qui  borde  le  lac.  Trois  jours 
sont  nécessaires  à  franchir  ce  dernier  obstacle,  tantôt  en 
escaladant  des  crêtes  à  pic,  tantôt  en  s'enlisant  dans  la 
boue   des  fondrières  qui  séparent  ces  crêtes. 

Le  2  mars  1894,  Lothaire  et  ses  hommes  campent  enfin 
au  bord  du  Tanganika,  à  Mazance,  en  face  de  la  presqu'île 
de  rUmbari.  Les  Arabes  n'opposent  aucune  résistance  et 
s'enfuient  de  leurs  bomas  vers   la   côte  allemande. 

Henry,  chargé  de  donner  la  chasse  aux  fuyards,  s'em- 
barqiie  avec  une    dizaine   de  soldats  dans  une  méchante 


—  379  - 

])ir()»:iu'  ({ui,  :ii'i'iv<'M»  i\  un  kilomt'Lm  (1(^  la  |)r(is(|ii'îl(» 
(rrinl);u'i,  S()nil)rc  dans  uihî  U^inpète.  Los  liaii^'-ala,  na<^(3iirs 
(MiuM'ilos,  so  jottonl  tous  à  l'oau  et,  saisissant  la  pii-()<,nie 
(rime  main,  nageant  de  l'autre,  parviennent  à  aborder  sur 
un  quartier  de  roche,  dans  un  (uidroit  désert  de  la  côte. 
Le  lendemain  Henry  retraverse  le  lac  et  rejoint  Vcxpé- 
dition. 

Opendant  Rumaliza  n'a  pas  encore  atteint  la  côte  alle- 
mande. Au  lieu  de  franchir  le  lac,  il  le  remonte  vers 
le  Nord,  longeant  la  rive  occidentale,  croyant  trouver  un 
refuge  chez  son  beau-frère  Bwana-Solo,  établi  dans  l'Uvira, 
à  la  pointe  septentrionale  du  Tanganika. 

Huit  mois  avant  son  départ  d'Udjiji,  il  a  fait  construire 
en  cet  endroit  un  boma  redoutable,  qui  occupe  une  super- 
ficie de  plus  de  deux  hectares.  Ce  fort,  établi  sur  la  rive 
du  lac,  protège  le  seul  port  abordable  de  la  région. 
Lothaire  trouve  la  position  arabe  complètement  abandonnée 
(17  mars).  Si  celle-ci  eut  été  défendue,  elle  eut  arrêté  la 
colonne  pendant  longtemps. 

La  poursuite  des  Arabes,  que  Lothaire  a  dirigé  avec  une 
ardeur  implacable,  est  fructueuse.  Les  indigènes,  convain- 
cus que  le  règne  exécré  des  Arabes  est  irrémédiablement 
fini,   font  tous  leur  soumission. 

Seul  un  des  chefs  les  plus  importants,  à  qui  Rumaliza 
a  envoyé  le  cheval  d'Hodister,  comme  trophée  et  marque 
de  ses  succès  sur  les  blancs,  refuse  de  se  rendre.  Dénoncé 
par  ses   voisins,   il  est  aussitôt  capturé  et  emprisonné. 

Le  Manyema  est  définitivement  conquis.  Rumaliza  a  pu 
gagner  le  protectorat  allemand,  où  il  est  en  sûreté,  mais 
sa  puissance  est  à  jamais  anéantie. 

Au  commencement  d'avril  1894,  l'expédition  quitte  le 
lac  et  reprend  le  chemin  de  Kasongo;  mais  Destrail  et 
Van  Riel  sont  laissés  comme  chefs  de  postes,  pour  établir 
une  liaison  entre  Kabambare  et  l'expédition  antiesclava- 
giste. 


—  380  — 

Van  Riol,  qui  était  reste  à  Siingula  (Songhera),  a  fait 
reconnaître  les  routes  et  réparer  les  ponts,  de  sorte  que 
le  retour  vers  Kabambare  s'effectue  sans  incidents  tacbeux. 

Voulant  faire  de  Kabambare  un  l)oulevard  contre  un 
retour  offensif  des  bordes  esclavagistes,  Lotbaire  y  in- 
stalle une  garnison  de  trois  cents  bommes,  sous  le 
commandement  de  Hambursin,   Destrail  et  Collet. 

Tous  les  indigènes  et  de  petites  bandes  détacbées  d'Arabes 
font  leur  soumission. 

Lotbaire  rentre  à  Kasongo,   le  19  avril   1894. 

Il  rejoint  Dhanis  à  Kirundu  et  lui  succède  dans  son 
commandement. 

Le  capitaine  de  Wouters  a  dû  abandonner  l'expédition 
près  du  Tanganika,  pour  aller  succomber  d'épuisement 
à  Kasongo.  Le  sergent  Destrail  est  mort  dans  les  mêmes 
conditions  à  Kabambare. 

Des  deux  cents  Bangala  qui  ont  accompagné  Lotbaire, 
quatre-vingts  rentrent  dans  leurs  foyers. 


Lors  de  la  prise  de  Nyangwe,  en  janvier  1893,  Saïd 
ben  Abedi,  Munie  Mku,  Munie  Cbabudu,  et  d'autres  cbefs 
moins  importants  s'étaient  réfugiés  à  Micici,  à  dix  ou 
douze  jours  de  marcbe  au  nord  de  cette  ville.  Ils  avaient 
été  rejoints  en  novembre  de  la  même  année  par  les 
déb;is  des  Arabes  des  Falls,  qui  avaient  écbappé  à  la 
campagne   de  Kirundu. 

Lors  de  son  retour  vers  Kabambare,  Lotbaire  se  trouva 
brusquement  à  deux  jours  du  campement  de  ces  bandes 
peu  redoutables,  qui,  au  bruit  mensonger  de  la  victoire  de 
Rumaliza,  avaient  soudainement  quitté  Micici  et  se  dis- 
posaient à  rejoindre  leur  cbef. 

Placés   en    face    d'une    troupe    victorieuse,    les  Arabes 


—  :isi  — 

ii'ciiiHMil  (l';nili-('  ;ill('rii;itiv('  (\\\r  de.  se  soiimcU  l'c  s;iii.s  coii- 
(lilioiis. 

Ils  r(MiioU(Mil  :i  Lolliairc  Iciii's  nniiGs  (31  1(M1I's  iiiiiniLioiis  ; 
l(>s   cliofs   sont    (r;i(luils  (Mi    conseil   de   <4uerr(3. 

Snïd  1)011  Ahodi  ol  Uacliid,  (jui  s'étaient  r(uidns  ;i  Kaham- 
l)are,sonl  i'(M'onnus  innoccMits  et  ac(|iiittés.  Scidiunha  Nserera 
et  son  lils  Amici,  convaincus  du  nuissacre  d'IIodister, 
IMerret,  Micliiels,  Noblesse  et  Magery,  ainsi  ({ue  Piani 
Luii'ari,  qui  a  égorgé  Emin  Pacha,  subirent  le  châtiment 
de   leurs   crimes  (10  mai   1801). 


* 


Lothaire  s'occupe  de  l'organisation  du  pays  conquis. 
Il  crée  les  zones  de  Kabaml)are,  Nyangwe,  Lokundu, 
Kirundu  et  Stanle\^-Falls.  Il  fonde  le  nouveau  camp  de 
Kasongo  et  installe  la  station  de  Ponthierville  en  amont 
des  chutes  de  Wabundu.  Un  voyage  aller  et  retour  des 
Falls  à  Kasongo  lui  permet  de  se  rendre  compte  du  bon 
fonctionnement  de  l'organisation  administrative,  Lothaire 
songe  à  occuper  l'Ituri  et  la  région  des  grands  lacs 
Albert  et  Albert-Edouard. 


Marche  vers  l'Ituri. 

Plusieurs  bandes  refoulées  des  Falls  et  du  Manj^ema, 
entre  autres  celles  de  Kibonghé  et  d'Ugarrawa,  s'étiiient 
rejetées  vers  le  nord  après  leur  défaite,  afin  d'échapper 
à  la  poursuite  des  troupes  de  l'Etat,  et  elles  se  dispo- 
seaient  à  s'y  réorganiser,  en  attendant  des  renforts  d'hommes 
et  de  matériel  de  la  côte  orientale. 

En  novembre  1894,  Lothaire  quitte  les  Falls  avec  sept 
cents   hommes  dont  dix  blancs  et  marche  sur  l'Ituri. 

Henry,  envoyé   trois   mois   auparavant  de    Kirundu    en 


382 


avant-garde  avec  cent  ving't  soldats,  avait  fondé  le  poste 
de  Kilinga.  Il  apprend  à  Opakula  qu'un  poste  arabe  se 
trouve  installé  à  Makussidi  ;  il  entre  aussitôt  en  relations 
avec  Saïd  et  fait  alliance  avec  lui.  Saïd  déclare  qu'il 
restera  fidèle  aux  blancs,  à  condition  que  Kibonglié,  qui 
se  trouve  actuellement  à  la  Lindi,  soit  fait  prisonnier. 
(C'est  par  ordre  de  Kibonglié  qu'Kmin  Pacha  avait  été  tué 
à   Kinena). 

Trente  hommes  sont  laissés  à  Makussidi. 

Les  anciens  alliés  de  Kibong-hé  livrent  traîtreusement 
leur  chef  et  les  fidèles  de  l'Arabe  quittent  la  Lindi  pour 
se  rendre  chez  Stokes  à  Mawambi. 

C'est  dans  sa  marche  vers  l'Est,  par  Mabilanga,  que 
Lothaire  apprend,  aux  Marolles,  où  il  se  trouvait  avec 
Brecx,  Michaux  et  Codrons  la  capture  du  redoutable 
Kibonglié,   qu'il  joint   à  Makala    sur   la    Lindi. 

Kibonghé,  condamné  par  une  cour  martiale,  est  passé 
par  les  armes  le   1''  janvier  1895. 

La  vaste  rég"ion  comprise  entre  l'Aruwimi,  le  Lualaba, 
le  Manyema  et  les  grands  lacs  du  centre  africain  avait 
jusqu'ici  complètement  échappé  à  l'action  de  l'Etat  du 
Congo;  seuls  Stanley  et  Emin  Pacha  l'avaient  traver- 
sée. 

Lothaire,  avant  de  reprendre  par  la  voie  de  l'Aruwimi, 
le  chemin  des  Falls,  s'api)lique  à  pacifier  la  région  et  à 
organiser  l'occupation  sur  des  bases  solides,  en  établis- 
sant des  postes  fortifiés  à  Kwa  Pini,  Irumu,  Mawambi 
(Kilonga-Longa  de  Stanley),  Makala  et  Avakubi  et  en 
créant  la  zone  du  Haut-Ituri. 

Lothaire  avait  trouvé  à  la  Lindi  la  preuve  irrécusable 
de  l'alliance  de  Kibonghé  avec  Stokes,  ancien  missionnaire 
de  la  Church  Mlssionary  Society.  Celui-ci,  envoyé  en  1879 
dans  l'Ouganda,  s'était  bientôt  livré  au  négoce  et  s'était 
créé    une    situation  importante  dans  l'Afrique    Orientale. 


—  ns:^  — 

Slokes  faisait  iioLaniiihMU  coiiiiiiorrjî  d'ariiK^s  d  do 
munitions  (^t  h's  vc^idait  aux  tiM(i:{uants  d'csclavos,  mais 
parvenait  toujours  à  se  réfu^'ior  dans  l(^s  posscissions 
allemandes. 

Lothaire,  convaincu  de  la  culpabilité  de  Stokes,  délivre 
un  mandat  d'airèt contre  lui  et  envoie  Henry  à  sa  recherche. 

Après  une  marche  de  douze  heures,  Henry  surprend  à 
la  nuit  tombante  l'ex-missionnaire,  le  8  janvier,  dans 
son  camp  sur  la  Linda,  au  moment  où  ce  dernier  atten- 
dait les  chefs  d'xVvakubi  et  un  des  gendres  de  Kibong-iié 
avec  des  renforts.  Les  troupes  terrifiées  par  la  surprise, 
se  dispersent  dans  la  forêt  et  s'enfuient  vers  Mawambi 
et  la  frontière  allemande. 

Stokes  est  conduit  au  camp  de  la  Lindi,  le  13  janvier 
1895,   abandonnant  sa  caravane  à  Kwa  Pini. 

Un  Conseil  de  guerre  est  aussitôt  réuni.  L'ex-mission- 
naire était  justiciable  d'une  cour  militaire  pour  la  raison 
qu'il  avait  pris  part  à  la  guerre  civile  en  faisant  alliance 
avec  les  chefs  arabes  en  révolte  et  rfu'il  s'était  mis  à  la 
tête  d'une  troupe  organisée  de  mille  hommes.  Stokes  est 
condamné  à  la  pendaison  et  son  exécution  a  lieu  le  15 
janvier  1895,  vingt-quatre  heures  après,  conformément  à 
l'ordonnance  de  Goquilhat  (')  {^). 


(1)  On  se  rappelle  ({ue  l'Augleter/e  fit  ths  reprôsa  italiens  au  gauverne- 
ment  de  l'Etat,  pour  le  motif  (juj  lo  bJiiJticô  dj  dro'.t  d'appal  avait  été 
refus  3  au  condamné. 

Lothaire  dut  comparaître  de  ce  chef  devant  le  tribunal  de  Borna;  il  fut 
acquitté  le  25  avril  1890. 

En  appel,  devant  le  conseil  supérieur  du  Congo,  à  Bruxelles,  la  p.'emière 
sentence  fut  confirmée,  le  6  août  de  la  même  année. 

(2)  Muiicemcnt  antiesclavajiste,  ISDo,  p.  171. 


—  384  - 

Lothaire,  ayant  organisé  la  région  d(3  l'Ituri  et  préparé, 
par  des  cultures  dans  les  postes  fondés,  sa  marche  future 
vers  le  lac  Albert  dans  le  but  d'y  occuper  Mahagi,  cédé  à 
bail,  à  l'Etat,  redescend  aux  Falls  par  la  voie  de  l'Aruwimi 
pour  y  chercher  des  troupes  de  renforts.  Il  se  rendait  des 
Falls  à  Ponthierville  lorsqu'il  apprend  la  révolte  des  Bate- 
tchi  à  Luluabourg. 

Sédition  de  Luluabourg,  4  juillet  1895. 

D'anciens  soldats  batetela  de  Gongo  Lutete  avaient  pris  du 
service  dans  la  F.  P.,  mais  supportaient  malaisément  les  rigueurs 
de  la  discipline  qui  leur  était  imposée.  Le  4  juillet  1895,  ils  se 
révoltent,  tuent  le  capitaine  Pelzer,  blessent  Cassart  et  Lassaux  et 
pillent  la  station,  s'allient  avec  les  Benas  Luluas,  indigènes  des 
environs  et  attaquent  la  mission  de  Saint-Joseph,  que  détendaient 
Cassart  et  Lassaux,  malgré  leurs  blessures,  avec  le  secours  de 
quelques    Zappo-Zap. 

Cassart  et  Lassaux  parviennent  à  se  réfugier  chez  le  chef  indigène 
Zappo-Zap,  établi  à  deux  kilomètres  de  la  mission,  qui  refuse  brave- 
ment de  livrer  les  blancs,  au  risque  d'exposer  ses  populations  à  la 
vindicte  des    mutins. 

La  mission,  défendue  par  Zappo-Zap  est  épargnée,  mais  la  station 
de  l'Etat  est  pillée.  Les  Batetela  se  dirigent  alors  vers  l'Est,  et 
passent  le  Lubi  à  Kala-Kafumba,  où  se  trouve  en  voie  de  forma- 
tion :   la  mission    de  Mérode  Salvator. 

Les  Pères,  avertis  à  temps  de  l'arrivée  des  révoltés,  heureuse- 
ment, peuvent  se  sauver. 

Les  mutins  sont  rejoints,  en  cet  endroit,  par  un  certain  nombre 
de  Batetela,  venant  du  Sud  ;  marchent  sur  Kaiee,  dont  Bollen 
parvient  à  s'échapper  et   se   portent   vers  Kabinda. 

Cinq  blancs,  et  Lupungu,  le  chef  le  plus  important  de  la  con- 
trée, s'y  trouvent  précisément  rassemblés.  Bollen  accompagné  de 
Shaw  et  Froment,  à  la  tête  d'une  centaine  d'hommes  armés  de 
fusils  rayés  et  d'un  certain  nombre  d'auxiliaires  de  Lupungu  s'élan- 
cent à  la  rencontre  de  l'ennemi.  La  colonne  s'avance  jusqu'à  qua- 


~  385  — 

riiuiv  kilomètres  de  Kabinda.  I^e  eonil)at  est  acharné;  mais  nos 
soldats  sont    écrasés  i)ar    le   nombre   et  Bollen  est   tué. 

Hossut  et  Xiveleer  quittent  précipitamment  la  station  avant 
d'avoir  eu  le  temps  do  mettre  en  sûreté  les  armes  et  les  muni- 
tions   emmagasinées   au  poste. 

Lupungu  fait  incendier  ses  villages  pour  obliger  ses  populations 
à  le  suivre  et  les  soustraire  à  l'humiliation  de  se  soumettre  aux 
vainqueurs. 

Fromont  et  Bossut  ont  pu  gagner  Lusambo.  Shaw  sorti  de  la 
brousse  après  le  départ  des  révoltés  rentre  à  la  station  qu'il 
s'occupe  à  réinstaller.  Les  Batetela  continuent  leur  marche  vers 
Gaudu  où  résident  Augustin  et  De  Saegher.  Par  un  courrier  rapide 
parti  de  Kirundu,  Lothaire  avait  fait  envoyer  un  renfort  de  deux 
cents  soldats  du  camp  de  Kasongo,  conduits  par  le  lieutenant 
Franken  et  le  sergent  Langerock,  pour  aider  le  lieutenant  Augustin, 
chef  du  poste  du  Gandu,  à  barrer  aux  révoltés  la  route  du 
Manyeraa    et   le  passage   du   Lomami. 

Tandis  que  De  Saegher  garde  la  station,  les  autres  blancs  s'avan- 
cent jusqu'à  douze  kilomètres  au  devant  de  l'ennemi  et  lui  livrent 
bataille;  mais,  le  combat  mal  engagé  se  termine  par  un  désastre 
(18  août   1895). 

Augustin  et  Franken,  ainsi  que  le  sergent  Langerock  sont  tués 
au  cours  de  ce  combat.  De  Saegher  et  Lupungu  passent  sur  la 
rive  droite  du  Lomami.  Lallemand  est  conduit  par  les  indigènes  à 
Kabinda,  où  il  retrouve  Shaw.  La  plupart  des  soldats  sont  tués 
ou  se  livrent  à  l'ennemi. 

Lutte  contre  les  Batetela  révoltés. 

Après  ces    revers  successifs,   toutes  les  populations  du. 
Lomami,  de  l'Imbadi,  les  Malela,    les    Tusango,  etc.,  font 
cause  commune  avec  les  révoltés. 


* 


38<i 


Lothaire  était  arrivé  à  N3^angwe  et  Kasong"o,  vers  la 
fin  du  mois  d'août  1895,  ignorant  encore  le  désastre  de 
Gandu,  où  Augustin  et  Franken  avaient  trouvé  la  mort. 

Il  réunit  cent  soixante-cinq  hommes  et  se  dirige  vers 
Gandu,  emmenant  avec  lui  le  lieutenant  Sandrart  et  le 
sergent-major  De  Gorte,  mais  souffrant  d'une  blessure  il 
est  forcé  de  l'aire  le  trajet  à  dos  d'âne. 

Il  ne  tarde  pas  à  être  informé  que  Gandu  vient  d'être 
pris  et  que  les  troupes  de  l'Etat  ont  subi  une  sanglante 
défaite  à  la  suite  de  laquelle  les  indigènes  du  Malela, 
région  dont  une  partie  des  soldats  sont  originaires,  ont 
fait  cause  commune  avec  ces  derniers. 

Le  commandant  Lothaire  n'hésite  pas,  malgré  la  fai- 
blesse de  ses  effectifs,  à  prendre  une  décision  aussi  immé- 
diate qu'énergique.  Les  rebelles  disposent  de  cinq  cents 
fusils  Albiiii  et  d'environ  cinquante  mille  cartouches, 
provenant  des  magasins  des  diverses  stations,  qu'ils  ont 
réussi  à  piller.  —  Lothaire  n'a  à  leur  opposer  à  ce 
moment  que  les  cent  soixante-cinq  fusils  Albini,  dont 
sont  armés  les  soldats  qu'il  a  emmenés  de  Nyangwe. 
Ce  qui  rend  sa  position  plus  critique  encore,  c'est  qu'il 
opère  dans  une  région  dont  les  indigènes  sont  tous  dé- 
voués aux  rebelles  et  où  il  n'est  possible  de  se  ravitailler 
qu'au  prix  des  plus  grandes   difficultés. 

Le  12  septembre,  Lothaire  arrivé  sur  les  bords  du 
Lomami,  en  face  de  Gandu,  apprend  que  les  rebelles  ont 
évacué  cette  position  et  sont  passés  sur  la  rive  droite  où 
il  se  trouve  lui-même.  Il  se  porte  sans  hésiter  dans  la 
direction  où  leur  présence  lui  a  été  signalée  et  vers  deux 
heures  de  l'après-midi  prend  contact  avec  eux.  Un  com- 
bat acharné  s'engage  aussitôt,  qui  se  prolonge  jusqu'à 
six  heures  du  soir.  Les  soldats  de  Lothaire  restent 
maîtres  du  champ  de  bataille,  sur  lequel  ils  campent, 
après  avoir  repris  vingt-deux  Albini  à  leurs  adversaires. 

Mais  Lothaire,  des  le  début  de  rengagement,   a  été  mis 


—  387   - 

hors    (1(3  conibiil    pur  mie  IkiIIc  (lui  lui  a  traversé  la  cuisse 
gauche. 

Les  fu\^ards  ne  peuvent  être  assez  vivement  poursuivis 
et  réussissent  la  nuit  suivante  à  faire  repasser  le  Lomanii 
à  leurs  femmes  et  à  leurs  enfants. 

Le  lendemain  13  septembre,  dès  quatre  heures  du  matin, 
le  lieutenant  Sandrart  tente  de  s'emparer  du  camp  des 
rebelles,  mais  il  est  surpris  et  tué  d'une  balle  en  pleine 
j)oitrine  ;  ses  gens  rebroussent  chemin. 

Encouragés  par  la  mort  du  blanc,  les  rebelles  s'enhar- 
dissent jusqu'à  attaquer  le  camp  du  commandant,  mais 
leurs  assauts  sont  repoussés  et  leurs  principaux  chefs 
restent  sur  le  terrain. 

De  Corte  a  le  bras  gauche  fracassé  par  une  balle. 
N'ayant  plus  aucun  blanc  pour  exécuter  ses  ordres  et  le 
seconder  dans  la  conduite  de  ses  troupes,  Lothaire  croit 
prudent  de  battre  en  retraite.  Il  fait  évacuer,  en  hamac 
et  sous  escorte.  De  Corte  sur  Lusuna  ;  après  quoi  il 
ordonne  une  attaque  générale  pour  tromper  l'ennemi  sur 
ses  intentions. 

Sa  feinte  a  un  tel  succès  que  les  rebelles  s'enfuient  en 
désordre  dans  toutes  les  directions  ;  ce  qui  permet  aux 
troupes  de  l'Etat  de  se  replier  sans  devoir  tirer  un  seul 
coup  de  fusil.  Les  soldats  mutinés  renoncent  à  la  pour- 
suite de  Lothaire  qui,  porté  lui-même  en  hamac  par  ses 
soldats,    parvient  sans  encombre  à  Lusuna. 

Lothaire  envoie  l'ordre  aux  blancs  commandant  les 
postes  et  stations  de  Nyangwe,  Kasongo  et  Kabambare 
de  lui  envoyer  des  renforts  immédiats,  de  façon  à  éviter, 
pour  la  prochaine  rencontre,  que  la  mort  d'un  ou  de 
deux  blancs   n'empêchât  la  réussite  complète  de  l'affaire. 

Tandis  que  Lothaire  séjourne  à  Lusuna,  Gillain,  com- 
missaire du  district  du  Lualaba-Kasaï  quitte  Lusambo  le 
5  septembre,  à  la  tète  des  troupes  de  l'Elat  et  arrive  le 
17  à  Gandu.  Dès  le  lendemain  de  son  arrivée  et  jusqu'au 


—  388  — 

30  octoLre,  Gillain  tient  constamment  les  révoltes  sur  le 
qui-vive  par  une  série  d'escarmouches.  Le  8  octobre,  il 
ordonne  à  toutes  ses  forces  de  traverser  le  Lomami.  Elles 
sont  divisées  en  deux  colonnes  et  placées  l'une  sous  le 
commandement  du  lieutenant  Michaux  et  l'autre  sous  celui 
du  lieutenant  suédois  Swenson.  Gillain  ne  peut  accom- 
pagner lui-même  ses    troupes,  étant  malade  et  alité. 

La  colonne  Michaux,  qui  a  pris  une  route  différente 
de  celle  suivie  par  Swenson,  n'attend  pas  le  signal  con- 
venu pour  l'attaque  et  s'engage  à  fond.  Après  vingt-cinq 
minutes  de  combat,  il  se  trouve  complètement  entouré 
et  est  obligé  de  céder  le  terrain,  en  se  repliant  en  dés- 
ordre sur  le  Lomami,  abandonnant  une  grande  quantité 
de   bagages. 

Mais  au  moment  précis  de  cette  retraite,  Swenson 
s'engage  à  son  tour  et  après  quarante  minutes  de  com- 
bat occupe  le  campement  ennemi,  reprenant  tout  ce  que 
la  première  colonne  avait  laissé  aux  mains  des  rebelles. 

Un  retour  offensif  de  l'ennemi  contre  la  colonne  Swen- 
son n'a  aucun  succès  et  donne  l'occasion  à  nos  troupes 
de  faire  subir  aux  soldats  révoltés,  une  nouvelle  et 
sanglante  défaite. 

Parmi  les  soldats  de  l'Etat,  quarante-deux  sont  tués  et 
trente-huit  blessés.  Le  sergent  Palate  est  mortellement 
frappé. 

Enfin,  le  IG  octobre,  arrivent  les  forces  de  la  zone 
arabe,  sous  le  commandement  supérieur  de  Lothaire. 
Celui-ci  campe  en  face  des  ennemis  à  une  lieue  de  leur 
position.  Les  troupes  de  Lusambo,  sous  le  commandement 
de  Gillain,  se  trouvent  à  Gandu  sur  l'autre  rive  du  fleuve 
et  repassent  la  nuit  le  Lomami.  Lothaire  noue  des  rela- 
tions avec  Lusambo.  Gillain  lui  envoie  Michaux,  Swen- 
son, de  Besche-Jûrgens,  Konings  et  l'armurier  Droeven. 
Lothaire  a  mille  hommes  à  sa  disposition.  Le  18  octobre. 


—  .^<so  — 

une  tr()iii)(*  ïnvlo.  do  huit  c(miIs  Alhinis,  ;ill;i(jue  l(i  cniiip 
des  révoltes. 

Aranl-çia^'de:  capitaine  DooriiK^  sous-lieutenant  Spil- 
liaert,  sergent  De  Saghers. 

(h\)s :  C(Huniandant  Michaux,  lieutenant  Swenson,  sous- 
lieutenant  (1(^,  Hesche-Jiii'gens,  sous-lieutenant  Konings, 
docteur  K(")tz,  adjudant  Lalleniand,  sergent  Steeman,  com- 
mis Hoffmann. 

Le  camp  reste  sous  la  garde  du  lieutenant  Middagh, 
du  sous-lieutenant  Niclot  et  de  Droeven. 

Le  camp  des  révoltés  est  adoss.''  à  la  forêt.  Les  troupes 
de  l'Etat  sont  fortes  de  huit  cents  Albinis,  celles  des 
révoltés  de  six  cents  Albinis  et  de  trois  à  rjuatre  cents 
fusils  à  piston.  A  huit  heures  du  matin,  Lothaire  fait 
donner  l'assaut  des  défenses  que  l'ennemi  a  accumu- 
lées dans  les  bois  et  les  clairières,  sur  le  chemin  qui 
conduit  à  travers  la  forêt  jusqu'au  village  où  les  Batetela 
ont  caché  leurs  femmes  et  leur  butin.  Doorme  com- 
mande l'avant-garde,  sur  qui  se  porte  tout  l'effort  de 
l'ennemi,  les  autres  troupes  ne  servant  qu'à  éviter  tout 
mouvement  tournant.  Plusieurs  fois,  les  troupes  d'avant- 
garde  épuisées  doivent  être  renouvelées. 

A  deux  heures,  tous  les  obstacles  sont  forcés,  les  révoltés 
sont  dispersés  dans  la  forêt  et  le  butin  fait  à  Luluabourg, 
Kabinda  et  Gandu  tombe  entre  les  mains  des  soldats 
de  l'Etat. 

Les  Batetela,  en  déroute  complète,  se  dirigent  vers  le 
Sud,  à  travers  la  forêt  qui  borde  la  rive  gauche  du  Lomami. 

Malheureusement,  une  colonne  de  quatre  blancs.  Collet 
De  Lava,  Gasiman,  cinquante  soldats  réguliers,  avec  plus 
de  six  cents  fusils  à  piston  s'efforçant  de  rejoindre  Lothaire, 
se  laisse  surprendre.  Les  révoltés  et  les  indigènes,  cachés 
dans  les  herbes  qui  bordent  le  sentier,  les  fusillent  à 
bout  portant.  Les  quatre  agents  sont  tués  et  leur  caravane 
est  pillée;  les    soldats    réguliers  et    irréguliers    échappés 


—  390  — 

nu  (léscislro,  peuvent  atteindre  Lusuna,  où  ils  sont  ral- 
liés et  ramenés  par  le  lieutenant  Henry.  Descendu  de 
rituri,  Hcnr5%  dont  le  terme  de  service  était  expiré,  était 
accouru  dans  le  Manyema,  à  la  nouvelle  de  la  révolte  de 
Lulua])Ourg". 

Les  Batetela  avaient  repris  courage  et  étaient  allés  se 
réunir  aux  révoltés  du  Malela  et  de  l'Imbadi. 

Le  4  novembre,  la  colonne  Lothaire  repasse  le  Lomami 
à  Gongo  Maclioffc  et,  le  6,  à  midi,  attaque  les  positions 
défendues  par  les  révoltés  du  Luluabourg,  ceux  du  Malela, 
et  de  l'Imbadi. 

L'ennemi,  défendant  des  mamelons  boisés  admirable- 
ment choisis,  compte  quatre  cents  Albinis,  sept  à  huit 
cents  fusils  à  piston,  trois  à  quatre  mille  archers. 

La  colonne  Lothaire  comporte  neuf  cents  hommes  et 
quatorze  blancs. 

L'attaque  de  front  est  conduite  par  le  capitaine  Doorme, 
pendant  que  le  lieutenant  Swenson  exécute  un  mouve- 
ment de  flanc,  sur  la  gauche  de  l'ennemi. 
.  Toutes  les  troupes  du  centre,  sous  Michaux,  et  de  l'ar- 
rière-garde  entrent  successivement  en  ligne  pour  renforcer 
les  troupes  d'attaque,  à  l'exception  du  peloton  Lallemand, 
envoyé  pour  tenter  une  action  sur  le  flanc  droit. 

A  quatre  heures,  les  soldats  congolais  sont  maîtres  du 
champ  de  bataille  et  la  poursuite  de  l'ennemi  se  prolonge 
jusqu'à  la  nuit.  La  déroute  des  révoltés  est  complète 
(8  novembre). 

Le  lendemain,  une  colonne  de  poursuite  sous  les  ordres 
de  Swenson  (quatre  cents  soldats  et  sept  blancs)  ne  trouve 
plus  de  traces  des  révoltés  après  une  marche  rapide  de 
deux  jours. 

Ils   s'étaient   dispersés  fuyant   individuellement    vers   le 

Sud. 

Vouloir  s'obstiner  à  atteindre  leurs  débris  épars  eut 
été  folie.  Après  avoir  laissé  le  lieutenant  de  Besche-Jiirgens 


—  31)1    — 

(Ml  posle  à  Dji^'f^rcl  r;t(lju(l;nit  L;ill('m;iii(l  à  Liisiiii;i,  LoLhairo 
rentre    h    Nyani^'we   et    :i    Kiisoiifi^-o. 

Accoinpn^-iK'  d'Henry  <'t  de  la  meilleure  partie  des  trou- 
pes, il  se  rend  à  Kal)anil)are,  oii  il  Ir'ouve  le  canij)  dans 
un  ordre  |)ari'ait,  sous  le  coiuinandement  du  rapitaine 
Lon^'. 

Lothaire,  dont  la  révolte  des  Batetela  a  interrompu  les 
projets  d'oceupation  de  Maliagi  sur  Je  lac  AIIkuI,  avait 
l(\s  mains  libres.  L'expédition  au  lieu  de  redescendre 
sur  les  Falls  et  de  joindre  la  route  précédemment  créée 
"  Falls,  Kilinga,  Mawambi  "  devait  joindre  le  poste  de 
Micici,  antérieurement  installé,  et  Irumu  en  traversant  la 
grande  forêt  équatoriale  dans  la  direction  Sud-Nord. 

Une  dépêche  du  gouvernement  de  Bruxelles  vint  inter- 
rompre les  préparatifs  de  l'expédition,  en  rappelant  Lothaire 
à  Borna.  Celui-ci  devait  se  justifier  de  l'arrêt  du  conseil  de 
guerre,  rendu  le  15  janvier  1895  à  Makala  à  charge  de 
Stokes. 

Nous  avons  dit  que  le  tribunal  d'appel  à  Boma  et  le 
Conseil  Supérieur  de  l'Etat  du  Congo  à  Bruxelles  approu- 
vèrent complètement  le  jugement  rendu. 

Lothaire  avait  été  nommé  commissaire  général  le  1 
juillet  1895.  Il  quitte  Boma  le  1  mai  1896,  après  avoir 
passé  plus  de  quatre  années  à  ce  second  terme  d'Afrique. 


* 


Il  entreprend  un  voyage  aux  Indes,  fin  décembre  de  la 
même  année,  et  visite  Saigon,  Bangkok,  Singajiour;  arrivé 
à  Batavia,  il  y  est  l'objet  d'une  manifestation  de  sympathie 
de  plus   de  trois  mille  personnes. 

En  août  1897,  Lothaire  quitte  l'armée  et  devient  direc- 
teur  de  la   Société  anversoise  du  commerce  au  Congo. 

^La  même  année,    les    indigènes    Budja     ayant    attaqué 


—  302  — 

à  Diindu-Sana  une  factorerie  appartenant  à  cette  société 
et  tué  les  deux  agents  Badart  et  Gysens,  qui  l'occupaient, 
avec  quelques  soldats  d'escorte,  massacrent  un  détache- 
ment de  la  Force  Publique,  sous  le  commandement  de 
Geulemans  et  Kessels,  agents  de  la  même  compagnie, 
envoyé  au  secours  des  deux  infortunés  blancs. 

Ces  événements  avaient  eu  pour  théâtre  le  bassin  de 
la  Dua  (Eau  noire)  branche  supérieure  de  la  Mongala. 
La  factorerie  de  Dundu-Sana  était  située  sur  la  rivière  au 
Nord-Ouest   du  confluent  de  l'Itimbiri. 

Pour  venger  les  victimes  du  double  guet-apens  des 
cannibales  de  la  Mongala,  le  conmianchint  supérieur  Fiévez 
met  deux  cent  cinquante  soldats,  d'un  courage  éprouvé, 
à  la  disposition  de  Lothaire. 

Celui-ci,  secondé  par  le  commandant  Doorme,  les  lieu- 
tenants Van  de  Bossche,  De  Meulemeester,  Moureau  et 
Fabry,  se  dirige  vers  le  pays  des  Budja,  en  faisant 
observer  à  sa  troupe  les  précautions  les  plus  grandes 
pour  éviter  une  surprise. 

Au  bout  de  dix  jours,  la  colonne  rencontre  une  clairière 
et  s'y  engage. 

A  peine  les  soldats  ont-ils  franchi  un  espace  de  vingt- 
cinq  mètres  que,  de  toutes  parts,  sortent  de  la  foret  d'in- 
nombrables Budja,  qui  bondissent  sur  la  petite  colonne; 
mais  les  hommes  sont  sur  leurs  gardes.  Ils  exécutent 
avec  une  promptitude  et  une  exactitude  mathématiques 
les  ordres  qui  leur  ont  été  donnés  ;  on  entend  un  instant 
le  roulement  de  la  fusillade  et  l'on  voit  disparaître  aussi- 
tôt, comme  par  enchantement,  les  assaillants  qui  laissent 
sur  le  terrain  un  grand  nombre  des  leurs.  On  ne  ramasse 
pas  moins  de  dix-huit  cents  boucliers. 

A  la  suite  de  cette  victoire,  Lothaire  reçoit  l'avis  que 
les  chefs    budja   sont  disposés  à  se  soumettre  ('). 

(1)  Histoire  Militaire  du  Congo.  % 


—  393  — 

La  paix  promise  no  dura  pas  longtemps  (^t  VKIaI  dut, 
lirlas!  ori^anisoi'  (Micorc  |)lusieurs  expéditions  avant  de 
pouvoir  dompter  définitivement  ces  lÏToces  cannibales. 

Pendant  les  deux  années  (pTii  a  passées  dans  le  hassin  de 
la  Mon^'ala,  Lotliaire  inslalle  les  postes  de  Moheka, 
Akula,  Mumbia,  Dundu-Sana,  Limbanza,  Budjula,  Ndeket, 
Mandika,  j\lind)0. 

Lolliaire  rentre  en    B(îl^i(]ue    (mi  mai    lUOO. 

En  1901  il  fait  au  Mayumbe  un  quatrième  voyage  dans 
le  but  d'inspecter  le  domaine  agricole  que  possède  la  Société 
Agricole  de  Mayundje  dans  cette  région  et  à  Congo  da 
Semba. 

Lotliaire  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre 
royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  et  de  la 
Médaille  de  la  campagne  arabe. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Lieutenaiit-Coloiiel  Bljac.  L'Etat  indépendant  du  Congo,  p.  50. 

Les    victoires   de  Lothaire.  (Belgifiue    (.'oloniale,    1895,     pp.    50    et    79 

(avec  carte). 
Mouvement  antiesclavagiste: 

Chapaux.  Le  Congo  historique  diplomatique,  })p.  185,  441,  627. 
Henry.  De  Kirundu  au  Tanganika.  (Belgi<|iie  militaire,  1896). 
Documents    relatifs    au  procès     Stokes   et    aux   deux  procès    Lothaire. 

(Mouvement  antiesclavagiste,  1896). 
Congo  Belge,  1899,  n"  1 


LEROL  GUSTAVE,  CHARLES,  ALEXANDRE. 

né  à  Namur,  le  5  mai  1858,  décédé  à  Moiigwa  Dirfî,  le  15 
février   1897. 

Capitaine  en  second  au  1^  régiment  de  chasseurs  à  pied, 
adjoint  d'Etat-Major. 
Fait  un   premier  séjour  au  Congo,   du  6  avril   1892  au 
15  octobre  1895,   comme    secrétaire  gé- 
néral du  gouvernement  local   à    Boma. 
Il  repart  pour  l'Afrique,  le  19  juin  189G, 
avec  le  grade  de  commissaire  général, 
et  est  désigné  pour  l'expédition  Dhanis, 
chargée  d'aller  occuper    les   territoires 
que  l'Angleterre  a  cédés  à  bail  à  l'Etat, 
dans  l'enclave  de  Lado  (Expédition  du 
Nil). 

Dhanis  investit  Leroi   du  commande- 
ment de  l'avant-garde. 

Accompagné  du  sous-lieutenant  Ver- 
hellen  et  d'une  escorte  de  trente-quatre 
soldats  tanganika,  le  commissaire  général  (juitte  les  Falls 
au  mois  de  septembre  1896,  remonte  l'Aruwimi  en  steamer 
jusqu'à  Yamhuya,   puis,   en    pirogue  jusqu'à  Avakubi,  où 


Cliché   de  l'ouvrage   de 

M. Jenssen  Tusch, 

Skandinavcy  i  Congo. 


il  i'Oiu*(niti'(*  le  (M))il:iiii('  .Iuli(Mi  ;i  l;i  K'io  (Vwuc  cDinpnLîiiie 
(le  Ilaoïissa.  A  Avakuhi,  il  ahaïKloiiiic  la  \()i('.  Ilmialc,  (;l 
se  (liri^'c  ])ar  I(MI"('  xcrs  Kil()ii<4a-L()ii<^'a  (Mawaiiihij,  (Von 
il  ^aLjiu'-  sii('('vssiv(Mn(Mil  Iniiiiu,  Ivavali.  sur  le  lac  All)(',i'L- 
Ivlouard,  el  (Mifiii  Urmiia,  sur  la  l'ivière  Duki,  où  il  est 
ivjoinl  iKir  U^  W  Vedy  et  soixante  brancardiers,  Tagon 
el  soixante-huit  Tanganika,  Closset  et  soixante-dix  artil- 
leurs bakussu  ;  à  Andemobe,  plus  au  Nord  la  jonction 
s'opère  avec  le  premier  bataillon  de  l'avant-garde.  Celle-ci 
se  composait  en  tout  de  trois  batailb^ns,  forts  chacun  de 
mille  hommes  et  mis  en   marche  dès  leur  formation. 

Le  capitaine  Matiiieu  se  trouve  à  la  tête  du  premier 
bataillon,  le  capitaine  Julien  prend  le  commandement  du 
deuxième  et,  enfin,  le  troisième  est  confié  au  capitaine 
Doorme. 

Le  gros  des  troupes  suit  sous  les  ordres  du  baron 
Dhanis. 

Recrutes  presque  exclusivement  dans  le  Manyema  et 
les  territoires  qui  avoisinent  l'ancien  centre  de  la  puis- 
sance esclavagiste,  ces  soldats  avaient  été  instruits  en 
moins  de  trois  mois,  aussi  étaient-ils  loin  d'offrir  les 
garanties  de  discipline  que  présentent  les  compagnies  régu- 
lières de  la   F.  P. 

Arrivé  à  Andemobe,  Mathieu,  n'ayant  pas  réussi  à 
découvrir  la  route  qu'il  avait  mission  de  suivre,  s'était 
donné  la  mort  dans  un  accès  de  fièvre  chaude  (3  janvier 
1897). 

Pendant  que  le  malheureux  ofRcier  opérait  son  voyage 
de  reconnaissance,  les  quatre  compagnies  du  premier 
bataillon  se  trouvaient  déjà  réunies  à   Andemobe. 

En  présence  de  ce  fâcheux  événement,  prélude  de  la 
catastrophe  terrible  qui  se  préparait,  Leroi  assume  le 
commandement  du  premier  bataillon  et  donne  l'ordre  à 
Spelier  de  prendre  la  tête  de   l'avant-garde  avec  Bricourt 


30G 


et  la  troisième  compagnie,  et  de  l'attendre  à  Tamara  au 
Nord.  Spelier  met  neuf  jours  à  faire  ce  trajet.  Leroi 
l'y  rejoint  vers  la  fin  de  janvier,  par  la  foret  tropicale, 
avec  son  escorte  de  soixante-seize  soldats,  sous  les  ordres 
de  Verhellen,  le  D'"  Vedy  et  ses  brancardiers,  et  de  plus, 
la  première  compagnie  commandée  par  Melen  et  le  Turc 
Inver. 

La  deuxième  compagnie  suit  à  un  jour  d'intervalle  avec 
Tagon,  Closset  et  ses  artilleurs.  Andrianne  les  rejoint 
presque  en  même  temps  avec  les  Bangala. 

A  Tamara,  Leroi  aidé  de  Spelier  établit  un  pont  sur  le 
Kibali  et  entoure  ce  travail  d'un  ouvrage  de  fortification 
pour  en  assurer  la  défense. 

Après  avoir  confié  la  garde  de  Tamara  à  cinquante 
Bakussu,  commandés  par  un  1''  sergent  elmina,  le  chef  de 
Tavant-garde  se  transporte  vers  le  Nord  et  atteint  les  rives 
de  l'Obi,  affluent   de  l'Uele. 

Nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de  reproduire  les  lignes 
suivantes  qui  donnent  une  idée  très  exacte  des  difficultés 
rencontrées    au    cours  de  cette  terrible  marche. 

«  Quand  on  connaît   les  relations  que    Stanley  a   laissées  de  ses 

»  deux  traversées  de  la  foret  équatoriale  en  1876,  avec  Tippo-Tip, 

»  en    1887,    à    la   tète    de    l'expédition    de    secours    d'Emin    Pacha, 

»  on  peut  mesurer  toute  la  témérité  avec  laquelle  s'engagea  par  un 

»  pareil  chemin,  à  travers  l'inconnu,  sans  avoir  préparé  ses  étapes 

»  et    sans   réserves   de    vivres,    toute    une   armée   de    soldats    noirs 

»  n'ayant  de   la  discipline    qu'une  idée  assez    vague,  et  commandée 

»  par   des    Européens   en   nombre    insuffisant.    Tendant  trois   mois, 

»  ce  fut  la  répétition  de  la  marche  de   Stanley  dans    la  forêt  sans 

»  soleil     et    sans    route,    parfois    inextricable,    où   les    bataillons    se 

»  frayaient  un  passage  à  coups  de  hache  et  où  les  hommes  étaient 

»  souvent  privés  d'eau  et  mouraient  de  faim.  Mais  Stanley  n'avait 

»  à  diriger  que  quatre  cents    porteurs  dociles,  tandis  que,   cette  fois, 

»  il   s'agissait   de   milliers    de    soldats    indisciplinés,    parmi   lesquels 


—  397  — 

>  plusieurs  bataillons  do  Haiotola,  do  cc^s  rnciiuîs  Hateiola  «jui  d(Mix 
»  aiiiu'cs  aii[)aravant  s'ctaioiit  révoltés  (îoiitre  l'autorité  do  l'Ktat, 
»  après  l'exécution  militaire  do  leur  diof  (ionj^^o  I^utetc  (1895). 
»  Les  rares  populations  de  la  ré{j:i()n  so  montrèrent  hostiles,  refu- 
»  surent  do  vendre  des  vivres,  de  fournir  des  porteurs  et  des 
»  j^uides. 

»  Forcés  de  pourvoir  à  la  nourriture  de  leurs  hommes,  les 
»  officiers  se  virent  à  chaque  moment  obligés  de  livrer  des  coin- 
»  bats  et  de  prendre  de  force  ce  qu'on  leur  refusait  do  bonne 
»  grâce. 

>  C'est  dans  ces  conditions  désastreuses  que  Tavant-garde  arriva 
»   [)rès  du  village  do    Dirfi,    à    la    frontière    Nord-Est  de  l'hltat, 
»  le    12    février    1897    (').   » 

Leroi  s'arrête  à  Barranga  (^)  et  se  remet  en  marciie 
le   surlendemain  (14   février). 

Dans  la'soirée  éclate  la  révolte  des  Batetela  et  des  Bakussu. 
Les  soldats  de  Tagon  et  Andrianne,  qui  composent  l'arrière- 
garde,  en  donnent  le  signal  en  massacrant  leurs  chefs. 
Après  ce  double  assassinat,  les  mutins  se  hâtent  de  rejoin- 
dre la  colonne  du  commissaire  général  et  font  dans  ce 
but    une    marche  forcée  pendant  toute    la  nuit. 

La  troupe  de  Leroi  qui  est  partie  vers  cinq  heures  et 
demie  du  matin  est  malheureusement  atteinte  vers  sept 
heures,  par  les  révoltés  au  moment  où  la  halte  du  déjeu- 
ner  vient  d'être    commandée.  Melen,   aperçu   à   l'arrière- 


(1)  VÉlat  Indépendant  du  Congo,  par  A.  J.  W'auters,  p.  T8. 

(2)  Village  situé  sur  la  ligne  de  faite  qui  sépare  le  bassin  du  Congo  de 
celui  du  Nil  à  la  source  d'un  des  afïluents  supérieurs  de  gauche  de  la 
rivière  Yeï,  l'un  des  tributaires  du  Bahr-el-Ghazal.  l'n  poste  de  l'Etat  y 
fut  fondé  par  les  otiiciers  de  l'expédition  Van  Kerckhoven.  Dans  le  voi- 
sinage de  Dirfi  se  trouvent  deux  autres  postes  frontières  :  Magora  au 
Sud-Ouest  et  Ganda  au  Est-Sud-Est. 


—  398  — 

garde,  par  1(3S  inuLins  csL  mis  on  joue  et  tombe  foudroyé. 

Au  bruit  de  la  fusillade,  Inver  l'ait  sonner  le  rassemble- 
ment, croyant  à  une  attaque  des  indigènes,  mais  ses 
soldats,  des  Hakussu  en  majorité,  mettent  bas  les  armes 
à  la  voix  de  leur  chef  Amondalah.  Se  voyant  trahi, 
Inver  cherche  son  salut  dans  la  fuite,  mais  s'égare  dans 
un    marais  et  est  frappé  d'une  balle  dans  la   tête. 

Au  camp  du  commissaire  général,  c'est  une  véritable 
surprise.  Leroi  finissait  de  déjeuner  lorsque  il  entend 
tout  à  coup  siffler  des  balles  à  ses  oreilles.  Ses  hommes 
après  avoir  formé  les  faisceaux  s'étaient  répandus  dans 
la  brousse.  Sans  perdre  son  sang-froid,  Leroi  se  prépare 
à  la  défense,  mais  les  soldats,  pris  d'une  irrésistible 
panique,  au  lieu  de  rallier  leurs  chefs  se  répandent  de 
tous  côtés.  La  situation  devenant  de  plus  en  plus  critique, 
Leroi  trahi  et  abandonné,  n'a  plus  qu'un  espoir:  échap- 
per aux  balles  des  mutins,  en  s'ôlançant  vers  l'Ouest. 
Hélas!  sa  résolution  tardive  ne  peut  plus  le  sauver.  Les 
révoltés  se  mettent  à  sa  poursuite  et  tentent  d'abord  de 
le  prendre  vivant,  pour  lui  infliger  les  ])ires  tortures. 
Successivement  trois  des  plus  déterininés  coquins  de  la 
bande  essaient  de  s'emparer  de  sa  personne;  mais  Leroi, 
armé  seulement  de  son  revolver,  brûle  la  cervelle  à  cha- 
cun d'eux.  Voyant  tomber  trois  des  leurs,  les  autres 
bandits  prennent  dès  lors  leur  malheureux  chef  comme 
cible  et  Leroi  atteint  d'une  balle  à  la  nuque,  rend  le 
dernier  soupir. 

Il  est  dépouillé  de  ses  vêtements  et  Amondalah,  le 
chef  des  révoltés,  sépare  aussitôt  de  cet  horrible  trophée. 

L'infortune  commissaire  général  lâchement  assassine  à 
Mongwa  Dirfi  le  15  février  1897,  était  capitaine  comman- 
dant adjoint  d'Etat-Major  au  1'"  régiment  de  chasseurs 
à  pied,  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  décoré  de 
l'Etoile  de  service. 


—  399  — 
RÉFÉRENCES    BIBLIOGRAPHIQUES 


L'Expédition   Dhanis,  (Tîtprrs  \c.  rrcil    du    liciilciianl    \'i:Kfii;i,t.i:\.  /'Mon 

vonuMit  anticscl.-ivaiiisle,  1897.   p.   1().'};. 
Mouvement  yéogvaphitjiie,    IIMK},    [».    18i). 


DE  LA  KETHULLE  DE  RYHOVE, 

CHARLES,  EMMANUEL,  EUGÈNE,  MARIE,  GHISLAIN, 

né  à  Louvain  le  G  décembre  1805,  décédé  à  Bockr3xk 
(Limboiirg  belge)  le  14  janvier  1903. 

Lieutenant  au  régiment  des  carabiniers,  il  part  pour  le 
Congo  le  18  décembre  1890,  en  qualité  de  lieutenant  de  la 
force  publique  et  est  adjoint  au  commissaire  du  district 
du  Stanley  Pool. 

Attaché  à  l'expédition  du  Haut-Uele,  au  mois  d'août  1891, 
de  la  Kéthulle  arrive  à  Bomokandi  le  20  novembre  de 
la  même  année  et  reçoit  de  Van  Kerckhoven  l'ordre  de 
se  rendre  chez  le  sultan  Rafaï  et  d'explorer  le  pays  au 
Nord  du  Bomu. 

Le  17  février  1892,  il  quitte  l'île  de  Zokelé,  près  de 
Bomokandi  et   descend  l'Uele  en  pirogue  jusqu'à  la  Bima. 

Le  26  février,  il  atteint  Djabir,  où  le  docteur  Van 
Gampenhout,  chef  de  la  station,  lui  fournit  les  moyens 
de  continuer  sa  route  vers  Yakoma,  avec  Bukwa,  chef 
des  Bokassi. 

Remontant  le  Bomu,  de  la  Kéthulle  va  rejoindre  le 
commandant  G.  Le  Marinel  à  Likassa,  après  avoir  con- 
tourné les  chutes  Hanssens,  par  voie  de  terre,  à  Oangou. 


Jl^^ 

DE  LA  KETHULLE  DE  RYHOVE    Charles. 


(Cliché  de  la  Belgique  coloniale). 


—   loi   — 

I.e  MariiK'l  (M  de  lu  Kf-lliiillc  se  ifuidciil  en  deux  joiii's 
;i  Hang^asso  on  j)assan(,  i)iv.s  du  coidliiciil  du  I>ali;  ol  se 
portent  vers  reniI)ouehui'(^  du   Sliiidvo. 

A  Kende-K(Mi<4(),  de  la  lû'dhulle  se  dii'i^e  par  terre  ctiez 
les  ehel's  Handjia  Sinia  et  iM'Bonïe.  Il  atteint  les  chutes  de 
N'Gufuru  1(»  1  avril  ;  les  pirogues  l'euiises  à  Teau  au-delà 
des  chut(^s,  il  arrive  à  Sandu,  au  conlluent  du  Shinko, 
après  deux  jours  de  ]uivi«^ation  (1'*  49'  30  de  latitude 
nord  et  21''   5'   de  longitude). 

Les  peuples   riverains  sont  des  Sakara   et   des   Handjia. 

Le  sultan  Rafaï  se  rend  à  Sandu,  au  devant  des  voya- 
geurs. 

De  la  K('thulle  avec  son  escorte  de  dix-liuit  hommes, 
accompagne  le  sultan  à  la  future  résidence.  Il  y  admire 
la  parfaite  tenue  des  troupes  du  sultan.  Rafaï,  village  de 
vingt-cinq  mille  âmes,  compn^nd  la  zériba  fortifiée  du 
sultan.  Celui-ci,  ainsi  que  Sémio  et  Djabir,  a  adopté 
la  religion  musulmane,  parce  que  leur  pays  a  été  soumis 
à  la  domination  égyptienne  et  a  de  fréquents  rapports 
avec  Zibber,  Idris  et  les  trafiquants  arabes  du  Wadaï  et 
du  Ghad.  Rafaï  fait  sa  soumission  à  l'Etat  et  signe  un 
traité  d'alliance;  il  y  voit  une  protection  contre  de 
nouvelles  attaques  des  Madhistes.  Rafaï  exerce  son  auto- 
rité sur  les  Bandjia  installés  entre  le  Bomu,  l'Uara-Babado 
et  le  Shinko,  et  sur  les  chefs  Abanda  établis  au  nord  du 
Babado,   ainsi   que  sur  certains  chefs  Sakara. 

Pour  occuper  ce  vaste  territoire,  de  la  Kéthulle  fonde 
avec  l'aide  du  lieutenant  Stroobant  (qui  a  été  mis  à  sa 
disposition  avec  vingt  hommes,  par  le  commandant  Hano- 
let),  le  poste  de  Sandu,  au  confluent  du  Bomu  et  du 
Shinko,  et  celui  de  Darbaki,  au  confluent  des  rivières 
N'Gana  et  Atangon,  affluent  de  droite  du  Shinko.  De 
plus,  de  la  Kéthulle  installe  une  résidence  de  l'Etat  à  proxi- 
mité de    la    zériba    Rafaï  et   un  poste  à  Dinda,    au  con- 


—    J02  — 

fluent  du    r)0]])u    ot  de  l'Uara,  pour    contenir  les  Akaré, 
établis  sur  la    rive   gauche  de  l'Uara. 

Ensuite  delà  Kéthulle  se  rend,  le  Ornai  1892,  à  Sémio. 
Au-delà  de  l'Uara,  le  pays  est  occupé  par  la  population 
akaré,  de  race  iniV'iieure.  11  arrive  le  14  mai  au  poste 
de  Sémio,  t'ond(''  par  Milz,  et  y  reçoit  des  émissaires  du 
sultan  Sassa,  qui  sollicite  sa  visite. 

A  son  retour  à  Uafaï  (30  mai),  de  la  Kéthulle  reçoit 
la  visite  de  plusieurs  chefs  abanda  et  kreisch,  peuples 
habitant  au  Nord  du  Babado,  et  conclut  avec  eux  des 
traités,  les  plaçant  sous  le  protectorat  de  l'Etat.  Il  établit 
des  postes  provisoires  dans  leur  pays. 

En  octobre  1892,  le  drapeau  de  l'Etat  flotte  donc: 

dans  le  territoire  bandjia:  à  la  résidence  de  Rafaï  eX 
aux  postes  de  Sandu,  Darbaki  et  Dinda; 

dans  le  pays  Abanda  :  chez  les  chefs  Sango,  Yanguba, 
Zwarra  et  Yangon  ; 

dans  le  pays  kreisch:  chez  les  chefs  Bandassi,  Alewali, 
Renogo,  Kerenguegui  et   Méréké. 

Le  domaine  de  l'Etat  s'étend  donc  au  Nord  jusqu'au 
8"  de  latitude  nord. 

En  décembre  1892,  de  la  Kéthulle  se  rend  avec  une 
forte  troupe  fournie  par  Rafaï,  et  en  compagnie  de  ce 
dernier,  vers  le  Nord-Ouest.  Il  atteint  Adio,  sur  le  Shinko, 
qu'il  traverse,  puis  la  rivière  Taketiri.  Le  19  décembre 
il  arrive  à  Darbaki  sur  la  N'Gana,  et  y  reçoit  la  soumis- 
sion de  nouveaux  chefs  sakara. 

Après  avoir  passé  la  rivière  Bongou  et  le  village  de 
Depala,  il  campe  à  la  rivière  Yambara,  aftluent  de 
l'Abangu.  Ce  pays  est  dévasté  par  les  bandes  de  Zibber, 
marchand  soudanais,  opérant  dans  le  Dar-Fertit,  le  Bahr- 
el-Ghazal  et  le  Dar-Banda. 

Longeant  l'Abangu,  l'expédition  se  dirige  vers  le  Nord- 
Est,  par  un  pays  inexploré  et  franchit  la  ligne  de  partage 
des  eaux  de  la  N'Gana  et  du  Shinko,   pour   atteindre  les 


—  -103  — 

i'ivi("M'(^s  Knl)ii,  Haii/(Mi^()  cl  l)iii<4a,  ailhiciils  du  vShinko. 
Puis,  oll(^.  trnvoi'so  la  \\'ainiiia  cL  Je  Talara  cl  cam})0  sur 
la    rivirre   (ailinia. 

\.o  2U,  (1(^  la  K(Uliulle  arrive  à  pi'oximiU'^  de  Yangou  où  lo 
clief  lui  l'ail  un  accueil  1res  cordial.  IMusieurs  chefs  Abanda 
se  joignent  à  rexixMlition.  De  la  KélliuUe  envoie  des 
émissaires  aux  chefs  vidra. 

Aclnnet  (lurun,  cIk^J"  d(^.  Kaluaka,  et  Hesseim,  chef 
d'IIoflVah-en-Nahas,   lui   dépêchent  des  délé<^ués. 

Se  dirif2:eant  vers  Je  Bali,  l'expckiition  traverse  la  Genza, 
et  trois  alHuents  du  Tatara.  Au  pays  des  Aja,  de  la 
Kéthulle  ai)prend  que  les  Vidra  établissent  des  embus- 
cades. Il  marche  vers  l'Ouest-Nord-Ouest,  traversant  de 
nombreux  afHuents  du  Tatara,  puis  passe  à  gué  cette 
dernière  rivière. 

Etant  entré  dans  le  bassin  du  Bali,  il  reconnaît  cinq 
affluents  et  arrive  au  village  de  Baraka,  abandonné  et 
incendié  par  les  Vidra.  Une  attaque  des  Vidra  est  repous- 
S('e.  Ce  peuple  absolument  primitif  et  anthropophage  évite 
tout  contact  avec  les  étrangers. 

Le  Bali  est  passé  à  gué  ;  et  la  caravane  arrive  le 
11  janvier  1893  à  Songo,  village  également  détruit  par 
ses  habitants.   Un   poste    y    est  établi. 

De  la  Kéthulle  se  proposait  de  visiter  le  Sabanga  et  le 
Kotto  supérieur,  lorsqu'il  reçoit  la  visite  du  commandant 
Balat,  chef  du  territoire  Ubangi-Bomu,  qui  lui  exprime  l'in- 
tention d'entreprendre  lui-même  l'exploration  projetée.  De 
la  Kéthulle,  arrivé  aux  confins  du  Darfour,  retourne  donc 
à  Rafaï  le  7  avril  et  durant  le  projet  du  retour  rencontre 
dans  le  paj^s  des  Aja,  le  cheik  Fekhi-Ibrahim,  trafiquant 
arabe  du  Wadaï,  envoyé  du  Sultan  Yusef.  Ces  Arabes 
venaient  régulièrement  acheter  de  l'ivoire  et  des  esclaves 
pour  les  marchés  du  Wadaï  et  du  Bornou. 


* 
*      * 


—   104  — 

De  février  à  juin  1893,  de  la  Kélhulle  fait  avec  le 
commandant  Nilis,  une  excursion  dans  le  Nord.  Ils 
quittent  Rafaï  le  8  février  et  traversent  successivement 
les  rivières  Karanba^^o,  Makoro,  N'Goli,  Bendan,  IN'Dimo, 
Bafoué,  M'Bali,  Sué,  Kaya,  Soumangué,  Lo^o,  N'Doro, 
N'Goussu  et  Inoaïa,  affluents  du  Shinko,  puis  divers 
affluents  du  Woworro,   enfin   cette  rivière  elle-même. 

Après  trente-deux  heures  de  marche,  l'expédition  atteint 
le  villag-e  important  de  Sango  où  quelques  chefs  gabou 
se  présentent. 

Marchant  vers  le  Nord,  elle  atteint  après  huit  jours  de 
marche  la  zériba  Gapsul,  puis  passe  le  Shinko  (Kpakpe, 
ou  Papervveer  de  Junker)  pour  gagner  la  zériba  Bandasi, 
par  environ  7"  de  latitude  nord.  Au  cours  de  ce  trajet 
elle  traverse  de  nombreux  afïluenls  du  Woworro  et  du 
Shinko.  La  zériba  Gapsul  est  située  dans  un  entonnoir 
de  montagnes  ayant  une  élévation  moyenne  de  cinq  cents 
mètres. 

En  quittant  Bandasi  vers  le  Nord-Nord-Ouest,  l'expédi- 
tion traverse,  entre  le  M'Boulou  et  le  Koto,  un  vaste 
plateau  et  une  plaine  herbeuse,  puis  passe  dans  le  bassin 
du  Koto  en  vue  des  monts  Giatta  (environ  six  cents 
mètres),  qu'elle  franchit  pour  rencontrer  le  Vua,  affluent 
de  l'Abangu.  p]nfin  elle  pénètre  dans  le  bassin  de  l'Ada, 
sous-affluent  du  Nil.  L'Ada  constitue  le  cours  supérieur 
du  Bahr-el-Arab.  Un  poste  y  est  établi  à  trois  lieues  au 
sud,  à  Ivatuaka  par  8''48  de  latitude,  c'est-à-dire  à  six 
cent  cinquante  kilomètres  en  ligne  droite  de  Djabir.  Gette 
contrée  n'a  jamais  été  explorée. 

Le  chef  Achmet  Gurim,  a  arboré  le  drapeau  de  l'Etat 
que  de  la  Ké'thulle  lui  a  remis  quelques  mois  auparavant. 
Ici  l'élément  arabe  domine. 

Au  nord  de  Katuaka  se  développent  les  monts  Kaïa  et 
Gawaga  et  au  loin  les  monts  Merdjéné,  ces  derniers  offrant 
une  altitude  de  neuf  cents  mètres. 


—    105  — 

Au  mois  (1(^  juin  IcSlK),  de;  i;i  lû'lhulUî  ix'lounie  uu})rùs 
(lu  sullan  Hnl'îiï  et  se  rond  de  h'i  |);ii"  Diiidn  cl  le  pa.ys 
des  Bandjia,  à  Djabir.  l^]n  coui's  de  roule  il  franchit  la 
livière  Danton  et  le  (Uui^ou,  alllucMil,  du  I>ili,  ainsi  que 
celte  dernière  rivière.  Le    i()  juillet,   il  arrive  à   Djahii'. 

De  la  lû'thulle  résume  comme  suit  son  impression  sur 
le  pays  où  il  a    séjourna': 

4.  Je  garderai  de  mon   séjour  chez   Rafaï  l'un  des  meil- 

V  leurs  souvenirs  de  ma  vie.  Je  m'étais  attaché  à  son 
»  peuple  et  à  son  pays  et  je  conserve  pour  tous  ces  noirs 
n  enfants  de  l'Africfue  une  estime  et  une  sympathie  |)ro- 
«  fondes. 

r?  Accompagné  de  mes  excellents  camarades,  Ilecq  et 
«  Jac({uemin,  suivis  de  mes  soldats  et  du  personnel  de 
«  la  station,  je  passai  devant  le  front  des  troupes;  les 
n  soldats  présentèrent  les  armes  et  les  drapeaux  bleus 
«  étoiles  d'or  s'inclinèrent  à  notre  passage. 

w  Lorsque  le  sultan  me  donna  la  dernière  aubade,  en 
«  me  souhaitant  un  heureux  retour  en  Europe,  je  vis  bril- 

V  1er  des  larmes  dans  ses  yeux;  mes  larmes  étaient  aussi 
«  montées  de  mon  cœur  à  mes  paupières  et  je  sentais 
«  que  mon  émotion  était  partagée  par  tout  ce  monde  dont 
«  j'étais  l'ami,  et  que  tous  ces  cœurs,  ces  braves  cœurs 
»  battaient  à  l'unisson  du  mien.  » 

De  la  Kéthulle  rentre  en  Europe  le  IG  novembre  1894, 
mais  repart  le  6  novembre  1895,  comme  commissaire  du 
district  des  Bangala. 

Elevé  au  grade  de  commissaire  général,  de  la  Kéthulle 
s'embarque  une  troisième  fois  le  G  juin  1898  pour  prendre 
le  commandement  le  camp  d'Umangi. 

Pendant  ce  séjour,  il  vole  au  secours  des  Belges  cernés 
par  les  Budja. 

Rentré  en  Europe  le  26  juin  1901,  il  meurt  à  Bockrj^ck 
le  14  janvier  1903. 

De  la  Kéthulle  était  capitaine- commandant  au  régiment 


400 


des   grenadiers,    chevalier    de  l'Ordre,    royal  du    Lion    et 
décoré   de   l'Etoile  de  service. 


PUBLICATIONS: 


Le  pays    des    Niams-Niams.   Conférence    faite    à  la  Société    royale    de 

(ilêogra[)hie  crAnvers.  l'ulletin,  t.  XXI,  p.  141. 
Deux   années    de  séjour    chez    le  sidtan    Rafaï.   (Bulletin    de   la  Société 

belge  de  (iéographie.  1895,  p.  397j. 
De  V  Uele  à  la  frontière  du  Darfour.    (Mouvement    géographique,   1894, 

p.  101). 
Le  Sultanat  de  Rafaï.  (Congo  illustré,  1895,  p,  149). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Wauters.  L'Elat  Indépendant  du  Congo,  })p.  74,  75,  ^2.,  343. 

Chapaux.  Le  Congo  historique  diplomatique. 

Mouvement  géographique,  1894,  p.  101  et  1903,  p.  33. 

Les  explorations   Nilis  et  de   la   Kéthulle.  Observations    G.    Lemarinel, 

Roget  et  Purdy. 
Congo  illustré,  1895,  p.  65. 


BOLLE,  Arthur. 


BOLLE,    ARTHUR,  JOSEPH,  GHISLAIN, 

né  à  Villers-Potterie  le  3  novembre   1802. 

Géomètre  du  cadastre. 

Part  une  première  fois  pour  le  Congo  en  mai  1887.  Il  est 
nommé  conservateur  des  titres  fonciers  le  3  janvier  1888 
et  organise  le  service  du  cadastre  de  l'Etat. 

Lève  le  cours  des  rivières  du  Maj^umbe  :  Lukula, 
Lubuzi  et  Shiloango,  et  dresse  un  itinéraire  côté  du  con- 
fluent de  la    Lukula  et  du  Shiloango  jusqu'à   Boma. 

Il  rentre  en  Europe  en  juin  1890,  et  est  nommé  chef  de 
bureau  à  l'administration  centrale. 

Pendant  son  deuxième  séjour  en  Afrique,  de  1891  à 
août  1893,  il  remplit  les  fonctions  de  directeur  des  finan- 
ces, et  organise  la  perception  des  droits  d'entrée  fixés  par 
le  protocole  de  Lisbonne  du  8  avril  1892. 

Il  ramène  à  la  côte  orientale  un  contingent  de  Zanzi- 
barites. 

A  sa  rentrée  en  Europe  il  est  nommé  chef  de  division 
à   l'administration  centrale. 

Bolle  retourne  au  Congo  le  6  juillet  1894,  comme  directeur 


—  408  — 

général  des  transports,  des  travaux:  publics  et  de  la  marine 
et  crée  les  stations  de  Lufu,  Kimpesc  et  Tuniba.  Fait  un 
voyage  d'inspection  pour  le  département  des  Finances  jus- 
qu'à Goquilhatville. 

Est  promu  sous-directeur  de  l'administration  centrale 
du  département  des  Finances. 

Le  6  mai  1898,  Bolle  repart  une  quatrième  fois,  comme 
commissaire  général  du  district  du  lac  Léopold  II  et 
remonte,  en  1898,  le  Kiri  et  le  Pasha;  il  reconnaît  l'iiin- 
terland  est  du  lac  Léopold,  compris  entre  la  Lukenie  et 
le  Kiri. 

Il  rentre  en  Belgique  en  1899  et  est  nommé  directeur  à 
l'administration  centrale  du  département  des   Finances. 

Il  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  officier  de  l'Ordre 
royal  du  Lion  et  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  p.  G30. 


VAN     DORPE,    JULES,   LÉOPOLD. 

iK'  à  Deynze  Je  12  novembre  185G,  décédé  à  Menton  le 
30  décembre  1902. 

S'engage  au  3^  régiment  de  chasseurs  à  pied  en  1872 
et  est  nommé  sous-lieutenant  en  1882,  lieutenant  en  1885. 

Lieutenant  adjoint  d'État-Major  au  14^  de  ligne,  il  part 
pour  le  Congo  le  15  avril  1888  comme  capitaine  de  la 
F.  P.  et  commissaire  de  district  de  deuxième  classe. 

Commissaire  du  district  de  Lukungu,  en  1890,  il  orga- 
nise un  service  de  recrutement  de  porteurs  entre  Matadi 
et  Stanley-Pool. 

Van  Dorpe  rentre  en  Europe  le  6  juin  1891,  mais  re- 
tourne en  Afrique  dès  le  6  novembre  1891.  Il  réside  à 
Matadi,  où  il  occupe  les  fonctions  de  commissaire  de 
district  de  première  classe. 

Revenu  en  Belgique  le  16  septembre  1894,  il  donne,  dans 
le  courant  de  l'année  1895,  des  conférences  de  propagande 
africaine  à  Bruxelles,  Bruges,  Saint-Nicolas,  Anvers,  Lierre, 
Gand,   Diest  et  Uccle. 

Le  6  juin  1895,  Van  Dorpe  reprend  une  troisième  fois  le 


—  410  — 

chemin  de  la  terre  africaine  qui  exerce  sur  lui  une  attrac- 
tion magique.  11  est  invesli  du  haut  grade  de  commandant 
en  chef  de  la  F.  P.  et  remplit  ces  fonctions  jusqu'au 
12  juin   1898,    date  de  son    retour  en  Belgique. 

Nommé  commissaire  général  du  district  des  cataractes, 
Van  Dorpe  fait  un  dernier  séjour  au  Congo  de  1808  à 
1901. 

Il  meurt  à   Menton  le    30  décemhre   1902. 

Van  Dorpe  était  capitaine-commandant  adjoint  d'État- 
Major  au  8^  de  ligne,  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et 
de  l'Étoile  africaine,  officier  de  l'Ordre  royal  du  Lion, 
décoré  de  l'Étoile  de  service  et  de  la  Croix  militaire  de 
deuxième  classe. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Chapaux.  Le  Cot^go  Jiistorique,  diplomatique,  p.  182,  435.  623. 


FOULON,     FÉLIX,    JOSEPH, 

né  à  Vyle-Tliaroul  (Liège)  le  14  mars   18(34. 

Lieutenant  au  l''''  n'^giment  de  ligne  à  Gand. 

Il  part  pour  le  Congo  le  3  septembre  1890  et  est  désigné,  à 
son  arrivée  à  Borna,  pour  être  attaché  au  commissaire  de 
district  du  Stanley-Pool,   l'ingénieur  Van  den  Bogaerde. 

Le  28  octobre  1891,  il  accompagne  l'expédition  Van  Kerck- 
hoven  vers  le  Haut-Nil  jusqu'à  Niangara  (Haut-Uele)  et  est 
chargé  d'une  mission  dans  le  Bahr-el-Ghazal  le  1  mars  1892. 

Les  Français  ayant  pour  objectif  l'occupation  de  la 
vallée  du  Bomu,  assurée  à  l'Etat  par  des  traités  conclus 
avec  Semio  et  Rafaï,  nourrissaient  le  projet  de  se  porter 
vers  Lado.  Dans  le  but  de  les  contraindre  à  remonter 
vers  le  Nord-Est  et  vers  le  pays  des  Kreisch,  Foulon  est 
chargé  de  négocier  des  traités  avec  les  sultans  Sassa  et 
Tombura  et  d'obtenir  le  protectorat  sur  les  populations 
environnant  Dem  Zeber.  Le  jeune  officier  belge  a  pour 
instruction  de  n'abandonner  son  poste  qu'en  cas  d'absolue 
nécessité  et  de  tâcher  de  se  fixer  à  Meshra  er  Rek,  sur 
le  Bahr-el-Ghazal,  pour  contester  aux  Français  la  posses- 
sion des  paj^s  Dinkas  et  Bongos. 

Pour  exécuter  cette  périlleuse  mission  Foulon  ne  dispose 
que  d'une   escorte    de    six    soldats  réguliers  ! 


—  4J2  — 

Il  (juittc  Niaiignra  en  murs  1892  et  se  rend  d'abord 
chez  Semio.  Le  l  mai,  il  se  porte  vers  le  Nord  avec  cent 
(juatre-vingts  porteurs,  suivant  sensiblement  la  route  de 
Junker  et  obtenant  la  soumission  des  chefs  indigènes. 
Ayant  atteint  Dem  Zeber,  l'ancien  chef-lieu  de  la  province 
du  Bahr-el-Ghazal,  il  se  dirigeait  vers  Meshra  er  Rek, 
lorsqu'au  moment  d'atteindre  cette  ville  il  est  abandonn(^ 
par  ses  porteurs  et  forcé  de  se  replier  jusque  chez  le 
sultan  Semio. 

En  octobre  de  la  même  année,  il  entame  des  négo- 
ciations avec  Sassa,  dans  l'espoir  d'obtenir  son  aide  pour 
s'avancer  jusqu'à  Meshra  er  Rek.  A  ce  moment,  il  con- 
clut des  traités  avec  les  sultans  Inidzignino,  Mopoïe  et 
Tombura,  mais  reçoit  ordre  de  revenir  sur  ses  pas  et 
rentre  à  Djabir  le  15  mars  1895,  par  suite  du  traité 
franco-congolais  qui  assurait  à  la  France  la  possession  de 
tous    les  territoires  au    nord    du   Bomu. 

Foulon  prend  le  commandement  de  la  zone  Rubi-Uele  et 
revient  en  Europe  le  27  février  189G. 

Il  repart  pour  l'Afrique  le  6  novembre  1897  et  est 
désigné  pour  commander  le  district  du    Kwango-Oriental. 

Il  rentre  en  Belgique  le  2  novembre  1899. 

Au  cours  de  sa  carrière  africaine,  Foulon  a  obtenu  le  grade 
de  capitaine  le  6  août  1892;  de  capitaine  commandant  de 
deuxième  classe  le  l'' juin  1894;  de  commissaire  de  district 
de  première  classe  le  l''  novembre  1895  et  enfin  celui  de 
commissaire  général  le   1''  mars  1899. 

Il  est  capitaine  commandant  d'infanterie  (en  retraite 
pour  infirmités  contractées  au  Congo),  chevalier  de  l'Ordre 
royal  du  Lion  et  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux- 
raies. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Indépendance  belge,  26  mai  1904. 


VERSTRAETEN,  antoine,léon, marie, 

CORNEILLE, 

né  à  Mali  nos  le  3  mai   1803. 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  carabiniers,  il  part  pour 
le  Congo  le  G  décembre  1891,  et  est  désigné  ])our  l'expé- 
dition du  Ilaut-Uele.  Il  commande  la  zone  Uele-Makua 
et  crée  le  poste  Assanga-Popo  sur  la  rivière  Bomokandi, 
à  trois  journées  de  marche  au  sud  de  Niangara,  poste 
qui  a  été  supprimé  peu  de  temps  après,  pour  des  raisons 
politiques. 

Durant  la  dernière  année  de  son  séjour,  Verstraeten 
crée  et  commande  le  poste  de  Poko  établi  sur  le  Bomokandi, 
pour  parer  aux  incursions  des  Madhistes,  signalés  comme 
venant  de  l'Est  et  des  Arabes  venant  du  Sud. 

Verstraeten  rentre  en  Europe  le  28  janvier  1895,  mais 
repart  le  6  juillet  de  la  même  année  pour  prendre  le 
commandement  de  la  zone  du  Rubi-Uele.  Pendant  ce  séjour, 
il  fonde  les  postes  de  Buta  (point  terminus  de  navigation 
de  ritimbiri)  et  Libokwa  sur  la  Bima  ;  ouvrant  ainsi  une 
nouvelle  voie  de  communication  Buta-Libokwa-Bomokandi. 

Il  revient  en  Belgique  le  30  avril  1807,    mais  retourne 


—   414   — 

une  troisième  fois  en  Africfiie,  le  G  avril  1898,  comme 
commissaire  intérimaire  de  i'Uele. 

11  ouvre  une  nouvelle  route  des  caravanes  entre  le 
point  terminus  de  navigation  de  l'Itimbiri  et  Nianprara 
sur  rUele-Makua.  A  cet  effet,  il  fonde  le  poste  de  Zobia 
mettant  ainsi  en  communication  et  reliant  les  postes  : 
Buta-Zobia-Poko  et  Niangara. 

Verstraeten  est  nommé  commissaire  général  du  district 
de   Uele,   le  7  août  1899. 

Au  commencement  de  1900,  les  Azandé  s'étant  révoltés 
et  les  différentes  voies  de  transport  étant  sérieusement 
menacées,  une  opération  de  guerre  avait  été  décidée 
contre  le  sultan  Enguetra  et  ses  vassaux.  C'est  au  capitaine 
Verstraeten  qu'es^t  dévolu  le  soin  de  la  mener  à  bonne  fin. 

Les  tribus  azandé  et  ababua  sont  les  plus  sauvages, 
les  plus  hardies,  les  plus  rebelles  de  l'Etat.  Se  battant  par 
amour  de  la  guerre,  elles  ne  se  résignent  pas  aux  travaux 
qu'on  leur  impose.  Répandues  dans  une  région  où  l'Etat 
a  des  postes  très  importants  à  ravitailler,  il  était  nécessaire 
que  ces  tribus  aidassent  à  assurer  les  communications  et 
les   transports. 

Verstraeten  organise  son  expédition  dans  le  courant  de 
février  1900;  le  21  février,  la  colonne,  forte  de  deux  cent 
quatre-vingts  soldats,  est  concentrée  au  poste  d'Enguetra. 

«  En  février-mars  1900,  dit  la  Belgique  inUitnlrc  (i),  \'er- 
»  straeten  écrase  les  féroces  Azandé  révoltés.  Verstraeten  a  sous  ses 
»  ordres  quatre  sous-lieutenants:  Tilkens,  Ilutereau,  Lespagnard, 
»  Landeghem,  ainsi  qu'un  médecin  italien  Casalini.  Pondant  neuf 
»  jours  et  neuf  nuits,  ils  combattent  contre  des  ennemis  invi- 
»  sibles.  Il  faut  avancer  dans  la  forêt  en  demeurant  constamment 
»  en  carré.  Au  centre,  se  trouvent  les  bagages  et  la  tente  du 
»  commandant,    derrière    le    centre    de    chaf^ue    face    du    carré    les 

(1)    Belgique  militaire,    1902,    n"   1597. 


—    HT)  — 

t(Mit(»s  (It^s  ('hors  (l<^  pelolons  et,  à  (iiiel'jues  {)as  en  avant  des 
»  côtés  (in  cari'é,  un  cercle  [)()ur  ainsi  dire  ininterrompu  de  sen- 
»   tinelles. 

»  Les  attaques  des  Azandé  sont  imprévues,  foudroyantes.  Brus 
»  quement  ils  assaillent  les  faces  du  carré  en  faisant  de  nombreuses 
»  victimes.  Parfois,  après  une  fusillade  nourrie,  on  les  croit  en 
»  retraite  et  leurs  projectiles,  passant  en  travers  les  feuilles,  frappent 
»  de  mort  une  sentinelle.  Ils  ne  cessent  de  rôder  à  la  faveur  des 
»  ténèbres  autour  du  carré  expéditionnaire,  si  près  que  le  commandant 
»  Verstraeten  les  entend  répéter  ses  propres  commandements  et 
»  le  railler  et  le  menacer.  C'est  hors  de  la  foret  que  Verstraeten 
»  et  ses  hommes  parviennent,  en  une  lutte  acharnée,  à  abattre 
»  ces  redoutables    ennemis.   » 

Verstraeten  rentre  en  Belgique  le  24  avril   1901. 

Il  est  actuellement  capitaine  commandant  au  régiment 
(les  carabiniers,  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré 
de  FEtoile  de  service  à  deux  raies  et  de  la  Croix  militaire 
de  deuxième  classe. 


PUBLICATIONS 


Les  communications  avec    VUele.    (Belgi<iue   coloniale  du    23  ao.\t  1833 

p.   410). 
Nouvelle  route    entre    Ibembo  et  le  Haut-Uele.    (Belgique   coloniale   du 

25  octobre  1896,   p.  517). 
Le  pierre  à   chaux.   fT^elgi(iue  coloniale    du  15  novembre   1896). 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

Histoire  militaire  du  Congo.   A.   Le  Jeune,  p[).  209  et    suivantes. 


It*: 


HENRY,    JEAN.   BAPTISTE,  JOSUÉ, 

né  à  Bolian  sur  Semois,  le  IG  décembre  18G9. 

Engagé  à  Tâge  de  quinze  ans  au  2^  régiment  de  chas- 
seurs à  pied,  il  passe  successivement  par  les  grades  de 
caporal  et  de  sergent  avant  d'entrer  au  cours  central, 
puis,  à  l'école  militaire,  où  il  est  admis  le  2  décembre 
1889. 

Nommé  sous-lieutenant  au  2^  régiment  de  chasseurs  à 
pied,  le  14  d('cend)re  1891,  Henry  s'engage  au  service  de 
l'Etat  Indépendant  du  Congo,  le  6  octobre  1892,  comme 
sous-lieutenant  de  la   Force  Publique. 

Il  réside  d'abord   à   Bonia. 


Campagne  Arabe. 

Lors  des  premiers  événements  arabes,  Ilenr}'  est,  à  sa 
demande,  désigné  pour  le  camp  de  Basoko.  Parti  de  Léopold- 
ville  le  26  avril  1893,  il  débarque  à  Buniba  pour  y  attendre 
le  passage  d'un  bateau  (pii  le  conduira  à  sa  destination. 
Mais,  le  18  mai,  il  apprend  ({ue  la  station  des  Falls  est 
menacée  d'une  attaque  par  les  Arabes.  Il  part  aussitôt  en 


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HENRY,  Jean. 


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—    117    - 

iillè^'C  [wcc  le  snr^-(MU  Jacob  (M  un  cliargenieiil  de  cai-loii- 
clies.  11  ai"riv(*  à  Hasoko  juste  à  temps  pour  s'embarquer 
à  ])()r(l  (h'  la  P)'i>icrsse  Cln/fc^iflifc,  avec  l'inspecteur  d'Etat 
l'ivé  (^t  le  commandant  Daenen,  en  destination  des  Stanbn-- 
Falls. 

1mi  cours  de  routes  il  pn^id  part,  sous  les  ordres  de 
l'ivé,  à  diverses  oi);''rations  militaires,  dont  la  principale 
esl  le  combat  de  la  Romée,  livré  le  23  mai  1893,  suivi  de 
la    i)rise  de  l'importante  ville  arabe  de  même  nom. 

Le  1  juin  1893,  Henry  avec  le  brave  sergent  Rue  et 
cinquante  soldats  quittent  Falls,  i)ar  ordre  de  Fivé,  pour 
o[)érer  une  reconnaissance  ayant  pour  but  la  découverte 
du  camj)  arabe,  formé  par  les  anciens  résidents  d'Isanghi, 
de  Cliibu  et  de  la  Romée,  et  que  l'on  soupçonnait  être 
établi  entre  le  Lomami  et  le  Congo.  Eventuellement,  il 
devait  coopérer  aux  opérations  que  le  capitaine  Marek, 
parti  de  Kayund30,  sur  le  Lomami,  à  la  tête  d'un  fort 
détachement  de  troupes,  devait  entreprendre  contre  ce  camp. 
Henry  surprend  la  ])osition  ennemie  à  la  fin  de  la  journée 
et  l'attaque  avec  une  telle  imi)étuosité,  (|ue  les  Arabes, 
croyant  avoir  devant  (mix  des  forces  considérables,  s'en- 
fuient en  désordre,  les  derniers  massacrant  les  premiers 
])our  sortir  plus  vite.  Henry,  à  la  suite  de  ces  événements, 
est  porté  à  l'ordre  du  jour  i)ar  son  chef. 

Le  jeune  sous-lieutenant  part  des  Falls  le  28  juin  1893 
pour  faire,  sous  les  ordres  des  commandants  Ponthier 
et  Lothaire,  la  campagne  de  Kirundu  contre  Kibonghé. 
H  prend  part  aux  combats  de  Kewe,  de  Kissubi,  de 
Bamanga,  à  la  prise  de  Kirundu,  à  la  prise  du  camp  de 
Mohamed  Turki,  aux  combats  de  Kima-Kima  et  d'Utia- 
Motungu,  respectivement  les  1,  2,  3,  8,  9,  10  juillet  et 
()  août   1893. 


*      * 


—   418  — 

A  la  fin  de  l'année  1893  les  Arabes  du  Manyema 
ayant  repris  l'offensive,  Dhanis,  privé  de  deux  de  ses 
adjoints:  Ponthier  et  de  Heusch  tués  à  l'ennemi,  était 
tenu  en  échec  par  les  forces    considérables   de  Rumaliza. 

Dans  une  conjoncture  aussi  alarmante,  Dhanis  envoie 
un  appel  pressant  à  Lothaire:  celui-ci  n'hésite  pas,  se 
met  immédiatement  en  marche  avec  trois  cents  soldats, 
trouve  à  Kirundu  Henry,  qui  lui  propose  de  l'accompagner, 
Le  8  janvier  1894  tous  deux  font  à  Bena  M'Soa  leur  jonction 
avec  le  chef  de  la  campagne  du  Manyema.  Dhanis  remet 
à  Lothaire  le  commandement  des  troupes. 

Henry,  à  qui  Lothaire  confie  le  poste  difficile  et  péril- 
leux de  chef  de  l'avant-garde,  a  relaté  dans  une  brochure 
intitulée  De  Kirundu  au  Tanganika  toutes  les  péripéties 
de  cette  mémorable  expédition:  l'écrasement  à  Bena  Kalonda 
des  forces  de  Rumaliza,  la  poursuite  du  fameux  potentat 
arabe,  la  prise  de  Kabambare  et  de  Songhera,  la  marche 
pénible  de  nos  troupes  jusqu'au  Tanganika  et  enfin  la 
capture  des  principaux  chefs  ennemis  ('). 

La  part  prise  par  Henry  à  ces  derniers  événements 
aurait  déjà  suffi  à  mettre  en  relief  sa  brillante  carrière 
africaine;  mais  une  destinée  plus  glorieuse  lui  était  réservée 
et  dès  lors  nous  allons  retrouver  son  nom  mêlé  aux 
principaux  épisodes  de  l'histoire  militaire  du  Congo. 

Expédition  de  l'Ituri. 

Nommé  lieutenant  de  la  F.  P.,  le  l^""  janvier  1904,  Henry 
accompagne  le  commandant  Lothaire  dans  son  expédition 
vers  rituri,  organisée  dans  le  but  d'occuper  toute  la  partie 
orientale  de  l'Etat  et  de  s'emparer  de  Kibonghé,  qui 
avait  échappé  au  désastre  de  Kirundu.  Lothaire  remet  dere- 
chef à  son  adjoint  le  commandement  de  l'avant-garde. 
Henr}^    profite  de  sa    nouvelle   situation  pour    fonder  les 

(1)  Voir  notice  Lothaire. 


—  110  — 

posles  de  base  de  l'expédilioii,  pour  parcourir,  en  tous 
sens,  la  vaste  contrée  qui  s'étend  de  Kirundu  au  Mont 
Ruwenzori.  Cette  contn'e  n'avait  encore  été  traversée  que 
par  Emin  Pacha  (')  jusque  Kinéna.  Il  en  dresse  une 
carte   très   complète. 

C'est  au  cours  de  cette  expédition,  qu'Henry  s'empare, 
à  la  Lindi,  de  Kibonf^'hé,  le  redoutable  chef  arabe,  qui 
s'était  retiré  et  fortifié  en  ce  point  après  sa  dernière  défaite 
à  Utia-Motungu,  sur  la  Lowa.  Kibonghé  est  exécuté.  L'exa- 
men de  ses  papiers  prouve  que  Stokes  a  eu  avec  lui 
des  relations  criminelles. 

Henry  capture,  quelques  jours  plus  tard,  le  3  janvier  1895, 
près  de  la  Lenda,  l'ex-missionnaire,  complice  de  l'Arabe. 
Stokes  venait  avec  mille  hommes,  délivrer  ce  dernier  et 
avait,  à  cette  fin,  fomenté  le  massacre  de  trente  soldats  qui 
gardaient  Kibonghé,  en  attendant  l'arrivée  de  Lothaire. 

Lutte  contre  les  Batetela  révoltés  de  Luluabourg. 

De  retour  aux  Falls,  le  9  octobre  1895,  Henry  s'apprêtait 
à  descendre  vers  Boma  et  à  rentrer  en  Belgique,  prendre 
un  repos  bien  gagné,  lorsqu'il  apprend,  à  son  arrivée, 
les  plus  douloureuses  nouvelles  :  une  révolte  militaire 
avait  éclaté  à  Luluabourg;  les  mutins  marchaient  triom- 
phalement sur  Nyangwe,  en  ralliant  toutes  les  garnisons 
qu'ils  rencontrent;  beaucoup  d'Européens  avaient  trouvé 
la  mort  en  les  combattant  sans  succès.  Lothaire  était 
parvenu  à  les  arrêter  dans  leur  marche  victorieuse,  mais 
il  avait  été  grièvement  blessé  dans  un  combat. 

N'écoutant  que  la  voix  du  devoir  et  de  son  dévoùment 
absolu  à  l'Etat,  Henrv  abandonne  la  route  du  retour  en 
Europe  pour  marcher  sur  Nyangwe  avec  trente  soldats 
d'une  fidélité  et  d'une  valeur  éprouvées,  qui  venaient  de 
faire  avec  lui   une    campagne    de    trois  ans.    Il    s'avance 

(1)  Assa.sHinè  à  Kiiiéiia,  par  ordre  do  Kibonghé,  le  24  ou  24  octobre  1892. 


—   120    — 

jour  et  nuit,  par  eau  et  par  terre;  le  31  octoJjre  il  est  à 
Nyangwe,  le  3  novembre  à  Lusuna,  où  il  apprend  p;ir  des 
fuyards  ({ue  les  lieutenants  Collet  el  De  Lava,  avec  les 
sergents  Heyse  et  Casiman,  ainsi  que  (juarante  soldats, 
([ui  tous  rejoignaient  Lothaire,  venaient  d'être  massacrés 
à   six   lieues  environ   de   Lusuna,  sur    la  route   de  Dibué. 

Les  communications  avec  Lothaire  étaient  donc  coui)ées. 
Mais  où  ('tait  le  commandant?  (]elui-ci  avait  trop  l'expé- 
rience des  choses  d'Afrique  pour  s'être  laisse^  battre  ou 
surprendre.  Il  se  trouvait  donc  dans  les  environs  de  Lusuna 
puisque  les  dernières  nouvelles  reçues  de  lui  annonçaient 
qu'il  marchait  de  Gandu  sur  Dibué.  Il  était  urgent  de 
porter  secours  à  nos  quatre  malheureux  compatriotes  et 
à  leurs  soldats;  peut-être  n'(Haient-ils  pas  tous  morts.  Il 
est  toutefois  impossible  obtenir  le  moindre  renseignement 
sérieux,  car  le  pays  est  devenu  complètement  désert  et 
les  deux  ou  trois  Arabes  ou  arabisés  qui  sont  encore  à 
Lusuna,  sont  prêts  à  la  trahison,  sans  doute,  si  leur 
intérêt  les  y  porte.  Henry  met  ses  hommes  au  courant 
de  la  situation  et  leur  dit  qu'il  faut  continuer  la  marche 
vers  Dibué  pour  secourir  leurs  infortunés  camarades,  s'il 
en  est  temps  encore.  Pas  un  n'hésite,  pas  un  ne  songe 
au  retour  à  Nyangwe  pour  échapper  à  un  désastre  presque 
certain.  Leur  réponse  est:  «  nous  sommes  tous  prêts  à 
mourir  avec  toi  s'il  le  faut»;  elle  donne  une  idée  de  la 
grandeur  et  de  la  beauté  de  leurs  sentiments  ;  elle  prouve 
aussi  qu'ils  avaient  une  notion  très  nette  de  leur  situa- 
tion et  témoignait  d'une  grande  confiance  dans  leur  jeune 
et  brillant  chef. 

De  Lusuna  vers  Dibué,  la  marche  est  j)rudente,  car  des 
balles  d'Albini  sifflent  de  temps  en  temps  au-dessus  de  la 
vaillante  petite  troupe  qui  est  ainsi  constamment  en 
alerte.  Ces  tireurs  invisibles,  sont-ils  des  mutins  ou  des 
indigènes?  Tout  le  monde  est  convaincu  que  ce  sont  des 
indigènes,  qui  ont  sans  doute  participé  au  pillage  de  la 


—    121  — 

cnrnvano  Collet.  Dnns  tons  les  cas  la  colonne  est  suivie 
et  guettée.  Quelques  (''cliai)[)és  au  massacre  sont  ralliés 
avec  une  extrême  prudence,  car  on  voyage  à  travers  les 
•xuets-apens  et  la  trahison.  Le  soir,  on  campe  en  cercle 
en  un  point  favorable  à  la  défense.  Personne  ne  i)ense 
à  dormir. 

La  petite  caravane  arrive  le  7  novembre  à  l'endroit  où 
Collet  a  été  attaqué.  Il  n'y  a  plus,  hélas!  aucun  espoir 
à  avoir  pour  lui,  et,  preuve  horrible,  deux  têtes  d'Euro- 
péens, méconnaissables,  tant  elles  sont  mutilées,  gisent 
sur  le  chemin,  entourées  de  quatre  têtes  de  soldats.  C'est 
un  défi  dont  la  signification:  «  On  va  vous  en  faire  autant  «. 
est  si  claire  pour  tous,  que  les  soldats  tendent  le  poing 
vers  l'ennemi  invisible  et  qu'ils  profèrent  spontanément 
d'une  voix  énergique  cet  autre  défi:  ^^  Qu'ils  viennent  «. 
Lentement  la  lugubre  trouvaille  est  emportée  vers  un  point 
dominant  où  on  s'apprête  à  toute  éventualité. 

Henry  a  pour  tout  bagage  deux  couvertures  de  laine, 
deux  draps  de  lit,  et  quelques  légers  vêtements;  le  tout 
réuni  en  un  petit  paquet  est  porté,  à  tour  de  rôle,  par 
un  soldat.  Les  six  têtes  sont  ensevelies  dans  les  draps  de 
lit,  puis  fraternellement  inhumées  à  côté  l'une  de  l'autre, 
au  pied  d'un  palmier  ([ui  est  au  centre  d'un  cercle  dont 
la  circonférence  est  formée  par  trente  soldats,  prêts  non  pas 
à  tirer  une  salve  d'honneur,  mais  à  répondre  de  façon 
énergique    au    macabre    défi   qu'ils  viennent  de  recevoir. 

Quel  pays  propice  aux  surprises  et  aux  embuscades! 
Le  sol  est  partout  couvert  de  palmiers  élaïs  peu  élevés 
et  de  brousse  haute  et  épaisse;  il  est  impossible  de  voir 
à  plus  de   dix    mètres  devant  soi. 

Mais  il  faut  se  remettre  en  marche  avec  plus  de  précau- 
tions que  jamais.  Des  reconnaissances  sont  constamment 
envoyées  en  tous  sens  pour  déjouer  un  guet-apens  probable. 
Puis  tout-à-coup,  à  l'avant-garde  qui  marche  à  vingt-cinq 
mètres  en  avant  de  la  colonne,  retentit  le  cri  de:  halte-là! 


—  422  — 

Nouvelle  alerle.  Vite  on  dégage  le  chemin  qui  est  en 
tonnelle  le  long  d'un  ruisseau,  pour  gagner  un  point 
d'où  l'on  verra  clair.  Le  sergent  Djoko,  vieux  roujjlard, 
a  sans  doute  flairé  l'embuscade  attendue;  l'ennemi  n'aurait 
su  mieux  choisir  la  place,  car,  en  ce  moment,  les 
soldats  se  trouvaient  engagés  dans  une  vraie  poterne 
végétale,  comme  des  termites  dans  leurs  galeries.  Le 
cri  de  halte-là  est  suivi  d'un  court  dialogue,  et  celui-ci, 
d'exclamations  folles  dans  lesquelles  on  ne  dislingue  bien 
nettement  que  des:  Ah,  Djoko!  ah,  Zonga  !  Ce  nom 
de  Zonga  est  une  révélation,  et  en  moins  de  quatre 
secondes  celui  qui  s'appelle  ainsi  est  apporté  en  triomphe 
aux  pieds  de  Henry.  C'était....  un  courrier  de  Lothaire. 
Au  cri  de  halte-là!  prononcé  par  Djoko,  le  sergent  Zonga 
avait  reconnu  la  voix  de  son  frère  et  était  venu  se  jeter 
dans  ses  bras  après  lui  avoir  fait  entendre  les  paroles  de 
ralliement  en  usage  dans  leur  pays  d'origine.  Alors,  avec 
volubilité,  Zonga  raconte  que  Lothaire  a  écrasé  les  révoltés 
à  quatre  ou  cin([  lieues  du  point  où  l'on  se  trouve  et 
que  les  fuyards  se  sont  retirés  vers  le  Sud  et  vers  l'Est. 
Après  avoir  goûté  un  moment  de  joie  intense  et  légitime, 
par  cette  bonne  nouvelle,  la  petite  troupe  reprend  sa 
marche.  Elle  a  des  ailes  cette  fois  et  arrive  bientôt  au 
camp  de  Lothaire  où  l'on  fête  son  arrivée  et  la  victoire. 
Lothaire  et  Henry,  après  avoir  poussé  une  reconnaissance 
jusque  Kabambare,  en  compagnie  du  capitaine  Bastien,  qui 
est  chargé  de  rester  en  ce  point  prennent  ensuite,  cette  fois 
définitivement,  la  route  de  Boma  pour  retourner  en  Europe. 

Promu  capitaine,  puis  capitaine-commandant  de  seconde 
classe  de  la  F.  P.  le  2  novembre  1895,  Henry,  qui  déjà  ne 
compte  plus  ses  succès  en  Afrique,  rentre  en  Belgique 
le  23   mai   18%. 

Il  reçoit  en  récompense  de  ses  services  signalés  la  croix 
de  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  l'Etoile  de  service 
et  la  médaille  de  la  campagne  arabe. 


Expédition  vers  le  Nil.  Pcursuite  des  rebelles. 

Dès  le  ()  (l('H'onil)i'(»  l.S<.)<»,  HcMirv  rcpiirt  |)()ur  le  tlirâlnî  do 
ses  récents  et  brillanls  exploits  avec  le  lîTade  de  caf)itainc- 
commandaiit  de  première  classe.  Il  est  désigné  pour  l'ex- 
pi'dition  du  baron  Dhanis  et  rejoint  son  chef  à  Avakubi 
dans  les  i)lus  douloureuses  et  incpiiétantes  circonstances, 
le    1  avril  1897. 

r*  L'avant-<;-arde  i\c  l'exi^Mlilion  s'est  n^voltce  et  a  inas- 
sacn»  ses  chefs  européens.  Les  révoltés  sont  de  même 
race  que  ceux  de  la  sédition  de  Luluabour<:j;-:  Batetela, 
Baluba,  Maléla,  Bakussu,  Wabudjwé,  Tan^^^anika.  Les  blancs 
tués  par  eux  sont:  Leroi,  Inver,  Mellen,  Andriane,  Tagfon 
et  Glosset. 

2^  Les  troupes  restées  fidèles  ont  essuyé  une  sanglante 
défaite  à  Ekwanga.  De  plus,  Julien,  Croneborg,  Louis 
Dhanis,  Delecourt  et  Grahay  ont  péri  dans  ce  combat. 

S"*  La  retraite  s'est  transformée  en  déroute,  les  soldats 
qui  arrivent  cahin-caha  à  Avakubi  sont  plutôt  des  révoltés 
eux-mêmes  que  des  fidèles  et  la  plupart  d'entre  eux  viennent 
d'opérer  une  retraite  sans  arrêt  de  plus  de  deux  cents 
kilomètres;  encore  quelques  étapes  et  ils  seront  dans  leur 
pays  d'origine.  Le  danger  d'une  double  révolte  est  donc 
imminent  et  la  moindre  maladresse  peut  la  faire  éclater. 

Dhanis,  Hambursin  et  Henry  tiennent  conseil  et  déci- 
dent que  ce  dernier,  qui  n'a  été  mêlé  en  rien  aux  évé- 
nements de  la  révolte  et  qui  a  conservé  intacte  sur  les 
soldats,  une  influence  morale  énorme,  acquise  au  prix  de 
trois  longues  années  de  luttes,  restera  à  Avakubi,  y 
réorganisera  les  éléments  restés  fidèles  et  barrera  éven- 
tuellement aux  révoltés  la  route  des  Falls,  pendant  que 
les  deux  premiers  se  rendront  sur  le  Lualaba  pour  y 
prendre  les  mesures  nécessaires  en  vue  de  combattre  les 
insurgés,  soit  sur  le  fleuve  entre  les  Falls  et  Nyangwe, 
soit  dans  le  Manyema. 

Le  jeune  et  bouillant  officier,  confiant  dans  ses  premiers 


—  424   — 

succès,  ne  l)nlance  pas;  la  «^ravitô  de  la  situation  ren- 
force, au  contraire,  son  ardeur  et  son  courage.  Il  stimule 
énergiquement  la  vaillance  de  ses  soldats  que  la  défaite 
d'Ekwanga  et  la  retraite  qui  l'a  suivie  ont  complète- 
ment démoralisés;  il  leur  rappelle  affectueusement  les 
victoires  (fu'ils  ont  remportées,  la  vie  de  gloire  et  de 
misères  qu'ils  ont  menée  avec  lui  i)endant  de  longues 
années  contre  les  Arabes  et  les  révoltés  de  Luluabourg; 
il  leur  fait  entendre  la  voix  du  devoir,  de  la  discipline, 
et  leur  inculque  petit  à  petit  la  nécessité  de  la  revanche; 
enfin,  par  de  bons  soldats,  des  auxiliaires  sérieux,  des 
indigènes  et  même  par  des  nains  de  la  grande  forêt,  il 
fait  opérer  de  rapides  reconnaissances  portant  jusqu'aux 
limites  de  celle-ci.  Il  peut  ainsi  acquérir  la  certitude  que 
les  mutins,  au  lieu  de  suivre  la  voie:  Irumu,  Mawambi, 
Avakubi,  Falls,  marchent  par  la  vallée  de  la  Semliki  et 
que  leur  désir  est  de  se  porter  sur  Nyangwe  en  évitant 
le  plus  possible  la  grande  forêt,  dans  laquelle  ils  redou- 
tent la  famine. 

Pendant  son  premier  et  laborieux  séjour  au  Congo,  Henry 
a  pu  étudier  à  fond  la  psj^chologie  du  nègre.  Il  est 
convaincu  que  les  soldats  redeviendront,  comme  disci- 
pline et  dévouement,  ce  qu'ils  étaient  avant  ces  doulou- 
reux événements.  Il  est  admirablement  secondé  par  ses 
adjoints:  les  lieutenants  Derclaye,  Friart  et  Baras,  les 
sergents  Sauvage,  Kimpe  et  Rewers.  Chacun  concentre 
tous  ses  efforts  vers  un  seul  but:  marcher  contre  les 
révoltés  et  briser  leur  ('lan.  Ces  braves  jeunes  gens  n'ont 
pas  la  prétention  de  battre  un  ennemi  aussi  formidable 
qui  dispose  de  deux  mille  à  deux  mille  cinq-cents 
Albinis  avec  au  moins  trois  cents  cartouches  par  arme, 
ainsi  que  de  plusieurs  canons  et  mitrailleuses  sans  comp- 
ter plusieurs  centaines  de  fusils  à  capsule.  Ils  n'ont,  eux, 
que  cinq  cent  cinquante  hommes,  y  compris  environ  quatre- 
vingt    malades;    c'est  peu,    mais   la  vaillance   supplée  au 


—    125  — 

nombre  Trinoiii,   Lollmiic   (\u\,   ;i\c'c  doux  cent  cinquanlo 
lioiiiiiK^s   hnilit   les    r(''V()ll,(''s   (1(3    Lulujihonr^-. 

11  Inul  (loue,  \()  plus  vile  possihhî,  réoeeupoi"  iMMWjunhi, 
ne  lul-ce  ([iw  pour  (Milover,  ;in.\  soldais,  rallirnnee  nalurelle 
et  insurnionl;d)l(3  (|u'excree  sur  eux  le  voisinaf^o  de  hiurs 
villag"(^s  natals.  Av(^c  une  patience  inlassable,  les  Européens 
les  consolent,  s'occupent  de  leurs  moindres  affaires,  appla- 
nissent  leurs  palabres,  satisfont  leurs  désirs,  même  les  plus 
futiles,  et  surtout  leur  font  faire  quatre,  six  et  finalement 
liuit  heures  d'exercice  par  jour.  On  leur  parle  de  leurs 
devoirs  d'une  voix  ferme  et  haute  et  Henry  ne  se  g'ône 
pas  pour  leur  faire  le  reproche  qui  les  touche  le  plus:  avoir 
fui  devant  l'ennemi.  Et  s'ils  demandent  ce  qu'ils  auraient 
dû  faire,  il  leur  jette  le  mot  d'Horace:  mourir. 

Le  départ  est  fixé  au  7  mai  d'une  façon  irrévocable. 
Ici  se  place  un  incident  tout  à  fait  épique.  Le  25  avril, 
Henry  avait  dit  à  ses  hommes  au  moment  de  l'appel  du 
matin:  «  Dans  douze  jours  nous  partirons,  dès  maintenant 
préparez  des  vivres  ^.  Il  fallait  ce  laps  de  temps  pour  per- 
mettre aux  malades  de  se  guérir  et  aux  valides  de  se  faire  à 
l'idée  d'affronter  une  vie  de  misères  pire  encore  que  la 
plus  mauvaise  de  celles  qu'ils  avaient  eue  à  supporter 
jusque  maintenant.  Sur  l'immense  route  d'Avakubi,  au  lac 
Albert-Edouard,  il  n'y  avait  pas  le  moindre  grain  de  mil 
à  trouver.  De  plus,  tous  savaient  trop  bien  quelle  espèce 
d'ennemi  il   fallait  combattre. 

L'ordre  fut  accepté  gaîment  quand  il  fut  donné.  Mais 
au  fur  et  à  mesure  que  la  date  du  départ  approchait,  un 
malaise  général  se  fit  sentir  :  c'étaient  entre  les  hommes 
des  palabres  d'un  caractère  aigu,  c'était  dans  l'exécution 
de  certains  services  des  négligences  voulues  et  des  mau- 
vaises volontés  manifestes,  c'étaient  des  actes  d'indiscipline 
nettement  caractérisés.  Le  but  de  tout  cela?  Rester  à  Avakubi. 
Le  temps  ])ressait  cependant.  Henry  style  les  gradés  dont 
les  principaux  ont  fait,   avec  lui,    la  guerre  pendant  trois 


—  420  — 

ans.  Djoko,  Zonga  ot  Buiuluki  sont  là  qui  le  secondent 
tant  qu'ils  peuvent.  C'est  le  moment  de  faire  acte  de 
vi^^ueur.  Ilenr}'  déclare  catégoriquement  à  ses  hommes 
qu'ils  ne  veulent  pas  marcher  parce  qu'ils  ont  peur,  et 
qu'ils  se  sont  sauvés  comme  des  antilopes  devant  l'ennemi, 
parce  qu'ils  sont  lâches.  Les  meilleurs  pleurent  sous  l'injure. 

Le  7  mai  arrive,  le  rassemblement  de  la  troupe  est  sonné 
pour  le  départ.  Tous  les  Européens,  sauf  Baras  qui  restera 
à  Avakubi,  sont  là  en  tenue  de  campagne;  les  soldats, 
eux,  sont  venus  en  tenue  d'exercice.  On  sait  ce  que  cela 
veut  dire  :  la  troupe  veut  essayer  de  temporiser  sous 
prétexte  qu'il  y  a  trop  de  malades,  ([u'on  n'a  pas  de  vivres, 
etc.,  de  façon  à  atteindre  une  limite  telle  qu'il  serait  trop 
tard  pour  se  mettre  en   route. 

Henry  commande  lui-même:  "  par  le  flanc-droit^  et  "  en- 
avant,  marche  ».  A  ce  moment  une  députation  formée  de 
tous  les  gradés  s'avance  vers  lui  et  le  conjure  de  ne  pas 
partir  maintenant  pour  les  motifs  énoncés  plus  haut. 

—  Dans  quatre  jours  nous  serons  en  état  de  partir. 

—  Vous  ne  partirez  pas  dans  quatre  jours,  mais  main- 
tenant, ou  bien,  je  ne  vous  veux  pas. 

—  Mais  il  y  a  un  mois  de  marche  et  nous  n'avons  pas 
de  vivres. 

—  Il  y  a  un  mois  de  marche  pour  les  Européens  éga- 
lement et  ils  n'ont  pas  de  vivres  non  plus.  Rentrez  dans 
les  rangs  ! 

Alors,  d'une  voix  assez  forte  pour  être  entendu  de 
tous,  le  conmiandant  cria  :  "  Que  ceux  qui  ont  encore  du 
cœur  sortent  des  rangs.  5^  Et  il  sortit  des  rangs  quatre-vingts 
hommes  de  la  race  des  révoltés.  Froidement  ces  quatre- 
vingts  soldats  sont  divisés  en  cinq  parties,  à  la  tête  de 
chacune  desquelles  un  Européen  est  placé,  puis  on  part 
ainsi  vers  Mawambi  après  qu'Henry  eut  apostrophé  les 
autres  en  ces  termes  :  «  Je  suis  honteux  de  vous.  Retournez 
tous  dans  vos  villages  et  allez  dire  à  vos  pères  que  vous 


—   127  — 

avez  iihandonné  voire  cliel'  à  reniKMiii  (i(^  pour  <Ie  vous 
ballre.  -'  Puis,  la  petite  caravane  s'en  va  à  ti'avers  la  grande 
forêt,  eonnne  si  elle  était  quitte  et  libre  de  souci.  Le  jeune 
oHicier  est  sur,  cependant,  de  la  fidélité  de  ses  hommes 
et  dans  la  conviction  ([u'ils  suivront,  il  campe  à  environ 
deux  lieues  d'Avakubi.  A  peine  arrêté,  la  déi)utation  des 
«grades  restés  à  Avakubi  arrive  et  le  dialogue  suivant 
s'engage  entre  Henry  et  Djoko,  ([ui  est  le  porte  paroles  des 
délégués.  Djoko  prend  l'attitude  de  la  soumission  la  plus 
respectueuse  et  la  plus  absolue,  puis  le  cœur  bien  gros, 
il   dit: 

—  Bwana!  ne  vois-tu  pas  que  les  quatre-vingts  soldats 
que  tu  conduis  vont  te  trahir  et  qu'ils  iront  te  livrer  à 
l'ennemi  ? 

—  Non;  ces  gens  sont  braves,  tu  as  tort  d'en  parler 
nuU.  Ils  ont  du  cœur,  et  vous  n'en  avez  pas,  puisque  c'est 
vous  qui  m'abandonnez. 

—  Bwana!  tu  es  trop  dur  pour  nous,  et  nous  sommes 
venus  ici  pour  te  prouver  que  nos  intentions  sont  sin- 
cères. 

—  Que  veux-tu  dire? 

—  Je  veux  dire  d'abord  que,  si  tu  y  consens,  je  désire 
échanger  les  quatre-vingts  hommes  que  tu  as,  contre  les 
quatre-vingts  meilleurs  des  nôtres 

—  C'est  bien,  j'y  consens  et  puis? 

—  Et  puis,  dans  quatre  jours,  tu  entends  bien,  dans 
quatre  jours  nous  te  rejoindrons  tous,  même  les  malades. 
Seulement  tu  devrais  nous  laisser  un  blanc. 

—  Si  vous  avez  l'intention  de  me  rejoindre  vous  n'avez 
pas  besoin  de  blanc.  Vous  connaissez  tous  la  route  mieux 
que  quiconque  de  nous.  Le  blanc,  c'est  toi,  tu  as  ma 
confiance. 

La  partie  était  gagnée.  Le  brave  Djoko  retourne  à  Ava- 
kubi, choisit  lui-même  les  hommes  et  les  amène  bientôt. 
L'échange  a  lieu  le  jour  même  dans  un  cérémonial  émou- 


—    128  — 

vaut,  après  lequel  les  <^ens  de  la  race  des  révoltés  viennent 
tous  faire  le  serment  de  fidélité  en  affirmant  qu'ils  sont 
prêts  à  mourir  pour  servir  leur  chef.  Cette  victoire  morale 
a  réconforté  tout  le  monde,  car  tout  Avakubi  est  là;  puis 
pour  que  l'arrachement  soit  complet,  pour  que  le  mouve- 
ment en  avant  soit  nettement  marqué,  on  s'en  va  camper 
à  deux  lieues  de  là,  le  long  des  rapides  de  M'Pipa.  En  refusant 
de  laisser  un  blanc  pour  conduire  ces  hommes,  Henrj^  avait 
craint  un  revirement  dans  leurs  sentiments.  Ils  n'auraient 
pas  manqué,  en  ce  cas,  de  charger  ce  blanc  de  toute  la 
responsabilité  du  manquement  à  leur  ])arole.  Et  il  était 
visible  que  cette  marque  suprême  de  confiance  donnée  à 
Djoko  pour  eux  tous,  les  avait  émus  jusqu'au  fond  de  l'âme. 
Le  nouveau  départ  se  fit  joyeusement  au  milieu  des 
applaudissements  et  des  quolibets  tant  des  partants  que 
des  restants  : 

—  Si  vous  rencontrez  les  révoltés,  dites  leur  que  nous 
arrivons.  Eh! 

—  Soigne  bien  ta  jambe,  si  tu  veux  te  mettre  en  route 
dans  quatre  jours;  et  si  tu  veux  nous  rattraper  ne  tire 
pas  trop  la  patte,   Eh! 

—  Nous  ferons  cuire  les  patates  de  Mawambi  pour  quand 
vous  arriverez,  Eh  ! 

Cette  dernière  boutade  soulève  une  hilarité  générale, 
car  tous,  même  les  Européens  ont  mangé  des  patates  douces 
à  Mawambi  pendant  plus  d'un  an  à  l'exclusion  de  tout 
autre  légume.  Tout  le  monde  rit  même  et  surtout  les  blancs, 
car  c'est  la  première  fois  que  les  visages  se  dérident  depuis 
bien  longtemps!  Cette  gaîté  achève  de  sceller  les  afiéctions, 
les  confiances,  les  espoirs  réciproques.  C'est  un  courant 
magnétique  qui  vient  de  passer  sur  cette  foule  et  qui  oriente 
définitivement  sa  destinée.  Dorénavant,  aucun  doute  n'est 
permis  sur  la  parole  donn('e  par  ces  gens  simples,  naïfs 
et  bons.  Tous  les  jours,  d'ailleurs,  la  petite  caravane  est 
rejointe   par  deux,  trois  ou  quatre  hommes.  Ce  sont  des 


—   ■\-2\)  — 

courriers,  «^ous  do  conlianco  du  hi'axc  Djoko,  ({iii  vieiineiiL 
dire  que  tout  \'\\  bien  (mi  arrière  eL  ({ue  h^s  relardaLiires  font 
des  efforts  i)our  regagner  le  temps  perdu.  Si  bien  que  la 
petite  troupe  est  doublée  (juaiid  elle  arrive  à  Mawarnbi  et 
que  Djoko,  avec  le  reste,  y  arrive  à  i)eu  [)i'ès  (mi  même 
tem[)s.  Quelle  joie  alors  de  déliler  lièrement  dans  les  ave- 
nues du  poste  d('linitivement  reconquis! 

L'expédition  prend  cor[)s.  On  vient  de  i)arcourir  cent 
cincfuante  kilomètres  de  désert,  il  faut  en  i)arcourir  encore 
au  moins  le  double.  Pour  cela,  on  n'a  que  les  fameuses 
patates  douces  de  Mawarnbi.  Mais  tout  le  monde  a,  cette 
fois,  le  feu  sacré.  Derclaye,  Friart,  Sauvage,  Kimpe  et 
Rewers  sont  admirables  et  se  montrent  infatigables  devant 
des  besognes  écrasantes:  reconnaissances  à  faire  vers  Irumu 
et  la  Sendiki;  patates  deuces  à  faire  sécher,  —  il  en  faut 
au  moins  dix  kilos  par  tête  — ;  pirogues  à  construire  pour 
franchir  l'Ituri  en  amont  de  Mawarnbi;  colis  jetés  dans  la 
rivière  lors  de  la  retraite  et  qu'il  faut  sauver:  on  repêche 
cinquante-cinq  caisses  de  quatre  cent  quatre  vingts  car- 
touches. C'est  un  appoint  quasi-prodigieux  qui,  à  lui  seul, 
valait  la  réoccupation  de  Mawarnbi:  les  anciens  auxiliaires 
arabes  auraient  pu  s'en  emparer.  Tout  marche  à  souhait 
cependant.  Les  reconnaissances  envoyées  vers  Irumu  ramè- 
nent des  Zanzibarites,  des  Manghéhma  et  des  Djabir  que 
les  révoltés  avaient  fait  prisonniers  et  qui  ont  pu  s'évader. 

On  peut  avoir  ainsi  des  renseignements  sûrs  concernant 
la  direction  prise  par  les  révoltés  et  le  but  qu'ils  comp- 
taient atteindre.  Ils  savent  qu'Henry  est  à  Avakubi  et  ils 
en  déduisent  que  Lothaire  et  Doorme  le  suivent. 

Ils  craignent  l'issue  d'un  combat  à  livrer  dans  ces  con- 
ditions dans  la  forêt.  C'est  pourquoi  ils  suivent  la  vallée 
de  la  SemlikiJ  pour  longer  ensuite  la  lisière  orientale  de 
la  grande  forêt  avec  objectif  Nyangwe.  Ils  lèveront  là 
toute  une  armée,  avec  laquelle  ils  descendront  le  fleuve, 
pour  attaquer  les  Falls  et  Basoko.  Ils  veulent  le  renverse- 


—  430  — 

nient  de  l'Etat  et  la  mort  de  tous  les  P>elges  qu'ils  ren- 
contreront. Avant  de  se  mettre  en  marche,  ils  sont  restés 
quinze  jours  à  Kavali.  Les  reconnaissances  ramènent  une 
quarantaine  de  soldats  perdus  dans  la  forêt  ou  qui  ont 
pu  fuir  de  chez  les  mutins.  C'est  un  nouvel  et  précieux 
appoint.  La  garnison  de  Mawamhi  pourra  être  formée  sans 
diminuer  la  colonne  expéditionnaire.  Elle  sera  commandée 
par  le  sergent  Rewers  qui  conservera  les  trente  soldats 
les  moins    valides. 

La  nécessité  des  reconnaissances,  la  construction  des 
pirogues  pour  franchir  l'Ituri  et  la  recherche  des  vivres 
ont  forcé  l'expédition  à  rester  à  Mawambi,  jusqu'au  4  juin, 
date  à  laquelle  elle  part  pour  M'Beni.  Les  renseignements 
recueillis  permettent  les  déductions  suivantes:  1°  Les 
révoltés  ont  quitté  Kavali  vers  le  20  avril  ;  ils  ont  une 
force  de  trois  mille  cinq  cents  combattants,  deux  mille 
à  deux  mille  cinq  cents  hommes  armés  du  fusil  Albini, 
mille  à  quinze  cents  hommes  armés  du  fusil  à  capsule.  A 
cela  il  faut  ajouter  trois  mille  femmes  au  moins,  ce  qui 
leur  fait  une  caravane  comportant  un  minimum  de  six  mille 
bouches  à   nourrir. 

2"  Aucun  pays  du  centre  de  l'Afrique  n'est  capable  de 
nourrir  sur  place  une  telle  quantité  de  gens.  Les  insurgés 
devront  donc  rayonner  au  loin  et  se  diviser  pour  vivre. 

30  Les  mutins  sont  formés  de  plusieurs  races  différentes  ; 
il  est  certain  qu'ils  ne  resteront  pas  longtemps  ensemble, 
sans  qu'il  y  ait  entre  eux  des  divisions  profondes. 

40  Dans  ces  conditions,  la  petite  colonne  des  troupes 
fidèles  a  des  chances  de  les  l)attre  en  détail  ou  de  les 
surprendre  en  suivant  leurs  traces.  Dans  tous  les  cas  elle 
leur  fera  beaucoup  de  mal  en  les  harcelant  et  en  les  tenant 
constamment  sur  le  qui-vive.  Ils  arriveront  ainsi,  fortement 
épuisés,  dans  leurs  pays  d'origine,  ou  l'on  pourra  les  ache- 
ver  facilement. 

On  repart  donc  à  marches  forcées  vers   Béni,  où  Henry 


—  431  — 

a  noué  los    inoilleurcs  relations  avec  les  indi^-ènes,   un    an 
auparavant. 

Dans  la  <;'rando  foret,  le  10  juin,  une  han  le  de  léopards 
harcèle  \c  campement  toute  la  nuit.  (]es  animaux  leroces 
enlèvent  ([uatre  sentinelles,  trois  femmes  et  un  boy, 
malgré  los  feux  de  bivouac  qui  pour  la  circonstance 
sont  (les  feux  d'enfer,  et  aussi  malg-ré  les  coups  de 
fusil  tirés  sur  eux,  grâce  à  la  fulguration  de  leurs 
yeux  dans  l'obscurité. 

A  la  biffurcation  des  routes  qui  de  Mawambi  permettent 
d'aller  sur  Kissenghé  ou  sur  Boni,  l'expédition  est  arrêtée 
un  moment  pour  permettre  l'exploration  simultanée  des 
deux  chemins.  La  reconnaissance  envoyée  vers  Béni  est 
attaquée,  ou  plutôt  arrive  à  l'improviste  sur  une  troupe 
ennemie  qui  lui  tourne  le  dos  et  qui  observe  la  route 
de  Béni  au  point  où  elle  se  bifurque  pour  permettre  d'aller 
à  Mawambi  par  la  rive  droite  et  la  rive  gauche  del'Ibina. 
L'ennemi  tire  le  premier,  mais  il  est  promptement  mis  en 
déroute. 

Plus  tard,  Henry  sut  que  c'était  l'auxiliaire  Gha  Mukono 
qui  tendait  une  embuscade  au  lieutenant  norwégien  Sannaes. 
Peu  après  celui-ci  est  rallié  à  Mukupi  avec  le  poste  de 
Karimi,  composé  de  quarante  soldats.  Si  l'expédition  était 
arrivée  à  Mukupi  une  demi-heure  plus  tard,  Sannaes  qui 
battait  en  retraite  vers  les  Falls  n'aurait  pas  rencontré 
Henry  et  serait  tombé,  peut-être,  dans  l'embuscade. 

C'est  un  nouvel  et  précieux  appoint.  L'expédition  compte  à 
présent  cinq  cent  quatre-vingt-dix  soldats.  Sannaes  raconte 
que  le  R.  P.  Achte  de  la  mission  de  Notre-Dame  des  Neiges 
au  Toro,  a  été  prisonnier  des  révoltés  pendant  quatre  jours  ; 
qu'ils  ont  complètement  rasé  le  poste  de  Karimi,  dont  le 
chef,  le  lieutenant  Van  der  Wielen,  est  mort  de  dyssen- 
terie  au  fort  de  Katwé;  que  les  révoltés  sont  en  marche 
vers  le  Sud-Ouest  après  être  restés  une  douzaine  de  jours 
à    Béni,    que    l'auxiliaire    Gha    Mukono,   disposant    d'une 


—  432  — 

centaine  crAlhinis  et  aidé  par  soixante-dix  mutins,  est  allé 
l'attaquer  au  fort  do  Katwé  où  l'ennemi  a  été  repoussé; 
que,  enfin,  le  dit  Cha  Mukono  est  en  ce  moment  à  Kis- 
senghé  où  il  dispose  encore  d'une  centaine  d'Albinis  et 
d'un  assez  grand  nombre  de  cartouches.  Il  faut  donc 
marcher  sur  Kisseng'hé  au  lieu  d'aller  droit  sur  Béni 
L'expédition  perdra  ainsi  au  moins  trois  jours,  mais  en 
revanche  on  remportera  une  victoire  facile  en  écrasant 
Cha  Mukono.  Il  faut  absolument  en  finir  avec  ce  coquin 
qui  est  capable  de  marcher  sur  Mawambi,  si  on  le  laisse 
dans  l'impunité,  et  d'y  massacrer  Rewers  ainsi  que  ses 
trente  malades.  De  plus,  il  pourrait  également  inter- 
rompre la  ligne  de  communication  de  la  colonne  en 
assassinant  ses  courriers  et,  ce  qui  est  bien  plus  grave, 
avertir  les  révoltés  de  la  présence  des  troupes  de  l'Etat 
sur  leurs  derrières.  Le  22  juin,  il  était  hors  de  cause.  On 
lui  enleva  quarante  Albinis,  toutes  ses  cartouches,  mais 
il  parvint  tout  de  môme  à  se  cacher  et  à  échapper  aux 
recherches,  bien  qu'une  balle  lui  eut  casse  la  jambe.  Ce 
n'est  que  trois  mois   plus  tard  qu'il   pût  être  arrêté. 

La  petite  colonne  était  enfin  sur  la  trace  de  l'ennemi,  elle 
avait  déjà  applani  bien  des  difficultés,  mais  la  principale 
se  dressait  devant  elle  dans  toute  son  angoissante  con- 
tingence. 

Henry  peut  aisément  suivre  la  piste  des  révoltés  sur 
une  route  qu'ils  jalonnent  de  cadavres.  Les  rebelles  con- 
tinuent à  se  diriger  vers  Nyangwe,  sous  la  conduite  de 
leur  chef  Mulamba.  Mais  bientôt  celui-ci  est  massacré  par 
ses  hommes  à  M'Bulio  et  remplacé  par  Kandolo. 

Le  pays  des  Wanandé,  que  traverse  la  colonne,  était 
riche,  peuplé  et  d'un  accès  facile  ;  Béni  donne  des  vivres, 
malheureusement,  après  une  huitaine  de  jours  de  marche, 
de  grandes  difficultés  naturelles  vont  malencontreusement 
surgir. 

A  partir  de  Lutambi,  la  marche  devient  très  pénible:  on 


—  433  — 

traverse  les  contreforts  du  plateau  où  l'Ibiria   et  la   Leiida 
prennent  leurs  sources. 

O-  [)ays  est  une  série  de  hautes  montagnes,  séparées 
par  de  profonds  ravins.  Le  climat  devenu  très  froid  fait 
de  nond)reuses  victimes  parmi  les  soldats.  De  plus,  les 
indigènes  et  les  vivres  se  font  de  plus  en  plus  rares,  au 
fur  et  à  mesure  de  la  marche. 

Le  12  et  le  13  juillet,  Henry  rencontre  quelques  misé- 
rables épaves  humaines,  abandonnées  par  les  rebelles.  Elles 
lui  apprennent  que  ceux-ci  ne  les  ont  quittés  que  depuis 
trois  jours.  Le  14,  Henry  découvre  un  campement  qui  a 
été  abandonné  le  matin  même  et  entend  des  coups  de  feu 
dans  les  montagnes.  Henry  s'arrête  pour  ne  pas  donner 
l'éveil  à  l'ennemi  avec  l'intention  de  reprendre  la  marche 
à  la  clarté  de  la  lune. 

Bataille  du  15  juUlet  1897. 

11  arrive  vers  minuit  derrière  une  petite  colline,  dont 
la  crête  est  située  à  moins  de  deux  cents  mètres  du  cam- 
pement de  l'ennemi.  Une  chute  d'eau  couvre  le  hruit  des 
reconnaissances  préliminaires  à  l'attaque. 

Les  mutins  campent  en  deux  fractions  de  forces  à  peu 
près  égales,  et  séparées  par  une  distance  d'environ  une 
lieue.  Celle  qui  forme  vis-à-vis  avec  les  forces  de  l'Etat, 
est  commandée  par  le  chef  même  de  la  révolte,  Kandolo, 
le  détenteur  de  toute  la  réserve  de  cartouches. 

Vers  quatre  heures  et  demie,  Henry  prend  ses  disposi- 
tifs d'attaque. 

Le  lieutenant  Derclaye  et  le  sergent  Sauvage  ont  reçu 
l'ordre  de  déployer  leurs  trois  cents  soldats  de  façon  à 
envelopper  le  camp  ennemi,  puis  de  diriger  sur  lui  une 
fusillade  acharnée.  Les  lieutenants  Sannaes  et  Friart  sui- 
vent le  commandant  avec  le  reste  de  la  troupe,  soit 
environ  deux  cent  cinquante  hommes.  Le  sergent  Kimpe 
garde  le  camp,  délaissé  depuis  la  veille. 


—  434  — 

Vers  cinq  heures  l'attaquci  commence  si  foudroyante 
que  l'ennemi  ne  tient  pas  plus  d'un  quart  d'heure,  et 
abandonnant  ses  femmes,  ses  fusils  et  ses  munitions, 
prend  la  fuite  dans  la  direction  du  deuxième  camp. 

A  sept  heures,  les  forces  de  celui-ci,  qui  dans  l'entre- 
temps  a  rallié  la  garnison  du  premier  camp,  se  jettent 
sur  les  troupes  de  l'Etat.  La  première  ligne  plie  sous 
l'impétuosité  du  choc  de  cette  colonne  très  supérieure  en 
nombre,  mais  la  position  occupée  par  les  troupes  de  l'Etat 
est  très  forte.  Fusillés  à  bout  portant  de  front  et  de  flanc, 
les  révoltés  subissent  des  pertes  énormes,  sont  bientôt 
arrêtés  dans  leur  élan,  puis  manifestent  un  peu  de  défail- 
lance. 

Henr}^  fait  sonner  «  En  avant  »  par  tous  les  clairons. 
Les  soldats,  entraînés  par  l'ardeur  des  chefs  blancs,  cou- 
rent sus  à  l'ennemi.  Les  Batetela  sont  arrêtés,  perdent 
pied  peu  à  peu,  si  bien  qu'après  trois  heures  d'un  combat 
acharné  ils  sont  en  déroute  complète  et  se  réfugient  dans 
les  montagnes  environnantes.  Henry  est  obligé  de  renon- 
cer à  la  poursuite,  à  cause  du  manque  de  vivres  (15  juillet 
1897). 

Le  lieutenant  Sannaes  a  été  frappé  à  bout  portant  d'une 
balle  d'Albini,  et  le  brave  Djoko  a  eu  la  tête  fracassée  à 
côté  d'Henry,  sur  qui  il  veillait  comme  un  chien  fidèle. 
L'ennemi  a  perdu  quatre  cents  soldats,  cinq  cents  Albinis, 
cent  fusils  à  piston  et  plus  de  dix   mille  cartouches. 

Henr}^  est  cité  à  l'ordre  du  jour  par  le  gouverneur  géné- 
ral et  nommé  chevalier  de  l'Etoile  africaine. 

Après  sa  victoire  du  lac  Albert-Edouard  (par  29'  de  lon- 
gitude E;  1/2°  de  latitude  Sud)  (15  juillet  1897),  le  vaincfueur 
des  révoltés  doit  se  replier  sur  Avakubi   pour  s'y  refaire. 

Ses  soldats  qui  l'ont  suivi  avec  une  constance  admirable, 
sont  à  bout  de  forces;  les  maladies,  les  privations,  les 
fatigues,  la  disette  les  ont  tourmentés  sans  trêve  dans 
cette  région  ingrate. 


—  ■{:):>  - 

I)(»  rolour  à  Avakiil)i,  Honry  explore,  lu  rivière  Nepoko 
el  en  (li'(^sse  la  carl(\  C'(^sl  jjendant  ({u'il  est  ()ccu[)é  par 
ce  travail,  ([u'il  reçoit  du  l\oi-S()ii\(^raiii  l'ordre  de  se  rendre 
cà   Redjaf  [nmv  y  renforcer  llanolet. 

Marche  vers  Redjaf. 

Henry  s'y  porte  avec  un  détachenienl  de  sept  cents 
hommes  par  la  route  Avaku])i,  Nei)oko,  Tamara,  Adra.  Il 
est  accompagné  par  les  lieutenants  Derclaye,  Friart,  .Tocli- 
nich  et  par  le  sergent  Astrand.  Il  donne  au  lieutenant 
Donckier  de  Donceel,  qui  est  à  Mawambi  avec  l'adjudant 
Kimpe  et  cent  cinquante  soldats,  l'ordre  de  rallier  Tamara, 
où  les  deux  colonnes  feront  leur  jonction.  Malheureuse- 
ment le  lieutenant  Donckier  de  Donceel  mourut  en  cours 
de  roule  et  Kimpe  battit  en  retraite  sur  Mawambi. 

Au  cours  de  ce  trajet,  Henry  constate  que  les  cartes  ren- 
seignaient inexactement  la  situation  de  Tamara  sur  le  Haut- 
Kibali.  Elles  plaçaient  ce  point  à  environ  quarante  kilo- 
mètres plus  au  Sud  que  sa  position  exacte.  Le  cours  de 
la  rivière  aura  probablement  été  levé  à  la  boussole  et  porté 
sur  la  carte  sans  qu'on  eut  rectifié  l'erreur  provenant  de 
la  déclinaison  magnéti({ue.  Cette  erreur  de  la  carte  fut 
fatale  à  l'expédition  du  baron  Dhanis  et  causa,  peut-être, 
la  mort  du  commandant  Mathieu.  Celui-ci  crut  s'être  trompé, 
tergiversa,  retourna  vers  le  Sud  et  finalement  se  suicida. 

Malgré  les  difficultés  du  terrain  et  le  nombre  considérable 
d'hommes  à  conduire,  Henry  atteint  le  Nil  sans  encombre, 
le  1  juillet  1898,  quelque  temps  après  l'attaque  de  Redjaf 
par  les  derviches,  attaque  qu'Hanolet  a  repoussée  victo- 
rieusement, après  avoir  fait  mordre  la  poussière  à  la 
moitié  des  assaillants. 

Occupation  de  Lado. 

Henry  est  désigné  pour  aller  occuper  Lado,  à  neuf  heures 
de  marche    ou  six  heures  de  navigation   de   Redjaf.  Il  a 


—  43C  — 

SOUS  ses  ordi'es  les  lieutenants  Derclaye,  Lund^vist,  Friart, 
Jochnick,  le  sous-lieutenant  Van  der  Weg-en,  l'intendant 
Selliers,  les  sous-ofïiciers  Nagels,  Astrand,  Graffen  et 
Rouflard,  et  dispose  de  trois  cent  vin^t-huit  hommes,  un 
canon  Krupp,  une  mitrailleuse  Maxim,  deux  Nordenfelt. 

Lado  se  transforme  en  une  nouvelle  forteresse. 

Henry  peut  se   servir  des  anciens  ouvrages  égyptiens. 

La  zéribali,  quoique  plus  grande,  exige  moins  de  défen- 
seurs qu'à  Redjaf,  l'une  des  faces  étant  protégée  naturel- 
lement par  des  marais.  Au  nord  de  Lado  il  y  a  des 
terrains  fertiles. 

La  garnison  de  Redjaf  se  compose  de  huit  cent  quatre- 
vingt-onze  soldats;  Hanolet  y  avait  sous  ses  ordres  le  capi- 
taine Lequeux,  les  lieutenants  Wacquez,  Koch,  De  Wulf, 
Colin,  Sillye,  Bertrand,  les  sous-lieutenants  Nielsen,  Hen- 
rion,  le  sergent-major  De  Gréez,  les  sergents  Vincart, 
Willems,  De  Walque,  Van  Pottelsberghe,  Braeckman,  De 
Muth  et  le  commis  Lauterbach  et  avait  comme  moyen 
de  défense  quatre  Krupp  et  une  mitrailleuse  Maxim,  une 
barque  pontée,  un  canot  démontable  et  la  vieille  allège 
de  Djabir. 

Les  troupes  de  l'Etat  continuèrent  à  fortifier  Redjaf. 

Hanolet,  souffrant  d'une  blessure,  causée  par  un  coup  de 
lance,  se  dispose  à  rentrer  en  Europe  avec  le  docteur 
Rossignon.  Il  remet  à  Henry  le  commandement  de  l'En- 
clave et  de  rUele. 

Etablissement  du  camp  de  Kéro. 

Le  vainqueur  des  Arabes  n'y  resta  pas  in  actif.  H  pousse 
une  pointe  vers  le  Nord,  avec  un  millier  de  soldats  indi- 
gènes jusqu'à  la  limite  de  la  province  du  Bahr-el-Ghazal 
et  construit  un  camp  fortifié  à  Kéro,  dans  une  excellente 
position,  pour  servir  de  point  d'appui  et  de  pivot  à  l'armée 
qui  opérera  dans  le  Nord-Est. 

Les    troupes    composant    l'expédition    sont    divisées    en 


—  'i'M  — 

deux  halnillons  à  doux  coiu|)iJg"ni(is  îi^^anl  pour  cliers 
Lequcux  el  DerclMve,  aidés  de  nombreux  ofTiciers  et  sous- 
offîcicrs.  Le  lieutenant  Bertrand,  chef  de  l'artillerie  et  d(i 
la  marine,  a  sous  ses  ordres  une  c()mi)a^nie  d'artilleurs 
et  une  de  rameurs  noirs,  et  une  canonnière  construite 
sur  place  en   attendant  le    Va7î  Kerckhoven. 

Au  total,  Kero  est  occupé  par  mille  dix  hommes  de 
trou})es  prêtes  à  marcher,  deux  mitrailleuses  et  six  Nor- 
denfelt  et  deux  Krupp,  les  derrières  restant  assurés  par 
les  garnisons  de  Lado  et  de  Redjaf.  De  grands  appro- 
visionnements venant  de  Dungu  sont  réunis  au  nouveau 
camp. 

Le  colonel  anglais  Martyr,  arrivé  de  la  côte  orientale, 
après  avoir  fondé  des  postes  à  Gondokoro,  Bedden  et  Dufile, 
remonte  son  steamer  Kenia  et  fait,  de  concert  avec  les 
Belges,  des  reconnaissances  sur  le  fleuve,  en  attendant  que 
ceux-ci  entreprennent  leur  mouvement  général  vers  le 
Nord. 

Henry  aj^ant  fait  répandre,  par  les  indigènes,  le  bruit  qu'il 
marche  sur  Bor,  les  Derviches,  considérablement  affaiblis 
par  les  combats  que  leur  ont  livrés  Ghaltin  et  Hanolet, 
abandonnent  la  place  et  se  retirent  vers  le  Darfour  sans 
combat. 

Le  9  avril  1899,  le  chef  Loukoudou  de  Redjaf,  qui  assure 
les  transports  entre  la  rivière  Yei  et  Redjaf,  ayant  amené 
les  dernières  charges  du  steamer  destiné  au  Nil,  le  Van 
Kerckhoven  (nom  donné  en  souvenir  du  vaillant  soldat 
qui  mena  le  premier  le  pavillon  de  l'Etat  au  fleuve  égyptien) 
est  monté  non  sans  peine  par  l'inspecteur-mécanicien  Mul- 
ders  et  Horbach,   il  est  lancé  le   1  juillet  1899  à  Lado. 

Le  Faidherbe  de  Marchand  et  le  Kenia  du  colonel  Mar- 
tyr Yy  avaient  seuls  précédé  ('). 

(1)  Les  pièces   du  steamer  avaient  été  portées  à  dos  d'iiomme  sur  des 
milliers  de  kilomètres  à  travers  marais,  rivières,  montagnes,  désert,  sous 


—  438  — 

Première  reconnaissance  de  Kero  (5  1/2°  de  latitude  N.  jusqu'au  8  3,4"  de 
latitude  N.) 

Ayant  reçu  des  autorités  anglaises  l'autorisation  de  faire 
des  reconnaissances  vers  le  Nord  aussi  loin  qu'il  voulait 
Henry  se  dirige  vers  Gaba  Shambé  à  bord  du  vapeur  Van 
Kcrckhoven,  dès  que  celui-ci  fut  complètement  mis  en 
état  de  naviguer. 

Il  était  urgent,  tant  pour  les  Anglais  que  pour  les  Belges, 
de  savoir  ce  que  les  Dervicbes  étaient  devenus  après  avoir 
abandonné  Bor,  et  de  posséder  des  renseignements  précis 
sur  les  barrages  du  Nil. 

La  reconnaissance,  sous  les  ordres  du  commandant  Henry, 
comprenait:  le  commandant  Adam,  le  lieutenant  Nielsen, 
l'inspecteur-mécanicien  Mulders,  soixante-cinq  soldats  et 
gradés,  un  canon  Nordenfelt,  deux  chalands  en  acier. 
Elle  trouve  Bor  tout  à  fait  détruit  et  apprend  que  les 
Derviches  ont  fui  vers  le  Darfour,  après  avoir  débarqué  à 
l'extrémité  nord  du  lac  Pamelwal.  A  Shambé,  Henry  trouve 
installé  un  poste  français  composé  de  trente-cinq  soldats 
sénégalais  commandés  par  le  lieutenant  d'infanterie  de 
marine  de  Tonquedec  et  le  sergent  Salpin  (2  août  1899)  ('). 


des  pluies  torrentielles  ou  un  soleil  de  plomb.  Certaines  de  ces  pièces  pesaient 
jus(iu"à  cent  kilogrammes  et  Tune  d'elles,  un  demi-cylindre,  avait  été  perdu 
dans  la  Dungu.  Horbach,  l'un  des  deux  monteurs,  ayant  achevé  son  travail 
partit  à  marches  forcées  vers  les  rapides  de  la  Dungu,  et  finit  par  retrouver 
cette  pièce  indispensable. 

(1)  De  Tonquedec  était  le  second  de  la  mission  Koulet,  chargée  d"aller 
occuper  sur  le  rives  du  Nil,  les  postes  créés  par  Marchand. 

Quand  la  mission  arriva  dans  le  Bahr-el-Ghazal,  le  capitaine  Roulet  fixa 
sa  résidence  à  Tamboura  et  de  Toncjuedec  s'installa  au  fort  Desaix.  Sur  ces 
entrefaites,  ils  reçurent  un  courrier  du  commandant  Marchand,  qui  venait 
d'être  attaqué  par  les  Derviches  et  qui  demandait  que  les  troupes  de  ren- 
fort allassent  occu[)er  Benga,  sur  les  rives  du  Bahr-el-Djcbel.  Après  cette 
marche,  le  cai)itaine  Roulet  avec  la  moitié  de  ses  hommes  put  retourner 
sans  accident  à  Tamboura.  11  n'en  fut  pis  de  même  du  lieutenant  de  Ton- 


—   43U  — 

Los  Holmes  sont  accueillis  avec  la  plus  ^Tandc  coi'dialil.c 
par  les  Français.  De  Tonquedec  confirnio  la  fuite  des  Der- 
viches V(Ts  1(^,  Darfour:  ils  se  sont  f;ni(ilés  culi-e  les  j)()Sles 
français  du  lîahr-el-Cihazal  sans  oser  les  inquic'ler.  Le  pays 
du  Nil  étant  donc  complètement  déharassé  des  Derviches 
depuis  les  victoires  du  Sirdar  Kilchener  et  du  g-énéral 
Win<^ate  Pacha,  rien  n'empêche  plus  Henry  de  reconnaître 
la  situation  des  harra^^es  du  fleuve.  La  canonnière  descend 
le  lleuve  et  trouve  le  Nil  complètement  ohstrué  par  un 
harra^'e  d'herhes  (sedd)  en  aval  de  Shamhé. 

Les  herhes  arrêtent  les  eaux  qui  se  déversent  dans  les 
marais  où  elles  forment  un  vrai  lahyrinthe  de  dérivations 
et  de  laii'unes,  à  travers  lesquelles  l'expédition  passe,  en 
traînant  souvent  les  embarcations  au  moyen  de  chaînes  et 
de  cordes.  Après  vingt-cinq  kilomètres  environ  de  ce  par- 
cours, le  fleuve  redevient  libre  jusqu'au  S""  de  latitude  N., 
où  on  rencontre  le  même  barrage  qu'à  Shamhé,  flanqué 
de  dérivations  et  de  lagunes  analogues.  Après  cela  le  fleuve 
redevient  libre  jusqu'au  8  3/4^  de  latitude  Nord,  où  il  dis- 
paraît sous  les  papyrus  sans  laisser  la  moindre  trace.  Du 
haut  de  son  observatoire,  Henry  aperçoit  une  grande 
lagune  située  à  environ  deux  kilomètres  de  distance  vers 
le  Nord.  Mais  après  d'énergiques  tentatives  pour  rompre  la 
barrière  végétale,  il  doit  se  décider  à  retourner  à  Kero,  les 
provisions  de  bois  de  chauff'age  et  de  vivres  étant  pour 
ainsi  dire  complètement  épuisées. 

quedec,    qui  tomba  dans  un  guet-apens   dressé  par  les  noirs.  11  tut   blessé 
ainsi   que  trois  hommes  de  son  escorte. 

Le  lieutenant  fut  forcé  de  battre  en  retraite  et  retourna  à  Tamboura,  où 
il  rejoignit  le  capitaine  Koulet.  Plus  tard,  le  lieutenant  de  Tonquedec  fut 
chargé  d'aller  occuper  la  région  de  Gamba-Shambi,  située  sur  le  Nil  })ar 
environ  7"  de  latitude.  Etendant  qu'il  effectuait  cette  mission,  le  capitaine 
Koulet  reçut  l'ordre  d'évacuer  les  postes  du  Kahr-el-Ghazal,  ce  qu"il  fit 
par  la  voie  de  l'Ubangi  et  de  Brazzaville,  mais  il  ne  put  prévenir  son 
lieutenant,  qui  resta  ainsi  donc  isolé  sur  les  rives  du  Nil. 


—  410  — 

Gessi  Pacha,  gouverneur  du  Bahr-el-Ghazal  ('),  a  relate 
le  drame  le  plus  célèbre  dont  cette  région  des  Sedd  fut 
le  théâtre.  C'était  en  1880,  Gessi,  avec  un  vapeur,  le  Safia, 
et  quelques  autres  embarcations  à  voiles,  sur  lesquelles  se 
trouvaient  cinq  cents  soldats  et  de  nombreux  esclaves  libérés, 
hommes,  femmes  et  enfants,  venait  de  quitter  Meshra 
er  Rek  pour  Karthoum,  lorsque  le  sedd  le  saisit  dans  les  rose- 
lières  voisines  du  lac  Nô  et  le  bloqua  quatre  mois  durant, 
du  25  septembre  1880  au  10  janvier  1881.  Ce  fut  un  désastre 
dont  bien  peu  de  ces  malheureux  parvinrent  à  se  tirer. 
Les  mémoires  de  Gessi  rappellent  les  horribles  souffrances 
de  cet  emprisonnement  et  l'hécatombe  humaine  qui  en  fut 
la  conséquence:  quatre  cent  trente  personnes  succombèrent 
à  la  maladie  et  à  la  faim  au  cours  de  cette  terrible  épreuve. 

Pendant  le  voyage  de  retour  le  Van  Key^ckhoi'en  ren- 
contre une  masse  flottante  de  papyrus,  d'une  étendue  de 
plus  de  cinq  cents  mètres.  Le  steamer  peut  éviter  le  dan- 
ger d'être  entraîné  en  se  jetant  à  la  côte.  Plus  loin,  la 
voie  suivie  étant  fermée,  le  Van  Kerckhoven  entre  dans 
la  dérivation  de  Bor.  La  provision  de  bois  étant  épuisée, 
une  allège  doit  se  frayer  un  passage  à  coups  de  hache 
jusqu'à  Shambé,  où  elle  obtient  du  bois  chez  de  Touque - 
dec.   Peu  après,   l'expédition  rentre  à  Kéro. 

Deuxième  reconnaissance  de  Kéro  à  Khartonm. 

(Départ  de  Kéro,  le  14  septembre  1899.  Retour  par  le 
Bahr-el-Girafe.) 

Cette  reconnaissance  comprend  le  vapeur  anglais  Ké7iia 
et  le  vapeur  congolais  Van  Kerckhoven.  Le  Kénia  remorque 
une  de  nos  grandes  allèges  en  acier.  Il  a  à  son  bord  MM.  le 
capitaine  Gage,  le  docteur  Milne,  quinze  soldats  et  gradés. 

(1)  Sette  ani  nel  Sudane  giziano.  Mémoires  de  Romolo-Oessi-Pacha,  réu- 
nis et  publiés  par  son  lils  Félice  Gessi.  coordonnés  i>ar  le  capitaine  Man- 
fredo.  Camperio.   1  vol..  Milan  1891.  Trad.  van  Achter. 


—  Ul  — 

Le  \'(Hf  h'o'c/i'/ioroi  r(un()i'(|ii('  deux  iillr^ics  cl  :i  ;i  son  liord 
le  ('onininiHhinl  Henry,  les  iMpihiincs  de  HcniKiltc  et  Iicr- 
trund,  riiis])(M'l(Mir  inrciiiiicic^n  Midders,  le  s()us-li(Miten;iiit 
Nnpds,  s()ix;mU'-('iiH{  soldais  et  gradés  ainsi  (ju'iin  canon 
Nordenfcll 

La  saison  dos  pluies  ayant  coiii])lèlement  manqué  sur 
le  haut  Nil,  les  tribus  Bari,  Dinka,  Nianibara,  déjà  ravagées 
j)ai'  les  Derviches,  se  trouvent  pour  ainsi  dire  sans  res- 
sources contre  une  famine  calamiteuse  qui  va  durer  un 
an  au  moins.  Henry  juge  que  c'est  pour  lui  un  devoir 
impérieux  de  chercher  à  sauver  ces  pauvres  gens  de  la 
ruine  et  de  la  mort  en  créant  entre  Khartoum  et  le  haut 
Nil  une  bonne  voie  de  communication  pour  les  vapeurs 
ou  tout  au  moins  pour  les  canots.  l\  n'a,  pour  effectuer  ce 
travail  important,  aucune  complication  à  craindre.  Le  pays 
est  débarrassé  des  Derviches,  tandis  que  l'entente  avec  les 
anglais  est  complète.  Henry  peut  donc  aller  de  l'avant 
sans  aucune  crainte. 

Arrivés  au  point  extrême  qui  a  été  atteint  lors  de  la 
première  reconnaissance,  Gage  et  Bertrand  coupent  dans 
la  digue  végétale,  dont  il  a  été  parlé  plus  haut,  un  canal 
de  huit  à  dix  mètres  de  largeur  qui  malheureusement  se 
renferme  derrière  eux.  C'est  une  première  expérience.  Ce 
canal  trop  étroit  pour  livrer  passage  à  la  masse  végétale 
accumulée  en  amont,  est  bouché  par  elle. 

Henry  juge  qu'il  faut  au  moins  quarante  mètres  de 
largeur  et  il  y  emploie  tous  ses  efforts.  En  quinze  jours 
son  travail  est  couronné  de  succès.  H  avait  pour  but 
de  rompre  brusquement  la  digue  végétale  qui  retenait 
les  eaux.  Celles-ci,  subitement  lâchées,  devaient  selon  lui 
former  un  formidable  torrent  dont  la  force  irrésistible  irait 
briser  la  barrière  qui  se  trouvait  à  l'extrémité  nord  de 
la  lagune  qu'il  avait  devant  lui,  pour  aller  rejoindre  la 
partie  libre  du  Nil  située  en  aval  comme  cela  avait  lieu 
à  Shambé  et   au  8°  de   latitude  Nord. 


—  442    — 

Son  (l('sir  ne  se  réalisa  pas.  Sous  la  poussée  violente 
des  eaux,  les  herbes  reculèrent  vers  le  Nord,  mais  résis- 
tèrent par  élasticité  sans  se  rompre.  Le  résultat  qu'Henry 
avait  atteint  était  très  a])préciable  toutefois,  car  il  avait 
allongé,  vers  le  Nord,  la  voie  navigable,  pour  les  vapeurs, 
de  vingt  kilomètres  environ. 

Cela  le  conduisit  à  explorer  les  marais  avec  des  canots 
en  acier  et  à  découvrir  que  parallèlement  à  la  bordure  de 
papyrus  du  Nil  et  derrière  celle-ci  croît,  dans  une  profon- 
deur d'eau  et  de  vase  d'un  mètre  à  un  mètre  vingt,  une 
bande  uniformément  composée  de  plantes  aquatiques  qui 
se  brisent  facilement  au  ras  de  leurs  racines  sous  une 
légère  pression.  Cette  exploration  fut  faite  par  Henry,  Gage, 
de  Rennette  et  Bertrand.  Milne,  Mulders  et  Nagels  étaient 
restés  à  bord  des  bateaux  pour  les  garder  et  soigner  les 
malades. 

L'expédition  put  ainsi  se  frayer  à  travers  les  marais  un 
joli  canal  de  trois  à  quatre  mètres  de  largeur  en  avançant 
vers  le  Nord  à  raison  de  trois  à  cinq  kilomètres  par  jour. 
Mais  le  25  novembre  il  fallût  retourner  vers  les  bateaux 
faute  de  vivres  et  de  moyens  de  s'en  procurer.  Il  ne  faut 
que  six  jours  pour  refaire  en  sens  inverse  une  route  qui 
en  avait  demandé  quatorze  pour  la  frayer.  C'était  donc  la 
preuve  convaincante  que  l'expédition  pouvait  aboutir  au 
Nil  Blanc,  sinon  avec  ses  vapeurs,  du  moins  avec  des 
canots.  Seulement  un  repos  réparateur  de  vingt  jours  s'im- 
posait, car  les  hommes  étaient  fortement  amaigris  et  exté- 
nués de  fatigues  et  de  privations. 

Le  3  décembre,  de  Tonquedec  et  Salpin  rejoignirent  Henry 
au  moyen  de  petites  pirogues  qu'ils  avaient  solidement 
accouplées  pour  leur  donner  sur  l'eau  un  peu  de  stabi- 
lité. Il  est  décidé  entre  de  Tonquedec  et  Henry  qu'ils  voA^a- 
geraient  de  conserve,  ce  qui  leur  procurait  de  grands  avan- 
tages communs. 

Le  travail  est  repris  le  20  décembre;  malheureusement 


-    M  3  — 

d'  RomicUe,  atteint  do  i'hiiiii;itisinos  (ioiiloiiroiix  est  obligé 
(le  rotoiii'iKM'  à  Ivéro.  La  iiiarcJn}  se  lait  dans  les  marais 
comme  précédemment,  au  moycMi  de  trois  allèges  en  acier 
et  de  ({uelques  pirogues  de  de  Touffuedec.  Les  Européens 
composant  cette  ('trange  caravane  sont:  de  Tonquedec  et 
Sali)in,  Français  ;  Gage  et  Milne,  Anglais;  Bertrand  et  Henry, 
Belges.  Le  30  décembre  ils  sont  déjà  au  point  extrême  atteint 
le  25  novembre,  mais  le  manque  d'eau  les  oblige  à  appuyer 
vers  le  lit  du  lleuve  où  ils  trouvent  de  longs  biefs  navi- 
gables séparés  par  des  obstacles  courts  et  compacts.  Ils 
traversent  chaque  barrage  en  y  pratiquant  un  canal  le 
long  d'une  des  rives  et  en  le  décollant  ainsi  d'un  côté. 
Cette  opération  était  très  dangereuse  parce  qu'il  arriva 
que  des  barrages  se  mirent  en  marche  d'un  seul  bloc,  me- 
naçant d'écraser  les  explorateurs. 

Le  19  janvier,  ils  rencontrent  le  major  anglais  Peake, 
qui  était  venu  avec  une  très  forte  expédition  pour  débar- 
rasser le  Nil  de  ses  obstructions.  Cette  expédition  avait  déjà 
enlevé  deux  barrages. 

L'officier  anglais  reçut  Henry  et  sa  compagnie  avec  la 
courtoisie  la  plus  exquise  et  mit  à  leur  disposition  une 
canonnière  qui  les  conduisit  à  Khartoum  où  ils  arrivent  le 
7  février  1900.  Le  Sirdar,  de  l'armée  égyptienne,  Sir  Wingate 
Pasha,  leur  donna  une  hospitalité   grandiose. 

Gage,  Milne,  de  Tonquedec  et  Salpin  continuèrent  leur 
route  vers  l'Europe  pendant  que  Henry  retournait  à  Kéro. 

Par  suite  de  la  disparition  des  barrages,  les  eaux  du  Nil 
avaient  repris  leur  cours  naturel.  Le  canal  précédemment 
créé  dans  le  sedd  se  trouvait  ainsi  à  sec,  rendant  impos- 
sible le  retour  par  les  marais.  Avec  l'assentiment  des 
officiers  anglais,  Henry  retourne  par  le  Bahr-el-Girafe, 
craignant  que  le  temps  qu'il  lui  aurait  fallu  pour  ache- 
ver la  complète  désobstruction  du  fleuve  ne  fût  trop  long. 

Le  Bahr-el-Girafe  est  en  quelque  sorte  un  chemin  de  tra- 
verse dans  le  coude  que  le  Nil  Blanc  forme  avec  le  Bahr- 


—  444  — 

el-Djebel.  Grâce  à  Tactivité  du  capitaine  Bertrand  et  à 
l'expérience  des  hommes,  il  ne  leur  faut  que  vingt-cinq 
jours  pour  remonter  cette  rivière  depuis  son  eml)ouchure 
jusqu'à  son  origine  la  plus  méridionale.  Dans  le  cas  où 
le  Nil  serait  resté  obstrué,  le  Balir-el-Girale  aurait  donc 
permis  des  communications  très  faciles  entre  le  Bahr-el- 
Djebel   et  Khartoum. 

Le  2  avril,  Henry  avait  rallié  ses  bateaux  qui  étaient 
restés  à  la  garde  de  Mulders  et  Nagels.  Pendant  le  temps 
qu'il  avait  mis  à  remonter  et  à  explorer  le  Bahr-el-Girafe, 
une  canonnière  avait  pu  arriver  jusqu'à  l'endroit  où  il 
avait  laissé  le  Van  Kerckhoven.  Le  Nil  se  trouvait  donc 
dorénavant  ouvert  à  la  navigation  à  vapeur.  Le  i  mai  1900 
enfin,  Henry  était  de  retour  à  Kéro  avec  le  Van  Kerckhoven. 

Le  major  Peake  lui  offre  de  le  ramener  en  Europe  ainsi 
que  Mulders,  en  raison  des  services  qu'ils  avaient  rendus 
au  Kénia. 

Henry  quitte  Kéro  le  8  mai  1900,  reste  huit  jours  à 
Karthoum  et  huit  jours  au  Caire  et  s'embarque  à  bord  de 
VEquateur  pour  revenir  en  Europe  le  11  juin   1900. 

Henry  est  commissaire  général   depuis  le  8  août    1899. 

Il  est  lieutenant  au  2^  régiment  de  chasseurs  à  pied, 
chevaher  de  l'Ordre  de  Léopold,  de  l'Etoile  africaine,  de 
l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux 
raies  et  de  la  médaille  de   la  campagne   arabe. 


—  4[r>  -^ 

PUBLICATIONS  : 

(\ute  de  la  zone  arabe  [entre  le  Lualaha,  l'Aruwimi,  la  Semlikï,  les 
lacs  Albert- l'Àlouard,  Kivit  et  Tanganika).  ilicl^ujiM;  colon  iule, 
ISIH),  p.    124). 

Dans  les  Marais  du  Haut-Nil.  (liullcliii  de  la  Sociclô  «rKludcs  colo- 
niales,  11K)2,  p.    197). 

De  Kirundu  au  Tanganika.  Belgi(|ue  militaire. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Mouvement  antiesclavagiste,  1897,  p.  233  et  article  du  Journal  des  Débals, 

p.  234. 
Belgique  militaire,  1897,  n""  1380,   1384. 
Belgique  coloniale,  1896,  p.  567,  et  1899,  p.  126. 
Congo  belge,  1900,  n"  25. 
A.  Le  Jeune.  Histoire  militaire  du  Congo. 
Bulletin  de  la  Société  d'Etudes  coloniales. 


LAHAYE,    JULES,    JOSEPH, 

né  à  Florennes  le  29  mai  1809;  décédé  à  Kodja  le  3  juil- 
let 1902. 

Sous-lieutenant 


au  3^  régiment  de  chasseurs  à  pied. 
Engagé  au  11^  régiment  de  ligne  en 
1885,  il  est  admis  au  cours  central  de 
préparation  à  l'Ecole  militaire  en  1888. 
Entre  à  l'Ecole  en  1889  et  est  nommé 
sous-lieutenant  au  3^  régiment  de  chas- 
seurs à  pied,   le  9  mars  1892. 

Il  entre  au  service  de  l'Etat  le  6  mai 

1893  et  est  désigné  pour  l'expédition  du 

Haut-Uele.  Il  va  rejoindre  à  Niangara  le 

,  .n«^Ti  T  T         commandant  Ghristiaens,  qui  a  la  direc- 

LAHAYE,  J.  J. 

Cliché  de  l'ouvrage  de  M.jBNssENtion  dc  la  zouc  MaKura. 
T.scn.skand.navcri  Congo.      ^^^^^  ^^^  rcconnaissauce  Importante 

dans  le  pays  des  Mon  vu  à  Gumbari,  il  prend  part  à  l'ex- 
pédition que  Ghristiaens  dirige  contre  le  sultan  azandé 
MBili,  ce  féroce  potentat,  qui  vient  de  faire  massacrer  le 
capitaine  Bonvalet  et  le  lieutenant  Devos.  Les  farouches 
Azandé  attaquent  furieusement  la  colonne  et  ce  n'est  que 


447 


^•i':u'(^  au  com'aLîc  pcrsoniicl  dc.s  Irois  cIk'I's  (jui  la  ('Oin- 
mandciU:  Chi'isliaiMis,  Lahayc»,  (ît  Laplume,  (lu'on  est  rede- 
val)le  du  succès  niililairc  (jui  vient  rétal)lir  heureusement 
1(^  j)restigc  do  l'Ktat  et  venger  la  mort  atroce  de  nos  infor- 
tuiK'S  compatriotes. 

Au  rèloui-  de  cette  l)rillante  cami)aii-ne,  Laliaye  reçoit  le 
commandement  du  poste  de  Sui'uani^'o,  qu'il  transforme 
complètement. 

Il  est  successivement  nommé  lieutenant  de  la  force  î)ubli- 
([ue  le  7  décembres  i.su.'^  commandant  de  lîomokandi  le  3 
juillet  189.J,  —  où  il  crée  une  nouvelle  station —  et  capi- 
laine   d<'  la   Force  Publi([ue   le  1    juin    189G. 

Challin  lui  promet  dr,  le  placer  à  la  tête  de  la  zone 
rere-P>omu,  à  l'expiration   de  son  congé. 

I.aliay(^  rentre  en  Europe  le  12  août  180G,  pour  repartir 
dès  le  G  décembre   suivant. 

Nommé  capitaine-commandant  de  deuxième  classe  le 
1  décembre,  il  est  désigné  pour  l'Uele  le  4  janvier  1897. 
C.ommandant  provisoire  de  la  zone  Uere-Bomu  le  25  mars, 
de  la  zone  des  Makrakra  et  par  intérim  du  district  de  l'Uele 
le  IG  mai,  il  est  nommé  commissaire  de  district  de  pre- 
mière classe,  le  1  août  1898. 

C'est  vers  le  milieu  de  1897,  dit  la  Belgique  )niUiaire  (')^ 
à  l'èpoffue  où  Ghaltin,  installé  au  Nil  depuis  quelques  mois 
seulement,  commence  à  ressentir  les  terribles  aléas  d'une 
marche  aussi  rapide,  sans  organisation  sur  ses  derrières; 
—  les  communications  vers  le  Nil  sont  à  tout  moment 
interrompues  et  coupées,  à  cause  du  peu  de  personnel 
blanc  et  de  troupes,  laissées  dans   la  zone  des  Makrakra. 

C'est  sur  Lahaye  que  Chaltin  compte  encore  une  fois: 
il  le  fait  venir  à  Dungu,  et  le  charge  concuremment  avec 
Bruyr,  de  l'organisation  des  transports  jusqu'au  Nil:  le 
ravitaillement  en  vivres,  en  munitions,  en  objets  de  toutes 

(1)  Belgique,  militaire,   H'OO,  n^  l.")17. 


—    118  — 

sortes  devient  urgent,  sous  peine  de  l'isolement  complet 
des  troupes  du  Nil.  Lahaye  établit  et  maintient  une  nouvelle 
route  jus({u'à  Redjaf. 

Lui-môme  passe  le  premier,  conduisant  le  premier  trans- 
port: il  fonde  sur  cette  nouvelle  voie  les  postes  do  Farad  je 
et  de  Yei  et  pendant  près  de  deux  ans  parcourt  cette  route 
en  tous  sens,  traversant  marais  et  rivières,  remorquant 
après  lui  les  transports  de  toutes  sortes,  assurant  enfin 
de  façon  définitive  cette  route  terrible  du  Nil,  au  prix  de 
fatigues  que  lui  seul  est  capable  de  supporter. 

Enfin,  commissaire  du  district  de  l'Uele,  Lahaye  crée 
un  poste  au  n(u^d  de  Dungu,  sur  les  confins  du  Balir-el- 
Ghazal. 

Il  revient  en  Belgique  le  24  juin  1900,  mais  se  dirige 
une  troisième  fois  vers  le  continent  africain  le  IG  janvier 
1901,   comme  commissaire  général  de  l'Uele. 

*     * 

Vers  la  fin  de  1900,  Tilkens,  commandant  du  poste  de 
Libokwa,  s'étant  rendu  à  Djabir  pour  y  remplacer  le  lieu- 
tenant Ericksen,  avait  remis  son  commandement  à  un  de 
ses  adjoints,  Janssens.  Les  Ababua  avaient  profité  du  départ 
de  Tilkens  pour  piller  les  magasins  du  poste  de  Libokwa. 

Une  nuit,  ils  cernent  au  nombre  de  six  à  sept  cents 
le  poste  qui  n'est  défendu  que  par  Janssens  et  quarante- 
cinq  soldats.  Malgré  la  bravoure  des  troupes,  la  victoire 
reste  aux  Ababua  qui  enlèvent  pour  environ  soixante- 
quinze  mille  francs  de  marchandises,  quarante-cinq  Albinis 
et  quarante-huit  mille  cartouches. 

Janssens  parvient  cependant  à  reprendre  le  poste.  Dans 
l'entretemps,  des  renforts  étaient  arrivés  de  Bomokandi  et 
de  Buta,  mais  comme  toute  la  région  menaçait  de  se  sou- 
lever et  de  couper  complètement  la  route,  l'Etat  décide 
qu'une  expédition  militaire  sera  entreprise  contre  les  Aba- 


—  419  — 

lni;i  i'(''V()lt(''S  cl  L;ili;iyc,  sii('('('m1;iiiI,  ;ni  (•oiiiiii;iii(|;int,  V(ir- 
slrnoleii,  l'ciilrc  (mi  1mii"()|>(\  est  clinr^é  (ror^iiiiiser  l;i 
colonne  expôdilioniiniriî  coiilro  ces  (I(mix  niillo  hri^-aiuls. 
Il  oxpôdie  d'abord  le  lienlenanL  Pcrin  avec  cenl  cinquante 
hommes  constituant  coinnui     l'avanl-^arde  de   la  colonne. 

Les  oi)('M'ations  militaires  vont  a\'oir  pour  tliéàtre  un 
territoire  immense:  de[)uis  1(?  Homokandi,  à  l'Est,  le  Uubi 
au  Sud,  la  Likati  à  l'Ouest  et  l'Uele  au  Nord.  Tout  ce 
((MM'iloire  est  couvert  de  la  vaste  l'orèt  vierge  marécageuse, 
où  les  embuscades  sont  faciles  pour  les  indigènes. 

Le  capitaine  La  plume  est  chargé  d'organiser  l'expédi- 
tion au  Bomokandi.  Landeghem,  qui  commande  la  com- 
pagnie de  Djabir,  reçoit  l'ordre  de  rejoindre,  par  Bima,  avec 
un  peloton  de  cinquante  bons  soldats,  La  plume  au  Bomo- 
kandi. De  Bima,  Landeghem  gagne  Bomokandi  en  traver- 
sant le  pays  des  Ababua  et  arrive  à  destination  après 
neul'  jours  de  marche,  ayant  eu  la  nuit,  durant  le  trajet, 
deux  ou  trois  alertes  d'ailleurs  vite  repoussées. 

L'expédition  se  trouve  bientôt  réunie  au  Bomokandi. 

Le  commissaire  général  a  sous  ses  ordres  les  capitaines 
da  Pra  et  Laplume,  les  lieutenants  Perin  et  Landeghem, 
Breyssen  et  Thibaut,  les  sous-lieutenants  Versluys  et  L)e- 
wabpie  et  le  1)''  A'edy. 

Lahaye  décide  r[ue  les  pelotons  formeront  des  colonnes 
de  reconnaissance  qui  se  rendront  de  Bomokandi  à 
Libokwa,   via  Zobia,   chacune  par  un  chemin  différent. 

Il  assigne  à  chaque  officier  un  rôle  bien  déllni,  de  façon 
que  la  marche  de  concentration  soit  en  même  temps  une 
reconnaissance  chargée  de  battre,  en  une  fois,  une  grande 
étendue  de  terrain  et  de  rallier  les  indigènes,  disséminés 
un  ])eu  partout.  Pendant  ces  reconnaissances,  il  y  a  des 
condjats  sérieux. 

Malgré  les  précautions  prises,  les  atta({ues  sont  tellement 
brusques,  les  Ababua  savent  si  bien  cacher  leurs  endjus- 
cades  que  les  colonnes  subisscMit  souvent  des  [)ertes 
importantes. 


—  450  — 

Dès  que  la  concentration  se  trouve  opérée  à  Libokwa, 
vers  la  fin  de  juin  1901,  Laliaye  se  met  donc  en  cam- 
pagne, à  la  tête  de  six  cents  à  sept  cents  hommes,  contre 
les  révoltés  qui   se  tiennent   près  de  Bima. 

Près  de  ce  village,  un  poste  qui  avait  été  enlevé  par 
les  Ababua,  en  même  temps  que  Libokwa,  l'expédition 
est  soudainement  attaquée  par  l'ennemi.  Et  tandis  que 
toute  la  colonne  est  engagée,  un  mouvement  subit  se  pro- 
duit sur  ses  derrières  et  à  un  moment  l'arrière-garde  se 
trouve  enveloppée.  Avant  ({ue  le  sous-lieutenant  Dewalque, 
qui  la  commande,  ait  pu  donner  un  ordre  à  ses  troupes, 
il  est  cerné  et  frappé  au  côté  gauche  d'un  coup  de  lance. 
Dewalque  meurt  quelques  instants  après  dans  les  bras  de 
ses  frères  d'armes,  qui  se  sont  empressés  à  son  secours 
et  ont  dégagé  l'arrière-garde.  Les  Ababua  sont  comi)lè- 
tement  écrasés  par  le  gros  de  l'expédition. 

Lahaye  met  fin  à  la  révolte  des  Ababua  et  leur  reprend 
cent  sept  Albinis  et  quantité  de  munitions. 

Les  routes  de  l'Uele  sont  rouvertes  à  l'Etat.  Lahaye  parvient 
à  se  maintenir  au  milieu  de  ces  populations  belliqueuses 
nettement   hostiles,    au  prix  des  plus  grandes  difficultés. 

Malheureusement,  Lahaj^e  est  tué  d'un  coup  de  fusil,  le 
3  juillet  1902,  sur  1(3  Haut-Uele  près  de  Nyangara  par  un 
sergent  noir  sur  les  instigations  du  chef   Kodja. 

Il  était  lieutenant  au  3°  régiment  de  chasseurs  à  pied, 
chevalier  de  l'Etoile  africaine  et  de  l'Ordre  royal  du  Lion, 
décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

A.  Lh  .Iki'ne.  Histoire  iniiuaire  du  Congo,  p.  2irj. 
Belgique  militaire,  11H)(>,  n^  lâlT. 


LEMAIRE,     MATHIEU.    JOSEPH.    FRÉDÉRIC. 

né  à   Liège  le  6  juin  1858. 

Capitaine  en  second  au  7^  régiment  de  ligne,  il  part  i)our 
le  Congo,  le  G  juin  1897,  en  qualité  de  commandant  de 
deuxième  classe.  Il  est  nommé  commandant  de  première 
classe,  le  1  juillet  1898,  et  commissaire  de  district  de  pre- 
mière classe  à  la  même  date. 

11  rentre  en  Europe  le  23  août  1900. 

Il  repart  le  4  avril  1901,  comme  commissaire  général, 
chef  du  district  du  lac  Léopold  II. 

Lemaire  contribue  grandement  au  développement  poli- 
tique et  économi({ue  de  ce  district.  Il  3^  établit  des  voies 
de  communication  et  des  stations  et  crée  de  nombreuses 
plantations. 

Il  revient  en  Belgique  le  11  avril  1904. 

Rentré  au  7*^  de  ligne  comme  commandant,  le  1  février 
1905,  il  est  nommé  major  au  13^  le  26   décembre   1905. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  à  deux  raies  et  de  la  Croix  militaire  de  première 
classe. 


DE      RACHE,    GABRIEL,    VALÈRE, 

né  à   Bruges,   le  25*  septembre   1862. 

Lieutenant  au  10®  régiment  de  ligne,  il  part  pour  le  Congo 
le  G  décembre  1893  et  est  attacbé  au  district  des  cata- 
ractes, puis  à  celui  de   Boma. 

Rentré  en  Belgique  le  25  décembre  1896,  il  retourne  en 
Afrique,  le  27  avril  1899,  comme  capitaine  commandant 
de  première  classe  de  la  F.  P.  et  est  nommé  comman- 
dant du  district  de  Matadi. 

Il  revient  en  Europe  le  19  avril  1902,  se  rend  une 
troisième  l'ois  au  Congo  le  13  novembre  1902,  avec  le  haut 
grade  de  commissaire  général,  désigné  pour  le  district  de 
Matadi. 

Il  occupe  ces  fonctions  jusqu'au  19  novembre  1905,  date 
de  son  retour  en  Belgique. 

De  Raclie  est  capitaine  commandant  au  14^  régiment 
de  ligne,  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  officier  de  l'Ordre 
roj-al  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies 
et  de  la   Croix  militaire  de   deuxième   classe. 


WTTER\A/ULGHE,  georges    François. 

Dé  à  Gand,  le  24  décembre  1871;  décédé  à  Yei  le  8  mai 
1904. 

Il  entre  à  l'Ecole  militaire  et  est  nommé  sous-lieutenant 
au  3^  régiment  de  ligne  le  20  mars  1892;  désigné  pour 
les  grenadiers  le  26  juin  1896  et  est  promu  lieutenant 
le  25  décembre  1898. 

Sous-lieutenant  au  3^  de  ligne,  il  s'embarque  pour  le 
Congo  le  6  mars  1892,  comme  sous-lieutenant  de  la  Force 
Publique  et  est  désigné  pour  l'expédition  du  Haut-Uele, 
sous  les  ordres  de  l'inspecteur  d'Etat  Le  Marinel. 

Il  est  ensuite  désigné  pour  commander  la  place  de  Mundu, 
qui  est  pendant  cinq  jours,  du  14  au  18  mars  1894,  assiégé 
par  les  Dervicbes.  Grâce  à  une  résistance  opiniâtre  et  à 
beaucoup  de  sang-froid,  le  lieutenant  Wtterwulgbe  parvient 
à  attendre  des  secours  et  à  sauver  les  troupes  placées  sous 
ses  ordres. 

Peu  après  il  est  nommé  chef  du  poste  de  Dungu  sur  le 
Kibali,  position  qu'il  occupe  jusqu'au  moment  de  son  retour 
en  Europe,  le  14  mai  1896. 

Le  lieutenant  Wtterwulghe  se  rembarque  pour  le  Congo 
le  6  mai  1898,  en  qualité  de  capitaine-commandant  de 
deuxième  classe  et  reçoit  à  son  arrivée  à  Borna  le  com- 


—  451  — 

mandement  de  la  zone  dos  Makrakra.  Par  son  activité  et 
sa  connaissance  des  indigènes,  il  parvient  à  HMidre  celte 
zone  une  des  plus  prospèi*es  de   l'Uele. 

Wtterwulf^he  revient  en  Europe  le  16  août  1902,  ayant 
accompli   sa  septième  année  de   service  au  Con^^o. 

Le  20  février  1903,  il  repart  pour  la  troisiènu^,  fois, 
en  qualité  de  commissaire  général  et  est  investi  du  rom- 
mandement  su[)érieur  ad  intérim  du  territoire  de  l'Uele, 
puis  du   territoire  de  Lado. 

Il  s'applique  avec  succès  à  maintenir  les  résultats  obtenus 
par  ses  prédécesseurs,  les  inspecteurs  d'état  Ghaltin  et 
Hanolet. 

Il  allait  prendre  la  succession  du  commandant  Laliaye, 
assassiné  près  de  Nyangara,  par  un  ancien  sergent,  à  l'in- 
stigation du  chef  Kodja,  quand  il  meurt  à  Yei  le  8  mai  1904. 

Le  lieutenant  Wtterwulghe,  était  chevalier  de  l'Etoile 
africaine,  de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  décoré  de  l'Etoile 
de  service  à  deux  raies. 

Il  était  le  frère  de  Fernand-Gliarles  Wtterwulghe,  sous- 
lieutenant  au  3^  lanciers,  décédé  à  Faradje,  le  8  novembre 
1906,  et  du  lieutenant  d'artillerie  Henri  Wtterwulghe,  qui  a 
également  séjourné  dans  l'Uele. 


PUBLICATION  : 


Vocabulaire  à  l'usage  des  fonctiorDiaires  se  rendant  dans  les  te)'riloires 
du  district  de  l'Uele  et  de  l'enclave  de  Redjaf-Lado.  (Belgique  colo- 
jiiale,  189i>,  p.  295). 


DE  BAUW,  G.  A.  J.  C.  A. 


(Cliché  de  la  Belgique  coloniale). 


DE      BAUW,     GUILLAUME.    ANTOINE,   JEAN. 

CLÉMENT.    ADOLPHE. 

né  à    I)Oiii'g-Léopold   le  3  juillet  1865. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-iMajor  au  2"^  régiment  de  ligne. 
S'enil)ar([ue  pour  le  Congo  le  G  janvier  1897,  comme 
capitaine  de  la  F.  P.  Est  adjoint  comme  second  à  Sar- 
razyn,  commissaire  du  district  de  rE(|ualeur.  En  septem- 
bre 1897,  le  gouvernement  local  le  désigne  pour  prendre 
la  direction  de  la  zone  de  l'Uere-Bomu;  il  est  nommé  chef 
de  cette  zone  et   contribue    à  son    rapide  développement. 

Il  y  fait  élever  des  constructions  en  briques  et  un  an 
après  son  arrivée,  il  y  avait  dans  tous  les  postes  et 
notamment  au  camp  de  l'Uere,  des  maisons  en  briques, 
des  magasins  spacieux,  là  où  des  abris  primitifs  en  pisé 
servaient  aux  blancs  ;  des  casernes  bien  aérées  sont  dé- 
sormais réservées  aux  soldats  et  travailleurs  noirs.  Le 
canij)  de  l'Uere  est  en  outre  organisé  défensivement;  il 
possède  une  garnison  bien  exercée  de  deux  cent  cin- 
quante soldats  et  dispose  de  quatre  canons  Nordenfeld. 
Les  artilleurs  noirs  en  connaissent  le  maniement. 

La  puissance  défensive  du  camp  de  l'Uere  (Ango  en 
langage  indigène)  est  basée  sur  la  défense  intérieure  et 
l'occupation  du  réduit. 


—  4:g  — 

La  (lôreiiso  iiilérieure  urgaiiisce  par  secteurs  comprend 
des  tranchées  avec  d('fenses  accessoires  et  des  épaulements 
pour  ])()uches  à   l'eu. 

Le  r(''duit  est  constitué  i)ar  le  groupement  des  bâtiments 
des  Européens  dans  une  enceinte  polygonale  à  tracé  bas- 
tionné.  Le  mur  d'enceinte  du  rf'duit  est  constitué  à  l'aide 
de  mat('>riaux  rapportés,  espèce  de  latérite  très  dure  à 
répreuve  de  la  l)alle  du  fusil  Albini.  Ce  mur  de  deux 
mètres  de  hauteur  est  cn^nelé  à  hauteur  d'homme.  Aux 
saillants  du  réduit  se  ti'ouvent    des   ouvrages   lhm([uants 

Le  camp  de  l'L^ere  constitue  à  la  fois  une  défense 
l)uissante  contre  les  surprises  des  populations  Azandé 
et  un  centre  d'échange  pour  les  indigènes  de  la  région 
du  Nord. 

Pendant  l'année  1898,  le  développement  de  la  zone  Uere- 
Bomu  s'accentue  d'une  façon  remarquable.  Cette  année 
débute  par  une  reconnaissance  offensive  au  pays  des 
Ababua,  au  sud  de  Uele.  Cette  reconnaissance  exécutée 
pas  le  chef  de  zone  accompagné  de  deux  Européens  et 
de  cent  cinquante  soldats  se  termine  de  la  façon  suivante: 

1"  par  l'installation  du  poste  de  Zobia,  sur  la  haute  Bima. 
Ce  poste  se  trouve  sur  la  nouvelle  route  des  transports, 
qui  devient  actuellement  la  route  pour  les  automobiles-, 

2"  par  la  soumission  de  toutes  les  populations  Ababua 
de  cette  région  ({ui  jusqu'à  cette  époque  inquiétaient  la 
route  des  transports  Bima-Bomokandi; 

3^  l)ar  la  mise  en  valeur  de  cette  riche  région  forestière, 
non  exploitée  jusqu'à  ce  moment; 

4°  par  l'organisation  des  transports  à  dos  d'homme, 
d'une  importance  capitale,  atteiulu  qu'il  passait  annuelle- 
ment trois  mille  chai'ges  et  parfois  plus,  en  destination 
du  Nil  et  des  zones   Makua  et  Makrakra. 

Au  nord  de  l'Uele,  des  relations  de  bon  voisinage  sont 
établies  avec  le  sultan  Semio,  dont  la  plus  grande  partie 
des  territoires    se  trouvent    sur  la    rive  droite  du    Bomu 


\fn 


{(a)]]'^{)  ïi';\nr,\\s)  cl,  le  sulhiii  Smssîi.  I.;i  puissance  do  cos 
l)(»l(Mil;ils  iirLiri's  (»sl  incoiilosLublo.  (i(?s  sultans  aMiioiii 
l'oinpu  toutes  l'clalious  avec  l(3s  l'opn'soulanls  do  l'I^lat.  du 
(louLio  (4  i)()Ui'  d(^s  raisons  s[)écialos  on  avait  su[)[)rini6 
auprès  d'eux   les   résidents  européens. 

\a'  camp  d(^  l'Cerc  reroil  la  visite  de  marchands  venant 
(lu  W'adaï,  c'est-à-dire  devant  faire  ([uatre  mois  et  demi  do 
route  pour  vendre  leurs  produits  et  notamment  leur  bétail. 

De  lîauw  rentre  en  Euro[)e  le  21  février  11)00,  après  avoir 
visité  au  voyage  du  retour  les  îles  Canaries  et  l'Espa^nie. 
Pendant  son  séjour  en  Arri(]ue,  il  fut  promu  capitaine- 
connuandant  de  deuxième  classe  le  i  janvier  181)8  et 
ca[)itaine-commandant  de  première  classe  le  80  décembre 
1899.  En  récompense  de  ses  services  il  reçoit  l'Etoile  de 
service. 

Il  retourne  au  Congo  le  11  mars  1901  et  s'embarque  à 
Lisbonne  avec  le  colonel  d'Etat-Major  Bartels,  visite  les  îles 
Madère  et  assiste  à  l'inauguration  du  tramway  électrique 
installé   par  des  Belges  à  Ténérife. 

Embarqué  en  qualité  de  commissaire  de  district  de  pre- 
mière classe,  il  prend  la  direction  de  l'important  district 
de  l'Equateur. 

Ce  district,  dont  l'étendue  ('quivaut  à  cinq  fois  celle  de 
la  Belgique,  est  le  siège  de  deux  missions  catholiques  et 
de  neuf  missions  protestantes,  américaines  ou  anglicanes. 
Cinq  sociétés  commerciales  exploitent  une  grande  partie  du 
district  notamment  la  Société  Abir,  la  Société  anonyme 
belge  (S.  A.  B.)  la  Société  équatoriale  congolaise,  la  Société 
Lulonga  et  la  Société  Ikelemba.  Le  restant  du  territoire 
était  exploité  pour  le  comi)te  du  domaine  privé.  Une  grande 
])artie  du  district  était  afférente  au  domaine  de  la  couronne. 

Il  y  avait  trois  cent  cinquante  blancs  environ  en  rési- 
dence dans  le  district  de  l'Equateur.  Le  personnel  de 
l'Etat  comprenait  environ  quarante  blancs.  Le  personnel 
noir  comprenait    neuf  cents  soldats. et  gradés  de  la  Force 


—  458  — 

Piibli([U(',  mille  quatre  cents  travailleurs  et  ou  délivrait 
annuellement   plus   de  six    mille   licences  de   travailleurs, 

Au  moment  de  l'arrivée  à  Gocjuilhatville  du  commissaire 
de  district  De  Bau^^^  il  restait  à  com[)lét('r  l'occupation 
du  territoire.  C'est  dans  ce  but  qu'il  fait  l'exploration  de 
la  haute  Momboyo  (Luilaka)  et  y  installe  le  j)oste  de  Lisaku 
en  1901. 

En  1902,  il  l'ait  la  reconnaissance  de  la  Salonga  et  de 
la  Lomela,  deux  afïluents  im[)ortants  de  la  Busira.  (XHte 
reconnaissance  se  termine  par  l'installation  du  poste  d'Itoko 
sur  la  rive  droite  de  la  Lomela  et  par  la  délimitation  du 
Bus-bloc,  dénomination  donnée  au  territoire  situé  entre  la 
Salonga,  la  Busira,  et  la  Lomela  et  limit('s  à  cette  époque, 
au  Sud  par  le  parallèle  de  1^  S.  Ce  territoire  constitue 
la  propriété  de  la  Soci('té  générale  pour  le  commerce  et 
l'industrie,  la  Société  anonyme  du  chemin  de  ter  du  Congo 
et  la  Société  anonyme  belge  ;  cette  dernière  société  en 
assurant  l'exploitation  forestière. 

Ayant  remonté  la  Lomela  pendant  (|uarante  heures,  c'est- 
à-dire  à  environ  deux  cents  kilomètres  de  son  embouchure, 
De  Bauw  y  trouve  des  populations  n'ayant  pas  encore  vu 
les  Européens. 

En  octobre  1902,  il  remonte  le  Ruki  et  la  Tshuapa  à  bord 
d'un  steamer  de  l'Etat,  type  Délivrance,  de  vingt  tonnes, 
et  il  atteint  un  point  situ('  à  cent  vingt-cinq  heures  de 
navigation  de  Coquilhatville  et  à  vingt-sept  heures  de 
navigation  en  amont  de  Mondombe,  poste  de  l'Etat  fondé 
à  la  suite  de  ce  voyage.  Les  populations  cannibales  se 
livrent  sans  cesse  à  des  luttes  intestines  et  sont  en  butte 
à  des  vexations  continuelles.  Mondondje  se  trouve  à  plus 
de  cinq  cents  kilomètres  de  Coquilhatville. 

L'occupation  simultanée  de  toutes  les  rivières,  pendant 
l'année  1902,  constitue  un  fait  important  dans  la  situation 
politique  du  district  de  l'Equateur;  elle  a  comme  consé- 
quence, pendant  l'année  1903,  l'entrée  en  relation  avec  des 


—  4ry.i  — 

populalioiis  incommcs  jiis(|if;i  ('cdc  (''pocjuo.  Los  chefs  clos 
so(i(Mirs  (!(»  la  linul.o  Tslninj)a  (^l  do  la  liaul(î  Momhoyo 
(Luilaka)  l'ont  dos  roconnaissancos,  (\u\  pormoUont  do  com- 
pl(''((M-  la  carlo,  d'entrer  en  relations  avec  les  amonts  dos 
|)()s(os  limilrophos  du  district  du  Kasai  et  de  détruire 
(Miiin  la  lôii'ond(^  (\c  roxistonce  d'une  grande  eau  au  S.  1^]. 
du  district,  ^'rand  lac,  ({ui  figurait  teinté  en  bleu  sur  les 
anciennes  cartes  du  district  de    l'Equateur. 

Dans  ce  district  on  s'occupe  spécialement  de  l'ag-ricul- 
lure,  c'est-à-dire  de  la  mise  en  valeur  du  territoire,  de 
r('lovag('   et  de  l'exploitation   du   domaine   forestier. 

Au  premier  rang  des  établissements  agricoles  figure 
incontestablement  le  jardin  botanique  d'Eala,  situé  sur  la 
rive  gaucho  du  Ruki,  à  une  heure  do  marche  do  (^oquil- 
liatville.  On  y  a  réalisé  des  progrès  immenses  surtout 
pondant  la  p('riode  1901-1903.  C'était  eu  somme  la  période 
difficile,  rinstallatioii  est,  de  l'avis  de  tous  les  visiteurs, 
uu  succès,  grâce  à    son    éminent  directeur    Léon  Pynaert. 

La  station  de  Goquilhatville,  chef-lieu  du  district  de 
l'Equateur,  acquiert  une  réelle  importance  quaut  au  transit 
des  produits  récoltés,  tant  par  l'Etat  que  par  les  particu- 
liers. Dans  ce  but  on  y  a  créé  des  installations  pour 
recevoir    ces  produits,   vastes  magasins  bien  aérés. 

Goquilhatville  dont  les  constructions  en  lyriques  furent 
commencées  dès  1893,  est  actuellement  une  des  i)lus  belles 
stations  du  fleuve.  Les  Européens  y  occupent  chacun  une 
maison  et  on  a  réalisé  des  progrès  énormes  au  point  de 
vue  des  constructions. 

De  Bauw  rentre  en  Belgique  le  23  mai  1901,  ayant  été 
nommé  commissaire  général  le  0  juin  1903  et  conservant 
le  commandement  du  district  de  l'Equateur.  En  récom- 
pense de  ses  services,  il  obtint  la  Croix  de  chevalier  de 
l'Ordre  r(\val  du  Lion  et  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 

A  la  fin  1904  il  reprend   son  service  dans  l'armée  belge, 


—  400  — 

accompli L  im  stage  au  2"  rég-iment  de  guides  et  est 
promu  capitaine  commandant  au  régiment  des  grenadiers 
en  juin  1905. 


PUBLICATIONS  : 


Emploi  de,  la  Forli/icatïon  au  Congo.  (l-Jelgique  Coloiiiule,  1900,    n"   49. 

1901,  PI).  2^,  100,   111). 
Vorgine  des  A:;andé.  (Bolgiifiie  Coloniale,   1901,  p.  40  ci  suivantes). 
La  zone  Uere-Bomu.    (Belgique  Coloniale,  1901,    [)[>.  G3,  avec  carte,  73 

et  SS). 


\ 


MARDULIER,  henrl  colette. 

n('  à  Anvers,  le  17  docombro  1864. 

Sous-lieutenant  payeur  au  7"  régiment  de  ligne,  il  part 
pour  le  Congo  le  G  juin  1893,  à  bord  du  Lithc  Bohlcn, 
en  qualité  de  sous-lieutenant  de  la  F.  P. 

Désigné  pour  l'Ubangi-Bomu,  il  fonde  le  poste  de  Lengo 
après  la  remise  aux  autorités  Ira  n  ça  i  s  es  de  la  résidence 
de  Bangasso  (1894). 

Il  rentre  en  Europe  avec  le  grade  de  capitaine,  le  25 
octobre  189G. 

Nommé  i)eu  aprè.s  capitaine-commandant  de  deuxième 
classe,  Mardulier  se  rembanjue  le  (>  juin  1897,  à  bord  de 
VEduard  BoJdcn  et  est  de  nouveau  commissionné  pour  le 
district  de  TUbangi.  Il  est  nommé  cbef  de  poste  de 
Libenge. 

Mardulier  prend  la  direction  de  la  compagnie  de  la 
F.  P.  à  la  station  d'Imese  et  fait  fonction  de  commissaire 
de  district   de  rui)angi. 

Le  1  juin  1899,  il  est  promu  capitaine-commandant  de 
première  classe  et  revient  en  Belgique  le  20  juin   1900. 

Son  troisième  départ  date  du  1  février  1901.  Mardulier 
■prend  le  commandement  du  district  de  Bangala,  au  départ 


4C)2 


de  Verdusson  cl  coiilribuc  à  lu  pnciMcalioii  di'^  I>iidja.  A 
la  fin  de  juin  11)01,  Manlulier  continuaiiL  U)<,  ()j)L'rati()ns 
contre  les  Budja  insoumis,  entreprend  une  nouvelle  expé- 
dition. 

Le  30  juillet  il  repart  pour  la  Mon^^^ala,  avec  une  colonne 
de  deux  cent  quatre-vin<^L  ([uinze  hommes  et  commence 
par  l'aire  arrêter  le  «^rand  chef  h]seko  des  Ihidja-Eloa. 
Dans  la  suite,  il  s'eni[)arc  de  Zengo  et  Ekwalanga.  Il  reprend 
à  ces  trois  belliqueux  potentats  un  total  d'environ  ({uatre 
cent  cinquante  fusils  à  piston,  ciiHjuantc  Alhinis,  des  fusils 
de  chasse,  des  revolvers  et  des  munitions  en  grande  quantité. 

Mardulier  rentre  à  Nouvelle  Anvers,  le  20  décembre  1001. 

Le  22  juin  1002,  Marduli(M'  est  élev*'  au  grade  de  com- 
missaire-général.  11   l'entre  en  Belgique  le  (>   mars  1001. 

Après  avoir  été  successivement,  sous-lieutenant  i)ayeur 
au  7^  de  ligne,  lieutenant  payeur  au  3^-  lanciers,  capitaine 
en  second  pa^'eur  aux  carabiniers,  capitaine  en  premier 
quartier-maître  à  l'artillerie  de  forteresse  à  Anvers,  Mardu- 
lier est  actuellement  au  5*^  de    ligne. 

Il  est  chevalier  de  l'Ordi'e  de  l'Etoile  africaine  et  de 
l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois 
raies  et   de   la  C.roix  militaire^   de  Iroisiémc^   classe. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 

Le  Congo,  M<)ni1(3ur  colonial,  IWl.  p.  (>, 

A.  Le  .Iel'ne.  Histoire  militaire  (la  Conço,  p.  200. 


^ï!^)^^^ty^ 


PIMPURNIAUX, 

ALEXANDRE,    FRANÇOIS.  JOSEPH. 

né  à  Vezin,  le   17  octobre  i8G(). 

Est  nomma  sous-lioutenant  le  3  juin  1887  et  prend  rang- 
au  9^  de  ligne. 

Il  s'embarque  pour  le  Congo,  le  6  mai  1893,  et  est  attaché 
au  district  de  l'Uele,  avec  résidence  à  Dungu  (zone  des 
Makrakra),  poste  dont  il  prend  le  commandement  en  avril 
1894. 

Il  est  cité  à  l'ordre  du  jour,  à  l'occasion  du  débloque- 
ment  de   Mundu,   assiégé  par  les  Derviches. 

Peu  de  temps  après,  le  14  mai  1895,  il  se  voit  forcé  de 
rentrer  en  Europe,  pour  motifs  de  santé. 

Sitôt  rétabli,  il  repart  pour  l'Afrique,  à  bord  de  VFduard 
Bohlen,  le  G  mars  189G,  prend  le  commandement  en  second 
du  district  de  Bangala  et  exerce  les  fonctions  de  chef  de 
la  zone  de  l'Itimbiri,  comprenant  les  postes  de  Bumba, 
Moenge,  Mandungu,  la  Loeka. 

Le  chef  rebelle  Litzaka  et  ses  vassaux,  qui  terrorisaient 
la  région  de  l'Itimbiri,  font  leur  soumission,  las  de  la 
guerre;  les  troupes  de  l'Etat  les  poursuivent  jusque  der- 
rière Basoko. 


—   404   — 

Rentré  en  Europe,  le  15  mars  1899,  Pimpurniaux  reprend 
une  troisième  l'ois  le  chemin  duGong'o,  le  1  novembre  1899, 
on  qualité  de  commissaire  de  district  de  première  classe. 
Il  est  chargé  de  succéder  à  Van  Bredael,  dans  la  haute 
direction  du  district  du  Lualaba-Kasai  et  occupe  ces  impor- 
tantes fonctions  pandant  près  de  trois  ans  et  demi. 

Il  revient  en  Belgique  le  19  février  1903. 

Nommé  commissaire-général,  Pimpurniaux  retourne  au 
Congo  le  10  mars  1904,  pour  prendre  le  commandement 
du   district  de  l'Aruwimi. 

Il  est  chargé,  en  1905,  de  châtier  les  indigènes  ïopoke, 
qui  avaient  assassiné  deux  agents  de  la  compagnie  du 
Lomami. 

Pimpurniaux  se  trouve  en  Belgique  le  12   février   1906. 

Il  est  capitaine  en  second  au  9^  de  ligne,  chevalier  de 
l'Etoile  africaine  et  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de 
l'Etoile  de  service. 


ï 


DE  MEULEMEESTER,  Adolphe. 


{Cliché  de  la   Tribune  Congolaise) 


DE   MEULEMEESTER, 

ADOLPHE.   JEAN.   MARIE.   GHISLAIN 

né  à  Gand,  le  28  mars   1870. 

Sous-lieutenant  au  l""  régiment  de  ligne. 

Il  part  pour  le  Congo,  le  6  novembre  1895,  comme  lieute- 
nant de  la  F.  P.  et  est  désigné  pour  le  district  de  Bangala, 
où  il  exerce  pendant  deux  ans  et  demi  les  fonctions  de 
chef  politique  et  commandant  des  troupes  de  la  concession 
de  la  Société  Anversoise. 

Rentré  en  Belgique,  le  10  février  1899,  il  repart  dès  le 
IG  novembre  suivant,  en  la  même  qualité  et  commande  en 
1900  les  troupes  de  police  du  bassin  de  la  Mongala.  Mais 
les  fatigues  de  l'expédition  qu'il  dirige  contre  les  Budja 
lui  causent  une  hématurie.  11  est  forcé  de  descendre  à  Boma, 
au  mois  d'août,  mais  reprend,  dès  son  rétablissement,  le 
commandement  du  district  des  cataractes,  fonctions  qu'il 
exerce  jusqu'à  son  retour  en  Europe  par  la  malle  du 
IG  octobre  1902. 

De  Meulemeester  repart  le  21  mai  1903,  comme  commis- 
saire du  district   de  la  province  orientale,    avec  Stanley- 


406 


ville  comme  résidence,  en  remplacement  de  l'inspecteur 
d'Etat   Malfeyt. 

En  1904,  il  osl  nommé  commissaire-général  comman- 
dant de  la  province  orientale.  Il  est  alleint  d'hématurie  à 
Mtowa. 

Il  revient  en  Relg-ique,  le  16  avril  1905,  pour  reprendre 
une  quatrième  fois  le  chemin  de  l'Afrique,  le  1  août  1907. 
Il  est  chargé  une  fois  de  plus  du  commandement  de 
la  province  orientale. 

De  Meulemeester  est  lieutenant  au  r  régiment  de  ligne, 
officier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  à  deux  raies. 


BRUNEEL,    ALBÉRIC,   CONSTANTIN,   EDOUARD, 

né  à  Renaix,  le  5  janvier  1863. 

Capitaine-commandant  adjoint  d'Etat-Major  au  P  régiment 
de  ligne. 

Part  pour  le  Congo  le  16  janvier  1901,  en  qualité  de 
capitaine  commandant  de  première  classe;  devient  successi- 
vement commandant  do  l'enclave  de  Lado  et  chef  de  la  zone 
des  Makrakra  et  rentre  en  Europe,  le  29   décembre  1903. 

Bruneel  retourne  en  Afrique  le  25  août  1904,  en  qualité 
de  commissaire-général  à  l'Equateur. 

Au  cours  de  son  second  terme  de  service,  il  exerce 
durant  trois  ans  le  commandement  de  l'important  district 
de  l'Equateur,  C'est  lui  qui  procède  à  la  reprise  des 
établissements  de  la  concession  Abir,  actuellement  zone 
Marin  ga-Lopori. 

Après  une  absence  de  deux  mois  et  demi,  employée 
à  inspecter  les  postes  des  rivières  Ruki,  Momboyo,  Busira 
Tchuapa,  le  commissaire  général  Bruneol  revient,  le  20 
juin  1905,  à  Coquilhatville.  Il  entreprend  une  nouvelle 
inspection  de  deux  mois,  de  février  à  avril  1906. 


.1()7 


L;i  lurnie  ;inii('(\  à  l;i  lrU\  do  dciix  ('ciil,  ciiKiiKiiitc,  lioiiiincs, 
il  réprime  la  iv'vollo  dans  les  bassins  du  I.opori  cL  do  Ja 
Mariiiiia  (concossioii  de  l'Ahir).  I)(3  ii()\oinl)ro  1900  à  avril 
P.I07,  il  procède  à  la  repiise  des  posLes  de  raiicieiine  Société 
Abir.  11  exécute  à  Coquilliatville  d'impoitaids  liavaux  d'as- 
sainissement et  d'assèclu^ineiit   des  marais. 

Hruneel  rentre  à  Anvers  le  1   septembre  1907. 

Il  est  actuellement  capitaine-commandant,  adjoint  d'Etat- 
Major  au  V  rc'^g-iment  de  ligne  (en  congé  à  Bruxelles), 
chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  roj^al  du 
Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies  et  de  la 
Croix    militaire  de  deuxième   classe. 


DEUSTER,    FERDINAND,   GUILLAUME, 

né  à  Witllicli  (Allemagne),  le  15  janvier  1858. 

Lieutenant  au  7*^  régiment  d'artillerie. 

Entre  au  service  de  l'armée  comme  milicien  de  1878, 
au  7*"  régiment  d'artillerie,  et  parvient  au  grade  de  sous- 
lieutenant  en  passant  par  les  cadres;  il  est  successivement 
nommé  lieutenant,  capitaine  et  capitaine-commandant  en 
nuirs  1904. 

Deuster  part  pour  le  Congo,  le  6  juillet  1896,  comme 
capitaine  de  la  F.  P.  et  est  désigné  pour  le  fort  de  Shin- 
kakasa,  qui  défend  les  passes  du  fleuve  en  aval  de  Boma. 
Directeur  des  travaux  de  défense,  depuis  le  1  juillet  1899, 
il  est  ensuite  chargé  de  l'administration  des  travaux  publics 
et  de  la  marine. 

Il  rentre  en  Europe  le  23  juillet   1900. 

Son  deuxième  départ  date  du  25  avril  1901.  Deuster  se  rend 
en  Afrique,  où  la  direction  des  travaux  de  défense  lui  est 
de  nouveau  confiée,  avec  résidence  à  Boma.  En  juillet  1902, 
il  est  promu  directeur-général  et,  dans  le  courant  de 
septembre  de  la  même  année,  il  succède  au  commissaire  de 


DEUSTER,  Ferdinand. 


(Cliché  (lu  journal  Le  Congo). 


—    170  — 

lion    du   district  de  rAruwimi,  placé  sous  le   commande- 
ment du  commissaire  de  district  De  Keysor. 

L'année  suivante,  le  territoire  est  commandé  par  Burrows; 
Vanwert  est  forcé  de  demander  son  changement  de  district. 

11  entreprend  ensuite  une  opération  de  guerre  dans  le 
territoire  de  l'Ubangi  et  revient  en  Europe  le  24  juin  1900, 
ayant  accom[)li  un  séjour  ininterrompu  de  six  ans  environ. 

Il  est  nommé  successivement  lieutenant,  capitaine,  capi- 
taine-commandant de  deuxième  et  de  première  classe. 

Le  25  avril  1901,  Vanwert  s'embarque  en  qualité  de 
commissaire  de  district  de  première  classe,  investi  du 
commandement  du  district  de  l'Aruwimi.  Il  occupe  cette 
haute  fonction  durant  trois  ans  et  s'applique  à  réparer 
la  situation  fâcheuse,  tant  au  point  de  vue  économique 
que  politique,  créée  par  son  prédécesseur  Burrows. 

En  1902,  il  se  rend  à  Bamba  et  à  Topoke,  pour  y  répri- 
mer une  révolte  et;  revient  en  Belgique  le  4  juillet   1904. 

Il  repart  pour  le  Congo  le  9  novembre  1905,  comme 
commissaire-général,  désigné  pour  le  district  de  l'Aruwimi. 
Vanwert  rentre  en  Europe  en  novembre  1907. 

VauAvert  est  capitaine  au  6"  régiment  de  ligne,  officier 
de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à 
trois  raies. 


RÉFÉREKCE   BIBLIOGRAPHIQUE 

—   Tribune  copffolaisff  1905,  11°  37. 


—  471  — 
TOMBEUR,  CHARLES,  MARIE,  HENRI,  ERNEST. 

iw.  i\   \acl2;(\   I(^    1    111:1  i    1(S()7. 

So  r(Mi(l  nu  (]()n^()  le  11)  juin  19()l\  Il  esl  (h'si^iié  [inr 
\('  ii()uv(M'n(Mii(Mil  ('(Mitriil  pour  succéder,  (l;ms  lo  comman- 
(lomenL  de  l;i  Ruzizi-Kivu,  à  Tinspecteur  d'Klat  Gostermans. 
Il  demeure  huit  mois  à  son  école  avant  d'exercer  le  com- 
mandement efïeclir  de  la  zone. 

Capitaine  commandant  de  première  classe,  il  est  nommé 
commissaire  de  district  de  ])remière  classe,  le  15  février  1904. 

Rentré  en  Belgique,  le  20  septembre  1905,  il  est  nommé 
membre  de  la  Commission  des  XIV,  chargée  d'examiner  les 
suggestions  contenues  dans  le  rapport  de  la  commission 
d'enquête,  et  de  la  traduii'e  en  ])rescriptions  pratiques.  On 
sait  que  les  décrets  du  3  juin  190G  sont  la  conséquence 
des  travaux  de  cette  commission.  «  Nous  avons  pleine 
confiance  dans  leur  efficacité,  dit  la  Belgique  7nilitaire, 
sous  la  réserve,  qu'entraîne  universellement  toute  œuvre 
humaine,  qu'ils  soient  congrûment  interprétés  et  appliqués 
par  les  agents  d'exécution. 

Tombeur  part  une  deuxième  l'ois  pour  le  Congo,  le  12  sep- 
tembre 1907,  en  qualité  de  commissaire  général  et  est  chargé 
de  prendre  le  commandement  du  district  de  l'Uele,  au  départ 
du  commissaire  de  district  Gilson,  dont  le  terme  de  ser- 
vice est  expiré.  Sa  nomination  au  grade  de  commissaire 
général  date  du  27  août  1907. 

Capitaine  commandant  d'Etat-Major,  professeur  suppléant 
à  l'Ecole  de   guerre,    décoré  de  l'Etoile  de  service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Belgique  militaire,   1907.  N"  1870. 


HAUTS  FONCTIONNAIRES  DU  DÉPARTEMENT  DE  L'INTÉRIEUR. 


VAN    DEN    r^L-MO, CAMILLE, THÉODORE, JOSEPH, 

né  à  Saint-Josse-ten-Noode,  le  5  janvier  1850;  décédé  à 
Bruxelles,  le  15  mars  1902. 

S'enrôle  à  l'âge  de  quinze  ans  comme  volontaire  au  8^ 
de  ligne  et  nommé  successivement  sergent  en  1867,  sergent- 
major  le  23  décembre  1868. 

11  (juitte  l'armée  le  31  décembre  1872,  pour  assumer  la 
place  d'agent  comptable  dans  une  maison  de  commerce. 

S'engage  au  service  de  l'Association  Internationale  du 
Congo  le  1  avril  1884  et  s'embarque  à  Liverpool  le  17  avril. 

Après  avoir  passé  quelques  mois  à  Vivi,  il  est  désigné, 
le  31  juillet  1884,  comme  premier  agent  commercial  à 
Léopoldville. 

Il  est  chargé  avec  Van  Gèle  d'une  mission  de  ravitaille- 
ment et  de  l'installation  d'un  service  de  comptabilité  dans 
le  Haut-Congo.  Il  assiste  aux  premières  entrevues  avec 
Tippo-Tip.  Il  accompagne  Hanssens   dans  ses  voyages. 

Nommé  chef  de  l'Equateur,  le  j  juillet  1885,  et  agent  com- 
mercial à  Bangala  en  décembre  de  la  même  année,  il  revient 
vers  Boma  avec  un  contingent  d'indigènes  appartenant  à  cette 


VAN  DEN  PL  AS,  Camille. 


(Cliché  du  Mouvement  géographique). 


-   '17.3  - 

jKMiphidc  vl  est  ;i(l joiiil  ;ni  liciilciiMiit  Iiol^'I,  i)onr  rinslnic- 
[ïou  (le  i'(^s  liomiiK^s.  (rcsl  1(^  j)r(Miii(M'  ('ss;ii  di;  milices 
iiidi^ôiu^s,  dont  Jo  nouvel  K(;il  d(;vail  plus  l;ird  fidre  la 
])aso  de   son  organisation  militaire. 

\'an    den    Plas  rentre  en  Europe  le  15  lévrier  1887. 

Agent  d'administration  au  service  de  l'Ktat  depuis  le  15 
août  1887,  il   se  rend  en   Afj'i([ue  le  21  du  même  mois. 

Après  avoir  pris  part  à  une  expédition  vers  Manyanga 
comme  adjoint  du  lieutenant  Avaert,  il  est  chargé  de  l'aire 
procéder  à  l'évacuation  du  poste  de  Vivi  et  revient  à  Borna 
le  14  janvier  1887. 

Après  avoir  été  employé  au  service  des  finances,  il  occupe 
les  fonctions  de  chef  des  magasins  généraux  de  l'Etat,  de 
la  station  de  Boma-rive  et  est  nommé  commissaire  de 
district  de  deuxième  classe,  le  27  octobre  1888;  ensuite  il 
est  détaché  au  secrétariat  général  en  qualité  de  secrétaire 
général-adjoint. 

Revient  en   Belgique  le   19  septembre  1890. 

S'embarque  une  troisième  fois  pour  le  Congo,  le  18 
mars  1891,  en  qualité  d'intendant;  dirige  pendant  cinq  ans 
le  service  de  l'intendance  à  Borna,  et  est  de  retour  en 
Europe  le  19  octobre  1893. 

Le  6  juillet  1894,  Van  den  Plas  est  de  nouveau  en  route 
pour  l'Afrique  centrale,  chargé  d'une  mission  qui  a  pour 
objet  la  vérification  de  la  comptabilité  des  postes  du  Mayumbe 
et  le  contrôle  administratif  des  districts  du  Haut-Congo.  Il 
accompagne  le  gouverneur  général  Wahis,  jusqu'à  Kasongo. 

Il  débarque  en   Belgique  le  30  avril  1897. 

Son  cinquième  départ  date  du  11  juin  1898.  Van  den  Plas 
reprend  ses  fonctions  d'intendant  et  est  chargé  d'une  mis- 
sion spéciale  dans  le    Haut-Congo  et  le  Kasai. 

11  revient  du  Congo  le  18  juillet   1899. 

Le  8  août  1901,  il  repart  une  sixième  fois  pour  le  Congo, 
mais  rentre  en  Belgique  le  11  octobre  de  la  même  année, 
et  meurt  à   Bruxelles,    le  15  mars   suivant. 


474 


Un   monumeiiL  Jui   a   clé  élevé  au  ciineliére  d'Evere. 

Van  den  Plas  était  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold, 
officier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  et  décoré  de  l'Etoile  de 
service  à  cinq  raies. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  De  Martuix-Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  tome  II. 

—  Belgique  militaire,  1S98.  p.  706;  1902.  p.  139. 


FRANÇOIS,  EUGÈNE. 

né  à  Bruxelles,  le  31  mars  1859. 

Parti  pour  la  première  fois  au  Congo,  le  6  novembre 
1894,  il  exerce  successivement  les  fonctions  de  sous-direc- 
teur, de  directeur  et  de  directeur  général  de  l'Agriculture. 

Il  organise  également,  en  qualité  d'inspecteur  forestier, 
le  service  du  contrôle  de  la   replantation  du  caoutchouc. 

Après  avoir  accompli  au  Congo  trois  séjours,  d'une 
durée  totale  de  sept  ans,  François  démissionne  et  est  nommé 
directeur  général  honoraire,  par  décret  du  11  octobre  1904. 

Il  est  actuellement  chef  de  division  au  ministère  de 
l'Industrie  et  du  Travail  de  Belgique,  chevalier  de  l'Etoile 
africaine,  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  décoré 
de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 

PUBLICATION  : 

—   Rapport  au  congrès  d'expansion  mondiale  de  Mans,   190b. 


—    II.) 


VAN  DEN  PLAS,  joseph. 

lu''   à    Hossiil-CKtllci'lKiin,    \r   S.)   scplciiihiv    l,Sr),S. 

P;irl   \)()nv  le  (loni^o  !('.  <)  iii;ii   ISDi,  (mi  (|ii;iliU'Ml('.  commis. 

Noiiniu'  chef  tl(^  la  /ono  du  Mayiimhc,  il  sf'journc  plusieurs 
années  à  Lemha.  Il  remonte  le  cours  de  la  Lukula  et  visile 
le  Luan<^'o,   (Mili-e  Zobe  et  l'embouchure  de  la   Biulu. 

Deuxième  deparL,   le  (>  mars  181)9,  comme  sous-intendant. 

Se  rend  une  troisième  fois  au  Congo,  le  2(3  avril  1000, 
comme  directeur  de  l'administration  locale  à  Borna  et  effectue 
une  tournée  d'inspection  au  lac  Léopold  II  et  dans  le 
Kwango   oriental. 

11  est  chargé  par  le  gouverneur  général  de  vérifier  la 
comptabilité  dans  le  district  de  l'Uele  et  dans  l'enclave 
de  Lado.  Il  arrive  à  Lado  le  20  décembre  1906  et  se  dirige 
vers  Yei. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 

PUBLICATIONS  : 

—  Le  Mayumhe.  Conférence  faite  à  la  Société  royale  de  Géographie  d'An- 

vers, le  2(5  janvier  1899.  Bull.  t.  XXIII,  p.  39. 

—  Le  Mayumbe.  (Mouvement  antiesclavagiste.  1892). 


REZETTE,  JEAN,  JOSEPH, 

né  à  Jamoigne,  le  31  octobre   1857. 

Ingénieur.  Part  pour  le  Congo  le  1  mai  1888,  en  qualité 
de  directeur  des  transports  de  la  marine  et  des  travaux 
publics,   à  Boma. 

11  fait  deux  séjours  en  Afrique,  de  mai  1888  à  mai  1894. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


Commandants  de  la  Force  publique. 

N.  B.  Le  chef  suprême  de  l'arméi  est  le  gouverneur  général  ;  le  chef  de 
l'Etat-Major,  qui  réside  toujours  au  siège  du  i^ouvernement,  a  le  titre  d'in- 
specteur d'Etat  commandant  de  la  Force  Publique. 


ROGET,  LÉON, 

né  à  Bruxelles,   le  21  juin  1858. 

Lieutenant   adjoint   d'Etat-Major. 

Se  rend  au  Congo    le  16  avril  188G. 

Trois  faits  marquent  d'une  façon  particulièrement  frap- 
pante dans  la  carrière  africaine  de  Roget  :  l'organisation 
de  la  force  publique  de  l'Etat,  dont  il  est  le  premier  com- 
mandant; la  fondation  de  la  station  de  Basoko,  dont  il 
fait  un  camp  retranché  modèle  ;  l'exploration  de  la  rivière 
Itimbiri  et  de  l'Uele,  où  il  gagne  à  l'influence  de  l'Etat 
le  puissant  chef  niam-niam  Djabir. 

Organisation  de  la  F.  P.  (') 

Roget  est  nommé  commandant  de  la  force  publique,  le] 

(1)  Dans  les  premières  années  de  l'occupation  du  Congo.  Stanley  et  ses 
adjoints    avaient   pour    escorte    des    Zanzibarites,    soixante-dix    porteurs    et. 


t 


ROGET,  Léon. 


(Cliclié  (lu  jouriiîil  Congo  illustré) 


—   'I  /  /    -  - 

17  aoùL  1SS().  Ce  ii'esL  [):i.s  une  mission  Incilc;  (jnc  eell'î 
d'or^'aiiiser,  avec  les  éléineiils  (lisj):ii';iL(is,  donl  on  (lis[)c)se 
alors,  une  l'orée  de  police  disei[)liné;î,  du  suh^tihr'.r  ^-ra- 
duelleuient  aux  mercenaires  ('lran<4-ers  du  déhul,  des  soldats 
recrutés  sur  le  territoire  môme  d(i  l'I^^tat  et  de  leur  donner 
une  éducation   militaire  complète. 

C'est  la  tâche  à  huiuelle  s'appli(jue  d'abord,  à  Homa, 
le  commandant  Roget.  Pendant  deux  ans  il  poursuit  cette 
mission  ingrate  d'inculquer  la  discipline  et  de  faire  ensei- 
gner le  maniement  des  armes  aux  sauvages   Bangala. 


soldats  tout  à  la  fois.  La  solde  journalière  de  ces  soldats  avait  été  fixée  à 
1.25  fr.  Plus  tard,  les  officiers  anf^lais,  au  service  de  l'Etat,  introduisirent 
des  Haoussa,  des  Elmina,  des  Yomba,  qui  n'avaient  pas  les  qualités  de 
porteurs  des  Zanzibarites,  mais  possédaient  quelque  teinte  de  discipline  mili- 
taire, beaucoup  d'entre  eux,  ayant  servi  dans  les  troupes  du  protectorat  du 
Niger. 

Ces  hommes  étaient  répartis  dans  les  postes,  sans  aucune  administration 
propre,  ni  autonomie. 

En  1885,  l'organisation  militaire  au  Congo  comprenait  un  effectif  de  cent 
volontaires  de  la  côte. 

L'établissement  d'une  F.  P.  régulière  date  de  1886.  Le  gouvernement 
s'efforça  de  créer  une  armée  indigène;  le  capitaine  Coquilhat,  le  premier 
en  1885,  parvint  à  engager  un  certain  nombre  de  Bangala.  En  1886,  le 
lieutenant  Van  Kerckhoven  décida  un  contingent  à  se  rendre  à  Léopoldville; 
dix  consentirent  à  descendre  à  Boma,  où  ils  furent  exercés  par  le  sergent- 
major  Roma.  Ces  dix  hommes  furent  les  premiers  soldats  indigènes  de  l'Eltat. 
Les  premiers  décrets  organisant  la  F.  P.  sont  du  5  août  et  du  17  novembre 
1888.  {Le  Congo,  30  juillet  1905.) 


* 

^      ^ 


En  1902,  on  comptait  trois  cent  dix-huit  volontaires  de  la  côte,  quatre 
mille  neuf  cent  soixante-seize  volontaires  indigènes,  neuf  mille  cinq  cent 
quatre-vingt-trois  miliciers,  soit  un  total  de  quinza  mille  trois  cent  soixante 
dix-sept  hommes.  L'Etat  peut  être  fier  des  résultats  obtenus  et  sa  F.  P.  peut 
compter  parmi  les  meille-ires  troupes  coloniales  du  monde.  {Histoire  militaire 
du  Congo,  p.  9.) 


—  478  — 

Il  établit  une  batterie  de  salut  à  Borna,  est  chargé  de 
la  police  du  Bas-Cong-o,  en  aval  de  Lukungu  jusqu'à 
l'Océan;  commande  ou  dirige  toutes  les  expéditions  du 
Bas-Congo,  enfin,  pendant  le  môme  temps,  il  élabore  les 
règlements  disciplinaires  organiques  et  administratifs,  qui 
furent  sanctionnes  par  le  gouvernement  central  et  appli- 
qués,  presque  sans  changement,  jusqu'à  ce  jour. 

Quant  aux  règlements  d'exercice  et  de  manœuvre,  il 
les  étudie  sur  place  et  transmet  le  fruit  de  ses  recherches, 
par  des  instructions  inscrites  au  cahier  d'ordres  de  la  F.  P. 

Les  résultats  que  Roget  obtient  sont  donc  pleins  de 
promesses  pour  l'avenir  et,  lorsqu'il  laisse  le  commande- 
ment de  sa  milice  noire  à  son  successeur,  le  commandant 
Avaert,  l'Etat  ])ossède  un  premier  noyau  d'indigènes 
exercés,  capables  de  lui  rendre  des  services  multiples, 
aussi  bien  pour  le  maintien  de  l'ordre  dans  les  stations, 
que  pour  l'escorte  des  caravanes  de  ravitaillement  et  des 
expéditions  de  découverte. 

Roget  rentre  en  Europe  le  21  octobre  1888. 

Cette  même  année,  le  Roi,  préoccupé  d'opposer  aux  trai- 
tants arabes  une  barrière  contre  leurs  sanglantes  incursions, 
avait  décidé  l'établissement  de  deux  camps  retranchés, 
situés;  l'un,  sur  l'Aruwimi  contre  les  Arabes  venant  du 
Nord  et  du  côté  des  Falls;  l'autre,  sur  le  Lomami,  destiné 
à  empêcher  le  passage  du  côté  de  Nyangwe  et  du  Katanga. 

Roget  repart  pour  le  Congo,  le  11  avril  1889,  en  qualité 
de  commissaire  de  district  de  première  classe,  désigné 
pour  le  territoire  de   l'Aruwimi-Uele. 

Fondation  du  camp  de  Basoko. 

Chargé  d'aller  fonder  un  camp  avancé  sur  l'Aruwimi, 
c'est  à  la  tête  de  six  cents  soldats  disciplinés  ([ue  Roget 
crée,  fortifie  et  développe  la  position  de  Basoko  (juillet 
1889-septembre  1890)  qui,  entouré  de  plantations  capa- 
bles   d'alimenter    son    nombreux  personnel    noir,   devient    j 


—  479  — 

l)ieiUol  la  base  do  louto  une  série  de  rriielieuses  expé- 
ditions v(M's   le   Nord. 

Los  Falls  viennent,  à  ce  moment,  d'êlre  réoccupés  [y,\r 
le  capilaine  \'an  (ièl(%  et  Tippo-Tip  assume  les  fonctions 
de  vali  au  service  de  l'Ktat.  Il  s'agissait  donc  d'édifier  à 
proximité  du  centre  des  opérations  des  Arabes,  sur  le 
IIaut-Con<j;o,  et  sans  donner  oml)rage  à  ceux-ci,  un  |)oste 
Ibrtitié  capable  de  faire  respecter  les  décisions  de  l'I^^tat 
et,  au  besoin,  de  s'opposer  à  un  mouvement  armé  vers 
l'Ouest. 

Le  but  principal  de  l'expédition  était  de  prévenir  les 
incursions  arabes,  de  protéger  les  indigènes  et  de  les  amener 
à  rechercher  la  protection  de  rp]tat. 

Pendant  que  Roget  prenait  un  congé  en  Europe,  Van 
Kerckhoven  installait  l'avant-garde  de  l'expédition. 

Le  personnel  blanc  et  noir,  envoyé  par  le  gouvernement 
central,  pour  édifier  rapidement  le  camp  de  Basoko  et  pour 
permettre  au  capitaine  Roget  de  se  porter  avec  célérité, 
dès  son  arrivée,  vers  le  Nord  et  vers  l'Est,  avait  été  très 
largement  employé  par  Van  Kerckhoven,  dans  diverses 
missions 

A  part  les  Bangala,  encore  peu  disciplinés  à  cette  époque 
et  pouvant  aisément  déserter  de  l'Aruwimi  en  s'abandon- 
nant  au  fleuve  dans  des  pirogues,  la  F.  P.  réunie  à  Basoko 
était  composée  de  soldats  dont  le  temps  de  service  allait 
expirer.  Roget  ne  pouvait  s'aventurer  dans  des  expédi- 
tions de  grande  envergure  avant  d'avoir  reçu  des  soldats 
des  nouvelles  levées,  les  anciens  réclamant  leur  rapatrie- 
ment. Cette  situation  limita  souvent  son  action. 

Roget  s'emploie  avant  tout  à  consolider  les  assises  de 
son  camp  et  doit  y  consacrer  presque  tout  son  personnel. 

Exploration  de  l'Itimbiri  et  de  TUele. 

Vers  la  mi-décembre  1899,  Roget  expédie  le  sous-officier 
Duvivier  en  avant  pour  aller  fonder  un  poste  de  ravitail- 


—  480  — 

lement  sur  la  Loïka  (Itimbiri).   Duvivier  découvre  à  Ibembo 
une  situation  favorable  pour  ce  poste  et  s'y  établit. 

Roget  fait  en  secret  tous  les  préparatifs  d'une  expédi- 
tion et  décide  de  ne  pas  se  fier  aux  Arabes,  en  se  lais- 
sant g'uider  par  eux;  il  abandonne  le  chef  arabe  Dalim- 
ben-Mohamed  et,  quelques  heures  après  la  séparation,  il 
se  met  en   route  pour  gagner  l'Uele. 

Accompagné  du  lieutenant  Milz,  le  seul  blanc  bien  por- 
tant, à  ce  moment,  il  descend  le  Congo  jusqu'à  la  bouche 
de  la  Loïka,  remonte  ensuite  l'Itimbiri  jusqu'à  Ibembo  et 
y  trouve  Duvivier,  qui  avait  accompli  sa  tâche  avec  intel- 
ligence. 

A  Acuëttana,  il  laisse  un  poste  composé  de  quelques 
hommes,  puis,  sans  avoir  pu  trouver  un  indigène  pour  lui 
servir  de  guide,  il  suit  la  vallée  de  la  Tinda.  L'explora- 
tion reconnaît  les  principaux  affluents  de  la  rivière  qui  décrit 
une  courbe  inharmonique  au  régime  h^^drographique  général 
de  la  région.  La  petite  troupe  continue  sa  marche  vers  le 
Nord,  et  après  des  fatigues  énormes,  n'ayant  que  des  feuilles 
pour  nourriture,  parvient  à  Mpocho  et  s'y  repose  un  peu. 

A  Likatu,    Roget  est  bien  reçu  par  le  chef   Enguettra. 

Forçant  ses  marches,  il  arrive  à  Djabir  vers  la  mi-février. 

La  réception  qui  lui  est  faite  par  le  chef  Djabir  n'est 
pas  moins  solennelle  que  ne  fut  celle  de  Van  Gèle  chez 
Bangasso. 

Le  capitaine  Roget  fonde  à  Djabir  une  station,  qu'il  confie 
au  sous-lieutenant  Milz,  avec  le  sergent  De  Bauw  comme  ad- 
joint; puis,  il  redescend  en  hâte  à  Bumba  et  se  rend  à  Basoko, 
pour  se  réapprovisionner  et  prendre  de  nouveaux  soldats. 
Roget  retourne  à  Djabir;  il  avait  formé  le  projet  de  recon- 
naître la  région  inexplorée  qui  s'étend  au  Nord  de  l'Uele. 

Le  27  mai  1890,  il  fait  une  exploration  au  Nord  de 
l'Uele;  accompagné  de  Djabir,  il  traverse  le  Songo,  puis 
le  Dapa,  cours  supérieur  du  Bomu.  Il  pousse  jusqu'au 
village    de    Bakasa-Solongo,   située  près    des  sources   du 


—  481  — 

N^»"ansoii,  \\n  dos  alIIiKMils  du  Hoiim  iiioyfMi;  traverse  le 
villn^e  de  Deiidoiiié,  passe  le  Mhili  et  arrive  à  Solongo,  il 
touclio  Hoinu,  mais  il  est  l'orcé  d'abandonner  son  explora- 
tion plus  au  Nord,  ne  parvenant  plus  à  renga^'-er  un  nombre 
sulïisant  de  ses  soldats  mercenaires  qui  exigent  leur  rapa- 
triement. 

Au  retour,  il  suit  un  cbemin  plus  à  l'Est  et  traverse, 
au  Sud  du  Gongo,  le  village  de  Basia.  Roget  rentre  à  Djabir 
le  9  juin. 

Cette  dernière  reconnaissance  ainsi  que  les  points  atteint 
en  amont  et  en  aval  de  Djabir,  lui  ont  permis  d'accomplir 
le  raccordement  de  ses  itinéraires  avec  ceux  de  Juncker 
et  de  Schweinfurt.  Quoique  très  fatigué  et  à  peine  remis 
d'une  violente  attaque  d'bématurie,  il  se  propose  toutefois 
de  pousser  une  reconnaissance  vers  l'Ouest  et  suit  la  rive 
gauche  de  l'Uele,  traversant  le  pays  des  Kambugos. 

Roget  avait  pour  instructions  formelles  de  ne  pas  engager 
la  lutte  avec  les  Arabes,  mais  de  chercher  à  faire  évacuer 
pacifiquement  par  eux  la  partie  de  sa  province  déjà  envahie. 
11  y  réussit.  Il  doit  cependant  parfois  employer  les  armes 
ou  permettre  à  ses  lieutenants  d'en  faire  usage.  Il  oppose 
aux  Arabes  le  système  arabe.  Il  prépare  la  réoccupation 
d'une  partie  de  territoire  et  se  rend  aux  Falls,  auprès  du 
Vali  ou  auprès  de  Raschid  à  Isanghi.  Là  il  affirme  ses 
bonnes  intentions,  se  plaignant  des  difficultés  que  lui  oppo- 
saient les  lieutenants  de  Tippo-Tip  en  demandant  qu'un 
grand  chef  arabe  l'accompagnât  pour  châtier  les  petits 
chefs  arabes  récalcitrants.  Roget  obtient  carte  blanche  de 
Tippo-Tip  et  de  Raschid. 

C'est  ainsi  que  Roget  crée  la  barrière  qui  s'étendait  de 
Basoko  à  M'Bomu,  du  Sud  au  Nord. 

Il  allait  entamer  les  opérations  vers  l'Est,  lorsque  la 
maladie  le  terrassa. 

L'expédition  Van  Kerckhoven  devait  achever  l'œuvre  com- 


—  482  — 

mencée  et  la  situation  vis-à-vis  des  Arabes  n'obligeait  plus 
les  chefs  de  mission   à  la  prudente  réserve  des  débuts. 

Roget  rentre  malade  à  Basoko,  après  un  voyage  précipité. 
L'hématurie  le  frappe  de  nouveau.  Il  se  rend  à  Borna,  où  le 
gouverneur  (^oquilhat  veut  l'employer  comme  secrétaire 
général,  mais,  par  ordre  des  médecins,  il  rentre  en  Bel- 
gique à  la  fin  de  décembre  1890. 

Après  avoir  repris  son  service  militaire  en  Belgique  et 
professé  à  notre  Ecole  de  guerre,  il  est  désigné  pour 
représenter  le  capital  belge  engagé  dans  la  compagnie  à 
charte  de  Mozambique. 

Nommé  directeur  général  à  Lisbonne,  il  fait  ensuite 
deux  séjours  dans  les  territoires  de  la  compagnie  dans 
l'Est  africain  en  qualité  d'inspecteur  général,  puis  reprend 
la  direction  générale  de  la  grande  compagnie  à  charte  à 
Lisbonne. 

De  retour  en  Belgique,  en  décembre  1905  et  en  août 
1906,  Roget  se  rend  deux  fois  en  Afrique  pendant  cinq 
mois,  en  qualité  d'administrateur  directeur  de  la  com- 
pagnie des  magasins  généraux  du  Congo,  pour  y  inspecter 
et  réorganiser  les  établissements  de  la  Société. 

Roget  est  actuellement  major  d'Etat-Major  en  retraite, 
chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  royal  du 
Lion,  officier  de  l'Ordre  de  Saint-Bento  et  Aviz,  décoré 
de  la  Croix  militaire  de  deuxième  classe,  de  la  Couronne 
royale  de  Prusse  de  troisième  classe  et  de  l'Etoile  de 
service. 

Roget  a  donné  de  nombreuses  conférences  sur  l'œuvre 
belge-africaine,  ainsi  que  sur  les  us  et  coutumes  des  peu- 
plades situées  au  Nord  du  Congo,  dans  la  région  de 
l'Aruwimi  et  au  Nord  de   l'Uele. 


—   -183  — 
PUBLICATIONS: 

Le  district  de  V Aruwimi-Uele.  (r^iblication  de  ri''t;it  du  Conj^o,  N"  5, 
1  br.  in-8o  do  ;V.)  pp.  Hiuxelles,  Van  der  Anwora,  IHDl.  Bulletin  de 
la  Société  royale  belge  de  Géogi-aphio,  1891,  N"  2). 

Le  sultanat  de  DJabir.  (Mouvement  ^Géographique,  p.    101). 

La  pénétration  du  centre  africain.  Banana  port  maritime  et  tête  de 
li(pie  du  chemin  de  fer.  (Kn  collaboration  avec  Pouibaix)  publica- 
tion de  la  Société  d'études  coloniales  1905,   p.  385). 

Coriférence  sur  le  rôle  de  la  force  arm,ée  au  Congo.  {I>uilelin  de  la 
Société  d'études  coloniales,  189G,  p.  3). 

Collaborateur  de    l'Art  militaire  au  Congo.  (Société  d'études  col(jniales}. 

Collaborateur  du  Guide  du  voyageur.  ^Société  d'études  coloniales). 

Travail  sur  le  recrutement  du  personnel.  (Congrès  mondial  de  Mons,  1905). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Mouvement  géographique,  1885,  p.  31;  1891,  p.  21;  1899,  p.  395. 
(>HAPAUx.  Le  Congo  historique,  pp.  170,  211,  316,  444  et  635. 
Belgique  ynilitaire,   1905,  pp.  313  et  suivantes. 


AVAERT,  HENRI.   MICHEL,   EUGÈNE, 

né  à  Saint-Josse-ten-Noode,  le  4   octobre  1851. 

Lieutenant  au  5^  régiment  de  ligne. 

Entre  au  service  de  l'Association  Internationale  du  Congo, 
le  7  février  1882  et  est  attaché  aux  bureaux  en  voie  d'orga- 
nisation. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  août  1882,  et  arrive  le  15  octobre 
à  Manyanga,  où  il  est  adjoint  au  chef  de  la  station.  Il  se 
dirige  de  là  vers   Léopold ville. 

Il  rentre  au  camp  de  Manyanga,  atteint  de  typhus  ; 
guéri,  il  se  rend,  dans  le  courant  de  février  1883,  dans  le 
Kouilou  ('). 

(1)  Actuellement  territoire  français. 


181 


Rappelé  par  Stanley  à  Issanghila,  il  devient  comman- 
dant de  cette  station,  le  i  mars  1883,  mais  atteint  d'ané- 
mie, il  est  forcé  de  rentrer  en  Europe,  le  3  décembre  1883. 

Avaert  retourne  en  Afrique,  le  15  février  1886,  comme 
secrétaire  du  vice-administrateur  général,  à  Boma.  Il  est 
chargé  d'une  mission  à  Massabe  en  territoire  portugais, 
et,  ensuite,  de  rouvrir  la  route  des  caravanes  au  Nord 
(lu  fleuve. 

Il  est  nommé  substitut  du  ministère  public  près  le  tri- 
bunal  d'appel,  siégeant  à  Boma,  le  11  mai  1886. 

Rentre  en   Belgique  le   10   mai  1887. 

Est  nommé  au  commandement  de  la  F.  P.  de  l'Etat,  le 
1  août  1888  et  son  troisième  départ  pour  le  Congo  date 
du  24   août  suivant. 

Avaert  dirige  une  expédition  contre  les  Mussuronghes, 
dans  le  delta  du  fleuve,  en  août  de  l'année  suivante. 

Revient  en  Belgique  le  30  octobre  1880  et  est  attaché 
au  département  de  l'Intérieur  de  l'Etat  comme  faisant 
fonctions  de  chef  de  division. 

Accomplit  une  mission  en  Egypte  en  1890  et  une  autre 
au  Mozambique,  en  1801. 

Il  est  colonel  commandant  le  13^  régiment  de  ligne 

Officier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  mili- 
taire de  première  classe,  de  l'Etoile  de  service  et  du 
Medjidié  de  quatrième  classe. 

PUBLICATIONS: 


Notes  sur  la  population  de  Banana  à  Manyanga.  (Mouvement  géogi-a- 
phique,  1895,  p.  92). 

Les  Mahabas.  (Mouvement  géo^rraphique,  1888,  pp.  67  et  70). 

Su7'  le  Bas-Congo.  Annexe  II  de  l'ouvrage  de  Coquilhat  Sur  le  Haut- 
Congo,  pp.  487  et  503). 

Les    Cauris.  (Belgique  coloniale.  1898,  p.  330). 


—  isr)  — 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 

Mouvement  géographique,  1881,  p.  (5. 
Chapaux.  Le  Congo  historique,  pp.  Hl  et  ()3r). 


VAN    DE    PUTTE,    léon.  Frédéric. 

né  à   Gand,   le  8  août  1847. 

Capitaine  commandant  au  l''  régiment  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo,  le  25  mars  1890,  avec  Coquilhat,  en 
qualit(''  de  commissaire  de  district  de  première  classe,  hors 
cadre. 

Nommécommandant  delà  F.  P.,  par  décret  du  27  juin  1890. 

Revient  en   Europe  le  20  juin   1891. 

Actuellement  retraité  à  Gand,  après  avoir  commandé 
comme  colonel   le  4^  régiment  d'artillerie  à  Louvain. 

Officier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  décoré  de  la  Croix 
militaire  de  première  classe. 


FOURDIN,     LÉOPOLD,   JOSEPH. 

né  à  Lennick  Saint-Martin,   le  13  mai  1856. 

Il  prend   part  à  l'expédition  militaire  au  Mexique. 

Part  pour  le  Congo,  le  3  septembre  1891. 

Capitaine  commandant  en  chef  de  la  F.  P.  de  l'Etat,  de 
1891  à  1893. 

Rentre  le  21  août  1893. 

Major  d'infanterie  en  retraite  à  Matines. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  mili- 
taire de  première  classe,  médaillé  de  l'expédition  de  Mexi- 
que et  de   l'Ordre  royal  du  Lion. 


4sr, 


DIELMAN,    GEORGES,    CHARLES,    EUGÈNE, 

AUGUSTE 

né  à  Saint-Josse-len-Noodo,   le  23  octobre  1853. 

Capitaine  en  second  de  deuxième  classe  au  régiment 
des  grenadiers,  puis  capitaine  commandant  au  13^  régi- 
ment de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,   le  6  mai  1892. 

Commandant  de  la  F.   P.,    de  1892  à   1895. 

Rentre  en  Europe,   le  10  août  1895. 

Se  rend  une  deuxième  fois  en  Afrique,  le  8  avril  1896, 
pour  reprendre  ses  fonctions  de  commandant  de  la  F.  P. 

Revient  en  Relgique,   le  20  juin   1898. 

Nommé  commandant  supérieur  de  la  F.  P.,  il  s'embarque 
une  troisième  fois  pour  l'Afrique,  le  6  février  1899,  et 
rentre  en  Europe,   le  9  juin  1900. 

Major  d'infanterie  en  retraite  (Bruxelles),  chevalier  de 
i  'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décore 
de  la  Croix  militaire  de  première  classe,  de  l'Etoile  de 
service  et  de  l'Ordre  de  l'Epée  (Suède)  de  première  classe* 


VAN      DORPE,    JULES,   LÉOPOLD. 

Notice  biographique  déjà  publiée,  p.  409. 


WARNANT,     ERASME,  JOSEPH, 

Notice  biographique    déjà  publiée,  p.   316. 


PATERNOSTER,  louis. 

Notice  biographique   déjà  publiée,    p.  304. 
(Depuis  la   publication  de   celte    notice,   le  commandant 
Paternoster  est  mort  au  Congo,  le   4   décembre  1907). 


Secrélaires  généraux  du   gouvernement  local 
et  secrétaires  des  gouverneurs. 


VAN    DE    VELDE,   Frédéric;  joseph,henrl 

né  à  Saint-Gilles  lez  Termonde,  le  6  septembre  1852;  décédé 
en  mer  à  hauteur  de   Lagos,  le  30  septembre  1891. 

11  est  envoyé  au  Gong'o,  en  1887,  comme  secrétaire  général 
du  gouvernement  local  à  Boma. 

Il  retourne  en  Afrique  avec  le  titre  de  commissaire  de 
district. 

Le  15  juillet  1889,  il  quitte  Lonkougo,  avec  Liénart  et 
Lehrman  comme  adjoints,  pour  aller  explorer  la  région 
au  Sud  et  Sud-Est  du  Stanley-Pool,  dans  le  bassin  du  Kwango, 
de  rinkissi  et    du  Lunda. 

Il  longe  la  frontière  méridionale  de  l'Etat,  dans  la  vallée 
de  la  Lukunga  jusqu'à  Kimbere,  l'une  des  stations  des 
ingénieurs  de  la  compagnie  du  chemin  de  fer,  au  coude 
que  forme  la  rivière  pour  changer  de  direction.  Il  pousse 
ensuite  vers  l'Est  par  les  centres  réputés,  mais  peu  visités 
de  Kinsuka  et  de  Zungna.  Au  delà  de  ce  dernier  point, 
l'expédition  prenant  la  direction  Nord-Est  passe  près  des 
sources  du  Kwilu,  franchit  l'Inkissi  dans  son  cours  moven 


-  488  — 

et  g-agnclo  Kwango  à  travers  un  pa^-s  absolument  inconnu, 
pour  aboutir,  par  environ  le  6"  de  latitude,  un  peu  au  Nord 
du  villag-e  Popokabaka,  résidence  du  chef  N'Goa. 

Van  de  Velde  se  rend  à  Kasongo-Lunda,  puis  se  dirige, 
par  une  contrée  inexplorée,  vers  Luebo,  résidence  de  Muene 
Putu  Kasongo,  le  chef  le  plus  puissant  du  Lunda,  qui 
dispose  de  vingt  mille  fusils.  Celui-ci  reçoit  fort  bien  l'expé- 
dition. 

Van   de  Velde  rentre   à   Léopoldville   en  mars   1890. 

De  retour  en  Europe,  le  capitaine  Van  de  Velde  est 
charge  d'une  mission  au  Congo   ])ortugais. 

A  son  retour  de  Saint-Paul  de  Loanda,  il  meurt  en  route 
le  30  septembre  1891,  à  hauteur  de  Lagos,  à  bord  de 
V Edward  Bohlen. 

Capitaine  commandant  adjoint  d'Etat-Major  au  5^  régi- 
ment d'artillerie,  secrétaire  général  honoraire  de  l'Etat 
indépendant,   décoré  de  l'Etoile  de  service. 


PUBLICATIONS: 

Le   Bas    Congo.    (Bulletin    de    la    Société  royale    belge   de  Géographie, 

Bruxelles,  1888,  pp.  521,  534  et  1  br.  in-8<»  de  12  pp.). 

Des  esclaves  et  de  V esclavage  domestique.  (Mouvement  antiesclavagiste, 
1801,  pp    141,  148). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Mouvement  géographiqiie,  1887,  p.  76,  et  1890. 

Baron  Dhams.  L'exploration  et  l'occupation  du  Kvoango  oriental.  (Bul- 
letin de  la  Société  royale  de  Géographie  d'Anvers,   1906,   p.  34). 


—  480  — 
DESTRAIN,     EDMOND,    MARIE.    HENRI, 

né  à  Anvers,  lo  13  cléceml)ro  1851;  décédé  à  Anvers,  le 
'J7   novembre    1890. 

Kx-lieutenanI,  au  5*'  ré^'inKMil,  de  li«^ne. 

Il  s'on^-ag'c  au  service  de  l'Association  internationale  afri- 
caine et  part   pour  le  Conf>o,  le  24  mai    1882. 

Va\  juillet  1882,  il  est  nommé  adjoint  à  la  station  de 
Vivi,  i)uis  est  envoyé  au  Stanley-Pool  où  il  séjourne 
quel([ues  mois.  Il  effectue  ensuite  une  ex})loration  à  la  côte 
maritime  dans  le  Kouilou,  sous  les  ordres  du  capitaine 
Grant   Klliott,   et  pour  compte  du  Comité   d'Etudes. 

Les  autres  membres  de  l'expédition  sont  Légat,  le  l)'^ 
von  Schaumann,  Lehrman,  Rutliven  et  Ilingsworth.  L'ex- 
ploration a  pour  objet  la  région  quasi-inconnue  qui  s'étend 
au  Nord  du  Bas-Congo  et  qui  forme  le  bassin  du  Tchiloango 
et  du  Kouilou-Niadi. 

L'association  fonde,  dans  le  bassin  de  Tchiloango,  la 
station  de  Strauchville,  ainsi  nommée  en  l'honneur  du 
colonel  Strauch,  le  dévoué  président  de  l'Association  inter- 
nationale du  Congo.  Le  Tchiloango  a  peu  d'importance; 
il  a  ses  sources  au  Nord  de  l'Issangila  et  débouche  dans 
l'Océan  Atlantique,   au  petit  port  de  Landana. 

Le  Kouilou-Niadi  a  une  importance  beaucoup  plus  grande. 
11  a  sa  source  un  peu  à  l'Ouest  du  Stanley-Pool,  décrit 
à  travers  la  contrée  de  nombreux  méandres  et  va  se  jeter 
dans  l'Océan,  un  peu  au  Nord  de  Ponta  Negra  et  de  Loango. 
Au  delà  de  la  station  de  Toutonville  (Kitabi)  commencent 
les  rapides. 

L'expédition  du  capitaine  Elliott  établit  dans  le  bassin 
du  Kouilou  de  nombreuses  stations  ('). 


(1)  Citons  Grantville  (latitude  4o  35',  longitude  11°  46')  sur  la  côte,  an  Sud 
de  l'embouchui-e  du  Kouilou  fondée  en  1883;  Rudolfstadt  (latitude  4»  30', 
longitude  11°  42')    sur  la  côte  à  l'embouchure  du    Kouilou;    Alexandraville 


—  490  — 

Destrain  fonde  et  prend  le  commandement  de  Stépha- 
nieville  (latitude  3""  59',  longitude  13°  15'),  ainsi  nommée 
en  riionneur  de  rarcliiducliesse  d'Autriche,  fille  de  notre 
Roi.   Il  a    Maloney  comme  adjoint. 

Il  explore  ensuite  tout  le  pays  entre  cette  station  et 
celle  d'Issang-bila  et  de  Boma,  sur  le  Congo. 

Se  rend,  le  25  décembre  1882,  à  la  station  de  Manyanga 
et  de  là   au  Pool,  via  Lutete. 

Il  descend  vers  Issanghila,  par  ordre  de  Stanley.  Visite 
les  mines  de  cuivre  de  Boko-Songo  et  fonde  les  stations 
de  Boko-Songo  et  Kitabi.  Rentre  en  Europe  le  21  juin  1885. 

Le  29  août  suivant,  il  retourne  au  Congo  comme  con- 
servateur des  titres  fonciers  (1  août  1885)  et  secrétaire  du 
vice-gouverneur  général  Janssen;  il  est  nommé  ensuite 
directeur  intérimaire  des  finances,  le  15  juin  1887,  et  direc- 
teur des  finances  le  2G  novembre  1887. 

En  1887,  Destrain  explore  la  Lukuga  avec  Janssen  et  le 
capitaine  Jungers. 

Il  revient  en  Europe  en  avril  1888  et  est  nommé  cbe- 
valier  de  l'Ordre  de  Léopold. 

Enfin,  le  22  août  1888,  il  retourne  une  troisième  fois 
au  Congo,  où  il  est  nommé  aux  fonctions  de  secrétaire 
général  du  gouvernement  local  (9  mars   1889). 

On  rapporte  que,  retournant  au  Congo,  Destrain  fit  escale 
à  Monrovia,  capitale  de  la  république  de  Libéria  et  y 
découvrit  un  village  habité  par  des  nègres  du  Congo. 
Ceux-ci  formant,  vers  la  fin  de  la  traite,  la  cargaison 
d'un  négrier,  furent  précipitamment  débarqués  sur  cette 
côte,  pour  échapper  à  la   poursuite  d'un  croiseur,  et  s'y 


sur  la  côte  au  Sud  de  l'embouchure  du  Kouilou  ;  Nyanga  (latitude  3°  0)  à 
l'embouchure  du  fleuve  Nyanga;  Mayumbe  (latitude  3°  20')  au  Nord  de 
l'estuaire  de  Banya;  Sette-Cama  (latitude  2°  40')  à  l'embouchure  du  Setté; 
Baudouinville  (latitude  4°  8',  longitude  12°  0),  etc. 


491 


('(al)lirent.  Ces  inalhciir(Mix  sollicitèrent  leur  rapatriement 
auprès  (le  Destrain. 

Le  31  janvier  1889,  Desirain  procède  à  l'installation  des 
colons  noirs  sur  les  lei'ritoires  ({ui  l(Mir  furent  octroyés  à 
Ntonihe,  près  Baiiana.  Ils  étaient  (piaranle,  divisés  en 
huit  familles,  qui  manifestèrent  leur  joie  d'être  rétablis 
dans  leur  paj^s  natal,  dont  ils  avaient  ('t(?  arrachés  par 
des   nég'riers,   il  y  a  vin^'t-huit  ans. 

Kn  1890,  alors  qu'éclate  le  conflit  Congo-Portugais,  relatif 
à  la  souveraineté  de  Lounga,  Destrain  est  designé  avec 
Jungers,  comme  membre  de  la  commission  de  délimitation. 

Au  mois  de  septembre  1890,  il  revient  malade  en  Europe, 
s'arrête  pendant  quelque  temps  à  Madère,  et  meurt  en 
arrivant  à  Anvers,  le  27  noveml)re  1890. 


PUBLICATIONS: 


Productions  et  négoce  du  Bassin  du  Kwilou-Niadl.  (Bulletin  de  la  Société 
royale  Belge  de  Géographie,  1886,  pp.  115-123). 

Le  district  de  StéphanieviUe  et  le  district  minier  de  M' Boko-Songo.  — 
Bassin  du  Quilou  Niadi.  (Publication  E,  1.  C.  N°  6.)  Bulletin  delà 
Société  royale  Belge  de  Géographie,  1891,  p.  485). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 


De  Martrin-Donos.  T.  II. 

Mouvement  Géographique,  18S1,  p.   3;  1891,  p.   114. 

Chapaux.  Le  Congo  historique,  p.  88. 

J.  A.  Wauters.  Les  Belges  au  Congo. 


~  492  — 

LOMBARD,  R.  p,  E., 

né  à  Leiize,  le  16  juillet   1859. 

En  1891,   il  l'ait  fonctions  de  secrétaire  général  à  Borna. 

Commissaire  de   district  de  deuxième  classe  à  Boma. 

Chef  de  service  à  l'administration  centrale  de  Bruxelles, 
département  de  l'Intérieur. 


LEROL  GUSTAVE,  CHARLES,  ALEXANDRE, 

Nommé  secrétaire  général  du  gouvernement  local  à  Boma, 
le  G  avril    1892. 
(La  notice  biographique  avec  portrait  est  publiée,  p.  394). 


GHISLAIN,    LOUIS,    FRANÇOIS, 

Nommé    secrétaire   général    du    gouvernement    local 
Boma,  le  6  juin  1894. 
(La  notice  biographique  est  publiée,  p.  251)-. 


„j^<Miçji^_ 


TiV  liJtïZ    ÏQir.:»*. 


((Oiiekê  «Ab  Jonnall  £«  Cfi^. 


—  493  — 

VAN   DAMME,  maurice, 

lié  à   I^rux(;lles,   en    'piiivicr    1805. 

A  Mccompli  cÀn(\  séjours  au  Con<,''o:  1'^  de  août  1800  à 
août  189  1;  2"  (le  iriars  18:J5  à  janvier  1898;  .>  du  0  octobre 
1898  à  septembre  1901;  4"  de  juillet  1902  à  août  1905;  5" 
départ  du   17   mai   190G. 

Il  est  attaché  depuis  1890  au  secrétariat  général  ;  secrétaire 
général  adjoint,  puis  secrétaire  général  titulaire  depuis 
sept  ans. 

Pendant  les  treize  ans  qu'il  a  séjourné  au  Congo,  il  n'a 
cessé  de  résider  à  Homa,  où  le  retenaient  ses  hautes  fonc- 
tions, si  ce  n'est,  en  1892  et  en  1898,  quand  il  a  accompagné 
le  gouverneur  général  baron  Wahis  et  le  vice-gouverneur 
général  Wangermée  dans  leur  tournée  d'inspection  dans 
le  Ilaut-Gongo. 

Officier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  chevalier  de  l'Etoile 
africaine,  décoré  de  la  troisième  classe  de  l'Ordre  de  la 
Couronne  de  Prusse  et  de  l'Etoile  de  service  à  quatre 
raies. 


BRANDEU  HENRI, 

né  à  P>ruxelles,    le  22  mai   1871. 

Part  pour  le  Congo  le  6  octobre   1892. 

Désigné  pour  être  attaché,  comme  commis,  à  la  station 
de  Léopoldville,  Brandel  est  forc/i  de  redescendre  à  Boma 
pour  motifs  de  santé;  son  état  s'étant  amélioré,  il  demeure 
dans  la  capitale  congolaise,  en  qualité  d'adjoint  à  la  direc- 
tion des  travaux   publics. 

En  novembre  1897,  Brandel  passe  au  secrétariat  général 
—  comme  secrétaire  adjoint  —  puis,  en  août  1898,  il  est 
promu  chef  du  cabinet  du  gouverneur  général. 

Il  revient  en  Europe,  le  23  août  1900,  après  avoir  résidé 
au  Congo  huit  années  consécutives. 


—  494    - 

Brandel  regagne  une  troisième  fois  Borna,  le  11  février 
1901,  et  remplit  pendant  ces  trois  dernières  années  les 
fonctions  de  secrétaire  général  adjoint  du  gouverneur. 

Rentre  en   Belgique  le  4  mars  1904. 

Brandel  est  otïicier  de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  décoré 
de  l'Etoile  do  service  à  trois   raies. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Le  Congo,  Moniteur  colonial,   1004,  p.  6. 


DANCO,    PIERRE,  M.  J., 

né  à  Anvers,  le  8  juin   1871. 

Part  pour  le  Congo  le  G  août  1893,  comme  sous-intendant 
de  deuxième  classe.  Remplit  les  fonctions  de  secrétaire 
du  gouverneur  général  Wahis,  à  Boma. 

Directeur  de  la  société  Urselia. 

S'embarque  à  Lisbonne,  le  6  août  1902,  avec  le  comte 
A.  d'Ursel,  pour  inspecter  les  plantations  que  l'Urselia  a 
créées  dans  le  Mayumbe  fin  1898,  et  qui  comptent  sept 
à  huit  cent  mille  cacaoyers  et  environ  trente  mille  arbres 
à  caoutchouc. 

PUBLICATIONS: 

—  Ook  een   ideaal,   roman  écrit  au   Congo   et    couronné   au    concours  du 

Davidsfonds. 

—  Le  Congo,  conférence  faite  à  la  Société  royale  de  géographie  d'Anvers, 

le  15  janvier  1897. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Mouvement  géographique,  1902.  p.  364. 


BORREMANS,  Oscar. 


(Cliché  (lu  journal  Le  Congo). 


—  495  — 

BORREM ANS,  oscar,  joseph.  casimir. 

lié  lo  2()  juin    JS():i. 

S'cn«jfîi^(3  à  {[uiiize  ans  au  régiinenl  des  ^Tcîiiadiers,  où  il 
ac(iuiert  lous  ses  grades  jus(ju'à  celui  d'adjudant. 

Noiniué  sous-lieuLenant  en  188G,  il  passe  au  4''  rég'inienl 
de   ligne,  ])uis,  en    1889,  au  régiment  des  carabiniers. 

Borreinans  est  nommé  lieutenant  en  1893  et,  l'année 
suivante,  porte-drapeau  et  secrétaire  du  colonel  de  Kete- 
laere,   puis    des  colonels  Ninitte,  Tiinmermans   et   Piocli. 

En   1901,   il  est  promu  au  grade  de  capitaine. 

S'embarque  le  4  mai  1905,  comme  secrétaire  du  gouver- 
neur général,  baron  Waliis.  Frappé  d'ophtalmie  dès  son 
arrivée  au  Congo,  il   rentre  le  28  août   1905. 

Capitaine  commandant  au  régiment  des  carabiniers. 


HAUTS  FONCnONNAIRES  DU  DÉPARTEMENT  DES  FINANCES. 
DESTRAIN,    EDMOND, 

La  notice  biographique  est  puljliée  à  la  page  489. 


DE  KEYSER,  émile. 

né  à  Schoorisse,  le  30  mars  1856. 

S'engage  au  service  de  l'Association  internationale  du 
Congo  le   15  mai  1885. 

Part  pour  le  Congo  le  13  octobre   1885. 

«  La  constitution  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo  et  l'avènement 
»  du  roi  Léopold  à  la  souveraineté,  furent  proclamés  à  Bruxelles 
»  le  29  mai  1885.  Deux  mois  après,  le  19  juillet,  la  proclamation 
»  du  nouvel  Etat  avait  lieu  à  Banana,  dans  une  cérémonie  présidée 
»  par  l'administrateur  général,  sir  Francis  de  Winton,  et  à  laquelle 
»  les  représentants  de  toutes  les  maisons  de  commerce,  établies 
»  sur  la  rive  droite  du  fleuve,  ainsi  que  des  chefs  indigènes  résidant 
»  sur   le    territoire   de  l'Etat   entre   la  côte    et    Borna. 

»  L'Association  internationale  du  Congo  s'était  surtout  appliquée 


DE  KEYSER,  Emile. 


(Cliché  du  Mouvement  géographique]. 


—    497   — 

»  il  occupLM'  i^raduelleinoiit  son  tcM'ritoiro  et  à  oom{)lét('r,  [)ar  dos 
»  nouvelles  exi)lorations,  les  (iécouvci'tcs  de  Stanley  le  loii;,^  de 
»   la   )ii';iiK'lio    maîtresse  du    Congo. 

»  Après  in  conférence  de  Berlin,  sans  négliger  en  rien  les  questions 
»  scientifiques  qui  l'intéressaient  toujours  au  plus  haut  point,  le 
»  Gouvernement  de  l'Ktat  se  préoccupe  principalement  d'organiser 
»  dans  ses  provinces  les  divers  services  publics,  de  former  les 
»  cadres  de  l'administration  nouvelle,  d'en  créer  les  principaux 
»  rouages,  d'en  déterminer  la  sphère  d'activité...  La  tâche  était 
»  lourde. 

»  Au  lendemain  du  vote,  par  lequel  les  chambres  belges  auto- 
»  risaient  le  Roi  à  assumer  la  souveraineté  de  l'Etat  du  Congo, 
»  un  gouvernement  central  fut  constitué  à  Bruxelles.  Il  se  cora- 
»  posait  de  trois  départements  ayant  respectivement  dans  leurs  attri- 
»   butions   les   affaires  étrangères,   les  finances,   l'intérieur. 

»  En  Afrique,  l'administration  générale  reçut  également  son  orga- 
»  nisation  qui  comprenait  un  gouverneur  général,  représentant 
»  du  gouvernement,  un  vice-gouverneur,  des  inspecteurs  d'Etat  et 
»   trois    directeurs   de  service. 

»  Le  gouvernement,  ainsi  constitué,  se  préoccupa  d'abord  d'or- 
»  ganiser  l'administration  de  la  justice  et  de  substituer  le  règne 
»  de  la  loi  à  l'anarchie,  qui  dans  cette  partie  de  l'Afrique,  avait 
»  longtemps  assuré    l'impunité  à    toutes   sortes  d'abus. 

»  Dès  le  commencement  de  1886,  un  tribunal  de  première  instance 
»  siégea  dans  le  Bas-Congo  et,  dans  le  courant  de  la  même  année,  l'Etat 
»  promulgua  un  code  pénal  qui  fut  complété  en  1888,  et  auquel  sont 
»  venues  s'ajouter  depuis,  des  dispositions  nouvelles,  dont  l'expé- 
»  rience  à   démontré  l'utilité. 

»  Dès  1885,  le  régime  foncier,  le  service  postal  et  le  service  sanitaire 
»  fonctionnèrent  au  Congo.  Mais  c'est  surtout  en  1886,  lorsque  l'Etat 
»  fut  définitivement  organisé,  que  les  différents  rouages  de  l'admi- 
»  nistration    reçurent  le   développement  qu'ils    comportaient. 

»   Tous   les   services    furent   établis  à   cette  époque. 

(Con(jo   illustré). 

Durant  son  premier  séjour  au  Congo,  du  13  octobre  1885 


498 


au  23  octobre  1888,  De  Keyser  occupe  successivement  ou 
cumulativement  les  fonctions  de  contrôleur  des  postes 
(24  novembre  1885),  contrôleur  des  droits  de  sortie,  (27  mars 
1886),  notaire,  juge  suppléant  près  le  tribunal  de  première 
instance  du  Bas-Congo  (1886),  commissaire  de  district  à 
l^anana  (1887);  directeur  des  finances  ad  intérim,  le  23  janvier 
1888. 

Il   revient  en  Europe  en  octobre  1888. 

Il  est  nommé  directeur  des  Finances  le  9  mars  1889  et 
retourne  en  Afrique  le  28  avril  suivant.  En  1891  il  fait 
fonction  de  secrétaire  général  du  gouvernement  central. 

Il  rentre   en  Belgique  le  1  septembre  1891. 

Repart  une  troisième  fois  le  6  avril  1893,  en  qualité 
de  directeur  général  du  département  des  finances  à  Boma, 
(à  titre  personnel  depuis  le  25  mars  1893). 

Son  quatrième  séjour,  qui  date  du  6  juin  1896,  se  prolonge 
jusqu'au  6  août  1898.  II  est  assimilé  à  litre  personnel,  au 
rang  d'inspecteur  d'Etat  le  1  avril   1897. 

Chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Ordre 
du  Lion  et  du  Soleil  de  Perse  et  de  l'Etoile  de  service 
à  quatre  raies. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Coiigo  illustré,  1893,  p.  97. 


BOLLE,    ARTHUR,   JOSEPH,    GHISLAIN, 

La   notice  biographique  est  publiée  à  la  page  407. 


—   -199  — 
ROSSIGNON,  EDOUARD,  VICTOR.  MARIE,  OSCAR, 

né  à    .lanioi^ne,    \o  22  janvier  1<S58. 

Il  se  rend  au  C()n<;-o,  le  25  janvier  18(S8,  comme  allaclifi 
au  service  des  Fiiumces. 

Il  rentre  en  Europe  le  17  décembre  1890. 

Second    d('part:    le  3  juillet.  1891. 

Nomme  contrôleur  des  Impôts,  le  21  septembre  1893, 
il  rentre  en  Belgique  le  21  juin  1891  et  démissionne  le 
18  août  suivant. 

Décoré   de  l'Etoile  de  service  à  deux   raies. 


MASSON,    JEAN,  BAPTISTE, 

né  à  Le  Mesnil,  le  15  août  1863. 

Il  s'engage  au  service  du  département  des  Finances  de 
l'Etat  Indépendant,  le  28  mai  1888,  et  part  pour  le  Congo 
le  17  juin   suivant. 

Il  est  nommé  contrôleur  des  Impôts,  le  1  avril  1891  et 
revient  en  Belgique  en  décembre  1891. 

Retourne  au  Congo,  le  G  avril  1892  et  y  séjourne  jusqu'au 
18  mai  1893. 

Démissionnaire  le  21   septembre  1893. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service. 


VAN  CAULAERT,  benoît,  henri. 

né  à  Ninove,   le  30  juillet  1864. 

Géomètre.  S'engage  au  service  du  département  des  Finan- 
ces le  20  juin  1888  et  part  pour  le  Congo,  le  16  juillet 
suivant. 

Nommé  géomètre  principal,  le  1  septembre  1890,  il  revient 
en  Europe  le  18  juin  1891  et  démissionne  le  môme  mois. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service. 


500 


PRINZ,    FRANÇOIS,    XAVIER, 

né  à  Liège,  le  IG  mai  1858;  décédé  le   10  mars   1890. 

S'engage,  le  21  mars  1889,  comme  contrôleur  des  Impôts 
(t  M'ajourne  en  Afrique  jusqu'à  la  date  de  son  décès. 


BOLLE,  EMILE, 

ne  à  Villers-Potterie,  le  3  mars  18G4. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  septembre  1890,  comme  con- 
servateur des  Titres  Fonciers.  Séjourne  à  Boma  jusqu'au 
23  septembre  1893,  date  de  son  retour  en  Europe. 

Nommé  directeur  intérimaire  des  Finances,  il  retourne 
au  Congo  le  6  mars  1895  et  y  séjourne  jusqu'au  19  avril 
1896. 


DUBOIS,    JULES,    GHISLAIN,    JOSEPH, 

né  à  Pessoux,  le  7  mars   1864. 

S'engage  le  2  août  1890  au  service  du  département  des 
Finances  de  l'Etat  Indépendant  et  s'embarque  pour  le  Congo 
le  3  septembre  1890.   Il  y  fait  un  séjour  de  trois  ans. 

Il  retourne  au  Congo  le  6  mars  1893,  est  nommé  con- 
trôleur des  Impôts  le  24  janvier  1895,  puis  directeur  inté- 
rimaire des  Finances  le  18  mars  1896. 

Il  revient  en  Europe  le  23  mars  1897,  pour  retourner 
en  Afrique  le  6  mai  de  l'année  suivante. 

En  février  1901,  il  revient  en  Europe  et  passe  au  Dépar- 
tement de  l'Intérieur. 

Le  4  août  1904,  il  s'embarque  à  bord  de  VAnversvillc, 
chargé  par  le  gouvernement  de  l'Etat  d'effectuer  une  mis- 
sion d'inspection  de  la  comptabilité  dans  les  districts  de 
l'Equateur  et  du  Lualaba-Kasai. 


—  noi  — 

DESSILY,    FLORENT,    JOSEPH.    GHISLAIN, 

lie   à  (^orhais,   le    11    iiovemhi'e    1<S(;('). 

iMi^'Mi^-é  le  30  déccMiihre  1890,  ;ni  sei'vice  du  ({('ipjuUMiKuit 
(les  Finances  de  l'I^Lal  Indéi)eiidanl,  il  s'embanjiie  pour 
TAIVique   le  28  jaiivior  1891. 

Il  est  nommé  g'éomètre  princii)al  le  23  mai  1892  et  rentre 
en  Bel<^i(iue  le  14   septembre   1892. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service. 


BOLAND,    EDOUARD,  CLÉMENT.  XAVIER,   JOSEPH, 

né  à  Namur,   le  10  juillet  1868. 

S'engage  au  service  du  Département  des  Finances  de 
l'Etat  Indépendant,  le  28  février  1891;  part  le  mois  sui- 
vant. Il  est  nommé  géomètre  principal  le  19  juin  1893  et 
conservateur  des  Titres  Fonciers  intérimaire  le  12  août 
suivant,   et  rentre  en  Belgique  le  24   mars   1894. 

Retourné  au  Congo  le  6  juillet  1894,  il  est  promu  con- 
servateur des  Titres  Fonciers  et  revient  en  Europe  le 
29  juillet  1897. 

Il  fait  un  troisième  séjour  en  Afrique  du  1  février  1900 
au  24  juillet  1902. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


TYTECA,    GASTON,    HILAIRE, 

né  à  Keyem,  le  3  février  1870. 

Il  s'engage  au  service  de  l'Etat  Indépendant,  départe- 
ment des  Finances,  le  29  juin  1891  et  part  le  1  juillet  sui- 
vant. 

Il  est  nommé  géomètre  principal  le  19  septembre  1893  et 


—  502  — 

ff.  de  conservateur  des  Titres  Fonciers,  le  19  février  1894. 
Revient  en   Europe  le    27  juillet  de   la  môme  année   et 
démissionne   au   mois  d'octobre  suivant. 


DELHAYE,  hector.  Augustin, 

né  à  Lessines,  le  20  janvier   18G7. 

S'engage  au  service  du  département  des  Finances  de 
l'Etat  Indépendant  du  Congo  le  15  janvier  1892,  et  s'em- 
barque le  6  février  1892.  Bien  qu'il  soit  parti  en  qualité  de 
commis  de  deuxième  classe,  il  est  appelé  à  gérer  l'impor- 
tante perception  des  impôts  de  Matadi.  Il  revient  en  congé, 
en  Belgique,  le  12  février  1895. 

Il  repart  pour  l'Afrique,  le  G  juin  1895,  avec  le  grade 
de  receveur  des  Impôts  et  est  promu  contrôleur  des  Impôts 
le  1  juillet  1897,  fonctions  qu'il  exerce  jusqu'au  moment 
de  son  retour  en  Europe,    le  10  novembre   1898. 

Le  21  septembre  1899,  il  prend  pour  la  troisième  fois  la 
route  du  Congo,  comme  contrôleur-inspecteur;  il}'  obtient, 
le  19  janvier  1901,  le  grade  de  directeur  intérimaire  des 
Finances  et  le  8  octobre  1901  celui  de  directeur  des  Finances. 

Rentre  en  Europe  en  septembre   1902. 

Nommé  directeur  général  des  Finances,  par  décret  du  Roi 
souverain  en  date  du  18  juillet  1903,  il  repart  le  13  août 
1903  et  rentre  en  Belgique  le  20  août  190G. 

Chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  de  l'Etoile  africaine, 
décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


—  50:î  — 

hanicq'  hubert,  hector.  marie, 

ne  i\  MmHikvs,  \c,  IT)  i;mvi(M'  1870;  décod;;  i\  Malines,  (îii 
janvier  lOOO. 

Kii^-a^('\  1(^  28  juin  181>2,  au  scn^vico  du  (h'parleinout  des 
Finances  de  rKlal  inch'^pendanl,  il  fait  ([uali'e  séjours  en 
AiVi(Iue:  du  0  août  18<)2  au  H  août  1895;  du  G  décembre 
18<Ç)au  10  IV'vrier  181)1);  du  1  novembre  1899  au  :U  octobi'C 
1901   et  du   10  juillet   1902  au  27  octo])re   1903. 

Nomme'»  contrôleur  des  Impôts,  le  29  mai  1902,  il  est 
cbar<L»'é,  le  1  août  suivant,  des  fonctions  de  directeur  des 
Finances. 

11  démissionne  le  1  novem])re   1903. 

Ilanicci  était  cbevalier  de  l'Ordre  roj^al  du  Lion  et  décoré 
de  l'Etoile  de  service  à   trois  raies. 


—  504  — 
VERVLOET,  MARIE,  EMILE,  CONSTANT, 

né  à  Saint-Josse-ten-Noodc,  le  9  déceiiibro  i877. 

Engagé  par  l'Etat  Indépendant,  en  qualité  de  géomètre  du 
cadastre,  le  10  août  1893,  il  part  pour  le  Congo,  le  6  septem- 
bre 1893,  et  est  attaché  au  service  topograi)hique  à  Boma. 

A  plusieurs  reprises,  il  est  envoyé  le  long  de  la  voie 
ferrée  des  cataractes,  à  l'effet  d'y  déterminer  et  d'y  réserver 
les  terrains  qui  appartiennent  à   l'Etat. 

Le  25  juin  1895,  il  est  nommé  géomètre  principal.  Le  18  sep- 
tembre 1896,  il  rentre  en  Europe  et  reçoit  l'Etoile  de  service. 

Le  deuxième  départ  de  Vervloet  date  du  6  mars  189G.  11 
regagne  Boma,  où  il  est  chargé  des  fonctions  de  conser- 
vateur ad -intérim  des  Titres  Fonciers,  le  2  juillet  1897. 

Il  revient  en   Belgique  le  21  février  1900. 

Il  s'embarque  une  troisième  fois  pour  l'Afrique,  le  19  jan- 
vier 1901.  Il  retourne  au  Congo  pour  compte  du  comité 
spécial  du  Katanga  (formé  depuis  juin  1900)  qui  lui  confie 
le  commandement  du  secteur  minier  du  Hant-Luapula.  Ver- 
vloet atteint  cette  région  par  la  voie  de  Chinde,  le  Zam- 
bèze,  les  lacs  Nyassa,  Tanganika  et  Moëro.  C'est  pendant 
qu'il  exerce  le  commandement  du  secteur  du  Haut-Luapula 
que  des  gîtes  métallifères  considérables  sont  reconnus  dans 
cette  partie  du  Congo  par  la  mission  Williams. 

Son  terme  de  service  accompli,  Vervloet  prend  le  chemin 
de  la  côte  via  Lukafu,  Kasongo  et  la  voie  du  fleuve,  parache- 
vant ainsi  son  voyage  transcontinental  de  l'Océan  indien  à 
rOcéan  atlantique.   Il  débarque  à  Anvers,  en  juin  1903. 

S'embarque  le  9  novembre  1905,  avec  M.  Krassnigg, 
ancien  adjoint  du  commandant  Jacques  pendant  son  dernier 
voyage  au  Katanga,  chargé  par  le  comité  spécial  du 
Katanga  d'une  mission  géographique. 

Vervloet  est  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies 
et  de  la  Médaille    d'or  de  l'Ordre  royal  du   Lion. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 
—  Le  Congo,  Moniteur  colonial,  1905,   p.  48G. 


VERVLOET,  Constant. 


(Cliché  (lu  journal  Le  Congo). 


—  505  — 
GU  ICH  ARD,  AMAN  D,  DÉSIRÉ, 

iK'   à    Malinos,   le.  li   s(»[)l(iinl)i'e   18()9. 

En^'a'iV'  au  service,  du  dépai'loiucnl  des  h'inances  do  l'KLat 
Iiid(''[)endant,  le  25  uovenil)re  189G,  il  l'ail  trois  séjours  en 
Africjuo: 

du   I)  janvier  i897  au  5  janvier   1900; 
du   10  janvier   1901  au  18  janvier   1904; 
et  du  4    août  1904  au   11  août  1907. 
Il  est  nommé  g'éomètre   i)nncipal,  le  5  novembre   1904. 
Guichard   est  chevalier  de  l'Ordre  royal   du  Lion. 


LEBOUTTE,  ARTHUR,CHARLES.  JOSEPH, 

né  à  Fanzel  (Luxembourg),  le  20  octo])re  1875. 

S'engage,  le  19  février  1900,  au  service  du  Département 
des  Finances  et  part  pour  le  Congo  le   1   mars   1900. 

Rentré  en  Belgique,  le  19  février  1903,  il  repart  dès  le 
mois  d'août  suivant. 

Il  y  fait  un   séjour  jusqu'au  21  janvier  190G. 

Au  cours  d'un  troisième  séjour,  il  est  désigné,  le  24  juillet 
190G,  pour  remplir  intérimairement  les  fonctions  de  direc- 
teur des  Finances,  et  est  promu  sous-directeur  le  14  octobre 
1907. 


DRAPIER,  NESTOR,  MARIE.  GHISL AIN, 

né  à  Serinchamps,  le  6  mai   1809. 

Géomètre,  cliargé  de  l'intérim  de  la  conservation  des 
Titres  Fonciers,   le  1  juillet   1902. 

Séjourne  pour  la  seconde  fois  en  Afrique  depuis  le  4  août 
1904. 


Chapitre  II 

Expéditions  de  l'Association    internationale 
Africaine    par    la    côte    orientale    d'Afrique 


"  Ces  expéditions  répondent  à  une  idée  émineni- 
y>  ment  civilisatrice  et  chrétienne  :  abolir  Vesclavage 
n  en  Afrique,  percer  les  ténèbres  qui  enveloppent  en- 
n  cire  cette  partie  du  monde,  en  reconnaître  les  res- 
n  sources  qui  paraissent  immenses,  en  un  mot  y  verser 
n  les  trésors  de  la  civilisation,  tel  est  le  but  de  cette 
n  croisade  moderne. 

LEOPOLD  If.  Lettre  aux  puissances,  septembre  1876. 


I.  -  EXPEDiriON  CRESPEL-CAMBIER  (1877-1881). 

Membres    de  cette    expédition  :    Crespel,  Cambier,  Maes,     Marno 
(voyageur   autrichien),    Wautier,   D'"  Dutrieux. 


CRESPEL,  LOUIS, 

né  à  Tournai,  le  4  décembre  1838;  décédé  à  Zanzibar,  le 
25  janvier   1878. 

Capitaine  adjoint  d'Etat-Major  au  2^  régiment  de  ligne. 

Les  voyages  de  Burton,  Speke,  Livingstone,  Stanley, 
Gameron,   avaient  excité  la   curiosité  d'une    élite   de  gens 

instruits,  mais  l'opinion  générale  du  monde  se  préoccupait 


GRESPEL,  Louis. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  M.  Chapaux, 
Le   Congo  historique,  diplomatique. 


507 


à  poiiie  (le  celle  (iMivi'e  •^i<^;uiles(ni('  de  l'exploralioii  afri- 
caino.  Kn  dehoi's  des  rares  sociétés  de  ^'•éo^Tapliie,  les  (jiies- 
lions  africaines  n'avaient  aucun  écho.  La  i)resse  les  ignorait, 
les  ^'"ouvernenienls    ny  |)()rtaient  (fiTun  intérêt    passager." 

C'(îst  riniliative  renianjuahle  du  roi  des  H3lg-os  Léopold  II, 
(pii  les  mil  à  l'ordi'e  du  jour  d(^  l'Europe.  C'est  lui  (jui 
n'unil,  en  187G,  en  son  palais,  une  conférence  ^éog-rapliique 
à  li<|uelle  étaient  représentées  les  six  grandes  puissances 
eui'opéennes  et  la  Helgi([ue.  Des  voyageurs  célèbres  s'y 
renconli'èrent  avec  des  savants  g"éograi)lies  et  des  hommes 
])oliti({ues. 

Cette  assise  solennelle  fra[)pa  les  esprits  et  leur  apprit 
à  connaître  ce  qui  avait  été  fait  en  Afrique  et  ce  qui 
restait  à  y  faire.  L'objet  de  cette  réunion  était  d'ouvrir 
à  la  civilisation  la  seule  parlie  du  monde  où  elle  n'eut  pas 
encore  pénétré  et,  dans  ce  but,  de  régler  la  marche  à 
suivre,  de  combiner  les  efforts,  d'éviter  les  doubles  emplois 
et  de  l'aire  de  la  Belgi(iue  le  centre  de  ce  mouvement 
humanitaire. 

La  conférence  limita  aux  frontières  du  Soudan  au  Nord 
et  au  bassin  du  Zambèze  au  Sud,  la  partie  de  l'Afrique  à 
laquelle  il  convenait  de  borner  son  activité.  Cette  vaste 
région  est  celle  que,  depuis  lors,  on  désigne  plus  parti- 
culièrement sous  le  nom  ^  d'Afrique  centrale».  Il  est  con- 
venu, qu'à  travers  cet  immense  territoire,  on  chercherait 
à  tracer  des  voies  devant  aider  à  la  pénétration  dans 
l'intérieur  et  que  le  long  de  ces  routes  seraient  établies 
des  stations  scientifiques  et  hospitalières. 

Telle  est  l'origine  de  l'Association  internationale  africaine 
(A.  I    A.),  dont  le  siège  était  à  Bruxelles. 

Dans  une  seconde  réunion,  qui  eut  lieu  à  Bruxelles,  le 
20  juin  1877,  il  fut  décidé  que  la  route  commerciale  qui 
conduit  de  la  côte,  en  face  de  Zanzibar,  au  lac  Tanganika, 
serait   choisie   comme  base  des   premières   expéditions  et 


—  508  — 

qu'une  station  serait  tout  d'abord  établie  dans  les  environs 

du  lac. 

Quatre  mois  plus  tard,  le  15  octobre  1877,  la  première 
expédition  belge,  sous  les  ordres  du  capitaine  Crespel,  quitte 
Ostende  à  destination  de  la  côte  orientale. 

Elle  se  compose  du  lieutenant  Ernest  Cambier,  du  8^  régi- 
ment de  ligne,  d'Arnold  Maes,  docteur  en  sciences  natu- 
relles, et  de  Marno,  un  voyageur  autricliien,  qui  avait 
précédemment  fait,  de  1874  à  1876,  deux  voyages  au  Soudan 
et  un  troisième  au  pays  des  Niam-Niam. 

Partis  de  Soutbampton,  à  bord  du  Danube,  le  18  octo- 
bre 1877,   Grespel   et  ses  adjoints    arrivent   à  Zanzibar  le 
12  décembre. 
De  cruels  revers  frappent  l'expédition  à  ses  débuts. 
Le  D""  Maes  meurt  d'insolation,  le  14  janvier  1878. 
Tandis  que  Cambier  et  Marno  se  mettent  en  route  pour 
opérer  une  reconnaissance  de  la  voie  qui  mène  de  Saadani 
à  Mpwapwa,   Grespel  organise  la  caravane  à  Zanzibar. 

Le  25  janvier  1878,  à  dix  heures,  le  chef  de  l'expédition 
est  enlevé  par  un  accès  de  fièvre.  Le  D''  Robb  qui  lui 
prodigue  ses  soins,  attribue  sa  mort  à  une  apoplexie  fou- 
droyante. 

Le  lieutenant  Cambier  prend  la  direction  de  l'expédition; 
deux  nouveaux  adjoints  lui  sont  envoyés  d'Europe:  le 
lieutenant  Wautier  et  le  D^  Dutrieux. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Congo  illustré,  1893,  p.  17. 

DE  Martrin-Donos.   Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  I,  p.  10. 

—  J.  Begker.    Vî'e  en  Afrique,  t.  I,  appendice. 

—  Association  internationale  africaine: 

A.  Rapports  sur  les  marches   de   la  première  expédition.    Verhavert, 

1879,  Bruxelles. 

B.  Journal  et  notes  de   voyage  de   la  première  expédition.    Verhavert, 

1879,  Bruxelles. 


—  501)   — 

C  AM  Bl  ER,  ERNEST.  FRANÇOIS, 

LicHitonant  jui    <s*^  do  li<»'iic. 

Moinl)rc  do  la   [)roini6ro  expédition    à    In  côlo  orientale. 

A  la  mort  du  chef  do  la  caravane,  le  cai)itaino  Grespel, 
et  de  Maes,  le  lioiilenant  Canibier  demeuré  soûl  avec  Marno, 
(jui  lui-mémo  dut  rebrousser  chemin,  aborde  néanmoins 
sa  tâche  avec  cner<4ie.  Des  doux  nouveaux  agents  (fui  lui 
sont  envoyés  pour  rem])lir  les  vides,  le  lieutenant  Waulier 
toud)e  à  Ilekungu,  le  I)''  Dutrieïix  ne  dépasse  pas  Tabora  ; 
mais  les  ('preuves,  en  ralentissant  la  marche  de  Gambier, 
no  peuvent  interrompre  celle-ci. 

Seul  des  six  membres  de  l'expédition,  Gambier  atteint  les 
rives  du  lac  Tanganika  et  remplit  sa  mission  en  fondant  la 
station  de  Karema,  dont  il  jette  les  premiers  fondements 
au  mois  d'août  1879. 

(N.  B.  La  notice  biographi(|ue  et  le  portrait  de  Gambier 
ont  été  publiés  p.   192). 


MACO,  ARNOLD, 

né  à  Hasselt,  le  24  mars  1854;  décédé  à  Zanzibar,  le 
14  janvier  1878. 

Docteur  en  sciences   naturelles. 

Fait  partie  de  la  première  expédition  de  l'Association 
Internationale  Africaine,  sous  le  commandement  du  capi- 
taine Grespel. 

Meurt  frappé  d'insolation  à  Zanzibar,  où  il  organisait  la 
caravane,  le  14  janvier  1878. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  DE  Martrin-Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  I,  p.  13. 


-  510  — 

WAUTIER,   JEAN,  BAPTISTE, 

iiô  à  Namêclie,  Je  3  s('|)leiiiljro  1814;  décédé  à  n(3kung"u 
(près  du  lac  Tcliaïa),   le  il)  décembre  1878. 

Prend  pari  aux  campagnes  du  Mexuiue  de  18(34,  1805, 
1800  et  1807,  (Ml  ([ualilé  de  sergent,  puis  de  sous-lieutenant 
de   la  légion  belge. 

Lieutenant  au  régiment  des  carabiniers,  il  s'engage  au 
service  de  l'Association  internationale  africaine  et  part  le 
3  avril  1878,  avec  le  IV'  Dutrieux,  pour  rejoindre  à  Zanzibar 
le  capitaine  Cambier,  {nivè  coup  sur  coup  d'un  de  ses 
adjoints  et  de  son  cliel',  le  capitaine  Crespel. 

Il  arrive  à  destination  au  commencement  du  mois  de 
juin.  Tous  les  préparatifs  de  la  mise  en  route  de  la  caravane 
étaient  terminés,  mais  Cambier  et  le  D'"  Dutrieux  souffraient 
de  la  fièvre. 

La  lourde  tàcbe  de  l'organisation  de  l'expédition  retomlie 
donc  sur  Wautier,  qui  l'accomplit  avec  l'activité  infaligable 
qui    le    caractérise. 

Le  20  juin,  il  quitte  Bagamoyo  et  n'est  rejoint  par  Cam- 
bier et  Dutrieux  que  le  12  juillet  dans  l'Usagara,  au  pied 
des  monts  Pongwe.  Les  deux  caravanes,  comprenant  \)\us 
de  cinq  cents  hommes  ('),  suivent  les  hauteurs  séparant  la 
vallée  du  Kingani  de  celle  de  la  Wami  et  arrivent  le  14 
à  Kingwe. 

Le  23  juillet,  à  Mvomero,  se  produit  une  désertion  de 
trois  cents  porteurs  à  propos  de  la  route  à  suivre  pour 
atteindre  Mpwapwa.  Les  mutins  emportent  avec  eux  une 
vingtaine  de  charges.  Cambier  doit  réorganiser  la  caravane 
et  arrive  le  8  août  à  Mpwapwa. 

Il  décide  alors  de  se  porter  vers  la  résidence  de  Mirambo 
et  se  rend  à  Thierra-Magazy,  tandis  que  Wautier  et  Dutrieux, 


(1)  Quatre-vingts  soldats  et  domestiques  zanzibarites  et  trois  cent  vingt- 
sept  porteurs. 


—  511  — 

;n'(H'  r;ii»l(*  des  /;iii/,il):ii'il('s  roslimls,  s(\  (lisi)()SOiit  i\  niiicncr 
i\  iMp\\ni)\\  ;i    l(*s    iii;ii'cli:iii(lis('s  hiissi'cs  en  iirriôrc. 

\a'  IS  S('i)((Miil)i'(\  rexpf'dilion  ;ii'i'i\('  (l;iiis  le  l'oyiUliiKî 
(lu  sultan  Mii';inil)(),  nuiiud  (Innibici'  (l(''i)rcli(;  (1(MIX  lioiniiics 
d'après  h^s  ivi^lcs  d('  la  civilisalion  locale  oL  lail  rechanges 
du   san»^'  ;i\(M'   le  sultan. 

La  caravane^  (piitto  ITiioiio  le  1  (l(''('eud)ro;  1(^  nièniejoui' 
elle  appr(Mid  par  un  messager  du  voyageur  suiss(».  Hroyon, 
(jui  attend  nos  compatriotes  à  Ivoi-Kii'onda,  ({ue  les  ban- 
des de  Nyungii,  clief  de  l'I^njamwesi,  se  battent  à  Bibi- 
sanda   contre  les  Arabes. 

L'expédition  c^st  informée,  le  0  df'cembre,  à  Punguli 
(jue  les  pillards,  au  nombre  de  trois  cents,  ont  ({uittf'î  Hibi- 
sanda  pour  aller  camper  à  Tcliaïa  et  qu'à  cette  hande 
se  sont  joints  des  Iiouga-Kouga. 

Des  Wakimbu-,  de  passage  à  Punguli,  Font  connaître  à 
Wautier  et  Dutrieux  le  massacre  de  la  caravane  Penrose 
(Ghurcli  missionary  Society),  (jui  se  rendait  dans  l'Unjam- 
jembe.  Craignant  de  rencontrer,  à  leur  passage  à  Tcliaïa, 
cette  bande  armée,  —  en  force  relativement  considérable —, 
la  caravane  change  d'itinéraire.  Ndogoe,  chef  de  Pun- 
guli consent,  moyennant  une  quantité  raisonnable  d'étof- 
fes, à  servir  de  guide  aux  deux  caravanes  réunies  pour 
les  conduire  au  Nord  dans  l'Utaturu  et,  de  là,  leur  faire 
gagner  Hekungu,  situé  à  cinq  lieues  environ  au  Nord-Est 
d'Itura  et  où  il  y  avait  des  vivres  en  abondance. 

La  caravane  se  met  en  marche  le  7  décembre,  se  diri- 
geant vers  le  Nord  à  travers  une  forêt  épaisse;  le  8,  après 
deux  heures  de  marche,  elle  arrive  au  premier  tembe  de 
l'Utaturu  et  gagne  en  quatre  heures  le  chef-lieu  du  district. 
La  caravane  traverse  la  forêt  et  se  trouve,  le  14,  à  Hekungu. 

Le  19  décembre  1878,  Wautier,  atteint  de  d^^ssenterie, 
succombe  à  la  maladie. 

Wautier    était  lieutenant  au  rég'iment  des  carabiniers. 


512 


Décorn  de  la    Médaille   du  mérite  militaire  du    Mexique 
et  de  la  Médaille  commémorative  de  la  guerre  du  Mexi(|ue. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  i)K  MaktkinDonos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.   I. 

—  1>K('KKR.  La  vie  en  Afrique,  t.   I,  appendice. 

—  Bulletin  de  la  Société  belge  de  géographie,  1878,   p.  280. 


DUTRIEUX,  PIERRE. 

Docteur  en  médecine.  Médecin  de  l'armée.  Etabli  au 
Caire  pendant  cinq  ans. 

Fait  partie  de  la  première  expédition  de  l'Association 
internationale  africaine  en  1878. 

Part  avec  le  lieutenant  Wautier  pour  rejoindre  l'expédition 
Cambier  à  Zanzibar,  au  commencement  de  l'année  1878. 

Atteint  de  la  fièvre  africaine  ainsi  que  Cambier,  ils  doivent 
retarder  leur  départ  et  vont  retrouver  dans  l'Usagara, 
au  pied  des  monts  Pongwé,  le  12  juillet,  Wautier  parti  de 
Bagamoyo  le  2G  juin. 

Les  caravanes  suivent  les  hauteurs  séparant  la  vallée 
du  Kingani  de  celle  du  Wami.  Le  14  juillet,  elles  attei- 
gnent Kingwe.  A  Mvomero,  par  suite  de  la  désertion  de 
trois  cents  porteurs,  Cambier  décide  de  continuer  sa  route 
jusqu'à  la  résidence  de  Mirambo  et  se  rend  à  Thierra-Magaz}^ 
tandis  que  Wautier  et  Dutrieux  amèneront  à  Mpwapwa 
les  marchandises  restées  en  arrière.  Wautier  et  Dutrieux 
quittent  l'Ugogo  le  1   décembre. 

Ils  apprennent,  le  jour  même,  que  les  bandits  de  Nyun- 
g"u  se  battent  à  Bibisanda  contre  les  Arabes.  Ils  arrivent 
le  6  décembre  à  Punguli,  où  ils  sont  informés  du  mas- 
sacre de  la  caravane  Penrose.  Craignant  une  rencontre 
avec  les  pillards  auxquels  se  sont  joints  des  Rouga-Rouga, 


—  ni.T  — 

à  T('linï:i,  la  caravane,  cluni^o  (rilin(''i"aii'('  sous  la  conduilo 
(1(^  N(i()^'()('.  \a'  11,  la  caravaMc  s(i  trouve,  à  Ilekun^ni. 
Dulricnix  y  dis[)ulo  a  la  iiiori,  son  conipa^'^non  W'aulicr, 
qui  luali^ré  ses  soins  succombe  le  lU,  a[)res  ((uehiues  jours 
de    maladie. 

La  caravane?  apprend  par  l(*s  gens  d'JIckun^ai  d(^s  nou- 
velles d'une  grande  imi)orlance  au  sujet  du  massacre 
(1(^  la  mission  Penrose,  de  la  présence  des  Koug"a-Uouga. 

Le  25  décembre,  Dutrieux  se  remet  en  route  dans  la 
direction  d'Ouyouy,  chemine  du  25  au  29  dans  un  terrain 
boisé,  couvert  sur  une  grande  (Hcndue  de  véritables  lagunes, 
Passant  la  Kwale,  le  27,  il  parvient  le  29  à  Ouyouy,  où  il 
installe  son  camp  dans  le  premier  village  du  territoire 
d'Ouyouy,  à  Tura.  Il  y  trouve  une  lettre  de  Cambier  qui  lui 
conseille  de  l'attendre  dans  un  endroit  paisible.  Le  2  janvier, 
le  gouverneur  de  l'Unjanjembe  lui  fait  savoir  que  le  meil- 
leur moyen  de  transporter  ses  charges  à  Tabora  était  de 
demander  au  chef  d'Ouyouy  l'autorisation  de  traverser 
le  pays  et  de  recruter  sur  place  des  porteurs.  Dutrieux 
engage  trois  cents  porteurs  parmi  les  habitants  et  réussit 
à  traverser  tout  le  territoire  d'Ouyouy  (6  janvier  1879). 

Dépassant  de  deux  cents  mètres  le  village  de  Koi-Ka- 
runbu,  il  campe  sur  la  route  même  de  l'Unjanjembe; 
le  6,  il  se  dispose  à  engager  des  hommes  pour  porter 
les  charges  à  Tabora,  quand  il  est  surpris  par  l'arrivée 
de  Cambier. 

Devenu  malade  à  Tabora,  Dutrieux  abandonne  le  ser- 
vice de  l'Association  et  reprend  le  chemin  de  l'Europe 
(octobre  1879). 

Dutrieux  était  membre  honoraire  de  l'Union  syndicale 
de  Bruxelles,  membre  de  la  Société  de  Géographie  com- 
merciale de  Paris. 


—  514  — 
PUBLICATIONS  : 

-  Rapp(jr(s  SUT  les  marcltes  de  la  première  expcdition  (Association  iutor- 
nationalo  africaine,   1879,  \\\).  5-20  et  57-60). 

Notes  d'anthropologie.  (Association  internationale  africaine,  1879. 
\)\^.  85-08  et  Bulletin  de  la  Société  belge  de  géogra[)hie,  1880, 
pp.  102-114). 

Dictionnaire  français-hisoualiili.  1  vol.  in  8"  de  112  pages.  Bruxelles, 
Verhavert,  1880. 

La  question  africaine  au  point  de  vue  commercial.  Conférences  données 
à  rUnion  syndicale,  les  9  et  23  mars  1880.  Bulletin  de  la  Société  syn- 
dicale, Bruxelles,  1880,  1  br.  in-8"  et  brochure  Olïîce  de  publicité, 
Bruxelles,  1880. 

Note  sur  une  affection  cutanée  parasitaire,  observée  dans  l'Afrique  orien- 
tale. Bulletin  de  la  Société  royale  de  géographie  d'Anvers,  1879, 
t.  I\',  V  fasc.  [ip.  51-55. 

Etude  sur  les  maladies  et  V acclim,atement  des  Européens  dans  V Afrique 
intertropicale.  Rapports  de  l'Association  internationale  africaine, 
1880,  n"  3,  pp.  122-153. 

Souvenirs  d'une  exploration  médicale  dans  l'Afrique  intertropicale,  1  vol. 
in-8".  Bruxelles,  Manceaux,  1885. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

DE  Martkin-Doxos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  I. 
Becker,  La  vie  en  Afrique,  tome  I,  appendice. 


POPELIN,  EmUe. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  M.  Ch.vpaOX, 
Le  Congo  hisloriquey  diplomatique. 


II.  -  EXPÉDITION  POPELIN  (1879-1881). 

Membres  de  cette  expédition:  Popelin,  Van  den   Heuvel,  Dutaiis, 
Roger,    Riirdo. 


POPELIN,     EMILE,    GUSTAVE,    ALEXANDRE, 

né  à  Scliaerbeeck,  le  7  déceml)re  1847;  décédé  ])rès  de 
Mtowa,  à  Lutukii  (Urua),  le  24  mai  1881. 

Capitaine  d'Etat-Major,  aide-de-camp  du  général  de  Savoye. 

Tandis  que  Gambier  s'acheminait  vers  le  Tanganika  et 
y  Tondait  la  station  de  Karema,  le  comité  belge  de  l'Asso- 
ciation internationale  africaine,  désireux  d'échelonner  au 
centre  de  l'Afrique  une  suite  de  stations  hospitalières,  des- 
tinées à  devenir  des  points  de  ralliement  et  de  ravitail- 
lement pour  les  explorateurs  et  les  missionnaires,  organisa 
une  seconde  expédition,   qu'il  confia  à  Popelin. 

Celui-ci  était  chargé  de  se  rendre  d'abord  à  Karema  et 
d'y  restaurer  la  place,  puis,  de  passer  de  là  sur  la  rive 
occidentale  du  lac  ïanganika  et  d'installer  enfin  un  poste 
à  Nyangwe,   sur  le   Congo. 

Popelin  s'embarque  pour  la  côte  orientale  le  18  avril  1879 
et  arrive  à  Zanzibar  le  31  mai  1879. 

Il  a  comme  adjoints  le  lieutenant  Dntalis  et  le  D""  Van  den 
Heuvel. 


—  510  — 

L'expédition  quitte  P>iig"amoyo  le  10  juillet  1879,  avec 
quatre  cents  porteurs;  mais,  arrivé  au  camp  de  Kwam- 
boumi,  Popelin  se  voit  forcé  de  renvoyer  Dutalis  en  Europe; 
lui-même  se  traîne  misérablement  avec  le  D^  Van  den 
Heuvel,  jusqu'à  Mpwapwa  (15  août).  C'est  à  cette  ex])é- 
dition  que  se  rattache  la  tentative  d'acclimatement  de 
l'c'déphant  asiatique  et  d'apprivoisement  de  l'éléphant  afri- 
cain  par  l'éléphant  hindou. 

Popelin  rencontre  à  Mpwapwa  Carter,  ancien  consul 
d'Angleterre  à  Bassorah,  actuellement  au  service  de  l'As- 
sociation, qui  conduisait  vers  l'Afrique  centrale  quatre 
éléphants,  acquis  par  le  Roi  Léopold.  On  pensait  alors 
établir,  en  Afrique,  une  station  pour  la  capture  et  le 
dressage  des  éléphants  indigènes,  à  l'instar  de  ce  qui  existe 
dans  l'Inde,  afin  de  suppléer  au  manque  de  moj^ens  de 
transports  ('). 

Le  3  septembre,  après  quelques  jours  de  repos,  les 
deux  caravanes  marchent  de  concert  sur  Kanyene  et 
pénètrent  le  20  octobre  dans  le  Mgonda-Mkali. 

(1)  Le  troisième  essai  d'utilisation  d'éléphants  indiens  en  Afrique  fut  ordonné 
pai-  le  l'oi  des  Belges  et  tenté  en  1879,  entre  Dar-el-Salâm  et  Karema.  Envi- 
sageant le  parti  qu'il  y  avait  à  tirer  des  éléphants  pour  l'exploration  et  le 
sei'vice  des  transports,  le  Roi  n'hésita  à  provoquer,  après  les  deux  essais  faits 
en  18G8  en  Abyssinie  et  en  1878  à  Karthoum  par  Gordon  pacha,  une  nou- 
velle épreuve. 

Il  fit  dans  ce  but  l'acquisition,  à  Bombay,  de  quatre  éléphants  qui  furent 
débaïqnés  à  Masani,  un  peu  au  sud  de  Dar-el-Salâm.  Carter,  avec  treize 
cornacs,  des  soldats  et  des  porteurs  prit  la  direction  de  la  caravane. 

Malheureusement  on  commit  l'imprudence  de  charger  lourdement  chacun 
des  animaux,  qui  durent  faire  aussi  à  chaque  moment  de  marches  forcées, 
restant  parfois  trente-six  heures  sans  boire  et  plus  de  vin^t  qiiati'e  heures 
sans  manger. 

Dans  Ces  conditions  l'essai  ne  put  donner  des  résultats  satisfaisants.  Aussi 
trois  éléphants  sur  quatre  succombèrent  au  cours  du  voyage  qui  prit  cinq 
mois;  un  ùMwapwa,  un  dans  l'IJgogo,  un  autre  au  moment  d'arriver  à  Karema. 
Le  quatrième  ne  survécut  que  quelques  mois  à  ses  compagnons. 

{Congo  illustré,  1892,  p.  56). 


—  517  — 

«  L'expédition  arrive  dans  l'nnjanj(Mnl)(;  le;  2.')  ()('tol)Pe.  Klle 
»  V  est  reçue  avec  j^rand  empressement  par  toute  la  colonie  arabe. 
»  Le  28  octobre,  à  buit  beures  du  matin,  écrit  ('arter,  le  capitaine 
»  l^opelin,  le  I)''  Van  den  Ileuvel,  Stokes  et  moi  nous  partîmes  pour 
»  '1  abora,  montés  tous  les  quatre  sur  «  Pulmalla  »  vieil  élépliant 
»  de  selle  que  j'avais  revêtu  de  son  plus  brillant  barnais,  écarlate 
»  et  noir.  Kicn  qu'un  i)eu  lourdement  cbar^^^ée,  la  pauvre  vieille 
»  dame  n'en  marcbait  pas  moins  d'un  pas  allègre.  Nous  fûmes  suivis 
»  pendant  toute  la  journée  par  des  centaines  d'bommes,  de  femmes, 
»  d'enfants  poussant  des  exclamations,  des  cris  et  riant  à  gorge 
»  déployée.  Letonnement  des  Arabes  et  des  indigènes,  en  voyant 
»  les  élépbants  leur  faire  des  saints  et  faire  d'autres  exercices 
»  dépasse  toute  description.  C'est  un  jour  qui  ne  sera  jamais  oublié 
»  par  le  peuple  de  Tabora.  » 

{Les  Belges  au  Congo:  La  caravane  des  élépbants.  A  J.  Wauters). 

Popelin  quitte  rUnjanjembe,  le  3  novembre,  pour 
Karema,  avec  une  escorte  légère,  laissant  à  Tabora  la 
caravane  des  éléphants,  toute  à  la  joie  de  se  refaire  dans 
une  région  fertile. 

Le  D'"  Van  den  Heuvel  y  demeure  également  avec  le  gros 
des  bagages  et  des  marchandises,  comme  agent  d'une 
société  hospitalière  de  ravitaillement. 

Gambier,  averti  de  l'arrivée  de  Popelin,  lui  envoie  un 
croquis  de  Pitinéraire  à  suivre,  ainsi  que  des  indications 
sur  les   ressources  des  districts   précédemment  traversés. 

Le  voyage  de  Popelin  s'accomplit  dans  d'excellentes  con- 
ditions, à  part  une  querelle  de  soldats  et  de  porteurs,  que 
l'énergique  officier  termine  à  simples  coups  de  canne. 

Nos  compatriotes  se  trouvent  au  fort  Léopold,  le  9  décem- 
bre 1879,  c'est-à-dire  vingt-quatre  jours  après  leur  départ 
de  Tabora  et  cinq  mois  après  avoir  quitté  Zanzibar. 

Ils  étaient  arrivés  à  Karema,  à  l'époque  de  la  saison  des 
pluies,  ce  qui  avait  rendu  les  dernières  marches  fort  péni- 
bles. Carter  rejoignit  Gambier  et  Popelin  à  Karema,  après 


—  518   - 

avoir  portlu  tous  sc^  ('lôphauLs.  Popcdiu  décide  de  coiiLinuor 
son  voyage  au  delà  du  lac,  taudis  que  Canibier  consent  à 
conserver  le  commandenaent  de  la  station. 

Le  bruit  inquiétant  de  l'entrée  en  campagne  de  Mirambo, 
vient  ajourner  ces  premiers  projets.  Le  «  Bonaparte  noir^^ 
en  quête  d'alliances,  s'était  d'abord  arrêté  cliez  Simba,  cbef 
de  rUsavira,  et  les  deux  armées  marcbaient  vers  l'Ufipa; 
la  caravane  Rof^er-Burdo  qui  avait  quitté  Tabora,  pour 
se  diriger  vers  le  lac,  coui'ait  le  risque  d'être  pillée  et 
détruite.  Popelin  se  met  immédiatement  en  marcbe  pour 
secourir  ses  frères  en  péril.  Après  avoir  contourné,  la 
nuit,  le  village  de  Simba,  il  parvient  à  arriver  sans  être 
inquiété  à  Kisinde,  où  se  trouvaient  Burdo  et  Roger,  aban- 
donnés de  la  totalité  de  leurs  porteurs.  Ces  derniers,  terri- 
fiés par  le  voisinage  tle  Miramlx),  f[ui  opérait  à  quelques 
journées  seulement,  regagnent  leur  village  respectif,  lais- 
sant les  vo,yageurs  seuls  gardiens  d'un  bagage  bien  fait 
pour  tenter  la  cupidité  des  cbefs  marrons,  s'autorisant 
indûment  du  nom  de  Mirambo. 

Grâce  à  ses  cinquante  bommes  d'escorte  et  aux  Pagazis 
qu'il  engage  sur  place,  Popelin  réussit  à  faire  transporter 
toutes  les  marchandises  à  Tabora  où  elles  restèrent  déposées 
dans  la  station  belge  du  I)'"  Van  den  Heuvel. 

Le  G  avril  1881,  Popelin  quitte  Karema  pour  Udjiji.  Il 
a  résolu  de  se  porter  en  dow  de  cette  ville  arabe  sur  la 
côte  occidentale  du  lac  Tanganika,  de  fonder  à  Mtowa, 
alors  occupé  par  les  représentants  de  la  «  London  mis- 
sionar}'  Society  «,  une  station,  dont  le  commandement 
serait  remis  à  son  adjoint  Roger,  puis,  de  se  diriger  seul 
vers  Nyangwe.  Dès  le  commencement  de  l'exécution  de 
ce  plan  audacieux,  Popelin  se  bute  à  des  obstacles  de  toute 
nature. 

La  navigation  sur  le  lac  est  dos  plus  pouilleuses;  les 
voyageurs   font    naufrage  près  de  la  rivière  Rongufu.  Ils 


—   510    - 

p  ii'viennonl  à  ^imikIcî  poitH^,  à  atloindre  rjiji  cl  innlUMil  ;i 
l;i   Vi)il(î   vers   reniboiicliurc.   (U\   la    liUkuj^'a. 

KiMiioiilaiil  colle  l'ivièi'c,  Popnliii  so  j)r(ipai'aiL  à  jcÀitv  l(is 
hasos  (lo  la  slalioii  pr()j(U(Mî,  l()rs{[ifil  osl  pris  d'un  vIoUmU 
accès  cl(^  fhîvro  liépali([uo.  Pendanl  liuil  jours,  il  suj)porl(3  sloï- 
(piouionl  d'edVoyaJjles  soufïVancos  cl  s'étoinl  douceiuent,  le 
•J 1  mai  1881,  à  Luluku  dans  l'Urua.  Son  cor|)s  ramené  à 
Mlowa,  est  enterré  par  les  soins  des  missionnaires  anglais 
cl  de  Roger,    sur  la  pointe  du    lac. 

"  C'est  au  sommet  des  falaises  à  pic,  dominant  les  flots 
5)  du  Tanganika,  écrit  Roger,  que  repose  le  vaillant  lutteur, 
î,  mort  à  la  peine  et  endormi  dans  sa  jeune  gloire.  Sa 
V  lond)e  solitaire  sera  respectée  par  les  indigènes  et  devien- 
^  dra,  j'en  suis  persuadé,  un  lieu  de  pèlerinage  pour  les 
»  voyageurs,  qui  après  lui  se  dirigeront  vers  le  Manyema.  « 

PUBLICATION: 

—  Observations  faites  à  Karema.  (Association  internationalo  afiicaine.  Rap- 

ports, N°  3,  p    154  et  Bulletin    de  la  Socié:é  bolgo  de    Géographie, 
1880,  pp.  528-531). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  BKCKiiR.   La  vie  en  Afrique,  t.  I,  appendice, 

—  Congo  iUastré,  1893,  p.  129. 

—  DK  Marthin-Donos.  Les  Bilges  dans  V Afrique  centrale,  t.  1. 

—  A.  J.  Wauters.   Les  Belges  au  Congo,  la  caravane  des  éléphants. 

—  Association  internationale  africaine.  Extraits  des  rapports  de  la  seconde 

expédition.  Verhavert,  Bruxelles,  1880. 


—  520  — 

VAN  DEN  HEUVEL,  Théodore.  Théophile. 

né  à  Molenbeek-Wersbeeck,   le  26  IV'vrier  1840. 

Docteur  en  médecine.  Part  pour  J'Al'rique,  en  avril  1879, 
comme  adjoint  de  la  deuxième  expédition  de  l'Association 
Internationale  Africaine,  qui  quitte  Bagamoyo,  le  10  juillet 
1879. 

Arrivé  à  Tabora,  Van  den  Heuvel  est  cbarg-é  par  le 
capitaine  Popelin  d'y  organiser  un  poste  de  ravitaille- 
ment. Il  y  dispute  à  la  mort  le  lieutenant  Albert  De  Leu, 
qui  succombe  le   25  janvier  1881. 

Remplacé  à  Tabora  par  Becker,  le  docteur  Van  den  Heu- 
vel se  rend,  en  août  1881,  à  la  côte  et  se  fixe  à  Saïd- 
Bargasb. 

Il  rentre  en  Europe  le  24  mars  1882. 

Van  den  Heuvel  se  rend  à  la  côte  occidentale,  le  12  no- 
vembre 1882,  et  le  2  février  1883,  atteint  Man^^anga,  où  il 
prodigue  des  soins  à   Nilis  et  à  Parfonry. 

Il  se  porte  ensuite  vers  Léopoldville  et  y  assume  le  ser- 
vice sanitaire  (1884),  puis  il  est  attacbé  au  rapatriement 
de  Zanzibarites. 

Il  rentre  en  Europe,  le  15  mai  1885. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  DR  Martrin-Donûs.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.    I  et  t.  If. 

—  Mouvement  géographique^  1884,  p.  3, 


521 


DUTALIS,   OSWALD.   CHARLES, 

nr.  à  Sliis(^Liinl)()iiri»),  le  10  oclobiv^  ISiJ;  th'iCvîlô  à  Ghool, 
h'   18   oc(.o])re  1<)07. 

Li(Mil(Mi;iiiL   :iu   4*^  r,'<^-iniont    (1(^   li^"iie, 

PiHMid   pai't  aux  ex[)édili()ns   du  Mexique. 

iMeiiibre  de  la  deuxième  expédition  de  l'Association  inter- 
nalionale  africaine,  qui  quitte  la  Bel'^ique  le  22  lévrier 
1879,  il  est  envoyé  en  avant  à  Zanzibar,  pour  y  or^^aniser 
la  caravane. 

11  y  rencontre  Stanley  et  fait  avec  lui  une  reconnaissance 
au  Wami. 

L'expédition  quitte  Bagamoyo  le  10  juillet  1870;  nriais 
Dutalis,  atteint  de  lièvre  à  Kwambumi,  dans  l'Usagara, 
est  forcé  de  rentrer  en  Europe,   le  4  novembre  1879. 

Capitaine  d'infanterie  pensionné. 

Décoré  de  la  Croix  de  deuxième  classe,  de  l'Ordre  de  la 
Guadeloupe,  de  la  Médaille  du  mérite  militaire  et  de  la 
Médaille  de  l'expédition  du  Mexique. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  DE  Martrin-Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  I. 


ROGER,    OSCAR.    JOURDAIN,    JOSEPH, 

né  à  Blandain,  près  de  Tournai,  le  25  novembre  1854; 
décédé  à  Marseille,  le  13  février  1907. 

Propriétaire. 

Séjourne  au  Gabon. 

Appelé  à  renforcer  le  personnel  de  la  deuxième  expédi- 
tion de  l'Association  Internationale  Africaine,  il  se  rend, 
avec  Burdo,  à  la  cote  orientale,  le  15  décembre  1879  et 
arrive  à  Zanzibar  le  4  janvier  1880. 


—  522  — 

Cadenhead,  nomino  adjoint  de  Carter,  pour  lo  dressage 
des  éléphants,  accompagne  les  deux  Belges.  Les  voyageurs 
quittent  Saadani    1(^.  26  janvier. 

Le  18  IV'vrier,  ils  parviennent  à  Mpwapwa,  mais,  aban- 
donnés par  leurs  porteurs,  ils  atteignent  au  prix  des  plus 
grandes  difficultés  Tabora,  où  séjournait  le  D''  Van  (\en 
Heuvel. 

Roger,  établi  à  Kisinde,  y  est  rejoint  par  Popclin  (fui, 
ayant  décidé  de  fonder  une  station  sur  la  côte  occiden- 
tale du  Tanganika,  s'embarque  avec  Roger  pour  Ujiji. 
Nos  deux  compatriotes  subissent  un  naufrage  près  de  la 
rivière  Rongufu.  Arrivés  à  Ujiji,  ils  naviguent  ensuite 
vers  l'embouchure  de  la  Lukuga  pour  gagner  l'intérieur 
vers  Nyangwe,  mais  le  24  mai  1881,  Popelin  succombe  à 
une  maladie  aiguë,  à  Lutuku  dans  l'Urua. 

Roger  se  rend  alors  à  Mtowa  avec  le  corps  de  son  ami 
et  lui  donne  une  sépulture. 

Il  ramène  les  soldats  de  Popelin  à  Zanzibar,  le  10  sep- 
teml)re  1882. 

Il  y  recrute  des  Zanzibarites  et  se  rend  avec  eux  à  Banana, 
pour  y  rejoindre  Stanley  (novembre  1882)  et  prendre  part 
à  sa  quatrième  expédition  (1883-1884). 

Il  dirige  le  transport  d'une  baleinière  à  Issanghila  et  est 
nommé  chef  de  Msuata. 

Le  grand  explorateur  quitte  Léopoldville,  le  9  mai  1883, 
avec  Van  Gèle,  Goquilhat  et  Roger,  dans  son  voyage  vers 
l'Equateur  et  porte  secours  à  la  station  de  Bolobo.  Roger 
reconnaît  la  Lulonga  avec  Stanley  et  remonte  le  Congo, 
jusqu'au  territoire  des   Bangala. 

Roger  explore  ensuite  l'Aruwimi  et  participe  à  la  fon- 
dation de  la  station  des  Falls  dont  il  est  désigné  comme 
commandant,  mais  son  état  de  santé  l'oblige  à  retourner 
vers  le  Bas,   où  il  trouve  la  station  de    Bolobo  incendiée. 

Il  rentre  en  Belgique  en  mars  1881. 


—  r>2^  — 

PUBLICATION: 

—  Le    Vovfjo.  (lîullctin  de  l;i  Socnélô  belge    de  (iêograpliic,    1<S81,  p.  (YM). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  DH  M AK'i'KiN-DoNos.  Les  Belgcs  dans   VAfrique  centrale,  t.  I  ot  1.  III. 

—  CiiAi'Ai  \.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  2^.K  9(5.  395, 

—  Mouvement  géographique,  1888,  p.  84. 


BURDO,  ADOLPHE,  ALPHONSE, 

né  à  Liège,  le  30  janvier  1849. 

Officier  belge. 

Accompagne  le  comte  de  Semelle  dans  son  exploration 
de  la  rivière   Benne,  affluent  du  Niger,   en  1878. 

Part  de  Bordeaux  et  séjourne  à  Dakar,  d'où  il  se  propo- 
sait de  pénétrer  à  l'intérieur  du  Sénégal,  lorsqu'apprenant 
que  le  Français  Soleillet  venait  de  le  devancer  dans  cette 
voie,   il  se  rend  à  l'embouchure  du  Niger. 

Il  se  sépare  de  de  Semelle  et  pénètre  par  la  rivière 
Brass  dans  le  delta  du  Niger  où  il  risque  sa  vie  dans  les 
méandres  sans  fin,  aux  miasmes  putrides.  Arrive  àAkassa, 
puis  à  Ouitsha. 

Il  entreprend  un  voyage  en  pirogue  dans  le  pays  d'Isuama. 

Arrivé  devant  N'téja,  il  doit  rebrousser  chemin  par  suite  de 
l'hostilité  des  indigènes;  et  retourne  au  Niger  par  la  rivière 
Inam.  Il  séjourne  ensuite  à  Ogbekin.  Il  doit  livrer  un  combat 
aux  indigènes  de  l'Inam  et  est  abandonné  par  ses  com- 
pagnons un  peu  en  avant  du  confluent  du  Benue.  Il  se 
réfugie  à  la  mission  de  Likoja. 

11  remonte  le  cours  du  Benue  jusqu'à  Imaha  et  atteint  le 
point  extrême  à  Zuwo;  il  y  découvre  la  rivière  Bonny. 

Il  rentre  en   Angleterre  en   décembre   1878. 


—   524  — 

• 

l^ui'do  pari  pour  la  côte  orientale  d'Afrique  le  10  décembre 
1870,  comme  membre  delà  deuxième  expédition  de  l'A.  I.  A. 
cliargé  d'aller  rejoindre  Gambier  et  Popelin  à  Karema. 

Débarque  avec  Roger,  à  Zanzibar,  le  4  janvier  1880  et, 
vingt  et  un  jours  plus  tard,  prend  place  dans  une  caravane 
dirigée  par  Gadenhead,  ((ui  devait  retrouver  Garter  en 
qualité  de  second,  dans  la  fameuse  expédition  des  éléphants. 

La  caravane  part  de  Saadani  le  26  janvier  1880,  traverse 
N'Dumi  et  Semagombe. 

A  Kidudue,  la  caravane  campe  pendant  un  jour  entier 
et  y  rencontre  le  Père  Maclion,  établi  à  Monda.  Elle 
s'arrête  à  Mamboya,  près  de  la  station  du  Révérend  Last 
et  croise  à  mi-route  une  bande  de  Unjamwezis,  forte 
d'environ  trois  cents  hommes  accompagnés  de  femmes, 
d'enfants  et  de  bétail,  envoyés  à  la  côte  par  Mirambo 
pour  échanger  son  ivoire  contre  des  armes,  de  la  poudre 
et  des  étoffes. 

Fort  bien  accueilhs  par  le  D'"  Baxter  et  les  trois  Euro- 
péens formant  le  personnel  de  la  station  anglaise,  les 
voyageurs  quittent  Mpwapwa  le  25  février  et  s'engagent 
dans  rUgogo. 

Nulle  caravane  ne  fut  plus  rançonnée  que  celle  de 
Gadenhead  par  les  sultans  de  l'Ugogo  et  notamment  à 
Kikombo,  Lohuma,  Dodoma,  Zingeh,  Mizanza,  Konzi,  Konko 
et  Mdabura. 

Le  27  mars,  elle  traverse  le  désert  de  Mgonda-Mkali,  et, 
après  avoir  campé  au  Tongo,  atteint  le  village  de  Mounie- 
Mtoïna,  résidence  de  l'ami  particulier  du  Saïd  Bargash,  qui, 
quelques  mois  plus  tard,  avec  Ramaeckers,  parviendra  à 
avoir  raison  du  sultan  pillard   de  Mdabura. 

Le  31,  longue  et  pénible  lirikeza,  de  plus  de  douze 
heures  sans  eau  potable  ni  arrêt.  Le  sentier  dans  la  forêt 
a  été  élargi  pour  le  passage  des  éléphants  de  l'expédi- 
tion  Popelin. 

Gampement  sur  les    bords  du  lac  Tchaïa.   La  caravane 


—  525  — 

traverse*  l'endroil  oii  a  rlr  massacré  Feni'osc  et  son  escorte, 
passe  à  Itiira,  l{uhiii;wa,  Kwcm'c,  Koi-Kasoc'^  Samoïde 
et  Kuayara  (7  avril   1<S8())  où  r\\(\  retrouve  U)  docteur  Van 

(1(M1     1I(MIV(^I. 

\à'  V  mai,  Ivo^er  et  Hurdo  se  mettent  (hi  route  pour 
Tal)oi'a,  à  la  lèle  de  cent  vingt  Unjamwezis,  tandis  ([ue 
(]adenliea(l,  soufïVant,  reste  à  Tal)ora.  Le  14,  arrives  â 
Kisinde,  au  Sud  de  Tabora,  à  mi-route  du  fort  Léopold, 
ils  appreinient  ({ue  Mirambo  vient  de  se  mettre  en  cam- 
paiine  avec  ses  Rouga-Rouga  pour  ravager  l'Ukaundi. 
Cette  nouvelle  provoque  la  désertion  de  quatre-vingts 
bonimes.  A  Kambagusia,  les  derniers  Unjamwezis,  restés 
lidèles  abandonnent  leurs  chefs.  Burdo  et  Roger  restent 
seuls  avec  huit  Uangwana,  dans  la  position  la  plus  critique. 

Cadenliead,  ayant  accéléré  sa  marche,  s'était  dirigé  vers 
Karema  et  le  13  juin  1880  avec  Carter  et  cent  cinquante 
hommes,  prend  congé  de  Cambier  pour  se  rendre  à  Zanzibar. 

Burdo  s'arrête  à  Kambagusia,  tandis  que  Roger  va 
s'établir  à  Kisinde.  Popelin  se  trouvait  dans  cette  der- 
nière locahté  depuis  la  veille  de  l'arrivée  de  son  adjoint, 
et  y  avait  même,  avec  ses  trente  Askaris,  repoussé  l'attaque 
d'une  vingtaine  de  Rouga-Rouga,  attirés  par  les  mar- 
chandises déposées  en  cet  endroit,  lors  de  la  première 
défection   des  porteurs. 

Le  lendemain,  Roger  rencontre  Popelin  à  Kambagusia, 
où  une  lettre  de  Cambier  leur  apprend  la  mort  de  Carter 
et  Cadenhead,  tous  deux  malheureusement  enveloppés  dans 
un  conflit  entre  indigènes  à  Mpimbwe  (22  juin  1880).  Ces 
infortunés  voj^ageurs  étaient  partis  de  Karema,  peu  de 
temps  auparavant,  et  avaient  incliné  vers  le  Sud,  afin  de 
frayer  une  nouvelle  route,  dans  la  direction  du  7°  parallèle. 

Le  9  juillet,  Popelin  et  ses  nouveaux  adjoints  s'établis- 
sent à  Kuayara,  se  préparant  contre  une  attaque  annoncée 
de  Mirambo. 

Les  communications  étant  coupées,  sur  les  derrières,  par 


—  52G   - 

le  «  Hona|)arle  noir  ^,  le  con.niandanl  engage  de  nouveaux 
porteurs  pour  faire  rel)rousser  chemin  à  la  caravane  et  se 
retire  avec  Burdo  sur  Tahora,  mais,  Burdo,  atteint  d'une 
périoslile,  est  forcé  de  reprendre  le  chemin  de  la  côte,  sur 
le  conseil  du  D""  Van  den  Ileuvel  en  novembre  1880. 

PUBLICATIONS: 

—  Nif/C7'  et  Benne.  Paris,  E.  Pion  e^  C''.  1880. 

—  Les  Bfl(jes  dans   V Afrique  centrale.    Voyages,   aventures  et  découvertes. 

De  Zanzibar   au   lac   Tanganika.  iii-8",   Hruxelles,  Macs,  1884.  3e 
volume  de  l'ouvrage  de  de  Martrin-Donos. 

—  Tîapporls  des   Voyageurs  de  V Association.  (A.  1.  A.   1880,    pp.   185,   205 

et  Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie,  1880,  p.  498.) 

—  Les  Arabes  dans  l'Afrique  centrale,  in-8''  de  48  ])p.  Dentu,    Paris,  1885. 

—  Dj  l'avenir  des  établissements  belges  en  Afrique,   (Bulletin  de  la  Société 

belge  de  Géographie,  1882,  pp.  239-253.) 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  DE  MARTRI^-Do^os  LT  luiîLO.   Lcs  Btlgcs  dons  l'Afrique  centrale,  t.  I. 

et  111. 

—  Becker.    Vie  en  Afrique,  ai)i)cndice. 

—  Bulletin  Société  belge  de  Géographie,  1880,  p.  4. 


RAMAECKERS,  Jules. 


Cliché  de  Touvrage  de  M.  Chapaux, 
Le   Congo   historique,    diplomatique. 


m.  -   EXPÉDITION  RAMAECKERS  (1880-1882^. 


Membres  de  rexpcdition:  Rnniaeckers,  Hocker,  De  Leu,  De  Meuse. 


RAMAECKERS,  jules,  Guillaume,  arthur, 

né  à  Namur,  le  li  décembre  1848;  décédé  à  Karema,  le 
25  février   1882. 

Capitaine  en  premier  de  l'Etat-Major  du  g'énie,  aide-de- 
camp  du  lieutenant-général  Brialmont. 

En  1879,  il  est  chargé  d'une  mission  technique  à  Tripoli 
et  dans  le  Fezzan,  par  le  roi  Léopold  II. 

Parcourt  tout  le  Nord  de  l'Afrique  jusqu'à  Mourzouck 
et  étudie  pendant  quelques  mois  la  construction  d'une 
voie  ferrée  entre  Tripoli   et  Mourzouck  ('). 


(1)  Le  trait  suivant  démontre  le  dévoùment  que  Kamaeckers  savait 
inspirer  à  ses  subordonnés.  T'n  domesti(|ue  nègre,  Pamboula,  qui  avait 
accompagné  Ramaeckers  dans  son  voyage  au  Snhara,  résolut  d'aller  retrouver 
son  ancien  maître.  Il  s'engagea  comme  matelot  de  Trijjoli  à  Marseille,  et 
travaillant  en  route  pour  gagner  ses  frais  de  route,  il  atteignit  I*aris^ 
puis  Bruxelles.  Il  se  présente  au  domicile  de  Ramaeckers,  disant:  «Je  ne 
puis  vivre  sans  toi,  maître,  c'est  pourtjuoi  je  suis  venu  te  rejoindre  w. 

Lorsque  Ramaeckers  quitta   Bruxelles,   ^  our   commander  l'expédition  de 


—  528  — 

Nommô  clicl'  'U^  la  Iroisième  cx[)6dilion  de  l'Association 
Iiiloi'nalionale  Africaine,  il  se  rend  à  la  côle  orientale  le 
7  juin  1<S80,  avec  Bccker,  De  Leu  et  De  Meuse,  comme 
adjoints,  chargé  d'aller  relever  Gambier  à  Karema. 

Il  ([uiite  Bagamoyo,  le  15  juillet  1880  et,  le  12  août,  il 
atteint  le  poste  français  de  Condoa,  où  De  Meuse,  malade, 
abandonne  la  caravane  et  retourne  à  la   côte. 

Uamaeckers  se  joint  à  Mpwapwa  à  l'expédition  allemande 
du  baron  von  Sclioler.  Le  31  août, 'Il  croise  un  courrier  que 
Gambier  expédie  à  la  côte  pour  annoncer  le  massacre  de 
Garter  et  Gadenhead. 

A  Khonko,  il  rencontre  Burdo  rentrant  en  Europe  pour 
cause  de  maladie,  Ramaeckers  est  forcé  de  lutter  contre 
le    sultan  de   Mdabura   qui  barre   la  route  des  caravanes. 

Il  est  rejoint,  le  5  octobre,  à  Mounie-Mtuana  par  Popelin 
et  Roger,  avec  quarante  hommes,  et  se  rend  avec  eux  à 
Tabora.  Les  voyageurs  sont  reçus  par  le  D'  Van  den 
Heuvel.   De  Leu   y    meurt  le    25  janvier 

Le  4  décembre  1881,  les  survivants  arrivent  à  Karema 
et  Ramaeckers  reprend  le  commandement  de  la  station 
des  mains  de  Gambier,  exténué  de  sa  longue  faction  dans 
ce  pays  primitif. 

Les  nouveaux  arrivants  sont  émerveillés,  dit  V Histoire 
miliidh^c  du  Congo,  du  spectacle  qu'offrait  la  nouvelle  station 
édifiée  par  l'officier  belge,  sur  une  hauteur  dépassant  de 
quinze  mètres  le  niveau  des  eaux  du  lac. 

Habilement  secondé  par  Becker  et  Roger,  Ramaeckers 
développe  considérablement  notre  premier  poste  en  Afrique, 
mais  il  ne  lui  est  pas  permis  de  voir  le  couronnement 
de  ses  efforts.  Il  organise  les  travaux  de  défense  du  Fort 
Léopold. 

l'Association  Internationale  Africaine,  Bamboula  suivit  son  maître  en 
Afrique.  Après  la  mort  du  Ramaeckers  à  Karema,  il  séjourna  à  cette  station 
avec  Becker,  puis  il  se  rendit  dans  l'Uganda  où  il  se  livra  au  commerce  de 
1" ivoire,  sous  le  nom  de  Mahomed  Biri. 


—  529  — 

H;nii;ieck(^rs  siiccoinhe  le  'jr>  IVviicr  1<S<S2,  i\  uiie  jMtiiquo 
(1(^    lirvr(^    l)ili(Mis(\ 

l'ii  iiioiuiiiiCMil  ;i  r[v  r\(}\(]  sur  sa  ioinlx^  [r,\v  son  a'ijoinl 
cL  son  succossour  à  Ka renia,  Jérômo  Hocker. 

Uaciiiaeckors  était  chevalier  de  l'Ordre  de  L('()i)old. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 


—  DE  Maktrin-Donos.  Les  Belles  clans  l'Afrique  centrale,  i.  I. 

—  Bulletin  de  la  Sociélé  belge  de  Géographie,  1882,  j).  234. 

—  Congo  illustré,  1892,   p.  89. 


—  5:^0  - 

BECKER,   JÉRÔME,   JACQUES. 

né   à  Calmplliout,  le  21  août   1850. 

Sous-lieutenant  d'artillerie. 

Prend  part  à  la  troisième  expédition  de  l'Association  Inter- 
nationale Africaine  sous  les  ordres  du  capitaine  Ramaeckers. 

Cette  expédition,  qui  se  compose  en  outre  du  lieutenant 
d'artillerie  De  Leu  et  de  Robert  De  xMeuse,  photographe, 
quitte  Bruxelles  le  4  juin  1880  et  Bagamoyo  le  15  juillet 
suivant.  Elle  se  joint  à  Mpwapwa  à  la  caravane  du  baron 
von  Schôler  et  de  ses  adjoints  Bohm,  naturaliste,  et  Kaiser, 
agronome.  —  L'expédition  a  à  lutter  contre  le  sultan  de 
Mdabura. 

Les  voyageurs  arrivent  à  Karema  le  4  décembre. 

Becker  remplace  le  D'"  Van  den  Heuvel  au  poste  de 
Tabora.  Il  établit  des  relations  commerciales  avec  les  Arabes 
et  organise  des  magasins  de  ravitaillement  pour  les  cara- 
vanes. 

(1881).  Ayant  appris  que  le  chef  Mirambo  se  proposait 
d'attaquer  Ramaeckers  à  Karema,  Becker  se  rend  auprès 
de  Mirambo  à  Thierra-Magazi  et  y  obtient  des  nouvelles 
rassurantes. 

A  la  mort  de  Ramaeckers,  Becker  prend  le  commande- 
ment de  la  station  de  Karema.  Il  y  attire  soixante  familles 
indigènes,  élève  un  vaste  boma  et  construit  un  bateau  à 
voiles.  Il  passe  ensuite  à  Mpala,  traverse  le  Manyema  et 
fonde  le  poste  de  Nj^angwe.  A  l'arrivée  de  Storms,  Becker 
châtie  le  chef  indigène  Jassagula  et  retourne  à  Zanzibar, 
en  novembre   1882. 

Rentre  en    Belgique  le  21   mai   1883. 

Becker  se  rend  une  deuxième  fois,  à  la  côte  orientale, 
le  19  octobre  1884,  comme  chef  de  la  cinquième  expédi- 
tion de  l'Association  Internationale  Africaine  (1884).  Celle-ci 
est  composée  de  Durutte,  lieutenant  au  régiment  des  cara- 
biniers, de  Dubois,  sous-lieutenant  au  2'^  régiment  de  guides. 


BECKER,  Jérôme. 


Cliché  de  l'ouvrage  La   Vie  en  Afrique. 
(Lebègue  &  C'«,  Bruxelles.) 


-   531    - 

(lu  s(>us-li(Mil(Mi:inl    Dliiniis,  du  S-  r('',f^imont  do  li^nc,  eL  do 
Mollour,  un  ;iiu'i(Mi   sous-ollicior   dos   liraillours  sonô^ahiis. 

Cotto  mission,  (jui  ;i  pour  liuL  pi'imilir  do  r(;lior  l(;s 
slnlions  fondoos  sur  1(^  'lïm^^anika  ù  collos  du  Con^^o,  osl 
iiiiso  dans  rinipossibiliLô  do  rôalisor  son  i)ro^Taniino,  à 
cause  do  la  famine,  ([ui  S('viL  à  l'inLoriour  du  pays  et  i)ai' 
suite  do  la  dilliculto  do  recruter  dos  porteurs.  Cotto  didi- 
culté  est  accrue  par  l'hostilité  manifeste  du  sultan  de  Zan- 
zibar que  la  reconnaissance  de  l'Etat  du  O)n^'o  par  les 
puissances  est  loin  de  disposer  favorablement  i)our  ses  liôtcis 
du  moment. 

Becker,  gravement  malade,  est  forcé  de  rentrer  en  Europe 
et  abandonne  le  commandement  do  l'expédition  au  lieute- 
nant  Durutte    (15  mai   1885). 

Le  17  septembre  1888,  Becker  retourne  une  troisième 
fois  en  Afrique,  chargé  d'aller  fonder  un  camp  sur  l'Aruwimi, 
avec  Roger  comme  adjoint. 

Becker  arrive  à  Léopoldville,  avec  son  adjoint  Tobback, 
et  se  rend  aux  Falls,  où  il  retrouve  Tippo-Tip  qu'il  avait 
vu  jadis  à  Tabora  (1889). 

Becker  se  rend  avec  Tobback  au  camp  d'Ambuya.  Comme 
on  lui  reprochait  do  se  montrer  trop  favorable  aux  Arabes, 
Becker  donne  sa  démission  d'agent  de  l'Etat  et  se  dirige 
avec  les  Arabes  vers  Djabir.  Il  part  de  l'Aruwimi  et  fran- 
chit le  Leulu,  affluent  de  la  première  rivière,  déjà  signalé 
par  Al.  Delcommune. 

Becker  explore  ensuite  l'Itimbiri  ou  Rubi  et  remonte 
vers  le  Nord  et  l'Uele  par  le  Likati. 

Il  franchit  en  trois  jours  de  marche  la  distance  entre 
le  Likati  et  l'Uele    et  se  rend  à  Djabir. 

De  là  il  revient  à  Bumba  et  rentre  en  Europe  le  27  juin  1890. 

Capitaine  d'artillerie  en  retraite. 

(1902).  Inspecteur  des  Explosifs  du  royaume. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  et  de  l'Ordre  musulman 
du  Medjidié. 


—  532  — 
PUBLICATIONS: 

La  vie  en  Afrique  ou  trois  ans  dans  l  Afrique  centrale,  2  vol.  in-8"  de 
500  p.  chacun,  avec  carte  et  150  ill.  Bruxelles,  Lebègue,  1887, 

Les  premières  expéditions  belges  en  Afrique.  La  vie  en  Afriijue,  I,  appen- 
dice, pp.  31)9-451. 

La  troisième  expédition  belge  au  pays  noir.  in-S",  313  pp.  Bruxelles, 
Lebègue,  1888. 

Gymnases  d'exploration  et  de  colonisation.    (Bruxelles,    Mertens,  1886). 

Vade-mecum  du  voyageur  en  Afrique.  Organisation  d'une  caravane  de 
deux  cents  hommes  et  de  cent  fusils.  (Vie  en  Afrique,  annexes  du 
l-'  vol.,  pp.  455,  490). 

De  V esclavage  arabe  et  du  rôle  de  l Islam  en  Afrique.  (Chap.  XXXV, 
vol.  II,  ouvr.  Vie  en  Afrique,  pp.  318-340). 

Eloge  funèbre  des  frères  Liévin  et  Jose})h  Van  de  Velde,  prononcé  le 
20  avril  1888.  Bulletin  de  la  Société  royale  de  Géographie  d'Anvers, 
t.  III,  p.  31. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

DE  Martrix-Doxos.   Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  IL 
Mouvement  géographique,  1884,  p.  41;  1885,  p.  23;    1887,  p.  3  et  1889, 

p.  75;  1890. 
Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 


DE    LEU,    ALBERT,    LOUIS.    MARIE. 

né  à  Gand,  le  23  juin  1852;  décédé  à  Tabora,  le  25  jan- 
vier 1881. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  2'  régiment  d'artil- 
lerie. 

Membre  de  la  troisième  expédition  de  l'Association 
Internationale  Africaine  qui  se  dirige,  le  7  juin  1880,  sous 
les  ordres  du  capitaine  Ramaeckers,  vers  la  côte  orientale. 

De  Leu  est  spécialement  chargé  de  diriger  la  caravane 
et  de  transporter  les  sections  étanches  du  steamer. 


11  nM;()il  l'ordi'o  do  reprendro  le  coimnaiidoiaonl  du  doc- 
UMir  Vau  don  Hoiivcd,  à  Tabora,  où  il  iiiciirt  du  lyplius, 
iumIlth'  tous   los  soins  (jui    lui   sont   prodig-uôs. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  i)K  Maim'uin-Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  1.   1. 

—  Hkckku.    Vie  en  Afrique,  appendice. 


DE     MEUSE,    ROBERT, 

no  à  Verviers,  le  3  septembre  1852. 

Comme  attaché  à  l'Institut  de  cartographie  militaire,  il 
visite  l'Algérie  et  la   Tunisie. 

Se  rend  à  la  côte  orientale  en  juin  1880  et  fait  partie, 
en  (pialité  de  naturaliste  photographe  et  mécanicien,  de 
la  troisième  expédition  de  l'Association  Internationale  Afri- 
caine, sous  les  ordres  de  Ramaeckers. 

Miné  par  la  fièvre,  il  doit  retourner  à  la  côte,  après  avoir 
atteint  la  station  française  de  Gondoa,  et  rentre  en  Europe 
en  décembre  1881.  Part  la  même  année  pour  l'isthme  de 
Panama  où  il  fut,  pendant  cinq  ans,  attaché  aux  travaux 
du  percement,  en  qualité  de  chef  du  bureau  technique. 

Part  pour  le  Congo,  en  1889,  pour  compte  de  la  Société 
du  Haut-Congo  et  rentre  en  1890,  pour  cause  de  maladie. 

PUBLICATIONS: 

—  Divers  articles  de  journaux  sur  la  pêche  et  la  chasse. 

—  Une  excursion  dans  la  forêt  d\\.cfadon.  Bulletin  de  la  Société  belge  de 

Géographie,  1878. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  DE  Martrix-DonoS.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t,  I. 


IV.  -  EXPÉDITION  STORMS  (1882-1885). 


Membres  de   rexpédition  :   Stornis,   Constant,   Beine,    Maluin, 


STORMS,    EMILE,    PIERRE,    JOSEPH, 

ne  à  Wetteren,  le  2  juin   184G. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  O""  régiment  de  ligne. 

Est  désigné  comme  chef  de  la  quatrième  expédition  de 
l'Association  Internationale  Africaine,  avec  mission  de  rele- 
ver le  capitaine  Ramaeckers,  commandant  de  la  troisième 
expédition  en  station  à  Karema,  de  poursuivre  le  pro- 
gramme de  l'Association,  de  consolider  l'influence  déjà 
acquise  sur  la  rive  orientale  du  Tanganika  et  si  possible 
d'étendre  l'œuvre  sur  la  rive  opposée  du  lac,  déjà  visitée 
par  Popelin. 

Storms,  accompagne  du  lieutenant  Constant,  des  grena- 
diers, quitte  Bruxelles  le  4  avril  1882  et  débarque  à  Zan- 
zibar le  i  mai.  Dés  son  arrivée,  le  capitaine  Gambier,  établi 
à  Zanzibar,  lui  fait  part  de  la  mort  de  Ramaeckers. 

Becker,  installé  à  Tabora,  a  pris  la  place  de  son  chef  à 
Karema  et  Mohamed  Biri,  arabe,  homme  de  confiance  de 
Ramaeckers,  a  été  envoyé  à  Tabora. 


STORMS,  Emile. 


I 


—  535  — 

Constant,  attoiiiL  de  lièvres  à  Zanzibar  même,  est  ojjli^é 
(le  reprendre  le  chemin  de  l'Kurope  et  Storms,  seul  l)lanc, 
a('eompa<^iié  d(^  cent  vin^l-six  [)orteurs  et  Askaris  met  à  la 
voile,  pour  Sadani,  le  5  juin,  et  rpiatre  jours  plus  tard  quitte 
délinitivement  la  côte  poui'  se  nMidre  au  Tan<,''anika.  Il  ti'a- 
Iraverse  l'Usagara,  rU«>()go  eties  solitudes  du  M'^anda  Mkali. 

Vers  le  milieu  du  mois  d'août,  il  atteint  Tabora,  où  il 
rencontre  Mohamed  Biri,  mauvais  gueux  s'il  en  fut,  et 
([ui  a  exercé  une  intlu(Mice  néfaste  à  Karema  pendant  la 
maladie  de  son  maitre. 

Quelques  jours  suffisent  pour  réorganiser  la  caravane  et 
la  marche  est  reprise  le  27  août.  Un  mois  après,  Karema 
est  atteint. 

Pendant  son  séjour  à  Tabora,  Storms  voulut  conclure 
un  arrangement  avec  Tippo-Tip  en  vue  d'une  installation 
éventuelle  à  Nyangwe.  Toutes  les  combinaisons  que  le  chef 
lui  présenta,  lui  parurent  tellement  onéreuses,  qu'il  déclina 
ses  offres. 

Dès  son  arrivée  à  Karema,  Storms  propose  à  Becker  de 
retarder  quelque  peu  son  retour  en  Europe^  afin  d'aider 
aux  travaux  les  plus  urgents. 

Becker,  rentré  au  poste  de  Karema  après  la  mort  de 
Ramaeckers,  n'avait  pas  eu  le  temps  d'asseoir  l'autorité 
du  blanc  fortement  compromise  par  des  manœuvres  louches 
de  Mohamed  Biri. 

A  peine  arrivé,  Storms  voit  ses  hommes  exposés  aux 
attaques  de  Jassagula,  chef  du  village  de  Karema,  qui  se 
hasarde  même  à  leur  enlever  leurs  charges  et  leurs  fusils. 
Le  village  de  Karema  est  détruit  par  Becker  et  le  chef 
mis  en  fuite  avec  les  siens.  Jassagula  fait  sa  soumission 
et  quelques  mois  plus  tard,  il  est  autorisé  à  se  réinstal- 
ler. Dès  lors,  Storms  ne  comi)te  pas  de  sujet  plus   fidèle. 

Le  19  novembre  1882,  Becker  quitte  le  poste  pour  ren- 
trer en  Europe. 


—  536  - 

La  fin  de  l'année  1882  et  le  commencement  de  1883  sont 
consacrés  aux  travaux  de  la  station. 

Le  9  février  1883,  Bohiu  et  Reichard,  membres  de  la 
section  allemande  de  l'Association  Internationale  Africaine 
arrivent  à  Karema  avec  le  i)rojet  d'explorer  le  Kalang-a, 
mais  avant  de  traverser  le  lac,  Hohm,  docteur  en  sciences 
naturelles,  voulut  enriciiir  ses  collections  dans  la  région 
de  Karema. 

Depuis  quelque  temps  les  courriers  de  la  station  étaient 
en  butte  aux  attaques  des  gens  de  Katakwa.  Tchata,  chef 
voisin,  est  chargé  de  mettre  bon  ordre  à  cette  situation, 
mais  battu,  il  est  forcé  de  demander  secours  au  blanc. 

Storms  à  la  tète  d'une  partie  de  sa  caravane,  à  laquelle 
il  a  joint  des  hommes  de  Jassagula  et  de  Tchata,  part 
en  expédition  le  22  avril,  et  le  23  donne  l'assaut  au  vil- 
lage de  Katakwa.  Le  succès  est  complet,  mais  malheureu- 
sement, Bôhm,  qui  a  demandé  à  accompagner  Storms, 
est  frappé  de  deux  balles  à  la  cuisse,  ce  qui  le  retient  au 
lit  pendant  plus  de  deux  mois. 

Le  27  avril,  Storms  met  à  la  voile  vers  la  côte  occiden- 
tale du  Tanganika,  pour  reconnaître  un  emplacement  favo- 
rable à  l'installation  d'un  nouveau  poste. 

Reichard  profite  de  cette  traversée  pour  transporter  une 
partie  de  sa  caravane  en  vue  de  son  expédition  projetée. 

Le  4  mai  1883,  Mpala,  séjour  du  chef  de  ce  nom,  est 
choisi  comme  emplacement  de  la  nouvelle  station. 

La  présence  de  Reichard  à  Mpala  permet  à  Storms  de 
se  rendre  à  Ujiji,  afin  d'y  faire  l'achat  d'un  bateau  et  de 
s'y  procurer  les  articles  d'échange  nécessaires  à  Reichard 
pour  son  expédition. 

C'est  au  cours  de  ce  voyage  que  Storms  visite  la  Lukuga 
et  jette  les  bases  de  l'étude  qu'il  fera  paraître  plus  tard: 
Le  problème   du  mouvement  des  eaux  du   Tangaràka. 

Storms  rentre  à  Mj)ala  le  15  août  et  le  même  jour,  par 
une  mer   furieuse,   son   bateau  se   brise   sur   les   rochers. 


Il 


—  537  — 

()ii(>l([iio  temps  apros,  son  second  bnlean  a  le  meine  sort.  Il 
lui  l'ostait  nn  [)olit  steani-lanncli,  fjC  Camhior,  de  dimen- 
sions complètement  insnlïisantes  et  (\\\\\(}.  s.''îcnrité  1res  don- 
leuse  ponr  le  Tan^anika;  exhaussé  et  [)ourvu  d'une  mature, 
il  servit  tant  bien  que  mal  en  attendant  ({uc  l'on  se  soit 
procuré  de  nouvelles  embarcations.  Des  piro^-ues  indig-ènes 
sont  transformés  au  chantier  de  Mi)ala  en  bateaux  à  voiles 
cl  un  <;rand  bateau  est  mis  en  construction.  Cette  der- 
nière embarcation,  Le  Strauch,  permettra  plus  tard  à  Storms 
de  traverser  le  lac  avec  près  de  deux  cents  hommes. 

Le  l  septembre,  la  caravane  allemande  quitte  Mpala  pour 
poursuivre  son  vo^^ai^e  au  Katanga. 

Le  17  décembre,  Storms  rencontre  à  Karema  Giraud, 
officier  de  la  marine  française.  Dépourvus  de  tout,  mourant 
de  misère,  lui  et  les  siens,  par  suite  de  mauvais  traite- 
ments ([u'ils  ont  eu  à  subir  chez  Kasembé,  chef  dans  la 
région  du  Bangwelo,  venaient  se  refaire  à  Karema. 

Ravitaillé  par  les  soins  de  Storms,  qui  a  dépêché  une 
caravane  à  Tabora  pour  se  procurer  les  articles  d'échange 
nécessaires,  Giraud  se  propose  de  mettre  le  cap  sur  Mpala, 
en  vue  de  se  diriger  vers  le  Congo.  Il  a  une  déception 
bien  grande  lorsqu'il  donne  l'ordre  du  départ,  et  ce  n'est 
qu'après  avoir  parlementé  longuement,  qu'il  décide  ses 
hommes  à  s'embarquer.  Une  trop  longue  inaction  était  la 
cause  de  cette  désobéissance.   Il  atteint   Mpala  le  1  juin. 

Giraud  n'est  malheureusement  pas  au  bout  de  ses  peines. 
Quelques  jours  après  son  arrivée  à  Mpala,  ses  hommes 
refusent  formellement  de  partir  sous  prétexte  que  leur  terme 
de  service  a  pris  fin.  Toute  la  caravane  quitte  la  station, 
va  camper  dans  les  bois  et  se  livre  aux  plus  déplorables 
excès  sur  les  populations  des  environs  de  Mpala.  Giraud, 
contraint  et  forcé,  se  voit  obligé  à  congédier  ses  hommes 
et  rejoint  lui-môme  la  côte,  accompagné  d'un  seul  boy, 
en  utilisant  la  voie  Nyassa-Zambèze. 

Storms  atteste  que  la  révolte  de  la  caravane    de  Giraud 


—  538  — 

lui  a  créé  le  moment  le  plus  difficile  qu'il  ait  passé  en 
Afrique  et  qu'elle  a  été  sur  le  point  de  compromettre 
irrémédiablement  son  œuvre. 

Le  0  septembre  1884,  les  Pères  blancs  missionnaires 
d'Alger  viennent  solliciter  rai)pui  de  Storms  pour  s'établir 
dans  les  environs  de  Mpala.  Trois  jours  après,  il  part  avec 
eux  à  la  voile  et  les  installe  à  Tclianza,  à  une  journée  au 
Sud  de  son  poste.  Storms  a  toujours  eu  à  se  féliciter  de 
ce  voisinage.  Le  R.  P.  Moinet,  liomme  de  grande  francbise, 
devint  un  véritable  ami  et  à  toute  occasion  les  deux  blancs 
se  rendirent  de  mutuels  services. 

Le  30  novembre,  Storms  revoit  à  Mpala  son  ami  Rei- 
cbard,  retour  duKatanga.  Il  avait  perdu,  le  27  mars,  son 
camarade  Bobm,  emporté  par  les  fièvres.  Storms  éprouve 
une  vive  douleur  en  apprenant  cette  triste  nouvelle.  La 
caravane  allemande  avait  longtemps  séjourné  dans  ses  pos- 
tes, ce  qui  avait  permis  à  Storms  d'apprécier  Bobm  et  à 
l'aimer,  ainsi  que  Reicbard. 

Au  mois  de  novembre  pendant  un  court  séjour  à  Karema, 
Storms  apprend  que  Lusinga,  le  plus  puissant  cbef  du 
Marungu,  se  prépare  à  faire  la  guerre  au  chef  Mpala, 
avec  lequel  Storms  avait  fait  l'échange  du  sang  en  signe 
d'aillance. 

Recruter  cent  cinquante  Rouga-Rouga  dans  les  envi- 
rons de  Karema,  traverser  le  lac  et  tomber  sur  Lusinga 
est  l'affaire  de  quelques  jours.  Le  4  décembre,  le  sort  de 
Lusinga  est  décidé,  il  est  le  premier  frappé  dans  l'assaut 
donné  à  son  village. 

Lusinga,  véritable  fléau  du  Marungu,  était  le  principal 
fournisseur  d'esclaves  aux  Arabes;  aussi  sa  mort  produisit- 
elle  une  grande  joie  dans  la  contrée  et  tous  les  chefs  du 
territoire  de  Lusinga  s'empressèrent-ils  de  paj^er  tribut 
au  poste  de  Mpala. 

Kansawara,  autre  grand  chef  du  Marungu,  soumis  précé- 
demment par  Lusinga  et  pa3'ant  tribut    à  son  vainqueur, 


—  53V)  — 

crut  1(^  moment  favorable  pour  se  rendre  maître  de  la 
contrée  de  son  ancien  suzerain;  mais  Slorins  \\(\  l'enten- 
dit pas  ainsi. 

Le  15  décembre,  Kansa\\ara  (\st  enlirrcnient  défait  par 
les  forces  de  M|)ala.  Il  fait  sa  soumission  et  dès  le  sur- 
lendemain  ])aye   tribut  au  vainqueur. 

C'est  lorsque  ce  résultat  inespéré  fut  obtenu  et  dans 
la  (juiétude  la  plus  complète  que  Storms  reçut  avis,  vers 
la  mi-mai  1885,  que  les  opérations  par  la  côte  orientale 
devaient  prendre  fin.  Il  fut  donc  prié  de  remettre  provi- 
soirement ses  postes  aux  missionnaires. 

Depuis  la  fin  de  l'année  1883,  Storms  s'attendait  à  voir 
revenir  Becker  et  ce  n'est  qu'au  commencement  de  1885 
que  celui-ci  arriva  à  Zanzibar  avec  quatre  Européens (Durutte, 
Dlianis,  Dubois  et  Molleur).  Storms  espérait  donc  encore 
pouvoir  garder  intacte  sa  situation  acquise;  mais  il  fut 
bientôt  désabusé. 

Une  lettre  datée  de  Bruxelles,  du  27  février  1885,  or- 
donna au  personnel  blanc  de  Zanzibar,  de  quitter  les  lieux, 
les  uns  reçurent  ordre  de  rentrer  en  Europe,  les  autres 
de  se  rendre  au    Congo,   par  la  voie   du  Cap. 

Vers  la  fin  de  juillet,  Storms  prend  donc  le  chemin  de  la 
côte,  après  avoir  installé  les  missionnaires  à  Mpala  et  à 
Karema  et  arrive  à  Zanzibar  vers  la  fin  d'octobre. 

Ce  voyage  de  retour  s'effectue  dans  la  saison  des  pluies 
et  le  courageux  oflficier  subit  des  souffrances  et  des  fatigues 
telles,  qu'il  faillit  mourir  en  route.  Pendant  quinze  jours 
il  marche  à  travers  des  régions  inondées,  où  l'eau  lui 
monte  jusqu'à  mi-corps  et  au  Nord  de  Khonko,  il  subit 
une  sérieuse  attaque  des  Rouga-Rouga. 

Ce  n'est  qu'en  arrivant  à  Zanzibar,  que  Storms  prend 
connaissance  de  sa  nomination  dans  l'Ordre  de  Léopold, 
datée  du  27  février. 

Il  débarque  en  Europe  le  21   décembre  1885. 


—  540  — 

En  1888,  Storms  se  voit  confier  la  direction  teclinique 
de  l'œuvre  antiescknii^iste  de   Belgi(jue. 

Dans  une  récente  enquête  faite  en  Angleterre  sur  la 
question  du  Congo,  Sir  Harry  Johnston  s'exprime  ainsi 
sur  le  compte  de  Storms: 

«  ...  Les  Anglais  ont  beaucoup  de  défauts,  mois  je  crois  sin- 
»  cèrement  qu'à  tout  prendre,  ils  font  les  meilleurs  administrateurs 
»  qu'il   y   ait   dans    le   monde. 

»  Mais  je  ne  place  pas  la  moyenne  des  Belges  que  j'ai  rencon- 
»  très  dans  l'Afrique  occidentale  beaucoup  au  dessous  d'eux.  Des 
»  hommes  comme  Dhanis  ou  comme  Storms  peuvent  être  mis  au 
»  même   rang  qu'un   Lugard    ou    un    Lonsdale.   » 

(Indépendance  belge  du   27  juin   1907,   n»    178). 

Storms  est  actuellement  général-major  commandant  la 
huitième  brigade  d'infanterie  à   Bruxelles. 

Officier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  mili- 
taire de  première  classe,  de  l'Etoile  de  service  et  du  Lion 
et  du  Soleil  de  Perse  de  quatrième  classe,  commandeur 
du  ïakovo  de  Serbie. 

PUBLICATIONS: 


—  Le   problème   du  mouvement   des    eaux  du  Tanganika.  (Bulletin  de  la 

Société  belge  de  (léographie,  1886,  pp.  50-61). 

—  Notes  sur  Vethnographie  de  la  partie  orientale  de  l'Afrique  équatoriale. 

(Bulletin   de  la  Société  d'Aiithropologie'de  Belgique,  t.  V,  1886-1887. 
pp.  91-202,  en  collaboration  avec  le  docteur  V.  Jacques). 

—  L'échange  du  sang.  (Mouvement  géographique,  1885,  p.  3). 

—  Une  séance  de  féiicheur.  (Mouvement  Géographique,  1885,  p.  71). 

—  Le  Tanganika.  Quelques  particularités  sur  les  mœurs  africaines.  (Bulletin^ 

de  la  Société  belge  de  Géographie,  1886,  pp.  169-200). 

—  Vœuvre  ardiesclavag-^ste.  (Mouvement  antiesclavagiste,  1890,  pp.  63-72). 

—  Le  potager  à  Karema.  (Mouvement  antiesclavagiste,  15  décembre  1888). 

—  La  carte  du  Tanganika.  (Expositions  de  Bruxelles  et  d'Anvers). 


—  541  - 
RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Vktok'  (iiiJAi  I).  Les  /(fcs  de  rAfrifjuec'ffuaioriale,  (Ilîicliolli!,  18'J().  ('Ii;n». 

XXIII  à  XXVIl). 
i)K  Mahtrin-Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  I. 
CiiAi'AUX.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 
Mouvement  géographique^  1884,  pp.  3-22  et  83. 
nncKKii.    Vie  en  Afrique,  îippt'ndico.  (l^ullctiii  de  la  Société  de  fiéogra- 

[)hie,  t.  IX,  p.  735). 


CONSTANT,  CAMILLE,   ISIDORE,    FRANÇOIS. 

HENRI, ERASME, 

né  à  Monteguée,  le  3  septembre  1851;  décédé  à  Anvers, 
le    22   février  1894. 

Lieutenant  au  régiment  des  grenadiers. 

Part  pour  le  Congo  le  4  avril  1882,  comme  adjoint  du 
lieutenant  Storms,  chef  de  la  quatrième  expédition  à  la 
côte  orientale.  A  peine  arrive  à  Zanzibar,  il  est  arrêté  par 
la  maladie  et  revient  en  Belgique  au  mois  d'août  de  la 
même  année. 

Capitaine  commandant  au  5^  de  ligne. 


BEINE,   JEAN,  VICTOR, 

né  à  Lincent,   le  8  septembre   185G. 

Etudiant  en   médecine. 

Se  rend  à  la  côte  orientale  en  avril  1883,  pour  rejoindre 
le  lieutenant  Storms. 

Est  nommé  sous-chef  de  la  station  de  Karema. 

Rentre  en  Belgique,  le  21  décembre   1885. 


—  542  — 
MALUIN,    EMILE.    JEAN.   JOSEPH. 

lié  à  Saint-Josse-ton-Noode,   le  18  septembre  1855. 

Chef  de  bureau  à  la  Banque  nationale  de  Bel^i({ue,  part 
le  1  janvier  1883,  pour  l'Afrique,  en  qualité  d'adjoint  du 
lieutenant  Stornis,  cher  de  la  quatrième  expédition  à  la 
côte  orientale. 

Arrivé  à  Zanzibar,  il  est  atteint  d'une  h(q)atite  aiguë, 
qui   le  force  à  rentrer  en  Europe  (juillet  1883). 

Conservateur  du  Portefeuille  à  la  Banque  nationale. 


V.  -  EXPÉDITION  BECKER-DURUTTE  (1884) 


Membres   de    l'expédition  :    Becker,    Durutte,  Dhanis,    Dubois   et 
MoUeur   (Français). 


BECKER,  JÉRÔME,  JACQUES. 

(La  notice  I)iographiqiie  avec  portrait  a  paru  à  la  page  530). 

Chef  de  la  cinquième  expédition  à  la  côte  orientale 
(octobre  1884). 

Gravement  atteint,  il  est  forcé  de  rentrer  en  Europe  en 
janvier  1885,  après  avoir  confié  la  direction  de  la  mis- 
sion à  son  adjoint,  le  lieutenant  Durutte. 


DURUTTE,    ADOLPHE    EDOUARD.  FRANÇOIS. 

(ÉCUYER). 

né  le  18  mai   1853. 

Lieutenant    au  régiment  des  carabiniers. 

S'engage  au  service  de  l'Association  Internationale  Afri- 
caine en  octobre  et  prend  part  à  la  cinquième  expédition 
à  la  côte  orientale  (18  octobre  1884). 


^ 


544 


Adjoint  comme  second  à  Becker,  il  prend  le  comman- 
dement de  la  mission  à  Zanzibar,  lorsque  son  chef,  gra- 
vement atteint,  est  forcé  de  reprendre  le  chemin  d'Europe 
(janvier    1885). 

L'expédition,  dont  le  but  est  de  se  rendre  au  Tanganika, 
est  obligée  de  demeurer  à  la  côte  jusqu'en  avril  1885,  atten- 
dant vainement  l'ordre  de  Bruxelles  d'organiser  définiti- 
vement la  caravane  et  de  se  diriger  vers  l'intérieur. 

Au  lieu  de  l'ordre,  qu'on  avait  fait,  un  moment,  entre- 
voir aux  ofïiciers  de  la  cinquième  expédition  d'être  dirigés 
sur  le  Congo  par  mer,  arrive  le  rappel  pur  et  simple 
en  Europe,  avec  faculté  de  prendre  la  voie  du  Gap  de  Bonne 
Espérance  pour  le  retour. 

La  cinquième  expédition  rentre  à  Bruxelles,  le  22  mai, 
ayant  contourné  tout  le  continent  africain. 

Durutte  devient,  en  1885,  aide-de-camp  du  ministre  de 
la  guerre,  le  lieutenant-général  Brassine. 

Lieutenant-colonel  en  retraite. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix 
militaire  de  première  classe,  et  du  Medjidié  de  quatrième 
classe,  du  Soleil  Levant  de  cinquième  classe,  chevalier  du 
Christ  de  Portugal,  et  officier  de  l'Eléphant  blanc  (Siam). 


DHANIS,     FRANÇOIS.    ERNEST.    JOSEPH.    MARIE    (BARON). 

(La  notice  biographique,  avec  portraits,  a  été  publiée 
p.   53.) 

(1885).  Adjoint  de  Jérôme  Becker,  chef  de  la  cinquième 
expédition   à  la  côte  orientale. 

L'expédition  allait  se  diriger  de  Zanzibar  vers  Karema, 
quand  lui  arrive  le  nouvelle  de  la  convention  de  Berlin 
en  1885. 


DUBOIS,  Jules. 


Cliché  de  Touviage  de  M.  Chapaux, 
Le  Congo  historique,  diplomatique. 


—  515  — 

A  la  suite  do  celle  eoiirérence,  raclivilj'  des  Fîejfjres 
n'avait  i)l\is  à  s'employer  à  la  côte  oricMilahi  (3t  l'expcdilion 
Hecker-Durutte  fut  rappelée  en  PiUropc;. 


DUBOIS,    JULES.    GHISLAIN.    J03EPH. 

né  à  Trisogne  (Pcssoux),  le  23  décembre  185G;  décédé  i)rés 
des  Stanley-Falls,  le  28  août   1880. 

Sous-lieutenant  au  2^  régiment  de  guides,  puis  lieute- 
nant au  4e  régiment  de  lanciers. 

S'embar({ue,  le  19  octobre  1884,  à  destination  de  la  côte 
orientale,  pour  prendre  part  à  la  sixième  expédition  de 
l'Association  Internationale  Africaine,  sous  le  commande- 
ment de  Becker.  Par  suite  de  la  famine  sévissant  en  Afrique 
orientale  et  pour  des  raisons  politiques,  la  pénétration  de 
l'Afrique  parla  voie  de  l'Est,  dut  être  abandonnée;  la  mis- 
sion Becker  fut  dissoute  à  Zanzibar  et  ses  membres  rentrè- 
rent en   Europe,  le  24  mai  1885. 

Dubois  repart  pour  Boma,  le  17  mars  1886,  et  est  désigné, 
le  15  juin  suivant,  pour  se  rendre  au  poste  de  Stanley- 
Falls  et  y  être  adjoint  au  commandant  de  cette  station, 
Deane,  jeune  gentleman  anglais,  ancien  officier  de  l'armée 
des  Indes,  qui  s'y  trouvait  depuis  le   14    février  188(3. 

Dubois  quitte  Léopoldville,  le  19  juillet,  à  bord  àwSUmley 
avec  Coquilhat,  chef  de   la  station  de  Bangala. 

La  station  des  Stanley-Falls  était  le  point  extrême  de 
l'influence  de  l'Association  Internationale  Africaine  sur  le 
Congo.  En  contact  direct  avec  les  Arabes,  elle  constituait 
une  barrière  à  leurs  incursions  vers  l'Ouest.  Aussi  le  res- 
sentiment que  les  esclavagistes  éprouvaient  depuis  l'instal- 
lation du  poste,  augmentait-il  chaque  jour.  On  connaît 
l'origine  de  cette  station. 


—  o4G   — 

Les  Arabes  des  Falls  venaient  de  Nyan^^we,  établisse- 
ment fondé  par  eux  en  1868.  Ils  avaient  suivi  la  voie  tracée, 
en  1870,  par  Stanley,  et  quand  ce  dernier  revint,  en  188:î, 
aux  Falls,  il  trouva  la  ré<>ion  rava^^'ée  par  les  chasseurs 
d'hommes.  11  y  fonda  une  station,  dont  le  commandement 
fut  donné  à  Binnie,  auquel  succéda  plus  tard  le  lieutenant. 
Wester,  qui  conclut,  en  octobre  1881,  avec  les  Arabes  un 
traité  par  lequel  ceux-ci  s'engagaient  à  ne  pas  dépasser  les 
cataractes,  môme  pour  faire  le  commerce.  A  force  de  pru- 
dence, Wester  parvint  à  éviter  tout  contlit. 

En  janvier  1885,  Van  Gèle  arriva  aux  Falls  et  eut  avec 
Tippo-Tip  un  entretien  à  la  suite  duquel  ce  chef  s'engaga 
à  rappeler  ses  soldats  postés  sur  l'Aruwimi  et  le  Lomami. 
Cette  promesse  fut  tenue. 

Un  an  après,  le  14  février  1886,  Deane  prit  le  comman- 
dement de  la  station.  Désireux  de  protéger  les  indigènes 
contre  les  brigandages  des  Arabes,  il  fit  des  remontrances 
à  Tippo-Tip.  La  situation  commença  à  se  tendre  et  les 
rapports  devinrent  plus  froids,  sans  cependant,  dit  Bau- 
mann,   donner  lieu  tout  d'abord  à   des  appréhensions. 

Tippo-Tip  étant  parti  en  avril,  laissa  le  commandement 
de  ses  établissements  à  Bwana-Zige.  Celui-ci  aussitôt,  changea 
de  ligne  de  conduite  et,  à  partir  du  mois  de  juillet,  l'attitude 
des  Arabes  devint  nettement  agressive. 

Vers  le  milieu  du  mois  d'août,  une  femme  esclave  fustigée 
de  cent  coups  de  bâton,  s'était  enfuie  du  camp  arabe,  situé 
en  face  des  Stanley-Falls  et  s'était  réfugiée  à  la  station. 
Le  chef  arabe,  auquel  cette  femme  appartenait,  la  réclama 
au  chef  de  la  station,  Deane.  Celui-ci  refusa  de  la  rendre 
et  offrit  de  la  racheter.  Les  Arabes,  très  mécontents,  se 
livrèrent  à  des  menaces,  que  Deane  eut  tort  de  dédaigner. 

Sur  ces  entrefaites  arrive  le  Stanley  et  Dubois  débarque 
aux  Falls,  le  22  août. 

Amère  déception;  au  lieu  de  Tenvoi  annoncé  de  soldats 


—  547  — 

et  do  munitions,  le  lieutenant  Dubois  représentait  le  seul 
secours   (expédié  à  la  station  en   p('M'iL 

Deane  est  I'oitô  d'enipruntcM'  deux  cent  cinquante  car- 
louches  au  capitaine»  du   Slrniiri/. 

En  présence  de  l'écjuipa^c  du  steamer,  les  Arabes  l'ont 
savoir  au  commandant  de  la  station  qu'ils  désirent  la  paix. 
Tandis  que  Deane  se  rend  dans  un  village  voisin  pour  y 
sceller  la  réconciliation,  Dubois  et  les  autres  blancs  gardent 
rétablissement   de  l'Etat  contre  toute  surprise. 

La  paix  est  conclue  et  le  Stanley  repart  le  lendemain, 
23  août.  Cette  trêve  peu  lo3^ale  n'est  qu'une  feinte  de  la 
part  des  Arabes. 

Dans  la  nuit  même  qui  suit  le  départ  du  steamer  un 
des  chefs  Wagenia  de  l'île,  prévient  Deane  que  les  Arabes, 
au  nombre  de  quatre  à  cinq  cents,  se  massent  derrière  son 
village  dans  l'intention  évidente  de  donner  l'assaut  dans 
la  matinée.  Dès  le  jour,  en  effet,  les  Arabes,  sans  le  moindre 
avertissement,  entourent  la  station.  Le  combat  dure  jusqu'à 
quatre  heures;  une  charge  finale  commande  la  retraite  des 
assaillants. 

Les  25  et  20  ont  lieu  de  nouvelles  provocations.  Le  canon 
et  la  mousqueterie  font  de  sérieux  ravages  parmi  les 
Arabes;  malheureusement  les  munitions  pour  fusils  Snyder 
s'épuisent  et  donnent  cinquante  pour  cent  de  ratés. 

Les  Arabes  se  reposent  le  27  août.  Le  lendemain,  ils 
font  une  nouvelle  tentative;  un  instant,  ils  pénètrent  dans 
la  place  et  réussissent  à  enlever  un  grand  fusil  de  rem- 
part monté  sur  chevalet.  Mais  à  trois  heures,  un  retour 
offensif  désespéré  exécuté  par  la  garnison,  avec  les  der- 
nières cartouches  et  à  la  baïonnette,  les  repousse. 

Deane  et  Dubois  sont  littéralement  éreintés.  Combattant 
le  jour,  ils  occupent  leurs  nuits,  à  fortifier  la  place,  à 
faire  des  rondes,  et  à  tenter  d'améliorer  leurs  munitions 
notamment  en  subslituant    aux    détestables    amorces    des 


—  548  — 

cartouches  Sn^aler  des  capsules  pour  fusils  à   percussion. 

Vers  quatre  heures,  le  sergent-major  desHaoussa,  Massou- 
Kanou  vient  avertir  Je  commandant  du  poste,  que  dans 
les  conditions  actuelles  la  garnison  a  perdu  tout  espoir 
de  vaincre,  que  ses  soldats  sont  prêts  à  se  faire  tuer  en 
comhattant;  mais  que,  sans  munitions,  ils  ne  veulent  pas 
tomhcr  vivants  aux  mains  des  Arahes  «  comme  des  poules  ^. 

Dépourvus  de  moyens  de  défense,  ils  se  considèrent 
comme  déliés  de  leurs  devoirs  militaires  et  sont  décidés 
à  ahandonner  la  place. 

Deane  leur  expose  vainement  la  honte  de  la  fuite  projetée 
et  fait  valoir  les  grandes  pertes  des  Arabes,  qui  comptent 
au  moins  cinquante  à  soixante  tués,  tandis  qu'eux  n'ont 
à  regretter  que  deux  morts. 

Rien  ne  peut  ébranler  la  décision  des  Haoussa.  Deane 
et  Dubois  font  un  dernier  effort  pour  s'opposer  à  leur  em- 
barquement qui  s'opère  à  l'insu  des  Arabes.  Vers  huit 
heures  du  soir  la  station  ne  contient  plus  que  sept  Haoussa, 
quatre  boys  et  les  deux  officiers. 

Deane  et  Dubois  préparent  l'incendie  des  bâtiments  prin- 
cipaux en  vue  de  détruire  les  marchandises  et  la  poudre, 
Ils  imbibent  les  installations  de  pétrole  et  y  mettent  le 
feu,  faisant  sauter  les  deux  canons.  A  onze  heures,  les 
deux  officiers  se  décident  à  la  retraite;  suivant  de  très 
près  la  rive  Nord  du  Congo,  en  cet  endroit  très  escarpée, 
ils  franchissent  à  gué  le  petit  bras,  qui  la  sépare  de  l'île  de 
la  station. 

Les  deux  fugitifs  n'ont  plus  auprès  d'eux  que  quatre 
Haoussa  et  les  enfants.  Ne  trouvant  pas  le  sentier,  sous 
bois,  ils  suivent  de  très  près  le  bord  de  l'eau,  étroite  bande 
de  terre  encombrée  de  broussailles  et  souvent  interrom- 
pue par  les  racines  des  grands  arbres  de  la  forêt  vierge 
qui  touche  le  fleuve. 

Après  avoir  parcouru  environ  un  à  deux  kilomètres,  ils 


54U 


se  luMirlonl,  à  do  Inrg-es  rochers  creusés  piii'  les  crues  et 
penchés  vers  le  llcuve.  Kn  les  rranchiss;int,  Deane  l'ail  un 
taux  j)as  et  tombe  à  l'eau,  mais  il  est  i)roinpt(inient  retiré 
(le  sa   lâcheuse    position. 

(Juehjues  mètres  i)lus  loin  c'est  Duhois  qui,  i^lissant  sur 
la  l'oche,  perd  ré(piilil)re  et  vonU^  dans  le  courant  li'ès 
violent  à   cet  endroit. 

Habile  na<^-eur,  Dubois  est  paralysie  dans  ses  mo3'ens  par 
la  pesanteur  de  son  costume.  Outre  ses  vêtements,  il  i)orte 
un  ceinturon  avec  deux  cartouchières,  un  revolver,  un  fusil 
Martiny-express  en  bandouillère,  le  casque  en  feutre  sur 
la  tète  et  de  grosses  bottines  de  chasse  aux  pieds.  La  nuit 
est  très  noire,  et  les  lueurs  lointaines  de  l'incendie  de  la 
station  ne  font  qu'égarer  la  vue  par  leurs  reflets  inter- 
mittents et  trompeurs. 

On  entend  Dubois  se  battre:  on  lui  tend  un  fusil.  ^  Où 
est-il?  «  s'écrie-t-il.  Et  au  bout  de  quelques  instants:  «Je 
n'en  puis  plus,  je  vais  mourir  ". 

Deane  se  jette  à  l'eau  pour  le  secourir  et  le  ramène 
jusque  près  d'une  saillie  de  rocher.  Puis,  l'officier  anglais 
fait  effort  pour  remonter  sur  la  berge,  il  y  parvient  enfin. 
Au  milieu  du  bruit  qu'il  a  fait  dans  l'eau  pour  en  sortir, 
il  s'imagine  que  le  lieutenant  a  de  son  côté  travaillé  à 
reprendre  pied  sur  la  terre  ferme.  Il  lui  parle,  il  l'appelle, 
mais  n'obtient  pas  de  réponse.  Dubois,  épuisé,  a  disparu 
pour  jamais. 

Quant  à  Deane,  plus  heureux  que  son  infortuné  adjoint, 
il  sera  recueillie  trente  jours  plus  tard,  par  Goquilhat, 
mourant  de  privations  et  de  misère  à  Yariembi  dans  une 
cabane  où  les  indigènes  le  cachent  soigneusement  aux 
Arabes. 

Parlant  à  Coquilhat  de  son  adjoint,  Deane,  fait  l'éloge 
de  la  bravoure  extraordinaire  déployée  par  Dubois,  de  son 
sang-froid   imperturbable,  de  son  étonnante  activité. 


—  550 


«  Au  plus  fort  de  la  lutte,  il  m'envoj'ait  de  petits  billets 
«  écrits  sur  le  genou  pour  demander  des  munitions  nou- 
«  velles  ou  quelque  autre  chose.  Ces  notes  sont  comme 
r>  calligTapliiées  et  ne  trahissent  pas  la  moindre  émotion 
«  vous  pouvez  être  fier  de  compter  de  tels  hommes  dans 
«  votre  armée,  aucune  autre  n'en   a  de  meilleurs.  » 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

CoQUiLiiAT.  Sur  le  haut  Co7igo. 

Congo  illustré,  1893,  p.  81. 

Chapaux.   Le  Congo  historique^  diplomatique,  p.  140. 


DELGOMMUNE,  Alexandre. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 


Chapitre   III 
Les   premiers   pionniers  belges  au   Congo 


"  Sans  exemple  dans  l'histoire  des  découvertes  conti- 
»  nentales,  apparaît  la  rapidité  avec  laquelle  la  partie  la 
n  plus  longtemps  ignorée  deV Afrique,  l'immense  bassin  du 
V  Congo,  a  été  explorée  dans  toutes  ses  régions;  mais  sans 
n  exemple  aussi  est  la  générosité  avec  laquelle  un  monar- 
i>  quBy  aux  idées  élevées,  a  poursuivi  avec  ferm,eté  ce  but 
r>  sans  se  laisser  rebuter  parfois  par  de  dures  épreuves, 

»  L'exploration  du  Congo  est  l'œuvre  la  plus  considé- 
»  i^able  de  ces  derniers  temps  sur  le  continent  africain  n. 

B""  DE  RiCHTiiOFEN.  Discours  présidentiel  prononcé  le 
21  avril  1888  à  l'assemblée  générale  de  la  Société  de 
Géographie  de  Berlin. 

I.  —  LA  PÉRIODE  DE  STANLEY  (1). 
(1879-juillet  1885) 

DELCOMMUNE,  Alexandre,  joseph, 

PHILIPPE, 

né  à  Namur,  le  0  octobre  1855. 

Premier  Belge  fixé  au  Congo,  où  il  s'est  rendu  dès  1874, 
par  esprit  d'aventure. 


(1)  Sous  cette  rubrique,  les  notices  sont  classées  par  ordre  chronolo- 
gique,  suivant    la  date  du   départ. 

Bien  que  Stanley  ait  quitté  le  Congo  en  juillet  1884,  nous  avons  cru 
devoir  étendre  cette  période  jusqu'au  PJ  juillet  1885,  date  de  la  procla- 
mation de  TEtat  Indépendant  du  Congo  à  Banana,  (jui  est  l'aboutissement 
de  l'œuvre  à  laquelle  Stanley  avait  consacré  ses  elibrts. 


—  552  — 

Il  se  trouve  à  Borna,  en  1877,  comme  chef  des  établisse- 
ments de  la  maison  française  Daumas  et  Béraud,  lorsque 
Stanley,  à  la  tôte  de  l'expédition  du  New-York  Herald 
et  du  Daily  News,  y  arrive  tout  à  coup,  après  avoir 
révélé  le  cours  gigantesque  du  Congo-moyen.  Delcommune 
rentre  en  Belgique  en  1883,  après  un  séjour  ininterrompu 
de  neuf  années  sous  les  tropiques. 

Depuis  lors,  Delcommune  participera  à  toutes  les  grandes 
entreprises,  qui  se  succéderont  en  Afrique.  Tour  à  tour 
trafiquant,  administrateur,  agent  politique,  explorateur,  il 
portera  dans  toutes  les  branches  de  l'activité  africaine,  ses 
investigations  persévérantes  et  calmes. 

En  1884,  Delcommune  est  appelé  à  la  direction  des  fac- 
toreries belges,  fondées  à  N'Gongola  et  Boma  par  Gillis, 
et  à  celle  des  transports  de  l'A    I.  entre  Banana   et  Vivi. 

Le  19  avril  1884,  les  chefs  de  Boma  signent  avec  lui  un 
traité  plaçant  leur  territoire  sous  le  protectorat  de  l'A.  I.  G. 

Il  passe  ensuite,  en  1886,  au  service  de  l'Etat,  en  qualité 
de  chef  de  cette  station  et  de  directeur  des  transports. 

Delcommune  rentre  en  Belgique  fin  1886. 


Lorsque  la  Compagnie  du  Congo  pour  le  commerce  et 
l'industrie  organisa,  en  1887,  une  expédition  dans  le  but 
d'étudier  la  construction  d'un  chemin  de  fer,  destiné  à 
relier  le  Bas  au  Haut-Congo,  elle  décida  en  môme  temps 
l'envoi,  dans  les  régions  du  centre,  d'une  expédition  chargée 
de  faire  la  reconnaissance,  au  point  de  vue  commercial, 
du  haut-fleuve  et  de  ses  principaux  tributaires. 

Dans  ce  but,  Delcommune,  qui  s'était  embarqué  avec  Thys 
et  Cambier,  à  bord  du  Vlaancleren,  le  8  mai  1887,  trans- 
porte au  Pool  le  steamer  Foi  des  Belges  par  les  quatre 
cents  kilomètres  de  hi  route  des  caravanes  et  entreprend. 


-  553  — 

lo  27  mars  1888,  nvor  1)(^  M(mis(\  l'oxploi-ilion  du  fl(Mive 
cl  (le  SOS  princi[):nix   lril)ii(;uros. 

Il  visilo  le  l\:isai  jus(ju'à  Lueho,  lo  lac  L('u)[)()l(l  11,  la 
Liikenio,  la  Liiliia,  U)  Sankuru,  lo  Lubol'u,  le  Kwan^o,  la 
Djounia  et  lo  Kouilou. 

Reiilrô  à  Léopoldvillc  lo  2  septGml)rc,  il  repart  lo  f 
novombrc,  pour  efTectuor  la  reconnaissance  du  liaut-ileuve 
et  de  ses  afiiuents. 

Il  se  dirige  vers  les  Falls,  s'engage  dans  le  Lomami, 
jus(iu'à  Bena  Kamba  (G  janvier  1889),  soit  un  parcours  de 
neuf  cent  trente  kilomotros,  pendant  dix-sept  jours,  jus- 
({u'au  troisième  parallèle  Sud,  rov('lant  une  nouvelle  route 
lUiviale,  plus  courte  que  celle  du  Sankuru,  pour  atteindre 
Nj^angwe  et  le  Manyema.  Il  est  arrête  par  les  rapides. 
En  revenant,  il  pénètre  dans  l'Aruwimi,  jusqu'à  Yambuya 
et  explore  la  Ghuapa  et  l'Irebu;  il  remonte  l'Itimbiri,  ainsi 
que  la  Lulonga. 

Delcommune  décrit  dans  le  Congo  illustré  son  explora- 
tion du  Ruki  et  du  lac  Tumba. 

Le  Ruki  est  ce  puissant  tributaire  que  le  Congo  reçoit 
sur  sa  rive  gauche,  un  peu  en  amont  de  la  station  de 
l'Equateur.  La  première  exploration  de  cette  rivière  est 
due  au  missionnaire  Georges  Grenfell  qui,  à  bord  du  Peace, 
et  en  compagnie  du  lieutenant  allemand  von  François,  la 
remonta  en  1885. 

Après  avoir  descendu  le  Congo  en  suivant  la  rive  gauche, 
Delcommune  arrive  au  confluent  du  Ruki.  Celui-ci  se  jette 
dans  le  fleuve  par  trois  branches  séparées  par  des  îles  her- 
beuses. Le  bras  du  milieu  est  le  plus  large,  le  plus  pro- 
fond et  le  plus  propre  à  la  navigation.  Les  eaux  sont  noires, 
comme  celles  du  lac  Léopold  et  de  la  Lulonga  (14  février 
1889.) 

Le  lit  de  la  rivière  va  s'amplifiant  à  mesure  qu'on  avance, 
et,  parsemé  d'iles,  possède  à  certains  moments  une  largeur 


—  551  — 

totale  d'un   kilomctre.  Partout  on  distingue  des  villages; 
la  naviiçation  est  facile. 

Le  15  février,  vers  huit  heures  et  demie,  l'expédition 
s'aiTÔte  sur  la  rive  gauche,  au  village  de  Bakele,  qui  s'étend 
sur  ({uinzc  cents  mètres  de  rive.  Le  plateau,  sur  lequel  il 
est  construit  est  élevé  de  quatre  à  six  mètres  au-dessus 
de  la  rivière. 

Delcommune  rencontre  partout  une  grande  méfiance  de 
la  part  des  indigènes,  dans  les  villages  où  il  est  forcé 
d'ahorder  pour  faire  du  bois. 

Le  18  février,  il  pénètre  dans  la  Salonga,  affluent  de 
gauche  du  Ruki,  et  débarque,  non  sans  de  longs  pourpar- 
lers,  à  Kussi  où  il  est  bien  reçu  par  les  populations. 

Après  avoir  parcouru  deux  cent  vingt-cinq  kilomètres, 
Delcommune  décide  de  rebrousser  chemin,  la  navigation 
devenant  difficile.  Repassant  devant  le  village  de  Kussi, 
où  il  a  été  si  cordialement  accueilli  quelques  jours  aupa- 
ravant, il  est  assailli  par  une  nuée  de   flèches  (23  février). 

A  la  fin  de  cette  journée,  le  steamer  rentre  dans  les 
eaux  du  Ruki. 

Vers  six  heures,  il  atteint  le  village  de  Bobuando,  dont 
le  chef  fait  aux  vo3'ageurs  un  excellent  accueil. 

Dans  une  palabre  qu'il  a  avec  le  chef  Issasanga,  Del- 
commune expose  les  événements  inexplicables  qui  viennent 
de  se  passer  à  Kussi.  Les  dispositions  bienveillantes  du 
chef  Issasanga  et  de  ses  gens  se  modifient  aussitôt,  et  par  un 
étrange  malentendu  deviennent  menaçantes.  Delcommune, 
afin  d'éviter  un  conflit,  fait  l'échange  du  sang  avec  Issa- 
sanga, ce  qui  ramène  la  confiance  des  populations. 

Le  25,  revenus  dans  les  eaux  du  Congo,  les  voyageurs 
se  rendent  à  la  station  de  l'Equateur,  où  ils  séjournent 
pendant  deux  jours. 

Partis  le  27  février,  à  six  heures  du  matin,  ils  arrivent 
aune  heure  au  confluent  de  l'Irebu.  Ils  entrent  dans  cette 
rivière  qui  s'élargit   peu  à  peu  et  ne  tarde  pas  à  atteindre 


u;j-> 


inilh^  à  (|uinz(3  cents  inrtros,  puis  trois  kiloiiiètros  do  hn-^cur. 

Plus  loin  In  rivière  revient  à  son  ancienne  lai'^^eur  de 
quatre  cents  mètres;  puis  s'(''larf:^issant  de  nouveau,  elle 
oll're  raspcct  d'une  vaste  lagune  avec  de  nombreux  îlots 
herbeux. 

Les  voyageurs  débaniuent  à  Ituta,  village  commandé  par 
le  chef  Matinga,  un  vieillard,  ([ui  les  reçoit  avec  hospitalité. 
Autour  de  son  village,  l'arbre  à  kola  abonde  et  le  tabac 
croît  en  larges  et  belles  feuilles. 

La  côte  Sud  du  lac  est  creusée  do  petites  baies,  au  fond 
desquelles  dorment  des  villages  pittoresques;  parfois,  la 
rive  se  découpe  en  une  grande  échancrure,  formant  un  golfe 
large  et  profond.  La  végétation  est  courte,  les  bois  sont 
peu  épais,  les  arbres  petits.  Le  sol  est  une  argile  rouge, 
excessivement  ferrugineuse  (28  février). 

De  ce  village,  la  côte  Nord  du  lac  se  distingue  très  bien. 
Elle  est  très  boisée  et  d'immenses  colonnes  de  fumée  in- 
diquent qu'elle  est  aussi  habitée  que  celle  du  Sud. 

La  vaste  nappe  d'eau  s'étend  à  perte  de  vue,  et  la  brume 
matinale  roule  des  flocons  de  vapeurs  blanches  sur  la  nature 
qui  s'éveille.  A  mesure  que  les  voyageurs  avancent,  le  lac 
se  révèle  dans  toute  son  étendue  et  l'autre  bord  ne  peut 
plus  être  distingué. 

Dans  l'intérieur,  vers  la  côte  Sud  que  longe  le  steamer, 
le  terrain  s'élève,  laissant  voir  au  loin  des  collines  boisées, 
mouchetées  de-ci  de-là  de  petites  clairières  à  l'herbe  jaunie. 
La  berge  est  tantôt  élevée  et  boisée,  tantôt  elle  est  basse, 
également  couverte  d'arbres,  mais  pas  marécageuse.  Son 
sol  est  parsemé  de  blocs  de  rochers,  veinés  de  minerais 
de  fer.  Des  îles  rocheuses,  aux  arbres  rabougris  formant 
des  bois  clairsemés,  séparent  quelquefois  les  voyageurs  de 
la  côte,  qui  continue  à  être  hachée  en  échancrures  plus  ou 
moins  profondes,  où  l'on  distingue  quelquefois  les  huttes 
d'un  village,  au  milieu  de  nombreux  élaïs. 

A  neuf  heures  et  demie,  le  steamer  pénètre  dans  un  golfe 


—  556  — 

énorme  où  des  centaines  de  navires  s'abriteraient  aisément; 
plus  il  s'avance,  plus  les  eaux  deviennent  d'un  noir  fonce, 
pareilles  à  celles  du   lac  Léopold. 

A  midi,  il  atteint  le  fond  du  golfe,  où  se  trouve  un 
grand  village  occupant  lout  un  promontoire.  Cette  agglo- 
mération porte  le  nom  d'Ikoko.  On  y  compte  quatre  cents 
huttes  abritant  plus  de  deux  mille  habitants. 

Le  village  est  bien  situé,  sur  une  langue  de  terre  de 
quatre  à  cinq  mètres  de  hauteur,  descendant  doucement 
vers  le  lac  et  ombragée  par  de  nombreux  élaïs  et  des  arbres 
à  noix  de  kola.  A  côté  de  presque  toutes  les  huttes,  on 
remarque  de  petits  carrés,  plantés  de  tabac.  Cette  plante 
atteint  ici  trois  mètres  de  hauteur. 

Une  grande  rue  coupe  le  village  en  deux.  Cette  voie, 
large  de  dix-huit  à  vingt  mètres,  est  elle-même  coupée  par 
des  rues  transversales  plus  petites,  se  dirigeant  toutes  vers 
la  berge.  Au  centre,  une  grande  place,  ombragée  par  les 
feuillages  épais  d'un  énorme  figuier  sauvage,  sert  de  lieu 
de  réunion  et  à  la  tenue  des  palabres.  Tandis  que  les 
adjoints  de  Delcommune  échangent  leurs  verroteries  aux 
indigènes  contre  des  feuilles  de  tabac  et  des  charges  de 
teinture  rouge,  le  chef  reçoit  successivement  la  visite  des 
chefs  Maringa  et  Vinga  d'Ikoko,  respectivement  maîtres  de 
la  partie  Nord  et  Sud  du  village.  Des  présents  sont  échangés. 

Le  2  mars,  l'expédition  arrive  à  l'extrémité  du  lac.  Elle 
longe  ensuite  la  rive  Nord  et  achève  la  circumnavigation 
du  Matumba. 

Vers  dix  heures,  le  steamer  atteint  le  grand  et  beau  vil- 
lage d'Ugandji,  plus  important  encore  que  celui  d'Ikoko, 
entouré  de  grandes  et  superbes  plantations. 

La  berge,  traçant  une  ligne  rougeâtre  sur  un  fond  de 
sombre  végétation,  est  couverte  de  groupes  d'indigènes  gesti- 
culant, criant,  désireux  qu'on  s'arrête  chez  eux.  Le  steamer 
passe,   mais  une  ligne  de  récifs,  des  nasses  de  pêcheurs, 


iJO( 


iiislallcos  1111  miliou  du  hic,  ohlii^oul  ;i  nilcMilii'  l;i  iniircho 
(lu   vnpour, 

Jus(ju'à  une  luniiH*.  et  (hîiuic^  le  iiavir(3  coiiLiuue  ù  avancor 
très  loiUeinonl,  la  sonde  aceusant  de  moins  on  moins  d'eau. 
Tout  à  coup  il  s'écli()U(\  Le  boal  \a  à  la  recliercli(».  d'une 
passe.  Ses  recherches  sont  vaines.  A  trois  heures,  le  steamer 
est  remis  à  Ilot  et  l'ait  machine  arrière.  A  trois  kilomètres 
de  la  l(M're,  une  tornade  se  déchaîne.  Heureusement,  on 
a  maintenant  deux  brasses  de  fond.  Tout  l'équipage  est 
occupé  à  vider  l'eau  qui  jaillit  en  lames  pressées,  attei- 
gnant souvent  le  toit  du  bateau.  La  situation  est  critique. 
Le  navire  parvient  enfin  à  s'échapper  et  entre  à  toute 
vapeur  dans  une  baie  où,  abrités  derrière  un  promontoire, 
les  vo^'ageurs  attendent  la  fin  de  la  tornade.  La  trombe 
dure  quarante-cinq  minutes. 

Delcommune  retourne  vers  le  Congo  dont  les  eaux,  en 
baissant,  ont  laissé  à  découvert  de  nombreux  bancs  de 
sable.  Le  6  mars,  Delcommune  arrive  en  face  du  village 
de  Ngombi  et  se  dispose  à  s'engager  entre  les  îles  lon- 
geant la  rive  Nord,  pour  se  rendre  au  confluent  de  l'Alima. 
La  rive  française  est  inondée. 

Le  steamer  remonte  l'Alima.  Au  premier  coude  de  la 
rivière,  il  est  arrêté.  Un  grand  banc  de  sable  barre  le  pas- 
sage du  côté  droit,  tandis  qu'à  gauche,  plusieurs  arbres 
morts,  plantés  dans  le  lit  de  la  rivière,  s'abaissent  et  se 
relèvent  sous  l'action  du  courant.  La  passe  peut  avoir  douze 
mètres  de  largeur.  Elle  serait  suffisante  si  elle  se  présen- 
tait en  ligne  droite,  mais  dans  un  coude  aussi  prononcé, 
elle  est  impraticable.  La  rivière  a  ici  soixante  mètres  de 
largeur,  deux  brasses  et  demie  de  profondeur,  quatre  kilo- 
mètres et  demi  de  courant;  sa  direction  est  Nord. 

Les  voyageurs  vont  s'arrêter  un  peu  en  aval  du  cam- 
pement de  la  veille  et  séjournent  deux  jours  durant  à  Ikudu 
(12  mars).  Pendant  ce  temps,  De  Meuse  va,  avec  une  piro- 
gue et  des  marchandises,  explorer  un  petit  bras  do  l'Alima. 


—  558  — 

Il  a  charge  de  se  rendre  au  grand   village   de   Likuba. 

Le  13  mars,  l'expôdition  continue  à  descendre  le  Congo 
et  rencontre  deux  steamers,   V Henry  Rced  et  VAUma. 

Dolizie,  qui  monte  ce  dernier,  se  rend  dans  l'Ubangi. 

A  trois  heures,  Delcommune  accoste  à  Kwamouth,  au 
confluent  du  Kasai.  où  il  se  met  à  la  disposition  des  mis- 
sionnaires belges,  puis  rentre  à  Léopoldville. 

Il  revient  en  Europe  en  mai  1880.  Les  résultats  de  l'ex- 
ploration du  Congo  et  de  ses  principaux  aftiuents,  dont 
Delcommune  parcourut  quatorze  mille  kilomètres  de  cours 
navigable,  démontrent  à  l'évidence  qu'un  trafic  important 
était  assuré  au  chemin  de  fer  projeté  entre  Matadi  et  le 
Pool  et  que  les  capitaux  nécessaires  à  sa  construction  seraient 
rémunérés. 

En  1887.  Delcommune  est  nommé  consul  de  Belgique  à 
Léopoldville.  En  cette  qualité  il  est  le  premier  Belge  qui 
fait  flotter  le  drapeau  national  à  bord  d'un  vapeur,  sur 
les  eaux  du  crrand   fleuve  africain. 


Dans  le  courant  du  mois  d'avril  1890,  la  Compagnie  du 
Congo  pour  le  commerce  et  l'industrie  charge  Delcom- 
mune d'explorer  les  territoires  compris  entre  Nyangwe,  le 
Tanganika  et  la  frontière  méridionale  de  l'Etat. 

«  Delcommune  venait  d'être    chargé   d'une   expédition,   avant    la 

»  mission    d'explorer   les   régions    du   Katanga,   lorsqu'on    apprit    à 

»  Bruxelles,    que    la   British   South    Africa^    la    société    de    Cecil 

»  Rhodes,  avait  envoyé  en  Afrique  deux  agents,  Thomson  et   Grant 

>  qui,  en  toute  hâte,  avaient  gagné  le  pays  de  Msiri,  d'où  ils 
»  revenaient,  disait-on,  avec  d'importantes  concessions  territoriales. 
»  La  Compagnie  du  Congo  mit  à  la  disposition  de  l'Etat  les  ser- 
»  vices  de  l'expédition    Delcommune,   qui    se   trouvait    alors  sur   le 

>  Lomami.    et    lui   oiTrit    de    compléter   l'action    de    cette    mission, 


—  550  — 

»  par    un  eii^^cnililo  do   promptes    et  énergiques   ninnifestntions,    qui 

»  (lovaient  avoir  pour  résultat  do  couper  court  aux  agissements  de 

»  la   société   anglaise.    Le    15    avril     1(SQ0,  se    forma   la   (\)mpa|.aiie 

»  du    Katanga,    qui    reprit,    pour   son  compte,   l'expédition   Delcom- 

»  mune  et  envoya  d'urgence  les  expéditions  Stairs  et  Bia-Francqui, 

»  dont  les  chefs  furent  commissionnés  [>ar  l'Ktat  et  munis  do  pleins 

»  pouvoirs.»       (Wauteks:  FAat  Indcpcndanl  du  ConQO,  p.  .'301). 

C'est  ai)rcs  do  laborieux  efforts,  que  la  Compagnie  du 
Cong'O  pour  le  commerce  et  l'industrie,  parvint  à  orga- 
niser la  première  expédition  pour  le  Katanga,  dans  le  but 
de  faire  reconnaître  géologiquemcnt  le  massif  montagneux 
du  Katanga,  de  résoudre  la  question  de  la  Lukuga,  celle  de 
la  navigabilité  du  Lualaba,  d'étudier  la  mise  en  valeur  du 
paj^s,  les  voies  de  communication  possibles  pour  y  arriver. 

Au  mois  de  juillet,  l'expédition  composée  du  I)''  Briart, 
médecin  et  géologue,  Diderrich,  ingénieur  des  mines  et 
du  baron  Marcel  de  Roest  d'Alkemade  et  du  lieutenant 
russe  de  Santschoff  quitte  l'Europe.  Elle  s'adjoint  à  Boma 
le  sous-oflfîcier  Cassart  et  Protsche,  naturaliste. 

A  Matadi,  elle  trouve  le  lieutenant  suédois  Hackannson, 
avec  les  cent  cinquante  soldats  Haoussa,  qui  doivent  lui 
servir  d'escorte. 

L'expédition,  divisée  en  trois  tronçons,  pour  la  facilité 
du  parcours  des  quatre  cents  kilomètres  de  la  route  des 
caravanes,  se  trouve  réunie  au  Stanle3'-Pool  dans  les  pre- 
miers jours  d'octobre.  Le  17  du  même  mois  elle  quitte 
Kinsliassa  pour  le  Lomami,  à  bord  des  vapeurs  Yillc  de 
Bruxelles  et  Florida. 

Elle  arrive  à  Bena  Kamba,  point  extrême  de  la  naviga- 
tion, le  15  janvier  1891. 

Delcommune  achève  d'organiser  sa  caravane  de  soldats, 
car,  il  ne  trouve  aucun  porteur  à  Bena  Kamba,  remonte 
son  allège  en  acier  et  réunit  cinq  grands  canots  indigènes, 


560 


pour   reprendre  la  navigation   de  la  rivière  au   delà   des 
rapides  qui,   à  cinq  kilomètres,  barrent  son  cours. 

C'est  le  30  janvier  que  l'expédition  se  met  en  marche 
et  campe  au  pied  des  rapides  de  Lis^ambi. 

Depuis  Bena  Kamba,  sous  le  3**  de  latitude,  jusqu'à  Gongo 
sous  le  4^  50',  la  rivière  présente  trois  groupes  de  rapides. 
Le  premier,  celui  de  Lissambi,  est  franchi  sans  peine.  Dans 
le  second,  celui  de  Dongo,  l'allège  chavire  et  Delcommune 
manque  de  se  noyer,  l'expédition  perd  deux  canots;  enfin, 
dans  les  derniers  rapides,  l'allège  sombre  et  doit  être  aban- 
donnée. 

L'expédition  arrive  au  village  de  Gandu  (4**  50'j,  résidence 
de  Gongo,  situé  sur  la  rive  gauche  du  Lomami,  le  13 
mai  1801. 

Tandis  que  l'expédition  s'j'^  remet  de  ses  fatigues  et  pro- 
fite de  l'hospitalité  qui  lui  est  offerte,  Rachid,  le  neveu 
de  Tippo-Tip,  y  fait  irruption,  venant  de  Nyangv^e,  appelé 
par  Gongo,  que  l'arrivée  subite  des  Européens  inquiétait 
beaucoup.  Après  le  départ  de  Rachid,  qui  se  rendait  aux 
Stanley-Falls  et  auquel  Delcommune  confia  deux  de  ses 
adjoints  malades,  Protsche  et  de  Roest  d'Alkemade,  le  chef 
de  l'expédition  sut  attirer  la  confiance  de  Gongo,  le  fameux 
chef  des  Batetela,  à  tel  point,  que  celui-ci  reconnut  la  sou- 
veraineté de  l'Etat  et  reçut  un  pavillon  étoile.  Mais  bientôt- 
ce  chef  oublia  sa  soumission,  fit  des  incursions  vers  Lusambo 
où  il  fut  battu  par  les  troupes  de  l'Etat.  Il  devint  cepen- 
dant plus  tard  le  jAus  puissant  allié  de  Dhanis  dans  sa 
mémorable  campagne  contre  les  Araljes. 

Ayant  renforcé  sa  caravane  de  plus  de  deux  cents  por- 
teurs, fournis  par  Gongo  et  Rachid,  Delcommune  se  dirige 
vers  Kabinda,  village  du  chef  Lupungu,  situé  à  plus  d'un 
degré  dans  la  direction  du  Sud-Ouest.  Après  y  avoir  séjourné 
une  dizaine  de  jours,  il  se  met  en  route  accompagné  de 
cent  nouveaux  porteurs  et,  à  quelques  jours  de  Lupungu, 
s'arrête   au  grand   village    de    Mona   Goïo    pour   recruter 


—  501   — 

d'aiiliH^s    lioniiiies.    Wissmann    ji    traversé  (^etle  contrée  de 
l'Ouest  à    ri^st,    (Ml  1S<S1. 

C'est  là  ([uc,  rexi)étlili()n  Dc^leomiinnie  enf^-a^ie  des  guides 
pour  la  condiiircî  à  Kileinha-Mussiîl'a,  (hîveini  eélèhre  i)ar  le 
séjour  ([u'v  lit  ('aiiKM'on.  Kasongo,  le  cliel'  de  Kilend)a,  a 
('cha|)[)é  au  pouvoir  des  Arabes,  et  est  un  des  plus  puis- 
sants chefs  de  l'irua. 

Vers  le  commencement  du  mois^de  juillet,  la  caravane 
arrive  à  Kilemba,  où  le  chef  Kasongo  déploie  toute  géné- 
rosité à  recevoir  les  voyageurs. 

Diderrich  et  Hackannson,  accompagnés  de  vingt-deux  hom- 
mes, explorent  les  environs,  dont  l'étude  au  point  de  vue 
géologique  et  minier  offre  le  plus  vif  intérêt;  ils  sont  atta- 
qués, le  27  juillet,  par  les  indigènes  et  n'échappent  à  la 
mort  que  par  miracle.  Delcommune  renforce  l'escorte  et 
les  recrues  sont  commandées  par  Briart.  Celui-ci  est  blessé 
au  cours  d'un  engagement  près  de  Bohia.  Delcommune, 
avec  ce  qui  lui  reste  de  forces  disponibles  et  après  avoir 
assuré  la  sécurité  de  son  camp,  dont  il  confie  la  garde  à 
Cassart,   se  porte  au  secours  de  ses  adjoints. 

Quand  il  arrive  sur  les  lieux,  il  trouve  Hackannson,  Dider- 
rich et  leur  troupe  dans  le  meilleur  état  possible,  seul 
Briart,  blessé,  était  retourne  au  camp  de  Kilemba-Mussefa. 
Le  brave  docteur  avait  été  atteint  d'une  balle  au  bras  et 
d'une  flèche  au  genou.  Dans  ces  circonstances,  Hackannson, 
brave  cœur  s'il  en  fut,  se  montra  généreusement  héroïque, 
en  suçant  la  plaie  causée  par  la  flèche,  que  l'on  croyait 
empoisonnée. 

Delcommune  et  ses  adjoints  livrent  combat  le  lendemain 
et  [enlèvent  le  Mboma  des  Bienos  qui  s'étaient  joints  aux 
gens  de  Simbi,  rival  de  Kasongo.  Le  chef  des  Bienos  (noirs 
du  territoire  portugais),  le  fameux  Sakitoto,  trouve  la  mort 
dans  ce  conflit  et  plus  de  cinq  cents  esclaves  sont  rendus 
à  la  liberté.  Le  retour  de  l'expédition  à  son  camp  de  Kilemba- 
Mussefa,  résidence  du  roi  Kasongo,  est  un  véritable  triomi)he, 


5G2 


assomljri  iouLei'ois  par  la  mort  do  plusieurs  soldats  tombés 
en  braves  et  par  l'inquiétude  que  cause  au  chef  de  l'expé- 
dition et  à  ses  adjoints  les  blessures  du  D''  Briart,  lesquelles 
heureusement  n'eurent  aucune  suite. 

L'expédition  Delcommune  quitte  Kilemba  le  20  août,  pour 
se  diriger  vers  le  Lualaba,  avec  l'intention  de  le  tra- 
verser à  la  hauteur  du  lac  Kisale,  signalé  par  Gameron. 
Elle  met  sept  jours  à  l'atteindre,  et  s'arrête  à  Kikondia,  vil- 
lage situé  sur  le  Lualaba,  au  pied  de  hauts  massifs  de 
gneiss  et  de  quartzites,  dont  Diderrich  relève  la  composi- 
tion géologique. 

Le  30  août,  jour  de  deuil,  Hackannson  et  quatorze  des 
soldats  Haoussa,  formant  l'arrière-garde,  sont  massacrés. 
Le  lendemain  de  ce  tragique  épisode,  l'expédition  franchit 
le  fleuve,  non  sans  faire  usage  de  ses  armes,  contourne  le 
Kisale  et  gagne  le  grand  village  de  Kayoumbe;  elle  y  est 
bien  accueillie,  mais  au  départ,  les  voyageurs  sont  de  nou- 
veau attaqués. 

La  caravane  pénètre  ensuite  dans  les  monts  Kibala,  for- 
mant une  série  de  hauts  plateaux,  dont  l'altitude  varie  de 
mille  à  mille  huit  cents  mètres.  Cette  route  est  un  véri- 
table calvaire. 

L'expédition  souffre  les  tortures  de  la  faim,  dans  un  pays 
semé  d'obstacles  infranchissables  et  désert.  L'itinéraire  suivi 
par  la  caravane  reste  sensiblement  parallèle  au  cours  de 
la  Lufila. 

Au  commencement  d'octobre,  l'expédition  atteint  Bunkeia, 
résidence  de  Msiri.  Le  Marinel  avait  précédé  Delcommune 
en  cet  endroit,  mais  était  rentré  à  Lusambo  par  suite  d'un 
incendie  qui  avait  consumé  une  grande  partie  de  ses  pro- 
visions. 

Le  lendemain  de  l'arrivée  de  la  caravane,  les  voyageurs 
sont  rejoints  par  le  lieutenant  Légat,  commandant  du  poste  de 
Lufoi.  Delcommune  séjourne  à  Bunkeia  jusqu'au  22  octobre, 
et  se  rend  à  Lufoi,  poste  fondé  par  Le  Marinel,  et  tenu  par 


—  503  — 

Lo^'al  et  Vordick.  Il   y   sf'joiinic  du  20  ovX()])V()  nu  10  no- 
vond)r(\ 

Tandis  qw  los  inonil)ros  de  l'expédiLioii  i)rennGiit  ({iKîlquo 
repos  à  Lidoi,  Diderricli  aceompaf^'iK;  de  Cassarl  el  de 
quarante  soldats  est  cliargé  de  faire  une  étude  ^•éoIo^i(iue 
du  i)a5^s  et  remonte,  dans  ce  but,  le  cours   du  Lufoi. 

Après  deux  jours  de  marche,  les  voyageurs  se  trouvent 
engagés  dans  un  couloir  des  monts  Kundelungu,  dont  la 
largeur  dépasse  à  peine  cinquante  mètres  et  dont  les  parois 
s'élèvent  à  plus  de  deux  cents.  Diderrich  se  décide  à  rebrous- 
ser chemin,  lorsque  sa  troupe  est  aperçue  par  deux  indi- 
gènes et  le  retour  s'effectue  sous  une  grêle  de  pierres. 

Le  10  novembre,  l'expédition  Delcommune  quitte  Lufoi 
et  se  dirige  vers  le  Katanga.  Ce  pays  est  en  pleine  guerre 
civile  et  livré  aux  horreurs  de  la  famine.  Le  24  novembre, 
Delcommune  et  ses  hommes  arrivent  à  Tenke,  et  Diderrich 
visite  les  mines  du  Kabali. 

Le  10  décembre,  la  caravane  marche  vers  le  Lualaba, 
droit  à  l'Ouest.  Delcommune  se  propose  de  redescendre  le 
fleuve  jusqu'à  Nyangwe  en  passant  par  Kikondia.  La  marche 
de  Tenke  au  Lualaba  est  terrible.  Pendant  neuf  jours  on 
ne  rencontre  aucun  village  et  la  famine  décime  l'expédition; 
réduite  à  deux  cents  personnes,  celle-ci  arrive  enfin,  le  IG  dé- 
cembre, à  Mushia,  sur  le  haut  Lualaba,  y  campe  et  construit 
mi  boat  et  vingt-sept  canots  en  vue  delà  descente  du  fleuve; 
le  27  février,  elle  descend  deux  cents  kilomètres  de  son 
cours,  découvre,  le  11  avril,  l'ancien  lac  Kiniatta,  traverse 
de  nombreux  rapides,  se  voit  forcée  de  hâler  les  canots 
le  long  des  rives  et  parvient  enfin  aux  gorges  de  Nzilo,  que 
le  géologue  J.  Cornet  a  dénommé  «  Chutes  Delcommune  » 
rendant  ainsi  un  hommage  mérité  à  l'explorateur  qui  les 
a  découvertes. 

Le  Congo  se  rue  dans  celles-ci  sur  une  largeur  de  trente 
mètres,  il  tombe  le  long  de  soixante-seize  kilomètres,  d'une 


—  5G4  — 

hauteur  de  cinq  cents  mètres  par  une  succession  ininter- 
rompue de   sauvages  cataractes. 

La  famine  se  déclare  et  provoque  une  mortalité  effrayante 
et  de  nombreuses  désertions.  La  caravane  est  réduite  à 
cinquante  deux  hommes  valides.  Delcommune  reconnaît  le 
cours  du  Lualaba  jusqu'au  confluent  de  la  Lufupa,  mais  son 
exploration  est  arrêtée  par  les  chutes,  et  à  la  gorge  de 
Kiziku-Luelo,  la  descente  du  fleuve  doit  être  abandonnée 
(23  mai).  Delcommune  est  forcé  d'3^  laisser  les  vingt-sept 
embarcations,  qui  lui  ont  coûté  deux  longs  mois  de  travail 
et  de  patience. 

Il  retourne  à  Bunkeia  le  8  juin,  où  il  apprend  la  venue 
et  le  déi)art  de  Stairs,  ainsi  que  la  mort  de  Bodson.  Il 
se  rend  au  poste  de  Lufoi,  où  il  séjourne  du  10  juin  au 
10  juillet  et  y  rencontre  Derscheid,  Cornet  et  Amerlinck, 
de  l'expédition  Bia;  après  un  mois  de  repos,  il  longe  la  chaîne 
des  monts  Kundelungu,  traverse  le  Luapula,  à  sa  sortie 
du  lac  Moëro  et  les  plaines  au  pied  des  monts  Marungu. 

Parti  de  xMpweto  le  6  août,  Delcommune  arrive  à  Rumbi, 
au  bord  du  lac  Tanganika  le  20  août,  quarante  jours  après 
son  départ  du  poste  de  Lufoi  :  les  voyageurs  ont  fourni 
trente-cinq  jours  d'une  marche  rapide.  En  quittant  les  bords 
du  Luapula,  des  bruits  de  conflit  entre  les  Arabes  et  le 
capitaine  Jacques  étaient  parvenus  jusqu'aux  membres  de 
l'expédition. 

A  Rumbi,  les  explorateurs  du  Katanga  apprennent  par 
Joubert  que  Jacques  se  trouve  dans  une  situation  des 
plus  critiques.  Joubert  se  disposait  précisément  à  se  porter 
au  secours  de  son  ami  en  danger;  Delcommune  ofl're  immé- 
diatement ses  services  au  capitaine  et  Diderrich  propose 
spontanément  de  suivre  l'exemple  du  chef  de  l'expédition. 

Joubert  fixe  à  vingt  le  nombre  des  soldats  qui  les  accom- 
pagneront. La  colonne  de  renfort,  dont  fait  également 
partie  le  sergent  Cassa rt,  part  le  22  pour  Albertville,  poste 
du   capitaine  Jacques,   situé  à  trois  heures  au  Sud   de  la 


DELCOMMUNE,  Alexandre. 


—  n()5  — 

Liiku«^a   ol  à  deux  ou  Li'ois  jours  do  navi^nlion  do  Kuiiihi. 

Ai'i'ivi'  à  All)oi'l.villo  le  21  août,  Delconiinune  se  voud  coiupLe 
(lue  la  silualion  de  Jaccjues  n'est  pas  désespérée:  le  er)ni- 
inaiidaul  d(^s  l'orcivs  anliesclava^'isLe.s  s(i  ti'ouve  irisLall('î  dans 
un  foi't  (pii  parait  imprenable,  et  do  [)lus,  il  a  conservé 
ouverte  la  voie  du  lac.  Bien  que  n'ayant  [)u  se  livrer  à 
aucune  culture,  Jacques  ne  devait  point  craindre  la  famine 
car  la  mission  très  prospère  de  Mpala  et  le  capitaine  Joubert 
l)ouvaient  lui  venir  en  aide  et  assurer  le  ravitaillement  de 
la  •^•arnison.  Les  Wangwana  (gens  des  Arabes)  avaient  établi 
un  boma  bien  l'ortifié  à  deux  kilomètres  au  Sud  d'Albertville. 

Le  2G,  la  concentration  des  forces  antiesclavagistes  est 
terminée.  Jacques  et  Joubert  disposent  de  quatre  cents  fusils, 
dont  trois  cents  fusils  à  cartouches. 

Tandis  que  Joubert,  secondé  de  Diderrich,  entamera  l'action 
et  attirera  l'ennemi  de  son  côté,  que  Jacques  assisté  par 
Gassart  se  jettera  sur  le  boma  dégarni  d'une  partie  de  ses 
défenseurs,  Delcommune  se  charge  d'assurer  la  défense  du 
fort. 

Le  premier  assaut  est  repoussé  par  les  Arabes.  Les  gens 
de  Jacques  et  de  Joubert  sont  des  indigènes  du  pays,  qui 
n'ont  rien  du  soldat.  Incapables  de  faire  l'assaut  d'une  place 
bien  défendue,   ils  craignent  le  feu  de  l'adversaire. 

Il  était  cinq  heures  et  demie  du  soir;  le  siège  durait  depuis 
l'aube,  et  l'ennemi  acculé  derrière  ses  fortifications,  souffrait 
énormément  de  la  soif.  Les  pavillons  arabes  rouge  et  blanc 
avaient  déjà  été  enlevés  du  boma  et  tout  indiquait  que 
les  défenseurs  s'apprêtaient  à  abandonner  la  place,  lorsqu'une 
panique  presque  générale,  causée  par  la  blessure  d'un 
nyampara  et  par  l'apparition  subite  de  cinq  ou  six  Wang- 
^vana  qui  sortaient  pour  s'enfuir,  se  répand  dans  la  troupe 
de  Joubert  et  de  Jacques;  tous  leurs  gens,  malgré  les 
rappels  et  les  menaces  de  leurs  chefs  s'enfuient  dans  une 
course  désordonnée.  L'ennemi,  craignant  une  ruse  quelcon- 
que, ne  se  livre  pas  à  la  poursuite  des  fuyards,  mais  rentre 


—  5()G  — 

dans  son  borna.  Si  les  forces  antiesclavagistes  avaient  tenu 
un  quart  d'heure  de  plus,  la  place  était  abandonnée  par 
l'ennemi. 

Delcommune  quitte  Mpala  sur  les  bords  du  Tanganika, 
le  6  octobre  1892,  pour  Lusambo. 

Afin  d'éviter  la  région  affamée  située  entre  Mpala  et  la 
Lukuga,  il  se  dirige  vers  Kasanga,  grand  centre  Baluba. 
Marchant  vers  le  Nord-Ouest,  il  atteint  la  Lukuga  à  Muka- 
lombi,  point  extrême  visité  par  le  voyageur  Thomson. 
De  là,  il  suit  la  rive  gauche  de  la  Lukuga  jusqu'à  son  con- 
fluent avec  le  Congo  et  confirme  ainsi  les  prévisions  de 
Gameron  (21  octobre  à  14  novembre).  Il  résout  par  cette 
exploration  le  problème  de  cette  rivière,  déversoir  du  grand 
lac  africain;  découvre  son  affluent  la  Niemba,  et  le  con- 
fluent du  Luba.  Il  visite  aussi  les  villages  des  chefs  Wahenza 
et  Mulongo  (près  de  la  Luizi)  dans  un   pays  inexploré. 

Delcommune  rejoint  la  Lukuga  pour  entrer,  le  9  novem- 
bre,  dans  la  capitale  de  Buli,   chef  Baluba. 

La  caravane  atteint  le  Lualaba,  qu'elle  remonte  sur 
une  distance  de  huit  kilomètres  jusqu'à  Ankoro,  au  confluent 
du  Luvua  et  du  Lualaba.  Au  cours  de  ce  trajet,  Delcommune 
visite  le  chef  Simbi,   fils  de  Msiri. 

Il  explore  les  parages  des  prétendus  lacs  Landji  et  Unemba 
dont  il  constate  la  non-existence.  Delcommune  voulait  aller 
reconnaître  le  chapelet  de  petits  lacs  qui  se  succèdent,  dans 
cette  région  le  long  du  Lualaba,  mais  ses  hommes  dont 
le  terme  de  service  est  depuis  longtemps  expiré,  refusent 
de  retourner  à  Kikondja,  où  Hackannson  a  été  massacré. 

Quittant  Simbi,  le  1  décembre,  le  voyageur  regagne  le 
confluent  de  la  Lukuga,  pousse  une  pointe  vers  l'Ouest  et 
se  dirige  vers  le  Lomami,  que  la  caravane  atteint  un  peu 
en  amont  du  confluent  du  Lukasi,   le  5  décembre. 

Delcommune  remonte  la  rive  gauche  de  cet  affluent  et 
apprend  le  massacre  d'Hodister  et  la  révolte  des  Arabes. 


—  507  — 

L('  11)  (Ir('(MiiI)i-(',  il  se  trouve,  à  ('i;imi  où  iTside  le  lieuLe- 
niinl  Duchosne. 

Delcoiiimuno  écriL  à  Dhniiis  poui*  lui  in(li([U(U'  le  irioyen 
(le  correspoiidro  avec  Jac(|ues  et  le  lixer  sur  In  zone  qui 
était  occupée  par  les   Arabes. 

La  caravane  (fuitte  Gon^^o,  le  26  décembre,  et  i)assant 
par  Pania  Mutonibo,  atteint  Lusambo  sur  le  Sankuru,  le 
7  janvier  1893.  Delcommune  y  est  rejoint  par  Francqui, 
(Cornet  et  Derscheid,  de  l'expédition  Bia. 

Les  voyageurs  attendent  à  Lusambo,  jusqu'au  20  janvier, 
le  retour  d'Amerlinck,  envoyé  par  Francqui  au  village  de 
Lupungu,  descendent  le  Sankuru  en  pirogues  et  arrivent 
à  Muki-Kamu,  où  la  Société  du  Haut-Congo  a  une  facto- 
rerie, et  où  ils  rencontrent  la  Princesse  Clémentine,  vapeur 
envoyé  à   leur  rencontre. 

De  même  que  le  pays  situé  au  Sud-Ouest  de  Bunkeia, 
celui  que  Delcommune  traversa  entre  le  Tanganika  et  le 
Lomami,  n'avait  jamais  été   exploré. 

La  durée  du  vo3^age  terrestre  de  Gongo  (18  mai  1891) 
à  Lusambo  (7  janvier  1893),  avait  pris  six  cent  quatre  jours, 
soit  vingt  mois,  et  le  voyage  complet  mille  et  un  jours. 

Les  expéditions  Delcommune  et  Bia  rentrent  à  Kinshassa 
le  5  février.  Elles  débarquent  à  Lisbonne  et  y  sont  reçues 
par  le  roi  de  Portugal  et  la  Société  royale  de  Géographie 
de  Lisbonne. 

A  Bruxelles,  une  grandiose  manifestation  nationale  est 
réservée  aux  explorateurs  du  Katanga  (20  avril  1893).  Del- 
commune reçoit  la  médaille  d'or  commémorative  des  expé- 
ditions du  Katanga,  des  mains  de  S.  M.  le  Roi,  ainsi  que 
la  croix  de  l'Ordre  du  Lion.  La  Société  royale  belge  de 
Géographie  organise  à  Bruxelles  une  réception  en  son  hon- 
neur. 

A  Anvers,  il  est  reçu  par  la  Société  royale  de  Géographie 
qui  lui  offre  sa  médaille  d'or. 


—  568  — 

En  1<S93,  Delcoinmiine  est  noinrnô  adininisiraleur  de  la 
Société  anonyme  Lelgo  pour  le  commerce  du  Ilaut-Gongo 
et  en  1895,  il  fait  un  cinquième  voyage  au  Congo  pour 
inspecter  les  nombreuses  factoreries  de  cette  Société;  il 
revient  en  1897,  terminant  ainsi  un  séjour  efïectif  de  vingt 
années  au  Congo. 

Nommé  administrateur  de  la  Compagnie  Cibils,  il  entre- 
prend, en  1901,  un  voyage  au  Rio  de  la  Plata  et  au  Para- 
guay juscfu'à  Cynaba.  Il  remonte  le  Jauru  et  fait  une  recon- 
naissance vers  le  Guapore.  Revenu  à  la  cote,  il  gagne  le 
Para  et  remonte  le  Rio  Tocantin. 

Le  7  décembre  1904,  Delcommune,  va  inspecter  les  fleuves 
et  plantation  de  Porto-Alègre  (île  de  Saint-TIiomé),  dont  il 
est  également  administrateur  délégué. 

Delcommune  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de 
l'Etoile  africaine,  décoré  de  l'Etoile  de  service,  commandeur 
de  la  Couronne  de  Prusse,  du  Lion  et  du  Soleil  de  Perse,  etc. 

Il  est  administrateur,  de  la  Compagnie  du  Congo  pour 
le  commerce  et  l'industrie,  de  la  Compagnie  du  Katanga, 
de  la  Société  du  Lomami,  de  la  Compagnie  du  Kasai, 
etc.,  etc. 

PUBLICATIONS: 

—  Rapport  de  Delcommune.  (Mouvement  géographique,   1889,  p.  34). 

—  U exploration  de  la  Lidonga.  (Mouvement  géographique,  1889,  p.  61). 

—  L exploration  du  Lomami.  (Mouvement  géographique,  1889,  p.  2*^,  avec 

carte,  et  p.  59). 

—  Mouvement  géographique,  29  novembre  1891,  p.  118. 

—  V exploration    du    Ruki   et  du  lac  Matumba.    Lettres   inédites.  (Congo 

illustré,  1^'  année,  pp.  197,  205,  214). 

—  L'exploration  du  Lualaba  et  du  Katanga.    DécouDerte  des  lacs   Kassali 

et  des  gorges  de  Nzilo.  Rapport.  (Mouvement  géographique,  1892, 
pp.  139-142,  avec  cartes). 
(Rai)port  de  l'expédition,  du  18  mai  1891  au  20  août  1892). 

—  Les  affluents  du  Congo  débouchant  près    de   la    station   de   l'Equateur. 

(Mouvement  géographique,  1890,  p.  108}. 


1 


—  5()9  — 

Iù'pl(n-ali(t})s  du  steamer  "  Roi  des  Belf/es  n  dans  le  district  de  Tippo- 
Tip.  (MouvciiKMit  {^ôojj^raijliiciiie,  l.SSÎ),  p.  05). 

Rapport  sur  la  rêf/ion  des  chutes.  (Mouveincui  gé<)gnii)hi<iiio,  1H88,  p.  24). 

Rt'laiiioi  du  vot/of/e  de  Mpala  à  Lusamho.  (Mouvement  gôofi^raphique, 
lS<»a,  p.  39). 

Voyarje  au  Katanga.  (nullt^tiii  de  la  Société  royale  de  (i('()gra[)liie  d'An- 
vers, 1893,  p.  237). 

Le  Lualaba  et  la  Lukuga.  (lUdleliii  de  la  Société  belge  de  Géographie, 
1893,  pp.  122-129), 

Note  sur  la  population  du  district  de  l' Equateur .  Voyage  dans  la  Lu- 
longa.  (Mouvement  géographi(jue,  1895,  p.  110). 

La  traversée  des  monts  Kibalas.  (Mouvement  géographique,  1900,  p.  143). 


CARTES: 

Le  cours  de  la  Lukuga.  (Mouvement  géographique,  1894,  p.  27). 

Itinéraire  de  l'expédition  Delcommune  au  Katanga,  1891-1892,  d'après 
la  carte  de  l'explorateur,  au  2,500.000<'.  (Mouvement  géographique, 
1895,  n"  du  4  août). 

Carte  de  la  région  entre  Luluabourg-Lusambo  et  le  lac  Tanganika, 
d'après  des  renseignements  de  Delcommune,  etc.  (Mouvement  géo- 
graphique, 5  avril  1891). 

Le  pays  entre  Loulouabourg  et  Louloua,  d'après  les  itinéraires  de  Del- 
commune, etc.  (Mouvement  géographi(|ue,  1894,  p.  106). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  102,  195,  261,  396 
et  411. 

DE  Martrin-Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  IL 

Mouvement  géographique,  1889,  pp.  29-39  et  61;  1893,  pp.  3],  37,  112; 
1897,  pp.  136. 

Origines  du  Congo  et  les  résultats  géographiques  de  l'expédition  Del- 
commune, par  A.  J  ^^'AUTERS.  (Mouvement  géographique,  1893, 
p.  33). 

A.  J.  Wauters.  L'Etat  Indépendant  du  Congo,  pp.  25,  26,  44,  45,  QQ, 
67,  81,  110,  141,  175,  257,  2m,  279,  310,  339,  386,  390,  391. 

Bibliographie  du  Congo,  par  A.  -L  Wauters. 


—  570  — 

Lettre  d'Alexandre  Delcommune  à  la  Compagnie  du   Katanga.   (M.  A-, 

1892-1893,  p.  56). 
Congo  illustré,  1892,  p.  121). 


DE  MYTTENAERE.  m.chel. 

né  à  Ostende,  le  20  novembre   1839. 

Obtient  à  Anvers,  le  diplôme  de  capitaine  au  long  cours 
le  6  septembre  1875,  et  est  nommé  capitaine  du  Barga,  de 
la  Société  Gockerill. 

Part,  le  5  juin  1879,  d'Anvers  pour  le  Congo  comme 
capitaine  du  Barga  avec  les  membres  de  la  première  expé- 
dition belge  du  Comité  d'Etudes,  et  atteint  l'embouchure 
du  Congo  le  14  août. 

Il  effectue,  parles  seuls  engins  du  bord,  le  déchargement 
d'un  steamer  de  rivière  et  de  lourdes  pièces  sur  un  radeau 
construit  par  lui  et  aide  au  montage  des  embarcations  à 
Banana. 

Accompagné  du  lieutenant  de  marine  Meyer  Louis,  il 
rentre  à  Anvers,  avec  son  navire  lège  le  28  août  1879. 

De  Myttenaere  entreprend  encore  divers  voyages  vers 
l'Australie,  la  Nouvelle-Calédonie  et  la  Nouvelle-Zélande. 


LOESE\A/ITZ,  FRANÇOIS. 

né  à  Anvers,  le  5  février  1837. 

Capitaine  de  navire.  Se  rend  au  Congo  le  5  juin  1879, 
à  bord  du  Ba^^ga. 

Après  avoir  aidé,  à  Banana,  au  montage  du  steamer,  il 
est  nommé  capitaine  de  la  Belgique  et  conduit  ce  navire  à 
Nokki  et  à  Vivi,  effectuant  ainsi  pour  la  première  fois  avec 


571 


un  slcaïuor  co  InijoL  lluvial.  11  acconiplil  i)lusieurs  voya^'es 
entre   Banana  et  Vivi. 

L()Ose\vi(z   rentre^    en    Kuropc  en  mars  1880. 

Il  (>sl  acluellenienL  exi)erL  nauU(iue  près  du  tribunal  de 
coninierce  d'Anvers. 


VAN     SCHENDEL,  Théodore,  marie. 

ne  à  Bruxelles,    le  8  mars  1852. 

Engag-c  comme  mécanicien  par  le  Comité  d'Etudes  du 
Haut-Congo,  il  part  d'Anvers  le  5  juin  1879,  à  bord  du 
Barga,  et  se  rend  à  Banana,  comme  membre  de  la  pre^ 
mière  expédition,  avec  la  Belgique,  et  le  Royal,  steamers  à 
bélice,  ainsi  qu'avec  les  embarcations  En  Avant  et  Espé- 
rance, deux  baleinières  et  une  allège. 

Ces  bateaux  sont  montés  à  Banana  avec  l'aide  des  char- 
pentiers et  mécaniciens  Janssens  L.  F.,  Petit  Hubert,  Gérard 
Lambert  et  Roubinet  Joseph. 

Van  Schendel  accompagne  cette  flottille  à  Boma,  puis  à 
Msoukou  et  Nokki,  enfin  à  Vivi,  où  une  station  est  fondée. 

Il  est  attaché  à  la  construction  de  la  route  de  Vivi  à 
Issanghila,  mais  doit  rentrer  en  Europe  en  mars  1880. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  DE  Martrin-Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  II. 

—  A.  J.  ^^^\T:TERS.  La  première  expédition  du  Comité  d'études.  (Les  Bel- 

ges au  Congo). 

Partent  aussi  comme  mécaniciens  à  bord  du  Barga,  le 
5  juin  187V): 
Gérard  Lambert. 


—  572  — 

Petit  Hubert,  déc(kl6  à  Vivi,  le  30  septembre  1879. 
Roiil)i]iet  Joseph,  décédé  à  Vivi,   le  8  mars  1883,  à  son 
second  séjour. 


GILLIS,    ADOLPHE. 

né  à  Braine-le-Gomte,  le  17  janvier  1845,  et  y  décédé  le 
24  mai  1884. 

Négociant  à  Braine-le-Gomte. 

Le  25  février  1861,  il  se  rend  à  bord  d'un  petit  voilier 
à  Grand-Bassam.  A  son  arrivée,  il  est  promu  capitaine  et 
fait  le  service  des  lagunes  de  la  côte.  Il  séjourne  en  Afrique 
jusqu'en  1867,  époque  à  laquelle  il  rentre  au  pays  natal. 

En  avril  1868,  il  retourne  à  Grand-Bassam  et  y  fait,  jusqu'en 
1870,  le  trafic  de  l'huile  de  palm-e,  de  l'ivoire  et  de  la 
poudre  d'or. 

En  1876,  il  part  pour  Pernambouc,  au  Brésil,  et  y  installe 
une  teinturerie  et  une  filature  de  coton. 

Gillis  rentre  en  Belgique  en  1877. 

En  mars  1880,  il  quitte  Anvers  et  va  fonder  à  Boma  et 
à  Nokki,  des  comptoirs  commerciaux.  Il  est  le  premier  négo- 
ciant belge  établi  au  Gongo.  Il  est  chargé  du  service  postal 
de  l'A.  I.  du  Gongo  et  revient  en  Belgique  en  mars  1881. 

Après  avoir  donné  plusieurs  conférences,  entre  autres  à 
l'Union  Syndicale  de  Bruxelles,  il  reçoit  de  l'A.  I.  la  mission 
d'aller  installer  des  comptoirs  au  Gongo. 

Il  part  d'Anvers,  à  bord  du  Héron,  le  19  janvier  1882 
et,  arrivé  au  Gongo,  obtient  du  roi  nègre  Necorado,  auquel 
il  est  présenté  par  Delcommune,  la  cession  de  terrains  pour 
l'établissement  d'une  factorerie,  au  confluent  de  la  Kalamie 
et  du  Gongo,  et  installe  les  factoreries  de  Boma  et  d'Icongolo. 

Gillis  visite  l'île  de  Sainte-Hélène  et  explore  l'hinterland 
de  l'Afrique  portugaise,  où  il  séjourne  chez  les  Boers,  émi- 
grés du  Gap  et  du  Transvaal,  établis  à  soixante  lieues  de 


—  573  — 

M()ss;nne(l(^s,  ;iii  i)l;il(';iii  de,  IIiiiii|);il,;i,  ;i  s(ùyA\  cciils  iiiùlrcîs 
;ui-cl('ssiis  (lu  niveau  de  la  nier.  Il  y  trouve  une  végétation 
ndniirablo  et  des  fruits  en  abondance.  Le  4  septembre  1882, 
il  y  subit  les  atteintes  do  la  lièvre,  conii)liquée  de  la  variole 
noire. 

Guéri,  il  retourne  an  Congo  et  y  continue  le  commerce 
des  écbanges;  il  assure  le  service  des  transports  lluviaux 
entre  Banana  et  Vivi,  alimente  en  vivres  et  en  marcban- 
dises  les  expéditions  qui  prennent  la  route  vers  l'intérieur 
et  s'occupe  de  l'entretien  de  la  ilottille  fluviale.  Il  remet  ses 
services  à  Delcommune,   à  la  fin  de  l'année  1883. 

Revenn  en  Belgique  en  février  1884,  il  succombe  le  24  mai 
suivant,  au  mal  terrible  dont  il  avait  puise  le  germe  à  l'Equa- 
teur. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  DE  Martkin-Donos.  Lf^s  Belges  dans  r Afrique  centrale,  t.   II. 

—  Mouvement  fféoffraphique,  1884,  p.  20. 

—  Feuille  d'annonces.  Journal  de  Bmine-le-Comle  (mai  1884). 


NEVE.  PAUL. 

né  à  La  Hulpe,  le  19  décembre  1851;  décédé  à  Issanghila, 
le  17  juin  1881. 

Sort  premier  de  l'école  des  mines  de  l'Université  de  Lou- 
vain  en  1877. 

Ingénieur  provincial  à  Termonde.  S'embarque  à  Liverpool 
pour  le  Congo,  au  service  du  Comité  d'Etudes,  en  qualité 
d'ingénieur-mécanicien,  le  7  novembre  1880,  pour  rejoindre 
.Stanley,  chef  de  la  première  expédition  belge.  Retrouve 
le  grand  explorateur  au  camp  de  Khonzo  et  fonde  avec 
lui,  en  février  1881,  la  station  d'Issanghila  (latitude  5'^  12' 
longitude  14°  12'  sur  le  Congo,  en  face  de  la  chute  du 
même  nom). 


—  574  — 

Abattu  par  la  fièvre,  il  part  pour  Kilolo,  campe  à  l'île 
(le  Kunza  et  se  rend  de  là  au  nouveau  poste  de  Manyanga. 

Gravement  malade,  Neve  est  force  de  retourner  à  Vivi 
et  meurt  en  route,  dans  les  bras  de  Valcke,  près  d'Issan- 
gliila. 

Voici  comment  le  Congo  illustré  retrace  la  carrière  con- 
gx)laise  de  cet  infortune  jeune  homme: 

«  Les  voyageurs  qui,  dans  un  temps  prochain,  franchiront  en 
»  un  confortable  sleeping-car,  traîné  par  la  locomotive,  la  terrible 
»  région  des  chutes  du  Congo,  auront  à  se  souvenir  de  ceux  qui, 
»  les  premiers,  avec  un  courage  sans  égal,  se  dévouèrent  à  ouvrir 
»   la   route    à  travers   ce    pays    barbare. 

»  C'est  en  18S0-18S1,  Stanley  les  conduit.  La  troupe,  partie 
»  de  Vivi,  remonte,  en  la  serrant  de  près,  la  rive  gauche  du 
»  fleuve.  Elle  va  lentement,  par  les  marais,  par  les  torrents  cou- 
»  lant  au  fond  des  vallées,  franchissant  aux  endroits  guéables 
»  les  rivières  sans  pont,  se  frayant  une  route  à  la  mine,  à  tra- 
»   vers    le  roc,   à  la  hache,    à  travers  la  forêt. 

»  Elle  traîne  à  sa  suite  des  chariots,  sur  lesquels  sont  chargés 
»  trois  bateaux  à  vapeur,  des  maisons  démontées,  un  mobilier,  des 
»  ustensiles,  des  outils,  des  approvisionnements,  des  objets  d'équi- 
»   pement,    des   marchandises    d'échange, 

»  Effroyable  labeur  que  cette  marche  sous  le  soleil  d'Afrique,  dans 
»  l'atmosphère  mortelle  des  moites  vallées,  et  que  cette  incessante 
»  ascension  des  pentes  abruptes,  suivie  d'incessantes  descentes  de 
»   rampes   glissantes. 

»  A  chaque  moment,  les  bras  manquent  pour  traîner  les  véhi- 
»  cules  et  aussi  les  chefs  pour  leur  direction.  Stanley  lui-même, 
»  à  un  moment,  est  comme  terrassé.  Autour  de  lui,  ses  adjoints 
»  tombent  les  uns  après  les  autres.  A  Bruxelles,  c'est  avec  anxiété 

>^   qu'on    ouvre    chaque    courrier    arrivant    d'Afrique Et,    chaque 

»  fois,  l'on  enregistre  de  nouvelles  pertes.  Mais,  malgré  tout,  en 
»  dépit  de  la  fièvre,  de  la  mort,  des  désertions,  en  Afrique,  la 
»  colonne    héroïque    avance. 


;>/;j 


»  Issangiiila  ('st  foiidô  le  ,2\  lévrier  18.S1.  Flarniiii,  le  inéna- 
»  nicien,  se  met  ;'i  rceiiviv^  \a)  steamer  le  Roi/dl,  r(Mnont(î.  est 
•"  laiieé  et  navi;,nie  bientôt  sur  le  fl(Mive  qui,  en  amont,  est  rela- 
»  tivement  paisible,  mais  qui,  en  aval,  se  resserre  et  se  rue  tout 
»  d'une  volée  par  dessus  une  barrière  de  rocs  aigus,  pour  aller 
»  tourbillonner,  en  dix  cascades  successives,  jusqu'au  pied  de  Vivi 
j>   et    de   IMatadi. 

»   C'est   à   ce    moment    que   Paul    Nève  arrive   rejoindre  Stanley 
»   au  camp  de  Khonzo,  avec  les  lieutenants    Valcke,  Braconnier   et 
»   Ilarou.  Il  appareille  aussitôt  VEn  Avant  et,  avec  les  deux  bateaux 
»   la   troupe   s'aventure   dans    les    rapides. 

» Le  frêle  garçon  se  transforme  par  pur  dévoûment  en  méca- 

»  nicien  de  bateau,  attentif  à  la  chaudière  de  sa  mince  embarca- 
»  lion,  perdu  au  sein  des  grandes  lignes  de  cette  nature  géante 
»  et  dramatique,  luttant,  impassible,  contre  les  eaux  rugissantes  et 
»  finalement  franchissant  victorieux  les  défilés  où  le  Congo  sauvage 
»   resserré  roule   ses    flots  impétueux. 

»  Manjanga  est  fondé  le  1  mai  suivant.  On  est  à  moitié  de 
»  la  route.  Au  delà,  d'autres  difficultés  s'annoncent:  elles  sont 
»   vaincues   avec   la   même  audace  et   la  même   ténacité. 

»  Quels  travaux  mémorables!  ...    Stanley  réussira,  mais  par  quel 

»   devoùment    n'est-il   pas    servi? C'est    l'époque    héroïque.     La 

>^  grandeur  de  la  lutte  soutient  seule  le  courage  de  ces  pion- 
»  niers  modestes.  Que  savent-ils  de  l'avenir  réservé  à  leur  travail?... 
»  Il  ne  s'agit  alors  ni  de  lucratives  places  à  occuper,  ni  de  fonc- 
»  tiens  honorifiques  à  conquérir.  Aucun  des  adjoints  de  Stanley 
»  ne  sait  qu'il  travaille  à  la  fondation  d'un  empire  et  que  de  la 
»  réussite  de  cette  entreprise  hardie,  va  dépendre  la  conquête  de 
»  l'Afrique  par  l'Europe,  l'ouverture  du  continent  mystérieux  à 
»   l'influence   de    la   race    blanche. 

»  Mais  pour  atteindre  son  but,  Stanley  obtient  spontanément  le 
»  dévoûment  sans  bornes  de  quelques  natures  d'élite,  généreuses 
»  et  fines.  Paul  Nève  est  de  celles-là.  Il  donne  sans  compter,  avec 
»   conviction,  tout  ce  qu'il  possède  d'ardeur  et  de  connaissances.   Il 


—  570  — 

»   (loniie    ti*o[),    car    il    tombe,    terrassé   p;ir    la   puissance    du    chaos 
»    infernal    qu'il    n'a    pas   hésité    à    affronter. 

»  Il  repose  à  Issanghila,  au  bord  de  la  route  construite  par 
»  Stanley,  non  loin  de  la  rive  de  ce  fleuve  sauvage  que  l'un  des 
»  premiers,  jeune  et  grêle,  mais  instruit  et  enthousiaste,  il  a  dompté 
»   par  la  vapeur.  » 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Congo  illuslré  (in  extenso),  1892,  p    25. 

—  DK  Mautrix-Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t    11. 


BRACONNIER,  charles,  marie. 

né  à  Liège,   le  28  juin  1849. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  4^  régiment  de  lanciers. 
Engagé  comme  membre  de  la  première  expédition  du  Comité 
d'Etudes  du  Haut-Gongo,  il  part  pour  l'Afrique  le  19  juin 
1880  et  rejoint  Stanley  au  camp  de  Kuvoko. 

Il  amène  les  steamers  E^i  avant  et  Royal,  ainsi  que  les 
allèges  au  delà  de  la  cataracte  de  Manyang4  puis  entre- 
prend la  construction  de  la  route  vers  le  Pool.  Il  se  rend 
de  Manyanga,  avec  Stanley,  à  Mpakambendi,  Zinga,  Nzabi 
et  Ngoma. 

Il  effectue  le  passage  du  Lubamba  et  atteint  Gamba  ainsi 
que  la  vallée  du  Mukoss. 

Sur  la  rive  du  Gordon-Bennett,  Braconnier  trouve  un 
poste  d'occupation  français,  commandé  par  le  sergent  Mala- 
mine,  émissaire  de  Savorgnan  de  Brazza;  un  mauvais  accueil 
lui  est  réservé  par  les  indigènes  de  Mfwa  (plus  tard  Braz- 
zaville). Le  jeune  officier  rencontre  le  missionnaire  français 
Augouard  sur  les  rives  du  Stanley  Pool,  puis  retourne  à 
Zinga  et  s'occupe  de  transporter  un  steamer  au  delà  des 


BRACONNIER,  Charles. 


Ol 


7    — 


cntaracîtc's;  mais  il  (vsl  ^ricvoiiKuil  hlcssr  au  coiii's  do  co 
travail  (jiiasi    siirhuinain. 

Rétabli,  Hracoiiiiiei-  va  relrouvoi' Stanley  au  Pool,  traverse 
la  Loa,  fait  l'ascension  du  mont  I^'unibi  et  se  fixe  à  Usandi. 

Le  3  d('cenil)re  1881,  Slanley,  instalh'  au  Pool,  sur  un  con- 
trefort, situé  immédiatement  au-dessus  de  la  dernière  des 
trente-deux  cataractes  du  bas-fleuve,  confie  à  son  adjoint 
la  mission  de  créer  un  nouveau  poste. 

Braconnier  fonde  à  Ntamo  la  station  de  Léopoldville,  dont  il 
est  nommé  commandant.  Par  suite  de  nombreux  démêlés  avec 
le  chef  N<i-aliema,  il  est  forcé  de  construire  un   blockhaus. 

Souffrant  des  sarnes,  douloureuse  affection  de  la  peau. 
Braconnier  se  dirige  vers  la  côte  pour  y  passer  un  congé 
de  trois  mois.  En  route,  près  de  Manyanga,  il  rencontre 
le  lieutenant  Co([uilhat,  ({ui  se  rend  à  Léopoldville  (21  octo- 
bre 1882). 

Dès  les  premiers  jours  de  janvier  1883,  Braconnier  revient 
au  Pool,  y  apporter  les  instructions  de  Stanle}^  chef  de 
la  nouvelle  expédition,  chargée  d'acquérir  des  droits  sur 
toute  la  rive  méridionale  du  lac. 

Le  20  janvier.  Braconnier  tente  d'obtenir  un  traité  du 
chef  N'Tchouvila,  à  Kinshassa;  mais  Bankoa,  le  seigneur 
de  Kindolo,  lui  barre  le  chemin,  avec  ses  forces,  le  tenant 
en  joue  à  trente  pas.  Les  Zanzibarites  indignés  apprêtent 
leurs  armes;  mais  leur  maître  s'interpose,  heureusement, 
entre  les  deux  partis  sur  le  point  délivrer  combat  et  renti-e 
la  nuit  à  la  station. 

Nullement  découragé  par  cet  échec,  le  jeune  ofRcier  belge 
se  propose  de  renouveler  ses  tentatives  d'acquisition  de 
territoires  d'un  autre  côté,  et  son  attention  se  fixe  sur  la 
région  située  à  l'extrémité  d'amont  du  Pool. 

Le  11  février,  après  cinq  jours  d'absence,  Braconnier 
revient  à  Léopoldville;  il  a  cette  fois  admirablement  réussi 
dans  ses  négociations  et  rapporte  un  traité  signé  par  le 
chef  de  Kimpoko. 


-   578  — 

Callewaert  reçoit  l'ordre  d'y  installer  immédiatement  un 
poste;  mais  il  ne  parvient  pas  à  nouer  des  relations  bien- 
veillantes avec   les  indigènes. 

Le  24  mars,  Braconnier  est  forc;'^  de  s'y  rendre  avec 
vingt  Zanzibarites  à  bord  de  VEclairem%  pour  réprimer 
une  sédition.  Stanley  le  suit  avec  trente  hommes  sur  VEn 
Avant.  Le  litige  existant  entre  le  chef  banfoumou  N'Gou- 
mou  et  Gambiele,  notable  bateke,  cause  de  tous  les  désordres, 
est  tranché  à  la  satisfaction  de  tous;  Callewaert  est  rem- 
placé par  Goquilhat. 

A  l'expiration  de  son  terme  de  service.  Braconnier  prend 
le  chemin  de  Manyanga  et  rentre  en  Europe  le  23  septem- 
bre  1883. 

Quelques  années  après,  en  1890,  il  accomplit  une  mission 
spéciale  au  Dahomey,  dont  les  Français  devaient  s'emparer 
peu  de  temps  après.  Il  visite  à  cette  occasion  la  colonie 
anglaise  de  Lagos  et  la  colonie  française  de  Porto-Novo. 

Il  est  actuellement  général  major,  commandant  la  troi- 
sième brigade  de  cavalerie. 

OfRcier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  mili- 
taire de  première  classe,  de  l'Etoile  de  service  et  de  l'Ordre 
du  Mérite  militaire  d'Espagne  de  troisième  classe. 

PUBLICATIONS: 

—  Lf.  Congo  au  point  de  vue  pittoresque.  (Conférence  donnée  à  la  Société 

royale  belge  de  Géographie,  18  janvier  1886). 

—  Le  Congo  au  point  de  vue  économique.    (Bulletin  de    la   Société    royale 

belge  de  Géographie,  1886). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  DE  Martrin-Donos.  Les  Bdges  dans  V Afrique  centrale,  t.  11. 

—  CoQuiLHAT.  Sur  le  Haut-Congo. 

—  C.iAPAUx.   Le  Congo  historique,  diplomatique,  p.  71. 


HAROU,  Victor. 


—   571)  — 
HAROU,  VICTOR.  EUGÈNE,  JULES, 

né  à  Fayl-lez-Seneilc  (Ilainaiil),   Ic^  25   dôcemhrc^  1<S51. 

Lieutenant  adjoint  d'I^^tat-iMajor  au  5'^  n'^^-iment  d(î  li^ne. 

Parti  le  27  juillet  1880,  il  est  adjoint  à  Stanley,  occupé 
à  créer  une  route  sur  la  rive  Noi'd  du  lleuve,  entre  Vivi 
et  Issanghila,  et  à  y  transporter  un  matériel  fort  considé- 
rable, compnMiant  deux  bateaux  à  vapeur,  deux  baleinières 
en  acier  et  plus  de  dix  mille  charges. 

La  mission  de  Harou  est  de  diriger  un  service  de  trans- 
port par  mules  et  ânes  entre  Vivi  et  le  camp  de  Stanley, 
service  dans  lequel  il  alterne  avec  le  lieutenant  Braconnier. 

Ce  travail  est  terminé  en   mars  1881. 

Harou  remonte  alors  le  Congo,  avec  Stanley,  jusqu'à 
Manyanga.  Ce  voyage  dure  environ  deux  mois  par  suite 
de  la  nécessité  dans  laquelle  se  trouve  l'expédition  de  con- 
tourner par  terre  les  nombreuses  chutes  partielles  et  les 
rapides  qui  entravent  la  navigation  entre  Issang-hila  et 
Manyanga. 

Harou  est  chargé  ensuite  par  Stanley  de  la  mission  de 
fonder  la  station  de  Manyanga  (Nord)  et,  l'année  suivante, 
exécutant  les  instructions  du  commandant  de  l'expédition, 
il  établit  aussi  le  poste  de  Manyanga  (Sud),  qui  devint  l'ori- 
gine de  la  route  des  caravanes  sur  la  rive  gauche  du  fleuve. 

Gravement  malade  d'une  atteinte  de  dysenterie,  Harou 
rentre  en  Europe  le  29  juillet  1882,  après  avoir  remis  le 
commandement  de  la  station  à  son  second,  le  lieutenant 
Nilis. 

Quelques  mois  plus  tard,  les  revendications  portugaises 
au  sujet  de  la  possession  de  l'embouchure  du  fleuve,  déci- 
dent le  Roi  à  faire  reconnaître  une  route  au  Nord  du  5" 
12'  (Luemma),  pouvant  être  éventuellement  appelée  à  relier 
Léopoldville  à  la  côte.  Harou  est  chargé  de  cette  mission 
et  s'embarque  pour  l'Afrique  le  3  janvier  1883. 

Il   fonde  d'abord  la  station  de  Massabe,  à  l'embouchure 


—  580  — 

do  la  Luemma,  dont  il  fait  sa  base  d'opérations,  puis,  en 
mai  1883,  il  entreprend  le  voyag-e  d'exploration,  but  de  sa 
mission.  Il  explore  d'abord  les  vallées  de  la  Luemma  et  du 
Chiloango,  puis  traversant  la  vaste  région  forestière  du 
Mayumbe,  il  gagne  les  sources  de  la  Ludima  et  du  Niari 
et  atteint  ainsi  le  plateau  de  M'Boko  Songho  où  il  con- 
state l'existence  de  riches  mines  de  cuivre  et  de  plomb. 

Ces  gisements  lui  avaient  été  signalés  par  de  Brazza  qui, 
quelques  mois  auparavant,  avait  été  empêché  de  les  visi- 
ter par  suite  de  l'hostilité  des  indigènes. 

Poussant  ensuite  une  reconnaissance,  Harou  atteint  la 
rivière  Kenke,  puis  le  Congo,  un  peu  en  aval  de  Léopoldville. 

11  établit,  en  cours  de  route,  les  bases  des  postes  de 
N'Koula  et  de  M'Boko  Songho. 

L'année  suivante,  il  préparait  l'organisation  définitive  de 
ces  stations  ([uand,  atteint  d'une  violente  hématurie,  il  est 
forcé  de  rentrer  en  Europe  où  il  arrive  le  1  septembre  1884. 

Il  est  actuellement  colonel  adjoint  d'Etat-Major  comman- 
dant le  2^  régiment  de  chasseurs  à  pied. 

OfRcier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  l'Etoile  de  service 
et  de  la  Croix  militaire  de  première  classe. 


PUBLICATIONS  : 

Souvenirs  de  voyage  dans  V Afrique  centrale.  (Revue  artistique,  Anvers, 

1880-1881). 
Lettres  (Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie,  1881,  pp.  464,  560). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

DE  Martrin-Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  II. 
Ch.vpaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  71,  8'J. 


581 


VAN  DEN  BOGAERT,  PIERRE   JOSEPH, 

iK'  à  Anvers,   U\   17   l'évrier  1829. 

Ollicior  (lu  ^'énie. 

S(^  iviul,  en  [Si)C),  aux  Etals-Unis  pour  y  éludioi*  les  nou- 
veaux moyens  slrat6gi([ues  oL  les  nouvelles  niélhodes  mis 
en  usai^-e  pendant  la  i^'uerre  de  la  Sécession,  et  visite  les 
champs  de  bataille  autour  de  Hiclimond.  Se  rend  au  Niagara 
et  au  Canada. 

Major  conunandant  du  f^'énie  tle  la  place  de  Termondc. 
11  est  mis  à  la  disposition  de  S.  M.  le  Uoi  pour  le  service 
de  l'Association   Internationale  Africaine,  le  10  août  1880. 

Il  remplit  plusieurs  missions  relatives  à  l'organisation  des 
services;  visite  diverses  stations  de  la  côte  occidentale 
d'Afrique,  suivant  les  instructions  de  Stanley.  Il  amène  au 
Cong'o  des  mules  acquises  à  Ténériffe.  Ces  animaux,  très 
vigoureux  à  l'arrivée,  ne  résistent  pas  aux  attaques  des 
mouches  venimeuses.  Les  mules  succombent  bientôt,  cou- 
vertes d'ulcères,  sans  avoir  rendu  de  services  appréciables. 

Van  den  Bogaert  rentre  en  Europe  au  mois  de  mai  1881. 
Promu  au  grade  de  lieutenant  colonel,  il  reprend  son  ser- 
vice à  Termonde. 

Il  est  colonel  en  retraite  depuis  1887. 

Il  visite  successivement,  en  1887  et  1888,  les  côtes  médi- 
terranéennes d'Europe  et  d'Afrique,  puis,  en  1889,  il  fait  un 
voyage  de  dix  mois  en  Islande  II  parcourt  l'intérieur  de 
l'ile,  visite  les  côtes  et  suit  la  pêche  de  la  baleine  vers 
le  Nord. 

En  1891-1892,  il  se  rend  à  la  Mer  Noire,  fait  une  excur- 
sion au  Caucase  et  remonte  le  Danube. 

Van  den  Bogaert  est  officier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré 
de  la  Croix  militaire  de  première  classe,  chevalier  de  l'Ordre 
de  Saint-Maurice  et  Lazare  et  décoré  de  l'ancienne  médaille 
d'or  pour  acte  de  courage  et  de  dévouement. 


—  582  — 
PUBLICATIONS  : 

Signaux  à  Vusage  des  troupes  en  campagne.  Liège,  Carmanne,  1SG7. 

Télégraphie  électrique  en  campagne.  Bruxelles,  Muc(niart,  1873. 

Conservation  des  magasins  à  poudre.  Bruxelles,  Muerjuart,  1879. 

Rapport  sur  la  visite  des  habitations  ouvrières  d'Anvers  ^pour  le    comité 
de  patronage).  Anvers,  De  Cokcr,  1891. 
Id.  id.  1892. 

Recherches  sur  l'histoire  primitive  des   Belges.    Les  Saga  Scandinaves . 
Bruxelles,   Guyot,  1903. 

Op~oekingen  betreffende  de  oorspronkelijke  geschiedenis   der   Belgen.  I, 
Bergelmir.  Anvers,  Buschmann,  1904. 

Fragm,ents  de  V histoire  primitive  des  Belges.  Trois  volumes,  Liège.  An- 
vers, Buschmann,  1905. 

Bruchstilcke  aus  der  àltesten  Geschichte  der  Belgier.  IV.  Cimbern,  Teu- 
tonen  und  Aduatiker.  Anvers,  Buschmann,  1905. 

Fragments  de  l'histoire  primitive  des  Germains.  V.  Bouleversements  et 
vasselage.  Anvers,  Buschmann,  1908. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

DE  Martrin-Donos.  L'^s  Belges  dans  l'Afrique  centrale^  t.  IL 
Chap.\.ux.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 


VAN  HESTE,  pierre. 

né  à  Ostende,  le  13  juillet  1853. 

Lieutenant  de  marine.  Entreprend  un  premier  voyage  au 
Congo,  le  5  juin  1879,  comme  second  officier  à  bord  du 
Ba7'ga. 

Part  une  seconde  fois  pour  le  Congo  le  15  août  1880,  comme 
capitaine  de  steamer  attaché  au  service  de  la  flottille. 
Commande  la  Belgique  et  fait  le  trajet  entre  Banana,  Boma 
et  Vivi. 


i83 


Uoiilre  (Ml  Europe  on  octobre    1880.   Il  osl   nrluolloment 
patron  iiK^.sureur  :ni   service   <lii    i)ilota^'(*.  à   Anvers. 


* 
*     * 


luiront  également  attachés  au  service  de  la  flottille  pen- 
dant ces  premières  années:  les  lieutenants  de  marine:  Van 
de  \'(^ldo  Willie  et  Pcrsyn  Auguste  (décédé  à  Borna,  le  24 
juilKM  1883);  les  mécaniciens  Marit  Germain,  Wensel  Henri, 
chef  du  service  des  réparations  (décédé  à  Borna,  le  12  jan- 
vier 1884);  Booms  François,  Bucn,  Engels  et  Biga  (décédé 
le  27  janvier  1887);  le  forgeron  Hcbrans  Louis  (décédé  à  Vivi, 
le  17  septembre  1880);  les  charpentiers  Martin  Alphonse 
(décédé  à  Vivi  le  1  février  1885)  et  De  Beyghere,  enfin  le 
chauftéur  Hoornaert  Henri. 


VALCKE,LOUIS,  PIERRE,  ALPHONSE,  LIÉ VI N,MARIE, 

né  à  Bruges,  le  22  décembre  1857. 

Lieutenant  du  génie.  Engagé  comme  adjoint  à  la  pre- 
mière expédition  du  Comité  d'Etudes  du  Haut-Congo,  il 
part  pour  l'Afrique  le  12  août  1880. 

Valcke  se  rend  de  Vivi  à  Ndambi-Mbongo,  où  il  retrouve 
Stanley.  Fait  sauter  les  roches  de  la  chute  de  Nsongo  et  est 
chargé  de  conduire  l'expédition  à  Issanghila.  Est  nommé 
chef  de  poste. 

Le  27  juillet  1881,  il  se  dirige  avec  Stanley  et  Braconnier 
vers  le  Pool  ;  mais,  en  présence  de  l'occupation  par  les 
Français  de  la  rive  Nord,  les  voyageurs  sont  forcés  de  passer 
sur  la  rive  Sud.  En  décembre  1881,  Valcke  met  à  flot,  avec 
Stanley,  VEn  Avant,  le  premier  bateau  à  vapeur  qui  ait 
silonné  les  eaux  du  Congo  au  delà  des  cataractes. 

Miné  par  la  fièvre,  Valcke  reprend  le  chemin  de  Vivi; 
il  va  secourir  Nève  à  Issangliila  et  assiste  à  sa  mort. 


—  584  — 

Rentre  en  Europe,  le  22  décembre   1881. 

Se  rend  à  la  côte  orientale  pour  y  engager  deux  cent 
cinquante  Zanzibar] tes  et  revient  en  mars  1882  au  Congo, 
par  le  Gap  de  Bonne  Espérance,  pour  exercer  avec  Bra- 
connier le  commandement  de  Léopoldville. 

Assisté  de  Van  Gèle,  Valcke  exécute  l'ordre  de  faire 
parvenir  à  Léopoldville  les  pièces  démontées  du  nouveau 
petit  vapeur  A.  1.  A.  et  de  construire  une  route  sur  la 
rive  gauche. 

En  octobre  1882,  Valcke  remplit  une  mission  particu- 
lière, en  conduisant  cinquante  Zanzibarites  dans  le  pays 
de  Msuata  et  de  N'Ga-Nchou,  à  cent  cinquante  kilomètres 
de  Léopoldville. 

En  février  1883,  le  lieutenant  Valcke  part  pour  la  rive 
méridionale  du  Gongo,  avec  mission  de  conclure  des  con- 
trats avec  les  principaux  chefs  indigènes  établis  entre 
Manyanga  et  Léopoldville  et  de  fonder  soi'  le  territoire 
de  Sabouka,  une  station  d'où  des  provisions  puissent  doré- 
navant être  dirig-ées  sur  Léopoldville,  entrepôt  du  Haut- 
Gongo,  où  la  question  de  l'approvisionnement  avait  toujours 
occasionné  des  préoccupations  fort  vives.  Il  prend  également 
possession  des  chaudières  du  nouveau   vapeur  l'A./.   A. 

En  1884,  Valcke  préside  à  la  délicate  et  difficile  opéra- 
tion du  transport  du  Stayiley,  pesant  cinquante  mille  kilo- 
grammes. Le  steamer  arrive  au  mois  de  mars  à  Banana, 
où  il  est  remonté,  puis  suit  le  Gongo  jusqu'à  Vivi.  A  ce 
point,  la  machine  est  débarquée  et  on  procède  à  la  dis- 
jonction des  sections:  à  chacune  d'elles,  quatre  grandes 
roues  en  acier  sont  attachées  et  en  ont  fait  de  véritables 
chariots,  qui  prennent  la  route  d'Issanghila,  traînés  par 
une  petite  armée  de  nègres. 

Valcke  a  pour  adjoints  Zboïnski  et  Le  Marinel,  qui  vien- 
nent d'arriver  au  Gongo,  et  Dostrain  junior,  pour  méca- 
niciens: Herlow,  Engels,  Watt  et  Pujol,  cinq  à  six  cents 
noirs,  Zanzibarites,   Ilaoussa  et  indigènes,   marchent  sous 


r>8.-i 


lours  onliHvs.  \a\  doiMciir  Nilis  ;i('(U)iii|);iL:ii(i  rc.xixVlition  on 
(lunlilé  (lo  iiiôdccin. 

L'oxpfHlilion,  ([iii  (niillt*.  Vivi  on  ni;ii,  ;in'ivo  hi  4  sei)Lorn- 
hvo  h  Issan^'hila,  oïl  lo  haU^aii  ost  romonlô  (il  mis  à  flot; 
ollo  lon^'o  los  cliulos  Living'slono  ot  parvient  à  convoyer 
1(^  va[)Our  à  doslinalion. 

Valcke  commando  ensuite  la  slalion  do  Léopoldville, 
d'avi'il  188;>  jus(|u'on  lévrier  1881. 

Stanley  apprécie  en  ces  termes  la  collaboration  de  son 
adjoint: 

«  Ses  débuts  furent  mccliocrcs.  Chnrgé  de  faire  sauter  quelques 
»  rochers  sur  la  route  de  Ngoma,  il  tomba  presque  aussitôt  malade 
»  et  fut  transféré  ensuite  au  camp  d'Issangila.  Son  inexpérience  et 
»  la  fréquence  de  son  indisposition  le  forcèrent  à  reprendre  le  che- 
»  min  de  Vivi.  Après  six  mois  de  séjour  dans  cette  station,  il  partit 
»  pour  Stanley-Pool  et  se  rendit  do  là  à  Loanda.  mais  atteint  une 
»  deuxième  fois  de  maladie,  il  dut  rentrer  en  Europe. 

»  Après  dix-huit  mois  d'absence,  je  le  retrouve  au  Congo..., 
»  je  le  charge  d'une  petite  mission  qu'il  remplit  assez  bien,  pour 
»  que  je  me  décide  à  lui  en  confier  une  plus  importante,  dont  il 
»   s'acquitte  avec  un  zèle  et  une  intelligence  remarquables. 

»  Nommé  alors  chef  de  la  station  de  Léopoldville,  qui  était  en 
»  pleine  décadence,  le  lieutenant  Valke  y  opère  en  deux  mois  une 
»  transformation  complète  ;  il  en  fait  à  vrai  dire  la  station  la  plus 
»  importante  du  Haut-Congo  et  la  station  la  plus  prospère  et  la 
»  plus  heureuse  ;  car,  l'ordre  y  est  complet  et  la  plus  parfaite 
»  harmonie  y  règne  entre  indigènes  et  Européens. 

»  11  réorganise  la  station  de  Vivi.  Il  s'en  tire  si  bien  que  je  puis 
»   m'éloigner  et    me  consacrer  à  l'exploration    du  haut-fleuve    .... 

»  Il  gouverne  ensuite  la  division  de  Stanley-Pool  (trois  mille  deux 
»  cents  kilomtères  carrés),  comprenant  quatre  stations,  avec  un  tact, 
»  une  intelligence,  une  sûreté  de  coup  d'œil,  au-dessus  de  tout  éloge. 

»  En   dernier  lieu,    signalons   les   services   rendus    par    ce  jeune 


—  586  — 

»   homme,   en  ce  qui  concerne  le   transport  du  steamer   démontable 
»  le  Stanley^   envoyé  par  l'A.  I.  pour  le  service  du  Congo.  » 

(Stanley.    Cinq  a777îces  au  Covgo). 

Valcke  rentre  en  P)e]*^i(]uc  le  19  mai   1885. 

Le  15  mai  1880,  il  retourne  au  Congo,  avec  sa  femme  ('), 
et  se  fixe  à  Boma. 

En  1887,  il  est  nommé  directeur  de  la  marine  et  des 
travaux  publics  à  Boma.  Se  rend  en  congé  de  convales- 
cence à   Mossamedes 

Revient  en   Europe  le  4   février  1888. 

De  juillet  1889  à  mars  1890,  il  remplace  le  major  Parminter 
comme  directeur  de  la  Société  belge  pour  le  commerce  du 
Haut-Congo. 

Il  est  nommé  ensuite  administrateur-délégué  de  cette 
société. 

Il  est  actuellement  capitaine  du  génie  en  retraite;  che- 
valier de  l'Ordre  de  Léopold  et  décoré  de  l'Etoile  de  service. 

PUBLICATIONS: 


—  Des  Produits  commerçablfs  du  Congo.  (Bulletin  de  la  Société  belge  des 

ingénieurs  et  des  industriels,  1886). 

—  Cinq  années  sur  le  Congo.  (Bulletin  de    la  Société  de  Géographie  com- 

merciale de  Paris,  1886,  VIII,  n"  3,  p.  203). 

—  Description  de  la  région  des  cataractes  de   Vivi  au  Slanley-Pool.  (Bulle- 

tin de  la  Société  belge  des  ingénieurs  et  des  industriels,  1886). 

—  Conférence  sur  le  Congo.  (Bulletin  de  la    Société  royale  de    Géographie 

d'Anvers,  1885,  X,  n°  1,  p    42). 

—  Matadi,  port  de  mer.  (Mouvement  Géographique,  1889,  p,  65). 

—  D'Anvers  au  Congo.  (Mouvement  Géographique,  1891,  p.  73). 

—  Une  prom^nale  autour    d\cn    village    Bas-Congo.  (Conférence,  Bulletin 

de  la  Société  belge  de  Géographie,  X,  p.  60). 

(1)  M'"<5  Valcke  est  la  premièi'o  f^mme  belge  qui   s'est  installée  au  Congo 
et  y  a  fait  un  séjour  de  deux  ans. 


—  587  — 
RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

HM  M AiMKiN-I)()N()S.   [xs  fic/f/es  ilfuis  l'Afrique  centrale,,  t.   II, 
CiiAi'Ai  x.    Le  Coiujtt  /iislorifjnc,  (hplomatifjKe,  pp.  71-740. 


JANSSEN,    EUGÈNE.    LÉOPOLD.    HUBERT,  JOSEPH, 

CORNEILLE.    ANTOINE, 

110  à  Bruxelles,  le  25   sopLembrc  1858;  décédé  entre  Msuiita 
et  Kwamouth,  le  12  juillet  1883. 

Sous-lieutenant  au  6^  rég-iment  de  ligne. 

Se  rend  au  Congo  le  3  février  1881  et  arrive  le  25  juin 
à  Issanghila,  où  il  réside  comme  chef  de  station. 

Le  19  avril  1882,  il  s'embarque  avec  Stanley  à  bord  de 
VEn  Avcmt,  pour  remonter  le  fleuve,  aborde  à  l'île  Bamu 
(Stanley-Pool),  puis  à  Kimpoko  et  dépasse  l'embouchure  du 
Wampoko. 

Arrivé  à  Msuata  (latitude  3"  28'),  à  quelques  heures  en 
aval  de  l'ibari  N'Koutou,  il  est  désigné  pour  prendre  le 
commandement  du  nouveau  poste  que  Stanley  vient  d'y 
créer.  Quelques  heures  plus  tard,  Giral,  un  agent  de  Brazza, 
vient  offrir  au  chef  Gobila  le  drapeau  tricolore,  mais  il  est 
forcé  de  se  retirer. 

Le  village  de  Msuata  s'élève  au  bord  d'un  ruisseau  qui 
forme  vers  le  Nord  la  limite  de  la  concession  de  l'Asso- 
ciation. Il  comprend  environ  cent  quatre-vingts  maisons  et 
une  population  totale  de  deux  cent  quatre-vingt-dix  habi- 
tants. Parmi  ces  derniers,  huit  seulement  sont  hommes  libres, 
tous  les  autres  sont  esclaves.  Le  village  est  constitué  dans 
le  genre  de  Kintemo:  au  centre,  un  enclos  avec  cour  inté- 
rieure et  habitations;  c'est  là  que  réside  Gobila  avec  ses 
femmes,  au  nombre  de  quatre-vingt-cinq,  et  sa  nombreuse 
progéniture.  Les  autres  habitations  sont  éparpillées  sans 
ordre,  sans  plan,  et  étalent  une  malpropreté  révoltante. 


—  588  — 

Le  nouvrau  vhcï  do  la  station,  qui  a  appris  l'idiome  fiote,    i 
s'assimila  facilement  le  langage  kibuma,  parlé  par  les  Ban- 
juna   du  district.    La   bonté   dont   il    fait  preuve  vis-à-vis 
des  indigènes,  lui  attire  bien  des  ennuis,  car  à  toute  lieure 
du  jour  il  était  importuné  par  les  habitants  du  village. 

Ses  relations  avec  les  trafi([uants  Bayanzi  ne  sont  point 
aussi  bonnes;  ceux-ci   lui  volent  son  canot. 

Stanley,  arrivé  sur  ces  entrefaites,  menace  de  châtier 
les  Bayanzi,  qui  viennent  alors  restituer  l'embarcation.  A 
son  retour  à  Msuata,  après  son  exploration  de  la  Mfini  et 
du  lac  Léopold  II,  Stanley,  gravement  malade,  annonce  son 
intention  de  rentrer  en  Europe  (7  juin   1882). 

Janssen  élève  des  magasins,  un  arsenal,  des  cuisines,  et 
impose  son  autorité  bienveillante  aux  indigènes. 

Il  reçoit  l'ordre  de  recruter  des  nègres  pour  servir  de 
porteurs  et  d'interprètes  à  l'expédition  que  Hanssens  allait 
entreprendre  dans  le  Haut-Congo.  Le  17  octobre  1882,  cette 
expédition  arrive  à  Msuata;  son  chef  rend  hommage  à 
l'activité  de  Janssen  et  le  désigne  pour  l'accompagner  vers 
l'amont,  à  bord  de  VEclaireur.  Les  voyageurs  passent  devant 
l'embouchure  du  Kwango,  abordent  chez  le  roi  de  Tchoum- 
biri  et  arrivent  au  district  de  Bolobo. 

Dans  son  journal  de  route,  Janssen  relate  comme  suit 
les  difficultés  rencontrées  dans  cette  région  : 

«  Arrivés  dans  le  district  de  Bolobo,  nous  rencontrons,  sur  la 
»    rive   gauche,    une    série   de  vilhiges. 

»  Nous  stoppons  au  premier  village,  pour  demander  le  nom.  — 
»  «  Pas  de  nom  »,  répond  une  voix,  celle  d'un  notable  probable- 
»  ment.  —  «  Le  nom  du  chef,  alors...  »  —  «  Pas  de  nom  »,  répond 
»  la  même  voix.  Hanssens  enrage,  nous  enrageons  et  nous  par- 
r>  tons.  A  cinq  minutes  de  là,  deuxième  village;  nous  débarquons. 
»  La  population  accourt  et  attend  respectueusement  nos  questions. 
»    «Comment  nomme-ton   votre   village?»    fait  demander   le    capi- 


—  580  — 

»   t;iino.    —    «  (v)iio  vous    importo  »?    —    «  Merci,    et   votre    chef»? 
»   —    «  Nous   n'eu  avons   [nis  ». 

»  Inutile  d'insister  avec  de  telles  brutes,  nous  filons.  1)0  (juai-t 
»  d'heure  en  (juart  d'heure,  nous  stoppons  devant  le  troisième, 
»   le   quatrième...,   le  neuvième   village. 

»  Toujours  et  i)artout  la  même  et  désolante  réponse:  «l'as  de 
»   nom  !   Pas  de    nom  »  ! 

»  C'est  une  mjstification.  On  pourrait  croire  que  ces  gaillards- 
»  là  se   sont    transmis    par    téléphone  un  mot  d'ordre   contre  nous. 

»   Enfin,    dixième    village  ;    il   y    a    un    chef!    mais   il    est  absent. 

»  En  ce  moment,  la  clarté  du  jour  disparait;  la  [)luie  continue 
»  à  tomber;  nous  demandons  à  loger  dans  co  village,  en  dépit 
»  de  l'absence   du   chef. 

»  «  11  est  trop  tard  »,  glapit  quelqu'un,  «  nous  n'avons  pas  d'ailleurs 
»   de   place  pour   héberger  des  étrangers». 

»  Nous  enrageons  de  plus  belle,    et  nous    quittons  ces   sauvages. 

»  Devant  nous,  vers  le  milieu  du  fleuve,  nous  entrevoyons  des 
»  masses  noirâtres  coupant  le  courant.  Ce  sont  des  îlots  estompant 
»  le  ciel  nuageux  de  leurs  bois  sombres  et  épais  ;  nous  abordons  suc- 
»  cessivement  le  premier  îlot,  le  deuxième,  le  troisième.  Impossible 
»  d'atterrir...  ces  îles  sont  submergées;  seuls,  les  dômes  touffus 
»  surplombent  la  surface  liquide.  Nous  naviguons  dans  une  obscurité 
»  complète  jusqu'à  dix  heures  du  soir,  mouillés,  trempés,  rincés, 
»  par  une  de  ces  averses  africaines  dont  les  plus  abondantes  giboulées 
»   d'Europe  ne   peuvent   donner  une   idée. 

»  La  nuit  est  trop  noire  pour  continuer  sans  péril  la  navigation, 
»  VEclaireur  et  les  pirogues  sont  amarrés  à  un  arbre  du  troisième 
»  îlot;  nous  essayons  jusqu'au  matin  de  dormir  sous  les  voiles  de 
»  l'allège.  Quelques  hippopotames  indiscrets  viennent  lugubrement 
»  renifler  près  de  nous;  plus  loin,  des  crocodiles  festoyent  bruyam- 
»  ment;  et  le  ciel  inclément  lance  dans  ce  concert  terrible,  les 
»  notes   sourdes  et  prolongées  de   son   tonnerre  peu   rassurant.  » 

L'expédition  débarque,  après  une  navigation  de  dix  jours, 
à  Bolobo,    par  environ  2^  30'   de  latitude  Sud  et   17°   45' 


—  590  — 

do  longitude  Est.  Ibaka,  cliel'  dos  Bayanzi,  accorde  à  Ilans- 
sens  l'autorisation  d'établir  une  station  sur  un  plateau  domi- 
nant le  fleuve. 

Janssen  est  nommé  chef  de  cette  station  et  y  élève  une 
sorte  de  blockhaus.  Mais  le  plateau  est  infesté  par  les 
moustiques  et  les  vivres  sont  rares.  Haussons  décide  d'appe- 
ler à  la  station  le  sous-lieutenant  Orban,  et  de  renvoyer 
Janssen  à  Msuata,  où  sa  présence  est  indispensable. 

Pendant  un  mois,  Janssen  étudie  les  mœurs  des  indigènes 
Bayanzi;  lui  et  Hanssens  souffrent  des  privations  de  toute 
espèce. 

Ils  doivent  assister,  impuissants  à  les  réprimer,  aux  sacri- 
fices humains  qui  accompagnent  les  funérailles.  Le  25 
décembre,   ils  sont  enfin  relevés  par  Orban. 

Au  cours  du  voyage  de  retour,  ils  s'arrêtent  à  l'embou- 
chure du  Kwango  et  y  obtiennent  une  concession  de  six 
cents  lieues  carrées,  où  sera  établie  plus  tard  la  station  de 
Kwamouth. 

Le  1  janvier  1883,  Janssen  est  de  retour  à  Msuata. 

Le  13  du  même  mois,  un  conflit  surgit  avec  des  trafiquants 
Bateke;  ceux-ci  ayant  soustrait  des  pièces  d'étoffe,  Janssen 
les  poursuit  jusqu'au  village  et  s'empare  d'un  des  voleurs 
malgré  l'opposition  des  habitants  qui  prennent  partie  pour 
les  P)ateke.  Le  sang-froid  du  lieutenant  apaise  le  conflit; 
il  reçoit  même  des  invitations  de  Mpumu  N'taba  et  se  rend 
à  la  résidence  de  ce  grand  chef  Bateke,  sise  sur  la  rive 
droite  du  Congo,  à  plusieurs  kilomètres  dans  l'intérieur. 
Le  voyageur  y  est  reçu  en  grande  pompe  par  le  souverain 
entouré  de  ses  courtisans.  Les  fêtes  organisées  en  l'hon- 
neur du  blanc  dégénèrent  bientôt  en  v('ritable  orgie,  aussi 
Janssen  s'empresse-t-il  de  quitter  Mpumu  N'taba  et,  reve- 
nant à  Msuata,  y  trouve  Brunfaut  et  l'Anglais  Johnston 
(27  février).  Brunfaut  va  relever  Orban  de  la  station  de 
Bolobo. 

Le  12  mars,  Johnston  revient  à  Msuata  avec  Orban,   qui 


—  591  — 

a  ohlonu  raulorisalioii  de  l'ciilrer  en  Imiiojx'  ;i  im'isoii  do 
son   élal  do  sanl('*.  dos  [)lus  i)i'(''c;iiros. 

AvocJohiisloii,  Jaiisson  ro[)roiid  sos  rliidos  d'IiislDirc  nitln- 
roll(^,  ol  do  l)o(ani(juo.  II  parvioiiL  ix  caliiior  un  cou  il  il  pro- 
vo({ué  par  un  dos  Zanzibar! Los  do  son  oscorLo;  los  indi^onos 
exi^ont  le  su])plico  du  cou[)al)lo,  mais  Jansson  s'oppose  à 
l'exéculion  ol  n'uissil  à  calmer  los  esi)iils  11  doil  do  môme 
apaiser  un  conflil  né  entre  Mpumu  N'iaba  ol  Gobila,  (;l 
évite  une  i^uorro  imminente  entre  los  doux  chefs. 

Pou  après,  Jansson  reçoit  la  visite  de  Stanlo}^  et  de  Goquil- 
liât.  Chargé  i)ar  Stanley  do  se  rendre  chez  los  Babuma, 
établis  à  l'ombouchuro  du  Kwango,  et  d'y  conclure  dos 
trait('»s  on  vue  de  l'établissement  de  la  station  do  Kwamoulh, 
Jansson  quitte  Msuata  le  17  mai  1883. 

Arrivé  au  Kwango,  Janssen  est  reçu  par  le  chef  Makoue- 
nutcho  et  logé  dans  une  cal)ane  garnie  do  crânes  humains. 
Il  est  troublé  par  la  curiosité  des  indigènes;  l'un  de  ceux-ci 
avale  môme  le  contenu  d'un  encrier.  Lo  lieutenant  réclame 
énergiquement  la  restitution  de  son  bien  et  administre  au 
glouton  un  violent  émétique.  L'efficacité  de  la  drogue  pro- 
cure au  blanc  lo  renom  d'un  tout-puissant  féticheur. 

Janssen  obtient  sans  trop  do  difficultés  la  cession  d'un 
territoire  dans  l'angle  méridional  formé  par  le  Kwa  et 
le  Congo. 

Cependant,  Janssen  souffre  atrocement  d'ulcères  ol  de 
blessures  contractées  au  cours  de  ses  excursions.  Il  se  décide 
à  aller  trouver  le  docteur  Van  don  Ileuvol  à  Léopoldville, 
où  il  arrive  le  24  mai. 

Le  docteur  lui  conseille  do  retourner  en  Europe,  mais 
Janssen  refuse,  voulant  assurer  la  construction  de  la  station 
de  Kwamouth  que  lui  a  confiée  Stanley. 

A  peine  son  état  s'ost-il  quelque  peu  amélioré,  qu'il  repart, 
dès  le  4  juin,  vers  Msuata.  Il  y  construit  une  maison  pour 
héberger  les  voyageurs  :  peu  dejours  après,  celle-ci  estoccupée 
par  l'explorateur  Roger  et  le  missionnaire  français  abbé 


—  592   — 

Gii.yot.  Co  dernier  a  été  cliarij;'('^  par  le  cardinal  Lavi^erie  de 
l'inspection  des  missions  établies  sur  le  fleuve;  il  a  visité 
antérieurement  le  sultanat  de  Zanzibar  et  les  bords  du  Tan- 
g'anika.  Janssen  entreprend  plusieurs  chasses  avec  ses  deux 
hôtes. 

Le  3  juillet,  Stanley  aborde  à  Msuata  et  narre  les  détails 
de  son  expédition  vers  Irebu  et  l'embouchure  de  l'Ubang'i, 
avec  Goquilhat  et  Van  Gèle.  Il  charg-e  Janssen  d'aller  achever 
la  fondation  de  la  station  de  Kwamouth  et  lui  recommande 
d'aider  l'abbé  Guyot  à  y  établir  une  mission. 

Après  avoir  obtenu  la  concession  d'un  terrain  à  la  pointe 
de  Ganchu,  Janssen  se  rend  avec  le  missionnaire  auprès 
du  chef  Makouenutcho.  Il  doit  faire  le  déblaiement  du 
terrain,  la  coupe  des  bois  de  charpente  au  moyen  de  ses 
propres  hommes,  les  indigènes  de  Kwamouth  refusant  toute 
assistance. 

Prévenus  par  Roger  que  Stanley  est  attendu  à  Msuata, 
Janssen  et  Guyot  s'embarquent,  le  12  juillet,  dans  deux  piro- 
gues jumelées 

Malgré  l'avis  du  pilote  haoussa  et  en  vue  d'arriver  plus 
rapidement  à  Msuata,  Janssen  omet  de  longer  la  rive  et 
affronte  les  lames  soulevées  par  une  violente  brise  d'Ouest. 
La  pirogue  de  Janssen  coule  et  fait  chavirer  la  seconde. 
Quoique  bons  nageurs,  le  lieutenant  et  le  missionnaire,  lour- 
dement vêtus,  disparaissent  dans  les  profondeurs  du  fleuve. 
Quelques  noirs  peuvent  regagner  la  rive  et  vont  porter  la 
sinistre  nouvelle  à  Msuata. 

On  a  rarement  rencontré  une  unanimité  d'éloges  aussi 
complète  sur  les  mérites  d'un  jeune  homme,  dont  la  carrière 
africaine,  aux  débuts  de  l'œuvre  royale,  fut  particulière- 
ment ardue. 

Le  voyageur  anglais  Johnston  exprime  hautement  son 
admiration  pour  la  cordialité  et  la  bonne  humeur  perma- 
nente de  Janssen. 

Stanley  a  dit  à  son  sujet: 


—  r/.)3  — 

«  PaiiviH^  Kii'j^ôiu'  Jaiiss(Mi,  1(^  iiiodMc^  do  nos  cluîfs  do  stations, 
»  iu)iis  l'iivoiis  pordii  pour  toujours!  (^iKdlo  (h'iploi'.ihlci  liu  à  tant 
»  do  })i'()niossos!  Quoi  foudrovaut  dônouornont  pour  tant  do  V(;rtus 
»   ot    do   <iualitôs! 

»  I)is[)a,ru  prosquc  à  la  fin  do  son  on{^aji;ornont,  pendant  loquol  il 
»  avait  toujours  ôtô  lidolo,  loyal,  industi'ioux  ot  gai!  Quoi  inou- 
»  hliablo  douil  pour  nous  tous,  Europôons  aussi  bien  qu'indigènes!  » 

Stanley  lui  consacre  encore  une  notice  sincèrement  émue 
dans  son  ouvrage:  Chiq  années  au   Congo. 

Voici  en  quels  termes  il  s'exprime  au  sujet  de  la  mort 
de  son  disciple  hien-aimé. 

«  Vwe  déplorable  catastro[)li(î  m'onleva  prématurément  un  jeune 
»  et  brillant  collaborateur  qui  avait  servi  j)rès  de  trois  ans  avec 
»   un  rare  succès. 

»  Presque  enfant  encore,  sous  le  rapport  de  l'expérience,  quand 
»  il  débarqua  au  Congo,  Janssen  n'avait  pas  tardé  à  révéler  une 
»  telle  supériorité,  qu'au  bout  de  dix-huit  mois  il  avait  été  chargé 
»  d'occuper  Msuata  au  confluent  du  Koua  et  du  Congo.  Le  sobri- 
»  quet  de  Nsousou  Mpempe  (poulet  blanc),  que  lui  donna  le  vieux 
»  chef  Gobila  et  qui  ne  tarda  pas  à  le  faire  connaître  sur  les 
»  doux  rives  du  Haut-Congo,  jusqu'à  une  distance  de  huit  cents 
»  kilomètres,  témoigne  de  la  popularité  qu'il  sut  acquérir  parmi 
»   les  indigènes  à    force   de   tolérance   et   de    bonté. 

»  Pes  canotiers  africains  s'arrêtaient  par  centaines  à  Msuata  pour 
»  le  seul    plaisir   de    souhaiter    le  bonjour   à  Nsousou   Mpembe. 

»  Far  malheur,  il  naviguait  sur  le  fleuve  avec  l'abbé  Guyot, 
>  quand  son  canot,  surpris  par  un  grain,  sombra,  l'entraînant  avec 
»  ses  compagnons;   ils  périrent  tous.  » 

Haussons,  lors  de  son  premier  passage  à  Msuata,  y  éleva 
un  modeste  monument  à  la  mémoire  d'Eugène  Janssen. 


—  594  — 

RÉFÉRENCES    BIBLIOGRAPHIQUES  : 

CiiAi'AUX.   L",  Congo  historique,  diplomatique,  [)[).  74  et  93. 
Stanley.  Cinq  années  au  Congo, 

BuRDo.    Les  Belges  en   Afrique   centrale,    tome     III,    pp.  2,   40,    171  et 
suivantes. 


ORBAN,    FRÉDÉRIC.   JOSEPH, 

né  à  Emptinno,  le  3  mars  1857;  décode  à  Vivi,  le  22  décem- 
bre  1883. 

A  l'à^ie,  de  seize  ans,  il  s'enrôle  comme  volontaire  au  2*  régi- 
ment de  chasseurs  à  pied,  est  nommé  caporal  le  6  mai 
1873,  sous-officier  le  G  mai  1874  et  entre  à  l'Ecole  militaire 
le  19  octobre  1875. 

Sous-lieutenant  au  6^  régiment  d'artillerie  en   1880. 

S'embarque  à  Liverpool,  en  février  1881,  pour  se  rendre 
au  Congo.  Il  est  nommé  chef  de  poste  à  Vivi  et  s'occupe 
de  l'organisation  des  transports;  la  direction  des  caravanes 
entre  Vivi  et  les  stations  du  bas  et  du  moyen  Congo  lui 
est  confiée. 

Il  explore,  comme  adjoint  du  capitaine  Hanssens,  la  région 
située  au  Nord  d'Issanghila  et  de  Manyanga.  L'expédition 
y  fonde  les  stations  de  Mukumbi   et  de  Mboka. 

En  1882,  il  est  nommé  par  Hanssens  chef  de  la  nouvelle 
station  de  Bolobo  et  gagne,  le  25  décembre,  ce  poste  où  il 
séjourne  avec  le  Français  Boulanger.  Il  y  est  relevé  par 
Brunfaut.  Orban  présente  son  successeur  et  le  voyageur 
anglais  Johnston  au  chef  Ibaka,  puis  quitte  la  station  avec 
Johnston. 

Ils  s'arrêtent  le  même  jour  à  Itimba,  où  ils  assistent  à 
l'enterrement  du  chef  Bamya  et  ne  peuvent  empêcher  l'héca- 
tombe usuelle  des  femmes  et  esclaves  du  chef.  A  M  bon  go, 
l'accueil  est  excellent.  Le  12  mars  1883,  les  voj^ageurs  retrou- 
vent le  lieutenant  .lanssen   à  Msuata. 


—  595  — 

Orhaii  est  C()n(r;iiiil(l(^  coiiliiHKM' aussilùl  son  voyn^^cî  vors 
Léopoldville,  car,  miiu'  [Kir  la  lièvre,  il  a  oblemi  l'aiilorisa- 
Uon  de  rentrer  i\n  lùirope  avant  l'expiration  de  son  en;L,''ag-e- 
nient.  Toutefois,  il  exprime  son  intention  de  revenir  en 
Arri([ue  et  l'espoir  de  retrouver  son  ami  Janssen  sur  Ic^s 
bords  du  Tanganika. 

Ilélas!  cet  espoir  devait  ôtre  déçu!  Arrivé  à  Boma,  Or])an 
séjourne  au  sanatorium,  puis  est  appeh»  à  Vivi  où  il  meurt 
en  décembre  1883. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  BuRDO.  Les  Belges  dans  f  Afrique  centrale,  loino  III. 


CALLENA/AERT,  charles,joseph.  corneille, 

né  à  Anvers,  le  2G  décembre  1855. 

Elève  de  l'Institut  supérieur  de  commerce  d'Anvers. 

Part  pour  le  Congo  en  mars  1881,  comme  comptable.  Il 
est  adjoint  à  Valcke  et  Van   Gèle  au  camp  de  Lutete. 

Devient,  en  1881,  agent  commercial  au  poste  de  Vivi. 
Se  rend  à  Issanghila  et  secourt  la  caravane  de  Pescliuel 
à  Mowa. 

Il  retourne  avec  Grang  à  Manyanga. 

Etablit,  en  1883,  d'après  les  plans  de  Stanley  et  sur  les 
ordres  de  Braconnier,   une  station  à  Kimpoko. 

Il  y  reçoit  Brunfaut  et  Johnston,  qui  se  rendent  à  Bolobo. 
A  cette  occasion,  le  roi  de  Kimpoko  se  risque  à  avaler 
un  verre  de  vin  en  présence  des  Européens;  il  est  menacé 
d'être  destitué  la  même  nuit  par  ses  sujets.  Condamné  k 
l'épreuve  du  poison,  il  se  réfugie  à  la  station.  Callewaert 
sauve  son  bote  en  lui  administrant  une  potion  d'émétique 
et  rétablit  l'autorité  du  cbel'. 

Remplacé  par  Coquilbat,  Callewaert  rentre  en  Europe 
en  février  1884. 


—  590  — 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

CiiAi'AUX.   Le  Congo  Iiisloriquo,  diplomatique,  [).  90. 
BuRDO.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  p.  01. 


DESTRAIN,  EDMOND,  MARIE.  HENRI. 

Lieutonant  au  5^  résument  do  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  24  mai  1882.  Explore  le  Kouilou- 
Niadi. 
(La  notice  figure  à  la  page  480). 


AMELOT,    LOUIS,    GUSTAVE, 

ne  à  Bruxelles,  le  25  août  1857;  décédé  le  1  décembre 
1884,  entre  Stanley-Falls  et  Nj^angwe. 

Inçï'énieur-mécanicien. 

Se  rend  au  Congo,  le  1  septembre  1881  et  assume  d'abord 
les  fonctions  de  mécanicien  du  Royal,  qui  fait,  à  ce  moment, 
le  service  entre  Issanghila  et  Manyanga.  Passe  à  Léopold- 
ville. 

En  1883,  il  remplace  Van  Gèle  à  la  station  de  Lutete, 
puis  est  envoyé  à  Kimpoko,  ou  il  construit  une  station. 

Les  Banfunu  de  ce  district  sont  d'humeur  très  variable, 
mais  Ameiot  parvient  à  calmer  leurs  crises  de  révolte  en 
jouant  de  l'ocarino  ou  de  la  flûte.  Toutefois  des  alertes 
interrompent  fréquemment  les  travaux  de  construction. 

Le  4  juillet  1883,  Stanley  visite  la  station  de  Kimpoko 
et  félicite  Ameiot. 

Un  événement  fortuit  amena  les  plus  grandes  diflîcultôs. 
Une  marchande  de  fruits  mourut  subitement  après  avoir 
visité  la  station  de  Kimpoko. 

Les  indigènes  Banfunu,  excités  par  un  sorcier,  attaquent 
brusquement  la  station,  le  19  juillet  1883,  sous  les  ordres 


(1(^  (l;iinl)i(».l(\  cxi^'oaiil  l;i  iiioii,  d'AmeloL  ol  do  S3s  scM'vilours. 

Celui-ci,  à  la  l("M(^.  (l(\s  IihmiIcî  soldais  do  sa  ^aniison,  nml 
les  assaillants  on  riiil(>  pai*  iiiio  s(3iile  salv(3;  mais  \o  len- 
demain, trois  c(Mils  Haid'unu  cerncMil  la  station  dans  l'inton- 
lion  de  réduire  les  défenseurs  par  la  famine.  Il  ne  reste 
de  vivres  ({ue  i)()ur  deux  jours  et  les  menaces  de  Gambielo 
écartent   tous  les   approvisionneurs. 

Amelot  réduit  la  ration  de  ses  hommes  et  envoie  un 
courrier  à  Léopoldvillc.  Dès  le  25  juillet,  la  llottille  de  Stanley 
apparaît  devant  la  station.  Stanley  essaie  vainement  de 
vaincre,  par  des  pourparlers,  l'obstination  des  indig"ènos,  qui 
persistent  à  réclamer  la  tête  d'Amelot.  Dans  ces  conditions, 
Stanley  ordonne  de  détruire  la  station,  dont  le  personnel 
se  retire,  avec  le  matériel,  sous  les  ordres  d'Amelot,  à 
Léopoldvillc. 

Lorsque,  le  15  février  18S 4,  Stanley  remet  à  Ilanssens  le 
commandement  de  l'expédition  du  Haut-Congo,  Amelot  est 
désigné  comme  second  ;  il  monte  sur  YF?i  Avcnii.  Le  steamer 
étant  ancré  à  Kimpoko,  des  Banfunu  accourent  et,  ayant 
reconnu  Amelot,  réclament  sa  tête  à  cor  et  à  cri.  Hanssens 
parvient  à  calmer  leur  fureur. 

La  flottille  subit  une  épouvantable  bourrasque.  A  Msuata, 
Hanssens  élève  un  modeste  monument  en  mémoire  du 
vaillant  Janssen,  puis  la  flottille  s'arrête  au  poste  français 
de  Gancliu,  où  les  Belges  sont  reçus  par  de  Brazza  et  ses 
adjoints.  Hanssens  déclare  à  de  Brazza  qu'il  s'efforcera  d'oc- 
cuper avant  lui  tous  les  territoires  qu'il  pourra.  L'ofïicier 
français  accepte  le  cartel  en  termes  aimables,  déclarant  ne 
poursuivre  qu'un  but  humanitaire. 

Après  un  arrêt  à  l'embouchure  de  la  Lawson,  Hanssens 
rend  visite  à  Liebrechts,  à  la  station  de  Bolobo. 

Amelot  assume  les  fonctions  de  mécanicien  à  bord  du 
Royal.  Hanssens  conclut  un  traité  avec  le  chef  d'Ikoutou, 
s'arrête  à  Lukolela  et  établit  une  station  à  Ngombe.  Puis, 
il  se  rend   avec  Van  Gèle  dans  l'Ubangi  pour  obtenir  du 


—  508  — 

clief  de  cette  région  la  concession  d'un  terrain  en  face  de 
Ngonibe.  Le  3  mai  1884,  l'expédition  arrive  à  Iboko,  chef- 
lieu  du  district  Bang-ala  ;  Ilanssens  obtient  le  protectorat 
de  toute  la  région,  et  établit  une  station  dont  Goquilhat 
prend  le  commandement.  Il  entreprend  l'exploration  de  la 
Mongala  et  arrive  le  4  juin  à  Upoto,  où  il  fait  l'échange 
du  sang  avec  le  chef  Mpesa. 

Le  10,  l'expédition  entre  dans  l'Itimbiri,  qu'elle  remonte 
jusqu'à  Ibembo,  puis  reprend  le  Congo  jusqu'à  l'embou- 
chure de  l'Aruwimi.  Amelot  prodigue  ses  soins  à  Cour- 
tois, atteint  d'hématurie,  et  qui  meurt  peu  après. 

Le  3  juillet,  la  flottille  arrive  au  poste  des  Falls,  établi 
en  décembre  1883,  dans  l'ile  de  Uana-Rusari,  par  Stanley. 

Amelot,  dont  l'engagement  va  expirer,  sollicite  la  place 
d'adjoint  aux  Falls,  voulant  prendre  sa  revanche  de  Kimpoko. 

Il  est  le  premier  Belge  qui  séjourne  à  l'avant-poste  de 
la  civilisation  au  cœur  de  l'Afrique. 

Amelot  obtient  l'autorisation  de  rentrer  en  Europe  par 
N-yangwe  et  Zanzibar;  il  espère  rencontrer  à  N3^angwe  l'ex- 
pédition de  Becker,  venant  en  sens  inverse,  pour  lui  donner 
des  renseignements  utiles. 

Il  brûle  du  désir  d'effectuer,  lui  aussi,  la  traversée  de 
l'Afrique,    qui  n'a  encore  été  accomplie  par  aucun  Belge. 

Van  Gèle  s'oppose  à  l'exécution  de  ce  projet,  car  entre 
les  Falls  et  le  Tanganika  la  route  est  à  peine  tracée  et 
il  n'y  a  aucun  poste.  Amelot  part  néanmoins,  le  1  novem- 
bre 1884,  avec  Tippo-Tip,  sans  équipement  suffisant  et  presque 
sans  médicaments. 

Il  meurt  de  la  fièvre  hématurique  à  mi-chemin  de  Nyangwe. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  RuRDO.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  111. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique^  diplomatique,  [».  i>3. 


VÂN  DE  VELDE,  Liévin. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  Chapaux.   Le  Congo  historique,  diplomatique. 


—  r>09  — 

VAN      DE     VELDE,     LIÉVIN,    JEAN.    JACQUES, 

FRÉDÉRIC. 

ii(''  i\    Lcdol)erg'-loz-Gand,    lo   1   décembre    1850;  décédé  à 
Léopoldvillc,   le  7  fV'vrier   1888. 

Lieulennnt  ;ni  8'-   ré<^im(inL  de  li<;-ne. 

S'enii-;ii^e  au  service  du  C^oniilé  d'Kludes,  en  mai  1881,  et 
s'end)ai'(iue,  le  20  octobre  1881,  à  Soutbampton,  après  avoir 
surveilli'  au  Havre  rembaHago  et  le  cbarg-ement  d'un  stea- 
mer démontable. 

A'an  de  Velde  a  l'oi'dre  d'aller  cbercber  au  Gap  deux  cent 
ciiKiuante  Zanzibaritcs  recrutés  [)ar  Roger.  Il  y  affrète  un 
voilier  et  arrive  au  Congo  au  mois  de  décembre. 

Son  frère  Josepb  le  rejoint  peu  après  à  Vivi.  Ensemble 
ils  vont  secourir,  avec  Nilis,  la  station  d'Issangliila,  menacée 
par  les  indigènes;  ils  parviennent  à  la  débloquer  sans  coup 
férir  et  concluent  même  un  traité  de  paix. 

Très  affecté  par  la  mort  de  son  frère,  Liévin  Van  de 
Velde  n'bésite  pas  à  accepter  la  mission  de  construire  et 
de  diriger,  sans  l'aide  d'un  médecin,  le  lazaret  établi  à 
Vivi,  pour  y  soigner  les  Zanzibarites  atteints  de  la  variole; 
il  réussit  à  en  sauver  quarante  d'une  mort  certaine. 

11  va  ensuite  rejoindre  Valcke,  occupé  à  transporter  de 
nombreuses  cbarges  au  Stanley-Pool. 

Nommé  commandant  de  la  station  de  Vivi  (15  septem- 
bre 1882),  Van  de  Velde  est  cbargé  par  Stanley,  «  comme 
étant  le  plus  digne  des  officiers  de  la  7\'gion  •',  d'aller  établir 
un  poste  à  l'emboucliure  du  Kouilou,  de  remonter  le  fleuve 
et  de  prendre  possession  des  rives,  dans  un  territoire  con- 
voité par  Brazza.  Il  s'embarque  à  bord  du  Héron,  le  3  février 
1883,  et  arrive,  le  10  février,  à  Loango. 

Divers  traités,  conclus  avec  les  chefs  indigènes,  assurent 
au  Comité  la  possession  des  rives  du  Kouilou  inférieur, 
doi)uis  Chissanga  jusqu'à  Nzotou.  Van  de  Velde  s'attache 
ensuite  à  tracer  des  routes  et  à  érig-er  des  habitations. 


—  000  — 

Le  25  février,  Rudolfsladt  (poste  établi  par  4"  30'  la  t.  et 
Jl^  42'  lonf>'.  sur  la  côte,  à  la  rive  nord  de  reiiiboucliure 
du  Kouilou  —  et  nommé  en  l'honneur  du  prince  héritier 
d'Autriche-Hongrie)  —  est  inauguré.  Quelques  jours  plus 
tard,  les  marins  français  se  présentent  pour  occuper  la  région. 

Le  14  mars,  Van  de  Velde  fonde  la  station  de  Baudouin- 
ville,,  puis  retourne  à  Loango  et  se  porte  à  la  rencontre 
(le  l'expédition  Grant-Elliott,  qui  avait  quitté  Vivi  le  17  décem- 
bre. Cette  expédition  qui  comprend  les  belges  Destrain  et 
Légat,  le  docteur  autrichien  von  Schaumann  et  deux  anglais 
Ruthven  et  Iling^vorth,  est  chargée  d'explorer  les  régions 
quasi  inconnues  qui  s'étendent  au  Nord  du  Bas-Congo  et 
qui  forment  le  bassin  de  deux  fleuves:  le  Tchiloango  et  le 
Kouilou-Niadi.  Le  but  de  l'expédition  était  de  trouver  une 
voie  d'accès  nouvelle  vers  le  Haut-Congo. 

Dans  sa  marche  hâtive  à  la  recherche  de  l'expédition 
Grant-Elliott,  dont  il  a  appris  la  situation  critique,  Van 
de  Velde  doit  lutter  contre  les  tribus  indigènes  et  traverse 
Kitabi;  le  5  avril,  il  a  la  joie  de  secourir  l'explorateur  qui 
a  planté  le  drapeau  bleu  étoile  d'or,  sur  les  bords  du  Niadi 
supérieur.  Elliott  est  dans  un  état  d'exténuation  extrême  et 
deux  de  ses  adjoints  sont  mourants.  Van  de  Velde  les  fait 
conduire  en  hamac  à  Baudouinville. 

Il  descend  ensuite  avec  Elliott  à  Rudolfstadt;  au  cours 
de  cette  marche,  il  risque  de  se  noj^er  au  passage  de  la 
Mansi,  affluent  du  Kouilou. 

Van  de  Velde  retourne  à  Vivi  pour  y  reprendre  son  com- 
mandement, mais  la  maladie  le  force  à  retourner  en  Europe, 
le  5  octobre  1883. 

Voici  les  termes  dont  se  sert  Stanley  pour  relater  ces 
événements: 

«  Accon][)agné  de  deux  employés,  le  lieutenant  Van  de  Velde 
»  s'embarqua  le  5  février  1883  pour  le  Kouilou,  où  il  arriva  le 
»  9  du  même  mois.  A   peine   débarqué,  il   entama  des  négociations 


—  r,oi  — 

»  (Ml  \  no  d'olttcMiir  un  (Mii|il;i('(Mn(Mii  pour  la  construction  (Viiwo.  station 
»  v\  (les  droits  somcraiiis  sur  le  territoire  adjacent,  (n  nommé 
»  Sabota  Ini  vendit  tont  le  matériel  n(';ccs.saire,  et  U\  lieutenant 
»  éleva  une  station  (|u'il  lta[tt.isa  du  nom  de  Rudollstadt.  'l'ont  iriar- 
»  chait  de  iVont  ;  le  12  lévriei",  Van  de  \'elde  conclut  ave(;  Mani- 
»  pambon,  doven  des  chefs  indij^ènes  de  la  région  de  (>liissanga, 
»  à  remhonchnre  du  ivonilou  (rive  g-auche),  un  traité  aux  termes 
»  dn(|nid  celui-ci  cédait  ses  droits  souverains  à  l'Association  Inter- 
»  nationale.  Très  actif,  entièrement  dévoué  à  sa  tâche,  le  lieutenant 
»  négocia  successivement  plusieurs  autres  traités,  en  commençant  à 
»  Chiloungou,  sur  la  rive  droite  du  Kouilou  et  en  remontant  le 
»  fleuve  des  deux  côtés  jusqu'aux  ra[)ides,  situés  à  quarante-cinri 
»   kilomètres  de   la   mer. 

»  De  retour  à  Rudolfstadt,  au  commencement  de  mars,  il  reçut 
:&  de  Loango  avis  de  l'envoi  du  cuirassé  français  Sagittaire,  dans 
^>  ce  port.  A  l'aide  de  ses  bateaux,  il  met  le  capitaine  Cordier, 
»  du  Sagittaire,  à  même  de  pénétrer  sur  le  Kouilou  et  de  venir 
»  apprécier  l'hospitalité  de  Rudolfstadt. 

»  Le  14  mars,  la  rumeur  publique  signala  au  jeune  lieutenant 
»  l'apparition  à  Kitabi  (localité  de  l'intérieur),  d'un  groupe  d'Eu- 
»  ropéens,  qui  se  trouvaient,  disait-on,  dans  un  piteux  état.  Devinant 
»  que  ces  Européens  appartenaient  à  l'expédition  du  capitaine  Elliott, 
»  l'énergique  officier  se  hâte  d'équiper  une  expédition  fluviale  pour 
»  se    porter  à  leur  secours. 

»  Le  capitaine  Elliott  arrive  avec  son  escouade  à  Rudolfstadt  en 
»  avril.  Alors,  le  lieutenant  Van  de  Velde,  relevé  de  son  poste  provi- 
»  soire  sur  le  Kouilou,  retourne  à  Vivi,  pour  y  reprendre  le  com- 
»  mandement.  Il  venait  de  déployer  une  capacité,  un  zèle,  une 
»  activité  hors  ligne.  Je  me  plus,  dès  ce  moment,  à  croire  que 
»  j'avais  enfin,  après  une  si  longue  et  pénible  attente,  mis  la  main 
»  sur  le  collaborateur,  sur  l'autre  moi-même  que  je  cherchais.  De 
»  retour  à  Vivi,  la  santé  de  Van  de  Velde  s'ébranla  et  force  lui 
»   fut   de  retourner    en   Europe.   » 

(Cinq  années  au    Congo,  trad.   Harry). 


—   602  — 

DuniiiL  ce  séjour  en  Europe,  Van  de  Velde  s'occupe  de 
la  construction  de  nouveaux  steamers  et  assiste,  dans  la 
coulisse,  à  la  conférence  de  Berlin,  en  qualité  de  secrétaire 
du  colonel  Straucli  ('). 

Le  31  mars  1885,  Van  de  Velde  retourne  au  Congo, 
avec  l'ingénieur  Petitbois,  comme  attachés  à  la  brigade 
topographique,  chargée  de  l'étude  d'un  projet  de  chemin 
de  fer  dans  la  région  des  cataractes,  le  long  de  la  rive 
gauche  du  fleuve,   entre  Vivi  et   Manyanga. 

Van  de  Velde  a  décrit  ce  voyage  dans  des  lettres  adres- 
sées au  Congo  illustré.   En   voici   un   résumé: 

Le  23  juin  1885,  à  neuf  heures,  VAf7^ica  est  en  vue  de 
la  pointe  Godron.  Ce  cap  est  l'endroit  où,  il  y  a  quatre 
cents  ans  (1484),  Diego  Cam,  navigateur  portugais,  érigea 
une  croix  de  pierre,  en  commémoration  de  la  découverte 
de  l'embouchure  du  fleuve,  appelé  Nzadi  par  les  indigènes, 

(1)  Au  moment  où  s'ouvrait  la  Conférence  de  Berlin,  (jui  allait  déterminer 
et  proclamer  les  grandes  lignes  d'un  système  de  législation  coloniale  })0ur 
l'Afrique  centrale,  un  pouvoir  politique,  sorti  d'une  modeste  entreprise  privée, 
inspirée  })ar  le  roi  des  Belges,  était  en  voie  de  constitution  et  déjà  la  pro- 
tection de  l'Empire  Allemand  l'avait,  par  traité,  introduit  dans  le  droit 
public  de  l'Europe.  La  situation  de  cette  association  était  à  ce  moment 
exceptionnelle  et  très  bizarre,  car  reconnue  comme  Etat  par  l'Allemagne,  et 
aussi  })ar  les  Etats-Unis  d'Amérique,  elle  demeurait  une  affaire  privée  pour 
tous  les  autres  gouvernements  du  monde.  Elle  ne  pouvait  donc  songer  à  inter- 
venir dans  les  délibérations  ollicielles  de  la  conférence,  bien  que  celle-ci 
n'eut  été  motivée  que  par  son  existence,  ses  travaux  et  ses  surprenants 
progrès.  Mais,  éloignée  de  la  salle  des  délibérations,  elle  était  présente  dans 
la  salle  voisine,  en  la  personne  de  deux  hommes  d'élite:  son  président  chargé 
de  pouvoirs,  le  colonel  Strauch,  et  son  conseiller  technique,  aussi  savant  et 
clairvoyant  qu'audacieux  et  modeste,  Emile  Banning. 

Soutenus  au  sein  de  rassemblée  par  le  baron  Lambermont,  plénipoten- 
tiaire belge,  ces  deux  admirables  collaborateurs  réalisèrent  des  prodiges, 
en  persévérant  sans  relâche,  (juatre  mois  durant,  en  vue  d'obtenir  la  géné- 
ralisation de  la  reconnaissance  et  la  lixation  des  limites.  De  là  des  négo- 
ciations particulièrement  laborieuses  et  com})liquées  avec  la  France  et  le 
Portugal. 


—  003  - 

par  C()iM'iii)li()n  Ziirc»  pMi"  los  Porlu^^ais,   et  C')1i^ï)  d'api'/s 
1(»   nom    (lu    pays. 

Le  hàlinuMil  ciili'e,  dans  le  fliMivo  ('X  d  'haivjuo  sos  pas- 
sa ^vrs  à  Haiiaiia.  (^cux-ci  sont  les  liôlos  de.  la  Nicfurr  A/)-l- 
/i'ffffusc/ir  II(fi/(/(isrr)()i()()fscli(ij). 

Le  'Jl»  juin  1885,  à  dix  lioures,  Van  do  Voldo  s'omharquo 
à  bord  du  lln'Oii,  steamer  de  l'Etat.  La  i)ointc  de  Boula- 
l)einba  est  dépass(»c.  Le  fleuve,  parsemé  d'un  lacis  d'îles, 
est  large  de  huit  kilomètres. 

Le  steamer  ti'averse  le  Gong-o  et  approche  de  Kissang-a, 
puis  retraverse  le  fleuve  vei's  Ponta  da  Leidia,  ancien 
établissement,   tristement  célèbre,   de  négriers. 

Le  courant  du  Congo  ronge  continuellement  la  rive  argi- 
leuse de  Ponta  da  Lenha.  Il  y  a  quelques  années,  le  ter- 
rain sur  lequel  se  trouvait  la  factorerie  française  se  détacha 
de  la  rive  et  les  hommes  n'eurent  que  le  temps  de  sauter 
sur  la  terre  ferme  Le  Congo  em})orta  le  tout  dans  l'Océan, 
bâtiments,  arbres,  produits  et  animaux,  et  un  voilier  ren- 
contra la  ville  flottante   à  cent  lieues   de  la  côte. 

De  Banana  à  Ponta  da  Lenha,  les  îles  et  les  rives  du 
fleuve  sont  habitées  par  les  Moussorongo;  sur  la  rive  droite, 
de  l'Océan  à  Borna,  par  les  Kakongo.  La  côte  est  peuplée 
par  les  Bavili  (coureurs  de  grèves),  les  Kabinda,  les  Loango 
et  les  Baloumbou. 

Toutes  ces  tribus  se  ressemblent  plus  ou  moins  par  leurs 
caractères  physiques,  physiologiques  et  physionomiques  La 
traite  des  nègres  et  les  luttes  intestines  ont  mélangé  et 
confondu  les  races  et  les  types  de  cette  région. 

Le  steamer  traverse  le  banc  de  Mateba. 

Vers  l'Est,  on  aperçoit  les  montagnes  et  bientôt,  sur  la 
rive  Sud,  apparaît  la  Roche  Fétiche,  pointe  rocheuse  qui 
plonge  comme  une  muraille  dans  l'eau. 

Sur  la  rive  Nord,  au  fond  d'un  canal,  entre  une  mon- 
tagne à  pente  douce  et  l'île  de  Mateba,  dont  l'extrémité 
est  une  double  colline,  en  forme  de  dôme,  apparaît  Boma, 


—  G04  — 

rang-ée  de  maisons  blanches  qui  se  mirent  dans  l'eau.  Sur 
Je  sommet  de  la  monta;L,me,  on  voit  Lembo-la-Nzambi,  une 
haute  aii>-uille  rocheuse  solitaire.  Une  i)artie  en  est  peinte 
en  blanc  et  sert  de  direction  aux  navigateurs.  Tuckey  l'a 
appelée  Fingal  Shicld  et  les  Anglais  l'ont  baptisée  du  nom  de 
Lightening  Stone. 

Le  Héron  débarque  à  Boma  (29  juin  1885),  qui  vient  de 
remplacer  Vivi,  comme  siège  du  gouvernement  local.  Van 
de  Velde  s'arrête  au  sanatorium  du  D""  Allart. 

Le  1  juillet,  à  9  heures,  il  se  rembarque  à  bord  du  même 
steamer;  au-dessus  de  Boma  le  fleuve  se  rétrécit  entre  un 
amas  de  montagnes,  à  coteaux  rapides,  couverts  de  hautes 
herbes  jaunes,   parsemés  de  blocs  de  quartz  argenté. 

Le  steamer  passe  Kaïkamasi,  Mossuk  et  Binda,  groupe 
de  factoreries,  puis  les  premières  îles  rocheuses,  au  milieu 
du  courant,  puis  Nokki  et  Kongola,  station  que  Van  de 
Velde  a  fondée  récemment.  La  mission  baptiste  anglaise 
d'Underhill  a  changé  d'emplacement;  elle  a  grimpé  sur 
la  montagne  dominant  de  la  rive  gauche  le  «  Chaudron 
d'Enfer  ;^  une  large  expansion  du  fleuve,  bordée  de  roches 
rouges  ferrugineuses  à  pic,  de  cent  cinquante  à  deux  cents 
mètres  de  hauteur;  le  fleuve  y  bouillonne  et  y  forme  des 
tourbillons. 

La  pointe  de  Tundua  est  doublée.  Au  fond,  dans  un  cercle 
de  montagnes,  à  cent  vingt  mètres  au-dessus  du  fleuve, 
sur  un  plateau  arrondi,  se  trouve  Vivi  —  le  nouveau  Vivi. 

La  station  possède  plus  de  quatre  baleinières  qui  établis- 
sent la  communication  avec  Nua-Mpozo,  point  de  départ 
de  la  route  qui  va  à  Léopoldville  par  la  rive  Sud  et  passe 
par  les  stations  de  Ruby-Town  (Banza  Manteka),  Lukungu  et 
Lutete.  Par  la  rive  Nord  une  route  de  quatre-vingt-trois 
kilomètres  se  dirige  vers  Issanghila;  de  là,  il  y  a  un  ser- 
vice de  bateaux  jusque  Manyanga.  Le  restant  du  voyage 
se  fait  à  pied,  et  toutes  les  marchandises  sont  transpor- 
tées en  ballots  de  trente  kilosTammes  sur  la  tête  des  noirs. 


—  005  — 

Vivi  coininnniqiuN  on  ce  moment,  par  dcMix  v;i[)eurs,  le 
IIi''rn)i  oL  la  ViUe  (rAnvo's,  avec  le  bas  tlu  fleuve  et  le 
porl  (1(^  lîaiiana. 

Van  (1(^  Velde  est  accueilli  avec  un  d/'hordcuiKinl  d'en- 
thousiasme, mêlé  de  curiosité,  par  ses  anciens  amis  indi- 
i>-ènes,  qui   le  comblent  de   présents. 

Cliari'-é  de  reconnaître  le  meilleur  tracé  de  route  vers  le 
Stanley-Pool,  par  bi  rive  gauche,  Van  de  Velde  part  le  2  juil- 
let 1885,  et  opère  la  reconnaissance  de  la  Lufu.  Arrivé  au 
plateau  de  Chionzo.  le  4  juillet,  le  capitaine  se  met  à  la 
recherche  de  son  ancien  ami  Ghimpi.  En  l'absence  du  chef, 
il  est  accueilli  avec  générosité  par  sa  femme.  Van  de  Velde 
descend  ensuite  le  flanc  du  plateau,  par  un  étroit  sentier, 
semé  de  cailloux  roulants.  Lo  5  juillet,  il  rentre  à  Vivi. 

Préconisant  un  tracé  par  le  plateau  dominant  la  station 
du  côté  de  l'Est,  Sir  Francis  de  Winton,  accompagné  de 
son  secrétaire  Butes,  de  Van  de  Velde  et  de  Petitbois,  se 
dispose,  avec  la  cavalerie,  à  explorer  le  passage.  Les  voya- 
geurs mettent  pied  à  terre  et  remontent  le  torrent  de  Benzani 
jusqu'à  sa  source. 

Le  9  juillet,  Van  de  Velde  et  Petitbois  établissent  le  camp 
sur  un  flanc  de  coteau  dominant  le  ravin,  où  se  rue  le 
torrent  de  Benzani. 

Le  13,  ils  se  rendent  à  la  pointe  de  l'Eperon,  que  ter- 
mine un  précipice  rocheux,  plongeant  dans  les  eaux  rapides 
et  bouillonnantes  du  Congo;  puis,  à  la  Lua,  en  passant 
par  les  villages  Nguvi-Mpanda  et  Mampouke;  ils  campent 
successivement  à  Sangila,   Sala-Kibanza... 

Le  19  juillet,  ils  traversent  le  torrent  de  la  Bundi;  puis, 
pendant  cinq  heures,  arpentent  un  étroit  sentier  de  boue 
noirâtre,  sous  une  voûte  de  hautes  herbes,  drues  et  serrées. 
Les  serpents  y  fourmillent.  Vers  deux  heures,  Van  de  Velde 
et  ses  gens  arrivent  au  camp  de  Pâma  Ngulan.  Le  cai)i- 
lame  est  pris  de  fièvre. 

Le  20  juillet,  quoique  souffrant,  il   se  remet  en  marche 


—  GOO  — 

et  suit  la  route  des  transports  le  long-  du  fleuve;  il  y 
a  un  an  que  Valcke  a  passé  par  là  avec  le  Stanley  démonté. 
L'herbe  et  les  arbres  ont  poussé,  la  pluie  a  raviné  les  rem 
biais.  Ce  n'est  que  grâce  à  ses  souvenirs  précis  que  Van 
de  Velde  retrouve  la  route  et  arrive  au  camp  de  Ngoma  à 
trois  heures. 

Il  g-ravit  la  montagne  de  Matchino,  à  travers  laquelle 
Stanley  (Boula-Matari)  a  frayé  un  passage  pour  le  trans- 
port de  ses  vapeurs.  Dans  le  flanc  de  la  montagne,  il  a 
creusé  des  trous  de  mine,  et  la  poudre  lui  a  ouvert  le 
chemin.  C'est  une  route  large  de  douze  mètres  taillée  à 
flanc  de  coteau.  Valcke  l'a  beaucoup  améliorée  :  c'est  un 
vrai  macadam  dans  la  forêt,  où  l'on  pourrait  conduire  et 
tourner  en  calèche. 

La  caravane  atteint  enfin  Issanghila.  Van  de  Velde  y  est 
reçu,  avec  cordialité,  par  le  chef  de  la  station  James  Glarkson. 

Van  de  Velde  se  fixe  à  Issanghila  et  se  livre  à  des  tra- 
vaux topographiques. 

Mais  son  état  de  santé  le  force  à  rentrer  une  seconde 
fois  en  Europe,  le  25  décembre  1885;  il  ramène  avec  lui 
Sakala,  fils  du  chef  Mambanco. 

Van  de  Velde  est  attaché  aux  bureaux  de  l'Etat  à  Bruxelles. 

Il  part  une  troisième  fois,  le  23  octobre  1887,  pour  l'Afrique; 
en  qualité  de  résident  de  la  station  des  Stanley-Falls  et 
chargé  de  réoccuper  militairement  cette  station.  Mais,  arrivé 
à  Léopoldville,   il  y  meurt  de  la  fièvre  le  7  février  1888. 

Van  de  Velde  était  capitaine  en  second  de  première 
classe  au  4®  régiment  de  ligne. 

De  1881  en  1880,  en  garnison  à  Bruges,  il  a  fait  œuvre 
de  vulgarisation  coloniale  et  n'a  donné  pas  moins  de  soixante- 
trois  conférences  en  flamand  et  en  français. 

Un  monument  a  été  élevé  à  Gand  aux  frères  Joseph  et 
Liévin  Van  de  Velde. 


-  G07  — 
PUBLICATIONS  : 

Le  lias-C<))uj().  Lettres  inédites.  (Con^o  illustri'',   proiniôro  annôo,  \)\).  78, 

85,  93,  101,   KM),   117,  125,   133,   141  et  149). 
Conférence  sur  le  chemin  de  fer  du  Congo,  faite  à  la  So<;i<;tô  royale  de 

(îrotrraijliie  d"  An  vers,  le  20  0(;tol)rc  1880. 
La  région  du  lias-Congo  et  du    Kwilou-Niadi.  —   Usages    et   coutumes 

des  indigènes.  (Soeiêté  royale    belge  de  Géograpiiie,  1886,  X,  n"  4, 

pp.  347  à  412). 
La  Marée  dans  le  Bus  Congo.  (VIou veinent  géographique,    1880,  p.  15). 
Des  moyens  de  communication  dans  le  Bas-Congo  et  dans  la  région  des 

cataractes.   (Bulletin    de    la   Soeiêté   belge    des   ingénieurs    et   des 

industriels,  1880), 
Croquis  du  Bas-Congo  au  200,000"=  de  Banana  à  Vivi,  indiquant  rempla- 
cement des  factoreries  [Bruxelles,  Institut  cartographi(iue,  1885). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

W'auters    L'Etat  indépendant  du  Congo,  1899,  pp.  23,  20»,  27,  271,   297 

et  305. 
Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  83,  165  et  536. 
DE  Martrix-Donos.  Les  Belges  dans  F  Afrique  centrale. 
Staxley.  Cinq  années  au  Congo,  p.  329. 
Extrait  de  l'Eloge  funèbre,  prononcé  })ar  Jér(')me  Becker.  (Bulletin  de  la 

Société  royale  de  Géographie  d'Anvers,  t.  Xlll,  p.  31). 
Congo  illustré,  1892,  p.  73. 


GILLIS,    HECTOR, 

né  à  Braine-le-Gomte,  le  12  mai  1802. 

Part  pour  le  Congo  le  19  janvier  1882,  avec  son  cousin 
Adolphe  Gillis,  et  est  attache  à  la  factorerie  de  Borna. 
Y  sont  également  employés:  François  Jean-Baptiste  et  Ver- 
kens  Eugène. 

Avec  une  caravane  de  Krowboys,  commandée  par  Adolphe 
Gillis,  Hector  GilHs  se  rend  à  l'intérieur  de  l'Angola  portu- 


G08  — 


gais,  à  Humpata,  plateau  fertile  occupé  par  des  émigrés  boers. 

Il  prend  part  aux  différents  voyages  de  son  cousin  Adolphe 
Gillis. 

Revient  en  Europe  en  février  1884. 


Négociant  à   Braine-le-Comte. 


VAN    DE    VELDE,  joseph,  paul.  François. 

né  à  Gand,  le  5  janvier  1855;  décédé  à  Gangila,  en  vue 
de  Vivi,   le  22  mai   1882. 

Engagé  dans  l'armée  comme  volontaire,  il  passe  d'abord 
par  l'Ecole  régimentaire  du  2®  régiment  d'infanterie  où  il 
obtient  le  grade  de  sous-officier  et  entre  bientôt  à  l'Ecole 
militaire,  après  avoir  subi  les  plus  brillants  examens.  Il  y 
fait  une  année  d'études  à  la  section  d'infanterie,  puis  quatre 
années  à  la  section  des  armes  spéciales.  Il  sort  de  l'Ecole 
comme  officier  d'artillerie. 

Sous-lieutenant  au  5^  régiment  d'artillerie  il  est  désigné 
par  S.  M.  Léopold  II,  pour  être  adjoint  à  l'expédition  de 
Stanley  sur  le  Haut-Congo,  chargée  d'installer  un  chantier 
de  navires  au  Stanley-Pool  et  de  diriger  la  construction 
des  bateaux  à  Léopoldville.  Il  suit,  dans  ce  but,  pendant  un 
an,  aux  établissements  du  génie  maritime,  un  cours  pratique 
de  mécanique  et  de  constructions  navales.  Il  a,  en  même 
temps,  pour  mission  spéciale,  l'étude  du  régime  des  eaux 
du  Congo  dans  les  endroits  navigables,  et  est,  en  outre, 
chargé  de  la  construction  et  du  lancement  d'embarcations 
sur  le  grand  fleuve  au-dessus  des  cataractes  Livingstone. 
D'habiles  charpentiers  maritimes  doivent  l'accompagner. 

Le  18  janvier  1882,  Van  de  Velde  s'embarque,  plein 
d'espoir,  pour  la  côte  occidentale  d'Afrique  et  rejoint,  au 
Congo,  son  frère  aîné  Liévin,  officier  d'infanterie,  adjoint 
à  l'expédition  belge.  Il  se  rend,  au  mois  d'avril,  avec  son 
frère  et  Nilis,  à  la  station  d'Issanghila,  située  sur  la  rive 


—  GOO  — 

f^aucho  au-dessus  dos  cala  racles  do  ce  nom.  Ils  dôf»a^enl  la 
slalion  ;issié^'('0  \y<\v  les  indigènes.  Josc^pli  s('  vawd  c^nsuilo 
à  Léopoldvillc  à  bord  du  Ilcron.  C'est  là  (|u'il  ressent  les 
pi'oniières  attaques  de  la  fièvre.  Ses  C()ni[)a^'"n()ns  l'en^'-a^-ent 
à  retourner  à  la  côte  pour  se  faire  soi^'-ner.  Il  refuse;  il 
vient  de  recevoir  une  lettre  de  Stanlo}^  qui  réclame  ses 
services  dans  l'intérieur  et,  pressi;  de  se  rendre  à  son  poste, 
il  ne  veut  pas  retarder  son  départ.  La  maladie  le  resaisit 
et  prend  un  caractère  si  alarmant  ([u'on  le  fait  transporter 
en  hamac  à  Vivi.  C'est  un  chemin  horrible  en  celle  saison 
où  les  pluies  sont  quotidiennes. 

Il  faut  se  creuser  une  trouée  dans  les  herbes  de  trois  à 
([uatre  mètres  de  hauteur,  gravir  des  montagnes  escarpées, 
traverser  des  forêts,  des  torrents,  des  marais,  sur  un  espace 
de  soixante  milles. 

A  trois  jours  de  marche  d'Issanghila,  le  23  mai,  près 
d'un  camp,  appelé  Gangila,  le  courageux  officier  rend  le 
dernier  soupir.  Ses  serviteurs  noirs,  des  Kabinda  portent 
le  corps  à  Vivi  où  il  est  enterré. 

Un  monument  a  été  élevé,  à  Gand,  aux  frères  Liévin 
et  Joseph  Van  de  Velde. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  Lettre  de  faire  pari  du   io  août  4882.  (Bibliothèque  royale.  Varia.  Congo, 

tome  1). 

—  DE  Martrix-Donos.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  II. 

—  Eloge  funèbre  de  Liévin   Van   de    Velde,  prononcé  par  Jérôme    Becker. 

(Bulletin   de  la    Société  royale   de    Géographie  d"Anvers,    t.   XllI, 
p.  31). 


HANSSENS,     EDMOND,  WINNOC.  VICTOR, 

Capitaine  au  11*^  de  ligne,   adjoint  d'Etat-Major. 
Part  pour  le  Congo,  le  8  janvier  1882. 


—   GIO  — 


Cher  d'expodition   au  Kouilou  et  au  Haut-Congo. 
(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page  5). 


NILIS,    THÉODORE,   VICTOR,    EDOUARD,    ADOLPHE. 

ARTHUR. 

ne  à  Brilon  (Wesl[)lialie),  le  22  juin  1851;  déc('dé  à  Ixelles, 
le  23    avril   1905. 

Entre  à  l'Ecole  militaire  le  1  avril  1870  et  est  nomme 
sous-lieulenant  le  8  avril  1872.  Suit  les  cours  de  l'Ecole  de 
guerre  en  septembre  1875  et  est  promu  lieutenant  en  juillet 
1878  et  adjoint  d'Etat-Major  le  15  décembre  de  la  même 
année. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  S""  régiment  de  ligne, 
il  se  rend  au  Congo  le  18  janvier  1882,  dans  le  but  de 
rejoindre  Stanley. 

Arrivé  à  Vivi,  il  se  dirige  aussitôt  vers  Issanghila  et  est 
nommé  chef  de  station  à  Man^^anga-Nord. 

Se  rend  avec  Hanssens  et  Callewaert  à  Ntombo-Mateka 
et   réprime  une  révolte  des  indigènes  de  Dandanga. 

Est  relevé  à  Manyanga  par  Haneuse,  puis  descend  vers 
Banana,  pour  gagner  Saint-Paul  de  Loanda. 

Revenu  à  Banana,  il  y  rencontre  Van  Kerckhoven  et 
retourne  à  Manyanga,  où  il  est  nommé  chef  et  agent  politique 
de  la  division  du  Bas-Congo. 

Mais  il  a  trop  présumé  de  ses  forces,  et  doit  rentrer 
en  Europe,  le  10  février  1884,  pour  se  rétablir. 

Admis  au  service  de  l'Etat,  Nilis  repart  une  deuxième  fois, 
le  13  mars  1888,  pour  remplir  une  mission  de  rapatriement 
de  Zanzibarites  et  de  Cafres;  le  24  juillet  de  la  même  année, 
il  reprend  le  chemin  de  l'Europe. 

Il  obtient  le  grade  de  capitaine  le  30  mars  1889,  et  celui 
de  capitaine   commandant  le  2G  juin   1892. 

Adjudant-major  de  régiment  au  G^  de  ligne,   Nilis  s'em- 


NILIS,  Théodore. 


Cliché  du  Mouvement  Géngrapliique. 


—  on  — 

]):u'(|uc  iiiK'  U'uisièmc  fuis  [)()ur  le  cojiLiiKtiiL  iirricaiii  le  (i  juil- 
let 18U3. 

Al)rès  un  coiirl  si^joiir  chcA  h;  siill;iii  lîan^^asso  (Uban;L,'-i), 
il  est  d('si^né,  avec  de  la  Kélliulle,  comiïK^  chef  d'une  expédi- 
lioii  \(M's   1(^   Hoiiiu,  coiilrée  à  peiiHi  entrevue  [)ai'  Lnplon. 

Acconipagnédes  lieutenants  de  la  Kélliulle, Gérard  et  Gonze, 
il  (piitte,  en  février  1891,  la  résidence  du  chef  Azande  Rafaï, 
suit  la  vallée  du  Shinko,  aflluent  du  Boinu,  passe  à  San^'-o, 

—  où  Gonze  doit  s'arrêter  et  meurt  quehjues  jours  après,  — 
puis  à  Bandasi,  et  franchit  la  lig-ne  de  faîte  du  Nil  près  des 
mines  de  IIofrah-er-Nahas.  Il  fonde  un  poste  ouvrant  l'accès 
du  Darfour  à  Katuaka  sur  l'Adda,  affluent  du  Bahr-el-Gazal. 
Un  fort  y  est  élevé  et  mis  sous  la  garde  du  lieutenant  Gérard. 

En  cours  de  route,  Nilis  a  levé  de  nombreuses  positions 
qui  permettent  de  dresser  la  carte  des  rég'ions  parcourues. 

Après  la  dislocation  de  l'expédition  par  suite  de  l'arran- 
gement conclu  avec  la  France  (1804),  Nilis  est  chargé  de 
prendre  le  commandement  du  territoire  de  l'Ubangi-Bomu. 

Il  rentre  en  Europe,  le  26  juin  189G  et  meurt  à  Ixelles, 
le  23  avril  1905. 

Il  était  capitaine  commandant  adjoint  d'Etat-Major  d'infan- 
terie pensionné. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  à  deux  raies. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  DE  Martrin-D(;nos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale^  t.  II. 

—  Belgique  coloniale,  189G,  p.  2G8. 

—  Mouvement  géographique,  1895,  p.  313. 


GRANG,     NICOLAS, 

né  à  Wahl  (Grand-Duché  de  Luxembourg),  le  2  janvier  1851 
décédé  à  Léopoldville,  le  11  -août  1883. 


—  G12  — 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  carabiniers. 

S'engag'e  au  service  de  l'Association  internationale  et 
part  le  18  janvier  1882  pour  rejoindre,  en  février,  l'expé- 
dition de  Stanle3^  Est  attaché  à  la  station  de  Léopold- 
ville,  comme  adjoint  au  lieutenant  Braconnier,  chef  du 
poste. 

Il  y  meurt,   le   il   avril    1883,   d'une   attaque  de  fièvre. 

Voici  en  quels  termes  Stanley  apprécie  son  malheureux 
adjoint  et  déplore  sa  fin  prématurée  : 

«  Chacun  des  ressorts  de  son  âme  était  mù  par  un  sentiment 
»  de  droiture,  de  loyauté  sans  mélange.  De  l'or  pur  en  un  mot! 
»  Il  venait  de  passer  cinquante  jours  avec  moi  à  Léopoldville  et  je 
»  venais  d'achever  la  construction  du  steamer,  à  hord  duquel  j'allais 
»  l'emmener  sur  le  Haut-Congo,  lorsque,  obligé  de  se  rendre  à 
»  quinze  kilomètres  du  camp,  pour  y  chercher  un  objet  oublié,  Grang 
»  fut  surpris  par  une  averse,  pendant  le  trajet  de  retour,  et  rentra 
»  tout  trempé  à  la  station.  Quelques  jours  plus  tard,  il  occupait, 
»  hélas!  la  première  tombe    creusée   dans  cette   localité.    » 

(Cinq  ajinées  au  Congo^  trad.  Harry,  p.  540). 


VAN      GELE,    ALPHONSE,    CYRILLE, 

Lieutenant  au  3«  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo  en  mai    1882,    nommé  chef   de  la 
station  de  Lutete,  puis  de  l'Equateur. 
(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page    1G7). 


oin 


PARFONRY,     EMILE,    DÉSIRÉ. 

iH»  à  llollon,  1(>  'JO  jiiillel  1857;  (1(''('('m16  à  M;in3';iiii;;i,  le  21 
mars  1883. 

Sous-Iieutonnnl  au  10=  do  li^-no,  il  part  [)oiii'  In  (>)iif,^r)  lo 
15  août   188-2,  pour  y   rejoindre  Stanley. 

Est  nommé  chef  de  la  station   d'Issan^'-liila. 

«  Un  des  collaborateurs  »,  dit  Stanley,  «  dont  j'ai  eu  lo  [)lus  à  me 
»   louer  est  le  sous-lieutenant  Parfonry. 

»  11  vécut  assez  pour  se  faire  estimer  par  sa  bravoure  et  son 
»  infatigable  ardeur  au  travail.  Je  commençais  à  me  féliciter  de 
»  sa  présence,  auprès  de  moi,  quand  une  imprudence  mit  fin  à 
»  ses  jours.  Il  s'exposa  témérairement  aux  rayons  du  soleil  et  mourut 
i>  peu  après.   » 

(Cinq  années  au  Congo ^  trad.  Harry,  p.  510). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  Stanley.  Cinq  années  au  Congo. 

—  BuRuo.   Les  Belges  dans  L' Afrique  centrale. 


BRUNFAUT,  émile,  fortuné,  joseph, 

né  à  Ypres,  le  9  février  1856;  décédé  à  Ostende,  le  8  sep- 
tembre 1898. 

Voyageur  de  commerce. 

Se  rend,  le  15  août  1882,  au  Congo  attaché  au  service  de 
l'Association  internationale  sous  les  ordres  de  Stanley. 
Après  bien  des  souffrances  sur  la  route  le  long  du  fleuve, 
il  atteint  Léopoldville  le  18  janvier  1883.  Chargé  de  pren- 
dre le  commandement  de  la  station  de  Bolobo,  en  rempla- 
cement de  Orban,  il  s'embarque  avec  l'Anglais  H.  Johnston. 

Les  voyageurs,  surpris  par  une  bourrasque,  doivent  se 
réfugier  sur  la  rive  gauche  près  de  Kinshassa.  Ils  visitent 


—  Gil  — 

Jes  îles  du  Pool,  occupées  par  des  pécheurs  Bajanzi,  et 
abordent  à  l'île  Bamu.  A  la  station  de  Kimpoko,  ils  ren- 
contrent le  chef  Gallewaert;  mais  arrivent  à  Msuata  en  l'ab- 
sence de  Janssen. 

Les  populations  riveraines  se  montrent  très  hosfiles  jus- 
({u'à  Embé;  enfin,  les  vo.yag-eurs  après  avoir  essuyé  plusieurs 
tourmentes  sur  le  fleuve,  arrivent  à  Bolobo  le  3  mars  1883. 

Peu  après,  un  incendie  détruit  les  bâtiments  de  la  station 
de  Bolobo.  Brunfaut  se  rend,  au  mois  de  juin,  à  Léopoldville, 
confiant  le  commandement  provisoire  de  la  station  au  français 
Boulanger.  La  garnison,  réduite  à  ([uinze  hommes,  est 
attaquée  par  les  habitants  de  Manga  ;  un  soldat,  fait  pri- 
sonnier, est  atrocement  torturé.  Le  chef  Ibaka  refuse  de 
])unir  ces  actes  de  barbarie,  et  Brunfaut,  rentré  à  son  poste, 
doit  attendre  l'arrivée  de  Stanley  pour  faire  châtier  les 
coupables. 

Bientôt  il  entre  en  hostilité  ouverte  avec  les  Ba^^anzi: 
l'intervention  énergique  de  Stanley  et  de  Liebrechts  rétablit 
le  calme  dans  la  région. 

Brunfaut  recueille  des  observations  ethnographiques  inté- 
ressantes sur  les  Bayanzi.  Il  visite  les  chefs  du  voisinage, 
parvient  à  se  les  concilier  et  explore  une  grande  partie 
de   la   région. 

Mais  bientôt  de  nouvelles  difficultés  plus  graves  surgissent. 
A  son  retour  des  Falls,  Stanley  trouve  la  station  incendiée 
par  les  Bayanzi;  Brunfaut  et  Liebrechts  ont  pu  s'échapper, 
quoique  la   garnison  ait  honteusement  fait  défection  ('). 

Brunfaut  retourne    à  Léopoldville  et    se  dirige  vers  le 


(1)  La  seule  chose  sauvée  du  désastre  fut  la  montre  de  Brunfaut,  retrouvée 
entre  les  mains  des  indigènes  par  le  suédois  Drccs  (|ui.  cincj  ans  plus  tard, 
la  renvoya  à  son   propriétaire. 

Les  indigènes  ne  furent  punis  qu'en  1891;  peu  après  Brunfaut  passa 
à  la  station  au  cours  d'un  voyage,  ce  (]ui  lit  croire  aux  indigènes  qu'il 
était  l'inspirateur  du  châtiment. 


—  ()1; 


l)assin  du  Nindi;  iii;iis,  nrrivn  à  Man^ynD^îi-Nord,  la  iiiahulio 
rohli^-c  à    rentrer   eu    Europe  (juin    1881). 

H  [)nrl  une  seconde  l'ois  pour  le  Con^o  (il  s'eiid)ar(ine  au 
Havre,  le  23  mars  1887.  A  sou  arrivée  à  Boiiia,  il  est  eu'^a^é 
par  la  maison  WaUbrd,  el  séjoui'ue  auprès  de  Valcke  et 
de  Monet. 

Au  mois  d'octobre,  Brunl'aut,  gravement  malade  par  excès 
de  travail,  reçoit  à  Boma  les  éloges  du  capitaine  Thys. 
En  janvier  1888,  il  assiste  Gilmont  à  ses  derniers  moments. 

Kn  avril  1889,  il  est  nommé  sous-directeur  de  la  Com- 
pagnie des  Magasins  Gén(?raux  et  rentre  en  Europe. 

Brunfaut  repart  pour  le  Congo,  le  1  juillet  1889,  en  la 
même  qualité.  Au  mois  de  janvier  1890,  il  entre  au  service  de 
la  maison  Daumas-Béraud  et  se  rend  dans  le  Haut-Congo, 
à  Bangala  et  dans  l'Aruwimi. 

Il  rentre  malade  à  Boma,  au  mois  d'avril;  puis,  de  mai 
à  juillet,  visite  l'Ikemba,  le  Ruki  et  l'Ubangi.  Il  fonde 
ensuite,  en  septembre,  un  comptoir  à  Bompono  et  trois  mois 
plus  tard  un  autre  à  Lulanga.  Il  y  reste  jusqu'en  septem- 
bre. Atteint  d'un  coup  de  feu  dans  le  côté  et  d'un  coup  de 
sagaie  dans  le  mollet;  il  est  soigné  avec  dévouement  à  la 
Mission  américaine  de  l'Equateur.  Il  établit  ensuite  un  comp- 
toir aux  Stanley-Falls  et  y  recueille  Doré  et  Page  de  l'expé- 
dition Hodister. 

Lorsqu'en  septembre  1892,  la  factorerie  Daumas  est  reprise 
par  la  Société  belge  du  Haut-Congo,  Brunfaut  passe  au 
service  de  celle-ci. 

Son  quatrième  départ,  en  qualité  d'agent  commercial  de 
la  Société  belge  du  Haut-Congo,  date  du  6  juillet  1893.  Il 
séjourne  à  Ivoko  et  explore  la  rivière  Momboyo.  Il  fonde, 
en  1894,  un  poste  à  M'Bala  Lundri  et  l'année  suivante  à 
l'Equateur. 

Rentré  en  Belgique,  en  octobre  189G,  il  est  nommé  direc- 
teur du  Kursaal  à  Ostende  et  y  meurt  le  8  septembre  1898, 
emporté  par  une  fièvre  contractée  au  Congo. 


GiG  — 


PUBLICATIONS: 


—  Noies  ethnograpJiiqucs  sur  les  Bayanzi,    IU.kdo,    1.   III,  pp.   195  à  203, 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  BuRDO.  Les  Belfjes  dans   V Afrique  centrale,  t    III. 

—  Mouvement  géographique,  1894,   p.   102. 

—  H.  JoHNSTON.   The  River  Congo. 


COQUILHAT.    CAMILLE. 

Lieutenant  au  2''  de  lig-ne,   adjoint  d'Etat-Major. 
Part  pour  le  Congo  en  août  1882;  chef  de  la  station  des 
Ban  gala. 
(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page  34). 


AVAERT,    HENRI,  MICHEL,  EUGÈNE, 

Lieutenant  au  5«  régiment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo  le   15  août   1882. 
(La  notice  figure  à  la  page  483). 


HANEUSE,  Louis. 


Cliché  clu  Mouvement  géographique. 


—  (il' 


HANEUSE,  LOUIS,  albert,  marie,  joseph. 

né  à  Lié^e,  le   11)  avril  18r;3. 

Lieutenant  au   10"  régiment  de  ligne. 

S'enil)ar({ue  pour  rAfi'irjue  le  15  septembre  1882.  Nommé 
chef  (le  poste  à  Manyanga,  en  remplacement  de  Nilis,  il 
a  d'abord  à  s'occuper  de  la  question  des  transports  par  cara- 
vanes indigènes  (avril  1883)  ('). 

On  éprouve  à  ce  moment  les  plus  grandes  difficultés  à 
recruter  le  personnel  chargé  de  convoyer,  à  travers  la  région 
des  cataractes,  les  ravitaillements,  marchandises  et  matériel, 
à  destination  du  haut  fleuve. 

A  force  de  démarches  auprès  des  différents  chefs  de  la 
contrée,  Haneuse  obtient  de  chaque  village  un  certain  nom- 
bre d'hommes.  Il  groupe  ainsi  autour  de  sa  station  un 
premier  contingent  de  porteurs  réguliers  qui  va  sans  cesse 
croissant. 

Rentré  en  Europe  le  15  août  1884,  l'ancien  chef  de 
Manyanga  ne  songeait  plus  guère  à  retourner  au  Congo, 
lorsque  survint  en  Europe  la  nouvelle  de  la  nomination 
de  Hamed-ben-Mohamed,  plus  connu  sous  son  surnom  de 
Tippo-Tip,   en  qualité  de  vali  des  Stanley-Falls. 

On  sait  quelle  stupeur  générale  provoqua,  en  Europe,  cet 
acte  politique  audacieux  qui  allait  permettre  à  l'Etat  de 
s'établir  progressivement  à  Basoko  et  à  Lusambo,  de  façon 
à  être,  à  un  moment  donné,  maître  de  la  situation  et  en 
mesure  d'agir  avec  rapidité  et  succès. 

Cette  politique  reçut,  du  reste,  peu  de  temps  après,  une 
haute  approbation.  En  1894,  le  gouvernement  allemand  de 
l'Est  africain  imita  l'Etat  en  nommant,  lui  aussi,  un  chef 
arabe  vali  d'Udjiji. 

L'Etat  ayant  appelé  Tippo-Tip,  l'ancien  trafiquant,  aux 
fonctions  de  vali,  désirait  être  à  même  de  contrcMer  d'une 

(1)  Cette  notice  est  extraite,  en  grande  partie,  du  Congo  illustré. 


—    618  — 

manière  permanente  l'administration  du  chef  arabe  et  la 
façon   dont  il  exécutait  les  clauses  de  son  contrat. 

Dans  ce  but,  il  lui  adjoint  un  résident  belg-e.  Haneuse 
est  désigné  et,  le  15  mars  1888,  il  repart  une  seconde  fois 
])our  le  Congo  comme  commandant  de  l'expédition  des 
Falls. 

La  station  des  Falls,  primitivement  établie  par  Stanley 
dans  l'ilc  Usuna,  a  été  reconstruite  sur  la  rive  droite  du 
fleuve,   un  peu  en  aval  de  l'ancien  poste. 

Van  Gèle  qui  avait  fait  choix  de  ce  nouvel  emplacement, 
y  avait  installé  Bodson  et  Hinck,  qui  firent  les  premiers 
travaux,  en  attendant  l'arrivée  du  résident  officiel. 

Haneuse,  à  bord  de  Y  En  Avant,  débarque  le  1  août  1888, 
et  consacre  tout  son  temps  et  toute  son  activité  à  la  construc- 
tion et  à  l'embellissement  de  la  station.  Il  est  secondé  dans 
cette  lourde  tâche  par  ses  deux  adjoints  et  trente  soldats 
haoussa. 

Le  18  juillet,  le  major  Barttelot,  commandant  l'arrière- 
garde  de  l'expédition  envoyée  au  secours  d'Emin-Pacha, 
avait  été  assassiné  par  un  chef  Manyema.  Depuis  la  création 
de  l'œuvre  du  Congo,  Barttelot  était  le  premier  Européen 
qui  tombait,  frappé  par  un  indigène.  Le  7  août,  Haneuse 
préside  le  Conseil  de  guerre,  institué  pour  juger  ce  crime 
qui  avait  provoqué  une  grande  sensation.  Tippo-Tip  y  assiste. 

Haneuse  accompagne  Delcommune  dans  son  exploration 
du  Lomami  jusqu'au  S""  parallèle  Sud. 

n  est  nommé  commissaire  de  district  le  27  octobre  1888. 

Malheureusement,  le  9  avril  1889,  il  est  forcé,  pour  cause 
de  maladie,   de  reprendre  le  chemin  de  la  patrie. 

Après  une  carrière  aussi  fournie,  Haneuse  n'en  continue 
pas  moins  sa  collaboration  effective  à  l'œuvre  africaine  en 
se  chargeant,  pour  compte  de  l'Etat,  d'opérer  divers  recru- 
tements de  troupes  à  la  côte  orientale.  Du  9  avril  1890 
au  1  mai  1891,  il  fait  un  séjour  à  Zanzibar  où  il  est  accrédité 


—   OIU  — 

aiii)rôs  (lu  sullan,  coniino  n'i)ivsoii(,;inl,  de,  l;i  I>(;l<^iqiio  (;l 
(lo   VVA[\l  (lu   Con^^'o. 

Du  12  juillot  :ui  l'J  n()vcin])ro  1892,  il  séjourne  (mi  Ahys- 
sinio,  oL  du    15  Icvrior  au   20  mai    181)3,   on   Arahio. 

Il   osL  colonel,  on  rolrailc,  (loi)uis  lo  20  sopl-onihi'o   11K)7. 

('hovalicîr  do  l'Ordre  do  Loo[)old,  docoro  de  la  Ooix  mili- 
lairo  (lo  promi(:>re  classe  et  de  l'KLoile  do  sorvicîo,  coni- 
niandeur  de  l'Eloih^  ])rillante  do  Zanzibar,  chevalier  de 
l'Ordre  Royal   du  Lion. 

PUBLICATIONS: 

—  Da77s  rErythrée.  (Mouvement  géograi)Iiique,  1803,  p.   IG). 

—  Notes  siw  Zanzibar.  (Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie.  1890, 

p.  ()42). 

—  Notes  sur  L'Erytlirée.  (Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie,  189.3, 

p.  42). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Congo  illustré,  1894,  p.   113, 

—  Chapaux.   Le  Congo  historique,  diplomatique,  \)\)    109,    177. 

—  Mouvement  géographique,  1881,  p    10. 


620 


ALLART,    JEAN,    BAPTISTE, 

né  à  Frasnes-lez-Gosselies,  le  28  février  1832;  décédé  le  10 
mai   1006,  à  Sainte-Croix  de  Ténériffe. 

Docteur  en  médecine  de  l'université  libre  de  Bruxelles 
depuis  1859,  il  est  attaché  pendant  plusieurs  années  au  ser- 
vice sanitaire  de  la  ville  de   Bruxelles. 

Pendant  un  voyage  à  Paris,  il  se  lie  intimement  avec 
le  célèbre  chirurgien  Nelaton,  inventeur  d'une  sonde  pour 
reconnaître  les  blessures  produites  par  les  balles.  A  cette 
époque,  les  médecins  italiens  s'évertuaient  en  vain  de  déter- 
miner l'endroit  exact  où  était  logée  la  balle  qui  avait 
frappé  Garibaldi  au  pied,  pendant  un  combat  contre  les 
troupes  pontificales.  Sur  Je  conseil  de  Nelaton,  le  docteur 
Allart  se  rend  en  Italie  et  s'efforce  de  se  faire  recevoir 
par  Garibaldi,  malgré  l'opposition  des  médecins  italiens, 
qui  affirmaient  que  la  balle  ne  se  trouvait  plus  dans  le 
membre  blessé.  En  employant  une  ruse,  Allart  parvient  à 
se  faire  montrer  la  blessure  et  détermine,  grâce  à  la  sonde 
Nelaton,  l'endroit  précis  où  se  trouvait  la  balle,  qu'il  extrait 
le  lendemain.  Allart  qui  avait  entrepris  ce  voyage  à  ses 
frais,  rentre  aussitôt  à   Bruxelles. 

En  1881,  Allart  entreprend  différents  voyages  d'études 
en  Egypte,  au  Soudan,  où  il  pénètre  jusqu'à  Kassala,  et 
en  Arabie.  L'expérience  ainsi  acquise  le  fait  désigner,  en 
septembre  1882,  pour  remplir  les  fonctions  de  médecin  en 
chef  du  Comité  d'Etudes.  Celui-ci  lui  confie  la  mission  d'orga- 
niser le  service  des  secours  médicaux  dans  le  Bas-Congo. 

Le  D''  Allart  part  pour  le  Congo,   le  20  septembre  1882. 

Il  est  le  véritable  fondateur  de  la  station  de  Boma,  où  ne  se 
trouvaient  établies  que  des  factoreries  étrangères.  Compre- 
nant de  suite  l'importance  que  devait  prendre  dans  l'avenir 
cette  station  dans  le  bas  fleuve,  il  s'empresse  de  la  recom- 
mander comme  siège  du  futur  sanatorium.  Celui-ci  devient 
le  point  de  départ  d'une  prise  de  possession  de  tout  le  ter- 


Le  D"^  ALLART. 


Cliché  du  journal  Le  Congo 


—  021  — 

riloire  avoisiiiaiil.  (li'àce  à  d'iiahikis  iié^ochiLioiis  avec 
les  cliofs  in(li<;-èiios,  Allart  j):u'vienl  à  se  l'aire  donner  la 
concession  de  tous  les  terrains  disponibles,  empêchant  ainsi 
la   mainmise   \y<\v   des  com|)t()ii's  étran^-ers. 

TouLel'ois,  ce  n'est  (p.i'avcc^  la  pins  ^-rande  difïicnlté  (ju'il 
rénssit  à  l'aire  ])arta^er  ses  vues  par  le  Comité  (rKliid(is, 
qui,  sous  l'impulsion  de  Stanley,  préconisait  Vivi,  localité 
où  les  malades  étaient  particulièrement  nombreux.  Le  pra- 
ticien signale  dans  de  nombreuses  lettres  que  Vivi  est  un 
roc  brûlant  presqu'inhabitable;  il  finit  par  l'emporter,  même 
contre  l'avis  de  Stanley.  Il  est  assisté  dans  l'établissement 
du  sanatorium  par  Emile  Loens. 

Cette  station  sanitaire  est  la  première  créée  au  Con^^o  et 
devient  du  coup  la  construction  la  i)lus  importante  et  la 
mieux  entendue  de  tout  le  Congo  (').  Le  sanatorium  est 
inauguré  en  1884.  Lorsque  Stanley,  à  sa  descente  du  fleuve, 
contem])lc  l'œuvre  accomplie,  il  ne  ménage  pas  ses  éloges 
au  D''  Allart  avec  lequel  il  entretint  depuis  lors  des  relations 
des  plus  amicales,  même  après  son   retour  en   Europe. 

Allart  dirige  l'établissement  avec  un  dévouement  admi- 
rable. 

Autour  du  sanatorium  viennent  bientôt  se  grouper  nombre 
de  constructions  nouvelles,  formant  l'embryon  de  la  capitale 
actuelle  du  Bas-Congo. 

L'expérience  acquise  par  Allart  lui  permet  également  de 
prêter  un  précieux  concours  au  comité  du  laboratoire  bac- 
tériologique de  Léopoldville,  fondé  sous  le  patronage  de 
l'Etat  Indépendant. 

(1)  Depuis  1879  jusqu'à  la  fui  do  1882,  les  expéditions  du  Comité  d'Etudes 
avaient  été  privées  de  médecins.  Le  D'"  Allart  est  le  })remier  médecin  qui 
fut  envoyé  au  Congo;  même  en  1885,  au  moment  de  la  reconnaissance 
de  TEtat  par  les  puissances,  celui-ci  n'avait  à  son  service  que  deux  méde- 
cins: le  D''  Allart,  à  Koma,  et  le  D''  Van  den  Heuvel,  à  Léopoldville. 
Actuellement  les  soins  médicaux  sont  donnés  gratuitement  aux  blancs  et 
aux  noirs  par  un   nombreux  personnel. 


—  022  — 

Allart  retourne  en  Europe  en  1885. 

Appelé,  le  30  août  1880,  aux  fonctions  de  consul  général 
de  Belgique  à  la  côte  occidentale  d'Afrique,  avec  résidence 
à  Sainte-Croix  de  Ténériffe,  Allart  est  chargé  par  le  gou- 
vernement belge  d'une  série  d'explorations  commerciales; 
il  visite  ainsi  les  principales  colonies  de  la  côte  africaine 

11  fait  deux  voyages  dans  le  Bas-Congo,  en  1887  et  1892. 
Au  cours  de  ce  dernier  séjour,  il  accompagne  le  capitaine 
Tliys  dans  son   inspection   du  chemin   de  fer. 

Le  conseil  municipal  de  Sainte-Croix  de  Ténériffe  rend 
hommage  au  D""  Allart  en  donnant  son  nom  à  une  des  rues 
de  la  ville. 

Voici  en  quels  termes  Stanley  consacre  au  D*"  Allart  une 
mention  dans   son  livre:  CAnq  années  au  Congo  ('): 

«  Le  D*"  Allart  mérite  les  plus  vifs  éloges.  J'ai  rarement  ren- 
»  contré  homme  plus  aimable  et  médecin  plus  consciencieux  à  la 
»  fois.  Ma  liaison  avec  lui  date  de  plusieurs  années  ;  et  cependant 
*  j'apprends  chaque  jour  à  mieux  apprécier  ses  rares  qualités.  A 
»  certains  tempéraments  le  travail  est  aussi  nécessaire  que  la  nour- 
»  riture.  Le  I)'"  Allart  possède  ce  tempérament-là.  Il  eut  envisagé 
»  comme  une  cruelle  privation  tout  obstacle  apporté  à  son  activité, 
»  à  ses  labeurs.  Nous  n'avons  pas  eu  de  ces  cruautés  envers  lui. 
»  Nous  avons  essayé  d'assouvir  son  amour  du  travail  en  lui  confiant 
»  la  construction  et  la  direction  de  l'hôpital  de  Boma.  Il  a  admi- 
»  rablement  exécuté  sa  tâche  ;  un  malade  qui  reçoit  ses  soins  géné- 
»  reux  doit  être  bien   mal   hypothéqué  pour  ne    pas  guérir.   » 

Il  meurt  à  Ténériffe  le  10   mai   1900. 

Il  était  consul  général  de  Belgique  à  Ténériffe,  officier  de 
l'Ordre  de  Léopold,  commandeur  de  nombre  de  l'Ordre  de 
Charles  III  d'Espagne  et  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


;i)  Page  541,  traduction  Harry. 


—  ()2:3  — 

PUBLICATIONS  : 

La   tt',mp(h'(ituve  et   les  pluies  au    Bas-Congn.    Observations  thermomé- 

triques,  /ii/f/ro>nélriques   et  pluviométriques   faites  à  Borna.   (Mou- 

vcinoiit  (ié()<^ra[)lii(iuc,  1880,  p.   17). 
Le  Congo  en  1890.  (Bulletin  de  la  Société  royale  de  géographie  d'Anvers, 

1890,  n"  3). 
L'Etat   hidépendant    du    Congo.    in-8*>.  Bruxelles,  1891,    Weissen])ru(;h. 

(Extrait  du  recueil  consulaire  belge). 
Compte-rendu    d'un    voyage    au    Congo.    1  br.    in-S".   Bruxelles,    1892, 

(Extrait  du  recueil  consulaire  belge.) 
Les  Coquillages-monnaie.  (Congo  illustré,  1893,  p.  160). 
Rapport  sur  V Etat  Indépendant  du  Congo.  1  br.  Bruxelles,  1891,  Weis- 

senbruch.   (Extrait  du  recueil  consulaire  belge). 
Rapport  commercial  concernant  l'Etat  Indépendant  du  Congo.  (Id.  1893). 
Le  climat  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo    (Id.  1895;  Mouvement  Géo- 

graphi(iue,  1895,  pp.   193  et  221). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  p.  103. 
A.  J.  \\'auïkrs.  Etat  Indépendant  du  Congo,  1899,  pp.  23  et  450. 
Mouvement    géographique,  20  mai    1906,  et  Petit    Bleu,    13  mai    190G. 
Article  nécrologicjue. 


—  024  — 
LEGAT,    AMÉDÉE, 

ne  à  Ixelles,  le  23  avril  18G0;  y  décédé  Je  20  mai  1808. 

ir  sergent  et  maître  d'armes  au   génie. 

Part  pour  le  Congo,  le  12  septendjre  1882,  en  qualité 
d'agent  du   Comité  d'Etudes. 

(1883).  Adjoint  à  l'expédition  du  Kouilou-Niadi,  sous  le 
commandement  de  Grant-Elliott,  il  explore  deux  affluents 
du  Kouilou  et   le  pays  de  Ba-Yaccas. 

L'expédition  établit  dans  le  bassin  du  Kouilou  de  nom- 
breuses stations.  Destrain  fonde  Stéphanievillc.  Légat  con- 
struit et  commande  le  \x)^[o  ôe  F^rinkloivn  (latitude  3"  30', 
longitude  12M5')  sur  le  Kouilou,  rive  gauche;  en  face  du 
confluent  de  la   Louasa. 

Il  se  rend  à  Loanga  et  rentre  en  Europe  le  12  mai  1884. 

Retourne  en  Afrique  le  O  avril  1885  et  est  nommé  chef 
du  poste  de  Taimionville  (Kitabi)  sur  le  Kouilou,  rive 
gauche,   en  face   des  premiers  rapides  du  fleuve. 

Passe,  en  1886,  au  service  de  la  8anford  exjploring  expedi- 
diiion  et  prend  la  direction  de  Luebo,  sur  le  Kasai:  à 
huit  cents  kilomètres  du  Stanley-Pool.  Seul,  sans  jamais 
voir  aucun  visage  européen,  il  vécut  en  plein  centre  afri- 
cain, pendant  deux  ans  consécutifs,  ne  recevant  que  tous 
les  quatre  ou  six  mois  la  visite  d'un  steamer  lui  appor- 
tant un  maigre  ravitaillement  de  conserves,  de  vin  et  de 
quinine. 

En  1889,  Légat  entre  au  service  de  l'Etat  et  est  nommé 
lieutenant  de  la   F.  P. 

Etablit  un  poste  militaire  à  Lusamlio  et  commande  la 
station  de  Luluabourg. 

En  1890,  il  accompagne  Paul  Le  Marinel  dans  son  explo- 
ration au  Katanga.  Depuis  cette  époque  jusqu'à  son  retour, 
qui  a  lieu  en  1894,  Légat  réside  au  Katanga;  chef  de  la  station 
de  la  Lufua  en  18Ji,  il  fonde  le  poste  de  Lufoi,  à  pro- 
ximité de  Bunkeia.  Il  y  reçoit  successivement  les  expédi- 
tions Delcommune,  Stairs  et  Bia.  Légat  ({ui  a  quarante  hom- 


i 


LEGAT,  Àmédée. 


Cliché  du  Mouvement  géographique. 


—  025  — 

iiH\s  SOUS  SCS  ordres,  |);ircoiii't  le  |);iys  en  Ions  scuis,  jx-ikImiiL 
sou  lon^-  séjour  à  Lul'oi.  Il  est  uouiuiù  ci4)ilaiue  de  la  Force 
Pul)li(iue  le  (>   aoùL   181)2. 

Après  un  séjour  coutinu  de  douze  années  en  Africjue, 
il  rentre  ou  lîeiii'Kiue  eL  conduit  à  l'cixposilion  d'Anvers 
de  i<st)l  un  coniin^xMiL  de  c|uatre-vingLs  indig-ènes. 

Lors  de  la  discussion  du  projet  d'annexion  du  Congo  par 
les  Chambres,  Leg'at  entreprend  une  canipag-ne  de  proj)a- 
g-ande,  —  conférences  et  meetings  contradictoires,  etc.  —,  en 
faveur  de  la  grande  œuvre  à   laquelle  il  s'est  consaci'é. 

A  la  nouvelle  de  la  révolte  des  indigènes  de  Luluahourg 
et  du  massacre  du  capitaine  Pelzer,  Légat  offre  sponta- 
nément ses  services  à  l'Etat  ind.4)endant  et  s'embarque, 
quelques  jours  après,  le  6  avril  1895,  comme  commandant 
de  Luluabourg. 

11  prend  une  grande  part  à  la  répression  de  la  révolte, 
punit  les  chefs  indigènes,  fait  arrêter  le  chef  N'Sambi,  lutte 
contre  le  chef  Sagache  et  reçoit  le  commandement  du  poste 
dangereux  de  Pania-Mutombo,  dans  le  Kasai.  Son  terme 
expiré,  Légat  reprend  le  chemin  de  la  patrie. 

Il  meurt  à  Ixclles,  quelques  jours  après  son  retour  en 
Belgique,  le  26  mai  1898,  des  suites  d'un  refroidissement 
contracté  au  chevet  de  Comblez,  décédé  lui-même  le  jour 
de  son  arrivée. 

Légat  était  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré 
de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies,  de  la  Médaille  d'or 
de  première  classe  de  l'Etoile  africaine  et  de  la  Médaille 
d'argent  commémorative  des  expéditions  du  Katanga. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  CiiAPAUX   Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  85,  2{^,  285. 

—  Mouvement  géographique,    1884,  p.  3  ;  1889,  p.  43  ;    1893,    p.  37  ;  1898 

p.  281. 

—  Belgique  m,ilitairc,  1898,  p.  721. 

—  Congo  illustré. 


—  626   - 

ROGER,  OSCAR. 

Ancien  explorateur  de  l'A.  I.  A. 
Part  pour  la  côte  occidentale  en  novembre  1882. 
(La  notice  figure  à  la  page  521,   au    chapitre:    Explora- 
tions  de  la  côte  orientale). 


VAN    DEN     HEUVEL,  THÉODORE,  THÉOPHILE, 

Docteur  en   médecine,  ancien  explorateur  de  l'A.   I.  A. 
Part  pour  la  côte  occidentale  le  12  novembre  1882. 
(La  notice  figure  à  la  page  520). 


HODISTER,  Arthur. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 


—  027  — 
HODISTER,     ARTHUR,    EUGÈNE,   CONSTANT. 

né  à   Schaerljeek,  le   II   août  1817;  lue  à  Riba-Ril)a,  le  15 
mai    1<S1)2. 

Ancien  sous-oilicicr  de  l'année. 

Sert  avec  distinction  aux  Zouaves  pontificaux. 

Après  avoir  voyag'é  aux  Indes,  aux  îles  Philippines,  dans  la 
Nouvelle-Calédonie,  en  Australie,  dans  la  Nouvelle-Irlande 
et  la  Nouvelle-Bretagne  (1878-1882),  il  entre  au  service  du 
gouvernement  espagnol  et  se  rend  aux  Garolines  pendant 
le  conflit  avec  l'Allemagne.  Au  retour,  le  navire  ayant  l'ait 
naufrage,  Hodister  sauve  la  vie  à  plusieurs  personnes. 

Il  s'engage,  au  commencement  de  l'année  1883,  au  service 
du  Comité  d'Etudes  du  Haut-Congo  et,  en  1884,  prend  part 
à  l'expédition  Grant-Elliott.  Il  est  nommé  commandant  de 
la  station  de  Massabe,  à  la  côte,  puis  de  celles  de  Rudolfstadt 
et  de  Baudouinville,  au   Congo   français. 

Il  retourne  au  Congo  le  29  juillet  1887,  au  service  de 
la  Sanford  expïoring  expédition,  et  fonde  le  poste  com- 
mercial de  Bangala. 

La  même  année,  il  effectue  le  voj^age  de  Landana-Chuima 
à  Boma,  par  la  forêt  du  Mayumbe. 

1'  voyage  sur  la  Mongala  : 

Le  1  mai  1889,  Hodister  repart  comme  chef  de  district 
commercial  de  la  Société  du  Haut-Congo  à  Bangala;  il 
remonte,  le  4  septembre  1889,  à  bord  du  petit  steamer  Gé- 
néral Sanford,  la  Mongala  jusqu'au  confluent  de  ses  deux 
branches  supérieures,  l'Ebola  et  le  Monaï  (Dua). 

Le  Mouvement  Géographique  de  1890  publie  la  relation 
de  cette  exploration,  par  Hodister  lui-même,  et  conclut  que 
la  Mongala  étend  et  élargit  son  bassin  supérieur  beaucoup 
plus  au  Nord  qu'on  ne  l'avait  supposé  jusqu'alors,  de  telle 


-  028  — 

façon  (lue  cette  rivière  paraît  drainer  la  plus  grande  partie 
du  i)ays  qui  s'étend  au  Sud-Est  de  Zongo,  jusque  très  près 
de  rubang-i. 

2^  voyage  sur  la  Mongala  : 

Hodister  fait  une  seconde  reconnaissance  de  la  Mongala, 
le   10  octobre  1889. 

Cette  fois  le  vo.yageur  remonte  la  branche  méridionale, 
qui  vient  de  l'Est,  api)elée  Monaï,  dans  son  cours  inférieur, 
et  Dua,  dans  son  cours  moyen  et  supérieur.  Hodister  donne 
de  curieux  détails  sur  cet  affluent,  qui  forme  un  vaste  ])ool 
de  deux  mille  mètres  de  largeur.  11  décrit  les  habitations 
construites  sur  pilotis,  et  les  observatoires  aériens  installés 
dans  les  arbres. 

3"  voyage  sur  la  Mongala  et  son  affluent  l'Ebola  : 

Hodister  effectue  une  troisième  exploration  de  la  Mon- 
gala et  de  l'Ebola,  le  8  avril  1890.  Parti  de  Bangala,  il 
pousse  jusqu'aux  dernières  limites  de  la  navigation  sur  l'af- 
fluent principal  de  la  rivière,  la  Dua,  puis  remonte  l'Ebola. 
Il  rentre  à  Bangala  le  10  juin. 

Voyage  sur  le  Lomami  et  vers  le  Lualaba  : 

En  juillet-septembre  1890,  Hodister,  préparant  les  voies 
à  l'entreprise  si  intéressante,  tant  au  point  de  vue  du  com- 
merce qu'à  celui  de  la  civilisation,  dont  il  va  bientôt  prendre 
la  direction,  s'embarque  à  bord  du  Gcncnd  San/œxU  pour 
remonter  le  Lomami,  dont  il  reconnaît  les  affluents,  et  arrive 
à  la  station  de  Bena-Kamba,  au  ])ied  des  rapides  qui,  il  y 
a  deux  ans,  ont  arrêté  la  reconnaissance  d'Alex.  Delcom- 
mune,  à  bord  du  Roi  des  Belges. 

A  Bena-Kamba,  Hodister  quitte  son  steamer  et  entreprend 


O'Jl» 


\r  J<)  n(»ùl,  ;i\(H'  une  cscorU^  do  viiii^l  Daiij^jilii,  uiu;  l'ccoii- 
naissaïK'o  pcnlcslro  v(m*s  le  Sud.  II  suit  d'idiord  l;i  rive  di'oilc 
du  Louiauii,  puis,  ()l)li({u;int  v(îrs  l'i^lsl,  il  ri;iiicliil,  l;i  rc'^ion 
ôlroile,  (|ui  sépare  lo  cours  de  celte  rivière  de  Ja  rive  gauche 
du  Lualaba,  où  il  (h'houche  en  face  de  Nyan*j;-\ve,  après 
avoir  traversé  Fuki,  Itund)a  et  Chari.  De  Nyari'^we,  il  n;- 
montc  en  [)i rogne  jusqu'à  Kasongo. 

Au  cours  de  cette  exi)loration,  Ilodister  rencontre  les 
principaux  trafiquants  arabes  de  la  région  et  se  lie  d'aujitié 
avec  eux. 

De  Kasongo,  Ilodister  descend  le  fleuve  jusqu'à  Riba-Riba, 
où  reprenant  la  route  terrestre,  il  se  dirige  à  l'Ouest,  vers 
le  Lomami,  traversant  une  seconde  fois  la  ligne  de  faîte 
Lualaba-Lomami,  et  rentre  le  24  septembre  à  Rena-Kandja, 
après  39  jours  d'absence.  Sans  perdre  un  seul  de  ses  hom- 
mes, sans  tirer  un  seul  coup  de  fusil,  sans  entraver  une 
seule  palabre,  il  venait  de  franchir  une  région  jusqu'ici 
inconnue,  parcourue  par  lui  dans  les  deux  sens  et  dont  il 
relève  l'hydrographie  et  l'orographie. 

Il  traite  d'importantes  questions  aux  Faits,  avecTippo-Tip, 
pour  compte  de  la  Société  du  Haut-Congo  et  revient  à 
Bangala  le  13  octobre. 

Il  rentre  peu  après  en  Europe,  en  mars  1891. 


2^  voyage  vers  le  Lomami  et  la  région  arabe. 


Nommé  directeur  en  Afrique  du  Syndicat  coinmerclal 
du  Manyema  et  du  Katanga,  Hodister  repart  pour  le  Congo, 
le  1  octobre  1891,  comme  chef  de  l'expédition  organisée 
par  ledit  syndicat.  Il  quitte  le  Pool  le  10  février  1892. 

L'expédition,  qui  se  compose  de  vingt  Européens,  a  pour 
mission  de  mettre  immédiatement  en  valeur  une  partie 
des  territoires  concédés  par  l'Etat  au  syndicat  et  de  fonder 
des  établissements  de  commerce  dans  la  région  du  Lomami 
et  du  Lualaba,  en  plein  centre  arabe. 


—  630  — 

Le  11  mars  1892,  Foxpédilion  est  réunie  à  Isanghi,  au 
confluent  du  Lomami. 

Hodister  se  rend  aux  Falls  et  divise  son  expédition  en  deux 
fractions.  La  première,  sous  ses  ordres,  composée  du 
D*"  Mag-cry,  de  Hansenne,  Pierrot,  Schouten,  Dewèvre, 
Mussche,  Desmedt,  Gliaumont,  Blindenberghe,  Goedseels, 
Pauwels,  et  Jôrgensen,  capitaine  de  steamer,  quitte  Isanghi 
à  bord  du  Roi  des  Belges,  et  prend  la  voie  du  Lomami 
pour  se  diriger  vers  Bena-Kamba,  tandis  que  la  seconde 
fraction  comprenant  Jouret,  Doré,  Page  et  Noblesse  et  l'in- 
terprète Ismaël  part  des  Falls,  pour  remonter  le  Lualaba 
en  pirogues,  vers  N^^angwe  et  Kasongo  et  rencontre  au 
premier  rapide  du  Lualaba  le  sous-lieutenant  Micliiels, 
venant  de  Riba-Riba. 

Tout  était  encore  relativement  calme  à  ce  moment,  tant 
aux  Falls  qu'à  Isanghi.  Toutefois  des  courriers  venant  des 
rives  de  l'Uele,  avaient  rapporté  que  l'expédition  de  l'in- 
specteur d'Etat  Van  Kerckhoven  décimait  les  caravanes 
arabes  de  Racliid,  de  Sefu,  et  de  Munie  Mohara,  pour  leur 
enlever  l'ivoire  qui  était  envoyé  à  Léopoldville. 

Cependant,  confiants  dans  la  justice  des  blancs,  les  chefs 
arabes  se  bornaient  à  de  sourdes  protestations.  Hodister 
avait  commencé  avec  eux  des  opérations  commerciales  en 
achetant  huit  tonnes  d'ivoire. 

Arrivé  à  Yanga,  le  27  mars,  Hodister  y  fonde  un  établisse- 
ment qu'il  confie  à  Dewèvre  et  à  Mussche. 

Débarqué  à  Bena-Kamba,  le  9  avril,  Hodister  prend  pos- 
session de  la  station,  que  lui  remettent  Hinck  et  Ectors, 
de  l'expédition  antiesclavagiste.  La  situation  y  est  relati- 
vement florissante;  l'autorité  de  l'Etat  y  est  reconnue  ainsi 
que  dans  les  environs. 

Le  20  avril,  le  chef  de  l'expédition  va  fonder,  à  proxi- 
mité des  chutes,  le  poste  de  Lhomo,  dont  il  donne  la  garde 
à  Pierret. 

Dans  l'intervalle,  Jouret  a  acheté  neuf  cents  kilogrammes 


—  G31  — 

d'ivoire  à  Kibon^ho,  sur  lo  Lualnl)n,  et  ost  arrivé,  le  24 
avril  à  lliba-Kiba.  A  l'aide  de  courriers,  b^s  deux  colonnes 
entrent  en  connnunication. 

Rentré  à  Bena-Kand)a  le  0  mai,  Ilodislery  reçoit  la  cara- 
vane des  porteurs  de  Buana  Sniaï,  que  lui  envoie  Jouret. 

Le  8  mai,  llodister,  accompagné  du  D""  Ma^•er3^  de  De 
Smedt,  Goedseels,  de  dix-liui't  serviteurs  et  de  cent  por- 
teurs de  Buana  Smaï,  se  met  en  route  pour  Riba-Riba. 
L'établissement  de  Bena-Kamba  est  mis  sous  la  protection 
de  Hansenne,  Paiiwels  et  Blindcnbergbe. 

* 
*      * 

Certains  indices,  non  équivoques,  avaient  prouvé,  cepen- 
dant dès  l'arrivée  d'Hodister,  que  les  dispositions  des  grands 
cliefs  arabes,  à  l'égard  des  blancs,  s'étaient  totalement 
modifiées. 

Aux  Falls,  le  lieutenant  Tobback,  qui  avait  noué  des  rela- 
tions de  courtoisie  avec  Racbid,  le  successeur  de  Tippo- 
Tip,  comme  vali,  vit  la  bienveillance  de  l'Arabe  insensi- 
blement s'atténuer,  céder  la  place  à  la  froideur,  à  une 
méfiance  inexplicable.  Les  visites  de  Racbid  étaient  deve- 
nues moins  fréquentes,  et  à  toute  proposition  qui  lui  était 
faite,  l'Arabe  répondait  par  des  propos  évasifs,  où  l'on  sen- 
tait poindre  une  sourde  menace.  Les  nouvelles  venant  du 
Sud  étaient  même  devenues  si  alarmantes  que  Tobback 
avait  envoyé  le  lieutenant  Michiels  à  Riba-Riba  pour  s'as- 
surer de  l'état  des  esprits. 

L'inquiétude  devint  générale  parmi  les  blancs  Ceux-ci 
se  rendaient  compte  que  l'arrivée  d'agents  commerci?,ux 
avait  vivement  contrarié  les  Arabes,  qui  eux-mêmes  étaient 
d'babiles  trafiquants  redoutant  toute  concurrence. 

Les  grands  cbefs  ne  cacbant  plus  leur  dépit  notifient 
à  Hodister  et  à  ses  adjoints  l'interdiction   de  se  livrer  au 


—  632  — 

commerce  sur  leur   territoire.  Ilodister,  avec  une  aveugle 
témérité,  refuse  de  se  soumettre  à  cette  proliiJ)ition. 

Au  retour  de  Micliiels  aux  Falis,  Tobl)ack,  pressentant  un 
conilit,  se  décide  à  se  rendre  lui-même  à  Riba-Riba  faire 
des  remontrances  aux  né^^ociants  qui  compromettaient  la 
paix  de  l'Etat;  il  se  munit  de  riches  présents  destines  aux 
chefs  arabes. 

A  Kibonghe,  il  lui  est  conseillé  de  demander  audience  à 
Munie  Mohara  qui  réside  à  Riba-Riba.  Les  plaintes  contre 
les  Européens  étant  devenues  générales,  Munie  Mohara 
intime  l'ordre  à  tous  les  bhmcs  de  quitter  les  lieux. 

Tobback  rentre  aux  Falls,  laissant  le  lieutenant  Micliiels 
à  Riba-Riba  pour  y  surveiller  Noblesse,  agent  opérant  sous 
les  ordres  d'Hodister. 

Imprudent  et  téméraire,  Noblesse  enfreint  la  défense  de 
Mohara  et  les  recommandations  de  Michiels  et  plante  des 
pieux  en   terre  pour  l'édification  d'un  comptoir. 

Le  sultan  lui  dépêche  un  émissaire  pour  lui  interdire 
toute  construction  dans  ses  états.  Au  lieu  d'obéir  à  cet  ordre 
formel,  Noblesse  moleste,  paraît-il,  assez  grièvement  l'envoyé. 

Immédiatement  capturé,  l'agent  d'Hodister  expie  dans  de 
cruels  supplices  son  acte  inconsidéré. 

Dès  lors,  le  courroux  de  Mohara  ne  connaît  plus  de  bornes: 
le  massacre  de  tous  les  blancs  est  décidé. 

Michiels  comprenant  le  danger,  se  sauve  dans  les  bois 
et  s'oriente  vers  Bena-Kamba,  où  il  comptait  retrouver 
Ilodister.  Il  erre  quinze  jours  dans  la  forêt,  se  nourrissant  de 
racines,  s'égare  et  va  se  livrer  inconsciemment  au  bour- 
reau, en  revenant  à  son  point  de  départ,  Riba-Riba. 

Michiels  est  supplicié  dans  des  tortures  d'odieuse  cruauté. 

Pendant  que  ces  crimes  s'accomplissaient,  Hodister  ignorait 
encore  la  révolte  des  Arabes  et  continuait  sa  marche  de 
Rena-Kamba  vers  Riba-Riba. 

Le    15  mai   1892,   il   atteint  l'endroit    souillé    des    deux 


-    033  — 

forl'nits  (U^  Moliara  et  est  l)ioiU6t,  Iiii-mômo,  la  Iroisième 
victiiiK^  (le  col  ed'royahh^.  di'airKî. 

Saisi  à  son  tour,  il  (Mulure  U\  niriiie  iiiarlyre  ([uo  Michiels 
et  Noblesse.  Ses  iiuîinhres  sont  tranchés  et  dévorés  sous 
ses  propres  3'eiix,  (jifoii  lui  crève,  en  outre,  avant  de 
ra('li(n'(M\  L(^  I)''  Marg-ery  et  (ioedse(ils  sont  aussi  massa- 
crés par  les  Arabes. 

La  factorerie^  d(^  Lliomo  est  pillée  et  Pierret  n'échappe 
pas  non  plus  aux  coups  des  assassins  ('). 

PUBLICATIONS  : 

—  De  Landana  à  Borna.  (Mouvement  Géographique,  1888,  p.  8G). 

—  De  Bangala  à  Nyanr/we.   (Id.,   1890,  p.   119). 

—  Exploration  de  la  Monyala.  (Id.,  1898,  n"^  1  et  2). 

—  Exploration  des  branches  supérieures  de  la  Mongala.  (Mouvement  Géo- 

graphique, 1890,   p.   103). 

—  Les  crues  du   Congo  à  Bangala.  Observations,    etc.    (Mouvement    Géo- 

graphique, 1891,  p.  79). 

—  Laissez  les  nègres  tranquilles!  (Mouvement  Géographique,  1891,  p.  96). 

—  Résumé   des  observations  météorologiques  faites  à  Bangala,    1888-1889. 

(Mouvement  Géographique,  1891,   p.  79). 

—  Les  Arabes  sur  le  Haut^Congo.  (Id.,  1891,  p.  83). 

—  Les  trois  dernières  lettres.  (Id.,   1892,  p.  82). 

—  Au  Congo.  (Extrait  du  Magasin  littéraire  et  scientifique,  une  brochure 

in-8".  Gand,  Leliaert  et  Sitl'er.  1888. 


(1)  Les  victimes  des  Arabes  furent  outre  Hodister,  le  D'"  Jules  Magerv 
médecin  de  l'expédition,  né  à  Dinant  le  4  septembre   1866, 
Alfred  Noblesse,   né  à  Bruxelles  le  23  mars  1869, 
Julien  Pierret,  né  à  Bruxelles  le  2^  septembre    18Ô8, 
Jean  Baptiste  Desmedt,  né  à  Gand  le  19  décembre    1853, 
Joseph  Goedseels,  né  à  Malines  le  8  septembre   1869. 


—  634  — 
RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 


Mouvement  géographique,    1886,  p.  86;    1890,   pp.   2  et  6   et  103;   1892, 

pp.  79,  81,  82,  101  et  102;  1894,  p.  17. 
Belgique  militaire.  Nos  héros,  par  Chômé.  N*"*  1192  et  1193. 
Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  103,  189,  251  et  400. 
A.  J.  Wauters.  L'Invasion  arabe  dans  le  Haut-Congo.  Le  désastre  de 

la   mission   Eodister.    (Mouvement   Géographique,    1892,  p.  79). 
Les  Evénements  du  Haut-Congo.  Kelations  des  aventures  de  l'expédition 

Doré-Jouret  sur  le  Lualaba.  (Mouvement  Géographique,  1892,  p.  95). 
L'expédition  Eodister.  (Mouvement  Géographique,  1892,  p.  99). 
L' expédition  Eodister    et   les   Arabes.  (Bulletin   de  la   Société  belge    de 

Géographie,  XVI,  p.  442). 
Lejeune.  Histoire  militaire  du  Congo,  p.  80. 


DEFRERE,  victor. 

Négociant. 

Part  pour  le  Congo  le  22  janvier  1883. 
Agent  à   Léopoldville,   puis   chef -adjoint    de  la  station 
d'Issanghila. 
Rentre  en  Europe  en  août   1884. 


PALMARTS,    JOSEPH,   LOUIS,  IGNACE,   MARIE, 

né  à  Maestriclît,  de  père  belge,  le  25  mai  1855;  décédé 
à  Ixelles,  le  25  octobre  1885. 

Ancien  élève  de  l'Ecole  militaire. 

Attaché  à  l'observatoire  royal  de  Belgique,  il  se  rend 
dans  les  régions  boréales  avec  une  expédition  scientifique 
américaine. 

Dès  son  retour  en  Belgique,  il  part  pour  le  Congo,  le 
1  février   1883,  en  qualité  d'agent,  et  séjourne   à  Vivi. 


—  635  — 

Rentre  le  15  décembre  de  la  môme  année. 
Il  s'eni'ôle  ensuiU^  (I;ins   la  marine   anglaise  et  meurt   à 
Ixelles. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  i)K  Mahtuin-Donos.  Les  lielfjes  dans  l'Afrique  centrale,  i.   II. 

—  Nouveau   voijage  de  Palmarts.    (Hiillelin  do  la  Société  royale  belge  de 

Géographie,   t.  \'II,  p.  153). 


VAN   KERCKHOVEN,  Guillaume. 

FRANÇOIS, 

Lieutenant  au  i*"  régiment  de  ligne. 

Part  en  mars  1883. 

Chef  d'Issangliila,  attaché   au  recrutement  des  Krooboy. 

(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page  305). 


—  G3G  — 

LIEBRECHTS,   charles,   adolphe.    marie, 

nô  à  Anvers,  le  7  myi  1858. 

Sous-lieutenant  au  (>«  j'é*,nment  d'artillerie,  il  part,  le  7 
mars  1883,  pour  aller  rejoindre  Stanley  comme  adjoint  et 
débarque  le  18  avril  à   Banana. 

Arrive  à  Vivi,  il  remorque  un  canon  Krupp  de  campagne 
avec  ses  munitions  jusqu'à  Léopoldville. 

Stanley,  informé  au  mois  d'août  1883  que  les  Bayanzi 
menacent  la  station  de  Bolobo,  s'y  rend  aussitôt  avec  sa 
flottille;  Liebrechts  s'embarque  avec  le  canon  à  bord  du 
EoyaL  Les  voyageurs  apprennent  en  route  que  la  station 
avait  été  incendiée  et  que  les  Bayanzi  avaient  juré  d'exter- 
miner les  blancs. 

A  partir  d'Itimba,  des  indigènes  hostiles  se  montrent  sur 
les  rives.  UEyi  avant,  accueilli  par  une  décharge  de  mous- 
quets, s'éloigne  au  milieu  des  cris  de  victoire  des  Bayanzi; 
bientôt,  il  reparait,  escorté  de  l'A.  /  A.  et  du  Royal,  à 
l'avant  duquel  est  placé  le  canon.  Les  indigènes  cherchent 
à  abattre  les  passagers  sur  le  pont  des  navires,  mais  leur 
feu  est  inoffensif,  car  ils  ne  se  rendent  pas  compte  de  la 
vitesse  des  steamers  Stanley,  ne  voulant  pas  sacrifier  des 
vies  humaines,  se  décide  à  mettre  les  navires  à  l'abri  der- 
rière les  îlots.  Le  lendemain  matin,  nouvelle  attaque  à  Manga; 
un  Zanzibarite  ayant  été  blessé,  l'équipage  riposte  par  des 
coups  de  feu.  Les  salves  des  trois  steamers  balayent  la 
rive.  Le  jour  même,  les  indigènes  viennent  réclamer  la 
réparation  des  dégâts  causés  à  leurs  huttes  et  à  leurs 
bananiers,  sous  menace  de  continuer  la  guerre  déchaînée 
par  leur  chef  Ibaka. 

Dès  le  lendemain,  la  flottille  s'arrête  au  pied  du  morne 
où  s'élèvent  les  ruines  de  la  station  de  Bolobo,  défendues 
vaillamment  depuis  trois  jours  par  Brunfaut  et  la  petite 
garnison. 

L'arrivée  des  forces  de  Stanley  calme  les  Bayanzi.  Ibaka, 


LIEBREGHTS,  Charles. 


—  G37  — 

roi  (les  Rayanzi,  \ioa\1  mônio  doballro  on  personne  h^s  con- 
(lilions  (1(^  i)aix.  lN)iir  lui  inspirer  une  sa^'e  terreur  ol  le 
tenir,  dans  la  suitis  (mi  respect,  Stanley  lui  annonce  ([ue 
Liehrechts  a  installé  un  fusil  fétiche,  ([ui  peut  df'niolir  une 
case  à  quatre  kilomètres  de  distance.  Le  lendemain,  Lie- 
hrechts [)ointe  la  pièce  sur  une  pirog-ue,  amarrée  à  deux 
milles  dans  le  fleuve  et  la  coule  au  premier  coup.  Grâce 
à  cet  expédient,  Stanley  obtient  le  payement  d'une  indem- 
nité de  huit  cents  mitakos  pour  l'incendie  de  la  station. 

Hrunfaut  prévoit  que  désormais  les  rapports  avec  les  vin- 
dicatifs Bayanzi  seront  difficiles;  aussi  Stanley  décide-t-il 
de  laisser  à  la  station  le  lieutenant  Liehrechts,  avec  un 
renfort  de  serviteurs  noirs.  Les  deux  blancs  se  partageront 
l'administration  du  domaine.  Le  IG  septembre,  la  flottille 
part  vers  l'Equateur. 

Liehrechts  s'occupe  de  rèédifîer  la  station;  les  ouvriers 
doivent  travailler  sous  les  armes,  car  des  rôdeurs  Bayanzi 
incendient  les  constructions,  à  mesure  qu'elles  s'élèvent. 
Mais  ces  incendies,  qui  s'étendent  à  la  savane,  contri- 
buent à  dénuder  les  environs  de  la  station  et  à  rendre  sa 
défense  plus  facile. 

Le  bâtiment  central  domine  le  Congo  à  cent  quatre-vingts 
mètres  de  hauteur.  Des  jardins  sont  aménagés  et  dix  hec- 
tares de  terrain  sont  défrichés,  plantés  de  pommes  de  terre 
et  semés  de  sorgho  et  de  maïs.  Bientôt,  des  rapports  ami- 
caux s'établissent  avec  les  indigènes,  ce  qui  permet  à 
Liehrechts  d'étudier  leurs  mœurs. 

Hélas!  un  incendie,  allumé  par  les  Bayanzi,  dans  la  nuit 
du  13  au  14  janvier,  vient  détruire  tous  les  travaux  des 
deux  vaillants  pionniers.  Ceux-ci  avaient  refusé  d'assister 
aux  funérailles  d'un  marchand,  pour  ne  pas  être  témoins 
des  sacrifices  accompagnant  pareille  cérémonie.  Pour  se 
venger  de  ce  refus,  les  Ba3^anzi,  qui,  d'ailleurs,  gardaient 
rancune  aux  Européens  du  payement  imposé  des  huit 
cents  mitakos,   augmentent  les    massacres   sur   la    tombe 


—  038  — 

creusée  au  pied   du  morne,  sur  lequel  s'élève  la  station. 

Après  avoir  fait  transporter,  par  mesure  de  précautions, 
les  munitions  du  canon  dans  leur  cabane  provisoire,  Brun- 
faut  et  Licbreclits  s'endorment.  Les  indigènes,  surexcités 
par  le  chef  de  Mondombero  et  avisés  du  prochain  retour 
de  Stanley,  se  disposent  à  incendier  la  station.  La  négli- 
gence des  sentinelles  zanzibarites  permet  aux  criminels 
de  s'approcher  avec  des  tisons  enflammés  de  la  cabane 
des  blancs.  Ceux-ci,  éveillés  en  sursaut,  se  précipitent  vers 
les  chimbecks  de  leurs  hommes.  Les  provisions  de  poudre 
et  les  cartouches  entassées  dans  la  cabane  font  explosion, 
et  les  débris  enflammés  mettent  le  feu  aux  autres  bâti- 
ments de  la  station  (^). 

Les  serviteurs  noirs  désertent  et  les  deux  Européens  se 
voient  contraints  d'abandonner  les  marchandises,  le  maté- 
riel, les  armes  et  leurs  bagages,  pour  se  précipiter  vers 
les  pirogues  amarrées  à  la  rive.  Les  déserteurs  les  avaient 
enlevées!  Liebrechts  et  Brunfaut,  à  moitié  vêtus,  passent 
la  nuit  cachés  dans  les  hautes  herbes,  pour  échapper  à  la 
poursuite  des  Bayanzi.  Le  matin,  ils  sont  heureusement 
recueillis  par  les  barques  du  marchand  bateke  Mabouma. 

Celles-ci  se  rendent  à  la  rencontre  de  Stanley,  après  avoir 
rallié  en  route  la  lâche  garnison  de  Bolobo. 

Le  15  janvier,  au  matin,  les  flottilles  réunies  se  pré- 
sentent devant  Bolobo.  Ibaka  se  défend  d'avoir  acquiescé 
à  l'attaque  de  la  station  et  Stanley,  convaincu  par  le  discours 
indigné  du  roi,  laisse  sur  le  plateau  trois  fois  ruiné  le 
courageux  lieutenant  Liebrechts  avec  une  troupe  de  noirs. 
Roger,  qui  rentre  malade  en  Europe,  abandonne  sa  garde 
robe  à  son   compatriote. 

Ibaka  impose  de  fortes  indemnités  à  Mondombero  et  aux 
chefs  indigènes  qui  ont  pris   part  à  l'incendie  de  la  sta- 

(1)  D'après  la  version   de   Stanley,   1" incendie  aurait  été   allumé   par   un 
fanatique  isolé,  agissant  à  l'insu  des  autres  indigènes. 


—  039  — 

lion,  ol  pondant  les  mois  de  janvier  et  do  février,  le  pays 
(^sl  Lroui)l('  par  les  conibaLs  (pie  hîs  indi^-ènes  s(;  livrent 
entre  eux.  Liebrechis  s'abstient  prudemment  d'intervenir 
dans  c(^s  luttes  intestines;  aussi  le  territoire  de  la  station 
devient  i)eu  à  ])eu  un  terrain  neutre,  où  les  indi^^ènes  se 
rendent  pour  vider  leurs  conflits  à  l'amiable.  Liebrechts 
est  bientôt  l'arbitre  de  tous  les  différends;  il  ac([uiert  une 
réputation  de  ^^rande  impartialité.  Ibaka  lui-même  se  trans- 
forme en  liumble  courtisan,  et  les  pavillons  belge  et  congolais 
flottant  sur  le  poste  sont  respectés  par  tous  les  Bayanzi. 

Déployant  une  activité  digne  des  plus  grands  éloges, 
Liebrechts  parvient  à  relever  une  seconde  fois  la  station 
de  ses  ruines.  Il  reçoit  la  visite  de  Hanssens  qui  le  félicite 
chaleureusement  de  son  œuvre. 

Liebrechts,  invité  par  le  colonel  Sir  Francis  de  Winton 
à  se  rendre  à  Léopoldville,  s'embarque  à  bord  du  vapeur 
de  Hanssens,  revenant  des  Falls. 

Il  retourne  à  son  poste  de  Bolobo  avec  l'expédition  de 
Casman,  et  y  arrive  le  24  novembre  1884. 

Il  continue  à  développer  la  station  et  son  zèle  fait  l'ad- 
miration de  tous  ceux  qui  ont  été  témoins  des  difficultés 
sans  nombre  qu'il  eut  à  surmonter. 

Dans  son  ouvrage  Sur  le  Haut-Congo,  Goquilhat  témoigne 
son  enthousiasme  dans  ces  lignes  : 

«  Le  15   août  1885,  nous   logeons  à    Bolobo.  —  Quel   contraste 

>  entre  rétablissement  d'alors  et  celui  de  1883  !  A  la  rébellion 
»   des   chefs  indigènes  a  succédé  une   soumission  complète,  et  ce   ré- 

>  sultat  est  dû,  non  pas  à  de  grandes  forces,  mais  à  l'ascendant 
»  moral  du  sous-lieutenant  d'artillerie  Liebrechts,  qui  a  su  tenir 
»  tète  à    Ibaka  avec    quelques   hommes. 

»  Il  y  eut  un  moment,  où  il  n'avait  plus  que  six  soldats.  Une  belle 
»  maison  centrale  a  été  élevée  à  Bolobo.  Un  magnifique  et  immense 
T>  jardin  rend   tous  les  produits  du  pays   et   une    grande   partie  des 

>  légumes   d'Europe.  La  basse  cour  est  admirable.  La  table   reçoit 


—  640  — 

>  journellement  de   vingt  à  trente   œufs.   Le    troupeau    de    chèvres 

»  est   nombreux  et  fournit   du   lait  et  de  la    viande    en  abondance. 
»  L'ordre  est  parfait  dans  la   station.    Bref,    attelé   à  la   charge 

»  ingrate   de  restaurer  le  prestige   moral   et  de   créer  la  prospérité 

»  matérielle   de   cette   station   si  longtemps  malheureuse,   Liebrechts 

»  a  justifié  la  haute  opinion  qu'avait  le  capitaine   Hanssens,  de  ses 

»  talents  et  de  son   caractère.  »  » 

Le  20  janvier  1886,  Liebrechts  ayant  été  adjoint  au  lieu- 
tenant italien  Massari,  nommé  commissaire  de  l'Etat  pour 
la  délimitation  de  frontière  dans  le  Niadi,  se  rend  sur  le 
Harry  Reed  dans  l'Ubangi,  où  vers  la  fin  du  mois,  il  se 
rencontre  avec  les  commissaires  français,  le  capitaine  Rou- 
vier  et  le  D''  Ballay. 

Les  travaux  de  la  commission  étant  terminés  et  le  temps 
de  service  de  Liebrechts  ayant  pris  fin,  celui-ci  accepte 
l'invitation  que  lui  fait  le  chef  de  la  mission  française  et 
s'embarque  sur  le  petit  vapeur  le  Ballay  pour  remonter 
l'Alima,  jusque  près  de  Dielé,  pour  gagner  de  là  par  terre 
le  poste  de  Franceville. 

Là,  l'expédition  se  confie  à  des  pirogues  et  descend 
rOgowé  jusque  Njole.  Entre  ces  points  la  rivière  n'est 
qu'une  suite  ininterrompue  de  rapides,  dont  plusieurs  sont 
absolument  infranchissables. 

A  Njole,  les  voyageurs  trouvent  la  canonnière  française 
le  Pionnier,  qui  les  transporte  au  Gabon,  où  ils  arrivent 
le  21  mars.  Le  voyage  de  l'Ubangi  au  Gabon  avait  demandé 
près  de  deux  mois. 

Après  un  séjour  à  Libreville  et  à  Lisbonne,  Liebrechts 
rentre  en  Europe,  le  10  mai  1886. 

Le  2  février  1887,  Liebrechts  retourne  au  Congo,  comme 
chef  de  la  station  de   Léopoldville. 

Il  venait  à  peine  d'assumer  son  commandement,  que,  le 
21  avril,  Stanley  se  présente  à  la  station  avec  l'expédition 
organisée  pour  secourir  Emin  Pacha. 


Il 


—  ou  — 

Lorsque  le  commandant  de  la  station  se  porte  au  devant 
de  son  ancien  chef,  les  honnnes  de  r(^x|)('Mlition  avaic^nt  (i('jà 
commencé  les  installations  du  camp.  Stanley  s'infornui  tout 
d'abord   des  moyens  de  transport. 

Grâce  aux  soins  de  Liebrechts,  le  Stanley,  à  bord  duquel 
devait  s'embarquer  le  plus  grand  nombre  de  soldats,  est 
réparé  et  prêt  à  chauffer;  de  même  VEn  Axmnt  et  la  grande 
baleinière  sont  aussi  à  la  disposition  de  l'expédition.  La 
«  Baptist  Missionnary  Society  »,  de  Kinshassa,  met  gra- 
cieusement le  Peace  au  service  de  Stanley  ;  mais,  par  contre, 
celui-ci  essuie  un  refus  de  "  l'American  Baptist  Missionnary 
Union  »,  dirigée  par  Billington.  Le  Henri  Reed,  vapeur 
de  cette  association,  était  pourtant  nécessaire  à  l'expédi- 
tion pour  assurer  le  prompt  transport  des  sept  cent  cin- 
quante hommes  dont  elle  se  composait,  aussi  Stanley  se 
décida-t-il  à  s'emparer  de  force  du  steamer.  Liebrechts 
s'oppose  à  cette  extrémité  et  reprend  les  négociations  avec 
Billington,  qui  consent  finalement  à  traiter  de  la  location 
du  steamer  à  l'Etat.  C'est  ainsi  que,  grâce  à  son  sang-froid 
et  à  son  habilité,  Liebrechts  parvint  à  écarter  un  grave 
conflit;  son  intervention  rendit  un  service  signalé  à  l'expé- 
dition et  Stanley  lui  exprima  sa  vive  gratitude  ('). 

Liebrechts  organise  admirablement  la  station  de  Léopold- 
ville.  Il  établit  les  meilleurs  rapports  avec  les  chefs  indigènes 
du  voisinage,  soigne  les  stocks  des  magasins  et  l'aména- 
gement de  cultures  maraîchères. 

Il  rentre  en  Belgique  le  19  avril  1889,  et  est  nommé 
la  même  année  chef  de  division  au  département  des  affaires 
étrangères  de  l'Etat.  En  novembre  1889,  il  est  nommé  délégué 
adjoint  de  l'Etat  Indépendant  à  la  Conférence  antiescla- 
vagiste. 

Le  i  juillet  1891,   il  est  élevé  au  grade  de  secrétaire- 


■  (1)  Cet  épisode  est  exposé  dans  ses  détails  dans  le  livre  de  A.  J.  Wauters, 
Stanley  au  secours  d'Emin  Pacha,  pp.  239  et  suivantes. 


—  642  — 

général  du  Département  de  Tlntérieur,  fonctions  qu'il  occupe 
encore  actuellement. 

Voici  en  quels  termes  la  carrière  administrative  de  Lie- 
brechts  est  décrite  dans  l'ouvrage  de  Chapaux: 

«  Les   secrétaires  généraux  qui  se    sont   succédé  au   département 

»  de  l'Intérieur,   ont  pris   une  part  des   plus  actives   à  l'œuvre  des 

>  secrétaires  d'Etat...  MM.  Van  Eetvelde  et  Liebrechts  ont  créé 
»  le  service  de  l'intendance,  les  cheiferies  et  les  résidents  et  régle- 
»  mente  les  réquisitions  militaires;  ils  ont  pris  les  mesures  pour 
»  la  restriction  du  commerce  des  armes  à  feu  et  des  spiritueux; 
»  ils  ont  proposé  au  Roi  et  obtenu  la  construction  d'une  voie 
»  télégraphique  le  long  du  Congo  ;  ils  ont  apporté  des  améliorations 

>  de  toute  espèce    à  l'armement  de   la   force   publique,  au  service 

>  de  ravitaillement  des  stations.  Ils  ont  dû  faire  face  aux  complica- 
»  tions  de  la   guerre   arabe. 

«  Liebrechts,  à  qui  son  brillant  séjour  en  Afrique  comme  explo- 
»  rateur,  chef  de  station  et  diplomate  a  donné  l'expérience  des 
»  choses  coloniales,  est  un  précieux  auxiliaire  pour  l'administration 
»   du    Congo    et    ses    avis   pratiques    entrent  pour    une   grande  part 

>  dans  les  décisions  et  les  mesures  qui  se  prennent  au  département 
ï>   de  l'Intérieur. 

2>  Liebrechts  est  également,  en  vertu  des  statuts  de  la  Compagnie 
»  du  Katanga,  commissaire-délégué  du  gouvernement  auprès  de 
»  cette   société.  » 

A  ces  brillants  états  de  service,  il  convient  d'ajouter  la 
part  si  importante  prise  par  Liebrechts  à  l'installation  de 
la  colonie  d'enfants  et  des  ateliers  de  Léopoldville  et  de 
Stanleyville. 

Le  service  des  transports  dans  le  Haut-Congo  et  dans 
rUele,  les  routes  pour  automobiles,  les  services  télégraphi- 
que et  téléphonique  furent  organisés  par  ses  soins. 

Il  s'occupa  aussi  des  études  et  de  la  construction  des 
chemins  de  fer  du  Congo    supérieur  aux  grands  lacs  afri- 


—  r,i3  — 

cains,  de  rélevai^e  clos  éléphanls  et  de  la  création  des 
parcs  de  l)étail. 

Le  service  médical  et  celui  des  ravilailleinenls  sont  })er- 
fectionnés  par  lui;  il  entreprend  la  lutte  contre  la  maladie 
du  sommeil,  crée  les  lazarets  et  institue  à  Bruxelles  l'Ecole 
de  médecine  troi)icale. 

C'est  encore  grâce  à  son  initiative,  que  fut  fondé  à  Bruxel- 
les le  cours  colonial  pour  les  agents  ({ui  se  rendent  au 
Congo. 

Enfin,  c'est  à  ses  démarches  patientes  qu'on  est  rede- 
vable des  cartes,  itinéraires,  levés  et  croquis  des  recon- 
naissances faites  au  Congo,  dont  la  réunion  permit  de  dresser 
la  carte  complète  de  tout  le  territoire. 

Pour  terminer,  il  importe  de  signaler  que  c'est  à  Liebreclits 
que  le  musée  colonial  de  Tervueren  doit  sa  création.  Cet 
établissement  a  fait  l'objet  de  sa  constante  attention  et 
c'est  grâce  aux  efforts  qu'il  a  déployés  pour  l'enrichir  qu'on 
peut  y  admirer  à  présent  les  splcndides  collections  qui  s'y 
trouvent  réunies. 

Secrétaire  général  du  département  de  l'Intérieur  de  l'Etat 
Indépendant  du  Congo. 

Major  au  4^  régiment  d'artillerie,  ofïicier  de  l'Ordre  de 
Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire  de  première  classe 
et  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies,  chevalier  de  l'Ordre 
de  la  Tour  et  de  l'Epée  de  Portugal,  officier  de  l'Etoile 
brillante  de  Zanzibar,  chevalier  de  l'Ordre  de  Pie  IX,  che- 
valier de  l'Ordre  royal  du  Lion,  ofïicier  de  la  Couronne 
du  Congo  et  des  SS.  Maurice  et  Lazare,  commandeur  de 
la  Rédemption  africaine  (Libéria),  commandeur  de  l'Ordre 
de  Saint-Michel  de  Bavière,  commandeur  de  Saint-Olaf  de 
deuxième  classe,  grand  ofïicier  de  la  Couronne  d'Italie, 
commandeur  du  Danebrog  de  deuxième  classe. 


—  644  — 
PUBLICATIONS: 

—  Léopoîdmlle.  Ra]ii)ort  f^ur  Lt'opoldville.  Publication  de  TEtat  Indépen- 

dant, n"2,  1  br.  in-8"  de  40  pp.  Bruxelles,  Van  der  Auwera,  1889,  et 
Bulletin  de  la  Société  de  Géographie  de  Bruxelles,  1889,  pp.  501-536, 

—  Rapports  au  Roi-Souverain  du  16  juillet  1891  (Bulletin  officiel  1891,  p.  165). 

—  «                       «  »  25  janvier  1897(       «  „       1897,  p.  41). 

—  »                       r,  ,  15  juillet  1900  (       «  v      1900,  p.  127). 

—  «                        «  «     3  juin      1906  (       «  «       1906). 

—  V                      n  pur  la  situation  générale  de  TEtat  du  22  mai 
1907  (Bulletin  officiel  1907). 

—  Rapports  des  24  et  29  octobre   1889  et   du  24    décembre    1894,   sur  les 

mesures  législatives,  politiques  et  militaires  en  matière  d'esclavage 
et  de  traite  prises  en  exécution  de  l'acte  de  Bruxelles. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  DE  Martrin-Donos.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  II. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  97,  101,  137,  612,  624. 

—  Mouvement  géographique,  1886,  p.  43;  1887,  p.  11. 

—  A.  J.  Wattters.  Sianley  au  secours  d'Emin-Pacha. 

—  Mgr  AuGOUARD.    Vingt-huit  années  au  Congo,  t.  II,  p.  504. 

—  Stanley.  Cinq  années  au  Congo. 

—  Jenssen  Tusch.  Skandinaver  i  Congo,  pp.  155,  182,  212,  264,  I. 


WAETERINCKX,  HENRY. 

né  à  Bruxelles,  le  16  juin  1845. 

Adjudant  de  batterie  au  3^  régiment  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo  le  1   avril  1883. 

Séjourne  à  la  station  de  Rudolfstadt  et,  en  1881,  à  celle 
de  Tauntonville  sur  le  Kouilou,  comme  adjoint  au  marquis 
Buonfanti,  chef  du  poste. 

Rentre  en  Europe,  le  20  avril  1885. 

Repart  le  15  juin  1885,  attaché  à  l'expédition  Van  Gèle, 


—  645  — 

mais  doit  revenir  en  Kur()i)e,  |);ir  suite  de  fièvres,  le  (>  février 
188(). 
Décoré   de  T Etoile  de   service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  CiiAr.M'x.  Le  Congo   historique,  diplomatique,  i»p.   103-457. 


MARLE,    HECTOR,    FLORIMOND, 

né  à  Braine-le-Gomte,  le  28  mai   1801. 

Part  pour  le  Congo,  le  1  mai  1883,  comme  agent  et 
est  attaché  à  la  factorerie  de  Boma. 

(1884).  Chef  adjoint  de  la  station  de  Boma,  au  service  de 
l'A.  I.  G. 

Rentré  en  Europe  en  novembre  1884,  il  retourne  au  Congo 
le  30  mai  18U6,  comme  gérant  de  la  Compagnie  des  Maga- 
sins Généraux. 

Revient  en  Belgique  le  30  avril  1897. 


MONET,    EUGÈNE,    HENRI, 

né  à  Mons,  le  6  décembre  1851. 

Ancien  adjudant  au  régiment  des  carabiniers  il  part  pour 
le  Congo,  le  1  mai  1883,  et  séjourne  à  Vivi,  comme  agent 
comptable.  L'année  suivante,  il  est  nommé  agent  en  chef 
de  la  comptabilité  de  l'Etat. 

Dans  une  de  ses  lettres,  Stanley  rend  hommage  aux 
capacités  hors  ligne  de  Monet. 

Celui-ci  rentre  en  Europe,  le  15  novembre  1885,  mais 
repart,  dès  le  17  avril  1886,  pour  reprendre  ses  fonctions 


—  GIG  — 

à  Vivi;  il  est  nommé  ensuite  commissaire  de  district  à 
Boma. 

Rentré  en  Europe,  Je  24  novembre  1888,  Monet  retourne 
au  Congo,  le  10  mai  1889,  comme  directeur  de  la  Com- 
pagnie des  magasins  généraux  et  dirige  l'édification  de 
l'hôtel  et  de  l'entrepôt  que  cette  société  établit  à  Boma. 
Il  installe  des  succursales  à  Banana,  à  Matadi  et  le  long 
de  la  ligne  du  chemin  de  fer  et  dirige  ces  différents  ser- 
vices. Il  est  en  même  temps  l'agent  de  la  Compagnie  belge 
maritime  du  Congo. 

Au  mois  de  mai  1891,  Monet  rentre  en  Belgique,  mais 
retourne,  dès  le  19  août  suivant,  en  Afrique,  où  il  réside 
jusqu'au  22  décembre  1892. 

Au  mois  de  juillet  1893,  Monet  va  aux  îles  Canaries  et 
à  la  côte  occidentale  d'Afrique,  où,  avec  le  concours  du 
consul  général  de  Belgique  D^  Allart,  il  cherche  des  dé- 
bouchés pour  les  produits  de  l'œuvre  du  travail  présidée 
par  S.  A.  R.  la  Comtesse  de  Flandre  et  pour  ceux  de  l'in- 
dustrie belge. 

Au  mois  de  juillet  1895,  il  part  pour  le  Congo  comme 
agent  commercial  de  S.  A.  B.  et  doit  rentrer  pour  cause 
de  maladie  dès  le  mois  de  novembre  suivant. 

p]n  1900,  il  est  envoyé  en  Afrique  par  le  Syndicat  de 
fabrication  et  de  commerce  de  matériaux  de  construction. 

En  1904,  Monet  et  Raskin  s'occupent  de  la  formation 
d'une  maison  de  commission  et  d'un  musée  d'échantillons, 
exclusivement  réservé  aux  articles  du  commerce  et  de 
l'industrie  belges,  à  Las  Palmas,  Sainte-Croix  de  Ténériffe 
(Canaries),  Madère  et  Saint-Michel  (Açores),  avec  le  con- 
cours de  la  ligne  de  navigation  belge  Hesperidan  Line. 

Décore  de  l'Etoile  de  service. 


—  047  — 
PUBLICATIONS  : 

—  Le   Jias-Conf/o,  son  commerce,  articles  iV importation  et   d'exportation. 

(HiilU'Iin    (le  la  Société  bcl^^c  dos    iiij^^riiioiirs  (3t  iuduslriclK,  1H8()). 

—  Le  commerce  au  Congo.  I^iillctiii  de,    la    Sociôlô    royale  de   Géo^^rapliie 

d"  Ail  vers,  188t'),  \)    2()5). 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Stam.ev.  Cinq  années  au  Congo,  ap[)cndicc,  p.  627. 


DESTRAIN,    GERMAIN,    LIÉVIN,    MARIE, 

né  à  Anvers,  le  14  mars  1801  ;  décédé  à  Borna,  le  30  mars  1885. 

Sergent  du  génie. 

Part  pour  le  Congo  le  30  mai  1883,  comme  agent  de 
l'Etat. 

Sous-chef  de  station  à  Manyanga.  Attaché  comme  adjoint 
à  l'expédition  Valcke  pour  le  transport  du  Stanley. 

Succombe  à  la  fièvre,  à  Boma,  le  30  mars  1885. 

Il  était  le  frère  d'Edmond  Destrain  dont  la  notice  est 
publiée  à  la  page  489. 


HUSSON,    JEAN,    PIERRE,  TILMAN. 

né  à  Bohan-sur-Semois,  le  2  février  1854. 

Ancien  sergent-major  au  9'  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo  le  6  juillet  1883,  en  qualité  d'agent 
explorateur  de  l'A.  I.  A. 

Séjourne  à  la  côte,  au  poste  de  Massabe,  où  Hodister  le 
présente  au  roi  Tyabo.  Est  nommé  ensuite  sous-chef,  puis 
chef  de  la  station  de  Sette-Cama,  sise  par  2°  40'  de  lati- 
tude sur  la  côte,  à  l'embouchure  du  petit  lleuve  Sette,  que 


—  648  - 

Husson  explore  jusqu'au  lac  N'dong-o,  au  pied  des  mon- 
tagnes qui  délimitent  la  vallée  de  l'Ogowô.  Il  reconnaît 
aussi  le  Rambo,  affluent  de  l'Ogowô  et  le  village  impor- 
tant d'Aschira.  Au  delà  habitent  les  sanguinaires  Missoga. 
Husson  et  ses  compagnons  sont  attaqués  par  les  natifs, 
mais  le  calme  du  voyageur,  qui  se  présente  sans  armes, 
lui  vaut  la  courtoisie  du  roi.  Partout  les  populations  accueil- 
lent le  drapeau  congolais. 

Revenu  à  Sette-Gama,  Husson  y  est  relevé  par  l'Allemand 
Growther  et  se  rend  à  bord  du  Kisemho  à  Grantville  (lati- 
tude 4°  35',  longitude  11^  56'),  au  Sud  de  l'embouchure  du 
Kouilou. 

H  est  nommé  ensuite  commandant  de  la  station  de  Franck- 
town,  en  remplacement  de  Légat. 

Husson  se  rend  à  Rudolfstadt  et  s'embarque  pour  Bau- 
douinville.  Il  conduit  une  caravane  le  long  de  la  rive  gauche 
du  Kouilou,  à  Tauntonville,  où  il  est  reçu  par  le  marquis 
Buonfanti  et  Waeterinckx. 

Le  3  novembre,  il  s'engage  dans  une  contrée  montagneuse 
pour  se  diriger  vers  Francktown.  Arrivé  à  Mengo,  il  apprend 
que  les  indigènes  vont  se  livrer  à  des  sacrifices  humains. 
Il  se  rend  sur  le  lieu  du  supplice  et  y  voit  onze  négresses, 
cinq  nègres  et  quatre  enfants  maltraités  par  les  bourreaux 
et  contraints  de  prendre  le  poison  avant  de  périr  sur  le 
bûcher.  Husson  se  précipite  au  secours  d'une  femme  qui 
succombe  sous  les  coups  de  chicotte  et  il  l'achève  d'un  coup 
de  revolver.  Après  une  première  panique,  les  indigènes  envi- 
ronnent Husson  et  ses  deux  compagnons,  mais  le  blanc,  grâce 
à  son  sang-froid,  parvient  à  arracher  aux  indigènes  la  pro- 
messe de  renoncer  aux  sacrifices  humains. 

Husson  gravit  le  pic  de  Kome,  dans  la  chaîne  des  monts 
Malais,  traverse  une  plaine  immense  pour  atteindre  à  Tan- 
denboukou  et  arrive,  le  8  novembre,  à  Francktown,  où  il 
retrouve  Légat. 

Husson  s'oppose  aux  épreuves  par  le  poison  auxquelles 


—  CA\)  — 

Makaboua  se  livre  sur  ses  sujets.  Ce  clief,  n'ayant  pas  tenu 
compte  (le  cette  délense,  Leg'at  el  Ilusson  se  rendent  avec 
sept  soldats  au  villaj^e.  Une  lutte  s'en^.'-af^'-e  dans  l(;s  ténè- 
bres au  cours  de  hupielle  Le^-at  sauve  la  vie  à  Husson.  Les 
blancs  capturent  deux  indigènes,  et  en  conduisent  un  à 
Francktown.  Le  conflit  est  soumis  à  l'arbitrage  du  roi 
nègre  Mahin«>-a. 

Après  le  départ  de  Légat,  Husson  acliève  les  construc- 
tions de  la  station.  Les  indigènes  tentent  de  l'empoisonner 
avec  son  escorte;  le  blanc  prévenu  fait  arrêter  les  coupa- 
bles et  le  leticbeur  instigateur  du  complot.  Celui-ci  est 
sommé  d'absorber  les  vivres  empoisonnés;  son  refus  lui 
attire  le  mépris  des  indigènes. 

Husson  rentre  en  Belgique  le  25  décembre  1885. 


* 
*    * 


Devant  la  commission  du  travail,  siégeant  à  l'hôtel  de 
ville  de  Bruxelles,  le  3  mai  1886,  Husson  fait  un  exposé  de 
la  nécessité  de  chercher  des  débouchés  pour  la  population 
belge  trop  dense  et  signale  les  avantages  que  présente  le 
Brésil. 

Sur  une  interpellation  ironique  de  M.  Vandervelde,  Husson 
traite,  avec  enthousiasme,  de  la  question  du  Congo,  en- 
visagé comme  colonie. 

A  la  suite  de  cette  conférence  Husson  est  engagé  par  la 
firme  Walford  &  G°  dans  le  but  d'inaugurer  un  nouveau 
service  belge  de  navigation  entre  Anvers  et  le  Congo  et 
est  spécialement  chargé  de  conduire  à  Borna  le  steamer 
B^ribo,  capitaine  Williams,  ayant  un  tirant  d'eau  de  dix- 
huit  pieds.  Il  est  à  noter  que  jusqu'alors,  les  navires  de 
fort  tonnage  n'avaient  jamais  dépassé  la  crique  de  Banana. 
Husson  quitte  Anvers  le  22  août  1886  avec  le  D""  Reytter. 

Le  16  septembre,  le  Brabo  arrive  à  Banana  où  le  gouver- 
neur Janssen,   De  Keyser  et  Valcke,  directeur  du  service 


—  650  - 

de  transport,  viennent  saluer  le  premier  navire  de  la  ligne 
belge  Le  gouverneur  Janssen,  aj^ant  approuvé  le  projet  de 
Husson  de  remonter  le  Congo  jusqu'à  Boma,  donne  ordre 
au  ca[)itaine  suédois  Stenfeld  (auteur  de  la  première  carte 
hydrographique  du  bas-fleuve),   de  piloter  le  navire  ('). 

Le  17  septembre,  le  Brdbo  quitte  Banana  à  huit  heures 
et  parvient  le  même  jour  à  Boma  à  quatre  heures  du  soir. 
Cette  navigation  fut  un  événement  économique  des  plus 
importants,  car  jusqu'alors  l'Etat  était  tributaire  des  com- 
pagnies hollandaises  établies  à  Banana  qui  assuraient  les 
transports  vers  Boma. 

Husson  rentre  à  Anvers  le  1  janvier  1887  et,  dès  le 
2  février  suivant,  repart  une  troisième  fois  pour  le  Congo 
avec  sa  femme.  Depuis  cette  époque  jusqu'à  1901,  il  ne  revient 
plus  dans  la  mère  patrie. 

En  1888,  atteint  d'hématurie,  Husson  quitte  le  Congo  belge 
et  se  rend  à  Saô-Paulo  de  Loanda,  avec  la  fonction  de  con- 
ducteur de  travaux  aux  études  du  chemin  de  fer  de  Loanda 
à  Ambaca;  en  1889,  il  se  trouve  en  la  même  qualité  aux 
études  et  construction  de  la  ligne  de  Plasneia-Astorga  (Es- 
pagne) ;  en  1890,  il  effectue  la  première  reconnaissance  des 
études  du  chemin  de  fer  de  Beïra  à  Manica,  où  il  est  sur 
le  point  d'être  fait  prisonnier  par  le  major  anglais  Johnston, 
en  même  temps  que  le  colonel  Païva  de  Andrade  et  le  major 
Manoël  Antoni,  de  l'armée  portugaise,  ainsi  que  l'ingénieur 


(1)  Husson  eut  à  lutter  contre  le  capitaine  Williams,  qui,  au  moment 
où  le  pilote  quittait  le  Brabo  devant  Flessingue,  avait  reçu  un  ordre  for- 
mel des  armateurs  de  ne  pas  remonter  à  Boma,  même  si  Husson  l'exigeait, 
sous  prétexte  que  la  compagnie  d'assurances  n'avait  voulu  assurer  le 
navire  que  jusqu'à  Banana.  Dès  que  Husson  se  fut  assuré  du  concours  de 
Stenfeld,  il  déclara  à  Williams  qu'au  cas  où  il  ne  vou dirait  pas  consentir 
à  le  suivre,  il  userait   des  droits   lui   appartenant. 

Williams,  à  son  retour  en  Europe,  est  vivement  félicité  de  son  entre- 
prise hardie   et  reçoit   du    Roi  un  chronomètre   d'or. 

Sic  vos  non  vobis. , . 


—  G51  — 

des  minos  d'or  do  Lliam])i.  Pour  faire  cette  dornièrc  ôludc, 
Ilusson  s'est  rendu  do  (^apo  Towii  on  olioiiiin  de  Ter  i)ar 
Knnberloy,  vers  les  mines  de  diamants,  il  a  traversé  l'Oran^^e 
et  le  Transvaal  i)our  se  rond)ar(iuor  à  Hcîïra. 

Sa  mission  acconii)lio,  il  se  dirige  vers  Lisbonne  et  prend 
l)arl,  on  Kspag-ne,  aux  (Hudes  du  chemin  de  fer  Penar- 
roya   à  Fuenle  dol   Arco. 

Husson  accomplit  ensuite  un  séjour  de  neuf  ans  en  Arf^'-cn- 
tine  et  au  Brésil,  où  il  collabore  à  l'étude  du  chemin  de 
fer  de  Saô-Paulo  à  Ig'uape,  petit  port  au  Sud  de  Santos 
et  au  doublement  de  la  ligne  de  Santos  à  Jundiahy. 

Husson  est  actuellement  conducteur  de  travaux  à  Bruxelles. 

PUBLICATION  : 

—  Les  rivières  Setle,  Cama  et   Celina  au   Kouilou-Niari.  (Bulletin    de   la 

Société  belge   de   Géographie,  t.  X,  p.  70). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  BuRDO.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale,  t.  III,    })p.  423  et  suivantes. 

—  A.  Lejeune.  Histoire  militaire  du    Congo,  p,  44. 


COURTOIS,    ERNEST, 

Pharmacien. 

Part  pour  le  Congo  le  1  août  1883,  et  participe  aux  tra- 
vaux de  défense  de  Vivi.  Adjoint  à  Léopoldville,  il  est 
nommé,  en  mars  1884,  par  Stanley,  commandant  du  poste 
des   Falls. 

L'expédition  commandée  par  Hanssens,  quitte  Léopoldville 
le  24  février  1884.  Courtois  s'embarque  à  bord  du  Royal, 
qui  prend  une  grande  avance,  mais  touche  un  rocher.  Après 
avoir  réparé  l'avarie,  Wester  et  Courtois  s'efforcent  de  devan- 


—  652  — 

cer  à  nouveau  la  flottille.  Un  accident  survient  à  la  machine 
et  on  est  obliy'é  d'aborder  à  File  Bamu.  Le  steamer  est  pris 
dans  une  violente  tempête.  Une  admonestation  sévère  de 
Hanssens  est  réservée  aux  bouillants  navigateurs. 

Les  voyageurs  s'arrêtent  à  Msuata,  où  Hanssens  élève  un 
modeste  monument  à  la  mémoire  d'Eugène  Janssen,  puis 
atteignent  la  pointe  de  Ganchu  où  ils  rencontrent  de  Brazza. 

Ils  rendent  ensuite  visite  à  Liebrechts  à  la  station  de 
Bolobo  et  Courtois  s'embarque  cette  fois  sur  Y£?i  Avant  pour 
soigner  le  mécanicien  MchoUs.  Le  5  avril  1884.  l'expédition 
campe  dans  un  îlot  en  face  du  village  bateke  de  Mbossi, 
occupé  par  les  Français.  Hanssens  se  dirige  aussitôt  vers  la 
rive  opposée  pour  y  négocier  un  traité  avec  les  indigènes 
d'Ikoutu. 

A  Nyombe,  le  chef  de  l'expédition  acquiert  un  nouveau 
territoire  et  se  rend  ensuite  à  la  station  d'Equateurville.  De 
là  il  entreprend,  avec  Van  Gèle,  son  expédition  dans  l'Ubangi. 

A  son  retour  à  Equateurville,  l'expédition  poursuit  sa  route 
vers  le  pays  Bangala.  et  parvient,  après  douze  jours,  chez 
le  chef  Matamwike,  où  un  nouveau  territoire  est  acquis 
pour  l'établissement  d'une  station  dont  Goquilhat  est  nommé 
chef. 

Courtois  reste  à  bord  de  la  flottille  pendant  que  Hanssens 
explore  la  Mongala. 

Le  4  juin,  l'expédition  arrive  à  Upoto  où  Hanssens  fait 
l'échange  du  sang  avec  le  roi  Mpesa.  Le  10,  le  capitaine 
fait  la  reconnaissance  de  l'Itimbiri.  Courtois  sent  les  premiè- 
res atteintes  de  la  fièvre  bilieuse,  néanmoins  à  la  cérémonie 
de  réchange  du  sang  avec  le  chef  d'Itembo,  il  sert  de 
parrain  à  Hanssens. 

La  maladie  s'aggravant.  Courtois  exprime  le  désir  d*arriver 
au  plus  tôt  à  l'embouchure  de  l'Aruwimi  pour  y  prendre  un 
long  repos;  l'expédition  y  aborde  le  2L  juin,  et  y  est  bien 
reçue  par  les  Basoko,  dont  le  territoire  avait  été  ravagé 
par  les  Arabes. 


—  G53  — 

Courtois,  (l('si^-no  pour  l;i  sUiliou  des  Fulls,  so  rend  compte 
de  sa  iin  procliaiiu\  llno  héuia(,uri(^  se  déclarer  pendant  l'ab- 
sence (1(^.  Ilanssens,  uial^-ré  les  soins  assidus  de  Wester  et 
d'Anielot;  (>)urtois  exprime  le  désir  de  se  rendre  d'urg-ence 
à  ri  le  Ouana-Ronsari  et  de  mourir  <à  son  poste  de  com- 
mandant des   Falls. 

Transporté  dans  la  cabine  de  Ilanssens  à  bord  de  VBn 
Avant,  Courtois  meurt  dans  la  nuit  du  25  au  2G  juin  1884. 

Sa  di'pouille  mortelle  est  ensevelie  sur  la  rive  droite,  à 
environ  liuit  lieues  du  confluent  de  l'Aruwimi. 

Ilanssens  a  fait  du  pharmacien  Courtois  l'éloge  suivant: 

«  Courtois  possédait  à  un  très  haut  degré  les  qualités  requises, 
»  pour  rendre  les  plus  éminents  services  à  l'œuvre  du  Congo. 
»  Intelligent,  actif,  dévoué,  il  était  toujours  prêt  à  payer  de  sa 
»  personne,  et  c'est  avec  le  plus  vif  empressement  qu'il  se  mettait 
»  à   la    besogne,    quand    il   était   chargé   d'un   travail   quelconque. 

»  Pendant  son  séjour  à  Léopoldville,  il  s'était  rendu  utile  en 
»  assistant  le  docteur  Van  den  Heuvel,  dans  l'accomplissement  de 
»  ses  devoirs  de  médecin.  Pendant  mon  voyage,  je  l'avais  chargé 
»  du  service  médical  des  blancs  et  des  équipages,  et  il  s'était  acquitté 
»  de  ses  fonctions  avec  le  plus  grand  zèle.  Il  avait  élaboré  de 
»  nombreux  projets  pour  l'organisation  de  la  station  des  Falls;  il 
»  rêvait  d'en  faire    une  station   modèle. 

»  Dans  ses  relations  avec  les  indigènes,  il  déployait  un  tact  et 
»  une  patience  réellement  remarquables.  Il  savait  s'abaisser  à  leur 
»  niveau,  se  prêter  à  leurs  fantaisies,  amuser  ces  grands  enfants 
»  avec  des  riens  et  les  amener  insensiblement  et  sans  qu'ils  s'en 
»  aperçussent,  au   but    que    nous  avions   en    vue. 

»  Il  m'a  été  d'un  grand  secours  dans  la  conclusion  des  traités 
»  avec  divers  chefs  du  Haut- Congo,  et  j'avais  en  lui  un  collabo- 
»  rateur  précieux.  Sa  nature  sympathique,  son  caractère  jovial  et 
»  enjoué,  faisaient  de  lui  le  plus  aimable  compagnon  de  route;  il 
»  avait  conquis  d'emblée  l'amitié  de  tous  les  blancs  du  voyage 
>  et  l'attachement   de    tous  les  hommes   de    couleur. 


—  654  — 

»  Sa  mort  a  été  pour  tous  un  coup   terrible  et  longtemps  encore 
»  nous    pleurerons  cette   nouvelle    victime    du    dévouement.   » 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  BuRDO.  Les  Belges  dans  l' Afrique  centrale,  p.  273  et  suivantes. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  \).  105 

—  Mouvement  géographique,  1884,  p.  66. 


I 


CASMAN,    CAMILLE,  GUILLAUME, 

no  à  Bruxelles,  le  23  novembre  1854;  décédé  à  Equateur- 
ville,  le  14  mai   1885. 

Employé  au  chemin  de  fer  du  Grand  central  belge,  il 
s'engage  au  service  de  l'œuvre  du  Congo  et  part  le  1  novem- 
bre 1883,  chargé  d'accompagner  Hanssens  en  mission.  Il 
traverse  la  vallée  du  Bundi  et,  arrivé  à  Manyanga,  reçoit 
l'ordre  d'aller  fonder  une  station  à  Mukumbi,  sur  le  Niadi. 

Entreprend  une  expédition  vers  le  Haut-Niadi.  Se  rend" 
à  Léopoldville  et  est  investi  aussitôt  d'une  mission  vers 
l'Equateur.  Casman  est  nommé  commandant  de  la  station 
d'Equateurville,  pour  y  remplacer  Van  Gèle.  Il  part  le  12 
novembre  1884,  avec  le  Royal,  l'A.  /.  A.  et  Y  En  Avant, 
accompagné  de  Liebrechts  et  Van  den  Plas,  et  passe  à 
Kinshassa,  Msuata,  Kwamoutli  et  Bolobo.  Casman  continue 
sa  route  vers  Irebu  (Lukolela),  achète  des  pirogues  à 
Mbounga,  où  il  rencontre  les  Français  Dolisie  et  Michaud, 
fait  escale  à  Ngombe,  Butume,  Busimbi,  —  où  le  mécanicien 
anglais  Bennie  se  suicide  dans  un  accès  de  fièvre,  —  et  arrive 
enfin  à  Equateurville,  où  il  remplace  Van  Gèle,  investi  du 
commandement  de  la  section  d'amont.  Van  Gèle  lègue  à 
Casman  son  titre  de  moucounzou  du  district  baroumbe. 

Casman  étudie  les  mœurs  des  nègres  baroumbe  et  balouki. 

C'est  à  Equateurville  que  la  fièvre  le  saisit  et  que,  malgré 


—  c>:>r>  — 

les  soins  les  plus  empressés  du  docteur  Patlerson,  de  la 
mission  l)ni)LisL(^.  clnhrK^  dans  le  voisinage  de  la  station, 
il  succombe   après  (iuel({ues  jours  de  souH'rance. 

PUBLICATIONS: 

Extraits  do  sos  lettres,  Burdo.  Les  Belges  en  Afrique  centrale. 

—  Journal  iVun  voyage  entre  Léopoldville  et  l'Equateur.  (Mouvement  géo- 

graphique, 1885,  p.  38). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  BuKDO.  Les  Belges  dans  l'Afrique  cenlrale,  t.  II,  p.  391. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique^  diplomatique,  p.   103. 

—  Mouvement  géographique,  1885,  p.  08. 


CRANSHOFF,  hubert.  jean, 

né  à  Ostende,  le  23  novembre   1854. 

Secrétaire  du  vice-consulat  de  France  à  Ostende. 

Part  pour  le  Congo  le  1  novembre  1883,  comme  agent- 
comptable.  Remplit  ces  fonctions  à  la  station  de  Vivi  et 
rentre  en  Europe,  le  12  février  1886. 

Il  retourne  au  Congo  le  6  avril  1887,  comme  agent  d'ad- 
ministration. Séjourne  à  Matadi,  et  rentre  en  Belgique  le 
28  septembre  1889. 

A  la  date  du  25  mars  1890,  il  part  une  troisième  fois  pour 
l'Afrique,  comme  commissaire  de  district  de  deuxième  classe 
à  Matadi,  mais  rentre  le  18  novembre  de  la  même  année. 

Enfin,  il  fait  un  quatrième  séjour  au  Congo,  comme 
agent  principal  de  la  Société  belge  du  Haut-Congo  dans 
la  région  des  cataractes. 

Cranslioff  revient  en  Europe  au  mois  d'août  189G. 

Décoré  de  l'Etoile  de  .service. 


—  G5G  — 
JADIN,    AUGUSTE, 

né  le  28  noveml)ro  18G1. 

Comptable  à  Y  Union  du  Crédit. 

Part  pour  le  Congo,  le  1  novembre  1883,  comme  agent. 

Est  nommé  adjoint  à  Massabe  (latitude  4°  55',  longitude 
12o),   sur  la  côte,  à   l'emboucliure  du   Tchiloango. 

Commande,  en  1881,  la  station  de  Nkoula. 

Rentre  en  Europe  le   18   mars  1885. 


NAETS,    LOUIS,    JOSEPH, 

né  à  Bruxelles,  le  16  février  1844. 

Maréchal   des  logis  au  4^  régiment  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo  le  1  décembre   1883,   comme  agent. 

Est  nommé  adjoint  à  Vivi,  puis  chef  de  la  station  d'Ikou- 
gulou  (latitude  5^  42%  longitude  13°  55')  en  face  de  Nokki, 
et  séjourne  enfin  à  Matadi. 

Rentre  en  Europe  le  9  janvier  1887. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service. 


DELGOMMUNE,  CamUle. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 


—  057  — 

DELCOMMUNE.  camille. 

iK'   à    Uelhel,  (lo   j)aroiils  I)oJ<^es,   lo  30  juin    1<S.7.);  déccchi 
à    Kinshnssa,   lo  20  décembre  1892. 

Son  premier  déi)art  pour  rAfri([ue  a  lieu  le  G  décom- 
])re  1883. 

Eng-ag'é  au  service  de  la  maison  Béraud  et  O'^,  il  est  succes- 
sivement adjoint  ta  la  factorerie  de  Kinsembo  et  gérant 
(\(?  la  factorerie  de  Boma. 

Chargé,  en  décembre  1885,  de  fonder  sur  la  rive  fran- 
çaise du  Haut-Congo,  un  certain  nombre  d'établissements 
commerciaux,  il  porte  ses  efforts  sur  Brazzaville,  qui  de- 
vient l)ientôt  un  important  centre  d'activité. 

Au  mois  de  septembre  1886,  il  entreprend  en  canot  et 
avec  quinze  hommes  d'équipage  seulement,  un  voyage  de 
deux  mois  dans  l'Ubangi. 

Revenu  dans  le  Bas-Congo,  il  transporte  en  moins  de 
cinq  mois  depuis  Matadi  jusqu'au  Stanley-Pool  le  steamer 
Alima,  qui  plus  tard  fut  cédé  par  la  maison  Daumas  aux 
autorités  françaises  de  Brazzaville.  A  bord  de  ce  bateau, 
il  remonte  successivement  le  Congo,  l'Alima  jusqu'à  Diele, 
la  Sanga  et  une  partie  de  l'Ubangi. 

Il  est  le  premier  Européen  qui  achète  de  l'ivoire  dans 
le  Haut-Congo. 

Au  commencement  de  septembre  1888,  il  procède  au  trans- 
port dans  la  région  d'un  second  steamer,  La  France,  et 
reprend  ensuite  ses  voyages  dans  le  Haut-Congo,  où  il 
fonde  un  grand  nombre  de  factoreries  nouvelles. 

Après  un  séjour  en  Afrique  de  six  ans,  il  se  dispose  à 
rentrer  en  Europe,  lorsqu'il  est  rejoint  à  Kinshassa  par 
son  frère,  Alexandre  Delcommune,  qui  vient  d'effectuer  pour 
compte  de  la  Compagnie  du  Congo  pour  le  commerce  et 
l'industrie,  la  reconnaissance  commerciale  du  Haut-Congo 
et  de  ses  afïïuents.  Les  deux  frères  rentrent  en  Belgique 
en  1889. 


—  658  — 

Le  1  mars  1800,  Camille  Delcommune  entre  au  service 
de  la  Société  belge  du  Haut-Congo,  en  qualité  de  direc- 
teur-adjoint et  occupe  ces  fonctions  pendant  trois  ans. 

En  1890,  il  exécute  un  voyage  aux  Falls  dans  des  con- 
ditions de  rapidité  qui  méritent  d'être  mentionnées.  Il 
quitte  Kinshassa  le  4  août,  à  bord  du  steamer  Roi  des 
Belges,  remorquant  deux  allèges  et  deux  canots  d'indi- 
gènes. Le  1  septembre,  il  arrive  aux  Falls,  soit  vingt-huit 
jours  après  son  départ  du  Pool. 

Le  17  août  1891,  ayant  remonté  l'Ubangi  à  bord  du  steamer 
Auguste  Beernaert,  il  franchit  le  premier,  après  les  agents 
de  l'Etat,  les  rapides  de  Zongo. 

En  1892,  Delcommune  est  nommé  directeur  de  la  Société 
du  Haut-Congo,  en  remplacement  du  major  Parminter. 

Frappé  d'insolation  à  l'enterrement  d'Ernest  Beckers,  où 
il  se  découvre  pour  prononcer  quelques  paroles  de  regret, 
Camille  Delcommune  meurt  d'hématurie,  le  26  décembre 
1892,  à  Kinshassa. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Mouvement  géographique,  1893,  p.  13. 

—  Congo  illustré,  1893,  p.  33. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  p.  740. 


VYNCKE,AMEET. 

Missionnaire  des  Pères  Blancs  d'Afrique. 

Se  rend  au  Congo,   par  la  côte  orientale. 

La  notice  paraîtra  au  chapitre  «  Missionnaires  ». 


—  G50  — 

NA/EBER,  ARTHUR.  JULES.  CÉSAR, 

iiô  à  Oslende,    lo  25  noùt  l<sr)3. 

Ancien   adjudant  au   ;j"   ré^»-imcnL  do  liy-ne. 

Pari  pour  le  Congo,  le  20  février  1884,  au  service  de  l'A.  I. 

S('journe  dans  le  Kouilou  Niadi,  successivement  à  l^au- 
douin ville  comme  chef  de  poste,  et  à  Grantville  comme 
second. 

Est  nommé  chef  do  la  station  de  Mayumha  le  1  août  1884 
et  remplit  ensuite,  à  i)artir  du  28  juin  1885,  les  fonctions 
de  magasinier  aux  magasins  d'approvisionnements  de  Vivi. 
Chef  intérimaire  du  sanatorium  de  Borna,  il  est  nommé 
le  20  novembre  1885,  second  de  la  station  de  Boma-Rive. 
Successivement  il  assume  à  Boma  les  fonctions  de  chef  de 
bureau  des  postes  et  d'officier  de  l'Etat  civil.  Dans  le  cou- 
rant de  l'année  1886,  il  est  nommé  g-reffler-adjoint  du  Tri- 
bunal d'appel,  puis  receveur  des  Droits  de  sortie  à  Boma 
le  4  juin. 

Il  contribue  à  organiser,  avec  De  Keyser  et  Massart,  le 
service  postal. 

Rentre  en  Europe  le  27  janvier  1887. 

Weber  est  actuellement  chef  de  division  au  département 
des  finances  à  Bruxelles. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service,  chevalier  de  l'Ordre  royal 
du  Lion,  de  la  Légion  d'honneur,  de  la  Couronne  d'Italie, 
officier  de  l'Etoile  noire  (Bénin)  et  de  l'Ordre  du  Lion  et 
Soleil  de  Perse. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  p.  655. 


~  660  — 
MANDUAU,    EDOUARD, 

né  à  Bruxelles,   le  18  décembre  1855. 

Lieutenant  de  la  marine  marchande. 

Part  pour  le  Congo,  le  1  avril  1884,  comme  adjoint  à 
l'expédition  du  Haut-Gon<,^o. 

Il  est  choisi  par  Hanssens  comme  fondateur  et  commandant 
de  la  station  de  Kallima-Point,  puis  de  celle  de  Kimpoko. 

Il  est  chargé  d'une  mission  d'exploration  de  la  Djué, 
rivière  Gordon-Bennett,  et  a  d'excellents  rapports  avec  les 
agents  de  la  mission  française  établie  sur  la  rive  droite. 

Séjourne  à  Léopoldville,  où  il  s'occupe  de  la  réparation 
des  steamers  de  la  flottille  du  Haut-Congo. 

Rentre  en   Europe  le  18  mai  1885. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  BuRDO.  Les  Belges  dans  V Afrique  centrale,  t.  III,  pp.  377  et  suivantes. 


VAN   DEN    PLAS,     camille,  Théodore,  joseph. 

S'embarque  pour  le  Congo,  le  17  avril  1884. 
(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page  472). 


DELATTE,  édouard, 

décédé  à  Lukolela,  le  25  juillet   1886. 
Elève  de  l'Ecole  de  navigation  d'Ostende. 
Part  pour  le  Congo  en  avril  1884,    attaché  au   service 
des  baleinières  de  Manj^anga. 
Commande  le  steamer  A.  /.  A. 


—  G()l  — 

l^]x|)l()ro   l;i   H()iin^;i   avec   Wosliniirck. 

Se  trouvant  le  25  juillet  1880,  i\  bord  de  son  stc;nncr  à 
l'ancre  dans  le  Con^o  en  fac(î  d(^  Lukoh^la  et  à  côt^'  du 
Ballay,  vapeur  français,  Delatte  disparaît  in^'stérieusement. 
On  supj)ose  (pie  1(*,  malheureux  est  t()nd)é  dans  le  fleuve 
l)ar  accident  et  a  été  entraîné  par  le  courant. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Mouvement  géographique,  1886,   p.  30. 


STELE  M  AN,     GEORGES,  HUBERT,  FRANÇOIS, 

MARIE. 

né  à  Alost,   le  30  juillet  18G1. 

Emploj^é  de  commerce. 

Part,  le  6  mai  1884,  pour  le  Congo  avec  le  D'"  Nilis,  comme 
agent  d'administration. 

Adjoint  à  Issangliila,  puis  à  Vivi  et  Leopoldville. 

Rentre  en  Europe  le  10  mai   1887. 

Retourne  au  Congo,  le  15  octobre  1887.  Séjourne  à  Leopold- 
ville comme  agent  commercial  et  se  dispose,  en  novembre 
1888,  à  accompagner  Van  de  Velde  aux  Falls,  mais  son  état 
de  santé  le  retient  à  Leopoldville;  il  est  nomme  ensuite 
commandant  par  intérim  du  district  de  Banana  et  plus 
tard  commissaire  de  ce  district. 

Il  prend  ensuite  la  direction  de  Fliôtel  et  des  magasins 
de  la  Compagnie  des  Magasins  Généraux  à  Boma  et  rentre, 
le  6  décembre  1889,   en  Europe. 


—  602  — 
NI  LIS,    JEAN.  HENRI,  GUILLAUME,  VICTOR, 

né  à  Brilon  (Westphalie),  d'un  père  belge,  le  4  octobre  1819; 
décédé  à  Anvers,  le  10  février  1903. 

Médecin  de  l'armée  belge,  depuis  le  28  novembre  1877, 
à  l'hôpital  de  Bruges.  Attaché  aux  troupes  chargées  de  la 
construction  des  casernes  d'Etlerbeek. 

S'embarque,  en  1877,  comme  chef  du  service  sanitaire, 
à  bord  du  trois-mâts  Maih'dde,  garde-côte  du  gouverne- 
ment belge.  Est  attaché  au  service  des  hôpitaux  militaires 
de  Bruxelles,  Louvain,  Bruges,  puis  au  0^  régiment  de  ligne, 
caserne  à  Anvers,  comme  médecin  de  bataillon  de  deuxième 
classe. 

Nilis  part  le  6  mai  1884  pour  le  Congo,  et  arrive  le 
27  juin  à  Banana.  Séjourne  à  Vivi  jusqu'au  11  juillet,  et 
est  chargé  du  service  sanitaire  à  Léopoldville,  où  il  est 
atteint  d'une  grave  fièvre  bilieuse. 

Il  se  joint  à  l'expédition  Valcke,  chargée  d'effectuer  le 
transport  du  Stanley. 

Rentre  en  Europe  le  18  mars  1885  et  meurt  le  16  février 
1903. 

Il  était  médecin  de  bataillon  de  première  classe  pensionné. 

PUBLICATION: 

—  Renseignements  climatologiques  sur  la   région   entre  Vivi    et   Léopold- 

ville, publiés  dans  l'ouvrage  de  Burdo:   Les  Belges  dans  V Afrique 
centrale. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Burdo.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale. 


—  ()G3  — 

STÉVART,  LÉON. 

né  à  Soinzée,  le  19  mai  184G;  décédé  à  Borna,  le  0  dé- 
cembre  1881. 

Employé  de  commerce. 

Part  pour   le  Congo  le  1  juin  1884,  comme  a^'-ent. 

Arrivé  en  pleine  saison  sèche,  il  ressent  à  Vivi  les  premières 
atteintes  de  la  fièvre  bilieuse.  Gagne  Lèopoldville,  où  il 
remplit  les  fonctions  de  directeur  intérimaire  des  cultures. 

Son  état  de  santé  l'empêche  de  se  rendre  aux  Falls. 

La  maladie  s'aggravant,  Stévart  retourne  à  Boma,  où  il 
arrive  exténué,  après  vingt  jours  de  marche  et  de  navigation. 

Malgré  les  soins  du  docteur  Allart  et  de  son  adjoint 
Emile  Van  den  Heuvel,  Stévart  succombe  à  Boma. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  BuRDO.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale. 


—  664  — 
ZBOINSKL    CLAUDE,  HYACINTHE.  THÉOPHILE. 

né  à  Liège,  le  18  janvier  1839;  décédé  à  Bruxelles,  le  15  août 
1901. 

Ingénieur  de  l'Université  de  Liège,  il  entre  dans  le  corps 
de  l'artillerie,  lors  de  la  formation  du  7^  régiment  de  cette 
arme,  en  1868. 

Zboinski  occupe  successivement  les  fonctions  et  remplit 
les  missions  suivantes:  ingénieur  chef  de  section  aux  che- 
mins de  fer  de  Bruxelles-Lille-Galais  et  Hesbaye-Gondroz; 
sous-directeur  des  charbonnages  du  Paradis  d'Avroy  et 
Boverie,  à  Liège;  directeur  des  travaux  du  Bas-Escaut; 
professeur  de  mathématiques  rationnelles  et  d'astronomie 
mathématique  à  l'Ecole  militaire  de  Gonstantinople;  chargé 
du  raccordement  de  la  carte  géologique  du  bassin  houiller 
d'Heraclée  (Asie-Mineure)  et  de  l'Attique  (Grèce). 

Gapitaine  commandant  au  3^  régiment  d'artillerie  et  ingé- 
nieur honoraire  des  mines,  Zboinski  s'engage  au  service 
de  l'Association  Internationale  du  Gongo,  en  juillet  1884, 
et  part  pour  l'Afrique,  le  6  août,  de  Liverpool,  avec  le 
lieutenant  G.  Le  Marinel  et  le  D^  naturaliste  Stroebelt. 

Il  est  attaché  à  la  brigade  topographique  chargée  de  l'étude 
du  chemin  de  fer  du  Bas-Gongo  II  s'occupe  du  transport 
du  Stanley  et  reçoit  l'ordre  de  construire  une  route  entre 
Vivi  et  Issanghila.  II  se  rend  ensuite  à  Léopoldville  et  explore 
toute  la  région  entré  Banana  et  le  Stanley-Pool. 

Zboinski  découvre  des  pierres  taillées  sur  la  rive  gauche 
du  fleuve,  dans  le  Manyanga-Sud  et  dans  la  région  voisine 
de  Mossamedes. 

Il  consacre  avant  tout  son  activité  à  l'étude  de  la  possi- 
bilité des  voies  ferrées  au  Gongo.  On  sait  que  la  première 
pensée  de  la  construction  d'une  ligne  aboutissant  au  Pool 
est  due  à  Stanley,  qui  préconisait  comme  point  initial  Vivi, 
poste  de  sa  création.  La  ligne  devait  partir  de  là  vers  les 
plateaux  du  Nord;  cette  première  section  aboutirait  en  amont 


ZBOINSKI,  Claude. 


f 


f)r)5 


des  premiers  rapidc^s.  De  là,  un  service  de  stenmers  con- 
duirait les  pnssa'i-ors  et  l(»s  uinrchandises  jusqu'aux deuxiènios 
calaracles,  d'où  prcMidraii  naissance  une  nouvc^lh?  li^iKî  v(;rs 
le  Pool. 

Zboiîlski  i)résenle  un  mémoire  avec  devis  (»slimalil",  inten- 
sité du  trafic,  etc.,  sur  ce  sujet  spécial  et  établit  que,  comme 
construction,  le  i)rojet  de  Stanley  était  trop  cher,  à  cause 
de  la  configuration  des  territoires  parcourus  et  du  nom- 
bre des  travaux  d'art,  et  qu'au  point  de  vue  de  l'exploi- 
tation il  serait  plus  onéreux  encore. 

Les  communications  que  Zboinski  a  faites  à  l'Académie 
des  sciences,  sont  extrêmement  intéressantes  et  les  objets 
qu'il  a  expédiés  d'Afrique  occupent  une  place  honorable 
dans  notre  collection  préhistorique,  si  appréciée  dans  le 
monde  savant. 

Zboinski  rentre  en  Europe,  le  18  mars  1885,  pour  motif 
de  santé. 

Le  10  juin  1887,  il  retourne  au  Congo  à  bord  de  la  Lys  et 
arrive  à  Boma  le  21  juillet.  Il  accompagne  le  second  groupe 
d'ingénieurs  envoyés  au  Congo  par  la  Compagnie  du  Congo 
pour  le  commerce  et  l'industrie,  en  vue  de  la  construction 
du  chemin  de  fer  de  la  région  des  cataractes. 

Comme  chef  de  brigade,  il  suit  Camhier  dans  son  explo- 
ration technique  de  la  rive  Sud  du  Congo  de  Matadi  à 
Léopoldville. 

Zboinski  rentre  en  Belgique  au  commencement  de  1888- 

Il  était  à  son  décès,  survenu  le  19  août  1901,  major  hono- 
raire d'artillerie  en  retraite;  chevalier  de  l'Ordre  de  Leopold, 
officier  de  l'Ordre  de  l'Osmanié,  commandeur  du  Medjidié 
et  officier  de  la  Couronne  de  Chêne  du  Luxemhourg. 

PUBLICATIONS: 

—  Un  âge  de  la  pierre   au  Congo.  (Bulletin    de  la  Société  d'anthropoloorie 
de  ri.'uxelles,  t.   VI,  1887-1888,  p.   56). 


—  GC)G  — 

Le  chemin  de  fer  de  l'Etat  indépendant  du  Congo.  (Bulletin  de  la  So- 
ciété royale  de  Géographie  d'Anvers,  1890,  pp.  123-142.  Fievue  uni- 
verselle des  Mines,  1890,  et  1  brochure  in-8o  avec  1  carte). 

Esquisse  géologique  du    Bai-Congo,  de    l'embouchure   à    Manuyanga. 
(Bulletin  de  la  Société  belge  de   Géologifj  1887,  no  1. 

Esquisse  d'une  carte  géographique  et  géologique  du  Bas-Congo  au 
2.000.000^.  (Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géologie,  1887,  n°  1). 

Les  armées  ottomanes. 

RÉFÉRENCES  BIBUO GRAPHIQUES  : 

Mouvement  géographique,  1887,  p.  35. 
Blrdo.  Les  Belges  dans  l'Afrique  centrale. 
Ed.  DiPONT.  Découverte  faite  par  le  capitaine   Zboinski  d'instruments 

de  Vàge  de  la  pierre  dans  l'Etat  du  Congo.  (Bulletin  de  l'Académie 

r<»yale  de  Belgique,  1887,  XIII,  p.  407  et  Mouvement  Géographique, 

1887.  p.  35). 
Le  Congo  au  point  de  mie  économique  y  par  A.  F.  Walters,  1885,  pp   209 

et  210. 
Le  Globe  illustré  du  24  juillet  18S7. 


LE     MARINEL,    GEORGES,  ÉDOUARD, 

Sous-lieutenant  du  génie. 

Part  pour  le  Congo  le  6  août  1884. 

Attaché  au  transport  du  Slanley. 

(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page  289). 


HINCK,   EDMOND. 

Adjudant  de  Latterie. 
Part  pour  le  Congo,  le  2  février  1885. 
La  notice  paraitra   au  chapitre  Expéditions  antiescJava- 
gisies. 


—  GC7  — 
EYCKEN,   CHARLES. 

né  à  Anvers,  le  17  mai    1859;   déaklé   à    Léopoldville,    le 
10  juillet  1886. 

Premier  serg-ent  au  régiment  du  génie. 

Part  pour  le  Congo,   le   15  mai   1885. 

Nommé  adjoint  de  Deane,  commandant  de  la  station 
des  Stanley-Falls,  il  quitte  Léopoldville  avec  son  chef,  le 
10  décembre  1885,  à  bord  du  Stanley.  Le  D""  Lenz,  Bohndorf, 
—  Russe  qui  fut  jadis  au  service  de  Gordon  pacha  et  du 
D*"  Junker  —,  et  un  jeune  Autrichien,  Baumann,  en  desti- 
nation de  Nyangwe,  se  trouvent  également  à  bord  comme 
passagers. 

Le  Stanley  séjourne  du  20  au  23  janvier  1880  à  la  sta- 
tion de  Bangala,  pour  l'enrôlement  de  quarante  Bangala, 
ce  qui  porte  la  force  de  Deane  à  quatre-vingts  soldats. 
Deane  châtie  en  route  les  indigènes  de  Monongeri. 

Deane  et  Eycken  arrivent  aux  Stanley-Falls,  le  14  février 
1886  et  Deane  y  reçoit  le  commandement  des  mains  du 
lieutenant  Wester  ('). 

Le  26  juin  1886,  Eycken,  atteint  de  dysenterie  et  mou- 
rant, est  ramené  à  Léopoldville,  à  bord  du  Peace,  steamer 
de  la  Baptist-mission,  dirigée  par  le  Révérend  Grenfeli. 
Baumann  convalescent  l'accompagne. 

Eycken  succombe  le   10  juillet   1886 


(1)  Deane,  ancien  officier  de  l'armée  des  Indes,  échappa,  par  miracle,  à 
la  mort  lors  de  la  révolte  et  de  la  prise  de  la  station  des  Falls  par  les 
Arabes,  soas  le  commandem-^nt  de  Rachid,  en  août  1886.  Il  vit  mourir 
dramatiquement  à  ses  côtés,  son  malheureux  a»]joint  le  sous-lieutenant  Dubois, 
mais  eut  la  chance  d  être  délivré  par  Coquilhat.  (Voir  notice  Dubois,  T.  XXX I, 
p.  537).  Deane  eut  également  une  fin  tragique:  le  15  mai  1888,  au  service 
de  la  Sanford  exploring  expédition,  il  fut  tué  à  Lukolela,  à  la  chasse  aux 
éléphants,  d'un  coup  de  défense  d'un  de  ces  pachydermes,  qui  l'atteignit  à 
la  nuque. 


—  008  — 


PETIT     BOIS,  GUSTAVE.  ADOLPHE.  EDOUARD, 

Né  à  Namur,  le  1   avril  1838. 

Il  sort  de  l'école  des  mines  de  Liège  en  1803,  avec  les 
diplômes  d'ingénieur  civil  des  mines  et  d'ingénieur  des 
arts  et  manufactures. 

1803-1804.  Est  surveillant  des  travaux,  chargé  de  lever 
les  plans  au  charbonnage  du  Paradis-d'Avroy  (Liège). 

1804-1805  Exploite  le  minerai  de  zinc  (calamine)  à  Motril 
et  Almeria  (Andalousie)  des  concessions  appartenant  à  J. 
de  Burgos. 

1805-1800.  Dirige  les  recherches  de  pyrite,  de  la  minière 
de  Landenne-sur-Meuse  près  de  Sclaigneaux. 

1807-1872.  Dirige,  à  Liège,  un  atelier  pour  la  construc- 
tion d'instruments  de  précision  et  de  machines  à  coudre. 

1872-1875.  Est  employé  aux  études  de  la  ligne  de  che- 
min de  fer  lamboli-Yeni  Sagra-Ternova  (Turquie  d'Europe), 
à  la  construction  de  la  ligne  Gonstantinople-Andrinople 
(section  de  Tchorlou)  et  aux  études  de  la  ligne  Ismid- 
Angora  (section  de  Lefkeh)  en  Asie-Mineure. 

1875-1870.  Dirige  des  recherches  de  minerais  de  soufre  à 
Calamaki  (Isthme  de  Gorinthe). 

A  partir  de  cette  époque,  il  est  chargé  d'un  grand  nombre 
de  missions  industrielles,  énoncées  ci-après,  consistant,  en 
général,  à  faire  rapport  sur  une  mine  en  exploitation  ou 
sur  un  gisement  minier.  Petit  Bois  occupe  le  temps  qui 
lui  reste  disponible  entre  ces  diverses  expéditions  par  des 
recherches  et  travaux  (notamment  mathématiques  et  topo- 
graphiques) et  leur  publication. 

Espagne  et  Portugal.  (Avec  Al.  Habets,  professeur  du 
cours  d'exploitation  des  mines  à  l'école  des  mines  de  Liège). 
Mines  de  fer  de  Bilbao,  mines  de  fer  et  de  charbon  au 
Nord  de  Luso  (Portugal).  Visite  à  la  mine  de  mercure 
d'Almaden. 

Colombie.  Rapport  sur  la  mine  d'or  située  à  Orna  (entre 


—  ()()'.)  — 

rvoniolilu)  et  Modollin)  ol  sur  \(}  projet  (1(3  (l(';riv;il,ion  (1(3  la 
l'ivioro   le   Nus. 

AsfH}'/(\s.  iMiu(3s  (1(^  /iiK'  d'Arec  près  do  SaïUandor;  min(^s 
d(^  zinc  dos  IMcos  d(3  l^iUropn;  luincis  d(3  IiouiiU^  d(3  Mi(ir(3s 
(;ui  Sud  d'Oviod(^). 

C(i)'lha(iène.  Miues  do  niang"an(jse  d'Ksconiln'ora,  [)i'(js  do 
Garlliagone. 

Cordouc.  Gisement  do  minerai  do  for  à  30  km.  de  Gordoue. 

Ligurle.  Gisement  do  lignite  de  Roccaforto  près  de  Sierra- 
valle. 

Po7Hicgal.  (Avec  Al.  Briart,  directeur  des  travaux  dos 
charbonnages  de  Mariomont  et  Bascoup).  Recherches  do 
phos[)hates  h  Gastel  do  Vide. 

Russie.  Mine  do  lignite  de  Pahédinka  à  doux  cents  km. 
environ  au  Sud  de  Moscou. 

Sarddigne.  Dépôt  de  guano   au  N.-E.  do   Gagliari. 

Ardenncs.  Ancienne  mine  de  plomb  de  Lignières  (com- 
mune do  Roy). 

Petit  Bois  part  pour  le  Gongo  le  30  mai  1885. 

Il  s'}'  livre  à  l'étude  du  terrain  sur  la  rive  droite  du 
fleuve  entre  Vivi  et  Issanghila  pour  l'établissement  do  la 
ligne  de  chemin  de  fer.  Liévin  Van  do  Veldo  et  Hakansson 
l'assistent  pendant  ces  travaux. 

Dans  cette  reconnaissance,  ils  no  s'écartent  guère  du  che- 
min des  caravanes  et  suivent  l'itinéraire  Vivi.  Bonzani- 
Gongo,  Sala-Kidongo,  Ganguila,  Sala-Kibanzi,  confluent  do 
la  Bundi  et  du  Gongo,  Pâma  N'Goulo,  N'Sanda,  Issanghila. 

Petit  Bois  se  proposait  de  refaire  cet  itinéraire  en  sens 
inverse,  mais  on  s'ecartant  beaucoup  du  fleuve,  et  il  avait 
déjà  fait,  avec  Hakansson,  doux  reconnaissances  vers  les 
hauteurs  jusqu'au-delà  du  village  de  Galamonpou3^a,  lorsqu'il 
tomba  brusquement  malade.  Une  équipe  de  nègres  le  rap- 
porte en  hamac  à  Vivi  où  il  roste  trois  jours  dans  lo 
délire  et  est  soigné  par  le  D^  Mense  qui  ordonne  son 
retour  en  Belgique.  Pou  de  jours  avant  son  départ  Baort 


—  G70  — 

et  Lienart  étaient  arrivés  pour  assister  Petit  Rois  dans  ses 
travaux.  Ce  dernier  rentre  en  Europe,  le  25  septemljre  1885. 

A  son  retour  en  Belgique,  Petit  Bois  devient  nrienibre  du 
conseil  communal  de  Liège  et  est  charge  des  missions 
industrielles  suivantes: 

Département  du  Var.  Mine  de  zinc  (blende)  de  Vaucron. 

Algérie.  Mine  de  zinc  (blende)  de  Guerrouma. 

Toscane.  Mine  de  mercure  de  Monte-Bono  à  peu  de  dis- 
tance de  la  ville  de  Pitigliano. 

Slavonie.  Mine  de  lignite  de  Pozega. 

Chili.  (Avec  Al.  Briart,  directeur  des  travaux  des  charbon- 
nages de  Mariemont  et  Bascoup).  Mine  de  lignite  à  Goronel. 

Q^oatie.   Mine  de  mercure  à  Terstjé. 

Bohèiue.  Mine  de  plomb  et  zinc  de  Gzarlovites,  près  de 
Stankau. 

Chine.  Pourparlers  à  Shanghaï  avec  le  mandarin  Sheng 
pour  obtenir  l'autorisation  de  faire  des  recherches  minières 
(puis,  éventuellement,  l'obtention  do  concessions)  dans  les 
provinces  de  Honan  et  de  Hupeh. 

Ce  dernier  voyage  a  lieu  en  1899.  A  partir  de  cette  époque, 
Petit  Bois  prend  sa  retraite  et  se  consacre  à  divers  travaux 
de  cabinet,  notamment  à   des    recherches  mathématiques. 

Petit  Bois  est  actuellement  ingénieur  à  José  par  Hervé. 

PUBLICATIONS: 

Mathématiques. 

—  1882.  Une  formule  do  cubature  nouvelle,  publiée  sous  le  titre  :    Un  pro- 

blème (le  calcul  intégral,  dans  la  publication  [)ériodique  Mathesis. 

—  1885.  Sur  l'évaluation   approchée  des   aires  planes.    Même   publication. 

—  1893.  Les  courbes  simpsoniennes.  Dans  les  Mémoires  de  la  Société  royale 

des  sciences  de  Liège. 

—  1898,  1899.  La  transformation  pseudo-acaionienne.  Dans  Mathesis. 

Un  problème   de  maximum.    Dans  V hitermédiaire   des    ynathéma- 
ticiens,  1897,  p.  99,  et  1898,  p.  274. 

—  190G.   Tables  d'intégrales  indéfinies.    Gauthicr-Villars,   Paris  et  Teubner 

Leipzig. 


—  G71  — 

(il'OI.OCIM. 

A/)t')çu  f/(''o/(>'/n/i'('  de  la  Vdlli'c  du   Kavd-Snn   (A^ic,  Mixcnrc). 

Note,  sur  lu  f<n-))i(Uiiin   (Ik  soufre  à  (kilamaki  (istlirnc,  de  Corinthc). 

Quclijucs  ynois  sur  la  (féoloyie  de   l'état  d^ Antioquia  {Ci)l<jmbie). 

Ces  trois  nrlich^s  oui    paru    daiis  les    Ballctiii  de    la  Sociélé  (/éolo- 

ffiqiie  de  JJelf/ùjue. 

SC'IKNCKS    Al'PLK^UKlOS. 

187G.  Note  sur  les  éludes    de  lif/nes  de  chemin    de  fer   au   Tachéomètre. 

Dans  la   Revue  universelle  des  mines. 
1883.  Note  sur    l'emploi  de    la    règle  logarithmique    dans  les  études  de 

tracés  de  chemin  de  fer  au  tachéomètre  (môme  publication.) 
LSSi).  Les  tables  iachéométriques  de  Cuartero.   (Article  bibliographi(|uc, 

même  publication). 
1800.  Calcul  des  coordonnées  géographiques    du  Pérou.   (Idem.,  idem), 
1SÎ>2.   Tables  graphiques  de  Codorniu.  (Idem  ,  idem). 
1878,  L'article  Les  instruments  de  précision,  dans  l'ouvrage  La  Belgique 

à  l' Exposition   de  Paris. 

Divers, 

1885.  Quelques  semaines  au  Congo.  Articles  parus  dans  le  supplément 
du  samedi  du  Journal  de  Liège.  (15  novembre  1885  à  15  mars 
1886). 

Dans  le  même  journal,  un  article  sur  le  livre  publié  par  Jérôme 
Becker  sur  l'Afrique;  un  autre  sur  le  livre  publié  par  le  P.  Merlon; 
un  autre  sur  le   meeting   antiesclavagiste   qui  eut  lieu  à  Liège. 


BAERT,    ERNEST. 

Sous-lieutenant  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo,  le  26  juin   1885. 

(La  notice  et  le  portrait  figurent  à  la  page  188). 


—  072  — 
LIENART,    CHARLES,   VICTOR, 

no  à  Anvers,  le  5  septembre  1861. 

Sous-lieutenant  au  S""  régiment  d'artillerie. 

S'engage  au  service  de  l'Etat,  le  15  juin  1885,  et  fait 
d'abord  partie  de  la  brigade  topograpliique  chargée  de  l'étude 
du  chemin   de  fer  du  Bas-Congo. 

Prend  part,  en  1886,  à  l'expédition  de  l'Ubangi,  com- 
mandée par  le  capitaine  Van   Gelé. 

Les  explorateurs  quittent  Matadi,  le  11  août  1886,  et  se 
rendent  à  Léopoldville  et  de  là  à  Bangala,  où  ils  arrivent 
le  3  octobre. 

L'expédition  est  organisée  définitivement  à  la  station  de 
l'Equateur:  outre  quatre  blancs,  elle  comprend  soixante Zan- 
zibarites  et  Haoussa. 

Par  le  delta  de  l'embouchure,  l'expédition  arrive  le  12 
octobre  au  poste  de  N'Kundja,  occupé  depuis  quelques 
mois  par  les  Français,  quoique  le  capitaine  Haussons  y  eût 
passé,  en  1884,  un  traité  avec  le  chef  N'Koko  du  village 
d'Ibouzi. 

La  rivière  est  très  peuplée  jusqu'au  delà  de  l'embouchure 
du  Nghiri. 

L'expédition  s'arrête  successivement  aux  villages  de  Mon- 
dongo,  N'Goboy  et  atteint  les  rapides  de  Zongo  que  le 
steamer  essaie  vainement  de  franchir.  Le  fleuve  s'y  resserre 
à  huit  cents  mètres. 

Au  retour,  les  hardis  voyageurs  explorent  d'abord  le 
Lobay,  affluent  de  la  rive  droite,  qu'ils  remontent  jusqu'à 
quarante  milles,  à  un  point  où  la  navigation  est  interrompue 
par  une  chute;  puis,  l'Ibenga,  où  l'on  éprouve  de  grandes 
diflicultés;  à  soixante  milles  en  amont  de  l'embouchure,  le 
steamer  y  est  totalement  arrêté  par  un  barrage  d'arbres 
et  la  rivière  se  divise  en  petits  canaux.  Los  explorateurs 
pénètrent  aussi  dans  la  Nghiri,  qui  coule  dans  une  vallée 
herbue,  inondée  à  la  crue  des  eaux.  De  nombreux  villages 


LIENART,  Charles. 


Cliché  de  l'ouvrage  de  Chapaux.  Le  Congo  historique^  diplomatique. 


Il 


—  073  — 


sont  (''(al)lis  sur  des  ilols.  Va\  cirKiii.'inlf*  iKMircs  rox[)(j(liiion 
ii(*  parcourL  (luo  soiAiinU^dix  milles,  à  cause  dos  siniiosiLés 
lie  la  l'ivière  (iiii,  au  point  extrême  se  divise  en  une  foule 
de  petits  canaux,  prenant  leur  source  dans  une  forêt  maré- 


ca^'euse. 


Les  explora teui's  rentrent  à  rE([uateur  le  4  décembre  1<S80. 
En  février  1887,  Liênart  accompa<^-ne  Van  Gèle  dans  la  recon- 
naissance de  la  Lulun<^ou  et  du  Lopori. 

Le  2  juillet  1887,  Van  Gèle  et  Liénart  commencent  l'expé- 
dition de  rUele  et  se  proposent  d'aller  par  voie  de  terre  de 
Loubi,  situé  aux  chutes  de  l'Itimbiri  (2"  55'  de  latitude  Nord), 
à  la  zeriba  d'Alikobo,  découverte  par  le  D^  Junker;  mais 
par  suite  de  la  disette,  ils  ne  peuvent  arriver  que  jusfiu'à 
Loubi  et  retournent  à  l'Equateur. 

Le  26  octobre  1887,  les  courageux  voyageurs  reprennent 
la  voie  de  l'Ubangi  et  parviennent  à  franchir  avec  VL'n  Avant 
les  premiers  rapides  de  Zongo. 

Après  avoir  dépassé  les  villages  de  N'Banghi,  Bukossu  et 
Kembe  (où  Liénart  fait  l'échange  du  sang  avec  le  chef),  le 
steamer  se  trouve  arrêté  devant  de  nouveaux  rapides. 

Aux  fins  de  surmonter  l'obstacle,  les  roues  du  vapeur 
doivent  être  enlevées. 

A  partir  du  village  de  Mouniele,  la  navigation  continue 
sans  encombre  jusqu'au  rapide  de  Bouzy.  L'accueil  est  excel- 
lent dans  tous  les  villages.  A  l'aide  de  la  population,  le 
steamer  peut  être  amené  au  delà  des  rapides. 

En  deux  jours  l'expédition  parcourt  vingt-cinq  milles,  puis 
se  trouve  de  nouveau  arrêtée  par  un  rapide  :  celui  de  Getema. 

Malgré  un  accident  survenu  au  bâtiment,  le  steamer 
parvient  pourtant  à  franchir  de  l'obstacle  et  l'exploration 
continue  jusqu'à  l'embouchure  du  Bongossou  et  jusqu'au 
pays  des  Yakoma. 

Ici,  la  population  devient  nettement  hostile.  Par  surcroît 
de  maux,  YEii  Avant  s'échoue  sur  un  roc  et  une  large 


—  G74  — 

voio  d'eau  so  déchire  à  ravanl;  il  iiiijxji  Le  de  décliai'i^er  \c 
steamer  (1  janvier  1888). 

Liénart  aborde  dans  un  villag-e  ennemi,  fait  l'échan'^'e 
du  saniç-  av(x  le  cliel'  et  dépose  la  cargaison;  mais  au  niomenl 
de  la  rendjanfuer,  une  attaque  des  indigènes  se  produit. 
Liénart  est  obligé  d'agir  avec  énergie.  Les  sauvages  sont 
promptement  dispersés  et  le  village  devient  la  proie  des 
flammes. 

On  entreprend  alors  la  réparation  de  YBn  Avant  dans 
une  île  déserte,  au  milieu  des  agressions  des  populations 
riveraines. 

Au  moment  où  le  travail  est  à  peu  près  terminé,  une 
soixantaine  de  pirogues  entourent  l'ile  et  une  troupe  armée 
y  accoste  menaçante  ;  à  peine  cette  attaque  est-elle  repoussée 
qu'une  autre  se  produit. 

Liénart  est  chargé  de  la  défense  du  steamer  qu'on  est 
parvenu  à  mettre  à  flot.  Les  indigènes  se  laissent  fusiller 
à  bout  portant. 

Toutes  les  pirogues  se  groupent  prêtes  à  fondre  sur  les 
Européens  et  leur  troupe,  quand  le  steamer  étant  heureuse- 
ment sous  pression  peut  enfin  se  retirer  vers  l'aval;  pen- 
dant le  combat  qui  dura  trois  heures,  les  Yakoma  ne 
poussèrent  aucun  cri  et  leur  froide  résolution  avait  quelque 
chose  de  terrifiant;  trente  des  leurs  devaient  cependant  avoir 
été  tués. 

L'expédition  avait  atteint  le  4°  25'  de  latitude  Nord  et 
22°  de  longitude  Est  de  Greenwich.  Il  ne  restait  plus  qu'un 
degré  à  parcourir  pour  atteindre  la  zeriba  d'Alikobo.  Il 
était  donc  certain  que  l'Ubangi  était  bien  le  même  cours 
d'eau  que  l'Uele  de  Schweinfurth. 

Après  cette  brillante  exploration,  Liénart  rentre  dans  sa 
patrie  le  17  avril  1888,  pour  y  jouir  d'un  repos  bien  gagné. 

Il  retourne  en  Afrique  le  15  mai  1889  et  en  juillet  de  la 
même  année,  accompagne  le  capitaine  commandant  d'artil- 


—  () 


no 


lorio  VvW'A  V:ni  (1(^  ^'('l(l(^  (^.1,  L('Iii'iii:in,  diiiis  (rimpoi'hiiiles 
oxploralions  (l;ins  le   hiissiii    du   K\\'an^>'0. 

I/expédilion  lon^'o  la  rroiUièn^  iiKïi'idionalc  dn  ri^^Lai,  i)ar 
la  vall(H^  (\(\  la  Liikiin<^-u  jus([ii'à  Kiiiiposo,  puis  vers  ri^^sl 
par  Kinsuka  cLTun^ua.Lcs  voj^ag-eui's  passent  (iusuilo  par  les 
sources  du  Kwilu,  rranchisscnt  l'Inkisi  et  arrivent  à  Popo- 
cabaea.  Ils  traversent  lo  Kwan^^^o  pour  aboutir  chez  le  v\\{'Â 
Mueno  Putu  Kasongo,  à  sa  n^sidencc  de  Kasongo  Lunda. 

De  là,  l'expédition  gagne  Lucbo,  où  elle  arrive  en  jan- 
vier 1890,  tout  en  concluant  de  nombreux  traités  avec  les 
chefs  indigènes. 

Ce  voyage  a  pour  résultat  do  l'aire  reconnaître  la  suprématie 
de  l'Etat  dans  ces  régions  presque  inexplorées.  Van  de 
Velde  recueille,  dans  ses  voyages  des  renseignements  im- 
portants. 

Le  lieutenant  Liénart,  après  cette  exploration,  est  désigné 
pour  prendre  le  commandement  du  district  de  Luluabourg 
qu'il  conserve  du  15  juin  1890  au  30  octobre  i891;  c'est 
au  cours  de  son  commandement  qu'il  explore  tout  le  pays 
situé  au  Sud-Est  de  Luluabourg  jusqu'à  Mazembe. 

Liénart  reprend  le  chemin  d'Europe,  le  IG  février  1892, 
mais  le  6  janvier  1893,  il  se  dirige  une  troisième  fois 
vers  le  continent  africain  comme  commissaire  de  district 
de  première  classe,  chef  de  la  zone  Rubi-Uele,  dont  il 
ne  garde  le  commandement  que  pendant  quelques  mois, 
vaincu  par  une  cruelle  maladie,  il  rentre  en  Belgique,  le 
11  janvier  1894. 

Liénart  est  actuellement  capitaine  commandant  au  3^  d'ar- 
tillerie, chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  ro^yal 
du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  et  de  la  Croix  militaire 
de  première  classe. 


—  67G  — 
PUBLICATION  : 


Exploration  de  VUbangi.  (Bulletin  do  la  Société  royale  belge  de  Géo^rra- 
phie,  1888,  XII,  pp.  ;ni  ;?1)8). 


RÉFÉRENCES   BIBLIOGRAPHIQUES  : 


A.  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  152,  189,  405,  452. 
Mouvement  géographique,  1889,  p.  70. 


I 


de  MACAR,  Adolphe. 


Cliché  ,1c  rouvrago  ,lo  Ch.u.,ux,  Le  Congo  historique,  diplomaiigue. 


II.  -  L'ORGANISATION  ADMINISTRATIVE  ET  L'OCCUPATION 

TERRITORIALE 
(15  juillet  1885  à  fin  1890)  (1) 


FRANCQUL  lucien,  joseph,  Emile, 

Sous-lieutenant  au  2°  régiment  de  ligne.  Part  pour  le  Congo, 

le  24  juillet  1885,  chargé  d'organiser  les  levés  cadastraux. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre  Occupation  du  Katanga). 


DE      MACAR,    ADOLPHE,   HENRI,   ALBERT, 

né  à  Liège,  le  3  décembre  1847. 

Lieutenant  au  régiment  des  carabiniers,  s'engage  au  service 
de  l'Etat  le  15  août  1885,  et  part  pour  le  Congo  avec  Paul  Le 
Marinel,  comme  commissaire  de  district  de  première  classe. 

(1)  Les  notices  sont  classées  par  ordre  chronologique  des  départs. 
Les  noms  géographiques  sont  renseignés  suivant  Torthographe  de  la  nou- 
1 


velle  carte  au  r 


1. 000.000 


publiée  i)ar  l'Etat  Indépendant  du  Congo. 


—  678  — 

Attaché  à  la  brigade  topographique  du  capitaine  Jungers, 
de  Macar  fait  le  levé  de  la  région  de  Borna. 

En  avril  188G,  le  capitaine  de  Macar  et  le  lieutenant  Le 
Marinel  sont  désignés  pour  continuer  l'œuvre  de  Wissmann 
et  achever  à  Lubuku,  dans  le  pays  des  Baluba,  sur  la  rive 
gauche  de  la  Lulua,  affluent  du  Kasaï,  à  une  altitude  de 
cinq  cent  cinquante  trois  mètres,  l'établissement  de  la  station 
dont  Wissmann  a  jeté  les  fondements,  quelques  années  au- 
paravant, sous  le  nom  de  Luluabourg.  Cette  station,  admi- 
rablement située  pour  permettre  de  rayonner  vers  les 
frontières  Est  et  Sud,  constitue  une  base  de  ravitaillement 
pour  les  caravanes  et  le  centre  le  plus  important  du  com- 
merce du  caoutchouc  et  de  l'ivoire  provenant  des  rives 
du  Sankuru  et  du  Kasaï. 

Entre  le  mont  Pogge  et  le  confluent  du  Loanje,  de  Macar 
découvre  l'embouchure  de  cinq  petites  rivières.  En  aval 
du  même  mont,  il  reconnaît  un  nouvel  affluent,  à  mi-distance 
entre  les  embouchures  du  Sankuru  et  du  Fini-Lukenie. 
De  Luebo,  où  est  établi  Légat,  pour  compte  de  la  8anford 
Exploring  Expédition,  de  Macar,  accompagné  de  Le  Marinel, 
gagne  à  pied  la  station  de  Luluabourg  dont  il  prend  le 
commandement  (juin  1886). 

Wissmann  et  de  Macar  se  décident  alors  à  pousser  une 
pointe  vers  l'Est,  à  l'effet  de  reconnaître  le  pa3^s  des 
Baluba  et  le  bassin  du  Lubilash  (Sankuru  supérieur). 

Les  explorateurs  quittent  la  station  au  commencement 
du  mois  de  juillet  et  arrivent  le  10  à  la  résidence  du  chef 
Mona  Tenda,  près  de  la  rivière  Lukula,  affluent  de  gauche 
du  Lubi.  Les  hommes  de  la  caravane  veulent  déserter  à 
cause  de  l'épidémie  de  lèpre  et  de  petite  vérole,  transmise 
par  le  chanvre,  qui.  y  sévit. 

Wissmann  et  de  Macar  parcourent  le  pays  des  Bashi- 
lenge  et  des  Baluba. 

A  trois  jours  au  delà  de  la  Lukula,  qui  sert  de  frontière, 
l'expédition  rend  visite  à  un  chef  de  magnifique  stature, 


—  070  — 

drapé  dans  des  otofTcs  indi<^-ones  et  coiffé  (Vuna  haute  parure 
de  plumes.  Le  potentat  oiï're  de  i^uider  lui-ménieles  voyageurs 
vers  TKst  e(,  le  lendemain,  ceux-ci  ({uittent  sa  résidcincx;, 
se  dirii^eant  vers  le  Hushimanie,  allluent  de  ^^auclie  du 
Lubilasli  et  coulant  à   [)eu   [)rès  parallèlement   à  celui-ci. 

Malheureusement,  l'hostilité  des  indigènes  ne  tarde  pas 
à  se  manifester  avec  violence  et,  sur  les  bords  de  la  rivière, 
l'expédition  se  voit  tout  à  coup  entourée  de  milliers  de 
natifs,  armés  de  lances  et  de  sagaies  et  poussant  le  cri 
de  guerre. 

Il  faut  se  défendre  et  finalement  battre  en  retraite  et 
regagner  Luluabourg   sans  avoir  atteint  le  Lubilash. 

Voici  comment  de  Macar  relate  ces  événements: 

"  Notre  arrivée  chez  les  Bakakalosch  est  mal  vue;  les 
V  hommes  se  montrent  arrogants;  à  onze  heures  nous 
»  jugeons  prudent  d'attendre  avant  d'avancer;  l'après-midi 
»  ne  se  passe  pas  d'une  façon  rassurante;  la  soirée  venue 
n  le  chef  et  ses  gens  ivres  manifestent  la  resolution  de 
î5  nous  attaquer. 

»  On  charge  les  fusils  dans  nos  tentes. 

»  Vers  onze  heures  du  soir,  quinze  cents  hommes  nous 
?•  entourent;  nous  parlementons,  nous  faisons  des  présents  ; 
«  l'ivresse  et  l'agitation  diminuent  un  peu. 

»  Mais  quelle  nuit  pour  nous,  forcés  d'être  partout,  de 
»  veiller  à   tout!... 

»  A  six  heures  du  matin  nous  partons,  le  doigt  sur  la 
r  détente  de  nos  fusils,  prêts  à  répondre  aux  flèches  et  aux 
«  sagaies. 

î5  Après  l'ascension  d'une  montagne  de  plus  de  deux  cents 
»  mètres  d'altitude,  nous  traversons  une  région  très  ravinée 
5î  et  très  peuplée,  où  nous  rencontrons  foule  de  femmes  en 
v>  deuil,  la  petite  vérole  ayant  fait  de  grands  ravages. 

»  A  ce  moment  nous  sommes  rejoints  par  le  chef  ivre 
5^  et  hostile  de  la  veille,  qui  nous  offre  sa  protection  pour 
;:  aller  au  delà  et  fait,  en  effet,  déposer  les  armes  à  plu- 


—  G80  — 

5)  sieurs  tribus...  Est-ce  par  simple  curiosité?  mais  les  indi- 
»  gènes  désarmés  nous  suivent  avec  un  acharnement  rare. 

»  Nous  avons  marché  vers  le  Nord-Est;  les  palmiers 
»  diminuent,  le  maïs  reparaît.  Nous  arrivons  à  un  village 
»  dont  le  chef  a  des  exigences,  des  fourberies  et  des  menaces 
n  telles  que  nous  nous  ayjercevons  qu'on  nous  a  conduits 
«  dans  une  embûche.  Les  affaires  se  gâtent  et  nous  nous 
«  décidons  à  tirer  dans  le  tas,  advienne  que  pourra. 

»  Cependant  une  femme  nous  sauve... 

«  Femme  d'un  des  chefs  qui  se  trouve  dans  notre  caravane, 
»  elle  se  précipite,  revêtue  du  drapeau  parlementaire,  dans 
»  la  mêlée,  hurlant,  gesticulant,  pérorant,  et  obtient  qu'on 
«  nous  laisse  passer... 

»  Le  paj^s  continue  à  être  très  peuplé,  bien  cultivé  de 
»  maïs  et  de  sorgho,  assez  rocheux;  nous  nous  approchons 
n  d'une  rivière  d'au  moins  cent  mètres  de  largeur,  suivis 

V  de  plus  de  trois  mille  indigènes  qui  finissent  par  nous 
«  entourer  et  par  assaillir  de  pierres  Wissmann  au  moment 
H  où  il  monte  en  pirogue,  Wissmann  riposte  en  brûlant  la 
«  cervelle  à  l'un  de  ses  agresseurs. 

V  Immédiatement  nous  sommes  attaqués  avec  furie  à  coups 
»  de  couteau,  de  sagaies  et  de  flèches  lancées  avec  une 
»  adresse  incroyable.  Dans  notre  riposte  nous  couchons 
r  à  terre  une  quinzaine  des  assaillants;  beaucoup  fuient; 
J5  nos  hommes  qui  avaient  déjà  traversé  le  fleuve,  revien- 
»  nent  et  se  lancent  avec  nous  à  la  poursuite  des  fuyards. 
r  Quelques-uns  de  ces  fiers  et  beaux  gaillards,  avec  des 
»  anneaux  dans   le   nez,   aux  bras  et  aux  jambes,  restent 

V  encore  sur  ie  carreau.  C'est  la  guerre  sauvage,  achar- 
«  née,   chaude  comme  le  climat. 

»  La  chaleur  est  épouvantable;  l'incendie  fait  ses  ravages; 
»  le  sang,  les  cadavres  sur  la  berge  commencent  à  répan- 
»  dre  une  odeur  désagréable,  et  il  n'est  plus  possible  de 
»  quitter  aujourd'hui  ce  lieu  de  carnage,  hier  si  riche,  si 
»  riant. 


081 


"  V(M*s  1g  soir,  les  indi^-èncs  se  f^Toupont  dîins  In  rnon- 
r  l;igiu\  poussant  dos  cris  féroces;  un  de  nos  lioiinnes  do 
r  la    tribu  de   T'Cliiniania,  avait  été  assommé  et  emporté. 

V  Comme  nous  l'avons  su  dans  la  suite,  avant  de  Tacliever, 

V  on  lui  avait  coupé  le  nez,  les  oreilles,  la  langue;  puis 
r  on  l'avait  rôti. 

r  La  nuit  est  pire  que   la  précédente;    on  nous  entoure. 
V  Au  point  du  jour,  nous  repassons  le  fleuve,  Wissmann 

V  en  tête,  et  tandis  que  je  suis  resté  le  dernier  pour  veiller 
r  à  tout,  des  milliers  d'indigènes  débouchent  et  je  n'ai  que 
r  le  temps  de  me  jeter  à  l'eau. 

»  Nous  leur  échappons.  » 

Wissmann  et  de  Macar  rentrent  à  Luluabourgle  20  juillet, 
et  y  trouvent  Le  Marinel  malade  de  la  fièvre. 

Le  17  novembre  1886,  Wissmann  et  Le  Marinel,  rétabli, 
se  mettent  en  route  pour  Nyangwe,  laissant  de  Macar 
livré  à  lui-même,  sans  approvisionnements  et  presque  sans 
vêtements.  Ce  dernier  dote  Luluabourg  d'un  observatoire 
météorologique,  grâce  aux  instruments  que  lui  a  laissés 
Wissmann 

Il  s'occupe  aussi  des  travaux  intérieurs  du  poste  et  bientôt 
s'élève  sur  les  bords  de  la  Lulua  une  des  plus  belles  et 
des  plus  confortables  stations  du   Congo. 

De  Macar  doit  livrer  plusieurs  combats  aux  populations  de 
l'Ouest,  et  notamment  aux  Kioko.  Il  a  bientôt  épuisé  les 
mauvaises  munitions  qu'il  a  fabriquées  lui-même  et  doit 
.se  retirer  avec  ses  hommes  dans  la  forêt.  "C'est  là,  écrit-il, 
^  qu'on  nous  attendait  On  nous  traque,  nous  nous  égarons 
î7  et  nous  ne  devons  notre  salut  qu'à  un  marais  dans  lequel 
'-  nous  nous  cachons  jusqu'à  la  tête.  Poursuivis  comme  des 
r  bêtes  fauves,  jour  et  nuit,  nous  descendons  les  ruisseaux, 
»  les  torrents,  enfoncés  dans  l'eau  tout  entiers.  Au  sortir  de 
«  la  forêt,  tous  les  chemins  sont  encore  gardés.  Blessés, 
«  déchirés,  dépouillés,  nous  arrivons  à  la  station  exténués 


—  682  — 

r>  de  fatigues.  Je  suis  velu  d'un  pagne  emprunté  à  un  indi- 
r  gène  et  d'un  lambeau  de  pantalon  aussi  sommaire  que 
«  Je  pagne.  » 

Pendant  les  deux  années  qu'il  a  commandé  la  station  de  Lu- 
luabourg,  de  Macar  a  déployé,  avec  son  adjoint  Paul  Le 
Marinel,  une  activité  de  tous  les  instants  et  est  parvenu  à 
maintenir  les  tribus  environnantes  dans  le  respect  de  l'au- 
torité de  l'Etat. 

Avant  de  rentrer  en  Europe,  il  entreprend,  avec  Alexandre 
Delcommune,  l'exploration  du  Sankuru,  qu'il  remonte  sur 
un  parcours  de  trois  cent  neuf  milles.  A  Bena  Lusambo, 
de  Macar  découvre  les  nains  Batua.  Il  pénètre  dans  le 
bassin  du  Lomami,  affluent  de  gauche  du  Congo. 

Retournant  à  la  côte,  il  explore  le  Kwango  et  étudie  le 
cours  du  Kasaï. 

Le  capitaine  de  Macar  revient  en  Belgique,  le  24  novem- 
bre 1888,  et  rapporte  une  collection  remarquable  de  clichés 
photographiques  de  la  région  de  Luluabourg  et  des  autres 
régions  qu'il  a  visitées. 

De  Macar  est  actuellement  lieutenant-colonel  d'infanterie 
en  retraite  (sur  sa  demande),  chevalier  de  l'Ordre  de 
Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire  de  première  classe 
et  de  l'Etoile  de  service. 

PUBLICATIONS  : 


A  Luluabourg.  (Mouvement  géographique,  1888,  p.  59). 

Le  Kasaï  et  ses  affluents,  collection  d'objets  rapportés  par  Fauteur,  1  br. 

in-8°  de  44  pp.  Liège,  Renard,  1889. 
La  flore  et  les  cultures  du  Congo,  1  br.  in-8".  Anvers,  De  Backer,  1888. 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 


—  Chapaux.  Le   Congo   historique,  diplomatique,   pp.  120,  450. 

—  Lejeune    Histoire  militaire  du  Congo,  p.  40. 


—  G83  — 

MouvcmoH  ffik)f/7'aphi(jKf,   ISS7,  i>|>,  21  cl  28. 

Li')  M\kim;i,.    Nolt'-s   sur   les    lUcoiiverlr.s  et  l'occupation  des  régions  du 

lùissdi,  du  Luhd  et  du  Kal(uu/a.  (Hnllcîtiii  do  la  Sociolô  royale  de 

(iô()j;rai>hio  (TAiivim-s,   1*.H)(),  p,   11). 
Mouvemoit  géographique^  1U(X). 


LE  MARINEL,  paul,  amédée. 

Sous-lieulenant  au  régimciU  clos  carabiniers. 
S'embarque  pour  le  CongX),  le  15  août  1885,  comme  attaché 
à  la  brigade  topographique  de  Banana. 
(La  notice  biographique,  avec  portraits,  figure  à  la  p.  279). 


DE     LA     RUE,    PIERRE,   JOSEPH.    MARIE, 

né  à  Bruges,  le  16  juin  1867. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  août  1885. 

Nommé  second  à  bord  du  s/s  Hé7^on,  le  6  octobre  1885, 
et  capitaine  du  s/s  Belgique,  le  1  mai  1886,  il  fait  le  service 
de  pilote  entre  Banana  et  Borna  pendant  cinq  mois  et  rentre 
en  Belgique,  le  18  novembre  1887. 

Il  se  rend  ensuite  en  Australie,  en  qualité  de  second 
officier  à  bord  de  la  Princesse  Joséphine,  appartenant  à 
la  Société  Gockerill. 

En  1889,  en  qualité  de  second  officier  à  bord  du  voilier 
anglais  Beyi-More,  il  fait  deux  voj^ages  au  Chili  et  rem- 
plit pendant  six  mois  les  fonctions  de  premier  officier. 

De  juin  1891  à  février  1892,  il  effectue  plusieurs  voj^ages 
comme  premier  officier  à  bord  des  vapeurs  belges  Riga 
et  Schclde. 


—  684   — 

De  la  Rue  rentre  à  la  Société  Cockerill  comme  second 
officier  le  4  février  1893  et  est  promu  premier  officier  le 
9  juillet  1893. 

Il  commande  la  Princesse  Ilenrietle  \)(in(\i\wi  deux  voyages 
en  1895  et  assume  le  service  du  s/s  Tojmze  depuis  le  16 
juillet  1897. 


JUNGERS,    FRANÇOIS. 

né  à  Arlon,  le  22  octobre  1851;  décédé  à  Ixelles,  le  7  octo- 
bre 1904. 

Etant  lieutenant  adjoint  d'Etat-Major,  au  premier  régi- 
ment de  ligne,  il  part  pour  le  Congo  le  29  août  1885, 
comme  chef  du  service  du  cadastre. 

11  exécute  le  levé  cadastral  d'une  grande  partie  de  la 
région  du  bas-fleuve  entre  Banana  et  Matadi. 

Il  est   nommé  capitaine  d'Etat-Major  en  1886. 

En  décembre  1887,  il  explore  la  Lukula  avec  le  gouver- 
neur général  Janssen  et  Destrain. 

Rentré  en  Europe  en  1888,  il  est  nommé  chevalier  de 
l'Ordre  de  Léopold.  Il  retourne  en  Afrique  le  10  avril  1889, 
en  qualité  de  directeur  du  service  de  la  carte  topographique 
du  Bas-Congo. 

En  1890,  Jungers  est  nommé,  avec  Destrain,  membre  de 
la  commission  Congo-Portugaise,  chargée  de  délimiter  les 
frontières  des  deux  Etats,  pour  mettre  fin  au  conflit  né  au 
sujet  de  la  souveraineté  dans  le  bassin  de  la  Lunga. 

Il  collabore  à  la  reconnaissance  en  vue  de  l'établissement 
du  fort  de  Shinkakasa  et  aux  premiers  travaux  de  cet 
ouvrage  de  défense. 

Il  rentre  en  Belgique  le  22  décembre  1892. 

Il  est  nommé  major  d'Etat-Major  en  mars  1899  et  mis 
à  la   retraite  en  septembre  de  la  même  année. 

Jungers  est  décédé  à  Ixelles,   le  7  octobre  1904. 


de  CUVELIER,  Adolphe. 


—  085  — 

11  (Huit  :i(lj()inL  à  l;i  (lircîcLion  du  s(M-vi('(;  (1(*.  riiisLiluL  vmv- 
l()^rni)lii([U('  iiiililairo,  clicvalier  ûo  VOvilvo,  do  L(''()|)()l<l, 
(l(''C()r(''  (le  l'Eloile  (\c  sorvico,  de  la  Croix  mililaii'e  do  [nv- 
iiiière  classe  et  de  l'Ordre   du  Clii'isl  de  Porlu'^al. 

PUBLICATIONS  : 

—  Conférence  sur  la  géographie  et   les    mœurs   du  Bas-Congo,  faite  à   la 

Société  royale  belge  de  Géographie  de  Bruxelles.    (HuUetin,   1889, 
n"  4,   pp.  385-414). 

—  Carte  de  la  commission  de  délimitation  de  l'embouchure  du  Congo  à  la 

baie  de  Cabinda  au  100.0Q0^  (Publication   de  l'E.  I.  C). 

—  Le-cé  depuis  N'Docolo  Jusquà  la  pointe  Manette,  1890,  au  10.000".    (Id.) 

—  Le  cours  du  Chiloango  et  de  la  Lukulla,  au  100. 000^.  (Id.) 

—  Carte  du  Bas-Congo,   au  200.000«  (Id.) 

—  Uango-Uango-Noqui,  au   5.000^    (Id.)   en   collaboration  avec  da  Canto 

e  Castro. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  CiiAPAUX.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  120  et  387. 

—  Mouvement  géographique,  1888,  p.  75,  et  1889,  p.  32. 


DE  CUVELIER, 

ADOLPHE,  EDOUARD,  FÉLIX  (chevalier). 

né  à  Philippeville,  le  20  septembre  1860. 

Docteur  en  droit  de  l'Université  de  Liège. 

Part  pour  le  Congo  le  29  août  1885,  comme  juge  de  pre- 
mière instance,  et  établit  avec  le  gouverneur  général  Jans- 
sen  les  premiers  tribunaux. 

En  1886,  il  est  nommé,  comme  premier  titulaire,  aux 
fonctions  de  juge  au  tribunal  de  première  instance  de  Boma; 
puis  est  attaché  au  tribunal  d'appel  de  Boma.  Il  assume 
en   même  temps  les  fonctions  de  directeur  de  la  justice 


—  G8G  — 

qu'il  ('()ns(>rv(i  jns(ju';iii  20  aoùL  IcSSO,  dnlo  à  l;i<iiioll('  il 
rentre  en  Europe;  une  indisposition  grave  l'empêcliant  de 
prolonger  son  séjour  en  Afrique. 

Le  9  novembre  suivant,  de  Cuvelier  est  nomme  secrétaire 
général  du  département  des  affaires  étrangères  et  de  la 
justice  de  l'Etat  à  I^ruxelles. 

Il  collabore  à  toutes  les  mesures  importantes  édictées  dans 
l'intérêt  de  l'Etat  et  prend  une  part  prépondérante  dans 
toutes  les  négociations  diplomatiques. 

Parmi  les  succès  obtenus,  il  faut  signaler  les  négociations 
avec  le  Portugal  pour  la  délimitation  de  la  frontière  de 
l'enclave  do  Gabinda  et  pour  la  possession  des  territoires 
de  Lunga  (Kwango  oriental),  occupés  par  l'expédition 
Dbanis  (1891). 

Deux  conventions  du  25  mai  1891,  l'une  datée  de  Bruxelles, 
l'autre  de  Lisbonne,  déterminent  respectivement  la  délimi- 
tation de  l'enclave  de  Gabinda  et  de  la  frontière  Sud-Ouest 
de  l'Etat. 

De  Cuvelier  est  délégué  comme  commissaire  du  gouver- 
nement auprès  du  conseil  supérieur  de  l'Etat. 

En  novembre  1905,  il  est  appelé  par  décret  du  Roi- 
Souverain  à  siéger  au  sein  de  la  commission  chargée,  au 
lendemain  de  la  publication  du  rapport  de  la  commission 
d'enquête,  d'étudier  les  conclusions  du  dit  rapport  et  de 
formuler  les  propositions  qu'elles  nécessitaient,  en  recher- 
chant les   moyens  pratiques  de  les  réaliser. 

En  janvier  1907,  le  chevalier  de  Guvelier,  délégué  du 
gouvernement,  installe  la  Gommission  de  l'Ecole  mondiale 
de  Tervueren,  ayant  pour  but  de  former  les  Belges  en 
vue  de  l'expatriation. 

De  par  ses  hautes  fonctions,  autant  que  par  ses  brillantes 
qualités  de  diplomate,  le  chevalier  de  Guvelier  est  désigne 
tout  naturellement  lors  de  la  négociation  avec  la  Belgi- 
que du  traité  d'annexion  comme  plénipotentiaire  de  l'Etat 
du  Gongo,  conjointement  avec  le  lieutenant  général  baron 


—  G87  — 

A\';iliis,  <^()uv(M'n(Uir  ^riK'ral,  J^riKist  Solviiy,  iiiicicii  s(''ii;i- 
tour,  el  ^^'illelllaers,  ])rocurcur  yérK'ral  lionoraii'o  do  la  cour 
crai)[)ol  (le  Bruxellos   ('). 

Lo  cli(n'ali(M'  (1(^  (]iiv(^li(M'  a  par  son  allilndo  rncr^ifiuo 
constaninKMil  (lôRMidu  cl  maintenu  l'indopendancG  des  droits 
de  l'Etat  contre  les  prétentions  d'in«^-érence  étrangère. 

Lo  chevalier  de  Cuvelier  est  actuellement  secrétaire  géné- 
ral du  déi)artement  des  affaires  étrangères  et  de  la  justice 
de  l'Etat  In(léi)cndant. 

Officier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  la  Couronne,  chevalier 
de  l'Ordre  royal  du  Lion,  con:imandeur  des  Ordres  de  Saint- 
Grégoire-le-Grand  et  du  Christ  de  Portugal,  commandeur 
avec  plaque  de  la  Rédemption  africaine,  commandeur  de 
l'Ordre  de  Saint-Michel  de  Bavière,  grand  officier  de  la 
Couronne  d'Italie. 

PUBLICATIONS: 


—  Organisation  judiciaire  de  VEtat   du   Congo.  (Revue  de  Droit  interna- 

tional, 1889). 

—  Be  rincompétence  des  tribunaux  nationaux  à  l'égard  des  gouvernements 

étrangers  et  de  la  situation  spéciale  de  l'Etat  indépendant  du  Congo. 
(Revue  de  Droit  international,  1888). 

—  Rapport    au  Roi-Souverain   du    16  juillet   1891    (Bulletin  officiel,  1891, 

p.  165). 

—  Rapport  au  Roi-Souverain  du  25  janvier  1897.    (Bulletin  officiel,  1897, 

p.  41). 

—  Rapport  au  Roi-Souverain   sur  la  justice  répressive,    du   21  mai  1897, 

(Bulletin  officiel,  1897,   p.  192). 

(1)  On  sait  que  les  travaux  des  plénipotentiaires  du  Souverain  du  Congo 
avec  les  plénipotentiaires  du  Roi  des  Belges,  MM.  Van  Maldegliem,  prési- 
dent de  la  Cour  de  Cassation,  le  baron  Joostens,  ministre  de  Belgique  à 
Madrid,  Bico,  gouverneur  du  Brabant  et  Van  Cutsem,  directeur  au  Mini- 
stère des  Finances,  aboutirent  au  traité  qui  fut  déposé  le  3  décembre  1901 
par  le  chef  de  cabinet  M.  de  Trooz,  sur  le  bureau  de  la  Chambre.  Le 
parlement  belge  discute  en  ce  moment  ce  traité. 


688 


Rapport  au  Roi-Souverain  du   io  Juillet  1900.   (Bulletin    officiel,    1900, 

p.   127). 
R.  VAUTriiKR  et  Dii    CuvKLiER.   L<is   (leux  notes   anfjlaise  et    congolaise. 

(Hol}^i(lue   coloniale,  1903,  pp.  531,  533). 
Rapport  au.   Roi-Souverain  du  3  juin  1906.   (Bulletin  ollicicl,   1906). 
Rapport  au  Roi-Souverain  sur  la  situation  générale  de  la  colonie^    du 

22  mai  1907.  (Bulletin  officiel,  1907). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

CiiAPAiix.  Le  Congo  historique  diplomatique,  p.  607. 
Mouvement  géographique    1886. 


JANSSEN,    CAMILLE, 

Part  pour  le  Congo,  le  25  septembre  1885,  comme  vice- 
administrateur  g-ënéral. 
(La  notice  biographique,  avec  portrait,  figure  à  la  page  21). 


DE    KEYSER,  émile,  joseph. 

Part  pour  le  Congo,  le  13  octobre  1885,  comme  contrô- 
leur des  postes. 

(La  notice  biographique  et  le  portrait  figurent  à  la 
page  496). 


MASSART,     CHARLES,     AUGUSTE, 

né  à  Bruxelles,   le  23  juillet   1855;  décédé  à  Landana,   le 
13  mars  1890. 


—  G8U  — 

Ancien  (Muployi'  des  Irlé^i'uphes  à  Ja  ^'mv.  du  nord  à 
Bruxollos. 

Fait   un   voyag'O    à    Java. 

Kngag'ô  par  l'Association  InLcrnaiionale  du  (]on^o,  lo  15 
mai  1885,  il  pari  pour  lo  Gon^'o  1(^.  14  ocLobr(3  1885  ot 
reni[)lit  les  ronclions  do: 

Chef  du  bureau  des  postes,  à  Banana,  le  24  novembre  1885. 

Greffier  près  le  tribunal  de  première  instance  du  Bas- 
Cono-o,  le  10  mars  188G. 

Officier  de  l'état-civil,  à   Banana,  le  7  janvier  188G. 

Receveur  des  droits  de  sortie,  à  Banana,  le  27  mars  188G. 

Contrôleur  des  postes,  le  13  juillet  1888. 

Massart  revient  en  Europe  le  25  novembre  1888,  mais 
repart  dès  le  11  avril  1889,  et  est  nommé,  le  1  août  1889, 
receveur  des  impôts  à  Zobe,  sur  le  Chiloango,  au  confluent 
de  la  Lukula,  premier  poste  de  l'Etat  dans  le  Mayumbe. 

Il  meurt  à  Landana,  le  13  mars  1890. 

Il  était  décoré  de  l'Etoile  de  service,  depuis  le  30  jan- 
vier  1889. 

PUBLICATION  : 

—  Le  Jardiii  botanique  de  Buiten^org.  (Belgique  coloniale,  1896,  p.  68). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Mouvement  géographique,  1890. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  651  et  655. 


PRIEM,    GÉROME. 

né  à  Bruges,   le  2  décembre  1859. 

Engagé,  le  21  janvier  1880,  au  service  de  l'Etat,  il  rentre 
en  Europe  le  1  janvier  1889,  après  avoir  rempli  les  fonctions 


—  690  - 

do  vérificateur  et  receveur  suppléant  des  droits  de  sortie 
à  Banana,  le  27  mars  1886,  de  cliei'  suppléant  du  jjureau 
des  postes  à  Banana,  le  29  mars  1886. 

Au  cours  du  même  séjour,  il  devient  encore  officier  du 
Ministère  Public  près  le  tribunal  de  première  instance  du 
Bas-Congo,  le  19  août  1886,  et  receveur  des  droits  de  sortie, 
à  Banana,  le  2  décembre  1886. 

Le  15  décembre  1887,  Priem  reçoit  trois  blessures  à  la 
palabre  de  Cliiantété,  dans  l'exercice  de  ses  fonctions  de 
Ministère  public. 

Chef  du  bureau  des  postes,  à  Banana,  le  23  janvier  1888, 
il  devient  contrôleur  des  postes  et  des  droits  de  sortie 
intérimaire,  le  1  octobre  1888.  Rentre  en  Europe  le  1  jan- 
vier 1889. 

Priem  se  rend  ensuite  en  Perse  et  est  actuellement  adminis- 
trateur général  des  douanes  à  Téhéran. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service,  le  30  janvier  1889. 


BAUWENS,    GUSTAVE, 

né  à  Bruges,  le  3  mai  1858. 

Engagé  le  4  février  1886,  il  rentre  en  Europe,  le  20 
juillet  1886,  après  avoir  rempli  les  fonctions  de: 

Receveur  des  droits  de  sortie,  à  Boma,  le  27  mars  1886; 
chef  suppléant  du  bureau  des  postes,  à  Boma,  le  29  mars 
1886;  greffier-adjoint  près  le  tribunal  de  première  instance 
du  Bas-Conft'o. 


—  691    — 
ROM,     AUGUSTE.  THÉOPHILE,    LÉON. 

Scrg'cnl-major  :iu  ivgiincnt  dos  carabiniers.  Pai'l  i)oui 
lo  Coiif^o,  1(^  15  février  188G,  en  ([ualilé  d'ag"enl  (radininis- 
l  rai  ion  ti(^   troisième  classe. 

(La  notice  paraîtra   au  chapitre  Campagne  arabe). 


DHANIS,    FRANCIS.    ERNEST,   JOSEPH.    MARIE 

(BARON), 

Sous-lieutenant  au  8^  régiment  de  ligne.  Fait  partie  de 
l'expédition  Becker  à  la  côte  orientale  d'Afrique  et  part 
pour   le  Congo  en  mars  1880. 

(La  notice  biographique,  avec  portraits,  figure  à  la  p.  53). 


CLOETENS,     LÉON,    PIERRE, 

né  à  Scbaerbeek,  le  18  novembre  1857. 

Part  le  15  mars  188G,  au  service  de  l'Etat,  en  qualité 
d'agent  d'administration  de  troisième  classe. 

Séjourne  trois  années  à  Léopoldville 

Retourne  en  Afrique  le  6  mars  1890,  comme  chef  de 
district  commercial  de  la  Société  anonyme  belge  pour  le 
commerce  du  Haut-Congo,  avec  le  directeur-adjoint  Camille 
Delcommune. 

Dirige  la  station  principale  de  la  Société  du  Haut-Congo 
à  Kinshasa  et,  en  1892,  à  bord  du  steamer  Clémentine,  va 
fonder  des  factoreries  dans  le  Kasaï  et  le  Sankuru.  Visite 
le  lac  Léopold  II,  établit  une  factorerie  dans  un  village 
important  nommé  Inongo,  sur  la  côte  Est,  reste  près  d'un 


—  692  - 

mois  sur  les  bords  du  lacet,  le  8  mai  1892,  continue  son 
itinéraiœ  et  remonte  la  rivière  Lukenie-Ikata  loi^que  quel- 
ques jours  plus  tard  (12  mai)  une  flèche  lui  traverse  la 
poitrine  de  part  en  part  au  moment  où  il  arrivait  à  un 
groupe  de  villages  du  nom  de  Bakolaï. 

De  Meuse,  passager  à  bord  du  steamer,  assume  le  com- 
mandement du^  navire  et  les  voyageurs  arrivent  à  Kins- 
hasa le  17  mai. 

Gloetens  guérit  et  revient  en  Europe  le  19  août  1892. 

Il  va  reprendre  en  Afrique  ses  anciennes  fonctions,  du  6 
juillet  1893  jusqu'au  9  juillet  1895. 

Fait  encore  au  Congo  un  séjour  pour  compte  d'une  autre 
société  et  y  meurt. 

Gloetens  était  décoré  de  FEtoile  de  service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 
—  Mouvement  Géographique,  24  juillet  1S92. 


ROGET,  LÉON. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major.    Part  pour  le  Congo  le 

16  avril  1880,  comme   commandant  de  la   force  publique. 

(La  notice  biographique,  avec  portrait,  figure  à  la  p.  470). 


LINDEN^  AUGUSTE,  CHARLES,  JOSEPH, 

né  a  Luxembourg,  en   1849;  Jcoede  en  lS9o. 

Ancien  officier  du  régiment  des  grenadiei's. 

Se  rend  au  Congo,  le  17  avril  1880.  chargé  d'une  mission 
botanique,  organisée  par  M.  Edouard  Ollet,  industriel  et 
sénateur. 

L'expédition  se  livre  dans  le  Bas-Congo  à  des  recherches 


DE  MEUSE,  Fernand. 


Cliché  ,1e  l'ouvrage  de  Capaux.  U  Congo  histonqae,  diplomatique. 


()<):i 


ardues,  puis  i)c'mi(M,i'(^  daus  U'  Mayunil)(\  Ai'ri\(''  à  L(>aii;ja, 
Liiideu  ()i'iiaiiis(^  uik*  caravanf^.  cl,  se  dii'i<i('  vers  le  SlaiiU'V- 
Pool  par  la  \aIl('M»  du  lûtuilou-Niari,  parcouiaie  aid/'rieu- 
reinonl   par   IIa!iss(M]s,   Le.i^'al   el   IIussou. 

Malliourousonieul,  au  cours  do  ce  LrajoL,  uno  épidémie 
de  i)(^lil(^  vérole  (U'cinie  k^s  l'an.i^'s  des  porteurs;  h^s  hom- 
uies  valiilcs,  [)ris  de  i)anl([uc,  déscrLenl. 

Dans  ces  conjonctures  Linden  so  voit  coiiLi'ainl  do  retoui'- 
ncr  à  son  point  do  départ  et  co  n'est  qu'au  i)ri>c  d(i  mille 
dillicultés  qu'il  [)arviont  à  sauver  les  remarquables  collec- 
tions réunies  pendant   le  voyage. 

Lind(Mi   s'embarque  pour  rEuroi)e  à   la    (in   de  188G 


DE     MEUSE,    FERNAND,     ALEXANDRE,    ROBERT. 

né  à  Verviers,  le  23  septembre  1803. 

Part,  le  17  avril  188G,  i)our  le  Congo  en  qualité  de  pré- 
parateur en  sciences  naturelles  attacbé  à  l'expédition  Linden, 
expédition  qui,  après  avoir  relevé  la  faune  et  la  flore  du 
I^as-Gongo,  se  dirige  à  travers  les  forets  du  Mayumbe  vers 
Loango,  où  elle  complète  sa  caravane  et  remonte  vers  le 
Pool  par  la  vallée  du  Kouilou-Niari  (Congo-Français).  Par 
suite  de  la  désertion  de  nombreux  porteurs,  provoquée  par 
une  épidémie  de  variole,  la  mission  revient  à  la  côte  et 
rentre  en  Europe,  en  décembre,  rapportant  ample  moisson 
d'orcbidées,  de  clichés  photographiques  et  de  collections 
diverses. 

A  peine  rentré  de  trois  mois,  De  Meuse  repart  pour  l'Afrique 
le  17  avril  1887,  en  qualité  de  second  d'Alexandre  Del- 
communo.  Cette  mission  a  pour  but  de  reconnaître  tout  le 
bassin  du  Haut-Congo  au  point  de  vue  de  ses  voies  navi- 
gables, de  sa  poi)ulalion,  d'étudier  la  valeur  des  produits 
commerciaux  et  miniers  et  aussi  de  rechercher  les  points 


-   094    - 

favoral)les   à    rétablissement    de    comptoirs   commerciaux. 

A  bord  du  Roi  des  Belges,  steamer  démontable,  qu'elle 
mît  neuf  mois  à  transporter  à  dos  d'hommes  à  travers  la 
région  des  cataractes,  l'expédition  complètement  équipée 
quitte  le  Stanley-Pool  le  21  mars  1888;  visite  successive- 
ment le  Fini,  le  lac  Léopold  II,  la  Lukenie,  la  Lulua,  le 
Sankuru,  le  Rivango,  la  Djuma,  le  Lubcfu,  affluents  et  sous 
affluents  du  Kasaï;  explore  le  lac  Tumba,  le  Ruki,  la 
Lulonga,  la  Busira,  le  Lomami;  visite  les  Falls;  reconnaît 
l'Aruwimi,  l'itimbiri,  la  Mongala,  l'Ubangi,  remonte  l'Alima, 
la  Sanglia,la  Likuala  aux  Herbes  et  le  Fini,  toutes  ces  rivières 
jusqu'aux  points  extrêmes  de  la  navigation. 

Fin  mars  1889,  l'expédition  rentre  au  Pool,  rapportant 
d'amples  renseignements  commerciaux,  échantillons  de  tous 
produits,  divers  herbiers,  devant  enrichir  la  science  d'espèces 
nouvelles,  et  plusieurs  centaines  de  clichés  photographiques, 
qui,  après  agrandissement  par  le  ])hotographe  Alexandre 
de  Bruxelles,  furent  l'objet  d'une  belle  exposition,  révélant 
pour  la  première  fois  au  public  la  beauté  et  la  richesse 
du  Congo. 

Six  mois  après  son  retour,  le  6  août  1890,  De  Meuse 
repart  une  troisième  fois  pour  le  continent  noir  pour  compte 
de  sociétés  commerciales  et  parcourt  la  partie  Nord-Est 
du  Congo  portugais.  11  entreprend  ensuite  en  pirogue  la 
circumnavigation  du  lac  Léopold  II,  visitant  avec  une 
poignée  d'hommes  toutes  les  populations  anthropophages 
des  rives  du  lac.  Devant  ramener  Cloetens,  dangereusement 
blessé  d'une  flèche  au  travers  de  la  poitrine,  il  est  forcé 
d'interrompre  son  voj^age. 

En  octobre  1892,  accompagné  de  Molum,  officier  de  la 
marine  américaine.  De  Meuse  entreprend  une  nouvelle  expé- 
dition pour  atteindre  les  fourrés  de  la  Lukenie,  qu'il  remonte 
et  relève  jusqu'au  23''  40'  de  longitude.  Au  cours  de  cette 
expédition,  il  ravitaille  et  dégage  la  factorerie  d'Inongo, 
assiégée  par  les  M'Pamza  ;  De  Meuse  est  reçu  par  des  pro- 


I 


~  non  — 

vociilions  cl  ;illn((ii('\  in.'iis  son  ;illi(ii(l(^.  (mi  iiiijK)SO  o(.  les 
M'P:iiii/;i  nccoplenl.  sc^s  coiidilioiis  de  pitix. 

1)('  M(MiS(^  r(>iili'(»  (Ml  I^iir()|)(^  (Ml  s(,;|)toinl)r(»  1«S9'{,  ;i|)ivs 
une   S('M'io  do  i'(H'()iiii;nss;i!i(*(\s. 

Jmi  181)1,  Do  M(Miso  (\sL  cli;ir^('^  do  la  dir(M:li()ii  du  con- 
ling-onl  dos  lriJ)us  aiVicainc^s,  à  roxi)osiLion  d'Aiivors  ot 
reçoit  les  médailkis  d'or  et  d'ar^j^ent  [)oiir  ses  diverses 
collections  aux  expositions  do  Bruxelles  et  d'Anvers. 

A  la  suite  de  ses  diff(3rentes  causeries  et  conférences,  il 
est  nommé  membre  honoraire  de  la  Société  royale  d'Anthro- 
pologie. 

Ses  connaissances  spéciales  en  matière  de  sciences  natu- 
relles lui  ont  permis  d'enrichir  le  domaine  scientifique,  et 
])ar  ses  nombreuses  observations  il  a  facilité  la  tâche  des 
ethnologues  qui  décrivent  l'histoire  des  races  congolaises. 

De  Meuse  est  officier  de  l'Ordre  de  la  Rédemption  africaine, 
de  l'Ordre  du  Nichan-el-Anouar  et  de  celui  de  l'Etat  de 
Colomhie. 

PUBLICATIONS: 

—  Exploration  du  lac  Léopold  II  (Mouvement  gêo<ira[)hiquG.   1892,   p.  113, 

et  1803,    p.  2). 

—  Exploration  de  la  Lukenye.    (Mouvement  "éographique,  1893,  p   24). 

—  Présentation  de  trois  crânes  et  dhtne  iêfe  momifiée  provenant  de  I  Afrique 

centrale.   (Bulletin  de  la  Société  d'Anthropologie  de  Bruxelles,  N'Ill, 
1889-1890,  p.  238). 

—  Exhibition   de  collections   ethnographiques    du   Congo.     (Bulletin   de   la 

Société  d'Anthropolooic   de  Bruxelles,   t.  VIII,    1889-1890,  p.  118). 

—  Catalogue  de  l'exposition  de  photographies   représentant   des  vues  et  des 

types  du   Congo.  (Publication   de  la   Compagnie  du  Congo  pour  le 

commerce  et  l'industrie,  1  br  in- 8",  Bruxelles,  Weissenbruch,  1890). 

—    Li  pêche   en  Afrique    et   les  différents    moyens  de  capture.   (Pèche    et 

pisciculture,  organe    de   la  Société    centrale   pour    la  pèche   fluviale, 

mars  1894,  pp.   244-249). 

—  De  la  condition  de  la  femme.   (Congo  illustré,    1894,  ]>.  33). 

—  Mission  Mohun,   De  Meuse,  Thierry  et   Rollin    La  région  au  Sud  du 

coude  du    Congo,  les   lacs   Léopold   II  et  Matumba.    (Mouvement 
géographique,  1893-1894,  p.  91). 


—  69()   - 
RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Cfiapaux.  Le  Coiign  historique,  diplomatique,  p.  7-10. 
Mouvement  géographique,   1892,  p.  114,  et   LS93,    pp.  24  et  94. 


DE  STEIN  D'ALTENSTEIN, 

ARMAND,  MARIE,  GHISLAIN,  ISIDORE.  EUGÈNE  (baron). 

né  à  Ixelles,  le  80  octobre  185G. 

Lieuteniint  au  1^'  reg'iment  de  lanciers,  part  pour  le  Gong-o 
le  17  avril  188G. 

Arrivé  à  Borna  le  30  mai,  il  est  aussitôt  désigné  pour 
commander  la  station  de  Stanley-Falls  et  se  met  en  route 
le  1  juin. 

S'étant  arrêté  à  Léopoldville,  il  est  détaché  le  2  août  à 
Kinshasa  et  s'embarque  avec  Van  Gèle,  le  18  septembre, 
pour  les  Falls.  Arrivé  à  la  station  de  Bangala,  il  y  apprend 
la  prise  des  Falls  par  les  Arabes. 

Investi  du  commandement  de  la  force  publique  à  Bangala, 
de  Stein  y  établit  les  premières  rizières. 

Le  22  février  1887,  mandé  à  Léopoldville,  il  y  trouve 
un  ordre  du  gouverneur  général,  daté  du  5  décembre  188(), 
lui  enjoignant  de  se  rendre  à  Luluabourg. 

Le  28  avril,  de  Stein  reçoit  du  comité  exécutif  l'ordre 
de  rejoindre  l'expédition  Van  Gèle  sur  l'Ubangi. 

Eu  l'absence  de  bateau  disponible,  de  Stein  s'occupe  à 
Léopoldville  de  l'organisation  de  la  F.  P.  et  des  cultures, 
puis  il  conduit  à  Matadi  un  transport  de  cent  dix-huit 
Bangala  destinés  à  la  Y.   P. 

Arrivé  à  Boma,  le  gouverneur  général  lui  donne  à  nou- 
veau l'ordre  de  se  rendre  à  Luluabourg.  De  Stein  reprend 
donc  à  marches  forcées  la  route  d(^s  caravanes. 

Atteint  de  fièvre  bilieuse   hématurique    à  son  arrivée  à 


—  01)7  — 

L(M)|K)l(ivill(%  (!('  Sifiii  doit  rciiIrcM'  en  r]ur()|)o,  le  15  iiovcin- 
l)iv  1887. 

Il  (»sL  acluelk^inent  colond  coniniiiiKliiiit  U)  r  iv^nnionl 
(1(^  clinsscMii's  i\  cIk^'iiI. 

(IhovîiIicM-  (l(^  rOnliTî  (!('.  Lc^opokl  oL  dôconi  de  la  (^roix 
luililairo  do  première  classe. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Mouvement  géographique,   LS-ST,  p.  \\) . 


HENS,    FRANS. 

né  à  Anvers,  le  1  août  1856. 

Artiste-peintre. 

Il  part  pour  le  Congo  le  17  avril  1886,  à  bord  du  San 
Thome. 

Au  cours  des  quelques  mois  (|u'il  passe  dans  le  Bas-Congo, 
Hens  visite  Borna,  Matadi,  Vivi  et  Isangila;  il  parcourt, 
observe  et  étudie  en  détail  les  îles  de  l'estuaire  du  fleuve: 
Mateba,   Bolikoko,  etc. 

A  son  retour  en  Europe,  en  mars  1887,  Hens  expose  à 
Anvers,  à  la  salle  Verlat,  une  collection  de  vues  et  dessins 
se  rapportant  à  ce  voyage. 

Le  second  séjour  de  Hens  au  Congo  est  plus  impor- 
tant et  de  plus  longue  durée. 

Hens  se  rend  en  Afrique  au  mois  d'août  1887,  avec  le 
capitaine  L.  Van  de  Velde,  chargé  d'aller  reoccuper  la 
station   des  Falls  détruite  par  les  Arabes. 

Malheureusement  Van  de  Velde,  à  peine  arrivé  à  Léopold- 
ville,  meurt  et  Hens  est  alors  abandonné  à  ses  propres 
ressources.  Tout  en  prenant  de  nombreux  croquis  de  pay- 
sages, il  continue  à  herboriser  successivement  à  Kinshasa, 
Kwamouth,  Bolobo,    Equateur,   Lukolela,  Lulanga  et  par- 


—  (398  — 

vient  à  atteindre  Hangala.  Il  accompagne  Hodister  dans 
sa  première  reconnaissance  de  la  Mongala,  jusqu'alors  inex- 
plorée. 

De  ce  voyage,  liens  rapporte  en  Belgicpie,  d(kembre 
1888,  une  collection  nombreuse  de  dessins  et  de  peintures 
([ui  furent  exposés  en  1889  à  Bruxelles,  au  Cercle  Artis- 
tique, et  en  1890,  à  Anvers. 

Il  réunit  également  un  nombre  considérable  de  plantes 
([ui  ont  été  étudiées  et  décrites  dans  les  Annales  du  Musée 
du  Congo  et  principalement  dans  le  livre:  Etude  sur  la 
flore  de  VEtai  Indépendant  du  Congo,  par  Th.  Durand  et 
Hans  Schinz  (').  Plusieurs  plantes  nouvelles  pour  la  science, 
ont  été  appelées  du  nom  de   leur  inventeur. 

liens  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold. 


LE  CLÉMENT  de  SAINT-MARCQ. 

PHILIPPE,   MAURICE,   GUSTAVE    (chevalier). 

Sous-lieutenant  au  3^  régiment  de  lanciers,  part  pour 
le  Congo,  le  15  juillet  1880,  en  qualité  d'adjoint  au  com- 
missaire de  district  de  Lukungu.  Au  moment  de  son  décès, 
survenu  à  Woluwe,  le  17  janvier  1907,  Le  Clément  de 
Saint-Marcq  était  attaché  à  la  direction  générale  de  la 
Compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo  supérieur  aux 
Grands  lacs  africains. 

(La    notice    biographique    et    le   portrait    figurent    a    la 

page  335). 


(1)  Bruxelles,   lOOG. 


-    000    - 
DAENEN,     ADMAR,    MARCEL,    GUILLAUME, 

LieiitonanI  nu  1''  ri'iiiiiKMil.  de  li^ne,  pari  pour  U)  Com.lio, 
1(^  IT)  ;i()ùl  188()  eu  (pi;ilil(''  d'îHljoiul  i\  la  dircM'lion  des  Irans- 
j)()rls   à    l)()nia-Hiv(^ 

(I.a   u()lie(^  parailra  au  chapitre    (kimparjuc  tu-dhc). 


GUSTIN,    OSCAR,   ALEXIS,  MARIE, 

né  à  Gand,   le  21  uiai   1850. 

Docteur  en  droit  de  l'Université  de  Liéi»'e  (1881). 

Part  pour  le  Congo,  le  15  août  1886,  en  qualité  déjuge 
au  tribunal  de  première  instance  du  Bas-Congo,  avec  rési- 
dence à  Banana  et  est  nommé  en  décembre  de  la  même 
année,  directeur  de  la  justice  et  juge  d'appel  avec  résidence 
à  Banana.  Il  est  le  premier  titulaire  de  ces  hautes  fonctions. 

En  janvier  1887,  Gustin  est  chargé,  en  qualité  de  membre 
du  Comité  exécutif,  de  prendre  la  direction  du  gouverne- 
ment de  l'Etat,  conjointement  avec  le  major  Parminter, 
directeur  des  finances,  et  Valcke,  directeur  des  transports, 
pendant  l'absence  du  gouverneur  général  Janssen. 

Gustin  fonde  les  tribunaux  de  Lukungu  et  de  Léopoldville. 

Il  rentre  en  Belgique  en  décembre  1888,  et  ramène  avec 
lui  les  premiers  Congolais  et  notamment  le  jeune  Léopold 
Vidi,  filleul  du  Roi-Souverain,  qui  fut  élevé  et  éduquô  à 
rétablissement  de  Gyseghem  ('). 

Gustin,  dès  son  retour  au  pays,  se  consacre  à  la  propa- 
gande de  l'œuvre  antiesclavagiste  et  contribue  à  la  formation 
de  plusieurs  comités  locaux.  Il  donne  dans  ce  but  de  nom- 


(1)  Voir  Pascal  Dubois.  L EduccUion  des  Jeunes  Congolais  en  Belgique^ 
origines,  fondation^  marche  et  progrès  de  cette  œuvre.  in-S"  de  192  p.  Liège, 
Des.><ciiii   1893. 


•  —  700  — 

J) relises    ('oiilV'i'eiices    à    Verviors,     Lié^e,    lîrugcs,   Ypres, 
Bruxelles  cL  Louvain. 

Il  est  actuellement  juge  de  paix  à  Santlioven  et  décoré 
de  l'Etoile  de  service. 


REYTTER,   eugène,  François, 

né  à  Eeckeren,  le   28   iV'vrier  1860. 
Docteur  en   médecine  de  l'université  de  l>ruxelles. 
Fait  au  Congo  et  à  Zanzibar  un  premier  voyage  avec  le 
Braho, 

Se  rend  en  Ai'ri([ue  le  22  août  1886  avec  Husson,  à  bord 
de  ce  même  bateau  qui  atteint  Banana  le  10  septembre,  et 
Boma  le  lendemain,  réalisant  ainsi  le  projet  de  Husson 
de  faire  dépasser  par  un  navire  de  fort  tonnage  la  crique 
de  Banana. 

Le  docteur  Beytter  retourne  au  Congo  le  10  mars  1887 
comme  médecin  de  deuxième  classe  de  l'Etat,  pour  rem- 
placer à  Boma  le  docteur  Smith,  dont  le  terme  de  service 
était  expiré. 

Il  rentre  en  Europe  le  5  juin  1890  et  repart  une  troisième 

fois  le   10  avril  1891,   comme  médecin  de  première  classe, 

avec  sa  jeune   femme,  qui  va  s'installer  à  Boma  avec  son 

mari.   M'"''  Reytter  est  la  deuxième  femme  belge  qui  aille 

habiter  au  Congo,  suivant  en  cela  l'exemple  de  M"'^  Valcke. 

Leur  fils  le  jeune  Marcellin   Clara   Reytter  est  né  à  Boma 

le  22  juillet  1893. 

Le  docteur  Reytter  revient  en  Belgicjue  le  14  mai  1895. 

En  novembre  1895,  il  (fuitte  le  service  de  l'Etat  et  devient 

médecin  du   Roi  de  Siam,   fonctions  qu'il  occupe   encore 

actuellement. 

Reytter  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre 
ro3^al  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies 
et  de  nombreux  ordres  étrangers. 


—  701  — 
BAERT,   ALFRED, 

nr  ;i  nruxiîllcs,  h\  Jl  I'cn  l'ior  hSOIJ;  (k'cùdc;  à  Sli;!!)-^!!;!!,  lo 
2   so[)l(MiiI)i'e   1907. 

Sous-IioiilciKiiil  au  o''  r(''<^iinonL  do  li^;•|H^  parL  [)(>ur  lo 
C()ii*i(),  lo  2î)  soptoinl)!'!^  1880,  coiiimo  adjoint  au  dircclour 
di'  la    ma  ri  110  ol  dos  Iraiisporis. 

(iOniniando,  on  1887,  l'cscorlo  niiliiairo  (1(^.  l'oxpodition 
dos  ing'ôniours  do  la  Compa^-nio  du  Congo  ot  ost  ensuite 
d('sign('  pour  renii)lacor  Stoloman  on  qualito  de  résident 
à  la  station  dos  Falls. 

En  1888,  il  fait  partie  avec  lo  lieutenant  Hodson  et  l'adju- 
dant Hinck,  de  la  mission  chargée,  sous  la  conduite  de 
Van  Gèle,  de  rcoccuper  et  de  reconstruire  la  station  des 
Falls. 

Le  Mouvement  géogj^aphiqiœ  de  1888,  n"  22,  donne  la 
relation  de  la  dernière  partie  de  ce  voyage:  Baert,  accom- 
pagné de  Tippo-Tip,  se  rend  du  camp  d'Yambu^^a  au  village 
d'Yamgambi,  au  Sud,  sur  le  Congo.  Parfois,  les  voyageurs 
marchent  dans  l'eau  jusqu'à  la  ceinture  pendant  plus  d'une 
heure.  A  d'autres  moments,  il  s'agit  de  franchir  des  enchevê- 
trements de  troncs  d'arbres,  présentant  des  barrières  géantes, 
hautes  de  cinq  mètres.  Le  trajet  demande  quatre  jours 
do  neuf,  dix  et  mémo  onze  heures  do  marche.  Le  17  juin, 
à  Yamgambi,  le  Congo  est  atteint,  et  traversé  au  poste 
arabe  de  Yaforo.  Los  voyageurs  y  trouvent  le  steamer 
HoUand  de  la  Compagnie  hollandaise,  qui  les  mène  aux  Falls. 

A  la  fin  de  septembre  1888,  Baert  s'apprête  à  quitter 
la  station  des  Falls  avec  Tippo-Tip,  lorsqu'il  est  atteint 
par  les  fièvres.  Accompagné  de  Hinck,  il  se  dirige  vers 
Bangala,  dans  la  baleinière  de  la  station,  et  est  ramoné 
à  Léopoldville  à  bord  du  Stanley,  Il  rentre  on  Europe  le 
19  février  1889. 

Baert  s'embarque  à  Anvers,  le  2  juin  1902,  à  bord  du 
Kicmtchou,  en  destination  de  Shanghaï,  où,  le  8  décembre 


—  702  — 

suivant,  il  cntro  au  service  de  la  Gompag-nie  Impériale 
des  chemins  de  fer  chinois,  ligne  de  Pékin  à  Hankow, 
en  qualité  d'adjoint  au  secrétaire  technique,  et  devient 
ensuite  agent  directeur  du   service  à  Shanghaï. 

Il  meurt  dans  cette  ville  le  2  septemhre   1907. 

Baert  était  capitaine  commandant  honoraire  d'infanterie 
pensionné. 

Il  était  le  frère  de  l'inspecteur  d'Etat  Ernest  Baert,  l'explo- 
rateur de  la  Mongala. 


LEGA,    GERMAIN, 

né  à  Anvers,  le  0  janvier   1863;    décédé  à  Banana,   le  30 
mars  1887. 

Engagé  le  6  novembre  1886,  en  qualité   de  vérificateur 
des  droits  de  sortie,  il  meurt  accidentellement  à  Banana. 


LEJEUNE,  CHARLES,   HENRI,   JOSEPH,  MARIE, 

né  à  Liège,  le  10  novembre  1860;  décédé  à  Matadi,  le  11 
novembre  1892. 

Maréchal  des  logis  au  2^  régiment  de  guides,  s'engage 
au  service  de  l'Etat  et  quitte  l'Europe  le  28  novembre  1886, 
en  qualité  d'agent  d'administration. 

Fait,  de  1886  à  1889,  un  premier  séjour  en  Afrique  dans 
le  Bas-Congo.  Pendant  ces  trois  années,  il  est  successivement 
adjoint  au  commissaire  de  district  de  Matadi,  attaché  à  la 
station  de  Lukungu,  où  il  s'occupe  spécialement  de  la  sur- 
veillance des  plantations,  et  adjoint  au  chef  de  la  station 
de  Vivi.  Il  est  également  chargé,  en  1889,  de  réorganiser 
la  station  d'Isangila  et  d'assurer  l'important  service  des 
transports  entre  ce  point  et  Manyanga. 


—  703  — 

Noiiiiik''  commis   do   pri^mière  classe  on  ()cU)bi"(î  ISSS. 

l\(Milr(^   cil    lùiropc  cil  dcccmbre  1889. 

\a'  Il  tV'\  i-icr  1891,  s'cnil)ar(iu(î  pour  Maladi.  comme  a^ent 
(!(*  la  SocuMc  anonyme  hcli^ci  pour  1(3  commerce  du  Haul- 
(long'o  et  est  cliarg'é,  clans  la  n-gion  des  cataractes,  des 
transports  (pi'il  avait  org'anis('S  jadis  jiour  le  com[)le  de 
ri^tat.    11   meurt  le   11  novembre   1892. 

11  était  d('coré  de  TEtoile  de  service. 

PUBLICATIONS  : 

—  Les    Tombes.    (C(>nL>o   illustré,   181)4,  p.   4). 

—  Les  Likimbas.  (Coiigo   illustré,  1894,  pp.  .')'J-()1). 

—  Mouvement  géographique,  décembre  18112. 


VAN  DER  STRAETEN,  CAMILLE. 

Missionnaire  des  Pères  Blancs  d'Afrique. 

Part  poii-r  le  Congo,   par  la  côte  orientale,  en  1880. 

(La  notice  paraîtra   au  chapitre:  Missionnaires). 


LIPPENS,    JOSEPH,    FRANÇOIS, 

Lieutenant  au  régiment  du  train. 

Part  pour  le  Congo,  le  2  février  1887,  en   ({ualité  d'ad- 
joint aux  transports. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Campagne  arabe). 


—  TOI  — 

VLEMINCKX,  FRÉDÉRIC. 

lie  à  Schaerbeek,  lo  18  octobre  18G2;  décède  à  Banana, 
le  5  janvier  1898. 

G(k)môtre.  Part  pour  le  Congo  le  2   février  1887. 

Remplit  les  fonctions  d'adjoint  au  percepteur  des  postes, 
à  Banana,  le  23  mars  1887;  de  chef  suppléant  au  bureau 
des  postes,  à  Banana,  le  13  juin  1887;  de  vérificateur  des 
droits  de  sortie,  à  Banana,  le  13  juin  1887;  de  greffier 
suppléant  du  Ministère  public  de  première  instance,  le 
14  décembre  1887;  de  chef  du  bureau  des  postes,  à  Banana, 
le  13  juillet  1888  et  d'officier  de  l'état-civil,  le  4  août  1888. 
\'leminckx  rentre  en  Belgique  le  2  mars   1890. 

Il  fait  encore  trois  autres  séjours  au  Congo:  du  18  juillet 
1890  au  1  septembre  1891  ;  du  23  janvier  1892  au  24  janvier 
1894  et  du  0  décembre  1894  au  5  janvier  1898,  comme  receveur 
des  impôts,  à  Banana,  fonctions  auxquelles  il  a  été  nommé 
le  30  juin    1890. 

Il  meurt  à  Banana,   le  5  janvier  1898. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


\A/ARLOMONT,  CHARLES.   LÉON.  WILHELM. 

né  à  Bruxelles  le  18  novembre  1857;  décédé  à  Boma,  le 
2  février  1888. 

Lieutenant  au  régiment  des  grenadiers. 

Part  pour  le  Congo,  le  2  février  1887,  en  qualité  d'agent 
du  département  de  l'intérieur. 

Arrivé  à  Boma,  il  est  d'abord  attaché  au  secrétariat  général, 
puis  envoyé  comme  adjoint  à  la  station  de  Lukungu.  Il  est 
rappelé  à  Boma,  pour  y  aider  le  lieutenant  Roget  dans  l'or- 
ganisation de  la  F.  P.,  et  y  meurt  le  2  février  1888,  frappé 
d'une  congestion  cérébrale,  suite  d'insolation. 

Il  était  capitaine  en  second  de  la  F.  P.  et  lieutenant  au 
répriment  des  grenadiers. 


—  705   - 

PUBLICATION  : 

Corrc^potidduce,  d'Afrique^  ouvrage;   postlnuiic  avoc  mu*  pr/'C-ifc  (K;  Max 
WalI.M",  iii-12".   11:?  pp.   Hnixiîlhïs,  Moiiiioin,   1S88. 


PATERNOTTE,  jean,  henri. 

né  à  Molenbeek,  lo  7  juin    185G. 

Docteur  en  médecine  de  l'Université  libre  de  P>ruxelles, 
le  9  mars  1882;  ancien  interne  des  lio[)itaux  de  Hruxelles, 
médecin  chirurgien-adjoint  de  l'hôpital  de  Moleid)eek,  etc., 
etc.  ;  médecin  à  bord  des  paquebots  d'Anvers  à  New-^'ork 
(1881);  d'Anvers  au  Brésil  et  à  La  Plata  (1882);  d'Amsterdam 
aux  Indes  néerlandaises  (1883);  et  de  Rotterdam  aux  Indes 
néerlandaises  (1880). 

Part  pour  le  Congo,  le  2  février  1887,  en  rjualite  de  médecin 
de  l'Etat.  Séjourne  à  Léopoldville  et  assure  le  service  mé- 
dical au  poste  français  de  Brazzaville,  alors  sans  titulaire. 

Rentre  en  Belgique,   le   13  février  1889. 

Il  repart  pour  le  Congo  comme  médecin  préposé  au  recru- 
tement des  travailleurs  à  Bena-Kamba  (Lomami),  mais  l'état 
de  guerre  avec  les  Arabes  empoche  cette  mission  de  s'accom- 
plir et  Paternotte  se  charge  du  service  médical  des  Stan- 
ley-Falls,  du  27  décembre  1892  au  2  juillet   1893. 

Il  revient  en  Belgique,   le  17  octobre   1893. 

Le  D*"  Paternotte  a  accompli  de  nombreux  voyages  en 
Espagne,  Portugal,  Maroc,  Egypte,  S^Tie  et  Palestine,  Grèce 
et  Itahe. 


—   700  — 
BAERTS,    ARTHUR. 

116  à   Sainl-Trond,    le  in  juillet  1850. 

Docteur  en   droit. 

Part  pour  h)  Gon^'O,  le  2  lévrier  1887.  Ju<^e  au  tribu- 
nal de  première  instance  à  Banana,  du  28  février  1887 
au  9  mai  1889;  nommé  procureur  d'Etat  à  Boma,  le  9  mai 
1889;  directeur  intérimaire  de  la  justice  en  1890.  Etudie 
l'organisation  politique  et  juridique  des  peuplades  du  Bas- 
Congo. 

A  son  retour  en  Europe,  il  est  nommé  directeur  à 
l'administration  centrale;  puis  chef  de  cabinet  du  secrétaire 
d'Etat.  Il  est  directeur  général  depuis  le  29  décembre  1904. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  royal  du 
Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies,  officier 
de  la  Légion  d'Honneur,  commandeur  de  l'Etoile  noire  du 
Bénin  et  de  la  Rédemption  africaine,  chevalier  de  Saint- 
Grégoire-le-Grand,  officier  de  la  Couronne  d'Italie. 

PUBLICATION: 

—  Organisatio)i  politique,  civile  et  pénale  de  la  tribu  des  Mnusnuronghes. 

(Publication  do  TE.  I.  C,  1  br.  in-S"    et    Bulletin    de    la    Société 
royale  belj^e  de  Géographie.  1890,  pp.   137-L54). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Mouvement  géographique,  1890,  p.  42, 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  G 14-649. 


BAERTS,    Arthur. 


—   707  — 
PONTHIER,     PIERRE.    JOSEPH. 

Sous-licMiloiuinl  ;ni  i:i''  i'(''^iiiioiil  (l(^  Wisuc 
Viwl  poni"  lo  Coii^x),  le  15  murs  ISST,  coiiiiiio  iilUiclu'  ;iu 
S(M'\  i('('  loi)()«^i';i|)irKlU(^ 

(La   nolic'o   pai'ailrn   au  chai)ili"o:   C(hhj)ii(J}ii'  (irahe). 


BIA,  LUCIEN,  MATHIEU.  JOSEPH. 

Lieutenant  au  2*"  réf>'inient  de  guides. 
Part  pour  le  Congo,  le  15  mars  1887,  comme  attaché  au 
service  lopograpliique. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Occupation  du  Kcilangci). 


BUYENS,    EUGÈNE.    ERNEST, 

né  à  Gand,  le  27  mars  1851. 

Agronome.  Fait  un  séjour  de  quinze  années  aux  Indes 
néerlandaises,  pour  y  étudier  les  plantations  de  riz  et  de 
cale. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  mars  1887,  au  service  de  l'Etat, 
pour  diriger  des  essais  de  plantations  dans  le  Bas-Congo, 

Réside  au  poste  de  Lukungu  et  s'3^  occupe  de  cultures, 
notamment  de  celle  du  manioc. 


VAN  MONTFORT,  g.,  h.,  j.. 

Sergent  au  2°  régiment  de  chasseurs  à  pied. 

Part  pour  le  Congo,  le  19  mars  1887,  comme  économe. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opércitions  dans  le  Nord). 


■08  — 


JACQUET,  A.  G.,  j.. 

Maréchal  dos  lo^^is  du   -1^  réf^imenl  d'arl.illorio. 
Pari  pour  le   Gon^o,   le   10   mars  1SS7. 
(La  notice  sera  ])u])li6e  au  chapitre:   Opéralions  dans  le 
Nord). 


HERINCX,    JEAN,    ÉGIDE.    LOUIS, 

ne  à  Anvers,   le  30  novemhre  ISOO. 

Part,  le  19  mars  1887,  en  qualité  de  représentant  de  la 
maison  Walford  et  Q'',  d'Anvers,  à  hord  du  Brabo,  et 
arrive  à    Banana   le  1  mai. 

Hentre  en    Belgique,   le  7   mars  1888. 

Se  rend  à  Siccia  (Mataha)  le  24  avril  1888  et  rentre  en 
Europe  [)ar  le  vapeur  Lf/s,e\)  faisant  escale  àLairos,  Gotonou, 
Sierra  Leone,  Ténériffe,  et  déharque  à  Marseille  le  25  août 
1888. 


GOETGELUCK,  léon.  jean.  joseph,  marie, 

né  à  Gand,  le  7  décemhre   1862. 

Part,  le  19  mars  1887,  comme  agent  d'administration  de 
troisième  classe. 

Repart,  le  7  juillet  1890,  comme  agent  de  la  Société  du 
Ilaut-Gongo  et  rentre  pour  cause  de  maladie,  le  15  sep- 
teml)re  1891. 

Retourne  en  Afrique,  le  6  mars  1897,  comme  sous-inten- 
dant de  première  classe,  avec  le  nègre  Malolo,  ancien  hoy 
de  son  frère,  qu'il  avait  emmené  en  Europe  ])our  recon- 
naître les  soins  rendus  par  le  noir  à  son  maître  mourant. 

Revient  en   Belgi(fue,  le   17  mars  1900. 

f 


li 


—  TOO  — 

11  l'iiil.  un  nouveau  S(''j()Ui' ;iu  (]()n^o,  à  pai'lirdu  1<S  jnill<'L 
1<)01,  au  scM'vice  do  rKlal. 

Cioetgehick  est  acUielleinent  directeur,  (mi  Ain('ri(jue,  de 
la   Congo  Anivrircin  Coïnpantj. 


WATRIN,  OSCAR. 

né  à  Liège,  le  20  mars  1859. 

Ingénieur  lionoraire  des  mines,  arts  et  manufactures 
de  l'Université  de  Liège  (1882).  Ancien  chef  de  section  aux 
travaux  des  eaux  de  Santander  (Espagne);  directeur  des 
•travaux  de  canalisation  d'eau  à   Hremerhaven. 

Se  rend  au  Congo,  le  G  avril  1887,  pour  compte  de  la 
Société  des  conduites  d'eau  des  Vennes,  dans  le  but  d'in- 
staller des  conduites  d'eau  à  Saint-Paul  de  Loanda. 

Séjourne  quelque  temps  à  Banana.  Rentre  le  4  août  1888. 

Il  occupe  ensuite  les  fonctions  de  directeur  des  travaux 
de  canalisation  du  gaz  de  Stamboul  (Constantinople);  direc- 
teur des  travaux  de  distribution  d'eau  de  Pliilippopoli  (Bul- 
garie); directeur  des  travaux  de  distribution  d'eau  de  Salonique 
(Turquie)  Il  étudie  les  travaux  de  canalisation  d'eau  de 
Smyrne.  Entrepreneur  du  nouveau  palais  de  justice  de 
Verviers  et  des  nouvelles  installations  maritimes  d'Ostende 
et  de  leurs  dépendances,  de  1898  à   1907. 

Il  est  actuellement  entrepreneur  de  travaux  publics  et 
administrateur  de  sociétés. 

Watrin  est  chevalier  de  l'Ordre  militaire  du  Christ  du 
Portugal  et  officier  de  l'Ordre  militaire  de  Saint-Alexandre 
(Bulgarie). 

PUBLICATION: 

—  Note  sur  l'extécution  des   travaux  des  nouvelles  installations    maritimts 
d'Ostende.  (Revue  des  mines,  janvier  1900). 


—  710  — 
BISSCHOPS,    GEORGES.  GUILLAUME.  CHARLES. 

né  à  Schelle,   ]c   22  avril    185:3. 

Lieutenant    au  réi^^iment    des   carabiniers. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  en  qualité  d'adjoint 
à  la  brigade  topographique. 

Séjourne  à  Léopoldville,  comme  adjoint  au  commissaire 
de  district. 

Rentre  en  Europe,   le  14   février  1889. 

Repart,  le  22  juillet  1893,  en  qualité  de  capitaine  com- 
mandant de  la  F.  P.  et  revient  en  Belgique  le  19  sep- 
tembre 1894. 

Lieutenant-colonel  au  G'^  régiment  de  ligne,  chevalier  de 
l'Ordre  de  L'H)pold,  décoré  de  la  Croix  militaire  de  première 
classe  et  de  l'Etoile  de  service. 


VAN    DE   VELDE,  Frédéric,  joseph.  henri. 

Capitaine  commandant  au  6^  régiment  d'artillerie,  adjoint 
d'Etat-Major. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  comme  secrétaire 
général  du  gouvernement  local  à  Boma. 

(La  notice  biographique  figure  à  la  pnge  487). 


ROMBERG,    EDMOND. 

ne  à  Schaerbeek,  le  2  janvier   18GG. 

Ancien  élève  de  l'Institut  sui)érieur  de  commerce  d'Anvers. 

Part  pour  le  Congo,  le- 8  mai  1887,  en  qualité  d'adjoint 
d'Alex.  Delcommune,  chef  de  l'expédition  de  la  Compagnie 
du  Congo  pour  le  commerce  et  l'industrie.  | 

Il  est  forcé  de  quitter  Léopoldville,  atteint  d'un  fort  engor- 


II 


—  711    - 

«4(Mii(Mil  (1(^  la  l'îito  (M.  r(Mili'(i  (Ml  lùii'opc,  le  2']  iioNoiiihro  1887. 

Il  nUouriH^  ail  (>)n^()  (mi  janvier  1881)  eL  wôn  iiiic  racL()i'(;ri(i 
J)cliie  à   IJoiiia. 

A  la  fin  (1(^  mai  1891),  il  prond  1(îs  premières  mesures 
pour  la  civaliou  de  la  Société  des  Plantations  de  la  Lukula 
dont  il  devient  administrateur. 

Rondjerg-  est  actuellement  directeur  d'assurances  à  Bru- 
xelles. 


TOBBACK,    NICOLAS,   ISIDORE, 

Sous-lieutenant  au  8'  régiment  de   ligne. 
Part  pour  le   Congo,  le  8  mai  1887,  comme  adjoint  aux 
transports. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Ccoupagne  arabe). 


HERNOTTE.  e.  j.. 

Sergent  au  8^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  comme  sous-officier 
de  la  F.   P. 

(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Opérations  dans  le 
Nord). 


BAUDOUIN,    LÉONARD,    PIERRE,  JOSEPH, 

né  à  Montegnée  (Liège),  le  29  juin  1801;  décédé  à  Boma, 
le  19  novembre   1898. 

Chaudronnier-monteur  aux  établissements  Cockerill,  à 
Seraing.  Réside  en  Espagne  et  à  Panama. 

S'embarque  pour  le  Congo,  le  8  mai   1887,  en  qualité  do 


—   712  — 

chaudronnier-monteur  de  la  (>)mpa^'nie  du  Con^o  pour 
le  commerce  et  l'industrie  et  réside  à  Kinshasa.  Triivailk». 
au  remonta<^e  du  steamer   Eoi  des  Belges. 

Repart,  le  1  février  1890,  en  qualité  de  chef-mécanicien 
monteur,  au  chantier  de  Kinshasa,  de  la  Société  belge  du 
H  a  ut- Congo. 

Son  3^  départ  date  du  G  août  1894.  Etant  au  service  de 
l'Elat,  il  monte  le  Baron  Dhanis  à  Ponthierville,  puis  se 
rend  dans  le   Kwango. 

Meurt  à  Boma,  durant  son  quatrième  séjour  au  Congo. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Congo  illustré,   189'2,  p.  G5. 


DE    LALAING,    ANTOINE,    MAXIMILIEN,  SIMON 

(COMTE). 

né  à  Bruxelles,  le  1  octobre   18GG. 

Se  rend  au  Congo,  le  8  mai  1887,  avec  son  frère,  le  comte 
Philippe,  en  qualité  d'adjoint  au  secrétariat  général;  mais 
dès  son  arrivée  à  Boma,  il  est  atteint  parles  fièvres  et  son 
séjour  de  trois  mois  en  Afrique  se  passe  à  lutter  contre  la 
maladie  qui   le  harcèle  Scins  trêve  ni  merci. 

Il  rentre  en  Europe  en   septembre  1887. 

Le  17  septembre  1888,  le  comte  A.  de  Lalaing  est  chargé 
d'une  mission  à  la  cote  occidentale  et  rejoint  son  frère  à 
Boma. 

Il  rentre  avec  lui  le  17  novembre  1888,  faisant  escale  à 
Madère. 


de  LALAIN6,  Philippe. 


i 


II 


-  713  — 

DE    LALAING,    PHILIPPE,  HAROLD.CAMILLE(coMTE), 

né  i\  nruxcllcs,  le  1    oclohro  18()(). 

S'oinbnrciue  pour  lo  Con^-o,  à  vin^L  :111s,  U)  8  in;ii  1887, 
à  bord  (lu  VhKtndcrcn,  avecla  Ijri^ade  d'in<^^oniours  charf»-es 
(\('  rc^lover  les  i)lans  el  do  faire  le  tracé  du  chemin  de  fer 
Matadi-Léopoldville,  avec  le  capitaine  commandant  Cambier, 
le  f^ouverneur  général  Janssen,  le  commandant  Van  de 
A'elde,  le  capitaine  Tbys  et  le  lieutenant  Jacques. 

Il  arrive  à  Boma  le  2  juin  1887.  Désigné  d'abord  pour  la 
brigade  topograpliique  du  Bas-Congo,  le  comte  de  Lalaing 
est  successivement  attaché  au  département  des  finances,  à 
celui  de  l'intérieur,  sous  les  ordres  du  capitaine  commandant 
Van  de  Velde,  puis,  enfin,  au  cabinet  du  gouverneur  général. 

Pendant  toute  la  durée  de  son  séjour,  le  comte  de  Lalaing 
remplit  les  fonctions  d'ofïîcier  de  l'état-civil  de  Boma. 

De  Lalaing  venait  d'être  désigné  pour  accompagner  le 
capitaine  commandant  Van  de  Velde  dans  le  Kwango  à  l'effet 
d'\^  fonder  de  nouvelles  stations,  lorsrju'il  est  frappé  d'in- 
solation au  cours  d'une  partie  de  chasse,  dans  les  environs 
de  Boma,  et  forcé  de  quitter  le  Congo  le  12  décembre  1888. 
Malgré  un  séjour  de  cinq  mois  à  Madère  pour  se  rétablir, 
il  ne  put  retourner  en   Afrique  centrale. 

Le  comte  de  Lalaing  rentre  en  Belgique,  le  15  mai  1889 
et,  quelques  mois  plus  tard,  se  dirige  vers  l'Afrique  australe 
pour  se  joindre  à  l'explorateur  français  L.  Dèclé,  chargé 
d'une  mission  scientifique  ayant  pour  but  d'étudier  l'anthro- 
pologie et  l'ethnologie  des  races  indigènes  entre  le  Cap  et 
le  Zambèze. 

De  Lalaing  part  du  Cap,  passe  par  Kimberley,  Vryburg, 
et  quitte  Mafeking  (Bechuanaland  britannique)  en  avril  1891, 
avec  un  chariot  boer,  deux  chevaux,  vingt-quatre  bœufs 
et  six  hommes  De  Gaberones,  de  Lalaing  se  porte  vers 
Mochudi  et  rejoint  Dècle  à  Palla. 

Les  voyageurs  suivent  ensuite  la  rivière  Crocodile  jusqu'à 


—  714  — 

sn  jonction  avec  la  Mn<>nla[)yo.  Traversant  cette  rivière,  ils 
s'arrêtent  à  Palapye,  sur  le  Lotsani,  capitale  de  Kliama,  roi 
des  liamangwato. 

De  là  ils  gagnent  Kasungula  sur  le  Zarnbèze,  le  pays 
des  Barotsé,  et  atteignent  les  chutes  du  Zarnbèze  (Victoria 
Falls).  A  l'exception,  peut  être,  de  l'explorateur  Delcoigne, 
de  Lalaing  n'a  été  précédé  par  aucun  Belge  dans  cette  der- 
nière région. 

Voici  en  quels  termes,  le  comte  de  Lalaing  relate  cet 
intéressant  voyage  (')  : 

«  Cette  année  fut  extraordinairement  sèche  (dans  ce  pays  les 
»  pluies  ne  sont  jamais  bien  abondantes).  Nombreux  furent  mes 
»  déboires  et  mes  aventures,  car  le  pays  que  j'avais  à  traverser 
»  était,  à  partir  de  Shoshong  totalement  dépourvu  d'eau  courante 
»  et,  de  plus,  à  peu  près  inhabité.  L'on  ne  trouve,  pour  se  désal- 
»  térer  que  des  mares  d'eau  croupie  ayant,  et  pour  cause,  un 
»  goût  d'acide  urique  très  prononcé  Encore,  est-on  bien  heureux 
»  d'en   trouver! 

»  Ainsi  eùmcs-nous  à  souffrir  terriblement  de  la  soif!  Après  la 
»  traversée  du  Kalahari  —  une  étape  que  je  n'oublierai  jamais  — 
»  je  me  trouvai  avoir  perdu  un  cheval  et  quatorze  bœufs,  morts  de 
»  soif.  De  plus,  deux  de  mes  hommes  m'avaient  abandonné  et  je 
»  n'ai  jamais   su   ce  qu'ils  étaient  devenus. 

»  Les  bœufs  qui  avaient  résisté  aux  souffrances  de  ces  terribles 
»  étapes  (trois  jours  et  quatre  nuits  sans  eau)  se  trouvaient  dans 
»  un  triste  état;  aussi,  arrivé  aux  étangs  de  Linokaun,  près  des 
»  lacs  salés  de  Makarikari,  je  décidai  de  laisser  mon  chariot  à 
»  la  garde  dii  deux  de  mes  indigènes  et  de  parcourir  «  pcdibus  » 
»  les  cinq  cents  kilomètres  qui  me  séparaient  encore  des  chutes 
»  du   Zarnbèze,  but  de   nron   voyage. 

»  Ici  conmienca  une  nouvelle  ère  de  difficultés.  Pour  mener  mon 

(1)  Lettre  du  comte  Philippe  de  Lalainj^  au  journal  Lt^  »Sû2r  de  Bruxelles: 
«  Les  fumées  toiuiautcs  «. 


1 


—  715  — 

>■>  [irojct    ;i    lionne   lin,    il   nie    liilhiit    ;in  moins  I  i'(»is    hèles  ilc  somme  ; 

»  le    jiavs    ('lanl,    connne    je»    j'iii    dit,     inli;il>il(',    nue    eei't;iine    (|ii;iii- 

»  litede  |ii'o\  isions  (''l;i  il   indispeiisalile.  Mes   bonis,  liahil  n(''s  ;'i  I  l'amer 

»  nn    lonnl   cliariot,   se   rernsaieni,  alisolnmenl    à  |»orler    (pioi   (pn;    ee 

»  soit.  iMilin,   /|e  pai'Niiis  à  les  dompter,  mais    pai-des   pror-f'-dc-s   (pie  la, 

»  So('i(>t('   proieelriec  des  animaux   irap[)r()nveniit  j^nère,   et,  un  liean 

»  matin,    ma    j)elile   expiMJition    put    s(>    mettre   en    route  avec  trois 

»  hoMifs   de  eliai'^'e  })ortant  (jueNpies   vivres,   deux  cents  cartouches, 

»  un  appareil  pliotojj:raphi(pi(%  et  un  [)etit  sac  de  lettres  dont  l'adminis- 

»  Irai  ion  des    [)ostes  m'avait  prié  de   me   charger  j)0ur  les  mission- 

»  naires    du  Zamhèze. 

»  Quatorze  jours  plus  tard,  dans  la  soirée  du   1  décembre  1801, 

»  date  inoubliable  pour  moi,  j'arrive  aux  chutes  du  Zambèze,  heu- 

»  reux,   plus  que  je  ne   puis  le   dire,   d'avoir    pu,  enfin,  réaliser  ce 

»  (jui  avait  toujours  été    le    rêve   de   mon   enfance. 

»  Mosi-Sa-Tounja,   que  de   fois  je    vous  ai   revues    en   rêve  !! 

«  Sauf  erreur,  je  crois  bien  être  le  premier  Belge  à  qui  il  ait  été 
»  donné  de  contempler  ce  prodigieux  spectacle.  Le  fameux  chasseur 
»  et  explorateur  Fred.  Selons,  un  des  premiers  qui  aient  visité 
»  les  Yictoria-Falls  après  leur  découverte  jiar  Livingstone,  ter- 
»  mine  par  ces  mots  la  remarquable  description  qu'il  en  a  faite 
»  dans  son  livre:  The  Huniers  Wanderings:  «C'est  le  plus  beau 
»  spectacle  qu'il  soit  possible  de  concevoir,  this  sidc  of  Paradise,  » 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Bulletin  de  la  Société  belge  de  Géographie,  1890,  p.  0(31. 


—  TIG  — 
JACQUES,    ALPHONSE,   JULES.  MARIE. 

Lieuleiiaiil  au  il'"  reyiment  de  ligne,  adjoiiil  d'Etat-Major. 

Part  pour  le  Congo  le  8  mai  1887,  en  qualité  d'adjoint 
au  dij-ecteur  des  transports. 

(La  notice  biographique,  avec  portrait,  est  publiée  à  la 
page  367). 


BOLLE,     ARTHUR,    JOSEPH.    GHISLAIN. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  en  qualité  de  géo- 
mètre du  cadastre. 

(La  notice  biograplii([ue,  avec  portrait,  est  publiée  à  la 
page  407). 


CAMBIER,    ERNEST.    FRANÇOIS, 

Capitaine  en  premier  au  S^  régiment  de  ligne,  adjoint 
d'Etat-Major;  chef  de  la  première  expédition  belge  à  la  côte 
orientale  d'Afrique  (1877)  et  agent  de  l'Association  Interna- 
tionale Africaine  à  Zanzibar  (1882-1884). 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887.  avec  la  commission 
d'études  pour  l'établissement  du  chemin  de  fer. 

(La  notice  biographique,  avec  portrait,  est  publiée  à  la 
page  192). 


TH  YS,     ALBERT-JEAN-BAPTISTE-JOSEPH, 

né  à  Dalliem,  le  28  novembre  1840. 

Suit  les  cours  de  l'école  primaire  de  la  commune  de  Bom- 
baye,  de  1857  à  1861. 

Lauréat  au  concours  cantonal  des  écoles  primaires  de  1860. 

Elève  de  l'école  moyenne  de  l'Etat  à  Visé,  de  1861  à  1865. 

Lauréat  aux  concours  généraux,  des  écoles  moyennes 
du  second  degré  en   1864  et  18(35. 

Engagé  volontaire  au  7^  régiment  de  ligne,  à  l'âge  de 
seize  ans,  il  est  admis  à  l'Ecole  militaire,  en  avril  1868, 
et  en  sort  en  1870  avec  le  n^  1  et  l'épaulette  de  sous- 
lieutenant  d'infanterie.  Est  chargé,  pendant  la  campagne 
de  1870,  de  reconnaissances  militaires  par  le  lieutenant- 
général  baron  Ghazal,    commandant  en  chef  de  l'armée. 

Deux  ans  plus  tard,  il  entre  à  l'école  de  guerre,  pour 
y  faire  ses  hautes  études  militaires  que  couronne  défini- 
tivement, en  1876,  le   brevet  d'adjoint  d'Etat-Major. 

En  1870,  il  est  détaché  auprès  de  l'adjudant-général  chef 
de  la  maison  militaire  du  roi  et  adjoint  au  secrétariat 
de  l'Association  internationale  africaine.  Il  est  promu 
lieutenant  la  même   année. 


—  718  — 

En  1878  surgit  l'événement  qui  va  être  le  point  de  départ 
de  la  liaute  fortune  de  Thys.  Stanley  vient  de  faire  la  pre- 
mière traversée  du  continent  noir  et  de  révolutionner  la 
géographie  africaine  par  la  découverte  du  cours  du  Congo, 
de  Nyangwe  à  Boma.  Sous  la  haute  initiative  de  S.  M. 
Léopold  II,  va  s'entamer,  au  prix  de  difficultés  innombra- 
bles, l'œuvre  immense  de  l'exploration  et  de  la  conquête 
de  l'Afrique  centrale. 

Le  roi,  ayant  exprimé  le  désir  de  connaître  un  jeune 
officier  de  valeur  pour  l'attacher  au  secrétariat  général  de 
l'Association  internationale  africaine,  le  général  baron  Jolly 
propose  au  choix  de  Sa  Majesté  le  lieutenant  Albert  Thys, 
dont  les  brillants  débuts  n'étaient  pas  restés  inaperçus. 

Thys  devient  ainsi  le  collaborateur  du  général  Strauch, 
président  du  Comité  d'études  du  haut  Congo,  et  prend 
une  part  active  à  la  préparation  et  à  l'organisation  des 
expéditions  Stanley,  Hanssens,  Coquilhat,  Van  Gèle,  von 
Wissmann,  ainsi  qu'à  la  fondation  de  l'Association  interna- 
tionale du  Congo,  c'est-à-dire  de  l'Etat  indépendant  lui-même, 
celui-ci  n'étant  que  la  transformation  politique  et  défini- 
tive de  cet  organisme. 

En  1879,  Thys,  capitaine  au  corps  d'Etat-major,  est  nommé 
officier  d'ordonnance  du  roi. 

Le  jeune  Etat  se  préparait  alors  à  entrer  dans  le  concert 
des  nations  et  allait  ouvrir  au  commerce  et  à  l'industrie 
le  riche  débouché  que  les  explorateurs  venaient  de  découvrir 
et  que  les  diplomates  s'occupaient  de  garantir  à  notre  pays. 

Un  obstacle  infranchissable,  pourtant,  semblait  devoir 
s'opposer  à  toute  mise  à  fruit  du  nouvel  Eldorado. 

A  la  fin  de  son  merveilleux  voyage  de  trois  années  de 
Bagamoyo  à  Boma  (1874  à  1877),  qui  révélait  la  véritable 
voie  de  pénétration  en  Afrique  centrale,  Stanley  avait  été 
arrêté,  dans  sa  descente  de  la  gigantesque  artère  fluviale, 
par  un  écueil  naturel  contre  lequel  semblaient  devoir  se 
briser  toutes  les  énergies  futures,   impatientes  d'arracher 


—  7J9  — 

s(»s  richesses  au  conliiuMil  iiiysl,('ii(Mix.  Cin([  mois  avaient 
('(('  nécessaires  pour  IVanchii-  la  succession  (l(is  cataractes, 
(|ui  sur  doux  ('(Mil  cinciuanlc  kilomètres  s('',[)ai'(ïnt  le  lV)ol 
(le  Matadi;  l'illustre  explorateur  avait  eu  à  vaincre  la  cok'ire 
(lu  lleuve,  torrent  furieux,  roulant  dans  un  lit  profond, 
traversant  des  ^or^^v-s  tortueuses,  lomhant,  (3cumant  de  ter- 
rasses en  terrasses. 

L'impression  de  Stanley  s'était  aussilcH  traduite  en  un 
mot  pittoresque:  «  Sans  chemin  de  fer,  le  Gong-o  ne  vaut 
pas  un  penny».  Ce  mot  fit  fortune,  il  créa  un   monde. 

Le  Gong'o  et  ses  tributaires  fournissent  dix-huit  mille 
kilomètres  de  routes  fluviales,  soit  trente-six  mille  kilo- 
mètres de  rives  propres  à  rembar(|uement  et  au  débar- 
quement de  marchandises. 

Or,  la  nature  avait  opposé  une  barrière  infranchissable 
à  la  pénétration  dans  ce  vaste  réseau;  l'homme  ne  devait-il 
pas  corriger  cette  erreur,  et  tenter  de  supprimer  l'obstacle 
qui  isolait  le  cours  supérieur  du  lleuve  de  son  tronçon 
maritime? 

La  première  pensée  fut  évidemment  d'examiner  si  la 
canalisation  du  fleuve  moyen  non  navigable  n'était  pas 
réalisable.  Cette  considération  devait  être  rejetée  dès  le 
début.  «  Sans  vouloir,  dit  Trouet,  émettre  l'opinion  qu'un 
pareil  travail  serait  au-dessus  des  forces  et  des  moyens 
dont  les  hommes  disposent  actuellement,  les  capitaux 
énormes  qu'une  telle  entreprise  eut  absorbés,  le  temps 
considérable  qu'on  aurait  dû  y  consacrer  et  les  difficultés 
devant  lesquelles  on  se  fût  trouvé,  devaient  la  faire  écarter.  » 

En  effet,  pour  atteindre  l'océan,  le  fleuve  qui  sert  d'exutoire 
aux  eaux  de  la  mer  intérieure  du  continent  central,  s'est 
creusé  un  passage  dans  la  série  de  montagnes  qui,  s'élevant 
en  gradins  d'allure  généralement  concentrique  à  partir  de  la 
région  côtière,  soutiennent  le  bassin  surélevé  de  cette 
ancienne  mer.  C'est  donc  au  travers  d'une  faille  gigantesque 


—  720  — 

que  les  eaux  du  haut  pays  sont  conduites  vers  l'Atlantique. 

A  cause  de  l'accès  fort  difficile  de  ses  bords  et  en 
l'absence  de  tout  moyen  pratique  d'en  effectuer  l'étude 
en  détail,  le  fleuve  moyen  n'était  qu'imparfaitement  connu 
sur  son  parcours  entre  le  Pool  et  Matadi.  On  savait  seu- 
lement que  la  largeur  de  son  cours  était  fort  variable: 
que  tandis  qu'à  certaines  places,  elle  ne  mesurait  que  quatre 
cents  mètres,  ailleurs  le  fleuve  étalait  des  nappes  de  mille 
à  deux  mille  mètres  et  même   davantage. 

La  vitesse  de  ses  eaux  était  partout  considérable,  notam- 
ment aux  chutes  les  plus  accentuées:  le  mugissement 
de  la  cataracte  d'Yelala,  par  exemple,  est  distinctement 
entendu  la  nuit  à  Matadi  et  à  Kenge,  qui  en  sont  distants 
respectivement  de  vingt  et  quinze  kilomètres  à  vol  d'oiseau. 
Quant  au  débit  du  fleuve,  Elisée  Reclus,  dans  la  partie 
de  sa  Géographie  relative  à  l'Afrique  méridionale,  éva- 
lue, d'après  les  travaux  de  Stanle3%  le  volume  des  eaux 
que  le  fleuve  conduit  à  l'océan,  à  quarante  mille  mètres 
cubes  environ  par  seconde  à  l'étiage  et  soixante  dix  mille 
mètres  cubes  à  l'époque  des  crues. 

Or,  depuis  le  Stanley-Pool  jusqu'à  son  embouchure  à 
Banana,  les  apports  latéraux  que  reçoit  le  fleuve  sont 
relativement  très  faibles,  les  affluents  des  cours  moyen  et 
inférieur  n'étant  généralement  que  des  torrents  drainant 
des  bassins  de  fort  peu  d'étendue.  Par  suite,  le  débit  précité 
ne  dépasse  que  d'une  quantité  peu  considérable,  en  regard 
du  volume  total,  la  masse  d'eau  qui  s'écoule  par  la  région 
des  chutes. 

On  voit  donc  le  travail  de  titan  qu'aurait  constitué  une 
tentative  de  canalisation  d'un  fleuve  de  mille  mètres  de 
largeur,  roulant,  sur  les  seuils  de  cataractes,  des  masses 
colossales  d'eau,  à  une  vitesse  excessive  et  entre  deux 
murailles,  souvent  à  pic,  de  plus  de  trois  cents  mètres 
de  hauteur,  au  milieu  de  blocs  de  rochers  énormes,  arrachés 


—  721  — 

aux   rives   ou   ([uv  le    travail    do  (iésa*^r(''^;ili()ii    <l(;s   j)luies 
avait  fait  rouler  dans  son  lit. 

L'idé(*,  d'une  voie  i'ei-rée  ('lait  donc  la  seuhi  (jui  [)ùt  sou- 
leiiir  l'examen  dr,  l;i  coniniission  cliar^-ée  de  trouver  une 
solution  prati([ue  à  l'obscur  problème  de  la  [jénétralion 
congolaise. 

l^lusieurs  projets  furent  mis  en  avant.  Stanley  avait 
dressé  un  plan  de  chemin  de  fer,  ayant  Vivi  (sur  la 
rive  nord  du  fleuve,  en  face  de  Matadi)  pour  tète  de  ligne, 
et  qui  comprenait  deux  tronçons  mesurant  ensemble  cent 
soixante-quinze  kilomètres:  le  premier  allait  de  Vivi  à 
Isang-ila,  d'où  part,  jusque  Manyanga,  un  bief  à  courant 
fort  rapide,  mais  navigable  pour  des  baleinières  habile- 
ment dirigées  par  les  mariniers  du  pays  ;  à  Manyanga 
commençait,  —  mais  sur  la  rive  sud,  cette  fois,  de  façon 
à  ne  pas  sortir  du  territoire  de  l'Etat,  —  un  second  tron- 
çon atteignant  le  Pool. 

Un  deuxième  projet  présentait  les  mômes  dispositions 
que  le  précédent,  modifié  seulement  en  ce  que  le  tronçon 
Vivi-Isangila  était  reporté  sur  la  rive  droite  et  réunissait 
Matadi  à  Isangila  (sud). 

Enfin  une  troisième  combinaison  préconisait  l'exécution 
d'une  voie  ferrée,  sans  solution  de  continuité,  évitant  tous 
les  transbordements  entre  Matadi  et  le  Stanley-Pool. 

Les  deux  premiers  tracés  étaient  moins  coûteux,  mais 
avaient  le  grave  inconvénient  d'exiger  de  nombreux  trans- 
bordements qu'aggravait  la  lenteur  du  transport  sur  le 
bief  Isangila-Manyanga,  fort  dur  à  la  montée. 

Trouet  écrit  à  ce  propos:  «  Nous  disons  qu'ils  eus- 
sent été  peut-être  moins  coûteux,  mais  rien  n'est  moins 
sûr,  bien  que  le  développement  qu'ils  présentaient  en  voies 
ferrées  fût,  à  peine,  la  moitié  de  celui  du  chemin  de  fer 
direct.  La  rive  nord,  en  effet,  de  même  que  la  rive  sud, 
dans  le  voisinage  du  fleuve,  offre  des  mouvements  de  ter- 
rain bien  plus  accentués  que  la   région  à  parcourir   dans 


—  722  — 

le  tracé  du  système  adopté.  D'autre  part,  les  transports 
du  gros  matériel  eussent  été  fort  difïiciles  et  très  lents 
I)ar  les  baleinières  des  biefs  navigables.  La  construction 
du  second  tronçon  se  serait  donc  présentée  dans  de  très 
mauvaises  conditions.  « 

Thys  écarta  résolument  les  deux  solutions  mixtes  et 
préconisa  l'étude  d'un  chemin  de  fer  continu  entre  Matadi 
et  le  Pool. 

A  ce  moment,  en  1885,  Stanley  publiait  son  ouvrage 
Cinq  années  au  Congo,  dans  lequel  il  exposait  les  hésitations 
des  promoteurs  du  Comité  d'études  du  haut  Congo  à 
déterminer  exactement  le  plan  de  l'entreprise  qu'ils  voulaient 
tenter,  dans  un  pays  imparfaitement  connu.  ^  La  création 
d'un  railway  de  trois  cent  vingt-cinq  kilomètres,  écrivait 
le  célèbre  explorateur,  eût  nécessité  une  étude  préalable 
de  la  région  que  le  chemin  de  fer  devait  parcourir  et,  de 
plus,  une  connaissance  exacte  du  droit  de  propriété  au 
Congo,  des  lois  qui  régissent  les  indigènes,  et  des  moyens 
de  protection  que  ceux-ci  pourraient  garantir  à  la  voie 
ferrée."  Et  il  concluait  en  ces  termes:  «  Il  y  a  là  des  richesses 
énormes  qui  attendent  le  chemin  de  fer  destiné  à  les 
recueillir.  J'en  préviens  le  commerce  et  suis  persuadé  que 
l'avertissement  ne  sera  pas  perdu  ^  ('). 

Le  grand  explorateur  développait  le  même  thème  dans 
des  conférences  à  Londres,  Manchester,  Liverpool  et  le 
public  anglais  faisait  un  accueil  enthousiaste  à  ses  décla- 
rations. 

L'appel  de  Stanley  fut  entendu.  Un  puissant  syndicat 
anglais  de  Manchester  demanda  à  l'Etat  la  concession  du 
chemin  de  fer  des  cataractes.  Mais  la  proposition  ne  ren- 

(1)  Tout  l'ouvrage  de  Stanlej',  qui  rend  compte  des  travaux  des  expéditions 
du  Comité  d'études  du  haut  Congo,  dit  A.  J.  Wauters,  converge  d'ailleurs 
vers  le  même  but  et  le  remarquable  chapitre  qui  le  résume,  sous  le  titre: 
Le  nœud  de  la  question,  est  le  plus  éloquent  plaidoyer  qui  puisse  se 
faire  en  faveur  du  chemin  de  fer. 


—  7'ia  — 

conti'n  pas  ^nuul  rcho  on  I)Ol^i(|uo.  Los  iio^ooi;i lions  traî- 
nèrent ot,   linalenient,  ('cliouôrcînt. 

La  Bel«2:ique,  dont  le  rôle  avait  ('té  jus(juo  là  prépon- 
dérant dans  la  f^enèse  du  jeune  Etat,  allait-elle  se  désin- 
téresser du  fruit  de  tant  de  sacrifices  et  abandonner  à 
rexploitation  étrangère  ce  domaine,  découvert,  créé  en 
quelque  sorte  pour  elle,  par  ses  oiliciers,  [)ai'  son  roi? 

On  pouvait  le  craindre,  car  l'opinion  belge  était  encore 
g-énéralement  fort  mal  éclairée,  indifférente,  voire  même 
déliante  à  l'endroit  des  immenses  ressources  que  pouvait 
offrir  le  Congo  à  notre  activité  nationale. 

Tliys  s'insurge  contre  cette  apathie  et,  avec  un  bel 
enthousiasme,  entreprend  de  la  déraciner,  de  faire  pénétrer 
la  vérité  dans  le  public,  de  dissiper  les  préventions,  les 
préjugés  de  toute  nature.  Il  s'improvise  orateur  et  entame 
dans  le  pays  une  vigoureuse  campagne  de  propagande  : 
après  une  série  de  conférences  données  à  la  Bourse  de 
Bruxelles,  sous  le  patronage  de  la  Société  belge  des  ingé- 
nieurs et  des  industriels,  il  visite  les  principaux  centres 
industriels  du  pays,  pour  faire  connaître  l'œuvre  royale 
et  communiquer  sa  foi  dans  la  grandiose  entreprise  nouvelle. 

C'est  alors  qu'il  s'efforce  de  grouper  un  certain  nom- 
bre de  personnalités  du  monde  financier,  commercial 
et  politique.  La  Société  des  ingénieurs  et  des  industriels 
met  la  question  à  l'étude.  Des  conférences  sont  organisées. 
Un  courant  d'opinion  puissant  se  forme  en  faveur  de 
l'entreprise. 

La  Compagnie  du  Congo  pour  le  commerce  et  l'industrie, 
créée  en  vue  de  poursuivre  l'étude  et,  éventuellement,  la 
construction  du  chemin  de  fer,  est  constituée  le  27  décembre 
1886,  à  l'initiative  de  MM.  Urban,  Thys  et  De  Roubaix,  par 
voie  de  souscription  publique. 

Le  9  février  1887,  a  lieu  la  première  assemblée  générale 
qui  détermine  la  composition  du  conseil  d'administration. 


—  724  — 

Premier  voyage  au  Congo,  1887-1888. 

Le  8  mai  1887,  le  capitaine  Tliys,  proinoleur  de  l'entre- 
prise, s'embarque  à  bord  du  Vlacmdc7'cn,  comme  chef 
de  la  double  expédition  formée  par  la  Gompa^^nie  du  Congo  : 
la  première,  placée  sous  la  direction  du  capitaine  Cambier 
et  composée  d'ingénieurs,  est  chargée  des  études  de  la 
voie  ferrée;  la  seconde,  conduite  par  Alexandre  Delcommune, 
doit  opérer  la  reconnaissance  commerciale  des  régions  du 
haut  Congo. 

Dès  le  10  juin,  un  second  groupe  d'ingénieurs  quitte 
Anvers.  Le  15.  le  capitaine  Cambier  et  les  ingénieurs  de 
l'expédition  d'études,  Charmanne  et  Vauthier,  entreprennent 
la  reconnaissance  de  la  région  comprise  entre  Alatadi  et 
Léopoldville. 

Le  capitaine  Thys  visite  la  région  des  chutes,  arrive  à 
Léopoldville  le  8  octobre,  passe  à  Equateur  le  28  novem- 
bre et  s'arrête,  le  2  décembre,  à  Bangala,  point  terminus 
du  voyage  sur  le  haut  Congo. 

Là,  il  engage  vingt  indigènes,  pour  compte  de  iM.  De 
Roubaix,  fondateur  du  syndicat  de  Mateba. 

Descendu  de  Bangala  à  Kwamouth,  Thys,  à  bord  du 
Stanley,  pénètre  dans  le  Kasaï. 

Jusqu'à  Mouchié,  cette  rivière  porte  le  nom  de  Kwa.  Lors- 
qu'on la  remonte,  elle  coule  d'abord  dans  une  gorge,  dont 
les  rives  peu  élevées  plongent  presque  directement  dans 
les  eaux  (*). 

A  quelques  kilomètres  au-dessus  du  confluent,  le  Kasaï  se 
resserre  jusqu'à  trois  ou  quatre  cents  mètres  de  largeur; 
le  courant  devient  extrêmement  violent.  A  cinquante  ou 
soixante  kilomètres  en  amont,  la  rivière  écarte  subitement 
ses  berges  et  coule  dans  une  plaine  fertile,  admirablement 
appropriée  à  l'élevage  du  bétail  et  à  la  grande   culture. 

(1)  Relation  faite  d'après  une  conférence  du  capitaine  Thys:  Au  Congo  et 
au    Kasaï. 


—  725  — 

Sn  lnrL;(Mii'  (hn'KMil  iilors  coiisidfM'nblc  ol,  {r.ir  ondroils,  attoinl 
jiis([ifîi  six  el  S(^|)l  milice  nirli-es.  !)('.  lon^'uos  îlos,  couvortcs 
•^•(MK'raUMiHMil  (TuiK^  li(M'l)0  maigre,  mais  couronrKH's  jjarfois 
(lo  l)()U(iuo(s  (!('  palniiors  ot  de  l)anaiiiers,  do  cliariips  (1(3 
manioc  oL  (l(^  villages,  étirent  la  rivière  en  chenaux  de 
deux   à  trois  kilomètres  de  largeur. 

Avant  (Tari'ivcu'  à  iMouchié,  le  Kwa  se  rétrécit  encore 
à  sei)t  ou  liuit  cents  mètres  de  largeur;  il  se  divise  en 
deux  bras:  le  Mfini,  qui  présente  la  même  largeur  que 
le  K\va  lui-même,  tandis  que  la  branche  principale,  le 
Kasaï  proprement  dit,  est  dérobée  à  la  vue  par  un  rideau 
continu  de  verdure.  —  On  comprend  l'erreur  de  Stanley, 
qui,  lorsqu'il  a  remonté  le  Kwa,  s'est  engagé  dans  le 
Mlini,  sans  soupçonner  même  qu'il  venait  de  laisser  à 
droite  le  plus  puissant  des   tributaires  du  Congo. 

Lorsqu'on  remonte  le  Kasaï,  on  s'aperçoit  facilement  à 
la  violence  du  courant,  qui  atteint  plus  dé  quatre  nœuds, 
de  l'importance  de  la  rivière.  Pendant  les  quarante  kilo- 
mètres qui  suivent,  le  Kasaï  coule  au  milieu  de  terrains 
bas.  L'œil  s'arrête  surpris  devant  une  vaste  expansion  de 
la  rivière,  parsemée  d'îles  sableuses  ou  couvertes  de  grandes 
herbes. 

C'est  le  Wismann-Pool.  On  sort  de  là  par  un  goulot  de 
quelques  centaines  de  mètres  de  largeur,  bordé  de  rives 
en  pente  très  fertiles,  où  croissent  des  palmiers  et  des 
bananiers  et  que  ponctuent  çà  et  là  de  nombreux  villages 
assez  importants. 

Le  lit  du  Kasaï,  pendant  soixante  kilomètres,  s'étale 
à  des  distances  démesurées,  coupées  çà  et  là  de  nombreuses 
îles.  C'est  à  la  fin  de  cette  section  que  se  trouve  le  seul 
passage  vraiment  difRcile  de  la  rivière. 

Au  delà,  le  Kasaï  se  rétrécit  à  nouveau  jusque  six  à 
huit  cents  mètres  et  coule  dans  une  vallée  profonde,  qui 
s'encaisse  lentement  entre  deux  rives  fortement  inclinées. 
A  quelques  kilomètres  au  delà  de  chaque  côté  de  la  rivière, 


—  720  — 

c'est  la  forêt  vierge,  bordée  de  nombreux  villages  qui  la 
séparent  d'importantes  plantations.  Le  lit  de  la  rivière 
s'élargit  alors  considérablement  et  se  parsème  d'Iles. 
Parfois,  les  rives,  couvertes  de  pelouses  et  de  bouquets 
de  bois,  s'élèvent  en  pente  douce;  d'autres  fois,  elles  se 
dressent  en  un  saut  brusque,  formant  horizon  à  droite  et 
à  gauche. 

On  arrive  ensuite  au  mont  Pogge,  mamelon  de  cent  cin- 
quante mètres  d'élévation. 

La  colonne  d'exploration  se  persuade  à  bon  droit  que 
la  rivière  est  encore  en  pleine  voie  de  formation:  en  mon- 
tant la  rivière,  on  a  vu  l'eau  se  précipiter  en  bouillonnant 
dans  une  excavation  récemment  creusée  par  le  flot;  à  la 
descente,  quinze  jours  après,  on  trouve  à  cette  place  un 
chenal  de  trente  mètres  de  largeur. 

Au  delà  du  mont  Pogge,  les  rives  deviennent  presque 
continuellement  boisées.  On  arrive  au  confluent  de  la 
rivière  Loanjé,  où  le  Kasaï  qui,  à  quelque  distance  plus  bas, 
présente  des  largeurs  de  cinq  et  même  de  dix  kilomètres,  se 
rétrécit  jusque  cent  cinquante  mètres,  s'écrasant  entre  deux 
montagnes  entre  lesquelles  il  se  précipite  avec  une  eff'rayante 
vitesse. 

La  rivière  fait  alors  un  coude  subit,  sa  rive  nord  s'élève 
à  pic  en  un  saut  brusque  de  quinze  à  vingt  mètres.  A 
cinquante  kilomètres  en  amont  du  confluent  de  la  Loanjé, 
se  trouve  celui  du  Sankuru,  qui  se  jette  dans  le  Kasaï 
en  formant  un  delta. 

Plus  loin,  à  une  égale  distance,  la  rivière  n'a  plus  que 
cinq  ou  six  cents  mètres  de  largeur,  mais  longtemps  avant 
de  recevoir  la  Lulua,  elle  s'épanouit  de  nouveau  en  des 
lacs  parsemés  d'îles.  La  Lulua  est  une  rivière  large  de 
cent  cinquante  à  trois  cents  mètres,  qui  court  au  milieu 
de  forêts  vierges  où  croissent  principalement  des  bouquets 
de  palmiers,  de  bois  de  teck,  d'acajou,  d'ébène.  Partout  la 
liane  à  caoutchouc  abonde,  de  même,  du  reste,  que  dans  les 


—  727  — 

forêts  (lu  Knsnï.  La  Liilua  cesse  d'être  navigable  à  LueI)o, 
où  son  lit  est  ()l)slrué  par  d'énormes  bloes  de  rochers.  Son 
affluent,  le  Luelx),  qn\  présente  à  son  emhouc'huni  trente 
métrés  de  lar^-eur  est,  lui  aussi,  interrompu  à  quelques 
kilomètres  de  la  station  par  des  chutes  dont  la  vue  est 
ravissante. 

Partout,  le  lon^-  du  Kasaï,  l'accueil  est  des  plus  sympa- 
thiques de  la  part  desindig-énes.  La  navigation  sur  la  rivière 
est  relativement  facile,  les  rives  sont  généralement  fertiles  et 
habitées,  les  ressources  commerciales  paraissent  considéra- 
bles, la  population  est  paisible,  avide  de  négoce  et  indus- 
trieuse. 

Le  capitaine  Thys  revient  en  Belgique  en  février  1888. 
Dès  son  retour,  il  publie  la  carte  à  grande  échelle  du 
cours  du  Kasaï  et  de  la  Lulua,  qu'il  a  dressée  avec  une  rare 
précision,  et  un  rapport  intitulé  Haut  Congo  et  Haut  Kasaï. 
Le  capitaine  Thj^s  contribue  à  la  constitution  de  la  Com- 
pagnie  des  Magasins  Généraux,  qui  est  fondée  le  20  octobre 
1888,  à  l'initiative  de  la  Compagnie  du  Congo.  Elle  installa 
des  hôtels  et  des  magasins  dans  le  bas-Congo. 

En  même  temps,  des  deux  expéditions  techniques  de  la 
Compagnie  du  Congo,  l'une  procède  à  l'étude  de  la  région 
que  doit  traverser  le  chemin  de  fer;  la  seconde  se  livre 
à  la  reconnaissance  commerciale  du  haut  fleuve. 

Le  4  novembre  1888,  les  études  étant  terminées,  Cambier 
arrive  à  Kinshassa,  sur  le  Stanley-Pool.  Les  résultats  de 
ces  travaux,  avec  le  devis  général  de  l'entreprise  et  le 
cahier  des  charges,  sont  consignés  dans  un  fascicule  connu 
sous  le  nom  de  By^ochure  blanche.  Elle  conclut  qu'un  capital 
de  vingt-cinq  millions  de  francs  suffirait  pour  construire, 
entre  Matadi  et  le  Pool,  une  voie  de  quatre  cent  trente- 
six  kilomètres  de  longueur,  acheter  le  matériel  roulant, 
couvrir  les  frais  généraux,  et  servir  les  intérêts  intercalaires 
pendant  la  période  de  construction,  évaluée  à  quatre  années. 
Les  frais  d'exploitation  étaient  de  un  million  deux  cent  mille 
francs  par  an.  En  ajoutant  cette  somme  à  celle  de  cent  vingt- 


—  728  — 

cinq  mille  francs,  nécessaire  pour  rémunérer  à  cinq  pour 
cent  le  capital,  on  constate  dans  le  rapport  que  deux  mil- 
lions quatre  cent  cinquante  mille  francs  de  recettes  annuelles 
suffiraient  pour  que  l'affaire  lut  rémunératrice.  Or,  une 
somme  supérieure  était  dépensée  annuellement  pour  les 
transports  entre  le  haut  et  le  bas  Congo,  tant  par  l'Etat 
que  par  les  maisons  de  commerce  et  les  missions.  Le  chemin 
de  fer,  en  se  substituant  aux  caravanes,  devait  évidem- 
ment encaisser  chaque  année,  dès  ses  débuts,  au  moins 
cette  somme,  jugée  suffisante  pour  attendre  la  réalisation 
des  promesses  d'avenir. 

C'est  sur  ces  bases,  que  se  constitue,  le  13  juillet  1889, 
la  Compagnie  du  chemin  de  fer  au  capital  de  vingt-cinq 
millions  de  francs,  dont  dix  millions  souscrits  par  le  gou- 
vernement belge. 

Les  quinze  millions  restants  furent  fournis  par  un  groupe 
dans  lequel  figuraient  les  principaux  établissements  finan- 
ciers de  Belgique,  trois  maisons  de  banque  allemandes  et 
quelques  personnalités  anglaises  représentées  par  Sir  W. 
Mackinnon. 

La  première  brigade  d'ingénieurs  quitte  Anvers  le 
1 1  octobre  1889,  et  arrive  à  Matadi  le  10  novembre. 
Placée  sous  les  ordres  de  l'ingénieur  Vauthier,  elle  com- 
prend soixante-quatorze  travailleurs  ordinaires,  douze  ma- 
çons et  douze  charpentiers,  au  total  quatre-vingt  dix-huit 
artisans,  originaires  pour  la  plupart  de  Sierra  Leone. 

En  même  temps,  en  Belgique,  Thys  fonde  la  Compagnie 
des  produits  du  Congo  (29  novembre  1889),  qui  reprend  pour 
son  compte  la  Société  de  Mateba  (syndicat  De  Roubaix)  ('). 

(1)  On  sait  que  ce  furent  quelques  personnalités  anversoises,  qui  les  premières 
eurent  foi  dans  l'avenir  commercial  du  Congo  et  osèrent  y  aventurer  leurs 
capitaux,  en  essayant  de  provoquer  un  courant  d'affaires  entie  le  bas  Congo 
et  Anvers.  Lorsqu'au  commencement  de  l'année  1885,  l'Association  inter- 
nationale du  Congo  fut  reconnue  comme  Etat  indépendant,  un  certain 
nombre  d'Anversois  formèrent   un  syndicat  ayant    pour  but  de  tenter   l'ex- 


i 


—  7'JO  — 

Il  remplit  par  intérim  les  l'onclions  de  directeur  du  dépar- 
tement de  l'Intérieur  de  l'Ktat  indépendant  (1889). 

Le  10  janvicM'  1890,  il  contrilnui  à  la  création  du  (Cercle 
africain,  à  Bruxelles,  dont  il  devient  le  premier  président. 

Gin({  mois  après  la  constitution  de  la  Compa^mie  du 
chemin  de  fer,  les  premiers  travaux  de  construction  sont 
entamés  sous  la  direction  de  l'ingénieur  Gharmanne.  Ils 
débutent  par  les  installations  de  la  gare  et  du  port  de 
Matadi. 

En  mars  1890,  est  donné  le  premier  coup  de  pioche 
pour  les  terrassements  de  la  voie.  Le  personnel  ouvrier 
se  compose  alors  de  huit  cents  noirs. 

Nous  n'entreprendrons  pas  de  résumer  ici  le  ;  innom- 
bral)les  et  souvent  émouvantes  péripéties  à  travers  les- 
quelles se  déroula  ce  formidable  travail  de  construction 
d'une  voie  ferrée  de  trois  cent  quatre-vingt-huit  kilomètres, 
au  sein  d'une  contrée  où  la  nature  semblait  avoir  à  plaisir 
accumulé  des  difficultés  insurmontables.  Dès  les  premiers 
mois,  la  mortalité  effrayante  qui  sévit  parmi  les  travailleurs, 
les  désertions,  les  révoltes  vinrent  ajouter  des  complica- 
tions terribles  aux  obstacles  énormes  prévus  à  l'origine 
par  les  organisateurs.  Un  moment,  l'absence  de  bras 
faillit  compromettre  irrémédiablement  la  marche  de  l'entre- 
prise. On  dut  recruter  à  prix  d'or  sur  tous  les  points 
de  la  côte  africaine,  jusqu'en  Chine  même  et  aux  Barbades, 

ploitation  de  teri'ains  immenses  et  très  fertiles  situés  dans  le  bas  Con^o, 
dont  on  leur  offrait  la  cession.  Par  convention  provisoire  datée  du  30  jan- 
vier 1886,  et  par  acte  définitif  du  3  juin  1887,  le  gouvernement  céda  au 
syndicat  l'île  de  Mateba  (15.000  hectares),  sise  dans  le  Congo  (rive  droite) 
à  éjrale  distance  de  Banana  et  de  Boma.  Le  syndicat  ac(iuit  ensuite  les  îles  de 
Boulicoco  et  de  Lukula,  sur  la  rive  portugaise,  et  celles  de  Ntounga  et 
de  Kifouka,  sur  le  territoire  de  l'Etat.  La  tentative  pour  introduite  le 
bétail  date  de  1886.  La  société  anonyme  de  Mateba  fut  constituée  le 
4  mai  1839.  MM.  De  lloubaix,  Léopold  Gâteaux  et  Osterrieth  fui-ent  nom- 
més administrateurs.  Le  22  mars  1890,  la  Société  de  Mateba  fusionna 
avec    la    Compagnie  des   Produits,    créée   elle-même  le  29  novembre     1889. 


—  730  — 

des  travailleurs  nouveaux,  dont  les  aptitudes  ne  correspon- 
daient pas  toujours  à  ce  qu'on  était  en  droit  d'en  espérer. 

Second  voyage,  1890. 

Thys  s'embarque  une  seconde  fois  pour  l'Afrique,  le  3  avril 
1890,  dans  le  but  d'inspecter  les  nouveaux  établissements 
de  la  Compagnie  des  magasins  généraux  à  Banana,  Boma 
et  Matadi,  ceux  de  la  Compagnie  des  produits  du  Congo 
à  Mateba  et  Siccia,  ceux  de  la  Société  du  Haut-Congo  à 
Vivi  et  à  Matadi  et  enfin,  les  chantiers  de  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  à  Matadi,  au  ravin  Léopold  et  sur  la 
Mpozo. 

Avant  de  rentrer  en  Belgique,  Thys  se  rend  dans  la  colonie 
de  l'Angola  et  visite  successivement  Saint-Paul  de  Loanda, 
Novo-Rodondo,  Benguela  et  Mossamédès  où  il  conclut 
d'importants  contrats  relatifs  aux  exploitations  de  l'île 
de  Mateba.  A  cette  époque  celle-ci  comptait  deux  à  trois 
cents  tètes  de  bétails.  Depuis  lors,  grâce  aux  importations 
du  sud,  la  Compagnie  des  produits  du  Congo  a  été  à 
même  de  fournir  de  la  viande  fraîche  à  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer,  sans  interruption,  satisfaisant  à  tous 
les  besoins  des  blancs  tout  en  augmentant  graduellement 
les  troupeaux  de  l'île.  Ceux-ci  comprennent  aujourd'hui 
plus  de  six  mille  têtes  de  bétail. 

En  1891,  Thys  fonde  la  Compagnie  du  Katanga  et 
organise  les  puissantes  expéditions  qui  sous  les  ordres 
d'Alexandre  Delcommune,  Stairs,  Bia,  Francqui,  assureront 
définitivement  à  l'Etat  la  possession  de  cette  importante 
et    riche  province. 

Troisième  voyage,  1892. 

Le  troisième  voyage  de  Thys  pour  le  bas  Congo,  le  5  juin 
1892,  a  pour  objet  l'inspection  des  chantiers  de  la  Compagnie 
du   chemin  de  fer  et  des  établissements  des  sociétés  bel- 


—  7:u  — 

n-os.  L(^  c'a])it:iino  assisto  à  rinau^uralioii  du  i)onl,  do  la 
Mpozo,  1(^  !>  juillel,;  lo  hîndcinaiii,  il  ((iiilU}  Matadi  avoc 
('JiariuaniH^  vl  l^^spaiioL  (^l  l'ail  la  l'LM'onnaissanco  du  tracé 
jusqu'au  kilonièlro  130.  Los  voya^-ours  rontront  lo  11)  juillot; 
Thys  l'osto  au  ('on^o  ol  visiter  Loau^'-o  aveo  Camille  Del- 
comuuino;  à  son  retour,  il  passe  huit  jours  dans  les  6ta- 
blissenienls  et  les  kraals  (U\  l'ile  d(^.  Mateba.  Kn  compagnie 
du  gouverneur-g'énéral  Wahis,  il  i)arcourt  les  travaux 
jusqu'au  kilomètre  22  de  la  ligne,  les  treize  premiers 
kilomètres  se   faisant  en   train. 

Après  un  nouveau  séjour  à  Mateba  avec  Emile  Delcom- 
mune,  il  rentre  en  Europe  le  25  septembre. 

Quatrième  voyage,  le  6  juin  1893. 

Tbys  repart  une  quatrième  fois  à  bord  du  steamer  Lulu 
Bohien,  le  G  juin  1893,  avec  Georges  de  Laveleye,  admi- 
nistrateur, membre  du  comité  permanent  de  la  Compagnie 
du  cliemin  de  fer  du  Congo,  et  l'ingénieur  Cbarmanne, 
directeur  en  Afrique  de  la  même  société.  Mme  Georges  de 
Laveleye  accompagne  son  mari  en  Afrique. 

Après  les  déboires,  les  rancœurs  de  la  chasse  aux  premiers 
millions  pour  la  constitution  de  la  société  étaient  arrivés  les 
désastres  de  la  construction,  la  mortalité  effrayante  des 
ouvriers,  les  difficultés  du  terrain,  la  roche  d'une  dureté 
excessive,  le  travail  au  fond  de  la  gorge  de  la  Mpozo  où 
la  chaleur  est  effroyable,  le  découragement  des  ingénieurs 
et,  en  Belgique,  les  clameurs  et  les  récriminations.  Les 
devis  primitifs  sont  reconnus  inexacts,  les  millions  souscrits 
sont  engloutis  et  il  faut  de  nouvelles  ressources;  puis,  le 
temps  prévu  pour  la  construction  est  notoirement  insuffisant. 

A.  J.  Wauters,  secrétaire  de  la  Compagnie,  a  tracé, 
dans  le  Mouvemeyit  géogi^aphiqiie,  un  tableau  navrant  de 
cette  phase  douloureuse. 

«  Le  personnel  inférieur  est  décimé.  Le  manque  de  con- 
fort,  de  vivres  frais,  l'action  débilitante  de  la  température 


—  732  — 

qui,  dans  ces  ravins  et  dans  ces  précipices  dépourvus  de 
toute  vég-étation,  est  extraordinairement  élevée,  la  diffi- 
culté des  travaux  à  exécuter,  les  maladies  contagieuses 
telles  que  la  dysenterie,  la  cachexie  paludéenne  et  le  béri- 
béri, tout  contribue  à  rendre  excessif  le  taux  de  la  mortalité. 
Sur  quatre  mille  cinq  cent  hommes  passés  sur  les  chantiers 
de  janvier  1890  à  mai    1892,  neuf  cents  ont  succombé! 

"  Une  semblable  proportion  de  décès  suppose  un  chiffre 
d'invalides  plus  grand  encore.  Chaque  départ  de  bateaux 
emporte  des  malades  par  centaines. 

-^  Ces  calamités  jettent  l'effroi  parmi  les  contingents  réduits. 
Les  désertions  se  multiplient,  des  révoltes  éclatent;  la  démo- 
ralisation et  le  désespoir  sont  complets  dans  le  personnel 
noir,  qui  fond  littéralement.  Des  ouvriers  qui  ne  travaillent 
que  forcés  et  qui  restent  insensibles  même  à  la  retenue 
de  leur  salaire,  ne  peuvent  donner  qu'un  rendement  médiocre: 
sur  les  huit  premiers  kilomètres,  la  production  quotidienne 
du  terrassier  de  couleur  n'a  jamais  dépassé  un  tiers  de 
mètre  cube. 

«  En  même  temps,  et  par  contre-coup,  la  situation  finan- 
cière de  la  Compagnie  devient  des  plus  graves.  Avant  le 
kilomètre  3  on  a  déjà  dépensé  six  millions.  Le  30  juin  1892, 
au  kilomètre  9,  les  travaux  et  les  frais  généraux  ont  absorbé 
onze  millions  et  demi  de  francs,  près  de  la  moitié  de  l'avoir 
social,  dont  l'insuffisance  est  dès  lors  flagrante.  ^ 

L'hostilité  des  hommes  et  des  choses  n'arrête  pas 
Thj^s  et  tandis  qu'il  fait  redoubler  le  travail  en  Afri- 
que, qu'il  enjoint  aux  ingénieurs  de  passer  à  tout  prix,  à  son 
retour  il  s'occupe  en  Belgique  de  parer  aux  difficultés  finan- 
cières, donne  conférences  sur  conférences,  écrit  brochures 
sur  brochures,  relève  les  courages  abattus,  et  impose  sa  foi. 

L'amélioration  des  conditions  sanitaires,  l'expérience 
acquise  et  un  ingénieux  système  de  primes  développent 
la  productivité  des  ouvriers  nègres  et  accélèrent  graduelle- 
ment la  marche  dos  tr.ivaux,   tout  en   diminuant  considé- 


rableinent  les  iVnis,  C'est  on  180:3  (\\\c  \\\  locomotive  utteini 
le  col  (le  Palahala  (kilomètre  IC)).  Dès  lors,  l'avancement 
prend  une  allur(^,  l)lus  rapide:  la  i)remi('Te  section  de  la 
li«^Tie,  comprenant  (piarante-deux  kilomètres,  peut  être  inau- 
gurée j)ar  le  g'ouverneur  p^'ènc'ral    Wahis,   le   4  décembre. 

Tandis  ([u'en  Africjue,  la  situation  redevenait  relativement 
satisfaisante,  elle  restait  grave  en  Helgique:  l'insuflisance 
du  capital  était  évidente  et  la  compagnie  allait  devoir 
prendre  des  mesures  énergiques,  pour  accroître  à  brève 
échéance  ses  moyens  financiers.  Les  établissements  belges 
qui  avaient  participé  à  la  formation  du  capital  de  la  com- 
pagnie en  1889,  n'abandonnèrent  pas  celle-ci  dans  ces 
moments  difficiles:  dès  le  31  mai  1894,  ils  se  constituèrent 
en  syndicat  et  lui  garantirent  le  placement  d'un  premier 
emprunt  de  six  millions  de  francs  pour  la  continuation 
des  travaux.  De  son  côté,  l'Etat  belge,  principal  action- 
naire de  la  société,  lui  conserva  sa  confiance  et  se  montra 
disposé  à  lui  faciliter  sa  tâche;  mais  des  manœuvres  de 
parti  et  certaines  circonstances  firent,  qu'à  la  Chambre, 
l'opposition  parut  un  moment  devoir  triompher  des  sym- 
pathies du  Parlement.  (A.  J.  Wauters.  L'Etat  ind.  du 
Congo,   p.  360.) 

Les  26,  27  et  28  juin  1895,  les  mesures  provisionnelles 
proposées  par  le  gouvernement  en  faveur  du  Congo  sont 
discutées  et  votées  par  les  Chambres. 

Le  6  août,  une  commission  d'enquête,  nommée  par  le 
gouvernement  belge,  est  envoyée  au  Congo  pour  faire  rap- 
port sur  l'état  actuel  des  travaux  et  sur  l'avenir  de  l'entre- 
prise. La  mission  se  compose  des  ingénieurs  Francken, 
Huet  et  Claes,  et  du  géologue  Cornet. 

Cinquième  voyage,  1895. 

Les  fatigues  ne  sont  rien  pour  Thys,  entièrement  dévoué 
à  son  œuvre  et  résolu  à  la  faire  triompher  par  dessus 
tous  les  obstacles.  Il  retourne  donc  une  cinquième  fois 
au  Congo,  le   19  juillet  1895,  avec  le  lieutenant   Lemaire. 


—  734   — 

Gomme  administrateur-direcleur  général  de  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer,  il  va  procéder  à  une  inspection  générale 
de  la  ligne  et  de  ses  installations. 

Il  rejoint  à  Lisbonne  les  membres  de  la  commission 
d'enquête  et,  en  septembre,  il  suit  avec  eux  le  tracé  de 
la  voie  depuis  Kimpesse  jusqu'au  Stanley-Pool;  il  s'em- 
barque à  Kinshassa  et  se  dirige  vers  l'Equateur. 

Rappelons  que  le  15  novembre  1895,  le  chemin  de  fer, 
sous  la  direction  de  l'ingénieur  Goffln,  était  arrivé  au 
kilomètre  135  et  que  les  terrassements  étaient  attaqués 
au  kilomètre  152.  Les  quatre-vingts  premiers  kilomètres 
étaient  déjà  en  pleine  exploitation  et  la  recette  de  juillet 
à  octobre  donnait  trois  cent  huit  mille  francs. 

Le  major  ïhys  rentre  en  Europe  le  7  décembre  1895, 
avec  la  commission  d'enquête. 

Disons  ici,  avec  M.  Maurice  Normand,  de  V Illustration, 
que  le  capital  primitif  de  vingt  cinq  millions  fut  complè- 
tement absorbé  bien  avant  l'adoption,  par  les  chambres 
belges,  du  plan  financier  qui  devait  permettre  l'achèvement 
du  chemin  de  fer.  L'opposition  radicale  fut  irréductible  après 
même  que  l'on  eut  atteint  la  Palabala.  A  un  moment 
donné,  pour  ne  pas  interrompre  complètement  les  travaux, 
on  leur  consacra  jusqu'aux  cinq  cent  mille  francs  de  cau- 
tionnement des  administrateurs  et  des  commissaires. 

Le  15  mai  1896  seulement,  la  convention  entre  l'Etat  belge 
et  la  Compagnie  fut  votée,  la  souscription  de  la  Belgique 
élevée  de  dix  à  quinze  millions,  l'aval  du  trésor  accordé 
à  une  émission  de  dix  millions  d'obligations,  le  capital 
social  porté  au  total  de  soixante  millions. 

Sixième  voyage,  1896. 

Tant  de  labeurs  commençaient  à  porter  leurs  fruits  et 
le  succès  allait  couronner  des  efforts  restés  jusqu'ici  à  peu 
près  sans  compensation.  Thys  se  rend  le  23  juin  189G  au 
Congo  via  Lisbonne,  pour  assister  à  l'inauguration  de  la  pre- 
mière   moitié   de    la    ligne,    ({ui    comporte   à   ce    moment 


cent  quatro-viii^t-huil  kiloiu(Mr(»,s,  de,  Mahidi  :i  'rmnl)a.  \a\ 
cérémoiiic  a  lieu  le  22  juillet  ISlxi;  dlci  est  |)r(''.si(lée  par 
1(^  vice-^'ouverueur  Waii^"ei*iii(''(\  Tliys  nMiIrci  en  l^]uro[)e  ae- 
('()mj)aiiné  (1(^  l'ingénieur  Trouel,  le,  i:;  s('j)leinl)i'(î  vifi  Mar- 
s(m11(\  Son  voyage  de  Bruxelles  au  vStanhîV-l^ool  et  son 
retour  en  Helgi([ue  ne  lui  ont  demandé  (\n()  soixante-ein({ 
jours.  Quinze  ans  auparavant,  le  lieutenant  Valcke  mettait, 
deux  jours  de  plus  pour  la  seule  traversée  de  Liverpool 
à  Banana! 

Dès  le  14,  au  matin,  Thys  donne  lecture  au  conseil  per- 
manent d'un  volumineux  dossier  ('). 

Septième  voyage  1897. 

Son  activité  se  trouve  pleinement  récompensée  en  1897. 
Le  10  octobre  de  cette  année,  il  prend  passage  à  Bordeaux, 
avec  l'ingénieur  Trouet  sur  le  steamer  Pernambuco. 

Le  steamer  fait  escale  à  Libreville,  et  y  prend  à  son  bord 
M.  H.  de  Lamothe.  Le  gouverneur  général  de  la  colonie 
française  sera  officiellement  reçu  à  Boma  et  à  Matadi, 
d'où  le  major  Thys  le  conduira  en  train  spécial,  jusqu'au 
point  terminus  de  la  ligne. 

Le  major  Thys  triomphe  deux  ans  plus  tôt  qu'il  ne  l'a 
prévu.  Mais  aussi  il  s'est  dépensé  sans  compter  pour  son 
œuvre.  Trois  cent  cinquante-cinq  conférences  forment  le 
bilan  de  ces  énergiques  efforts  de  persuasion  patriotique. 

Le  IG  mars  1898,  l'ouvrier  Gerôme,  qui  a  donné  le  pre- 
mier coup  de  pioche,  au  début  de  la  construction  de  la 
ligne  cà  Matadi,  il  y  a  exactement  huit  années,  et  qui 
inventa,  à  la  Mpozo,  les  échelles  d'où,  suspendu  au-des- 
sus du  précipice  par  une  ceinture  de  sûreté,  il  minait 
les  rochers,  pose  le  dernier  rail  du  Stanley-Pool.  L'évé- 
nement est  proclame  au  loin  par  une  salve  de  vingt-et- 
un  coups  de  canon. 

(1)  Voirie  compte-rendu  de  l'inauf^uration  Matadi-Tumba  dans  le  l'apport 
du  colonel  Thys  au  Conseil  d'administration,  septembre  1896  (16*'  fascicule). 


—  730  — 

Les  trois  cent  quatre-vingt-huit  kilomètres  de  ligne  sont 
couverts.  Goffin,  directeur,  serre  les  derniers  boulons,  en 
présence  des  ingénieurs  Paulissen,  Gito  et  Cote,  Goster- 
mans,  commissaire  de  district  à  Stanley-Pool,  Mgr  Augouard, 
évoque  français  résidant  à  Brazzaville  et  l'abbé  Bert, 
curé  de  l'Inkissi. 

La  rive  du  Pool  est  atteinte  à  Dolo  par  la  locomotive 
triomphante.  L'achèvement  du  chemin  de  fer,  après  ce 
labeur,  est  le  triomphe  de  l'esprit  d'entreprise  belge,  en 
même  temps  que  l'honneur  de  la  main-d'œuvre  africaine. 
Gar  la  collaboration  de  la  race  noire  a  montré  l'aptitude 
des  nègres  au  travail  ('). 

Th,ys  revient  le  20  décembre  à  Libreville  (Gabon)  sur 
le  steamer   Stamboul,  et  arrive  le  13  à  Marseille. 

Le  19  janvier,  à  l'assemblée  générale  ordinaire  de  la 
Gompagnie  du  chemin  de  fer,  il  fait  rapport  sur  son  der- 
nier voyage. 

Le  chemin  de  fer,  qui  devait  être  achevé  en  quatre  ans, 
ne  l'a  été  qu'au  bout  de  huit,  et  il  a  coûté  soixante  mil- 
lions au  lieu  de  vingt-cinq.  Il  est  bon  de  remarquer  toute- 
fois que  si  l'on  s'est  montré  en  1889  trop  optimiste  au 
double  point  de  vue  de  la  durée  et  du  coût  de  la  cons- 
truction, les  prévisions  de  recettes  étaient  en  revanche, 
à  cette  époque,  d'une  excessive  modération. 

On  avait  bien  annoncé  le  développement  rapide  des 
transports  entre  le  haut  et  le  bas  Gongo,  mais  on  n'avait 
pas  voulu  l'escompter.  On  regardait  comme  un  minimum 
de    recettes,     pendant   les    premières    années,    un    chiffre 

(1)  Rapport  fait  à  l'assemblée  générale  ordinaire  de  la  Compagnie  du 
Chemin  de  fer  du    Congo,    le   18  janvier  1893. 

«  Des  ouvriers  ont  été  recrutés  chez  les  Sierra-Léonais,  les  Krooboys,  les 
Accras,  les  Popo,  les  Sénégalais,  les  Bathurst,  les  Lagos,  les  Elmina,  les 
Wydah,  les  Monroviens,  les  Haoussas,  les  Zanzibarites.  Des  recrutements 
ont  été  faits  aux  Antilles  et  aussi  en  Chine.  Peu  après,  les  recrutements 
furent  interdits  à  Zanzibar,  au  Sénégal,  ainsi  qu'à  la  Côte  d'Or  et  à  la 
Côte  d'Ivoire.  » 


—  l'M  — 

nniHK^l  de  {\r\\\  millions  cl  (hMiii  pour  (oulo  l:i  IIlîmc.  Or, 
il  sulliL  de  coiisuller  les  rapports  cl  los  proces-vorljaux 
(le  la  société  pour  voir  (pi(^  sur  la  seules  section  Matarli- 
'funiha  (lis  kil()ui(3tres),  r(^\j)l()itation  [)rovisoiro  a  accusé, 
en  1897,  3,350,000  francs  de  recettes.  Pendant  l'année  1907, 
les  recettes  mensuelles  se  sont  élevées  à  944,000  francs 
pour  janvicu",  840,000  francs  pour  février  et  11,313,425  francs 
l)()ur   ranné(^,   190()  entière. 

Avant  l'établissement  de  la  voie  ferrée,  on  ne  demandait 
g-uère  au  Congo  que  de  l'ivoire,  parce  (jue  l'ivoire  seule- 
ment supportait  les  frais  de  portage  ou  plutôt  parce  que, 
le  portage  n'ayant  à  sa  disposition  qu'un  personnel  limité, 
il  convenait  de  l'emplo^^er  uniquement  au  transport  le 
plus  rémunérateur.  En  1889,  cent  vingt  tonnes  d'ivoire, 
formant  six  mille  charges,  constituaient  tout  le  trafic 
d'exportation  sur  lequel  tablait  la  Compagnie. 

Aussitôt  que  la  voie  est  établie,  on  songe  à  demander 
au  Congo  le  caoutchouc,  et  il  le  donne.  A  mesure  que 
l'exploitation  provisoire  se  rapproche  du  Pool,  à  mesure 
que  la  route  de  portage  se  raccourcit,  le  transport  du  caout- 
chouc vers  Matadi  s'accroît:  douze  cents  tonnes  en  1896, 
dix-huit  cents  en  1897.  Les  chiffres  étaient  de  4,442,667 
kilogr.  en   1905  et  de  4,593,750  en  1906. 

Après  l'ivoire  et  le  caoutchouc  viendront  les  produits 
des  plantations:  café,  cacao,  produits  oléagineux,  céréales. 

Huitième  voyage,  inauguration  du  chemin  de  fer,  3  juillet  1898. 

V Albertville  quitte  Anvers,  le  samedi  11  juin  1898,  empor- 
tant au  Congo  les  envoyés  officiels  des  neuf  puissances 
signataires  de  l'acte  de  Berlin,  le  représentant  du  Roi- 
Souverain,  les  délégués  des  Compagnies  de  chemin  de  fer 
et  de  la  Presse,  ainsi  que  de  nombreux  invités,  qui  vont 
assister  à  la  cérémonie,  attendue  depuis  si  longtemps  par 
l'Europe  entière,  qui  a  les  yeux  fixés  sur  les  efforts  des 
Belges  dans  leur  colonie  africaine.  Car  l'inauguration  offi- 


-  738  — 

cielle  du  chemin  de  fer  de  la  rég-ion  des  cataractes  mar- 
que une  heure  décisive  dans  l'histoire  de  la  colonisation. 

Ce  chemin  de  fer  de  quatre  cents  kilomètres  va  ouvrir 
à  l'activité,  à  l'initiative  commerciale  l'accès  de  territoi- 
res immenses  qui  constituent  comme  un  second  continent 
africain. 

La  solennité  a  lieu  à  Borna,  le  dimanche  3  juillet  1898 
en  présence  des  représentants  du  roi-souverain,  de  la  Bel- 
gique, de  l'Etat  indépendant  du  Congo,  de  l'Allemagne,  de 
l'Autriche-Hongrie,  de  l'Espagne,  de  la  France,  de  la 
Grande-Bretagne,  de  l'Italie,  du  Portugal  et  de  la  Russie 
et  des  délégués  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer. 

Un  Te  Deum  est  chanté  pour  commémorer,  en  même 
temps,  le  treizième  anniversaire  de  la  reconnaissance  offi- 
cielle de  l'Etat. 

Une  revue  des  troupes  indigènes  de  la  garnison  de  Boma 
est  ensuite  passée  par  le  lieutenant-général  Daelman,  repré- 
sentant le  roi-souverain.  Le  défilé,  d'une  correction  parfaite, 
impressionne  vivement  les  spectateurs. 

Le  4  juillet,  des  fêtes  ont  lieu  à  Matadi  et  à  Tumba; 
le  6  juillet,  à  Léopoldville,  un  banquet  officiel  réunit  cent 
trente  trois  couverts.  M.  Fuchs,  faisant  fonction  de  gou- 
verneur général,  déclare  officiellement  ouverte  au  trafic 
public  la  ligne  de  Matadi  à  Stanley-Pool. 

Le  major  Gilson,  délégué  du  Club  Africain,  qui  assiste 
à  l'inauguration  du  chemin  de  fer  et  qui  a  fait  la  relation 
du  vo3^age  de  VAni^ej^s ville,  dit  à  ce  propos: 

«  Neuf  ans  déjà!  C'est  en  1889,  en  effet,  que  fut  fondée  la 
Compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo,  C'est  à  partir  de  cette 
époque  qu'à  Matadi,  ce  rocher  aride  où  depuis  1885  était  fondé 
un  poste,  c'est  à  Matadi,  qu'a  surgi  une  ville  nouvelle,  sœur  des 
innombrables  cités  qui  couvrent,  à  l'heure  actuelle,  les  terres 
sauvages   de   l'Afrique   équatoriale. 

»  Combien  ont  dû  battre  les  cœurs  de  ceux  qui  se  trouvaient 
là-bas,  lorsque    le    panache   de    fumée   de    la    première   locomotive 


—  739  — 

s'est  irllétée  [)()Ui'  l:i  jji'cinirrc  (ois  dans  l(;s  eaux  du  Pool.  Désormais  la 
distance  n'existe  plus:  ri'haiiui,  la  Monj^^ala,  rUelc,  le  Manyenia,  h; 
Sankuru,  le  Kasaï  sont  à  (iiichiucs  Journées  (h;  l'Océan;  h;  poi^aiant 
isolemcMit  dans  IcMpiel  S(î  irouva.i(Mit  nos  compatriotes  n'existe  [)lus; 
aux  privations  inévitabhîs  vont  succéder  l'abondance  et  le  confort. 
Quel  splendide  avenir  s'ouvre  jxxir  le  Congo,  alors  (pio  dans  le 
passé,  malgré  toutes  les  dilllcultés,  les  Belges  en  ont  fait  ce  que 
nous  voyons  aujourd'hui,  le  (>  juillet  ISOtS,  jour  où  M.  Fuclis, 
gouverneur  général,  a  déclaré  à  Stanley-Pool  définitivement  ouverte 
à  l'exploitation  publique  la  ligne  Matadi-Stanley-Pool.  La  date  du 
6  juillet  1898,  restera  une  des  plus  importantes  de  l'histoire  de 
l'Afrique  centrale,  car  l'événement  qu'elle  rapi)ellera  à  jamais  marque 
une  des  grandes  étapes  de  cette  histoire:  il  consacre  d'une  manière 
définitive  la  prise  de  possession,  par  la  civilisation,  d'une  immense 
région  de  ce  continent  mystérieux  dont  le  roi  disait,  il  y  a  vingt-cinq 
ans  qu'elle  était  la  seule  partie  de  notre  globe  que  la  civilisation 
n'eût  pas   encore  pénétrée. 

»  L'année  1898  marquera  dans  l'histoire  de  l'Etat  du  Congo, 
presqu'au  même  titre  que   celle  de  1885. 

»  Si  celle-ci  vit  la  fondation  politique  de  l'Etat,  si  elle  fut  le 
couronnement  de  cinq  années  d'audacieuses  explorations  et  de  vail- 
lants exploits,  celle-là  marque,  pourrait-on  dire,  la  date  de  sa 
fondation  économique;  elle  termine  neuf  années  de  labeur  acharné, 
neuf  années  de  lutte  industrielle  et  financière  pour  rattacher  le  centre 
de  l'Afrique   centrale  au   monde    par    un  rail. 

»  Le  major  Thys,  ce  grand  reraueur  de  pierres,  d'hommes  et  de 
capitaux,  comprit  quand  personne  ne  voulait  comprendre.  Il  osa, 
quand  personne  n'osait.  De  militaire,  il  se  fit  successivement  orateur, 
ingénieur,  financier,  pour  entamer  son  œuvre,  pour  la  continuer 
et   la   finir. 

»  Pendant  neuf  années,  il  a  été  l'âme  de  cette  armée  de  travail- 
leurs qu'il  avait  lancés  sur  les  rocs  de  la  Mpozo  ou  sur  les  plateaux 
de  Tumba;  pendant  neuf  ans,  il  a  dirigé  ce  combat,  contre  la  fièvre 
et  les  éléments  en  Afrique,  contre  la  crainte  et  la  malveillance  en 
Europe.  Bulletins  de  désastres  ou  bulletins  de  victoires  rien  ne  l'a 
fait  dévier.   Sous  la  tempête    déchaînée,   aux  heures  sombres    où   la 


-  710  — 

mort  frappait  là-bas,  comme  sous  les  éloges  qui  lui  sont  venus  avec 
rachèveraent  de  son  œuvre,  il  est  resté  le  soldat  impassible  con- 
duisant la  bataille  ('). 

Le  licuteiiant-c'olonol  Tliys  rentre  en  Europe  le  6  août  1898. 

Neuvième  voyage,  1889. 

Accompagne  de  deux  de  ses  fils,  Franz  et  Robert,  ainsi 
que  de  Valère  Mabille,  le  colonel  repart  une  dernière  fois 
pour  l'Afrique,  le  1)  août  1899,  et  retrouve  à  Lisbonne  Alexan- 
dre Delcommune.  V Anversville  fait,  cette  fois,  exception- 
nellement escale  à  Belem,  à  l'embouchure  du  Tage,  pour 
permettre  aux  voyageurs  de  prendre  passage  à  son  bord. 

Thys  revient  en  Europe,  le  29  septembre  1899,  et  con- 
tinue à  se  consacrer  au  développement  des  sociétés  colo- 
niales, dont  il  a  la  haute  direction. 

Le  colonel  Thys  n'est  plus  retourné  au  Congo,  depuis 
lors,  mais  il  a  entrepris  successivement  trois  voyages  en 
Amérique: 

En  novembre  1900,  il  s'est  rendu  à  New- York  avec 
E.  Francqui  et  l'avocat  Gaston  Périer,  son  gendre,  pour 
traiter  d'importantes  questions  se  rapportant  aux  intérêts 
belges  en  Chine. 

L'année  suivante  (1901)  il  a  séjourné  avec  Devolder  et 
Périer,   à  New-York  et  au  Canada. 

Enfin,  en  février  1904,  il  passe  de  nouveau  quelques 
mois  dans  la  capitale  des  Etats-Unis  et  au  Canada. 

En  1904,  Sona  Gongo,  station  de  la  ligne  Matadi-Stanley- 
Pool  à  sept  cent  quarante  mètres  d'altitude,  est  appelée 
Thysville,  en  l'honneur  du  promoteur  de  la  grandiose 
entreprise. 


(1)  Le  chemin  de  fer.  L'œuvre  coloniale  du  Roi  en  Afrique,  par  le  major 
A,    GiLSON. 


—  71i   — 

Tliys  est  actiielleiiionl,  colond  (l'Ktnl-iiuijor  de  réserve, 
ancien  officier  d'ordonnance  du  roi,  administra  leur-direc- 
teur général  de  la  Compa^'-nie  du  chemin  de  fer,  de  la 
Compagnie  du  Con^o  pour  le  commerce  et  l'industrie, 
de  la  Compagnie  du  Lomami,  de  la  Banque  d'Outremer, 
de  la  Compagnie  du  Katanga,  d(;  la  (compagnie  des 
magasins  généraux  et  de  la  Compagnie  des  produits; 
administrateur  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  du 
Congo  aux  Grands  Lacs,  etc.;  officier  de  l'Ordre  de  Léo- 
pold,  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  commandeur 
de  la  Couronne  du  Congo,  de  l'Etoile  brillante  de  Zan- 
zibar, de  Notre-Dame  de  la  Conception  de  Villa-Viciosa 
du  Lion  et  du  Soleil,  grand-officier  de  l'ordre  du  Nichan- 
el-Anovar;  officier  des  ordres  de  la  Légion  d'honneur,  de 
la  Couronne  de  chêne,  de  la  Couronne  d'Italie  et  des 
SS.  Maurice  et  Lazare,  chevalier  de  la  Couronne  royale 
de  Prusse  et  de  l'Ordre  de  Léopold  d'Autriche;  décoré 
de  seconde  classe  de  l'Ordre  de  Sainte-Anne,  de  la  Croix 
militaire  de  deuxième  classe. 


PUBLICATIONS  : 


Carte  du  Kasaï  et  de  la  Lulua  au  200,000e,  ^q  Kwamouth  à  Luebo,  publiée 

par  l'Institut  national  de  géographie,  1888. 
Au  Congo  et  au  Kasaï.  (Weissenbruch,  1888), 
La  Lomami  rectifié  d'après  les  découvertes  de  Delcommune. 
Rapports  présentés  aux  assemblées  générales  de  la  Compagnie  du  chemin 

de  fer.  (1  br.). 
La  reconnaissance  commerciale  du  haut  Congo.  L'avenir  du  chemin  de  fer 

au  Congo.     (Bulletin  de  la  Société  royale  de    géographie   d'Anvers 

1889.  1  br.  in-8o). 
Des  débouchés  que  la  Belgique  peut  trouver  au  Congo.    (Bulletin    de    la 

Société  belge  des  ingénieurs  et  industriels,  1886). 
La  reconnaissance  commerciale  du  haut  Congo.  L'avenir  du  chemin  de  fer 

du  Congo.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  royale  de  géographie 

d'Anvers,  1889,  1  br.  in-8o). 


—  742  — 


Dans  la  région  des  chutes.  Le  marché  de  Kouzo-Kienzi  (Mouvement 
géographique,  1887,  p.  103). 

Mœurs  et  coutumes.  Femmes,  chefs,  petits  chefs,  petits  capitas.  (Mou- 
vement géographique,  1888,  p.  18), 

L'œuvre  africaine  du  roi  Léopold  II  et  la  reprise  immédiate  du  Congo 
par  la  Belgique.  (1  br.  in-8o  de  43  p.,  Biuxelles.  Cercle  africain 
1895). 

Vannexion  du  Congo.  (1  br.  in-8o  de  32  p.,  Bruxelles,  Weissenbruch, 
1895,  et  Mouvement  géographique,  1895,  pp.  26-38). 

Historique  de  la  fondation  de  l'Etat  indépendant  du  Congo  et  orga- 
nisation de  celui-ci.  (Bulletin  de  la  Société  des  ingénieurs  et  des 
industriels,  Bruxelles,   1886). 

V Afrique  centrale  et  l'Association  internationale  africaine.  (1  br.  in-12 
de  20   p.,    Mons,  Manceaux  1878). 

Le  Congo  à  l'Exposition  d'Anvers.  (Bulletin  de  la  Société  royale  de 
géographie  d'Anvers,  1886,  4^  fasc). 

Conférence  sur  le  Congo.   (1   br.   in-4o,  40  p.,  Bruxelles,    1894). 

Au    Congo  et  au    Kasaï.  (in-8o,  60   p.,   Bruxelles.   Weissenbruch,  1888). 

Le  transport  dans   la  région   des  chutes.  (Congo  illustré.  1892,   p.  194). 

Avec  la  collaboration  de  Cambier,  Vauthier  et  Charmanne:  Le  chemin 
de  fer  du  Congo  de  Matadi  à  Léopoldville.  (Bulletin  de  la  Société 
royale  de  géographie  d'Anvers,  1889,  pp.  375-390  et  Bulletin  de  la 
Société   royale   belge  de   géographie,    1889,   pp.  149-183). 

L'expansion  coloniale  belge.  (Article  paru  dans  la  Nation  belge,  Bruxelles, 
Weissenbruch,  1906). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

Histoire  de  vingt  ans.  L'œuvre  coloniale  du  roi  en  Afrique.  (V^  Monnom., 

1898). 
Le  chemin  de   fer  du   Congo,  par  Léon  Trouet. 
Carte  du  chemin    de    fer    du   Congo    de   Matadi   au    Stanley -Pool,    au 

100.000%   par  A.  J.   Wauters. 
Mouvement  géographique,   1888,  p.  46. 
Chapeaux.    Le  Congo  historique^  etc.  pp.  611   et  728. 
Congo  illustré,  1892,    1895,   p.    193. 
Congo  belge,  1902. 

L'Etat  indépendant  du   Congo,   par  A.   J.   Wauters. 
Francken,  Huet,  Claes  et  Cornet.  Rapport  adresse  par  la  commission 

d'enquête. 


—  713  — 

—  Hkm.kpi'TTK.  Rappdvt  de  Ui  section  cantralo,  de,  la  (yhamhre.  des  Repré- 

sentants   (Documonts  pai'lotnontaii'e.s,   1<SÎ)()). 

—  HuBKKT.  Rapport  sur  le  chemin  de  fer  du  dongo. 

—  Annales  parlementaires.  Années  1884,  IS'.M,  181)5,  1896. 

—  Historique  de  l'entreprise  du   Syndicat   de  Mateba.   (Ratinckx,    Anvers, 

18S'J). 

Le    chemin    de    fer.    (D'après    la    Bibliographie 
du    Congo,    de   A.    J.    Wauters.) 

Â.  Les  projets. 

—  Bulletin  du   Club  Africain,     1900,  nos    1-4. 

—  Le  nœud  de  la  question,  chap.    XXXII,   de   l'ouvrage:    Cinq  années  au 

Congo,   1884,  pp.  572  et  573. 

—  Wauters,  A.  J.  —  Le  chemin  de  fer  du  Congo,  chaLp.XlV  ôe  l'ouvrage: 

Le   Congo   au  point  de  vue  économique,  1885,    pp.   207   et  216. 

—  Le  chemin  de  fer  du  Congo.  (1  br.  in-8o,  Bruxelles,    Institut  national  de 

géographie,  1887,  p.  89). 

—  Le  chemin  de  fer  du  Bas-Congo,  concédé  à    la    Congo    railway  C°   de 

Manchester.    (Mouvement    géographique,  1885,  p.  III.;  1886,  pp.   2 
et  83). 

—  Le  chemin  du  fer  du  Congo.  (Mouvement  géographique,  1886,  pp.  2,  87, 

94,  99,  104,  1889,  p.  37). 

—  Chavanne    Dr    J.     Die    Kongobahn.    (Deutsche    Rundschau   fier   géogr. 

und  statistik,  1886.     241). 

B.  Les  Etudes. 

—  Wauters,  A.  J.  Les  expéditions  de  la  Com,pagnie  du  Congo  pour  le  com- 

merce et  l'industrie,  organisation,  départ^  premiers  travaux,  1  br. 
Bruxelles,  Institut  national  de  géographie,  1887) 

—  Cambier    Ern.     Etudes    du    chemin    de  fer    du    Congo.    Rapport    avec 

une  carte.  (Mouvement  géographique,  1888,  p.  99). 

—  Charmanne    h.    L'expédition  du  chemin    de  fer.  Rapport.    (Mouvement 

géographique,  1888,  p.  90). 

—  Cambier  Ern.  Le  chemin  de  fer  du  Congo  entre  Palabala  et  la  Lukunga. 

(Bulletin   de  la  Société  royale    de  Géographie    d'Anvers,    1889,    pp. 
366,  375, 

—  Charmanne.    H.  Le  chemin  de  fer  du  Congo.  Rapport.   (Mouvement  géo- 

graphique, 1889,  p.  14). 

—  Cambier,  Vauthier,    G.,    Charmanne,    H.,  Thys.  Le   chemin  du  fer  du 

Congo.  (Bulletin  de  la  Société  royale  de  géographie  d'Anvers,  1888- 
1889,  no  4). 


—  744  — 

Chah  MANNE,  fi.  Le  chemin  de  fer  du  (jnigo  de  Maladi  à  Léopoldmlle. 
(Hulletin  de  la  Société  royale  de  géogi'aphie  d'Anvers,  1889,  pp.  375- 
390  et  Bull«tin  de  la  Société  royale  bel^^e  de  géographie,  1889, 
pp.   149-183). 

Vauthier.  g.  Le  chemhi  de  fer  du  Congo  de  Matadi  à  Léopoldville. 
Les  environs  de  Matadi  et  le  massif  de  Palabala.  (Bulletin  de  la 
Société  royale  de  géog-raphie  d'Anvers,  1889,  pp.  375-390;  Hulletin 
de  la  Société  royale  belj^e  de  géographie,  p.  149-183). 

Le  chemin  de  fer  du  Congo  de  Matadi  au  Stanley- PooL  (Brochure 
blanche).  Résultats  des  études.  Rédaction  de  l'avant-pmjet.  Con- 
clusions. Avec  24  annexes,  cartes,  plans,  devis,  notes  diverses.  Bru- 
xelles,   Weissenbruch,  1889). 


G.  Constitution  de  la  Société. 

BhEKNAERT  AuG.    Projet   de  loi  du   2(3  juin  1889  et  exposé   des  motifs. 

(Moniteur    belge.    Document   no    219.    1889,    p.    169  et  Mouvement 

géographique,   1889,    p.  49). 
NoTHoMB  Alphonse.  Rapport  fait  au  nom   de  la  section  centrale  de  la 

Chambre  des  représentants    sur  le  projet    de    loi  du  2ù  juin  1889. 

(Moniteur   belge.    Document    n»   238.    1889,    p.    171    et    mouvement 

géographique,  1889,  p.   53). 
Chambre  des  représentants,  séances  des  10  et  23  juillet  1889.  Discussion 

et  vote  du  projet  de   loi  du  26  juin   1889. 
Sénat.  Séance  du  26  juillet   1889.  Discussion    et  vote  du  projet    de  loi 

du   26  juin   1889. 
Rapport  du  Conseil  d' administration  de  la   Compagnie  du  Congo  pour 

le  commerce    et    f  industrie  sur   les    mesures    à    ])rendre  pour  la 

construction     du    chemin    de    fer    de    Matadi    au    Stanley-Pool. 

(Mouvement  géographique,   1889,  p.   58). 
Constitution  de  la  compagnie  de  co7istruction .  Emission  publique.  (Mou- 
vement géographique,  1889,  p.  58,  59|  61  et  78). 
Statuts.  Cahier  des  charges.  Tarif  Bruxelles.  Bourlard,  1890. 
Zboinski.  Xe   chemin    de  fer  de  l'Etat  indépendant  du  Congo.  (Bulletin 

de    la    Société  royale    de   géographie    d'Anvers,    1890,  pp.    123-142; 

Revue  universelle  des  mines,  1890,  et  1  br.  in-8o  avec  1  carte). 

D.  Les  premiers  travaux. 

Départ  de  la  première  brigade  de  construction.    (Mouvement  géographi- 
que, 1889,  p.  78). 


—  745  — 

Rapport  (lit  Conseil  ancc  asse>nhI(U's    f/tbnh'tilt's  ((es  •?!  juillet  et   '^3  août, 

LSIH),  (1  br.  in-lS).    Hriixollt<s,    L.    lioiiilanl,    IWO    et    Mouvoment 

gôojrraphiqiio,  ISIH),  p.   83. 
Rapport  (lu  (■'))iseil  à  VassembUe  générale  du  21  janvier    1891.  Bilan 

an  :î()  juin   181)0.   (l    br.    Hruxollns.  L.     I^)iirlar(l    18ÎK)   et    Mouve- 
ment géo/.M'aphique,    18U1,  p.  8j. 
Wautkhs,    a.   .1.  Matadi  (Congo  illustré,   1892,  pp.    1,    12,    20,    30,   41, 

08  et  80;    1893.   pp.   140  et   172). 
Le  ravin  Léopold.    (Congo   illustré,  1892,    pp.  92,  84   et  108). 
Le  massif  de  Matadi,   (id.    1892,   pp.    110  et  213). 
La  Mpozo,  (id.  1892,   p.   150;  1893,   p.  52). 

Le  Massif  de   Palabala,    (id.    1892,    p.   188;    1893,   p.    4   et  150). 
Le  ravin  du  Diable,   (id.    1893.   p.  124). 
Les  ponts  de   la  ligne,   (id.   1892,    pp.  28,  100,    140,   104   et   190;    1903, 

pp.   20,   09,   84,    132  et  180;    1894,    pp.    52,  101  et  118). 
Les  aqueducs^   (id.  1893,   p.  12). 
Le  personnel  ouvrier^  (id.    1892.    pp.  52   et  124). 
Les   Chinois,    (id.  1893.  p.  100). 
DE  Smkt  de  Naeyer.    Projet  de  loi  du  2A  mai  \S9iet  exposé  des  motifs 

(Documents  parlementaires  n»  197  et  Mouvement  géographique,  1894, 

p.  50). 
Hubert,  ingénieur.  Rapport  sur  le  chemin  de  fer  du  Congo.  Annexe  III 

de  l'exposé  des  motifs  du  projet  de  loi  du  28  mai  1894.  (Documents 

parlementaires  pp.  41-05). 
Rapport  du  Conseil  à  l'assemblée  générale  du  -ijuin  1894.  (1  br.  Bruxelles 

Weisenbi-ucb,  1894  et  Mouvement  géographique,  1894,  p.  50). 
Fris.  Rapport   fait  au  nom   de  la  section    centrale  de  la   Cham,bre  des 

représentants  sur  le  projet  de  loi  du  28  mai  1894.  Séance  du  ^  juin 

1894.  (Document  pailementaire  n°  238). 
Loi  hypothécaire.  (Bulletin  officiel  de  l'Etat  du  Congo,  1894,  p.  125). 
Chambre  des    Représentants,  séance  du  12  juin  1894,  déclaration  de  de 

Burlet,  relative  au  chemin  de  fer.  (Mouvement  géographique,  24  juin 

1894). 
Rapports  du  Conseil  aux  assemblées  générales  des  22  août  1894,  16  janv, 

et    20    avril    1895.  Bilan    du  SO  juin   1894.   Approbation  à  un  em- 

priint  hypothécaire.  (1   br.  Bruxelles,  Weissenbruch,  1895). 
De  Hert,  le  p.    De  Matadi    à  Kimuenza  par    Luvituku.    (Précis  his- 
toriques, 1895  pp.  105,  108,  234;  Mouvement  géographique  1895,  p.  73). 
Wauteks  a.  J.  Les   travaux  de  la  2^  section  Kenge-Lufu  et  les  premiers 

résultats  de  l'expédition.    Congo    illustr.  1894,    p.    119,    101,    193; 

1885,  pp.  30  et  70. 
Les  travailleurs  indigènes ,  (id.,  1893,  p.  148). 


—  74G  — 

Les  cantines.  (Id..,  1893,  p.   108). 

Charmannk  h.  Conférence  (Mouvement  géofrraphiqiie,  1892,  p.  119). 

Rapport  du  Conseil  de  l'assemblée  générale  du  20  Janvier  1892,  Bilan 
au  ^0  juin  1891.  (Bruxelles,  L.  Boudard,  1892,  et  Mouvement  géo- 
graphique, 1892,  p.  6). 

Rapport  du  Conseil  à  rassemblée  générale  du  18  janvier  1893.  Bilan 
au  ^Q  juin  1893,  1  br..  (Bruxelles,  Weissenbruch,  1893,  et  Mou- 
vement géographique,  1893,  p.  5). 

Slosse  Eug.  En  avant  avec  la  brigade  d'études.  (Congo  illustré,  1894, 
pp.  2^j,  35,  42,  54,  60,  71  et  76). 

Prolongation  du  délai  de  construction.  (Bulletin  officiel  de  l'Etat  du 
Congo,  1893,  p.  8). 

DE  Lavelkye.  Le  chemin  de  fer  du  Congo.  (Monit.  Int.  Mater.  20  août 
1893). 

E.  Inauguration  de  la  ligne. 

Exploitation  de  Matadi  à  Kenge.  Règlement.  (1  br.  Bruxelles,  Weissen- 
bruch, 1893). 

Règlement  pour  les  agents  en  service.  (Bulletin  officiel  de  l'Etat  indé- 
pendant du  Congo,    1894,    p.    142). 

L'inauguration  de  la  1^  section  {Matadi- Kenge).  Discours  du  gouverneur 
général   major  Wahis.    (Mouvement  géographique,   1894,    p.  3). 

Rapport  du  Conseil  à  l'assemblée  générale  du  M  janvier  1894.  (Bruxelles, 
Weissenbruch,  1894]. 

F.  Intervention  du  gouvernement  belge.  Emprunt  hypothécaire. 

Achèvement  de  la  2''  section  (Kenge-Luiu). 

Chambre  des  représentants .  Literpellation  Lambiotte.  (Annales  parle- 
mentaii'es  du  24  avril  1894  et  Mouvement  géographique,  1894,  p   35). 

Rapport  du  conseil  aux  assemblées  générales  des  25  avril  et  16  mai  1894, 
projet  de  convention  à  conclure  avec  l'Efat  belge.  (1  br.  in-8o,  Bru- 
xelles,  Weissenbruch,   1894). 


■A 


CHARMANNE,  Hector. 


Cliché  du  Mouvement  géographique. 


—  747  — 

CHARMANNE,   hector.  jules    joseph. 

ii(>  [\   Vv('s-(ioiii{»/('îO  ([)r()\iiic(i  (le  iNniuur),  lu  1  j;ni\i<M'  l<srir*. 

In<4(''niour  dos  arts  cl  manuracturos,  du  <j!;rm(\  civil  et  des 
iiiines  des  Ecoles  spéciales  de  l'IIniversilé  de  Loiivaiii  (iH74). 

Lors(iue  Stanley,  après  son  ina^nifi(jue  voyage  à  travers 
l'Afrique,  apprit  au  monde  civilise  ([u'une  zone  montagneuse 
d(^  trois  cents  kilomètres  seulement  séparait  les  vastes  pla- 
teaux du  Haut-Congo  de  l'Océan,  la  question  du  chemin 
de  fer  du  Congo  fut   posée. 

En  1880,  la  Compagnie  du  Congo  pour  le  commerce  et  l'in- 
dustrie fut  fondée.  Son  but  princi[)al  et  immédiat  était  l'étude 
du  chemin  de  fer,  qui  devait  faciliter  l'accès  au  haut  bassin 
du  lleuve  et  son  exploitation  commerciale  et  industrielle. 

Préparé  par  une  longue  pratique  et  une  parfaite  con- 
naissance de  la  construction  des  voies  ferrées,  acquises  au 
chemin  de  fer  du  plateau  de  Hervé  d'abord  et  en  Tunisie 
ensuite,  Charmanne  s'engage  au  service  de  la  Compagnie 
du  Congo,  en  qualité  de  chef  de  brigade  pour  les  études 
du  chemin  de  fer  projeté  entre  Matadi  et  Stanley-Pool  et 
s'embarque  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  avecThys,  Cambier 
et  Vauthier. 

Dès  le  15  juin  est  entreprise  la  reconnaissance  de  la  région 
comprise  entre  Matadi  et  Léopold ville. 

«  La  mission  d'études  devait  faire  une  reconnaissance  d'ensemble 
»  et  des  cheminements,  en  vue  de  déterminer  la  direction  à  adopter  ; 
»  puis,  elle  lèverait  au  tachéomètre  une  zone  de  cent  à  quatre 
»  cents  mètres  de  largeur,  dans  laquelle  put  s'incrire  un  tracé 
»  comportant  des  inclinaisons  maxima  de  quarante-cinq  millimètres 
»  par  mètre,  en  alignement  droit,  et  des  courbes  d'un  rayon  de 
»  cinquante  mètres  au  moins,  évitant  les  tunnels  et  éi)Ousant  le 
»  terrain  autant  que  possible,  afin  de  réduire  au  minimum  l'im- 
»  portance  des   ouvrages  d'art  et   des   terrassements. 

»  Le  plan  serait  dressé  à  l'échelle  de  un  à  cinq  mille  et  l'équi- 
»  distance   varierait  de   un   k    cinq    mètres   d'après    FfiUure   de    la 


—  748  — 

»  zone   lovée;    les  abords  des   ouvrages  seraient  levés  en  diUail  et 
»  rapportés    à    l'échelle    de   l/1000^ 

»  Tous  les  renseignements  sur  rem[)lacement,  l'importance  et  la 
»  nature  des  ouvrages,  r(Mn})lacement  et  les  conditions  d'étal)! issc- 
»  ment  des  prises  d'eau  et  des  gares,  la  nature  du  sol,  la  dureté  des 
»  roches,  les  lignes  des  [)lus  hautes  eaux,  la  valeur  et  le  coût  de 
»  la  main  d'onivre,  etc.,  devaient  être  soigneusement  recueillis.  En 
»  l'ésumc',  la  mission  avait  à  réunir  tous  les  éléments  nécessaires 
»   pour  l'établissement   d'un  avant-projet  et  d'un  devis  a])proximatif. 

»  Elle  (hwait,  clia,(jue  Jour,  calculer  les  côtes,  les  distances  et 
»  les  coordonnées,  rapporter  sur  les  plans  toutes  les  opérations 
»  faites  sur  le  terrain  et  classer  tous  les  croquis  cheminements 
»  et  renseignements  divers.  Elle  devait  aussi  fixer  au  théodolite 
»  les  coordonnées  astronomi(jues  des  deux  terminus  et  de  quehpies 
»  })oints    intermédiaires  du    tracé. 

(Le  chemin  de  fer  du   Congo,   par   Louis  Goffix,  \).  24). 

A  la  fin  de  juillet  1887,  le  directeur  des  études,  Cambier, 
douze  ingénieurs  et  un  médecin  sont  réunis  à  Matadi. 

Gharmanne  prend  le  commandement  de  la  deuxième  bri- 
gade de  l'expédition,  tandis  que  Cambier  dirige  la  première. 
Les  études  du  tracé  sont  commencées  au  mois  d'août  1887. 

«  Les  brigades  tachéométriques  se  composent  chacune  d'un  chef 
»  de  brigade  faisant  les  croquis  à  vue  de  la  zone  levée,  choisis- 
»  sant  les  stations  et  plaçant  les  i)orte-mires,  d'un  opérateur  à 
»  l'instrument  et  d'un  opérateur  au  carnet.  Elles  lèvent  des  sections 
»  de  cin(|  à  dix  kilomètres,  se  dépassant  successivement  les  unes 
»  les  autres,  à  mesure  de  l'avancement  des  opérations.  Des  Haoussas 
»  (nègres  de  la  Côte  d'Or)  des  Cafres  et  des  Zoulous  servent 
»  de  porte-mires,  débroussent  et  déboisent  des  laies  de  visée,  à 
»  la  machete  (sorte  de  sabre  hache)  et  à  la  scie  articulée  ;  ils 
»  aident  les  porteurs  indigènes  lors  des  changements  de  camp. 
»  Les  blancs  logent  sous  la  tente  et  les  noirs  en  plein  air,  autour 
»  des   feux    ou   sous    des    a])ris    improvisés    faits   d'herbages..    Les 


—  7.10  - 

»  lirii;';i(l('s  I  r;i\  aillciil  de  six  liciircs  du  iii;iliii  ;i  midi  siii-  le  tcn'Jiiii, 
>'^  It'vanl  cliaciiiic  de  (iiiad'c  a  ciiui  cents  poiiils  eu  nue  iiiatiiK-c  cl, 
»  Caisaiil  des  stations  ('doiiiiKM's  de  trois  coiit  s  met  rcs  an  iiiaxinnuo. 
»   Los  plans  sont  ('on'e<'tionn(''s   rapi-rs-inidi  dans  nnc  tcntc-lnirran. 

»  L^nanceiiUMit  (|Uoti(li(Mi  du  Icnci',  dans  ces  rt'^ions  vierges, 
»  accidonlôos,  d(''|ionr\  nés  de  routes,  couvertes  d'Iierlies  de  trois 
»  à  (juatre  mèti'es  de  hauteur,  parsoinées  de  l)ois  et,  de  marais, 
»  coupi'es  lVé(juomment  }iar  d(\s  rivières  ci  des  ra\iiis,  Int.  r(dati- 
»  vcMiient  ra})ide.  11  était  i)r('[)ar('  ci  facilito  [)ar  une  reconnaissance 
»  préalable  qui  permettait  aux  brigades  tachéoniétriques  de  lever 
»  sans  tâtonnement,  sans  recherches,  presfpie  m(''cani(jnement.  » 
(Le  chemin   de   fer   du    Congo^   yav  Loris  (iokfin,  }).  2.")). 

Les  opérations  sont  suspendues  en  décemljre,  à  cause  des 
chaleurs,  et  reprises  en  juillet  1888. 

Pendant  l'absence  de  Ganibier,  rentré  en  Europe,  Gliar- 
nianne  est  mis  à  la  tête  de  l'expédition  réunie  (18  juillet 
1888)  et  arrive  à  Kinshasa  sur  le  Stanlcy-Pool,  avec  l'avant- 
^arde  le  4  novembre  1888,  après  avoir  achevé  le  levé  complet 
des  quatre  cents  kilomètres  de  la  voie  ferrée. 

«  Le  lever  avait  donc  été  fait  à  raison  de  quarante  kilomètres  en 
»  moyenne  par  mois,  dans  un  pays  entièrement  neuf  et  très  tourmenté, 
»  où  les  difficultés  étaient,  par  endroits,  vraiment  accumulées  (id.)  » 

Les  premières  études  tachéoniétriques  sont  terminées  en 
décembre  1888  et  les  ingénieurs  rentrent  en  Europe  l'année 
suivante. 

Les  résultats,  avec  le  devis  général  de  l'entreprise  et 
le  cahier  des  charges,  furent  consignés  dans  un  fascicule, 
connu  sous  le  nom  de  Brochu7^e  blanche,  qui  contenait  un 
exposé  complet  et  probant  de  la  question.  Elle  concluait 
c{u'un  capital  de  vingt-cinq  million  suffirait  pour  construire, 
entre  Matadi  et  le  Pool,  une  voie  de  ([uatre  cent  trente- 
six  kilomètres   de   longueur,   acheter  le  matériel  roulant. 


—  750  — 

couvrir  les  frais  généraux  et  servir  les  intérêts  intercalaires 
pendant  la  période  de  construction,  évaluée  à  (juatre 
années  ('). 

La  compagnie  du  chemin  de  ier  du  Congo  fut  constituée, 
au  capital  de  ving"t-cinq  millions  de  francs,  le  31  juillet 
1889  (2)  (^). 

Tliys  —  qui  s'était  cliarg-é  de  la  direction  générale  de  l'entre- 
prise, et  allait  se  rendre  chaque  année  en  Afrique,  pour 
s'assurer  personnellement  de  la  marche  des  travaux  et 
arrêter,  avec  le  directeur,  les  dispositions  générales  à  pren- 
dre —  s'était  adjoint,  à  Bruxelles,  Gambier,  ancien  direcleur 
des  études  tachéométriques,  le  major  Laurent,  A.  J.Wauters, 
secrétaire  général,  et  l'ingénieur  Trouet,  chef  du  bureau 
technique,  chargé  de  la  commande  des  tabliers  métalliques, 
du  matériel  fixe  et  du  matériel  roulant 

La  direction  générale  à  Bruxelles  eut  une  tâche  très  rude. 
Elle  eut  à  engager, au  cours  de  la  construction,  mille  trois  cent 
quarante-neuf  blancs,  ingénieurs,  conducteurs,  employés,  arti- 
sans. Elle  dut  faire  recruter  à  Zanzibar,  au  Sénégal,  à  Lagos, 
aux  Açores,  au  Dahomey,  à  Sierra  Leone,  aux  Antilles,  plus 
de  quinze  mille  noirs;  à  Macao,  cinq  cent  vingt-neuf  coolies. 
Elle  fut  contrariée  dans  ses  opérations  de  recrutement,  à  la 
côte  occidentale  d'Afrique,  d'abord  par  la  panique  qu'y  avait 
jetée  l'excessive  mortalité  des  débuts,  ensuite  parles  gouver- 
nements locaux  qui  empêchaient,  autant  que  possible,  l'ex- 
patriation de  leurs  indigènes,  l.a  direction  avait  aussi  à 
approvisionner  tout  ce  monde  de  vivres  pendant  huit  années. 


(1)  L'Etat  indépendant  du  Congo,  par  A    J.  Wauters.  p.  359. 

(2}  La  compagnie  a  eu  successivement  comme  président  :  Sabatier;  Jules 
Tlrban;  Ed.  Despret  et  De  Volder.  Le  comité  permanent  d'administration 
est  composé  aujourd'hui  du  directeur  général,  du  président,  du  vice-président 
et  de  Jean  Cousin,  Georges  de  Laveleye  et  Frans  E^hilippson. 

(3)  Pour  la  constitution  de  la  Compagnie  du  Congo  pour  le  commerce  et 
l'industrie  et  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo,  voir  chapitre 
II  du  remarquable  ouvrage  de  M.  Oortin.  Le  chemin  de  fer  du  Congo. 


—    /;rl   — 

l'Jlo  comiiinntln  el  e\p(''(li;i  I(^  miil/'iid  lixc,  le  nKiléi-id  l'oii- 
ImiiL    roulilhiiîc,   les   iii;il(''i'i;iii.\  (h'  conslriidion  ('). 

Investi,  \)[\v  l;i  (]()ini);i^iii(i  du  cliciiiiii  (l(i  IVm',  coimiio  in^V;- 
nn'wv  en  cIk^I",  de  la  dircclioii  des  travaux  de  la  construction 
en  Arii(iu(%  (^harmanne  s'enibar([ue,  le  (>  lévrier  1890,  à 
Lisbonne,  accomi)agné  de  l'ingénieur  Lani])otte,  —  (|ui  a 
('gaiement  fait  les  deux  campagnes  de  la  brigade  d'études, 
—  de  Maka  et  Beunck,  comptables,  de  Grumieaux,  conduc- 
teui'  de  travaux,  de  Moers  et  Legros,  magasiniers,  et  de  De 
Dobbeleer,  monteur  (-)• 

Gharmanne  avait  la  charge  des  études  définitives  et  de 
la  construction,  ainsi  que  de  l'exploitation,  sur  les  sections 
(jui  seraient  successivement  ouvertes  au  trafic.  Et,  au  préa- 
lable, c'est  à  lui  qu'était  réservée  la  tâche  difficile  d'installer 
les  premiers  campements  à  Matadi,  sous  les  latitudes  équa- 
toriales,  dans  un  endroit  aride,  désert;  d'édifier  les  premiers 
bâtiments,  d'organiser  les  services,  de  créer  de  toutes  pièces 
une  gare  de  formation  et  un  port,  de  former  les  équipes 
de  travailleurs,  d'attaquer  les  premiers  kilomètres,  de  les 
accrocher  le  long  des  flancs  à  pic  au-dessus  du  Congo. 

En  mars  eut  lieu  l'ouverture  des  travaux  de  la  construc- 
tion, sous  la  direction  de  Gharmanne. 

"  Le  premier  travail  à  effectuer,  en  même  temps  qu'on 
V  s'organisait  au  point  de  départ,  était  d'implanter  l'axe  defi- 
»  nitif  sur  un  certain  nombre  de  kilomètres,  pour  pouvoir 
îî  placer  en  chantiers,  les  contingents  de  travailleurs,  qui 
«  allaient  bientôt  être  mis  à  la  disposition  de  la  direction. 

«  Une  brigade  d'études  fut  formée  et  eut  pour  chefs  suc- 
«  cessifs:  Vauthier  qui,  à  la  suite  de  fièvre,  dut  regagner 
«  l'Europe  au  mois  d'octobre  1890;  Bergier,  ingénieur  fran- 

(1)  Les  considérations  techniques  de  cette  notice  sont  empruntées  au 
livre  de  M.  Goffîn. 

(2)  Dès  le  7  janvier  1890,  les  premiers  ingénieurs  se  trouvaient  au  Congo 
avec  le  docteur  Bourguignon:  Vauthier,  Bergier,  Paulissen,  Gottin,  et  enfin 
Biermans  et  Cote. 


—  752   — 


rais  f{iii,  rentré  malade  à  Paris,  y  mourut  en  1901;  Bastin, 
({uo  la  fièvre  enleva  en  1891,  et  Adam,  occui)é  actuelle- 
meul  à  construire  les  chemins  de  fer  du  Congo  supé- 
rieur ('). 

,,  Kn  môme  temps  que  la  l)rigade  d'études  définitives 
faisait  l'implantation  de  l'axe,  il  fallait  tout  d'abord  orga- 
niser Matadi,  point  de  départ.  On  commença  par  élever 
sur  les  parties  émergentes  de  la  petite  plaine  basse  et 
sur  les  escarpements  circonvoisins,  des  baraquements  en 
planches  pour  le  personnel  blanc  et  pour  le  personnel 
noir,  ainsi  que  des  magasins  pour  les  vivres,  l'outillage 
et  le  petit  matériel.  On  établit  sur  pieux  à  vis  un  pier 
métallique,  auquel  les  navires  de  haute  mer,  purent 
bientôt  venir  décharger  les  approvisionnements  de  toutes 
espèces,  envoyés  pour  les  besoins  des  travaux  (^).  » 


* 
*     * 


Le  1  juillet  1890,  la  direction  disposait  de  quatre  cent 
sept  Krooboys  et  de  cent  quatre-vingt-deux  Zanzibarites, 
en  tout  cinq  cent  quatre-vingt-neuf  travailleurs,  dont  beau- 
coup étaient  employés  à  la  construction  du  pier  et  des 
magasins  et  logements  provisoires.  Avec  les  quatre  cent 
trente  noirs  restants  (parmi  lesquels  il  y  avait  cent  soixante- 
dix  gamins)  et  vingt-huit  mineurs  italiens,  on  commença 
les  travaux  d'infrastructure.  Le  pied  des  montagnes  de  Matadi 
fut  attaqué  à  la  dynamite  et  la  partie  basse,  submergée 
aux  hautes  eaux,  fut  remblavée. 


(1)  Pour  les  travaux  de  la  brigade  d'études,  voir  Chapitre  V.  Etudes  défi- 
nitives et  implantation  de  l'axe.  Le  chemin  de  fer  du  Congfiy  par  L. 
GoKFix.  Weissenbruch.  Bruxelles,   1907. 

(2)  Matadi  est  actuellement  le  port  le  mieux  outillé  de  toute  la  côte 
occidentale  d'AlVicjue,  et  le  seul,  avec  Borna,  ou  les  navires  déchargent 
leurs  marchandises  et  prennent  leur  chargement  directement  dans  les^ 
wagons  de  chemin  de  fer. 


-  75:^   - 

L(^  8  so|)toml)ro  1S90.  (]li;inii;mii(^  oxjilni'c  ;iv(îc  Hnslin. 
Sjoki'oïKi  cl  Mn^cM'v,  l;i  l'i'i^ioii  (jiii  s'cilciid  ciilfc  le  rc.père, 
jippclc  sur  les  (Mi'lvs  le  Moiiolillie  (i'i\(^,  droilc  de  l;i  lioin- 
J)isi)  ol  \(\  c'(Mil,i'(^  popiihuix  (le  Kiiisuk;i,  dnns  hî  huL  do 
recherclK^'  pour  le  clieniin  do  for  un  U'aco  [)lus  court  ol 
plus  facilo  ([uo  celui  qui  avait  otô  ])rovisoiroineiit  adopté 
on   1888,  via  Kimpeso. 

Los  doux  soulos  rivières  un  [)ou  importantes  que  franchit 
l'iti  Horaire  sont  la    Lu  lu  et  le  Kwilu. 

Le  cours  du  Kwilu  est  reconnu  dans  tout  le  grand  coude 
qu'il  fait  au  Sud  de  Kimpeso. 

La  rivière  reçoit  du  Sud  six  affluents:  le  Sensikua,  le 
l^an^asi,  le  Nsamba,  le  Mavolo,  le  Lusolosi  et  le  Malulu. 
A  l'Est  de  Kimpese,  débouche  sur  la  rive  droite   le  Gon^^-o. 

Partis  de  Matadi,  les  voyageurs  arrêtent  le  20  'septem- 
bre leur  reconnaissance  vers  l'ii^st,  un  peu  au  delà  de  la 
Mawette,  à  la  rive  du  Gongo,  et  le  27  ils  sont  de  retour 
au  Monolithe,  où  est  établi  un  campement  qui  sert  de 
base  aux  travaux  de  la  première  brigade  d'études  sous  la 
direction  de  Bastin  (Mouvement  Géographique,  1890,  n"  22). 

A  mesure  que  les  contingents  de  travailleurs  arrivaient, 
ils  étaient  échelonnés  sur  les  premiers  kilomètres,  c'est-à-dire 
sur  cette  partie  du  tracé  qui  remonte  le  Congo,  traverse 
le  ravin  Léopold,  s'accroche  aux  flancs  escarpés,  parfois 
verticaux,  de  la  rive  gauche  du  fleuve,  à  quarante  mètres  - 
au-dessus  des  eaux,  pour  pénétrer  ensuite  dans  la  vallée  de 
la  Pozo,  qu'il  suit  sur  un  développement  de  quatre  kilo- 
mètres et  qu'il  franchit,  au  kilomètre  huit,  au  moyen  d'un 
pont  de  soixante  mètres  d'une  seule  travée.  Les  travaux 
de  ces  huit  kilomètres  furent  importants  et  pénibles.  (Le 
pont  de  la   Pozo  fut  inaugurée  le  8  juillet  1892). 

Gharmanne  était  rentré  en  Belgique  en  janvier  1891  et, 
après  avoir  pris  quatre  mois  de  repos,  était  retourné  en 
Afrique  le  18  avril  1891,  où  il  prolongea  son  séjour  jusqu'en 
septembre  1892.  La  voie  était  alors  parvenue  au  kilomètre 


—  751  — 

iHMif  (M  le  ft'ros  dos  terrassements  était  teriniii/'  jiisfjue  Pala- 
halla.  l^lspaiH^.t  prit  alors  la  succession  de  Cliai'nianiie. 

La  coiislriiction  (Uait  (uitravcc  par  h*,  manrpie  de  travail- 
leurs ri  la  moi'talité  (|ui  avait  d(''cini(i  le  i)ersonnel  hlanc 
autant  ([ue  le  personnel  noir,  princi[)alenient  dans  la  vallée 
de  la   Pozo. 

Le  (piatriènie  dcpai't  de  (]harmanne  date  du  0  juin  1893. 

Kn  juillet  1893,  Kspanet  lui  nnnol  la  direction;  la  Coni- 
j)a<^irn^  avait,  en  (^fïet,  d(''ci(l(''  de  s'attacher  deux  directeurs 
alternant  d'aïuiée  en  anni'e,  décision  très  sage,  dit  iM.  Gof- 
lin,  (Ml  é»^ar(l  au  climat  et  à  cause  de  la  l'ati<j;-u(^.  et  de  la 
tension  d'esprit  continuelh^   (pi'il    fallait  s'imposer. 

Lu  mai  189  L  le  l'ail  arrivait  au  kilomètre  cinquante-trois, 
la  i)late-rorme  au  kilomètre  soixante-et-un.  A  cette  é[)ofiue, 
l^]spanet  retourne  au  (^oni^'o  et,  en  treize  mois,  mène  la  voie 
au  kilomètre  cent  deux,  la  })late-l'orme  au  kilomètre  cent 
trois,  ce  (pii  correspond  à  un  avancement  annuel  de  (pia- 
rante  kilomètres  environ. 

En  juin  1895,  Gliarmiime  ({uitte  le  service  de  la  Com- 
pa«^'nie  et  Gollin    prend    la   direction  de  l'entreprise. 

(^harmanne  diri'^e  ensuite  une  imi)ortante  entreprise 
commerciaux  en  Tunisie  et  est  nommé  successivement  consul 
à  (ialcutta,  à   Durban,   consul   général   à   Ottawa  (Canada). 

Il  est  actuellement  consul  gtMiéral,  ministre  résident  à 
La  Havane,  chevalier  de  l'Ordre  de  L(>opold,  olllcier  de 
l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  troisième  classe  du  Nichan 
irtikhar,  olïicier  d'Académie  de  France. 

PUBLICATIONS: 


Vexpédition  du  chemi)i  de  fh\  en  collaboration  avec  Thys.  Cambier  et 
Vautliior.   Kapport.  Mouvomont  gêograpliitiue.   188S.  p    W. 

Le  chemin  de  frr  du  Congo.  (^Hullotiii  do  la  Socit'tc  rovalo  de  Oôoiira- 
piiio  trAnvers).  (\)llaboratoui's:  Thys,  Naulliior.  o(  Cambier).  1888, 
188'.),     Il"  4. 


VAUTHIER,  Gustave. 


—  755  — 

Le  chemin  de  fer  du  Congo,  de  ^[ata(li  à  L(\oj)ildoiUe.  ('Hiillctiii  (h;  la 
Sociôlô  royale  (lo  (loo^rapliic  <rAiiV(!rs,  IHS'J,  pp.  .'i?.'),  ;}'.)(),  et  liiillotiii 
(l(^  la  Sociôtô  royalo  boli>:o  do  (}('M)<j:raphio,  IH.S'.),  pp    149  et  RuivantoH). 

Le  chemin  de  fer  du  Congo  depuis  Lnhnnf/n  Jns(]iiau  Stanley -Pool  et 
la  ci^'cunuiavif/atiiDi  du  Pool.  CouIci'caïcc  (loiiiiciîà  rAl,li(';ii<''(!  <rAiiv(îrK, 
le  20  avril  ISS'.). 

Le  chemin  de  fer  du  Congo.  (Mouvcnioiii  }^(';o^n'n[)lii(iiio,   1889,  p.   1  1). 

Conférence.  (iMouvcmoiit  (ïéofi^raphiijuc,  1892,  \).   119). 

Rapport  du  Conseil  à  l' assemblée  générale  du  20  Janvier  1892,  1  br. 
in-8'',  Hnixellcs,  Hourlard,  1892,  ci  Mouvement  géo<^raphi(|iie,  1892, 
p.  G. 

Id  à  Rassemblée  du  fS  Janvier  1893,  1  br.  iii-8",  Bruxelles,  Weisscn- 
bruch,   1893,  et  Mouvement  géographifpie,  1893,  p.  5, 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Congo  illustré,    1892,  p.  137. 

L.  GoFFiN.  Le  chemin  de  fer  du  Congo.  (Matadi-Stanley-l'ool).  Bruxel- 
les, Weissenbruch,  1907. 


VAUTHIER,    GUSTAVE. 

né  à  Bruxelles,   le  11  janvier  18G1. 

Après  des  humanités  complètes  faites,  avec  grand  fruit,  à 
l'Athénée  de  Bruxelles,  il  ohtient  le  diplôme  d'ingénieur 
des  ponts   et  chaussées   de  l'Université  de  Gand  (1884). 

Ingénieur  au  chemin  de  fer  du  Grand  Central  belge. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  avec  le  capitaine  Cambier 
et  la  brigade  d'études,  chargée  de  l'exploration  technique 
des  terrains  de  Matadi  au  Pool,  en  vue  de  la  création 
du  chemin  de  fer. 

Il  étudie,  comme  adjoint  de  Cambier,  toute  la  voie  jus- 
qu'au Stanle3^-Pool. 

Rentré  en  Belgique  en  janvier  1889,  Vauthier  repart,  le 
11  octobre  de  la  même  année,  et  est  employé  comme  chef  de 


—  750  — 

brigade  au  tracé  définitif  de  la  voie  et  aux  premiers  travaux 
pour  la  tra veinée  de  la  rivière  Pozo  et  du  col  de  Pallabala. 
Fait  fonction  de  directeur  de  l'expédition  au  commence- 
ment de  février  1890,  en  attendant  l'arrivée  de  Charmanne. 
Après  un  séjour  de  dix  mois,  Vauthier  est  forcé  de  s'em- 
barquer d'urgence  pour  l'Europe,  gravement  atteint,  et 
rentre  à  Bruxelles,  le  (3  octobre  1890. 

Vauthier  parvient  heureusement  à  se  rétablir  et  part  pour 
le  Brésil,  le  20  janvier  1891,  en  qualité  d'ingénieur  de  la 
Compagnie  des  chemins  de  fer  secondaires  pour  le  ser- 
vice des  entreprises  du  Brésil,  à  la  disposition  du  Comité 
d'administration  de  la  Compagnie  des  chemins  de  fer  du 
Sud-Ouest  brésilien. 

Arrivé  au  Brésil,  il  est  nommé  ingénieur  en  chef  des 
études  aux  chemins  de  fer  Sud-Ouest  brésiliens  avec  rési- 
dence à  Ponta   Grossa  (Parana). 

En  novembre  1891,  il  est  chargé,  comme  ingénieur  direc- 
teur, de  la  construction  de  la  ligne  de  Santa-Maria  à  Cruz- 
Alta  (Rio  Grande  do  Sul),  et  ensuite,  des  prolongements 
de  cette  ligne. 

En  octobre  1893.  il  est  chargé  en  la  même  qualité  de 
la  construction  des  prolongements  du  chemin  de  fer  de 
Porto  Alegre   à  Uruguyana. 

En  avril  1899.  il  est  nommé  directeur  de  la  Compagnie 
des  chemins  de  fer  Sud-Ouest  brésiliens  et  de  Porto  Alegre 
à  Uruguyana. 

C'est  cette  situation  qu'il  occupe  encore  aujourd'hui  et 
qui  est  devenue  de  plus  en  plus  importante  par  l'unifica- 
tion du  réseau  des  chemins  de  fer  de  Rio  Grande  do  Sul 
et  la  mise  en  exploitation  de  nouvelles  lignes. 

PUBLICATIONS: 

—  Le  chemin  de  fev   du   Congo,    de  Matadi  à  Léopoldcîlle.    Les   environs 
de  Matadi  et  le  massif  de  Palabala.  (Conférence  faite  à  la  Société 


—   757  — 

royale  do  (îro^rapliu;  d'AiiviM-s,  lo  2<)  avril    ISS'.).   Hullclin   i.  XIII, 

1».  :V7r>,  et  liiilleliii  de  la  Société  bclg(i  d(!  (léo-^^raplntî,  IHHD,   p.  14'.»). 
rarto  d(^  la  région  dos  cluitos  avec  lo  Ir.'ioé  du  oluMiiiii  de  fer  de  Matadi 

à  Stanloy-l'ool.  (HuUolin  de  la  Société  belge  de  Géograjjhie,  ISSl)). 
Le  c/ionin  de  fer   du    dnujo  (en  eollahoraiion  av(!(;  Charmaime,  Cam- 

bior  et  Thys.    (HnlUdin  de  la  Société  royale;  de  (iéographie  d"An- 

vors,   1SS8,  n"    1). 
Les  environs  de  Matadi.    (Conférence  donnée  à  l'Athénée  d'Anvers,  26 

avril  18S9). 
La  seconde  partie  du  chemin  de  fer,   de  la   Lukunga  au  Stanley- Pool. 

(Conférence  donnée  à  la  Hoursc  de  Bruxelles,  29  mai  18.S9). 
Conférence  donnée   à   la   section  bruxelloise   de  l" Association   des   higé- 

nieurs  sortis  des  Ecoles  spéciales  de  Gand.  Année  1888-1889,  n"  8. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE; 

—  Mouvement  géographique^  1889,  n"  12. 


LIEBRECHT,  déodat.  Christophe,  Adolphe, 

né  à  Liège,  lo  8  mars  1810. 

Elève  de  l'Ecole  de  Navigation  d'Anvers  en  1854,  il  obtient 
le  diplôme  de  capitaine  au  long  cours  en  1863.  Durant  ces 
neuf  années,  il  accomplit  plusieurs  voyages  à  la  côte  d'Afri- 
que; fait  un  séjour  de  dix-huit  mois  dans  le  pays  Achanti  ; 
remonte  l'Assini  avec  un  cutter,  achetant  de  l'huile  de 
palme  et  de  la  poudre  d'or  pour  compte  de  la  maison  Régis 
Aîné,  de  Marseille.  Rentre  malade,  Liebrecht  fait  un  stage 
d'un  an  comme  volontaire  aux  Usines  John  Cockerill  à 
Seraing,  et  effectue  plusieurs  voyages  au  Brésil,  sur  les 
côtes  du  Chili  et  du  Pérou. 

Quitte  la  marine  pour  faire  les  études  d'ingénieur  à 
l'Ecole  des  mines  de  Liège.  Part  pour  la  Turquie,  avec 
Van  der  Elst,  pour  la  construction  des  chemins  de  fer,  en 


/.o»   — 


1868,  et  y  séjourne  jusqu'en  187G.  Au  cours  des  quatre 
dernières  années,  il  est  nommé  ingénieur  en  chef  au  service 
du  gouvernement  ottoman  pour  les  cliemins  de  fer  d'Ana- 
tolie. 

En  1885,  Liebrecht  accomplit  un  voyage  d'exploration  au 
Mexique  (Etat  de  Tamaulipas). 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  en  qualité  d'ingé- 
nieur chef  de  brigade  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer. 
Accompagne  le  capitaine  Cambier,  chef  de  l'expédition 
technique,  chargée  d'arrêter  le  tracé  définitif  du  chemin 
de  fer  projeté  par  la  Compagnie  du  Congo,  mais  il  est 
obligé  de  rentrer  en  Europe  pour  cause  de  santé,  dès  novem- 
bre 1887. 

De  1888  à  1892,  il  est  chargé  de  la  construction  et  de  la 
direction  d'une  usine  au  Chili  et  y  séjourne  jusqu'en  1892. 
En  1897  et  1898,  fait  un  second  séjour  au  Chili. 

En  1899,  il  est  nommé  secrétaire  technique  du  chemin 
de  fer  Pékin-Hankow  et  se  rend  en  Chine. 

En  1900,  Liebrecht  devient  ingénieur-conseil  de  la  Société 
coloniale  industrielle.  Dans  l'intérêt  de  cette  société,  il 
accomplit  divers  voyages  aux  Indes  néerlandaises  (princi- 
palement aux  Iles  Moluques);  en  1901,  dans  l'Amérique 
centrale  (République  du  Honduras);  en  1902,  au  Turkestan 
russe  par  Boukhara,  Samarkande,  Taschkent  et  Andischan: 
en  1903-1904-1905,  en  Floride;  enfin  en  1906,  il  explore  des 
mines  dans  le  Sud  de  la  Tunisie  (Djebel  Chambi). 

Liebrecht  à  donné  de  nombreuses  conférences  à  la  Société 
royale  de  Géographie  de  Bruxelles,  à  la  Société  belge  des 
Ingénieurs  et  des  Industriels  et  à  l'Institut  agricole  de 
Gembloux  sur  ses  divers  voj^ages  et  notamment  sur  le  Canal 
de  Panama  et  le  Honduras. 


-  7  no  — 

DUPONT,     ANTOINE,    ADOLPHE. 

no  à  Liège,   le  30  soi)lonil)i'o  1839. 

(1801).   Iiig-éniour  dos  iiiinos  do  l'Ecole  do  Lio^f-o. 

AUaché  à  la  direction  do  cliarl)onnag'(îs  en  Hel^'-iquo,  dans 
les  bassins  de  Liéi^o  et  de  Chai'hM-oi,   jus(|u'on  187S. 

Attaché  au  iMinistère  des  Travaux  [)ul)lics  de  la  lIounH'lio 
Orientale  (Bulgarie  du  Sud),  en  qualité  d'ingénieur  en  chef 
des  mines. 

Envo^^é  en  mission   en   Turquie. 

Part,  le  8  mai  1887,  pour  le  Gong-o,  en  qualité  d'ing-é- 
niour,  chef  de  la  première  brigade  des  (Hudos  du  chemin 
de  fer,  et  pose  le  premier  jalon  de  la  lig-ne  à  Matadi. 

Il  est  malheureusement  atteint  d'une  insolation  et  d'une 
violente  fièvre  paludéenne  qui  mettent  ses  jours  en  danger 
et  l'obligent  à  rentrer  en  Belgique. 

Jusqu'en  1890,  Dupont  s'acquitte  de  diverses  missions 
en  Perse,  en  Asie  Mineure  puis  dans  l'Amérique  du  Sud, 
au  Chili  et  en  Colombie.  Pendant  son  séjour  en  Colombie, 
il  visite  l'isthme  de  Panama. 

Sa  mission  en  Colombie  avait  pour  but  l'étude  du  tram- 
way de  Medellin,  l'installation  de  la  fabrique  de  fer  d'Amaga 
et  la  prospection  des  nombreuses  mines  d'or  qui  sillonnent 
le  pays. 

Dupont  rentre  en  Belgique  et  reprend  ses  fonctions  de 
directeur-gérant  de  charbonnages  à  Liège,  puis  dans  le 
Borinage  jusqu'en  1897.  Depuis  lors,  il  s'occupe  de  l'ex- 
ploitation de  carrières  de  petit  granit,  tout  en  accomplis- 
sant de  temps  à  autre  des  missions  à  l'étranger,  et  surtout 
en  Espagne. 

Dupont  est  président  du  conseil  d'administration  du 
chemin  de  fer  de  Madrid  à  Villa  del  Prado   et  extensions. 


—  7G0  — 

LAMBOTTE,  alfred. 

né  à  Ligny  (Namur),  le  15  février  18G0. 

Ingénieur  des  mines  de  l'Ecole  de   Liège  (1883). 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  et  est  attaché  aux 
études  tachéomëtriques  d'avant-projet  (1887-1888). 

Remplit  les  fonctions  d'ingénieur  de  la  Compagnie  du 
chemin  de  fer,  du  29  juin  1890  au  24  juin  1894,  fonctions 
qu'il  exerce  d'une  façon  continue,  sauf  pendant  un  court 
séjour  en  Europe,   de  septemhre  1892  à   février   1893. 

Lambotte  est  un  des  premiers  pionniers  du  chemin  de 
fer  d'Hankow-Pékin. 

Il  se  rend  ensuite  au  Pérou,  où  il  est  chargé  par  le  gou- 
vernement de  rechercher  les  moyens  d'assainir  la  ville 
d'Arequipa  et  de  faire  une  étude  du  sol  au  point  de  vue 
des  matériaux  de  construction.  Au  retour  de  cette  mission, 
en  1908,  Lambotte  est  nommé  directeur  intérimaire  de 
l'Ecole  des  arts  et  métiers  de  Lima. 


GILMONT,    ADOLPHE. 

né  à  Senefïe  (Hainaut),  en  1845;  décédé  à  Boma,  le  5  jan- 
vier  1888. 

Ingénieur  des  mines  de  l'Université  de  Liège  (1869). 

Est  attaché,  comme  ingénieur,  au  service  des  chemins 
de  fer  algériens. 

Part  pour  le  Congo,  le  8  mai  1887,  avec  le  capitaine 
Cambier,  chef  de  la  brigade  topographique,  chargée  de 
reconnaître  la  région  que  doit  traverser  le  chemin  de  fer 
projeté  par  la  Compagnie  du  Congo. 

Gilmont  est  attaché  au  service  des  études  du  chemin  de 
fer  de  Matadi  à  Lukungu. 

Il  participe  à  tous  les  travaux  de  l'expédition  et  rem- 


—  701  — 

place,  coiiiiiic  cIkH"  de.  hi'ii^ndc,  /hoinski,  ïovcr  de.  i'(Milr(;r 
en  Eui'opo,  1)0111"  cniise  de,  iii;d;idi(^  Mnlliciireusomenl,  il 
succombe  (luehiues  joiii-s  ;i[)rès,  à  JJoiiia,  le  5  janvier  1888. 


HOTON,    GEORGES,    LÉOPOLD, 

né  à  Ath,  le  14  décembre  18G1  ;   décédé  le  26  mars  1804. 

Fait  trois  séjours  au  Congo:  du  23  mai  1887  au  8  juin 
1890,  du  3  octobre  1890  au  18  mai  1893  et  du  G  octobre 
1893  au   26  mars  1894. 

Il  remplit  les  fonctions  de  vérificateur  des  droits  de  sortie, 
à  Boma,  le  23  mai  i887  et  d'adjoint  au  secrétaire  général 
du  g-ouvernement  local;  receveur  des  impôts,  à  Boma,  le 
20  août  1890;  contrôleur  des  impôts  intérimaire,  le  20 
octobre  1891;  contrôleur  des  impôts  suppléant,  le  19  mai 
1892;  contrôleur  des  impôts,  à  titre  personnel,  le  19  sep- 
tembre 1893. 

Il  meurt  le  26  mars  1894. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


FABRY,     EUGÈNE, 

né  à  Malines,  le  6  juin   1845. 

Part,  comme  ingénieur,  pour  compte  de  la  Compagnie  du 
chemin  de  fer,  le  8  juin  1887.  Rentre  en  Belgique,  en 
mars  1888. 

Se  rend  au  Brésil  en  1889. 


—  7G2    - 

DUMONT,      ALEXANDRE.     FERDINAND.     CHARLES. 

LOUIS,    AMÉDÉE, 

no  à   Namur,  le  31  janvier  1859. 

Ingénieur  civil  de  l'Ecole  de  Gand  (1880). 

Part  pour  comiUe  de  la  Compagnie  du  Congo,  en  qualité 
d'ingénieur  de  l'expédilion  d'études,  le  8  juin  1887. 

Rentre  en  Belgique  en  février  1889,  mais  retourne  au 
Congo,  le  10  octobre  de  la  même  année,  comme  ingénieur 
de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer.  Il  revient  en  Europe 
en  novembre  1891. 

De  mai  1892  à  189G,  il  est  au  service  des  gouvernements 
roumain  et  bulgare. 

Il  retourne  au  Congo  en  juillet  1899  et  fait  fonction 
ad  intérim  de  directeur  de  la  marine,  des  travaux  publics 
et  des  transports  à  Boma. 

Dumont  est  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


AMERLINCK,  jules,  camille.  adhémar, 

né  à  Gand,  le  24  mars  1864. 

Docteur  en  médecine. 

Fait  un  premier  séjour  de  onze  mois  au  Congo,  comme 
médecin  de  la  brigade  d'études  du  chemin  de  fer,  de 
juin  1887  à  mars  1888. 

Prend  part,  de  mars  1891  à  mars  1893,  à  l'expédition  Bia 
au  Katanga,  de  Lusambo  à  Bunkeia.  Séjourne,  malade,  à 
Kifuma  et  se  rend  de  là  à  Tenke  à  la  rencontre  de  Bia. 
Accompagne  Francqui  dans  son  exploration  du  Lualaba. 

Le  21  septembre  1893,  Amerlinck  se  rend  à  Zanzibar,  pour 
y  embarquer  un  contingent  de  Zanzibarites  qu'il  conduit 
au  Congo  par  le  Cap. 

Son  quatrième  départ  pour  le  Congo  date  du  6  octobre 
1895.  Amerlinck  occupe  les  fonctions  de  chef  du  service 


—  703  — 

médical  ad  inU'i'im,  do  iiovond)i'(^  à  janvier,  ri  srjowvwr  à 
Tuinl)a,   district  dos  (^alaraotos. 

189().  Organisation  du  service  vaccinogène  à  Zanihi  (lîas- 
Gongo). 

Rentre  en    h^urope,   niala(l(\   le   \(\   IV-M-ier    1<S07. 

Reçoit  la  médaille  comnK'moralixc  des  cxi^Mlilions  du 
Katang'a.  Mend^re  honoi'aire  i\()  la  Société  royale  de  (If'-o- 
i:i'ai)liie  de  Lisbonne,  de  Jîi'uxelles  (*t  d'Anvers,  1<S0(;;  df'coré 
de  l'Etoile  de  service  du  Congo. 

PUBLICATIONS: 

—  Météornlogie,  climatologie  du  Kalanga.    Température  et  chute  des  pluies 

(Mouvement  géograplii(|ue,  1893,  p.  42). 

—  Note  sur  les   élém,ents    essentiels   du  pronostic  dans    la  fièvre  hématu- 

rique,   Gand,  Van  dcr  Haeghen,  1901. 

—  Diarrhée  de  Cochinchine,  Gand,  Van  der  Hacghen,  1902. 

—  UInstitut  de    médecine  coloniale   de   Paris,    Gand,  Van   dcr  Hacghcn, 

1903. 

—  L' Education  médicale  des  indigènes  dans  les  pays  chauds,  Gand,  Van 

der  Haeghen,  1903. 
Plusieurs  études  dans  les  Annales    de  la  Société  de  médecine  de  Gand. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  CiiAPAUX    Le  Congo  historique,  diplomatique,  p    277. 

—  Mouvement  géographique,  1893. 


—  764  — 
DUPONT,    EDOUARD. 

né  à  Dinant,  le  31  janvier  1841. 

Docteur  en  sciences  naturelles,  directeur  du  Musée  d'His- 
toire naturelle,  membre  de  l'Académie  roj^ale  de  Bel^^iquc 
depuis  1866. 

«  Elu  académicien  à  vingt-cinq  ans,  il  n'avait  que  vingt-sept 
»  ans  lorsqu'il  fut  appelé  aux  hautes  fonctions  qu'il  occupe  encore 
»  actuellement. 

»  En  1881,  il  est  directeur  de  la  classe  des  sciences  et  prési- 
»  dent   de   l'Académie.  Ses  premières  publications  datent  de   1802. 

»  I)ui)ont  venait  de  terminer  ses  études  à  l'Université  de  Louvain, 
»  lorsqu'il  présente  à  l'Académie,  vers  la  fin  de  1863,  un  projet 
»  de  recherches  dans  les  cavernes  de  la  Belgique,  projet  que  lui 
»  avaient  inspiré  les  découvertes  d'ossements  fossiles  et  surtout  celles 
»  de  restes  humains  faites  par  Schmerling,  dans  la  province  de 
»  Liège,   trente  ans   auparavant. 

»  Le  programme  du  jeune  savant  fut  fortement  appuyé  par 
»  ses  deux  illustres  maîtres  P.  J.  Van  Beneden  et  J.  d'Omalius 
»  d'Halloj,  le  créateur  de  la  géologie  Ijelge.  Aussi  le  gouverne- 
»  ment  chargea  Dupont  de  cette  importante  et  délicate  mission 
»  scientifique.  Il  devait  en  rejaillir  un  grand  éclat  sur  le  pays. 
»  Les  publications  que  fît  Dupont  de  ses  découvertes  successives 
»  dans  les  recueils  de  l'Académie  de  1865  à  1869,  témoignent  de 
»  l'ardeur,  de  la  persévérance,  de  l'érudition  qu'il  apporta  dans 
»  ses  fouilles  et  des  brillants  résultats  qui  couronnèrent  ses  efforts. 
»  On  estime  à  plus  de  soixante  mille  le  nombre  des  ossements, 
»  provenant  des  restes  de  nos  premières  populations  et  des  ani- 
»  maux  qui  leur  étaient  contemporains,  qu'il  parvint  à  recueillir 
»  et  à  déterminer,  en  même  temps  que  de  nombreux  spécimens 
»  de  l'industrie  de  ces  premiers  âges.  Le  tout  est  réuni  depuis 
»  1872,  dans  une  salle  spéciale  au  Musée  de  Bruxelles,  la  salle 
»  des  cavernes.  On  se  rappellera  le  bruit  que  firent  ses  découvertes 
»  et  notamment  la  mâchoire  de  la  Naulette.  Les  savants  du  monde 


DUPONT,  Edouard. 


Cliché  (le  l'ouvrage  de  Ch.vpaux.  Le  Congo  historiquef  diplomatique. 


—  705  — 

»  (Mili(M',  |)(Mii-on  (lir(\  fm'ciil  Milir<'s  ;V  nnix<'II('s,  ji.'ii'  cos  prodi- 
»  j;-i(Mix  ivsultats,  lors  du  cou'^-ri's  prc-liisioriiiiic,  (|iii  ciii  lien  en 
»  li^l'2  (M  à  l'or^'îiiiisal  ion  (liMiticl  l)Mi)oni  pi-it,  l;i  |i;ii't  l;i  plus  mcI  ivc 
»  et    la    [)liis   brillante. 

»  Konniié  (liroctoiir  du  Musée  en  1<S()(S,  I)u|toiif  le  i'('oi'L;;mise 
»  entièrement;  les  locaux  sont  considéra})lenient  nij,raiidis,  des  col- 
»  lections  étendues  installées  avec  un  es})i'it  ni('lliodi<|U('  rcmai-- 
»  (]u;il)le  et,  le  20  juillet  1875,  soit  sept  ans  api'ès,  le  Koi  inaii^nn-e, 
»  une   institution   scientifique   dont  la    BelL^irpie    s'honore. 

»  Pendant  que  cette  seconde  [)ai'tie  de  son  (euvre  s'achevait, 
»  le  savant  directeur  était  appelé  à  la  tète  du  j;irdin  botanique 
»  de  l'Etat,  qui  demandait  également  une  réorganisation  complète. 
»  Malheureusement,  il  ne  put  y  rester  longtemps,  car  déjà  on 
»  taisait  appel  à  ses  apitudes  consacrées  d'administrateur  hors  ligne 
»  et  à  sa  haute  valeur  scientifique  pour  prendre  la  direction  du 
»  service  de  la  carte  géologique  détaillée  du  royaume,  dont  l'exé- 
»  cution  allait  être  décrétée.  Il  laisse  néanmoins  de  nombreuses 
»  traces  de  son  passage  d'un  an  à  peine  au  jardin  botanique: 
»  l'étiquetage  du  jardin  et  des  serres  ;  d'heureuses  innovations  dans 
»  les  plans  de  culture,  l'introduction  d'un  système  de  planisphères 
»  indiquant  à  la  couleur  l'aire  géographique  des  plantes,  comme 
»  il  l'avait  fait  installer  au  Musée  d'Histoire  naturelle  pour  montrer 
»  l'habitat  des  animaux;  enfin,  des  projets  de  réorganisation  qui 
»  reçurent  la   sanction  royale,   à    l'époque    de  son   départ. 

»  A  partir  de  1876,  le  Musée  et  la  carte  géologique,  dont  il 
»  créa  le   nouveau   système  de  figuré,  l'absorbèrent  complètement. 

»  Les  publications  scientifiques  de  Dupont  sur  l'ethnographie 
»  ancienne  et  sur  la  géologie  sont  nombreuses  On  lui  doit  des 
»  travaux  apppéciés  sur  l'homme  pendant  l'âge  de  la  pierre  dans 
»  les  environs  de  Dinant  ;  sur  les  populations  préhistoriques  de  la 
»  Belgique  et  la  théorie  des  âges  de  la  pierre,  sur  l'antiquité  de 
»  l'homme  en  Belgique;  sur  l'origine  des  terrains  anciens  et  notam- 
»  ment,    du    calcaire    carbonifère,  etc.,    etc. 

»  Sa  théorie  corallienne,  l'une  de  ses  œuvres  marquantes,  a  bou- 


—  7G6  — 

»  leversé  les  règles  stratrigraphiqiics  admises  alors  dans  la  forma- 
»  tion    des  terrains  anciens  »  ('). 


La  révélation  du  vaste  continent  africain  par  Stanley, 
fît  une  impression  profonde  sur  l'esprit  du  savant  géologue. 

Ces  terrains  immenses,  mystérieux,  vierges  de  toute 
investigation  scientifique,  recelant  peut-être  des  richesses 
fabuleuses,  exerçaient  une  fascination,  une  attraction,  dont 
il   ne  i)ut  se  défendre. 

En  juin   1887,  Dupont  part  pour  le  Congo. 

Il  passe  d'abord  trois  semaines  dans  le  bas-fleuve,  à  faire 
des  reconnaissances  entre  la  roche  Fétiche  et  Vivi  et  à 
former  une  caravane  de  porteurs  et  de  soldats  haoussas, 
cafres  et  congolais. 

Le  8  août,  il  quitte  Vivi,  guidé  pendant  deux  jours  par 
Massala,  l'ancien  chef  de  Vivi,  qui  fut  notre  hôte  à  l'expo- 
sition d'Anvers  de  1885,  et  remonte  le  Congo  par  la  rive 
Nord,  jusqu'à  Isanghila,  qu'il  quitte  le  27  août. 

Dupont  traverse  ensuite  le  Congo  près  de  Bainesville, 
remonte  les  plateaux  de  la  rive  Sud  jusque  près  de  Banza 
Mateka  et  suit  le  sentier  des  caravanes  jusqu'à  Lukungu, 
où  il  arrive  le  2  septembre  et  où  il  trouve  la  plus  cor- 
diale hospitalité. 

11  atteint  Léopoldville  le  1.5  septembre.  A  bord  de  VEn 
Avant,  Dupont  poursuit  l'exploration  de  la  partie  du  fleuve, 
comprise  entre  Kwamouth  et  le  Pool,  et  fait  le  levé  topo- 
graphique et  géologique  du  Pool. 

Dupont  ne  dépasse  pas  Kwamouth,  situé  au  confluent 
du  Kasaï,   terme  de  son  exploration  vers  le  haut. 


(I)  La    première    partie    de   cette   notice   est  extraite  du  Globe    illustré, 
11"  43,  24  Juillet  1887. 


Apivs  avoir  sôjouriK''  ([lu^hiiK^s  jours  ;i  la  mission,  il 
s'eiiil)ar(|ii(^  dans  une  pii'o^^uo  cl,  ('X[)loi'('  ^('^olo^^ifpuînKail 
poiulanL  ncul'  jours,  les  l'ivcs  du  (Iou'^ï)  (uiti'o  lo  coidlucîiiL 
du  Kasaï  ot  le,  Pool  ol  l'ccliorcho  vaiu(un(Mil  un  gîlo  l'os- 
siliiore  dont  rcxlslcnco  lui  avait  ()U\  si^nah'O. 

Dupont  (piitlo  L('opoldvillo  lo  25  octobi'c  ot  à  ManyanjL^a- 
Nord  consacre  vingt-quatre  jours,  dans  l'intérieur  des  terres, 
à  une  exploration,  (pii  le  mène  à  vingt-cinq  kilomètres  de 
la  rive  Nord   du  lleuve. 

Il  y  découvre  deux  vastes  gisements  de  cuivre,  mala- 
chite ou  carbonate  de  cuivre,  dans  le   Congo   français. 

Mais  ces  gisements,  difïicilcs  et  môme  dangereux  à  api)ro- 
cher  par  suite  de  l'hostilité  des  indigènes  et  situés  loin 
de  toute  communication,  perdaient  tout  intérêt  par  suite 
de  la  découverte  ultérieure,  faite  par  l'explorateur,  de  deux 
riches  gisements  de  cuivre,  de  nature  analogue,  situés  à 
proximité  du  Congo  et  accompagnés  d'indices  abondants 
d'autres  gisements,  qui  semblaient  faire  partie  du  bassin 
exploré  d'une  région  cuprifère   des  plus  développées. 

Repassant  ensuite  sur  la  rive  Sud  du  Congo,  Dupont 
demeure  un  jour  à  la  station  de  Lukungu,  et  s'embarque 
à  Manyanga-Sud,  dans  une  pirogue  indigène  avec  son 
escorte  de  serviteurs  noirs,  pour  achever  son  étude  de  la 
faille  du  Congo,  dans  la  région  des  chutes,  par  l'explo- 
ration géologique  des  bords  du  fleuve  entre  Manyanga- 
Sud  et  Matadi,  rive  qu'il  n'avait  pas  encore  suivie.  L'ex- 
plorateur peut  se  convaincre  que  le  creusement  du  sillon 
fluvial  de  la  région  des  cataractes  correspond  à  une  phase 
très  récente  de  l'histoire  géologique  de  ces  lointaines 
contrées. 

De  Matadi,  il  gagne  Boma,  puis  Banana,  tout  en  explo- 
rant les  roches  littorales  et  celles  du  delta  du  Congo. 

Il  s'embarque  pour  l'Europe  le  16  janvier  1888,  après 
avoir  parcouru  deux  mille  cinq  cents  kilomètres  de  terri- 
toire,  après  avoir  accompli  cent   soixante-quinze  jours  de 


-  7G8  — 

marclio  et  rentre  à  Rruxelles  Je  10  février,  rapportant  une 
ample  moisson  de  collections  de  tout  genre  et  une  masse 
de  documents  et  de  renseignements  du  plus  haut  intérêt 
scientifique  et  notamment  d'admirables  et  minutieux  itiné- 
raires levés  à   la   boussole  et    au  chronomètre. 

* 

En  1890-1891,  Dupont  installe  le  Musée  au  Parc  Léopold; 
de  1895  à  1904,  il  procède  au  reclassement  total  des  collec- 
tions des  productions  naturelles  de  la  Belgique.  La  pre- 
mière salle,  réservée  aux  vertébrés  belges,  a  été  ouverte  en 
1907.  Sous  ses  auspices,  l'exploration  scientifique  de  la 
Belgique  a  été  activement  poursuivie. 


Dupont  est  encore  aujourd'hui  directeur  du  Musée  d'His- 
toire naturelle  de  Bruxelles.  Il  est  membre  de  l'Académie 
royale  de  Belgique,  commandeur  de  l'Ordre  de  Léopold 
et  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur. 

PUBLICATIONS  : 

—  Les   résultais    de   V exploration    scientifique  faite    au   Congo   en  juillet- 

décembre  1887.  1  br.  in-8"  de  18  pp.  Bruxelles,  Imprimerie  des  tra- 
vaux  publics,    1888. 

—  Lettres  sur  le  Co)if/o.  Récit  d'une  voyage  scientifique  entre  remboucliure 

du  fleuve  et  le  confluent  du  Kasaï.  1  vol.  in-8"  de  724  pp.  avec 
12  gravures  sur  bois  et  11  planches  et  cartes.  Paris,  Reinwald,  1889. 

—  Conférence  donnée,  le  29  février  1888,  à  la  Société  belge  des  ingénieurs 

et  des  industriels  sur  les  résultats  de  l'exploration  scientifique  quil 
a  faite  au  Congo  en  juillet- décembre  1887.  1  br.  in-8''  18  pp.  Bruxel- 
les, Imprimerie  des  travaux  publics,   1888. 

—  Die  oherflàchen  bildungen  des  Kongo-Beckens.  (Verhandl.  der   Ges.  fur 

Erdkundc  7X\  Berlin,  1888,   p.  490). 


—  7()1)  — 

■  Communicalioii  sur  la  (léaUxjie.  du  Couryo.   (r.ulUMiii  de  l.'i  Société  b(ilg(j 

(le  ('léolojiio,    ISSS,    p.    1 1). 
Com})(t',-ri'}uln  soriDnairc.   dr,  l(i  ('(nip-rnirr,   doniuh'.  jxi.r    l'Jd.    Dupcml  sur 

les   rdsiiltdts   de  ses    explorcilions    r/duloi/if/nes   au    (Jouf/o.    (|{iill<!tin 

(1(3  l;i  S()('i(Ho  bolf^'o  do  (îéoloj^ic,   du  l'aN'onioIo^nc  et    (rilydroi^^ra- 

phi(î,  t.  II,   1S88). 
Les  cultures  au  Stanley  Pool.  (Mouvcîmciit  ^é()grai>lii<jM(;,  1H.S7,  p.  UK)). 
Klaïs  ou  palmier  à   huile.    (Extrait  du  journal  de;    la   Société  ccntrjilc 

d'iigricîulturc  de  Helginuc,  mai   ISDl,   1   l)r.  in-8"  d(î  8  pp.  HruxcdlcK, 

Vromant  et  C'%   189 1>. 
Sur  les   mollusques    vivants   et   postpliocènes   recueillis    au    cours   d'un 

voyage  au  Congo  en  1887.  Brochure  iii-8",  Haycz,  Bruxelles,  1890, 

et  Bulletin  de    l'Académie   royale   de   Bel«i;i(|uc,   XX,   pp.  o59-5()(>. 
Découverte  faite  par  le  capitaine   Zboinski   d'instruments   de   l'âge  de 

la  pierre  dans  l'Etat   du   Congo.  (Bulletin    de  l'Académie   royale 

de  Belgique,  1887,  XIII,  p.  407  et  Mouvement  géographiriue,  1887, 

p.   35). 
Carte  du  Congo   depuis  VOcéan  jusqu'au   Stanley-Pool.    3  feuilles  au 

400.000«   (1889).   Lettres  sur  le  Congo. 
Esquisse  géologique  du    Congo  et    de    ses   abords   entre   VOcéan   et    le 

Kasaï  (id.)' 
Coupe   géologique  du  Kasaï  à  V Atlantique,  diaprés    la  disposition    du 

sous  sol  suivant    le  fleuve  et  la    disposition    des   couches    du  sol 

sur  les  plateaux,   au  1.000.000"  (id.). 
Esquisse  hydrographique  du  bassin   du   Congo  au   20.000.000'"   (id.). 
Excursion  à  MBoko  Songho,   novembre   1887,  Itinéraire  (id.). 
Distribution  de  palmiers  suivant  le  cours    du  Congo,  entre    l'Océan    et 

le  Kasaï  au   2.000.000''  (id.). 
Esquisse  à  Vaire  géographique   de  VElaïs  guineensis  (id.). 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Mouvement  géographique,  1887,  n"  23;   1888,  n"  5. 

L'exploration   géologique  du   Congo.    (Mouvement    géographi(]ue,  1888, 

p.  n. 
Société  belge  de  géographie,  1888,  p.  100. 


—    i  iO    — 

BELANGER,  arsène.  arthur, 

né  à   Thulin   (ILiiiiaïUj,    on   18G2. 

Obtient,  à  l'Universitc  lil)re  de  Bruxelles,  le  diplôme  de 
docteur  en  médecine,   avec  la  plus  grande  distinction. 

Attaché  à  l'hôpital  militaire  de  Bruxelles,  se  rend  au 
Congo,  le  IG  juillet  1887,  à  bord  du  Fez,  pour  compte  de 
la  Compagnie  du  Congo,  qui  à  ce  moment  envoie  en  Afrique 
un  personnel  nombreux  pour  l'étude  du  tracé  de  la  voie 
Matadi-Léopoldville. 

L'inspecteur  général  du  service  de  santé  de  l'armée  le 
charge  d'un  rapport  médical  sur  le  Congo. 

Bélanger  remplit  les  fonctions  de  médecin  à  Banana, 
pour  le  compte  de  l'Etat,  qui  jusqu'alors  n'y  avait  appointé 
aucun  docteur,  et  rentre  en  Europe,  en  très  bonne  santé, 
le  terme  de  son  engagement  étant  expiré. 


BRACONNIER,    LÉON,    HENRI,    MICHEU 

né  à  Arlon,   le  9  juin  1850. 

Capitaine  en  second,  adjoint  d'Etat-Major,  au  3^  régiment 
de  chasseurs  à  pied. 

Part  pour  le  Congo,  le  21  août  1887,  en  qualité  de  com- 
missaire de  district  du  Kasaï;  visite  le  Kwa,  Equateur- 
ville,  Bangala,  le  Kasaï  et  arrive,  le  29  décembre  1887,  à 
Luebo,  avec  le  capitaine  Thys.  Il  est  forcé  d'y  prolon- 
ger son  séjour  jusqu'au  19  janvier,  par  suite  de  l'attitude 
hostile  des  populations  voisines  de  la  station,  qui  voient 
en  eux  des  concurrents  pour  le  commerce  d'ivoire,  très 
animé  dans  cette  région.  Le  18  janvier  1888,  le  lieutenant 
Le  Marinel  amène  à  Luebo  une  caravane  de  cent  porteurs 
et  trois  bœufs  de  monte.  Le  lendemain,  les  deux  officiers 
se  mettent  en  route  pour  Luluabourg  et  y  parviennent  le 
23  janvier  1888. 


—  771    - 

(JiichliK^s  jours  nprrs,  l:i  shilioii  ivroiL  la  visite;  des  clicfs 
(les  (Mivirons,  (|ni  xidiinMil  raii'c,  la  coniiaissaiicj^  du  nou- 
veau coiniuissaii'o.  l*ai'nii  eux,  s(\  Irouvo  le  fameux  clK^f 
in<lii;-ène  /appo-Za)),  aiupid  \(\  licMilcnaul  Le  Mai'iuel  a\ail, 
rendu  visile  lors  de  son  voyag'o  de  l'etour  de  Nyan/^'we  (;L 
(pii  (Hait  arriv('',  (pielcfucs  jours  auparavant,  de  sa  résidence 
(l(^s  l)ords  du   Saiduiru  ('). 

Hi'aconnier  remplace  le  ca})itaine  de  Macar,  dans  son 
commandement  de  Luluabour*^-,   le  27  mars. 

Les  principaux  travaux  accom[)lis  par  Braconnier  sont: 
l'extension  des  cultures,  l'accroissement  du  bétail  et  la  cons- 
truction des  habitations  en  briques.  Signalons  encore  l'ex- 
tension de  l'influence  de  rp]tat  et  l'établissement  des  premiers 
impôts  en  nature.  Braconnier  contribue  à  l'établissement  de 
postes  au  S  -E.  (frontière  portugaise),  à  Maï-Massin,  Dombi 
et  Makengé. 

Il  quitte  la  station  de  Luluabourg,  le  tG  juin,  pour  ren- 
trer en   Europe,  le  11  août  1890. 

Il  repart  pour  l'Afrique,  le  IG  septembre  1891,  à  destina- 
tion du  Loanda  portugais.  Séjourne  à  Saint-Paul  de  Loanda 
et  à  Benguella  pour  y  étudier  les  cultures  et  pour  opérer 
le  recrutement  des  soldats  pour  la  F.  P.  du  Congo. 

Son  retour  en  Europe  date  du  IG   septembre  1892. 

Major  d'infanterie  en  retraite,  adjoint  d'Etat-Major,  che- 
valier de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire 
de  première  classe,  de  l'Etoile  de  service,  du  Lion  et  du 
Soleil  de  Perse  de  quatrième  classe. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  Mouvement  géographique,  1889,  p.  43. 

—  Chapaux.  Le  Congo  Iiisloriquef  diplomatique^  pp.  452-627. 


(1)  Mouvement  géographique,  1888,  ii"  12. 


—  772  — 
BODSON,  OMER,  PACIFIQUE,  GUILLAUME.  JOSEPH, 

Lieutenant  au  rég'iment  des  carabiniers. 
Part  pour  le  Congo,  le  21  août  1887,  comme  adjoint  à  la 
brigade  topograp bique. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Occupation  du  Kaianga). 


DE     BOCK,    FRANÇOIS,    ALPHONSE, 

né  à  Zèle,   le  6  juin   1853. 

Lieutenant  au  11^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  21  août  1887,  en  qualité  d'adjoint 
au  commandant  de  la  F.  P. 

Est  nommé  adjoint  de  Le  Clément  de  Saint-Marcq,  et  com- 
mande par  intérim  le  poste  de  Lukungu. 

Est  désigné  ensuite  pour  la  comptabilité  de  l'Intérieur 
à  Boma. 

Rentre  le  24  février  1889. 

Capitaine  d'intendance  pensionné,  décoré  de  la  Croix 
militaire  de  deuxième  classe. 


ROSSIGNON,  EDOUARD,  VICTOR, MARIE,  OSCAR. 

Part  pour  le  Congo,  le  25  janvier  1888,  comme  attaché 
au  service  des  finances. 
(La  notice  biographique  figure  à  la  page  499). 


FUCHS,    FÉLIX,  ALEXANDRE. 

Docteur  en  droit. 

Part  pour  le  Congo,   le  27  janvier  1888. 
(La  notice  biographique,  avec  portrait,  figure  à  la  page 
159). 


—  773  — 

LEDEGANCK,  herman. 

Consul  <^'('nôi'nl  (1(^  lU^l^iffiio  à  (]()l()<^no. 

Pari  pour  lo  (]ongo,  le  2  {"(ivrlcr  1888,  comme  vice- 
«^ouverneur  gxhiéral. 

(La  notice  biographique,  avec  portrait,  figiir(î  à  la  i)ag(î 
1G4). 


NENQUIN,    ALFRED.    JOSEPH. 

ne  à  Tournai,  le  i  mai  1852. 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  aux  grenadiers. 

Part  pour  Je  Congo,  Je  2  février  1888,  en  qualité  de 
secrétaire  du  vice-gouverneur  général  Ledeganck,  dont  iJ 
est  Je  compagnon  de  voyage  de  BruxeJJes  à  Boma,  via 
Lisl)onne. 

Est  attaché  au  secrétariat  généraJ  de  Boma,  jusqu'au 
1  juillet  1889,  date  à  Jaquelle  il  sollicite  et  obtient  le  com- 
mandement de  la  Force  Publique  du  Stanley  Pool.  La  Force 
Publique  de  Léopoldville  n'existait  alors  qu'à  l'état  d'em- 
bryon et  ne  comprenait  qu'une  vingtaine  de  Haoussas;  elle 
est  réorganisée  sur  le  type  de  celle  de  Boma  et,  par  l'in- 
corporation de  la  plus  grande  partie  des  travailleurs  de 
la  station,  atteint  bientôt  un  effectif  de  deux  cent  cinquante 
hommes,  comprenant,  outre  les  anciens  Haoussas,  des  Zan- 
zibarites,  des  Elmina,  des  Monroviens,  des  Bangala  et  quel- 
ques hommes  de  Basoko. 

En  décembre  1889,  le  commandant  Nenquin,  à  la  tête 
d'une  partie  de  sa  Force  Publique  réorganisée,  fait  une 
exploration  vers  le  Sud,  le  long  de  l'itinéraire  suivi  par 
les  ingénieurs  du  chemin  de  fer.  Il  arrive  à  Lemba,  le  jour 
du  marché,  et  le  chef  Ghia  fait  à  la  caravane  une  récep- 
tion magnifique.  A  Tampa,  le  chef  de  Lembolo  accepte  avec 


774 


entliousiasme  la  proposition  qui  lui  est  laite  d'installer  un 
poste  à  son  village.  Deux  soldats  zanzibarites  y  sont  laissés 
et  le  drapeau  de  l'Etat  est  arboré  sur  la  place. 

Le  chef  de  Lembolo  reçoit  très  amicalement  les  voya- 
geurs. Madimba,  où  l'expédition  campe  le  jour  suivant,  est 
un  magnifique  village  administré  par  quatre  frères,  exerçant 
une  grande  influence  sur  la  population,  qui  compte  environ 
huit  cents  âmes. 

Un  deuxième  poste  est  établi  à  Kisantu,  non  loin  de  la 
rive  droite  de  l'Inkisi.  L'expédition  regagne  le  Congo  en 
suivant  la  rive  droite  de  l'aftluent. 

De  Kisantu  à  Kilemfu,  la  marche  est  très  facile,  la  route 
contournant  presque  tous  les  accidents  du  terrain.  Kilemfu 
est  gouverné  par  un  chef  tout  jeune,  dirigé  par  un  conseil 
des  anciens. 

L'expédition  rentre  à  Léopoldville,  le  17  janvier  1890, 
après  une  absence  de  dix-huit  jours. 

Nenquin  établit  donc  les  postes  de  Tampa  et  de  Kisantu, 
qui  doivent  devenir  des  points  importants  de  la  voie  ferrée, 
pousse  jusqu'à  l'Inkisi,  qui  forme  la  limite  méridionale 
du  district,  et  se  rabat  ensuite  sur  la  route  des  caravanes, 
qu'il  suit  pour  rentrer  à  Léopoldville,   le  17  janvier  1890. 

Au  mois  de  mars  suivant,  il  reprend  la  route  des  cara- 
vanes en  sens  inverse,  de  Léopoldville  à  l'Inkisi  et,  après 
entente  avec  les  chefs  indigènes  de  la  contrée,  installe  de 
distance  en  distance  et,  généralement,  à  une  demi-journée 
de  marche  l'un  de  l'autre,  des  postes  d'étape  destinés  à 
assurer  le  logement  et  la  nourriture  des  caravanes.  Des 
baraquements  y  sont  élevés  pour  blancs  et  pour  porteurs 
et  placés  sous  la  garde  de  deux  soldats  qui,  par  leurs 
relations  constantes  avec  les  villages  voisins,  ont  pour 
mission  de  fournir  aux  voyageurs  qui  s'arrêtent  aux  gites 
d'étape,   tout  ce  qui  est  nécessaire  à  leur  subsistance. 

Au  mois  d'août  de  la  même  année,  le  commandant 
Nenquin  s'embarque   à   bord  de  la    Ville   cV Anvers,   avec 


—  775  — 

1(^  coiimiandiinl  (lu  dislricl,  l'in^'-ônioiir  V;ni  dcii  Ho^'îiordo, 
et  (luarnuic  soldais  do  la  Vinro  Vu\)\\(\\u\  et  rciiiionU;  lo 
('oiii^o  jusqu'à  la  liiniU^,  septeiilrioiialiMJii  dislricl.  Au  cours 
de  ce  vo3^ag-e,  (jui  dure»  |)lusieurs  sc^naines  (U  s(;  signale 
par  de  iK)nd)reuses  el  iui[)()rlantes  palabres  avec  les  chefs 
des  villa^-es  riverains,  1res  puissants  encore  à  celte  époque, 
des  postes  de  deux  à  quatre  soldats  sont  installés  suc- 
cessivement à  Kinipoko,  à  Sua  ta,  à  I3er<^iie  Sainte-Marie, 
à  Tchumbiri,  à  Bolobo  et  à  Lukolela.  Tout  en  asseyant 
l'autorité  de  l'Etat,  par  la  surveillance  constante  qu'ils 
exercent  sur  les  indig'ènes  et  i)ar  les  rapports  continuels 
qu'ils  adressent  au  commandant  du  district  par  l'intermé- 
diaire des  capitaines  de  steamers  de  passage,  les  postes 
ont  pour  mission  de  créer  des  approvisionnements  de  bois, 
destinés  à  l'alimentation  des  navires  de  l'Etat,  alimenta- 
tion qui  devait  être  assurée  auparavant  par  le  personnel 
même  des  bateaux,  ce  qui  retardait  considérablement  la 
durée  journalière  de  la  navig-ation. 

A  la  mort  du  commissaire  de  district  Van  den  Bogaerde» 
survenue  en  novembre  1890,  et  après  le  remplacement  de 
celui-ci  par  le  lieutenant  du  génie  Carton,  le  commandant 
Nenquin  descend  à  Boma.  Il  n'y  fait  qu'un  court  séjour, 
s'embarque  à  bord  du  Lualaba,  en  partance  pour  l'Europe, 
et  rentre  à  Bruxelles,  le  6  février  1891. 

-Le  colonel  adjoint  d'Etat-Major  Nenquin  est  officier  de 
l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix  militaire  de  pre- 
mière classe  et  de  l'Etoile  de  service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Mouvement  Géographique^  1890,  ii"  11. 


—  77(3  — 
CARTON,    JULES,    MARIE.    AIMÉ. 

né  à  Ostende,  le  0  mars  1861. 

Sous-lieutenant  du  ^-énic. 

Voyage  comme  aspirant  de  navire  à  bord  de  l'aviso  belge 
la   Ville  d'Anvers, 

S'embarque  pour  le  Congo,  le  15  février  1888,  séjourne 
dans  la  région  des  cataractes,  où  il  est  chargé  de  l'amé- 
lioration de  la  route  des  caravanes  de  Matadi  à  Léopold- 
ville,  alors  que  l'entreprise  audacieuse  de  la  construction 
d'un  chemin  de  fer,  à  peine  à  l'étude,  n'est  encore  qu'un 
beau  rêve! 

Parmi  les  travaux  les  plus  importants  effectués  au  cours 
de  son  séjour,  figure  la  construction  des  ponts  sur  les 
rivières  Lufu  et  Lukunga,  deux  rivières  torrentueuses  de 
la  région  des  Cataractes,  l'une,  de  cinquante  mètres  environ, 
l'autre,  de  trente  mètres  de  largeur  aux  points  de  passage 
de  la  route.  A  l'époque  des  hautes  eaux,  ces  rivières  étaient 
impraticables,  la  Lufu  surtout,  et  constituaient  des  obstacles 
infranchissables  pour  les  caravanes.  Le  lieutenant  Carton, 
en  assurant  un  passage  facile  en  tous  temps  aux  piétons 
et  aux  bêtes  de  somme,  rendit  un  service  signalé  à  la  cause 
du  commerce  et  de  la  civilisation.  Les  ponts  qui  avaient 
été  établis  jusqu'alors  sur  la  Lufu  et  la  Lukunga  étaient 
des  ponts  indigènes  en  lianes,  successivement  améliorés, 
mais  il  fallait  néanmoins  être  acrobate  pour  s'y  aventurer 
et  les  bêtes  de  somme  ne  pouvaient  les  franchir. 

Rentré  en  Europe,  le  14  septembre  1889,  après  un  accès 
violent  de  tîèvre  hématurique.  Carton  reprend  bientôt,  après 
un  court  repos,  le  chemin  du  Congo,  le  13  novembre  tx^Ia 
môme  année,  comme  commissaire  de  district  adjoint  du 
Stanley-Pool.  Arrivé  à  Léopoldville,  il  s'occupe  activement 
du  matériel  fluvial  du  Haut-Congo  et  des  constructions  de 
la  station.  Après  avoir  assumé  pendant  quelques  mois  les 
fonctions  de  commissaire  du  district  du  Stanley-Pool,  il  rentre 
en  Belgique,  le  15  juillet  1891,  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


CARTON,  Jules. 


Cliché  (lu   Mnuvrme}it  r/énr/raplu'rjx.e 


—  777  — 

Meiiiliro  aclil"  du  (^crck^  AlVicaiii  ri  de  l;i  Socif'lV'  d'I^Ludos 
coloniales,  Carloii  fui  la  cheville  ouvi'icre  de  la  création  si 
vitale  du  Club  Africain  d'Anvers. 

Fax  1«S<H),  il  se  rend  au  Siam,  où  il  séjourne  à  peu  [)rès 
trois  ans.  Il  est  cliar^'é,  dans  le  Royaume  de  Chulalonp;'- 
korn,  de  faire  les  reconnaissances  et  les  ('tu(l(;s  pour  la 
défense  du  bas-lleuvo,  et  de  la  capitale  lîanf^kok  contre 
une  attaque  par  le  fleuve  Méni,m.  Le  gouvernement  siamois 
confie  au  capitaine  (Carton  diverses  missions  militaires  et 
techniques  dans  l'intérieur  du  pays,  l'investit  provisoire- 
ment, en  un  moment  de  crise,  des  importantes  fonctions 
d'inspecteur  général  de  la  police,  si  délicates  dans  un  pays 
d'exterritorialité  tel  que  le  Siam.  Quelques  mois  après 
l'arrivée  du  titulaire  de  ces  ingrates  fonctions,  Carton  est 
nommé  ingénieur  sanitaire  de  la  ville  de  Bangkok,  service 
nouvellement  créé,  dont  il  fut  le  premier  titulaire.  Il  rentre 
en  Belgique  en   1899. 

Il  continue  à  se  consacrer  aux  questions  coloniales  et 
tout  particulièrement  à  celles  des  voies  et  moyens  de  trans- 
ports dans  les  pays  neufs.  L'Etat  Indépendant  du  Congo, 
désirant  substituer  au  portage  à  dos  d'hommes,  un  moyen 
plus  humanitaire  et  plus  puissant,  encourage  les  études 
et  les  propositions  du  capitaine  Carton  et  se  décide  à  lui 
confier,  à  titre  d'essai,  la  construction  d'un  tronçon  de 
route  carrossable. 

Le  21  février  1901,  Carton  repart  pour  le  Congo,  chargé 
par  l'Etat  du  Congo  de  la  construction  d'une  route  pour 
automobiles,  reliant  le  Bas-Congo  au  Kwango  oriental.  Le 
Kwango  étant  barré  par  les  rapides  de  Kingunshi,  que  les 
embarcations  ne  pouvaient  franchir,  la  construction  d'une 
route  terrestre  d'un  point  en  amont  de  ces  rapides  vers 
l'une  des  stations  du  chemin  de  fer  du  Bas-Congo  s'imposait. 

Les  reconnaissances  autour  de  Tumba  ayant  montré  que 
cette  station  ne  convenait  point  comme  amorce  de  route. 
Carton  pousse  vers  Songololo  et  entrevoit  la  solution  qu'il 


/  /• 


poursuivit  ultérieurement  de  ce  point.  Il  fixe  un  tracé  de 
trois  cents  kilomètres  environ  de  Songololo  vers  l'Est, 
jusqu'au  delà  de  Tumba  Mani,  puis  projette  un  autre  tron- 
çon de  Popokabaka  vers  l'Ouest,  rejoignant  à  peu  près 
le  précédent.  Ces  tracés  suivaient,  au  plus  près,  les  crêtes  de 
séparation  des  affluents  de  la  Lufu,  du  Kwilu,  de  l'Inkisi 
et  du  Kwango,  de  manière  à  n'avoir  à  francbir  que  le  Kwilu 
et  l'Inkisi,  ce  qui  était  inévitable,  et  de  réduire  ainsi  les 
ouvrages  d'art  au  minimum.  Il  entame  la  construction  de 
la  route  à  Songololo  et  en  porte  l'assiette  à  huit  mètres 
de  largeur  sur  une  trentaine  de  kilomètres,  jusqu'au  pied  du 
massif  de  N'Sol;  puis,  dans  ce  massif,  exécute  encore  une  tren- 
taine de  kilomètres  de  tronçons,  les  uns  en  crête,  les  autres 
à  flanc  de  coteau,  ces  derniers  de  quatre  mètres  seulem.ent 
de  largeur.  Ces  soixante  kilomètres,  sans  aucune  solution 
de  continuité  et  sans  ouvrages  d'art,  sauf  quelques  digues 
avec  aqueduc  et  quelques  ponceaux,  le  tout  en  pierres  sèches. 
Au  delà  de  ces  soixante  premiers  kilomètres,  la  route  se 
prolongeait  encore  par  de  nombreux  tronçons  carrossables, 
mais  avec  solutions  de  continuité,  dont  le  capitaine  Carton 
n'a  pu  achever  le  travail,  en  raison  de  sa  rentrée  en  Europe, 
le   18   janvier    1904. 

Carton  est  actuellement  capitaine  commandant  du  génie, 
décoré  de  l'Etoile  de  service. 

PUBLICATIONS: 

—  Notice  sur  futilisation  rationnelle  de  Véléphant.  (Bulletin  de   la  Société 

d'études  coloniales,  1900,  n°  12). 

—  L'avenue  Coquilhat  à  Léopoldville.  (Congo  belge,  1900,  [)p.  90-91). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  Mouvement  géographique^  1889,  p.  76. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  pp.  182-624. 

—  Ballade  autour  du  m,onde.  Puck,  Chaudoir,  Schei)ens.  Bruxelles. 

—  Coy^go  illustré,  1892,  p.  185. 


WEYNS,  Auguste. 


Cliché  do  la  Belyiqiie  coloniale. 


779 


NA/EYNS,     AUGUSTE,  FRANÇOIS.   GUILLAUME. 

né  à   Lodelinsarl,  le  20  juin  185.1. 

LidiUMiaiil  nu  i'('^^'iin(Mil,  (l(»,s  canibinici-s,  l";iil  un  proini^'i- 
sojour  i(u  (^onii'o,  du  1()  février  JS(S<S  ;ni  1  juilN'l  ISS'j, 
pendant  le({uel  il  renipliL  les  l'onclions  d'o/Iicier  du  iiiiins- 
lère  public  cl  est  attaché  au  service  de  la  complahilil/;  d(i 
l'Etat,  pour  être  (Milin    noninié  sous-cominissaire  de  disti'icl. 

Weyns  se  rend  une  deuxième  l'ois  (^.n  AlVi((U(\  le  :î  sep- 
tembre 1890,  avec  le  grade  de  ca[)itaine  de  la  F.  T.,  chargé 
de  commander  h\  compagnie  auxiliaire  du  chemin  de  ïow 
Un  décret  avait  créé  sous  ce  nom,  le  9  août  1890,  une 
troupe  spécialement  destinée  à  la  protection  des  travaux 
et  à  la  garde  de  la  voie  ferrée.  On  se  rappelle  (pi'au  début 
de  la  grande  entreprise  du  chemin  de  fer,  ce  furent  d'abord 
des  Zanzibarites  qui  furent  enrôlés,  plus  tard  ce  furent 
presque  tous  des  natifs  d'Elmina  (côte  occidentale  d'Afri- 
que) qui  demandèrent  eux-mêmes  à  être  soldats. 

Weyns  s'applique  également  à  protéger  les  indigènes  des 
villages  voisins  du  tracé  du  chemin  de  fer  et  les  nom- 
breuses caravanes  qui  passent  près  des  travaux,  contre  les 
déprédations  possibles  des  ouvriers,  de  race  et  de  tempéra- 
ment si  divers. 

Weyns  commande  pendant  sept  ans  la  compagnie  auxi- 
liaire et  remplit  cumulativement  les  fonctions  de  substitut 
du  procureur  d'Etat  et  d'officier  d'état  civil  à   Matadi. 

Il  effectue  des  recherches  zoologiques,  entomologiques  et 
botaniques,  fait  don  au  gouvernement  de  l'Etat  du  Congo 
d'une  quantité  de  bulbes  d'amaryllis  variées,  espèces  nou- 
velles; d'orchidées,  parmi  lesquelles  le  ^'  Lissochilus  Gigan- 
teus»,  plante  rare,  dont  il  n'existait  que  deux  ou  trois 
spécimens  dans  les  remarquables  serres  de  Kew  (Angle- 
terre); il  envoie  également  plusieurs  beaux  spécimens  de 
fougères  arborescentes  découvertes  à  Sona  Gongo,  aujour- 
d'hui   Thysville,    et  une   variété  de   dépouilles  d'animaux, 


—  780    — 

d'oiseaux  ;  des  insectes,  des  papillons,  et  à  son  retour  en 
Belgique,  qui  date  du  29  août  1893,  il  rapporte  les  pre- 
mières  pierres  taillées  de  la  région  de  Kimpese  et  de  Sona 
Gong'o.  Ces  différents  travaux  lui  valent  la  médaille  d'or 
à  l'exposition  de  Bruxelles  en  1897. 

Il  repart  une  troisième  fois  pour  le  Congo,  le  6  décembre 
1894;  rentre  en  août  1897.  L'année  suivante,  en  1898  (qua- 
trième voyage),  il  est^  chargé  d'une  mission  scientifique, 
parcourt  la  plus  grande  partie  de  l'Etat  et  contribue  puis- 
samment à  constituer  les  collections  du  Musée  de  Tervueren. 

En  1899,  Weyns  se  dispose  à  se  rendre  en  Abyssinie; 
mais  les  négociations  entre  le  comte  Leontieff  et  le  groupe 
des  capitalistes  belges  qui  devait  équiper  l'expédition, 
échouent. 

Nommé  représentant  du  comité  spécial  du  Katanga, 
Weyns  s'embarque  avec  une  partie  de  son  personnel,  le 
19  janvier  1901,  à  destination  du  Katanga,  via  Zanzibar, 
Beira,  Ghinde,  les  lacs  Nyassa,  Tanganika  et  Moero;  l'autre 
partie,  sous  la  conduite  du  capitaine  Tonneau,  fait  le  voyage 
par  la  côte  occidentale,  via  Boma,  Matadi,  Léopoldville, 
Lusambo  et  Kabinda. 

Gomme  représentant  en  Afrique  du  comité  spécial  du 
Katanga,  Weyns  fait  établir  de  nombreux  postes,  tels  que 
Vua,  sur  le  Tanganika,  terminus  de  la  route  vers  le  lac 
Moero;  Kitope  sur  la  dite  route  et  Pweto  sur  le  dernier  lac. 

Sur  la  rive  occidentale  du  Moero,  il  établit  les  postes 
de  Lukonzohva  et  Kilwa,  et  sur  la  rive  gauche  du  Lua- 
pula,  entre  les  lacs  Moero  et  Bangwelo,  les  postes  de 
Kasenga,  Schiniama  et  Kalonga. 

Citons  de  plus  Tenke,  Lukafu  et  Kayumba  sur  la  Lufira  ; 
Kikondja  sur  le  lac  Kisale;  Mulongo  sur  le  lac  Kabamba  ; 
Ankoro  au  confluent  du  Luvua,  et  Buli  au  confluent  de 
la  Lukuga. 

D'autres  postes  sont  encore  créés  sur  le  Luapula  inférieur, 
sur  le  Lomami  et  aux  sources  du   Lubefu. 


le  D    ETIENNE. 


Clich(''  (lu  Mouvement  géographique. 


—  781   — 

\\'oyiis  est  :ictiioll(Mn(Mil  iiKijor  (l'iiir;iiiUM-ie  m  i7'li';iilo, 
chevalier  de  l'Ordre  de  Lciopoid  ol  (1(^  r()i'dr('  voy.il  du 
Lion,  décoré  de  l'h^loilo  de  sei'vicc^  à  trois  riii<is  (il  de  la 
(]roix   militaire  de  deuxième   classe. 

PUBLICATIONS: 

—  CollaboraUMir  j)hot(>gi";»i)Iii'iiio  du  Coiif/o  illustré  oA.  du  MouDemenl    tjtlo- 

graphiqne 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Belgique  coloniale,  1901,  p.  ()I. 

—  Congo  illustré,  1893,  p.  137. 

—  Mouvement  géographique,  1902,  [>.  488. 


ETIENNE,    ÉLIE,    JOSEPH, 

né  à  Ligny  (Namur),  le  23  mars  1855. 

Docteur  en  médecine,  chirurgie  et  accouchements  de  l'Uni- 
versité de  Louvain. 

S'engage  au  service  de  l'Etat,  le  15  février  1888,  en  qualité 
de  médecin  de  deuxième  classe  et  réside  à  Banana  jusqu'au 
G  juin  1891.  Durant  ce  séjour,  le  D""  Etienne  a  consigné 
pendant  dix-sept  mois,  jour  par  jour,  ses  observations  scien- 
tifiques, météorologiques  et  cliinatologiques.  Ses  travaux 
ajoutent  de  précieux  matériaux  à  ceux  accumulés  par  von 
Danckelman,  Wolff,  E.   Dupont,  Hodister  et  Cornet. 

Le  D''  Etienne  démontre  que  le  climat  du  Bas-Congo  est 
moins  malsain  que  celui  de  Java,  de  Sierra  Leone,  et  de 
certaines   parties  du  Brésil. 

Il  a  constaté  que  le  maximum  de  la  température  moyenne 
annuelle  à  Banana   était  en   1890  de  28«  87',   la   moj-enne 


—  782  — 

g-énérale  de  25"  45',  le  minimum,  21"  04'.  Il  fonde  à  Borna, 
le  premier  hôpital  de  l'administration  do  la  Croix  rouge. 

Chargé  de  rapatrier  un  contingent  de  soldats  zanziha- 
rites,  il  se  rend  au  Cap  et  à  Zanzibar  et  revient  en  Bel- 
gique, le  19  septembre   1801. 

Le  10  mai  1892,  le  D*"  Etienne  repart  de  Bordeaux  pour 
le  Congo,  comme  médecin  de  première  classe;  mais  à  peine 
arrivé  à  Boma,  il  passe,  momentanément,  à  la  compagnie 
du  chemin  de  Ter  de  Matadi,  à  la  demande  du  directeur 
et  avec  l'autorisation  de  l'Etat  (21  octobre  1892). 

Il  séjourne  à  Palabala  jusqu'au  30  mars  1893  et  rejoint 
alors  son  poste  à  Banana,  où  il  est  chargé  des  fonctions 
de  commissaire  de  district.  11  débarque  à  Lisbonne,  le 
8  mai  1895. 

A  son  troisième  départ,  le  D''  Etienne  ({uitte  Lisbonne, 
le  G  janvier  1896,  et  séjourne  à  Boma  où  il  est  chargé 
de  la  direction  du  service  sanitaire  jusqu'au  25  mars  1900, 
soit  un  terme  de  plus  de  quatre  ans.  Il  rentre  à  Anvers, 
le  16  avril   1900. 

Le  16  mai  1901,  le  D^  Etienne  reprend  ses  fonctions 
médicales  et  celles  de  commissaire  de  district  à  Banana, 
jusqu'au  14  juin  1904.  Il  revient  à  Anvers,  le  4  juillet  1904. 

Le  25  mai  1905,  il  se  rend  de  nouveau  à  son  poste  pour  con- 
tinuer ses  études  et  se  charger  de  ses  anciennes  fonctions. 

Le  D''  Etienne  est  le  plus  ancien  fonctionnaire  de  l'Etat 
encore  en  activité  de  service  ('). 


(1)  Au  lieu  do  deux  médecins  attitrés  au  Congo  en  1885  et  de  huit  en  1891, 
il  y  en  a  actuellement  trente.  Chaque  inédecin  a  à  sa  disposition  un  certain 
nombre  d'infirmiers  noirs.  Tous  traitent  à  titre  gratuit  les  indigènes  et  leur 
fournissent  les  médicaments  nécessaires.  Chaque  Européen  se  rendant  au 
Congo  reçoit  une  pharmacie  poitative  avec  un  guide  médical  indiquant  les 
soins  à  donner  en  l'absence  du  médecin.  Ces  remèdes  et  ces  indications 
servent  naturellement  aussi,  en   l'occurence,  au  soulagement  des  indigènes. 


Des   statistiques  précises  nous  apprennent   que  la  mortalité  des   résidents 


—  7s:;  — 

Ollicior  (le  l'Ortlrc^   royal    du    Lion,    (:lievali(;r   de   ri^l.oil(3 
nfricaino,  décoré  de  l'KLoile  de  service  à  ciiuj  raies. 

PUBLICATIONS: 

—  Le  climat  de  Banana  en  1890.  (Pu])li(;ati()n   K.  I.   C,  n"  7,  Briix(;ll(;s.   — 

Bulletin  do  l;i  Sotnéto  bolj^'C  do  (léograi)hio,  18.S2,  pp.    1(37-177.  — 
Mouvement  ^ôographiriuc,  1892,  p.  41). 

—  Observations  météorologiques  à  Banana.  (HuUoliM  do  la  Société  belge  do 

Géographie,  XIV,  151). 

européens  qui  était  en    1901   de  6  31  «/o,  était  on  1902  de   5.09;  en  1003  do 
4.23;  en    1904  do  3.41;   en   1905  de  3.03;    et   en    1906   de  2.85. 

Des  hôpitaux  noii's  ont  été  créés  dans  tous  les  centres  impoitants.  Kn 
outre,  à  côté  du  service  médical,  des  commissions  d'hygiène,  composées 
d'un  médecin  et  de  deux  membres  adjoints,  sont  instituées  dans  les  chefs- 
lieu  de  district  et  de    zoni^. 

La  variole  a  été  efficacament  combattue  par  la  vaccination,  rendue  obli- 
gatoire pour  les  gens  de  couleur  employés  par  l'b^tat,  pai-  l'installation 
d'un  institut  vaccinogène  central  à  Borna,  ainsi  quâ  de  postes  vaccinogènes 
à  divers  points  du  territoire,  et  par  la  gi-atuité  de  la  fourniture  comme  de 
1  inoculation  du  vaccin.  Quant  à  la  maladie  du  sommeil,  qui  ravage  la  popu- 
lation d'une  façon  terrible,  outre  l'installation  d'un  laboratoire  de  recherches 
à  Léopoldville,  p'us  récemment  une  mission  scientifique,  dirigée  par  feu 
le  D""  Dutton  et  par  le  D^  Todd.  de  rKcole  de  médecine  tropicale  de  Liverpool, 
a  fait  sur  place  une  enquête  approfondie,  qui  a  duré  deux  ans  et  demi,  au 
sujet  de  cette  maladie.  Des  postes  d'observation  avec  lazarets  ainsi  qu'une 
ligne  de  surveillance  sous  la  direction  de  médecins  spécialement  préparés 
ont  été  établis  dans  les  régions  menacées,  pour  découvrir  à  leur  passage 
et  retenir  les  sujets  suspects.  D'autres  lazarets  pour  la  guérison  des  sujets 
atteints  de  la  maladie  existent   dans   les   régions  contaminées. 

On  sait  que  le  Roi  Souverain,  par  un  décret  du  3  juin  1906,  a  institué 
un  prix  de  deux  cent  mille  francs  pour  celui  qui  découvrira  le  remède  de 
la  maladie  du  sommeil. 

Léopold  II  a  créé  en  outre  à  Bruxelles  une  Ecole  de  médecine  tropicale, 
composée  de  quatre  spécialistes,  pour  donner  aux  futurs  méiecinsdu  Congo 
un  complément  de  science  et  de  formation  spéciale,  afin  de  mieux  com- 
battre  les  maladies  tropicales   et   notamment  celle   du    sommeil. 

{L'Etat  du  Congo,  par  A.   Castelein  S.  J.,  Bruxelles,  1907). 


—    78d 


RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES 


Congo  illustré,  1893,  p.  121. 
Tribune  congolaise,  1905,  n"  13. 


DE     NEGRI,     ALBERT,   PIERRE.  JOSEPH,    GHISLAIN 

(BAR  ON 

né  à  Oostcamp,  le  3  octobre  1858;  décédé  à  Banana,  le 
4  avril   1889. 

Lieutenant  au  2®  régiment  de  chasseurs  à  cheval. 

Part  pour  le  Congo,  le  16  février  1888,  en  cfualité  d'adjoint 
à   Lukungu. 

Meurt  à  Banana,  le  4  avril  1889. 


STERPIN,    ABEL,   ARTHUR,   FERDINAND, 

né  à  Beauraing,   le  6  avril  1865. 

Sous-heulenant  au  11^  de  ligne,  part  pour  le  Congo,  le 
3  mars  i888,  en  qualité  de  lieutenant  de  la  F.  P.  Succes- 
sivement attaché  à  la  brigade  topographique,  lieutenant  de 
la  F.  P.,  commissaire  de  district  de  deuxième  classe  à 
Banana,  chargé  de  l'inspection  des  districts  de  Banana  et 
de  Borna.  Fait  l'exploration  du  Mayumbe  et  particulière- 
ment des  rives  de  la  Lukula.  Etablit  la  carte  hydrographique 
du  Bas-Congo  et  de  la  région  côtière. 

Rentre  en  Europe,  le  27  septembre  1891. 

Capitaine  commandant  au  régiment  des  grenadiers,  adjoint 
d'Etat-Major;  directeur  des  études  à  l'école  des  cadets  de 
Namur;  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  décoré  de  la  Croix 
militaire  de  deuxième  classe,  décoré  de  l'Etoile  de  service, 
du  Lion  et  du  Soleil  de  Perse  de  quatrième  classe. 


—    "éSb  — 
FIEVEZ,     VICTOR,    LÉON, 

ii(i  à  llaviv.-k'z-Mons  en   Uninnul,   le  ;i()  avril   18."35. 

Entre  à  l'arniée  en  1875,  comme  milicien,  et  passe  en 
1879  l'examen  de  sous-lieutenant;  classé  second,  il  est  nommé 
sous-lieulenant,  le  13  août  1880,  et  lieutenant,  en  avril  188G. 

Lieutenant  au  11''  régiment  de  ligne,  il  s'embarque  pour 
le  Congo,  comme  capitaine  de  la  F.  P.,  le  15  mars  1888, 
avec  Haneuse,  Nilis,  de  Negri,  Lenger  et  Molleur,  ancien 
sous-ofRcier  français,  depuis  administrateur  de  première 
classe  dans  la  Sanga. 

Fiévez  s'occupe  de  l'organisation  de  la  F.  P.  sous  Roget, 
puis  sous  Avaert,  et  est  nommé  commandant  intérimaire 
au  départ  de  ce  dernier.  Il  est  secondé  parSterpin,  Debergh, 
Hanolet,   Gillain,  Gorin,   Donnay,   etc. 

En  dehors  de  ses  fonctions  militaires,  Fiévez  crée  des 
cultures  et  des  plantations  diverses. 

Il  remplit  à  Boma  les  fonctions  de  substitut  du  tribunal 
de  première  instance,  du  tribunal  d'appel  et  de  juge  sup- 
pléant au  tribunal  de  première  instance. 

Succède,  en  novembre  1890,  au  capitaine  Roget  comme 
commandant  du  camp  de  Basoko. 

Remonte  la  Lulu  pour  aller  visiter  les  camps  arabes 
de  Utclioa  et  de  Jamumba;  pousse  une  première  fois  jus- 
qu'à Bokongolia  et  refait  plus  tard  le  même  voyage  jusqu'à 
Bokondadu. 

Au  commencement  de  l'année  1891,  après  avoir  remonté 
le  Rubi  en  canot  jusque  près  des  chutes,  il  traverse  toute 
la  forêt  qui  sépare  cette  rivière  de  la  Lulu  et  aboutit  un 
peu  en  amont  de  Bokongolia.  Pendant  ces  différentes  expé- 
ditions, le  lieutenant  Fiévez  relève  le  cours  inférieur  de  la 
Lulu  par  plus  de  trois  cents  observations  et  constate  que 
les  Arabes  possèdent  de  superbes  cultures  de  maïs,  de  riz 
et  d'arachides,  à  des  centaines  d'hectares  autour  d'Utchoa 
(Utchapé). 


—  78G  — 

Bien  qirnccompngné  d'uno  l'ailjlo  escorte,  il  parvient  à 
défendre  aux  Arabes  de  passer  la  Lulu  avec  des  détachements 
armés. 

Rassurées,  les  populations  indi^'-ènes,  qui  s'étaient  enfuies, 
quittent  leurs  refuges  et  se  fixent  à  Basali,  Bokondadu, 
et  Bokongolia,  qui  deviennent  bientôt  des  centres  populeux, 
grâce  à  la   protection  de  l'Etat. 

En  1801,  Fiévez  remonte  en  canot  l'Itimbiri,  jusque  près 
de  la  Likati;  ayant  renvoyé  son  embarcation  à  Ibembo, 
il  s'enfonce  dans  la  forêt,  et  après  une  marche  de  cinquante 
heures,  qu'il  fait  en  cinq  jours,  regagne  la  Lulu,  à  quatre 
lieures  en  amont  de  Bokongolia,  se  servant  en  partie  de 
l'itinéraire  suivi  ([uelques  mois  auparavant  par  Becker, 
dans  sa  marche,  en  compagnie  d'Arabes  des  Falls,  vers 
Djabir. 

Voici  le  motif  de  cette  course  rapide.  A  Ibembo,  Fiévez 
ayant  appris  qu'un  chef  arabe,  Kapango-Panga,  repoussé 
par  Van  Gèle  et  Milz,  au  Sud  de  Djabir,  cherchait  à  regagner 
Outchoye,  à  marches  forcées  avait  nourri  l'espoir  de  le 
rejoindre. 

Au  deuxième  campement  des  Arabes,  Fiévez  est  témoin 
d'un  horrible  spectacle:  quarante  cadavres,  aux  figures 
grimaçantes  sont  entassés  les  uns  sur  les  autres;  ces  mal- 
heureux ont  été  tués  à  coups  de  lances  par  les  gens  de 
Kapango-Panga  pour  avoir  refusé  de  les  accompagner, 
comme  porteurs  d'ivoire,  jusqu'aux  Falls. 

Le  chef  arabe  n'est  pas  rejoint  par  Fiévez  et  va  jeter 
l'épouvante  dans  le  camp  d'Uchage,  en  annonçant  l'arrivée 
du  commandant  de  Basoko  sur  les  bords  de  la  Tshimbi, 
affluent  de  l'Itimbiri:  deux  mille  captifs  se  réfugient  au 
camp  de  Bokongolia,  poste  fondé  dans  la  brousse  quel- 
ques semaines  auparavant. 

Malgré  les  nombreux  déplacements  du  commandant,  les 
plantations  alimentaires  et  de  rapport  sont  poussées  avec 
vigueur.    C'est  de  cette  époque  que  datent   les  premières 


^—  787  — 

])lantntions  (1(M';ijV».  Di^s  rouios  sont  ('^•nlomonl  construites. 

Fiévoz  est  reniphuuMhms  son  comniandeineiit  |):ii'  (]li;iltin 
ot   renti'e  en    Iùir()|)e,   en    se[)teinl)re    1891. 

Le  G  mars  1SU3,  il  retourne  en  Arrif[U(^  et  eoniinandci  l(i 
district  de  rK(iuatcur,  d(;veloppe  Co(]uilhatville,  construit 
les  premières  maisons  en  briques  et  continue  son  système 
de  i)lantations  que  le  professeur  Laurent  propose  comme 
modèles.  Assisté  du  lieutenant  Sarrazjm,  Fiévez  étend  con- 
sidérablement les  plantations  de  caféiers.  Il  cbâtie  les  rebelles 
et  les  anthropopliag-es;  pacifie  le  Ruki  et  ses  affluents. 

Fiévez  entreprend,  en  1895,  un  voyage  du  lac  Tumba 
au  lac  Léopold  II  et  eflcctue  un  trajet  de  liuit  cents  kilo- 
mètres. 

Réprime  l'opposition  des  indigènes  à  Iboko,  se  rend  de 
là  à  Bali  sur  le  lac  Léopold  II  ;  au  retour,  il  accomplit  la 
reconnaissance  de  la  rivière  Lule. 

Fiévez  revient  en  Belg'ique,  le  14  mai  1890,  et,  après 
quelques  mois  de  service  au  9^  régiment  de  ligne,  retourne 
en  Afrique,  le  6  octobre  189G,  pour  prendre  le  comman- 
dement supérieur  des  districts  des  Bangala  et  de  l'Ubangi. 
Il  reconstruit  le  camp  d'Umangi  sur  de  nouveaux  plans 
et  vient  en  aide  à  Doorme  et  à  Lothaire  dans  la  répression 
des   Budja. 

Le  5  novembre  1898,  Fiévez  se  rend  dans  le  Nord  en 
partant  de  l'Itimbiri  jusqu'à  Yakoma,  par  le  pays  des 
terribles  Budja. 

Il  n'a  avec  lui  que  cent  trente  hommes.  Il  livre  combat 
sur  combat  et  gagne  Banzyville,  où  il  assiste  aux  derniers 
moments  de  Van   Galster. 

Pendant  ce  voyage  de  plus  de  huit  mois,  Fiévez  a  eu 
à  se  défendre  à  différentes  reprises  contre  les  attaques 
impétueuses  de  milliers  d'indigènes,  armés  de  lances,  de 
fusils  à  piston  et  d'armes  rayées. 

Il  rentre  en  Europe,  le  27  novembre  1899. 


—    788  - 

Il  est  actuellement  major  au  9-  régiment  de  ligne,  cheva- 
lier de  l'Ordre  de  Léopold  et  de  l'Ordre  royal  du  Lion, 
décoré  de  l'Etoile  de  service  et  de  la  Croix  militaire  de 
première  classe. 

PUBLICATIONS  : 

-'  Du  lac  Tumba  au  lac  Léopold  IL   (Belgique  coloniale.  1896,  p.  40  Tavec 
carte). 

-  Le  district  de  l'Equateur.  (Congo  illustré,  1895,  n"*  10,  11   12). 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

-  Belgique  'militaire,   1899,  n°  1489;   1900,  n°  1510. 


LENGER,     AUBRY,  JEAN.   SIMON. 

né  à  Altwier  (Grand- Duché  de  Luxemhourg),   le  14  février 
18G2;  décédé  à  Nouvelle-Anvers,   le  18  octohre  1890. 

Sous-lieutenant  au  8^  rés-iment  de  lioiie. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  mars  1888,  comme  sous-lieute- 
nant de  la  F.  P.,  et  accompagne  le  gouverneur  général 
Camille  Janssen  dans  son  voyage  dans  le  Haut-Congo  (15  se}> 
tembre  1889). 

Installé  par  Janssen  comme  commandant  du  camp  de 
Bena-Kamba,  sur  le  Lomami,  il  est  chargé  d'y  créer  (au 
4"  sud)  une  nouvelle  station.  Lenger  entreprend  les  premiers 
travaux,  dès  le  14  novembre  1889.  Ce  poste  militaire  était 
destiné  à  être  relié  au  camp  du  Lomami-Sankuru  que 
le  lieutenant  Le  Marinel  avait  reçu  l'ordre  de  fonder.  Lenger 
explore  la  région  située  entre  le  camp  de  Lusambo,  le 
Sankuru  et  le  Lomami.  # 

Il  meurt,  le  18  octobre  1890,   à   Nouvelle-.\nvers. 


—  780  — 

AMERLINCK,  joseph,  marie. 

lie   ;i    (liiiid,     1(^    *J  1     liiiil's    l.S(>2. 

In<4(''iii(Mii'  (les  |»()iiLs  (;l,  c.Iihussi'm'S  de  TP^colc,  de,  (\:\\](\ 
(18<S7). 

l^ai'l  pour  C()iiii)U;  do  la  C()iii[)a;4iii(î  du  (^lon^^o,  l(i  21  mars 
18<S8. 

Séjourner  à  Léopoldvillc,  coimno  clief  do  l)i'i^adc,  (il  l'ail, 
nu  retour,  r<Hud('.  d'une  variante,  raccourcissant  nolablemenl 
le  ])reniier  tracé  du  clHiiiiin  de  Ter. 

Il  rentre  en  Kuropo  en  janvier  1889  et  fait  deux  séjours 
au  (ùliili. 

Ensuite,  il  réside  au  Guatemala  pendant  une  dizaine 
d'ann(!es,  comme  directeur  de  la  construction  oX  de  l'exploi- 
tation des  chemins  de  fer  du  Nord  du  Guaténiala  et  se 
lixe   plus  tard  à   Mexico,  comme  in^^'-énieur. 


CHARMANNE.  xav.er. 

ne  à  Yvcs-Gomezée,  le  13  décembre  1853;  décédé  à  Hruxelles, 
le  17  juin  1903. 

Fait  ses  études  nu  Gollè^'-e  de  Mons-sur-Marchienne. 

Sorti  des  écoles  spéciales  de  Louvain,  comme  ing^énieur 
des  mines,  en  1874,  il  débute  dans  l'industrie  charbonnière. 

11  représente  le  ^'"ouvernement  tunisien  à  l'Exposition  inter- 
nationale d'Amsterdam  et  obtient  la  d'^coration  de  Tunisie. 

Part  au  Gong-o,  le  21  mars  1888,  [)our  rejoindre  son  frère 
Hector  et  collaborer  avec  lui  aux  <'tudes  du  chemin  de  fer 
de  Matadi  à  Léopoldville.  L'inclémence  du  climat  a  raison 
de  ses  forces   et   l'oblig'e  à  rentrer    en   lj'jlgi(jue,   dès   le 

12  août  de  la  même  année. 

Remis  des  fièvres  africaines,  il  s'embarque  i)our  la  côte 
du  Pacifique  et  va   [)réter  ses  services  au  g-ouvernement 


—  TIJO  — 

chilien,  qui  e  charge  du  contrôle  et  de  la  construction 
iu  chemin  de  fer  de  Santiago  à  Melii)illa. 

La  révolution  de  1891  suspend  l'exécution  des  travaux 
publics  au  Chili  et  l'année  suivante,  après  un  séjour  de  trois 
ans  et  demi  dans  ce  pays,  Gharmanne  reprend  le  chemin 
de  l'Europe. 

Rentré  en  Belgique,  il  s'y  occupe  de  l'administration 
de  sociétés. 

Il  meurt  à  Bruxelles,  des  suites  de  néphrite,  le  17  juin 
1903. 


RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 


—  Bulletin  de  l'Union  des  Ingénieurs  so7'lis  de  l^ Ecole    de  Louvain,   1904. 


T ACK,    THÉOPHILE.  MARIE,   AIMABLE,  AUGUSTE, 

né  à  Woumen  (Flandre  occidentale),  le  7  décembre  1843; 
décédé  à  Palabala,   le  G  janvier  1891. 

Capitaine  en  premier  au  14^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  21  mars  1888,  à  bord  de  la  Lîjs. 

Le  4  avril  1888,  étant  en  rade  de  Rufisque  (Sénégal) 
il  profite  de  ses  moments  de  loisir  pour  parcourir  le  pays 
et  transmet  ses  impressions    au  Mouvement  géograpliiqiie. 

Il  prend  une  part  active  à  la  campagne  d'études  du 
chemin  de  fer  et   rentre  en  Europe,   le  17  janvier  1889. 

Tack  retourne  en  Afrique,  le  11  octobre  1889,  avec  la 
première  brigade  d'ingénieurs  pour  le  travail  de  h\  con- 
struction. 

Détaché  à  la  brigade  d'études  dans  le  bassin  de  la  Lufu, 
il*  meurt,  le  6  janvier  1891,  à  Palabala,  aux  environs  de 
Matadi. 


—  701   - 

Il   élail  CMi)'!!;!!!!!',  au   11^  iv^iiiKiiil  (1(3  li^iio  cl  (l(.îCor(i  do 
la   Croix  luililaire. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—   Mouvement  géographique,   1888,  ii"  11. 


DEJOSEZ,  LOUIS. 

né  à  Angleur,  le  25  août  1842;   (décodé  en   avril  1908. 

Part  le  21  mars  1888,  comme  ingénieur,  pour  compte  de 
]a  Compagnie  du  chemin  de  for  et  fait  partie,  en  qualité 
de  chef  de  brigade,  du  personnel  des  études  du  railway 
de  Matadi. 


COCHETEUX,   ALBERT. 

né  à  Mortsel  (Anvers),  le  21  septembre  1861. 

Ingénieur  des  mines  de  l'Université  de  Liège  (1886). 

Part  pour  le  Congo,  le  21  mars  1888,  et  est  attaché  aux 
études  tachéométriques  d'avant-projet. 

Repart,  le  10  octobre  1889,  pour  compte  de  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  et  est  forcé,  pour  cause  de  maladie,  de 
rentrer  en  Europe,  dès  le  22  juin  1890. 

PUBLICATION  : 


—  Observations  faites  dans  la  région  des  cataractes.  (Bulletin  de  la  Société 
Anthropologique,  Bruxelles,  p.  90). 


—  792  — 
VAN     DORPE,    JULES.    JOSEPH, 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  14^  régiment  de  ligne. 
Part  pour    le  Congo,   le   15  avril  1888,    en   qualité    de 
capitaine  de  la  F.  P. 
(La   notice  biographique  figure  à  la  page  409). 


DUVIVIER,  JOSEPH, 

Sergent-fourrier  au  3*^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  avril  1888,  en  qualité  de 
sous-officier. 

(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Expéditions  anti- 
esclavagistes). 


DEBERGH,  henrl  aimé,  liévin. 

Sous-lieutenant  au  11°  régiment  de  ligne. 
Part   pour    le    Congo,  le    15    avril    1888,  en    qualité  de 
lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dans  le  Nord). 


DEGHILAGE,FERDINAND,ALEXANDRE.FLAVIEN, 

né  à  Mons,  le  12  août  1858. 

Ancien  employé  au  gouvernement  provincial  du  Hainaut, 
part  le  15  avril   1888,  en  qualité  de  commis.  Désigné  pour 


I 


—  703  — 

Manyan^'a,  le  17  mai  1888,  cl  pour  le  dislric^l  du  Kwau^'-o,  le 
17  septembre  1892.  P(Mi(lauL  son  Icniie  est,  nommé  commis 
(le  première  classe,  puis   sous-cominissaire  de  district. 

Rentre,   le  ir>  IV'vrier  18<)5. 

Repart  i)()ur  rAI'rifpi-e,  le  0  juin  1895,  en  (pialité  de 
commissaire  de  district  de  troisième  class(i.  Kst  désigné  pour 
Tumba-Mani,  le  2  juillet  1895,  et  i)our  les  Cataractes,  1(3 
23  août;   rentre,  i)our  cause  de  maladie,   le  10  mai  1897. 

Deghilage  se  rembarque  le  G  septembre  1897,  en  qualité 
de  sous-intendant  de  deuxième  classe,  et  est  désigné  pour 
les  Stanlej^-Falls,  le  29  septembre  1897,  où  il  séjourne  trois 
ans. 

Nommé  sous-intendant  de  première  classe,  le  1  septem- 
bre  1898. 

Rentre,  fin  de  terme,  le  8  octobre  1900. 

Deghilage  a  reçu  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


VANDENKERCKHOVE,  François,  émile, 

né  à  Bruxelles,  le  21  décembre  1841;  décédé  à  Banana, 
le  30  août  1897. 

Ancien  commis  de  banque. 

S'embarque  pour  le  Congo,  le  15  avril  1888,  en  qualité 
de  commis  de  deuxième  classe. 

Séjourne  à  Boma,  où  il  dirige  les  magasins-généraux  et 
où  il  est  directeur  des  transports  de  la  marine  et  des 
travaux  publics. 

Rentre    en   Europe,   le   11  août  1891. 

Repart  le  6  novembre  1891,  en  qualité  de  commissaire 
de  district  de  troisième  classe  et  accomplit  tout  son  terme 
à   Boma,   où  il  est  adjoint  à  la  direction   des  transports. 

Rentre  le  23  août  1894. 


'91  — 


Retourne  une  troisième  fois  en  Afrique,  le  6  avril  1895 
et  exerce  les  fonctions  de  commissaire  de  district  à  Hanana. 

Nommé  sous-intendant  de  première  classe,  le  1  juin  1890; 
meurt  à  Banana,    le  30  août  1897. 

Vandenkerckliove  était  décoré  de  l'Etoile  de  service  à 
deux  raies. 


BOURGUIGNON,  Alexandre. 

né  à  Ixelles,  le  21  juin  1862. 

Docteur  en  médecine,  chirurgie  et  accouchements  de 
l'Université  de  Bruxelles. 

S'engage  au  service  de  la  Compagnie  du  Congo  pour  lo, 
commerce  et  l'industrie,  en  qualité  de  médecin  adjoint  à 
l'expédition  d'études  du  chemin  de  fer,  et  s'embarque  pour 
le  Congo,   le  6  mai   1888. 

Le  d""  Bourguignon  rentre  en  Europe,  en  janvier  1889, 
et  repart,  dès  le  11  octobre  1889,  en  qualité  de  médecin 
en  chef  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer. 

Secondé  par  ses  adjoints,  les  d""^  Carré,  Degreny,  Villa, 
Alexandre,  etc.,  arrivés  successivement  et  attachés  aux  dif- 
férents postes;  il  organise  le  service  médical,  dont  l'instal- 
lation mérite  les  plus  vifs  éloges. 

«  Réunir  un  nombre  considérable  d'hommes  sur  un  même  point, 
»  veiller  à  leur  sécurité,  à  leur  hygiène,  au  maintien  de  l'ordre 
»  et  de  la  dicipline  parmi  eux,  n'est  pas  déjà  chose  si  facile  en 
»  nos  pays  d'Europe;  au  Congo,  cette  situation  se  compliquait  encore 
»  de   mille  autres  obstacles. 

»  Matadi  manquait  d'espace.  La  montagne  plongeait  à  pic  dans 
»  le  fleuve  géant  et  à  peine  sur  un  très  court  trajet,  disposait-on 
»  d'une   plage,  profonde  seulement   de   cent   mètres. 

»  Le  sol,   semé  de    ravins   et  de  montées  abruptes,   était    formé 


le  D'^  BOURGUIGNON. 


Cliché  (lu  Mouvement  Géographique. 


—  795  — 

»  (lo  i*()('li(*s  coinjcictcs,  (,)n('l(Hi('s  .-n'itiislcs  r;il)()iij;ris  |i()iiss;ii('iil  de 
»  ci  (le  l;i  (l.'iiis  ce  Icri'aiii  iiiL;T;il  <'l  sau\;ip,'('.  On  ii'v  <lis|)(is;ii(  pas 
»  (lo   CCS  oinbraj^'cs    si    iicccssaircs   sons    un    soleil    de    l'eu. 

»  I/(\aii  iiH'inc,  dont  les  t  ra\ailleni's  a\aieiit  hooiii,  y  v\;\\\,  [>.w- 
»   ciinoiiicuseineni   dislrilmi'e. 

»  Les  torrents  ci  les  ravins  d(»scendant  des  montagnes  sont  à, 
»  sec  une  moitié  de  l'année  et  l'eau  du  Congo  n'est  pas  potable  en 
»  cet  endroit  ;  elle  engendre  la  dysenterie,  ce  fléau  des  tropiques  (pii, 
»  là,  plus  que  partout  ailleurs,  était  tout  particulièrement  à  craindre. 

»  L'exemple  du  Panama  prouvait  qu'une  épidémie  venant  à  éclater 
»  dans  une  agglomération  d'hommes,  forcément  peu  confortablement 
»  logés  au   début,    donnerait    lieu    à   une   mortalité  désastreuse. 

»  La  petite  vérole,  (]ui  décime  en  Afrique  des  populations  entières, 
»  était   encore    plus  redoutable  que  tous    les  autres   fléaux. 

»  Dans  l'impossibilité  de  faire  travailler  des  blancs  sous  un  climat 
»  aussi  différent  du  leur,  il  fallait  recruter  un  peu  partout,  dans 
»  les  colonies  étrangères,  des  travailleurs  plus  aguerris.  On  allait 
»  donc  voir  réunis  là  des  ouvriers  de  toute  nationalité,  des  noirs, 
»  des  Anglais,  Français,  Portugais,  Allemands,  Italiens,  Grecs, 
»  Turcs,  Egyptiens,  Chinois,  une  vraie  tour  de  Babel  de  tra- 
»  vailleurs.  Ajoutons  à  tout  cela,  les  effets  déprimants  du  climat, 
»  augmentés  encore  par  le  manque  de  confort  et  un  travail  fatigant 
»  et  énorme,  et  nous  aurons  donné  une  idée  de  l'importance  i)ri- 
»  mordiale  de   la  question   de  l'organisation   du   service  de  santé. 

»  Ce  problème  si  grave,  si  complexe  fut  cependant  résolu  Des 
»  habitations  commodes  et  saines  furent  érigées,  le  ravitaillement 
»  et  l'alimentation  de  tous  ces  ouvriers  furent  assurés,  les  camps 
»  de  travailleurs  furent  établis  dans  de  bonnes  conditions  de  salubrité 
»  et  d'hygiène.  Les  épidémies  de  variole  furent  évitées.  Le  beri- 
»  beri  et  les  diarrhées  séreuses  cédèrent  devant  la  transformation 
»   du  régime  (').  » 

Le   d'"  Bourguignon  rentre  en   congé  en   Belgique,  le  4 

(1)  Conffo  illustré,  1892,  p.  177. 


—  79(3  — 

février  1892,  et  retourne  en  Afrique,  dès  le  5  juin  de  la 
même  année. 

Revenu  en  Europe,  en  avril  1894,  il  r(?f)nrt  une  quatrième 
fois,  le  6  octobre  1894. 

Il  revient  en   Belgique  en  décembre  189G. 

Ses  cinquième,  sixième,  septième  et  huitième  séjours  au 
Congo  datent  :  du  6  septembre  1897  à  novembre  1899  ; 
du  10  juillet  1900  au  4  novembre  1902  ;  de  juillet  1903  à  sep- 
tembre 1905  ;  du  17  mai  1906  à  février  1908.  Pendant  ces  divers 
termes  de  service,  il  occupe,  outre  ses  fonctions  auprès 
de  l'Etat  qu'il  exerce  depuis  1890,  celles  de  médecin,  chef 
du  service  sanitaire  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer 
du  Congo  de  Matadi  au  Stanley-Pool,  avec  résidence  à 
Matadi,  en  même  temps  que  celles  de  médecin  de  l'hôpital 
de  la   Compagnie  du  chemin  de  fer. 

Le  d'"  Bourguignon  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold, 
décoré  de  l'Etoile  de  service,  chevalier  de  l'Ordre  royal 
du  Lion,   officier    de  la  Couronne  d'Italie. 

PUBLICATION  : 


Congo,  climat,  constitution  du  sol  et  hygiène  de  l'Etat  Indépendant  du 
Congo,  1  vol.  in-8",  Bruxelles,  1898. 


REZETTE,  JEAN,  JOSEPH. 

Ingénieur. 

Part  pour  le  Congo,  le  1  mai  1888,  en  qualité  de  direc- 
teur des  transports. 
(La  notice  biographique  figure  à  la   page  475). 


—  797  - 

HANOLET,     LÉON,    CHARLES.    EDOUARD. 

Sc)US-liouton;inl   :iu    !.'>''   i'(''^iiii<Mil   de  li^nc. 

Part  pour  1(*.  (^on^o,  le  ir>  juin  1888,  en  (jiialiUî  de  sous- 
lieutcuant  de   la  V.  V. 

(La  nolicc  biographique,  avec  portrait,  figure  à  la  [)agc 
205). 


PREGALDIEN,  p.. 

Maréchal  des  logis  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo,   le  15  juin   1888. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:    Campagne  arabe). 


MASSON,    JEAN,    BAPTISTE, 

Part   pour   le   Congo,    le    15  juin    1888,    au  service   du 
département  des  finances. 
(Voir  la  notice  à  la  page  499). 


STERCKMANS,  charles. 

né  à  Bruxelles,  le  1  octobre  1860. 

Maréchal  des  logis  au  l""  régiment  de  chasseurs  à  cheval. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  juin  1888,  et  est  adjoint  à 
l'expédition  Dhanis  dans  la  Lunda  (Kwango  oriental)  (1890). 

De  Popokabaka  l'expédition  gagne  la  résidence  du  grand 
chef  Muene  Putu  à  Kasongo-Lunda. 


—  798  — 

Malgré  l'opposition  de  ce  dernier,  elle  marche  vers  le 
Sud,  par  un  pays  complètement  ravag:6. 

Forcé  de  rebrousser  chemin,  elle  se  rend  au  pays  Wamba. 

Sterckmans  rentre  en  Europe,  le  21  novembre  1890,  et 
repart,  pour  compte  de  YAbir,  le  6  décembre  1892,  en 
qualité  d'adjoint. 

Sterckmans  est  actuellement  directeur  en  Afrique  de  la 
Société  YAbir. 


DE  VALKENEER,  clément,  s  ylv  a  in,  louis. 

MARIE,  BERTRAND, 

né  à  Ixelles,  le  14  novembre   18G3. 

Sergent-fourrier  au  5*^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  15  juin  1888,  comme  sous-officier 
de  la  F.  P.,  attaché  au  district  des  Bangala. 

Il  est  adjoint  à  Dhanis,  chargé  de  fonder  un  camp  sur 
l'Aruwimi   (1889). 

Il  devient  agent  de  l'Etat  dans  le  Haut-Congo  et  explore 
le  Lopori,  afïluent  de  la  Lulonga. 

Rentre  en  Europe,  le  10  février  1892. 

Est  décoré  de  l'Etoile  de  service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Mouvemeht  géographique,  1891. 


—  79U  — 
MILZ,   JULES.    ALEXANDRE, 

Sous-lieiitcnniil   ;ni    1"   iv^iiiiciil   do    l.'iiicici's. 

l*;ii'l.  pour  1(^  (lon^^o,  1(^  17  juin  l.S.SX,  (mi  qii;ilil/'  Ho  sou.s- 
Ii(Mil(Mi;niL   do    l;i    V.   V. 

(La  notice  biograpliiffuo,  avec  poi'lraiL,  li^ui'e  a  la  pa^cï 
21)8). 


MONSEU,    ANDRÉ,  CHARLES,  GHISLAIN. 

ne  à  Court-Saint-Etionnc,  le  29  mai  18G4. 

Accomplit  un  terme,  du  20  juin  1888  au  0  juin  1891, 
en  qualité  de  géomètre  du  cadastre  et  de  ff.  de  receveur 
des  impôts  à  Borna. 


VAN  CAULAERT,  benoît,  henri. 

Géomètre. 

Part  pour  le  Congo,  le  10  juillet  1888. 

(Voir  la  notice  à  la  page  499). 


HERREBAUT,  édouard,  émile. 

Missionnaire  des  Pères  Blancs  d'Afrique. 

Part  pour  le  Congo,  par  la  côte  orientale,  en  juillet  1888. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Missionnaires) . 


—  800  — 

DE  BACKER,  albert. 

Missionnaire  de  la   Gongré^^ation   de  Sclieut. 

Pari  pour  le  Gon^o,  le  25  août  1888. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Missionnaires). 


CAMBIER,  EMÉRL 

xMissionnaire  de  la  Gongrégation  de  Scheut. 

Part  pour  le  Gongo,  le  25  août  1888. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Missionnaires). 


GUELUY,     ALBERT, 

Missionnaire  de  la  Gongrégation  de  Scheut. 

Part  pour  le  Congo,  le  25  août  1888. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Missionnaires). 


HUBERLANT,   Ferdinand,  jean,  baptiste 


(MONSEIGNEUR), 


Missionnaire  de  la  Gongrégation  de  Scheut. 

Part  pour  le  Gongo,  le  25  août  1888. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Missionnaires). 


■ 


—   SOI    — 
DUPONT,     HENRI.   JOSEPH. 

DooUnir  c\\  luédeciiic. 

V'Avl  pour  lo  C.oii<4'(),  le  17  soi)l(Mnl)re  ISSS,  on  qnnlilo  de 
médecin   de  deuxième  classe. 
(Celle  nolice  i)araîtra  au  clia[)ilre:  (kimpagnc  arabe). 


COLIN,     NICOLAS,   JOSEPH,    ADOLPHE, 

né  à  Louette-Saint-Pierre,  le  27  juillet  1850. 

Sous-lieutenant  au   13*^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  17  septembre  1888,  en  qualité 
de  sous-lieutenant  de  la  F.  P. 

Séjourne  à  Léopoldville,  puis,  en  sous-ordre,  au  camp 
de  l'Aruwimi. 

Rentre  le  28  mai   1890. 

Actuellement  capitaine  commandant  au  13"^  régiment  de 
ligne,  chevalier  de  l'Ordre  de  Lôopold,  décoré  de  la  Croix 
militaire  de  deuxième  classe. 


BECKER,    JÉRÔME,   JAQUES. 

Lieutenant  au  5^^  régiment  d'artillerie. 

Fait  partie  de  deux  expéditions  belges  à  la  côte  orien- 
tale d'Afrique  et  retourne  au  Congo,  par  la  côte  occidentale, 
le  17  septembre  1888. 

(La  notice  biographique,  avec  portrail,  figure  à  la  page 
530). 


—  802  — 
GORIN,    FLORENT,    JOSEPH.  CHARLES. 

116  à  Tournai,  1(3  25  avril  1804;d6cédé  à  Mons,  le  lirévricr  1899. 

Sous-lieutenaiii  au  13°  n'^gimont  do  ligne. 

Son  premier  départ,  en  qualité  de  sous-lieutenant  de  la 
F.  P.,  date  du  17  septembre  1888  :  il  est  attache  succes- 
sivement à  la  F.  P.,  au  service  cartographique,  au  fort 
de  Shinkakasa  et  est  nommé  commissaire  de  district  de 
troisième  classe,  le  31  mars  1890;  il  rentre  en  Belgique, 
le  28  mai  1890. 

Gorin  repart  le  3  novembre  1890,  chargé  de  la  direction 
du  service  delà  carte.  Il  est  nommé  commissaire  de  district 
de  deuxième  classe,  le  1  août  1891,  puis,  le  4  mai  1892, 
adjoint  au  commissaire  royal,  et  chargé,  avec  Grenfell,  de 
la  délimitation  des  frontières  de  Lunda  (territoire  portugais). 

Gorin  se  dirige  vers  le  Kwango,  par  Lukungu,  Luvi- 
tuku,  Tumba-Mani,  et  Popokabaka.  L'exploration  et  le  levé 
de  la  région  durent  jusqu'au  mois  de  mai  1893.  Au  cours 
de  ce  voyage,  il  franchit  successivement  les  rivières  Wamba, 
Kwilu  (Djuma)  et  Loange,  et  descend  le  KAvango  en  radeau 
depuis   les   chutes  François-Joseph  jusqu'à  Popokabaka. 

Rentre  en  Europe,  le  19  octobre  1893. 

Repart  une  troisième  fois,  le  0  août  1894,  comme  com- 
missaire de  district  de  première  classe  au  Stanley-Pool  et 
rentre  en  Belgique,   le  17  juillet  1895. 

Il  retourne  une  quatrième  fois  en  Afrique,  le  6  avril  189G, 
investi  du  commandement  du  district  du  Lualaba-Kasaï  et 
est  nommé  commissaire  général,  le  1  juin  1897. 

A  la  fin  de  l'année  1898,  il  reprend  le  chemin  de  la  patrie, 
à  bord  d'une  malle  française,  mais  à  peine  a-t-il  débarqué 
en  Belgique,  le  2  janvier  1899,  qu'il  meurt  inopinément. 

Gorin  était  lieutenant  au  .12®  régiment  de  ligne,  cheva- 
lier de  l'Ordre  de  l'Etoile  africaine  et  de  l'Ordre  royal  du 
Lion,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


DE  SÂEGHER,  Marcellin. 


—  mil  — 

PUBLICATIONS: 

—  La  nonvelU  f,'onU,)n',  couf/o-porluf/uise.  d,:  Luwla.  cMtn;  U  Kumnyo  et  le 

Kasaï.    (Mo.ivonuM.t,    -(••o^^niplii.i.i.;.    18:M,      p.     :{.   avoc    carte    au 
2.3r)()  (MX)'). 

—  Kioam/o  et  Lunda;  piuiplaUs  de  la  fmutuhw.  portiu/al^,:.  (Coii^n,  i||i,,(r(';, 

ISDi,   pp.  2  et   10;. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Belgique  militaire^  1899,  n"  1  IK;. 


LOTHAIRE,    HUBERT,    JOSEPH. 

Sous-lieutenant  au  G^   rég-iment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  27  octobre    1888,   en  qualité  de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  biographique  est  publiée  à  hi   page  3G0). 


DE    SAEGHER,    MARCELLIN,  HIPPOLYTE, 

JOSEPH,  MARIE,  GHISLAIN. 

né  à  Ledeberg-lez-Gand,  le  31  mai  1858;  décédé  à  Meer- 
hout  (Province  d'Anvers),  le  12  juillet  189G. 

Docteur  en  droit  de  l'Université  de  Gand,  le  20  juillet 
1880;  avocat  à  la  Cour  d'appel  de  Gand. 

Nommé  juge  au  tribunal  de  première  instance  du  Bas- 
Congo,  le  2G  septembre  1888,  il  part  d'Anvers,  le  27  octobre 
suivant,  avec  Lotliaire,  et  remplit  ses  fonctions  tantôt  à 
Boma,  tantôt  à  Banana,  tantôt  à  Matadi.  Il  reste  en  Afrique 


—  801  — 

jusqu'au  20  août  1893,  date  où  il  rentre  en  Europe,  ayant 
refusé  les  plus  brillantes  propositions  d'avancement.  Il 
accepte  le  ran^-  de  directeur  de  la  justice  à  titre  personnel 
et  d'importantes  missions  d'inspection. 

Il  est,  en  effet,  envoj^é,  en  1891-1892,  en  inspection  dans 
le  Haut-Ubangi,  parcourt  tout  l'Uele,  aide  de  la  Kéthulle 
à  remonter  le  Bomu.  Il  accompagne  Van  Kerckhoven  et 
Ponthier  au  Bomokandi,  redescend  par  l'Itimbiri  et  n'in- 
terrompt son  voyage  qu'aux  Falls,  en  présence  de  l'état 
de  guerre  proclamé  dans  la  région,  ce  qui  rendait  sa  mission 
sans  objet. 

Sans  qu'il  prenne  part  à  l'action,  ses  rapports  contribuent 
beaucoup  à  l'inspiration  de  l'action  systématique  contre  îes 
Arabes. 

Reparti  en  juin  1894  pour  le  Congo,  à  sa  demande,  en 
qualité  de  juge,  il  y  remplit  en  réalité  des  fonctions  d'in- 
specteur d'Etat.  Il  visite  tout  le  bassin  du  Kasaï  Sankuru, 
étudie  spécialement  la  législation  civile  à  donner  aux  indi- 
gènes et  procède  à  l'inspection  du  service  judiciaire. 

Jouissant  d'une  grande  influence  et  entouré  d'une  par- 
ticulière considération,  c'est  chez  lui  que  le  père  De  Deken 
voulut  aller  mourir. 

C'est  lui  aussi,  qui  démissionna  pour  pouvoir  assumer, 
devant  le  tribunal  d'appel  de  Boma,  dans  l'afl'aire  Stokes, 
(1896)  la  défense  de  Lothaire,  dont  il  obtint  l'acquittement,  le 
25  avril  189G. 

De  Sacgher  rentre  en  Belgi(|ue  en  juin  pour  plaider  la 
même  cause  devant  le  conseil  supérieur.  Mais,  surpris  par 
la  maladie  r[u'il  avait  contractée  au  Congo,  il  ne  peut  que 
se  confier  à  son  ami  et  ancien  commensal  d'Africpie,  le 
d'  Henri  de  Marbaix,  qui  espérait  encore  le  guérir.  C'est 
chez  ce  dernier  qu'il  succombe. 

Il  était  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  décoré  de 
l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


—   805  — 
PUBLICATIONS: 

La  Jusfict'.  i)iilitairi\   l>ni^('s,    ISSS,   iii-S". 

Les  couliiHit'.s  (li's  fndiffùnes  de  V Etat  indépendtuil  dit  Cnur/a.    M'iilhîliii 
(l(>  la  So('i(''t(''  (rMliifh's  coloniahîs.    ISDl,   m»  W.    p.  ST). 


SAUAL,    EDOUARD.   JULES.    ÉLIE,  CLÉMENT. 

né  à  Namur,  le  il  novembre  18G7. 

Serf2:enl- fourrier  au  5«  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  22  novembre  1888,  en  qualité  de 
commis  de  deuxième  classe,  attaché  au  service  des  trans- 
ports à  Homa. 

Le  1  mai  1891,  fonde  le  poste  de  Congo  da  Lemba  et,  le 
15  octobre  1891,  rapatrie  le  dernier  contingent  de  Zanzi- 
barites. 

Rentre  en  Europe,  le  23  janvier  1892,  pour  retourner  en 
Afrique,  le  5  juin  1892,  comme  sous-intendant  de  troisième 
classe,   directeur  des  transports  à  Léopoldville. 

Revient  en  Belgique,   le   14  mai  1895. 

Retourne  au  Congo,  le  7  octobre  1895,  comme  directeur 
des  transports  à  Léopoldville,  avec  le  grade  de  sous-inten- 
dant de  première  classe;  rentre  le  10  novembre  1898  et 
repart,  le  30  avril  1903,  en  qualité  de  sous-directeur  de 
rUrsélia.  Revenu  en  Belgique,  le  5  juin  1905,  il  repart,  dès  le 
11  janvier  190G,  en  qualité  d'inspecteur  de  la  susdite  société 
et  rentre  le  23  juin  1907. 

Décoré  de  la  médaille  d'or  do  l'Ordre  ro3'al  du  Lion  et 
de  l'Etoile  de  service  à  trois  raies. 


—  800  — 

MORIAMÉ.j.  M.. 

Serg-eiit- fourrier  au  11^  ré^nment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  22  novembre  1888,  en  qualité  de 
sergent  de  la   F.   P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Campagne  a^mbe). 


VAN  DEN  BOGAERDE,  JULES.  P..  H.. 

né  à  Liège,  le  12  avril  1857;  décédé  au   Stanley-Pool,  le 
11  novembre  1890. 

Ingénieur  du  génie  civil. 

Ingénieur  aux  chemins  de  fer  de  l'Etat  belge. 

«  11  appartenait  à  cette  carrière   du  génie   civil  qui,  après  celle 

»  (le  l'armée,  a  donné  le  plus  d'auxiliaires  à  l'entreprise  du  Congo 

»  et   a   produit  des  hommes  comme  Gondrj,  Charmanne,   Gilmont, 

»  Nève,    Glaesener,   Vauthier,   Bergier,  Goffin,    Paulissen,   brillante 

»  phalange  d'hommes    de   science  et  de  cœur,    qui  s'en    sont  allés 

»  là-bas,    sur   les   rives   du   grand   fleuve,    préparer   à    notre   pays 

»  un   avenir  magnifique.  »  A.  J.  Wauters. 

S'embarque  pour  le  Congo,  en  novembre  1888,  en  qualité 
de  commissaire  de  district  de  deuxième  classe  et  est  nommé 
commissaire  de  district  de  première  classe  au  Stanley-Pool, 
en  1890,  en  remplacement  du  lieutenant  Liebrechts. 

Entreprend  le  montage  de  deux  nouveaux  steamers,  la 
construction  de  quais  de  débarquement  et  l'organisation 
administrative  des  territoires  confiés  à  ses  soins. 

«  Grâce  à  lui,  Léopoldville,  une  des  plus  belles  stations  de 
»  l'Afrique  centrale,  est  encore  améliorée.  Les  plantations  com- 
»  mencées  par  le  lieutenant  Liebrechts,  à  qui  est  due  en  grande 
»  partie  la  prospérité  de  cette  intéressante  localité,  sont  encore 
»  notablement  étendues.  Les  plantations  et  les  constructions  de 
»  Léopoldville,   avec  celles  de    Bangala,    les  modèles  sur    lesquels, 


j 


—  807  — 

»  parloul    ;iill(Mirs    dans   cri  le    ir^ioii    alVicaiiic,    «m   s'cll'orcc    de    so 

»  ('DiifornuM'    |)()iir    la    ('ri'aiion    de    iioiivcaiix   cciilrcs   d'aclivih'   |)()li- 

»  Vu\[W   vi   oomincrcialc.     liàtic   >^\iv    une    Icri-assc,   coiiim-c    dans     les 

»  lianes  du  inonl   I-t'opoid,  la  slalion  est  cnloni'i'c  de  cullnrcs  (•()nsid('',- 

»  rahk's    oi'i    l'on    v\v\v    axcc    snccrs,    onti'c;    les   h'^ninrs    d'i'aii-ojic, 

»  l'ananas,    le    calV'icr,    le,    ri/,    le    laltac 

»  Cette    ville   naissante;   esl ,   du   reste,    plaei'-e  dans    une   situation 

»  tout   à    l'ait  iirivilé<^'iée.    Assise    sui'    la    rive    ^-aucdu!    du    Stanley- 

»  I*ool,   elle  est  avec  Kinshasa,     le   [)()int  d'attache    des    steam(;rs, 

»  qui  de   là   s'élancent  sur    un  niagnifi(jue   réseau   de  fjuinze  mille 

»  kilomètres   de   voies   navigables.    Lorsque  le   chemin   de  fer  aura 

»  été  construit,   l'importance    de   ce   point,    à   la   fois  tète  de  ligne 

^>  ferrée  et  port   de   commerce   initial,   augmentera  dans  des   i)ro- 

»  portions  considérables  et   on   i)eut,    dès  maintenant,  prédire   (jue 

»  Léopoldville,  qui  s'étendra  sous  peu  vraisemblablement  vers  l'P^st, 

»  deviendra   à   bref  délai   une  cité  active   et  commerçante     . 

»  Ce  sera  alors  un   devoir  que  de  rapi)eler   et  d'honorer  le  sou- 

»  venir  de  ces  hommes,   de  ces   compatriotes   qui,    travailleurs  de 

»  la   première   heure,    ont   présidé  à  la    naissance   et  à  l'organisa- 

»  tion   de   la   future   métropole   commerciale   du   Congo.  Les  noms 

»  de  Braconnier,  Valcke,   G.    Le  Marinel,    Liebrechts   et  Van   den 

»  Bogaerde   seront    inscrits   en  tète    du   livre  d'or   de   la  cité  nou- 

»  velle.  »  (Congo   illustré,    1892). 


VANDENBORRE,  adolphe,  arthur, 

né  à  Gand,  le  11  juin  1864. 

S'embarque  pour  le  Congo,  le  23  décembre  1888,  comme 
agent  de  la  Société  anonyme  pour  le  commerce  du  Haut- 
Congo  et  est  adjoint  à  Hodister  à  Bangala.  Trois  mois  plus 
tard,  il  fonde  les  postes  de  Mobeka  et  d'Upoto. 

Il  installe,  en  1889,  le  premier  poste  dans  la  Mongala, 
à  Gongo,  sur  la  Dua. 


—  808  — 

Son  premier  terme  de  service  expiré,  le  22  mai  1891, 
Vandenborre  rentre  en  Europe,  mais  contracte  un  nouvel 
engagement,  du  G  janvier  1892  au  15  avril  1894.  Il  est  désigné 
pour  le  lac  Léopold  II,  où  il  installe  le  comptoir  d'achat 
d'Inongo.  Il  a  des  démêlés  avec  les  M'Panzas;  mais  par- 
vient à  faire  exploiter  le  caoutchouc  par  les  indigènes. 

Il  rentre  en  1894  et  repart  la  même  année,  chargé  de 
reprendre  la  direction  de  YAbh\  Par  suite  du  décès,  à 
Vivi,  du  mécanicien  du  steamer  Colonel  North,  steamer 
qui  devait  être  envoyé  par  sections  jusqu'au  Pool,  Vanden- 
borre effectue  lui-même  ce  transport  en  six  mois.  Arrivé 
à  Léopoldville,  il  est  adjoint  au  commandant  Jacques,  comme 
commandant  de  zone  et  directeur  du  Comptoir  commercial 
congolais.  Quelques  mois  plus  tard,  la  sphère  d'action  du 
Comptoir  est  transférée  dans  la  Wamba,  où  Vandenborre 
passe  environ  deux  ans. 

Il  rentre  en  octobre  1897  et,  pendant  cinq  années  pas- 
sées en  Europe,  Vandenborre  ne  cesse  de  s'occuper  d'affai- 
res coloniales. 

Il  repart  une  quatrième  fois  pour  le  Congo,  le  19  mars 
1903,  pour  la  Société  anonyme  du  Haut-Congo,  en  qualité 
de  chef  de  district  commercial. 

Rentré  le  15  mai  1905,  Vandenborre  repart  une  cinquième 
fois,  le  28  juin  1906,  en  la  même  qualité. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Moniteur  du  caoutchouc,  mars  1903,  n"  2. 

—  De  Meuse.  Lettres.  Mouvement  géographique,  1893,  p.  2. 


—  809  — 

BAEKELMANS,  simon,  louis, 

lié   à    lI()l)0k(Ml,    le    IS   iii;ii's    18()2. 

Adjudaiil  (le  linLlcrie  ;m  :>"  r(''i:ini(Mil,  (r;ii'lill''i'i<'  d  r;iii(li- 
(hiL  soiis-lieiilonanl  ;iu  ri^'^iniciiL  du  (raiii,  il  i)arl,  [lotir  h; 
Coii'j^o,  le  7  janvier  1889,  en  (jualité  do  sei''Z(înl  de  la  l'\  P. 

Le  goiivornour  Lcdoganck  le  char^^'e,  à  lîonia,  on  alleridaiiL 
l'arrivée  d'un  vétérinaii'is  des  soins  à  donner  à  (environ 
quatre  cents  têtes  de  bétail,  de  mules  et  de  chevaux  arabes. 
Baekelmans  en  profite  pour  dresser  quelques  taureaux  devant 
servir  de  montures. 

En  outre,  son  service  comprend: 

1"  l'instruction  de  l'artillerie  aux  i)remiers  contingents 
de  Bangala  et  de  Bakumu; 

2°  l'administration  du  dépôt  et  de  la  première  compagnie 
(environ  neuf  cents  soldats); 

3°  l'administration  et  la  surveillance  de  l'habillement, 
des  armes,  des  munitions,  du  matériel  d'artillerie,  de  la 
forge  et  de  l'atelier  de  l'armurier; 

4*^  la  gestion  d'un  magasin  d'échanges  que  l'Etat  possé- 
dait à  cette  époque,  pour  le  paiement  des  troupes,   à  Boma. 

Nommé  sergent-major  dans  le  courant  du  mois  de  juillet 
1880,  Baekelmans  conduit  à  coups  de  canon,  l'attaque  des 
pirates  du  Bas-Congo,  lesquels  se  soumettent  définitive- 
ment.   Un  projectile  de  l'ennemi  le  blesse  au  menton. 

Sur  l'ordre  du  gouverneur  Gambier,  Baekelmans  part  avec 
dix  soldats  de  choix  pour  aller  planter  le  drapeau  de  l'Etat 
à  Lunga,  sur  la  côte,  en  un  point  contesté  de  la  frontière 
Congo-portugaise.  Il  traverse  une  région  absolument  hostile 
aux  agents  de  l'Etat  et  se  maintient  au  poste  jusqu'à  son 
rappel,  malgré  toutes  sortes  de  difficultés  et  de  menaces. 
Sa  conduite  lui  vaut  des  félicitations  écrites  de  la  part  de 
l'autorité  précitée.  La  question  de  frontière  est  tranchée  à 
l'avantage  de  l'Etat  par  le  président  de  la  Confédération 
suisse. 


—  810  — 

Désigné  pur  lo  vice-gouverneur  Coquilliat  pour  recréer 
le  poste  d'Isangila  et  l'ancienne  roule  des  caravanes  de  Vivi, 
Baekelmans  reçoit  à  Lukungu  l'ordre  de  se  mettre  à  la 
disposition  du  capitaine  Dusart  pour  l'organisation  du  dis- 
trict du  Kwango  oriental.  Mais  le  20  juillet  1890,  intro- 
duisant un  obus  dans  un  canon  de  montagne  de  7.5, 
Baekelmans  a  les  deux  mains  brisées  par  suite  de  l'écla- 
tement prématuré  de  ce  projectile  que  le  sous-lieutenant 
Lemaire  avait  chargé. 

Gomme  il  était  intransportable,  il  reste  en  traitement  à 
Lukungu,  n'ayant  d'autres  soins  que  ceux  qu'il  indicfuait 
lui-même;  ce  n'est  que  vers  le  5  novembre  qu'il  est  trans- 
féré en  hamac  à  Matadi  et  ensuite  par  bateau  à  Boma  où, 
malgré  ses  blessures,  il  participe  à  la  repression  des  quatre 
cents  soldats  soudanais  qui  s'étaient  révoltés. 

Il  est  nommé  sous-lieutenant  et,  comme  ses  blessures  pou- 
vaient se  gangrener,  il  s'embarque  pour  l'Europe  et  arrive 
à  Anvers,  le  3  décembre  1890. 

Le  18  août  1891,  à  peine  guéri,  Baekelmans  repart  pour 
le  Congo,  comme  sous-lieutenant  de  la  F.  P.  Désigné  pour 
Shinkakasa,  il  est  adjoint  au  capitaine  commandant  Pétil- 
lon,  chargé  de  diriger  les  travaux  du  fort,  à  y  construire 
sur  un  mamelon,  à  environ  trente-cinq  mètres  au-dessus 
du  niveau  du  fleuve. 

Baekelmans  s'occupe  de  la  charpente  et  de  la  maçonnerie 
et  lorsque  les  plates-formes  sont  établies,  il  dirige  les 
dangereuses  manœuvres  de  force,  consistant  à  monter  les 
pièces  de  canon  et  autres  parties  pondéreuses  des  huit  cou- 
poles, qu'il  s'agit  d'élever  par  une  rampe  à  environ 
trente-quatre  mètres  de  hauteur. 

C'est  lui  qui  recrute  dans  le  Mayumbe  les  sept  cents 
travailleurs  nécessaires  à  ces  divers  travaux. 

Baekelmans  accompagne  le  major  Wangermée,  commis- 
saire royal,  dans  sa  reconnaissance  stratégique  du  Bas- 
Congo  et  du  Mayumbe  ;  ce  voyage   se  fait  sans  un  seul 


I 


—  811   — 

soldjiU  l<^s  (Unix  ofîiciors  lo^oiinl  iiitiik^  diins  des  \ill;i^('S 
('()iiij)lèlonî(Mil   hostiles. 

Backolninns   i'(Milr('   (mi   I)('l;^i(|ii(\    l(^  'j:>  ;k)i'i(    IS'.M. 

L('  <^()iiV(M'ii(Mir  W'iiliis  ;iy;int  ;i|)|)ris  (|U('  UMekcliiiiins  s'orcii- 
pail  (ruii  vocnbulairc  ''  lioUvIVaiicais  r,  le  pria  de  l"aii'(; 
don   de   son   travail    à    l'J^'.lat. 

Haekolnians  est  aclnolloniont  licMitonanl  à  l'I^tat-Major  do 
la  place  d'Anvers,  décoré  de  l'Etoile  de  service,  portciur 
de  la  Décoration  militaire  et  de  la  Décoration  civifjue  de 
quatrième  classe. 


GONDRY,  HENRI. 

Directeur  d'administration  aux  chemins  de  fer  de  l'Etat 


belge. 


Part  pour  le  Congo,  comme  inspecteur  général  le  7  jan- 
vier 1889. 
(La  notice  biographique  est  publiée  à  la  page   163). 


LOCHTMANS,  albert,  léon,  marie. 

né  à  Mariembourg,   le  27  avril  1864. 

Sous-lieutenant  au  11^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  7  janvier  1889,  et  meurt  à  Lukungu, 
le  8  avril  de  la  même  année. 


—  812  — 
DONNAY,   JOSEPH.    MARIE.   HUBERT, 

Sous-lieutenant  au  14'^   régiment  de  li^ne. 
Part  pour  le    Congo,   le  7  janvier   1889,   en    qualité   de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre  :  Opérations  dans  le  Nord). 


GILLAIN,  CYRIAQUE,   CYPRIEN.  VICTOR, 

Lieutenant  adjoint  d'Etat-Major  au  2^  régiment  de  guides. 
Part  pour  le  Congo,  le  7   janvier  1889,    en    qualité  de 
lieutenant  de  la  F.   P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Ca?npagne  arabe). 


BUSINE.  L..d..D..  d.. 

Sergent  au  5^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  7  janvier  1889,  en  qualité  de  ser- 
gent de  la  F.  P. 

(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Opéralions  dans  le 
Nord). 


FISCHER,    EDOUARD,   GEORGES.   CONSTANT. 

né  à  Louvain,  le  27  octobre  1865;  décédé  à  Landana,  le 
31  août  1894. 

Etudiant  en  droit.  Part  pour  l'Afrique,  le  7  janvier  1889, 
en  qualité  de  commis  de  deuxième  classe. 

Désigné  provisoirement  pour  la  direction  de  la  justice  à 


j 


-   813   — 

l)()iii;i  ci  (MisuiU^  pour  le  S(H'r('»lMri;il  à  l;i  iimmiic  sl.-ilioii,  il 
est  iionniH'  clicl"  de  poste  ;'i  T('lio;i,  puis,  le  1  j;iiivier  JS'.i'J, 
coiiiiiiissnii'e   de   dislricl    de   Iroisiciue    eiiisse. 

Fischer  (»st  dési^FK',  \r.  ir>  septembre  l.SMV,  pour  eoiiiin;inder 
le  distriel  do  H;iii;m;i  el  riMili'e  eu  iMirojx',  fiu  de  tenue, 
le  (')  luars   181):3. 

Il  re[)arl,  le  G  so[)loiul)re  18'.)3,  eu  (juiditj'.  de;  eounuis- 
sairo  de  district  do,  deuxièiuo  classe  et  prend  le  coiniuaii- 
deinent  do  la  Loiuba,  le  1  octobre  18<j3. 

11  meurt  l'année  suivante  à  Landana. 


DE  RECHTER,  édouard. 

Lieutenant  au  S*'  régiment  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo,  le  29  janvier  1889. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opéi-ations  dans  le  Nord), 


MEUNIER,    FERNAND, 

Naturaliste. 

Part  pour  le  Congo,  le  29  janvier  1889. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dans  le  Nord). 


TITEUX,   EMILE,   ARTHUR,    CHARLES. 

né  à  Vrigne-au-Bois,  le  24  octobre  1864. 

Sergent  major  au  0*^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  6  février  1889,  et  séjourne  dans 
rubangi  comme  sergent  de  la  F.  P. 


—  811  — 

Rentre  en  Europe,  le  19  février  1892. 

Repart,  le  6  novembre  1892,  au  service  de  l'Etat,  comme 
commissaire  de  district  et  rentre  le  14  novembre  1895.  11 
retoui'ne  une  troisième  fois  au  Congo  comme  sous-inten- 
dant de  première  classe,  le  6  juin  1890. 

Titeux  est  actuellement  directeur  de  la  Compagnie  des 
Produits  du  Mayumbe.  Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux 
raies  et  de  la  Médaille  d'or  de  l'Ordre    royal  du  Lion. 


LENAERTS,  pierre.  aloVs, 

ne  à  Turnhout,  le  12  février  1863. 

Part  au  Congo,  le  29  février  1889,  et  remplit  les  fonc- 
tions de  géomètre  du  cadastre,  de  receveur  des  impots,  à 
rE(|uateur,  et  de  receveur  des  impôts,  à  Nouvelle-Anvers. 

Rentre  le  4  août  1892. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service. 


GRARD,  LOUIS, 

né  à  Brasménil  (Hainaut),  le  30  septembre  1860. 

Docteur  en  médecine  de  l'université  de  Louvain,  attaché 
au  V  régiment  de  chasseurs  à  cheval,  comme  élève  de  pre- 
mière classe. 

Part  pour  le  Congo,  le  29  février  1889,  en  qualité  de 
médecin  de  deuxième  classe. 

Séjourne  à  Léopoldville  et  Boma. 

Rentre  en  Belgique,  le  28  septembre  1889. 

Grard  est  actuellement  médecin  de  bataillon  de  première 
classe  pensionné. 

Décoré  de  la  Croix  militaire  de  deuxième  classe. 


—  sir>  — 

MEULEMAN,    EUGÈNE,  CAMILLE.    FRANÇOIS. 

JOSEPH. 

né  à   Jodoi^^iic,    lo   17    niars   ISii."). 

Vélôriimin^  do  troisièiiuî  cJnssn  ;in  :V'  i'('i;iiii('iil  «h;  hnicitîi's. 

l*;ii'L  pour  \(\  (^on-^o,  U)  21)  Invi'icîr  IsS'J,  (mi  (jii;ilil,ô  de; 
vélérinaii'o  do  TElaL 

Il  so  livre  à  l'étude  des  transports  du  IxHail  dans  l;i 
région  des  cataractes,  en  vue  de  la  création  do  trouj)eaux 
dans  le  Ilaut-Gongo.  De  lévrier  à  septembre  1901,  il  reni- 
])lit,  par  intérim,  les  fonctions  de  commissaire  d(î  district 
du  Stanley- Pool.   Visite  le  Mayumbe  en  1892. 

Il  revient  en   Europe,  le  26  mai  1892. 

En  1905,  il  est  délégué  par  le  gouvernement  de  l'Etat 
indépendant  au  Congrès  international  de  médecine  vété- 
rinaire de  Budapest,  où  il  traite  pour  la  première  fois  la 
question  des  maladies  tropicales  des  animaux  domestiques. 

Actuellement  vétérinaire  de  première  classe  au  1^  régi- 
ment de  guides,  professeur  à  l'école  de  guerre,  attaché 
au  service  des  écuries  royales. 

Décoré  de  l'Ordre  de  la  Couronne  du  Congo,  de  l'Etoile 
de  service  et  chevalier  de  l'Ordre  royal   du  Lion. 

PUBLICATIONS  : 

Etude    sur   V élevage   des   animaux    domestiques  au  Congo.     (Bulletin    do 

la  Société  d'Etudes  coloniales,  1895,  p.  301). 
Le  Bétail  du  Congo.   Bœufs  et  zèbres.  (Revue  d'élevage,  chasse  et    pèche, 

1907,  n"«  21,  23,  25). 
Les  haras  royaux  hongrois  et  le  domaine  de  V  Ungarisch-Altenburg,  Bruxelles 

Van  Buggenhout,  1908. 
Rapport  sur  les  maladies  tropicales   des  animaux  domestiques.   Piroplas- 

moses,  Irypanosomiases  et  peste  bovine,  Bruxelles,  Bruer,   1907. 
En  collaboration  avec  le  D""  Bourguignon,  Cornet,  Dryepondtet   Lancaster. 

Rapport  sur  le  climat,  la  géologie  et  l'hygiène  au   Congo.   De    ce 

rapport  :  Le  climat  du  Congo,   par   Lancaster  et   Meuleman,   tiré 

en  volume  in-S"  de  464  pages. 


—  810  — 
PRINZ,    FRANÇOIS.   XAVIER, 

Pari  pour  le  Congo,  le  21  mars  1889,  comme  contrôleur 
des  impôts. 
(Voir  la  notice  à  la  page  500). 


VAN  CAUWENBERGHE,  AUGUSTE 

HENRL    MARIE, 

né  à   Bourg-Léopold,   le  10  juin  ,1863. 

Engage  au  service  de  l'Etat  le  22  mars  1889,  comme 
commis  de  deuxième  classe  à  Zobe,  il  rentre  en  Europe, 
pour  motif  de  santé,  le  29  juin  1891,  après  avoir  occupé 
les  fonctions  de  vérificateur  des  droits  de  sortie,  à  Zobe, 
le  1  août  1889;  sous-percepteur  suppléant  des  postes,  k 
Zobe,  le  1  août  1889;  grefiîer-adjoint,  près  le  tribunal  de 
première  instance  du  Bas-Congo,  le  26  juin  1890;  receveur 
des  impôts  intérimaire  et  percepteur  des  postes  intéri- 
maire, à  Borna,  le  27  juin  1890  ;  commissaire  maritime 
suppléant,  à  Boma.  le  27  juin  1890;  receveur  des  impôts, 
à  Léopoldville,  le  1  octobre  1890;  sous-percepteur  des  pos- 
tes,  à  Léopoldville,  le  8  septembre  1890. 

Chef  de  bureau  au  département  des  finances,  à  Bruxelles. 

Van  Cauwenberglic,  est  chevalier  de  la  Couronne  d'Italie 
et  décoré  de  la  Médaille  civique  de  troisième  classe. 


PUTTEVILS,    EUGÈNE.  JEAN-BAPTISTE. 

GUILLAUME. 

né  à  Anvers,  le  27  avril  1869;  décédé  à  N'Sona  de  Kienzi 
le  17  juin  1889. 

Sous-lieutenant  au  3"  régiment  de  chasseurs  à  pied. 

Part  pour  le  Congo,  le  11  avril  1889,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P.,  et  est  chargé,  sous  les  ordres  de 
Roget,  de  l'installation  du  camp  de  l'Aruwimi,  mais  il  meurt 
à  N'Sona   de  Kienzi,  dès  le  17  juin  1889. 


—   817  — 
VILLERS,    SYLVAIN,    JOSEPH, 

iiô   i\   Briixellos,   \o,  10  iiviil    IsCxS. 

Preniior  s(M*<^ont  ;m  (l''  rc'^iiiKMil  de  li^*ne. 

Pari  pour  le  (^oniio,  le  11  avril  1880,  commo  S(»T^'*enl>  flo 
la  F.  \\  et  revient  en  P^urope,  le  21  mai  1801,  aprrs  avoir 
été   adjoint  du  coniniandant  Fiévez,  au   camp  de   Hasoko. 


VERSCHELDE,  aloïs. 

né  à  Alost,  le  22  mars  180().  ;  di'cédé  à  Landana,  le  :M  janviei' 
1895. 

Sergent  au  i''  régiment  de  ligne.  Part  pour  le  Congo,  le 
20  avril  1889,  comme  sergent  delà  F.  P.  et  rentre  en  F]urope, 
le  28  septembre  1889. 

Retourne  en  Afrique,  le  6  février  1893.  en  qualité  de 
lieutenant  de  la  F.  P.  et  revient  en  Europe,  le  14  septem- 
bre  18G3. 

Pendant  son  troisième  séjour  en  Afrique,  il  meurt  à 
Landana,   le  31   janvier  1895. 

Il  était  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


DU    THOY,    ALFRED,    LÉOPOLD, 

né  à  Lille,  d'un  père  belge,  le  10  octobre  1805,  décédé  à 
Bangala,  le  22  mars  1891. 

Sous-lieutenant  au  3«  régiment  de  li^-ne. 

Part  pour  le  Congo,  le  18  mai  1889,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P.,  et  est  désigné  comme  adjoint  au 
poste  de  Bangala,  où  il  meurt  le  22  mars  1891. 


818 


HAROU,    PROSPER,    FÉLIX.    JOSEPH. 

ne  à  Fayt-lcz-Senefre,  le  18  novembre  1855,  décfklô  à  Zobe, 
le  21  mai  1893. 

Premier  maréchal  des  logis  au  l'  régiment  de  lanciers. 

Part  pour  le  Congo,  en  qualité  de  commis,  le  18  mai  1889, 
et  accompagne  le  gouverneur  généralJanssen  dans  un  voyage 
d'inspection,  mais  est  obligé  de  rentrer  en  Europe,  étant 
dangereusement  malade. 

En  mars  1890,  Harou  retourne  en  Afrique  comme  agent 
commercial,  mais  après  un  séjour  de  quinze  mois,  un  acci- 
dent l'oblige  à  rentrer  en  Belgique. 

Il  part  une  troisième  fois,  en  qualité  de  receveur  des 
impots,  le  ô  mars  1892,  et  meurt  l'année  suivante  des  suites 
de  la  fièvre  à  Zobe. 

Harou  était  décoré  de  la  Croix  civique  de  deuxième  classe. 


TRENTELS,  henri.  victor. 

ne  à  Ixelles,  le  2  juillet  18G3. 

Sous-lieutenant  au  9^  régiment  de  ligne. 

S'embarque  pour  le  Congo,  le  18  mai  1889,  en  qualité 
de  sous-lieutenant  de  la  F.   P. 

Chef  de  la  comptabilité  à  Boma  et  substitut  suppléant 
du  procureur  d'Etat. 

Revient  en  Europe,  le  21  novembre  1889. 

Actuellement  capitaine  commandant  au  13«  régiment  de 
lio-ne.  Décoré  de  la  Croix  militaire  de  deuxième  classe. 


—  819  — 
GUFFENS,    JEAN,   LÉONARD.  ADOLPHE. 

lié  à  llockheiiii,  1('  hi  février  1S()7;  décédé  ii  Kiii^ninslii, 
le    12  s(^.|)L(Mnl)r(^  1S<)2. 

Ser^'enl-roui'i'iei'    ;iii    l""   r(''i^-iiii(Mi(.  de    eliiisseiirs    ;i     pir'd. 

Part  pour  1(^  (^()n<^(),  J(^.  18  iii:ii  188*),  coiinna  ser^'-eiil,  do 
la  V.  P.  (H  s(^  n()i(^  à  Kin^'iiiislii  (hins  h»  Kwan'^-o,  h'  12 
sepleiiihre   1S*)2. 


DESCAMPS,    GEORGES,    RAOUL.    ADOLPHE, 

Lieutenant  au  1''  régiment  de  cliasseurs  à  pied. 

Part  pour  le  Congo,  le  1  juillet  1889,  en  qualité  de 
lieutenant  de  la   F.  P. 

(La  notice  sera  pul)liée  au  chapitre:  Expéditions  anfics- 
cla  vagis  les). 


VERBRUGGHE,  gustave.  adolphe.  jean. 

ROMUALD, 

Sous-lieutenant  au  2*^  régiment   de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  18  mai  1889,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant   de  la   F.   P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dans  le  Nord). 


—  820  — 

BECKERS,    ERNEST, 

né  à  Bilsen,  le  2  juillet  185G;  décédé  à  Kinshasa,  le  IG 
décembre  1892. 

Part,  le  1  juillet  1889,  comme  ag-ent  commercial  de  la 
Société  pour  le  commerce  du   Haut-Congo. 

Il  est  nommé,  à  la  fin  de  la  même  année,  chef  du  dis- 
trict commercial  de  l'Equateur,  puis  gérant  de  la  factorerie 
de  Mobeka  et  chef  de  district  des  Bangala. 

Rentre  en  Europe,  le  16  juillet  1891,  et  repart,  le  1  mai 
1892,   reprendre  ses  anciennes  fonctions. 

Il   meurt,  le  IG  décembre  1892,  à  Kinshasa. 

Camille  Dclcommune  lui  rend  un  hommage  ému  à  ses 
funérailles;  s'etant  découvert  devant  sa  dépouille,  il  est 
frappé  d'insolation  et  meurt  lui-même  quelques  jours  après. 


DETAIL,    ALFRED,   CHARLES. 

né  à  Mons,    le  7  mai   18G2. 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  carabiniers. 

Part  pour  le  Congo,  le  2  juillet  1889,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P.  et  rentre  en  Europe,  le  28  juin   1890. 

Actuellement  capitaine  commandant  adjoint  d'Etat-Major, 
au  même  régiment. 

Décoré  du  Lion  et  du  Soleil  de  Perse  de  cinquième  classe. 


i 


LIEBRECHTS,  louis,  François,  marie, 

né  à  Anvers,   le  G  juin  18G2;  décédé  à  Bolerre  (Mongala), 
le  20  octobre  1895. 

Sergent  au  régiment  du  génie. 

Part  pour  le    Congo,  le  2   juillet   1889,    en    qualité  de 


—  821  — 

ser^'ont  de  l;i  I'\  V.  ri  ronln*,  en   Imii'ojxs   \(\   11  ;i(»û(,  1802. 

Relourne  on  Arri([U(»,  U)  (>  jninier   18'.);;,  pour  rrvfMiii-  en 
Bol<^i(liic,  1(^  27  ([(H^einbre  18U4. 

Se  rend  une  Iroisiènu}  l'ois  m  AlVifUK^  le  i;  iii;ii  180r, 
comme  (lirecleiir  (](»  fncloi'cu'ie  de  la  Socic'U'i  ;iiiv(îr.sois(;  pour 
le  commerce  au  Congo  Lii^hrcndils  est,  Uk',  avec  rag(Mil 
De  Vadder,  à  BoLerre  sur  la  Mongala,  1(î  20  octobre  1805, 
lors  de  ratta((ue  de  la  factorerie  de  Gongo-llule  par  les 
indigènes. 

Il  était  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


PILETTE,    ALFRED. 

né  à  Feluy-Arquenne,   le  14  septeml)re  18G8. 

Caporal   au  régiment  du  génie. 

Part  pour  le  Congo,  le  2  juillet  1880,  comme  sergent 
de  la  F.   P.  et  revient  en  Europe,   le  22  juillet  1802. 

Retourne  en  yVfrique,  comme  agent  commercial  de  la 
Société  du  Haut-Congo,   le  G  décembre   1802. 

Repart  une  troisième  fois,  comme  agent  de  la  Société  du 
Haut-Congo,  le  6  février  180G. 

Rentre  en  Europe,   le  23  mars  1807. 

Il  est  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


—  822  — 

\A/ILVERTH,    ETIENNE.  CHRISTOPHE.    BERNARD. 

EUGÈNE, 

no  à  Schaerbock,  le  24  janvier  18G6. 

Etant  sous-liciitenant  au  régiment  des  caral)iniers,  il  part 
pour  le  Congo,  le  3  juillet  1889,  en  qualité  de  sous-lieute- 
nant de  la  F.   P. 

Est  nommé  commandant  du  camp  d'instruction  d'Upoto 
et  effectue  un  vo3'age  dans  le  Giri.  Constate  que  le  lac  sup- 
posé d'Ibinza  n'existe  pas  et  découvre  un  chenal  de  Moboka 
jusqu'au  lac  Libanda  et  de  là  au  Giri  près  de  Hosesera. 

Le  22  mai  1890,  Wilverth  fonde  un  poste  à  Upoto  (Lisala) 
et  le  18  mai  1891  prend  le  commandement  du  poste  de 
Bumba. 

Le  19  juillet  1891,  il  séjourne  à  Mongwandje  comme  lieu- 
tenant de  la  F.  P.  et  le  G  décembre  de  la  môme  année, 
fonde  le   poste  de  Moboika  sur  l'Eau  blanche  (Ebola). 

Rentre  en  Europe  le   16  juillet  1892. 

Le  6  mai  1896,  Wilverth  se  dirige  une  deuxième  fois 
vers  la  terre  d'Afrique,  en  qualité  de  capitaine-comman- 
dant de  la  F.  P. 

Il  est  en  même  temps  chargé  par  la  Société  d'Etudes 
coloniales  de  réunir  une  collection  de  poissons  du  Congo 
pour  l'aquarium  de   l'Exposition   de    Bruxelles   de  1897 

Revient  en  Belgique,  le  23  mars  1897,  avec  une  ample 
moisson  d'intéressants  spécimens   ichtjiogiques. 

Le  16  avril  1900,  Wilverth  repart  une  troisième  fois  pour 
le  Congo  et  les  îles  Canaries,  en  vue  de  compléter  les  col- 
lections d'histoire  naturelle  du  Musée  royal  et  rentre  à 
Lisbonne,  le  21  septembre  1900. 

Il  est  capitaine  d'infanterie  en  retraite,  décoré  de  l'Etoile 
de  service  et  des  palmes   d'or  de  la  Couronne  du  Congo. 

PUBLICATIONS: 

—  Note  sur  la  population  d'  Upoto.  (Mouvement  géographique,  1895,  p.  99). 

—  Chez  les  Upoto.  (Belgique  coloniale,  1897,  p.  128j. 


WILVERTH,    Etienne. 


—  s-j:5  — 

—  FjCS  p()isso)is  du  ('(nif/o.  (Mouvomoiit  ^M'>();;ra|)lii(|iio,   :i?i)  snplotnbi'o,   10  oc- 

tobi'o  ot  17  octobi'o  ISOT,  avoc  cccxjiiis), 

—  Ches  les  Mogwandis.  (Coiif^n)  illustiû,  ls'.»l,  p.  \7.\]. 

—  lâchasse.  (Id.,  1894,  p.  ISO). 

—  La  consiruction  des  ptrof/ues.  (Id.,   isiil,  p.    \\H). 

—  Le  travait  du  cuivre.  (Id.,   1895,   p.   7). 

—  Les  habitations  indi(/è)ies  des  Bangalas,  des  Upotos,  des  Mof/wandis.  (M., 

181)5,  p.    141). 

—  Coutumes  couçolaises.  (Id.,   1S95,  p.   151). 

—  U eslavagisme  et  le  canuibalisme.  (Id.,  p.    157). 

—  Les  poissons  du  Congo.  (Bulletin  do  la  Société  d'étudos  coloniales,  1807, 

p.  337). 

—  lùangs  et  rivières  (Bulletin  de  poche  et  de  piscicidtufo,  15  septembre  1897). 

—  l'.'08.    Collaboration    à    la   collection    de    monographies   ethnographiques, 

publiée  par  Cyr.   Van  Overbergh.  (Les  Bangalas,  les  Upotos). 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Belgique  coloniale,  1890,  p.  57G. 


VAN     RONSLE,    CAMILLE    (monseigneur). 

Missionnaire  de  la   Congrégation  de  Scheut. 

Part  pour  le  Congo,  le   15  juillet  1889, 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Missionnaires), 


—  821  — 
DE     ROUBAIX,    ADOLPHE     JOSEPH, 

né  à  Tournai,  le  8  mnï  1826;  décédé  à  Anvers,  le  26  août 
1803. 

Industriel  anversois,  chef  de  la  maison  De  Roubaix-Oeden- 
koven  et  G^^ 

Il  est  un  de  ceux  (|ui,  tout  d'abord,  eurent  foi  en  l'avenir 
commercial  du  Congo  et,  il  est  le  premier  de  ceux  qui 
osèrent  y  aventurer  des  capitaux  et  essayèrent  de  provoquer 
un  courant  d'affaires  entre  le  Bas-Congo  et  Anvers. 

Lors  de  la  reconnaissance  officielle  de  l'Etat  par  les  puis- 
sances, en  1885,  De  Roubaix  constitue  avec  un  certain 
nombre  de  négociants  anversois  le  syndicat  de  Mateba  pour 
la  création  d'établissements  agricoles  et  l'exploitation  de 
cultures  dans  le  bas-fleuve.  Dans  ce  but,  le  syndicat  acquiert 
de  l'Etat  l'île  de  Mateba,  à  mi-distance  entre  Banana  et 
Boma,  de  même  que  les  îles  voisines  de  NZounga  et  Kifouka, 
d'une  superficie  totale  de  quinze  mille  hectares  ('). 

Les  droits  du  syndicat  furent  reconnus  provisoirement,  le 
30  janvier  1886  et  définitivement,  le  3  juin  1887. 

L'exploitation  de  cultures  subit  des  fortunes  diverses  et 
fut  finalement  abandonnée.  La  Société  de  Mateba  pour- 
suivit alors  deux  buts  tout  à  fait  différents:  la  production 
d'huile  de  palme  et  l'élevage  du  bétail.  Une  usine  pour  la 

(1)  Le  Syndicat  de  Mateba  est  la  première  société  belge  au  Congo,  consti- 
tuée en  vertu  des  dispositions  libérales  adoptées  par  la  Conférence  de  Berlin 
et  proclamées  dans  son  acte  général.  On  sait  que  l'acte  de  Berlin,  signé 
par  quatorze  puissances,  aptes  des  travaux  qui  durèrent  du  15  novembre  1884 
au  26  févi'ier  1885,  adoptait  pour  le  bassin  conventionnel  du  Congo,  le 
principe  du  commerce  libre,  celui  de  la  libre  navigation  et  du  libre  trafic 
sur  les  autres    voies  de  communication. 

Alors  qu'en  1891  il  n'y  avait  encore  que  six  compagnies  belges  disposant 
d'un  capital  total  de  trente-quatre  millions,  il  y  en  a  actuellement  cinquante- 
sept,  disposant  d'un  capital  de   cent   quarante-trois   millions. 

Ving-huit  sociétés  étrangères,  représentant  un  capital  d'environ  quarante 
millions,  sont  également  installées  dans  notre  colonie. 


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DE  ROUBAIX,  Adolphe. 


Cliché  du  Mouvement  géographique. 


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—  825  - 

production  d'iiuilo  de  palme  fui  ci'éée  à  Siceia,  dont,  les 
rivos  élaiont  favorables  à  l'aeeosla^-e  des  •grands  st(;ain(;rs. 

('/est  à  De  Rouhaix  qu'on  doit  la  j)i-eiiiièi'e  IciilalivM  d'in- 
troduction du  bétail  dans  l'ile  de  Mateba. 

Dans  une  i;rand(*.  [)artie  i\()  ce  vaste  Con^^^o,  où  la  nature 
féconde  produit  sans  relâclie  et  send)le,  dans  son  iné'puisable 
fertilité,  vouloir  combler  ses  créatures  jus([u'à  la  satiété 
de  ses  dons  les  plus  0[)ulents,  il  \w.  se  trouvait  pas  de; 
bétail  avant  l'arrivée  des  l)lancs  ('). 

En  1886,  il  n'existait  dans  le  Bas-Con*^o  qu'un  troup(;au  de 
({uatre-vin<^ts  individus  à  Hanana,  dans  la  factorerie  de  la 
maison  liollandaise  et  un  autre  de  deux  cents  à  Boma,  ai)[)ar- 
tenant  à  la  maison  portugaise  Valle  et  Azcvedo.  L'Etat 
possédait  une  cinquantaine  de  vaches  et  de  taureaux. 

En  1886,  De  Roubaix  commence  l'introduction  du  bétail 
dans  l'île  de  Mateba.  Trois  bœufs  de  trait  sont  achetés  à 
Mossamedes.  L'expérience  démontre  que  les  pâturages  de 
l'île  sont  bons  et  peuvent  être  améliorés.  Un  taureau  et 
trois  vaches  sont  alors  introduits  de  Madère.  Le  lait,  le 
beurre  et  le  fromage  étant  d'excellente  qualité  et  la  repro- 
duction continuant  à  se  faire  dans  de  bonnes  conditions, 


(1)  Au  Stanley-Pool,  le  bétail  a  été  introduit  en  1885.  Les  premières 
bètes  étaient  venues  de  San  Salvador,  d'autres  avaient  été  envoyées  du 
Bas-Congo. 

Dans  le  bassin  du  Kasaï,  le  taureau  et  la  vache,  animaux  inconnus  des 
indigènes,  furent  amenés  par  des  trafiquants  portugais  et  par  les  membres 
de  l'expédition  Wissmann.  Ce  dernier  entraîna  à  sa  suite  à  Luluabourg, 
environ  soixante  têr.es  de  gros  bétail,  qui  ont  trouvé  sur  les  bords  de  la 
Lulua  de  magnifiques  pâturages  toujours   verts. 

Aux  Stanley-Falls,  les  Arabes  ont  introduit  la  race  bovine  de  l'Est  dans 
leurs  établissements  du  Lualaba,  depuis  Kasongo  et  Nyangwe  jusqu'aux 
Falls. 

Dans  la  région  du  Haut-Uele  et  de  ses  affluents  du  Nord-Est,  il  existait 
une  race  superbe,  dont  le  D^  Schweinfurth  parle  avec  éloges;  Junker  vit 
d'immenses  troupeaux  de  huit  à  neuf  cents  bêtes  sur  les  plaines  fertiles  de 
cette  riche  contrée.  {Congo  illustré). 


—  820  — 

un  nouvel  achat  de  cincjuanle  vaches  el  taureaux  est  fait 
et  bientôt  Je  troupeau  est  porté  à  sept  taureaux  et  cent 
quinze  vaches.  En  une  année,  il  s'augmente  de  cent  dix 
veaux.  Le  1  octobre  1905,  les  troupeaux  de  Mateba  comp- 
taient six  milles  têtes. 

Le  syndicat  de  Mateba  se  transforme  en  société  anonyme 
le  4  mai  1889,  avec  De  Roubaix,  Léopold  Gâteaux  et  Ernest 
Osterrieth  comme  administrateurs  et  lorsque  cette  société 
fusionne,  le  22  mars  1890,  avec  la  Compagnie  des  Produits 
du  Congo,  De  Roubaix  est  choisi  comme  vice-président  du 
nouveau   conseil  d'administration  ('). 

Les  installations  premières  de  Mateba  n'étaient  pas  ter- 
minées que  se  constituait  à  Bruxelles  la  Compagnie  du 
Congo  pour  le  commerce    et  l'industrie  (1886). 

Avec  Jules  Urban  et  le  capitaine  Thys,  De  Roubaix  fut 
l'un  des  trois  fondateurs  de  cette  société,  qui  groupa  les 
efforts  des  coloniaux  et  assuma  seule,  pendant  plusieurs 
années,  la  direction  des  entreprises  commerciales  belges  au 
Congo. 

En  1889,  lorsqu'il  fut  question   de  fonder  la  société,  qui  | 

allait  se  charger  d'entreprendre  la  construction  du  chemin  I 

de  for  de  Matadi  au  Stanley-Pool,  c'est  encore  De  Roubaix  ^ 


(1)  Le  troupeau  de  Mateba,  appartenant  à  la  Compagnie  des  Produits, 
compoitait  lors  du  dernier  inventaire  (1905)  :  cinq  mille  huit  cent  vingt  têtes  de 
bétail,  se  décomposant  comme  suit:  mille  huit  cent  soixante  treize  vaches, 
cent  quatre-vingt  treize  taureaux,  mille  deux  cent  huit  génisses,  dix-sept 
bouvillons,  mille  cent  seize  taurillons,  six  cent  cinquante-six  veaux  mâles, 
sept  cent  cinquante-six  veaux  femelles. 

Une  chose  remarquable,  c'est  la  manière  extraordinairement  rapide  dont 
le  bétail  a  lui-même  amélioré  ses  pâturages.  Lorsqu'on  mit  sur  l'île  les 
premièies  bêtes,  elles  y  trouvèi'ent  une  herbe,  appelée  herbe  de  Guinée,  dont 
les  jeunes  pousses  sont  bonnes;  mais  qui  atteignait  souvent  deux  mètres 
de  hauteur  et  dont  les  tiges  étaient  alors  dures  et  coriaces.  En  quelques 
années,  ers  pâturages  furent  radicalement  chingés  et  comparables  aux 
plus  belles  weiden  de  Flandre. 


—  827  — 

(jiii  se  ('h;ii'i!(';i  (riiilcresseï'  les  rmiiiicici's  inixci'sois  :i  l;i  ïnv- 
iiKilion  (lu   ciipilMl    ii(''('(^ss;iii'('  i\   (■clic  ^^l'iindldsc  clllI•('p|•is(^ 

Il  conlrihuM  ('ljiiIciikmiI  mvcc  Tliys,  Iliiiiciisc  cl  (l()(|iiilli;il 
à   la    cr/'alion    du   (Ici'clc    africain  (ISDO). 

De  Rouhaix  se  rendit  au  ('on^o,  le  (>  aoùl,  1S8'.),  \  ia  I/is- 
l)onne,  avec  Dreiss,  (lii'CMicui*,  ancien  a^-eid  di'  ri\lal,  ilallcl, 
in<^énieui'  ag-rieole,  et  Maliy,  ai^riculUuir,  pour  inspeclei" 
son  élal)lissement  de  Mal(d)a  ;  il  rentra  vu  Europe  en  ()clol)rc 
de  la    même  année. 

De  Rouljaix  était  ()(ïlci(U"  d(*  l'Ordre^,  de  Léoj)old,  vicji- 
prcsident  de  la  Compagnie  du  Congo  pour  le  commci'cfî 
et  l'industrie  et  de  la  Compagnie  des  Produits,  administra- 
teur de  la  Compagnie  du  chemin  de  i'er. 

RÉFÉRENCES    BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  Mouvement  géographique.  23  lévrier  1890;  se[)tenil)re  1893. 

—  A.  J.  Wauters.  UEiat  Indépendant  du  Congo,  pp.  389,  392  et  484. 

—  Le  Congo  illustré,  année  1892,  p.  97. 

—  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique,  })p.  728,  732,  734  et  74(5. 


HALLET,   ADRIEN.    LÉON,    ALFRED. 

né  à  Philippevilie,  le  13  mai  1867. 

Ingénieur  agricole  de  l'Institut  de  l'Etat  à  Gembloux. 

Part  pour  le  Congo,  de  Lisbonne,  le  6  août  1889,  avec 
De  Roubaix,  administrateur-délégué  de  la  Société  anonyme 
de  Mateba,  Dreiss,  directeur  de  cette  société,  et  Mahy, 
comptable. 

Chargé  d'entreprendre  de  grandes  cultures  de  tabac, 
Hallet,  à  peine  débarqué,  s'aperçoit  que  l'île  de  Mateba, 
excellente  pour  la  production  des  herbages,  est  impropre 
à  la  culture,  en  raison  de  la  couche  d'argile  grise  qui  forme 
la  partie  superficielle  du  sol.  A  la  suite  de  ses  déclarations, 


—  828  — 

les  essais  de  culture  sont  abandonnés  et  la  Compagnie  des 
produits,  succédant,  en  1890,  à  la  Société  anonyme  de  Mateba, 
dirige  principalement  son  activité  vers  l'élevage  du  bétail. 

Hallot  est  nomnif';,  en  janvier  1891,  sous-directeur  de  la 
Compagnie  des  Produits  et  remi)lit  les  fonctions  de  direc- 
teur en   1893-1894. 

Pendant  sa  direction,  les  troupeaux  de  Mateba  sont  mena- 
cés par  de  terribles  attarfues  de  pleuropneumonie.  Hallet 
parvient  à  en  débarrasser  l'île,  par  l'application  générale 
aux  troupeaux  du  procédé  d'inoculation  du  docteur  Willems. 

En  juin  1894,  Hallot  quitte  définitivement  Mateba  pour  ren- 
trer en  Belgique,  où  il  contribue  à  la  formation  de  la  Société 
Van  de  Vinnc  et  C*%  dont  il  devient  un  des  co-associés.  Parti 
en  octobre  1894,  pour  cette  maison,  il  s'installe  à  Matadi, 
où  il  fonde  les  comptoirs  Helgika.  Bientôt  est  alors  créée 
la  Société  Belgika,  dont  il  devient  directeur.  Rentré  en  Bel- 
gique, très  malade,  en  mars  1896,  il  repart  pour  Matadi 
en  septembre,  pour  revenir  en  Europe  en  juillet  1897, 
retourner  au  Congo  en  janvier  1898  et  quitter  définitive- 
ment la  colonie  en   décembre  de  la  même  année. 

En  1899,  Hallet  porte  principalement  son  activité  vers 
le  Congo  français,  en  participant  à  la  création  de  quelques 
sociétés  concessionnaires  de  cette  colonie,  principalement 
la  Haute-Sangba  et  la  M'Poko. 

Il  fait  ensuite  quelques  voyages  d'études  en  Amérique 
centrale. 

Depuis  1905,  il  s'occupe  principalement  de  plantations  de 
caoutcliouc  en  Extrême-Orient,  dans  la  presqu'île  de  Malacca 
et  l'île  de  Sumatra,  et  visite  ces  pays  en  1907. 

Il  est  actuellement  administrateur-délégué  delà  Société  du 
Kwilu-Niari,  administrateur  de  la  M'Poko,  membre  du 
comité  technique  de  la  Haute-Sanglia  et  de  l'Ekela-Kadei- 
Sangha,  administrateur-délégué  de  la  Compagnie  de  l'Hévéa, 
directeur  de  la  Compagnie  du  Selangor,  directeur  de  la 
Soengei-Lipoet  Cultuur  Maatsckapijy . 


—  82<J  — 
GIRARD,    CHARLES.  HENRI.  ALFRED.  CONSTANTIN. 

no  il  Anvers,  lo  20  seplenil)!^  lsr)r>;  dcccdc'  ;'«  Lul\iiii;jii, 
le  i   (lécenihro   1889. 

Sous-lioulonanl   au  réyinuMiL  des   (',arnl)ini('rs. 

Se  rend  au  Congo,  le  14  août  1881),  en  (jualilé  d(i  sous- 
lieutenanl  de  la  F.  P.  et  nieurl  dès  le  1  décembre  de  la 
même  année. 


HOCHSTRAS,     LÉON,    hyacinthe.    FRANÇOIS. 

JOSÉPHINE. 

né  à  Bruges,   le  22  juillet   18(59;   décédé   à    Kingunslii,    1(ï 
27  février  1891. 

Maréchal  des  logis  fourrier  au  1''  régiment  des  chasseurs 
à  cheval. 

Part  pour  le  Congo,  le  14  août  1889,  en  (jualité  de  commis 
de  deuxième  classe  et  fait  partie  de  l'expédition  Dusart 
au  Kwango,  en  1890. 

Arrive  à  Kingunshi,  où  il  aide  à  fonder  la  station  de 
ce  nom. 

Prend  part  à  l'expédition  contre  le  chef  Capay. 

Le  20  novembre  1890,  il  quitte  Kingunshi  avec  Dhanis, 
pour  se  rendre  à  Léopoldville. 

Le  27  février  1891,  il  regagnait  en  pirogue  le  poste  de 
Kingunshi,  lorsqu'à  proximité  de  cette  station,  un  hippo- 
potame culbuta  l'embarcation  et,  saisissant  dans  ses  puis- 
santes mâchoires  le  malheureux  agent,  lui  broia  la  cuisse 
droite.  Quatre  heures  après,  Hochstras  expirait. 


—  830  -- 
JADOT,   EMILE.    JOSEPH. 

no  à  Tournai,  le   i:>  juin  18G2. 

Maréchal  des  logis  d'artillerie  de  l'orleresse  à  Liège. 

Part  pour  le  Congo,  le  14  août  1881),  comme  sergent 
de  la  F.   P.  dans  le  district  du  Stanlej^-Pool. 

Rentre  en  Europe,  le  19  août  1892,  pour  retourner  en 
Afrique,  le  0  juin  1893. 

Lieutenant  do  la   F.    P. 

Décodé  à  Kimenza,   lo  24   février   1895. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service. 


MAHUTE,    EDOUARD.    FERDINAND. 

né  à  Verviers,  le  13  octobre  1863,  décodé  à  bord  du  Lua- 
laha,  le  27  décembre  1891,  en  rade  de  Loango. 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  carabiniers. 

Part  pour  le  Congo,  le  14  août  1889,  comme  sous-lieu- 
tenant de  la  F.  P.  (Aruwimi-Uele)  et  est  adjoint  à  MHz 
au  poste  de  Djabir. 


VAN  DER  STRAETEN,  émile, 

né  à  Audenarde  le  7  novembre  1855,  décédé  à  Matadi,  le 
10  janvier  1890. 

Avocat  à  Anvers. 

Nommé  juge  au  Congo,  par  décret  du  22  juillet  1889,  il 
s'embarque  le  14  août  1889,  mais  meurt  de  la  fièvre  à 
Matadi,  dès  le  10  janvier  1890. 


—  831   — 
SIMON,    JEAN-BAPTISTE,    ARTHUR, 

lié  à  noiiilloii,   le  <■>  seplcinhrc,  LSii:;. 

Sous-liouUMiaiiL  ;m   11"  iv^-imonl  dr.  \\'^\\(\ 

Part  ])Our  i(^  Coii^o,  le.  8  s(^|)I,(îii)1)I'0  1S«S'.),  en  (jniilih'-  de 
soiis-lieulonanl  (1(3  la    F.  P. 

A  son  arrivée  à  Borna,  le  13  octobre  1880,  il  r(u;oil  sa 
nomination  de  sous-conimissairc  de  dish-icl  à  Maladi. 

Il  s'occupe  spécialement  lU)  l'amélioration  du  portage  vers 
L(>opoldvillc. 

Le  5  novem])re  1880,  il  est  cliar^j-'é  de  réparer  la  i)asse- 
relle  de  la  Lufu  ({ui  menac^ait  de  s'effondrer  et  d'établir 
le  long  du  sentier  des  caravanes,  entre  Matadi  et  la  Lufu, 
des  hangars  pour  protéger  les  porteurs  et  leurs  charges, 
la  nuit  et  en  cas  de  mauvais  temi)s. 

Débilité  à  la  suite  d'une  expédition  de  plusieurs  semaines 
dans  une  région  aussi  tourmentée,  où  il  avait  manqué  sou- 
vent des  choses  indispensables  à  la  vie,  Simon  contracte 
le  germe  des  fièvres  qui  provoquent  son  retour  en  Europe, 
le  20  mars  1890. 

Capitaine-commandant  d'infanterie,  pensionné  le  2G  mars 
1908. 

Simon  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  décoré  de 
la  Croix  militaire  de  deuxième  classe. 


RYNWALT,   PIERRE,  JACQUES, 

né  à  Gand,   le  29  juin    1863. 

Sous-lieutenant  au  7^   régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  14  septembre  1889,  en  qualité 
de  sous-lieutenant  de  la  F.  P. 

Est  nommé  chef  de  la  station  des  Stanley-Falls.  Remplit 
les  fonctions  de  secrétaire  et  d'adjoint  de  Lehrman,  résident 


—  832  — 

de  l'Etat  auprès  du  vali  Tii)po-Tip,  et  ensuite  auprès  de 
Rachid,  son  successeur.  Lehrman  avait  pour  instructions 
de  pratiquer  une  diplomatie  pacifique  avec  les  Arabes  et 
de  surveiller  leurs  actes. 

Le  résident  des  Falls  s'emi)loie  à  justifier  les  uiissions 
Van  Kerckhoven  et  Roget,  dans  les  bassins  de  l'Aruwimi 
et  de  rUele,  Dhanis  et  Descamps  dans  le  Manyema,  l'Urima, 
le  Katang-a  et  le  bassin  du  Lomami,  entreprises  en  vue 
d'atténuer  les  maux  causés  par  les  razzias  d'esclaves  et 
d'y  ouvrir  la  voie  au  commerce  libre  en  organisant  l'ad- 
ministration directe.  Gbaque  fois  qu'une  de  ces  expédi- 
tions se  trouve  en  conflit  avec  une  bande  esclavagiste, 
le  résident  explique  au  vali  la  légitimité  des  mesures  prises, 
et  Rynwalt,  est  chargé  d'appuyer  avec  la  F.  P.  l'autorité 
du  résident. 

En  1890,  il  est  question  d'envoyer  Rynwalt  au  Ruwenzori 
pour  y  fonder  un  nouveau  poste,  mais  ce  projet  est  aban- 
donné à  la  suite  des  arrangements  diplomatiques  entre 
l'Etat  Indépendant,  l'Allemagne  et  l'Angleterre. 

Rynwalt  entreprend  plusieurs  petites  expéditions  autour 
du  poste  des  Falls  pour  établir  l'autorité  de  l'Etat  parmi 
les  populations  Waghenia  et  Bakumu,  et  rentre  en  Europe, 
le  4  février  1892. 

Il  est  capitaine  en  second,  administrateur  d'habillement 
au  4®  régiment  de  lanciers  à  Beveren-Waes. 

Décoré  de  la  Croix  militaire  de  deuxième  classe. 


DE  BRUYNE,  auguste. 

Sergent  au  2^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  14  septembre  1880,  en  qualité  de 
sergent  de  la   F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Campagne  arabe). 


—  833  — 
SAUVENIER,    FERDINAND.    MARIE. 

né  à  Oslende,    le  cS  juin   1<S()3. 

Ser^'onl-nmjor  au  S"  ré<>-imenl  (k?  li^-nci. 

Part  ])onr  1(^  (]c)n<^T),  le.  M  soplenihn^  IXSO,  commo  sous- 
oflk'ier  do  la  K.  P.  cl,  l'c'^sido  à  Matadi,  où  il  (^sl  nonmn'î 
sous-lieutenanl  do  la  F.  1\,  le  20  novendjre  181)1. 

Outre  SOS  fonctions  niilitairos,  il  assume  la  direction  des 
transports  à  Matadi  pendant  tout  son  séjour  en  Afri(|ue. 

Rentre  en   Europe,  le  14   septembre  1892. 

Il  est  actuellement  chef  do  bureau  au  dé[)artement  de. 
l'Intérieur  de  l'Etat  indépendant  du  Gon^o,  décoré  de  l'Etoile 
de  service. 


SCHAAK,  JEAN, 

Maréchal  des  logis  d'artillerie  de  forteresse  à  Lié^je. 

Part  pour  le  (]ongo,  le  14  septembre  1889. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dans  le  Nord). 


BOLLENS,    FRANÇOIS,   FÉLIX.   JOSEPH, 

né  à  Anvers,  le  16  juin  1857. 

Courtier  de  commerce. 

Part  pour  le  Congo,  le  14  septembre  1889,  en  qualité  de 
commis  de  deuxième  classe. 

Retourne  en  Afrique,  le  G  mars  1893,  comme  sous-inten- 
dant de  deuxième  classe,  agent  d'administration  de  pre- 
mière classe.  Repart  le  6  octobre  1890,  comme  sous-intendant 
de  première  classe. 

Retourne  une  quatrième  fois  en  Afrique,  le  16  juin  1900, 


834 


comme  sous-intondant  et  rentre  en  Europe,  le  4  juillet  1904, 
après  avoir  occupe  les  fonctions  de  directeur  des  transports 
de  l'Uele. 

Il   est  décore  de  l'Etoile  de  service. 


COTE,    ZOÉ,    ROMAIN,     JOSEPH. 

né  à  Nismes  (Namur),  le  20  septembre  1862;  décédé  près 
de  Bafwazende,  entre  Kamionga  et  Piani  Lukanda,  le  13  juil- 
let  1900. 

Entré  au  service  du  Grand  Central  Helge,  comme  piqueur 
le  1  mai  1884,  il  est  nommé  surveillant  de  route,  le  12  janvier 
1886;  démissionne,  pour  entrer  dans  l'administration  des 
chemins  de  fer  de  l'Etat,  comme  commis-auxiliaire,  le  13 
août  1887,  et  part  pour  le  Congo,  le  11  octobre  1889,  comme 
conducteur  des  travaux  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer. 

Côte  rentre  en  Europe,  le  11  novembre  1891,  part  une 
deuxième  fois,  le  6  mai  1892  et  séjourne  au  Congo  jusqu'au 
mois  d'avril  1894,  comme  chef  de  section  de  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer.  Il  part  ensuite,  le  6  septembre  1894, 
comme  chef  de  service  des  études  et  rentre  en  Europe,  le 
30  août  1898. 

Le  6  avril  1899,  il  fait  un  voyage  d'études  pour  chemins 
de  fer  à  Manille  et  rentre  en  Europe  le  6  septembre  1899. 

Il  part  une  quatrième  fois  pour  le  Congo,  le  16  jan- 
vier 1900,  comme  chef  d'études  de  la  Compagnie  des  che- 
mins de  fer  aux  Grands  Lacs  (embranchement  vers  le 
Tanganika). 

Côte  rend  les  plus  grands  services  en  Afrique  et  le 
directeur  GofRn  lui   en  rend   hommage  dans  son  livre. 

Au  cours  d'une  reconnaissance  avec  l'ingénieur  Adam, 
il  se  noie  malheureusement  dans  la  Lindi  près  de  Baf- 
Avazende.  Le  journal   Le  Malin   d'Anvers   a    consacré    un 


—  835  — 

nrLiclo  élo«4'i(Mi\  i\   noire  inJ'orluiKî  ('(>iiip;ili"i()lo,  en  rclntniit 
s;i    (in   pr<Mn:i In !•(''(». 

RÉFÉRENCE    BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  La  mort  de  M.  Côlc.   Le,  Mithi  (rAiivcrs,   l'.K)!),   n"  2t]2. 


CAIVIM  A  ERT,  EDOUARD.  LÉOPOLD,  EMILE.  MARIE. 

né  à  Nimè^'ue  (Hollande),  lo  25  ni;irs  l<S(;s  (Bol<^e),  dérédô 
à   Makoa,   le  28  janvier    18*M. 

Sergent-major  au  régiment  des  grenadiers. 

Part  pour  le  Congo,  le  11  octobre  1889,  en  qualité  de 
sergent  de  la  F.  P.  et  revient  en  Europe,  le  21  déceml)re 
1890. 

Se  rend  une  deuxième  fois  en  Afrique,  le  11  avril  1891, 
comme  agent  commercial  de  la  Société  anonyme  belge  pour 
le  commerce  du  Haut-Congo. 

Cammaert  quitte  Bangassou,  sur  le  Bomu,  le  1  mars  1892, 
après  la  signification  des  circulaires  Le  Marinel,  à  bord 
d'une  pirogue  sakara,  et  se  dirige  vers  Kinshasa  i)our  y 
retrouver  son  directeur  C.   Delcommune. 

Il  passe  les  rapides  de  Likassa  et  de  Monobungu,  sans 
incidents  fâcheux  et  campe  chez  Madebembu,  vieux  chef 
sakara;  passe  aux  chutes  Hanssens,  à  Yakoma,  Inkesse, 
poste  français,  sur  la  rive  droite  de  l'Ubangi.  Le  11  mars, 
il  atteint  la  factorerie  de  Banzyville. 

Jusqu'à  Mokoange  les  natifs  sont  des  plus  hospitaliers  et  le 
pays  continue  à  être  d'une  luxuriante  richesse.  Cammaert 
touche  à  Zongo,  où  Hennebert  le  reçoit  cordialement.  Quel- 
ques jours  plus  tard,  après  avoir  eu  à  lutter  contre  les 
indigènes  cannibales  et  les  hippopotames,  Cammaert  par- 
vient à  Banghi,  non  loin  de  rembouchure  de   ITbangi  et 


—  830  — 

rencontre  la  Ville  d'Anvers^  ayant  à  son  l)ord  le  comman- 
dant Fivé,  auquel  il  expose  les  causes  de  son  voyage  extra- 
ordinaire. 

Il  se  dirige  alors  seul  vers  Bolobo  et  atteint  Kinshasa, 
le  10  mars,  après  avoir  effectué  un  parcours  de  quatre  cents 
kilomètres  en   neuf  jours. 

Rentre  en  Europe,  le  22  juillet   1892. 

Il  repart  en  la  môme  qualité,  le  G  décembre  1892,  mais 
succombe,   le  28  janvier  1894,   à  Makoa. 

PUBLICATION  : 

—  De  Bangasso  à  Kins/inssa  en  pirogue.  (Mouvement  géographique,   1802, 

p.  77). 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Mouvement  géographique,  1892,  p.  77. 


PETIT,    ANDRÉ.    FERDINAND,   JOSEPH. 

né  à  Gharneux  (Liège),  le  1  mai  1866;  décédé  à  Boma, 
le  12  janvier  1890. 

Docteur  en  médecine  de  l'Université  de  Liège. 

Part  pour  le  Congo,  le  li  octobre  1889,  en  qualité  de 
médecin  de  deuxième  classe. 

Meurt  de  la  fièvre,  à  Boma,  le  12  janvier  1890. 


LEMAIRE,    CHARLES,    FRANÇOIS.    ALEXANDRE, 

Sous-lieutenant  au  2«  régiment  d'artillerie. 
Part  pour  le  Congo,  le  4  novembre  1889,  en  qualité  de 
sous-commissaire  de  district. 
(La  notice  paraîtra  au  cbapitre:  Occupation  du  Katanga), 


—  s:n  — 

GOFFIN,    LOUIS,    PHILIBERT. 

ii('^  M   Bruxelles,   \o  IS  in:ii   ISiil. 

Iii«4'éiii(Mii'  civil   soiiJ   de,  riiiiiv(»rsil()  (\<\   I5nix(îll(»s  (1S80). 

Après  un  s(a^"0  ;i  IndiniiiisliMlion  des  cliciiiins  d<;  Icr 
do  l'KUU  l)elgo,  pari  poui'  lo  (loii^o,  le  1  d('C(Miil)i-(i  ISSl»,  eu 
(pialilé  d'ingénieur  de  la  (]()in[)a<^ni(^.  du  clicinin  d(;  Ww  ri 
prend  une  part  active  aux  études  (ît  à  la  construcLion  de 
la  li«^-ne. 

GofRu  assume  la  direction  des  travaux  en  juin  1805  (') 
et  est  amené  à  modifier  l'organisation  et  l(;s  méthodes 
adoi)tées  jusqu'alors;  il  fallait,  en  ertet,  arriver  à  accélé- 
rer l'allure  des  travaux,  sous  peine  de  n'atteindre  le  Pool 
que  dans  cinq  ou  six  ans,  c'est-à-dire  en   1900  ou  1901. 

«  La  première  modification  concernait  la  construction  des  ouvrar/es 
»  provisoires  en  bois. 

»  La  pose  de  la  voie  se  trouvait  arrêtée  en  degà  de  la  rivière 
»  Sangama  (kilomètre  cent  un)  parce  que  le  pont  de  service  n'était 
»  pas  terminé.  Elle  allait  prohalV.ement  être  arrêtée  de  nouveau 
»  devant  le  marais  du  kilomètre  cent  cinq,  la  rivière  Viaza  au 
»  kilomètre  cent  neuf,  et  les  marais  du  kilomètre  cent  douze 
»  formant  les  sources  de  l'Unionzo;  il  y  avait  à  faire,  sur  huit  kilo- 
»  mètres,  une  série  d'estacades  d'une  longueur  totale  de  plus  de 
»  mille  mètres. 

»  Une  partie  des  équipes  de  charpentiers  qui  construisaient  les 
»  ponts  provisoires  fut  détachée  de  la  superstructure  et  envoyée 
»  à  l'avancement,  au  service  de  l'infrastructure.  Toutes  les  équipes 
»  furent  renforcées,  de  manière  à  pouvoir  terminer  les  ouvrages  en 
»  bois  à  temps  pour  ne  plus  retarder  la  pose  ;  elles  devaient  se 
»  porter,  au  besoin,   en  avant  même  des  terrassements,   quels  que 


(I)  Espanet  venait  en  treize  mois  de  mener  la  voie  au  kilomètre  102,  la 
plate-forme  au  kilomètre  103,  ce  qui  correspondait  à  un  avancement  annuel 
de  quarante  kilomètres  environ.  Charmanne  avait  quitté  le  service  de  la 
Compagnie. 


—  838  — 

»  fussent    les    sacrifices  qui  devraient  être    faits    itoui*   le    trans[)ort 
>  (lu   matériel  et   des  matériaux 

»  Une  seconde  modification  fut  apportée  dans  V organisation  iVen- 
»  semble.  En  vue  de  permettre  un  avancement  plus  rapide  de  la 
»  pose  de  la  voie,  le  service  de  la  superstructure  fut  débarrassé  de  la 
»  construction  des  culées  de  pont,  du  montage  des  tabliers  métal- 
»  liques  et  des  parachèvements.  Ces  travaux  qui  ralentissaient  sa 
»  marche  furent  confiés  au  service  nouveau  des  ouvrages  d'art  et 
»  des  parachèvements. 

»  En  troisième  lieu,  il  fut  créé  un  service  de  l'exploitation  et  de 
»  l'entretien  qui  assura  les  transports  de  l'Etat,  du  public  et  de  la 
»  construction,  sur  la  partie  de  ligne  ouverte  à  l'exploitation.  Le 
»  service  des  ouvrages  d'art  et  des  parachèvements  fit  la  traction 
»  avec  ses  machines  jusqu'au  point  où  commençait  le  service  de  la 
»  superstructure,  lequel  la  continuait  jusqu'au  bout  de  la  voie 
»  posée. 

»  Ces  modifications  dans  l'organisation  avaient  pour  but  d'activer 
»  la  construction  des  ponts  provisoires  en  avant  du  rail,  d'alléger 
»  le  service  de  la  pose  et  du  ballastage,  tout  en  assurant  les 
»  parachèvements  et  la  construction  des  ouvrages  d'art  et  en  per- 
»  mettant  de  donner  une  grande  intensité  aux  transports  de  maté- 
»  riel    de   voie. 

»  Mais  tout  cela  ne  pouvait  servir  à  rien,  si  l'on  ne  parvenait  pas 
»  à  accélérer  l'allure  des  terrassements,  dont  tout  dépendait  et 
»  dont  la  lenteur  avait  été,  jusque  là,  une  véritable  pierre  d'achop- 
»  pement. 

»  On  était,  sous  ce  rapport,  dans  une  impasse;  on  se  heurtait 
»  à  l'indolence  du  noir,  bien  que  les  conditions  d'existence  des 
»  travailleurs  et  leur  état  sanitaire  fussent  devenus  tout  à  fait  bons. 

»  Il  fallait  donc  galvaniser  le  service  de  l'infrastructure,  et  nous 
»  y  arrivâmes  par  le  travail  à  primes^  dont  la  généralisation  fut 
»  décidée,  d'accord  avec  l'ingénieur  chef  de  service  Paulissen,  qui 
»  s'était  distingué  déjà  dans  la  vallée  de  la  Pozo,  et  qui  avec 
»  ténacité  et  avec  énergie,  réalisa  cette  généralisation. 

»  Le  système  de  travail  à  primes  devint  immédiatement  le  facteur 


—  8:^0  — 

»  <';i|)it;il    (le   l'.n .■niccniciil ,  il    pi'odiiisit    iiiic    \  ('l'il.il»!»'  r(''\  oliit  idii  d.iiis 

»  1.1    iiKii'clu'  (les   lra\;ni\,  |>nis(|iril    pci'iiiit  de  iiinici'  l;i   locomot  i\('  du 

»  kiloincirc  cent   deux  ;ni   St.-udcN -l'ool  en   li-ciitr  trois   mois,  (^'cst-à- 

»  diri*    de  doiddiM'   ruviuiccment  aiiinicd   (lu'oii    ('lait    |)ar\riiii  à    ohtc- 

»   nir  i>(Midaiit    la    caiiiiia^nu'  mai    lS!ll  juin    IS'.C) 

»   Les  in;^('Mii(Mirs   ciivoyc's  au   Coiij^o  par    \v.  ^ouvcriiciiicnt    bcd^c, 

»  (Ml  août  l(S9r)('),  [mront  dôjà  constater  <\\\o  les  travaux  inarcliaiont 

»  plus   rapidement,    mais    n'osèrent    rroirc;   que    cette    alliiic    pour- 

»  rait   être   maintenue  ;    ils   estimèrent    que   le    rhcmiu    de    ter    ne 

»  i)()urrait  être  terminé    (|u'en    1900.    C'est  ainsi  (pie    l'Ktat   ludj^e, 

»  dans  la   convention    (pii   tut    i)assée    ensuite    avec    la   Comi)a^^nie, 

»  accepta  qu'au  cas  où  il  exercerait  le  droit  de  rachat,  (ju'il  se  faisait 

»  reconnaître,  il  paierait  une  prime  de  deux  francs  cinquante  centimes 

»  i)ar  action  et  par  mois   d'avance,  si   la  lij^ne  était  achevée  avant 

»  le  1  février  1900.  Elle  le  fut,  comme  on  sait,  au  commencement 

»  de   1898  »  (*).  (Le  chemin  de  fer  du  Congo,  par  L.  Gokfin.) 

Goffin  mène  la  première  locomotive  au  Stanley-Pool,  le 
18  mars  1898,  et  rentre  en  Belgique  en  août,  après  l'inau- 
guration ofïîcielle  de  la  ligne  (^).  Il  avait  fait  quatre  séjours 
au  Congo. 

(1)  MM.  Francken,  Huet  et  Claes  et  le  géologue  Cornet  avaient  pour 
mission  do  sa  rendre  compte  de  la  situation  des  travaux  et  de  la  stabilité 
de  la  ligne,  ainsi  ({ue  de  supputer  le  temps  et  les  capitaux  qu'il  faudrait 
encore  pour  atteindre  le  Pool.  (L.  Goffin). 

(2)  Le  chef  de  cabmet  le  comte  de  Smet  de  Naeyer  fit  état  du  rapport 
de  ces  ingénieurs  pour  décider  le  Parlement  à  une  nouvelle  intervention 
linancière  de  la  Belgique  dans  Tentreprise  du  chemin  de  fer. 

C'est  encore  grâce  à  l'appui  du  comte  de  Smet  de  Naeyer  que  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  doit  l'intervention  du  gouvernement  belge  en 
1896  et  1904.  On  sait  que  la  construction  de  la  ligne  coûta  soixante-cpiinze 
millions  de  francs  au  lieu  de  vingt-cinq  millions  primitivement  prévus. 

(3)  «  A  cette  date  du  16  mars  1898,  nous  eûmes  avec  nos  collaborateurs 
n  Paulissen,  De  Backer,  Adam,  Biermans,  Cerckel,  Limmelyn,  Lecherf  et 
«  Côte,   la  satisfaction   profonde,  la  véritable  émotion  de  voir  une  locomo- 


—  810  — 

(U^flin  est  le  principal  iii'lisan  do  la  yrandioso  œuvro 
économi(|ue  de  pénotralion  et  de  communication  du  centre 
de  l'Africpie,  dont  le  colonel  Tliys  l'ut  le  promoteur. 

C'est  grâce  aux  eff'orts  combines,  à  la  ténacité,  au  génie 
pratique  de  ces  deux  hommes  d'élite  que  toutes  les  difficul- 
tés inhérentes  à  cette  téméraire  entreprise  ont  été  vaincues, 
et  qu'on  est  redevable  de  cette  admirable  voie  artificielle, 
qui  remédie  aux  caprices  du  grand  fleuve  et  met  désormais 
le  Congo  en  contact  avec  le  reste  du  monde  ('). 

Le  9  avril  1899,  Goffln,  accompagne  de  quatre  de  ses 
anciens  adjoints  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  du 
Congo,  se  rend  en  Extrême-Orient  pour  y  étudier  un  projet 
de  chemin  de  fer  dans  les  Philippines,  pour  compte  de 
la  Banque  d'Outremer,  et  visite  la  Chine,  le  Japon  et  les 
Etats-Unis. 

Goffin  remplit  les  fonctions  de  secrétaire  général  de  la 
Compagnie  du  chemin  de  fer,  à  partir  de  juillet  1902. 

Il  est  actuellement  administrateur  directeur  de  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  du  Congo,  administrateur  délégué 
de  la  Compagnie  Citas,  administrateur  de  la  Compagnie 
française  des  chemins  de  fer  au  Dahomey,  de  la  Com- 
pagnie du  Congo  pour  le  commerce  et  l'industrie  et  de 
la  Société  générale  d'entreprises  au  Canada. 


«  tive  arriver,  pour  la  première  fois,  à  la  rive  du  Stanley-Pool.  Elle 
«  était  conduite  par  Cito,  l'actif  chef  de  service  de  la  superstructure;  elle 
«  fut  accueillie  avec  enthousiasme  par  les  Beljzes  de  Léopoidville  et  les 
T.  Français  de  Brazzaville.  L'entreprise  du  chemin  de  fer  du  Congo  était 
n  réalisée  «.  Le  chemhi  de  fer  du  Congo,  par  L.  Goffin. 

»  Cent  trente-deux  blancs,  par.mi  lesquels  les  ingénieurs  Glaesener,  Bei- 
«  gier,  Magery,  Bastin,  P]yman,  Rasselet,  Fondart  et  Tack,  mille  huit  cents 
«  travailleurs  de  couleur  étaient  morts  au  cours  de  cette  gigantesque  entre- 
»  prise.  1»  {Id.) 

(1)  Le  plus  brillant  collaborateur  des  ingénieurs  belges,  dans  l'œuvre  du 
railway  de  Matadi,  fut  l'ingénieur  français  Espanet,  auquel  revient  une  grande 
part  dans  la  réussite  de  l'entreprise. 


-  su  — 

Clievnlior  de  l'Oi-dre  de  Léopold,  i\('  l'oidic  i'()y;il  du  Lion, 
do  la   Lé«^ion  (riioniicui'  et  dr.  l;i   (loiii-oniuî   d'Ilidif;. 

PUBLICATIONS: 

—  Le  chemin  de  fer  du  Co)if/o   (Matadi-Stanloy-I^ool),  vol,  in-H",  Weisson- 

bruch.   1907. 

—  Articles  et  conférences  sur  les  chemins  de   fer    et    la    main-d'œuvre    au 

Congo. 

—  Notes    sur    les    chem,i)is    de  fer  coloniaux.  (Hullotin  do  l'Association  «les 

ingénieiii's  sortis  de  l'I^^cole  polytocliniquo  do  Dnixellos). 


PAULISSEN,    ERNEST,    MARIE,    GÉRARD, 

lié  à  Vilvorde,  le  11  février  1856. 

Ingénieur  civil  de  l'Université  de  Bruxelles  (1879). 

Part  pour  le  Gong-o,  comme  ingénieur  au  service  de  la 
Compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo,  le  2  décembre  1889 
et  dirige  le  service  de  l'infrastructure  jusqu'à  l'arrivée  de 
la  locomotive  au  Stanley-Pool  en  1898. 

Paulissen  rentre  en  Belgique  en  novembre  1891. 

De  1892  à  1899,  il  fait  trois  séjours  au  Congo,  où  il  passe, 
au  total,  sept  années  au  service  de  la  Compagnie  du  chemin 
de  fer. 

Au  cours  des  travaux  de  la  construction,  Paulissen  se 
distingue  spécialement  dans  la  vallée  de  la  Mpozo.  C'est  à 
lui  qu'on  doit  également  la  généralisation  du  travail  à 
primes,  qui  fut  si  favorable  à  l'avancement  de  la  ligne  (*). 

En  avril  1899,  il  accomplit  un  vo3^age  au  Philippines  pour 
études  de  chemin  de  fer  et  revient  en  Europe,  après  avoir 
visité  la  Chine,  le  Japon  et  l'Amérique. 

(1)  Le  chemin  de  fer  du  Congo^  i)ar  L.  Guffin,  page  64  et  suivantes. 


—  8-i2  — 

En  juillet  1900,  il  se  rend  au  Dahomey  pour  études  du 
chemin  de  fer  Cotonou-Nig-er  par  Allada,  Abomey,  Tscha- 
roux-Parakou. 

En  octobre  1901,  Paulissen  retourne  au  Dahomey  pour 
commencer  les  travaux  du  chemin  de  fer,  et  en  mai  1903, 
dans  ce  même  pays,  il  complète  sa  mission  par  la  réception 
des  travaux  d'infrastructure  de  la  ligne,  exécutés  par  le 
génie  militaire  français. 

En  décembre  1904,  Paulissen  voyage  en  Egypte  et  visite 
le  barrage  d'Assouan  sur  le  Nil. 

En  avril  1905,  il  remplit  une  mission  en  Asie  Mineure, 
pour  la  Compagnie  internationale  d'Orient,  à  l'efiét  d'étudier 
les  moyens  de  transport  dans  la  vallée  de  la  Soussourlou 
(villayet  de  Brousse). 

En  décembre  190G,  il  se  trouve  au  Brésil  pour  la  Com- 
pagnie d'Ouro  Preto  et  effectue  des  travaux  de  mines  et 
les  études  d'un  chemin  de  fer  pour  relier  la  région  d'Entre 
Rios  au  chemin  de  fer  central  du  Brésil  à  Christiano  Ottoni. 

En  avril  1907,  au  cours  d'un  deuxième  voyage  au  Brésil, 
Paulissen  préside  à  la  mise  en  train  des  travaux  du  chemin 
de  fer  mentionné  plus  haut. 

En  décembre  1907,  il  se  rend  aux  Indes  anglaises  pour 
étude  d'un  petit  chemin  de  fer  destiné  à  raccorder  les  mines 
de  l'Etat  de  Sandur  au  réseau  de  la  Southern  Mahratta 
Railway  C^  et  pour  l'étude  d'un  aérien  de  quinze  kilo- 
mètres devant  relier  les  mines  de  Kamatturu  (Etat  de  San- 
dur) à  l'extrémité  du  dit  chemin   de  fer. 

Paulissen  est  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold,  chevalier 
de  l'Ordre  royal  du  Lion,  chevalier  de  la  Couronne  d'Italie, 
administrateur  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo, 
administrateur-délégué  de  la  Compagnie  des  mines  de 
Manganèse  d'Ouro  Preto,  administrateur-délégué  de  la  géné- 
ral Sandur  Mining  C^'  VK 


—  8  la  — 

MICHAUX,    OSCAR.    ISIDORE.    JOSEPH. 

Soiis-li(nit(Mi;ml   ;m    1'  iv^'-iiiKUil,   de    hincici-s. 
Part   pour  le  (loii'^'o,    le   ?  (N'cciiihi-c    iss'.i,  en  ((ii;ilil«''  df 
sous-lioiiU^Kiiil,  (lo  l;i    V.   W 
(La   ii()li('(>   [)ai'ai(ia   au   chapitre:    (\n}?p(f{/jfr  ffj-f/bcj. 


BUREAU,    EMILE,    ARTHUR. 

né  à   Dour,   le  3  janvier  18(>1. 

Sous-lieutenant  au  5®  régiment  de  li'^ne 

Part  pour  le  Congo,  le  2  décembre  1889,  en  (jualité  de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P.,  et  commissaire  de  district  de 
troisième  classe  à  Matadi  et  de  deuxième  classe  à  Banana. 

Rentre  en  Europe,  le  22  décembre  1892,  et  retourne  en 
Afrique,  le  6  juillet  1893,  eri  qualité  de  capitaine-comman- 
dant de  deuxième  classe,  attaché  au  district  du  Stanley- 
Pool,  en   mission  spéciale. 

Remplit  intérimairement  les  fonctions  de  commissaire  de 
district  du  Stanley-Pool. 

Il  revient  en  Belgique,  le  27  décembre  1894  et  rejoint 
le  5^  régiment  de  ligne  en  1895.  Il  est  nommé  lieutenant 
la  même  année  et  fait  un  voyage  d'études  au  Brésil,  en  1899. 

Bureau  donne  sa  démission  d'officier  en  1900  et  devient 
administrateur-délégué   de  la   Société  anonyme  Africa. 

Fait  un  voyage  d'études  en  Roumanie  en    1906. 

Il  est  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


—  811   — 

VAN  DER  LINDEN,  SÉRAPHIN.  JOSEPH, 

JEAN. 

né  à  Saiut-Josse-ton-Noode,  le  23  lévrier  1861. 

Sous-lieutenant  au  7^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  2  décembre  1889,  en  qualité  de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P.  et  est,  à  son  arrivée  à  Boma, 
désigne  pour  la  compagnie  qui  y  tient  garnison. 

Quitte  Boma,  le  1  juillet  18U0,  pour  remplir  une  mission 
sur  la  rive  droite  du  Congo,  entre  Vivi  et   Isangila. 

Rentre  à  Matadi  fin  septembre  et  se  rend  ensuite  à  Léopold- 
ville,  où  il  s'embarque  pour  Bena-Kamba  (district  du  Lua- 
laba),  comme  chef  de  poste. 

Il  descend  ensuite  à  Nouvelle-Anvers,  où  il  est  adjoint  au 
commissaire  de  district  de  l'Ubangi-Uele,  E.  Baert. 

Il  est  nommé  lieutenant,  puis  commissaire  du  district  de 
rUbangi. 

Van  der  Linden  revient  en  Euro[)e,  le  22  décembre  1892. 

Il  est  actuellement  capitaine-commandant  au  9^  régiment 
de  ligne  et  professeur  au  cours  colonial  de  l'Etat  du  Congo. 

Chevalier  de  l'Odre  de  Léopold,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  et  de  la  Croix  militaire  de  deuxième  classe. 


HOUBEN,    JEAN.    HENRI. 

né  à  Mechelen-sur-Meuse,  le  12  juin  1868;  décédé  à  Gènes, 
en  mai   1906. 

Premier  sergent  au  7^  de  ligne,  se  rend  au  Congo  en 
qualité  de  sergent  de    la  F.  P. 

Au  cours  de  ses  quatre  séjours  en  Afrique,  au  service 
de  l'Etat:  du  5  janvier  1890  au  20  juin  1893;  du  3  octo- 
bre 1893  au  10  juillet  1896;  du  6  mars  1897  au  25  février 
1902  et  du  2  octobre  1902  au  30  décembre  1905,  il  devient 
capitaine  delà  F.  P.;  puis,  intendant,  sous-directeur,  tout 


—  8  1.-)  — 

(Ml  «''l;int  ('li;iri;('  de  riiispcclioii  des  li';itis|)(iils  de  ri'clc  «'I 
(!('    l'h^nchivo   d(î    Lîido,    ou   il    Hiil,   <l(^     iioinhiciix    \()\;ijjcs. 

11   iiioiU'l  à   GriK^s,   (Ml    iii;ii    lllOO. 

lloiihen  (Hnil  ollicicr  (\r  l'Ordi-c  roynl  du  Iaoii  ol  drcon'i 
de  rEtoilc  de  service  à  ciiKj    i;iies. 


VEREUCKEN,  jules.  François.  Sylvain. 

lié  à  Laeken,   le  13  mars  1806. 

Sous-lieulenant  au  f  régiment  de  cliasseurs  à  pied,  part 
[)()iir  le  Gong'o,  le  7  janvier  18<.)0,  (;omme  sous-lieutenani 
de  la  Force  Publicjue  et  est  désigné  pour  être  mis  à  la  dispo- 
sition du  commissaire  du  district  des  Cataractes  (Lukungu). 

Par  décret,  en  date  du  1  janvier  1801,  est  nommé  com- 
missaire de  district  de  troisième  classe  et  peu  a[)rès  prend 
la  direction  du  district  ;  il  assume  la  responsabilité  des 
transports  entre  Matadi  et  Léopoldville,  sur  les  trois  lignes 
Manyanga,  Lukungu  et  Luvituku. 

Elfectue  des  recrutements  pour  la  constitution  du  ])er- 
sonnel  de  nombreuses  expéditions:  Van  Kercklioven,  etc. 

Assure  les  transports  de  nouvelles  unités  i)our  la  flottille 
du  Haut-Congo:  La  Délivrance,  Stanley,  Ville  tV Anvers, 
etc  Reconnaît  tout  le  territoire  sur  la  rive  droite  du  Congo 
et  crée  plusieurs  postes  de   recrutement  de  porteurs. 

Est  nommé  commissaire  de  district  de  deuxième  classe, 
par  décret  en  date  du  1  septembre  1891,  et  rentre  en  Europe, 
le  20  février  1893. 

Il  retourne  en  Afrique,  le  20  juin  de  la  même  année, 
en  qualité  de  commissaire  de  district  de  première  classe. 
Après  avoir  accompli  une  mission  auprès  du  gouverne- 
ment de  la  Côte  d'Or,  il  reprend  le  commandement  du  district 
des  Cataractes  le  11  septembre.  En  raison  du  degré  d'avan- 
cement de  la  voie  ferrée  Ma tadi-LéopoId ville,  tous  ses  efforts 


—  846  — 

so  portent  sur  la  région  Sud  du  district.  De  nouveaux 
postes  sont  créés  et,  dès  l'arrivée  du  premier  trai;i  à  Tuniha, 
toutes  les  populations  coopèrent  à  l'évacuation  des  charges 
sur  Léopoldville. 

Le  second  terme  de  service  de  Vereijcken  au  Congo  se 
prolonge  jusqu'au  12  juillet  1896,  date  de  son  retour  en 
Belgique 

Vereijcken  est  actuellement  capitaine  commandant  au 
!•■  régiment  de  chasseurs  à  pied,  chevalier  de  l'Etoile  afri- 
caine et  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décoré  de  l'Etoile  de 
service  et  delà  Croix  militaire  de  deuxième  classe,  profes- 
seur au  Cours  colonial   de  l'Etat. 

PUBLICATION: 

—    La  région  des  cataractes .  (CoiiiiO  illustré,  181)5.  })i>.  130,  137,  145). 


VERSCHELDEN,    JEANBAPTISTE.   ODILON, 

né  à  Alost,   le  21   mars   1866. 

Sous-lieutenant  au  6^  de  ligne,  part  pour  le  Congo,  le 
7  janvier  1800,  en  qualité  de  sous-lieutenant  de  la  Force 
Puhlique. 

En  1890,  Verschelden  ravitaille  l'expédition  Dhanis  au 
Kwango  oriental,  ainsi  que  le  poste  extrême  de  l'expédition, 
traversant  le  territoire  contesté  occupé  par  les  expéditions 
portugaises. 

Chef  du  poste  de  Kasongo-Lunda;  fondateur  et  chef  du 
poste  de  Popokabaka. 

Lieutenant  de  la  Force  Publique  le  27  novembre  1891. 

En  1892,  Verschelden  participe,  sous  les  ordres  du  capi- 
taine Ch.  Dusart,   aux  combats  de   Kasongo-Lunda   et  de 


—  817  — 

Kiluîinda,  oi  ost  iioiiimô  (Mpihiiiic  tic  l;i  lv)i'('('  Pnlilifjiu» 
1(»   1   iiKii    lcS<):i. 

Uovionl.  (Ml   biUropc   N»   'J7  juin. 

Repart  1(M)  j;uivi(M'  1<S<.I1,  cliiiil  liculcniiiil  ;iii  i:i"  i<';^iiii(îiil, 
de  li^iie,  en  (jualiLé  de  capilairH^  coinniaiidaiiL  de  deuxième 
classe. 

Il  est  attaché  au  disti'ict  du  Kwan^o  oriental  couiiae 
commandant  de  la  septième  compa<,aiie  et  est  dési;:;né  pour 
prendre  le  commandement  intérimaire   du  disiricl. 

Fait  un  voyage  d'études  de  Popokahaka  à  la  Wamha 
(carte  Dufief)  et  se  rend,  en  1895,  de  Popokahaka  à  T^mi- 
duri  par  la  Wamha  (carte  DufieO. 

Capitaine  commandant  de  première  classe,  il  rentre  en 
Europe  le  26  décemhre   1896. 

Versclielden  est  actuellement  capitaine  commandant  au 
2^  de  ligne;  commandant  l'école  régi  men  ta  ire.  Décoré  de 
l'Etoile  de  service  à  deux  raies,  chevalier  de  l'Ordre  royal 
du  Lion. 


DOORME,    ARISTIDE.  JEAN.   OCTAVE. 

Maréchal  des  logis  au  2"^  régiment  de  chasseurs  à  cheval. 
Part  pour   le  Congo,   le    7  janvier   1890,  en    qualité  de 
sergent  de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Campagne  arabe). 


VIAL,    PIERRE,   JEAN, 

né  à  Zellick,  le  4  février  1852;  décédé  à  NZwenghi,  le 
18  mars   1890. 

Lieutenant  au  4^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  7  janvier  1890,  mais,  frappé  d'in- 
solation, il  meurt  à  NZwenghi  (ïnkisi),  le  18  mars  1890, 
avant  d'arriver  à  Léopoldville. 


—  848  — 
FREITAG,    ERNEST,    JEAN. 

né  à   Bruxelles,  Je   11  noùl   1805. 

Sous-lioulenant  au  3°  re^inionl  de  ligrio,  part  pour  1(^ 
Con^o,  à  bord  de  VEdiuird  JioJUcv,,  le  7  janvier  1890,  en 
qualité  de  sous-lieutenant  de  la  F.  P.;  désigne  pour  le 
district  de  l'Aruwimi-Uele,  il  est  adjoint  à  Ghaltin  et  par- 
ticipe à  ses  luttes  contre  les  Arabes.  Au  départ  du  com- 
mandant Glialtin,  Freitag  prend  la  direction  du  district 
jusqu'au  20  février  1893,  époque  de  son  retour  en  Europe. 

Il  repart  pour  l'Afrique,  le  G  juillet  1893,  en  qualité  de 
commissaire  de  district  de  l'Aruwimi  et  ne  rentre  en  Bel- 
gique  que  le  12  août   189G. 

De  1898  à  1902,  Freitag  fait  plusieurs  voyages  en  Indo- 
Chine,  au  Siam,  à  la  Côte  d'Or  et  au  Sierra-Leone. 

Retourne  une  troisième  fois  au  Congo,  le  14  mars  1903, 
et  prend  pour  compte  du  comité  spécial  du  Katanga,  le 
commandement  du  secteur  du  Tanganika-Moëro.  Au  début 
de  1904,  après  la  mort  de  Derclaye,  Freitag  est  désigné 
pour  remplacer  ad  intérim,  comme  représentant  du  comité, 
le  commandant  Tonneau,   parti  pour  l'Europe. 

Au  retour  de  ce  dernier,  il  quitte  l'Afrique,  à  bord  du 
Léopoldville ,  et  rentre  en  Belgique  le  25  juin   1905. 

Il  repart  pour  l'Afrique,  le  2  avril  190G,  comme  agent 
du  C.  S.   du  Katanga. 

Freitag  est  actuellement  capitaine  en  second  au  3"  régi- 
ment de  ligne  et  est  décoré  de  l'Etoile  de  service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Le  Congo.  Moniteur  colonial,  100."),  p.  31G. 


—  su»  — 

TRODOUX,    LÉOPOLD.    MICHEL.    DÉSIRÉ. 

iK'  à  II;ilanzy  (Iinx(Miil»oui';j),  le  .")  iioNcmliif  ISi;!",;  (|(''c<m1('' 
le  5  mai   1803. 

Eng'a<;'c,  lo  13  janvier  1800,  au  service  de  l'MIal,  il  est, 
vérincateur  des  impôts  à  Banaua,  1(^  Tj  avril  isoo,  receveur 
des  impôts  intérimaire,  à  ZoIxn  1(^  !(>  juin  ISOl,  cl,  l'ocevcur 
des  impôts  à  Zohe,  le  23  mai   1802. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service,  le  23  février   1803. 


GILLARD,    HUBERT,  LOUIS.   LÉON. 

né  à  Liège,  le  4  novembre  18()1. 

Engagé,  le  18  janvier  1800,  au  service  de  l'Etat,  il  rcMitre 
en  Europe,  le  21  février  1803,  après  avoir  occupé  les 
fonctions  de  vérificateur  des  impôts,  à  Boma,  et  de  chef 
du  poste  de  douane  de  Ponta-da-Lenha,  à  partir  du 
21  mai   1801. 

Il  est  décoré  de  l'Etoile  de  service  depuis  le  23  février 
1803. 


HAAS,    CHARLES. 

né  à  Morlanwelz,  le  18  juin  18G4;  décédé  à  Saint-Gilles,  le 
G  mai  lOOG. 

Premier  sergent  au  G''  régiment  de  ligne,  accomplit 
au  Congo  différents  séjours  :  du  27  janvier  1800  au  10  décem- 
bre 1801;  du  G  juillet  1802  au  17  juillet  1805;  du  G  décembre 
1805  au  27  juin  1807;  du  G  novembre  1807  au  23  août  1000; 
et  du  18  juillet  1001  au  11  juillet  1003,  au  cours  desquels 
il  conquiert  tous  ses  grades. 


—  850  — 

Il  so  rend  une  sixième  fois  au  Con^o  et  commande,  en 
1904,  le  cami)  de  la  Luki.  Il  rentrer  en  Euro})e  en  février 
1906  et  meurt   en  mai   de  la   même  année. 

Il  était  capitaine  commandant  de  deuxième  classe  de  la 
F.  P.  et  ancien  gérant  de  la  compagnie  du  Kasaï,  chevalier 
de  l'Ordre  royal  du  Lion  et  décoré  de  l'Etoile  de  service 
à  trois  raies. 


VERDICK,    EDGARD. 

Sergent- fourrier  au  régiment  des  carabiniers. 
Part  pour  le  Congo,  le  29  janvier  1890,  en  qualité  de  sergent 
de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Occupation  du  Katanga), 


VOLONT,    JULES.   JOSEPH. 

né  à  Thisnes,  le  12  janvier  1803;  décédé  à  Niangara,  le 
20  mai  1891. 

Sergent-major  au  9-  de  ligne,  part  pour  le  Congo,  le 
29  janvier  1890,  en   qualité  de  sergent  de   la  F.  P. 

Est  adjoint,  en  1890,  à  l'expédition  Dhanis,  chargée  d'ex- 
plorer la  Lunda  (Kwango  oriental),  et  d'y  conclure  des 
traités  avec  les  chefs. 

De  Popokabaka,  sur  le  Kwango,  l'expédition  se  rend  chez 
le  grand  chef  Muene  Putu,  à  Kasongo-Lunda  ;  puis,  mal- 
gré l'opposition  de  celui-ci,  se  dirige  vers  le  Sud.  Toute- 
fois, après  une  marche  de  quinze  jours  par  un  pays  atroce- 
ment ravagé,  elle  doit  rebrousser  chemin  et  se  rend  à 
Kujenge,  puis  à  la  Wamba  Elle  s'avance  même  au  Sud 
jusqu'à  Capenda  Camuleml)a,  où  Dhanis  conclut  un    traité 


—  851   — 

avec  le  cher  (lu  Chinjo.  VolonI,  y  est  nommé  cher  de  poste.  Ce 
territoin^  est,  pnrsuih»  (I(î  né'^ociiilions,  ImIssc  ;iii  l'ofln^'-nl. 

Voh)iit  rentre  im  l^lurope,  h:.  1  ni;ii  {H\rA,  cL  rcpiiiL  le  (i 
septenihre  de  h\  niênie  année,  comme  h(Mit(Mi:int  (h;  la  I'orc(î 
pul)li(|ue. 

Il   meurt  à  Nian^^ara,   le  20  mai  ism. 

Il  était  décoré  de  l'Etoile  de  service. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  DiiANis.   L'exploration    et  l'occupation    du   Kwango  oriental.    (I^iillcliii 
do  la  Société  royale  de  (îéogra[)hie  d'Anvers,  IDOJ,  p.   Tj.'}). 


LACOURT,    VICTORIEN.   JOSEPH.    PROSPER. 

ne  à  Grez-Doiceau,  le  23  mars  1861. 

Elève  de  l'Ecole  moyenne  de  Wavre,  puis  élève  de  l'Ecole 
d'Horticulture  et  d'Agriculture  de  l'Etat  à  Vilvorde;  fait  un 
premier  séjour  de  trois  ans  en  Afrique,  comme  agronome 
de  l'Etat,  du  15  février  1890  au  2G  mars  1893;  donne  de 
l'extension  aux  plantations  de  café  et  de  cacao  au  district 
du  Stanley-Pool,  crée  les  "  Plantations  Lacourt  «  à  la  Kon- 
due  près  de  Lusambo  sur  le  Sankuru  (Congo). 

Fonde  plusieurs  comptoirs  de  commerce  dans  le  bassin 
du  Kasaï. 

Il  est  l'auteur  du  premier  projet  de  fusion  des  Sociétés 
du  Kasaï  et  l'un  des  fondateurs  de  la  Compagnie  du  Kasaï  (M. 

(1)  On  sait  que  la  Compagnie  du  Kasaï  a  été  constituée  le  31  décembre  1901, 
au  capital  d'un  million  cinq  mille  francs  i)ar  l'Etat  et  par  quatorze  sociétés 
qui  avaient  acquis  de  petites  propriétés  et  établi  des  comptoirs  (Tachât  de 
caoutchouc  dans  le  bassin  du  Kasaï;  savoir:  Société  du  Haut-Congo, 
Nieuwe  Afrikaansche  Handelsvennootschap,  Produits  végétaux  du  Haut- 
Kasaï,    Plantations    du    Lubefu,    Plantations   Lacourt,    Helgika.  Comptoirs 


—  852  - 

Lacourt  crée  le  cours  de  cullures  coloniales  à  l'Ecole 
d'Horticulture  et  de  l'Agriculture  de  l'Etat  à  Vilvorde  et 
en  est  le  titulaire  pendant  deux  ans. 

Il  publie  une  brochure  sur  les  plantes  légumières  au 
Congo  et  collabore  au    Guide  dit  v^oyaçjciir  au  Congo. 

La  flore  congolaise  lui  doit  maintes  découvertes,  notam- 
ment celle  du  Ficus  Etveldiana  et  plusieurs  introductions 
de  plantes  économiques,  telles  que  g'utta,  théier,  poivrier, 
cannelier,  camphrier,   plusieurs   plantes  textiles   et  autres. 

Lacourt  donne  des  conférences  sur  le  Congo,  notam- 
ment, en  1805,  à  Bruxelles,  Verviers,  Dolhain,  etc.,  etc  ,  et 
à   Anvers  en  1899. 

Il  est  administrateur-directeur  général  de  la  Compagnie 
du  Kasaï  de  la  Société  des  Plantations  Lacourt  et  admi- 
nistrateur de  plusieurs  sociétés  belges. 

Lacourt  a  fait  trois  voyages  au  Congo  de  janvier  1890 
à  décembre  1898. 

En  1893,  il  a  obtenu  l'Etoile  de  service. 

PUBLICATIONS  : 

—  La  culture  potagère  au  Congo.  (Ikilletiu  de  la  Société  d'Etudes  coloniales, 

181)5,  [).  173), 

—  Le  jardin  fruitier  au  Congo.  (Id.,  p.  257). 

—  A  propos  du  Congo:  Les  dessous  d'une  campagne.  Le  devoir  des  Belges. 

Bruxelles.  Lengue,  1908. 


Veldc,  Kassaïenne,  Djuma,  Est  du  Kwaugo,  Loange,  Centrale  africaine. 
Magasins  généraux,  Trafic  congolais. 

Ces  sociétés  se  concurrençaient  au  Congo  avec  les  ellets  les  plus  désas- 
treux pour  elles-mêmes  et  pour  TEtat.  Le  principe  d'une  concurrence 
etîrénée  et  ruineuse  a  fait  place  à  une  entente  rationnelle  et  fructueuse  pour 
la  conciliation  de  tous  les  intérêts. 

Les  bénéfices  en  1902  ont  été  d"un  million  deux  cent  dix  mille  francs 
et,  en  190G,  ils  approchent  de  dix  millions,  (A.  J.  Castelein,  S.  J.) 


—  sn:!  — 
DESMET,  ALoïsE. 

IK'    à    S\\yn:i(M'(l<',    le    IS   ii(»V(mii1»i'<^    ISiil. 

Doc'Umh'  (Ml    iiKMlcriiie   de    IM 'iiixcrsil/î   de    ('i;iii<|. 

I*;ii'l  j)()Ui' conipUMh^  rh]l;il,   le   lô  iV'Ni'icr  IS<J(),  cl  i'('|)rr'nfl 
l;i  succession  du  I)''   UoylUu-  à   IJoiii;!   le    1    iii;ii    is'.H). 

11    ['(Mili'e  on  Hol^HjiKî  dès  le  2()  aoùl    18'.)(). 


NOBLESSE,    ALFRED 

l^ii'L   pour   le   (^(Migo,    le  (>   murs   1S1»0,   coinmr'  ;igon(    de 
In  Société  belge  pour   le  commercer   du   lIaul-(]onj^'o. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Oonpdfjne  arabe). 


STACHE,    ERNEST,    ALBERT,    LOUIS.    ADOLPHE, 

né  à    Louvain,  le   28  février  185G;  décédé  à  Anvers,  le  13 
septembre  J897. 

Part  pour  le  Congo,  le  G  mars  1890,  comme  agent  com- 
mercial de  la  Société  anonyme  belge  pour  le  commerce  du 
Haut-Congo.  Ils  se  fixe  dans  la  région  du  Kasaï  et  y  établit 
dans  le  pays  placé  sous  la  dépendance  de  Lukengo  les  dix 
postes  commerciaux  de  la  S.  A.  B  à  savoir:  Bena  Luidi, 
au  confluent  de  la  Lulua  et  du  Kasaï;  Kapanga,  fondé 
en  juin  1890,  sur  la  Lulua,  dans  le  pays  des  Bakete; 
Ndombi,  fondé  en  janvier  1891,  sur  la  Lulua,  dans  la 
région  commune  aux  Bakuba,  aux  Baluba  et  aux  Bateke; 
Bendundu,  fondé  en  mars  1891,  chez  les  Bakuba  ;  Bena- 
Chiamba  et  Galikoko,  fondés  respectivement  en  juillet  1891 
et  en  avril  1892,  également  dans  le  pays   des   Bakuba. 


—  854  — 

Ces  dernières  stations  sont  instalh'cs  dans  la  région 
située  entre  le  bas  Sankuru  et  le  Kasaï. 

Parti  de  Bena-Bendi,  Stache  se  dirige  vers  Galikoko.  Il 
traverse  le  territoire  occupé  par  les  Bacliila  et  arrive  suc- 
cessivement à  Djembe,  Kakumbo  et  Kayenge,  où  il  passe 
sur  la  rive  droite  du  Kasaï.  Après  s'être  égaré,  le  voyageur 
parvient  à  Paunge  et  gagne  Bachimangongo  en  pays  bakete. 
Il  parcourt  ensuite  une  région  très  peuplée,  visitant  Mu- 
clienge  et  Puebiange,  où  il  est  fort  mal  reçu.  Abordant 
le  territoire  bakuba,  Stacbe  traverse  Koclie,  Batwa,  Pamba, 
Polio,  Iniangi  et  Galatulu  pour  atteindre  la  rivière  Lan- 
gala,  qui  se  jette  dans  le  Kasaï,  en  aval  de  Bena-Luidi. 
De  la  Langala,   il  rejoint  Ilenge,  lema  et  enfin  Galikoko. 

Il  rentre  en  Belgique  le  15  avril  1894,  pour  repartir  le 
6  juillet  suivant.  Cette  fois,  il  se  rend  dans  la  région  du 
Kwilu.  Gérant  de  la  factorerie  de  Wamba  et  de  Gbim- 
bane,  puis,  par  intérim,  agent  principal  dans  le  Kasaï,  à 
partir  du   14  avril   1896. 

En  1897,  il  explore  la  Kamtsha  et  le  Loange.  La  pre- 
mière rivière  découverte  par  Piron  est  explorée  par  Stacbe 
jusqu'à  Songo. 

Stacbe  revient  en  Europe,  le  18  août  1897,  et  meurt  peu 
après  à  Anvers. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  De  Bena-Bendi   à  Galikoko.   (Mouvement  géographique,    1897,   p.    2."> 

1898,  p.  205). 

—  Chejs  les  Bakubas.  Ghisl.  de  Macar.  (Congo  illustré,  1895,  p.   172). 


DUSART,  Charles. 


—  855  — 
DUSART,    CHARLES.    EDOUARD. 

iiô  à  (iîind,    I(^  -^5   (l(''('(Miil)i'(',    isoo. 

Lioiiloiianl.  ;iu  Vf  de  li^^iK^ 

r;irl  pour  \r  Cono-o,  Je  25  iiiiirs  1890,  pjir  \o.  ss  Ijinlaha 
cMi    (junlilc   (le  lioulonanL  (h^    la    1"\  W 

Arrive  le  20  avril  à  lionia  ol  (ist  clésif,'-n('  i)oui'  le  poste 
(le  Lukun^u,  dans  le  dislricl  des  Cataractes. 

A  la  lin  du  mois  d(^.  mai,  il  est  cliar^f'  par  Van  Dorpe, 
commissaire  de  district,  de  purg'or  la  contrée  de  ((U(d(pies 
sorciers  (N'Gano-as)  qui  soumettent  les  indigènes  à  l'épreuve 
du  poison  judiciaire  (Kassa)  (')  et  capture  trois  de  ces 
sorciers  II  reçoit  aussi  la  mission  de  punir  le  chef  du 
village  de  Kintembo,  qui  entre  autres  méfaits,  avait 
enterré  vivante  un(^  de  ses  femmes,  avait  blessé  un  sol- 
dat de  l'Etat  et  avait  molesté  le  missionnaire  anglais 
R.  Hoste.  Sur  la  route  des  caravanes,  Dusart  est  rejoint 
par  le  chef  de  cultures  Lacourt  qui  prend  part  à  l'attaque 
du  village  et  est  blessé  au  cours  de  celle-ci. 

Après  avoir  été  désigné  pour  réédifier  le  poste  d'Isan- 
gila  et  de  réorganiser  le  service  de  transport  par  eau 
des  lourdes  charges,  Dusart  est  rappelé,  le  19  juillet  1890, 
à  Léopoldville.  A  peine  arrivé,  il  est  investi  de  la  mis- 
sion d'aller  fonder  la  station  de  Kingunshi,  sur  le  Kwango; 


(1)  L'épreuve  judiciaire  du  Kassa,  consistait  en  l'absorption  i)ar  les 
deux  parties,  de  breuvages  toxiques.  Les  sorciers  indigènes  chargés  de  les 
administrer  en  retiraient  grand  profit  en  faussant  Tépeuvc.  C'est  pour 
mettre  tin  à  cette  pratique  fort  dangereuse  que  le  code  pénal  dispose  art. 
6  40  que  quiconconcjue,  abusant  des  croyances  superstitieuses  d'un  indigène 
l'a  soumis  ou  fait  soumettre  à  l'épreuve  du  poison  ou  préparé  sciemment 
les  substances  à  employer  ou  les  a  administrées  est  puni  de  mort  si  l'ab- 
sorption de  ces  substances  a  occasionné  la  mort. 

(Droit  et  administration  de  l'Etat  Indépendant  du  Congo,  F.  Cattier, 
p.  442.  L'épreuve  de  la  casfjue,  si  fréquente,  a  donc  disparu  aujourd'hui  des 
mœurs  congolaises  grâce  à  l'influence  de  l'Etat. 


—  856  — 

SCS  instructions  lui  commandent   de  porter  cette  nouvelle 
à  la  connaissance  de  Dlianis,  qui  se  trouve  dans  le  Lunda. 

Le  19  septembre  1890,  Dusart  et  son  adjoint  Ilochstras, 
arrivent  à  Kingunshi  et  y  établissent  la  station  de  ce  nom. 

Au  mois  de  novembre  suivant  arrivent  à  la  station  Dann- 
felt  et  de  Gederstrôm  et  peu  après  Dhanis. 

Dusart  va  cliâtier  le  clief  Gapa}^  qui  s'est  rendu  cou- 
pable de  vols  à  main  armée  sur  la  route  de  Léopoldville. 
Au  départ  de  Dlianis  avec  Dannt'elt  et  Hochstras,  Dusart 
prend  le  commandement  provisoire  du  district  du  Kwango. 

Au  début  de  l'année  1891,  le  lieutenant  suédois  de 
Gederstrôm  est  assassiné  par  les  indigènes  sur  la  route 
des  caravanes  de  Léopoldville  à  Kingunslii.  Hoclistras,  qui 
vient  rejoindre  ce  dernier  poste  en  pirogue,  est  blessé  mor- 
tellement par  un  hippopotame  et  vient  expirer,  le  27  février, 
à  Kingunshi  Dhanis  y  revient  en  mars  et  Dusart  va  prendre 
le  commandement  de  Popokabaka. 

Au  mois  de  novembre,  Dhanis,  à  son  départ,  remet  le 
commandement  intérimaire  du  district  à  Dusart. 

Lorqu'au  mois  de  mars  1892,  ce  dernier  apprend  que  le 
Kiamvo  Muene  Putu,  menace  de  déclarer  la  guerre  aux 
blancs  pour  les  chasser  de  ses  Etats,  il  se  rend  aussitôt 
avec  le  sergent  Huguet  à  Kasongo-Lunda,  pour  y  rejoindre 
le  lieutenant  Verschelden  et  Voient. 

Le  Kiamvo  règne  en  tyran  sur  un  territoire  ayant  trois 
fois  l'étendue  de  la  Belgique  et  le  capitaine  Van  de  Velde 
estimait  qu'il  pouvait  mettre  en  ligne  dix  mille  fusils 
environ.  Sa  résidence  de  Kasongo-Lunda  est  un  village  de 
quinze  cents  à  deux  mille  chimbecks  environ,  avec  une 
population  fixe  de  deux  mille  cinq  cents  à  trois  mille  âmes 
et  une  population  flottante  de  huit  à  quinze  cents  âmes. 

Le  28  avril,  les  Européens  apprennent  que  Popokabaka, 
où  est  arrivé  dans  l'intervalle  le  nouveau  commissaire  de 
district  Lehrman,  est  attaqué  et  bloqué  par  les  gens  du 
Kiamvo,  qui  ont  tué  treize  courriers. 


-  857  — 

A  (.'elUMiouvellc,  Diisiirl,  X'ci'schcldcii,  \'n|()iil  «'1  IIii;jii('|, 
nll;i(|U(Mi(.  l\;is()ii;_;()-I>iiii(l;i  cl  y  lixi'ciit  |)(mi<I;iiiI  don/*'  li<'urcs 
\m  combnl  ncliiiriic    ;i    (iiiin/c,   ccnls  iii(li^''(MU»s. 

I.(*  l(Mi(l(Mii;rm,  ils  s(Mlii'ii4(Mil  \(M's  P()|)()k;il);ik;i  |»(»nr  (li'lilo- 
([IKM'  cello  sialion,    IrU»,   de   li^iu^ 

Kn  roiiU\  Diisarl  (Mi^^îi^c,  divci'scs  cscîm-iikhicIics  avec.  1(îs 
in(li<^ônos  ol,  le  <S  iiini,  il  Icui'  livre,  jxMidiinl  (|ii;d,re  Ikîui'cs 
un  coinl);il  aclianu'.  à  Kilwandii  dans  la  loivl.  Le  lendemain, 
Diisart  et  ses  conipn^'nons  rcMiIrcniL  à  Poijokahaka,  ou 
ils  retrouvent  Lelirnian,  et  bi(uit6t  1(îs  blancs  sont  hlocpK's 
dans  la  station  (]ui  subit  des  atta({ues  lr(''(juent(is. 

Au  cours  de  ces  opérations,  les  troupes  d(;  l'I^tat  i)er- 
dent  33  7o  de  leurs  effectifs. 

Des  renforts  parviennent  par  voie  d(^  terre  et  pai*  voie, 
d'eau  pendant  le  mois  d'août. 

Le  24  octobre,  Dusart  se  rend  avec  trois  cents  fusils 
à  Kasongo-Lunda  pour  y  régler  la  palabre  de  paix  et  revient 
le  31  octobre  à  Popokabaka. 

Le  16  avril  1893,  il  part  pour  Matadi,  s'end)aniue  1(ï  5 
juin   à  Banana  et  arrive  à  Rotterdam  le  27  juin. 

Il  est  actuellement  major  au  b"  de  ligne. 

Chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold;  décoré  de  l'Etoile  de 
service  et  de  la  Croix  militaire  de  première  classe. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Mouvement  f/éof^raphir/nc,  18'J2.  Lettre  de  M.  \aii  P^etvelde. 


—  858  — 
BRASSEUR,    CLÉMENT. 

Sous-lieulGnaiit  au  3^-  régiment  de  chasseurs  à  pied. 
Part  pour  le  Cou<^(),  le  25  mars  1890,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:   Occupation  du  Kaianga). 


DEJAIFFE,    AUGUSTE,    LOUIS,   JOSEPH. 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  carabiniers. 

Part  pour  le  Congo,  le  25  mars  1890,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 

(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Opérations  dans 
le  Nord). 


VAN    DE   PUTTE,  léon.  Frédéric. 

Capitaine-commandant  au  P'  régiment  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo,  le  25  mars  1890,  en  qualité  de  com- 
missaire de  district  de  première  classe. 

Van  de  Putte  est  actuellement  général-major  d'artillerie 
en  retraite  à  Gand. 

(La  notice  biographique  est  publiée  à  la  page  485). 


\ 


—  85'.)  — 

DOHET,    ALPHONSE,    JOSEPH. 

iH'   à   l)i'ii\('ll('s,   !('    Il)   iniiis    ISC)S. 

l'ai'l  le  'S)  niiii's  ISIH),  cIimi'lîV'  des  ronclioiis  de  s('cr(''l;iii-(' 
(UO'inspcctour  (ri^l;il,   11",  de  «^ouvcnKMii'  <.;(''ii(''r;il,  (l<>(jiill!);il . 

lU>nli'('   le    17    soplcmhn»   18<.)l. 

Rcpnrl  le  (>  août  1892,  vu  ({UMliU';  de  sous-coninnssaiic 
do  district.  Noiniiié,  lo  1  lovi'icM'  18<.):j,  sous-inlfudanl  de 
douxième  classe;  le  1  lévrier  1895,  sous-iidendant  de  pic 
mière  classe,  il  rentre  le  5  octobre  1895. 

Rembarqué  à  Anvers,  le  G  mai  189(>,  Dobet  (*st  cbar;;(i 
du  contrôle  delà  comptabilité  dans  le  Kwan.i^o,  le  Lualaba 
et  le  district  de  Banana;  puis,  nommé  contrôlcMir  (b;  la 
comptabilité,  il  crée  la  partie  administrative  du  s(;rvicri 
des  transports  dans  l'Uele.  Nommé  intendant  à  lilr(^  pci-- 
sonnel;  rentre  le  28  avril  1899. 

Dohet  fait,  du  23  avril  1899  au  29  avril  1902  et  du  :M 
août  1902  au  15  mai  1905,  deux  nouveaux  séjours  au  Con*?o, 
en  qualité  d'intendant,  attaché  au  district  du  Stanley-Pool. 

Il  se  rembarque,  le  21  décembre  1905,  et  est  dési^^-né 
pour  exercer,  sous  la  direction  du  chef  de  la  i)rovincc 
orientale,  le  contrôle  des  pièces  de  comptabilité  ressor- 
tissant  aux  différents  services. 

Officier  dé  l'Ordre  royal  du  Lion,  chevalier  de  l'Ordre 
de  l'Etoile  africaine,  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  cinq 
raies. 


BLOCTEUR,    EUGÈNE.    CONSTANT, 

Sous-lieutenant  au  3^  régiment  de  ligne. 
Part  pour  le   Congo,    le    10   avril    1890,   en    (pialité   de 
sous-lieutenant  de  la  F.   P. 
(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  ()pc)'(iilo}fs  dans  le 

Nord). 


—  860  — 
DEHASPE,    LOUIS,    ISIDORE,  EUGÈNE.    MARIE. 

lié  à  Bruxelles,    le  9  mai  18G2. 

Engage  le  17  avril  1890,  au  service  de  l'Etat,  il  rentre 
en  Europe,  le  26  avril  1892,  pour  motif  de  santé,  après 
avoir  occupé  les  i'onctions  de  vérificateur  des  impôts  et 
de  percepteur  suppléant  des  postes  (14  juin  1890),  suc- 
cessivement à  Boma  et  à  Matadi  et  de  receveur  des  impôts 
intérimaire,  à  l'Equateur,   le   20  juin   1891. 


VAN  MAELE,  g .  c,  s.. 

Sergent  au  2^  régiment  de  ligne.   • 
Part  pour  le  Congo,   le  17  avril  1890,  comme  sergent  de 
la   F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dans  le  Nord). 


ROLLIN,    EDOUARD.    FRANÇOIS.    LÉON. 

né  à  Liège,  le  14  octobre  1866;  y  décédé,  le  14  novembre 
1907. 

Part  le  2  mai  1890,  comme  agent  commercial  de  la  Société 
du  Haut-Congo,  séjourne  à  Bassankussu  et  Bokakata,  district 
de  l'Equateur,  et  rentre  en  Europe  en  1893.  Le  6  septembre 
de  la  môme  année,  il  retourne  à  Bassankussu,  il  remonte 
rikilemba  et  en  donne  un  croquis  au  Mouvement  géo- 
graphique. 

Rentré  en  Europe  en  avril  1896,  il  devient  directeur  de 
la  Société  anonyme  «  Le  Monopole  liégeois  «  et  meurt  le 
14  novembre  1907. 


—  801  — 

TSCHOFFEN,  maurice. 

\\v  i\   DiiiMiil,    l('    I   iiiiirs    iscs. 

V',\\l  SCS  ('UkIcs  |H'iin;iii'('s  chez  les  l'rri'cs  dr-  l;i  I  locIriiKi 
(.'lirclicMiiic  ;i  I)iii;iiil  cl  ses  ('tudes  iiioyeiiiies  ;iii\  cnlle^-cs  (|(i 
H(dle-vuc  à   Diiiniil   cl,  de  SmuiI  Servins  ;'i   Liéj^-o. 

Il  (^sl  docleur  en  di'oil  du  ir,  jiiiMcl  ISS'.i  cl,  d(»clr'iii-  en 
scioncos  j)olili{{iies  cl  ;idniiuisli';dives  du  'Ji)  nvril  is'.io,  de 
runivcrsité  de   Liège. 

Son  premier  d('pnrl  pour  le  Congo  d;ile  <lu  lo  ni;ii  IS'.K), 
en  qualité  de  subsliiuL  à  Maladi.  Au  coui's  de  ce  séjour, 
Tschoffen  remplit  d'abord  les  fonctions  susdites,  j)uis,  cell(;s 
de  procureur  d'Etat  et  de  directeur  de  la  justice  ad  intéi'im, 
ainsi  que  celles  de  juge  d'a[)p(^J  su[)pl('ant. 

Il  rentre  en  Europe  en   mai   i892. 

En  mars  1893,  Tschoffen  retourne  au  Congo,  connue  dii-ec- 
teur  de  la  justice  et  séjourne  en  At'ri({ue  juscju'c^n  mai 
1895  C). 

Il  est  nommé  substitut  à  Verviers,  le  28  mai  1890,  et 
procureur  du  Roi  à  Dînant,  le  1(3  janvier  1905,  fonctions 
qu'il  occupe  encore  aujourd'hui. 


(1)  A  côté  des  tiibunaux  fonctionne  la  dii-t^ction  de  la  justice,  qui  outre  de 
nombreuses  atti'ibutions  concernant  l'or-ganisation  initérieile  de  la  justice,  a 
à  pourvoir  à  divers  services  administratifs:  notariat,  tutelles  des  noirs,  état 
civil,  etc.  Un  exemple  de  l'extension  (juo  prennent  ces  sf^rvices:  il  y  a  aujour- 
d'hui quatre-vingt-quinze  ofiîciei-s  d'érat-civil  répaitis  sur  tout  le  t»^rritoiro, 
et  pour  apprécier  l'iniluence  que  l'institution  peut  exercer  comme  appel  à  la 
vie  civile  de  ces  populations  à  peine  tirées  de  la  barbarie,  il  y  a  lieu  d'in- 
diquer ici  que  l'état-civil  constitue  une  soi'te  d'engrenage:  dès  qu'un  noii"  y 
a  eu  recours,  soit  pour  faire  enregistrer  son  mariage  (il  a  été  célébré  deux 
mille  sept  cent  trente-deux  mariages  en  1904),  soit  pour  y  déclarer  la  nais- 
sance d'un  enfant,  soit  pour  se  faire  immatriculer,  il  jouit  de  tous  ses  droits 
civils,  il  a  pour  ainsi  dire  un  statut  européen;  par  le  fait,  il  est  obligé  par 
la  loi  de  faire  à  lautorité  toutes  les  déclarations  relatives  à  sa  personne  et 
aux  siens":    le  Code  lui  a  constitué  une  famille  légale,  d'où  la   polygamie  est 


—  8()2   — 

TschoffcMi  est  (leçons  de  l'Eloilo  de  service  à  deux  rnies. 

Il  a  donné  plusieurs  conlerences  à  Anvei's  et  à  Bruxelles 
et  a  soutenu  notamment  la  légitimité  de  la  contrainte  i)our 
forcer  le  nègre  au  travail. 

PUBLICATIONS: 

—  La  civilisation  au  Coikjo.  (l^uUetiri  du  (lub  Afri(;ain  crAiiverK,  1899,   pp. 

177,  1!'6). 

—  Organisation   sociale  et  coutume  judiciaire  des  noirs.  (Société  belge  de 

Géographie,  XX,  p.  214). 


LE  BOULENGE,  paul,  jean,  auguste, 

né  à  ^Vuvelais,  le  28  mars  1866;  décédé  à  Hal,  le  5  sep- 
tembre 1903. 

Commence  ses  études  de  droit,  qu'il  abandonne  pour 
entrer  au  service  des  contributions,  et  le  11  mai  1890,  part 
pour  le  Congo,  comme  agent  de  la  Société  du  Haut-Congo. 

Débarqué  à  Matadi,  le  16  juin,  il  est  nommé  chef  des 
transports  pour  la  rive  Nord  à  Vivi.  Il  rentre  en  Europe 
en  mai  1892. 

Il  se  rembarque  le  10  octobre  1892  et,  après  un  séjour 
de  quelques  mois  à  Kinshasa,  puis  à  Luvituku,  il  dirige 
pendant  près  d'un  an  la  factorerie  de  Luebo,  d'où  il  rentre 
en  Europe  en  octobre  1894. 


exclue:  il  est  devenu  au  moins  un  '^  semi-cioilisè  ^.  (Ait.  6  et  47.  Code  civil. 
Titre  des  personnes.  Bull,  off.,  1895).  [Vingt-deux  ans  d'administration 
belge  au  Congo  par  X*"-'*.  Extrait  de  la  revue  de  Droit  international  et 
de  Législation  comparée,  2"  série,  t.  VIII,  1906.) 


—  8(>3  - 

Fait  un  voya«^'(',  coiiinKM'cial  on  Coloml)!^  oX  rf>ntr(^  dôfi- 
niliveiiKMil  on  IîoIj^'khkmmi  1SU7,  où  il  csl,  cn/^n;^**  à  la  Socirlé 
iVanco-lK'lijxî  ((''lahlisscniciit   de    La  (^royrre). 

PUBLICATION: 

—  Souvoiirs.  ('rril)uiio    Congolaise). 


DE  NA/ILDE,  jules. 

Missionnaire  de  la  Cong'i'é<^-ation   de  Schcut. 

Part  pour  le  Congo,   en  juin   1890. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Missionnaires). 


DE  ROEST  D'ALKEMADE,  marcel.cb.hon) 

Part  pour  le  Congo,  le  7  juin   1890,  comme  adjoint  de 
l'expédition  Delcommune  au  Katanga. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Occiipafion  du  Katanga). 


BRIART,  PAUL, 

Docteur  en  médecine. 

Part  pour  le  Congo,  le  7  juin   1890,  en  qualité  d'adjoint 

d'Alexandre  Delcommune,  dans  son  expédition  du  Katanga. 

(La  nolice  paraîtra  au  chapitre:  OjcupaHon  du  KaffUKja). 


—  864  — 

GLAESENER,  jean  baptiste, 

iiô  à  ClialiJlon  (Liixeinljour^),  Jo  1  so|)teinl)re  1859;  (léc(MJé 
îiii  caïup   des  Kaux-l)onnes  (Maladi),    lo  30  mai   1892. 

Il  tormino  ses  études  à  l'Ecolci  du  génie  civil  de  Gand, 
d'où  il  soi'l  en  1885,  avec  le  diplôme  d'ing-énieur  des  ponts 
et  chaussées. 

Il  ne  tarde  pas  à  mettre  en  pratique  ses  connaissances 
en  contribuant  comme  chef  de  section  à  la  construction 
de  différents  chemins  de  fer  départementaux  en  France. 

En  1890,  il  entre  à  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  du 
Congo  avec  le  grade  d'ingénieur  chef  de  service  et  s'em- 
har(fue  le  7  juin  1890,  conduisant  pour  les  besoins  de  la 
construction  un  contingent  de  vingt-huit  mineurs  italiens. 

Glaesener  dirige  les  premiers  travaux  de  construction 
de  la  première  section  de  la  ligne  et  le  montage  du 
pont  de  la  Mpozo. 

Bien  que  son  terme  d'engagement  soit  échu,  Glaesener 
refuse  d'abandonner  son  œuvre  pour  rentrer   en  Europe. 

Installé  au  camp  des  Eaux-bonnes,  il  est  malheureuse- 
ment pris  d'un  accès  de  fièvre  bilieuse  hématurique,  le 
lendemain  d'une  visite  au  ravin  de  la  chute  avec  le  direc- 
teur, pour  inspecter  les  travaux  (27  mai  1892).  Il  meurt, 
maigre  les  soins  du  D''  Carré,  le  30  mai  à  trois  heures 
du  matin. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE  : 

—  Congo  illustré,  1802,  p    IGl. 


—  8()5  — 

VAN  DE  KERCHOVE,  PAUL. 

Ancien   licnlciiiint,    des  /oinixcs    jKtnIificMiix. 

Pai'l  pour  le  (]()n^(t,  le  hi  juin  IS'JO,  (•«(Ihhm'  cher  d*» 
l;i   pi'cMiiiùre    cxixMlilion   ;inl,i('scl;i\;i^isl(' 

(La  noLico  scM'a  piiblicu;  ;ni  cliapiLnî:  J'J.rjK'dilioHs  (mlics- 
cldvagistcs). 


SANDRART,  v.  c,  j.. 

SorgenL   au   .'>'^   ré<iim(Mil  [\(^  H^ikv 

Pari  pour  le  Con^'o,   le  18  juin    ISDO,  en   qualité  de  ser- 


gent de  la  F.  P. 


(La  notice  paraîtra  au  cliapilre:  Campagne  arabe). 


DIDERRICH,   NORBERT, 

Ingénieur  des  arts  et  manufactures  et  des  mines  de  Lou- 
vain  (1889). 

Part  pour  le  Congo,  le  3  juillet  1890,  en  qualité  d'adjoint 
de  l'expédition  Alexandre  Delcommune  au  Katanga. 

(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Occupation  du  Kaiangaj. 


CAPELLE,   (FRÈRE   ETIENNE). 

Missionnaire  des  Pères  Blancs  d'Afrique. 

Part  pour  la  côte  orientale,  en  juillet  1890. 

(La   notice  paraîtra    au  chapitre:   Missioanai/'rs). 


—    8GG 


PELEMAN,    (frère    ARMAND). 

Missionnaire  dos   Pères  Blancs  d'Afri(]iie. 

Part  pour  le  Congo  par  la  côte  orientale  en  juillet  1800. 

(l.a  notice  ])araîtra  au   chapitre:   Missionnaires). 


ECTORS,    CAMILLE. 

Part  pour  le  Congo,  le  3  juillet  1890,  à  titre  prive  et  est 
engagé  au  Congo  par  la  Société  antiesclavagiste  comme 
adjoint  de  Ilinck. 

(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Expéditions  anti- 
cscl(ivafjistes). 


DELPORTE,  AUGUSTIN. 

né  à  Tournai,  le  15  décembre  1844;  décédé  à  Pozo  (près 
de  Matadi),  le  26  mai   1891. 

Fait  ses  études  humanitaires  complètes. et  entre  au  service 
de  l'armée,  le  21  mars  1864,  en  qualité  de  milicien  volontaire 
au  1"^  régiment  de  lanciers.  Est  reçu  à  l'Ecole  militaire 
à  la  section  d'infanterie  et  de  cavalerie  et  peu  de  temps 
après  avoir  été  nommé  sous-lieutenant,  le  16  avril  1868, 
il  subit  les  examens  de  l'Ecole  de  guerre  et  fait  partie 
delà  deuxième  promotion.  Obtient  le  brevet  d'adjoint  d'Etat- 
Major,  le  12  mars  1875.  Docteur  en  sciences  physiques  et 
mathématiques. 

Il  est  désigné,  le  11  septembre  1875,  pour  la  section 
géodésique  du  Depot  de  la  guerre,  qui  est  devenu,  en  1878, 
l'Institut  cartographique  militaire. 

Achève  les  calculs  que  nécessitent  encore  les  publications 
des  dernières  feuilles  au  40.000^  et  planchettes  au  20.000'^ 
de  la  carte  belge  et  entreprend  en  collaboration,  les  longs 


I 


DELPORTE,  Augustin. 


Cliché  de  Touvrage  de  Chapaux.  Le  Congo  historique,  diplomatique. 


8(;7 


calculs  (lo  la  compcnsalioii  du  r(''S(';iii  hiiioiiniiK'ti'iquc», 
c'esl-à-dii'c  la  drlcniiiiialion  des  (•(UTccfioiis,  sous  ('('rlaiiics 
conditions  de  niininia,  à  aj)|)()rlci'  aux  dii'cclious  ^codcsiqncs 
de  nos  triangles,  d'après  les  niélliodcs  de  fljinss  el.  d(; 
Bao.ycr,  usitées  (mi  All(Mna^-nc.  (les  cidculs  oui  f;iit  rohjf^l 
de  deux  iniporlant(^s  |)ul)licali()ns  d(^  l'iustitul,  piirues  en 
1880  et  1885,  sous  U\  titre:  Observai ioïts  cl  cfdcuJs  de  Ut 
triangulat'ton  de  jimnio'  (n'drc. 

Docteur  en  sciences  physiques  et  matliémati(pies  de  IT^ni- 
versité  de  Bruxelles,  en    1879. 

Professeur  de  littérature  Trançaise  de  1879  à  1882,  de 
mathématiques  en  1882,  de  géodésie  en  1883  et  (;nhn,  en 
1886,  d'astronomie  à  l'Ecole  de  guerre. 

Chargé  par  le  colonel  Hennequin,  directeur  de  l'Institut 
cartographique,  de  déterminer  la  latitude  du  sommet  géodé- 
sique  d'Hamipré,  dans  le  Sud  du  Luxemhourg,  ainsi  que 
l'azimut  du  côté  Hamipré-Mont  Quintin.  Ces  premiers  travaux 
d'observation  dans  lesquels  il  est  secondé  par  le  lieutenant 
adjoint  d'Etat-Major  Jungers,  sont  couronnés  d'un  plein 
succès  et  l'Institut  les  publie  en  1887. 

Le  colonel  Hennequin  désigne,  en  1880,  Delporte  pour 
recommencer  à  Lommel  les  observations  astronomiques, 
faites  par  Houreau  et  Adan,  en  185G.  Les  nouveaux  résultats 
obtenus  font  l'objet  d'une  nouvelle  publication,  parue  en 
1890. 

En  1888,  le  capitaine  Delporte  exécute  pour  l'Institut 
cartographique  militaire,  à  Nieuport,  des  observations  nou- 
velles de  latitude  et  d'azimut  qui  feront  l'objet  d'une  publi- 
cation ultérieure. 

Capitaine-commandant  adjointd'Etat-Major  au  13® régiment 
de  ligne,  Delporte  est  chargé  avec  Gillis,  en  1890,  de  prendre 
la  direction  d'une  expédition  scientifique  au  Congo  ('). 

(1)  Le  17  mai  1S90,  la  Chambre  avait  voté  un  projet  de  loi  allouant 
trente   mille   francs  à  cette  expédition. 


—  8G8  — 

Delporto  s'ombarque  à  Anvors,  le  3  juillet  1890,  et  se 
proposait:  1^  de  déterminer  la  longitude  et  la  latitude  des 
points  principaux  du  lleuve  et  de  plusieurs  points  à  l'intérieur 
de  façon  à  recouvrir  l'immense  territoire  d'un  premier 
réseau  géodésique  qui  servirait  de  base  aux  triangulations 
ultérieures  du  pays  ;  2°  d'étudier  la  déclinaison  et  l'inclinai- 
son de  l'aiguille  aimantée  et  l'intensité  du  magnétisme 
terrestre. 

Pour  assurer  le  succès  de  ses  opérations,  Delporte  avait 
imaginé  des  procédés  plus  élémentaires  et  fait  construire 
à  Paris  des  appareils  plus  portatifs. 

Ces  observations  étaient  conduites  par  cheminement  sur 
le  périmètre  d'une  sorte  de  vaste  polygone,  permettant  de 
tracer  sur  la  carte  des  lignes  d'égale  inclinaison,  d'égale 
déclinaison  et  d'égale  intensité  magnétique. 

On  pourrait  ainsi  déduire  le  tracé  de  l'équateur  d'incli- 
naison, de  l'équateur  de  déclinaison  et  de  l'équateur  d'in- 
tensité, trois  lignes  dont  les  directions  en  Afrique  étaient 
restées  jusqu'alors  hypothétiques.  En  tous  points,  où  seraient 
faites  des  observations  magnétiques,  Delporte  se  proposait 
de  déterminer,  par  des  procédés  astronomiques,  la  latitude 
et  la  longitude,  afin  de  fixer  la  position  de  ces  points 
sur  le  globe  terrestre. 

Le  polygone  que  comptait  tracer  Delporte,  partait  de 
Banana,  suivait  le  fleuve  jusqu'à  Matadi,  puis,  la  route 
des  caravanes,  empruntait  le  Congo  jusqu'aux  Falls,  remon- 
tait jusqu'à  Nyangwe,  d'où  il  allait  rejoindre  Lusambo, 
descendait  le  Sankuru,  puis  le  Kasaï,  et  repassant  par 
Léopoldville,  suivait  le  tracé  du  chemin  de  fer  jusque 
Matadi-Boma. 

Delporte  exécute  en  partie  ce  programme  grandiose. 

La  mission  arrive  à  la  station  de  Lukungu,  le  18  sep- 
tembre, et  à  Léopoldville,  le  13  octobre.  Delporte  travaille 
au  levé  du  Stanley-Pool,  passant  successivement  à  Brazza- 
ville, Kimpoko,  Kinshasa,  Léopoldville.  11  remonte  le  fleuve 


—  sr,o  — 

jus([ir;iiix  SL;nil(\v-I^ills,  ('n'ccliie  (!(»  nonihrousos  1rinn<?u- 
Inlions.  Ari'iv('  ;i  l.i  shilioii  i\r.>  l'';ills,  Dclpoi'lc  est  iii;il- 
lieurousoiucMiL  ohli^i',  poiii'  cause  (\(\  maladif^,  (1(;  rc^a^^iifr 
la  cote  cl  succoinlx'  sui-  la  roule,  (l(»s  caravanos,  à  Po/o, 
j)ivs  (1(^  Maladi,    le  2C)  mai    ISDl. 

La  scionce  ^•é()<^'rai)hi(iue doit  au  (•ai)ilaiii(' Delporlc  hailc 
une  séri(^  (rohsiu'valions  (jui  oui,  pei-iuis  (\r  (lr(\sser,  sur 
dos  bases  précises,  h^,  cours  du  (leuve  df^puis  P>auaiia  jus- 
qu'aux Stauley-Falls. 

Le  lieulenaul  Gillis,  adjoiul  de  rexp(Hlilion,  conliuue 
l'œuvre  de  son  clief. 

Delporte  était  capitaine  commandant,  adjoint  (IKtat-Major 
au  13^=  régiment  de  ligne;  docteur  en  sciences  pliysi(|ues 
et  mathématiques,  professeur  à  l'Kcole  de  guerre;  cheva- 
lier de  l'Ordre  de  Léopold,  o/ïicier  de  la  Couronne  de 
Roumanie;  décoré  de  l'Aigle  rouge  de  troisième  classe 
et  de  la   Croix  militaire. 

PUBLICATIONS: 

—  L'Exploration  du  Congo,  iii-8',  23  \)\).  Hruxelle.s,   Haye/,   1890. 

—  Astronomie  et    cartographie    à    l'usage    des   explorateurs    de    l'Afrique. 

1  vol.  in-8"  de  131  pp.  Maiiceaux,    1880. 

—  Tableau  des  altitudes  observées  de  Matadi  aux  Stanley- Fulls.  (Mouve- 

ment géographi(iue,  1894,  p.  20). 

—  Observations  astronoïniques  et  magnétiques  exécutées  sur  le  territoire  de 

VEi.at  indépendant  du  Congo.  1  vol.  in-4",  l^ruxelles,  1893,  et  Mou- 
vement géographiciue,  1894,  p.  20,  (en   collaboration   avec    Gillis). 

—  Cartographie  et  astronomie  pratique,  1889. 

—  Notice  sur  les  travaux  nécessaires  pour  compléter  le  réseau   géodésique 

belge. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Belgique  militaire,   1891,   I,  p.  702. 

—  Congo  illustré,   1893,  p    193. 

—  Projet  scientifique  du  capitaine  Ddporte.  (Bulletin  de  la  Société  royale 

belge  de  Orographie,  XIV,  p.  126). 

—  Mission  scie)itif>que  du  capitaine  Delporte.  (Id.,  XV.,  p.  154). 


—  870  — 
GILLIS,    LUCIEN, 

lié  à  Mai'illes,  le   11  mars  185G. 

Etant  capitaine  en  second,  adjoint  d'Etat-Major  au  9®  de 
ligne,  accompagne  au  Congo,  du  3  juillet  1890  au  5  sep- 
tembre 1801,  le  capitaine  Delporte,  dans  son  exploration 
scientifique,  patronnée  par  les  Chambres  belges. 

Participe  aux  observations  astronomiques  et  magnétiques 
de  Delporte  et  les  complète.  Quoique  souffrants,  les  deux 
explorateurs  poursuivent  leur  voyage  jusqu'aux  Falls.  Après 
une  année  de  travail  ardu,  la  mission  est  obligée  de  des- 
cendre le  Congo  pour  reprendre  le  chemin  de  l'Europe. 
Malheureusement  la  mort  vient  à  frapper  Delporte  et  Gillis 
rentre  seul  en  Belgique. 

Il  met  à  jour  les  observations  de  la  mission,  observa- 
tions qu'il  avait,  du  reste,  continuées  sur  le  bas-fleuve  et, 
pour  la  première  fois,  des  positions  sûres,  au  nombre  de 
trente-cinq,  sont  arrêtées.  L'Académie  royale  de  Belgique 
décide  d'imprimer  le  compte-rendu  de  ces  remarquables 
travaux  dans  ses  mémoires. 

Gillis  est  actuellement  lieutenant-colonel  au  10^  de  ligne, 
adjoint  d'Etat-Major,  chevalier  de  l'Ordre  de  Léopold  et  de 
la  Couronne  du  Congo,  Croix  militaire  de  première  classe, 
directeur  général  de  l'Institut  cartographique  militaire. 

PUBLICATIONS. 

—  Rapport  sur  l'expédition  Delporte.  (Mémoires  de  l'Académie  royale    de 

Belgique,  t.  LUI). 

—  Conférence  donnée  au  Cercle  commercial  et    industriel   de  Gand.  1   br. 

—  Observations  astronomiques  et  m%fjniliques,    exécutées  sur   le  territoire 

de  VE.  I.  C.  1  vol   in-4".  Bruxelles,  1893.  (Mouvement  géographi- 
que 1804,  p.  20)  (en  collaboration  avec  Delporte). 

RÉFÉREKGE  BIBLIOGRAPHIQUE. 

—  Bulletin  de  V Académie  royale  de  Belgique^  t.  XXV. 


I 


—  871  — 

LIMMELYN,  Alexandre. 

lié   à    Hruxellos,    le  t?o  jnnvicr    I.SDS. 

In<;'6nieiir  civil,  ;ill;ich(''  ;mx  ('IikIcn  cl  :i  l;i  (•(nislinclion 
(lu   clioiniu   (1(^    fer,    du   ."l   juillcl    ISIM)   ;iu    rj    jnillcl    18'JS. 

Ksi  onsuilc  iiiiiiMiicur  de  la  Sociéb'  ;irric;iiii('-|i()rlii^'-;ns(i 
l)()iii'  le  coiiiiiici'cc  et  riii(lusl!'i(3  dniis  rAI'rifjihi  occidcn- 
l;de  (Sainl-r;iul    (1(^    Loniida,  C.on^o    i)(U'liii;;us). 

Liiiiiiicdyn    est  acUicllomeuL  iny-ciiicui'  ;i    Liéi'-o. 


VAN     MONS,    ARMAND.    JACQUES.    JOSEPH. 

né  à  Ixelles,  le  19  mai  1869. 

Part  comme  agent  commercial  adjoint  de  la  Société  du 
Haut-Congo,  le  7  juillet  1890. 

Il  séjourne,  dit  le  Congo  ilhtstré,  chez  les  Bupoto,  rive- 
rains du  district  d'Upoto,  où  le  cannibalisme  est  extrê- 
mement commun.  Ces  sauvages  ne  mangent  ordinairement 
que  leurs  ennemis  tués  à  la  guerre,  mais  les  Elombo, 
(habitants  de  l'intérieur)  sont  infiniment  iilus  anthro- 
pophages. 

Van  Mons,  en  course  dans  cette  région,  remarque  un 
jour  sur  un  marché  un  indigène  se  promenant  paisible- 
ment de  long  en  large,  le  corps  peint  de  stries  rouges 
et  blanches.  L'agent  de  la  Société  du  Haut-Congo  s'in- 
forme et  voici  ce  qu'il  apprend:  Cet  homme  était  un  pri- 
sonnier destiné  à  être  mangé.  Il  était  exposé  en  vente 
et  les  stries  qui  intriguaient  si  fort  Van  Mons  indiquaient 
les  morceaux  déjà  vendus:  les  blanches  étaient  la  marque 
des  acheteurs  riverains,  les  rouges  celle  des  amateurs 
elombo. 

Le  bétail  humain  semble  parfaitement  résigné  à  son  sort, 
dit  Van  Mons,   et  ne   cherche  nullement  à  s'échapper. 


—  872  — 

Il  déambule  Iranqiiillement,  s'arrctant  au  ^ré  dos  cha- 
lands pour  se  laisser  tâter  et  retourner,  tandis  ({ue  sous 
ses  3^Gux,  on  marchande  le  prix  de  sa  "  viande  »  et  on 
discute  les  mérites  de  sa  graisse.  Quand  le  corps  entier 
est   vendu,    on    abat   le   malheureux.    (Congo   illustré)   ('). 

Van  Mons  rentre  en  Europe  pour  cause  de  inaladie,  le 
16  octobre  1892. 

PUBLICATIONS: 


La  pèche  au  Congo.  (Congo  illustré,  1893,  p.  2G). 

Conférence  et  projections  de   photographies  prises  au  Congo.   (Kèsunié. 

Bulletin  de  la  Société  belge    d'anthropologie  de    Bruxelles,  t.  XI, 

1892-1893,  p.  211). 
Conférence    faite    le  15    mars    1893   à    la  Société  royale  de  Géographie 

d'Anvers. 


(1)  "  La  commission  d'enquête  signale  encore  avec  raison,  dit  F.  Cattiei-, 
»  parmi  les  services  rendus  aux  populations,  la  suppression  des  sacrifices  hu- 
»  mains,  la  défense  de  guei'res  contre  tribu,  la  lutte  menée  par  l'Etat  contre 
»  le  cannibalisme. 

En  effet,  les  mesui'es  les  plus  sévères,  dit  le  Père  Castelein,  ont  été  édictées 
contre  ces  abus  et  exécutées  avec  une  persévérante  énergie. 

Le  R.  P.  De  Deken  atteste,  dès  1896,  que  dans  les  endroits  soumis  à  l'in- 
tlurnce  des  blancs,  le  cannibalisme  ne  se  pratique  plus  qu'en  cachette,  mais 
qu'ailleurs  il  est  regardé  comme  naturel  et  légitime. 

«  Un  Bangala,  ajoute-t-il,  qui  a  servi  dans  l'armée  de  l'Etat,  dans  les 
•n  établissements  de  commei'ce,  sur  nos  chantiers,  se  regarde  comme  anobli 
n  et  regai'de  ses  frères  de  race,  mangeui's  de  chair  humaine,  comme  des 
n  sauvages  qu'il  mépiise.  (Missions  en  Chine  et  au  Congo,  janvier  1892). 

Une  foule  de  témoignages  attestent  la  décroissance  rapide  de  ces  bai'bares 
pratiques,  grâce  au  zèle  de  tous  les  agents  de  l'Etat,  aidés  par  le  zèle  de 
tous  les  missionnaires,  à  quelque  confession  qu'ils  appartiennent.  (L'Etat  du 
CongOt  A.  Castelein  S.  J.,  p.  103. 


—  873  — 
CASSART,    FLORENT.    CLÉMENT, 

Sor^enl-mnjor  ;iu    1'   réi^iincnl  de  cliiissciirs  ;i  pied. 
Pari    i)()ur  \o,   Con^o,   lo    IS  juillcl    isiio,   coinincî  ser^^enl 
(lo  la  F.   W 
(La   notice  paraîtra   au  chapitre:  CdDiparpic  fwdhc). 


ROUSSEAUX,    VICTOR,    JULES.    JOSEPH, 

né  à  Chiniay,  le  22  mars  J800;  ch'cédé  à  MP>ucii-MHaca, 
le  13  février   1892. 

Engagé  le  2  août  J890,  il  est  tué  par  les  indigènes  au 
village  de  MBucu-MBaca  (rivière  Lukula),  le  13  février  1892. 

Rousseaux  était  vérificateur  des  impôts  à  Zobe,  depuis 
le  12  décembre  1890. 


LEKEU,    JOSEPH,    VICTOR. 

né  à  Bruxelles,  le  13  mars   1870. 

Sous-lieutenant  au  S''  régiment  de  chasseurs  à  pied. 

Part  pour  le  Congo,  le  1  août  1890,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 

Réside  à  Boma,  où  il  est  attaché  au  service  cartogra- 
phique. 

Part  pour  le  Sankuru,  puis  est  détaché  à  Luluabourg 
avec  le  capitaine  Descamps. 

Atteint  successivement  de  deux  attaques  d'hématurie,  il 
retourne  à  Boma. 

Lekeu  est  attaché  ensuite  à  l'expédition  Van  Kerckhoven 
et  occupe  les  fonctions  de  chef  de  poste  à  Djabir.  Par 
suite  du  départ  des  titulaires,  il  remplit  les  fonctions  de 


—  874  — 

chef  de  zone  du  Rubi-Uele,  au  moment  des  complications 
imminentes  avec  la  France. 

Il  entreprend   plusieurs  expéditions  de  répression. 

Rentre  en  Europe,   le  12  mai  1894. 

Lekeu  retourne  en  Afrique,  le  G  juin  1897,  comme  capi- 
taine-commandant de  deuxième  classe.  Il  est  d'abord  atta- 
ché à  la  mission  Cabra,  chargée  de  la  délimitation  des 
frontières  entre  l'enclave  de  Gabinda  et  l'Etat  Indépendant. 

En  1898,  il  se  rend  dans  le  Sankuru  où  il  est  adjoint 
au  commissaire  de  district  du  Lualaba-Kasaï. 

Il  revient  en  Belgique,  le  17  mars  1900. 

Il  est  actuellement  capitaine  en  second  au  5^  régiment 
de  ligne. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


BINET,  E..  H..J. 

Caporal   au   2^  régiment  de  chasseurs  à  pied. 
Part  pour  le  Congo,  le  3  août  1890. 
(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:   Expéditions  dans 
le  Nord), 


SCHEERLINCK,  jean.  désiré. 

Sous-lieutenant  au  7^  régiment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  3  août  1890,  en  qualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Campagne  arabe). 


—  875  — 

VAN  CAUNWENBERGHE,  GUILLAUME. 

Part  (:i)imii(^   s(M'^(MiI.   de    l;i   1"\    I*.,    le.  :!   ;i(»nl,   ISDO. 

(La  nolice  paraîtra  au  cliapilic:  OiicraUdiis  dtitis  le  Sordj. 


\A/AUTERS,    EDMOND,    CHARLES,    JULES. 

FRANÇOIS. 

né  à  Anvers,  le  5  septembre  1802;  (léc(kl(''.  à  Telion,  le 
20  février  1892. 

Sous-lieutenant  au  4^'  régiment  (l(i   ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  3  août  i8'J0,  et  est  sous-lieute- 
nant de  la   F.   P.   à   Bonia  (1801). 

Meurt  à  Tclioa  (district  de  Homa),  le  20  tV'vrier  1892. 


DUGNIOLLE,    JULES,    GHISLAIN. 

né  à  Ixelles,  le  16  juin  1867. 

Sous-lieutenant  au  régiment  des  grenadiers. 

Part  pour  le  Congo,  le  10  août  1890,  en  ([ualité  de  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 

Fait  partie  de  l'expédition  du  Haut-Uele,  sous  le  com- 
mandement du  capitaine  Van  Kerckhoven.  Rentre  pour 
motifs  de  santé,   le  27  août  1891. 

Capitaine-commandant,  adjoint  d'Etat-Major,  au  3*^  régi- 
ment de  ligne. 


876 


VAN  DAMME,  maur.ce. 

Part  pour  le  Cong'o,  en  août  1890,  comme  sous-commis- 
saire de  district  et  est  attaché  au  secrétariat  g-énôral. 

(La  notice  biographique,  avec  [)ortrait,  figure  à  la  page 
493). 


FAYS,    HENRI.   JOSEPH, 

né  à  Liège,  le  7  septembre  1864. 

Fait  deux  séjours  au  Congo,  le  premier,  du  23  août  1890 
au  23  septembre  1893,  et  le  deuxième,  du  G  mars  1894  au 
2  février  1896. 

Il  est  vérificateur  des  impôts,  à  Léopoldville,  le  12  décembre 
1890,  et  receveur  des  impôts  intérimaire,  à  Léopoldville, 
le  25  mars  1891,  receveur  des  impôts,  le  23  mai  1892, 
successivement  au  Stanley-Pool  et  à  Boma. 

Chef  de  bureau  à  l'administration,  à  Bruxelles. 

Pays  porte  l'Etoile  de  service,  la  Médaille  d'or  de  l'Ordre 
royal  du  Lion  et  la  Croix  de  chevalier  de  l'Ordre  de  la 
Couronne  d'Italie. 


DE     HEUSCH,   ODILON,    FRANÇOIS.   FLORENT. 

ADRIEN, 

Sous-lieutenant  au  7^  régiment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  3  septembre  1890,  en  qualité  de 
sous-lieutenant  de  la   F.   P. 
(La   notice  paraîtra  au  Chapitre:  Campagne  arabe). 


—  S77  — 

BOLLE,  EMILE, 

Pîirl    1)()UI'    le    (lollLîo,     le   :\    scplciiiltic    IS'.KI,  en    (llliilih''   de 

conscM'\;il(Mii'  di^s    lilrcs  roiicici-s. 

Il  est  (Ircori'  de    l'I^loilc  de  sci'x  icc    d('|)iiis  le  'Ji;   s('|tl('iii- 
Jjre   18<);}. 

(Voir  hi    iiolico  à    l:i    pn^'^e  500). 


DU  BOIS,  JULES.    GHISLAIN,    JOSEPH, 

Pju"t  pour  lo  Congo,  le  :>  soplcinhi-c^  l.SliO,  ;iii  sci'vifc 
du   d(''pai'teuicnL  dos  Fin;in('(\s. 

11  osL  chevalier  de  l'Ordre  l'oyal  du  Lion  d  (\i'am\  de 
l'Etoile  do  service  à  trois   raies. 

(Voir  la  notice  à  la   page  500). 


FOULON,    FÉLIX,  JOSEPH  (X), 

Sous-lieutenant  au  1''  régiment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  3  septembre  1800,   comme  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  biographique  figure  à  la  page  411). 


(1)  Le  commandant  reti'aité  F'oulon,  vient,  par  déci'et  du  président  de  la 
République  française,  d'être  nommé  commandeur  de  l'Etoile  noire  du 
Bénin   (juillet    1908). 

On  sait  que  Foulon  fut  le  premier  Européen  qui  pénétra  dans  le  Bahr- 
el-Gazal,  après  la  débâcle  de  Khaitoum  et  l'occupation  du  pays  par  les  Arabes. 
Nous  avons  relaté  la  façon  brillante  et  habile  dont  Foulon  parvint  à  rallier 
au  protectorat  de  l'Etat,  toute  la  partie  du  Bahr-el-Ga/.al,  située  au  Nord  du 
Bomu,  territoire  qui  fut  d'ailleurs  cédé,  en  18U5,  à  la  France  après  trois  ans 
de  résidence  du  jeune  officier  belge  chez  les  sultans  Semio,  Tombura  et  Sassa. 

Nous  l'appelerons  également  que  trois  ans  plus  taid,  le  commandant  Marchand 
faisait  de  cette  région  sa  base  d'opérations  et  que  la  première  occupation 
du  pays  par  un  Belge  a  grandement  conti'ibué  au  succès  de  la  marche 
des  Français  vers    Faschoda. 


—  878  — 

MAGERY,  LUCIEN. 

no  à  Noufchâteau,  le  15  juin  1861;  décodé  à  Palabala,  le 
31  octobre   1893. 

Elève  de  l'Ecole  polytechnique  de  Bruxelles,  est  agréé 
en  1887,  comme  ingénieur  volontaire  au  chemin  de  fer 
du  Grand  central  belge  et  entre,  en  1888,  aux  ateliers  de 
construction  la  Mélallurgiqiie,  où  il  reste  en  fonctions 
jusqu'en  janvier   1890. 

Engagé  le  3  septembre  1890,  au  service  de  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  du  Congo,  il  accomplit  en  Afrique  un 
premier  séjour  de  deux  ans,  pendant  lequel  il  est  d'abord 
attaché  aux  études,  puis  dirige  à  Matadi  le  service  des 
ateliers  et  de  la  traction. 

Rentré  en  congé,  le  21  novembre  1892,  il  repart  pour 
le  Congo,  le  6  avril  1893,  avec  le  titre  de  chef  de  service, 
mais  succombe,  le  31  octobre  1893,  victime  d'un  accident 
de  chemin  de  fer,  survenu  au  delà  de  Palabala. 

Lucien  Mager}^  était  le  frère  du  docteur  Jules  Magery, 
médecin  de  l'expédition  Hodister,  tué  près  de  Riba-Riba, 
le  15  mai  1892. 

RÉFÉRENCE  BIBLIOGRAPHIQUE: 

—  Mouvement  géographiquCy  1893,  p.  110. 


VAN     RISSEGHEM,    CHARLES,   OSCAR. 

né  à  Bruxelles,  le  6  février  18(39. 

Entre  au  service  de  l'Etat,  le  29  novembre  1885  et  part 
pour  le  Congo,  le  3  septembre  1890,  en  quahté  de  commis 
de  première  classe. 

Arrivé  à  Boma,   le    29    septembre   1890,   il   est    désigné 


8TÎ) 


\yAV  rins[){M'((Mll'  (VVA-.il  (:(»(|ililli;il,  11",  de  ;:-nnV(M'lirii|-  n-r- 
lUM'îil,  i)(Mii'  le  (lisdicL  (le  rivjiuilcur,  U)  ;51  oclold-c.  is'io. 
Sôjoui'iH'  i\  Vhj[[\;\U'\\v  (lM|ii;il(Mirvill(')  jus(iir;iu  5  juin  is'.il. 
Il  i'(*l()uni('  alors  à  lîoiiia,  le  :5()  juin  ISIU  ;  (^l  y  sr'joiii'iH', 
jus(iu'au  iiioiiKMil,  (le  son  di'parl  pour  ri'Jii'opM,  coniincî  sous- 
intciulanl  (kUroisiôino  classe,  (hipuis  le  II  lévrier  1892  (d 
(le  (louxièmc  classe,   depuis  le   1  juillcl    isii:'>. 

J{en(ré  en  Kuropo,  1(^ 'J5  octobre  181):î,  il  est  en^a^'-f',  dans 
les  l)ureaux  de  l'adininistration  centrale;  noniiiK'  sous- 
chef  de  bureau,  le  2:î  décembre  189;î,  et  cliel"  de  bureau,  le 
22  juin   1SU8. 

Van  Rissegliein  est  décoré  de  l'Etoile  de  service. 


BASTIN,  ALEXIS, 

né  à  Marcinelle,  le  17  juillet   1850. 

Remplit  les  fonctions  d'ingénieur  de  la  Compagnie  du 
chemin  de  fer,  adjoint  aux  études,  du  3  septembre  1890 
au  G  juin  1891,  date  de  sa  rentrée  en  Belgique  pr)ur  cause 
de  maladie. 


BASTIN,  PAUL, 

né  à  Marcinelle,  le  1  octobre  1839;  décédé  à  Banana,  le 
14  avril   1891. 

Ing-ônieur  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer. 

Chef  de  la  brigade  d'études  du  3  septembre  1890  au  14 
avril   1891,   date  de  son  décès. 


—  880  — 

TAMINE,  HENRI. 

no  à  Ha^vonf,^  le  5  juiilel  1803;  décédé  à  Beveren-Waes, 
le  15  avril  1904. 

Sous-lieutenant  au  9«  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  5  septembre  1890,  comme  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P.  et  est  sous-commissaire  de  district 
dans  le  district  des  Stanley-Falls. 

Revient  en  Belgique,  le  17  septembre  1891,  et  meurt  à 
Beveren-Waes,  le  15  avril  1904. 

II  était  capitaine  en  second,  administrateur  d'habillement, 
au  régiment  des  chasseurs  à  cheval. 


MICHIELS,  ISIDORE. 

né  à  Bruxelles,  en  1869;  tué  à  Riba-Riba,  le  27  avril  1892. 

Sergent-fourrier  au  5^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo  avec  le  lieutenant  Tobback,  qui  va 
reprendre  ses  fonctions  de  résident  des  Falls,  le  18  sep- 
tembre 1890,  comme  sous-lieutenant  de  la  F.  P. 

A  ce  moment  les  relations  des  Européens  avec  les  Arabes 
étaient  devenues  inquiétantes.  Tippo-Tip  avec  qui  Tobback 
n'avait  cessé  jusqu'à  son  départ  d'entretenir  des  rapports 
cordiaux,  avait  quitté  la  station  et  était  retourné  à  Zan- 
zibar. Son  gendre  Rachid  le  remplaçait.  Les  dispositions 
des  Arabes  avaient  totalement  changé  à  l'égard  des  blancs 
et  les  espions  de  Tobback  rapportaient  des  bruits  sinistres. 
L'inquiétude  grandissant,  Michiels  est  envoyé  à  Riba-Riba 
pour  s'assurer  de  l'état  des  esprits  (mars   1892). 

Hodister  et  ses  adjoints  Page,  Doré,  Jouret  et  Noblesse  se 
proposaient  d'installer  des  comptoirs  dans  la  région. 

Les  Arabes  (|ui    étaient    eux-mêmes    d'habiles    commer- 


—   881  — 

rnnis  r(Ml()iil;ii(Mil  l;i  ('oiiciii'rciicc»  cl.  s'oppnsrrciil  ;i  l;i  ci-i'",\- 
lioii   (r(''(;il)liss(Uii(Mils. 

lI()(lisl(M'  (^t  SOS  ('()m|);i;^ii()iis  nvcc  mw  iivcii^jlc  h'iin'rilé 
rcfusorcMil,  do  U^iir  ('()iii[)l()  dos  ohscii-Njitions  des  cliol's 
indii^èiu^s. 

Micliiols,  ronlrô  aux  I^dls,  expose  l:i  siliiiilioii  ;iii  liciilc- 
iiant  T()l)l)ack.  Los  doux  hlaiics  so  dccideni  ;doi's  à  so 
rendre  ensemble  à  Hil)a-Uil)a,  auUuil.  pour  faire  dos  ro- 
niontrances  aux  né<^-ocian(s,  qui  coni[)roni(îtlaicnt  la  sécurité 
de  l'Etat,  que  pour  calmer  les  farouches  et  cupides  Arabes. 

Tobback  et  Micliiols  se  munissent  de  riciios  pn-sc^nts; 
montres,  chaînes  et  bagues  à  l'intention  des  chefs  de  la  rof,^^)!!. 

A  Kibonghe,  le  chef  arabe  conseille  à  Tobback  d'avoir 
une  entrevue  avec  le  grand  chef  iMunie  Mohara  qui  rési- 
dait à  Riba-Riba. 

Mais,  arrivé  à  Riba-Riba,  Tobback  se  voit  refuser  l'au- 
dience demandée  et  il  lui  est  même  enjoint  de  quitter 
les  lieux  avec  Hodister  et  tous  les  autres  blancs. 

Tandis  que  Tobback  retourne  aux  Falls,  Michiels  reste  à 
Riba-Riba  avec  ordre  de  surveiller  Noblesse,  agent  opérant 
sous  les  ordres  d'Hodister,  qui  se  trouvait,  lui,  à  Bena- 
Kamba  avec  Jouret,  Page  et  Doré,  poussant  une  recon- 
naissance jusque  Nyangwe. 

Imprudent  et  entêté,  Noblesse  enfreint  la  défense  de 
Munie  Mohara  et  les  recommandations  de  Michiels:  il  plante 
des  pieux  en  terre  pour  l'édification  d'un  comptoir  ou  d'un 
magasin  et  moleste,  paraît-il,  assez  grièvement  un  envoyé 
de  Mohara. 

Le  courroux  de  Munie  Mohara  ne  connaît  dès  lors  plus 
de  bornes  à  la  nouvelle  de  cet  acte  audacieux  et  le  massacre 
de  tous  les  blancs  qu'on  atteindra  est  décidé. 

Précisément,  Michiels  vient  d'envoyer  à  Tobback,  un 
rapport  très  favorable  sur  la  situation.  Les  Arabes  adres- 
sent même,  ajoute-t-il,  vingt  Salems,  au  chef  des  Falls. 
Le  courrier  qui  est  chargé  du  rapport  le  remet  à  Tobl)ack, 


—  882  — 

({u'il  rejoint  à  Kil)ongho  et  qui  rassuré,  continue  sa  route 
vers  les  Fa  Ils. 

Michiels,  sur  ces  entrefaites,  entend  les  vociférations  et 
comprend  le  danger;  il  se  sauve  dans  les  bois  et  s'oriente 
vers  Bena-Kamba,  où  il  espère  retrouver  Hodister.  Le  mal- 
heureux erre  quinze  jours  dans  la  forêt  ténébreuse,  où 
il  se  nourrit  de  racines,  couche  dans  les  arbres,  expose 
aux  bêtes  féroces. 

Au  bout  de  quinze  jours,  Michiels,  l'infortuné  fugitif, 
arrive  en  vue  d'un  village  II  meurt  de  faim,  et  cueille 
des  bananes.  Des  femmes  l'aperçoivent,  donnent  l'alarme: 
les  Arabes  l'assaillent.  Michiels  est  mené,  pieds  et  poings 
liés,  dans  la  localité  qui  est  Riba-Riba  môme.  Il  s'est  égaré 
et,  est  revenu  à  son  point  de   départ. 

Il  est  soumis  au  martyre  tel  que  l'entendent  les  orien- 
taux experts  en  raffinements  cruels. 

Les  bandits  commencent  par  donner  au  malheureux  des 
détails  atroces  sur  le  meurtre  de  Noblesse;  puis,  il  est 
attaché  à  un  poteau,  et,  deux  heures  durant,  on  lui  cingle 
les  membres  à  coups  de  chicotte.  Quand  son  corps  ne 
forme  plus  qu'une  plaie  saignante  on  le  prend  comme  cible, 
on  lui  casse  une  jambe. 

Torturé  de  la  sorte,  le  supplicié  crie  à  ses  bourreaux: 

«  Vous  n'êtes  que  des  misérables!  Tirez  au  cœur  «. 

On  l'achève,  on  lui  coupe  la  tête,  on  le  jette  à  l'eau. 
Des  indigènes  repêchent  son  cadavre  et  le  dévorent.  (27 
avril  1892). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

—  A.  ChapaUx.  L-i  Cmgo  historique,  diplomatique,  p    253. 

—  Belgique  militaire,  1894,  p.  230  (Chômé). 


—  SS.'Î  — 

VAN  BELLINGHEN,  pauu 

IH'    à    lllicchl,     le    -JS    iii;irs     l.Sns.  ' 

Pai't  poui'  le  (loll^o,  le  IS  scpiciiihrc  IS'.KI,  (>ii  ((ii;ilil('' 
(lo  coininis  do  dcuxiriiK'  chissc  (|;iiis  le  dislrid  de;  M;d.:idi, 
(d,  devient  ensuite  coniinissnircî  du  district   des  (^ntnnictes. 

11  se  distin<^-ue  dans  r()i'<^-anis,di()n  et  l'adniinistralion  du 
service  des   transports   par  la    rive  Nord. 

Rentre  en  Europe,  le  23  septembre   ISO.'î. 

S('\journe  une  deuxième  lois  au  (]on^o,  du  ('>  juin  ISOl 
au  20  avril  1897. 

Van  Bellinghen  retourne  au  Con^-o,  \o  G  axi-il  1<S0S,  avec 
le  iirade  d'intendant  à   litre  personnel. 

Il  rentre  le  26  juin  1901. 

Son  quatrième  séjour  s'étend  du  21  juin  190:]  au  25  juin  1901. 

Van  Belling'hen  est  décoré  de  l'Etoile  de  service  à  ([uatrc 
raies  et  de  la  Médaille  d'or  de  l'Ordre  royal  du   Lion. 

PUBLICATIONS  : 

—  Histoire  de  la  station  d  Issanghila  ri  des  transports  par  la  rive  Nord. 

—  La  chasse  et  la  faune  dans  la  rê(;ion  des  Cataractes.  (Rclgi(]ue  coloniale, 

1901,  p.  546). 


VERHELLEN.  mcolas. 

Sous-officier  au  V  régiment  de  chasseurs  à  pied. 
Part  pour  le   Congo,   le  18  septembre  1890,   en  qualité 
de  sergent  de  la  F.   P. 
(La  notice  paraîtra  au    chapitre:   Campagne  arabe). 


—  884  — 

DRYEPONDT,  gustave.  adolphe.  marie. 

no  à  Bruges,  le  3  tovrior   18GG. 

Docteur  en  médecine,  il  part  pour  le  Congo,  dès  l'obtention 
de  son  dernier  dii)lôme,  le  13  octobre  1890,  en  qualité  de 
médecin  de  deuxième  classe,  avec  l'expédition  Van  Kerck- 
lioven,  qui  avait  le   Nil  comme  objectif. 

En  cours  de  route,  Dryepondt,  est  forcé  de  rebrousser 
chemin  pour  assumer  la  charge  de  médecin  à  Léopoldville, 
où  à  cause  des  surprises  dues  aux  tristes  conditions  de 
confort  et  d'li\'giène  de  l'époque,  il  est  amené,  quoique 
médecin  du  poste,  à  remplir  presque  toutes  les  fonctions, 
y  compris  celles  de  commissaire  de  district. 

Il  est  nommé  médecin  de  première  classe  le  13  mai  1893. 

Rentré  en  Europe,  le  23  septembre  1893,  Dryepondt 
s'adonne  spécialement  à  l'étude  des  maladies  des  paj^s 
chauds.  On  lui  doit  un  traité  pratique  des  maladies  de 
ces  pays  à  l'usage  des  non-médecins,  ouvrage  qui  obtint 
le  prix  au  grand  concours  international  de  Bruxelles  en 
1897;  une  étude  très  complète  sur  la  question  des  sana- 
toria  dans  les  colonies;  (Institut  colonial  international, 
Paris  1900);  de  nombreuses  études  et  conférences  publiées 
dans  les  revues  médicales  et  scientifiques;  une  étude  sur 
les  travaux  du  laboratoire  de  Léopoldville  (fièvre  liémo- 
globinurique,  dysenterie,  maladie  du  sommeil),  publiée  en 
collaboration  avec  le  docteur  Van  Campenhout.  En  1897, 
Dryepondt  est  commissaire  du  gouvernement  de  l'Etat  à 
l'exposition  de  Tervueren. 

En  1900-1901,  Dr.yepondt  professe  à  l'Université  de  Bru- 
xelles (Institut  Solvay)  et  à  l'Institut  agricole  de  Vilvorde. 

Dr3'epondt  est  aussi  médecin  de  l'Etat  du  Congo  à  Bru- 
xelles et  médecin  en  chef  de  la  Villa  coloniale  de  Watermael. 

Toujours  en  relations  avec  les  personnalités  coloniales, 
Dryepondt  en  profite  pour  étudier  également  les  questions 
économiques   coloniales  et  spécialement  congolaises,  et  les 


Le  D'  DRYEPONDT. 


Cliché  «lu  Congo,  Moniteur  colonial. 


—  885    — 

coiinaissaïu'cs  inril  ;ic(jiiil  (mi  ces  nKilirrcs,  le  lii'ciil  dcsiiiiici', 
(Ml  l'cvi'iei'  llK)?,  coiiiiiK'  (lirccliMir  cii  .\ri'i<|ii«'.  de  l;i  (iom- 
|);iiliii('  (In  Kiisiiï,  l'oiiclioiis  (|iril  n'ii  plus  (|iiill'''f's  (h'piiis 
ol  qu'il  ('m'1i;iiih'('  conlre  son  iiiicicii  iiti'»^  de  iiHMlcciu  df» 
l);il;iill()ii   ;iii    1''  r<''^iin(Mil   de  guides. 

Dryepondl  s'occupe  de  l;i  i'('^or^iuiisali()n  complèlc  de  Tcx- 
ploitalion  oL  crée,  nolainnuMil,  o\\  11)01,  la  nouvelle  slalioii 
de  la  (]oinpa^'nio,  à  Dinia,  (l(^  i'exlr(''niit(''  Noid  de  l;i  cou- 
cession  à  la  riv(^  i^auche  du  Kasaï,  (Milre  la  jiasse  Swin- 
burne  et  le  conlliicnt  du   Kwan^o. 

Diyepoudt  lait  de  nombreux  séjours  en  AlVirpic^  Son 
dernier  voyage  en  Afrique  daU^  du  11  novend)r(^  1007, 
époque  à  laquelle  il  va  prendre  la  direction  de  la  Com- 
pagnie, à  la  mort  de  Lescrauwoet. 

Il  est  actuellement  en   Europe. 

Dryepondt  est  médecin  de  bataillon  de  deuxième  classe  en 
retraite,  chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion,  décor»''  de  l'Etoibî 
de  service. 

PUBLICATIONS: 

—  Le  climat  du   Congo,   1   br.  in  8°.  Bruxelles,  Van    Carnpenhoiit  et  Corg^o 

illustré,   1895,    pp.   44  et   ss. 

—  Guide  pratique   liygiéiv'que  et   médical  d^'S   voyagews  au  Cnngn,    1    br. 

in-8o,    (Publication  de  riMat  indépendant  du  Confjo,  Bruxelles    1895). 

—  Le  service  des  secours  médicaux  au  Congo.  (Congo  illustré,  1895). 

—  R'ipport  sur  les  travaux  du  laboratoire  médical  de  Léopoldville  en  1889- 

1900,   avec  la  collaboration   du  D''   Van    Cainpenhout.  (Publication 
de  la   Société  d'études  coloniales). 

—  Vexpédition  scientifique   anglaise  contre  la  Malaria  à  la    côte  occiden- 

tale   d'Afrique.    (Bulletin   de    la    Société  d'études    coloniales,  19rX), 
n«   I  et   II,   p    35.) 

—  Une  école  de  médecine  coloniale  à  Londres  et  à  Bruxelles.    (Bulletin  de 

la   Société  d'études  coloniales,  1899,  n°  I,   p.  49). 

—  Quelques  mots   à    propos  du  climit    du    Congo.   (Missions  belges   de  la 

Compa<;nie  de  Jésus,  1899,  p.  15). 

—  Le  parasite  de  la  Malaria  (en  collaboration  avec  le  D^"  Van  Campenhout). 

(Bulletin   de  la  Société  d'étu  les   coloniales  1899,  no  II,  p,  79). 


—  880  — 

Bourguiynonj  Covnety  Dryepondt,  Firket,  Lancaster  et  Mndeman.  Congo: 
climat,  constitution  du  sol  et  hygiène  de  l'Etat  Indépendant  du 
Congo,  1  vol.  in-8".   linixelles,  1898. 

Les  sanatoria  dans  les  colonies.  (Institut  colonial  international). 

Uagent  étiologique  de  la  vaccine  et  de  la  variole.  (Bulletin  de  la  Société 
d'études  coloniales,  1901,  p.  321). 

Le  climat  et  Vhygiène  au  Congo.  (Bulletin  de  la  Société  d'études  colo- 
niales, 189G,  p.  35). 

La  fièvre  bilieuse  hématurique.  (Bulletin  de  la  Société  d'études  colo- 
niales 1897,  p.   434). 

Une  mission  médicale  au  Congo.  (Bulletin  de  la  Société  d'études  colo- 
niales, 1897,  p.  434). 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES  : 

Moniteur  du  caoutchouc  (5  juin    190:^). 
Le  Congo.  Moniteur  colonial. 
Congo  illustré,  1895,  p.  113. 

Dryepondt  a  collaboré  au  Mouvennent  géographique,  aux  bulletins  de  la 
Société  d'études  coloniales  et  du  musée  de  Tervueren. 


COSTERMANS,  pauu  marie,  adolphe. 

Lieutenant  d'artillerie. 

Part  pour  le  Congo,  le  3  octobre  1890,  en  qualité  de 
lieutenant  de  la  F.  P. 

(La  notice  Liograpliique,  avec  portrait,  est  publiée  à  la 
page  50). 


—  88: 


CROUQUET,    CÉLESTIN     J. 

ne  à  L(î(lol)or<r,  h»,  12  ;iviil  1S71;  (l(''C(''(l('  ;i  Mik.mh!  I)iii^'-;i, 
le   11)  ni;ii    1891. 

S()us-rKMil(Mi:nil   ;iii  2'"  r('^-ini(Mil    de   lii^ne. 

Pari,  coniiiu*  sous-lieuieiiiinl  de  l;i  1'.  1'  ,  le  3  octobre  1800, 
et  est  désij^iié  poiii'  le  disli-icl,  du  !\\\;iii^()  ;  il  ivside  à 
Miiene  Dinga  et  y  meurt  en    iii:ii    is'.il. 


ANTOINE,    JOSEPH,    MICHEL,   GUSTAVE, 

né  à  Liège,  le  1  août  1865. 

Sous-lieutenant  au  12*'  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  5  novembre  1800,  en  qualité  de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P. 

Réside  à  Lukungu. 

Nommé  lieutenant  de  la  F.  P.,  en  février  1892;  commis- 
saire de  district  de  deuxième  classe,  en  mai   1803. 

Rentre  le  20  décembre  1893. 

Repart,  le  G  juillet  1894,  comme  capitaine-commandant 
de  deuxième  classe.  Est  désigné  successivement  pour  le 
Stanley-Pool,  la  zone  arabe,  la  zone  du  Maniema. 

Rentre  le  14  juillet  1898. 

Chevalier  de  l'Ordre  royal  du  Lion;  décoré  de  l'Etoile 
de  service  à  deux  raies. 


HEYMANS,    FLORENT.    FRANÇOIS.   MARIE. 

Sous-lieutenant  au   12»^  régiment  de  ligne. 
Se  rend   au  Congo,  le  5  novembre  1890,   en  qualité   de. 
sous-lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dans  le  Nord). 


—  888  — 
ROUSSEAUX,    LÉON,    EMILE, 

Sous-lioutenanl  au  8^  rc^imenL  de  li^-nc. 

Part  pour  le  Congo,  le  30  octobre  1890,  en  qualité  de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P. 

(La  notice  sera  publiée  au  chapitre  :  Opérations  dans  le 
Nord). 


RORCOURT,    AUGUSTE.    PAUL.    LÉON. 

né  à  Bruxelles,  le  28  août  1860;  décédé  à  Matadi,  le  9 
décembre   1898. 

Docteur  en  droit  de  l'Université  de  Bruxelles  et  avocat 
près  de  la  cour  d'appel  de  cette  ville,  part  pour  le  Congo, 
le  5  novembre  1890,  pour  compte  du  département  des 
affaires  étrangères  et  de  la  justice. 

Substitut  du  procureur  d'Etat  à  Boma  et  à  Matadi,  juge 
de  première  instance  par  intérim  et  directeur  de  la  justice. 

Rentre  en  Belgique  en  avril   1893. 

Repart  pour  l'Afrique,  le  6  janvier  1894,  en  qualité  de 
procureur  d'Etat. 

Il  revient  en  Belgique  en  mars   1896. 

Son  troisième  départ  date  du  6  novembre  1896. 

Il  occupait  encore  les  mêmes  fonctions  de  procureur 
d'Etat,  au  moment  où  la  mort  est  venue  le  surprendre 
(9  décembre   1898)  ('). 


(1)  Los  majîistrats  de  cafrière  sont  actuellement  au  nombre  de  cinquante- 
trois,  dont  vingt-six  Bel»?es,  douze  Norwégiens,  neuf  Italiens,  trois  Danois,  un 
Français,  un  Suisse,  un  Roumain.  Ils  sont  assistés  d'agents  judiciaires  propre- 
ment dits. 

L'organisation   des  tribunaux  comprend   d'abord,  au   nombre  de  cinq,   des 


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RORCOURT,  Auguste. 


—  8811  — 

RorcoLirL    (''(;ii(.    clicvalier    de   l'Ordre    i-oyal   du    Lion   et 
décoré  de  l'Eloile  de  service  à  doux  raies. 


Iribnnanx  de,  première  instance,  comp(;(en(s  en  matière  civile,  comnieiT.ialo 
ot  pénalo,  ayant  obli<;ation  do  tenir  dans  les  localités  déterminées  par  le 
{joiiverneur  {général  le  nombre  de  sessions  péiiodiquos  fixé  par  lui.  On  évite 
ainsi  aux  justiciables  les  trop  lonj^s  déplacements.  Ils  se  composent  d'un  juge 
et  d'un  procureur  d'Etat  nommés  par  le  Roi,  et  d'un  greffier. 

il  existe  ensuite,  au  nombre  de  neuf,  des  tribunaux  territoriaux  n'ayant 
qu'une  compétence  pénale.  Ils  sont  analo;2:ues  aux  précédents,  mais  le  juge  et 
les  substituts  en  sont  nommés  par  le  gouvei'neur  général  et  peuvent  être  pris 
parmi  des  agents  administratifs,  en  attendant  qu'on  ait  le  nombre  suffisant  de 
magistrats  de  carrière. 

Un  tribunal  d^appel  existe  à  Boma.  Enfin,  au-dessus  de  la  cour  d'appel 
est  un  Conseil  supérieur,  composé  des  membres  constituant  le  conseil  con- 
sultatif attaché  au  gouverneur  général.  Comme  juridiction  pénale  du  premier 
degré,  il  statue  sur  les  infractions  commises  par  l^s  membres  du  tribunal 
d'appel;  comme  cour  d'appel,  il  connaît  de  l'appel  en  matière  pénale  des 
jugements  rendus  par  le  tribunal  d'appel  de  Boma  sur  les  infractions  com- 
mises par  les  membres  des  tribunaux  de  première  instance;  comme  cour  de 
cassation,  il  connaît  des  prises  à  parties  et  des  pouvoirs  dirigés  contre  tous 
jugements  tout  en  dernier  ressoi't,  en  matière  civile  et  commei'ciale,  pour 
vices  de  formes  ou  pour  contravention  à  la  loi  ou  au  droit  des  gens  et  il 
peut  statuer  sur  le  fond  de  l'affaire  après  cassation  du  jugement.  Mais,  en 
matière  répressive,  il  n'existe  pas  de  recoui's  en  cassation. 

Les  services  judiciaires  de  Boma  comprennent: 

1.  Un  tribunal  d'appel. 

2.  Un  conseil  de  guerre  d'appel. 

3.  Un  tribunal  de  première  instance. 

4.  Un  conseil  de  guerre. 


Il  est  à  peine  besoin  de  faire  ressortir  l'influence  civilisatrice  de  la  justice 
sur  la  mentalité  des  indigènes.  Comme  le  dit  la  commission  d'enquête:  son 
plus  beau  titre  de  gloire  est  la  popularité  dont  jouissent  parmi  les  gens  de 
couleur,  les  magistrats  qui  la  composent.  {Rapport  de  la  Commission  d'En- 
quête, p.  145). 


890 


JULIEN,    LÉON,    JOSEPH, 

Sous-Iicutenant  au  li'^  régiment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,  le  3  novembre  1890,  comme  sous- 
lieutenant  de  la  F.  P. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Opérations  dcms  le  Nord). 


BUCQUOI,  F.. 

Sergent-fourrier  au  3^  n'^giment  de  ligne. 
Part  pour  le  Congo,   le  5  novembre  1890. 
(La  notice  sera  publiée  au  chapitre:  Opérations  dcms  le 
Nord). 


SALPETIER,    PAUL.    ARTHUR. 

né  à  Termes,  le  4  juillet  1865;  décédé  à  Boma,  le  11  no- 
vembre 1891. 

Sous-lieutenant  au   11^  régiment  de  ligne. 

Part  pour  le  Congo,  le  3  novembre  1890,  en  qualité  de 
sous-lieutenant  de  la  F.  P.  ta  Boma. 

Meurt  le  11  novembre  1891. 


ADAM,  Auguste. 


—  8'.il  — 
ADAM,   AUGUSTE,    JOACHIM.    FÉLIX, 

iiô  à  Njuiiur,  le  :>  juin    18()5. 

In^'cnioui'  civil   do  l'Universilô  de  Oîind   (1890). 

Accomplit  successivcinont  trois  s('jours  ;iu  (lon^o,  |)Oin- 
coinplc  de  la  (^oiiii)a^nio  du  clK^nin  do  lor  do  Maladi  à 
Léopoldvillo:  du  18  uovonibro  i8U0  au  19  août  1892;  du 
8  février  1893  au  9  juillet  1895;  du  8  avril  1896  au  25  août  1898, 
ou  ({ualité  do  sous-chef  de  section,  chef  de  brigade  aux 
études,  chef  de  service  aux  terrassements  et  chef  de  service 
aux  études. 

Il  passe  ensuite  au  service  de  l'Etat  en  qualité  de  chef 
des  études  pour  la  construction  des  chemins  de  fer  du 
Congo  supérieur  aux  Grands  Lacs  Africains,  construction 
qui  n'est  (|ue  la  continuation  do  la  réalisation  d'un  grandiose 
l)lan  d'ensemble  conçu  dès  les  débuts  de  la  colonie. 

Dès  ([ue  l'Etat  eut  assumé  la  mission  d'introduire  la 
civilisation  dans  cette  partie  de  l'Afrique,  il  comprit  que 
l'une  de  ses  préoccupations  capitales  devait  être  de  tirer 
tout  l'effet  utile  de  l'incomparable  instrument  de  pénétration 
que  lui  donnait  la  nature,  et  il  arrêta  la  construction,  suivant 
un  plan  d'ensemble,  d'un  réseau  de  communications  à 
vapeur  qui  lui  permit  de  rendre  efficace  son  action  civilisa- 
trice jusqu'aux  confins  mêmes  de  ses  territoires. 

Ce  plan  dont  il  a  poursuivi  sans  trêve  l'exécution,  com- 
prend trois  phases. 

La  première,  l'outillage  du  réseau  navigable  du  Haut- 
Congo,  naît  avec  le  lancement,  le  3  décembre  1881,  du 
petit  canot  à  vapeur  de  cinq  tonnes  VE71  Avant,  et  en  est 
aujourd'hui  à  l'exploitation  des  grands  steamers  de  cinq  cents 
tonnes:  le  Kintambo  et  le  Segelini.  Elle  est  tout  entière 
l'œuvre  du  gouvernement  ('). 


(1)  Le  service  de  navigation  intérieure,    que  les  lignes   de  chemins  de  fer 
complètent,  est  assuré  aujourd'hui  par  une  flottille  de  navires  de  quatre-vingts 


—  892  — 

La  deuxicmo,  la  réunion  du  l)assin  du  liauL  fleuve  à 
la  mer.  est  duc  à  l'initiative  privée.  Elle  commence  le 
2G  mars  1887,  date  de  la  concession  du  chemin  de  fer  de 
Matadi  à  Léopoldville,  et  finit  avec  l'inauguration  de  ce 
chemin  de  fer,  le  2  juillet  1898. 

La  troisième  phase,  enfin,  envisage  la  réunion  du  bassin 
navigable  du  haut  fleuve  aux  régions  frontières  du  Nord, 
de  l'Est  et  du  Sud.  De  beaucoup  la  plus  complexe  et  la 
plus  longue,  elle  comportait  la  création  d'un  certain  nombre 
de  voies  ferrées,  soit  pour  contourner  les  sections  impra- 
ticables du  réseau  fluvial,  afin  de  profiter  des  biefs  navigables, 
soit  pour  pénétrer  directement  par  voie  de  terre  dans  les 
régions  reculées. 

Adam  s'embarque  le  6  janvier  1899,  pour  étudier  et 
relever  le  tracé  de  la  voie  ferrée,  destinée  à  relier  Stan- 
ley ville  à  Mahagi,  sur  le  lac  Albert,  et  fait  en  trois  ans 
et  demi  mille  deux  cent  soixante-quinze  kilomètres  de 
l'étude  du  tracé,  dont  certaines  parties  dans  des  régions 
très  accidentées. 

La  Compagnie  du  chemin  de  fer  du  Congo  supérieur 
aux  Grands  Lacs  Africains  s'était  constituée  à  Bruxelles,  le 
4  janvier  1902,   au  capital  de  vingt-cinq  millions  ('). 

Adam  organise  ensuite  les  premiers  travaux  du  chemin 

unités  représentant  environ  trois  mille  cinq  cent  quatre- vingt  dix  tonnes 
et  sillonnant  le  Congo  et  tous  ses  affluents,  de  manière  à  rayonner  dans 
le   pays  tout   entier. 

(1)  Cette  société  avait  pour  objet  la  construction  et  l'exploitation  d'un 
chemin  de  fer  reliant  le  fleuve  Congo  en  aval  et  en  amont  de  Stanleyvillo 
au  lac  Albert;  d'un  chemin  de  fer  reliant  le  fleuve  Congo  en  aval  et  en 
amont  de  Nyangwe  au  lac  Tanganika;  une  ligne  contournant  les  Stan- 
ley-Falls;  une  ligne  contournant  les  rapides  de  Zendwe  et  des  Portes  d'enfer; 
la  (mise  en  valeur  de  concessions  de  terres,  forêts  ou  mines  qui  pour- 
raient lui  être  accordées.  (Recueil  financier). 

Ces  lignes  devaient  mettre  à  la  portée  de  la  civilisation  le  Manyema, 
connu  pour  sa  fertilité;  la  région  caoutchoutière  du  Lualaba  et  les  mines 
du  Katanga. 


—  S'.Ki   — 

de  fer  dosliiK'  à  conlournor  les  l'iipidcîs  de  Slanloy-I^dls, 
de  Staidoyville  rive-<4";iiieh(».  à  Poiilliid'ville,  (|ui  ('onsliliKi 
la    j)reiiiiri"e  li^no  du  clH^nin  d(^    IVr  du  Con^o  suixTieiii". 

11  rentre  en   Europe,   le  LM    juin   IDo:;. 

Adam  se  rend)ai"(jU(i  [)()Ui'  rAt'ri(|ue,  le  7  jaiiviei'  1901, 
en  qualité  d'in<^-énieur  en  chef,  cliar<;<'  de  poursuivre 
les  travaux  de  cette  voie  ferrée.  11  a  sous  ses  ordres 
toute  une  phalan^^e  de  chefs  do  sections,  inj^énieurs  et 
conducteurs.  Les  Européens  sont  plus  de  cent  à  la  fin  de 
1905,  quant  aux  travailleurs  noii's  on  en  comptait  mille 
cent  cinquante-sept  au  31   janvier   1903  ('). 


(1)  Des  soins  tout  particuliers,  et  l'on  peut  Hiro  exceptionnels,  furent  pris 
pour  placer  ces  travailleurs  dans  dos  conditions  matérielles  et  inorales  qui, 
en  Europe   même,   n'auraient   pu  être   plus   parfaites. 

"  Les  travailleurs  ne  furent  recrutés  que  proj^Tessivement  et  à  mesure 
que  tout  était  préparé  pour  les  loger  et  les  approvisionner  convenablement. 
Vaccinés  dès  leur  arrivée,  pourvus  de  couvertures  pour  les  préserver  du 
fi'oid  de  la  nuit,  ils  étaient  l'épartis  sur  les  travaux  par  tribus  ou  villages 
et,  leurs  huit  heures  et  demie  de  travail  journalier  terminées,  retrouvaient 
au  camp,  soit  leurs  amis,  soit  leur  femme  arrivée  avec  eux,  nourrie  et 
logée  aux  frais    de   l'administration. 

«  Un  salaire  variable  avec  leur  habileté  professionnelle,  mais  toujours 
suffisant,  une  forte  nourriture  ajoutant  au  riz  coutumier  une  ration  de 
viande  et  de  sel,  dont  ils  sont  fiàands,  des  soins  médicaux,  soit  au  camp 
soit  à  l'hôpital,  en  cas  de  maladie,  les  plaçaient  dans  des  conditions 
d'existence  meilleures  que  dans  leurs    villages. 

n  Aussi  peut-on  dire  que  non  seulement  la  situation  sanitaire  du  personnel 
fut  toujours  satisfaisante,  mais  son  état  d'esprit  même  ne  cessa  un  instant 
d'être   excellent. 

B  Divers  voyageurs  qui  visitèrent  les  chantiers  l'ont  constaté.  Nous  citerons 
à  titre   d'exemple    l'opinion   d'un    philanthrope    américain   bien   connu,   M 
Geil,   qui   écrit  : 

«  J'examinai  soigneusement  les  travailleurs  indigènes  et  les  trouvai  vigou- 
reux, robustes  et  alertes.  Chacun  d'eux  porte  une  médaille  avec  un  numéro, 
ce  qui  permet  de  le  retrouver  aisément.  Ces  sauvages  «  décorés  »  portent 
beaucoup  plus  de  vêtements  que  les  irdigènes  en  général.  En  vérité,  ils 
me  firent  l'impression  d'être  prospères  et  très  contents  de  leur  patron,  de 
leur  emploi  et  de  leur  salaire  «  (Le  chemin  de  fer  du  Congo  supérieur  de 
Stanley  ville  à  Ponthierville), 


—  894  — 

Sous  la  diroclion  d'Adaiii,  le  rail  arrive  à  PonUiierville, 
le  2  août  190G,  la  li<2:ne  ayant  un  développement  de  cent 
vin<^t-scpt  kilomètres.  L'inaug"uration  du  chemin  de  fer  des 
Grands  Lacs  constitue  un  véritable  événement,  c'est  une 
étape  nouvelle  et  considérable  dans  l'ouverture  graduelle 
du  vaste  territoire  congolais  à  la  civilisation  ('). 

Adam  entame  ensuite  les  études  du  deuxième  tronçon 
des  chemins  de  fer  du  Congo  supérieur,  destiné  à  relier 
Kindu  à  Kongolo,  en  amont  des  ra[)ides  des  Portes  d'Enfer. 

Voici  en  quels  termes  s'exprime  le  rapport  du  22  mai 
1907  des  secrétaires  généraux  au  Roi -Souverain,  concernant 
cette  colossale  et  heureuse  entreprise: 

»  La  construction  du  réseau  des  cliomins  de  fer  du  Congo  supé- 
»  rieur  se  poursuit  activement.  Une  première  ligne  de  ce  réseau 
»  est  achevée:  elle  relie  Stanlejville  à  Ponthierville  et  a  un  déve- 
»  loppement  de  cent  vingt-sept  kilomètres.  Cette  voie,  construite 
»  depuis  six  mois  seulement,  est  déjà  ouverte  au  trafic,  bien  qu'elle 
»  ait  à  transporter  le  matériel  pour  la  flottille  de  steamers  à  lancer 

(1)  «  Enormes  sont  les  résultats  économiques  qu'il  faut  attendre  du  chemin 
»  de  fer  des  Grands  Lacs,  et  inépuisables  les  richesses  qu'il  va  permettre 
»  d'atteindre  et  de  mettre  en  valeur. 

n  De  sa  construction  datera  évidemment  une  phase  nouvelle  de  l'histoire 
1»  économique  du  Cong-o. 

r>  Au  point  de  vue  humanitaire  et  moral,  ses  effets  seront  peut-être  plus 
"  salutaires  encore.  Nous  ne  pai'lons  pas  seulement  de  la  civilisation  qu'il 
r>  apportera  aux  populations  dont  il  traversera  le  territoire.  Nous  faisons 
n  allusion  à  un  bienfait  plus  direct,  plus  immédiat.  Le  chemin  de  fer  des 
"  Grands  Lacs  supprimera  dans  le  Haut-Cono^o  la  plaie  du  portage  et  du 
«  pagayage,  comme  le  chemin  de  fer  des  Cataractes  a  supprimé  le  portage  dans 
».  les  Bas-Congo.  (Etoile  Belge,  1906).   « 

Qu'il  nous  soit  permis  de  rappeler  qu'un  des  moyens  les  plus  efficaces  signa- 
lés par  l'art.  1  de  l'acte  général  de  Bruxelles,  pour  combattre  la  traite  dans 
l'intérieur  de  l'Afrique  était  précisément  la  construction  de  routes  et  de  voies 
ferrées  en  vue  de  substituer  des  moyens  économiques  et  accélérés  au  portage 
par  l'homme. 


—  Sli.j   - 

»  ;ï  Poiitliicrvillc  et  pour  la  (IcnxirtiHï  wo'ir.  vu  coiistriiclion  à  partir 
»  (ic  Kiiidii.  La,  mis(^  en  exploitation  ilii  jtrcniici*  (j'oricou  a  mis  fin 
»  nu  paj^iiyajio  outre  Stanley  ville  et  I^ontiiiei'vilh;  et  a  donné  a(;eè.s 
»  au  l)i(>r  (lu  Lualaha,  navig-able  (K;  l'orithierville  à  Kindu,  sur  une 
»  loniiueur  de  trois  eent  quinze  kilomètres,  ('ette  gi-ande  section 
»  du  Ueuve  formant  prolongement  du  rail  a  été  balisée  et  les  travaux 
»  d'appropriation,  qui  ont  été  reconnus  nécessaires  pour  certains  pas- 
»  sages  difiîciles,  sont  en  voie  d'achèvement.  On  lance  sur  ce  bief 
»   une   flottille  do  vapeurs. 

»  La  voie  ferrée  qui  se  construit  de  Kindu  vers  Kongolo,  en 
»  amont  des  «  Portes  d'Enfer»,  aura  trois  cent  vingt  kilomètres  de 
»  développement.  Elle  donnera  accès  au  bief  du  Lualaba  supérieur, 
»  qui,  })ar  quelques  travaux  peu  importants,  sera  rendu  navigable 
»  jusqu'aux  rapides  de  Kalengwe,  à  six  cent  quarante  kilomètres  do 
»   Kongolo. 

»  Cette  longue  section  du  fleuve  a  été  minutieusement  étudiée.  Il 
»  a  été  reconnu  que  depuis  Kongolo  jusqu'au  lac  Kisale,  sur  une 
»  longueur  de  quatre  cents  kilomètres,  le  Lualaba  est  navigable  aux 
»  grands  steamers.  Depuis  le  lac  Kisale  jusqu'aux  rapides  de  Ka- 
«  lengwe,  un  chenal,  accessible  aux  steamers,  sera  facilement  main- 
»  tenu,  grâce  à  quelques  travaux  de  minime  importance.  Dans  le  lac 
»  Kisale  notamment,  il  y  aura  djuelques  estacades  à  établir  pour  em- 
»  pécher  l'obstruction  du  chenal  navigable  par  la  végétation  flottante. 

»  Ainsi  qu'il  a  été  procédé  pour  le  bief  de  Ponthierville,  les 
»  travaux  d'appropriation  de  la  section  supérieure  du  fleuve  seront 
»  exécutés  pendant  la  construction  du  tronçon  de  la  deuxième 
»  voie  ferrée,  de  la  sorte  que  lorsque  le  rail  atteindra  le  point 
»  terminus,  le  Lualaba  supérieur  aura  été  mis  en  état  de  navi- 
»  gabilité    pour  les    steamers. 

»  Le  chemin  de  fer,  se  joignant  ainsi  aux  sections  navigables 
x>  du  Lualaba-Congo,  constitue  une  importante  voie  de  pénétration 
»  de  trois  mille  quatre  cents  kilomètres,  reliant  Matadi  au  Katanga, 
»  région  aujourd'hui  d'un  accès  difficile  par  le  fleuve.  Elle  est  appelée 
»  à  traverser  des  contrées  riches  et  populeuses,  notamment  celles 
»  du  Manicma,  où  abondent    les  produits  du   sol   et    de   la   forêt  », 


—  890   - 

Adam  ronlre  en  congé  on  Europe,  en  juillet  1907,  ayant 
accoin[)li  ainsi  un  nouveau  séjour  de  plus  de  trois  ans. 

11  repart  pour  le  (]ongo  dès  le  10  janvier  1908  et  est 
actuellement  installé  au  centre  des  travaux  du  deuxième 
tronçon. 

Adam  est  chevalier  des  Ordres  de  Léopold,  de  l'Etoile 
africaine,  du  Lion  et  de  la  Couronne  et  décoré  de  l'Etoile 
de  service  à  quatre  raies. 

RÉFÉRENCES  BIBLIOGRAPHIQUES: 

—  Vers  la  suppression  du  portar/e.  Le  chemin  de  fer  du  Congo  supérieur 
de  Stanleyville  à  Ponthierville.  Bruxelles,  Imprimerie  des  travaux 
publics;  brochure  éditée  par  la  Fédération  pour  la  défense  des  Inté- 
rêts belges  à  l'étranger. 


NA/ILLEMSENS,  François,  eugène, 

né  à  Duffel,  le  1   février  1800. 

Part  comme  sous-commissaire  de  district,  le  18  novem- 
bre 1890  et  rentre  à  Anvers,  le  15  novembre  1893. 

Il  retourne  au  Congo,  le  0  mai  1894,  comme  conducteur 
de  travaux  publics  et  y  prolonge  son  séjour  jusqu'au 
5  mai  1893. 

Il  est  actuellement  arcbitecte-constructeur  à  Duffel. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service  à  deux  raies. 


RENSON,    GUSTAVE. 

Part  pour  le  Congo,  le  18  novembre  1890. 
(La  notice  paraîtra  au  chapitre:  Expéditions  an  fi  esclava- 
gistes). 


—  807  — 


CONRARDY,  victor. 

Pni'l,   pour  le  Couiio   le   IS    iiovcmhn^  181)0. 
(La   n()li('(»  pai'ailra   au  cliapitrc:   h'.rjH't/i/ioi/s  a nl/icsclava- 
(jis/cs). 


SIMON,    VICTOR.  JOSEPH. 

né  à  Bouillon,  le  20  mars   1805. 

Etant  sous-lieutenant  au  11*'  réi,nment  de  ligne,  il  part 
pour  le  Congo,  le  5  décembre  1890,  comme  sous-lieutenant 
de  la  F.    P. 

Séjourne,  en  1891,  à  Lukungu,  puis  est  désigné  la  même 
année  pour  commander  la  station  de  Manyanga.  En  1893, 
il  est  désigné  pour  commander  la  zone  du  Ma,yumbe  (Lemba) 
Lieutenant  puis  capitaine  de  la  F.  P.  Rentre  en  Europe, 
le  20  décembre   1893. 

Retourne  en  Afrique,  le  0  août  1894,  en  qualité  de 
capitaine-commandant  de  deuxième  classe.  Adjoint  au  district 
des  Bangala,   comme  commandant  de  la  F.  P. 

Blessé  dans  une  rencontre  sur  la  Mongala,  en  mars  189G, 
il  revient  en  Belgique,  le  19  avril  de  la  même  année. 

Capitaine-commandant  pensionné,  actuellement  colonel 
dans  la  Gendarmerie  Impériale  ottomane  à  Pendik,  par 
Constantinople. 

Décoré  de  l'Etoile  de  service,  commandeur  de  l'Osmanié, 
décoré  de  la  Médaille  du  Liakat. 


—  808'— 

DE  LA  KÉTHULLE  de  RYHOVE, 

CHARLES.   EMMANUEL.    EUGÈNE,    MARIE,  GHISLAIN. 

LieuU3nant  au  re^inienl,  d(!S  (:aral)ini('rs. 

Part  pour  le  Gon^o,  le  18  décombro  181)0,  en  qualité 
de  lieutenant  de  la  F.  P. 

(La  notice  biographique,  avec  portrait,  est  publiée  à  la 
page  400). 


Table  des  matières 


Préface 

Avis   au   hv'tciir 


Chapitre  I.   -  Hauts  fonctionnaires. 

Agent  supérieur  de  V  Associatloyt  In  1er  nationale   Africaine: 
Ilanssens,  Edmond         ........         5 

Gouverneurs  généraux  de  V Etat  Indépendant  du  Congo  : 
Janssen,  Camille    .         .21         Waliis,  Tiiéophile  .  .         27 


Vice-gouverneurs  généraux  : 


Coquilhat,  Camille  .  .         34 

Costermans,  Paul   .  .         50 

Dhanis,  Francis  (baron)  .         53 
Fuchs,  Félix  .         .  .159 

Gondrv,  Henri         .  .        103 


Ledeganck,  Herman 
Lantonnois,  Albert. 
Vangele,  Alphonse 
Wangermée,  Emile 


104 
106 
167 
183 


Inspecteurs  d'Etat  : 


Baert,  Ernest 

.        188 

Cambier,  Ernest     . 

.        192 

Chaltin,  Louis 

.       203 

Fivé,  Gustave 

.       213 

Ghislain,  Louis 

.       251 

Gérard,  Auguste 

.       253 

Gomins,  Joseph 

292 

Henri,  Eugène 

.       2)3 

Hanolet,  Léon 

.       205 

Le  Marinel,  Paul    . 

Le  Marinel,  Georges 

Mahieu,  Adolphe     . 

Milz,  Jules     . 

Paternoster,  Louis . 

Van  Kerckhoven,  Guillaume  305 

Van  der  Grinten,  Ernest.       315 

Warnant,  Erasme   .  .       316 


270 
289 
294 
298 
304 


—    000 


Co7ï)}72ismircs  du   JÙJ/'-Souverah/ 


Cabra,  Alphonse     . 
Bartels,  Eugène 


.       :U7         Michel,   Victor 
322 


324 


Haut    Commissaire  royal 


Malfeyt,  Justin 


326 


Commissaires  généraux  : 


Le  Clément  de  Saint-Marcq 

Philippe  (chev.) 
Jacques,  Alphonse 
Lothaire,  Hubert 
Leroi,  Gustave  . 
de  la  KéthuUe  de  Kyhove, 

Charles. 
BoUe,  Arthur    . 
Van  Dorpe,  Jules 
Foulon,  Félix    . 
Verstraeten,  Antoine. 
Henry,  Jean  B. 


Lahaye,  Jules    . 

4/IC 

335 

Lemaire,  Mathieu 

451 

338 

De  Rache,  Gabriel 

452 

3(J9 

Wtterwulghe,  Georges 

453 

394 

De  Bauw,  Guillaume  . 

455 

Mardulier,   Henri 

401 

400 

Pirapurniaux,  Alexandre 

463 

407 

De  Meulemeester,  Adolphe. 

465 

409 

Bruneel,  Alphonse 

406 

411 

Deuster,  Ferdinand     . 

468 

413 

Vanwert,  Jules. 

469 

410 

Tombeur,  Charles 

471 

Hauts  fonctionnaires  du  département  de  V intérieur 


Van  den  Plas,  Camille 
François,  Eugène 


472         Van  den  Plas,  Joseph.  .  475 

474         Rezette,  Jean     .  .  .  475 


Commandants  de  la  Force  Publique  : 


Roget,  Léon 
Avaert,  Henri    . 
Van  de  Putte,  Léon 
Fourdin,  Léopold 


476 

Dielman,  Georges 

.  486 

483 

Van  Dorpe,  Jules 

.  486 

485 

Warnant,  Erasme 

.  486 

485 

Paternoster,  Louis 

.  486 

—   001    — 

S('crr/((/rrs  //(hnhritfx  dir   0()uvrr)icmn)t  local 
cl  sccrclcu'7'cs  (les  (jOHVcrticurs  : 


\-A\\  (le  Veldo,  Frcdôr 
Destrain,  Kdounrd 
Ijoiuhard,  Kaymond 
Loroi,  Gustave  . 
Ghislaiii,  Louis  . 


\r         .     IS? 

Van  hanimc,  Maurice. 

.   403 

.   '189 

I>i'and(!l,  Henri  . 

.   493 

.    19l> 

I)an(;(),  Pierre    . 

.   494 

.  492 

Bori'emans,  O.sear 

.   495 

.  492 

If((f(ls  fo7icl/ojn?aircs  du  départeinenl  des  finances 


Destrain,  Edouard 
De  Keyser,  Emile 
Belle,  Arthur    . 
Kossignon,  Edouard 
Masson,  Jean,  B. 
Van  Caulaert,  Benoit 
Prinz,  François. 
BoUe,  Emile 
Dubois,  Jules 


.  496 

Dossily,  Florent 

.  501 

•  49G 

Boland,  Edouard 

.  501 

.  498 

Tyteca,  Gaston . 

.  501 

.  499 

Delhaye,  Hector 

.  502 

.  499 

Hanicq,  Hubert . 

.  503 

.  499 

Vervloet,  Constant 

.  504 

.  500 

Guichard,  Amand 

.  505 

.  500 

Leboutte,  Arthur 

.  505 

.  500 

Drapier,  Nestor. 

.  505 

Chapitre  II.  —  Expéditions  de  l'Association  Internationale  africaine 
par  la  côte  orientale  d'Afrique. 


I.  —  Expédition  Crespel-Cambier  (1877-1881). 

Crespel,  Louis  . 

Cambier,  Ernest 

Maes,  Arnold     . 

Wautier,  Jean  B. 

Dutrieux,  Pierre,  D^ 
IL  —  Expédition  Popelin  (1879-1881). 

Popelin,  Emile  . 

Van  den  Heuvel,  Théodore,  \y 

Dutalis,  Oswald. 

Roger,  Oscar 

Burdo,  Adolphe. 


506 
559 
509 
510 

512 

515 
520 
521 
521 

521 


002 


III. 


IV.  — 


V.  — 


Expédition  Ramaeckers  (1880-1882). 

Ramaeckers,  Jules     .... 

.  528 

Becker,  Jérôme.          .          '          .          . 

.  5:{0 

De  Leu,   Albert.          .... 

.  5132 

De  Meuse,  RoUert       .... 

.  .553 

Expédition  Storms  (1882-1885). 

Storms,  Emile  ..... 

.  531 

Constant,  Camille       .          .          .         , 

.  541 

Beine,  Jean       ..... 

.  511 

Malnin,  Emile   ...... 

.  512 

Expédition  Becker-Durutte  (1881). 

Beeker,  Jérôme  ..... 

.  543 

Durutte,  Adolphe  (écuyer)  ... 

.  543 

Dhanis,  Francis  (baron) 

.  544 

Dubois,  Jules     ..... 

.  545 

Chapitre  III.  —  Les  premiers  pionniers  belges  au  Congo. 


I.  —  La  période  de  Stanley  (1879-juillet  i885). 
N.  B.  Classement  par  ordre  chronologique  des  départs. 


Delcommune,  Alexandre 
De  Mjttenaere,  Michel 
Loesewitz,  François  . 
Van  Schendel,  Théodore 
Gillis,  Adolphe  . 
Nève,  Paul 
Braconnier,  Charles    . 
Harou,  Victor    . 
Van  den  Bogaert,  Pierre 
Van  Heste,  Pierre 
Valcke,  Louis    . 
Janssen,  Eugène 
Orban,  Frédéric. 
Callewaert,  Charles    . 
Destrain,  Edouard. 
Amelot,  Louis    . 


.  551 

Van  de  Velde,  Liévin 

.  599 

.  570 

Gillis,  Hector     . 

.  007 

.  570 

Van  de  Velde,  Joseph. 

.   008 

.  571 

Hanssens,  Edmond 

.   009 

.  572 

Nilis,  Théodore. 

.  010 

.  573 

Grang,  Nicolas  . 

.  011 

.  570 

Vangele,  Alphonse 

.  012 

.   579 

Parfonrj,  Emile 

.  013 

.  581 

Brunfaut,  Emile 

.  013 

.  582 

Coquilhat,  Camille 

.   010 

.  583 

Avaert,  Henri    . 

.  OD) 

.  587 

Haneuse,  Louis  . 

.  017 

.  594 

Allart,  Jean  B.  D'' 

.  020 

.  595 

Légat,  Amédée  . 

.  624 

.  590 

Roger,  Oscar     . 

.  020 

.   590 

Van  den  Heuvel,  Théoc 

lore  D«'  026 

—  \)0:]  — 


Ilodistor,  Artlmr 

.  iV^l 

De  Frère,  Victor 

.    (u\{ 

Palmnrts,  Jose{)li 

.    (VM 

\i\n  KorcUlioven,  (luilhu 

nie   (V.'u) 

Liebi'eclits,  Charles    . 

.    iVM) 

Waeterinckx,  Henry  . 

.    (Ml 

Marie,  Hector    . 

.    1)45 

Monet,  Eug-ène  . 

.  (M.-) 

Destrain,  Germain 

.  (»17 

Hnsson,  Jean 

.  ()17 

Courtois,  Ernest 

.  651 

Casman,  Camille 

.  (mI 

CranshofF,  Hubert 

.  655 

Jadin,  Auguste  . 

.  656 

Naets,  Louis 

.  656 

Delcommune,  Camille 

.  657 

^'yn(•k(ï,  AuKM-'t  Iv.  V 
Weber,  Artlnii'. 
iManduau,  ImIouuivI 
Van  (icn  Plas,  ('amille 
Delatte,  hldouard 
Steleman,  Georges 
Nilis,  Jean  Dr   . 
Stévart.  Léon     . 
Zboinski,  Claude 
Le  Marinel,  (Toorges 
Hinek,  Edouard. 
Eycken,  Charles 
Petit  Bois,  Gustave 
Baert,  Ernest     . 
Licnart,  Charles 


f)58 
659 
660 
660 
660 
661 
662 
663 
661 
()66 
6r)6 
667 
668 
671 
672 


//.  —  Uo7^ganlsation  adynhiistrative  et  V occupation  territoriale 
(16  juillet  1885  à  fin  1890). 

N.  B.  Classement  par  ordre  chronologi({ue  des  départs. 


De  Meuse,  Fernand     .          .  693 

de  Stein  d'Altenstein (baron)  696 

Hens,  Frans       .         .          .  697 
Le  Clément  de  Saint-Marcq, 

Philippe  (chev.)      .          .  699 

Daenen,  Admar  .          .          .  699 

Gustin,  Oscar     .          .          .  699 

Keytter,  Eugène  D""   .          .  700 
Baert,  Alfred     .          .          .701 

Lega,  Germain  .          .          .  702 

Lejeune,  Charles         .          .  702 
Van  der  Straeten,  Cam.R.P.  703 

Lippens,  Joseph.          .          .  703 

Vleminckx,  Frédéric  .          .  704 

Warlomont,  Charles  .          .  704 

Paternotte,  Jean  D""  .          .  705 


Francqui,  Lucien 

.  677 

de  Macar,  Adolphe 

.  677 

Le  Marinel,  Paul 

.  683 

De  la  Rue,  Pierre 

.  683 

Jungers,  François 

.  684 

de  Cuvelier,  Adolphe  (chev 

)  685 

Janssen,  Camille 

.  688 

De  Keyser,  Emile 

.  688 

Massart,  Charles 

.   689 

Priem,  Gérôme  . 

.   688 

Bauwens,  Gustave 

.  690 

Rom,  Auguste  . 

.  691 

Dhanis,  Francis  (baron) 

.  691 

Cloetens,  Léon  . 

.  691 

Roget,  Léon 

.  692 

Linden,  Auguste 

.   692 

Baerts,  Arthur  . 
Ponthier,  Pierre 
Bia,  Lucien 
Bujens,  Eugène 
Van  Montfort,  G.  H. 
Jacquet,  A.  G.  J. 
Herincx,  Jean    . 
Goetgeluck,  Léon 
Watrin,  Oscar  . 
Bisschops,  Georges 
Van  de  Velde,  Frédéi 
Roraberg,  Edmond 
Tobback,  Nicolas 
Hernotte,  E.  J. 
Baudouin,  Léonard 
de  Lalaing,  Antoine  (comte) 
de  Lalaing,  Philippe  (comte) 
Jacques,  Alphonse 
BoUe,  Arthur    . 
Cambier,  Ernest 
Thys,  Albert      . 
Charmanne,  Hector 
Vauthier,  Gustave 
Liebrecht,  Déodat 
Dupont,  Antoine 
Larabotte,  Alfred 
Gilmont,  Adolphe 
Hoton,  Georges. 
Fabry,  Eugène  . 
Duraont,  Alexandre 
Amerlinck,  Jules  D"* 
Dupont,  Edouard 
Bélanger,  Arsène  D'' 
Braconnier,  Léon 
Bodson,  Omer  . 
De  Bock,  François 
Rossignon,  Edouard 
Fuchs,  Félix 




904  — 

.  706 

Ledeganck,  Ilerman   . 

773 

.  707 

Nenquin,  Alfred 

77:^> 

.  707 

Carton,  Jules     . 

770 

.   707 

Weyns,  Auguste 

779 

J. 

.  707 

Etienne,  Elle  Di" 

781 

708 

de  Ncgri,  Albert  (baron)     . 

781 

70S 

Sterpin,  Abel     . 

784 

700 

Fiévcz,  Victor    . 

785 

709 

Lenger,  Aubry  . 

788 

710 

Amerlinck,  Joseph 

789 

'ic 

710 

Charmanne,  Xavier    . 

789 

710 

Tack,  Théophile 

790 

711 

Dejosez,  Louis   . 

791 

711 

Cocheteux,  Albert 

791 

711 

Van  Dorpe,  Jules 

792 

3omte^ 

712 

Duvivier,  Joseph 

792 

omtc) 

713 

Debergh,  Henri. 

792 

7ir, 

Deghilagc,  Ferdinand. 

792 

7]() 

Van  den  Kerckhove,  Fran- 

710 

çois       .          .          .          . 

793 

717 

Bourguignon,  Alexandre,  D^ 

794 

717 

Rezette,  Jean    . 

796 

755 

Hanolet,  Léon  . 

797 

.  757 

Prégaldien,  P.  . 

797 

759 

Masson,  Jean  B. 

797 

.  700 

Sterckmans,  Charles  . 

797 

7()0 

De  Valkeneer,  Clément 

798 

701 

Milz,  Jules 

799 

7()1 

Monseu,  André . 

799 

702 

VanCaulaert,  Benoit. 

799 

.  702 

Herrebaut,  Edouard,  R    P. 

799 

764 

De  Backer,  Albert,  R.  P.   . 

800 

770 

Cambier,  Eméri,  R.  P. 

800 

770 

Gueluj,  Albert,  R.  P. 

800 

772 

Huberlant,  Ferdinand,  Mgr. 

800 

772 

Dupont,  Henri,  D'" 

801 

772 

Colin,  Nicolas    . 

801 

772 

Becker,  Jérôme. 

801 

—  oor,  — 


Ooriii,  rMorcMii  . 

.   802 

Lothnii'o,  lluhoi't 

.   S03 

De  Saeglior,  Marccllin         .  803 

Saual,  Kdouard. 

.   805 

Mo  ri  :i  nié,  J. 

.  8on 

Van  don  Bogaordo,  Ju 

los      .   800 

Vnn  don  Horro,  Adol] 

)he      .   807 

l>aokolnuins,  Simon 

.   801) 

Gondry,  Henri  . 

.   811 

Loclitmans,  Albert 

.   811 

Donnay,  Joseph 

.  812 

(lillain,  Cyriaque 

.   812 

Busine,  L.  F.  D.  J.    . 

.  812 

Fischer,  Edouard 

.  812 

De  Rechter,  Edouard 

.  813 

Meunier,  Fernand 

.  813 

Titeux,  Emile    . 

.  813 

Lenaerts,  Pierre 

.  814 

Grard,  Louis,  D'" 

.  814 

Meuleman,  Eugène 

.  815 

Prinz,  François. 

.  816 

Van  Cauwenberglie,  P 

Lug.    .  816 

Puttevils,  Eugène 

.  ^     .  810 

Villers,  Sylvain. 

.  817 

Verschelde,  Aloïs 

.  817 

Du  Thoy,  Alfred 

.  817 

Harou,  Prosper. 

.  818 

Trentels,  Henri  . 

.  818 

Guffens,  Jean     . 

.  819 

Descamps,  Georges 

.  819 

Verbrugghe,  Gustave 

.  819 

Beckers,  Ernest 

.  820 

Détail,  Alfred    . 

.  820 

Liebrechts,  Louis 

.  820 

Pilette,  Alfred  . 

.  821 

Wilverth,  Etienne 

.   822 

Van  Ronslé,  Camille, 

Mgr  .  823 

De  Roubaix,   Adolphe 

.  824 

Haih'l,,  Adrien   .          .  .   827 

(iirard,  Charles.          .  .  829 

Ilofîhstras,  Léon          .  .   829 

Jadot,   iMiiik)     .          .  .   830 

M  al  m  te,  lùlouard        .  .   8^i0 

Van  der  Straeten,  Emile  .  H'M) 

Simon,  Jean  B.            .  .   831 

Rynwalt,  Pierre          .  .831 

De  Bruync,  Auguste  .  .  831 

Sauvonior,  Ferdinand  .   8Ij3 

Schaak,  Jean     .          ,  .   833 

BoUens,   François       .  .   833 

Côte,  Zoé.          .        ' .  .  834 

Cammaert,  Edouard   .  .  835 

Petit,   André      .          .  .  836 

Lemaire,  Charles        .  .  836 

Goffin,  Louis      .         .  .  837 

Paulissen,  Ernest       .  .841 

Michaux   Oscar.          .  .   843 

Bureau,  Emile  .         .  .  843 
Van  der  Linden,  Séraphin   .  844 

Houben,  Jean    .         .  .  844 

Vereijcken,  Jules        .  .  845 

Verschelden,  Jean  B..  .  846 

Doorme,  Aristide        .  .  847 

Vial,  Pierre       .          .  .  847 

Freitag,  Ernest.         .  .   848 

Trodoux,  Léopold       .  .  849 

Gillard,  Hubert.          .  .  849 

Haas,  Charles     .         .  .  849 

Verdick,  Edgard         .  .  850 

Volont,  Jules     .         .  .  850 

Lacourt,  Victorien      ,  .  851 

Desmet,  Aloïse  D"^      .  .  853 

Noblesse,  Alfred         .  .  853 

Stache,  Ernest  .          .  .853 

Dusart,  Charles           .  .  855 

Brasseur^  Clément      .  .  858 


—  00()  — 


Dcjaiffe,  Auguste 
Van  de  Puttc,  Léon 
Dohet,  Alphonse 
Blocteur,  Eugène 
De  riaspe,  Louis 
Van  Maele,  Georges 
Rollin,  Edouard 
Tschoffen,  Maurice 
Le  Boulengé,  Paul 
De  Wilde,  Jules,  R 


858 

858 
859 
859 
8()0 
8()0 
800 
801 
802 
803 


de  Roest  d'Alkeraade,  Marcel 

(baron)           .          .  .   803 

Briart,  Paul  D''           .  .  8'33 

Glaesener,  Jean  B.     .  .  804 

van  de  Kerchove,  Paul  .  805 

Sandrart,  V.  C.  J.     .  .805 

Didcrrich,  Norbert     .  .   805 

Capelle,  frère  Etienne  .   805 

Peleman,  frère  Armand  .  800 

Ectors,  Camille.          .  .  800 

Delporte,  Augustin    .  .  806 

Gillis,  Lucien    .         .  .  870 

Limmelyn,  Alexandre  .   871 

Van  Mons,  Armand    .  .871 

Cassart,  Florent         .  .  873 

Rousseaux,  Victor      .  .  873 

Lekeu,  Joseph  .         .  .  873 

Binet,  E 874 

Scheerlinck,  Jean        .  .  874 
Van  Cauwenberghe,  Guill.  .  875 

Wauters,  Edmond      .  .875 

Dugniolle,  Jules          .  .  875 


Van  Damme,  Maurice  .  876 

Pays,  Henri      .         .  .870 

de  Heusch,  Odilon       .  .  S76 

Bolle,  Emile      .         .  .877 

Dubois,  Jules    .          .  .  877 

Foulon,  Félix     .          .  .877 

Magery.  Jules,  ir      .  .  878 

Van  Risseghem,  Charles  .  878 

Bastin,  Alexis   .         .  .  879 

Bastin,  Paul       .          .  .  879 

Tamine,  Henri  .          .  .  880 

Michiels,  Isidore         .  .  880 

Van  Bellinghen,  Paul  .  883 

Verhellen,  Nicolas      .  .  883 

Drjepondt,  Gustave,   D^  .  884 

Costermans,  Paul        .  .  880 

Crouquet,  Célestin      .  .  887 

Antoine,  Joseph          .  .   887 

Heymans,  Florent      .  .  887 

Rousseaux,  Léon        .  .  888 

Rorcourt,  Auguste      .  .  888 

Julien,  Léon      .         .  .  890 

Bucquoi,  F.        .         -.  .   890 

Salpétier,  Paul  .          .  .  890 

Adam,  Auguste  .         .  .  891 

Willemsens,  François  .  896 

Renson,  Gustave        .  .  890 

Conrardy,  Victor        .  .  897 

Simon,  Victor    .          .  .  897 
de  la  Kéthulle  de  Ryhove, 

Charles          .         .  .898 


Liste  alphabétique 

des  voyageurs   et  résidents  belj^es  au   Conjço 

mentionnés  dans  ce  tome  I 


A^J).  Les  chl/J)'cs  indiques  en  efcraetères  (p'as  renseignent 
les  pages  où  l'igai'e  la  notice  hiograpJtique. 


A. 


Adam,  Auguste,  752,  834.  839, 

891  à  896  (portrait  p.  891). 

Adam,  Jules,  438. 

Allait,  Jean  B.,  D^.  004   620  à  623, 

646,  m^  (poi'trait  p.  620). 

Amelot,  Louis,  11,  13,  35,  171, 

596  à  598,  653. 

Amerlinck,  Joseph,  789. 

Amerlinck,  Jules,  D^,  564,  567, 

762  à  763. 
Andi'iaiine,  139,  396,  397,  423. 

Antoine,  Joseph,  887. 

Ardevel,  148. 

Arnold,  Rodolphe,  260. 

Augustin,  Guillaume,  124  à  129,  375, 

385. 

Avaert,  Henri,  35,  473,  478, 

483  à  484,  616,  785. 


B. 


Badart,  J.,  392. 

Baekelmans,  Simon,  809  à  811. 

Baert,  Alfred,  174,  701  à  702- 


Baert,  Ernest,  24,  47,  188  à  191,  286, 

669,  670,  702,  844, 

(portrait  p.  188). 

Baerts,  Arthur,  706  (portrait  p.  706). 


Balat,  Georijes, 
Baras,   Edouard, 
Bartels,  Eugène, 


403. 

424,  426. 

322  à  323,  457, 

(portrait  p.  322). 

Bastien,  Julien,  422. 

Bastin,  Alexis,  879. 

Bastin,  Paul,       752,  753,  840,  879. 

Baudouin,  Léonard,  711. 

Bauwens,  Gustave,  690. 

Becker,  Jérôme,     24,  520,  527  à  529, 

530  à  532,  534,  535,  539, 

543  à  545,  598,    786,   801, 

(portrait  p.  530). 

Beckers,  Ernest,  658,  820. 

Beine,  Jean,  534,  541. 

Bélanger,  Arsène,  D^  770. 

Bernard,  149. 

Bert,  Amand  (abbé),  736. 

Bertrand,  Alexis,  276,  436,  437, 

441  à  444. 

Bia,  Lucien,     55,  308,  559,  564,  567, 

624,  707,  730,  762. 


—  008 


Bionaimé,  274. 

Binard,  367. 

Binet,  E.  H.  J.,  874. 

Bisschops,  Georges,  710. 

Blindenbergh,  030,  031. 

Blocteui",  Eugène,  309,  859. 

l^odai-t,  Henri.  3()2,  364. 

Budson,  Oinor,  174,  501,  018,  701,772. 
Boland,  Edouard,  501. 

Bolle,  Arthur,  407  à  408,  4!)8,  71(), 
(porti'ait  p.  407). 
l^olle,  Emile,  500,  877. 

BoUen,  Jean,  384,  385. 

Bollens,   François,  833. 

Bonvalet,  Gaston,  221,  440. 

BoiTeinans,  Oscar,  459. 

(poiti'ait  p.  495). 
Bossut,  385. 

Bourgaux,  Edouard,  330. 

Bourguignon,  Alexandre,  0%      751, 

794  à  796  (portrait  p.  794). 
Braconnier,  Chai'les.  37,  575, 

576  à  578,  579,  583,  584, 
595,  012,  807, 
(portrait  p.  570). 
Braconnier,  Léon,  770  à  771. 

Braeckman,  Charles,  430. 

Brandel,  Henri,  493. 

Brasseur,  Clément,  287,  858. 

Brecx,  382. 

Breugelmans,  F.  A.  126. 

Breyssen,  449. 

Briart,  Paul,   D^,  559,  561,  863. 

Bricourt,  139,  395. 

Bruneel,  Albéric,  466  à  467. 

Brunfaut,  Emile,     35,  37,  590,  595, 

613  à  616,  030,  037,  038. 
Bruyr,  Alfred.  447. 

Bucquoi,  F.,  309,  890. 

BuUinck,  329. 

Burdo,  Adolphe,  515,  518,  521, 

523  à  526,  528. 
Bureau,  Emile,  843. 

Buret,  208. 

Busine.  L.  J.  D.  J,,      175,  290,  812. 


Buyens,  Euj.'ène, 
Buzon,  E.  M.  R.  J.  F. 

G. 


707. 

310,  311. 


Cabra,  Alphonse,      317  à  321,  874. 

Cajot,  J.  J.,  229,  232,  235,  230. 

Callewaert,    Charles,        35,  37,  578, 

595  à  596,  010,  014. 

Cambier,  Eméri,  R.  P.,  800. 

Cambier,  Ernest,  22,  23,  192  à  202, 

508,  510  à  512,  515,  517,  518, 

524.  425,  528,  534,  552,  005, 

713,  710,  724,  727,  747  à  750, 

745, 758, 809,  (portrait  p.  192). 

Cammaert,  Edouard,        835  à  836. 

Capelle,  frère  Etienne,  805. 

Carré,  Louis,  D^  794,  804. 

Carton,  .Iules,     24,  775,  776  à  778, 

(portrait  p.  778). 

Cassieman,  389,  420. 

Casman,  Camille,  18,  039,  654  à  655. 

Cassart,  Florent,  97  à  107,  353,  381, 

559,  501,  503  à  565,  873, 

(portrait  p.  82). 

Cerckel.  Edgard,  81,  95,102,  104,  180. 

Cerckel,  Paul,  839. 

Ceulemans,  392. 

Chaltin,  Loui.s,  57,  73,  105,  112. 

203  à  242,  247,  303,  437,  447, 

787,  848  (portrait  p.  203). 

Chargois,  Jules,  145,  359,  378. 

Charmanne,   Hector,     199,  724,  837, 

747  à  755,  756,  789,  806,  747. 

(portrait  p.  747). 

Charmanne,  Xavier,  789. 

Chaumont,  Pieri'e,  630. 

Christiaens,  Ernest,      271,  440,  447. 

Cito,  Nicolas,  730,  840. 

Claes,  Tobie,  733,  839. 

Cloetens,  Léon,        691  à  692,    094. 

Closset,  E.  J.  S.,    138  à  139,  395,  396. 

Cocheteux,  Albert,  791. 

Codrons,  382. 


-  -  00'.) 


Coliîïnon,    (\unill.\      IIM  à  i:i2,  280, 

Ml],  TiTy. 

Colin,  VM'k 

Colin,  Nicolas,  801. 

Collet,  G.  [».,    107  à  l.}:}.  l:{r>,  2ri. 

375,  :\:C).  ;}s(),  88U,  120,  121. 

Colrnant,  Florent,  271. 

Conr'ai'dy,  N'ictor,  S*.>7. 

Constant,  Caïuillo,        T)!)!,  r);>r),  541. 

Coppôe,  ^O."). 

Coppojans,  Coi-neillo,  271. 

Coquilhat,  rainilit»,  U,   10,   17, 

34  à  49,  182,  isr),  522.  51."), 
549,  577,  55)1,  592,  595,  598, 
OK),  052,  810,  (portrait  p.  34). 

Cornet,  Jules,  503,  504,  .507,  733,  781. 

Costermans,  Paul,  50  à  52,  323,  333, 
471,  730,  880,  (portrait  p.  50). 

Côté,  Zoé,  730,  751,  834.  839. 

Courtois,  Ernest,  11,  13,  17,  171,598, 

651  à  654. 

Crahay,  423 

Cranshoff,  Hubert,  655. 

Craybex,  H.  N.  H.  M..  330. 

Crespel,  Louis,  192,  506  à  508,  509. 

Crouquet,  Célestin,  887. 


Daelman,  Félix,  738. 

Daenen,  Admar,  113,  213,  245  à  247, 
309,  310,  417,  099. 
Danco,  Pierre,  494. 

De  Backer,  H.,  22  à  225,  229,  232,  233. 
De  Backer,  Albert,  R.  P.,  800. 

De  Backer,  Fernand,  839. 

De  Bauw,  Guillaume,      455  à  460, 
(portrait  p.  455). 
De  Bauw,  L.  J.  H,  299,  480. 

De  Bergh,    Henri,     145  à  140,    180, 
785,  792,  (portrait  p.  154). 
De  Bock,  Achille,      208  à  211,  213. 
De  Bock,  François,  772. 

de  Brabant,  Firmin,  254,  255. 


I)(!  l'.ruyric,  Au^'U.sto,  «5,  87.  89,95, 
112,    283,  3.35,  8.32, 
(poi'trait  p   91). 
1)0  C.-uninck,  V.   F.  A.  C,  143. 

Do  Clercri,  329,  .3.32. 

Do  Corto,   F..  113,  3S0,  387. 

de  Croy,   II.  F.  C.  L.  M    piinc.e,  285. 
do  Cuvidici',   Adolphe,  cliovalier, 

685  à  688,   ip(jrtrait  p.  (><)). 

Do  Dekon,  Constant,   K.   P.,         872. 

Dedonso,   F.  1  15. 

De  Frci-o,  Victor,  634. 

Do-rhilage,   Ferdinand,     792  à  793. 

De  Graeve,  H.   P.  Cli.,  230. 

Do  Grez,  Raymond,  436. 

De  Harinck,  L.  C,  145. 

De  Haspe,  Louis,  860. 

de  Heusch,  Odilon,    81,  88,  120  à  122, 

371,  870,  (portrait  p.  82). 

Dejaiffe,  Auguste,         299,  300,  858. 

Dejosez,  Louis,  791. 

De  Keyser,  Emile,       495,  049,  059, 

088,  (portrait  p.  495). 

De  Keyser,  Henry,  470. 

de  la  Kéthulle  de  Ryhove,    Charles, 

253,  200,  267,  270,  292,  310, 

311,  400  à  406,  011,  898, 

(portrait  p.  400). 

de  Lalaing,  Antoine,  (comte),     712. 

de  Lalaing,  Philippe,  (comte),    712, 

713  à  715,  (portrait  p.  713). 

De  Langhe,  Florimond,  230. 

De  Large,  L.  J    B.,  274. 

De  la  Rue,  Pierre,  683. 

Lelatte,  E  louard,  660  à  661. 

De  Lava,  Lambert,  389,  420. 

De  Laveleye,  Georges,  731. 

Delbruyère,  L.,  230. 

Delcommune,  Alexandre,       35,  134, 

283.  352,  354,  355,  531, 

551    à  570,   572,  573,  618, 

624,  628,  657,  682,  693,  710, 

724,  730,  740, 

(portraits  pp.  551  et  564). 


—  010 


Delcommune,  Camille,     657  à  658, 
01)  1,  731,  820,  S^â, 
(portait  p.  057). 
Delcommune,  Kmilo,  731, 

Delccoui't,  138,  140,  423. 

Do  Leu,  Albert,    520,  527,  528,  530, 

532  à  533. 

Delhaise,  Charles,  141). 

Delhaye,  Hector,  502. 

(portrait  p.  502). 

Delporte,  Augustin,  866  à  867,  870, 

(portrait  p.  860). 

do  Macar,  Adolphe,  279,  280, 

677  à  683,  771, 

(portrait  p.  077). 

Do  Meulomeester,  Adolphe,  333,  392, 

465  à  466,  (portrait  p.  405). 

De  Meulemeester,  271. 

De  Meuse,    Fernand,    553,  557,  092. 

693  à  696,  (portrait  p.   093). 

De  Meuse.  Robert,  527,  528,  530,  533. 

Demol,  Henri,  358. 

de  Moreau,  Edmond,  (chevalier),  239. 

De  Myttenaere,  Michel,  570. 

de  Negri,  Albert,  (baron),     784,  785. 

De  Rache,  Gabriel,  452. 

Derclaye,  Alexandre,    141,  270,  424, 

429,  438,  435,  430,  848. 

De  Rechter,  Edouard,    175,  170,  290, 

291,  813. 
de  Rennette  de  Villers   Perwin, 
Ferdinand,  (baron),  254,  255,  276, 
441  à  443. 
de  Roest  d'Alkemade,  Marcel, 

(baron),  559,  560,  803. 

De  Roubaix,  Adolphe,  723,  724,  729, 

824  à  827  (portrait  p.  824). 

Derscheid,  Eu<,^ène,  504,  507. 

De  Saegher,  Marcellin,  385, 803  à  805 

(portrait  p.  803). 

De  Sa^ers,  J.  P.  E.,  389. 

Descamps,  Georges,  75, 133,  281  à  283, 

285,  259,  300,  378,  819,  832,  873. 

deSchrynmakers,Gaston(écuyer),292. 

De  Smedt,  Jean  B.,  030,  031. 


DeSmet,  Aloïse  D^,  853. 

Desneux,  Oscai',  273. 

De.ssily,  Fioi'ent,  501. 

de  Stein  d'Altenstein,  Ai-mand 

(baron),  47,  696  à  697. 
Dcstrail,   125,  133,  286,  372,  379,  380. 
Dostrain,  Edouard,  10,  22,  489  à  491. 
490,  590,  000,  024,  084. 
Destrain,  Germain,  584,  547. 

Détail,  Alfred,  308,  820. 

Deuster,  Ferdinand,  290,  468  à  469, 
(portrait  p.  408). 
De  Vadder,  821. 

De  Valkeneer,  Clément,  55,  798. 

De  Vos,  440. 

De  Walque,  C.  H.  J.,  240, 436, 449,  450. 
De  Wèvre,  Ernest,  630. 

De  Wilde,  Jules,  R.  P.  863. 

de  Wouters  d'Oplinter,  Charles 

(chevalier),  79,  81,  85,  96  à  100, 

108,  119  à  134,  372,  375,  380, 

(portrait  p.  82). 

De  Wulf,  Pierre,  240,  430. 

Dhanis,  Francis  (baron), 45,  53  à  158, 

181,  204,  211,  228,285,  280. 

307,  308,  337,  371,  380,  394, 

423,  435,  531,  539,  543,  544, 

560,  691,  797,  829,  832,  840, 

850,  850. 

(portraits  pp.  51  et  138j. 

Dhanis,  Louis,  140,  423. 

Diderrich,  Norbert,  353, 559, 561  à  565, 

•805. 

Dielman,  (Georges,  318,  486. 

Dieupart,  274. 

Dohet,  Alphonse,  859 

Donckierde  Donceel,  X.  E.  M  ,    435. 

Donnay,  Joseph,  785,  812. 

Doorme,   Aristide,    107    à   133,    137, 

143  à  148,  372,  375,  389.  390. 

392,  395,  429,  787,  847^ 

(portrait  p.  146). 

Doquier,  P.  H.  J.,  341,  346,  348,  350, 

357,  358,  360. 
Doré,  Jacques,         Ô15,  630,  880,  881. 


—  IMI   — 


Drapioi",  Nosloi-,  505. 

Droovon,  Klor.uir.  :KS,  :W<>. 

I)i>vpoM(lr,  fliistavo,  Dr,    884  à  886, 

(portrait  p.  SS  1). 
Dubois.  Kvranl.  1  1 1  à   11.-). 

Dubois,  .lul..-s,  1(',,  WM),  5:5'.»,  :y\:\, 

545  à  550,  <)<)7, 

(poi'ti-;iit  p.  ")!")). 
Dubois,  Jules,  Ch.,  500,  877. 

Dubreucq,  René,  222  à  225. 

Duchesno,  Joseph,  SI,  8:^,  90,  r)()7. 
Dugniolle,  Jules,  875. 

Dumont,  Alexandre,  l'.'l),  762. 

Dupont,  Antoine,  1!M),  759. 

Dupont,  Edouard,       764  à  769,  781, 

(portrait  p.  701). 
Dupont,  Henri,  D^,  24,205,  259,  801. 
Dupont,  222  à  225,   232, 

2.33,  23(),  239. 
Dupuis,  Paul,  160. 

d'IJrsel,  Adrien,  comte,  494. 

Durutte,  Adolphe,  530,  531,  539, 

543  à  544. 
Dusart,  Charles,  56,  810,  829,  846, 
855  à  857,  (portrait  p.  8.55). 
Dutalis,  Oswald,  515,  516,  521. 

Duthoy,  Alfred,  24,  817. 

Dutrieux,  Pierre,  D»",  194  à  197,  509, 

510,  512  à  514. 
Duvivier,  Joseph,  73,  357,  358, 

479,  792. 
Duvvez,  Gaétan,  185. 


E. 


Kctors,  Camille, 
Eloy,  Fernand, 
Engels,  Alphonse, 
Etienne,  Elie,  D^", 

Eycken,  Charles, 

Eyckerraans, 

Eymar, 


630,  866. 

362,  363,  364. 

583,  584. 

781  à  784. 

(porti'ait  p.  781). 

667. 

150. 

840. 


K;ibrv,  l"-ii;^("'iii!, 
Fabry, 
Fays,  H«!nry, 
Fi(;ve/.,  Victor, 


199,  761. 

:}!»2. 
876. 

201,  310.  392, 
785  .Ï788.  ^17. 

Fischer,  Ivlouard.  812  à  813. 

Fivô,  Gustave,  95,  113,  205,  21.3, 

242  à  250,  370,  417,  836, 
(poi'trait  p.  242). 
Foulon,  Félix,  301 ,  310, 411  à  412,  877. 
Fourdin,  Léopold,  485. 

Francken,  Edinond,  73.3,  .S39. 

François,  Eugène,  474. 

François,  Jean  H.,  607. 

Fi'ancqui,  Lucien,  271,287,  559,  567, 

677,  730,  762. 
Franken,  Emmanuel,  124  à  133,  28(5, 

376,  385. 
Freitag,  Ernest,  848.  (portrait  p.  848j. 
Friart,  Henri,  141,  276,  424,  429,  4.33, 

435,  436. 

Fromont,  F.,  384,  385. 

Fuchs,  Félix,   159  à  162,  738,  739, 

772,  (portrait  p.  159). 


6. 


Gehot,  Guillaume,     229,  232  à  234, 

236.  260. 

Gérard,  Auguste,  253  à  261,  292,  611, 

(portrait  p.  253). 

Ghislain,  Louis,        251  à  252,  492. 

Gillain,  Cyriaque,  25,  95,  107  à  125, 

131,  132,  281,  2S2,  284,  287, 

373,  375,  -387,  388,  785,  812. 

Gillard,   Hubert,  849. 

Gillis,  Adolphe,  552,  572  à  573, 

607,  608. 
Gillis,  Hector,  607  à  608. 

Gillis,  Lucien,  869,  870. 

Gilniont,  Adolphe,  119,  615, 

760  à  761,  806. 
Gilson,  A.  F.  738. 


—  012 


Gilson,  Georges,  259,  2(50,  471. 

Girard,  Charles,  829. 

Glaesener,  Jean,  H.,   735,  810,  864. 

Glorie,  Charles,  144,  146  à  148,  180, 
(portrait  p.  140). 

Goebel,  J.  C,  229,  21VZ,  234,  230,  239. 

Goedseels,  Joseph,         630,  031,  033. 

Goetgelnck,  Léon,  708. 

Goffîn,  Louis,  734,  730,  748.  751,  751, 
834,  837  à  841, 
(portrait  p.  837). 

Gomins,  Josepli,  262,  (porti'ait  p.  202). 

Gondry,   Henri,      159,163,800,811. 

Gonzo,  Auguste,  011, 

Gorin,  Florent,         785.  802  ù  803. 

GralFen,  430. 

Grang,  Nicolas,  5,  35,  595,  611  à  612. 

Grard,  Louis,  D^,  814 

Giévisse,  Emile,  208. 

Gueluy,  Albert,  R.  P.,  800. 

Guéri  n,  11,  13. 

Guffens,  Jean,  819. 

Guichard,  Amand,  505. 

Gustin,  Gustave,     230,  259,  200,  310. 

Gustin,  Oscar,  699. 

Gysens,  392. 


H. 


Haas,  Charles,  849  à  850. 

Hallet,  Adrien,  827  ù  828. 

Hambursin,  Fernand,  114  à  135,  141, 

373,  370,  380,  423), 

(portrait  p.  130). 
Haneuse,  Louis,  174,  337,  010, 

617  à  619,  785, 

(portrait  p.  017). 

Hanicq,  Hubert,  503. 

Hanolet,  Léon,  175,  238,  241, 

265  à  278,  290,  292,  401, 

435  à  437,  785,  797, 

(portrait  p.  205). 
Hanquet,  Henri,  113. 

Hansenne,  Joseph,  030,  031. 


Hanssens,   Edmond,   5  à  20,  30,  42, 

171,  177,  472,  588,  .590,  594, 

.597.  598,  009,  010,  039, 

651  à  654,  000,  672.  693. 

(portrait  p.  5). 

Hardy,  148. 

Harou,  Prosper,  818. 

Harou,  Victor,  575,  579  à  580, 

(portrait  p.  .579). 

Hebrans,  Louis,  583. 

Hecq,  Célestin,  152  à  154,  179,  292, 

405,  (poi'trait  p.  154), 

Hendrickx,  329,  332. 

Hennebert,  Georges,    151  à  154,  207, 

835,  (poi'trait  p.  154). 

Henrard,  A.  J  ,  310. 

Henri,  Eugène,  203  à  204. 

Henrion,  L.  G.  P.,       208,  274,  436. 

Henry,  Jean  B.  113,  129  à  1.33, 

141  à  143,  240,  245,247,275, 

372,  375,  376,  378,  .381,  383, 

.390,  39L  416  à  445, 

(portraits  pp.  140  et  410). 

Hens,  Frans,  697. 

Herincx,  Jean,  708. 

Hernotte,  E.  J.  711. 

Herrebaut,  Edouard,  R.  P.,        799. 

Heymans,  Florent,  887. 

Heyso,  420. 

Hicguet,  Paul,  260. 

Hinck,  Edouai-d,  174,  618,  630, 

606,  lOQ. 
Hochstras,  Léon,  829,  856. 

Hodister,  Arthur,  69,  381,  627  à  633, 
647,  698,  781,  880,  881,  882, 
(portrait  p.  627). 
Hommelen,  J.  P.  T.  330. 

Hoornaert,  Henri,  583. 

Horbach,  F.  H.  J.,  437,  438. 

Hoton,  Georges,  761. 

Houben,  Jean,  844  à  845. 

Huberlant,  Ferdinand,  Mgr.,       800. 
Huot,  Omer,  733,  830. 

Huguet,  850,  857. 


—  913 


Husson,  Jean,  647  à  651,  <l'.):?,  7(i(). 
Hutoroau,  .losopli,  11  1. 


111, 


Jacob,  F.  .1.  M.,  2ir).  217, 

Jacqueinin,  l'iiiiilo,  21>2, 

Jacques,  Alphonse,  21,  ."ir),  l:U, 
:^()S,  337  à  368,  375, 
bCh),  71.{,  71(), 
(portrait  p. 
Jacquet,  A.  G.  J.,  30l>, 

Jadin,  Auj,Misto, 
Jadot,  b^inile, 

Janssen,  Camille    21  à  26,  172, 
308,  490,  049,  ()5(),  684, 
713,  788,818,  (portrait  p 
Janssen,  Eugène,  7,  30,  587  à 

Janssens,  221, 

Janssens,  L.  F. 

Jouret,  Gaston,     G30,  631,  880, 
Julien,  Léon,  138  à  140, 

423, 

Jungers,  François,   22,  277,  490, 

678,  684  à  685, 


K 


117. 

lor). 

204, 
564, 
808, 
337). 
708. 
656. 
830. 
281. 
688. 
.21)'. 
593, 
611. 
448. 
571. 
881. 
395, 
890. 
491, 
867. 


Kessels,  Emile,  392. 

Kimpe,  A.  F.,  141,  424,  429,  433,  435. 
Kinet,  Martin,  222  à  225. 

Konings,  C.  M.  J.,  388,  389. 

Kops,  Joseph,  229,  232,  233,  225,  236. 


L. 


Lacourt,  Victorien,  851  à  852,  855. 
Lahaye,  Jules,  277,  446  à  450,  454, 
(portrait  p.  446). 
Lallemand,  A.  J.  L.,  385,  389  à  391. 
Lambert,  Gérard,  571, 

Lambotte,  Alfred,        199,  751,  760. 
Lamers,  M.   F..,  209. 

Landeghem,  André,  414,  449. 


135. 

3S5. 

1  15. 

3.30,  3:51. 

i2,   166,  320, 


384. 

]r,n,  7.^7. 

862  à  863. 

505. 

8.39. 


L.ing.»,  Alphonse, 
Lang(!ro('U, 
Lan^hans,  Augu.sto, 
Lan.ser,  ('hai-Jos, 
Lantonnoi.s,  Albert, 

(portrait  p.  166). 
Laphime,  J.  H.,  22(5,  232  à  235,  254, 

447,  44î>. 

Lassaux,   il.   J. 

Laui'ont,  Emile, 

Le  lionlengé,  Paul, 

Leboutte,  Arthur, 

Lechei'f,  Eugène, 

I^e  Clément    de    Saint-Marrrj, 

Philippe  (chevalier),    335  à    336, 

698,  772,  (portrait  p.  335). 

Ledeganck,  Herman,    164,  773,  809, 

(porti'ait  p.   164). 

Lega,  Germain,  702. 

Logat,  Amédée,    25,  284  à 286,  ,562, 

600,  624  à  625,  648,  619,  (•)93. 

Lejeune,  Charles,  702. 

Lejeune,  222. 

Lckens,  M.  G.,  254. 

Lekeu,  Joseph,  873  à  874. 

Le    Maire    de  Sart-le-Comte, 

Alban,  149,  179. 

Lemaire,  Charles,         208,  733,  836. 

Lemaire,  Mathieu,  451. 

Le  Marinel,  Georges,  175,  176,  178, 

266,   268,    287,  289   à   293, 

400,  664,  666,  807. 

(portrait  p.  289) 

Le  Marinel,  Paul,    25,  57,  76,  124, 

279  à  288,    562,  584,  624, 

677,  678.681  à  683,  770,  771, 

788,  (portraits  pp.  279  et  288). 

Lemery,  Emile,  126. 

Lenaerts,  Pierre,  814. 

Lenger,  Aubry,     24,  283,  785,  788. 

Lequeux,  Ai'mand,       240,  274,  43(5. 

Leroi,  Gustave,  1.38,  139,  394  à  399, 

394,  492.  (portrait  p.  146). 

Lespagnard,  414. 

L'Heureux,  L.  L.  M.,  271. 


—  014  — 


Libois,  .1.  .1.  L.,  292. 

Liebrecht,  Déodat,  199,  757  à  758, 
Liobrochts.  Charles,  18,  305,  597,  G 14, 

636    ù    644,  65i,    806,  807, 

(portrait  p.  G36). 

Liebi-echts,  Louis,  821. 

Liénart,  Charles.  171,  487, 

672  à  676,  (portrait  p.  672). 
Linden,  Auguste,  692  à  693. 

Limmelyn,  Alexandi'e,  839,  871. 
Lippens,  Joseph,  89,  95  112,  335,  703. 
Lochtmans,  Albert,  811. 

Loens,  Emile  621. 

Loesewitz,  Fi-ançois,  570  à  571. 
Lombard,   Raymond,  492. 

Lonn-,  Albert,'       145.  148.  149,   180, 
354  à  359,  378,  391. 
Lothaire,  Hubert,        113,  129  à  133. 
190,  287,  339  à  393, 

417  à  420,  422,  425,  429,  787, 

803. 
Lousberjr,  310. 

Luyckx,  55. 


M. 


Mabille,    Valère,  740. 

Maenhout,  271. 

Maes,  Arnold,  192,  508,  509. 

Magery,  .Iules,  D^       381,  630,  031, 

633,  878. 
Magei'y,    Lucien,  878. 

Mahieu,  Adolphe,  260,  261, 294à  297. 
469,  (portrait  p.  294  ). 
Mahute,  Edouard,  299,  830. 

Mahy,  E.,  827. 

Malfeyt,  Justin,  141,  1.54,  326  ù  334. 
(portraits  pp.  154  et  326). 
Maluin,  Emile,  531.  542. 

Manduau,  Edouard,  660. 

Marck,  209  à  210,  213,  217. 

Mardulier,  Henri,     259,  461  à  462, 
Marit,  Germain,  5S3. 

Marie,  Hector,  645. 

Martin,  Alphonse,  583. 


Ma.ssart,  Charle.s,      659,  688  à  689. 
Masson,  Jean,  B.,  499,  797- 

Mathieu,  François,     137  à  138,  267, 
292,  395,  435. 
Maury,  Jean,  185 

Mellaerts,  Alphonse,  143,  144. 

Meuleman,  Eugène,  815. 

Meunier,  Fernand,  813. 

Meyer,  Louis,  570. 

Me'yers,  Joseph,    D-",  143,  149  à  151. 
Michaux,  Oscar.    77.  90  à  107,  137. 
382,  388  à  390,  843, 
(portrait  p.  82 1. 
Michel,  319,  320. 

Michel,  Victor,  324,  325. 

Michiels,  Isidore,       381,  630  à  632. 

880  à  882. 
Middacb,  Félix,  123  à  125,  389. 

Milz,  Jules,  55,  73,  178,  204. 

298   à  303,  310  à  313,  402, 
480,  786,  779, 
(portrait  p.  298). 
Miot,  Fernand,  360. 

Mohonval,  A.   P.  F.,  145. 

Monet.    Eugène,  615,  645. 

Monseu.  André,  799. 

Montangie,  D''  310,  311. 

Moriamé,  J.   M.,  358,  806. 

Moureau,  392. 

Mouton,  362,  364. 

Mulders,        437,  438,  441,  442,  444. 
Muspche,  Alphonse,  630. 


N. 


Naels,  Louis, 
Nagels, 

Nahan,  P.   F.  J. 
Nenquin.  Alfred, 
Nève,   Paul, 
Niclot,  Jean  B., 
Niclot,  C.  A., 
Nilis,  Jean,  D^ 


658. 

275,  277,  43(), 

441  ù  444. 

205,  208,  211. 

773  à  775. 

573  à  576,  583 

271. 

389. 

601,  662. 


—  <)ir>  — 


Nilis,  Théodore,  5,  :î5.  253.  200,  2()7, 
270,  2'.)2,    101.  r>20,  r)7'>,  ()0S, 

610  à  611,  r.i7,  7sr), 

(polIlMlt    p.  tilO), 

Nivcleer,  :?sr>. 

Noblesse,  Alfred,  381,  0;U),  032,  853, 

.S80  à  882. 


Olivier, 

Orban,  Frédéiic, 


255. 

î),  35.  30,  590, 

594  À  595,  013. 


I»(aithi(  !•,   l'icnv,    51,  55,    113  à   IIH, 

125,  201,  211.  21.S.  301»  ;i3i2, 

370,  371,  117,  707, 

(poilt;nf   p.  '.»!). 
Poidiii,  lùiiilo,  \VX.  515  à  519,  522. 
521,  525,  52.S.  531. 
(polirait  p.  515). 
Prépaldion,  P.,  Hl,  S3.  {>l,  7!»> 

Priern,  (iérôme,  689  à  690. 

Prinz,  François,  500.  810. 

Puttevils,  Kugèno,  816. 

Pvnaert.  Léon,  45'J. 


R. 


P. 


Page,  Albert,  015,  030,  880,  881. 

Palate,   P.  C.  J.,  388. 

Palmai'ts,  Joseph,  634. 

Parfonry,  Emile,  35,  520,  613. 

Paternoster,  143,  147,  331. 

Paternoster,  Louis,  304.  480, 

(portrait  p.  304). 
Paternotte,  Jean,  D"",  705. 

Paulissen,  Ernest,  730,  751,  800,  838, 
839,  841  à  842. 
Pauwels,  Jean,  030,  031. 

Peleman,  frère  Armand,  800. 

Pelzer,  Mathieu,  328,  384,  025. 

Peiin,  Jean,  '    449. 

Persyn,  Auguste,  583. 

PetiUon,  Arthur,  810. 

Petit,  André.  D^  836. 

Petit,  Hubert,  571,  572. 

Petit  Bois,  Gustave,  002,  005, 

668  à  671. 
Pierret,  Julien,  207,  381,  030,  031. 
Pilette,  Alfred,  821. 

Pimpurniaux,  Alexandre,  271, 

463  à  464. 
Piot,  325. 

Piron,  8.54. 

Pirotte,  A.  P.  L.,  120. 


Kainarcker,^,  Jules,  198,  524, 

527  à  529,  5.30,  5.32  à  535, 
(portrait  p.  527). 
Kaskin,  04<). 

Raynaud,  E.  J.  E.,  310. 

Renier,  Gustave,  341,  347  à  35U, 

358  à  300. 

Reni-on,  Gustave,  ^90. 

Reytter,  Eugène,  Dr,  019,  700. 

Rezette,  Jean,  475,  790. 

Riga,  583, 

Roelens,  Victor,  Mgr.,  323. 

Roger,  Oscar,  198,  515,  518,  519, 

521  à  523,  524,  525,  528, 

531,  591,  592,  599,  020,  638. 

Roget,  Léon,  23,55,  73,  178,  298,  308, 

476  à  483,  092,  704,785,  810. 

832,  (portrait  p.  470). 

Rolin,  Paul,  100. 

RoUin,  Edouard,  860. 

Rom,  Auguste,       124  à  132,  373,  091, 

(portrait  p.  130). 

Rombei'g,  Edmond,  710- 

Rooms,  François,  583, 

Rorcouit,  Auguste,  888  à  889, 

fportrau  p   888;. 

Rossignon,  Adrien,  D'",  220,  23(5,  254, 

274,  270. 
Rossignon,  Edouard,  499,  772. 

Rouflard,  430, 


010 


Roiisseaiix,  Louis,  Emib,      'M)d,  888. 


Rousseaiix,  Victor, 

873. 

Rue,  Victor, 

150,  417 

Rusinont, 

3()7. 

Rynwalt,  Pierre, 

831, 

S. 


Salpétier,  Paul, 
Sandrart,  V.  C.  J., 
Saruloa,  Henri, 
Sarolea,  Louis, 
Sarrazyn,  G.  E-, 
Saual,  Edouard, 


890. 

38G,  387,  8()r). 

229,  232,  233. 

229  à  131. 

455,  787. 

805. 


Sauvage,  J.  C.  E.  L.J.,  141,424, 

429,  433. 
Sauvenier  Ferdinand,  833. 

Schaak,  Jean,  175,  833. 

Scheerlinck,  Jean,  81,  84  à  89, 

92  à  112,  874. 
Schouten,  Henri,  630. 

Seghers,  Fernand,  274,  436. 

Siffer,  M.  C.  A  ,  303. 

Sillye,  Albert,  273,  303,  318,  436. 

Simon,  370. 

Simon,  Jean  B.,  831. 

Simon,   Victor,  897. 

Spelier,  Amédée,  139,  395,  396. 

Spilliaert,  Gustave,  389. 

Stache,  Ernest,  853  à  854. 

Steeman,  F.  L.  C,  389. 

Steleman,  Georges,  174,  190.  661,  701. 
Sterckmans,  Charles,  55,  797  à  798. 
Sterckx,  Armand,  149. 

Sterpin,  Abel,  784,  784. 

Stèvart,  Léon,  663. 

Stevens,  Gustave,  145.  148. 

Storms,  Emile,  339,  340.  530. 

534  à  540,  541, 
(portrait  p.  534j. 
Stroobant,  Raphaël,  26G,  267, 268, 401 . 


T. 


Tack,  Théophile, 


790,  840. 


T  igon.  J.  A.,         138.  139,  395  à  397. 

Tamine,  Henri,  880. 

Thibaut,  449. 

Thys,  Albert,  200.  552.  615,  622,  713, 

717  à  746,  747,  770, 

(portrait  p.  717). 

Thys,  Franz,  740. 

Tbys,  Robert,  740. 

Tielemans,  Victor,  145,  146. 

Tilkens,  414,  448. 

Titeux.  Emile,  271,  813. 

Tobback.  Nicolas,  212,  370,  531,  631. 

632,  711,880,  881, 

(portrait  p.  91). 

Tombeur,  Chailes,  471. 

Tombeur,  François,  143. 

Tonneau,  Léon,  780,  848. 

Trentels,  Henri,  818. 

Trodoux,  Léopold  849. 

Tiouet,  Léon,  735,  750. 

Tschoffen,  Maurice,  861  à  862. 

Tyteca,  Gaston,  501. 


V. 


Valcke,  Louis,  35,  167,  290,  574,  575, 
583  à  587,  595.  599,  606,  615, 
647.  649,  662   699,  735,  807. 
Van  Aertselaer,  Jérôme,  R.  P.,     25. 
Van  Bellinghen,  Paul,  883. 

Van  Bredael,  Charles,  464. 

Van  Calster,  Auguste,  266  à  270.  787. 
Van  Campenhout,  Jean,  D^,  309,  400. 

884. 
Van  Caulaert,  Benoit,  499,  799. 

Van  Cauwenberghe,  Auguste,  816. 
Van  Cauwenberghe,  Guillaume,  875. 
Van  Damme,  Maurice,  493,  876, 
(portrait  p.  493). 
Van  de  Bossche,  392. 

van  de  Kerchove,  Paul,  865. 

Vandemoere,  Philibert,       144  à  145. 
Van  den  Bogaerde,  Jules.  775. 

806  à  807 
Van  den  Bogaert,  Pierre,  581  à  582. 


<.U7   — 


Van  (Ion  Horro.  Adolphe  807  à  808. 

Van  (Ion  Hroeck,  L(V)n,  '.''•■^V. 

Van  den  Houvel,  Kinile,  ()<>;{. 

Van  den  Henvol,  Tluiodon»,  I)"",    .MT), 

510  à  518,  .")20,  :}22,  525,  52(), 

528,  5:K),  533,  540.  591,  &2\, 

(32(),  ()5:{. 

Vandonkei'ckliove,  Fi'anç  ms. 

793  à  794. 
Vandennoortfjaete,  G.  M  O,.  255. 
Van  don  Plus,  Caiiiillo,  Ki'J,  472  à474, 

(551,  (■)(■)(), 
(pottrait  p.  472). 
Van  den  Plas,  Joseph,  475. 

Van  de  Putte.  Léon,  485,  85S. 

Van  der  Cruyssen,  Maurice,  239. 

Van  dei"  Grinten,  Ernest-,  315. 

Van  der  Linden,  Séraphin,  844. 

Van  der  Stracten,  Camille,  R.  P.,  703. 
Van  der  Straeten.  Emile,  830. 

Van  der  Straeten,  199. 

Van  der  Scncht.  '         327. 

Van  der  Wegen,  Louis,         277,  430. 
Van  der  Wielen,  Henri,  431. 

Van  de  Velde,  Frédéric,    487  à  488, 
675,  710,  856. 
Van  de  Velde,  Joseph,      5,  599,  Cm. 

608  à  609. 
Van  de  Velde,  Liévin.  174,  599  à  607, 
608,  609,  661,  669,  697,  713. 
(portrait  p.  599). 
Van  de  Velde,  Willy,  35,  583. 

Van  de  Vliet,  Clément,        310  à  313. 
Van  Dorpe,  Jules,        24.  409  à  410, 

486,  792,  855. 

Van  Heste,  Pierre,  582. 

Van  Holsbeeck.  L.  V.  H.  M.,       221. 

Vantjele,  Alphonse.      13,  17,  18,  35, 

38,  40,   47,  54,  63,  73,  148, 

167  à  182, 190,  265,  290,  291, 

299,  469,  479,  522.  546,  584, 

592,  595  à  598,  612,  618,644, 

652,  654,  672,673.696,  701, 

786,  (portrait  p.  167). 


Van  K'M-ckhovon,  'iiiilbnjmo,   21,  45, 

51.    22X,    L'9λ.    30(J,  301, 

305..  314,  IN).  111,477,479, 

010,  030.  035,  H32,  873,  875, 

«84,  (portrait  p.  305). 

Van  Linf,  Jean,  113,   124,  212, 

213,  373. 
Van  Maolo,  Goor^^os,  HfK). 

Van  Mon.s,  Armand,  871  à  872. 

Van  Montfort.  G.  il.  J.,         .309,  707. 
van  Pottelsber^ho  do  la  f^ottorie, 

Léon,  273.  274.  436. 

Van  Riel,  J.  II.,  114  à  121,  123  à  133, 

375,  378  à  3H0. 

Van  Ris.se<ihem,  Cliarlos.   878  à  879. 

Van  Ronslé.  Camille,  Mjjr.,  823. 

Van  Schendel,  Théodore,  571. 

Vanwert,  Jules,  469  à  470. 

Vauthier,  Gustave,  199.  724.  728,  747, 

751,    755  à  757,  808, 

(portrait    p.  755). 

Vedy.  Louis,  D^,     138,  395,  396,  449. 

Verbi'U<^j;he,  Gustave,  819. 

Verdick,   Edgard,  284,  285,  563,  8.50. 

Verdussen,  Jean,  462. 

Vereijcken,  Jules,  845  à  846. 

Verhellen,  Nicolas,     138,  1.52  à  154. 

394,  396,  883. 

Verschelde,  Aloïs,  817. 

Verschelden,  Jean  B.,  56,  846  à  847, 

856,  857. 
Versluys,  Albert,  449. 

Verstraeten,  Antoine,  413à415,448. 
Vervloet,  Constant,  504, 

(portrait  p.  504). 
Vial,  Pierre,  847. 

Villers,  Sylvain,  817. 

Vincai-t.  Léon,  436. 

Vleminckx.  Fi-édéric.  704. 

Volont.  Jules,  55.  850  à  851,  856,  857. 
Vrébos,  Jules.  367. 

Vrithoff,  Alexis.  341.  314,  350. 

Vyncko,  Ameet,  R.  P..  68.  6.58. 


—  918  — 

W.  Willems,  275.  436. 

Willemsens,  François,  896. 

Wacquez,  Florian,  277,  436.        Wilverth,  Etienne,  822  à  823. 

Waeterinckx,  Ileni-y,  644  à  645, 048,         Wfterwulghe,  Fernand,  454. 

Wahis,  Théophile  (baron),   27  à  33,         Wtterwulghe,  Georges,  254,  257,  271, 

138, 159,  473,  493  à  475,  680,  277,  453  à  454. 

731,733,  810,  (portrait  p.  27).         Wtterwulghe,  Henri,  454. 

Walhousen,  François,  274. 

Wanrrermée,  Emile,  183  à  187,  493. 

735,  810.  T. 

Warlomont,  Charles,  704. 

Warnant,  Erasme,        262,  316,  480.  .    n    x?    n  o-t  -  o-a 

„.      .      ^  rjnn  Yannart,  G.  F.  C,  2o4  a  2d6, 

Watrin,  Oscar,  709. 

Wauters,  Ednaond,  875. 

Wautier,  Jean  B.,      194  à  197,  509,  2 

510  à  512. 

Weber,  Arthur,  161,  659. 

Weyns,  Auguste,  779  à  781,         Zboisnki, Claude,  664  à  666. 199,  584, 

(portrait  p.  779).  761,  (portrait  p  664). 


FIN  DU  TOME  I. 


I 


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Janssens,  Edouard 

Les  belges  au  Congo